LIVRE HUITIEME
t de son capitaine sur (ous. Qui conside près le jugement avec lequel le :hal conduisit tout cecy, la valeur et ion , autant des seigneurs que des solconfessera que les ruses et la valeur s en gros a surmonté , on an moins ostout ce dont les légions romaines ont fcomniandées , et par des esprits qui ont ipfois avantagé le compte.
Quict de ceste martiale journée, estant né à Saluées, sur la minuict j'ouis nn tintamarre à la porte du logis; je me et mis la teste à la fenestre. Je veis le le Lambres, valet de chambre du roy^ : de la cour. Je luy fis ouvrir, et, en lant , tous mes membres frémirent , par sage de la triste nouvelle qtfil apporla perte de la bataille de Sainct Laurcns, et blessnre de M. le t^onnestable. Et utant que les nouvelles et messages qui tnt la nnict s'addressoient àmoy parcomiment du mareschal, soit pour luy aller rter ce qnireqneroit prompte provision, ir la remettre h son lever, je partis sou- :e mon logis et vins henrter à la chambre t sieur mareschal , qui s'eveîlla en suret me voyant me dit : « Hélas ! mon vous m*apportez quelque mauvaise non- » M'estant approché de luy, je luy dis : I vérité, monsieur, elle sont plus tristes is déplorables que je ne voudrois , et s1l nais temps de déployer votre constance ne vertu , c'est anjourd'huy qu'il le faut «' Lors, luy ayant raconté en gros ce avoîs aprins, je feis entrer Lambres , y en fit le discours bien au long : après I me commanda de dépescher un courcprès à M. de Termes au camp , luy mt de se trouver de grand matin à Samenant avec lui les seigneurs de Gond'Ampville, vidame de Chartres, le ent de Biragne, les seignekirs vicomte urdon , de Lyoux et Francisque Beri , et auparavant que partir laisser tonies- 1 bon ordre en l'armée et en tous les endroicls, qu'il ne peust advenir auiconvenient pendant leur absence, et (otidain qu'ils auroient disné ils s'en ncroîent tous au camp, si que je fiiisois ce3 dépêche* , le $ieur
de Yineuf arriva , apportant auatf lettres et instructions de la part du roy sur le mesme suject dudict Lambres.
Tons CCS seigneurs estans arrivés sur les httict heures dtt matin , le mareschal , ayant aussi faict appeller lesdicts sieur de Yineuf et Lambres , leur fit exposer à tous deux leur créance, et faire lecture des lettres et instructions de Sa Majesté , portans qn'ayant M. le connestable fort heureusement jecié assez bon nombre de gens dans Sainct-Quentin , assiégé par les ennemis , et se retirant avec l'armée , laquelle, selon la coustume des François, ne gardoit gueres d'ordre en la retràicte, ayant mesme accomply l'efféct pour lequel elle estoit envoyée , elle auroit trouvé l'armée ennemie , commandée par les duc de Savoye et comte d'Aignemont , qui avoient gaoné le devant par le derrière de certains cosieauK et valions , contre l'opinion qu'on en avoit , et qu'il fallut lors forcement venir au combat , lequel auroit esté pour nn temps soustenu assez vigonreosement ; mais qu'en fin l'ennemy estant supérieur dé cavalerie , do resolution et d'ordre , l'advantage seroit demeuré de son costé , M. le connestable prias et blessé , combatant fort vaillamment, comme aussi avoient esté plasieurs autres princes et seigneurs de marqae , et plosieurs sauvés avec le sieur de Bourdilion , depuis mareschal de Franee , qui les départit tous dans les places de la Picardie , la plus part desquelles , sans cela , se fassent perdues , d'autant qu'on en avoit précédemment tiré les garnisons pour en remplir l'armée ; ce qui fut fait fort mal à propos et de longue main preven par le mareschal , la prudence et pre-voyance duquel le rendirent tousjonrs obstiné à fuir l'hasard des batailles , s'il n'avoit ses places si bien pourveues , qu'elles , en cas de fortune contraire , fussent pour tenir bon attendant un secours. Si dès la retràicte que fit l'empereur , et que le fils armoit grossement, le mareschal en eust esté creu , on Teust , par la levée d'une puissante armée, tellement rebuté, qu'il n'enst demandé que paix et amitié. Au lieu de ce faire on s'endormit en sentinelle pour espargner deux cens mil escus qui ont depuis cousté à la France plus de st:^ miUions,
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
[iSi
" Or,8ttr ce proposée ne veux taire le principal de ceste roude : il faut [donc sçavoir qu'un mois après que Tempereur se fut retiré en Espagne , le mareschal ^ me depeschant vers le roy , entre autres choses il me commanda de dire à Sa Majesté que le roy d'Angleterre faisoit lever de grandes forces en Espskgae , Allemagne et Italie ; que si Sa Majesté permettoit qu'en ce sien nouveau advenementil print quelque curée sur elle , que cela l'inviteroit et affrianderoit à y retourner ; là où , par le contraire » si Sa Majesté s'armoit de si bonne heure qu'il ne peust rien entreprendre à son préjudice , il se rebutteroit et demanderoit la paix. La responce que j'en rapportay fust que l'ennemi'estoit si endebté qu*il ne sçavoit de quel bois faire flesche ; que Sa Majesté n'avoit faute de prudence ny de soin pour digérer et pour prévenir ces inconveniens. Sur laquelle confiance n'ayant Sa Majesté faict compte de s'armer à temps , il en advint ce que le mareschal avoit prédit; car l'ennemi se jecta peu après le plus fort à la campagne , pour auquel faire teste en ceste repentine surprinse , on tira des places de Champagne et de Picardie les garnisons pour en faire on corps d'armée. Quoy recogneu par l'ennemi , cault et vigilant , il s'adressa à Sainct-Quentin , desgarny de sa force , qu'il emporta avec l'honneur de la bataille ; ce qui ne fttst advenu si , conformément an conseil du mareschal » on eust prévenu l'ennemi : et est chose estrange que j'avois lors en main un almanach de Nostradamus qui cottoit la perte dudict Sainct Quentin au mesme jour qu'elle fut prinse.
Revenant à ce que le roy mandoit pour remédier aux inconveniens où tout lé royaume pouvoit tomber , Sa Majesté vouloit qu'on luy envoyast diligemment tous les Suisses qui estoient en Piedmont , au ^nombre de quatre à cinq mil.
Qu'elle désire que M. de Termes s'achemine diligemment vers elle, à chevaux de reluis , et que sa compagnie de gendarmerie le suive ; qpe le sieur d'Ampville s'en vienne aussi , laissant sa cavalerie en Piedmont.
Que sans la grande réputation et support que le mareschal , par sa seule présence ,
si urgente nécessité , elle' l'aoroît s6g4 appelle près d'elle, pour en recevor le o^ conseil et secours qu'elle avoil tonqoon q de luy en toutes sortes d'aflaires.
Que ledict sieur mareschal luy enrop^ au parsus les Suisses , quatre comp^^^ gendarmerie et autant de cavalerie , et ^ pour un temps il se contentast de demeffer » la deffensive ; et neantmoios que Vkmi^ trouveroit fort pressé , qn*il fist de Mdh levées de fanterie et cavalerie de tosgem^ et qu'argent ne luy defaudroit pour ce fa: ny pour les entretenir aussi.
Après que toutes choses eurent esté «sia dues et debatues par ces seigneurs , h n solurent tous qu'il estoit Jpecessaire de £ gemment depescher vers le roy persoo&e-j presse , pour remonstrer à Sa Majesté ce<;j leur sembloit convenable à son service ,c^ consoler jaussi en ceste afliiction. Tout y habile que je suis» je fus choisi pour lu faire l'un et l'autre oflSce de la pan de taa et en particulier dudict sieur mareschal , di j'ai rédigé par escrit la principale toïaisu pour servir d'instruction à la postérité, rtpuj rendre le discours de ces mémoires vbà m telUgible. '
« Sur la disgrâce n'a gneres advew J/isr tie des forces de Sa Majesté , au coiéa tmli par M. le connestable an secours tti«im de Sainct-Quentin , dont le sieur de lakik et , depuis , celuy deVineuf , oot féa Vi^ cours à M.. le mareschal de ftûsac et à J les seigneurs de l'armée , ils ont , de ovd voix et concordance, chargé le secms^ Boy vin d'aller , de leur part , présenta k^ très-humble service à Sa Majesté « et la tçplier que , comme prince magnanime et nereux, elle vueille recevoir, para?
tant de grâces et de bénédictions qœ luy a cy-devant données, ceste petite pour tesmoignage de l'amitié dont Dies nore tousjours les siens.
» Que le prince magnanime , telle (pi est , ne se laisse jamais esbranler on par aucun sinistre accident , la comUKf| apprenante les supporter avec lameyc^ meté et inflexibilité qu elle mesme en ses premières armes , contre Charbi
pouvait apporter aux affaires d'Italie en une | quiesme lorsqu'il vint en Provence pi»