LIVRE HUITIÈME
ontr&inct de mettre la main aux armes >s foire retirer ; et en ceste mal-heu* faction il n*y eut homme de marque qu'un {rentll - homme et environ cent yingts soldats , que morts , que blésï mareachal, infioiement desplaisant des-ordres , fit ceste reprehension et itrance à Tarmée : « Je ne vous estimeis dignes , comme je faisois cy-devant, sis et mes compagnons , de pert^ le 'hommes bien eonstans , fidelles et af^ ocs au service de Diea , du roy et de ie , ny de la gloire de leur gênerai puis qu*à ses yeux vostre ame s'est c si couarde , que le seul esclat des ennemies vous feict tourner le dos sur esche ou Ton pouvoit mesmes monter il ; et tout cela au perpétuel vitupère, I nostre nation , mais de vous seuls, vétérans du Piedmont , qui soûliez cyfuire trembler Titalien et TEspagnol.
fe et la honte est telle que le décimât t celuy qui la peut purger; toutesfois , je regarde vos visages , je les vois telenflammés pour le regret de la faute ,
pardonneray à tous , si au lieu ou je 3nduis je vois vos courages si acharnés e vos ennemis , que la mort ny mesmes igcrs n'en ayent sceu cffirayer ou retearcedevosbras.»
là que c'est que donnar les charges à des ui n ont autre valeur et prudence que e et la témérité , presumans de ce qu'ils moins ; aussi les despens en tombèrent oy , qui Tavoit choisi. Je vis Theure que eschal luy cuida donner de Tespée ers du corps. S'il l'eust ixdct il se fusl
de beaucoup de peines qu'il luy mcores depuis , tant ce seigneur esifit en haine : aussi disoit-on qu'il ne ; , comme porte le dire commun , en le sur bcm gage. Je m'en rappcwte à en est ; et de faict , (fepuîs il fina ses rt malheureusement dans la Sastille , Lpiation de ses péchés, nesme instant que ce desordre siu*n eut nouvelles que le marquis de e marchoit avec l'armée au secours Y : surqnoy, les seigneurs du conseil lés , il fut disputé de ce c[ui esioit à
faire : chacun enst conclnd au combat , tans les plus forts, comme nous estions, sans la corruption et désobéissance que le vidame avoit introduite dans l'armée , de laquelle il se retira et alla passer son temps à Pignerol et à Thurin , faisant semblant d*es* tre malade. Or le mareschal s'advisa d'un ex«pedient par la practique duquel il metloit le marquis à l'hasard de perdre et son armée et tout d*ua train Fossan et Coay.
Il leur remonstra donc qu en quictant , comme il vouloit faire , le siège de Cony , il marcheroit vers la plaine d'entre Sahioes et Fossan, où il se parqueroit avec l'armée; que cela seroit cause que le marquis s'advanceroit vers Cony avec la fleur de la fanierie et ea- Valérie seulement, laissant le gros de l'armée à Fossan pour l'attendre , en intention , après avoir visité et faict redresser les ruynes et les brescbes , de tourner teste vers kdict Feesan ; qu'il estoit résolu , pendant qu'il feroit ce voyage, de faire venir en toute diligence dix enseignes fraisches des garnisons et quatre cens chevaux ; et que tout aussilost qu il adroit cela , il feroit marcher toute la fanterte et cavalerie es environs de Fossan, et icelte bien barricader dans les villages et metai* ries , qui sont fort fréquentes à l'entour , le tout commandé par M. de Termes, pour serrer les vivres à l'armée qui estoit là dedans engagée , et la réduire ou à se desbander ou à se diminuer , et par la faim et par la fre* quenee des oombats qui luy seroient partieu^ Uerement rendus et de jour et de nuict : et que luy , avec douze cens chevaux et trois cens arquebusiers à cheval , yroil vers Geoy ; dont succederoit que le marquis serat forcé de s'enfermer , luy et ses trouppes , en ce lieu où il n'y avoit que vivre , ou qu!il seroit cratrainct à venir au combat , ou à se sauvet et retirer par cinq on aix îeuraées qn'il y a de montagnes fort aspres et stériles depuis le< dict Cony jusques à Savonne ; dont sa trouppe demeureront à demy defaicte , et Cony si des** pourveu de vivres et mal fortiâé , qu'il y retoumeroit tout soudain pour l'emporter , au moins s'il n'avoit meilleure occasion en main.
Que cependant ceste armée eugagée dans Fossan , ainsi destituée de ses chefs , seroit defi]iicte peu à peu à meeure i^m la £aim lea
MÉMOmES DE BOYVIN DU VILLARS-
presseroit de prendre Thasard de la'sortie ; el que ces jeux aiosi joués , sans doute Gony et Fossan seroient emportés sans hasard , et peust-estre aussi quelque autre chose de meilleur. « Il se faut baster , leur dict-il , car tant plus on consulte sur les choses hasardeuses , et tant moins les entreprent-on , et de là elles sont tousjours descouvertes. L'espérance que j*ay d*un heureux succès est beaucoup plus forte que n'est la crainte de perdre davantage : vous sçavez qu'il n'y a point d'entreprinse plus réussible à la guerre que celle mesme que lennemi ne peut croire qu'on puisse entreprendre. •
Geste resolution fut grandement louée , approuvée et embrassée d'un chacun, de laquelle les effects s'ensuy virent depuis , à peu près de ce qui avoit esté si prudemment projecté. Car le mareschal ayant levé le siège de devant Gony , le marquis de Pescaire y entra à cheval par la mesme bresche que la mine avoit faicte ( ce que vous noterez à la confusion du vidame) où ayant demeuré fort peu de temps , il fiist tout esbay que il vit revenir le mareschal : dont il jugea que le jeu ne se demesleroit pas sans un hasardeux combat, et qu'il valoit mieux mander, comme il fit, à ceux de Fossan qu'ils se retirassent en Ast , et que luy prendroit le chemin de Savonne pour se retirer par les montagnes, où, par les mes-aises et aspretés du chemin et des chaleurs , il perdit la pluspart de ses trouppes, avec une grande bresche panmy Thonneur et la prudence dont il se chatouilloit.
' Quoy entendu par le mareschal , il retourna bride , et s'en vint à Parviere , où estoit logé le gros de l'armée , tenant toute l'advenue d'Ast à Fossan. Au mesme instant il eut aussi nouvelles que le cardinal de Trente et le sieur Nicolas Madruce son firere s'en venoient en Ast avec le nouveau régiment d'AlicmaDS, six cens chevaux pîstolliers , deux cens hommes d'armes, et cinq cens chevaux légers, et trois cens gentils-hommes volontaires du Milannois , avec intention de venir desengager Tarmée qui csloit à Fossan , ayant sceu que plusieurs trouppes qui s*estoient hasardées d'en sortir avoient esté defaictes , comme il fnt^ à plus de trois cens chevaux.
' A ces nouvelles , le mareschal prii lution de faire tout ce qu'il pourroit | pescher que ces deux armées ne se | rejoindre, pour Icsrpouvoir ainsi sep combattre, ne se recognoissant as pour ce faire tout à la fois si elles ; bioient une fois, mesmes estans soj de cavalerie à nostre armée.
Pendant qu il se preparoit à ce cd donna advis au roy de ce qui avoit e à Gony et depuis , et la resolution qi maintenant prinse ; suppliant Sa Ibj croire que les soixante mil escus q« avois apportés n'avoient peu sapplc despartir cinq ou six cens livres poi pagnie ; que leur estant deus de qualr mois, il les voyoit réduites à un si exi dangereux desespoir, qu'il faloit i succedastde trois inconveniensTun.
aventure tous : le premier, le dang< mutinerie lors qu'il est sur le poinct < battre ; le deuxiesme , la contrainte défaut luy apportera de se reUrer a nisons sans rien faire; et le troisie perte du temps et des occasions qui ; peu estre exécutées à l'advancemenl faires de Sa Majesté , et qu'il f audit jours neantmoins , à la parfin , veni payemens ; que le dommage et la p en sortiroit estoit à mil pour cent pli mageable que le propre interest d prunt qu'on eust peu faire pour fboni nécessités inexorables , conune il av< M. de La GhapcIIe Byron , porteur ( depesche , remonstrer à Sa Majesté , je , qui estoit visible tesmoin de ces o n'ayant depuis la prinse de Valfeniere d'avec le mareschal , servant avec c fort louable.
Supplia de mesme Sa Majesté de Testât de maistre de camp , que teooi ron de Ghepy, au sieur de Salveso neantmoins quicter le gouvernement sal; que M. le vidame, avec leqne toit reconcilié , en escrivoit luy-mesi Majesté.
De pourvoir diUgemment au rempk des poudres despendues à Yalfenim ras et Gony.
-' Du vingt-troisiesme juillet, que- IC