LIVRE HUITIÈME
*ûre ayoit failly de prendre la Guasir la trop grande vivacité et courage fils ; qu*il voyoit que les a&ires de la i M. de Guise , ni les siens aussi , ne ml prospérer, si-non autant qu'avec de Piedmont ils endommageroient ires de la duché de Milan. Sur ceste e, ledict La Chapelle fut encores de remonstrer au roy qu'il ne feilloit I Sa Majesté attendist aucun secours ice de Tannée, au moins si des cinq ui estoient deus elle n'en envoyoit csentement les deux , et les autres ins quinze jours après; et qu'en le ainsi , il s'efforceroit de feire quicter ijesté le cinquiesme mois , et qu'aussi* e cela seroit accomply , et le renfort luy avoit promis arrivé , il s'advancebrt en la duché de Milan , que le duc seroit contrainct de tourner ses prinforces de ce costé ^ ou y laisser faire irde bresche.
par incident noté qu'au mesme temps duc de Ferrare escrivoit , M. de Guise aussi an mareschal que n'ayant trounme il avoit prédit , aucunes provie la part du pape sur les choses proqu'il avoit depesché le sieur de Noailles roy, pour sçavoir s'il toumeroit teste 1 daché de Milan, on s'il patienteroit ente des provisions frivoles de la part e. Cela s'appelle vouloir fermer Tes- M-ès que le cheval est peardn.
lareschal , en tenant l'armée du marigagée dans Fossan , qui estoit comle dix compagnies de gendarmerie ndées par Manfre Tomier, Novart de quinze compagnies de cavalerie n Baptiste , Romain , et quatre mil fan- Espagnols et Italiens , et quinze cens 3S 9 faisoit faire tout en mesme temps de la récolte, tant es environs d'iae de Cony aussi.
ingt-septiesme juillet, ceux dudict , ne pouvans supporter l'incommoils estoient reduicts , firent sortir du il estoient messieurs d'Ampville et vide Chartres , qui estoit revenu en trois cens hommes de pied et soixante
I, qui furent fort rudement chargés [
et menés battans jusques sur le bord du fiwse , sans perte que d'un cheval d'Espagne qui fut tué sous ledict sieur vidame.
Et au mesme instant que ce jeu se demes* toit , ils sortirent aussi du costé où estoient le mareschal et de Termes, qui les rembarrèrent bravement avec perte de plus de cent hommes , sans qu'un seul des nostres y f ust demeuré, la crainte ou Tespouvante ayant desjà si avant saisi le cœur des trouppes en-* nemies , que tout s'y demesloit plustost par hasard que par jugement.
Du dernier juillet , le mareschal donna ad'* vis au roy que le marquis de Pescan^e avoiC perdu beaucoup de ses gens , de tous lesquels peu fussent demeurés , s'ils n'eussent eu à Savonne des barques pour les porter à Gennés, d'où il estoit party et venu en poste à Milan.
Que les reistres qui estoient venus en Ast en estoient partis pour aller ù Tortone , en attendans le marquis , lequel devoit rassembler ses forces pour venir desengager l'ar^ mée enfermée dians Fossan , et faire qnicter le degast de la campagne.
Qu'il a cependant depesché le, vidame de Chartres pour aller prendre le chasteau de Carail , qui est entre Gony et Salluces , qui s'estoit rendu à luy après avoir enduré cent volées de canon seulement, au lieu de cinq cens qu*il pouvoit attendre, et puis caïutuler*
Qu'il luy a commandé qu'ayant renvoyé rartillerie i Saviglan , il donnast jusques à Gony , tant pour gaster la campagne comme pour brusler les moulins , ce qu'il avoit fort heureusement exécuté, fors les deux qui.sont attachés au fossé de la ville ; et que h garnison estant sortie à l'escarmouche , il en avoit deffiiict une trentaine, et amené autant de prisonniers. Et peu s*en fallut qu'Alexandre de Magio, qui y commandoit, n'ydemen-* rast.
Que par lettre du sieur DasncMs , ambassadeur aux Grisons, il avoit esté adverty que les ennemis avoient foict lever par le comte d' Autemburg mil chevaux , qui sont es environs d'Auguste, pour les faire descendre en Italie avec huict cens bestes de charroy qui conduisoient des poudres et des salpestres ; qmesi cestadvertissement estoit véritable ,
MÉMOIRES DE BOÏVIN DU VILLARS
comme il esUmoît , il seroit désormais temps de haster le renfort d'hommes , les deniers et les poudres que Sa Majesté avoit accordées*
Qu'estant tombé malade des (puttes et de fièvre tout ensemble, il estoit contrainct de se retirer à Saluces pour penser à sa santé ; mais qu'auparavant que partir il avoit faict aller M. de Termes à Genoilles avec le plus gros des forces; le sieur de Gonnort, son frère, à Bra, avec quatre compajjnies de gens d'armes, deux de chevaux légers et trois de fantecie; à La Morrc, Noël et Verdun, autres deux compagnies de chevaux légers , et autant de gens de pied à Beines , sous Montbazin ; comme aussi avoit il faict les seigneurs de La Motte Gondrin , et Saînrt-Chaumont , et La Curée , à la Vilicneufvo ; et donné si[;nul ù chacun d'eux pour à niesme liourc se jetlor sur les chemins, à fin (|uesi ce qui esloii engagé dans Fossan vouloit sortir, ils eussent tout à coup, et de tous costcs, tout cela sur les bras.
Du huictiesme aoust , qu'il a receu le règlement que Sa Majesté a apporté au faict des payemcns des assignations, et que si Texecution 8*en ensuit de mesme s;ins interruption aucune, que Sa Majesté pourra esli*e cy après mieux servie qu'elle n'a cy devant esté parmy toutes ces violentes et inexorables nécessités ; et que mesme il a aussi grande espérance d'emporter tout d'une venue Fossan et Cony, qui tiennent engagés, duns Mondevis, laines, Saviglian , Benlal et Carmagnoles , de quatre i cinq mil liommi^s de pied , et do quatre ù cinq cens chevaux.
Que les enuemis dépescherent soudain un capitaine de chevaux légers nommé le Millord , avec vingt-cinq chevaux , pour liasler ledict maniuis à leur délivrance , sinon qu'ils estoient résolus d'hasarder le pa(|uet , quoy qu'il en poust advenir. Cesluy-cy se servant de la huici, print son chemin pour aller passer par le derrière de Cairas et d'Albe , où toutes-fois il trouva fort l>onnes gardes de la part du sieur de Lyoux , gouverneur d'Albe , qui le chargea si rudement, qu'il y eut dixsept de sa suitte , que morts , que prisonniers : le reste se sauva dans les bois, où les paisans, avec le tocsin , les assommeront , selon l'ordre
qu'avoit cy-devant donné le marescb ces prisonniers il y avoit deux cor cavalerie et un alfier de Gesar de M; manière qu'il estoit de tous costéi que le marquis peust aborder à Fc eux en sortir , sans courir hasard d'i faicts , ayans à faire vingt lieues de parmy pais ennemi , armé , et qm' < jours au guet.
Le huictiesme aoust , le marescfail le vidame vers Cony pour de nouveau de brusier les deux moulins restons, ser une embuscade en un lieu qu'il donna , et dans laquelle il estoit im que l'ennemi ne donnast s'il sortoit, il estoit à croire qu'il feroit : et de fi Ion le project , les choses furent bc ment exécutées, à sçavoir les moulins et des ennemis que prins que tués, cinquante.
Au mesme instant M. de Tenses | Genoilles , avec bonne trouppe , coac les sieurs d'Ampville, de Terrides cis(]ue Bernardin , et autres braves < luy faisans compagnie, avec intenlio rompre les moulins de Fossan. Les ui autres , grâces à Dieu , exploictereni qu'ils exécutèrent leur dessein à li ruyne de ceux de dedans, qui eurent en avant plus à soutrrir.
I^ dix-huictiesme d'aoust, ceox san ayans faict une grosse sortie , le Termes, d'Ampville et tous les au gneurs, qui se tenoient toujours prests sortes de mouvement, montèrent à plusieurs charges et recharges fai costé et d'autre ; mais en fin une jeune de noblesse françoisc, qui s'estoit rai semble sous d'Ampville, donna si furie dans les ennemis, qu'ils les menerci jusques dans la ville, où le siean bouillet et trois ou quatre autres se rent pesle-mcsie enveloppés. Tout le y eut pour nous c'est la perte dudict Rambouillet, et celle de Paul Baptiste J lieutenant de M. d'Ampville , lequc fort vaillamment combalu avec son c eut la teste emportée d'un coup de c fut lire de la ville; c'cstuit un fort oc brave cavalier, ei qui fut re^frelté