LIVRE HUITIÈME
us puissant que ne sera jamais le fils ; en que la divine Majesté ne défaut jamais à
qui entreprennent et qui désirent choses »tes que celles-là.
Qu'elle se doit aussi souvenir qu^en la re , non plus qu'en beaucoup d'autres es, les afisdres ne succèdent jamais gueres 1 nos desseins , ains selon ce que le Dieu batailles veut et permet *, que de là les mes sages et courageux en tirent leur irance , et mesnagent les occasions avec prudence et fort considérée promptitude, me ils s'asscurent que Sa Majesté saura IX faire que nul autre ; remarquant d'ail- > que ceux qui se laissent emporter à la ite et à la defliance demeurent tousjours >sés à nouveaux périls et hasards ; qu'en inistre accident Sa Majesté doit embrasser re choses : la première , souhaitter autant ^nsell de Nestor que la force d'Ajax , et , tne lay , avoir un merveilleux soin à ce . ne succède aucune discorde ny division ny les princes , seigneurs et capitaines , au contraire que « par une concordante enereuse émulation, chacun s'efforce, en inistre accident, à bien et fidellement ir Sa Majesté et sa propre patrie.
La deuxiesme , que Sa Majesté embrasse esnavant elle mesme fort vivement la doicte de ses affaires ; qu'elle se laisse rent voir avec un visage constant et asé , autant parmy le peuple que parmy les rriers , parce que la prudence , la vigueur i générosité du prince est la plus propre ecine qu'on puisse practiquer pour reire le cœur et la dévotion à ceux qui sont onés et peu accoustumés aux traverses de )rtune , et les animer tous à les secourir îrvir avec plus d'ardeur et d'affection que us. La troisiesme , que les prières à Dieu i promptitude des armes estans tousjours is qui repoussent la violence et qui don- . la victoire aux considérés , qu'ils sont
d'advis que Sa Majesté face, en toute eme diligence lever et marcher vingt mil ses , autant de lansquenets et de François,
pour ce faire rien espargner, afin que, nt à gros jeu , elle puisse non seulement msser l'audace de l'ennemi , mais aussi
éprendre encores de le recogner jusques u
au fond de la Flandre , et luy emporter quelque bonne place.
i> D'alléguer que ce sont choses aisées à discourir , mais difficiles à exécuter , à position contraire il faut croire que le prince guerrier , tel qu'est Sa Majesté , sçait assez qu'il est plus aisé à faire cecy qu'il ne sera pas à Tennemi de forcer tout à coup une ou deux places des siennes , ny de les fortifier et munir qu'avec temps et despences.
» La quatriesme , que les grandes affaires que Sa Majesté a depuis six ans en çà sur les bras la pouvant rendre incommodée à l'entretenement d'une telle puissance, ledict sieur mareschal et tous ces seigneurs sont d'advis que dès maintenant Sa Majesté se face contribuer , en argent comptant , l'entier revenu d'une année de tous les archeveschés , eveschés , abbayes et prieurés qu'elle a cy-devant donnés. Si ceux qui les tiennent sont gens de bien et bons François , nul d'eux ne devra refuser pour un an ce que Sa Majesté leur a donné pour tousjours ; s'ils sont autres , il les en faut priver pour jamais comme ingrats au prince et avortons de la patrie , qui ne peut estre ruynée que ils ne le soyent aussi eux-mesmes : et pour y inviter un cha cun, le mareschal, à la faveur duquel Sa Majesté a donné aux siens de trente à quarante mil livres de rente, commencera le premier de fort bon cœur ; car , à la vérité , quand Testât commun est destruict, ceux qui s'estiment bien asseurés en leur particulier ne sont pas moins destruicts que les autres ; et ^ par le rebours , si en la particularité il y a quelque mal , il se sauve avec la prospérité commune.
» Sa Majesté pourra aussi , par une gracieuse remonstrance , tirer secours de toutes les bonnes villes de la France , jusques à huict ou neuf cens mil escus pour le moins, qui serviront de première planche pour donner loisir au recouvrement des moyens particuliers de Sa Majesté; et là où il s'en trouveroit de renitentes , après que l'orage sera passé il les en faut chastier au double, comme perfides et ingrats à leur 'prince et la commune patrie.
>i Pourra aussi, ou de gré ou de force , faire contraindre tous les fermiers , soit du
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MEMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
domaine ou dos {pbelles , à faire advance d'un quartier de leur ferme.
» Pareillcmoni , de {jrc à gré , tirer de toutes les chambres des comptes, thrcsoriers de France , {{cnoraux des finances, receveurs, payeurs et autres , un quartier de leurs gages par advance. £n bien mcsnagcant les affaires, et sans permettre que les tliresoriors , les pensées desquels ne s'estendent pas plus avant que leur vie , fassent la moindre bresche du monde aux finances qui seront ainsi assemblées, Sa Miijeslé aura bien lost en main trois ou quatre millions d'or, qui porteront en avant la guerre pour plus de deux années , sans ce «lue , comme dit est , Sa Majesté recouvrera de main en main de ses revenus , se souvenant qu'en affaires d'estat si pressans que sont aujourd'huy ceux-là , il faut procéder cxtraordinairement, sans esgard ou acception de personne. Qui ne sauve la teste perd bientost tous les membres.
»D*alleguor, comme quelqu'un pourroit faire, quil y a du danger d'appuyer sa fortune sur des forces ainsi nouvellement levées, les François ny les Suisses ne peuvent recevoir ccste distinction ou accusation , car leur invétérée affection portera des regrets de ce desastre, qui leur imprimeront un courage extrêmement eslcvé à reparer les fautes et à réduire toutes choses enseurté. Ces desastres sont ceux , à la vérité , qui apprennent tousjours mieux (|ue 'nuls autres Tart et l'industrie à sagement et utilement guerroyer et à garder Tordre et la discipline , sans lesquels les armes ne prospérèrent jamais gueres.
» Que le commandement que Sa Majesté fait aujourd'huy de luy envoyer [tous les Suisses et la plusparl de la gendarmerie qui est en Piedmont, n'est pas médecine gueres propre à guérir les récentes playes; mais plustost pour ouvrir le chemin à Tennemi pour en faire do nouvelles; et sans toutesfois en tirer le secours que Sa Majesté prétend; on voicy la raison : ("e qu'elle tient de deçà luy a lousjours servy, non seulement d'augmentation d'i^slat , muis aussi de bride trèspropice à faire teste à l'empereur sur ce qu'il entre|)renoij contre lu France et ritalie,
I. D'ailleurs l.'s l\>rces sont aujourd'huy t'jllemcnt diuiinuécs ptir le continuel travail ,
par les maladies, et surtout parla (aote de pay emens, que le nombre n*en est si grand nyâ robuste qu'elle pourroit estimer. Le c^éaà qu'ils ont à faire veut pour le ihoins sixsemi nés pour se rendi*e vers Sa Majesté , mesoiei parmy les grandes chaleurs d'aujourd*huy , Inquelles réduiront le nombre à la moitié, cf ceste moitié , quand elle arrivera , sera debiffée; qu'il luy faudra autres trois sepmaiiei et de l'argent pour se reposer et remeure.
M Les affaires en ceste course de temps m se seront remis en bon estât , ou ils senM ruynés tout à faict : si en bien , comme oi espère en Dieu , ce secours aura esté iniiiik à la France , et très- dommageable & ce qn est de deçà ; si en mal , c'aura esté ou perte ou par trop affaiblir ce qui pouvoit faire civersion et aider à remettre toutes choses Ci bon train. A dire véritablement ce qui enes^ c'est proprement et fort inconsidérément yo» loir de toutes parts mettre tout sur le tablier, sans y apporter le jugement des consequem et présentes et futures de Testât. Et neaimoins , pour obéir à Sa Majesté , il a esiért solu de diligemment envoyer treize ense^ des meilleures desdicts Suisses ; mais qitt à la gendarmerie , de le vouloir faire aoR, ce seroit jouer à quicte et au double poorh regard de ce pays ; et par ainsi ïenr ickeminement sera retardé jusques à dootoi commandement de Sa Majesté , vers hqoelk* en tout événement, elle sera aussi-tost(pe les Suisses.
» Que le sieur de Termes partira soudais, suy vaut le vouloir de Sa Majesté , et fen marcher quant à luy, et les Suisses etlescipitaines françois qui ont este choisis pour faire nouvelles levées en cheminant Ibii quant à M. d'Ampville , lequel ne s*cst pa trouver en ceste assemblée pour quelque ildisposition , et pour le regret de son Ûeilienant qui fut hier tué , ces seigneurs luy pivteront la lettre de Sa Majesté, et le consolent sur la blesseure et prison de son përa , potf le faire suivre ledict sieur de Termes.
» Remonslrera ledictBoy vin que nousavoUi par l'advis raesme de M. de Termes, dep» ché deux de nos capitaines en Suisse poora diligemment lever trois mille , tant pour ritplir les treize enseignes qu*ejle deaiB#