LIVRE HUITIÈME
ûre ; qa*il n^y'avoit un seul des capiqui se voulust advancer à faire ses , ne leur estaut foumy que cinquante pour chacun^ lors mesme qu^il leur deu de huict à neuf mois ; et que Testai xtraordinaire qui luy avoit esté envoyé aussi tout au rebours de celuy qui avoil Iressé luy présent ; et que mesmes on obmis plusieurs choses si nécessaires , ms elles les armes ne pouvoient estre usement exploictées : suppliant Sa Ma- 3u y vouloir faire donner provision coule 9 ou donner sa charge à M. de Terou à tel autre qu'elle adviseroit, ai^ trop mieux la quiter avec honneur que nier avec la perte de Testât et de ce le réputation qu'il s'estoit efforcé d*ac-
; remoDStrances pleines de vérité estoor t si fort ceux qui manioieut les affaires^ out soudain on pourveut au feict des lations et à Tenvoy des deniers pour monstre aux vieilles bandes. C'est mal dre » et encor pirement mesnager les 3s , que de réduire un gênerai d'armée le nécessité qu'il soit contrainct de pere temps et les occasions à solliciter ce ly est nécessaire , et lors inesme que la e le presse de tous costés ; et , à la vêla prudence vouloit ou qu'on ne la eomast pas , ou qu'auparavant qu^ entrer st faict provision des choses nécessaires la démealer avec utilité et honneur : ce des inconsiderations et des boutades iniilieres aux François ; aussi en recueîl- Is les fruicis de mesme.
^ingt-sixiesme janvier, lemareschal i advis au roy de Tarrivée de M. de à Thurin , et qu'ils confereroientbienau sur ce qui estoit à faire de costé et *e pour le service de Sa Majesté, ainsi e leur avoit commandé par la venue de I Boully, maistre d'hostel du roy.
pour-autant que les conférences qui fnlepuis entr'eux, avec ^Tassistance des ; de Termes, président , Ludovic et de Birague , Gordes , Francisque Bera et autres, portèrent plusieurs divers et disputes , dont ils ne pouvoient bonnt convenir sans Tauctorité du roy, il
fut advisé que par commune concordance ils depescheroient vers Sa Majesté Tun de leurs^ confidens serviteurs , l'instruction et mémoires duquel seroient signés et de Tun et de l'autre. J'eus cest honneur d'estre esleu pour tel. Or, ayant à negolier au nom de deux seigneurs qui avoient intentions et desseins tous différons, j'ay jugé raisonnable de rap-* porter sur ce théâtre , non seulement ce qui se passa entr'eux , mais la mesme remous*trance aussi que j'avois à faire au rôy, à fin que chacun recognoisse par là combien il faut de soin et d'artifice à bien manier tous les ressers et toutes les conséquences de Testât , et combien la passion et Tinterest ont de puissance sur le jugement ^des hommes, ores que bien entendus, Z' Lo mareschal donc et tous ces seigneurs remonstrerent à M. de Guise que (ant plus ils avoient voulu sonder les fondemens de son voyage, tant plus les avoient-ils trouvés hasardeux , et sans apparence d'en pouvoir rapporter ny la gloire ny Thonneur qu'il eqperoit, quelque valeur ou jugement qui fust en luy.
: Que puisqu'il n'estoit question que de met^ tre le pape à couvert des armes du roy d'Es* pagne , il estoit à espérer qu'en assaillant la duché de Milan avec forces et intentions communes , il s'en feroit une si grande et si sou* daine diversion, que le pape n'auroit plus que craindre de ce costé-là. Mais il n'y eut ordre de vaincre les resolutions intéressées dudict sieur de Guise , et par ainsi il me fut commandé de partir , avec oeste instruction ou soit rcmonstrance que je dressay. ^ « Le secrétaire Boy vin , depesché vers le roy de la part de MM. de Guise et mareschal de Brissac , est chargé de faire en leur nom les très-humbles remonstrances contenues au mémoire qu'ils en ont jfait dresser , et qu'ils ont voulu signer par mutuelle délibération. ^ ; » Ayant M. le mareschal de Brissac par plusieui^ reprinses longuement ruminé et le bien eitè mal qui pouvoit advenir du voyage que M. de Guise a entreprins avec une ar-* mée à la faveur du pape , et meurement considéré aussi Testât auquel les aflaires sont aujourd'huy reduicts , tant du costé de Naples que de celuy de Milan et Piedvont ^ il ue sq
JHajeue l'honneur et l'aaYancement , et non la niyne de ses aflaires, qui esloient prefierebles i cent d'aniniy. '
* ■ Que puis qu'ainsi est qu'il n'est principalement question que de secourir le pape et de porter les armes à la conqueste du rofaume de Naples, infclicc toutes-fois aux François , que tont cela se pouvoit plus commodément et plus utilement faire , tournans par commune concordancetoutes tes forces contre la ducbc de Milan, Piedmont et Gennes, qu'on ne feroît jamais du coslô de la Romai;no , mesmcs sans avoir autre {;ai{[e ou asscurancc en main que la foy et les promesses d'un pape qui a le pied dans la fosse , et qui n'a autre force ou puissance que les armes spirituelles, de fort peu d'elCcacc pour le iiianiement et advanccment des armes temporelles, lesquelles doivnnt esire remuées de proche en proche, et non si au loing que l'armée ne puisse recevoir aucun secours ou assistance des forces de son prince , comme cestc ne pourra jamais faire du voy. ayant la duché de Milan, la Lombardie, la Toscane n la Bonia;;ne entre-deux, et sans aucun p!>rt de mer en Italie, tous les princes de hiqucllc, et sur tout les papes, n'avoient jamais faict confédération avec les François que pour les tromper et ruyner après qu'ils :iviiii>nt, par leurs mains, accompli leurs vcn- (;c:iui:ts et leurs ambitions. Le mesme Jovio, JlaSifu, dtct qu'ils sont naturellement enne-
grand effint , soit vers la Pic Champa^rne , lesquelles il sçaît tuées de ses plus vigonreiues 1 quoy M. de Savoye , qu'il a faici nant gênerai, et qui n'a autre e^ celle des armes , ne faudra pas quer , à fin de l'obliger par qi coup à sa réintégration, qui fut d la conclusion de la trefve de SS preuve duquel mespris , et pour tomber , il est évidemment croya sardera le pacquet , à la premii qn'îl en aura , comme il fisl depv solution fort généreuse.
K Chacun sçait aussi assez qu places du royaume de Naples st ancienneté bien fortifiées , et qoE elles le seront encores mieux pai du ducd'Alve^ soldat vétéran, qui main preveu l'orage : de manier aujourd'huy, au moins pour l'en escient, d'autres forces et d'aui que ceux du pape ni de M. de faut aussi une grand bande d'ai poudres, boulels, cliarroy, vivre équipages qu'il n'a pas et qu'il du pape : c'est un fondement For incertain , qui considérera qu'il gens d'église, avares et pesans d plustost riches de parade que moyens qu'il faut à la guerre, mesure i un certain prix arres
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^ a Qâ*il est à considérer qa*au cas que M. de Guise ne trouvast rien de préparé de la part da pope, comme il pourroit aisément advenir, qii^fl fendra nécessairement que son armée face En long et inutile séjour pour les altendre, dont Il ponrroit succéder ou la perte de Tarmée, ou desbandemens et des maladies fort dan- \ nations non apprinses aux excessichaleurs dltalie; ou qu'il faudra, par tons ces défauts, qu^elIe tourne teste pour wrenir en France, ayant tout le monde pour «nnemi sur les bras, comme eust Charles Inictiesme à son retour de Naplcs. Ce sont , 4 la vérité , inconvenicns qui sont tousjours pendus à la ceinture de la fortune , laquelle Âbs mesnage le plus souvent tout au rebours l4e nostre prévoyance et de nos délibéra- IMODS , pour bien ordonnées et dirigées qu^elles Nûyent , et qui n^adviennent jamais sans tirer iÊiprës eux de fort dangereuses conséquences, ^H auxquelles la seule prudence et un exact logement et ratiocination des affaires de Teniiemi peut apporter quelque remède à ceux tgvi se rendent susceptibles ^de le recevoir A^heure.
» Or il semble au marcschal que Dieu ait dUs maintenant mis en nos mains la qualité Bb remède , qui consiste à premièrement retoistre que la duché de Milan , celle de mes, le Montferrat, et le reste du Pied-
mt que nous ne possédons pas , sont sepa- Itaient aujourd*huy si mal pourvus contre la nnjonction de ces deux puissances, qu'ils poorroient estre fort aisément et utilement esbranlés^ et d^autant plus si les entreprinses que le mareschal a en deux de leurs places pouYoient réussir-, et quand bien le contraire inccederoit, il y a, dans ces provinces, plu* ûeors fort importantes places, aisées à forcer, et d'autres à fortifier, toutes lesquelles ne donneroient que trop d'occasions au duc d^Alve de tourner Teffort de ses armes du eosté de deçà , et de laisser le pape en paix, et s^accorder avec luy avec conditions advantageuses pour luy et les siens , et hors le préjudice des Colonnois , qu'il . a spoliés de gayeté de cœur, à Tadvancemeût de ses nepveux. Le prospère succès de toutes lesquelles entreprinses dépend de cestc conjonction d'armes , et par la séparation des-
quelles le mareschal demeure impuissant pour les unes et pour les autres , comme le connestable a predict , et le roy , neantmoins , chargé d'une excessive despence pour une armée fbible aujourd'huy à l'augmentation de Testât , mais assez forte pour la conservation d'iceluy. Car de vouloir , avec des forces qui ne peuvent sufiire pour se défendre et conserver ce que l'on a , attaquer ceux qui sont double^ ment renforcés , tant pour la campagne que pour la conservation de leurs places , il n'y a personne qui ne jugeast cest acte indigne d'un homme qui a le faix et le gouvernement d'un grand royaume sur les espaules.
» Il faut amener en jeu la grandeur des forces que le duc d'Alve a assemblées , et celles qu'il peut encores assembler dans le royaume de Naples , toutes lesquelles sont desjà, et seront tousjours, quand il voudra, plus grandes que celles ni du pape ni de M. de Guise. Quoy estant , voulons nous croire qu'un si brave capitaine qu*est le duc d'Alve n'ait sceu , ni ne sache si bien pourvoir à ses affaires , que , de première abordée , ou il arrestera M. de Guise , ou luy jectera au devant quelque place si bien pourvue, qu'il y consommera inutilement le temps et les forces ? et puis il se faudra retirer , et où? dans les terres de l'Église P c'est traicter de l'impossible , elle ne le permettra jamais. D'espérer que les anciens partisans que les François avoient à Naples soyent pour s'esmouvoir en nostre faveur , ce sont abus ; ils ont de longue-main apprins , au prix de leur sang , de leurs biens , quelle est nostre légèreté : il faut demander combien vaut ceste marchandise aux princes de Salerne , de Melphe , duc de Somme et d'Atrie , et plusieurs autres seigneurs que nous avons veu mendier leur pain parmi nous pour avoir servi la France, tous lesquels serviront aujourd'huy d'exemple.
» Par toutes ces raisons , il semble que Sa Hajestàne sçauroit, pour le présent , mieux faûre , selon l'opinion du connestablc et de luy , pour le soulagement du pape et pour l'honneur et advanccment des affaires particulières d'elle , que de commander à M. de Guise de s'arrester en Piedmont , à fin qu'avec communes forces et conseil , luy et le
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rcschal puissent conquérir de proche en proche ce qui peut apporter la conqueste finale de la Lombardie , de Gennes , de Piedmont et Montferrat , sans aller au loing pour courir les mesmes fortunes et desastres que fit le roy Clmrles scplîesme , le roy Louis dou- EÎesnie , et consequemment le roy François premier , pour avoir , par conseils inconsidérés , séparé leurs forces , embrassans trop avidement avec Tcsprit et le courage ce à quoy les bras ni la force mesnagée ne pouvoicnt atteindre. C'est une action de singulière prudence de sçavoir faire son profit des faules d*auiruy, et une espèce de manie de vouloir les imiter, comme nous voulons faire. Et combien qu'il n'y ait rien plus digne du premier fils de TÉgiise, tel qu'est le roy, que de secourir et soulager le chef d'icelle en ses afllictions, cela se doit touiesfois tonsjours entendre , terpaiis servandis, en lant que charité bien ordonnée doit tousjours commencer par nous-mesmes, et jamais ne quicter pour autruy latramonuinc de nustrc honneur et de nostre asseurance aussi.
« £t pour autant que M. de Guise , tenant le rang qu'il tient, pourrolt faii'e diflicullé de s'arrester de deçà , le commandement souverain en appartenant au mareschal, par Topinion qu'il auroit que tous les glorieux succès que les armes pourraient apporter seraient rapportés à la seule gloire du maieschal , et non de luy qui y auroit toutesfois iravaillé , Sa Majesté notera , s'il luy plaist , que , combien que Icdict sieur de Guise ait fort souvent esté à la gueire soiibs le commandemt^nt du mareselial lors qu'il n'estoit ({ue gênerai de la cavalerie légère , et que ce commandement soit chose si précieuse et chatouilleuse , que le père , où il se tr:iiclc de Testât , ne le quitte jamais à l'enfani, si est-ce qu'ayant en luy plus de puissance la prospérité des affaires du maistrc que sa gloire ni son honneur particulier, il pratestc de céder dèsmaintenant de fort bon cœur à M. de Guise toute la souveraineté du commandement, pour ne servir au demeslenient de la guerre que de conseiller et de coadjuteur seulement; et par ainsi demeurans les plus forts par ceste conjonction , la caus:^ du pape et celle du roy seront mieux plaidées et avec plus d advuniage
et de seureté qu'il n*y aura & courir au loiag sans autre gage que Tesperance.
» Au contraire de ces remonstrances , H. de Guise ameine en jeu kt ligue offensive jurée entre le pape et le roy , et de robservalin de laquelle il est aujourd'huy question i qie ceste liaison et le tiltre de roy très-chrenic; obligent de toutes parts Sa Majesté à le » courir, non par les favorables expMd; qu'elle pourrait rendre ailleurs , mais pv ceux mesmes qui luy sont propres , et «pi désire, et qui le peuvent de tous poioctt mettre à couvert de Tinjure d'Espagne et dei Colonuois , qui sont appuyés d'elle ; que Taobservation des traiclés promis et jurés n*ett pas si aisée à supporter qu'en est le refai auparavant qu'y entrer ; que les choses son desjà passées si avant , qu elles ne peuveil plus esire reculées ou différées qu^avec l'injure et l'offence du sainct siège ; que la pndence et la valeur du mareschal sont de loigue-main si cogneues, qu'il sçaura aunn prospérer les affaires du roy avec ce peu A forces qu'il a aujourd'huy, qu'il a cy devai heureusement faict avec des moindres \ <pi la conséquence du ropume de Kaples ftk si haut, ayant un pape poiu* confédéré i qu'elle ne doit estre |>ost-posée à celle à Piedmont et Milan, et d'autant moins que ci sont les plus seures planches que Sa Vsjfià puisse avoir en main pour renger peu à pa toute l'Italie à sa domination : qu'il se seitoit grandement obligé au mareschal de l'hûincur du commandement qu'il luy vouloit déférer , mais qu'il avoit toutesfois en telle révérence et en telle admiration sa vertu et a valeur , qu'il recevroit tousjours à singulière faveur d'estre commandé de luy et d'estrc assisté de ses forces et de sa prudence, comme Sa Majesté luy avoit commandé, pour traverser sans empeschemcnt jusques au dessus de Parme ; remettant toutesfois le tout u vouloir de Sa Majesté, attendant lequel par le retour du secrétaire Bovvin , ils iroient a»siûUir Valence , laquelle , en toute sorte d'evenement , il faloit tousjours emporter pov faciliter le passage à luy , et au mareschal l'entrée au Milannois , dont ceste place dependoit. »
Le secrétaire Boy vin fut aussi Icharféds
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Isiire trcs-hambles supplications et remonstrances au roy , à ce qu'il,pleust à Sa Majesté non seulement faire si bien ordonner le cours des assignations et des payemens des armées, qtt^elles peussent dorénavant avec plus de diliguce et de courage exploictcr les armes , mquélles s'anéantissent tousjours parmi la nécessité', pourvoir aussi an [fuict de Tarlillèrie et à plusieurs autres choses obmises en l*èstat de Textraordinaire des guerres dressé ^vant le mareschal , et sans lesquelles les llbires ne pouvoient estre mesnagés ny coniAaicts à la perfection qu'il desiroit.
1^ Je trouvay le roy à Sainct Liger , où se tekbient jadis les barats , auquel , présent M. le bonnestable et plusieurs autres seigneurs des 'alEiires , qui n'approuvoient non plus qne luy le voyage de M. de Guise , je fis toutes ces Temonstranccs , et assez d'antres propres à le dcgoustcr de co voyage romain ; mais le Cardinal de Lorraine , qai y estoit aussi , me traversa par plusieurs remonstranccs que je Imbatois tousjours : toutesfois, quoy qu'il scënst faire ou dire , si csbranlai-je si avant et Sa Majesté et tous les autres , que je les ^eis disposés à rompre le coup ; et de faict il Éae fut commandé de me tenir prest pour ^rtir le lendemain.
I Or faict à noter en cest endroict que M. de ^Ktiise avoit , la mesme matinée de mon par- Ib^mcnt, dcpesché un courrier audiçt sieur cardinal , Tadvertissanlde tout ce qui s'cstoit Wssé entre luy et le mareschal , et de ce que j*alois faire , afin qu'il remuasttant de practiques par la main de la roync et de madame ^de Valentinois , et de leurs autres amis , que toes instances fussent renversées et le voyage romain continué. Ce prélat , autant subtil , caàlt et rusé , et qui avoit la persuasion plus prompte et plus belle qu'autre seigneur françois qui fust en cour , sceut si bien ourdir sa loîle, qu'il gaîgna la partie , et mît ordre que tout me demeurast cachr jusques à tant que son courrier fust renvoyé , comme il fui sur Tannuictement du jour mesme de monarrivéc. Fut aussi , à mesme fin , résolu que le roy partiroit dès le point du jour pour aller à l'assemblée , afin de rompre coup à la diligence de mes poursuites envers Sa Majesté ; mais sur les neuf heures du soir le mareschal de
Sainct André m^envoya quérir et me descou" vrit toute la menée , me conseillant de me trouver devant jour tout botté à la porte du roy , afin qu'il ;ne peust sortir sans me voir , et que , selon ce qne Sa Majesté me diroit Je me plaignisse du parlement du courrier , qui mettroit le mareschal de Brissac en soupçon , jusqu'à dire aussi qu'il avoit prins une res(^ lution si dangereuse , que Sa Majesté seroit celle , et non luy , qui perdroit le procès , et qui seroit condamnée à la honte et aux despens. Je m'avancay encor jusques là de la supplier de croire que le mareschal pou voit bien courageusement supporter les desastres qui ne regardoient que luy , mais non jamais ceux de Testât de Sa Majesté ; que les siens estoient des appanagcs de l'humanité , et les autres de la passion et de Tinconsidération. Tant y a que je jouay si bien monroolle , que le roy , me trouvant à ses pieds en sortant , fust tout estonné , mais plus encore quand il cognut par ces paroles et remonsirances que j'avois tout descouvert , me promettant à son retour de me faire depeschcr à mon contentement. En fin tout le fruit que je rapportay de ce voyage , ce furent vingt mil escus qni me furent délivrés pour la fortification de Valence , qui avoit cependant esté prinse , et une favorable expédition sur plusieurs parti-; cularitésdont j*est6is chargé. Pour conclusion, l'intercst et la passion des particuliers, fondée sur les fallaces et incertaines espérances , eurent puissance de renverser celles qui estoient solides , utiles et honnorables , à la future ruine de Testât , ainsi qu'il perra cy après par la suittc de ces Mémoires.
A ces nouvelles de nouveaux 'remuemcns de guerre, d'Ampville, qui avoit le cœur fort eslcvé , demanda congé au connestable pour estre de la partie. Ce bon seigneur on le luy concedani luy dit : « Souviens toy , trouvant M. de Guise par les chemins , de le saluer de ma part , et de luy dire que je suis son serviteur et son ami ; que comme tel je désire et sa gloire et son advancement, et qu^en ceste volonté je le favoriseray , cl luy cl la charge qu'il a prinse , le plus que je pourray; mais que je le supplie de ne bastir aucune foy ny asseurance sur les promesse» Hm imnM et des cardinaux 9 lesquds^p
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de paroles couraccuses, luy feront une grande parade de montagnes toutes ruisselantes d or et d^argent quis'esTanouiront en fumée ; d'un grand amas de forces et moyens qui se retondront , non en Tessence nécessaire , mais en nuages; d'une affection toute bouillante d*amour et d'bonneor qui n'auront au dedans que tout desguisement et mespris ; d'une résolue et fort fardée disposition à poursuivre la gloire des armes » mais neantmoins couverterocnt arrestée à quitter le parti » selon le ply et radresse , bonne ou mauvaise , que les affaires pourront prendre par après : si c^est en mal (que Dieu ne vueille) , ils seront les premiers à luy courir sus ; si c*est en bien ( comme j'espère ) , tout le secours et toute l'assistance qu'il en recevra, ce seront force belles paroles et bénédictions toutes deacharnées d'amour et de substance pour le secours et soulagement de l'armée , laquelle par ce moyen aura beaucoup à souffrir, quelque prudence qu'il y sçache apporter : et enfin qu^il se souvienne , s'il luy plaist , .de ne commettre jamais le total des aflaires au hasard de la fortune , laquelle renverse ordinairement les choses qui ont esté prudemment et meurement délibérées , et de n*appeller aussi en ses conseils et délibérations que les François , qui ne peuvent avoir autre passion que la gloire de leur maistre. »
D'Ampville , ayant bien retenu tous ces discours , alh prendre congé du roy (duquel il lestôit uniquement aimé ). Sa Majesté , le voyant sur l'ardeur de ce partement, luy dict : « Je lis en ta face , d' Ampville » que tu te lairras emporter i quitter le Piedmont pour suivre M. de Guise ; je te le deffens , et t'asseure que si tu es si hardi de l'entreprendre, que tu n'auras jamais part en ma grâce : l'apprentissage que tu as honnorablement faict avec le mareschal te doit inviter à l'aimer et k l'honorer. »
f D'Ampville, s^estant mis sur le retour en Piedmont , arriva le jour de Noël à Snse , où il trouva desjà M. de Guise, auquel ayant faict tout le discours que son père luy avoit commandé , il trouva les portes fermées à tout cela, remerciant neantmoins et le père et luy de tous ces bons offices. Cela faict , liiy ayant donné quelques atteintes pour l'esmou-
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voir à s'embarquer avec' luy , il le pb d» s'avancer pour aller recogumstre h ^^'.
nance de l'ennemi et redresser ses trooppii et que cela faict il allast luy mesme coim»» cer la guerre du costé de Casai D'Aiaprlik recognoissant que c'estoit ( en cest eodr^b enjamber sur î'auctorité du maresckl , t» voulut rien entreprendre que par le tmm^ dément de luy , qui fut qu'il s'en allast îc sal , et qu'ayant bien recogna les aiùûre. 4 mesmes quelque cavalerie et fiinterie qoifi toit respandue es environ de Sartiraae , Q^. visast à prudemment entreprendre ceijm temps et l'occasion luy pourroient oOrir. • Par tous les précédons discours » voesirez veu ce qui se demesla de pins mik durant la trefve , et les resolutions i b n^pre en faveur du pape , par la prinse (k V lence , et de iavoriser le passage de M. i. Guise pour tirer à Rome , et s'exposer ; marquis de Pescaire, qui s'estait jecté f: campagne avec de grandes forces poor (^ pescher ce passage. Hais le maresdul, (^ avoit preveu ce qui en adviendroit , atûii ^ ligemment passé le Pau à Valence avec ^ i forces, qui estoientde septà huia mil hras? et deux mil chevaux , et prins le cbeoiB i Milan , espérant , comme il advint , que m aussi-tost que le marquis en auroit la vmàf, que , quictant M. de Guise , fl toumeroiiiv tement teste vers luy pour empescher la prav de la ville , laquelle , sans cela , eust ya^ estre couru un grand hasard enim si repeu: accident. Et de faict , l'espcovante fn a dans Milan , que chacun conunençoiiitr^ ser bagaige et à desloger. Or , pendast qic les aflaires prenoient cest acheminease. d' Ampville ne s'estoit pas endormi sur la r>-cognoissance de ce qui estoit vers Sartinae. il fut adverti qu'ils estoient envin» daiice» chevaux logés à Seltimo, au deiàda î%v^' et qu'ils faisoient leur compte de venir cc^r les terres du roy pour enlever des cooinV tiens : là dessus , ayant assemblé den nei. bons cavaliers , fl print résolution de lfôal> investir pendant qu'ils ne se doalmm .
rien. Ainsi qu'il vouloit monter & cbeTsI. vveson , gouverneur de Casai , Festam veu voir, lui demanda oili il vouloit aller : d*l& ville luy respondit qu'il alloit r^^eillcr <fe.-