SEIGNEUR DE TA VANNES
RÈGNE DE FRANÇOIS I
Kea ayant appaisé sa colère , Noe sorlitde Farche ; la p<Merité de Sem peupla les Gaula : leva religions, loix et guerres , sont peu cogaenes; Us vi voient libres en gouvernemens papolaîres , conseillés de leurs druydes et capiiawes : Us entrent en réputation par la prise de Rome ; Fabius Maximos les en chasse par svprise s depuis , les Autunois , Langrois et AsTa^roats querellans la principauté , les foi- Ues appellent les Allemands , qui les assistent et Baisiriseal par le secours des estrangers ; leir foQi oublier Tambition , pour se parer de »«nfilnde ; s'aydent des Romains , accreus dès pco par bœines loix , exercices d'armes ei artifats , qui possedoienl partie d'Asie , Afrique, Eipa^M et Italie , leur domination liroilîe dfl Uioaoe du cosié de la Gaule. Les pro- Mces froBtieres et la guerre d'iceiles escheunn à GesH* par rintelligence de Pompée ; et CrasMs, lorsque lesCimbres entrèrent es Gaula, les défit. lies Autunois l'employent pour Im délivrer des AUemans et Langrois, nesappereevatt qM de compagnons brutaux ils •acqMÎercl des maistres sobres. César deffit irisvHius, alleaiand venu en faveur de ceux it lanf/gs f gaigne Famitié des Gaulois , se soos eoiivertnre d alliance , à la sei- Les Belges Tapperçoivent : il les à Alesîa » et le reste des Gaulois , I peu nieux que les Indiens de maintasnL 14» Roflsains, victorieux par vaillance, •i MMifodreal par sagesse et mettent leurs U^m en caoïps fermés pour citadelle de leur flHM|«esie. César f ebercbaai la monarchie , la MM de son mmb à quatre de sa race -, les-
quels morts , TEmpercur perd TEmpire , les légionnaires usurpent Tauthorité , font et défont les empereurs ; se divisent , combattent , perdent foy , discipline et réputation ; vaincus et vainqueurs s aflbiblissent , tombent en mespris , transportent TEmpyre à Constantinople. L'an de nostre Seigneur 377 , lors empereur Valerius , les Wandales , Gots , Huns , François, Esclavons, Bourguignons, s'eslevent, vengent Tusurpation faite sur leurs prédécesseurs , leur audace accrue par Slellico et Ruf^ fus , traistres capitaines dilarcadius et d'Honorius; et Tan 397, Rome prise d'Allano,roy des Gots , tout court à la ruine des Romains. A mesme temps les François , habitans de Franconie, en Tan 4i4 passèrent le Rhin sous Merovée. Les Bourguignons de mesme , sous Gondoce , s'establireni par force et douceur, tolérés des Gaulois ennemis des Romains, qui faisoient comme gens foibles, traictans et dissimulans au profit de leurs ennemis ; auxquels tout venoit à souhait, d'autant plus que les Ostrogots en Italie , le^ Yisigots en Espagne , les Wandales en Afrique , et les Esclavons en Panonnie , dissipoient TEstat romain. Ce qui advint par nations si barbares , qu'i) y eut transmigration universelle des peuples, hormis de ceux qui s'accommodèrent aux conquerans, comme firent les anciens Gaulois. Il y eut plusde difficulté en ceste part des Celtes, maintenant dilte Bourgongne , que César tint des plus belliqueux , assaillis et vaincus dos Wandales , pour avoir laissé Texcrcice dos armes sur Tnppuy des Romains.dosqucls abandonnés, Ic logions rovo.iHées de leurpaU pour
défendre Tlulie, les peuples se jugent perdus, jettent Yœil sur les nobles devenus plus fins qu'au temps de César, quittent la campagne » se saisissent des rochers , les retranchent et fortifient.
Origine de Tallant , Saulx-le-Duc , Yergy, Grancey etSaulx-Lieu, tesmoing de l'antiquité de la race de Saulx , continuée par Faustus de Saulx , seigneur d'Antun et de Saulx-Lieu , qui vivoit Tan 214 ; ce qui est vérifié par les tiltres croniques d'Allemagne , Grançon , et concordance d'iceux avec ceux de sainct Bénigne et de Paradin , dont sont icy les propres mots : « En fan 225 , imperant Severe , tenant le siège Urbain , s'estant adressés les trois saincts personnages, Bénigne, Tierce et Andoche , en la ville d*Autun , furent receus fort humainement d'un seigneur du paîs nommé Faustus, qui residoît ordinairement en la ville de Saulx-Uen , et les pria de baptiser Phorien , son fils. Fut semblablement pris à Dijon le sainct prélat et pasteur Bénigne , qui long temps auparavant avoit érigé une église à Dijon, laquelle il avoit instituée en la crainte de Dieu , pour Tanonciation de sa saincte parole.
» Autant en avoit-il fait en la ville de Langres , où Faustus , comte d'Autun , Tavoit envoyé par devers une sienne sœur , dame de la ville, laquelle estoil nommée Léonine. Geste dame , qui portoit un lion en ses armes , esioit dame de Langres , qui a esté à » ceux de Saulx. » Du Haillant le tcsmoigne en la vie de Charlemagne , page 164 , par ces mots : <i Uue troisième avoit eu par eschange » le comté de Langres de Guy de Saulx , et le » donna à son oncle maternel Gautier, évesque » de ladicte ville. » Ainsi Saulx-Lieu , Autun et Langres ont esté aux seigneurs de Saulx. Déplus, du Taillet, sieur de La Bussiere , au chapitre des pairs de France , au feuillet 253, p. 254 , escrit : « L*an 1179, Hue , troisiesme «du nom , duc de Bourgongne , donna à son » oncle maternel, Gautier^ évesque en Te- » glise de Langres , le comté de Langres , que » ledict duc avoit recouvert par eschange de » Guy de Saulx ; lesquels sieurs de Saulx fon- » dcrcnt un couvent de religieuses proche » leur chasteau, et donnèrent GulU*ey aux » Templiers. » En vieux langage Bourgui-
gnon , Saulx signifie le nom adapté aux évesques chrestiens , qui, à cause du sel qui s'use au baptesme , estoient nommés par les François et antres nations lors payennes , Bourguignons salles. De là print origine le surnom de Faustus y de la race de Saulx : tant luy que les villes et chasteau de Saulx-Lieu et Saiûxle-Duc, qui luy appartenoient , furent surnommés de Saulx , pour estre les premiers chres* tiens de la Bourgongne qui portèrent la foy à la France.
Le naturel des François meslés des Gaulois , Bourguignons , Goths et Romains , est diversifié , selon qu'ils sont sortis des Levantins , Occidentaux et Septentrionaux : par Tarrivée de ces nations , mariage et alliance des uns avec les autres , leur postérité s'est tempérée, profitant de la valeur des uns et de l'esprit des autres. Aucuns physionomistes disoient connoistre au visage ceux qui estoient sortis des anciens Gaulois, des Scythes ou des Wandales , remarquant le teinct , les cheveux , les yeux , le nez aquilin , et auUres marques différentes et propres particulièrement à chacune de ces nations.
Les secours des estrangers forts oppriment la liberté; les foibles ont tousjours besoin d'argent et de courage.
En ceste année 414 , que les Wandales entrèrent en Bourgongne , vivoit un autre Faustus de Saulx , seigneur de Langres et Saulx- Lieu , qui estoit successeur du premier qui receut sainct Bénigne. Luy seul ayant omseillé de fortifier et retrancher les rochers , il en choisit un qui avoit desjà le nom du premier Faustus de Saulx, aujoiurd'huy Saalx-le« Duc ; il y réfugie ses parens et amis chrestiens , dont il y avoit un bon nombre es Gaules avant la venue des estrangers. Les seigneurs du pals l'imitent , se fortifient sur les rochers» en intention d'essayer de nouveau la fortune des armes , quand lesdits estrangers oflErirent paix , receue à condition de fraternité; et dès l'heure ne furent qu'un peuple , nommés depuis Bourguignons , pour estre séparés en divers bourgs : eslirent roy Gondrocus , à la charge de maintenir le christianisme. Faustus parachevé Saulx-le-Duc, et y fait une chapelle. Dieu monstre que ceste race luy plaist, pour avoir sauvé les chrestiens , remplit la
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ckqieBe de biaeUes de fen , qui paroissentà h Bort de ceux du nom de Saulx , que levaipire ■OBune les feux Sainct Sîmeon , venes JQsqnes ai oe temps de tous ceux qui y de-
Les fhmçois avoient passé le Rhin à la sol- Kotadoo de sadnct Remy , évesque de Rheims, et de plosieiirs ecclésiastiques , lassés et eniflfés des Romains , dont la décadence et foi- MÔse les hissoit en proye de toutes les natioas bariMures. Gondrocus fonda sa seigneurie en Bourgongne , cependant que Merovée s'estabiissoît somrdement en France , par la pux qw Ados ^ capitaine de Tempereur YaleadBÎUy luy accorda , pour s*en servir confire Attibi , qn^il défit : la principale gloire deaux François et Bourguignons , et leur le cœur. £tius révoqué et tué par Ya- Intiniaii , ils s^accreurent des ruines de TEmpyre, sous dovis , successeur de Merovée, qui chwe les Romains entièrement des Gaides , debeilant les Gots , et tost après les Bourguignons, lesquels imprudemment s*allierent à hyptr dotilde , fille de leur roy , qui désire h dotmction de sa maison , pour venger la mrt de aoo pere sur Gondebault son oncle , qui Tavoit occis. Puis d*un reste de pitié , fait partie du royaume de Bourgongne à son cousin , qui après , sous mau- 0 prétexte , est jette dans un puits par Clolir , roy d'Orléans » fils de Clovis et de Qotilde. De ce devenu hasardeux , il est tué d'M Gondemar , frère de Sigismond ; pour la veageuce de qnoy Clotilde arme ses fils Siei^bcrt et Clotaire , roys des deux parts de Flnace » lesquels occupent la Bourgongne , la pariagen, el bannissent Gondemar.
Ea ces cbangemens , Faustus de Saulx monrsC en bataille ; ses enfans se maintiennent , irudeaC avec les roys de France et d' Austrasîe , érigeant leur cbasteau de Saulx en duché, ■M qui s*adaptoit pour lors à ceux qui condnsoient <les gens de guerre,. derivaut du ■oc laiio de d%MB à duce , et qui depuis fut SKhpCé aax seigneuries de ceux que les roys vealoient obliger, raison pour laquelle a esté Ssoix-le-Doc. Cette charge continue en leur nce; le vulgaire puis après les nomme ducs de Saulx y nom resté au chasteau de Saulx-Ie-
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La France , qui avoit esté partagée en quatre après la mort de Clovis , fust réunie sous Clotaire premier du nom et septiesme des roys , puis repartagée entre cinq , réunie derechef sous Clotaire deuxiesme , fils de Fredegonde. Les dix roys d'après laissèrent usurper Tauctoriiéini maire du palais ; le dernier Childeric perdit son Estât. Ce temps , souillé des parricides , assassinats et fainéantises des roys , donne moyen aux Martels et Pépins , maires du palais , de se faire roys : aydésdes defaictes qu'ils firent des Sarrazins , favorisés des papes Zacharie et Estienne , craignant la force des Lombards , firent réciproque condition avec les Martels de ruiner TEstat des Lombards et changer celuy de France.
La coronne du successeur de Pharamond est enlevée , dont la race dura trois cens trente un an ; la noblesse se laisse corrompre , les duchés et fieis leur furent asseurés. Les sieurs de Saulx, à Texemple des autres, confirment leur seigneurie de Saulx. Charlemagne , successeur de Pépin, fait guerre en Saxe, assisté des Boêmes. Au retour, le frère d'un de leurs roys nommé Leopolde , espousa une fille de Saulx , à condition que , luy venant à mourir, son beau-frere auroit la coronne de Boême , laquelle ceux de Saulx possédèrent quelque temps. Leurs armes sont semblables à celles de Boëme , un lyon d'or rampant en champ d'azur. Charlemagne mit la France en son période de grandeur, obtint l'empire d'Occident par sa valeur et faveur des papes , qui contenoit France , Italie , Allemagne , Dace et Panonnye, partie d'Espagne et d'Angleterre. Elle dura cent ans en sa maison , d'où sortirent huict empereurs et quatre roys de France. Ceste grandeur déclina par division , partages et ignorance de sa postérité; attirant sur luy le mal qu'il avoit procuré aux autres , ouvrit le chemin à Hudes, gouverneur d'Angers, sorty de Huitequin , deffait en Saxe par Charlemagne , lequel , par double vengeance divine, porte la coronne à ses successeurs. La race des Martels dura deux cens trente» sept ans ; commencèrent en 750 , el finirent en 987 , que Hue Capet usurpa la coronne : entreprinse jà tentée par ses père et ayculs , favorisés de leur régence et ducli<5s d'Anjou et de Bourgongne , aydés de Tignorance des
roys , qui laissent trop agg^randir une race en leiu* Estât, de la mort de Charles le Simple, de la liaine des François àCharles de Lorraine , vray successeur , pour la faveur portée aux AUenands contre les François, de la corruption des nobles, mais sur toutde la trahison de Tevesque de Laon , qui donna le vainqueur au vaincu ; dont la mort à Orléans du roy et de ses enfans mis en prison, finit la querelle, et donna le royaume à Capet.
La vertu et la fortune à Tenvy firent ces deux changemens de coronne : les combats des Pépins et Martels , la ruine des deux roys lombards , sont actes de vertu ; rien de fortuit , sinon la faveur du pape Zacliarie , an contraire du changement de Capet , aydé des régences et duchés de ses prédécesseurs. Practique des Normands^ minorité des roys , rabsence et inimitié des François au successeur roy de Metz , qui avoit favorisé les Allemands, et la trahison de Tevesque de Laon, ^nt coups de fortune.
Charlemagne usurpe la coronne sur les Meroingiens , extermine toutes les familles de Saxe. Capet , sorty de Huitequin de Saxe , oste la coronne aux successeurs de Charlemagne. La vengeance divine chastie les hommes de semblable punition qu ils ont procuré aux autres.
Les François consultent s ils imileroient les Allemands , qui secouèrent le joug à la mort du dernier héritier de Charlemagne , et donnèrent loy à leurs empereurs, se maintenans francs de tout, hors de la souveraineté. Les partialités , ambition et avarice , estent le courage aux François. Se fient à Capet , qui leur donne et promet davantage qu'ils n'eussent pensé obtenir par périlleuse guerre , ne s'appercevans que Thonneur et richesses sont nulles , puisque les personnes à qui elles sont promises demeurent au pouvoir du donneiu* ; ce que leurs successeurs cogneurent lors qu'il nV eut plus de remède : finesse et artifice heureusement ignoré, pour le salut de la France, de ceux qui desiroient la coronne de nostre temps , laquelle voulant entière , n ont eu une seule portion dicclle.
A l'usurpation de Capei , les seigneurs et villes (rançoises perdent ToiTusion de se mettre eu liberté , comme les Allemands firent , dcf-
fiiillant la lignée de Charlemagne ; liberté oh de ce temps partie des Catlioliques et Huguenots ont aspiré , qui est à craindre k la poste* rite. Si les chefs de party eussent donné semblable recompense que Hue Capet , partageant TEstat avec les principaux de leurs associés , et érigeant les possessions des grands en duchés et comtés» ainsi que Hue Capet fit à plusieurs , au nombre desquels furent les seigneurs de Saulx4e-Duc , les intéressant à leur usurpation par dont de duehés et comtés, franchises et immunités aux villes , ils ne se fussent perdus. Les princes et les villes ne peuvent espérer sous les roys légitimes les libertés. Les chefs , voulans tout , perdent toot ; leurs partisans , n'esperuns d'eux que ce qu*iis pouvoient avoir en repos sous les vrays roys , ayment mieux le prendre sans péril plus cer" tain , et plus à Tacqnit de hi conscience.
Hue Capet confirme à ceux de Saulx lenn duchés , ne s'en reserve que la souveraineté , à ce qu'ils permirent avec les antres Vnwar^ pation : ils se maintiennent Jusques à Pbilippf Auguste. Hudes , troisiesme du nom , fils de Odot , second duc de Bourgongne , traitant andacieusement les seigneurs de son pays , It pluspart prindrent les armes. Le comte de Châlon , Humbert de Beaujea , le seigneur de Vergy , Guy seigneur de Saulx , disoient que les royaumes esloient possédés par Coroa , dee* tion ou convention : si par la force , \mn prédécesseurs l'ayant aydé à conquérir , ik dévoient avoir part à l'auctorité : si par élection ou convention , o'estoit à hi charge de garder leurs privilèges. Les armes , employées où 1» raison deflaut , eurent cours quatre ans entre ceste noblesse et leur duc, qui practiqna la rose eoustumiere aux roys contre leurs subjects : leur accorde volontiersicur rcqueste, etlesdi* vise par promesses ^'aines pour avoir meilleur marché du reste. Il gagne le comte de ChiUon et le seigneur de Saulx ; celuy de Vergy et Cfafttilon sur Seine , pressés , recourent à Philippe Auguste , remonstrent qu1ls tenoient de luy en arriere-fief. Son interest àleur perte. Sa Majesté va en Bourgongne , tant plus volontiers que Hudes avoit assisté le comte de Flandres contre luy , et le duc quitte les armes. Le roy fait l'accord par le mariage du fils du sieur du Vergy à une des filles du duc. Sa Majesté et
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b ttarogo anenrerent cenx-oy ; et ne de- More i ceux de Saulx ponr garant qu'nn parckeadn , pour ennemy la forteresse de leur dnsieaa , et pour soupçon leurs grandes alfiances à eenx de Mont Sainct Jean de Savoye , de MMtbelliard , et principalement de Vienne, àmi les prédécesseurs avoient esté roys de AwrgOBgne.
Le doe de Bourgongne les tint trop grands cl appoyés pour TÎvre en un petit estât ; re- «M leur myne. Guy de Saulx , adverty en Fan tVM , recourt au roy sainct Louys , désirent d*«iiB* les grands pour aller au second mage qp^îl fit en la Terre Saincte ; pour s'en ayder, iraicte accord entre les ducs de Bour- (ioagoe et de Saulx. La forteresse de Saulx, qa dooDoit de la crainte au duc , est mise en depost entre les mains du roy , qui donne la Boiiîé de la jouissance du bourg au duc , le Mt par provision , attendant que le voyage ta fait. Sainct Louys mourut sans effectuer m intentioD de remettre ceux de Saulx-le- Dac dans lear chasteau. Philippe le Bel , son Sb, povr gaigner Robert, troisiesme de ce nm , fils de Hudes IV » dilc de Bourgongne , hy donne injustement le chasteau de Saulx , dootles seigneurs aboient cédé le nom de duc, et s'appelloient sires de Saulx , comme appert par le coatract fiait avec ceux de Sainct Bemgae , Fan 1207 , an mois d'octobre , commenftnt : Ht GuUlaume de Saula , damoiseau^
«eHë en conquérant ou en souverain , d'un huns àdieval , Tespée à la main. La moitié diboorg, qui esloit restée en partage à Isabelle de Sarix , mariée au sieur de Ghauvirey , lui ht depuis ostée par le roy Philippe , sous cuwerture d^eschange d'une terre qu'il feignoittay donner en Champagne , en Tan 1304 , comme H appert par les lettres d*eschange cy insérées, pour faire foy que d'antiquité le dnstean de Saulx-le-Duc a esté à ceux de
Saolx.
CTutrerm prœêentes îiUeraa inapeciuris Ofp,fMiê lÀnfonensU, salutem in Domino. NovenKf nos vidiêse , ei de verbo ad rerbum légiste fiêtidam lUterae eanas et intégras , sigillo il- Intlris principis Philippi, Dei gratid Franconm régis , non eancellatas, non ahoîitas , nec k aliqud sui parte tUiaias, quanim ténor snr^iiHr in hœe eerhi^ : Philippus, Dei gratta
Francorum res^ universis prœsentes lUteras inspecturiê, salutem, Notum facimus universis, qu6d otHfi Philippus de Chavirey , nobis ea causa permutationis , nomine sua , et Isàbellis eonjugis suas, dederU et concesserii perpétua casstrum de Salice-ducis , diœcesis Lingonensis , oum fortalitiis , feodis, hominibus , terris, possessionibus, censtbus , redditibus, nemoribus, omni juridictione haltd et bassd , rébus etju^ ribus , adjacentiis et pertinentiis castriipsius^ pro omni jure ad ipsos conjuges pertinente , et specialiter pro dimidid portione ad ipsum Philippum ex personâ dictœ eonjugis suœ in prohdictis pertinentiis , quœ portio ad ipsum Phi^ lippum , et ad ipsam conjugem ex ejus personâ pervenit ex successione Guillelmi domini de Salice , patrie quondam dictœ eonjugis, et Jà* cobi fratris dictœ eonjugis defunctorum , ut a«serit dictus Philippus ; nosque dictis conjugibus dare debemus ex causa permutationis hujus-' modi y et assidere Trecis , vel ultra Trecas in comitatu Campaniœ, in locis congruis decentem recompensationem in terra, arbitrio prO" borum virorum;in quâ terré si œdificia fuO" rinty debebunt œstimari sicut œstimabuntur œdificia dicti castri , et pro œquivalenti quantitate compensatio fiât hino inde, Quod si forte œstimatio œdificiorum dicti castri de Salice superexcederet œstimationem œdificiorum ex parte nostrà tradendorum , vel forte in terra per nos assidendâ nul la essent œdificia œsti^ manda , nos in redditibus compensationem faciemus condignam dictis conjugibus : dictusque Philippus faciet et curabit , quod dicta conjux sua prœmissa omnia approbabit, laudabit , et ratificabit. Et ad majorem securiiatem de prœ* missis approbandis , laudandis ,et ratificandts à dicta conjuge, Gaufridus Danfale miles, se èrga nos fidejussorem constituit. A qud fide^ jussionne , cum. super approbatione , lauda^ tione et ratificatione prœdictâ litteras compe-tentes receperimus ^ miles ipse quiet us erit penitus et im munis, obligantes iidem Gaufridus et Philippus nobis omnia bona sua prœseihtia ctfutura pro prœdictis. Nos autem eidem Phi^ lippo trademus de prœsenti duo millia librarii^n parisîs miituo ^ sub omni obligatione omnium bonorum suorum. Acinmque est inter nos et dictitm PhiUppum, quod, dictœ eonjugis s^/ns ratificatione secutd, ut dictumest, nos
MÉMOIMS DE GàSPÂKD D£ SAULX»
statimprosecurUaiê dictœ assisiœ per noa dietis conjugibuê faciendœ, a^ssignabimus , et tradetnus dicto Philippe , pro se et dictd conjuge 8uâ tantum terrœ in redditu in Campaniâ, quantum per informationem faciendam per dilectoB et fidèles , reverendum nepotem archi- ^diaconi Lexovieneis clericum , et Simonem de Marcheeio mUiiem , nostros , vel alios super hœo deputandos , à nabis repertum fuerii dietam terram deSalice valere in redditu, kabiid ratione omni ad idem castrum pertineniium , ut est dictum , pro parte terrœ ipsius quœ ante jwrmutationem hujusmodi ad dicios conjuges pertinebat. Nosque statim nancisci poterimus saisinam corporalem dicti castri de Salice , et omnium jurium et pcrtinentiarum ipsius , pro portione y et jure olim ad dictos conjuges in prœmissis pertinentibus ante dictam assisiam per nos faciendam , nonobstante conventione habita in contrarium in dicto permutationis contractu. In quorum testimonium nos prœsens scripium sigilli nostri tnunimine facimus roborari, Actum Parisiis, anno Domini mil' lesimo ducentesimo nonagesimo nono , mense februarii. Nosverà Officialis Lingonensis prœdictus , quod vidimus testamur , et in testimo^ nium hujiu visionis sigillum nostrum prœsen^ tibus lUteris dusimus apponendum. Actum et datum anno Domini millesimo trecenteêimo quarto , die lunœ post festumB. Pétri ad vincula»
Facta est collatioperme GiraudumdeBesva^ et Jaqninum Rotarii, cîericos curiœ Lingonensis, SigUlatunh in cerâ viridi.
Ayant les seigneurs de Saulx perdu le chasteau , il reste aux masles les seigueuries de Yentoux , d'Orrain , Ar-sur-Tille , Prangey , et plusieurs autres 9 des noms desquelles seigneuries ils se firent appeller ; et ne laissèrent de se bien allier, comme il se voit cyaprès.
Ceux de faction qui appointeront séparément, seront ruinés : les derniers qui traicteront , avccplus.*dé péril et plus dUionneur ; les premiers avec plus de honte et de regret.
Lapuix avec les subjccts fait pour les roys ; les armes posées , ils u obscrveni que ce (ju'ils veulent. C'est folie de demander des capitulations avantageuses , quand les conditions et les personnes dcmeuient enire les mains des
princes : ces promesses si exactes ne doivent estre recercbées qoe par ceux qui après veulent subsister les armes en la main , et hors de la puissance des roys.
Guy de Saulx vivoit en l'an iliO ; il portoiC un lyon d'or armé de gueule en champ d'azur, timbré d*nne teste de lyon empanaché d'or et d'azur : esponsa Alix deHontSainctJean, dont les armes sont trois escus d'or en champ de gueule. Octavien , comte de Saulx , Isabeau de Savoye , mie double croix d'argent en champ de gueule , my-partie de quatre barres d'ar^ gent en mesme champ. Guy , comte de Saulx , Jeanne de Monlbelisurd , dont les armes sont deux dauphins d'or en champ d'azur. Guillaume, comte de Saulx, Marguerite de YieuDe, qui deceda en décembre 1290 , inhumée aux Jacobins à Dijon , portant une aigle d'or en champ de gueule. Charles, seigneur de SaubL, Louyse de Fontaine et de Herlau , six merlet et une bande de sable en champ de gueule. Hudes de Saulx , sieur de Yentoux , Guyotte de Sainct-Seigne sur Yiviane , dix barres d'or en champ de gueule. Pontus , sieur de Sauht, Jeanne de Til, trois léopards de gueule en champ d'or. Thomas de Saulx, dit le Loup, Jeanne d' Ar-sur-Tille , trois barres d'or en champ de gueule. De là sortirent deux branches : l'une est des sieurs de Yentoux , fondateurs du Bon*Yaux , où plusieurs d'eux Mmt élevés ; de l'autre vint Hugues de Saulx , mut d' Ar-sur-Tille , qui eut Anne de Baufronont , portant des baufrois d'or en champ de gueule. Guillaume de Saulx , GuiUemette de Baudoucourt , sept carreaux et une barre d'azur en champ d'or. D'icy sortit tm cadet, chef de ceux de Saulx de Lorraine. Herard de Saulx , sieur d'On*ain , Antoinette de DinteviUe , deux ieo* pars de sable en champ d'or. Jean de Saulx , sieur d'Orrain , Marguerite de Tavannes , un coq d'or griffé de sable en champ d'azur. De ces deux sortit Gaspard de Saulx, duquel nous escrivons , qui prit le nom de Tavannes. Pour ce, a esté icy jointe la généalogie de ceux de Tavannes , du comté de Ferrette , translatée d'allemand en François.
H est escrit aux Chroniques de Velay et de Woustier Grand- Vaulx , que l'an 692 il y avoit un roy d'Alsasse qui espousa la reyne Bcrthe, fille du roy d'Escosse, fondatrice de Moustier-
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Grud-Ymlz , et fit relever les corps de sainct Gcrmni et sainct Rambaot , donna beaucoap de Uen au. églises , fit faire un chemin dans h roche âe Monstier-Grand-Vanlx pour aller à Berne ea Saisse » et un pertuis an travers de k roche, qoi se nomme encore aujourd*huy Kne Fertuis. Tons ces ouvrages furent con-
par un grand seigneur d'Escosse , son
, qii*elle avoit amené , nommé Vernier deTaYamiea : ce fat le premier qui commença le dnsifau aa lien de Tavannes. Voulut reircadre le fief de Tabbé du Moustier-Grand- Taolx , Tan 692. Ce chevalier avoit amené sa fenne noaunée Bfagdelaine : ils eurent un ib qd se nomoioit Philippe de Tavannes, qui Isabeau, baronne d'Elsets ; et sont en
à VeUay. Lesdits Philippe et Isabeau on fils nommé Joannel de Tavannes ,
avec Aime de La Salle , baronne de Neuf da pont de Roide , et sont enterrés au Eeade Tavannes. De là vint Ouris de Tavannes, ■an de Pemette de Colombier , enterrés en TtfjSàe de Saint Uuvyer. Son fils s'appeloit eoBBie le père , qui eut Isabeau d'Oigny en BMrgongne : elle avoit esté mariée à ceux de DeUe. dont sortit Jean et Richard de Délie ; et cvent on fils du dernier mariage , nommé Oariftde Tavannes , qui eut Alix de Ghastel- Vtnej, enterré à Délie , à la chapelle Sainct Ilfioolas: et eurent un fils , nommé Adrian Re pHt de Tavannes , qui espousa Amelina de HoreiaSlé , enterrée à Sainct Ursane. De cen-€j sortit Petremant de Tavannes , qui ealllargnente de Hoissenot, enterrée à Sainct Omne. Dodit Petremant et Marguerite vint Jeia de Tavannes , qui espousa Jeanne de Rsakoort , fiUe de Ferri de Raulcourt et de Uargnerile de Charmes. Dudit Jean et Jeanne lOBl sortît Jean de Tavannes , qui commandoit ans Bandes noires ; Marie de Tavannes , ■ariée an seigneur de Yerchain , et Marguerite de Tavannes , femme de monsieur d*Ornâ. Et d'autant que la maison est tombée en qieaonQle , la ville de Tavannes est retournée par fief à Fabbé de Moustier-Grand-Vauix , qa est de Tevesché de Berne.
Les Juifs par cscrits^ les Gaulois par tradilios des unsaux autres, les François par armoiries, ont conservé la mémoire de Taniiquité de leur race. Les roys s'abusent , qui disent
pouvoir faire des gentils-hommes : c'est Dlea qui donne le courage : sa bénédiction rend les hommes valeureux ; ceux qui le sont , alliés à leurs semblables , continuent la vertu à leur postérité : les mes-alliés ne la conservent qn*à moitié. Les roys devroient suppléer à la négligence des nobles, rendre les monastères gardiateurs des noms et armoiries : noms qu'il seroit besoin maintenant opposer à icelle , la noblesse estant en telle recommandation au passé y que les moindres sçavoient par cœur les races d'un pais. C'est la recompense et punition de Dieu , de la ruine ou perpétuité d'i* celles ; c'est à ceux qu'il ayme qu'il se faut allier : la postérité succède à ses inimitiés , aux maladies et deflaut de l'esprit. Les armoiries, utiles à leur conservation, viennent d'ancienneté , comme l'aigle romaine, ou du ciel , ainsi que les fleurs de lis, ou d'actes généreux, comme celles de Milan ; les plus vieilles sont les meilleures. La noblesse est issue d'Abel et des enfans de Noë ; les plebeyens , de Caîn et des serviteurs de Noê sortis de l'arche, comme aucuns tiennent. Je croy que c'est de la bénédiction de Dieu , et de plusieurs actes généreux réitérés en mesme race, qui ne s'entent comme les arbres fruitiers l'un sur l'autre, sont nécessités d'espouser des femmes, désquelles il se vaudroit mieux passer que de les avoir dissemblables. La pauvreté ne sert d'excuse : les armes ne manquent à ceux de cette condition ; les loix devroient donner les pauvres gentils-hommes aux maisons riches qui tombent en quenouille , reservant le nom d'icelles , selon que les maisons sont illustres. Les royaumes bien ordonnés devroient pourvoir au mariage des nobles , joindre les fils aux filles des grands capitaines, pour en produire de semblables; ne permettre qu'ils se mes-allient , à ce qu'ils conservent le courage , ancien protecteur du public : et Tappauvrissement de la noblesse , que les roys de ce temps ont permise ou désirée , est origine des mes-alliemens et mariage des gentils-hommes avec les plebeyens, desquels les enfans ne seront qu'à moitié vuillans , au préjudice du public et des généraux d'armées, par fuis abandonnés , et hors le respect de la chresticnté. Plusieurs souverains sont soigneux de conserver les aras des chevaux , accouplant
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MÉMOraES DE GASPARD DE SAUIJC,
les bons avec les semblables , et n*ont soin d'empescber des mariages que les {^enereux {{entils-hommes sont contraints par la pauvreté d'accomplir avec des femmes sorties des plun vicieuses et viles personnes de leur Estât.
De Jean dCvSaulx, seigneur d*Orrain, {][randgruyer de Bourgongne , et de Marguerite de Tavannes , nasquit, au mois de mars Tan 1509, Gaspard de Saulx , seigneur de Tavannes , de parens illustres , craignans Dieu , et de clair jugement. Le sieur d'Orrain eut trois fils et deux filles , retint Taisné près de soy pour maintenir la maison; qui fut Guillaume de Saulx , seigneur de Yillefrancon , depuis lieutenant du roy en Bourgongne ; et envoyé M. de Tavannes puisné chercher deTlionneur; et voue le tiers à TEglise, qui fut prieur de Sainct Léger ; mit les deux filles en religion , sçachant bien la perte qu'elles apportent aux maisons : Tune en sortit, qui espousa le sieur d'Effrans ; Tautre mourut à Remiremont , dont elle estoit dame. Le sieur de Tavannes avoit Tesprit prompt, judicieux dès son enfance, estoit (le la riche taille, entre médiocre et grand, de force et disposition nompareillc. Son père renseigne , et fait apprendre ce qu'un gentilhomme et capitaine doit sçavoir ; fait estudier ses frères selon leurs inclinations.
Les roys sont intéresses à la conservation de la preud'hommie des nobles : aucuns s'en sont servis pour administrer leurs finances , leurs domaines , grueries , bois et rivières , et s'en sont bien treuvés : ceux qui sont nais de bonnes maisons et riches, ayans à perdre honneurs et biens , ne mes-usent ny ne dérobent , ainsi que plusieurs font en ce temps.
La ressemblance des actions des enfans à celles des pères vient de la bénédiction ou malédiction de Dieu, et de la nourriture qu'ils reçoivent pareille à celle de leurs parens. Aucuns ont creu que Tame , soufflée de la bouche divine , pouvoit départir l'immortalité et l'entendement à ses successeurs , ainsi que l'ame, envoyée d'en haut , fait ses fonctions selon la capacité des vaisseaux que les pères forment : intelligence, jugement et mémoire ont des chambres séparées dans la teste , lesquelles, une partie pour la conjonction des femmes , ou olTencées de nature et accident , s*^ troublent et s'altèrent. Des pères et mères bien
proportionnés naissent les proporlionscapaUes et les esprits semblables ; si les deux sont ea la grâce de Dieu , c'est grand advantage pour la sagesse et accroissement des enfoui.
Les mathématiciens errent aux predictioM par les astres, qui n'ont aucune puissance sur les nativités ; plusieurs ont esté charretiers , nais sous mesme planète que les empereurs : bien est-il qu'il sert à la santé du corps et de Tentendemeut d'estre nai quand les pères ont plus de force d'esprit et de corps au printemps , automne et plein de la lune.
Les physionomistes sont plus certains, considérant la forme , le teint et nature du corps. Lisans la vie des Césars et grands capitaines , considerans leurs actions soudaines ou lentes, ont dépeint leurs corps tels qu'ils estoient : Gesar, Alexandre, de proportion mesurée, blonds , tirans sur le roux , sanguins , et dominant le feu en eux sur les autres elemensT; Fabius Maximius, de poil châtain tempéré. Un médecin , considérant le sieur de Tavii^ nés , les cheveux blonds , barbe rousse » un pou haut en couleur , les soursils élevés , Iny dit :, « D'où vient , monsieur , que vostre corps » et habitude tesmoigne que vous devez eslre » extrêmement colère, et neant-moins tous ne » Testes point ? — Je le suis , dit-il , autant » qu'il se peut , mais je la sçai vaincre par It » raison. »
Les g^tils-hommes riches ayans trois enfans en devroient mettre deux aux armes » les médiocres un , et le reste d'église et de kn, sans les lier que l'ainé n*ait des enbns ; msrier peu de filles , qui sont l£) ruine des msH sons. Les gentils-hommes ont la théologie eth jurisprudence , et sont exclus de la médecine : le sçavoir est nécessaire , ou recevoir iionCe d'acheter des bénéfices et estats ; les Jeunes enfans doivent estre sous de fidèles précepteurs aux universités ; ne les laisser en liberté qu'à vin|^,t-f rois ans , âge qui donne la perfection à l'œuvre. Où la révérence paternelle deflaut, la crainte d'estre déshérités supplée. Los ignobles ne nous estent les estats de jn» dicaturo ; c'est l'ignorance qui nous en prive : la porte est ouverte à tous ceux qui font estudier leui^s enfans , lesquels ne peuvent estre ewposcliés d'avoir des estats. C'est l'honneur de plaider et juger ; le3 seigneurs romains
RÈGNE DE FRANÇOIS I
iViientoient honorés : sotte est ropinion des krolan , que les presidens et conseillers ne MU genlHvlioainies ; plusieurs sont de cette i|Balilé , ci e est estro vrayement noble que defairela JMtice : ce sont eux qui ont puissance or Jet biens et vie des autres : c*est esM mH qne d'estre d'un estât privé de jnlicjf e » qui est marque de supériorité et fWfernineté.
Les gens de bien » sages et vaillans , naisde leurs semblables , soit que les pères 1 les vaiaseaax où agissent les esprits , sa qne les bons fniicts continués d*enter en lenn espèces se rendent meilleurs : la suite de plHMnrs vertueux augmente la perfection poslerité. Du mélange naissent les honte, vice, maladie, infirmité, is portent dans les maisons par les femmes : hs esfiuis des mes-aliiés ne naissent qu'à èem vertneox ; les races qui sont bénites de Vm , eeHes qai sont illustrées d'actes gène* leis , de parens nobles , doivent estre préférées i la richesse et faveur des autres. fMmenir de mauvaises viandes , limiter ses , ester toutes passions et apprelien- , sert anx mères et aux enfans en bas mgt. La netteté de conscience et pieté , offrmi à Bien ce qui vient de luy, est necesoire. Bannir tous vains discours , mauvaises inaipsations , lire les sainctes histoires , ouyr et bons propos , ayde aux enfans lors que rcqirit prend pied , et s^allie avec la chair le ventre de la mère. Les premières afse marquent dans les corps et dans kl esprits, mesme devant la naissance; les danes eharitnbles allaictent leurs enfans , ou les psnrveyent de nourrices vertueuses , à ce qa'ls ne sneeent le vice avec le laict. Il ne les Aot tem délicats , les porter au chaud et 11 froid , comme estant de mesme condition q« les pauvres , et qu'à la façon des singes Âiae meurent pour estre trop caressés ; leur menw les yeux de l'esprit pour connoistro Bien , en mesme temps que les corporels re- (rivent la lumière.
Les gouverneurs et les précepteurs doivent enre choisis craignans Dieu , sans doute de hor foy , gens de bien , non vicieux , de païens semblables, congneus, aymans leurs maisires et leurs disciples , intéressés à leur utilité
et grandeur , honte et dommage , guerrier du monde , non , pédant qui ait voyagé , sçavant historien, avec plus de jugement et preudhommie que de science : parties mal-aisées de treuver en un homme seul , au deiïaut 9e quoy en faut employer deux ; le précepteur sera obeyssant au gouverneur. Et que leurs charges ne soient troublées par folle amour ou avarice des parens. Ils instruiront leurs disciples en la connaissance et obeyssance de Dieu , sçavoir : l'adorer, prier et servir, estre homme de bien , véritable ; apprendront les moyens de converser parmy les hommes , connoistre soy et les autres , ne les tromper , se garder de l'eslre , leur bien faire et se rendre agréable; apprendre à bien parler, sçavoir en gros toutes sciences , et principalement les histoires , pour servir aux affaires d'Estat; l'art de la guerre , ordre des batailles , les conseils militaires , les exercices aux heures commodes, monter à cheval , escrimer , sauter et nager. Les sciences se peuvent faciliter et accourcir : le sage gouverneur en enseignera plus en un an qu'un autre en dix. La connoissance de l'inclination des disciples est nécessaire ; leur crainte , patience , timidité , diligence , désir d'honneur, louange , honte et chastiment , pour les appliquer ainsi qu'ils profitent.
L'indication , la portée , suffisance , insuffisance,clarté, obscurité de Tesprit, doivent estre remarqués, pour mettre les enfans à l'art et aux sciences auxquelles ils se portent ; autrement c'est travailler leurs entendemens et celuy de leurs précepteurs en vain : il se peut ayder à la nature, non la forcer. Les uns se jettent aux armes, les autres aux lettres, aux lois , à TEglise. Les précepteurs mal-advisés changent et contraignent souvent la volonté des en&ns, faisant, selon leur iantaisie, d'un moyneun soldat, d'un soldat un législateur : de là vient que les disciples , forcés en leurs vocations et naturels , n y font rien qui vaille. C'est aux sages gouverneurs d'advcrtir les parens de leur humeur, et de ce à quoy ils peuvent parvenir , sans entreprendre , selon leurs passions , l'impossibilité où il n'y auroit honneur ny profit : autrement ils s'acheminent bien à la perfection , mais , empestrés de leurs inclinations , et faisant tout à regret, n'y parviennent jamais avec perfection. La mémoire a ses limites :
elle se pent augmenter par exercices , régimes , méthodes , non jusques à Tiafiny : qui saute dix pieds en peut saillir vingt , non quarante ; qui retient mille vers n'en retient cent mille : il ne la faut charger que du plus nécessaire ; les premières impressions prenant place et crédit , sont mal-aisées par le temps et par les nouveaux venus de dcsloger. Les fables et les menteries ne doivent eslre à la bouche des précepteurs : les contes induisent à mentir» les tragédies à craindre , les poètes à la luxnre, les faux discours à la vanité. La création du monde , le péché des pères y Texpulsion du paradis , le meurtre d' Abel , la confusion de la tour de Babilonne , le déluge et le sacrifice d'Abraham , sont véritables histoires , et plus délectables que les Roland et Amadis. Le changement des monarchies , ce qui est advenu durant icelles , qui sont entremesiées de plaisantes histoires d'Hérodote , de Xenoplion et Plntarque, sont susceptibles aux enfans de sept et huict ans ; au lieu que les autres ne sçavent que des fables , ils profiteront des histoires. Le latin n est nécessaire à ceux qui ont de bons gouverneurs et précepteurs : les langues ne sont sciences ; le temps qui se mettroit à les apprendre se doit employer à sçavoir les histoires , préceptes , statagemes et conduite de guerre; et ne se treuveroit la mémoire surchargée de ce qui est inutile. S'il le falloit apprendre , il faudroit que les enfans de deux ans fussent séquestrés dans des maisons séparées , et que les nourrices y pages et précepteurs ne leur parlassent que latin dès leur naissance y à ce qu'ils rapprissent comme leur langue maternelle , et s'en servissent par usage , non par reigles , lesquelles contiennent tant de mots , que les enfans auroientplustost apris les bonnes mœurs et Tart de la guerre , que la moitié d'iceux. L'enfance est capable d'crudition; le sage gouverneur s'accommode à Tage : au lieu de chevaux de bois , de poupées , de coches et marmousets , usités et désirés naturellement en ceste basse jeunesse , il faudroit fabriquer de bois ou de terre , six mille, tant cavaliers, piquiers quarquebu* siers , de la hauteur d'une palme , des villes , des chasteaux , des canons à l'esi^al. En ces petits modelles se peut practiqucr et monstrcr
à ranger des compagnies » escadrons^ bataSles , assaux , bresches , retranchemens , tranchées , gardes , sentinelles y corps de garde , charges » retrailtes ; quel est l'advantage el desadvantage, ordre, desordre, leurs soarœi et origines ; connoistre les assietes des pais , montagnes , bois , rivières , passages pour s'en prévaloir : tellement qu'à dix ans ( monstres par des gens expérimentés) au lieu d'avoir passé le temps inutilement» ils auroient pris une habitude de soldat et de capitaine , d'tatant plus forte qu'elle est imprimée dans It première cire , où elle demeure , tournant It. science en naturel.
En l'enseignement des gentils-hommes il y t trois degrés : l'excellent, le moyen et le oobh mun. Les entreprinses des royaumes, conques* tes et délivrance , veulent un cœur généreux» un esprit vif , plein de feu , ambitieux , infistigable, contempteur des hasards, pradeat» patient, dissimulé, éloquent, libéral, atti^ rant, gracieux-, se changeant, se pliant asus peine , négociant par habitude , sans travafl : raretés peu communes, où le sens naturel peut beaucoup. Des sages, vaillans, geas d'honneur , de foy , d'entendement , sçsvans , de conseil , subtils , fermes , résolus , les roys font leurs généraux , leurs connestablés , mftréchaux, gouverneurs et ambassadeurs. Am troisiesme degré , les vaillans , vertueux el fidèles peuvent parvenir à estre mareschaux de camp, capitaines de gens-d'armes, maistres de camp de gens de pied , et capitaines de places» Il est nécessaire que les gouverneurs comiois* sent la capacité de l'esprit de leurs disdples, car en vain se chargeroit un grand £sûx sur des jambes foibles. Plusieurs , forçans eux el les sciences , estudient pour estre généraux d'armées , grands théologiens , ou législateurs, employent temps , peine et argent à se mocquer d'eux, lesquels eussent réussy une autre moindre profession. Les réceptacles, rcntendcment, jugement et mémoire , serrés, obscurcis, opprimés de carnosités, empescbenl les fonctions spirituelles aux uns plus qu'aux autres ; où il ne se remédie par art, non plus qu'il seroit possii>le.de faire sages les fols donl la nature a ospoinlé les testes. Tel seroit capable d'apprendre à estre capitaine et gouverneur de place , qui ne Test pas pour estre
RÈGNE BE FRANÇOIS I
An
»nnestable, 'gênerai d'armée, conseiller d*est et ambassadeur, lesquels au semblable ne >urroient estre cheft de party. 11 y a des 'eceptes et des reigles comnranes à tous ces ois degrés, d'autres particulières à chacun 'iceux, dont les premières sont dangereuses e communiquer aux deux autres : c'est eshauffer Fambition mal à propos, et en lieu e créer des dieux il en sort des centaures. Les traductions d'Hérodote , de Plutarque, pian , Titeli ve , ont aydé à fomenter les guerres ivilesen Europe.Tel eust voulu estre César ou •icurgus, pour renverser ou changer l'estatdes epubliques; autres , Brulus , Timoleon , pour uer les tyrans ; autres , pour entreprendre oieuxque Spartacus etSertorius, qui ne conideroient que le christianisme le défend , la usle royauté Tempesche, et leur insuffisance es en recule. L'opinion de soy-mesme, la preomption mère d'ignorance , leur silloit telleuent les yeux, qu'il ne leur restoit que l'anlace et la folie ( source de tant de malheurs ît d'entreprinses passées de nostre temps). De mesme l'érudition ne peut estre commune àux généraux d'armée et aux capitaines, Tautant que les règles de l'Estat à un qui ne seroit capable que d'estre capitaine de gensi' armes et gens de pied, ne serviroient qu'à surcharger son esprit, qui l'est assez de soymesme : il vaudroit mieux leur apprendre les bonnes mœurs, la discipline militaire , la politique» l'obeyssance, et autres chosesdesquelles ils se pourroient mieux servir. C'est pourquoy la perfection est aux Italiens, qui n'apprennent qu^une science , au contraire des François, qui les aprennent toutes en apparence , et en effect n'en sçavent point.
Les livres tranchent de deux costés, estent et donnent les vices , font bien et mal , excitent à vertu et à volupté. Les romans, les poètes , fobles et fictions lubriques^ sont poisons de la jeunesse qui leur doivent estre violemment arrachés, parce qu'ils corrompent les mœurs , occupent la place en la mémoire* des choses meilleures; en eschange il leur faut donner des saincts, véritables et bons historiens. Les bons précepteurs doivent extraire ce qui sert à ceux auxquels ils enseignent, et s'ils n'en peuvent prendre la peine,
leur cotter ju8qQe3 aax lieux qu'ils veulent
qu'ils lisent, leur expliquer les entreprinses, actions politiques , de guerre et de justice , les tournant en bon suc , pour les faire digérer et profiter dans l'entendement de leurs disciples. De là viendra qu'ils ne gousteront rien d'impur , et qu'ils ne se trouveront surchargés de livres inutiles , le grand nombre desquels , tant saincts que profanes, qui semblent nécessaires pour estre versé aux histoires , se peut abréger au petit pied en forme de cronologie, ainsi qu'il y en a dès ceste heure plu-i sieurs faites , qui suppléent à ceux qui n'aymentla lecture. Se congnoistre et mesurer est estimé des sages ; adjoindre le feu au bouillant, c'est faire des Phaêtons ; échauffer, attiédir , refroidir, hâter, ralentir le naturel des enfans , est nécessaire pour former un bon patriot , qui prépose le bien et la gloire du pals au sien propre. Il ne leur faut permettre de lire , ou les faire passer légèrement sur la vie de ceux qui ont entreprins contre l'Estat auquel ils estoient nais ; leur monstrer les périls où ils se sont précipités ; qu'il n'y a rien d'honorable que ce qui est juste ; que la bonne réputation doit estre préposée à la grande injuste. Que si au contraire le précepteur trouve un naturel eslevé en son disciple , les conque rans et les entrepreneurs leur pourront estre leus et expliqués , autant que Dieu et la justice le permettent.
Les livres doivent estre leus avec considération , et fonder des discours sur chaque fueillet aux disciples, et en tirer le suc : leur faire juger des actions bien ou mal laites, si elles pouvoient estre meilleures on pires ; les fautes , les artifices , les remèdes , les beaux et bons actes bien remarqués , pour s'en servir en occasions semblables, ou éviter les inconveniens y mentionnés. Amsi sera exercé le jugement.
La mémoire , pratiquée avec artifices , se rend meilleure ; une sentence , un mot , une marque représente l'autre. La disposition en suitte consécutive supplée au défaut du souvenir, comme deDicu aux anges, aux prophètes, saincts et hommes ; du ciel aux astres , éléments , bestes , et plantes aux minéraux ; et ainsi ceste suitte , tombant des uns aux autres , facilite la rétention et la mémoire. Des
exercices de la guerre et pracUque d'iceux ,
Tobeyssancc , commandement , armes , ordres , combats , batailles , assaux. De mesme , en la congnoissance de Testât des empyres , monarchies, tetrarcbies et démocraties, la scituation des royaumes, limites , séparations d'Iceux , leur forteresse , foiblesse , ports de mer^ rivières , montagnes , moyens de conserver ou occuper : ce qui se peut réduire par les gouverneurs et précepteurs , en telle sorte que facilement les jeunes cnfans en seront capables ; ainsi que plusieurs aprennent la gamme de musique et autres vanités qu^ils retiennent par semblable disposition. Ainsi lesprescheurs marquent les piliers des églises; ainsi les marescliaux de camp , des mots qui approchent le nom de plusieurs villages où ils logent Tarmée. Tel sçait une elegie par cœur , qui ne sçait se souvenir du milieu s'il ne commence au premier vers ; il semble que la mémoire déplie une ranche après Tautre , selon qu'elles y sont entassées. Le gouverneur expert donne à chacun son logis séparément et sans confusion. Plusieurs arts se sont appris par traditions et par caballes de pères aux enfans , sans aucunes escritures. Les catéchismes enseignent la foy , les mœurs s'apprennent par préceptes , les règles de la conversation des hommes et des affaires d'estat s'extrayent des livres. L'astrologie n est nécessaire aux généraux ; suffit qu*ilssçachent les metbeores , pour ne s'étonner de rien : pour les fortifications , le chiffre et arithmétique sont nécessaires. Vray est<il que les cartes les plus certaines sont faictes par l'élévation du polc ; à quoy il ne faut embrouiller l'esprit du gênerai ; suffit que l'on scache faire les formes ordinaires. I/art de sçavoir mesurer la distance des lieux par l'usage du compas , séparant les distances suivant les cercles , les adaptant et tournant selon les régions , est utile.
De toutes les sciences divines, morales, histoires, manyment des affaires d'estat, conversation , stratagèmes , fortifications, se peut dresser des lieux communs, maximes et afforismes : ainsi que les bons médecins mettent en brefves sentences le meilleur et le suc de ces ans , pour les faire apprendre par cœur aux disciples: ce qui ne se peut faire que d'un excellent gouverneur , qui puisse cognoistre les bons procoptoi d*avcc les ioutiles. Ce livre w
sera gros » et sera plustost apris que les mens, Despautere, Terence; et quand qui les lisent seront seulement grammair les autres sçauront que c'est d'estre ho de bien , capitaine , et gens d'estat, et S€ droni compte de tout ce qu'on leur de dera à quinze ans. Tons les arts sont ob cis , remplis de vanité » d'artifices inuti peu nécessaires, par la malice des pr seurs d'iceux, qui ont voulu rendre sciences plus longues, à fin de leur d( réputation et y guigner davantage ; ton quels artifices , paroles et discours inutile faut sçavoir tirer et séparer , ainsi que la | du grain pour profiter le temps. Lesingeni cscuyers , escrimeurs , enseignent en un née ce qu'ils pourroient aprendre en trois Sçacliant l'arithmétique , le reste , conui racines carrées et algèbres, ne sont ( utiles aux guerriers : faut dresser les bâta et les escadrons promptement , par unegi erudiclion, expérience et accoustomanc La conversation proffite et nuist , sel bonté ou la mauvaistié d^icelle : c'est li faut avoir grandement etassiduellemem Un mauvais discours , un pernicieiix mo( ti*uict à une heure ce qui s'édifie avec i coup de peine en plusieurs jours. Moi cheval et escrimer sert de beaucoup » sa acheter , par perte de temps , la perli avec tant de cérémonies. Puisque ie ge ne veut faire profession d'escuyer ai (Ti meur , suffit qu'il en sçache pour la iiecc Les compagnons , les enfans , les pag6i vent estre plus sçavans , sages et de b mœurs , que les disciples avec leaqiK sont joincts pour servir ou pour appre Les paroles sales, vaines, defl(rf>eysia présomptives , sont couteaux qui iraôadi bon naturel des jeunes gens , gastenC i moment ce que plusieurs jours onl er ceux qui en usent doivent estre seqrii ainsi que les makides de mal contagion advient qu'un indiscret ait dit qoekjiies vais propos , soudain le précepteur ea géra le sens , le couvrira ou reprendra , qu'il ne tache et offence l'imagination et sée de son disciple. Il y a des roaxioie se peuvent réduire en sentences , il lei faire apprendre par cœur* Par exemph
RÈGNE DE FRANÇOIS I
k créance : adorer , croire , obeyr à Dieu , ijBer et n'oflencer son prochuin ; aux mœurs : BttUre le droict de son costé , dire vérité , la ptai (rranAe finesse est de bien faire , rc^^ardet \a fin aa conamencement , ne parler trop , n'oSneer personne ; aux affaires d'Eslat : csire /Hfe , secret , mesfiant ; en guerre , vigilaBCySe garder d*estre surpris, tenir ordre, tàÊTger le preaiier ; et mil autres préceptes , qai §e peovenl réduire en sentences briefves, poursenrirde règles infaillibles.
La Goamoçraphie se doit apprendre; sçalair : la sicoation des empyrcs , royaum(*s , pro^iaces , mers , riyieres et villes ; leurs disliarci, quel au levant , quel au midy ; les oscheUes nécessaires pour compasser les lieux , les redoîre au petit pied , dont sort l'érudition tt ks moyens d'apprendre à fabriquer les ortes. Un livret seroit nécessaire à celuy que fta f eue former pour gênerai d'armée , qui M wt peut bonnement faire que par gens tïMMt , oial aisé de composer aux gouver- ■Mrs , s'ils ne sont fort expérimentes. Dans inlay soit mise la force, richesse et puissance, mufen d'assaillir et se défendre , alliances , eiÉfiederatîoiis , parentages, secours , vivres, ■BMÉona , villes » cbasteaux forts et foibles , aaiîgatVoD des mers , rivières , bois , passages, gKis d'iceux , pais d'infanterie , cavalerie , bm, BMitagnes , les princes qui y commanrhoBienr d'iceux, et les plus approde leurs desseim , moyens de les assaillir et de s'en défendre , nommément des païs phu voisins du gênerai.
Exosple : rAllemagne est un Estât aristocraiii|ae , dont la résolution dépend d'assemblées de princes et de villes imperialles, de qaay b tardiveté donne quatre mois de loisir «Texecuter des entreprinsos. Eux recongneus, ib s^opposent avec de grandes forces. Pour kl soustenir , faut avoir pris aux quatre mois MdictB des viHes fortes , et se faut aydor de b querelle de Tnn d'eux contre l'autre , et se ■inr de bonnes places. La gendarmerie fran- (Oise joincte aux Suisses, s'ils n'avoient excepté rEmpyre , feroient de grands effects sur ieduT. Les Allemands sont peu pccunicux ; fcir cavalerie ne vaut gueres ; les villes forliMes h rantique , lenr pals traversé du Rhein M du Danube « sur lesquels senrit nécessaire
prendre Strasbourg ou Oulme ; leurs reistrcs sont de peu de valeur , les lansquenets meilleurs; multitude de souverains facile à diviser à qui auroit establissement dans leur pais. L'Allemagne n'est ù craindre hors de ses Ii« mites; Tempcreur ne peut entreprendre sans les princes et les villes , qui craignent sa grandeur , et peut peu de luy-mesmc.
Il se peut composer des dialogues contenans demandes et réponses, tant sur les mœurs ^ affaires d'estat , que puissance des roys et estats , pour esveiller tant plus les esprits ; et lorsque la raison et jugement y prennent place, ils s'y doivent continuer , et exercer par interrogats, à différons enfans en présence l'un do lautre, louant et blasmanl les bons et mauvais advis qu'ils donnent, leur montrant la raison par laquelle ils le pouvoient donner meilleur. Ainsi se formera peu à peu le jugement.
L'éloquence est nécessaire ; il est aussi tost bien que mal dit : les accoustumer à discrettcment parler, et en peu de mots significalifs comprendre beaucoup ; quelque partie de la retorique y peut servir. Les discours se font en se promenant , sur la lecture passée , atitrefois sur les occurrences , evenemens fortuits qui arrivent dans les villes ou dans les maisons des grands : tellement que dans icelles, aux champs , en jouant , partout il y a estudes^ selon la sage practiquc du gouverneur et pre-» cepteur , sans forcer le disciple.
Les exercices du corps sont utiles, tant pour la nécessité que pour la santé. Le premier est l'escrime, pour la fréquence des duels, permis inconsidérément en France:
elle sauve Thonneur et la vie , suscite l'har*! diesse pour ne souffrir injure, dont la présomption ne doit faire mesurer ù l'oppression des foibles. Sçavoîr piquer , arrester les chevaux ; jouer plus du pistolet que de la lance , profite ; le nager , le sauter , et mesme le danser , augmente la disposition et santé corporelle : quant aux inslrumcns de musique, ils sont du tout inutiles. Je mettrnv entre les excrcices, de desscigner une ville , un camp, nne forteresse en campagne , rcconnoistre les assictes propres et armées , juger des distances , rendre compte des difficultés des assictes, advantages et desadvantagcs des puis, des scituaiions ; mettre ca ordre et desordre , cfaan*
ger et r^allier au pas^ au trot, du haut en bas , aux passages , aux bayes , aux fossés ; pourvoir au soleil , pluye , vent et poussière. La plus grande troupe de ses amis et com-^ pagnons que Ton pourra amener à la promenade pour s*exerciter en ce que dessus , sera le mieux. Là se foit infinies questions : quel moyen de desloger une armée qui est logée sans péril , quel de gagner ou garder un passage de rivière , fortifier les advenues , reparer les imperfections des scituations ; ce qui ne se peut par discours , ains est nécessaire d*estre à la campagne sur les lieux , là où se juge des distances. C'est la cbasse à laquelle il fout mener les jeunes seigneurs , n*estans que trop addonnés à celle des bestes et des oyseaux , à laquelle plusieurs passent leurs jours inutilement : il leur faut monstrer la chasse des hommes. Jusques à vingt ans les jeunes doivent apprendre , et ne les retirer de la puissance de leurs supérieurs ; Tesprit et le corps , en cest âge , plus parfaict , retient en quatre ans ce qu'il a appris en seize ; autrement , les sciences passent comme un songe ; négligées une année , elles s'oublient entièrement. Lors que les jeunes se veulent émanciper , c'est le temps qu'ils ont besoin de bride, et auquel les gouverneurs doivent plus de travail et de soin ; aulrcment les mœurs se corrompent , les feux de la jeunesse cherchent par tout des issues et moyens de secouer le joug , souillés et attisés de milliers de personnes , dont le plus grand nombre , suivant l'infirmité naturelle , est plus enclin au mal qu'au bien. De là^ sourd la présomption^ impudence 9 desobeyssance, suivie de la moquerie et perte, qui fait faire naufrage aux jeunes hommes , par duels ou injures reçues , ne laissant à leurs païens que regrets et reproches de leur appartenir. Autres dans les armées s'addonnent aux jeux , aux putains , perdent de belles occasions , ou par trop de furie se précipitent et font tuer mal à propos, entreprennent témérairement dedesobeyr les chefs, etsonlcontrainctsdc fuyr,8e chargeant de vergongne qu'ils ne reparent jamais. Les anciens les coiignoissoient mieux que ceux de ce temps, et les lenoiont avec de longues robbes, pages , ou en subjeclion , jusques à ce qu'ils commençoient à avoir de la barbe.
Si à dix huict ans les jeunes hommes vont aux armées, un gouverneur, non sculemenC soldat^ mais capitaine^ leur est nécessaire p lequel les destoume de vice , de jeu , d'oisiveté , d'hasard ; leur fait comprendre et mettre en [Mractique ce qu'ils ont apris par tlMNH rique , hanter les capitaines et gens d'bonnenfp considérer les evenemens, les bons efleet8,le8 fautes , et en oyant leur jugement , les onrriger ou louer selon leurs mérites ; les «npescher de se perdre mal à propos, leur monstrer que le commencement de donner bonne opinion de soy est la moitié de tout ; comme il faut donner preuve de sa valeur, et sans extrême et desespéré péril la faire entrer en bonne odeur : l'empeschera de se porter en lieu où ils soit contrainct de monstrer les talons ; luy monstrera qu'il vaut mieux ne faire rien que mal faire ; qu'il snflEit de s'hasarder deux fois pour se mettre en opinion de vaillant, sans se mettre à tous les jours ; que la vaillance est nécessaire, tontes fois commune avec les soldats , et que la conduitte donne l'honneur. Il ne se passera acte , quel qn'il soit , sur lequel le sage gouverneur ne fende un discours profitable et pour servir à celuf qu'il aura en sa charge , lequel il contmiadm forcement d'estre toujours proche des ploi grands et des meilleurs capitaines. Mais il faut nécessairement que le gouvemenr soit vaillant et sage , audacieux , pour monstrer qn'il ne craint point son disciple, anqnd il le déclarera francement.
Il ne sert d'avoir édifié l'arbre s'il est conppé avant que porter fruit. Combien y eost-il en de braves , de valeureux , qui eussent reosaî conquerans et généraux d'armée , si la mort, précipitée par l'imprudence et par les armes à feu , n'eust moissonné leur printemps. Si les drogues empoisonnoient les médecins , si les loix tuoient les docteurs , il ne s'en treoveroU tant de parfaicts en l'une et l'autre profession; et si les feus et les fers que les capitaines sont contraincts de manier pour se rendre expérimentés ne les massacroient , il se trouveroiC davantage de parfoicts généraux d'armées que de législateurs et théologiens , lesquels généraux sont très-rares : c'est beaucoup d'en avoir deux ou trois dans un estât , tant pour la mort précipitée d'iceuXi que pour la science et
RÈGNE DE FRANÇOIS I
pnctiqne plus difficile que toutes les autres , m l*hoiuieiir , la vie et le bien s*hasardenl jNndlemcnt. A toutes heures, à tous mo- ■eau Ve& {eunes se précipitent par présomption, audace, peu (Inexpérience et mauvais coMds; ec si les anciens eussent practiqué les jmes à feu , Plutarqne n'eust célébré tant itgnads capitaines , qui fussent morts jeunes wtà que d^avoir fait tant d'actes si{p)alés. Les ôan ont le sang , le conseil , la résolution froide et floctnante ; voyant d'une vue tous kl përib passés et advenir , crai(;nent de perdre h réputation acquise , laissent passer I oceiwm louvent par indisposition corporelle. De trente à soixante ans est Tage plus propre aux généraux de dilBcile choix. S'ils sont de race obscure , ils seront peu estimés ; si d'illaire , dangereux à révolte ; si bouillans et cnwb j ils minent les aflaires ; si froids et trop Imbs , Toccasion se perd et le mespris arrive ; li Kveres , sont hays ; si familiers , mesprisés ; a afiricieux , sans crédit ; si prodigues , necfwitenx; si ambitieux, hasardeux; s'ils ne Hot désireux d'honneur, ils ne travaillent poiiL L*nn se croit trop , l'autre ne se croit iSMi : qui par une oflence , une crainte , un Bopris perdra une armée : autre , par jalouse , envie , ou par une vengeance ou colère contre ses maistres ou mi{jnons , ne se sou- 00:1 qne tout se perde avec luy. Il est malaisé de trouver en un homme seul toutes ces Tertns , pielé , amour , justice , tempérance , laillanœ , preudhommie, adresse, éloquence , tbliîUlé , beauté , attraicts , cognoissance des , diastier , donner à propos , louer , , commander résolument, faire par- I 1er, tûre à temps , croire et ne croire , ne se cbngerdans les hasards, pourvoir soudaine- ■eaf selon les occurrences à plusieurs choses àaeme temps, prévoir à la famine, pourir an mesoontentement des amis , avoir l'œil trahisons , entreprises des ennemis , les jÊgtr par ce qu'on feroit si on estoit en leur pbce f Caire justice sans crainte , pardonner IBH fareur: toutes lesquelles vertus ne se peuvent acquérir sans la lecture des livres , estant impossible qu'un gouverneur en puisse latt apprendre qu'ils en enseignent pour estre bon gênerai.
Du retour de la guerre ou du logis du gê-
nerai , le gouverneur cl celuy dont II est chargé doivent escrire succinctement ce qui s'est passé, pourquoy et à quel dessein , remarquer les fautes de tous , et comme à leur advis il se pouvoit faire mieux ; ce que confrontant avec les stratagèmes extraîcts des livres , ils en tireront des enseignements et resolutions véritables. Ainsi à vingt ans ils sortiront en eflect de subjeclion : autrement , pensans se mettre en liberté et hors du joug des maistres , ils entrent aux prisons d'ignorance , de vices et deshonneurs , qui s'évitent par ki crainte de Dieu et conseil de leurs amis.
Pour instruire des gentils-hommes guerriers , il ne leur faut des maistres tant sçavans que prcud'hommes et de bons sens. Ils n'ont besoin de perdre le temps à aprendre le latin , si ce n'est avec leur nourrice, les sequestrans durant les six premiers ans de ceux qui parlent françois : les langues ne sont sciences , la mémoire ne peut estre augmentée ; elle a ses limites et n'est infinie , il la faut remplir du plus nécessaire. L'estude des gentils-hommes est séparée en l'exercice de l'esprit et du corps. Pour celle de l'esprit , jusques à seize ans leur sera monsiré la crainte de Dieu , les bonnes mœurs extraites en peu de mots , de quoy il les faut charger ; le suc des sainctes escriptures et des bons préceptes , des livres de guerres pour se défendre et assaillir , l'ordre des batailles , retraites , siège , assault de ville , defences d'icelles , et leur en i^ire des dialogues : leur sera leu peu de livres et nécessaires , à ce qu'ils n'ignorent rien en gros ; les aprendre à haranguer , et par fréquent discours leur faire choisir les meilleurs conseils , réduire en mots succincts les préceptes par lesquels ils puissent apprendre par cdîur toutes les forteresses ^ passages , rivières, confins de France et des provinces voisines , en quoy consiste la force des estats , et quels ils sont. Pour l'exercice du corps , monter à cheval , tirer d'un pistolet , escrimer , nécessaire pour la mauvaise coustume du duel trop permis en Erancc. Depuis seize à vingt aus , leur sera monstre les aflaires d'cslat et conseil salutaire , en tirant profict des auteurs; et pour les exercices du corps , prendre en campa{;nc les situations du pais, dresser des batailles , faire et défaire des ordres ,
tfO
les loix de la guerre : leur sera faict voir la différence du devoir des généraux , capitaines et soldats.
Ceux-cy, de mesme que ceux qui estudient aux lettres, ne doivent sortir de subjeclion qu à vingt ans, et si deux ans plustost ils vont à la guerre , ne se fier d*eux à eux-mesmes. De seize à dix-neuf ans , le tiers de la noblesse se pert par imprudence « pour ne se sçavoir bien gouverner , soit par querelle ou par guerre : n ayant encores Tesprit ferme , ils tombent en des inconveniens de honte qu*ils ne reparent qu*à grande peine. Sont les royset les republiques qui ont inlercst à la nourriture des enfants; de là vient la conservation et la perte des estats. Il ne s'en faudroit fier aux pères , avoir des collèges de noblesse où poussent estre nourris deux mille geuiilsliommes aux dépens du roy ou des abbayes; que les roaistres qui monslreroient fussent gentils -bommes , principalement pour les mœurs , aguerrimens et aflaircs d' estât. C'est honte d'estre contraints d'envoyer les jeunes hommes en Italie , d'où ils reviennent plus chargés de vices que de vertus ; encores plus grande , qu'il faille que les pauvres gen tils-hommes donnent leurs enfans pour pages à ceux qui les font servir de valets et macquereaux. Les gentils-liommes sont nécessités d'aprendre leurs enfans eux-mesmes : il y a peu d'apparence que les roys establisscnt des lieux publics pour les nourrir, y ayant plusieurs qui les conseillent obster ragucrrimcnt, et souhaiter la noblesse encores plus ignorante qu'elle n'est, et, comme Grœsus conseilloit à Cyrus, leur ordonner plustost de longues robbes et la musique , que les exercices militaires. Je respons à ceux-là que c*cst un bon conseil pour roys qui ne se sentent sages ni courageux , et qui ne veulent faire la guerre. Si seroit ce une grande gloire de voir sortir à vingt ans des généraux d'armées de ces escolles , comme de celles des Perses , et de semblables à Scipion, qui en cest âge conduit les armées romaines. Les Turcs seuls ont conservé l'érudition de leur jeunesse, ayant de (pands lieux nommés Caravausotia , où ils nom risspnt cinq ou six mil 0!if:ni!s , iYoii ils sortent soldats clcapitaiii s. I/i-.SiingiK»! en garde quehjue c!u>se aux {jaiuisous do Alilan
et Napics , sortans soldats de là où ils sont cn« très bisognes. C'est par cest aprentissage det jeunes enfans que trente mil LacedemonienS, dominoient la Grèce , trente mil Alamelus TAfrique , seize mil janissaires l'empyrc du Turc , trente mil Espagnols l'Italie , la Flandre et les Indes , et quati*e mil hommes d'armes conservoient la France contre toute l'Europe. I^ religion , les armes , les loix , les lettres ont tellement changé de pais depuis le commencement du monde, des Assyriens en Perse, Grèce , Palestine , Italie , Espagne , France et Allemagne , qu'un chascun à son tour a en la supériorité des armes , des lettres et de l'abondance du peuple. Maintenant s'estendent devei^ le nort, aux Flamans, Olandois et Suédois. En l'Asie il se faisoit des ar« mties de deux cens mil hommes ; en la Palestine se voyoil des millions ; dans la Grèce la peuple estoit innombrable : en ce temps elle est quasi déserte; au lieu de mil grandes villes renommées, ce ne sont que des bourgades et hameaux. Au contraire, les Gaules , l'Espagne , l'Allemagne , et nommément bî Flandre et les villes maritimes du septenurion^ sont peuplées de millions d*hommes; tellement qu'il semble que les peuples de Bibylonnc , de Hierusalem et de Thebes , y soient arrivés , au lieu que ces royaumes d'Europe estoient tous remplis de bois , et fort peu bibités. Cela a donné subject à quelques uns de dire que la terre tourne , et que ce qui a esté froid devient chaud , que le soleil du midy s'approche de l'Europe , alléguant qu'il est apparant que depuis quatre vingt ans il semble que la France et la Flandre soient plus tempérées qu'elles n'estoient. 11 est certain que nos prédécesseurs vivoient lors que les régions estoient plus froides , ce qui se monstre par les habitations. Au lieu des grandes ouvertures des fcnestres do maintenant, îb n'avoient que des lucarnes , baslissoient leurs murailles espesses ; leurs personnes portoient des chaperons et des fourrures , et mesmes usoieut infinis espices , et se tenoient couverts dans les maisons : ce qui peut estre référé à la multitude do bois qui lors esloit en ce pis, losijju'ls pariie en descris, le froid y esloit |)hHr\irein(*.
La guerre, alliance et naissance des sci«
RÈGNE DE FRANÇOIS L
pan de Saulx » advenue durant les succes-
MTS d'Hue Capel, a interrompu ce que
JB repreas maiatenant. Depuis Tan 987 que
bdict Capei usurpa la coronne , jusques à
Fhilippe de Vallois , il y eut trois cents ans
panel arec peu de mouvemens. Les roys , ne
iniaîHaM qnà s'affermir et faire des loix,
M ttHober aa fossé de leurs predeces-
, osloieut par division et artifices aux
icigaears leurs suLjects,ce que, pour régner,
Hw Capec avoit esté forcé d*accorder. De
Philippe de Vallois jusques à Louys douziesme
fm la guerre angloise , la loy sallique disputée ,
priie de Paris » el guerre de Rourgongne , qui
divisoient l'Estat si Timprudence de Philippe ,
dnc d*jceile , n'eust fait paix avec les François
M eonemls , quittant les Anglois ses alliés ,
r aHermissant par la ruyne de sa maison Testât
de la France. Depuis Louys onziesme jusques
à Fnsçois premier, se querelle la succession
deb maison de Bourgongne , et advindrent les
pKrres du royaume de Naples et des Yeni-
lias. Ije roy François sortit de Uutequin de
Siie, de Robert, duc d'Anjou , de Odot , qui
en le nom de roy , père de Robert le Grand ,
goovemeur de Paris, de Hue Gapet, qui
ebtint la coronne de France , dont sortirent
Haûeurs roys , jusques à Gliarles cinquiesme,
qii est deux fils : Taisné fut Charles sixiesmc ;
b raee masculine faillit à Charles liuicliesme :
roiffccottrl à la lignée du second (ils de Char-
ki cinquiesme, Louys d*Orlcans, dont les
■ûpoes de Milan et la mort de Paris coustent
bot de 9anff. Ce duc d*Orleans eut trois iils :
de laîsné sortit Ix)uys douziesme, marié à
Ane de Bretagne; le second fut comte de
Verli;da Iroisiesme sortit Jean d^Angoulesme^
dufiDdvinst Charles d^Angoulesme ; de luy et
de Lourse de Savoie vint le grand roy Fran-
Çiis, qui esponsa Claude , fille aisnée du roy
Leoys douziesme et d'Anne de Bretagne.
Il treuve les armes préparées par son prédécesseur pour reconquérir Milan, protégé par ks Suisses , à la persuasion du pape Jules, sous rnUMù de Blaximilian Sforce. Milan, ville inperLile , se gouvernoit aucunement de soymcï>aie. Dcii\ familles, de La Tour et de Galets, s'cnireliallent |>ouric gouvrrncniont : les empereurs ruvoriacut ceux de La Tour , les papes les Galoas , qui , wun/ Otkuu evesquo ,
isi
furent victorieux. De cette race il y eut trois ducs consécutifs , de Tun desquels sortit Valentine , héritière de Galeas , mariée à Louys d'Orléans; et de Philippe Marie, une bastarde espousée à Sforce. Galeas premier duc par Tinvestiture de Robert empereur , que les Sforces disent n'avoir lieu ni pouvoir , pour Topposition de Louys de Bavière prétendant Tempire, Louys d'Orléans eut une déclara* tion du pape , qu'au décès de Philippe Marie le duché appartenoit à Valentine sa femme , sans avoir égard à la bastarde sortie dudii Philippe. Les Sforces maintiennent que Blanche , bastarde, estoit fille deTaisné, que les bas* tardes sont réputées légitimes quand les pères veulent , qu'il avoit acheté l'investiture de l'euipereur Mavimilian trois cens milescus. Quanta l'investiture de Milan du roy Louys douziesme , qui leur est opposée , obtenue au traicté de Cambray de Maximilian , ce mot est coulé , Sauf LE DRoiCT d'autruy. Le duc Louys d'Orléans avoit envoyé une armée sous Regnault, qui fut defaicie par l^arthelemy Cujazen^ capitaine de Milan , qui s'estoit mis en liberté depuis la mort de Galeas : ce qu'ils ne peurent mainte* nir, cstans abandonnés des Vénitiens, et fut l'introduction des François.
Sforce , sorly de parens ignobles , marié à Blanche , bastarde de Philippe Marie , duquel Ludovic Sforce lieritier empoisonne son nepveu , amené Charles huictiesme en Italie, et fut depuis pris par Louys douziesme , meurt prisonnier à Loches. Le roy lA>uys douziesme prend le duché de Milan , le reperd après la bataille de Ruvenne par la mort de Gaston de Fois ; mesconientemenl des Suisses assistés du pape Jules de Medicis, ligués avec les Espagnols, Vénitiens et Allemands pour chasser les François d^talie. Ils en viennent à l>out , et establissent Maximilian Sforce pour leur duc : les Suisses , par le cardinal de Syon leur compatriote , Iny en donnent les clefis. I^s Suisses lors en leur période, enorgueillis du combat de Novarre , et traicté qu'ils contraignirent de faire devant Dijon. Le roy f/)uys (louzicànie , prestde retourner h Mihin, meurt le premier jour de Tan loio.
[j.îlii] François, âgé de vingt-deux ans» I eiilrei»;'iMiil U* voya{je, c:)niinuc la fwîx aveu j !e ruy d'Aui;letcirti cl Tarchiduc Philippe ^
auquel il donne espoir de traicter le mariage avec madame Renée , seconde fille du roy Louys. Le roy François espère en vain de traicter ligne avec le pape , empereur et Suisses , qui estoient pour Maximilian Sforce : il la conclud avec les Vénitiens , oflensés des Espagnols , qui ne leur avoient fait part de la despouille des François chassés d*Italie ; traicte à Gênes avec Fregouse. Les ambassadeurs du roy d'Arragon et du duc de Milan contractent avec les Suisses pour la deflence du duché de Bfilan ; le pape leur promet assistance. Le roy laisse madame Louyse de Savoye régente en France , va à Lyon avec deux mil cinq cens lances , dix-huict mille Gascons et François , dix mil lansquenets, dont la moitié estoient commandés par Jean de Tavannes , oncle de Gaspard de Saulx , sieur de Tavannes (duquel j'escris) , nommés les Bandes-Noires; il estoit lieutenant du duc de Gueldres : le reste des lansquenets commandé par monsieur de Guise. Les Suisses descendent en Testât de Milan ; poussés de leur ancienne gloire et inimitié iMMiveile des François , en nombre de quarante mille , croyent pouvoir battre toute TEurope ; dédaignoient la cavalerie du pape et celle d'Arragon , qui s'approchent de Milan ; font halte y feignent que c'est pour conserver leur estât; au lieu de se joindre aux Suissi'S^ entrent en soupçon Tun de Tautrc.
Les Suisses , venus depnis peu de trois villar ges,Ondrevald^SvitsetGlaris,serevoUentcontre leurs seigneurs d'Austriche. Si Tempereur Albert n'eust esté tué , et ses successeurs en guerre avec les meurtriers , ils eussent esté chastiés ; ils s'accreurent et demeurèrent impunis par la division des papes, empereurs et princes d'Allemagne. Leur pauvreté estoit en dédain , leur pays de montagnes et le choix de leurs armes advantageuses : ces picques de six bras rendent hardis les moins courageux , qui combattent de vingt pieds de loing ; les fers, triplés au premier rang» mal-aisés à pénétrer à la cavalerie. Leurs bataillons quartes , ressemblant aux phalanges macedoniques, vainquirent les Allemands et Bourguignons en cinquante-cinq batailles , par Timprudence de eurs ennemys, monstrant la différence du courage de ceux qui combattent pour leur liberté, au parangon de ceux qui s hasardent par argent.
Les deffaictes de Charles deBourgongne et des François à Novarre les mettent en honneur : vont mercenaires servant les princes, s'agguerrissent aux despens d'antruy , s'attribuent la victoire en quelque lieu qu'ils soient , for^ cent les princes à se servir d*eux , non tant pour utilité que pour empescher que leurs ennemys ne s'en aydent; nonunoient les pensions qu'on leur donnoit tribut, se disoient correcteurs des roys , et , sans la deffaicte qui leur advint à Marignan , ils fussent esté imités des peuples^ lesquels ils ne vouloient pour compagnons , ains leur commander sous le tiltre d'associés ; se mettent en opinion de conquérir des royaumes , comme les républiques des Romains et de Grèce. Us commencent à Milan , sous tiltre de protection , saisissent les Mont-Cenis et Mont-Genesve.
Le roy passe où ils n'eussent pensé : arrivé dans le marquisat de Saluées , le mareschal de Ghabanes surprend Prosper Colonne et Vflle- Franche ; les Suisses se retirent à Novarre et en vont joindre d'autres à Gallères , laissant Novarre au roy, où le sieur de Tavannes, colonnel des Bandes-Noires^ le joint avec dix mille lansquenets marchans à Biagras. La paix fut tellement creue , que le duc de Gueldres s*ea retourne en poste en ses pays , laisse sa charge au comte de Guise son neveu, mais en eSscl au sieur de Tavannes , auquel il se fiott» et qui avoit toute puissance sur les lansquenets , pour estre de leur nation. La paix rompue par l'arrivée d'autres Suisses , tous logés et fauxbourgs de Milan ; les troupes du pape et du roy catholique ne s'advancent, craignent se mettre entre celles du roy et des Vénitiens. Les Suisses espèrent à la surprise , et prendre en chemin l'argent que l'on portoit pour la paix. Guidés de la liaine contre les FIrançois, qui se servoicnt de la ligue de Schevabe, composée de lansquenets leurs anciens malveuillanSj marchent courageusement, trenvent leurs ennemis advertis, les chargent , esbranlent l'avant-garde du roy, où il avoit un bataillon de lansquenets. Sa Majesté , avec sa gendarmerie , flanquée de Bandes- Noires commandées par messieurs de Guise et de Tavannes , arrestent la furie des Suisses , remirent Thonneur de la victoire de leur costé. L» nuict arrivée , amis et ennemis pesle mesie ,
RÈGNE DE FEANÇOIS I.
h Bort , la victoire , le courage , la peur, p«By les ténèbres de la nuit , se représentent adênee des François ; les François et lansqieaels se remettent en meilleur ordre , se rctriBchert , disposent rartillerie devant eux, filb lirait dès la pointe du jour. Estans plu- Mrsefaniges soustenues, les Suisses, ebran- Ml par la cairalerie Françoise qui les chargdÊk en flanc , le furent d'advantage par Farmée de TAlviane , qui conduisoitTarniée des TcKtieu , 86 retirent en ordre avec perte de dove mil hommes. Le roy tesmoigne par boueke et par lellres le service du sieur de Tavan- Ml, edoiiel des lansquenets. Les Suisses quitjfsfMihn , perdent la réputation d'invincibles, M profit des princes et gentils-hommes aux wâ^ficu desquels ils menaçoient se faire imiter p« contagion.
Les Soiflses sont de despense et peu utiles , it capitalatUm si haute qu'ils ne peuvent estre cMeatés. La fonte d'argent, vivres et pluyes, km sont autant d'excuses pour ne combattre qoe qnmd il leur plaist ; au moindre manqueis*arrestenl, on précipitent les généraux au , leur font perdre de belles occasions ; de peu aux batailles , dont la force en cavalerie pirouettëe par le victorim amour de leurs bataillons ; après , se KHkat la corde au col ; ne vont aux assaux ; m eoBbattent leur nation ; afl&ment les ar- , les appesantissent , les retardent par . menaces^ plaintes et traictés con- ; inhabiles à conquérir d'eux-mesmes , dh Bil seront defisdts par deux mil mousqueà cheval et cinq cens pistoliers bien les mousquetaires , escarmouchant i cinquante , se retirent au galop , poursuivis , à la faveur de la cavalierie , aiec dies moyennes à double attelage , lesqieiles ayant tiré , se retirent au grand trot. Qnnd leurs bataillons s'advancent , ne loger froche d^enx oà ils puissent venir en une ■■et f ù ce n*est es villes , ou estre tousjours m poinct de combattre et en garde , pour éviter la victoire , qu'ils obtindrent contre les hançois par l'advis de Motin leur chef : autrement f picquës de nécessité , s'hasarderont de marcher toute une nuict au lieu où seront leurs ennemis. Ceux d'Austriche et de Bour- Boagne imprudemment s'enfoncèrent dans
leurs picques , les forçant d'obtenir victoire. S'ils valloient en richesses , les François les pourroient défaire dans leur pals mesme; mettant la noblesse à pied cuiracée , armés d'halebardes , de pistolets et espées , se meslent parmy eux, flanqués de mousquets et d'harquebusiers , d'autant qu'ils sont desarmés. Il ne se faut servir de plus de trois mil d'iceux en une armée , afin de leur donner la loy, et les faire courre et marcher par force selon la'necessité. Les roys s'en sont servis , qui ne vouloient armer leurs peuples , et éviter que leurs ennemis ne s'en aydassent : les batailles de La Bicoque , de Marignan et de Pavie, auxquelles ils manquèrent de valeur et de fidélité, monstrent quels ils sont ; il s'allient à la France pour leur interest , estans ennemis communs de la maison d'Austriche : partant , les conditions devroient estre esgales , mesmement puisqu'ils exceptent Testât de Milan. Ils ne peuvent guieres servir aux François à la conqueste d'Italie ; hors de leur pals sont des ours qui ne luitent si on ne les embrasse ; gens fort inutiles , desquels un vaillant roy de France qui ne craindra ses subjects se doit passer. C'est merveille que les voisins des Suisses n'ayent imité leur ambition : la cause est qu'iceux desiroiont des subjects et non des compagnons. Le doux Uraitement qu'avoient ceux du comté de Bourgongne , Savoye et Dauphiné , situés en mesmes lieux de montagnes, les contindrent en leur devoir; la puissance et la campagne de France , les villes imperialles d'Allemagne vivant en mesme liberté , la ligue de Schevabe , anciens ennemis des Suisses , la bataille de Marignan , empescherent qu'ils ne furent imités. C'est un bon mestier d'estre Suisse en France : ils ont force argent , ne vont ny aux assaux ny aux escarmouches , la force estant à la cavalierie. Ils ne sont attaqués aux batailles que par les imprudens , ce qu'ils le furent à Dreux ; ce fut la perte des Huguenots. La bataille perdue , leur composition est faicte. flfe ne sont offencés en guerre, de peur de perdre le traicté gênerai qu'on a avec eux en France ; pareillement ne seront offencés aux guerres estrangeres et batailles perdues , de crainte que le desespoir leur ser>e d'argent. Pour leur faire gagner leur si haute paye , faudroit
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mettre* la cavalerie en bataille derrière eux, sans aller à la charge , jusques à ce qu^ils fussent defoits ou Yictorieux : seroitlors qu*ils auroient Tbonneur des batailles , et mériteroient le payement qu ils demandent ; autrement ne servent que pour se rallier derrière eux , ce que Ton pourroit faire derrière deux maisons flanquées dliarquebusiers.
Ceux qui gardent les rivières, passages et montagnes , sont souvent vaincus pour Teslime en quoy on a ceux qui assaillent. Il vaudroit mieux marcher pour combattre , que de garder lieux foibles , d'autant qu iceux abandonnés , les courages et la vertu des gardiateurs se perdent.
Les Suisses en fuiltc , Maximilian Sforce rend le cliasteau de Milan , fait pensionnaire du roy à soixante mil escus par an. Sa Majesté donne partie de son armée aux Vénitiens pour reprendre Veronne; les Espagnols se retirent à Naples; le pape traicle avec le roy, luy donne Parme et Plaisance , et revoit des bienfaits pour ceux de Medicis. Le conneslable de Bourbon estably lieutenant à Milan , le roy retourne en France en apparence par la crainte du roy d! Angleterre , qui estoit fascbé de la protection prise du roy d'Escosse , en eflect par Timpatience et délices peculiers aux François. Le cardinal de Syon fuit vers Tempereur Maximilian ; Sforce fait conclurre la ligue entre le pape , les roys d* Angleterre et d' Arragon , et les cinq petits cantons des Suisses. L*empei*eur entre au Milanais avec cinq mille chevaux , dix mille tant Espagnols que lansquenets, quinze mille Suisses des cinq petits cantons : non encore d'accord avec le roy, ils somment Milan. Les François estonnés se réassurent par Tarrivée de dix mille Suisses des autres cantons , nouveaux alliés du roy. L'empereur Maximilian , voyant quinze milles de cette nation avec luy et dix milles avec ses ennemis , se souvient de Tan* cienne hayne qu ils ont à la maison d'Austriche , et db la vente par eux faite de Ludovic Sforce à Novarre ; soupçonne pareil traittement , retourne de nuict en Allemaime , suivv tost après de son armée. Les Vénitiens, à Tayde de Odot de Foix , gcneral à Milan par la démission volontaire de M. de Bourbon , prennent Bresse et Veronne. Le oape^ à Tayde
des François , occupe le duché d*Urbin , eo chasse Marie de La Rovere , nepveu du pape Jules , sous querelles inventées.
Un guerrier voluptueux qui vise à deux buts n en frappe point : tout un ou tout autre. L'ambition et volupté sont contraires , la perfection de ces faicts ne se gouste ensemble ; le désir dlionneur est en perpétuel travail , celuy de volupté en continuel repos : le premier n'admet plaisirs qu'au de&ut d'affaires ; l'autre n'y pense qu'à faute de plaisirs , fuit tous labeurs tant que la seoreté lui permet : le premier acquiert , le second pert : le cœur aux armes d'Italie et aux dames de France, ne réussit an contentement de l'un ny de l'autre : il ne se fait ny ne se gouste rien de bon. Il faut de bonne heure suivre Tune de ces deux voyes; il n'y a moins d'honnenr à garder qn'à conquérir : pour l'un font des natures d'Alexandre et de Gesar ; l'autre , des esprits tranquilles qui n'ont besoin de passer les montagnes. Les préceptes des entrepreneurs et des conservateurs sont diSérans : les conquerans arment, leurs peuples sont au milieu d'eux comme citadelles du monde; les voluptueux les desarment et régissant par loix et justice severe. Le roy François avoît eu trop d'honneur en ceste bataille poar si peu de firuict que Milan ; elle le convioit à se faire roy de Rome et de Naples , combattre les opposans ou mourrir, tendre à la monarchie chrestienne et turquesque ; ou , sans passer les monts, devoit se résoudre à Tantre voye conservative , régir son estât en paix et justice. Il ne luy fust advenu ( marchant i deux cœurs) tant de diverses fortunes; et eust quitté la conqueste du monde , que son naturel ne luy permettoit , pour obtenir celle du ciel en tranquillité et plaisir. Sa vie tes* moigne avoir esté eslancée d'autant de voluptés que d'ambition, agissant et faillant selon qu'elles le possedoient à leur tour, plus conduit de ses capitaines qu'il ne les conduisoit. Je remonstrai ces deux voyes nu roy Henry quatriesmo. £n i'an do9ô , luy au dessus de la lifjue, oui avoit esté assistée du pape , des Espagnols et Italiens , son peuple aj;uerry, les estrangers estonnés , il pouvoit esir(î monarque ou faire paix avec tous les potentats de l'Europe, exercer justice et se donner
[IMMll RÈGNE DE
Ai bon temps : il me crent en cette dernière pr 8M mclination naturelle , monstrant avoir ei plus de force k la guerre que de volonté.
Le soupçon » bien on mal pris , sauve ou nÙM les bommes ; ils doivent cognoistre la nméde ienr esprit comme celle du corps ; si mcBm i défiance , proposer les causes à leurs mk , le résoudre selon leur opinion pour ne K rainer : aucuns se sont perdus , autres Mirisponr crainte de mourir, se precipitans poor ce qui ne fust advenu ; plusieurs , par yresOBption , ignorance ou trop de courage , flot necUgé des ad vis , sont estes domptés pour B^ifsir douté : la prudence et cognoissance desooiBtnrel y est nécessaire.
[1516] Le pape , ennemy des estrangcrs , de Fancienne réputation des Roveut chasser ses ennemys par ses lys, entrelient couvertement Tempe- ^ te et Suisses en union contre le rof . Dequoy advertie , Sa Majesté cherche aailiéavec Charles d'Austriche, luy promet htm , fille de France , sur Tasseurance qu il nadroil le royaume de Naples , d'où le roy firragOQ avoit chassé les François. Charles I«i des comtes d*Ansbourg, marié à Tlierilim d'Auslriche , dont les descendans tirent femasetarmes, desquels fut Leopolde d'Ausiriche , e^ioux de Cécile de Milan , père d'Ër iot» d'où sortirent Albort et Federic, emperenrs, marié à Eleonor de Portugal, père M nere de Maximilian , qui eut Marie de Bovgongne , d*oii sortit larchiduc Philippe , kqnel espousa Jeane , fille de Ferdinand d'Arngoa et d'Elisabet de Castille , duquel mariage est nay Charles d*Auslriciic , successeur deiaot de royaumes par femmes. Pour s'y afler- Dir et choMier ses rebelles d'Espagne, il fit le IraiclédeNOYons aux conditions susdictes avec le roy François j qui y tira les Suisses et TempereorMaidmilian, lequel meurt en Tan liSlS. [1519] François et Charles recherchent les sept eslecteurs qui sattribueut par constumes et bulles du pape TeslectioB de Tempereur. Charles est choisi par présent, pour estrc Allemand, et pour les fcrces d'Espagne at^'irochées du lieu où se faisoit reslection, où ils refusèrent le roy Fhinçois, par la considération que ses prcayoient ruiné tous les ducs et
FRANÇOIS I
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princes de son estât , et craignans les Aile** mans le semblable. Charles est esleu le ving^ huictieme juin 1519 : jeunesse, ambition, ja* lousie, soupçon, prétention de Naples , de Navarre , de Bourgongne , de Milan , protection de Gueldres , origine de la guerre.
[1521] Le pape , de naturel brouillon Jette le flambeau de la guerre pour délivrer Fltalie des barbares (tels appeloient-ils les Espagnols et François ) , paye le roy de froids ar* tifices , se jette à Fempereur. Martin Luther , Augustin, par incontinences, inobediences, et pour n'avoir part à l'argent de la croisade , ne pense prescher que contre Jean de Medicis; depuis irrité de Texcommunication donnée à plusieurs fois , donne commencement à une secte qu*il n*avoit préméditée ; son sainet esprit n'eust passé aux autres articles s'il n'eust esté fulminé et mis au desespoir. Le roy prend le royaume de Navarre par Masparot , frère du sieur de Lautrec , le reperd par son im» prudence , ayant entrepris plus avant sur les Espagnols , qui sert à accorder leur division , et en suitte reconquirent Navarre. Le roy d'Angleterre se déclare neutre , est plus amy du roy pour balancer la puissance de Tempereur , qui , après avoir esté défié de Robert de la Marche pour dispute particulière entre eux , persuasions et asseurance des François, commence guerre ouverte en Picardie , et par surprise en Italie. Le comte de Nassau prend Mouzon , assiège en vain Maizieres , se retire en pillant Guise ; Mou7X)n est repris par M. de Vendosme. L'admirai de Bonnivet, avec les lansquenets commandés par le colonnel Tavannes , prend Fontarabie. Le roy gagne Ba«paunio et Landrecy, présente la bataille à l'empereur près Yalentiennes , qui la refuse , se retire en Flandres. Le roy prend Hedin et sépare son armée pour Thyver. Les Impériaux , ayant pris Therouane mal secouru , après plusieurs entreprises faillies, se déclarent en Testât de Milan. Le pape , Tempereur et François Sforce , frère de Masimilian mort en France , Prosper Colonne , gênerai de leur ligue , mettent sur pied douze cens hommes d armes , dix mil qu Italiens qu'Espagnols , quatre mil lansquenets , trois mil Suisses; la foudre met le feu aux poudres du chasteau de Milan, M. de Lautrec , persuadi
Sfi
M. de Longueville révoquées pour le ^eoomil^
du roy , abusé des femmes et des financiers , est envoyé , sans argent ny obeyssance des soldats , au duché de Milan. L'armée de la ligue en vain assiège Parme pour rapproche du duc de Ferrare et de Lautrec , qui faillent à combattre , apnt receu quinze mil Suisses , lesquels tumuUuans demandent l'argent que madame la régente avoit diverti et pris ; ils donnent huict jours pour estre payés , s'en retournent, partie demeurent avec les Impériaux. Le passage de la rivière d'Ame perdu , M. de Lautrec se retire à Milan , assailly et pris par un bastion mal défendu des Vénitiens. Le sieur de Lautrec s'en va avec les Vénitiens-, Parme et Alexandrie se rendent aux Impériaux. Le pape Léon meurt de joie de ceste victoire ; Adrian de I^ouvain, qui avoit esté précepteur de l'empereur, est créé pape. [1522] François Marie prend le temps, recouvre son duché d'Urbin aydc du duc de Ferrare. A la Françoise le roy pourvoit aux affaires quand ils sont désespérés , se plaint de Lautrec, envoyé le bastard de Savoye, frère naturel de sa mère, avec de bonnes forces. Prosper Colonne , avec douze mil hommes de pied et quinze cens chevaux , en vain les veut empescher de se joindre aux François restés en Italie. Les François s'approchent auprès de Milan , qui ne firent aucun mouvement , assiègent et battent Pavie secouru par Colonne et de six mil lansquenets amenés par François Sforce , campé à La Bicoque. Les Suisses , tels que je les ay dépeints, demandent argent , congé ou bataille. Les François choisissent le plus honorable , assaillent les Impériaux dans un retranchement , d'où les Suisses , après avoir esté battus , se retirent et emmènent partie des François avec eux. Le comble du mal fut la deffaite de trois mil hommes de pied de Jean do Medicis , et de ti*oiscens hommes d'armes surpris à Lode. Le grand maistre de Savoye s'en retoivne avec les Suisses , le sieur de Lautrec le suit. Les François capitulent de rendre dans un temps les chasteaux de Milan , Crémone et Novarre , s'ils n'estoient secourus. Les Impériaux victorieux prennent Gènes en parlementant, dont le duc Fregouse avoit traicté avec les François. Les Vénitiens se refroidis-
de Fontarabie, d'où le sieur de Ghabanesfl^ lever le siège des Espagnols. Le roy d'Angle»^ « terre , fluctuant à l'accoustumée , en Tan IfiXI ' se joinct à la ligue de l'empereur. Ne reHnit que luy pour avoir toute TEurope contre k France , excepté les Polonois , MoscoTiiet $L Grecs. Le comte de Suflblch , joint à rarmé» de Flandres commandée du comte de Boro^ bat et fault Hedin ; la moitié d'eux se retire,, l'autre assiège Therouane secourue par IL d» Vendosme. Ainsi, ceste ligue fuct (rios é&t peur que de mal.
Le pape et l'empereur contendoit auquel appartient de créer les roys et doos ; W pyre volé par César; l'eslecUon des reurs , qui souloit esUre par les aoUbli » mal-gré le peuple et sénat, maintenant ett usurpée par Bulle d'Or faite du pape ; RoiBa cédée au pape Marcel par Constantin, la parla de Tempyre , dont la puissance , quasi imaginaire , est réduite en Allemagne ; CharieoMk* gne , empereur , sacré du pape « parlagn l'empyre à ses enfans. Eux fiiiUis, rAlla-^ magne change l'empyre en aristocratie ; tona les royaumes de rEiu*ope s'en séparent; rUftlie , occupée des princes , n'obeyssent à pape ny à empereurs, qu'en tant que leur conaerrttion et ambition le permet. Les papes fbme»* tent ceste dissipation aux députés des Saxonset Boëmes. Grégoire cinquiesme , suspect pour esu*e Allemand , permet à sept princes de sa nation d'eslire l'empereur, se réserve ran-* thorité de le couronner. Les divisions des papes et empereurs sont naissances des Gnel^ fes , Gibelins , et petits tyrans. L'empyre aa commencement n'a lieu , au milieu peu « à h fin point du tout^ de faire des roys et des ducs ; ce n'est celle de Rome , sa puissance est en Allemagne ; le pape n'a peu transporter son droict d'eslection , de sacrer des roys, ainsi que Samuel. Que les empereurs fassent ce que les Césars, Sévères et tyrans faisoient; qu'ils rasent toutes les forteresses d'Europe , et se fassent obe\T avec trente légions , ils seront vrays empereurs ; sinon , moins que les roys de JFrance et d'Espagne , et seulement présidons, dependans d'une plus grande puissance , qui est des estais de TempjTe, con-
sent d'ayder au roy ; les forces conduittes par 1 osés des princes et républiques^ de prendr9
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émX um U possession. Ils ne sont empereurs desquels la puissance est faillie , qns celle des empyres des Macedo- , Gubis et Assyriens; ils n'ont loix dequoy ils ont besoin euxles papes ont plus de droict ; ils rs des prophètes , qui sacroient bi iffs do vieil Testament. Dieu donne les deft à sainct Pierre , puissance de lier et Mwr. L'empereur Maximiliann^a pu investir et Mîlaii Cliarles d'Austriche, ny Charles prelcadre la confiscation de François Sforce après sa révolte. L'investiture du pape en Loin drorleans , selon la loy de Dieu , est viiiUe, d*auiaiit que la légitime doit estre preierée à la bastarde , et la puissance cccle- HrtiqQe à la séculière.
LeiiigDesd^esgales puissances sontde pende Wcl , entrent en méfiance Tune de Tautre, se ifiKtanxpartages des conquestes, négligent kvi deflences, aisées à séparer par traictés Hcms; mesme en présence des ennemys, nul feix ne sliasarde s'il n'en espère seul Tbon- Mr; craint d^estre abandonné ; remettant la te rm sur Tantre , se contrarient par am- Wqu et méfiance. Pour s'en servir , le genenlapéé , fondroit lui donner à une fois tout Faigal nécessaire pour l'entreprise : un roy iMBiaTi battra plusieurs ligues.
Le gênerai reçoit loy des estrangers de son anée, s^il se sert de grand nombre. Il les fait combattre plus que les ennemys , ils ont Hé, empoisonné , trahy et vendu leurs chefs , fait perdre les occasions de vaincre , ou préàfÊi à combattre hors le temps ; s'attribuent
vengent de leur honte sur leurs Qh est contrainct d'avoir des estranse serve de plusieurs nations , ainsi que FE^ngnol, Vallons, Italiens, lansquenets, Smmtn et Bourguignons ; au pis , le mcsconlentement n'est qu'à une nation ou deux , entre lesquelles les plus difficiles et inutiles à qui n'ont des sources inespuîsables d'or et d'argent , sont les Suisses , où il y a ù toute des harangues et plaintes à faire.
Durant ce temps, le sieur de Tavannes^ y par son pore selon les préceptes escripts , en Tan io22, le sieur de Tavannes, oncle, colonnel des lansquenets des Bandes* Koîres, passant à Dijon , obtint par importu-
REGNE DE FRANÇOIS I
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nité de M. d'Orrain , de donner son fils an roy, qui le receut pour sa bonne façon , et pour la foveur et grands services qu'avoit faict sondict oncle , qui luy presentoit ; auquel Sa Majesté dict, puis qu'il n'avoit point d'enfans , que s'il mes-avenoit de luy , il recognoistroit ses services à son nepveu ; et pour cest efTect , le roy voulut qu'il laissast le nom de son père , prinst celuy de son oncle , et le nomma Tavannes.
L'empereur passe en Espagne , pacifie les troubles esmeus contre luy. Le roy sur tant de différons advenus en Italie , se resoult d'y aller ; est retardé par l'advis du mescontentement du connestable de Bourbon , qui se disoit, pour avoir esté le duc d'Alençon préféré à luy en la conduitte de Tadvantgarde en Flandres , que madame la régente luy querelloit les biens de Pierre de Bourbon , depuis la mort de sa femme , fille dudict Pierre de Bourbon. Il y avoit d'autres causes plus importantes : aucuns ont voulu dire qu'il avoit refusé d'espouser la royne, qui le desiroit Le roy reçoit froidement M . de Lautrec : il dit n'avoir perdu Milan ; que c'estoit trois cens mil escus promis qui ne luy avoient esté envoyés. Sainct Blancard , gênerai des finances, est appelé : il se descharge sur madame Loyse de Savoyc, qui les avoit pris. Le roy son courrouce aigrement à sa mère , qui accuse Sainct Blancard , luy fait députer des commissaires , et le fait pendre injustement. L'empereur promet sa sœur Eleonor à M. de Bourbon , et d'ériger la Provence en royaume , si elle estoit conquise, ou, au deffaut.luy donner autre royaume. M. de Bourbon doit faire le malade, pour demeurer en France quand le roy iroit en Italie ; une armée de douze mil hommes , conduitte par le comte de Fustemberg , devoit passer en Champagne, se joindre à M. de Bourbon , qui s'asseure avec sa faction d*occuper une partie de la France ; deux autres armées dévoient donm r à Fonlarabie et en Picardie. Les apprentifs aux factions ne sont maistres , se perdent à la source.
[J523] Le roy, bien adverti, se plaint du connestable ù luy -mesme, à Moulins; il s'excuse; Sa Majesté, plus asseurëe de son iraicté , envoyé depuis M. le grand maistre et le maresc-hal de Cliabannes, pour le prendre ; il s^eufuit avec deux gcntils-liom-
MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. [iftMj
mes vers le cardinal de la Baume à Besan* çon , de là à Tempereur , qui , ayant pns le cliaslean de Bfilan par la capitulation des Fran- . çois , pour observer les articles de la ligue et gagner le cœur des peuples , le rend à Fran* çois Sforce. Toute TEurope fait ligue contre le roy, jusques auK Vénitiens , Anglois et ar^ cbiducd'Austricbe, pour la conservation d'Italie. L'entreprise de Bourbon retarde le voyage du roy, qui envoyé Tadmiral de Bonnivet en lestât de Milan , avec dix huict cens lances et trente mil hommes de pied. Il prend Novarre et Vigevane, passe le Tesin mal -gré Prosper Colonne , séjourne mal à propos , dont Milan •sbranlé se rasseure. Le pape Adrian meurt; Jules , cardinal de Medicis , est créé pape , nommé Clément septiesme. Le duc de Ferrare prend Rège au vaccant. Les François , hors d'espoir de Milan , envoyent r envitailler le chasteau de Crémone : M. de Bonnivet espérant Tincommoditédesautres, se trouve en la sienne. ' Son armée diminuée de Thyver , de manquemens de vivres, et de petites rencontres [i5M]y levé le siège de Milan, sans sortie de Prosper Colonne , qui, malade, meurt tost après. Charles de Lannois , viceroy de Napics , Iny succède aux grades , non à 1 authorité , rougnée par le marquis de Pesquaire, et depuis par Bourbon. M. de Bonnivet à Biagras , son armée diminuée , celle de lempereur renforcée de six mil hommes du pape , et des Vénitiens , campe auprès des François qui présentent la bataille; les Impériaux la refusent , prennent Crémone et autres villes , surprennent de nuict Baprd à Lode , à Rebec de jour Montejan; par contrcntre« prise incommodent les François, partie escoulés en France ; vont au devant de treize mil Suisses suivis des Impériaux. En un combat sur la retraicle est blessé Ik>nnivet , Bayard et Vandenesse tués. Les Suisses refusent de combattre , se retirent avec Tartillerie , et les François chez eux. Ainsi en prend aux généraux esleus par faveur de cour. L'armée d Espagne ( pendant ce temps ) prend Fonlarabîc ; les lans(|uenets , qui vcnoiont par rinteiligence du duc lie Bourbon , prennent Coiffy , se refirent : M. de Guyse en deffait quelques uns. L'armée angloise et flamande , après a voir Lrusié Roye et Mont Didier jusques à trois lieues de Puris^s'en
retonrnent , craignant M. de Vendosme. Aimj^ le feu de cette conjuration demeure sans efiect, Blasmables sont les faux escrivains de te temps , qui , de vœux et de sermens violés i d'un Luther , moyne defroqiié , et d'une religieuse adultère , font des prophètes ; qui ostent ' du ciel les lis , la saincte ampoule , mesorani ' le pouvoir des miracles à leurs folles créances t imprudens juges , puis qu'ils n'estoient de M temps là , et n'ont lumière que par les ano- r teurs anciens , sans lesquels ils seroient aveU^ tf glés. Ils cèlent les actes généreux de Lautreo Jk de Montpensier , de Guise , de Tavannes elV Mercuer , et rejettent les fautes de leurs pa^t^ i sans snr les plus gens de bien; donnent I'Ikhi^ ^ neuràceux qui méritent la honte, etd'oa^l règne de femme voluptueux en font le go»* li vemement de gens prudens et d'estat. Et mi 'i^ lieu du timon , occupé par Louyse de Savoya» >^ Bonnivet favorise mesdames d'Estampes 9lL Admirale; posent le gouvernail en la itiainde roy, qui n'en tient qu'autant que ses Savons et voluptés luy permettent , et d'un juste me^ contentement font une trahison exquise. Qee n'escrivent-ils sans déguisement ( si rignoranoe ou la malice ne les possède ) que Louyie de Savoye , mère du roy François , pour miner Lautrec , prend les qnatre cens mil escos de^ tinés pour le secours de Milan, duquel elle d^ sire la perte , afin que le bastard de Savoye son frère succède à Lautrec : vice couudvb des femmes , de reculer les parens de leors marys pour advancer les leurs? Que ne des^ convrent-ils sa mauvaistié et vengeance en b mortdeSainct Blancard innocent , et qu'après le décès de la femme de Charles de Bourbon elle le voulut espouser , dont refusée , elle jetta inimitié entre luy et le roy son fils , qui hausse la main pour donner un souffleta M. de Bourbon ; et , comme ayant converty l'amonr en hayne , se dit héritier de la femme dudicc Bourbon injustement, de laquelle il estoil donataire , ot héritier du fils qu'il avoit end'eUe ; dequoy elle désespère Charles de BourboH, cause de la prise de «on fils à Pavie , mesrae par la faveur et Ignorance de Bonnivet , plus courtisan que capitaine, maintenu par elle, dont procèdent tant de portes et ruines excessives à la France ? Semblablement ils n'escnhvent; elle morte ^ que Lautrec ^ entré en
HÈGNE BE
, est laissé sans argent à Naples , peuque le roy le despeod ea voluptés à Paris^ r^e d'onbly où se noyent les capitaines en* ^& en Italie. Cependant les conseillers am* îox ou i^norans^ désirans la charge d*anr , méscontentent André Dore ; perte da I tune de Naples. Leurs escriptssont passion^ , craintifs, on suivent le bruit commun : droit mieux, imitant les roiena , les ense- * seolement en leur famille , et dire vérité, oiprimér des mensonges dorés de beau ^ge , et les faire avaller oonmie pillules très.
A loy sallique , qui exdud les femmes du ne , aussi les doit^elle ester du gouverneit. Vengeance, colère, amour, inconstance, 3reté , impatience , précipice , les rendent ipables du manyment des affaires d*estat , placent les plus braves pour les plus beaux. eur, conduitte» sagesse sont postposées : bonnes grâces, beautés et langages far- ^ , ainsi que si les armes estoient des habits optaeux , et que les champs armés fussent ( salles de bol. Elles tiennent les roys par pièces qu*ilsesiiitient le plus; leur font ou* er les capitaines assiégés en Italie ; ayroent eux mil eseus en leur bourse qu'une preice à leurs Majestés. G*estd*elles d*oà.viennt ces cbangemens si divers et soudains en vie du roy François, à ceste heure en répu« ion , et aûs^^tost saas honneur. Peu sert en ance de sçavoir les batailles et assauts, qui I sçait la cour et les dames.
Une autre cause révolta Charles de Bour- )n : les pauvres demandent du bien, ceux qui y ont, de Thonneur , puis les grandes charges ; avoit les trois. Le naturel des hommes est e désirer d*accroistre : Von ne peut estre roy V dnc souverain en France ; plus de réputaon les grands acquièrent sous un estât réglé, [us ils se préparent de ruine; les pauvres oivent travailler pour vaincre la nécessité , près ils peuvent gonster les plaisirs des roys. DUS n'avons deux corps à repaistre, n^à vesr ; d'hasarder ame , vie et biens , doit estre K)ur régner et se faire souverain , non pour stre connestable , qui , mort , ne tire son nom lu chaos d oubly en estant le capitaine des oys. Henry IV bien empesché. Charles de iourbon va , sans ville , sans argent ny soldats^
FRANÇOIS I. 99
servir son ennemy , preuve qiTit estoit certain de son sçavoir et expérience , qu'il mohstra à Pavie et à Rome, et se fust faict roy d^Itatfe sans sa mort. Les Italiens disent qu Alexandre et César de peu firent beaucoup , et Charles de Bourbon dte rien fit d'advantage. L*empereuf entend cestc fofe seulement que la Finance ne se prend qne par la France , gagnant les plus grands d'icelle , voye suivie du roy Philippe en M. de Guyse. Henry IV y pourvoit, ne donne charge à ses parens, abbaisse les princes et gouverneurs , les divise. Cela est bon contre les ambitieux , et ne réussit tousjocœs : -les courages extrêmes se prectpi(ert>ient & la mort ou ruine de l'Estat, qui se maintient , n'y ayant plus de tels courages que ceux de Charles de Bourbon , prince de Condé , de Gùyse et de Chastillon. Le nom de Grand donné à Alexandre , Pompée et Charlemagne, conquerans des deux parts du monde , f^it demander pourquoy il . est donné au roy François , qui fut prisonnier à Pavie , et n'accreut son Estât. Ce fut pour avoir defihit les Suisses , autant redoutables que les légions romaines , avoir fait renaistre les sciences et lettres , résisté à FAIlemagne , Italie , Espagne , Angleterre , Flandre , Suisses et rebelles de son Estât tout i coup , et aussi pour la différence de nom entre le petit roy François et luy. De nostre temps le nom de Grand est donné an roy Henry IV. A la vérité il a dans son royaume combattu et vaincu une grande partie des forces de TEurope , envoyées du pape et du roy d'Espagne, en la présence desquels il a eu tant d'heur, qu'il a reconquis son royaume , après avoir esté reduict à la ville de Dieppe : vray est-il qu'il en acheta la pluspart, corrompant par argent et par charges ses ennemys. Serott à souhaiter que , comme ce nom de Grand luy est donné dans son royaume , que semblablemeot les estrangers le luy donnassent , ainsi que tout d'une voix il a esté donné à Alexandre et Charlemagne , et lequel au semblable meriteroît aussi Charles septiesme, qui vainquit les rebelles et chassa les Anglois de son royaume.
Le pape propose paix, nul n'y est dispose, persuadé de M. de Bourbon ; l'armée , sous le marquis de Pesqur.ir" , va en Provence , prend Toulon , Aix , tente Marseille en vain
pour l'approche du roy . Les révoltes attendues par Bourbon en fumée , il retourne , accuse le marquis de Pesquaire de n'avoir voulu enfoncer en la France , et d'avoir conseillé de descendre en la Provence , pour estre , ce luy sembloit , le plus aisé costé d'entreprendre , pour la proximité de la mer et des Estats du roy d'Espagne , en espérance de joindre le comté de Rossillon et Gènes tout à Tempereur, par la conqueste de Provence et de Languedoc. Le roy à mesme temps sçait leur retraicte et la mort de sa femme Anne de Bretagne , qui luy laissa trois fils ; il estoit renforcé des siens revenus d'Italie , des Suisses et lansquenets levés par le colonnel Tavannes, qui mourut le 23 may 1523 ; son régiment fut mis avec celuy de François de Lorraine , duc de Guise. La retraicte de Bourbon et du marquis de Pesquaire semblant fuitte, ces grandes forces unies font résoudre le roy de suivre et passer en Italie. Ce fut à qui seroit le premier à Milan , où arrivés , le marquis de Pesquaire, M. de Bourbon et le vice -roy dom Jean de Lannois quittent la ville après la prise du fauxbourg par le roy, qui met en conseil de les suivre ou d'aller à Pavie , se résout au pire : ils estoient defiaits s'il les eust suivis au desordre qu'ils se retiroiect. Le pape s'accorde au roy , le pensant le plus fort , qui par son conseil envoya mal à propos le duc d^ Albanie avec le tiers de ses forces en l'entreprise de Naples. Sa Majesté treuve dans Pavie Antoine de Levé, l'assaut else retranche , refroidit l'ardeur de l'armée; le long siège la diminue. Antoine de Levé purge la révolte de ses lansquenets dans la ville par l'emprisonnement du colonel.
[4525] Bourbon, retourné d'Allemagne, amené douze mil lansquenets; joinct au viceroy et à Pesquaire , qui avoient quinze cens chevaux, seize mil hommes de pied qu'Espagnols qu'Italiens , campent avec vingt>sept mil hommes proche le roy, qui avoit quatorze cens chevaux , vingt-cinq mil payes, non vingt-cinq mil hommes; résout opiniasirement , par le conseil de Bonnivct, contre Tadvis des bons capitaines qui disoient (jue les Impériaux se romproient dans un mois , de ne lever k» siège. Le marquis de Saluées ol partie de son armée , qui faisoil besoin au roy, prennent les quatre galè-
res de Gènes , reçoivent deut mil homn nans de Marseille trouver Sa Majesté ; le sons, la veille du combat, se retirent , n de leurs supérieurs pour quelques chai perdus en leur pais. Jean de Medicis i aux escarmouches. Tout réussit au des tage du roy : il croit estre fortement lo| laisse d'aller à la chasse , prend ses pi opiniastre , sur le conseil des jeunes Boi Montmorency et Brion , de ne lever le Les Impériaux résolvent de passer le { aller rafraischir la garnison de Pavie « l'occasion se présente advantagense, laisser perdre. Le jour de sainctMalbitt rendent à la minuict aux murailles du marchent en ordre à Mirebel , tirant â à la main gauche du roy. Sa Majesté eu larme seulement loisir de prendre sa de bataille ; eut rapport de quelque ca^ espagnolle desja rompue , et à mesm tant voit que les Impériaux marchent i ordre pour le dommage que leur fais artillerie , joinct à un bruict de vicKHn nesse et chaleur l'emportent de sa fb siete ; marche au combat , empesche t tillerie : deqnoy les Impériaux couve voyant le roy hors de son assiete, lais chemin de Mirebel , et marchent à Iny; fait les premiers. Iceux soustenus de lerie et flanqués de mousquetaires , S jesté est forcée de faire ferme , pms cède avec sa cavalerie aux troupes d% busiers; manches de mousquetaires par la campagne. Quelques uns, foyan cavalerie, desordonnent son infentei haste les Suisses et lansquenets; les j refusent de s'advancer, font halte , à la 1 allèrent sans combattre. Les lansqnei François du roy, ordonnés en deux bats marchent, et, desgarnis des Suisses, so primés et rompus de trois regimens pagnols. Italiens, et lansquenets. Tout sur le roy ; il est pris combattant , la pi des grands seigneurs de France morts i sonniers. M. d'Alençon se sauve sauf battre avec l'arriére -garde, accusé ( rompu les Suisses en se retirant. Sa Maj< rend au viee-roy ; le sieur de Tavann de ses pages , est pris auprès de luy, gagné une espée des enneinis.
RÈGNE DE FRANÇOIS 1
« mareschal de Foîx, prisonnier des Esiio\s, monranl , dit avoir cherché Bonnivet r le tuer, et venger le malheur de la nce advenu par son mauvais conseil. Les periaux , à si riche butin , ne font cas des ilUs-bonunes ny soldats prisonniers; les ig^edient. Le sieur de Tavannes, de ce nbre , vint trouver son père , le sieur d'Or • Q , qui s'estoit peu auparavant battu seul itre les sieurs de Grammont et bastard de Dches , ayant estropié le premier et coupé
maias au second , où il acquit de Thoniir ; reçoit son fils, et soudain le renvoyé tnme page du roy au grand escuyer Gait , qui eut la place de Sainct Severin mort
la bataille. La régente Loyse , en ce malur, met le meilleur ordre qu'elle peut ; la elité de MM. de Yendosme et des seigneurs I royaume luy sert. La crainte que tous les tentats de TEurope eurent de l'empereur, leur fit quitter et assister la régente. Le y est mené en Espagne par dom Charles de mnois, vice-roy, au desceu et mesconten- Dfient du marquis de Pesquaire ; qui fut cause l'il fut recerché et stimulé de toutes les lissances d*Italie , et principalement de rançois Sforce , à quitter l'empereur , et se ire roy de Naples : fait semblant d*y entenre ; sous main advertit Sa Majesté , de laiielle il reçoit commandement d'y pourvoir ilon qu'il adviseroit pour le mieux. Deux advis irent proposés pour la liberté du roy : l'un de obliger, l'autre de Fabbaisser ; le dernier est iioisi. La souveraineté de Flandres , le duché e Bourgongne , la Provence en royaume pour ;ourbon, le mariage d'Eleonor sont propoes au roy, qui accorde le mariage , et le duhé de Bourgongne pour les fils qui en sortioient; oflre deux millions d'or ou sa vie plus- }st que consentir à autres conditions. Bourbon , cause du gain des batailles, se voyant raudé du mariage , sage , ne se plamt , monsre se contenter du duché de Milan que l'empereur luy promet par la faute de François Iforce , l'empereur craignant que le roy ne Dourust, et voyant une ligue preste à faire )our la liberté d'Italie.
[4526] Le roy, mieux servy en prison ]u'en la bataille , ne mesprise aucuns artiices , traicte à son adrantage , rend la prise
peu fructueuse à l'empereur; il est délivré, prenant une femme , donnant de l'argent et des promesses de la Bourgongne ; quitte la souveraineté de Flandres , donne ses enfans en hostage; aussi -tost délivré, rompt le traicté , dit n'avoir peu donner sa foy prisonnier, ny moins aliéner le duché de Bourgongne sans le consentement des estats.
Les princes qui croyent leurs jeunes favo» ris , non les vieux capitaines expérimentés , se perdent ; l'amitié ensorcelle , et ce qui en vient semble bon ; les conseils des mignons particuliers nocturnes changent ceux du jour pris avec les capitaines, produisent divers evenemenSy esbahissement et ruine ; les jeunes passionnés précipitent la guerre pour ramener leurs maisires aux voluptés. Celuy seroit à biasmer qui prendroit un chantre pour un médecin , et Ton ne se mocque de ceux qui eslisent des capitaines parce qu'ils sçavent bien danser et qu'ils sont de bonne grâce.
Il ne faut mesurer l'afTection des soldats à celle du gênerai mieux traicté qu'eux'; ils n'ont part à l'honneur de la victoire , bien au hasard de la vie , plus chère à eux que tous butins : la bataille perdue , ils se sauvent à peu de perte ; le chef et son honneur y demeurent. C'est donner son argent à jouer , qu^hasarder les batailles sous l'asseurancedes soldats , s'ils ne sont bien esprouvés.
Obéissance, vaillance, patience, force»
disposition sont nécessaires aux soldats. Ces parties se treuvent en des pais plus qu'en d'autres : des pais frmds naissent les grands corps et les grandes forces , qui accroissent les courages ; le froid envoyé le sang à l'entour du cœur,, siège de valeur. Aux pals chauds , les esprits dilatés par tout le corps , principalement à la teste , fortifient l'entendement , rendent les hommes plus ingénieux et artificieux au péril. Ce que ceux des pais froids font par hardie brutalité , ceux des païs chauds Tobtiennent par considération subtile ; le premier se précipite au danger pour ne l'aprehender et prévoir, et l'autre y entre par discours. C'est pourqnoy les estrangers blasment les François de n estre tels à la fin du combat qu'au commencement. Les régions tempérées I comme la France i l'Allemagne,
moitié de Grèce , dltalie et d*£spa{;ne , portent les meilleurs soldats , qui sont vaillans et spirituels. CeuiL qui sont nais aux pais froids s'allentissent et deviennent malades aux chaleurs ; le semblable advient à ceux des pals chauds aux froids. Les armes advantagent quand elles sont choisies selon la force corporelle des nations. Je parierois pour la victoire d'un bataillon de pic(]uiers suisses contre un Espagnol , en armes egalles ; au contraire y les £spa{][nols , garnis de mousquetairie , ayant pris Tadvantage (comme ils le sçavent bien faire), auroient du meilleur, entant qu ils fussent dans quelque pais fort d*avautage » de fossés ou de hayes » là où ils puissent faire jouer ladite mousquctairie fortement avant que venir aux muins : Tassiete et la conduite peuvent beaucoup. Toutes et qnantcsfois que les Italiens en gros et en armes pardlles , et sans finesse , s attaqueront aux François et Allemands , ils le perdront. Des froides régions sont sortis souvenirs fois plusieurs peuples qui ont envahy Ttjiipire et les royaumes, Gois, Ostrogou, Huns et Wandales. Les Aflricains sous les Cartaginois, les Asiatiques sous les Parlhcs , ont eu leur règne , et tous ces deux , non tels que ceux des régions tempérées, des Romains, des Macédoniens , François , Espagnols , et mesme du Turc , qui a son siège principal en lieu tempéré , et tous ses meilleurs soldats de l'Europe. Les païs de France , d*Italie , d*Espagne , d'Allemagne , sont de si grande eslcndue , que Thumeur et naturel des soldats ne se ressemble; et encores qu il s'en trcuve par tout des bons , si les estimeroy-je meilleurs en Caslille qu'en Portugal , à Milan qu'en la llomagne, en Gascongne , Languedoc , Bourgon{;ne » Champagne , qu'en Bretagne , Normandie, Provence, et aux cinq petits cantons qu*au reste des Suisses. La cavalerie est meilleure en Bourgongne , Champagne et Picardie, et les gens de pied en Gascongne et Languedoc. Les reisires de Pomeranye et Francouye excédent en valeur ceux des autres provinces de T Allemagne : d^qiioy il est mal aisé de dire les raisons. Bion a-il eslé remarque que des lieux plus stériles sont sortis souvent les meilleurs buldals : Pionie cslaiu im pabmoijjrei rAllciua^^ne pleine do forçais^
Autun scitué en pals stérile, dominoient 1 très villes ; ce qui advient , parce que cet sont en pais fertiles s'adonnent à volupti mollissent les corps , et ne s'hasardent , gnans de perdre ce qu'ils possèdent; ai traire ceux de païs inFerliles sont contin ment au travail , sçavent que c'est de pâ mesprisent leur pauvreté , pour envaliii chesse des autres. Ces maximes ont d< ceptions ; et s'entendent pour la Bret; Provence , Normandie , pour le commi païsans , non qu'il n'y ait d'aussi brav blesse qu en autre lieu.
Pour l'obéissance , le commun des s nouveaux sont meilleurs que les viei France , parce qu'ils n'ont goustë des dres passés ; et ne faudroit employer te les desaprendre , ny se faire haïr par cr pour les remettre en discipline. Les vili obeyroient plus facilement que les bow piUiroient mieux, supporlans le cba^ froid et le travail , à quoy ils sont ace niés par leur pauvreté et labeur, qi oste le seing et désir de retourner ei maisons , ireuvant mieux que chez em ({uels neanlmoins ne peuvent bien 84 l'abordée, s'ils n'ont apris le DfiestieK guerre par une espace de temps. Les grands et forts pour picquiers , doives préfères aux autres : les mousquetaires, qnebusiers, pourveu qu'ils ne soiei gros , ny boiteux , sont bons de toutes la quarrure , la poictrine large , les bra la taille bien proportionnée , sont req cognoissance qu'ils ont de leur fore accroii>t le courage. La subtilité d'espi \yomi tant requise aux soldats ; elle m vent dans le péril et en;[endre des moi et tumultes. Il se dict que les Italiens jettent au danger lequel ils cognoissefl que d'y estre trop périlleux ; les Fran les Espagnols s'en retirent ; les Suisses siers sont morts avant qu'ils le cogno Les capitaines expérimentés en peu de peuvent dresser les soldats , principal quand ils sont payés , leur imposant forre dos !oix do l'a' .uoiriniont. Cette f juvcniiondcxoifici' prali(|thiccnFlar*dr leurs ([(Miiy (ours ù {;ut:ciic el ù droicl anciens qui n'eu usoieul pas ne luisfloi
{ISMl REGNE DE
Mbtttre aussi bien ou mieux que mainiefH\ le tont gist à Texperieuce et le respect ^kisoUals ont aux bons capitaines.
Lnceilîb-hommes excédent ceux du tiers littCA^dnr, joinct à leur honneur, lequel fsii ib K peuvent plus vivre. L'amour de lipitK,da butin » de la solde n approchent diMde passion, redoublée en eux par la ■iiJciKlinminnilri de générosité de père •ik Di Mmt imparfaicts » pour ne vouloir pMiiHfr dans les armées, attirés des voluptfickchu eu : ils perdent souvent les occaet repstation de leurs capitaines et ge- , me 01 mal si contagieux , que les uns les auU*es , se forment des mesou subjects à leur poste. C'est pnpy his innées françoises aux guerres 'Eqppe te rompoient tousjours en hyver, tt a CCS dernières guerres les capitaines ay- ■ieax des soldats que des gcntils-homqnî le foot caresser, honorer et payer à M. Je coBseillerois aux capitaines de tt cMaier de quinze gentils liommes dans h isahre de cinquante cavaliers : les soldats ■ peivent encourager et discipliner en peu '■mps: les courbettes sont inutiles; il suffit ^ fave trotter et tourner les chevaux dans ^ àsiffi. De tous âges à la soldadc ayans •^ fwnace, ils peuvent s'ayder de trois iKintenant utiles; les forts n y sont Kcessaires qu à rompre des lances, 'M plus en usage. Le marcher, la '>f*ole, apportent quelque jugement fttneantmoins tel a mauvaise mine ■'ta jen. Une partie de la montre de la ^nr de caTallt»r gist en la bonté de son '"•''^■1* boas chevaux d'Espa{jne, d'Italie rt nnciiQBt rares: la vraye monture du •** *W des chevaux d'Allemagne : les *"B"iBMi, Picards et Champenois en re- ^modemcnt , et deviennent bons ^vailles modorouirnt : et ueuuimuins kickeiaHxdesprovinres do France de bonne fc» le trouveront plus exiiuis. La cavalerie '■W^^Bt meilleure que toutes h»s autres. '■I qne les reislres feront de leurs valets *■* compagnons , qu'ils tiuiniL^ronl à {juu- «w pov recharger le pistolet sims se mes- *» 1B> les Italiens et Esp^-gnols se fioroïil rn *» bncei «i caracol , et les lurcs dosar-
FRANÇOIS I. es^
mes , ils seront battus par nostrc gendarmerie , qui choquent teste poui* teste , fendent les escadrons, percent au travers et y font jour ; qui est le meilleur combat que puisse rendre la cavalerie , obtenant les capitaines sur les soldats que du moins chacun responde de son coup , stms que la frayeur ou Tes* branlemcnt les focent évanouir en Tau*. Quoy que ce soit, il est nécessaire que tous lea-^ dits soldats sçachent comme il faut manier, tenir ferme et faciliter leurs combats par exercices qu ils peuvent faire lors que les compagnies ne marchent pas. Et sert que les compagnies soient composées d'hommes de divei*spaïs, à ce qu'une mutinerie ou mescontontement no les fac(4it abandonner les capitiiines tout pour un coup, et lors que Ton en aura plus de besoin ; pareillement Tobéis-sance en est beaucoup plus grande.
La vaillance est la base sur laquelle il faut fonder le capitaine, dangereuse et peu utilo si elle n'est accompagnée de conduitte et pni« dence. Le manquement de courage ne se peut longuement couvrir par artifices : si le capî* taine no charge le premier, sa compagnie tournera ; si son lieutenant et enseigne font h*ur devoir, c'est à sa honte, iceux deviens nent chefs, et le chef esclave. La fidolité^ obéissance , vigilance , sagesse , valeur , p:iti<'nce , libéralité , courtoisie et audace , sont parties nécessaires et mal-aysées à trouver en une seule personne. Le vaillant est presomp^ tueux, le diligent turbulent, le bon lent, et n'ont le tempérament nécessaire. Qui ne peut avoir les bons capitaines , il faut choisir les nKiins mauvais, sur toutamateursdugeneral et du party ; les remèdes pris à contre-tempssont poisons. Il vaudroit mieux des chefs ignorans et fidelles , que des |)arfaicts à double cœur. Ces capitaines ne se font en un an comme les soldats ; il faut de l'expérience et s'eslre trouvé aux coups heureux et malheureux; la lecture sort aux jeunes, qui supplée leur peu d'expérience. Ceux de grande maison, riches , égaux en suffisance aux moindres , doivent estre proférés : leur bien est caution de leur fideiîlé , ri survient à îeeïr despence ; Tancicnnelé de leiîr race leur fjil prépo.-er Thou- ' neur à la mort. Les capitaines doivent faire i leui*s compa^'piL's de lei.rs amii^ sans per*
meure aux lieutenans, enseignes ou cornettes de mettre des soldats à leur dévotion ; autrement ils rompront la troupe quand il leur plaira , et sera le capitaine subject à eux. Le chef doit obliger les soldats , et ne souffrir qu'autres les obligent; soit familier autant que la garde du re^ect le peut permettre. Doit esttre soigneux du bien et salut desdicts soldats; qu'il soit des premiers et derniers à cheval ; quelques fois en garde cependant que les autres reposent; ne se fier du salut de tous qu'à soy-mesme , ne coucher hors de son quartier, éviter les villes ; mettre souvent en ordre ses soldais , à ce qu'ils sçachent leur mestier; prendre garde et visiter exactement leurs armes, chevaux, pistolets; avoir soin de leur logis , vivres , commodité , travail , repos, rafraîchissement, santé, maladie, et leur faire croire en avoir pareil interest que de soy-mesme. Et si le capitaine ne sçait son devoir, qu'il ait des gens qui le sçachent, et ne dédaigne d'apprendre ny de recevoir correction des vieux expérimentés, sans rebrouer toutes personnes : souvent d'un jeune soldat sort un vieux et meur conseil. Les roys doivent prendre garde à l'eslection des capitaines , qui prennent en France plus d'author ité sur les autres soldats que èsautres nations.Les capitaines de gendarmes servent en tout âge ; ceux de chevaux légers, choisis plus jeunes, supportent mieux le travail ; le bon colonel supplée à leurs foules, qui se reparent plus aysément que celles des gendarmes. Les harquebusiers à cheval sont nécessaires pour couvrir et advertir l'armée et soulager les gardes , estant la perle d'yceux de peu de considération , au respect de l'utilité de l'advertissement que l'on reçoit par leur auaquement. Le nom de carabin a esté apporté de nos prédécesseurs de la guerre saincte : carra en turc c'est à dire soldat, et M, du seigneur.
Il est dangereux de se fier aux ennemys, reconciliés sans avoir esté bien recognus et expérimentés: le roy François se sert des Suisses à Pavie , et vient de les battre à Marignan; aussi laisserent-ils M. de Lautrcc, qui perdit Milan; se sert d'eux malheureusement au combat de La Bicoque : ils font perdre ces batailles par vengeance , manquant autant d'affection que de courage. L'empereur choi-
sit le pire conseil de trois, délivrant le r<r François : il le pouvoit mettre en iit>crié av* paix , à condition qu'il l'eust assisté , on M. dauphin , avec trente mil hommes à l'enirt prise de Constantinople , ou ne le laisser m tir qu'il n'eust rendu la Boorgongne , estali Bourbon en Provence , et en tirer ce qa : eust peu, sans se fier à luy : ce qui pooTuc estre exécuté en prison , les estats n'esta qu'excuses. Le troisiesme , d'aller en ItaLe avec une grande armée , se rendre maistre d^ Rome et de Florence , raser les torteresen. établir les petits au préjudice des gnods, mettre les peuples en liberté , semer des colonies , les fortifier à la forme des légions » tiques , demeurer en son année , payée dr l'argent et despouilles du monde ; ce qm Is estoit facile s'il n'eust demeuré en Espagnr Les Vénitiens , estonnés , ne demandoiemqQ'i traicter , et les François eussent donné tempe sans se remuer , s'il leur eust donné jour i là à dix huict mois pour la délivrance do rw. Prince n'aura de long temps tant de moyetsà remettre l'empyre en sa première splendev: il tenoit l'Allemagne , l'Espagne et Fltalie n subjection , en la France captive ; le tcMit d^ voit estre en intention de vaincre les Turcs, devenir Alexandre , ou mourir. 11 eut depos autant de peine contre la France , qa il a eust eu conUre toute l'Europe ; il n'eust poôi d'honneur de feindre désirer la paix de b chrestienté , y répugnant son traicté ei b spoliation de François Sforce , lascbant le n<y pour la crainte de la ligue, laquelle pev»i esteindre il l'enflame ; et ne Iny en ttsix qu'une ennuyeuse guerre.
Il ne faut lascher les prisonniers sans nt çon , et principalement quand il s'agit de reddition déplaces, parce qu'ils donnent après diverses interprétations à leurs promesses, k neantmoins , ce que les gens d'honneur promettent prisonniers, les oblige de le tenir. ou de retourner en prison. Il y a pareillement faute que rompre en liberté la foy pr«>mise , qu'estant captif s'en aller quand on ai mis sur sa foy.
Ceux qui traictent avec les Espagnols, ^ après ils sont jugés ignorants et inutile». n'auront l'eOect de ce qu'on leur a promis.
ce qu'ils firent pour Bourbon fiit en conside-