LIVRE HUÎTtÈWp
|ues au noipbr^ de qiiatre millq » que pour reste remplir aussi celles-cy.
Ne sera oublié de remonstrer que ce it pas tout que de recQgooistre , comme M^jesté faict, le§ iqaîqdies de Testât, my lequel ou vfi pei^t faillir deux fois , ,s IjjçQ d*y {*emediev auparavant qu'elles ^Ut de^eflitè} \flçural)i(î§, çojm^ sont wtrd'liyy çei;^ de ?^edmoRt , sj sjouyeut i imporiuuçme^it re?uo^sH:ftçs , çx auxgueltomesfojis ou u'a jamais tenu cojuplq de icdie^- q^iQ pay boutade?. Or, si le ^na^ 3dt \ox% V^""!^' ^^ cj^^sespoir, il \esi eue aîûoftv.d W*y dî\Y;^nlage, en fat^t que tant fi fu\it que Sa ÎJajeslé y yueiUe apporter l'emed^ C09vcu^)le , qu'au con^rai^e elle ^mçmc , eu ^e&po^illanl la province d^s is p^çcieu^ oij^jfLemep.s qui luy estoient clercs , ^pf la ^etlçe dfi tout eu chemise ; lyrs que îçnueuii, s^ rouforçant couune il i;^ , npu§ pç^vera du iQf^ 4^s fiF^ft4^ ^dî^gc^ *<mç i^ojus qyiftftç sur luy, etpeutf Ç. ^Q qvç.tayes ^onues places a\issi.
. Le nmççsçki4 ^çui^ biefl que ^a ^s^e et te fpg sont pluspjredeiAX 9\iç te? ^\jtre§^ mç^i- ^. . Ç^ Vè^M sÇTOtÇur. cV)Ât tousjoffl^ faiçe !{} aux voj\9i\iés d^ ça,î«str^, Çoifinjie ^usaî <^t-»,l ; qHf , pqw deu^evr^f 4i§Ç(Wlp^ ^ a qni ftç^ peut a^veniv, ^ Ifty eçi Umirs perip'^ di'c.n faire , i heure çouvenabte, ► rqmQUStraftççs ijiQcesjRîny^ ; bie;U tnarri Va nft Va^t iufié. ft«ssi prçpre que (H'autre& ur. aller sacrifier sa vie au servîpei de sou ioce Cl seigneur natursA, auquel U a taut (uni d*oUigaUons.
" QHoy qu'à y ail, te^ BoyYÎu, parlant cMcuUcrAment au roy , suppliera Sa Ma- ,lé ne vQutoir iecteç te a^^n^he après la ignéei, cy)auaoi ou \mt qu'^lte 6^, et iire que , si sou ptei^\em)t ^{é d^ d^meur ferme eu te r&oluUop,<ii^'<eite avoit prinse ippeter ledici marescbal auprès, d'elte , que luy qui en a esiç causft, uy tous tes siens sembte , ores que grands , vateureux et afitionués princes , ne Taus^ent sceu peutre servir avec plus de courage ny de fidei qu'il eust faict et fera jamai» , sa propre \ ne luy estant chère , sinon autant qu'elle urra servir à son maistre et à son estât aussi. n SurU)ut çameuleYra à Sa M^festé, de la
part dudict sieur marescUal , que pour levep, les sièges des places, ou pour autre occasion , quelque favorable qu'elle puisse estre , ella prenne soigneusement garde à ne hasarder jamais aucuu combat en gros, ny à se loger ^ussi en lieu s'il n'est fort advantageux pour elle , çt dont la retraicte puisse estre si libre qu'eue ne puisse recevoir ai\çune contraincie ou ^bec pour petit qu'il soit*, m^ûs biea s'cITorcera ell^ , par la main de quelque vigilant et prudent capitaine , dçi faire donner peu à peu aux siens quelque advantageuse curée sur reuneipi, ppur leur remettre te CG^r et l'asseurance , (|ui $ont un peu esbranlés.
» Que si l'mstabte et u(W jamais fidelte. fortune a , comme par m.pcquerie , conduict la France à autre parti , U fa^t , aujo.urd'huy plus que jam^ , renforcer les codages et les aÇfectioas, toiv*naus tes espérances eu Dieu , qui pçrtera s| avant uos palmes , que i^ous nous gojs'gerons pjlus du sang de nos e^nemi^ qu'ils ue fei^put jamais du nostre. ' » Qu'i|l supplte trè%-^û|BÇ()i>tement Sa Majeijté vouloir aus^ t>î^ ptop^y^w tes seigneurs 4e Pavan , de. l4. MqÛc^ Gouckin , vicomte Gourdou çt francisque flegr^ardj^ , des uouveltes ço^iip^guie^ de gf^odiufuierie qu'elte< f^ict tever , co^iiue. filte fc\^t assçz d autres qui ue Tout pais p^ft estcia si bien mérité qu'aux ; et cpi'^u traiciaut , cpnuue elle faict , te Ptedmout eu enfant r€|)muvé , au moins elle vue^Ue douuer quelque contentement aux chefs quii ont les charges et tes peines partie ciUiere^ de son salut ; autrement qu'ils se retireront tous en teurs maisons.» , comme firent depuis Pavan et te harçn des Adrets.
Je trouvay te roy k Paris., et arcivay si à pi^opQS , que Sa Ikteiesté., qui estolt encores au lict , conmianda qu'on me fist entrer , en attendMU te cardinal de Lorcaine , qui avoît lors embrassé tous les aflEa^es tant civils que nuUtaires* Ce bon roy, en jettant un grand soupir, m'embrassa me disant : « Boy vin , mon ami , je crois que M. le marescbal a recea un grand desplaisir de te perte que j'ay faicte.*— Ouy, Sire, respondis-je, très-grand, mais bien encores davantage, de quoy Vostre Majesté estime si peu son fidelle subject et serYiteor 9 qn'à l'appétit de gens qui n'ont
que la langue elle a mieux aimé en appeller d'autres que luy à son secours , et qui peutestre n'ont pas plus d'expérience , d'affection ou de valeur que luy, qui est toutesfois créature particulière de Vostre Majesté. » Ainsi que je voulois porter ma carrière plus avant , le cardinal entra , vers lequel m'estant soudain tourné pour le saluer , le roy luy dict : «Faictes sortir tout le monde, fors le secrétaire d' estât , afin que nous oyons tout ce que nous mande M. le mareschal. »
Là dessus j'entray au mesme discours des choses que vous avez cy-devant veues ; mais si tost que je touchay la corde sur le secours du clergé par une année entière de bénéfices , ledict cardinal me respondit que les affaires du roy n'estoient pas si pressés qu'il fallust faire ceste dangereuse playe. A quoy je repliquay que ce que je disois n'estoit pas playe , mais bien que le reffus seroit celuy qui feroit une lourde playe , et que ceux qui rejecteroient cest expédient auroient peu d'affection an roy, pour la nécessité duquel il falloit joyeusement sacrifier la propre vie , les biens , femmes et enfans , comme M. le mareschal avoit délibéré de faire, et qu'il luy sembloit, quoy qu'on sceust dire , que c'estoit le plus prompt et le plus aisé secours que Sa Majesté sçauroit trouver , et dont il donneroit luy-mesme le premier exemple.
Ceste repartie pleut fort au roy , mais non au cardinal. Lors Sa Majesté me commanda de poursuivre mes remonstranccs , sur toutes lesquelles elle promit de me satisfaire bien tost, et de me renvoyer; qu'il sçavoit fort bon gré au mareschal des conseils et des propositions que je luy avois faictes , et que, comme très bonnes et très-utiles, ils les practiqueroit tousjours , et que , sans la crainte d'adjouster à ce desastre la perte du Piedmont , qui dependoit de luy , elle l'eust dès le premier jour appelé près d'elle. Le cardinal , qui craignoit que je n'esbranlasse le roy par dessous main à appeller ledict sieur mareschal , fit donner assignation de quatre cens mille livres au trésorier , avec les propositions du président Bailly, pour deniers comptans , au supplément de toute l'année, et lequel président Bailly avoit forgé lesdites propositions en sa teslc , sans eu avoir jamais rien
communiqué au mareschal, et TexecutimL desquelles pouvoit plustost apporter la totalle ruyne que le salut du pals.
Yoicy quelles elles furent : Ls^w f row «»• ciM four chefd'hostel , un tesion pour u/im de bled , un escu pour muid de vin ; créer «a» chambre des comptes particulière en Satoye , et une eeconde chambre en la cour du parle^ ment de Piedmont; choses aussi mal-aiséesà exécuter que de prendre la lune avec la dents. Et de faict , lorsque la fortune vogooit à souhait pour la France , et que la force eitoit de nostre costé, il ne fut jamais tronfé raisonnable de mettre sus ces inaposîtions et pais de nouvelles conquestes , et on le Tent maintenant foire parmi les disgrâces et les mutineries, et sans en parler aa lieutaual gênerai du roy : n'est-ce pas bien et utilement mesnager les conséquences de Testât et vouloir qu'on mette cuire là dessus ? Et pim laissez manier Testât à des prestres , la plospart desquels mesurent toutes choses plustoit par utilité particulière d'eux et de leurs mai* sons que par celle du service du roy.
Ce bon prince et prélat estoit si passioimi pour faire tomber le souverain maniemert. de Testât à son frère, qu'il ne taschoit qol ruyner et reculer tous ceux qui pouvoieat, comme le mareschal , faire quelque coDliecarre à la grandeur des siens ou à leurs ieh seins. Et de faict il n'y eut ordre , quoy qoe je sceusse dire , qu'il voulust permettre que les siem*s de Gondrin , de Gourdon et EraB-. cisque Bernardin fussent gratifiés de la getdarmerie que Sa Majesté leur avoit tant de fois accordée , ny depuis aussi les seigoeon de Pavan , lieutenant du mareschal , Month»zin, baron des Adrets , et capitaine Bonnl, que le mareschal recommandoit pour leurs services : de manière que ceux-cy quittèrent depuis leurs charges , comme aussi fit ledict sieur de Pavan la lieutenance du mareschal , qui demeura presque sans gens et sans l'assistance de pas un seigneur de marque , et, qui fut le pis , sans argent pour payer les soldats d'environ six mois qui leur estoient deus : et comme un mal ou une desdicte est tousjours suivie de Taulre , il advint en ce mesme instant que le vidame de Chartres,.
enclin au reinuement de mesnage , eavujn
^ffirir an roy, par Lodun , de luy mener douze cens François y autant dltaliens, et deux 'Cens. chevaux, sans toutesfois defoumir les forces qui estoient en Piedmont, aiy sans en parler au mareschal , qui luy ponvoit aidera parvenir à ce poinct plus à son aise qu'il ne > sceust faire depuis.
. Mais le cardinal , qui sceust que le mares- ' dial avoit trouvé mauvais ceste proposition , 86 servit depuis du vidame comme d'un in- Btrument propre à donner au roy mauvaise odeur des actions du mareschal , ou à les infirmer par quelque moyen ; et toutesfois le roy, qui aimoit fort particulièrement le mareschal , n*y adjousta jamais fois : je diray davantage (selon que je découvris depuis ) , que y si le mareschal eust à contre fin foict contenance de ne pas désirer d'aprocher du roy, glissant doucement sur ce qu il en pensoit, le cardinal n'eust jamais pensé à le rairaller , ains il se fiist efforcé de le gratifier et conserver pour ami et serviteur de luy et des siens ; mais , remarquant de près la grandeur de ses mérites et de sa valeur , et Tamitié couverte que le roy luy portoit , ils ne purent jamais permettre , n'y qu il s'aprochast de Sa Majesté , ny qu'il f ust secouru des moyens qui le pouvoient faire voiler plus haut. Voilà
(^comment l'ambition mesnage tousjours les affaires au préjudice du maistre : à la vérité .celuy est mal advisé qui aux affaires d'estat ■ s'asseure en l'amitié de celuy qui a la puissance en main , car elle faict tousjours oublier et la justice et le respect , pour faire place à la convoitise , sans respect de parentage ny d'amitié à l'espreuve. Il n'y a celuy peut estre qui ne clochast comme eux pour maintenir ceste souveraine auctorité et disposition qu'ils avoient en main.
' Tant il y a que le roy n'adjousta toutesfois jamais foi à chose qui luy fut rapportée, ains trouva bon ce qu'il luy en avoitmandé : c'est que M. le vidame n'avoit autre moyen d'accomplir sa promesse que par la ruyne de ce peu de forces qui estoient restées en Piedmont, mesmes aujourd'huy qu'il avoit envoyé encor au roy les douze enseignes de Suisses restantes , ce qui avoit tellement desgarni toutes les places, et tant affoibli ce peu de forces
LIYRE HUITIÈME.
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qu'il avoit en campagne , que l'ennemi fcroit lors que la neige estant VNfi
aisément quelque lourde bresche. Sur laquelle occasion , et craignant qu'il n'en advint pis , je fus derechef renvoyé vers le roy , duquel j'obtins le renvoy desdictes treize enseignes suisses, qui s'estoient desjàadvancées jusques à Sainct-Jean de Mauriane , ordonnant que le mesme payement qui leur avoit esté préparé à Lyon pour tirer païs seroit porté en Piedmont, et que le vidame iroit faire sa levée en France. I
Or , par ce qu'il avoit lors cinq ou six com* pagnies de gens de pied à pourvoir , et dont le roy avoit commandé que les commissions me fussent baillées en blanc pour les porter au mareschal , afin qu'il y pourveust de tels capitaines qu'il adviseroit , les amis dudict sieur mareschal ayans descouvert que c'estoit une ruse dressée par le cardinal pour davantage irriter le vidame contre le mareschal , cas qu'il y mist la main , je les ref usay , disant que , puis qu'ainsi estoit que , dès le vivant de M. de Bonnivet, cousin du mareschal , le roy avoit trouvé bon de le priver de ces nominations, qu'il ne s'en vouloit plus mesler, ores que quand luy mesme avoit esté colonneldes gens de pied au voyage de Parpignan et ailleurs , la puissance de ce faire fut tousjours defferée aux lieutenans généraux du roy sous lesquels Jl militoit lors^ et non à luy. *
Voilà tout ce que je sceus rapporter de ce mien voyage. A mon retour le mareschal fit entendre au roy que les ennemis commençoient à tirer gens à la campagne , pour aller, disoient aucuns, assaillir Gatinare, et les autres Gaillany , Ponzon et Courtemille ; et que si Sa Majesté ne pourvoyoit , d'autres forces que celles dudict vidame , il faloit se préparer à la perte des places snsdictes ou d'autres meilleures , et que dès maintenant , comme pour lors, il s'en lavoit les mains. La responce que luy fit faire M. le cardinal , c'est qu'estans desjà si fort advancés qu'on estoit dans l'hyver , c'estoient choses fort aisées à discourir , mais mal aisées, voire du tout impossibles à exécuter , et qu'en fin l'hyver estoit tousjours l'hyver. Ignorant ledict sieur cardinal qu'il estoit autant aiséaux ennemisde royer en hy ver qu'il avoit esté i
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
terre , d'avoir emporté la citadelle de Lanz , la ville d'Y\Téc, Masîn, et nagueres celle de Valence, en lu compagnie de M. de Guise son frère allant à Rome ; et encores que tout cela ne fust en son bréviaire, si ne laissa il de réduire le maroschal à tel poinct, que, n'ayant le moyen de tenir Galliani ny Gatinare, force luy fut de les faire dcsmôlir toutes deux, depuis Yvréc et Santia sentirent de grandes inconiniodités ; mais encores valoit il mieux faire cela que d'en laisser emparer Tennemi à la ruvnc de Testât.
1 El à la vérité toutes ces misères et toutes ces afnictions n'eussent travaille le roy ni l'estu , si dès le commencement de l'altération de la trefve on eust considéré, comme il faloil faire, et d'œil non passionné, que ces grands affaires d'esial dévoient cstre maniés avec plus {jrandcs et plus prévoyantes considérations qu'il ne fut faict, et de main en main reeognoislre que <'es considérations doivent meurir et esire dig<»rées avec le temps et par rexpcrienco du passé, au lieu de turbulemment embrasser tout à la liasie , comme est presque l'ordinaire de la France , toutes ces choses noîiv(»lIi's , pour difliciles et hasardeuses qu'elles soir^nt. Si le marcsclial ne se fn-^t luy inesiîic laissé un peu trop avant emporter par la gloire du souverain commandement des armes, et cnsl aussi voulu un pen Adoucir cesie ardenîe affection à bien servir le prince cf la pairie, il enst de bonne heure recOi';neu (pio les grands ca[)itaînes , tels qu'il esfoit^qni avoîent long lemps ethenreusement manié les armes et les affaires, dévoient tousjours craindre les traverses de la fortune^
laquelle n'a jamais porté tant de faveur à mi d'eux , qu'elles n'ayent toasjodi*s esté sntviès d'autant de menaces au contraire. Â difevray, ce fut ce seul chatouillement et ce calrtie ^ trompa et qui perdit enfin Ponipéb,Ci*as^, César, et luy mesme aussi : ce qtii ne f (isi advedi s'ils eussent à temps sceu rccognoistretjiié té repos de l'esprit est autant dësirabic qub cëliij delà tranquillité de Tame, et plris fa pdîi Iftt les troubles, la liberté que la scî-vittidè.fibàr douce qu'elle soit. Quelle asseurance dyaôt î vivre tousjours parmy les dangers, qui talonnent la vertu , et dont les cours des pHiices sont tousjours abondamment farcie^ ? Ce siènr, dis je, eust deslors tout quitté et se fust retiré parmy la douceur d'une vie paisible èi reposée en Dieu seul , à fin d'acquérir , et vivant et mourant , cesle gloire et cestc béatitude qu'il départ tousjonrs aux âmes vrayèment chrestiennes et dévotes Comme estoil h sienne. Je le vis depuis en Volonté d'embraisscr par une honneste retraicte toutes ces belhi parties , mais le roy ne le vouTust jamais permettre ; car les princes veulent tousjours avoir, comme on dict , et la peau et lès os des bon et fidèles ministres, tels qn*estoit cestuy-cf; et puis le rtiaresclial avoit tousjours cestfî opinion que rexlreme nécessite des affah^s îtduiroit finallemcnt Sa Majesté à recliorcherli paix par le glorieux effort di'^s armes , cl wm par les desavantageuses condûions avec lesquelles elle fut depuis achetée , comme h~ siiine de ces Mémoires fera cognoistrc : fiquelle paix succédant, il faisoit estât que te Piedmont seroit en fin sa glorieuse sepnl-
tlU'C.