UU] RÈGNE DE
qu'il estoit capitaine expérimenté et de : si on ne se sentoit tel , c'est (laitter le pour Tîncertain , et suivre le proverbe, it faire des chasceaux en Espagne. Les Impe- , tniBipés en la délivrance du roy par , le rendirent par alliance à la paix du mjBarj II , en Tannée 1559 , en laquelle ils il— ■mut des Tilles à eux cédées par traicté. Lv enfans donnés en la place du roy, il de- Me ofliensé de son traicté. Le pape , les TcMiens, le roy d* Angleterre, en crainte de kgradear de Tempereur , qui vouloit Milan fÊt eonfiscation , concurrans en inimitié , li- {M m faicte à Goignac le 26 mai 152G ; la liberté des encans du roy, d'Italie, et de assiégé au chasteau de Milan , jurée à frais. Le duc d'Urbin est eleu capigeneral de la ligue ; avec de grandes Inès et peu de courage prend Laudc ; anx fauxbourgs de Milan , d*oii il se honteusement , par Tarrivée do l^ourboi H des lansquenets impériaux ; s'excuse ■r les Suisses non venus. Le roy, rcfroidy, «olqMneux , perd roccasion de la domination flldie , dit mal à propos qu'il fuloit laisser ■Mer les Italiens et Temperour Tun par Paire , interpose lentement ses forces à ce qn*is«e s*accordent. Marie de la Rovcrc , duc ÎUrIn, joinct aux Suisses, r^approche Milan, M ■*¥ faisant rien , laisse rendre le cbastsm par François Sforce. Les confédérés , rcde Milan , prennent Crémone ; le ninr- , . de Salaces , gênerai des François, arrive Imk avec des Suisses et six mil François, km de temps. En ceste année , Soliman, par ienerité des Hongres , défait et tue leur roy en bataille , qui avoit espousé Marie , sccur de renperenr. Le pape avoit une armée dans h ■oflo^gne contre les Colonnes; pour rattraper, îb proposèrent une trefve , acceptée de Soincieté , qui craignant la despensi^ , conion année. Les Colonnes, faussant leur , saisissent Rome , capitub^nt avec le qni retire les forces qu'il avoit autour de Mibn prest d*estre affamé , donne passage à FroDsberig, amenant quatorze mil lans(|ue- ■eis i ses frais , au service de Tmiporeur , et secoors de son fils, enclos à ^lilan. L(^ duc dllrbin , abandonné du pape , levé le sieg(' , «c se retire avec defflonsti*ation de vouloir
FRANÇOIS I
empescher rentrée de Fronsberg, et leur quitte le passage. Le papt», inconstant, irrésolu, traicté paix avec le vico-roy de Naples , espérant se venger des Colonnes ; rompt imprudemment toutes ses forces. Bourbon , n'ayant espargné les vies ni l'argent des Milannoîs pour se maintenir, joinct aux lansquenets, marche vers la Romagne.
[lo27] Cependant le duc d'Urbîn et le marquis de Saluées, sur Testât des Vénitiens, secourent Fassohrs assiégé du vîce-roy, pensent à la conqueste de Naples. Le marquis de Saluées veut joindre Pierre de Novaire etM.deVaudcmont qui y avoient pris port. Ceste ligue en confusion et irrésolution, le rov à la chasse et aux dames, vouloit faire plus de peur que de mal pour avoir sesenfans. M. de Vaudemont], proche du pape , est contrainct de le quicter à faute de provision , et retourner en France ; ce que voyant Sa Sainctetc , a<*heve son traicté avec le vice-roy. Sans considérer que Bourbon soldoyeroit ses forces , casse ses troupes. M. de Bourbon , sans esgard au traicté , marche avec son armée près Florence, où il treuve le due d'Urbin ; retourae à Rome. Le pape, cognoissant sa faute, demande secours aux Vénitiens , (fui le hiy refusent , ne se fiant plus en luy. Bourbon est aux portes de Rome , Sa Sainctetc n'ayant que Rance de Serre avec deux mil hommes. Bourbon prend lefauxbourg, donne Tassant, et meurt; la ville pris<î et saccagée, le pape, au chasteau Sainct Ange , traicté. Le roy tombe des plaisirs en cr.iinte de la monai'chie de Tempereur , rafr.iischit la liguer avec le roy d' Angleterre et les confédérés, pour la liberté du pape et (Tlialie. Lauirec, gênerai de la ligue, entre en Italie avec vingt -trois mil bonnnes François et Suisses , pr(»nd Bosquiï , Alexandrie et G(»nes , marche lenlenuMit pour délivrer W. pape , sons le conunandement du roy , esp<»rant avoir ses enfans. Les ducs de Feiran» et de Mantoue en ligue avec les confédérés; Tempereur. nécessité des lans- (juenets poui* s<'Courir Naples , résout et ratifie la délivrance du pape [17d<»cembre 1527].
Tous articles de paix S(ï rompent; les ambassadeurs <l<»s coiile<lerés défient Tenipen»ur, de(pi()y il fait peu (Testât , ayant les (Mifaiis de France en main , pour avoir les con^iKîstes
du l'oy , duquel il dit qu it maintiendra à leur niaistre,de sa personne à la sienne, qu il a voit nianqué de parole : à quoy le roy respond à Paris , tiue le coi^ps prisonnier ne peut engager Tesprit, et qui diroit le contraire avoit menty ; demande licïu et jour pour combattre Tempereur. Ce ne furent que paroles, les volontés , moyens et lieux n'y correspondirent.
[4o28] En ce temps , le sieur de Tavannes sort de page du roy , accepte place d'archer en la compagnie du grand esi'uyer Galliot , duquel il gagne les cceurs et de tous les capîtakies, paroissîuu le premier, au jugement ^ roy , aux exercices usités en la gendar- 9ieriei va trouver M. de Lautrecen Italie, 9ac|uel tout rit.
L'âge attiédit le sang , les advei*sités Tesprit , les hasards le coura{[e , et la monai*chie désespérée n'espère que volupté. Telestoitle roy François , blessé des dames au corps et en Tesprit ; la petite bande de madame d'Estampes gouverne. Alexandre voit k^ femmes quand il n*a point d'affaires, François voit les aOuires quand il n*a plus de fennnes.
Aux religieux les œuvres pieuses , aux capitaines lesgueiric^res , tout un ou tout auti'e ; c'est se perdre aux monastères de penser au monde ; c'est se peindre à la giKTre d'observer les règles des monastères; le seul but doit estrc de se conserver et de vaincre , toutes considérations de pitié ou d'amitié au conti*aire |)ost-posées.
La gendarmerie est créée de nouveau : les roysancienn(^mentestoienlesIectifs, la France approchant de Testât populaire; le dernier arrivé au camp estoit bruslé ; par crainte de ces chaslimens assembloienl soudainement leurs arméi^. Les roys establis , ils firent des ducs, comtes, marquis, ca|)iiaines et juges de provinces , h^s bunms , bannerets ainsi nommés des Lannieres quils portent, sous lestfuelh^ mai*choient leui*s soldais. Les maii'es du palais, devenus roys, fout les susdicts, au lieu de gouverneurs, juges et capitaines , seigneurs des provinces et des fiefs pour les gagner. La plusparl meurent aux guerres ; parties des llefs tombent en ecclésiastiques et tiers estât ; pour leur inutilité aux armes donnent naissance au restablissement de h gendarmerie 9 que les roys créant avec dê§ ordoD'
dancespour la maintenir elcierciter. f, mains, et maintenant les Tuix*s , fbnie! leurs soldats , co qui se doit , parco qui expérimentés en battront cent qui ne ront point ; tant plus il y a dltoraoïei donnés, plus de bonté et de foibleai trente mil non expérimentés nul oe Ten le premier aux coups ; se renversent Ti l'autre : les armées italiennes , non éi nées , peuvent estrc delîiictesde pende bre d'ennemis résolus ; le duc d'Urbin , < cognoist, a quelque raison de n'hasarda gens contre des résolus, il faut de Ti pour faire combattre ces grands nombre perimentés, ou il advient ainsi qu'en 1' de Tigrane , qui n'eut le courage d'nt ses ennemis.
Fortune mal-gré Ciiarles Tappelle à narchie de l'Europe par la prise de Ro <|u'il eust peu entreprendre sans blasoM Bourbon pouvoitestre accusé de ce nui l'empereur eust tiré le fruict ; allant i 1 feignant d'y mettre oitlre, pouvottaoos de reformaiion de TEglise, rendre aeai citovens romains , leur donner le bû vaincus , et remettre dessus les aigles gions romaines. S'il n'eust précipité la du roy , il le pouvoit avoir avec le pape | nier, et, sous prétexte dereforniatkjn( i le pape mal famé ), il se faisoitmonapc solu ; eust divisé la ligue faite contre I uns par les autres.
Nostre Seigneur , ses apostres, nuds jeusnent, donnent aux pauvres, sont ai de la paix ; le pa|>e, leur successeur, ei vestu de drap d'or , prend ce qu'il pei guerre et bonne chère. A quoy se respo nul ne peut entiei^ement uniter Dieu; preschée sous les payens devoit estre | par humilité; les cbi*estiens estansemf ont cédé Rome aux evesques , qui s'y < maintenir. Dieu dit : Rendez à César < est à César. Puis que les chrestiens s magistrat, ils le doivent conserver :
plantée par l humilité se maintient par Les papes sont seigneurs spirituels et rels; une des vacations n'empescbe conduicie avec équité. Les sacrificate oingt les roys qui apportent leurs bk I picdi des apostres f li eogoommoê d
'm^ UmàQii f\w 9ppwmp qa'mx ^mras \ x*ur3 urfnesdoiveiu ftivprisef les bons coaitre les maftcbao», ce qu'ils peuvent faire cbres- LîeimeiiieAt. Qu^ si aucmos ont m^s-^8é , h coD^eqiMSDce ne se doii est^ndre sur les autres; Us peu veu^ /^Uir coavm boiumes , nou connue suiuet PMrre« m guerre équitable. Heureo;^ soBt ceux qui par prédications , achuoueste^ nmot et bous exemples se peuvcut aoipescber di* Cuiliir m oianyinent des affaires d'Ëstat ! tiès-m^U^eurew^ ceu» qui par ambitiou, vengi^aucfi , agyrandissement de lettr« neveux , fils ou bdstords , font guerre «ans justice.
Qui tue loeurt, qui endure perd l honneur : leslûis de justice et d'bonneur sont contraires en Fi^smcB, Vu jeune escrimeur , faict vaillant pai* Tart , contraint un viel capitaine d'hasardi'r tout /^^ontre j^n rien. Faudroit eslire six CApit;iiuc$« ^aus la permission desquels nuls diiels ne fussent permis; Taccusation de trahison « de fuitt^s , d'aduUere , concussion , se viiid&|ioient à icognoisi^ce de cause par afO)es , sauf la desdite; les injures vaines, denu^uis mal f oiôdés , eoups mal donnés seroient reparés , et m croient injures si elles n*estoient jugées teUm des susdicts capitaines, qui le^ f^oient reparer xle coups en leur prea^nce s ilestoit besoin , condamnant les delinquansà mort et dégradations; et faudroit de« 4ui^r ii^iis àmU iguominieux sans leur permjs^iW' Ceuf qui se tueroient » eux ayant accordé le <^«>bat , ne pourroi^t estre repris ; 1 {iigUse fueritoii^ement de&nd le duel. Celuy fcn S09 fime qui ( on Tbasardant ) veut perdre aile d'anHiiy» Le duel, mal entendu en Funce, enqpesche les pères d'envoyer leurs enfant jeuun^ m% guerres ni en cour , où es* tans safs nooduicte perdent sauvent TbonfiûMF av;uiUqu*ils ayent moyen d'en acquérir. Si les roys ;mnAnt autant d'envie , couune il «croit u4M 9 de 6w leur^ querelles par le combat 4e le^irs personnes > ils ue manqueroient de seutrté, plus aisée à trouver que celle duislw^e 4u j*oy À s«(S4»f;ifan3 4 ^t dlcoux
à (k 1 aqgmt- li#af#D^utitûeux conserver leur \k que cnlle d^ cent nul hommes ; ils ne U*ouwont jamais ahurie valable pour combatti^e. Es Vm Jâ2)^le pape se dedare neutre, fim4e Jnalb^nr et d .artifices. pesquairCf JMién ei MtMPi» iparttf nasqu^ d^^ie*
RÈGNS m FRANÇOIS h
rimentés capitaines Hux Impériaux sortis 4^ Rome sous le prince d'Orange. Lautrec , par inconsidérés artifices du roy, n'assiège Milan^ craignant d'estre abandonné des confédérés^ quand ils auroient ce qu'ils demandoient î entre au royaume de Naples. Les armées demeurent en présence » les considérations empescbent la bataille , donnent loisir au prince d'Orange d'entrer à Naples. Les François» après avoir pris Melpbe , assiègent Naples , victorieux au combat de terre et de mer. André Dore 4 gênerai du roy, appointé de trente six mil escus par mois, defaict l'armée navaUe^ tue Hugues de Montcalde , nouveau vice-roy«, prend le marquis de Guast prisonnier , qui l'esmeut à u*aicter avec l'empereur. Le roy adverty, au lieu d'y remédier , le désespère^; dont suivit le r'envitaillement de Naples. 14 maistrise de la mer perdue ; les villes qui ne sont assiégées que d'un costé ne se prennent f tout cbang^. Le roy , aux voluptés accoustu*^ mées, se fie sur ce que Lautrec avoit faitesper rer la prise de Naples en peu de jours : adverty du contraire , n'envoyé secours ny argentqu^ le prince de Navarre , foible et inutile ; à fautif dequoy joint les maladies et empoisonnement des eaux : la mmtié de l'année et le gênerai meurent. Le marquis de Saluces , esleu rtief, levé le siège, est assiégé et se rend dans Averse au prince d'Orange -, sa personne , artillerie , enseignes et capitaines demeurent aux vainqueurs; les soldats se retirent en France. L^ Marquis de Saluces meurt à Naples , et la moitié des soldats s'en revenant , André Pore révolte Gennes, prend Savonne.
[1529] M. de SainctPaul , envoyé fraischement à Milan, est defaict par Antoine de Levé. Le roy demande ses enfans et la paix. Geste affection accreue de tant de malhem-s , Tempe^ reur, la voyant honnorable , se contenta d'une monarcliie imaginaire, pressé du Turc , qui assiegeoit Vienoc. Le pape à J'accoustumée se joint à la bonne fortune de l'empereur -, les Ve^ nitiens et Anglois en font de mesme abandonné^I des François. Madame Loyse de Savoye , mère du roy , Marguerite , sœur de Philiiipe pcre d^ Chaires, s'asscinblent àCambray. La liourgongne , Naples, Mihn , Navarre, et la lîberlo des enfans sont sur le tajiis. Le chancelier de Granyelte demiUidc l^s lattrcs de Ja loi sa-^
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MÉMOIAES DE GASPARD DE ÔAULX.
lîquc, et les François celles de l'empire, anciennement romain , et maintenant allemand. En fin la paix est conclue en mai 1530. Le roy, absous de la promesse de Bour{;on{pie, retire ses cnfans pour deux millions d'or ; espouse Eleonore d'Austriche ; Tempereur obtient la souveraineté de Flandres et quittances des prétentions duroy sur Naples et Navarre ; François Sforce demeure duc de Milan, dont s*ensuit la paix générale.
Prévoyance sert plus que vaillance ; combat ne seit, combattu de famine, pc^ste et maladie ; opiniastreté est domageable : il falloit changer , ou lever le siège de Naples. S'il est permis parler des fourmis auprès des elephans, aux premières entreprises de la ligue, ceux d'Auxonne, partie huguenots, me trahirent : je les assiège avec llosne ; ils empoisonnent les puits , y jettent du bled , m'en- Toyent un pestiféré avec des lettres : je fais boucher et défendre les eaux , chasse sans ouïr les pestiférés , ne reçois rien de la ville , laquelle nous forçasmes de se rendre après avoir rompu leur secoui^s, prévenant leiu* meschanceté.
i Cest estre homme de faUlir une fois ; Cett estre besle d*en faiUir deux ou trois.
Tant d'armées , de vies , de sang , d'argent despendus, ne rendoient plus sages les François au\ eonquestes d'Italie , non plus que Lautrec , trompé des courtis;ms à Milan , ne s<» garde d'estre abusé d'eux à Naples. Les entre|)rises des François en luUie sont semblables. Cliarles huictiesme avoit quitté Naples pour aller voir une filhî à Lyon ; le roy François l'imite. Les voluptés , les douceurs françoises , la distance des cliemins , le lemporisement des ennemis, la division des armées, la trahison et révolte des Savovards et Italiens perdent les François en Italie Pour la conquérir , faut mettre toutes les grandes villes qui se prendront en liberté ; Rome , Gennes , Milan , Florence , Feri'are , Bolongne , Sienne en estats populah'es , se gardant h^s places fortes voisines; ruyner les grandes puissances, exalter l(?s moindres , changeant les gouvernements en estais populaires ou aristoeraticques, pour intéresser les particuliers au gênerai. La crainte , lesprit , lavarice , l'inconstance , la
fortune , l'ingratitude , rendent ces moyeai susdits moins utiles que les suivans. Prendra pied à pied toutes les villes entre les Suinei et la mer, le comté de Bourgongne , la Savoye, le Piedmont , Gennes , Milan ; désarmer tam les habitans , et transporter les deux tien m milieu de France ; habituer en leurs places det Normans , Bretons et Poitevins ; raser ki places foibles , que rien ne puisse arrester lfl| armées ny les vivres venans de France ; faira des citadelles , et fortifier la frontière ; se servir de Gennes et Milan , comme senroiett les camps fortifiés aux légionnaires ronaiBS, tant qu'ils seroient frontiers ; se foire fort da cavalerie; faire une grande armée de mer, plus facile aux François qu'aux Espagnohi Charlemagne transporta les Saxons. Le Tw€ tue ou esclave les hommes en ses c^mquestes, rase les places , tient au pals de grandes gv nisons de cavalerie , qui à tout moinemett poinent le feu et le sang par tout : ce qui ssl à détester plus qu'à imiter. Les chre^ieBS, gens de bien , doivent demeurer en paix, pois que leur loy ne permet faire la guerre avec les cruautés qui seroient nécessaires. Le coalé de Bourgongne prins, l'Italie , la Flandre , isles pour le roy d'Espagne , qui seroit trainct passer ses forces par rAUemagne et Suisses ; et quand ils le souffriroient , fandroit un monde d'or , plein d'incommodités pov passer en Italie ; et quoy que les places da Piedmont soient fortes , il se faut opiniastrer jusqu'à la prise d'icelles, sans passer plosavast que Gennes et Milan , que tout le Piedmont ne fust reduict , et mener tout d'un front sa conqueste *, l'hyver , laisser dix mil hoamies eu garnison, ainsi que les Romains hyvernoient h^urs légions es Gaules. Si les François imitent leui*s prédécesseurs aux entreprinses d'Italie , ils seront oubliés , trahis , ahuidûa» nés, et enterrés, s'ils ne suivent les moyens sus-escrits. Il seroit mieux qu'ils entreprissent en Flandres, ou deçà le Rhin, où ils ont soixante lieues de front , et les armées ne roient qu'à trois journées de la France, séparation des montagnes. Les François peuvent faire facilement des colonnies pour leur grande multitude , non les Espagnols , habitans les pais infertiles. Ceux qui , aux guerres de la ligue , faisoient croire à H. du Maine que
s Espagnols conqaerroient la France et Ven ^asseroient « le trompoient, ne pouyant sor- I" d"* Espagne que cinq ou six mil hommes, uî ne peuvent commander à un million , et auctorité luy fiist tousjours demeurée à son :bojx^ de les chasser un jour, ou de s'en servir; (ue si les Espagnols vouloient conquérir et >osseder h France , il feudroit qu'ik y vinsenc tous , et laissassent conquérir TEspagne lUx Mauws»
Les Italiens, qui ont suppedité^les deux tiers iu inonde , sont asservis aux Espagnols : Rome in est cause « parce qu'estans sous les papes en la religion chrestienne en liberté , elle ne se soucie de la captivité de Naples , Florence et Milan , estans les papes qui y commandent. Créés par élection en extrême vieillesse , leur pontificat de peu de durée, et, ne laissant aucune postérité qui espère en la mesme domination , ils ne se soucient de s'agrandir, ny de mettre en liberté leur pais , les puissances d'Italie estant séparées comme elles sont. L'Église , les Vénitiens , le roy d'Espagne et le duc de Florence ont tons interest que pas un d^eux ne s'agrandisse ; c'est pourquoy les petits potentaux de Parme , d'Urbin et de Mantoue se maintiennent, conjurés à empescher Vagnmdissement les uns des autres , et principalement parce qu ils ont quitté Taguerriment, contraints de se servir de soldats mercenaires, au lieu que leurs prédécesseurs combattoient, non pour les princes et tyrans, ains pour leur particulière franchise et liberté : grande différence de ceux qui combattent pour la paye , à ceux qui s'hasardent pour leur propre interest, supériorité et liberté, ainsi que les anciens Romains.
Lorsque la force an droit la place fait quitté , Dieu est le seul vengeur de ceste iniquité.
La loy salique est contraire au droit commun; n'a force sur ceux qui ne sont subjects des François : mauvaise possession n'acquiert droit. La Bourgongne n'est aux François par droit de manquement de devoir, de fief, et f elonnie , puis que le roy Louys onziesme assaillit le premier son féodal duc de Bourgongne : les féodaux opprimés injustement se pouvent défendre. La Bourgongne est aux héritiers de Ha&imilian et de Marie, fille de Charles
RÈGNE DE FRANÇOIS I
de Bourgongne ; de mesme la Bretagne. Le grand roy François espouse la fille du roy Louys douziesme , héritière de Bretagne , à cause de sa mère ; les enfans des Valloissuccedent; la Bretagne appartient à Marie d'Austriche , sortie d'Elisabeth , fille aisnée de Henry de Vallois; et ne peuvent les roys inféoder ny joindre à leurs coronnes ce qui appartient aux souverains. Le royaume de Naples et le duché de Milan appartient droittement au roy de France , par l'adoption que Jeanne , royne de Naples , fist de René d'Anjou , et par le mariage du duc d'Orléans avec Valentine , fille légitime de Galeas, duc de Milan. Ny l'investiture , ny la confiscation n'acquièrent droict à l'Empereur, dont la puissance est disputée. Pareillement le royaume de Navarre est au roy Louys XIII : puisque les papes pardonnent aux hérétiques , Tinterdit doit estre levé. Sa Majesté estant catholique , la souveraineté de Flandres est de rentier appanage des François. Les prétentions des roys de France et d'Espagne peuvent estre compensées, si le roy d'Espagne rendoit la souveraineté de Flandres et le royaume de Navarre au roy Louys treiziesme, lequel luy donneroit , en recompense du di*oict de la Bretagne et de Bourgongne, ccluy qu'il a sur Naples et sur Milan. Ainsi les Espagnols tiennent la souveraineté de Flandre et le royaume de Navarre , plus que les François tiennent d'eux, estans compensées les prétentions de Bourgongne et Bretagne à Milan et à Naples : à quoy respondent les Espagnols, qu'eux ont le droict de M. d'Orléans, qui espousa Valentine , fille de Galeàs de Milan , de laquelle est sortie Marie d'Austriche , héritière de Vallois, et que le roy Louys treiziesme yssudesainct Louys, est d'une autre branche , à laquelle on a eu recours, estant la lignée du duc d'Orléans faillie.
Les manquemens remarqués en la loi sallique sont qu'elle n'est selon Dieu ni le droict des hommes, qui ne déshéritent les femmes; l'autheur , le temps qu'elle fut faite , sont incertains. Les estais peuvent déroger aux décrets des précédents : la loy n'est asseurée qui a esté debatue à tous evenemens. Ce n'est oster la confusion, puisque les mères des roys sont en dispute avec les princes du sang de la régence , dont les uns et les autres ont
ouy à leiir touf , selon la force et artifice dont ils usoient. C*este Iny laisse indécis si repfesentatîon a lieu. Cesie loy a esté suivie pour la Bourgongne , où il fut alle{pié que partie du n)y:iunie comme In principal ne pouvoient tomber en quenouille , et nonobstant on ne se servit de ceste raison pour occuper la Bretagne , qu'il fallut asseurer par maria{;e. Que toutes les loix des autres royaumes de la chrestientë où les filles liéritent , faillent : si celle de France a lieu , les François disent qu'ils peuvent establir loy sur eût , que les v<iisins ne le doivent ifjnorer , et ne se doivent allier qu'à condition de Tobsen-fltion d^icellc, approuvée par tant de siècles.
[1530] Henry, roy d'Anfîlcterre , preste pallie de Tarpent donné à reni|)errur par le roy François , et par ce ni(»yen {pi{îne l'université de Paris , f|ui favorise In divorce de l'Anfjlois contre Catherine (r.\uslriche, tante de l'empereur : enhardy et acr(»leré par les imprudentes promesses du pape , pour lors mal avec l'empereur, Henry passe outre en nouvelles nopces. Sa Saincleté , depuis d'accoi'd avec rem[>ereur , fulminant contre ce divorce, embrasse Theresie en Angleterre. L'empereur passe en Italie à l'estonnement des confédérés abandcmnés du pape et du rov ; il s'assemble avec Sa Saincteté à Bolo- {][ne; s'unissent rnsemble pour se venger des Florentins, qui avoinnt chassé ceux de Méclicis. Les Vénitiens s'assorinnt avec le duc de Milan , du quel l'empereur avoit tiré(]uatrc cens mil escus et les ehasteaux de Milan et Crémone en garde pour un an, et luy avoit fiiit espouser sa mère , vefve du roy de Dannemjrc. LVmpereur reçoit la conmne imperiallc le jour dn sainct Mathias , jour qu'il nas<|uit , fut esleu et coronné et prit le roy ù Pavie. Ligue est conclue de toutes les puissancesd'ltalir,pourl»eonservationd'icelle contre les François. Les Florentins, contraincts (après légères defnnees où le prince d'Orange meurt) de perdre leur lit K»rté, reçoiveni c<'!i\ de Medicis après long discours dii pnpe et de l'empereur sur les Turcs , (|ui avoient assiégé Vit'nne, et de riieresin de Mai'tin F.nfher. commencée dès l'an 15i7 : ils so snpan'ut. L'empereur va à la dictte a Ausbourg , espère fuiic csUrc suu
fils , on du moins Ferdinand son tmtê i des Romains, restablit les images, ofik de vivre catholiquement , déclare les A quans Justiciables à la chambre impefij Le duc de Saxe , le landgrave LimetNitf George de Brandebourg , celity de AnlH les députés des villes lutherieiines $ é*ol cent de l'élection pretendoe de roy ÔÊê mains, et des privilèges enfraiâcts; ftè ' lent plusieurs d'eux respondre à Ifl ehÈù imperiallc, se retirent ùSchemakiHdtf, & se liguent en effect pour maintenir leitfiÉ rite contre la maison d'Anstriche, qtl*ill| sumoient vouloir rendre l'empire heredifi et , en apparence pour la religion Iridierfe les armes se préparent. Les Suisses eomi cent, les cinq petits cantons bdttem let M en ceste confusion ; nul ne s^oppose il Mh Dieu permet qu il retourne à CcMStanfilM
[1531] Le roy François, îfrité, bl qui avoit esté prisonnier , nmil fraicté, ( soupçon de la grandeur de rcnupefenr de nouveau au due de Savoye, «nqoi avoit donné le comté d'Ast, et qui lify p tiquoit les Suisses , accroit secnrttemei relx'llion des Lutheri(*ns , accepte iennii de s'unir avec le n)y d'Angleterre , leur met aide et assistance , traicte mvec eut , donne courage , et de la mesme craintes' nu Turc. Loy se de Savoye , mefe do meurt ; le gouvernement de la cour change sa mort, MM. de Montmorency et de Briio eurent le principal crédit. Les roys de tr et d'Angleterre so voyent , se liguent « l'empereur, cherchent querelle avec preft
[4532] Le pape, à son accomti irrésolution , traicte secrettement nte roy, oifcncé de l'empereur , qui ne V\ favorisé contre le duc de Ferrare ; luy met sa niepcc Catherine de Medicis pool second fils. L'empereur repassant la demi pour François Sforce ; elle luy est refki ensemble le concile , et de renouveller ! gue dTialie , n'obtenant qu'un cardina trois qu'il demandoit; se séparent mal s fai. is I un de l'autre, et se retire l'empe en Espa{pin avec une grandeur plus in naire (pi'rneriuolle , se contente d'avoil ordre aux alfain^s en apparence.
[1533] Le pape et le roy se Toycnt à;
Ile ; Bory^ teeàftd Bh cbFïnnee, eëpoMa therine de Madkîs, ide^ dq pape « atee beaux projects de guerre en Italie. Sa SaiBOi«î pffiomet KegBi Famé et Plaiaaiice ; fit trois rd^mtn kwa^iê , Le Vcieiir , GbaaliUaa et i-rry f en AiTenr des nignoaa et inignoBiea. [ 4 &3à] Le niy d' Angietarre n'ayalit cditena -rmiesioB de dÎToree du pape , le publie de n aniorilé et adteti de Fevesque de Ganrbie. Sa Saineteté reieammunie ; hiy se speme de aon obéiaaàaoe , se dedare chef 3 V Egliae « et embrasse ie Lutheraniane arec nelquea oiealaoges de aea eplitiona<
AUCttDs disent qoe la religioa catholique roliibe de ae remarier à ceui qui ae sont se »rés de leur premier mariage ; ee que Dieu >njoînt, rbomme ne sépare point. Diverté de religiona nj parentages ne sont point »ez suiBaanta pour obtenir la séparation: linct Pierre et ses suooesseors ont pouTotr e lier et de dédier , non de contrevenir au ^xte de rEacritnfe. Qili est ce qui jugera ai I aterilicé ^9» raya est edToyée de Dieu pour ) bien ou punition du peuple « et s'il est icite d'aUer au contraire P TEglise trencbe ans plier , ne doit permettre mal affin qu'utiité an advienne, aiàs foire bien qusmd le nonde devrait peifr^ Là tol^ànee des Juifs , e profit des coiirtiaanea pour éviter plus p*and péché « ne se detroi^t permettre.
Les jours ne sont beurenii ny malheureux, les rencontres soM fortuites. Henry troisîesme récent deux coronnea « deux victoires , deut (entrées en ses royanmea en BMsme Jour; avoit soa jour henrew ainsi que Charles- Quint. Les s«perstilieu& qui ont précipité ou retardé des actiona importantes pour éviter les jonra malheureux < left ont quelquefois l'endnes pires, estant de retardement ou advancement pareillement une observation du jour lieiureux ou maUmureus,
La soinrce d'beresie est violement de vœux , de serment , tncribediefice , amtution , avarice ; lews prophètes sont Luther, Galvm, moines ruinés , Marot et Beze , qui de mesme main ont rimé les pseaumes qu'ils avoient escrit des sodomies; leurs introductions dans les royaumes , en Allemagne , Tavarice du duc de Saxe , censée du guain qu'il faisoit de Tuniversité de Witea^berg , sa erainte de Testa-
iteKB DE FBANÇOIS h
blissement absolu de la niaison d'Austrîche , le désir de gouverner ; en France , Tambition de Catherine de^ Medicis, celle des princes de Gondé et amiral de Chastillon , qui softt oe prétexte vonloient posséder la cour et le royatime « et en ebasser ceux de Guise , qui les en empeschoient ; en Angleterre , la lubrip cité du roy répudiant «ne femme de bien dont il avoit une fille , pour esponser Anne de Boulen , qu'il fist depuis déclarer pntam et décapiter; en Flandres ^ l}and)i|ien dn prince d'Orange , des comtes d'Aignemont et d'Orne , pour oster le gouvernement an ear^ dînai de Granvelle , et duchesse de Pàrtne* La loy de Dieu n'asservit à tels effets. Leurs fruicts, leurs ceuvres , sont spoliation de royaume, pervertissement d'estats, mespris des puissances supérieures, peuples débridés^ démocratie préméditée contre les mo^ narchies, guerre, sang, feu, vielement, rançons, prophanement des choses sacrées, corruption des sainctes « source d'inoesrtitnde de la foy et d'utheisme; imités par anabaptistes, Zuingliens, Trinitaires, Déistes, llbl^ quistes , (ËGolampades ^ sangliers qui sont entrés en la vigne du Seigneur par la brèche qu'ils ont faictes par la haye qu'ils ont rompue. Leur créance , leurs esci*its sont autant de doute et confusion de religions, e: f)rapa- ^tion d'une tierce qui croit ce qui iuy fiiaist. Ainsi qu'Adam et Eve nous ont tué pour nous faire trop sçavans de ce dont docte estoit rignorance, ainsi ils ont ouvert nos yeux, estendu nos mains à prendre la pomme de bi mort. Leurs griefs sont : que Ton sert trop cdremonieusement Dieu, qui n'est en deux lieux, que lessaincts sont sourds et odeux. La loy de Dieu est de paix, ceste cy de guerre; elle donne ses biens, ceux cy les voilent; presche l'obeyssauce, ceste cy la rébellion; l'absti. nence , ceux cy indifférences et permission de viandes : les prophètes, les apostres ont tout à un coup prescbé leur doctrine , ceux cy ne sont inspirés que par boutades , et selon qu'ils estoient picqués, bannis et fulminés des papes; advonent qu'ils n'en eussent dit le quart si on les enst laissé sans menaces, mesme qu'ils se fussent desdits , si Sa Saineteté eust voulu corriger quelques abus et cérémonies superflues, leur donner des bénéfices. L'Église ^
Dieu est pcrdurable ; ils maintiennent qu'elle a esté (iQuze cens ans intermise et fermée , de lacpielle ils ont trouvé la clef. La loy des Turcs promet tous plaisirs aux siècles advenir , ceux-cy ostent le purgatoire ; meschans médecins , qui , pour oster les taches du visage , y ont planté le chancre homicide des âmes : l'église se reforme par bons exemples^ non par pistoletades. Leur vocation n'est point par miracles , tradition ny con6rmation; se venger à l'exemple de son ennemy par moyens illicites, est se venger de soy-mesme. La faveur portée aux Luthériens et l'alliance du Turc sont expiées en France par trente-cinq ans de guerre ; toutes sortes d'armes ne sont permises pour vaincre son ennemy. L'empereur avoit gagné Bourbon, et le roy practiqué le duc de Saxe, qui estoit excusable sans Tinterest de la religion : les Israélites alliés aux Philistins perissoient, l'alliance des empereurs de Gonsuintinople et de Trebizonde avec les Turcs, les perdit. Le roy François sera empesché de respondre de vingt mil amcs prises et perdues par Ariadan Barberousse, qui vint à son secours à riice. Reste une très-grande consolation aux malheurs, lorsqu'on croit qu'ils nous sont envoyés pour la purgation de nos péchés.
Les cardinaux de Meudon, de Gi^Ty et de Sourdy , Le Veneur , Chastillon , sont nommés du roy à Sa Saincteté par la faveur des femmes ; les papes adhèrent au mal pour se maintenir aux bonnes gi'aces de leurs Majestés, et les induire a la paix : tels cardinaux n'eslisent les papes, Tesprit de Dieu y agit : il se cognoist au conclave, où tous artifices et ligues des hommes se practiquent , et toutes fois est esleu souvent celuy qu*on n'eust jamais pensé.
Les conseils sages ou imprudens ne se doivent juger selon l'événement; il fust esté mieux par autre moyen , et iceluy suivy eust apporté des autres inconveniens. Il est aisé do blasmer ou louer les advis après le succès et eflccts d'iceux, <iui advirnncnt par la permission divine ou forluiiomeni ; ot neantmoins, n^presenlant aux conseillers le mal provenu de leurs advis, ils respondent que si les affaires esloiehl en incsnie cslat que lors qu'ils le domierent, leui-s conseils seroient
semblables qu'ils ont esté : nos advis i selon Dieu , si mal en vient, autant d'esp: de péchés.
L'empereur , triste des nopces de lian est recoofbrté de la victoire et deconver Peru , par François Pizarre , qui avec cinc Espagnols défit cinquante mil Indiens. LÎ passionné, enflanmié de ses favoris, (p) lent pescher en eau trouble, cherchegiMf plaint de la mort de Merveille, soUi ambassadeur secret, jnsticié par le i ment du duc de milan, pour on mearm suscitation de l'empei'eiu'. Le roy se o du feint achapt du comté de Mont-Bell pour fournir cent mil escus an landgnifv restablit HouUericb, duc de Witembeq son duché, que la ligne de Sdievade dépossédé , et remis le duché de Witen à l'empereur , qui l'avoit donné i Ferd son frère. Geste ligne de Scevanbe fat : contre celle de Suisse , pour maintenir li son d'Austriche. Fenifinand dissimule, e tendant la venue de l'empereur , qui < la fille de sa sœur , vefve du roy de Di marc , au duc de Milan. Le pape roeui tarde les espérances du roy : Alexandre naise , Romain , est esleu en sa place. I pereur gagne le duc d'Urbin , confirme i Dore , et prépare ses amis à la guerre. *
[1535] Sa Majesté remet Muleaaar ei royaume de Tunis , que Barberousse, ti Thospitalité, avoit jette dehors; fortifie Ll lette , s'en retourne (pouvant conquérir] de l'Africque) pour résister au roy, qu les légionnaires en France à l'exemple de mains, et pour n'avoir plus besoin de Si faict foire monstre à quatre mil honunei mes et huict mil archers; pour reoo rhonneur perdu , cherche guerre sans qi puisse luy estre imputée ; oste an seigne Lunes sa maison , demande partage et sage au duc de Savoye ; l'accuse de pi que des Suisses pour l'empereur ; se | qu*il avoit accepté le comté d'Ast app nant à la maison d'Orléans; sur ce sujec vorise les Genevois , qui, à l'aide de cei Berne, occupent partie du pnsduduc d voyc. François Sforce meurt; l'empei niaistre du duché de Milan , propose de perances au roy , qui veut des eflccts ; il
RÈGNE DE FRANÇOIS I
9 v^ngeanee et ambidon peslemesle ; Tem ^"eur 8'anne , s^allie aux Vénitiens, ft S36] Le roy occupe Savoye parM.deSainct ul ^ et en suite Turin et Piémont par M. de ioia , couunandant à quinze mil hommes de eâ et huîct compagnies de gendarmes , des^ telles estoit celle du grand escuyer Galliot , ' nduite par le sieur de Tatannes , guidon rcelle , qui passe le premier la Douere , deadue par Jean-Jacques de Medicis mis en ite« Lie roy révoque H. de Brion , par périssions du cardinal de Lorraine , qui estoit I voyé à Rome de Sa Majesté lors que tout &s%at de Milan estoit prest à conquérir, et 3 , sons considérations inutiles de ne youloir )nunencer la guerre. L'empereur continue ibas de ses traictés , pour donner temps à is forces de le jomdre ; monstre de consentir [îlan , et une de ses niepces pour M. d' Anoulesme , depuis M. d'Orléans. Le marquis e Salaces commandant en Piémont , Tempeeur se déclare ; Antoine de Levé en Italie ntre &i Piémont , gaigne le marquis de Saices persuadé des devins qui Tasseuroient de 1 mine de France et de la monarchie impeiale ^ dégarnit Foussan de vivres , ou il avoit nis les sieurs de Montpezat et Tavannes, lastel Paix, de Sampetre etde Corse, etsoudain ;e révolte. Antoine de Levé , qui avoit investy Tarin, le quitte et assiège Foussan*, pense ivoir en trois jours ceux qui estoient dedans , Les trenve plus plains de courage que leurs magasins de bleds , dont la clef ne leur avoit esté donnée que le jour de la révolte du marquis de Saluées. Us remplissent d'armes et de sang la campagne d'sdbordée , désespérés de faute de vivres deux jours passés ; les sieurs de Tavannes, de Castel-Paix et Sampetre', Corse, sortent, défont les gardes d* Antoine de Levé , goûteux , emporté caché dans un bled, couvert. plus d'elles que d*espées. Cinq cens hommes renversés morts, les assiégés se retirent pour retrancher et défendre la brèche faicte; Thardiesse des assîegeans manque , et les vivres aux assiégés : ensuit la capituh don. Ils sortent enseignes et armes desployées, et sont envoyés par le roy en diligence à Marseille. L'empereur , après la venue de son armée à Foussan , entre en Provence jour sainct Jacques , le pesme jour
qu'il estoit entré Tan passé en Afrïcque : Antoine de Levé en vain Tavoit voulu retenir en Piémont. Le roy se place à Valence, advance M. de Montmorency, parvenu par l'alliance de la fille du grand maistre de Savoye , et en la prison de Sa Majesté , comme plusieurs autres. Luy résout sagement de ne combattre, faict faire le desgast au pals, se place en camp fortifié à Cavaillon , entre le Rosné et la Durance. Les sieurs de Montejean et de Boissy sont defeicts allant à la guerre , voulant repaistre à la .teste d'une armée. L'en* pereur arrivé à Aix, incommodé de vivres, les sieurs de Montluc et de Tavannes bruslerent les moulins de wa armée , défont les gardes d'iceux : dequoy fut {^oire ledit Montluc en ses commentaires de l'assistance du sieur de Tavannes, lequel estoit desjà plus favorisé des armes que ledict Montluc. L'empereur , voyant un bon ordre i Marsdlle et Arles, l'armée du roy fortifiée, etcognoissant les maladies de son armée ; fonte de pain et trop de fruicts, se repent de son entreprise; couvre son ignorance sur des intelligences feintes, se présente et se retira en mesme temps de devant Marseille, retraicte en laquelle le sieur de Tavannes eost bonne part en l'honneur que les François y acquirent. M. le dauphin meurt , empoisonné par un Sebastien de Montercnl , qui charge Antoine de Levé de l'avoir corrompu', homme de grande menée et de peu de conscience. Les Suisses , contre la foy promise à l'empereur , envoyent leurs gens sans congé au service du roy; Peronne assiégé par le comte de Nassau , et desassiegé par le mareschal de La Marche. En Piémont, le marquis de Rangon , avec dix mil Italiens , se joihct à M. d'Annebault, lieutenant gênerai par foveur de madame d'Estampes , amie du roy , prend le marquisat de Saluées. La peste emporte Antoine de Levé et partie des soldats de l'empereur : ne reste de cinquante mil hommes que trente mil. Ces incommodités retirent l'empereur avec perte; le comte de Nassau foict de mesme en Picardie; l'empereur va voir sa femme en Espagne ; le roy vient à Lyon. Dieu n'a révélé à ses sainctsle Monde Neuf, réservé par miracles en ce temps incrédule pour confirmer ses paroles , que la loy de-
Tflit eaire pretirbée pir tout roiiivffra avant I ny toilos, mais bied (fe l'or et de ] mm avefif*HM*iit , a lifiultution de Va for <*a- > La nouvelle do ce*» dr«couvertefl di
ibidifpie , ttiNiMiiliiiiH? i.'( nmiaiue ; n'ii |R*rniÎ8 que Im Françuis, All(.*iDaiid», Aii|[lois, in- Âociétt d'beresie, fiuem cetie descomerie, jiy moins s'y peuH«<;nl placer cl affermir : preuTft qui* la religîoa catholique est la vraye, la ludieri<*nno et huguenotte fausse : la vraye religion ne fusl (îsté presciiéo par tout le mondi% si les hérétiques y fussent ailés. Cette grncc a esté (octroyée aux mïuIs Kspa(piols, INNir n'estre mesids d'Iieresie; le droit de tant de tfïrres leur appartient , ayant fait la première descouverte, et principalement l*authfirité des papes comme ministi'os de Dieu et siicrans les roys. Si les. François, qui en auDt exclus par négligence , eussent fait semiblables des(M)UTertes, Sa Saîncteté ne leur pouToit desnier paiH*illc investiture : néantmoins , pnis<|ue les Espagnols ne tiennent le eentiesme de tant de terres descouveites , Sa Saineleté devroit adjuger aux François une .portion d*icelles, ot ce , du consentement des Eafiagmris, puisque les Holkindois infidellcs commencent à s*y establir par la force ; deqiioy les deUx roys de France et d*Kspagne k» devroient empesclier; et Taudnnt bien mie«ii que celuy d*Espagne on fist part aux François « à œ que par un commun accord ils empeschassent le progrès des HoUandois. La religion , les M^iencos , les bcmnes loix , passent (le |)u1s à autre ; la multitude d'hommes (|ai vont As terre*» neufves , font douter qu'ils ne \m transportent, et que par nos meschuneetés nous di^venions sauvages. Ce n*est de merveille de tant de pays que possed(»nt les Espagnols , mais bien qu*il ne sont monaïques du monde par r4)r in>Hvé aux Indes , le«inel est le nerf de la guerre. Auparavant le vin esioit à un lisrd la pinte , la journée; de trois sols ; maintenant la dospense est dix folk doublée , ainsi que Tor trouvé , par lequel ils ont autant de f<»is peu acheter le monde, avec moyen de retirer h»ur argent Pi»r les espîee i '3. C'est ignorance» de refjrettcr le passé, pens:int que I-. i ... ■ | rnduisoit d'avantage en re temps-là ; Tabondanee des vivres est semblable, rrllo .1- Ti.r excède, lequel est devenu à bon maivlié. Il im srst trouvé de» mines de pouUos, ny bleds, draps,
tonner II* conseil des rois, et enÛMlr uai-chie des Espagnol» , qui leur eUc s'ils eussent eu taat d'homne» el d que d or ; pour y pourvoir, fUloil i la supériorité do b mer, et prendri des Indes par force. Le» iKauMB* bois , cordages et toiles , »o«t pfam ; recouvrer aux Franco!» qu'au Es| qui passent devant la France pov i Flandre, et les François paaseroiêM l'Espagne pour aller aux ladeatil; de discrétion, obéissance et pMM Fi*ançois pour maintenir leur» ocoqui second remède cstoit de défendre faire ninnnoye de fer au moulin, telk ne se puisse imiter, et ti*aliquer per ei il y avoit un autre meilleur moyee tions n inondent plus, et n'occupée ment , par multitude , les pais de k sins : c'est un cliangcm«it volontaire, la place les uns des autres aelon le»
mité; les Espagnols vont atix In F'rançois en Espagne , les Germain» :
sent les places vuides de France , Y.
déserte fait peu d*hommes. Il parte ment dix mil , que Bretons , Gaaooa vergnats , qui vont labourer et servi pagne , puis se naturalisent , donnes aux Es|iagnols de sortir d'Espagne i mesler que de guoire. Que le roy a la sortie des François , et que le» »i et les villes respondent, inscrivent quent leurs subjecls, en peu de lea pagne sera tarye d hommes, et k d'Espagnols , contraints quitter la gi la mer pour laboiver les terres de k Le fer raine l'or; la republique de ayant ce metail et non des hommes, durer long temps en guerre. Les El n'ont occupé leur domination que f les Espagnes estoient la proye des R* de^ Gots, des Gaulois et Mores d'il qui n'en ont esté chassés que depuis f ndes descouvertes. Les Komains, ton (*t de prudence , eussent esté bien em (le cons<*r\'er tout ce (fue les Espagn* nenl : ce qui a esté attribué à Targei
out trouvé , et non à leur vaiUuoci
RÈGNE DE FKâNÇOIS I.
Ai mmde Neuf, proposée aux H aciffhéc d'eox , tesmoigne le de» conseillers, qui a y ment les f^yauraes pour leur mais- «meiois atoicnt la charge de
^ IriBÇois a courage et force , ftolottains, Macedonieus et Suis- IHK|aeqii*eil discipline et aguerri-
I feglottires estoient bien inventés if IMiçois, subjects qui eussent
II |Wir leurs souverains , patrie et Mm que les Suisses , qui viennent ÉMesIpar ftmtaisie, et abandonneut h tac fliil hommes se peuvent lever lî êC en demeurera dix fois autant.
Mes eacoient semblables aux pha- Ifiedùniqnes et aux Suisses , seroit pMde force pour défendre , mais Hir nécessaire ; ce qui n'a esté suivi enignant que leurs subjects imiiSubses en desobéissance; et ont ré donner leur argent aux estran- » aguerrir. Un prince vieil et peu Mt craindre cest cstablissement ; MMirageux , le désirer^ Le pusillame et taille son peuple, semé et procès entre eux pour les abu- MHle et permet toutes voluptés et ïïae exemple , se sert d'estrangers flombre des siens , desquels mes- M soupçon ; le vertueux , qui ne les aguerrit , les conduit en per- )eselie toutes rebellions ; pour eviles , fandroit foire ceste levée es m fermés ; ne permettre TaguerritMes, lesquelles joinctes avec le Messe et les forteresses , assoupififoltes) et ne s*aydant que de la ptysans, il seroit maNilsé qu'ils eftt , ne prenant capitaines que de 9 Leurs Majestés. Plusieurs partis fymme le maintiennent, et cest Bt bien conduit donneroit la mo- X François.
Dt en un royaume I \ cavalerie et sont bonnes ; les lansquenets valepuis que les gentils-hommes allesont faits reistres ; la cavalerie es- M foible ; Finfanterie très-bonne ,
où ils ont tout leur coeur. En France , te cavalerie et infanterie peuvent estre utiles slb sont aguerris , pour la multitude d'honmes qui y sont.
Les Romains en infanterie, les Parthesea cavalerie ont excédé les autres nations. Ceux qui tiennent le party de Tfaifanterie diseai que c'est assez de combattre les hommes sans combattre les bestes, les chevaux ne sont picqués que d'esperons et arrestés de grands fers de picqnes, que h peur est en deux lieux , aux hommes et aux bestes , les ordres de gens de pied sont mieux observés ^ les nécessités plus aisées à suporter. Les cavaliens respondent que les chevaux en furie des coups d'esperons se précipitent dans les piques, et n*est en leur puissance de s'aiiei ter, font plus vaillans les hommes qu'ils ne veulent. Une armée sans cavalerie ne peilt vivre : Tadvantage est aux piques en pals montueux , celuy de la cavalerie aux campugnes. Je concluds que s*il n'y avoit d'un costé que toute cavalerie et de l'autre infanterie , les premiers anroient l'advantage , d'autittlt qu'ils se peuvent mettre à pied quand ils veulent , et se pourvoir de vivres plus Commodément que les gens de pied. La maistrise esc de les faire combattre les premiers ou derniers , selon la cognoissunce qu'on a de la valeur d'iceux.
Les compagnies doivent estre de trois cens hommes, composées de huict vingts piques, quarante armes d'ast , quatre vingts mousquets, et vingt harquebusiers. Les bataillons se forment de trois mil hommes au moins, et de cinq mil au plus : le quarré de terrain et le quarré d'hommes son différents i eti i^ qu'en file il y doit avoir sept pas entré les rangs , et en front, suffit de trois entre chique soldat ; tellement que pour faire le bataillon quarré de terrain à soixante de front il ne faut que trente de file. La largeur du front, pour n'estre enclos , est nécessaire , et l'extraordinaire espaisseur des bataillons , qui advien* droit si on les vouloit faire quarrés d'hommes, seroit inutile. Les cliiflTrcs, Tarithmctique , n'est tant nécessaire au maistre de camp ny au s^î'gc'nt niajour d'entendement , qne le bon sL'ïis. Les conipii(}iiies sont inégales , et la levée d'icelles , ou par maladie , mort ou re-
MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.
traicte des soldats. I^s projets du logis ne ressemblent ceux de la campa{pne , où il faut demander le nombre aux maistres de camp et capitames , et , selon la (|uantité ou foiblessc de leur compa{|[nic , leur ordonner de les mettre à cinq , à trois, ou à deux par rangs. Les harqucbusiers et mousquetaires aux testes, les deux tiers de piques après, et les enscijjnes environnées des armes d'ast, et lautre tiers dépiques derrier, joignant compagnie près compagnie, le bataillon se forme. Et d'autant que si le maistrc de camp ( quelque habile quil soit)fauit, ou par supputation, ou pur Tignorance des capitaines, les compagnies n*estant du tout joinctes , et ayant observé quelques espaces entre deux, il corrige sa faute facilement, levant ou adjoustant des rangs dans les troupes d*harquebusiei*s ou picquiei's, selon qu*il voit estre nécessaire; et les ayant faict joindre et marcher en avant, il cognoist si toutes les armes , selon leur diflerencc , sont de mesme rang; et là où il treuve du défaut au derricr , il les coupe et les met hors du bataillon, pour les mettre ailleurs. Puis continuant pour achever sa bataille , f.iit faire halte aux picquiers, marche avec la mous(|ueterie et barquebuserie, en fait mettre la moitié cinq à cinq, dequoy il fait deux aisles, que les Espagnols appellent manches de mousciuets, pour flanquer le front, le flanc et loderrier; rharquebusi'rie demeure sur les aisles des picquiers; et faut donner à chaque manche de mousquets un capit;iine pour chef, et pour
. leur donner asst^urance , faut advancer à la teste desdites manches de mous(]uets quatre vingts piques , qui sont escadrons volans, (]ui se pourront prendre des flancs des bataillons ; mettre des han|uebusiers à rouet après le deuxiesme rang de piques ; et faut disposer des har({uebusiei*s en petites troupes, etquelque nombre de mouscjnets pour cscarmoucher , et tirer à la faveur de Tassiete du pals devant à costiere de Tescadron , d'autant que le propre de Tharquebuserii* est de combattre pai' petites troupes (|uand AU^ est soustenue; autrement, estant e('nlr:>ii:!i' ih* tirer tout ensemble, elle se nuit Tinie i'aufre et ne hài rien qui vaille. Geev est une forme poui rinfanterie qui peut subsister s:uis appuy de
• cavalerie, différente au coml)at défectueux
de rinfanterie françoise aux guerres qui n'avoient ny piques ny corcelets.
Les capitaines de ce temps-là ne s*am à dresser des bauùllons, lesquels, esta d*harquebusiers , fussent este inutiles sent nui les uns aux autres. Il n*y a paspc à faire combattre l'iiarquebuserie, L il faut mettre en plusieurs troupes de six vingts, et les rafraischir, les oh dans aux auti*es à mesme temps qu^ilsi A ceste forme de combat d*harquebiu faut un advantage de montagnes j d hâves ou fossés, ou estre soutenus di cavalerie , d'autant que ceux qui se piqués font faire des charges de cavak troupesescartées. Sera pris garde de ne rhar(|uebuserie directement devant les^ ains un peu à costé , à ce que , renversa grande charge, ils ne desordonnent oa ventent les picquiers , se jettant para Aux charges de cavallerie i*esolue qo fondre dans le bataillon, la mousquet barquebuserie, contraintes de tirer en temps et place , estant en bataille àcia rang , les premiers doivent tirer le | en terre , les deuxiesme et troisiesmc bés; auti*enient ceux qui sont aux quai et eimpiiesme rang, la mire leur est> chéc de leurs compagnons, que quel ils blessent , ou sont contraincts de tin n'y ayant coup si incertain que celui d qnebuses à mrschc tirées en frayeur tation ; nécessaire ne tirer que par ce denuMU et de proche en piH)che. Il y rence aux combats de picquiers à picq de picquiers à eavallerie : au premier, ï pas il est bon de prendre sa course; cément de plusieurs donne force. La c rie se doit soustenir de pied ferme, l miei*s rangs de picquici*s tenans leurs à moitié , avant fifiié le bout en terre cond met le pied sur le bout dernier c pic<|ues, et la pointe passée au mille cniix (les picques des pi'cmiers rangs trois oi quatri(»sine donnent l\*s co pic(|iies. L(\s lianjuebusiers à i* lUet * tii'er de lu longueur des pic(iiii.:S. Ces mien» hayr, e, .;:iposée de quati*c ra picquiers, faussée, il s'en treuve um pareille , ainsi jusques aux enseignes
RÈGNE DE FRANÇOIS I
Tî
lées d'hallebardes; et là se redouble le bat par les picquiers qui sont derrier les lignes. Et d'autant que Tadvisée cavallerie escumer à quelques uns des leurs les iches des mous<]uets, avant que de charpar le milieu les mousquetaires doivent ir lieu pour se retirer près du bataillon , vert de leur escadron voilant , selon la nesite , et ne se trop avancer s'il n*7 a fossé hayes qui les favorisent. Et faut bien garde tirer sans commandement ny tout à ip , d'autant que si c>st une fausse charge, iquelle ils eussent tous deschargé, ils se idroîent inutiles pour Teffort du combat et ut du bataillon , ce qui dépend du jugement s capitaines de ne les faire tirer qu*à temps séparément. Et parce qu*après ces pregrs, qui ont chargé les mousquetaires, utres s'approchent pour tirer des pistoleles avant que le gros enfonce , courant du ig des rangs des picquiers, les plastrons sont cessaires aux capitaines , assistés de quelles un^ qui portent des rondacbes. La cavarie escome volontiers les bataillons , pour s*oser enfoncer dans le milieu ; les huict i dixqui font flanc au premier fîrontde chaque «té, doivent estre de bons hommes, ettou'urs couvrir les flancs des barquebusiers, s*il ;t possible, de chariots. Les armes dast ne >ivent estre dédaignées , et se treuvent utiles àrmy les picquiers si le bataillon est enfoncé. Le soleil , la pluye , le vent , la poudre , la inge, Veminence, les fossés, ruisseaux, ayes, bois, montagnes, vallées, profitent et uisent , selon que Ton s'en sçait bien ou mal crvir -, la place de combat bien choisie est la moitié de la victoire. Les mal-advisés qui veu- Bnt combattre les scitnations avec leurs ennelis, se découvrent, desordonnent, sont char- :és de haut en bas , dans les fossés ou hayes demy passés , et se défont eux mesmes. La neilleure assiete de la cavallerie est celle où es ennemis ne peuvent venir à la charge sans lesordre ; celle qui est au dessus d'une coline >arée au pendant d'iceUe d'un fossé en front, iiyant à gauche et à droicte des bois ou buis- ^ns garnis de monsqnetairie qui la flanque , semble estre bonne. L'infanterie qui ne se fie \ la valeur de la cavallerie, ou en assiete forte^
loigoaut leur crainte à TiacerUtude de leurs
mèches, poudre et harquebuses , ne font tel elTectque s'ils tiroient appuyés, asseurés de leur retraicte et de leur vie. C'est une outre^ cuidance qui est promptement chastiée, de ceux qui , voyant leurs ennemis bien placés, vont inconsidérément à eux. Avant que d^ha^ sarder la charge , il faut desplacer l'infante-* rie ennemie qui flanque la cavalerie , et gagner leur advantage , s'il sont en lien fort ,• et, s'il est besoin , faire donner en gros l'in** fanterie, et ne marcher qu'ainsi qu'elle s^ad^ vance et que l'advantage se cognoist estre gagné ; le plus fort d'infanterie a de l'advan^ tage aux fortes assietes. Et s'il advient i cent qui sont placés que le fossé à leur teste soit gagné , leur assiete doit estre telle, que depuis le fossé ils ne puissent estre endommagés d'harquebusades : ce qui se peut à une colUne, estant placée la cavallerie au dessus d'icelle , non si près le fossé que l'on soit contrainct par harquebusades plier et se retirer plus loin; d'autant que le reculement est une grande défaveur. Et si l'infanterie qui a gagné le fossé s'avance en montant la colline, pour avoir moyen de voir la cavallerie, elle peut estre chargée par icelle. Et sera pris ganle qoand la cavallerie ennemie passe la haye ou fossé , pour les charger à demy passés, et observer de ne recevoir point grand nombre d'harquebusades dans les flancs, avant qu'estre dans la charge : les soldats et chevaux endurent oes mouches impatiemment quand elles sont en quantité , ce qu'ils tesmoignent, parce qu'ils plient et remuent , tournent le flanc ou se hastent ; et estans pris en ceste façon , leur pliement et inconstance se tourne facilement en foite. La cavalerie foible , n'estant ny eux ny leurs ennemis accompagnés d'infanterie, un fossé à la teste luy sert de grand advantage ; les ennemis venans de fiirie , et sans le bien recognoistre , se desordonnent en le passant ; et devant que les chevaux soient estans chargés à propos , ils sont ii et les foibles peuvent défaire les forts. Si le fossé est grand , que les ennemis ne puissent passer, ils seront contraincts d'aller chercher un passage , lequel ayant esté recogneu auparavant de ceux qui les attendent , en le passant ils peuvent est chargés par flanc.
Aucuns, treuvant de la cavallerie plus forte
i|«i'oi» , oot fait paroistre eo haut d'ane mon- Uif^ae OH proche d*un bois, trente chevaux , lesriiielft prenant la fuitte et estans suy vis desordonnémenl, ceux qui pensent esii^ victorieux se treuvent cliargés pai* flanc , et emportés par ceux qui les altondoleut en embuscads imprévue. Tous escadrons allans à la charge, premier qu*iU y arrivent, s'ils sont rencoBii*éspar flanc dà^ queh|ue petite U*oupe que ce soit , sont fort incommodes. Il sert de faire charger devant un esciidron trente hommes dont b jeunesse , folie ou ambition, leur cache le danger , tellement qu'iceux , donnant par le milieu , apporti^^nt grand advantage ; t4iut se descharge sur eux, et leur perte est la viclob*e de Teacadron , qui les suit do cinquante pas près ; et quand bien ils ne chai'geroieiu cpi'un coing de rescaditmenncmy, ils ue laissent de profiter beaucoup.
Autres ont envoyé foire un grand tour à trente chevaux , qui cliargeoient dans les ennis mis pai* derrière sur le poinct qu'iceux vouloients*esi>rauliT pour venir au combat. Quelques chanvttesou dievaux de bagage liés ensemble, mis en front de Tescudron, couverts de eavaljin^ et non apperceus que quand le premier rang qui les cou vres'oste, desordon- «enc ceux qui à si grande course* viennent à la charge. Les inventions non practi(|uc(*s estonneni. Vingt hommes montés sur forts roussÎBs peuvent porter de costé et d'autre de petites pièces cliargées de trois balles, qui estant ttltachées et braquées à la juste proportion et hauteur des hommes et chevaux rangés sur le coing de Tescadi-on , peuvent tirer utilement 0 trente pas des ennemis ; et ceux qui les uni tirées ostant un crochet , se depestient dosdii't(« pièces , et vont à la charge comme les autres. Des mov(*nnes ou bastaixles sur des ciiariots, qui peuvent tirt^r s:ms tourner l'sifust , ainsi que je h^s ay desscMgnées, peuvent servir, d'autant que 1 une et Ta utre invention est |>oj'la tive, pour marclier augrand trot s il est l)esoin.
I-es gens de |>ied ne doivent , s'il est possible , ostiie conriuiets à jeun au combat ; les hayes, les fosstisfiiilli^nt souvent ; les chariots qu'ils mènent avec eux sont peu asseurcs, u\'stant assistés de cavaL»rie : les fronts doivent estre flamis èe piques , et les flancs de chariots
flft>M#i tcattat'faéi par las liaDaBa, l'un à | (as pajs, m ceiu <iui \fs jiossadam 11
Vautre. Des forts composés de douze c sembleroient nécessaires sur les flancs , l>as de la file des autres, iceux enchaisi à Tautre en la foi*me susdicte, à ce que des chariots, et le flanc du bataillon vi estre attaqué , iceux foit romplisde moi flanquassent du long de la courtine d*ic quand il y auroit de ces forts au coin d des piques des bataillons, il n'en sei mieux ; les mousquetaires y placés i roient plus asseuroment , et s ils se po maintenir à soixante pas des flancs, fronts des batailles , les coups scniropi que ceux qui sont tirés quand lesenneot nent aux mains , restant assez de com liommes et chevaux blecés pour estn dans leurs ennemis, où la furie et Te ment les conduit sans qu'ds se puiss tenir : là où s*ils se senUiîent Uec loing de h»ui*s ennemis, il y a appareoc s*ari*esteroient ou s*en retourneroieii fanterie à infoiuerie ces niesmcs for vent estre nécessaires, pourveu qu'ilsn trop advancés, et qu'ils se puissent rir , à ce que la prinse d'iceux n'j estonnement : cecy est dit pour Les r< qui sans escorte de cavalerie sont fe passer de grandes campagnes, llsepc des chariots avec des bois entrelasséa , i une cheville , les dernières roues den à trente pas des premières, restant I deux en forme d'une baye. J*ay iave oliausse-trapes de cinq pieds de hap l'une à l'autre, qui se démontent etsoni à porter , pour servir à des liarquebus vont à la guerre sans bagage , pour K la cavallerie , tout(^s lesi]uelles chesef peuvent bien eniiMulre que par portrai Les grandes ofl'enees se dissimulen:
tans |)reparés à la guerre; les moine donnentouverturo. Si elle est désirée .
se doit qu*avec di'olt^t, dont Tapparenci moins s(Tt pour estre favorisé des hc s'il faut faire mal , il vaut autant vi^>ler pour mille villes que pour une. Si les ; crovoieut rinnnorlalité, ils oe kfit guerre , d'où pi'ocedi^nt tant de luau] ueroient le Ie4ir pbistosc qu*enti*epFeQ autruy; qu!tieroient les droits preteo
,rue , l"«» ■ ».° T»l«^'" "^ ». . po«<>«* * "* "^ !I!î»i»
mes; il n'estoit instruit des aflaires de ce royaume , ainsi que Tadmiral de Ghastillon , qui assiégea le roy et Paris avec trois mil. L'empereur se pouvoit aider de Bourbon, comme Fadmiral fit du prince de Condé , estans de semblables maisons ; la diJETérence estoit en Tintelligence de la cour, que les Huguenots avoient plus que les estrangers n'eussent pu obtenir , et au prétexte de la religion.
Les sorties sont utiles aux assiégés qui sont en grand nombre , dommageables & ceux qui sont peu ; elles ne se doivent permettre aux premières et secondes personnes qui commandent. Les fossés sans eau sont commodes aux sorties , prenant garde , aux retraictes , à ce qu'on n*entre pesle-mesle : à trois heures après minuict et à huîct heures du matin sont les meilleures ; elles doivent estre considérées et mesurées; les reyterées .et courageuses estonnent les ennemis; celles qui sont préméditées aux approches peuvent prendre un gênerai ou un mareschal de camp venant recognoistre. Ceux qui sortent entre deux quartiers, sans marque, peuvent tuer quelque capitaine signalé et se retirer. Par les sorties se peutrecognoistre le dessein des ennemis, et dans leurs tranchées peuvent emmener Tartillerie , sans s*amuser d'enclouer ce qui se descloue aisément. Les sorties ne se doivent permettre an peuple , dont les tués font révolter leurs parens ; celles qui sont faites d'un Gosté donnent entrée et rafraischissement de Tautre ; et se doit tousjours retenir des soldats en ordre pour asseurer la retraictc des entrepreneurs.
Dieu est Tame étemelle , le libéral arbitre certain, la religion chrestienne vraye, le souverain bien est Tasseurance de la vie perdurable ; Notre Seigneur se cognoist par ses œuvres : nous le voyons, sentons et touchons ; les cieux se soustiennent , les astres voilent , la terre est suspendue , la mer limitée ; le feu agit, Tair se meut, la lumière esclaire, les plantes croissent , les animaux marchent , les hommes compronont, ratiocinent, jugent , se souviennent; par cflects invisibles , les coips, les nerft se voyent, los causes des mouvemens sont incompréhensibles : preuve d*un
premier moteur , gouvernant , régissant , et
disposant par sa providence le tout , p; sorts et actions cachées à nostre inG L*ame est d'essence divine , invisible , sans corps transparent, pénétrant, créée de Dieu pour le glcnrifier, non cou monde qui est sans ame , d<mt les actioi limitées , mais ainsi que les anges en i vivantes étemelles ; autrement le paas^ songe. Il n'eust esté besoin du monde tant d'ouvrages pour magnifier les œm Dieu , s'il n'y eust eu que luy seul i restast la mémoire. C'est Thomme qai I à toujours , et se souvient de tant de veilles joumalieres, pour lequel fl i que tout soit créé : la lumière luy esd; enclost l'air , esteint le feu , destoume applanit la terre , dispose des animan consequant il est plus de durée que c possède : son éternité est publiée pa criture , par les anges , miracles , bons i vais esprits et apparitions d'icenx. Dio donné le libéral arbitre ; autrement , ^ le futur, il seroit aucteur du mal, qui i riteroit punition non plus que le bien, i La gloire , le los , la pieté rendue à I seroit en estime, si les hommes y c destinés. La religion chrestienne est commencement du monde ; Dieu a en mé l'homme, l'a mis au terrestre p luy est appara , demandant tres-pet cognoissancc en la prohibition d'une p< la tentation luy desnic ; a esté contra la justice de punir ccste téméraire il tude ; sa miséricorde ne pouvant esteii dite justice , pour n'y avoir contrariet perfection ; elle a depuis admonesté apparitions , anges , prophètes , mil r homme pour le remettre au lieu d'où elle Tavoit tiré : mais le péché infin^ pouvoit laver que d'un sang infiny et c'est ponrquoy Dieu , satisfaisant à sa j condamne soy-mesme d'envoyer partie en son Fils , incarnant la Divinité pour dre Thumanité à la mort, expiant le traça de nouveau de son sang le du ciel perdu par Tinconstance des Ainsi Dieu, possédant le suprême et le plus bas d'humilité , est le pre dernier incomparable : c'est la base d
ligion chrestienne , fondée sur la mort
in
vreté, dcnleim, tonn&ens, flagellaûons, Leantmoins suivie , lors que les autres reons, pleines de délices, pennettent les sixalités. Pendant que lenrs disciples vieut en plaisirs , les chrestiens opprimés uitoient dans les fiâmes ; les adolescens ,
femmes couroient à la mort , se plaisoient, yent aux martyres , ce qui ne se pouvoit LS la grâce divine. Puis que Vhomme est é de la gloire de Dieu tout bon , quelle reioa y a-t-il plus conforme à sa bonté que i^hrestienne ? elle ordonne d^aimer non seunent son prochain, ains ses ennemis, et ier Dieu pour eux , souffirir et endurer pamment tous maux et adversités, donner a bien aux pauvres et les secourir. Quelle is remplie de sainctes adorations, pieté, leres , abstinences et jeusnes? Aussi n'en y t jamais qui fist de tels miracles; qui a rendu i oracles muets , criasse les diables , de la- Lelle les prophètes et saincts ont tant parlé
escrit. Semble que de nouveau les terres ïufves soient descouvertes pour accomplir s Sainctes Escritures , à ce que la vraye pieté it preschée par tout le monde avant la venue i Jesos-Ghrist. Quelle religion non seuleem pourrions-nous comparer, mais dire, qui )prochast à la chrestienne ? Le judaïsme est ispersé sans domination , temples ny autels, /eugléd*esperances incertaines; leur église pris fin , celle de Dieu doit durer à jamais ;
n'estoit ceste première religion qu'une lesme avec . la chrestienne , et vraye figure *icelle. L'idolâtrie est esteinte , le paganisme 'est plus y la secte mahometiste se confond n fables et voluptés. L'heretique, suscité lar le diable , quand il n'a peu treuver à faire nal , est plus digne de moquerie que de dismte ; ils ont une église invisible , doutent de a puissance divine , mesprisent les veneraions. C'est donc la vraye que nous tenons; 'est faillir d'en escrire peu , et d'approcher e qui en est; l'entendement de l'homme , la angue , ny la plume , ne sçauroient tant pener, dire, ny escrire, pour en exprimer une noindre partie. C'est esclaircr le jour d'en Darler davantage. Puis qu'il n'y a vérité qu'en ?este religion chrestienne , il faut obeyr à ses mseîgnemens, ou estre plus misérables que es Infidèles , auxquels l'espérance reste ; au
RÈGNE DE FRANÇOIS I
contraire nos fentes nous condamnent. Si la justice de Dieu a livré son fils à la mort, c'est un enseignement de n'abuser de sa miséricorde. Ce n'est chose impossible 'que Fobservation de sa loy : elle n'ordonne lé sacrifice des enfans , la prostitution dés femmes , se tuer soy-mesme ; les honnestes plaisirs ne^ sont deflendns par le christianisme, ^tole-ment d'en mes-user. Les conunandeniens de^ Dieu à une aroe bien disposée sont pteins^de^ contentemens d'autant plus grands ; [qu'ilsnous asseurent de nostre salut , qui est le su-t preme plaisir, et sans lequel il n'y en a non^ plus au monde que ceux qui sont condamnés à la mort qui en reçoivent : ceux qui ont la conscience nette, tous accidens, périls, mesme la mort, ne leur sont rien, pourveu qu'ils* soient asseurés d' estre en la grâce de Dieu.
[i537] Le roy laisse le cardinal de Tournon son lieutenant à Lyon , envoyé sa gendarmerie sur la frontière de Flandres , passe par Paris, fait Testât de la maison de ses deux enfans : l'aisné choisit les braves Dam pierre , Sainct André , d'Escars , Andouin , La Noue ; M. d'Orléans refuse le reste queson . frère n'avoit voulu ; obtient permission de : son père de dresser son estât dès' plus ga- ( lans hommes de France, choisit les sieurs de l Tavannes, Castel-Paix, Sam-Petre, Corse,!
Chastel-Nau , Jamac , et quelques autres qui avoient réputation dans les provinces,' co-r gneus par leur valeur. Le roy, après avoir . marié sa fille au roy d'Escosse , au mescontentement de celuy d'Angleterre, marche avec vingt -cinq mil hommes à la frontière , prend Hedin et Sainct Paul ; ne trouvant rien . en campagne , licentie son armée ; naissance de celle de Flandres conduite par le comte de Burye , qui reprend Sainct Paul et Montreuil; futarresté deTherouane, où les sieurs de Canil , de Dampierre et de Tavannes s'estoient jettes. M. le dauphin se présente au secours avec vingt-cinq mil honunes. Suspension d'armes est faicte pour trois mois. Therouane délivré, les armées se retirent; le naufrage de celle de l'empereur estoit allé en Pie Jmont , avoit sous le marquis du Gast secouru Cazal par le chasteau , dont la ville avoit esté prise par les François , fait prisonnier M. de Buryc, assiégé GarmagnoUe. Le
marquis de Saluces ayant esté taé assiégeant l^avçl , le marquisat fut donné du roy à GamUA I evcsquo de Saluces , lequel mourant , Sa Majesté succède comme seigneur du fief. Humieres^ envoyé en Piedmont, après avoir pris et fiully quelques places, espreuve la différence du gouvernement d'un prince enfant et d'une armée dont les cheft ne veulent obéir. Les lansquenets de Fedric de Fustemberg se joignent au marquis du Gast, qui tient la campagne, renvoyé Humieres en France. Alexandre de Medicis, usurpateur de la principauté de Florence , est attiré et tué nuictamment par Laurens son cousin , à qui le cœur feult après le coup principal faict, et s'enfuit au lieu do crier liberté ; donne temps à Cosme de Medicis de s^establir et renouer la tyrannie.' Mahomet, sangaque de Belgrade , pendant la trefve , prend des chasteaux et fortifie Sechio. Ferdinand arme huict mil chevaux et seize mil hommes de pied sous Gasjanal , qui se retire de nuict à la première veue des ennemis , laisse la moitié de Tarmée , sous le colonel Landeron , en proyc aux Turcs, qui en tuent douze mil. Les Vénitiens combattent malheureusement en Albanie , qui leur fit faire ligue avec le pape et Tempereur contre le Turc , de peu d'effect. Le marquis du Gast prend Quiers , Albe , Queyrace: fault l'entreprise de Thurin. Le roy vient à Lyon , advance MM. le dauphin et connestable , qui forcent le pas de Suze , et six mil hommes commandés par Gesar de Naples. L'armée de M. le dauplun en Piedmont fait lever le siège de CarmagnoUe : le marquis du Gast donne une rivière pour une bataille ; le roy arrive à Garignan pour assiéger Quiers , la trefve est faicte. L'empereur craignant pour l'Italie, et le roy espnisé de deniers , travaillé de volupté autant que d'ambition , assemblée se fit à Laucaste pour la paix.
[i 538] Le papo fait venir l'empereur et le roy à Nice, où , ne pou vans s'accorder de paix , trefve se fist pour dix ans : chacun possède ce qu'il tient. Séparés, ils se rcvoyont sans Sa Sainctoté à Aiguomorlo. Lo roy premier entra ilans lagulere de l'emporeur , qui fusl après dans la \\\\o d'Aigucmorte ; se fiîstinorenl en divers buis : Vempei'eur, pour avoir temps do faire guerre au Turc , et mciirc ordic au Pais Bas qui se
brouilloit ; le roy, en espérance d*ol TEstat de Milan , qui luy est promis M. d'Orléans. L'empereur en trompe 1 M. de Savoye , le connestable et le ro Majesté croit le connestaUe , qui croit 1 Savoye , et M. de Savoye rempereuf ; 1 ne se fust laissé tromper sans la caution connestable. L'empereur avoit gagné le | promettant sa niepce , vefve d'Alexand Octave Famaise , nepveu de Sa Saincteti tourné en Espagne pour préparer sa dei en Allemagne. Le roy (ce luy semble), ai de paix et de Mihm , se donne dn bon tt regarde des tournois de ses «rfans , • sieur de Tavannes emporte l'hennear; sinue aux bonnes grâces de M. d*Orl auquel il fait plus aimer la guerre ^ chasse.
Les Medicis pareils en Tan 1450 aux S Serviati et Soderine, usurpateurs de h 1 de leurs villes, desquels sont ysanes roynes mères de deux roys de France , tre que le sang des races nobles n^eat i des coronnes , qui se donnent par la be tion de Dieu.
La justice des actes se juge selon le nemens : Epaminondas tue son firere , 1 son fils, pour conserver la liberté àfi citoyens ; l'heureux succès de leur entr leur donne l'honneur de tyrannicides; malheureux de Laurens le déclare trah meurtrier.
Les chrestiens obéissent aux emp payens , ils n'approuvent d^entreprendi les roys tyrans ; c'est regimber contre 1 ron d'attenter sur eux , si ce n'est par sons , jeusnes et amendement , ne sçacbai sont donnés au peuple pour pénitence » • celuy est malheureux par lequel le âCi advient. Les meurtres, forcemens, pill bruslement, suivent ces entreprises : qt bien qui en advienne , on est contrainci mencer par mal. Il y a trois périls, deva et après l'exécution : l'un est subject i oprimé sans effoci, les autres danger supportables en mourant les armes à la renircprîsc d'un seul est la pins certai communiquée dangereuse , si ce n'esi rcxecuier à Tinsliint qu'elle est proposé
conjurés ont des amis qui en ont d'autre
RÈGNE DE FRANÇOIS I
se decou^Tont ; ayant le moyen en s^aocoi'der ou se foîro grands sans rebellent, ce qu'ils fimt aussi par JM Misci'ction. Epaminondas tua son AMI à la tyrannie de Thebes; il luy « Sî tu formes TEstat et descharjjes le, tu as tué un tpan; sinon , tu es ier de ton frère »; exemple qui se Mer de nostre temps.
rre «ntre les chrestîons est injuste , ment fondée sur de vieilles querelles ]ue les souverains ont autrefois pos- ; assyriens , Perses , Grecs , Romains, druiet sur les deux tiers du monde t possédé en divers temps ; les Gau- 'Alleina{pie , Italie , Flandres et Panne leurs prédécesseurs , héritiers de gne, ont tenus. Les Anglois preten- I moitié de la France. Soit que ces lient vieux ou nouveaux , depuis que it intervenue , ils ne se doivent plus , antrement ce seroit un sujet de 5 feu et le ssLïïQ perpétuel. Non plus t les princes qui disent n'estre subaccords, loix et paix de leurs pères, t peu aliéner ce qui leur apparlongue succession précédente : ailefis ne sont héritiers de leurs dits ■I que la coronne leur appartient par hi royaume ; neantmoins , si est-il bien iMe de tenir partie des accords qui fûts en la nécessité, sans lesquels nskytt fust esté en péril. Bien ont les ilns de raison de secourir ceux qui ettfi subjects il y a trente et quarante ffà sont oprimés des Turcs, hèrefe tyrans : leur ancien droit fortifie le ' f H Rmble que c'est plnstost à eux res de secourir les afUigés qui leur nbjects. La guerre contre les Turcs, BS on t3fTans est permise \ de la prepOfle est ouverte à toutes sortes de s. Ceux qai ont dit que c'est le fléau de e c'est regimber contre Tesperon, que îles se doivent combattre par amanprières, anmosnos, jeusnes, armes nettes Dieu permettra leur ruyne , icIIp il n'a besoin d(^ causes secondes , seul clin d'œil il peut changer l(»s
les empyres, ci rendre son nom cc-
lebre et adoré à Constaninople comme il est à Rome , sans qu'il soit besoin assembler des armées , que quand nous serons bons il les abbaissera , et les exhaltei-a si nous sommes mauvais; à ceux-là , du nombre desquels sont lesLutheriens, qui allèguent ce que dessus pour contrarier les papes , sôus l'autorité desquels se faîsoient les croisades et assemblées contre les Infidèles, se respond : que nous croyons la toute puissance de Dieu, lequel, pour nous rendre plus de mérite , nous a donné nostre libéral arbitre , a voulu que nous agissions par nous mesmes, s'est contenté de nous envoyer des prophètes et des saincts , et nous admones-' ter de nostre devoir , départant rarement ses miracles en ces grandes conversions, les^ quelles il veut estre faictes par Taide et pou* voir des humains, soit par les prédications, exemples ou armes. Pour les premières, elles ne peuvent estre entendues d'autant qu'ils tueroient ceux qui les voudroient convertir : pour conduire les prédicateurs, Q faut l'assistance des armes , non seulement pour convertir tant d'ames perdues , mais aussi pour ceux qui sont à naistre , et qui seront nourris en l'obscurité de leurs pères , pour remédier à six mil enfans chrestiens qui sont pris annuellement entre les bras des mères pour estre faits turcs et janissaires , et à huict et dix mil autres qui journellement sont enlevés , et sont autant d'ames perdues. Je laisse les bruslemens , forcemens , cruautés que les Infidèles exercent ; outre ce , le danger qui menace la chrestienté voisine dé ce grand et fleurissant empire. Où en fust l'Allemagne , et peut estre la France , si la valeur de Charles-Quint ne les eust empeschés de prendre Vienne qu'ils avoient assiégée ? et où fust l'Italie , si le grand maistre Yallete eust perdu Malthe ? N'(»st-il pas à craindre qu'à l'advenir il se trouve des chefs moins généreux , qui par la perle des fi'ontieres engagent le milieu du christianisme.
Le second lieu auquel il semble aux chrestiens de pouvoir employer les armes , est Contre Therosie , qui devoye les créances , source d'athéisme : les conciles , les papes en sont juges; il n'y a point de difliculté qu'il ne s:)it utile d'employer, et n^cercher tous moyens pour maintenir l'union de reglîse catholique. Si les conciles cl les gardiatcurs
d'iceux, qui sont les papes, résolvent qu'il faut faire la guerre aux hérétiques , il est sans doute qu*il faut suivre leurs ordonnances, puis qu'ils représentent Teglise, et qu'elle ne peut errer. Et pour descharger les princes de la prise de ces armes , sembleroit nécessaire d'avoir le commandement , non seulement de Sa Saincteté , mais aussi sui>Te les décrets des conciles. La guerre contre les tyrans a trois considérations ; la première , s'ils sont tels ; la seconde , qu'il n'est permis aux subjects et hommes privés d'entreprendre sur leurs supérieurs ; et la troisiesme , que les princes voisins n'ont l'authorité de corriger leurs semblables. Pour déclarer juste de faire la guerre à un tyran , foudroit que le pape , l'église et tous les roys chrestiens s'assemblassent pour le juger tel et mettre son pais en proye. Les mai*ques d'un tyran sont le meurtre, forcement, exaction de ses subjects, l'injustice , l'impiété , le changement de la vraye religion , exaltation de personnes indignes et incapables , et l'oppression des gens de bien -, et parce que toutes ces meschantes qualités sont aux Turcs, la guerre s'en trouvera plus juste que toute autre.
Les roys de France et d'Espagne sçavent par l'expérience d'eux et de leurs prédécesseurs , qu'ils ne se peuvent ruiner l'un l'autre, ny establir une monarchie générale en l'Europe , par ce qu'elle est séparée sous la domination de plusieurs princes et republiques , gui ont interest à ce qu'il ne se fasse un si gnmd monarque qui les puisse engloutir , et par ce balanceront toasjours le plus foible des deux polir l'égaler au plus fort. La disposition, Testât et places fortes de l'Europe sont entièrement contraires à la monarchie : il a fallu trois ans pour prendre Ostande ; pour en prendre trois semblables, c'est le quart de la vie : huict ou dix villes prises ne rendent plus pauvre ou plus riche celuy des deux qui les gagne ou qui les pert ; c'est un jeu de barre souvent rebattu par leurs devanciers : ce qui se conqueroit en un esté se perdoit en un autre , et en suîtte la paix avec les hommes , à sçavoir si elle estoit avec Dieu , après tant de meurtres , desordre , porte de sang , et levées de deniers si mal employés. Ja , Dieu grâces , ny l'un ny l'autre de ces deux rovs ne sont
hérétique ny tyran ( qualités qui penvei mouvoir la guerre l'un sur Tautre ; ré les anciennes querelles et prétentions c sieyent plus bien de repeter , ou bien qui les demande blasme son predec€ d'ignorance ou de faute de courage d fait la paix à sa perte , et av(»r qak droict qui luy appartenoit.
Le roy de France demande Naples, 1 la souveraineté de Flandres , celle da 1 Ion, le royaume de Navarre; le roy d* gne veut la Bourgongne , la Bretagne e tic de la Picardie, en toutes lesqneD n'ont droict que pour les avoir possède il se trouve plusieurs vivans , dont lei decesseurs ont tenu partie de ces provi et en effect leurs demandes se peuvent equipoUer Tune à l'autre. Le mieux sei s'unir à la ruine de l'ennemy gênerai de la chrestienté ; les volontés de leurs Ma semblables feroient marcher tout le re l'Europe ; et peuvent déclarer ennemyi qui ne les voudroient assister ^ ayant pi de donner loy à tout le reste quand ils unis.
L'Italie ne se peut défendre de 1*E«| ny l'Angleten^e de la France , et Tàllo facilement se porteroit à ceste gaem son propre interest. Les Polonois et 1 vites seroient aussi aisément persuad argent : la pieté sans ambition est ce qi fciire résoudre aux deux roys cesté < prise. La première est rare en ce tea seconde trop commune : la seule de sufGroit. Us sçavent que Dieu et nostn gion est sans doute, et que les anni justes pour sa manutention et accroisse la créance et le baptesme , portés pas 1 tance des armes , sauveroient deux na d'ames. Si la seule dévotion nous y p Dieu favoriseroit, et ni contention ni qat sans crainte que l'un fist entreprise su tre ny sur leurs royaumes , et sans bes* cun de partager la possession des va puis que ce sont ceux qui sont les plus ] ces en nostre créance , que ceux qui moins de bien et d'ambition. Le sei osteroit toutes difGcultés , tant par Ta Nostre Seigneur, que des hommes , c tiroient toutes les incommodités , ainsi
ai
ueste de Godefroy de Bouillon fat con-
advoue que Fentreprise n^en seroit si Le , s*il y avoit de l'ambition , encore qu'il t. des remèdes, dont le meilleur, seroit Raccorder des conquestes avant que d'en- ^rendre. Et s'il estoit impossible de tenir deux nations ensemble , il faudroit (les ;eins séparés) que le roy d'Espagne , 11t ^ les Vénitiens entreprinssent par mer ;
l'ayde de Preste- Jean et des Indes , oc- •ées par la Majesté catholique , entrepren- ' sur Alexandrie, sur le Quaire et sur Frique, royaume réputé de telle imporce , et si facile à révolte et à maintenir , 3 les Romains ont tousjours deffendu à leurs tateurs d'y aller sans commandement , de inte qu'ils s'en fissent seigneurs. Les Eu- ^iens ont tousjours vaincu les Asiatiques ? >ù procède la plus grande force du Turc ; lurons-nous point autant de cœur de voir ( murs de Gonstantinople , que Solyman a de courage de regarder et assiéger ceux Vienne ? Seront-ce leurs armes qui nous
empescheront , qui ne sont que d'arcs, i flèches, de lances, de cymeterres, et »ur defences, des cotonines et turbans?
mtre quoy nous avons nos pistolets , nos ;pées tranchantes , nos casques et cuiraces , llement que dix chrestiens en battent tousurs cinquante. Sera-ce leur grand nombre uî nous estonnera? si avec une poignée de [^ns Alexandre a subjugué l'empyre de Datus , et Lucullus Tigrane ; si les Romains vec la seule Italie ont vaincu partie de TAie et Afrique , et; donné la loy aux Persans c'est de VEurope que sont sorties les victoires t les beaux effects , et non de l'Asie), crain- Irons-nous celuy que Jean , roy d'Hongrie , a ombattu avec douze mil hommes , et que Lalislaos avec Jean Uniade defoisoient , s'ils ne ussentesté transportés de trop de chaleur, |oe Scanderbeg a si généreusement com- )attu, et que nos braves prédécesseurs fran- :ois de fraiche mémoire ont si peu estimé , [ju'à la journée de Nicopoly huict mil deux dc voulurent pas que le reste des chrestiens participast à leur gloire; s'avancèrent, pendant avoir assez de courage pour défaire toute lu force du Turc , et par trop de vertu per-
RÈGNE DE FRANÇOIS L
dirent la victoire. Et à ceste. heure que l'expérience nous a fait sages',' que nous nous corrigions par tant de fautes passées^ il n'y a point de doute qu'avec l'aide 'de Dieu on n*en vienne facillement à\b()Ut. N'aurons - nous point de honte d'ouïr, dire que ces Infidèles publient qu'ils vivent pour accroistre et maintenir leur folle créance , et que nostre foy véritable ne nous affectionne point plus qu*eux? Estimerons-nous tant la possession des royaumes terrestres » que nous ne les hasardions pour les célestes? .
Si l'alliance des deux couronnes , par mariages ou par successions, les mettoit sous une mesme volonté , il seroit aisé de venir à bout de ceste entreprise. S'il est difScile que les deux roys concurrent en mesme opinion , autant est-il mal-aisé ( si ce n'est par grande pieté ) que l'ambition et l'envie permettent que Tun demeure oysif pendant que son voisin s'accroist , d'autant que de la monarchie de Tun dépend l'interest de l'autre; et par ce point seul il faudroit que tous deux participassent à l'entreprise , et si ce n'estoit conjoinctement en mesme lieu, mesme temps et province , que ce fust en lieu séparé , ce que l'extrême grandeur du pais turc permet. Etencores que les deux roys n^entreprinssent si utilement que s'ils estoient ensemble, si est-ce qu'il en reussiroit le divertissement et division des forces turquesques, et qu'estans occupés les deux roys contre un mesme ennemy, ils ne se feroient de mauvais offices , et n'entreprendroient sur les seigneuries l'un de l'autre. Et pourroit , comme il est dict, le roy d'Espagne avec l'Italie entreprendre facilement sur l'Afiricque, qui ne pourroit estre secourue , pour estre le Turc occupé à deffendre l'Europe. Et semble ceste entreprise facile , estant barré le chemin du secours au Turc par la rivière du Nil et autres , et les Espagnols pouvans estre aydés du Preste-Jean et de toutes leurs Indes Orientales. Et faudroit entreprendre en mesme temps que le roy de France passeroit en Grèce. Et quand bien le roy d'Espagne ne seroit de ce dessein , pourveu que F Allemagne et les Suisses fussent joincts au roy de France 9 ceste entreprise se pourroit exe-
cuter. Et endroit tirer parole du roy d'Espagne de demeurer en paix , laissant des forces en France pour la garder sous im lieutenant gênerai. Le roy en pourroit encore tirer six mil chevaux et vingt mil Iiommes de pied, lesquels joincts aux forces d'Allemagne , d'Hongrie , de Pologne , Causaques et Moscovites, estans bien conduits, emporteroient la victoire ; et resteroit assez de gens en France pour résister au Roy Catbolique, en attendant (s'il manquoit à sa foy) que le roy de France revinst de son entreprise.
Roy Tres-Cbrestien , fils aisné de Teglise , ce nom est acquis par vos prédécesseurs en plusieurs voyages d'outre mer, defaictes des Sarrazins, defence des saincts pères et protection de la foy catliolique , pour ne s'estre ensevelis nnt voluptés oysives. Heureux ceux qui OBt préféré la pieté à l'ambition, et par icella acquis réputation! La victoire que vous avez eue des deux tiers de TEurc^e joincts aux sttbjets de Yostre Majesté , le soudain changement de conducteur de deux cens chevaux aux grandes armées du prince de Beam, à la monarchie de France , le salut de tant de dangers j n'est point advenu sans miracle et sans l'œuvre de Dieu, qui a beny vos enti*eprises, non pour s'amuser à vos plaisirs, mais pour establir une base pour asseoir une plus grande colomne , un dessein , une cnti^e- .prise plus généreuse , qu'elle pouiToit estre plus au bien de la chrestienté que celle du Turc. Dieu vous a donné des moyens , des bonnes fortunes , des victoires : que sçauriezvous mieux faire qued'emploj'er le tout pour l'exaltation de son nom? Que craindcz vous? l'entreprise est juste : si c'est la| révolte de vos subjects, laissant la royne régente en France et emmenant les plus remuans, nul n'entreprendra, et vostre armée estant sur pied(quoy qu'esloîgnée ) serviroit de citadelles à tout vostre royaume. Si la vieillesse vous entre en considération , le peu de temps qui vous reste à posséder ceste vie la doit faire mespriser et bien employer. Eu doux ans ce dessein se peut parachever : c'est là où gtst la perfection do la gloire , c'est là où est le comble de la réputation de vostre vie » à ce que la lin en suit esgale au com-
mencement et au milieu , et que tous u' rien de semblable avec tant de roys comme vous, ont chassé les estrangei letœs royaumes. Et quand ceste resol ne vicndroit à Vostre Majesté , M. le phin la doit embrasser , ainsi qa*Alexa se plaignoit que Philippe son père oi laissoit rien plus à conquérir. QHun nouveau Hercules, vous avez vaiocii les monstres de l'Eiu^ope , il n'y a pku à faire à un prince chrestien comne ' Peut il vous imiter , suivre oa wrpasig ce n'est à ceste grande eacrqpriae , ]W à ce qu'il soit fevorisé par l'alUance d& l'Italie? Et puis qu'il a pieu à Itteu fai volonté de ce généreux prince avaat q fectuer ce coivageux dessein qu'il ae avoir laissé préparé à voua my Looya ] Vostre Majesté considère les grâces rei de Dieu, la paix générale ohtenie ea i enfance sans exemple pareil , la puin redoutable que Dieu vous a concedéf tous vos subjects , plus grande en Tag seize ans que tous les belliquevx rej prédécesseurs n'ont eu durant leur m ritez la grâce de Dieu par ceste belle c prise contre les Infidèles, de laqiiella serez esclaircy par un plus grand die et moyens plus certains à vostre ffm salut de vostre ame.
Roy véritablement catboliqoe, pu jusques à ceste heure vous n'endnrei V\ tique en vos royaumes ny ne traictei Vfe ny avec les Turcs; ce n'est sans mjt que Dieu a permis la réunion des Espt sous vostre sceptre, sous lequel «AÎéi toutes les Indes , orientales et ocddeil et que par vous est advenu l'accompliasc de la saincte Escriture , où Jesus-Chria seuro qu'avant sa venue sa religion aers bliée par tout le monde. Tant de royam csloignés ne sont assemblés sons domination que pour donner force et de ruiner celle des Turcs , lesquels vous vez assaillir du cosié des Indes , Afiiq Grèce, et par tant d*autres lieux oà leur estes voisin , traicter avec le Perse assaillir le Quaire et Alexandrie. Diet point sans dessein permis enmesme I l'uuioa de toutes les Espagnes avec cel
RÈGNE D6 FRANÇOIS I
ail^des, ny la ^paisible monarchie des et des idea du Nort sous trois I nift , sinon que , les fortifiant en à Tegal , il leur ait voulu ester de pouvoir entreprendre Tun sur illessil exalté , pour le dessein qu'il HT les Turcs , à ce que deux joincts e pusseot equipoUer les forces des k
«■ , j*ty sceu le gouvernement des ja B^escris par livres et ouy dire, e frfasieurs. Je servis Henry troisies- OB ivy de Pologne , en son voyage , itaail et establisaement ; lesquels pak, je peitis pour aller à Constant!pSHsy par THongrie , Tranailvanie et ie « oà je Bie trouvay en ime bataille par le Moldave chrestien révolté e Turc , fusant guerre au Yallac son ■Dca , et depuis victorieux par Fassis- B ciaqnente mil Turcs conduits par le igrie , que je vis , leur ayant donné les ■s revollés la teste du Moldave leur artwvantmon voyage, moy cinquies- Mly par deux cens , la maison on j'es- ■lée , sortismes Tespée à la main , un ns blessé d*onze coups d'espieux. Depris et mis en liberté par le it du Valac , allié du Turc , et wa, par leur ayde. J' arrivai à Gonstan- 9 je vis l'armée de trois cens galleres M galKas , qui allèrent prendre La e. iJati f ay ven leur armée de terre MT^levs fiMteresses, aguerriemcntct le cray an roy chrestien ne pouvoir que par Fentrcprise sur le et gagner les villes de TEune suffisent : il n'y a point Turquie ; tout consiste au batailles , ainsi que Tempire de et Darius, conquis par Gyrus et Ire. La vaillance , obéissance et padoBBent Tadvantage ; trente mil hom- [oerris en vainquent doux cens mil :
nlois, Tigrame et Darius vaincus en
rvrcs mieux armc^s ot affiiorrîs que les , non égaux à la vî^lcur chreslif^nne.
liade leur a donné dos batailles , Scan- ; lev a résisté , le $ophi les a battue ,
Tamburlan les a subjugués. Letvs forces sont seize mil janissaires , cent mil bons chevaux 4 cent cinquante mil de peu de valeur, partie tartares; ils ont trois cens mil payes, auxquelles leurs juges et religieux sont compris. La première bataille perdue , ils lèveront encores cent mil hommes d'Egypte, des derniers confins d'Asie , peu valeureux , lesquels deliaits , tout est perdu pour eux. Leurs chevaux ne volent , ny Tacier de Damas ne couppe le for , comme aucuns croyent. Us se rangent eii bataille en trois croissans , les plus foibles au milieu , les plus forts aux pointes , s^stebdent pour enclore les chrestiens , les charger par flanc et par derrière -, les pistolets , espées,* cuiraces, casques , mailles des chrestiens ontf radvantage. Leurs pointes rompues , ib les^ reçoivent an milieu du prochain croisàaiit^ dont les pointes , se pliant , chargent par flano les victorieux qui suivent : au milieu du dernier croissant est un fort composé de pallis enchaisnés , flanqué de plusieurs pièces d'artillerie , capable de tenir trois mil iKMnmes. Estant proches d'ennemys, les Jdtiissaires portent et plantent les pallis, se fossoyent à la façon romaine ; les croissans rompus se r'allient derrîer le fort pour dernier rcfoge ; ils reprennent vigueur et retournent à la charge.
Toutes les batailles des chrestiens se sont perdnes par mesmes fautes ; ils ont defKiict les premiers et plus foibles des Turcs ; inconsidérément suivoient les foyars, et, se tronvans chargés de leurs meilleurs escadrons' par flancs , estoient rompus : le victorieux d'une charge se rend inhabile de bien* résister à une seconde ; les Turcs , qui ont plus d'escadrons , le gagnent ; si les chrestiens s'enfoncent dans eux et s'opînîastrent à les suîwc , ils se précipitent : les pertes passées fournissent Texperiencc , et oslent l'excuse des capitaines de maintenant. La guerre de l'empereur , de garnison à autre , n'est que pour défendre , non pour conquérir : il vaudroit mieux !);»sarfler une bataille ponrniiner l'empire des Tnr<*s ; ce qui se fait do. ffariiison à antre est inutile et de pou irhonnenr. Sem])lalîïemeTit les petits siefjes '1rs rhn'Stiens yvec trente milliommes en Im^'T, reii\ des Turcs avec cinquante mil en esté , s'nt
de peu d'cffcct ; l'empereur n'a ny assez d'authoricé ny de puissance. Il seroit nécessaire que Ic.roy de France ou d'Espagne fussent empereurs : Tltalie assisteroit contre le Turc par le moyen du pape ; les Polonois ou Moscovites se peuvent gagner par argent ; il y auroit des Tartares d'Europe comme les Turcs: les ligues ne durent plus d*un an ; la dernière après la bataille de Lépante le tesmoigne , où ils entrèrent en défiance les uns des autres.
Ceux qui disent qu'il faut mettre quatre ans à vaincre, cest empyre n'ont considéré ceste inconunodité : si Tempyre de Constantinople n'est subjugue dans di\-huict mois, il ne le çera jamais. Si l'empereur estoit absolu , joinct l'Hongrie avec la Pologne , il ne seroit du tout impossible qu'il ne vinst à lK)ut de ceste entreprise. Pour défaire trois cens mil Turcs , quatre- vingt mil chrestiens suffisent , douze fiil chevaux reistres , cinquante mil Polonois QU Moscovites , dix mil Tartares, quatre mil Italiens , quati*e mil Hongres et quatre mil Espagnols , qui' sont quatre-vingts et quatre mil chevaux : quand il en manqueroit vingt mil, le reste est suffisant avec F infanterie pour en venir à bout ; laquelle seroit de vingt mil Suisses , dix mil Italiens , huict mil Espagnols , vingt mil lansquenets et deux mil Valons , qui sont soixante mil hommes de pied. Et si le roy de Fiimce est empereur sans que TEspagne s'en meslast , et qu il eust asseurance certaine que le roy Catholi(|tte ne Tempeschast , il mettra dix mil chevaux et dix mil hommes de pied davantage. Et si on armoit les ecclesiasti(|ues , gens de justice et leurs valets , comme les Turcs «jui font tout combattre , il se levcroil li'ois fois autant de gens en TEurope (jue les Infidèles en lèvent en Asie , Afrique , et partie d'Europe.
Une armée de mer seroit nécessaire, de pareille force que la turquesque , ce qui ne se peut sans les ^'^enitiens. Les armées prestes à la fin d'avril , sans s'amuser en Hongrie , cosfoyant le Danube, faire suivre les vivres par iceluy , prendre une pluee ou faire un fort pour mettre les magasins, fortifiant quelque petite place de six en six lieues, airiver à la récolte à AûdrinopoU , qui est à Uois jouinéçs de Con-
stantinople, laquelle n'est forte, dixuier 14 bataille si elle se présente. Il n'y doit tiroir nul bagage dans l'armée , ny homme qui 'm combatte ; patir , ne boire à un besoin q|ai peu de ^in , pour deux mois porter de teMI et biscuit , suivy de grande quantité de Im^ tail , comme les Turcs ; les vivres dinùnuBC; il faut haster les exploicts , marchera hon— journées pour combattre , et empeacker là gast que font les Tartares , par gens de km mesmes armes , Polonois et Tanués d'Es-' rope.
La force des Turcs consisteen caivalerie; celle des Romains consistoit en gens de pied,* qui les eussent entrepris et vaincDS, tfils fns*-* sent esté de leur temps , plus aisément qii*3v ne firent les Parthes , n'estan8cenL-<37 de |MH reille valeur ny en plus grande quantité. Le. gain de cette bataille dépend d'une grands partie des gens de pied. La façon de conànllrs trois fois, se recevait les croissansles unsdaar les autres , se peut imiter à deux croûsans à» chrestiens , avec un ost de vingtrdnq mil dm meilleurs chevaux de reserve. Le preoMr croissant doit estre des nations qoi comhattti en pareilles armes que les Turcs; s*y ponrroient mesler quelques escadrons de pistoliefs flanqués d'arquebusiers à cheval on à pied,' avec serment tiré d'eux de ne suivre point la victoire plus de cent pas , et se remettre en leur ordre ; que s ils estoient pressés de pi» grandes forces qu'eux , se retireroient en bataille dans les espaces vuides du dernier croissant , qui seroient de grande estendœ » afin qu en se retirant ils ne se rompissent lesimi les autres. Et pour empescher d'estre en? clos , au premier croissant , seroient placés quarante mil chevaux et quatre mil arqnebnsiers moitié à pied et moitié à cheval, quiflan<^ queix>ient les escadrons ; au second croissant il y faudroit avoir trois forts, celuy du milien pareil ou plus fort que celuy des Turcs , où fl y auroit vingt cinq mil hommes de pied , et amt deux autres forts à cliacun dix mil , avec réserve de mil pour servir d*enfans perdus d^ vant toutes les troupes. En ce second croissant seroient soixante mil chevaux en bataille en quatre escadrons ; entra les forts et la cavalerie seroient les picquiers, et y auroit huict nul
chevaux tout derricr le grand fort de ramée..
RÈGNE DE FRANÇOIS I
6tf
voyoUqneles Tores mal-menassent du premier croissant , les chefs qai ^anderoient sur les pointes droictes et lcv<&^ éa second , pourroient charger par • les escadrons des Turcs j sans suivre les rds plus de deux cens pas. Encoresqull jlast que tout leur camp fust en route , rer toujours en ordre près des forts et batailde gens de pied. La place d*artillerie seprès du plus advancé fort ; et ce , d'autant , s^ amusant à fisûre des tranchées à Tendes forts, seroit pour s'arrester là, et estant danslepàîs des Turcs, ils sont plus ^s à. rompre les vivres. Faut chercher le ibat sans s'amuser aux tranchées, et ique les Ls soient portatifs; ce qui se peut faire de sieurs pallts rangés sur des pièces portées des roues marchant en avant; et si on ^oit le desordre dans le fort du Turc , et un lud ralliement dénier iceluy, on pourroit tifier de tranchées le fort des chiêstiens , treprendre et approcher selon la nécessité combat; sans doute Tinfanterie armée de {aes seroit bastante pour soustenir leur calerie qui n'est point armée, et ne doute point le les François et Allemands , armés de pislets et d'estocs , ne fissent de grands eflects ins ces gens nuds, lesquels ne se meslent oint, etnefontquepiroueter avec des hurimens pour espouventer des sots. Ces deux >rts s*advanceroient à droicte et à gauche du rand fort des Turcs, sans que la cavalerie 3S abandonnast ; etadvenant desordre, à toute xtremité , les vingt mil chevaux qui sont derier le grand fort remettroient le combat. Le 'ort du grand seigneur, où le gain delà bataille consiste, oanonné etattaqué par ces deux Forts , avec ceste bonne infonterie approchant 3n ordre et marchant tovsjours en avant , ne pourra pasdurer, veumesme qu'il estcroyable (|ue la cavalerie l'ayant abandonné , la victoire est sans doute, pourveu qu'on ne la poursuive pas mal à propos : quatre vingt mil hommes de pied aguerris la pourroient seuls obtenir , comme les Romains contre les Partbes , ou comme les phalanges macedoniques contre Darius ; et la cavalerie meilleure que la leur , quand elle ne seroit que de cinquante mil chevaux , se meslant , et ne tombant point en la foute accousUunée de les suivre , obtiendroit
là victoire ;] laquelle obtenue dtt tout entière ; seroient suivis des mal armés Polonois et Tartares en ordre , au grand pas, par les reistres; François et Espagnols , sans abandonner leur infanterie que le fort du grand seigneur et toute leur artillerie ne fussent pris. Faudroil observer ^qu*y ayant en chaque croissant des chrestiens, que l'on peutxpialifler adtant* garde , bataille et arriere-{;arde , un fmt en chacnne garny d'infanterie , que la cavalerie se tinst sur les costés desdits forts, sans se mettre devant les gens de pied et artillerie dont dépend la principale exécution , ains' , se rangeant en aisle d'un costé et d's|utre sans les outre passer ; ce seroit le mieux ; puis s'en al* 1er assiéger Gonstantinople : si le bonheur dit; on s'en peut foire possesseur en quatre mois : il consiste beaucoup en l'armée de mer , la* quelle pareille à la leur ou meilleure , iln'yi plus de doute de la victoire ; tout gist à faire l'un desroysde France ou d'Espagne empereur, ou d'accorder Tempereur avec un d'eux, tellement que ce ne fust qu'une mesme chose. Le plus difficile seroit àpersuader, par dévotion ou par artifice , au roy , qui n'iroit poiaC en ceste guerre , de demeurer en paix, et n'entreprendre point sur les pais de celuy qui y ira.
Les Turcs ne permettront , non plus qu'ils ont permis au passé , d'entrer cinquante lieues en leurs conquestes sans hasarder la bataille ; il sçavent que leur importe la perte de réputation, de reculer et laisser prendre leur pais de* vaut eux , pour l'innombrable nombre de chrestiens qui y sont , lesquels , sur l'opinion que les nostres seroient les plus forts, sejoin* droient à eux. Us donneront la bataille , et s'ils la perdent , ainsi qu'il est à croire , l'ordre y estant mis comme nous escrivons, outre les heureux progrès qui suivent la victoire, souvent plus grands qu'ils ne se fussent osé promettre , tous les plus généreux et plus braves des Turcs y mourront ; qui apportera un grand descouragement à leur armée de mer , contre laquelle il se faut préparer , d'autant qu'il semble que Gonstantinople ne peut estre pris que les chrestiens ne soient maistres de la mer, parce que le secours viendroit de l'Asie et de Scutari. à Ctonstanlinople , n'y ayant qu'une lieue de mer à passer ; et foudroit observer de
n'adTABcer Tumée Bavalle jnsqucs à ce que la bataille de leire fust gagnée , et lors sans marohander il faudroit que rarmée navalle tirast droit aux deui chasteaux, si cela nestoit que la bonne foitunedes chrestiens jeltast tellement Tespouvente aux vaincus, qu il y eust un grand desordre dans Gmsiantinople ; ce qui ne seroit nouveau , parce que nu)y y arrivant quelque temps après que la bataille de Lépante avoit esté donnée, j^aprisquo les soldanes du sérail et les principaux seigneurs et bùchata tranaportoient toutes leurs richesses en Asie , ne tenant pour bien aaseuré qu'ils ae peusseni garder à Gonatantinople si les cheatlens soivoient leurs pointes , pour la grande febellioÉi qui suivroit par Taide des Grecs. En ee cas , dy-je , il seroit nécessaire de soudainem^tt tenter ee qu'Annibal faillit après la victoire de Ganes , laquelle s'il eust suivie luy eust mis Rome entre les mains. Si on ne voyoit rien de pareil, fnidroit aller rencontrer avec rarmée de terre victorieuse la navalle chrestienne auprès de la Morée , et à cinquante mil des deux chasteaux les deux armées cbrestiennes. Tenant le dessein et le rendez-vous secret, qui empescheroit la rencontre de Tarnée navalle des Turcs ? 11 est certain que Tarmée victorieuse renforceroit d'hommes et de courage celle de la marine , qui , se costoyant tout ensemble , marcheroicnt droit aux Dardanelles : ou Tarmée turquesque viendroit au combat. Ou elle se retireroit par delà les deux chasteaux à la mer de Marmorat , proche Gai- 1^11. Si elle voBoit à la bataille après avoir lecea une si grande bastonnade que la perte de leur armée de terre , où swoient esté ensevelis leurs meilleurs hommes , mal-aisement resisteroient-ils} et s'ils passoient les deux ebasteaux et se mettoient dans ladite mer de Marmorat, le chasteau d'Europe, qui ne vaut rien , seroit pris en un jour ; et se trouvera plusieurs ports du long la coste de Thrace, pour mettre Tannée navalle en seurté. Et quant au chasteau d'Asie, qui ost plus fort , il se pourra aussi pr idre , n'estant assisté de leur armée marine; et quand bien il demeureroit , il ne peut endommager qu'elle ne passe du long du bord de l'Europe pour aller chercher à combattre celle des Turcs ,
( ce qui n'est croyable qu*ihi {ecem, ai^ hasai-deroient plustost le combat ). Mais iW "^ se retirent ayans mis l'armée de port de Gallipoli , toute Tarmée peut aller au siège de Constantinople et il séparer en deux : la moitié , passant liailmii petites rivières qui entrent dans le pori m dessus, se peut venir loger à Peyre , iagaoBu est toute ouverte , et n'y a point de mufêiBii et aussi il faut que l'armée de mer det TuMe soit perdue et dcsloge du port , lequcd port iH près tenant Peyre ; et demeure ftmstaiitlm»» pie assiégé , ne pouvant leur «aée de mer demeurer qu'entre leur Scntari elle semil^ là on elle ne peut estre en seorlé àeatiaa êê courant et des orages ; ainsi il faudra qa^éÊê cherche combat ou qu'elle ae retite en le mtÊ Noire. Le principal consiste à rendre Vwnlêê de mer forte d'hommes et de bons AnirfMi et de vaisseaux , d'autant qu'il est fort MOëÊf* saire d'estre malstre de bi mef, œ qri le pourra à la fovenr de ki grande vieieive éb» tenue par terre. Et d'autant qee je scef U fortification de Constantinople , Tayint ftvf considéré , elle me semble focile à prëÊêm Il n est point besoin d'assaillb* les obasteaM des Sept-Tours séparés de la ville, et pta» bas que le serrait , qui ne commande poml.- Faut attaquer les murailles de la diele ville ai deux lieux , du costé du port , là où il y A dei fauxbourgs jusques tout contre , et d« ceslè de la venue d' Andrinopoli. Il n*y a nuls bai^ tions , c'est un fossé à fond de enve^ feveaii de pierre de taille , lequel paaaé ae trenvn une fauce-braye de b hauteur de dottatf pieds , flanquée de tours de la afeeeme hai» teur; la fauce-braye est pleine de terrain de seize pieds de large , à la fln duquel s'esleve une muraille de vingt pieds de haut , flanquée de tours qnarrées de tretffé pieds de carrure , et de mesmc hauteur; pom un autre terrain sur lequel s'esleve la troisième muraille , remparée de la mesme forme que celle du milieu , excepté que les tonre sont rondes; tontes lesqrelles fortiiicatione je mesprise fort , pnrco que les mines d^ime des murnilles et torr:iins servent de pont pour ga{jn<»r l'autre, et que ce ne sont que tours : et qui y auroit mis vingt cnnons François , bat-
s'ils le retirent au port de Constantinople [ tant avec h diligence qui nous est mainte*
RÈGNE DE FRANÇOIS i.
lée , Ton y verroSt promptemcnt uno vesche. La difficulté seroit à faire sou« sldes trancbces pour gagner le pied vUm da fossé pour les couper, ù ce que aaf pussent estre logés en lieu qu'ils f mir le pied de la fauce-braye. Et ne ■ne ces gens pourroient soustenir K tels que les chrestiens les dona qui ne sont armés ny usités à les r. El croy qa*il ne seroit besoin de se beaocoap à ceste prise , et qu'après uOe perdue ils ne s'opiniastreroient r Constantinople ; et adviendroit de piwfinsi qu'il advint de celuy de Dawimr qa*eus^ n'ont jamais mis leurs p*en leurs bras, et qu'ils ont tenu et citadelles de leur empyre . et leur cavalerie. Icelle deict forteresses prises , se jugeroient et n'auroient recours qu'à redresser re armée en Asie , revenir tenter la Et au luruit de ceste victoire j et à ce 'armée chestienne seroit renforcée de • amant qu'elle estoit , et sur la prosloroît assistée de plus de cent mil Moldaves et Yallaques.
able parle dans les Ludieriens, les fàt- Bidttr qu'il ne faut faire la guerre au I It ioufirir comme chastiment et verge u 5*y exposer par la force , disent que nbttttre contre la première puissance»
i bat vaincre par bonnes vies et oraiependant ils entrent dans l'Hongrie »
t, saccagent, emmènent trente mil nqadles ils font renier Jesus-Christ.
Mis. Dieu les convertira quand il luy » A avons nous nostre libéral arbitre.
oie le peut estre entendue des Turcs , iC hire escorte par les armes : qui ne . n'est baptisé , est condamné ; plus de i nous pouvons faire, plus d'ames avons ; empeschant la prise des chres- (*est enpescber la perte des âmes. Les ens trouvent mauvais tout ce qui vient ; , et comme les mauvais soldats voula guerre aisée et ù leur porte pour la diversité de secte des clveslions ss Turcs de suivre nostre foy ; chacun t entendre que , s'ils ne sont do la IiMir, ttt damnés ; trouvant de l'incertitude
à leur conversion, ils ayment mien deme^rer en la leur.
Les diables , pour troubler la religion , sV dressent premièrement aux Allemands , pins grossiers qu'autres nations, crainte d^eslre descouverts à l'abordée , estant certain que les Espagnols et Italiens ont plus d'esprit que les Allemands ny les Anglois. C*est pourquoy ils n'ont changé leur religion , et ont desconvert lapiperie des hérétiques. Plusieurs meschantes inventions sortent d'Allemagne , kt poudre à canon , le luthéranisme et antres ) la froidure du pais les reclut sept mois dans les poisles , où ils ont loisir de méditer ces fantaisies , l'esprit n'ayant object ny diver-» tissement.
Ceux qui sans grand subject n^ayment leurs frères et parens , ny font pour eux , ne éoit* vent estre recherchés d'amitié i mal feroient il^ pour ceux qui ne leur sont rien.
Le roy > se mettant le premier au pouvoir de son ennemy en sa galère , moostra te moins de deffiance ; ce n'est pas moindre homienr à l'empereur de ne l'avoir prins. Ge qu^il se mist entre ses mains à Aignemorte n^est qu une suitte du premier effect. Estrange changement ! ceux qui publient les François sans foy, sans créance , et qui avoient foit et dit le pis qu ils pouvoient d'invectives et li-^ belles y estoient soupçonnes d'avoir fait em-< poisonner le dauphin, dont les seurtés avoient esté cherchées pour se battre , se fient Tu» de l'autre , ayant tous deux occasiona de sè prendre prisonniers , pour s'estre des)è ton^ deux plusieurs fois trompés et manqué de foy. L'empereur avoit espronvé que la prise d'un roy de France n'est pas la mine de son Estât ; au contraire la rétention de l'emp^-' reur eust apporté une grande fevenr au ref François : ce fust esté injustice de le retenir, et eust prodnict beaucoup de mauvais bruits, il faudroit estre aussi religieux en l'dbserVStiefi de n'entreprendre guerre injuste, que Ton est à ne les finir point par actes extraordi-* naires. S'il faut perdre son ame , vaut autant pour l)eaucoiip que pour peu ; il faut chercher la fin de la gueiTC par tous moyens. Le roy obtint Tlionneur de ceste fiance , pour s'estre mis le premier entre les mains de son ennemy ; et encore que depuis l'empereuï