LIVRE HUITIÈME
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ç Que , désirant que Sa Majesté rccognoissci au doigt et à l'œil tous ces desordres dont lo sieur de Gonnort, son frère , luy a parlé ar-» rivant vers elle , il a bien voulu charger le ca« pitaine Martin , y retournant , de luy en descouvrir les causes, et la supplier d'y pour-^ voir, et pareillement sur les particularités qu'il luy représentera.
Que Tentreprinse d'Ast , qu'il a en main ^ ne se peut exécuter que Sa Majesté ne soit la plus forte à la campagne , pour les considerations que ledict Martin pourra dire.
Qu'il tient l'entreprinse de Savonne poui* plus réussible que nulle des autres (jifil ait en main , pourveu que Sa Majesté donne or* dre pour estre plus forte par mer.
Quant à celle de Tortone , que Sa Majesté se souvienne, s^il luy plaist, de ce qu'il luy a precedemmcnl escrit, se tenant à luy comme asseuré de. l'emporter, si elle luy donne la force et les moyens pour l'execirter, et sans lesquels sa vigilance et son aflection ne peuvent produire les gloiieux eiTects qu'il désire : suppliant Sa Majesté de consi-^ derer quels seront les efforts que feront les ennemis lors qu'ils se verront pinces de si près , puis que pour Yulpian seul ils despendirent de trois à quatre cens mil escns , et que pour Valence seul ils en ont maintenant accordé deux cens mil.
Que Sa Majesté n'ayant secondé de ses moyens la diligence que le mareschal avoit apportée aux sièges de Valfenieres et de Vulpian , qui estoient réduites h l'extrémité , l'un et l'autre avoit esté perdu avec le temps, l'argent et la réputation ; on (in , qu'elle pouvoit avoir recogneu qu'il n'estoit pas de ceux qui faisoientde grandes parades pour embarquer' Sa Majesté en desponcc , et dont on ne recneilloit souvent autre fruict que la prinse dô quelque bourgade.
Présentera à Sa Majesté Testât de la re-^ cepte et despencc , par lequel elle recognois^ tra la faute des assignations , et le mal qui eu est advenu : et conjoinctement fera voir qu'il n'y a soldat qui ait chaussure ny habillement, ne vivans que de prests qui sont deus avant qu'estre i cceus , et cpie si , des quo^^ qui leur sont deus, ils n'en tour deux ù la fois, il n'y aura 4»
MÉMOIRES DÉ BOYVIN DU YILLARS.
sent accommoder, ny consëquemmeiu aussi les tirer en campagne , comme il sèroit nécessaire, soit pour fortifier Bassignave ou entreprendre ailleurs.
» Que les officiers de Tartillerie sont aussi de leur part réduits à .telle extrémité , qn*il p*est possible d*en tirer service sans paye-« ment , leur estant deu à la fin de ce mois sept mois entiers.
Suppliera finalement Sa Majesté de croire que le mareschal ," ny tous ses autres serviteurs qui sont deçà des monts , n*ont faute d'affection, de courage ny de valeur, pour Tadvancement des affaires ; mais que tout cela ne peut produire les fruicts qu'ils désirent sans avoir en main de quoy y fournir ; et que quand encores ils ne Tauroient que médiocrement , ils feroient neantmoins cognoistre qu'ils açavent utilement mesnager le talent parmy toutes sortes* de fortunes* 9 Dira ledict Martin] que le secrétaire Boyvin, ne fiiisant que d'arriver de devers Sa Majesté j le mareschal n'a eu loisir de satisfaire ny de respondre aux commandemens qu'elle luy a feicts par luy ^ à quoy il satisfera par le secrétaire Boudet i vray baudet , qui partira dans deux jours. « , Du cinquiesme avril , le mareschal respon- ^nt à ce que Sa Msyesté luy avoit mandé par moy , luy donne asseurance de se mettre en devoir de fortifier Bassignave et Montechiar, toutes les fois que elle prendra resolution d'estre le plus fort à la campagne, et d'ordonner aussi quelque argent pour y fournir, avec ce que le pids pourra contribuer; et qu*à la terité ces fortifications sont nécessaires pour maintenir Valence, Casai et Mont^ caivé , et jetter la guerre dans le Milannois.
Que si les trésoriers eussent esté aussi diligens i rembourser , qu'ils ont esté à desgous* ter les marchands qui ont cy-devant preste, on trouveroit encores quelque secours parmy <;u\ , pour entreprendre ce que Sa Majesté désire ; mais que s*il avoit aujourd'huy affiiire de cent escus il ne les pourroit trouver , tant chacun estoit rebutté, et non sans cause, le boa payeur faisant tousjours le bon presteur. Que le règlement des bandes et des payemens se fera selon le vouloir de Sa Majesté , li^quelle est fort mal servie ;au ^t du.reufort
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des Suisses ; joinct que les sept premkresei. seignes sont arrivées àSuze sans qu'il y ^ la moindre nouvelle de leur payement L\ devdt estre au mesme temps , et pour eiQet pour les autres aussi , qui lessuyToimàdem journées près.
Pareillement que, quoy que SaHajestéir ayt mandé que les payemeos serdeot ta.
voyés pour les François et Ilaliens.afinè les tirer en campagne , il n'en estoit toutes nouvelles ; de manière qu'il a esté coutrak: faire fournir aux Suisses ce qu^SyaTo'aée fonds pour faire nn port aux uns et aux aiitm, afin de les retenir , sur Fespm'ance qu'il ani d*y suppléer par la venue do payement ib Suisses : suppliant très-humblement Sa Mi. jesté le foire haster avec toutes les astre provisions promises , et sans lesquelles \mn choses demeureront inutillementsuspeudDa
Que le neur de Sanfré , auquel il a dooif Tune des compagnies de cavalerie que lepsis a accordées , s*est mis dans Bra , avec qi^. que fanterie qu*il luy a ordonnée, etdoQtl tient ceux de Gairas si à l'estroit qu'ils m comme assiégés.
^ Que les sieurs Ludom de Birague et k Sainct-Ghaumont estans sortis de Santia;^ aller à la guerre, rencontrèrent, il y a mfm, cinquante chevaux , et environ trois ceak& mes de pied , qui alloient saccager quelles villages , qu'ils chargèrent sans mardank, et estrillerent si bien , qu*il en dâuenra pb de six-vingts morts et autant de prisonnleîs et que le lendemain , ils donnèrent aussi n pareil banquet à environ douze cfaeno ei cent arquebusiers qui alloient brigariasle pais.
Qu^il avoit aussi donné nne compsgmede cavalerie au sieur de Bellegarde , cem i^ M. de Termes , gentil-^iomme de graode ^ perance , et iceluy mis en garnison à CefiUl, dont estant sorti pour aller cercber adreL ture, luy douzîesme à cheval seul^nm,!!
rencontra le capitaine Pierre Pelazia , liat*> nant du sieur de La Trinité , avec aoiok . et montés à Tadvantage. Tout aussî-tosiqs s'entrevirent, les trompettes comneocen à s*eniresaluer , et luy soudain gagna nop ou il faisoit beau jouer aux barres, se tist ftnr
et serré attendant l'autre, c
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pendant aux siens de donner dans les chevaux de Tennemi , laissans à luy le combat du capitaine t qui estoit lors aussi entré au pré avec mesme ordonnance. Soudain ils partent Tun contrerautre :Bellegarde,monstrantlecbemin aux siens, enferra si bien le cheval de Pelazza, qu*il tomba par terre et luy dessous, tellement engagé(qu'il ne s'en sceut relever; trois autres des siens eurent aussi leurs chevaux si
blessés qu'ils ne sceurent combatre ; de mamere que tous leurs compagnons estant passés au fil de Tespée , ces trois et leur capitaine furent emmenés prisonniers à dental. Ledict sieur de Bellegarde donna à ceste première . rencontre une fort grande expectation du ju* gement et de la valeur qu'il monstra depuis , en plusieurs autres factions.
Du 2 avril , qu'estoient arrivés quelques deniers de Lyon , avec lesquels , et ce qu'il pourroit emprunter sur gages, il esperoit de faire donner quelque monstre à la fanterie françoise et italienne, afin de mesnager le nouveau renfort des Suisses , soit contre Yalfenieres ou Pont-de-Sture, qu'il avoit envoyé recognoistre au dedans et au dehors par gens de jugement et fidelles qui ne sont encores retournés, au rapport desquels il tournera ■teste ; voulant bien , auparavant que passer ^jplus outre, avertir Sa Majesté que si dans Pqninze jours après il n'a de quoy faire faire '^ nonstre auxdicts François et Italiens, force loy sera, malgré qu'il en ait, de quicter la partie et reconduire l'armée aux garnisons, avec des-honneur infiny et perte plus grande. % Le roy donna advis au mareschal qu'il avoit ^qpesché le sieur de Mendozze pour aller fûre une levée de cinq mil Suisses , et celuy de Montoison pour assembler l'arriere-ban de Dauphiné ; que il a aussi ordonné*que les regimens de Roymendorff et de Rifllemberg marchent en Piedmont avec la compagnie du aieur de La Fayette : que Sa Majesté avoit en^ fia résolu d'estre si forte delà les [monts, que toutes la guerre de France s'y transfe* rast ; que Port-Hercules s'estoit recentement perdu par faute de jugement et de courage; qu'elle estoit résolue d'envoyer M. de Termes en Toscane au lieu du seigneur Strozzy , et d'y envoyer aussi force trouppes fraiiçoisos