‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 148 sur 224 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

troappesennemies qui dormoient trop ù aise ; surquoy Tautre lui répliqua sou- : a Vous vous allez perdre , monsieur, si

n'estes suivi et soustenu par trois ou 'e cens bons arquebusiers; » ayant eu elles que les ennemis batoient la campaavec plus grandes forces que n*estoieat enaes. ;

y, acquiesçant à ceste remonstrance , Salveson de faire diligemment assembler archer après luy ceste troupe d'arquérs , et qu'il les iroit attendant au pas. int d'Ampyille un peu advancé, il eutnon-. s qu^emiron deux cens cavaliers enne- ^estoient jetés sur les champs à la mesme tion que lui avoit faict, et qu'il y avoit. *os d'environ trois cens chevaux qui suiit ceux cy pour les soustenir , ayans opiqu'aussi tost que les nostres de Casai ent l'alarme de ceste cavalerie, qu'ils 'oient tous à l'estourdi, à qui mieux X , sans les recognoistre , et qu'ils en defent la plus grande part. D'Ampville, ores jeune et plein d'une valeureuse ardeur , t un peu pensé à luy , se monstra plus que les ennemis, car tout soudain il dises forces en deux trouppes, l'une comiée par luy, et l'autre par Noailles , son enant , sage et advisé cappitaine , auquel nmanda de donner furieusement dans une )pe des ennemis qu^il avoit descouverte le haut d'un village , et que luy donnele mesme par le bas , où estoient les au-

pour ne laisser rien eschapper hors de os ; et que la trouppe de luy estant la dre , il ne Moit pas donner le loisir aux mis de la recognoistre , ni la fanterie

qui s'aUoit aprochant. Aussi tost dict ,

tost ainsi exécuté, et avec telle valeur , ces deux trouppes furent renversées à le route. Mais ainsi qu'ils poursuîvoient ainairement la victoire , ils virent ce gros Ennemis qm avoit suivi leurs compagnons : ssus , craignant que les fuiards ne se raient avec ceux cy qui estoient frais , etque lui tombast sur les bras, il envoya faire bas- 'arquebuserie , commandant que cent ou ingts d'entre enxgaignassent les bayes de i et d'autre du chemin, etque le grosse res-

ftst pour soustenir et pour combattre aussi.

Tout cela ainsi, hastivement préparé , ils donnèrent tout à coup dans les ennemis, à la faveur des arquebusiers , et d'une telle fureur, qu'il furent renversés quelque résistance qu'ils fissent, en demeurans morts sur la place plus de deux cens, avec quarante ou cinquante prisonniers. Sans la crainte du marquis de Pescaire, qui estoit sur les champs, la victoire eust esté si chaudement poursuivie qu'un seul ne s'en fust sauvé. Qui considereramaintenantla soudaineté de l'entreprinse, le peu de forces de nous au prix de celles de l'ennemi, la prévention et la hardiesse de M. d'AmpvOle et des siens , il trouvera .qu'il y a dequoy beaucoup le louer, et à reprendre aussi en luy le jugement et la vaillance , et en l'antre l'audace et hi confiance qu'il avoit prinse en si petite trouppe qu'estoit la sienne. C'est poivquoy le marescbal , ayant eu advis comme les choses estoient passées , luy manda que puis que Dieu luy avoit donné la victoire, que tout alloit bien ; mais que ç'estoit un coup d'une trop ardente et.inconsiderée jjeunesse, auquel il ne faloit plus retourner, pour ne hasarder le service du roy, la personne de luy mesme , et la reputatipn qu'il avoit desjà acquise. 11 en donna adyis au .connestable, le suppliant n'en foire semblant à l'endroit du fils, puis qu'aussi bien estoient ce des traits de valleur tirés de la généreuse plante d'où il estoit sorti ; et pour l'animer à tousjours mieux foire , il lui avoit donné le comuiandement sur Casai, Valence et sur MontcaUer , à fin de^luy apprendre de bonne heure à se rendre soigneux et vigilant au maniement de l'estat. .>

Ces secousses furent de grande conséquence en ce nouveau remuement d'armes, par l'es» tonnement. qu'elles donnèrent aux ennemis sur ce passage de M. de GuisOj lequel malaisément fust passé à seureté , sans ce que le marescbal s'avança depuis vers le Milapois avec son^armée. Par ceste diversion , l'armée françoise passa seurement et sans empesçhement jusques en la Roinagne , ainsi que Sa Majesté fut advertie par le sieur de Mondasse, qui fut chargé de remon^ trer au roy qu'il ^*es* toit desbandé de l'armée de Piedmont plus de quinze cens François, pour se. jecter en celle de la Romagne, parce qu'ils l'avoient veu

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

inyer à ieor iboI, sau toutasfoû qu'il y eusl rien pour eu; que ce qui esleil deoMoré le motinoît , et que les meaMS doiuse iwiMtgMs mmreUef de François , et les kaliennes aniH, se desbandloieat à ^ene d'oeil par inite de fMiyeHieiit , dont il Mcoedaroit qMlqoe grand ec irrémédiable 'flNdbear; qne .ce malheur sera encor bien plus grand , s'il finit que-par «es îneoQVMiens preveus et tant de fois remonstres , Tarmée demeore inutile , et qu'il est plus neoessaire d'avoir ToBil suri'advenir que sur ce qui eét desjà passé, qui est plus aisé à reprendre qu'à amendar.

t Qne les places de Valence et de Basrignaye , qm commandeiM aux rivières do Pau et du Tanare , et i une des plus fertiles contrées du Milannots , sont de telle importance, qu'elles mentent d'estre fortifiées en tome dHigence auparavant que Tennemi se ren- ^foroe davantage, les rednisans à tel estât qne elles le pourront amuser et arrester sept •oufanict mois, et au partir de là conrirîe hasard d'un combat gênerai , dvqnel dépendra finalement Tentiere conqueste du Micannois.

: Que les seigneurs Francisque Bernardin et de Sàtveson - ont esté 4aissés dans Valenee pour la défendre et en diHgenterfa forlifica' 1km , peiidant que £a Majesté prendra resoiûfion sur celle de Bassignave , laquelle <m ■ ne sçfluroit entreprendre sans plus grandes forces et sans argent aussi pour ce faire , et pour ftlire porter vivres du Piedmont en l'une et en l'autre , d'autant qu'elles ont esté pillées , ruynées et les vivres consommés par les deux années royales et |>ar celles des ennemis aussi.

\ lyAmpville , se ressouvenant que le marquis de Fescaire , estant au siège de Santia , avoit désiré de rompre une lance contre[luy, Iny manda par nn trompette qu'estans aujourd'hny^i prochesqu'ils estoient l'un de l'an* tre , qu'il loy en donnerait l'asseuranee et le plaisir. Le mareschal , en ayant eu le yent , ïuy commanda , sous peine de désobéissance, de n'entreprendre ce combat ponr les conséquences que cela apportoit quelquefois à tout Testât , et que celuy de M. de Nemours le devait rendre phis sage. En ce temps domp Hemando de Sylva dressa couvertement en

[tooT]

Ast une grande conduite de ?i«m po» 4 vîctuaiUer Cairas et Foossaai nais la f^^ ayant esté descouverie |»aF fe msKnkij luy dreaaa un ^anqne^ pour ,1e défaireù MUS poincu. &¥]^a:deac^w^, jl roû l

coodttitte à une wtr/e fois; joais ce te ion jours avec jia pente de oia«naitfe cbsiaoi 41 s'estoient trop advancés , qui furent iéû:i par iss aiwrs 4'X)rîûsQn, de Oa^j 3 firîquematu, qui iostoîem par pais.

Du pvemier lévrier iôô7, le mansclul ^ entendre au roy que j>s^ foaUfi de payea^ les nouvelles Itandes frnufioises et M^ qu'il vouloit tirer desgaqûsonsponrfairig corps d'année jpius solide que ae&toaii sien , les unes ny les aiHres n'avoîeat \qù sortir sans estre payées : de manière que trouvant destiuié et de fopDces conveaables de moyens pour les .payer du passé et pnéseot , ilneroit oontrainct de^ reûfcr garnisons , au lieu de Caire qnelquecbusê bon A l'advaniage des affiuros de &i Mijoir que si ceox qni avaient la diyosition tm^ eraifle de ses finances pouvaient , par HO jifi mon Jbinn affectionné , .rimuQquer eo ccaUij de dangers ib anvalippejîeBt Testât ,ib fin cnientiéen j^IMNMé qge4 y|iavw,(|J de^sa part il^eanoheaa du r«aie et de k) i| de ans amis; jpaia ai mU Ji!y.pwt Mfe! (j qnelemal pravaujat iaude lois renbiH anccede , ilfsoteste dèa.mniPtnnasf , tam ponr lors, ^pie hà canlpeAnneiBaie&ui&ii à iny, 4pii a40ttqours délesté IniMfiuion . <i embrassé l'ordre neoessaice i tonlei wid d'aiEûres ponr en tirer noalagemaat , m^ et plaisir aussi.

Du 4 fevrier t ie mamsehil» manda m^ que par tvois ou .quatre divers endnkt&.t ^r personnes mMnbles , ilavoil mié adten •mesme par.d^JUnpviUe » qntjie oaMiideu tigerleMîiannoisetJe MmM&mnt , fK le Milanneis, craignans les amoDuine . Val»

leur .posmoit nppemer , .snaiont reiiiij« contribuer le p^psmapt:de:d»xnuliiaii(tor AllemanSi outreies aMiarnsen ferees , pai l'assaillir auparavant qu'nUe ftist fsnûr* qu'en exécutant par l'ennnnd ce desses estait impossible de la aanvnr qn'am* c grand corps de gens eboiais et det6nBiie< qne den «trepre»dre la dsfcsse W^tk

[N>uvoit faire avec son honneur , la place estant battabic et mal pourveue de vivres, ayans (»té consommés parmy le sac et séjour faict en la ville par les armées, au moins sans Tasleorance certaine de la paît de Sa Majesté , quelle lui donneroil forces pour la secourir en toute sorte d'événement, elle estant le seul salutaire pivot sur lequel lesaiTaires doivent estre mesurés et appuyés.

Tandis que le mareschal faisoit ses depcsches à Sartirane , où l'armée estoii logée , farrîvay de retour de mon voya{jc de la cour; duquel luy ayant rendu raison , cl hiy l'ayant communiqué aux seigneurs de l'armée , moy "présent, ils conclurent tous que l'urgente nécessité des affaires requeroit que je fusse wudain renvoyé vers le roy : et de faict tout )e loisir qui me fut donné , ce fut du midy 'jusques à la nuict , que je partis cliarjjé des jhesmes sollicitations pour le faict des payeimens , que j'avois cy-devant esté , et qui sont cy-dessus discourucs.

Je fus aussi chargé de faire trcs-importune instance sur le faict de Valence , mesmes estans ma ce mesmc instant venues nouvelles que le ■iarquis de Pescaire avoit assemblé toutes ses forces pour venir combattre ou faire deslor le mareschal de Loniellinc , et en ceste îtte entreprendre le siège de Valence, pour ourir laquelle il falloit que Sa Majesté tast le secours qu'elle avoit promis.

Que pour ne rien hasarder hors de propos ^en attendant les provisions de Sa Majesté , il avoit quitté le logis de Gatinare et repassé le Pau pour se retirer à celuy de Bassignave , ores qu'à demy affamé par les armées , en tant que le logis estoit advaniageux en deux 'sortes , l'une pour secourir et seconder Valence et Casai , et l'autre , pour tenir les deux rivières en sa main , et se retirer sans hasard, ores d'un costé , et ores de l'autre ; et qu'en jbnant ainsi aux barres, il veilleroit pour donner quelque secousse à l'ennemi , mais sur tout pour tellement incommoder Bassi- (TTiave que le marquis ne s'en peust servir au siège de Valence; que pendant que Sa Majesté diligentoroit son secours, elle commandast au capilalno Beauvais, qui avoit faicl nne description de quatre mil hommes fouaçcvs sur les bourgades du Daulphiné , qu il

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