IJ
passast par la France , ce n'estoît que suivre le chemin qui luy avoit esté tracé , et n'estoit sagesse ny à Tun ny à Tautre ; et en eSectles François eurent l'honneur de tenir leur parole et acquitter leur foy.
Selon Fentendement des maistres, leurs serviteurs peuvent appuyer leur fortune après leur mort : dangereuse action , pour laquelle se faut entendre quelquefois avec les ennemis de son seigneur, révéler le secret à ses amis, feire advancer les siens , reculer ceux du roy qui , sage , patiente , suffoque tout d'un coup telle entreprise.
M. de Montmorency pense que Tempereur quittera Milan ; veut obliger M. de Savoye par la reddition de son païs , et s'appuyer après la mort de son maistre ; pert sa faveur et soymesme , ne restant de ceste action , sinon que le duc de Savoye favorisa depuis M. d' Ampville , révolté contre le roy Henry troisiesme.
F<^ jeunes sont quelquesfois les plus sages vieux ; d'une bande enragée suivant les enfans de France , s'en fist une de grands capitaines : les folies honnestes non dommageôles sont tolerables en jeunesse : au lieu des mesdisances, desguisement et fait de maintenant , le temps estoit employé en l'exercice , saulter , ruer la barre , luitter, combattre , eq>rouver les périls en paix pour ne les craindre en guerre ; ils ne s'amusoient à la chasse. Les tiercelets d'autour apportés à M. d'Orléans luy sont mis par le sieur de Tavannes sous la couverte de son lict , s'en battent et les deschirent en mespris d'icelle. Ils àvoient promis un temps de ne marcher aux villes que par dessus les maisons , sautant de toict à autre les rues estroites , se précipitent dans les puits , font passer les clievaux au travers des fiâmes. Le sieur de Tavannes à Fontainebleau fait sauter un cheval d'une roche à autre de la largeur de vingthuict pieds , accompagne son maistre où l'ardeur de jeunesse le porte , à se battre à coups d'espées, incogneus , faisant embuscades aux siens propres pour s'esprouver ; blesse et est blessé se jouant ; faiilent à cstrangler Jarnac , sans qu'on luy coupa lu corde ; S(» mocqiient des dames , niespriscnt Fainour ; laissent un pendu couché avec madame do Crusol , faignant Tentretcnir. Pom* faire sois^aule lieues
tout en un jour, ils disposoient tous les vaux de M. d'Orléans jusques en Bour, gne : incogneus dans une hostellerie, hommes voulans prendre le haut bout , 3 la main à l'espée contre tous surpris ; lei disner avec leurs gands; eux regaig leurs espées ils se deffendent; les Uessc en sort sans estre blessé. Gecy est escrit» pour louange, ains pour cognoistre leiiÇ de ce temps-là , duquel sortit tant de | valeureux : ces chaleurs de jeunesse , qv font mal qu'à eux-mesmes , tournent ordi rement en valeur.
Les tournois , spectacles, jeux publics une usance ancienne des Grecs , Roanh Gaulois , inventés pour le contentement, cupation et fiaterie du peuple : exercice soldats divertit les premiers d^ mauT pensées , duit les autres à la guerre ; hk medies , masques , balets , servent pour ] sir, et les combats de disciplines. La fit de la guerre est changée de lances ini aux pistolets : au lieu de bagnes , fam s'ajuster à en tirer, et an combat de Te faire des escadrons , charger par flanc , derrière , se rallier, flanquer d^arquebà tirans à propos et par troupes, rompre € faire soudain les bataillons de pi€q[aes tirer manches et escadrons vollans , et faire l'exercice de gens de pied usHi Flandres et ailleurs nouvellement, m traot Tadvantage qu'obtiennent les gen conduitte. Cela ne lairroit d'estre plaisi l'œil, et plus utile aux chefs et aux se que les couremeos de bagues. En ces t nois , les Allemands font ostentation de I races, les François de leurs devises.
Italiens de leurs énigmes, les Anglm leurs amours et prophéties; honte et neur sont en ces exercices approchant <
guerre.
Les exercices accroissent les forces, a trent le corps , augmentent Tesprit i santé, aprennent l'ordre, obéissance, o la crainte. Les Turcs, frappans de m sur des boucliers, renforcent leurs 1 les Italiens par tournois adextrent corps; les Kspafjnols aux garnisons esprits. Les montres en armes de la
dai'merie estoient les escolcs des Fran
BÈGNE DE FRANÇOIS I.
m esse à Fenry sautant , courant, jettant ivre y s^aprenoient : maintenant tout est spris, pour avoir les guerres civiles B¥i soupçon les supérieurs y qui ne de* it, Vaguerriementde leurs subjects. Aussi STLercices n^estoient si nécessaires du-
la guerre ; la practique y supleoit : en >ant les hommes se faisoient. Au temps >aixy les peuples sans exercices, venans ^ aux années, sont facilement battus; i que les François Festoient par les Itaî anciennement, et iceux Italiens main- Lut le sont par les François , qui aux prers troubles d'Huguenots fuyoient les reis- » ; à ceste heure les cherchent pour les iner , tant peut la practique des armes ! «es Perses, les Grecs, les Romains comman- ^nt au reste du monde : de leurs escoUes xercices sortoient les Cyrus, Alexandres et ^ions , qui à vingt-K^inq ans sçavoient coure les armées ; les jeunes soldats avant qu'ar veu leurs ennemis entendoient leurs 1res, leurs places, et ce qu'ils dévoient re , sans que la nécessité ou quelque detre leur aprist leur mestier. C'est avec bras que s'acquièrent et deffendent les yaumes-, les ouvriers par continuel travail .^nvoyent la force . Fraper sur des quintaines, •mbattre à la barrière , jeaer la barre et esimer, rendent les bras plus robustes : le *er de Farc, le combat de la hache, la course ^ bague ne sont plus nécessaires. Sçavoir stement tirer du pistolet , donner de coup espée à propos , manier un cheval à la solate , sans courbettes , caracol ni molinet, arfices trop fréquens parmy les estrangers à 3ur dam; au contraire il faut estre duicts et ressés à percer les escadrons. Deux cens inquante hommes de cheval , de deux ou rois garnisons assemblées, se peuvent mettre n escadrons , se rompre , se rallier, tirer des oureurs pour charger en flanc , marcher au >as , au trot , au galop , se séparer , filer , se *allier , faire front , en flanc , derrier , aller Ton costé et d'autre , retourner en un mot, îQ un signal , tout d'un temps , faisant qu'il semble que Fescadron soit meu par ressorts.
Les Romains portoient leurs armes , leur bagage , des vivres pour quatre jours , et sou- Irent des pallis pour fermer le camp , lequel
ils fossoyoient ; et en temps de paix , pour ne se rallentir, ils travailloient incessamment aux fermetures des forts des légions , et jusques à faire des levées dans les grands chemins. L'oysiveté ruyne. Faguerriement. Les maistres de camp peuvent assembler souvent leurs regimens ; les mettre en bataillons quarrés d'hommes ou de terrains ; monstrer la place des picquiers , celle des arquebnsiera|, tirer les manches et troupes de mousquets pour flanquer les piques; trier les bons, les moindres, les mauvais sans confusion d'ordre ; sortir des escadrons vollans garnis de piques, selon la nécessité des assietes , se faire faire des charges de cavallerie ; se rompre , et se rallier par troupes et en gros ,'et faire fitmt de toutes parts en un besoin; monstrer et consulter avec les capitaines l'advantage des montagnes , rivières , bois ; se couvrir de fossés, de hayes; faire combattre l'arquebuserie par troupes , comme s'ayder des chariots [ pour se parer en marchant aux passages des plaines ; quels moyens de soustenir à la pointe des piques le grand choc de la cavalerie ; redoubler , renouveler le combstt proche des enseignes. Les Romains estoient heureux, qui tenoient six mil soldats en lin fort : il estolt aisé de les discipliner tout à un coup. Ces exercices serviroienl aux jeunes seigneurs qui prétendent estre généraux d'armées , qui tournâns escadrons contre escadrons , bataillons contre bataillons , apprendrbient à choisir l'eminence d'une coliae , Fadvantâge d'un fossé, d'une haye, d'un passage, de la poudre, du soleil , d'un ruisseaiu , d'un bois ; et considerant les assietes différentes , disputans entre eux la force ou foiblesse d'icélles , le lieu où placer l'artillerie , moyens de desloger les ennemis , de s'empescher de l'estre « couper les rivières par forts , par tranchées , comme il faut ordonner une escarmouche , tenter , retitirer , donner chaleur , et r'allentir les soldats selon le besoin ; s'empescher d'estre combattu , et moyen de contraindre son ennemi de venir au combat , prendre l'occasion, sans perdre temps, des advantages, des forteresses , des tranchées et camps fortifiés , par ces moyens feints , se feroient les soldats et généraux.
Je ne puis assez m'esiaenreiller de Fign<h
noce de cent qoi disent qu'il font pen de temps pour fisire an bon csipitaioe , et cpie le commandement donne Tesprit. Cela est une folie et présomption extraordinaire , dont la punition suitle péché : de Ih viennent les fautes qui se font ordinairement , et que tout à coup se perdent Thonneur , vie et biens , qui se peuvent garder par science et exercice. Que si Spi- ■ota a réussi , sera un entre cinq cens , h quoy Sa (jirande richesse et Tardent d^Espagne ont dn tout aydé à ce miracle. Les médecins apprennent leur art par la mort et aux dépens d^aotray , les advocats par la perte des procès, et les ca|ritaines à Thasard de leur vie ; e*est ponrqooy le nombre est moindre des capitaines que des docteurs.
La chasse ny le jeu ne doivent estre permis aux jeunes ; Tun leur fait aymer la maison avant temps , Tautre perdre de belles occasions , et demeurer en nécessité. Bien que h chasse est une espèce de guerre, pour Texercice qu'il y a , si est-ce que s'y adonner trop est on tesmoi{pinge de volupté et d'oisive^ , sans compter le temps perdu , qui seroit mieux employé aux lectures , mathématiques et bonnes mœurs. Et quant au jeu , il ne peut estre assez blasmé : de là viennent les querelles , les disputes , et toutes sortes de maux , se portans ceux qui ont perdu beaucoup du leur quelquefois au desespoir, outre les fraudes qui s'y commettent , estant trèshonteilx de piper et de se laisser piper. Aucuns pères apprennent leurs enfans jeunes à jouer, &ce, disent-ils , qu'adolcscens ils ne se laissent tromper ; il vaudroit beaucoup mieux quTs letir en fissent perdre la volonté , en leur monstrant les malheurs qui advicnnent de cesté débauche , et les en exclure tellement , qu'ils ne les prissent en habitude, au contraire en degoust et mespris.
Pour en tromper un il en faut tromper deux ; celuy qui persuade a plus de force quand il est abusé luy-mesme , et qu'il ne sçait le but de celuy qui l'employé, duquel il cn)it le cœur estre comme la parole , nominemont quand celuy qui employé fortifie sa persuasion par raisons. lesquelles en apparence sont utiles à l'un et à Tautre.
Lea François , F^pagnols , Italiens , Aile- Ittàttds ; Soiil lûcapables de conquérir la mo-
narchie des Turcs , s*ils ne cliangent , ] qu'ils ne combattent tous,'et en demenrc douze parties lesdix en leur maison, et que qui y vont mènent une, et plasiem*8d'ein personnes inutiles, ne servans qu'aies ha et les soulager , pour la délicatesse des vi licts et viandes qu'il leur faut; qui ma] tellement le bagage , qu'outre la confosl embarras qu'ils apportent aux armées, il poschent de faire de grandes cavalcades ti-eprises et retraictes , nécessitent de battre hors temps , parce qu'ik les bîèu Le meilleur seroit de brusler tons ces h ges, réduire les soldats à pitir comn Turcs, et coucher à descouvert, boire de en un besoin : ce qui ne se ponrroit qa une grande authorité , ou une suprême i Les Suisses , Pollaques, Moscovites, sont i à estre sans bagage : les François et Atleil se sont de jeunesse eslargi Testomac pai manger , gouffre insatiable , source de i dios , malaisé à retraissir par jensnes. C a faict triompher victorieusement les Roil a esté que depuis qu'ils estoient enrollës les légions il y alloit de leur vie d'aband leurs enseignes , nonobstant qu'ils demc senties trois et quatre années dans les an et en si grand nombre , qu'il s'est teu c verses d'icelles vingt et cinq légions » ck de six mil hommes. Suyvant cet exem|ri€ droit lever , tant de la noblesse que des i une grande quantité d'hommes non v taires , mais forcés , contraincts d'alles guerre , avec punition exemplaire s^ils rc noient dans leui*s paîs. Et quand fl se le un tiers , ou une moitié des liabitans des i à la façon romaine , il seroit utile. La rence de ceux de ce temps aux Romaii la quantité des fcnmics que nous avons quelles lesdicts Romains se passoienl.
défaut, ilfaudroit choisir un grand m (le non mariés et de veufs ; mais il Faudra suprême authorité pour exiger ces gen villes , smon de bonne volonté , du moil tribut.
Los de\îscs poi'lées on batailles et nois, pour guono, pour amour, onl pracliquôos aux siècles passés, Icsq^ expriment le désir u'Iionneur, aiitr< t)lu$ secrets desseins obscurément inlc
RtCME DB FRANÇOIS L
divers MBS) inteUigibleft ou wureng , . la fentittsie des autheim. Las uns ont té leure sumiM à leurs devises, autres ^ devises à leurs âmes , ainsi que mes re lignées se blasoDUe&l , selon le eorps
armoiries, Smlx^ Tavannes, Vlenae, $aiime t ùœm de lion , vigfilanee de coq, éprise d^idçle , escheUe du ciel, n ce temps les devises sont séparées des oiriee, eomposées de corps, d'âme et prit : le eorps est la pemture , Tesprit intton , rame est le inot. n dut prendre le qii'elle ne se puisse tourner en morie ou en autre intelligenoe; les tdstoires , emblèmes , les fables des poètes servent e subject. Aux touniois le sieur de Tanés portoit le chef d'au vont dont le IBe clrculairement le poussoll par derrier la teste, avec eeste une : Jim potm db [-VBSMS, teferant qu'il n'estoit aydé de 'sonne que de sa propre v^tu^ deainait meur ou mort. A Tentreprise de Luxemiirg il prit PerseuS sur le Pégase sans bride , ïc le mot : QtA faH Èrt^huni. Perseus , fils Jupiter, t^gtiifiè les grens d'honneur estre Fans de IHeu : du sang de la teste de Mese , coupée par luy, lasquit le Pégase ai^lé , pied duquel fa&t sortir la fontaine des scien* s. Celuy qui couppe la teste an vtce et luxure t capable de produire vertus et sciences. ^s commissions hasardeuses données à Perus , le pensant perdre , furent départies par ivie à ceatè fin au sieur de Tavmmes, et 3L lieu de mort leur donna vie à tous deui. près la mort de M. (i^Orieans et faveur du ardinal de Toutuon, |oinct au souvenir de a mort de ^n oncle de l^avannes, ayant leaucoup de gratKls envieux et ennemys^ bravant ta fortune , peint un homme avec un omelas enfonçant un vent orageux , avec ce not : MALGRft TOITS. Heureux à Ranty, où il lefit les quatre mil reistres , dont le colonnel ^omte de Schevairtzembetg portoit un renard Mangeant un coq , qui vonloit sîgnîfrer les François devoît* esire detorés des renards allemands. Ce coq estoîl les armes de Tavanneà, dont estoît la mère dudtet sîeur de Ta vannes, lequel ayant gagné renseigne, il sauva le coq des renards allemands qu'il défit. Le roy Henry IV portait une cspéc en-
tre deux sceptres, avec le mot: JkmpntÊgit unuêi laquelle u^a esté exmupte de oaieauiie ^ intetpretant qu'une espée itefead deux relU gions, non seiilenient deux eoroBoes, qulea^ toit le eens de Sa Majesté, n pouvoit prendM son bras tenant son espée , AN^ant les pim|«ea de renouer le fil fiital de la ï^ràmce , qui sein^ bloit estre tranché par le nombre elymatherl» que des roys , haute eonjoncdou des planeilMb manquement de lieu peur sa statue au paMi de Paris , durée nompareille du reyainne de France , aveo le mot : TAt ronei u Mstift i inonstrant que sa vertu Seule a empesché la Flrance d'estre Avisée et séparée t endilenitt que je luy avot^ inventé , et eu aveis pris «li pour moy. Estant non seutooiMrt serty par force de deux de ses prisons, blessé eil plusieurs Ueux , et de belles des traisii^é d*Anxonne et des batailles de Ydlaquë ; Johict à plusieurs nasaux et eembats oà fé me Sids trouvé , je pris pow devise eu Sort d'or, qui sont mes mtnoiries, entre detti brides, mords et fers tpi*B met eil pièces^ avec ce mot italien: JVIhi hrrà fert^fia; les^ moignant qu^ n'avait esté en la puissance des roys ny des peuples de m'oster la Kberfé, ei mohis de me tennr dans leurs prisons, ft éU ces derniers temps que les nuéea obscur^ cissent le soleil , estoit peincte une espéê flambante pour les disriper et fortifier M rayons d^elny.
[1539] Les Gantois tyranmsés se t^vcItesÉ de Tempereur , recourent au roy leur sotrrerain,Iuy offi*entla conqueste de Flandres. Souè espérance de l'exécution de la promesse de Milan , Sa Majesté tes refAise, accorde passage à Tempereur par la France pour les chastier, lequel avoit promis verbalement de donner sa niepce et le duché de Milan à M. d'OrleanS.
[1541} Il y manque; le roy s'en venge sut* le connestable , qui en estoit caution , lequel , défavorisé , se retire sagement en sa maison. M. (TAnnebaut, par fevëur de tuadame d'Estampes , empiète le mes^ me crédit. Le roy, sous ces esperancîes et promesses y avoit envoyée Tenîse faire tîguè contre le Turc , s'estoit mis en soupçon de luy , du roy d'Angleterre et de ses aWiés , dent il se repcnt. Se lit le mariage de la fille
du roy de y avarte , âgée de douze ans , dfeè^
puis mère du roy Henry quatriesme, avec le duc de Glaives. Il se fait de grands touraois. Le sieur de Tavannes en emporte Thonncur^ et la teste traversée d'un coup de lance , il se tire courageusement, mal-gré les médecins, le tronçon. La cour le vient voir , il sort Tespée à la main , blessé , au devant de M. d*Or- Icans, tesmoignant son courage; proche de perdre Tœil qui estoit hors de sa teste , se rit , et depuis fut guery tost après par un excellent cUrurgien. Le roy sort de la prison du bois de Vincennes Philippe Chabot, admirai de France, confiné par commissaires, non par justice. Les dames avoient aydé à sa faveur , par les dames elle se pert , contendant madame d'Estampes avec madame Tadmirale de firion. Le connestable luy avoit nui : la faveur n admet de compagnon ; il s'cstoit roidy contre son maistre , et demande justice sans iaveur. Sa liberté fut Tappointcment de madame d'Estampes, laquelle establie ne craignoit plus madame Tadmirale. Les conditions furent le mariage du fils aisné de monsieur Tadmiral avec la niepce de madame d'Estampes. M. de Guise, qui avoit aidé à sa ruine , favorise son eslargissement , et en eut le gouvernement de Bourgongne, la tapisserie i fond d'or de Ginville , estimée trente mil escus. Madames d'Estampes fait son frcre cardinal, troisicsme de ce temps créé par amour des femmes. Les Gantois abandonnés s'accordent à Tempcreur , qui leur fait une citadelle ; va en Allemagne travailler les Luthériens , tient dictte à Ratisbonne. Tout est remis au concile sans forcer les consciences. En ceste considération luy est accordé secours contre le Turc , qui avoit esté attiré par l'entreprise de Ferdinand , se disant héritier de Loys y roy d'Hongrie , son beau-frère , deffaict par Solyman , dont voicy le droict. Cependant que les parentelles et droict de succession estoient debatues entre l'empereur Federic et Mathieu Corvin , Ladiskios , sorty de Jean Spux, gouverneur de Transsilvanie , avoit esté esleu roy d'Hongrie par la noblesse, comme le plus apparent en l'absence de Estienne Battori. Ferdinand succède au droict de Federic , prit Budcs , vainquit Jean Spux. Solyman, en Tan 1628, assiège et desassiege
Jean Spux , non j^r les menées des Fhmçoii comme les Allemands disoient : il est repoHii de Linx; huict mil Turcs, séparés de asi armée , furent delEiicts ; il treuve l'emperev en un camp fermé près Vienne , avec quatre vingt mil hommes de pied et dix mil à cheval. Le Turc s'en retourne ayant r'estaUy Jean Spux ; les armées se rompent. Ferdmaid entreprend , dont suivit la defaicte de nal, son lieutenant. S'estoit faict un traiclé tre Ferdinand et Jean Spux , que It ooroons seroit au dernier survivant : ledicC Spux meurt, hisse son fils Estienne , âgé de deux ans, en la protection de Solyman et tutdle de Georg» Moine , évesque de Varradin , qui gourerae avec la mère du roy, nommée Isabelle, fille du roy de Polongne. Ferdinand prepd ceste occasion pour se faire roy de tooto THongrie , gagne des forteresses , assi^ Budoi par Roquendolf , devenu de roai^M d'hostel gênerai ; il l'assaut et le fault. Solyman , requis de secours par la mère et IBteur de l'enfant Estienne, levé le siège él defaict les chrestiens par Mahcunet bachat, son lieutenant. Luv, arrivé en son armée , ae rend maistre de ki ville , de l'enfant el du royaume , cependant que Fempereur assiefs malheureusement Algiers , où il rompt aee entreprise et armée par la tourmente , laissant brusler sa maison pour embraser les autres.
Le roy sçavoit comme il avoit trompé Teoipcreur, ne luy ayant ratifié ses promesses à la sortie d'Espagne , ainsi qu'il estoit obligé; est si inconsidéré , que , sur une semblable fausse promesse de Milan , perd l'occasiimde la conqucstc de Flandres ; laisse passer Y pcreur par ses pais , qui semblablement, souvenant du passé , luy refuse de ratifier la parole donnée dudict Milan pour son fils , qa^ devoit faire à la première ville de son obéssancc.
Il n'est loisible de tromper les trompeii|«i= la méchanceté seroit contagieuse et infinÎQj les gens de bien ne doivent prendre exemplif sur les meschans : Dieu est vengeur des paijÉr' res. L'observation de la pai*ole au numieoMii^ des aflaires sert ; nul ne veut traicter avec i|f homme sans foy; les villes , les provinces, à|
Vienne^ revient en Hongrie^ aux prières dudict { le croyent, ne se rendent à luy; ses genst*Él
RÈGNJ2 DE FRANÇOIS I.
înt . Les promesses sont différentes : celles ^ont extorquées par persuasions , artifices bus , sans snbject, le manquement est ex- ^\e ; le menteur trouve le menteur con* re : les pariaictement gens d'honneur et isés ne doivent promettre en quelque fa- 1 que ce soit ce qu*ils ne veulent tenir. C'est illanimité on infidélité de rompre la foy , vaudroit mieux encourir de très-grands ils que de perdre la créance parmy les âmes.
Les papes et roys ne peuvent donner absoion de la foy violée, ainsi qu'ils ne peuvent imer la réputation. Pour la conscience , Sa incteté peut absoudre les parjures , non que ur cela Tbonneur soit rendu : s'il faut fiiusr sa foy V ce doit estre pour rejfyner , disent i impies ; puisque le pecbé est égal , il vauoit mieux se perdre à bonnes enseignes. is Turcs ( comme infidelles) ne l'observent I ce qui touche l'accroissement et manuten- >a de leur estât , auquel ils disent avoir le *cmier serment.
Il est dangereux de donner conseil à son aistre , dont souvent le sinistre événement luse la mine du conseiller appelé à garant e son advis : les sages n'en donnent point , ébattent les raisons pour et contre, dont ils lissent le choix à leur maistre , se contentant e dire que si c'estoit à eux ils feroient ainsi , iOn sans protestation que le mal advenir ne eur puisse estre imputé. Les grands en sont ncommodés ; n'estant secondés franchement, eurs résolutions n'en sont si entières. Aucuns ronseillers rendent les raisons plus fortes où ils inclinent ; mauvais serviteurs qui les plient selon lenr affection, non selon Tinterest de leur maistre , qu'ils devroient préférer au leur et vaincre leur pusillanimité par la valeur et honneur de ceux qu'ils conseiUent. Le connestable estant défavorisé , ses ennemis l'accusent d'avoir cherché le restablissement du duc de Savoye , pour l'alliance qu'il avoit en sa maison , et pour s'en prévaloir après la mort de son maistre. Les evenemens des conseils dont les actions sont subjectes à la punition des péchés des souverains , ne doivent estre imputés à ceux qui les donnent de bonne foy; les parfaicts princes prennent conseil d'eux mesmes , comme César : ils les doivent avoir
esprouvés à ce qui lenr en est réussi au passé de s* estre creu. Les autres font élection d'hommes , sçavcnt choisir le meilleur advis ; les moins habiles suivent les conseils par amitié et faveur ; les ignorans se croyent et se perdent par opiniastreté. La cognoissance de soymesme est difficile : chacun se flatte et a bonne opinion de soy. Il ne manque de présomption ; l'esprit est le plus esgal partage que Dieu ait fait ; chacun en pense avoir en snffisance, et ne voudroit changer au plus parfaict dn monde ; flattent leurs fautes , accusent la fortune ou leurs amis : deux voyent mieux qu'un , la difficulté est au choix de^ conseillers. Les grands capitaines en crédit sont périlleux , l'instinct des hommes est de-r sireux de monter ; ne pouvant estre plus qu'ils sont en Testât monarchique, ils aspirent à estre souverains, vivant ou mourant leur maistre. Le conseil des fioanciers , secrétaires , sert pour maintenir , non pour conquérir ; leurs advis nq sont généreux, plustost machiavelistes de croire ceux que Ton aime. Tel persuade .une femme qui ne persuade une ville ; qui s'habille bien s'arme mal ; qui dispose bien la chasse , les festins , n'ordonne pas bien les batailles : c'est ainsi que si on appeloit des excellons joueurs de flûte pour médecins , parce qu'ils sont parfaits en leur art. Plusieurs conseillent selon leur utilité , cupidité , amour , couardise , inclinations , dessein parr ticulier , paix ou guerre désirée , qu'ils colorent de raisons selon leur interest , pour se rendre nécessaires et pescher en eau trouble, couvrant leur pusillanimité et inexpertise du bien de paix , qu'ils fortifient de Tinterest du maistre , duquel quelquesfois ils désirent la ruine , ou le tenir bas pour s'en prévaloir , postposant la peine d'une veille , d'une corvée hasardeuse à rhonneur.d'iceux; n*ayant les recompenses de leurs travaux et périls esgales à celles de leur prince , qui en a tout le profit et Thonneur , et eux souvent la perte et le péril. A ces fins sèment des irrésolutions , et principalement aux heures du combat, lequel mis en délibération , de la pluralité de tels conseils, est retardée ou faillie l'entreprise. La première perfection d'un conseiller c'est l'amitié de son maistre. Vaudroit mieux avoir un ignorant aniy pour conseil ,
qu un habile qui ne fust affectionné : faut qu*il soit intéressé à la perte ou gain , considérer s*il n*y a point en ses conseils de son particulier, soupçonnant son naturel , son inclination ; s'il désire la guerre , il allègue la générosité , Thonnenr, la mémoire étemelle , mesprisc Toisivcté : s'il aime les femmes , les plaisirs , fait Dieu auteur de paix , la guerre le plus grand mal des autres ; si ambitieux , dissipe les bons advis par crainte que ses compagnons ne soient employés , ou que Ton Vj employé mal à propos : persuaderont , adhéreront à une entreprise pour ruiner leurs compagnons ; les lairront embarquer sans secours; feront semblant d'adhérer à un dessein pour estre ouïs et le ruiner ; après , ne manquera de ligues des uns avec les autres. Ainsi le choix de conseil est la plus difficile action des princes. Ceux qui ont manqué par Fadvis des gens d'espée sont plus généreux et excusables que ceux qui ont failly par le conseil de la plume. La petite noblesse n'est si propre que les gentils-hommes de race tnediocre , dont la ruine et defareur ( pour leur peu d'alliance) ne frappe coup à TEstat , qu'ils se peuvent chasser sans péril : qu ils ayment le prince , soyent vaillans , gens de bien. Et si le prince ne les peut choisir pour ne les cognoistre , doit s'enquérir de ses amis et du peuple , de la suffisance d'iceux. Les conseils ne se doivent conclurre par pluralité de voix ; mieux en vaut un que cent , et cent ii'en vallcnt un.
Les resolutions ne se doivent changer sans accident, sans lequel il ne les faut remettre sur le tnpis en nouvelle délibération ; autrement l'on ne se souvient des raisons debatucs, d'où procède que tout se tourne en in*csolutions. Les magnanimes ne reçoivent plaisir si ce n'est en intention de le rendre ; les effects obligent , non les paroles , qui se recompensent par semblables , et les princes ne peuvent bonnement reprocher les manquemens des services qui leur sont promis, s'ils n'ont obligé les hommes , ayant eu recompense du vent de leurs offres et soubmiSsion en pareille moniioyc.
^ La médecine a des incertitudes , la chirurgie en est plus exemple ; ils ont des auiheurs qu'ils suivent de poinct ft autre ^ comme si les
régions, les naturels, le temps, n'a
changé les corps \ infinis sont morts avft
les maladies et complexions soient cogi
Ces docteurs ont plusieurs fois change
drogues et méthode. Peu guerissoientau
mencement des arquebosades ; de moa
ils faisoient de grandes indsk», dîtatii
playe pour dotaxer voye à l'afiosCoiM
qu'elle apparust ; mal sur mû pire f
coups, le rasoir amy estoît pfan daiig<
que la balle ennemie. Us appliquent de
guens chauds pour provoquer le pos, q
peut estre sans extrême doniav , itiriti
accidens , dont ensuit la gangrené et la i
ainsi que si on ne pouvoit guérir un mal
en faire un plus grand. J'en ay ven pans
charpie et d'eau fraische, qui , tenant la ]
nette , en guerissoient plus que les cli
giens , ne faisant douleur par sonde , ai
tien d'unguens y laissoient faire nature ;
cision de la peau ne sert, puisque Vt
tume n'est encore formée au dedans; et q
elle se monstre au dehors qu'ils nomi
abcès , c'est le temps de l'indser. Us l
la nature la voulant prévenir , et luy o
son secours par tn^ de secours. Les
rui^ens les plus excellens empeschenl
postume , et n'ont à combattre que le i
originel et non Taecidental. Us dironC >
en mourra beaucoup par ceste practiqoe
respond qu'ils en sauvent fort peu desgrai
blesseures. J'en parle par expérience , \
avoir esté dix fois blessé , et. Dieu gr»
jamais par derrière , et pansé des meOIi
chirurgiens des roys et des princes. J'eus
arquebusade en la jambe, où j'avais une II
ramée qu'ils medicamenterent dix joi
comme s'il n'y eust rien eu d'estrange
dans : au dixicsme , mon chirurgien vmt
Bourgongne , qui me tira la balle , me sa
vie et jambe preste à couppcr. Croyez lesi
rurgiens, ils vous tuent; ne les croyez poi
ils vous accusent : s'ils vouloient bien et
creus , il f^audroit qu'ils donnassent cantii
et qu'ils fussent punis de mort s'ils manquoi
à gucrir. Aucuns de ce temps guérissent
grandes playes, n'y mettant qu'une feuille
choux , et les Turcs ne les pansent qu'a
de l'herbe et racines, desquelles ils font
ungucns et les tentes. De tels medicamens
im
RÈGNE DE FRANÇOIS î.
pÊTf le fiienr Destak on Vallaquie , estant MM noy blessé de neuf coups, tant d'épieux fMdTespte.
QiA eifte fibre en la cour des roys, devient leif ( A trop tard Pompëe ) ; la moitié des ystitt-t ÉBcieiis sont morts ponr la liberté. EiM Mnbfecty mm Toinptés , plaisirs , imytfktS&Êà^ (Tamtmy, lever, coucher, disner, flurcher y chasser, se tenir debout , n'est avoir M fsrfê i soy : non plus que Famé est libre, qri larflê , ttesdtt , se plie , desjuise , farde , csclie le vfwy , pablie le feux , rapporte , dissiimiVe,s'oliirc à ses ennemis, trompe ses amis, conseflle guerre , mort , subsides , se ligue avec Ie»neschaiis sans salut ; faisant au contraire il ne peut subsister en la cour. Pourqooy engagerons-nous corps et ame , puisque rhoBirar liep^nd de nous ? Si les roys donnent fcs p9âfs sans mérite, c'est autant de honte ; Ir mi* a*est pkt& grand au dessus du clocher. U Miif de Ta^annes ne regardoit pas au pafmma des femmes , mais à la beauté du viftge. IVoM l'égardons les hommes et non Imm éaïaH ^ les brares ayment mieux conqaerir Me Tille que la faveur des roys ; les hj— W3 henorent les estats , non les cstats les hoMaes. Bien peuvent les princes donner BMyeft de frire de beaux cffects aux vertueux, <*f aat fMen de recevoir de la honte : aux fimieÈ eftarges Thonneur est subjcct à ceux qnp Tfm conduit et commande ; celuy qui est coadhtiear de soy-mesme , le sien ne dépend que de luy : iMnter au lieu d*où Ton ne peut dfiiceBdré sans se rompre le col , ne se doit
dfwer.
PrtBSiit claire aux cours des princes ,
acfieii phirift; presse , importuné , ennuyé ,
en craûM , (ikhi de contraires , en soupçon ;
m Kfop;, M rapport , une femme , ruinent
Il ftrear , cfnr ne se peut souvent perdre sans
b vie et rboitnenr. C'est folie de tra\'aillcr | Les giiuidos conipa{jnios nuisent , les affaires
poof ce (foi Se perd si facilement , s'acquiert
itfc fut de fobeors , et se conserve avec tant
fc peines : lies généreux ne peuvent esire
Partisans , dont les règles se peuvent observer des pasinaniities. Aymerce que son maistre
ayme , loncr , flater à propos , prévoir les de-
ârs , desseins , et s'y conformer , se faire ay-
ner des faroris , courtiser sans importunité ,
ciellement , sont conditions propres aux âmes basses et non relevées. Si l'ambition nous jette en cour , et que la faveur des roys serve de chariot ponr acquérir Thonneur , il en est de deux sortes : défendre la patrie , la restaurer, en chasser les ennemis, c'est chose désirable : rhonneur qui n'est honneur que par faveur , doit estre à mespris ; si c'est pour acquérir des estats aux enfans , qui sçait s'ils seront cause de leur perle?
Ceux qui sont nais coiffés se ruinent par présomption ; la faveur de leur père leur acquiert autant d'envie que de bienveuîllance : si c'est pour laisser mémoire de nous , faudroit acquérir des royaumes, {p^gner cinquante batailles; enrores demeurent-elles ensevelies dans les livres, en lacognoissance de peu de gens hîtlres. De plus , il faut estre roy ou souverain soy-mesme pour obtenir ces gloires immortelles , non courtisan des autres ; le vulgaire ayme autant les fables que les histoires. On respond aux livres de cent ans que le papier se laisse escrire ; passé ce terme tout est mis en doute. Les charges sans actes généreux apportent moins de louanges que les richesses possedéesdesavaricieux. « Je lesay veu( dit la » saincto Escriture ) vestus d'or , entourés de » gens , dans les voluptés , applaudissemens , « gloire et honneur ; et repassant, je n'ay plus » trouvé que la poudre. « Toutes ces grandeurs ne servent que pour trébucher les âmes : les plaisirs réitérés deviennent fades. Darius , en sa defaicte , trouva l'eau d'un bourbier meilleure que l'eau sucrée d' Ai{piebatane . Henri III possédant la France , souhaitait d'estre gentilhomme possédant dix mil li^TCs de rente, et vivre en repos : les diadèmes cogneus sont poussés du pied. Combien de soupçon, de crainte, de bourreaux de conscience, leur attachent Tcspée à un filet de soyc sur la leste ?
tournienlent , h^s vivres délicieux inquiètent, tuent le corps , et le maniement des affaires , rame. S'il y cul jamais temps pour mespriser la cour, c'est celuy au(|uel nous avons vescu. Les anciens roys guerissoient des escrouelles, autres du mal de sainct Jean , et reu\-cy de l'ambition, donnant les charges et estais à gens «le j»ou de mérite. N'estant plus ces tanander , doMcr , parler , cscoùlcr arlifi- | grades, marque d'honneur, ains seulement d€
faveur, les généreux ne les recherchent, croyant, parla multitude de ceux qui les possèdent indignement, qu'il y a plus d'honte que d'honneur de les avoir. Et puis que ceste seule porte de faveur est ouverte , c'est la pierre de chopement pour la postérité , qui ne cherchera expérience, vertu, aguerriment, esprit ny valeur , estant en ce temps ces parties les plus grands ennemis que les généreux ayent pour parvenir , soupçonnés des
favoris.
Les Europîens avoient tousjours vaincu les Asiatiques; les Turcs d'Asie vainquent les chrestiens d'Europe ; les empereurs romains faisoient miracles en Afrique , avec les armes ( hors le feu) pareilles aux nostres, contre gens nuds , ainsi que sont encore les Mores ; nos empereurs de ce temps s'y perdent. L'observation des loix militaires estoit plus exacte; les princes, les republiques plus absolues, et n'estoit licite au soldat de faire autre mesticr jusques enl'an sexagénaire , qui les rendoit tous expérimentés. Ceux de maintenant au contraire, après un voyage , un butin , se mettent à autre Tacation ; tellement que ce sont tousjours soldats nouveaux : ils de^Toient estrc contraincts, ayant une fois pris la solde , de finir leur vie à cest exercice , si ce n'est par excuses légitimes. Les Turcs contmuellement sont aux armées, s'y rendent experts : tout va à la guerre ; tout.combat pour la patrie , à peine de mort. Les chrestiens ne vont à la guerre s'ils ne veulent : d'un royaume d'où il peut sortir cent mil hommes, il n'en sort dix mil. Les Romains avoient cest advantagc sur les peuples de ce temps; la moitié d^eux alloient à la guerre et se faisoient soldats par amour ou par force. Que si cela estoit imité des Europicns , ou d'une tierce partie d'iccux , ils feroient des armées trois fois aussi grandes que celles des Infidelles.
Faillir est commun aux hommes : le Turc en Hongrie menace Vienne ; Charles cherche guerre en Afrique , l'ayant à sa porte ; semblable diversion profita aux Romains, Scipion assiégeant Carthage ; et celle de l'empereur fut heureuse . Le Turc ne se soucie d' Argîeres : bien eust pu faire l'empereur la diversion à la façon des Romains,. assiégeant Constantinople : ce que n'estant en son pouvoir, il
semble que celuy qui tire les bons h de l'Europe en sa nécessité soit en intel avec Solyman. L'empereur juge, ne | résister en bataille , et prend excuse s'y hasarder sur les Luthériens!, auxq ne se pouvoit fier les ayant subjugués traict^ ; chercha commodément ceste d'aller en Barbarie , craignant qu'ils ', hissent.
L'esprit ne demeure en mesme assû change en sept ans comme le corps , le perités l'augmentent , les advefsbés Vi drissent :
Pas ne demeure anx affligés teignem ' Le mesme esprit qa*Us aroyent ma bonhi
dict Plutarque.
Il vieillit aux uns plus qu'aux antn téméraires, ardens, bilieux, cholérique les meurit; les mornes et flegmatiq jeunesse ont du desavantage en vieillesa n'est où l'entendement soit si nécessaire armes , où l'on hasarde à toute heure vi et lionneur ; il se pert en un quart d'iu qui s'est acquis en toute la vie. Cédez, logues , législateurs , médecins et long» aux armes. Deviner le cœur de son ei le contraindre au combat et s'en def loger advantageusement , se garder.de tagemes, en faire, commander, obéi gnoistre les fautes , vaincre soy-mesn siens et les ennemis , éviter les traistres voir aux vivres , finances , gagner le d'amis et d'ennemis , estre doux , juste ^ tif , audacieux^ respondre à cinquant sonnes , pourvoir à >îngt c venemens , il d'autres livres que ceux d'Aristote , Bs et Galien. Le sens vif et net , sans trou est recommandable , avec un âge tLùti et encores faut-il du bon -heur. Tel a veu à tout qui pert la vtetoire ; elle ( ciel et non en la multitude des soldats surpris de terreurs paniques , de rard< tardiveté particulière , ne suivent l'ord leur auroit esté sagement donné par le neral , lequel ils perdent avec eux ; leu positions ou affections changent de joui tre. L'Anglois dit : Bon homme pour le L'empereur ne se doit excuser sur le exercice de ses ennemis ; il y a certiiin
iism
KÈGNE DE FRANÇOIS I.
Ir josqaes o& sont limitées les armées , le raie est superflu. Tous les deux frères ont , Tua feignant d'aller combattre pour eoohattre point , chercher guerre loingisie , et la fuir chez soy en Hongrie ; ïwaÊte, Ferdinand , par ambition , sous counrtmt de religion , cause la perte d'Hongrie pir le secours du Turc attiré à Budes par TmbM royal duquel Ferdinand vouloit Testât.
tea de serviteurs yeulent mourir pour leur ■aistre : si les capitaines ne vont aux charges, les soldats n^y vont point ; si Ferdinand cust mirdiësn lieu de Roquendolf, Budes estoit pris. Ce n'est pas tant d'honneur de posséder les rojaooies que de les acquérir ; il vaut faim gagner nne ville en personne , que douze par les lieutenans. L'excuse de Tempereor est qu'il ne se pouvoit fier aux Lutheallemands , et que , allant à Argier et , il estoit proche des estats d'Italie que k n>y nenaçoit : s'il fust esté bien conseillé , fldrânt vaincre le soupçon, donner Milan a roy pour prendre G)nstantinople ; il faut adfoner la debte , il craignoit les Tui*cs.
la plus part des honunes ont fait leurs plus besax actes de vingt à quarante ans , tant pour rimomBiodité de la vieillesse que par le sang qoî se refroidit , et que l'on craint les périls tspnofés ok Ton ne veut plus retourner, aussi qoerexperimentée vieillesse void d'une leale veue tous périls qui embarrassent ses irrésolutions.
Lesroys nous doivent la justice ; nos juges ioni les cours souveraines : c'est mal fait de faire le procès des hommes par commissaires, vraye marque de tyrannie , sortans leurs subjects de lews Juges ordinaires , sans que les protestatioiis et taciturnité leur puissent servir, puis qu'il leur est commandé de rcspoudre à peine de comiction ; ce qui est violer les loix y et dequoy les souvei*ains sont respossables devant Dieu, ces commissaires osbu un témoignage qu'il n'y a preuve suflitaie contre ceux qu'ils veulent perdre.
Le pape et le conclave des cardinaux do- TToyenl prendre {parde auxprit»ros«;l nomina- ÛQiis que les roys funt des cardinaux , puis fi'il est indécent que les hommes montent
ei teste qualité de pouvoir estre chef de , par voye indirecte et amour des
femmes , ainsi que les cardinaux Le Veneur» de Givry , de Meudon , de Joyeuse , de Sourdis et autres de nostre temps.
Le roy , trompé de l'empereur, ou plustôst du connestable , pour rabiller ses fautes , s^as-seurer ses amis, envoyé Fregouse à Venise, Rangon à Gonstantinople : ils sont tués sur le Pau, par le commandement de l'empereur qui en refuse justice au roy , lequel , resolvant la guerre , crainct le roy d'Angleterre offencé par la première alliance d'Escosse , et pour la seconde de la fille de Guise , vefve du duc de Longucville , mariée au roy d'Escosse. Les smprises d'Italie proposées et négligées par la soudaineté de François , le roy entreprend sur Rossillon et Luxembourg.
[1542] Le premier avoit esté rendu à Ferdinand d' Arragonpar le roy Louys ,persuadé par conscience et scrupule d'Olivier Maillard, cordelier, son confesseur; le second, pour avoir le roy François le droict des héritiers de Luxembourg , spoliés par Charles de Bourgongne. La conqueste de Rossillon fut commise à M. le Dauphin, assisté de M. d' Annebault, sous Tintelligence de M. de Montpezat , gouverneur de Languedoc. A Luxembourg fut employé M. d'Orléans , assisté de M. de Guise ; se fie au sieur de Tavannes , qui luy esleve le cœur aux honncui*s et coronnes; l'émulation de M. le Dauphin luy sert d'aiguillon ; son naturel ouvert à la françoise surpassoit celuy de son frère : tous courent se préparer. Le sieur de Tavannes prend l'occasion de voir son père ; arrivé avec vingt chevaux d'Espagne et d'Italie, d'abordée ses gens indiscrets deslogent les chevaux du vieillard , qui depuis , en l'absence de son fils , couppe les licols et les chasse dehors , apprenant aux enfans que la faveur et grandeur de la cour ne dispense de la révérence paternelle ; et sur la prière qu'il luy fit de luy ayder d'argent pour poursuivre sa fortune , luy donne la clef de son cabinet de Dijon , l'admoneste de n'y prendre tout; où arrivé, il trouve cent sols en liarts , qu'il jette par la fenestre; son va trenver son maistrc presl à partir pour Luxembourg , reçoit la licuteuancr de sa couïpagnie. M le Daufihin avec les susnonmirs , Suisses , vieilles bandes , légionnaires , la plus part des princes et noblesse de France , parlent. Le roy suit avec le resti*
MEMOIRES DE GASPARD DE SAULX. |;i
des forces ; M. d^Orleans eut six cens bomnoes d'armes , huict mil lansquenets , six mil François. Assiègent Dampvilley, où se joignent six mil lansquenets , sous la charge de Reycrottc , et du Rein-grave. M. de Guise veut commander , comme tuteur de la jeunesse de M. d'Orléans ; il se met hors de page et s'y oppose ; donne des conseils meurs et résolus : M. de Guise en recherche la source , la trouve au sieur de Tavannes : les voilà ennemis secrets. La garnison de Dampvilley se rend; ledit sieur de Tavannes mené M. d'Orléans à la grande église , pour sauver le. peuple , les femmes et les enfans. M. de Guise veut que les soldats soient prisonniers , le gênerai dit leur avoir promis liberté ; mande secrettement au sieur de Tavannes , qui gardoit une porte , qu'il les laisse sortir : il est obey. M. de Guise luy demande s'il ignoroit sa charge , et par quel commandement il avoit bissé aller les prisonniers; il respond, par celuy de son maislre, après luy qu'il luy obeyroit. M. d'Orléans embrasse M. de Guise , et appaise tout.
Après le démantèlement de Montmedy , La Ferté, Ghallencey , Yireton priSyYvroy est assiégé ; deux mille conunandés par le bastard de Sombresset et Gilles de Levant, la deflendent. Les approches estoient difficiles , et les tranchées mal faites, l'artillerie posée trop près , la batterie précipitée , le canon , mal couvert , est abandonné ; les assiégés , à la faveur des harquebusades des courtines , le gaignent; soudain sont repoussés. Cest accident, force de la place, bonne mine des assiégés, en désespère la prise. Les pièces changées du costé des Ardennes, la bresche non raisonnable , non attaquée , les munitions faillent ; quinze jours s'escoulent pour en amener de Sedan et Mouzon. Le roy, adverty, craint l'armée de la i*oyne Marie , commande de lever le siège. M. de Guise y conclud, disant que Ton ne peut failUi* d'obeyr à son maistre. M. d'Orléans fluctue, le sieur de Tavannes le résout à part , luy dit : « Le roy » pert une ville ,• vous l'honneur ; le cours de » vostre vie suivra vos premières entreprises; » vosire frerc prendra Perpignan , et vous la » honte : M. de Guise n'y a tel iuterest que » vous. » M. d'Orléans retounie au conseil , proteste qu'il y demeurcroit mort ou yicto*
rieux. Les difficultés diminuent , las pou arrivent : M. de Guise continuoit hk bat au mesme lieu. Le sieur de Tavannes recogneu à l'opposite l'entrerdeux d'ua : part non continué de terrain , flanqué c seule casematte ) le monstre k M. d'Ork juge la bresche facile , objecte que M Guise l'empescheroit i résolvent de pi l'artillerie avant que luy dire, Peodeilt reposoit , ayant veillé la nuict , à la poMM jour, M. d'Orléans moue quatre caeei lieu susdict , couverts d'un chewo onii de quelques gabions. M. de Geise abe trouve M. d'Orléans qui portoitle sîqq Tavannes en crouppe, blasaie cesl i offi*e de quitter sa qualité de prince combattre et maintenir que c*estoit jpft trepris. Ledit sieur de Tavannes reoog qu'il en veut à luy , se voit en péril de p< sa faveur à faute de courage , oa d'ave puissant ennemy, se jette à bas, s'ej sur ce qu'il a pensé estre le bien de aOQi tre et le service du roy ; dit estre le i teur de M. de Guise ; que s'il luy plaîsci quitter sa qualité pour le combatlre, qu* feroit un grand honneur, et le troui fort homme de bien. M, d'Orléans « silence d'auctorité , supplie M. de Guise paiser son courroux î car s'attaquer m de Tavannes c'estoit en vouloir à hiy, e( grand peine les repatria. L'artillerie dea où le sieur de Tavannes l'a placée , b huict à une heure après midy. Les ass voyans une grande bresche» se rende l'honneur de M. d'Orléans et establisse entier du sieur de Tavannes. Yvoy dmu garde à M. de Sedan ; Arlon et Luxemt se rendent après bresche fuicte ; il en trois mil hommes de guerre : ThionviU< meure seule à Tempereur, tanta.de :
le bon succès des premières entreprise difficulté d'argent, mais pluslost la jeu ,de M. d'Orléans et les pic({ues de ses go neurs , mal-gié le sieui* de Tavannes , portent trouver le roy , sur le bruit de taille qui se dcvoit donner eu Langue pert l'occasion de faire de beaux efl cause la perte de partie de sa conqu où il met ordre précipitamment. Celuj ploist est eu opinion d estre lo plus sagi
lyitf BÈ6NE DE
mmtAxmÊhsadt , ftllië de madame d^Estampn, éft cmlinal de Meudon , sur entreprise du sîeur de Honq>ezat» assiège , après avoir perdu roccasion par d« finisses et longueurs ordinaires phi eowtissns que capitaines , avec la de rkyver , contrainct de lever le qvsrtnte mil hommes de pied et lOBmes d'armes, qui eussent esté fkm Miles à Tentreprise de Milan. L'hyper la remicte aux armées royales, ftr mp de sévérité ou douceur les pères ; h proosiere este Taudace ; la com- , les bons conseils , les reprehensont plus nécessaires: la sede irop de douceur, plus dangelîmnee de mespris , de présomption, flMsmction et imprudence. La voye du ■fea, inat plus à douceur que sévérité, R doit suivre , selon la cognoissance de la iquôtion des enfons : les enseignemens des «tas vallent mieux que les héritages qu'on bv hisse : par Timprudence se perd Tame , et les richesses ; par sagesse elles et s'accroissent. Les enfans doi* poussés aux cours des roys et aux cinq au durant; cognoistre si leur capable de grande fortune; leur lyder entièrement. Au contraire , s'ils sont niqtfnenx, joueurs, chasseurs, n'aymans Il asnr qne pour estre en liberté, il les faut ntinr, s*ils ne peuvent ou veulent parvenir. Isa ptai juste que les pères vieux dépendent i Ion pUârs, que les jeunes qui s'en mocen sçavent gré ; et comme père eeste injure du temps , que Tamitîé as HMBfea envers les pères avec telle force la'elle deaeaMl aux enfims, desquek s en teavo ptanJears qui tacitement souhaittent b deoès de leur père , et ne se soucient de bai eonHDodités , pourveu qu'à quelque prix pe ee soit ils obtiennent la leur : ce qui est akrable quand ils ont de la vertu et de la valear sa espérance d'advancement ; si au con* kiire , il est plus raisonnable que les pères mployeat leur bien à leur plaisir , que leur n donner pour le leur s*ils Temployent en Acis inutiles.
Le nom de prince vient de premier com^
k te jevuewe tto Rome; ou de pror
FRANÇOIS h ios
sident au sénat en rabsencc des empereurs ; anciennement les fils et parons d'iceux pre* noient ceste qualité. Si les roys estoient eslectifs , ainsi que ceux de France ont esté et qu'ils sont encores en Pologne , Tcslection , sautant de race en autre , empliroit de princes toute l'Europe, s'ils pouvoient donner ce grade à toute leur parenté. Il y a apparence que ceux qui sont parcns des roys diont les conmnes s*obtiennent par succession se pourroient dire princes; mais, pour avoir eu des souverains en leur race , et n*ayant plus de souveraineté en icelle à quoy ils puissent prétendre , ceste qualité doit estre perdue. En Espagne , ils ne tiennent princes que ceux d'Austriche , encores que plusieurs soient sortis de maisons royales , se contentans du nom do los oran- DES , comme qui diroit en France , illustre» Les maisons de Nevers , de Lorraine , de Longueville , de Nemours , retiennent ceste qualité de prince en France , à quoy les François adjoustent le surnom d'estranger , sans que les souverainetés auxquelles ils peuvent prétendre , de Lorraine , de Savoye et de Mantoue puissent acquérir ce titre franc. Combien de banquiers en Italie , de gentils-hommes en Allemagne , parens de leurs ducs , se disent princes sans subject! En France, ceux de la maison de Luxembourg , Gourtenay , de Guymenet , de Foix , de Lautrec , le seroient sem* blablement s'ils avoient des parens souverains: les seuls de Bourbon sont recogneus pour princes en France. A Rome , les empe* reurs se contentoient de nommer leurs enfous princes du sénat ou de la jeunesse; n*h(moroient frères ni cousins de ce titre. Eu Pologne , en Hongrie , en Turquie , ils n*usur* peut ce titre et prééminence, qu'ils ontseu*' lement par les grades qu'ils obtiennent do leurs souverains. Les roys ne peuvent faire ni princes ni gentils-hommes: plus ils en donnent des lettres , et plus anéantissent ce nom, qui se forme par la grande ancienneté et approbation du peuple, continuation des charges , et réitérés beaux actes des prédécesseurs de ceux qui possèdent ceste qualité. Les roys peuvent bien abbaisser et obscurcir les rangs des gens de qualité aux cérémonies , non que leurs ordonnances empesclient la vérité dc« ni«e9 que Mw^cognoi^nt : eux
MÉMOUlËS DE GASPARD DE SAULX.
et les princes sont sortis et foicts des gentils* hommes , pow et à Taide desquels ils ont esté créés. La seule qualité de roy et de prince du sang est exempte de combattre en duel , pour Tinterest public ; ceux qui ont le nom de prince , qui sont de maiscm illustre , ne s^en peuvent parer contre les gentUs-bommes , qui sont du bois dequoy ils sont foicts , quand les querelles sont jugées justes, et dont le droict est remis au sort des armes par les supérieurs , puis que la coustnme du combat n*a pu encores estre ostée en France, et qu'il y a tant de fomilles venues de grandes maisons et mesme de roys, qu'iceux se peuvent esgaler à tous ceux qui ne sont du sang royal.
Victoires , prises de places suivies soudainement , apportent des progrès que Ton n^eust pensé ni s*osé promettre. Il ne se peut estimer combien un succès heureux donne de moyens d*en aquerir davantage , quelque petit qu'il soit : le courage croist aux amis et Testonnement aux ennemys ; le repentir demeure à ceux qui n'ont suivy leur bonheur; estant à reprendre la commune des hommes^ qui n'ayant pas le courage assez eslevé , se contentent de peu lors que la fortune leur met beaucoup entre les mains.
Les capitaines chargés de guerre et d'un prince de quinze ans sont en grande peine : âge sans conduitte , ambitieux outrecuidé , qui se laisse flater, posséder, empescbe plus que l'armée ; eschappé de la veue de son gouverneur , s'il ne se pert il en pert d'autres ; met confusion , attire combat qu'il ne peut demesler; s'il fuit, la honte en est au chef; s'il vainc , il gaigne de l'outrecuidance , mesprise le conseil , se prépare à lourde cheute. Ses mignons luy preschent la liberté , vices , voluptés, haine de celuy qui le tient subject, qui est accusé de larcin , de faire pour les siens, de manque d'amitié. Cependant que les capitaines veillent contre les ennemys, le pupil et ses mignons veillent contre eux; les lions prisomiiera n'offencent point, on s'en garde; les princes assubjectis estranglent à Timprovîste ; sans bride , ils prodiguent l'argent , mènent à la boucherie , blasment les actions , et font perdre leur conducteur , et quelque-
ven un grand prince aymer cen tenu subject: il ne 8>n faiot charm douze ans; s'ils en ont seize ou dixtaia tester an père de leur obeyr et covtj sans s'obliger à la garantie des eveiK« ne s'en charger en façon que ce m, c'a mieux; j'escrips d'experieace. Eo r» i^ au déclin de la guerre poor h r^\ France , M. du Maine me donin fotft^ de dix*sept ans , ayec une petite jmeti Bourgongne : je me trenvay phi eapai de luy que des ennemys. M. icmefes^ moins; les mignons de M. d'CMe^ettiipii capitaines , et ceux de M. le prâee éi ^ ne festoient pas; si ne me poreiit-iliai» cher de prendre de places , tenir ax ^^ campagne , présenter le combatiiootebi.
et m'ose pitNnettre que , sans eox ecbM^ qui porta le grand coup de la mtk\ Ligue , nous eussions mis nos eoDeors k de Bourgongne.
[1543] Au sortir de Peipignao, [4i. chelle se mutine pour la gabelle; mi?
sieur de Jamac leur gouvemeorTooroj ferentes plaintes au roy. Le sienr de Tici nés , avec la compa^ie de moosieor (fijr leans , est envoyé pour y entrer eo garni» ils le refusent en gros , non la coamuniaiR des siens , qui entrent par diverses pertes (i! divers temps. Les gens-d'armes ip;feâK dans les hosteleries; s'assemblent au lu(^ où le sieur de Jarnac avoit coulé des ann. lequel prie ceux de la ville de bisser enr? la garnison : sur leur refus , le sieur de Tf vannessorten la rue avec cent cairaces,io» tre qu'il estoit dedans sans leursceo : à mst temps s'approchent de la ville huictcensAquebusiers ; Talarme sonne , il déclare (i^nf ou mort il demeureroit dans la ville, oo^i brusleroit tout et s'enseveliroic dans les cadres. Le combat douteux et la crainte àM fit accorder que les Rochelois posermi'^ armes entre les mains du sieur de Jv»
entretiendroient la compagnie de ([eos^^fn^ et quatre cens arquebusiers ju8qaesàla>t» du roy, lequel arrivé, leur remit km p vileges , pardonna leurs fautes et osta h p nison. Sa Majesté loue le sieur de Tâvaii>^ de ce qu'il avoit fait. MM. de Langez etai^
fois euxmesines de despit. Rarement s'est I quis du Qw» px^wm\ et repwoto ^
Al
l^ autre Carignan et autres petites villes en Imotit ; le sieur d'Annebault y est envoyé. mauvaise intelligence des chefs n*y fait rien
vaille ; fault Gosny , retourne en France ; de Langes menrt. Tbnrin , sons Boutiers , lia estre prins par des soldats cachés dans ; chariots de foing ; en may fut le camp de rolles. Le roy , avec huict mil chevaux et ^t cinq mil hommes de [ûed , fortifie Lan- 'Cy, court devant HonsetMaubeuge. Ferand , par le marquis de Brandebourg y îege Peste en Hongrie sans fruict ; Solyman iecom^t y et ensuitte prend Albe et Strîgon^ r \a faute des chrestiens. Le Turc peu dent avoit accordé au Poulin , depuis baron de
Garde , ambassadeur de France , Tarmée mer hors temps , sans frm'ct que la prise de :e , reprise après par le chasteau. Lempeir retourne d'Espagne contre le duc de lives , qu'il avoit quitté pour ne luy avoir olu permettre la qualité de duc de Gueidres étendue par Sa Majesté; le roy luy avoit nné la fille de sa sœur mariée au roy de ivarre ; sur Tappuy de quoy ledict duc de lives en Tan 1541 envahit la Flandres. Le pe , à Plaisance , veut en vain divertir Tem- Teur de la vengeance sur ce duc ; monstre le Solyman descend en Hongrie , et Tarmée 3 Barberousse sur les oostes d'Italie : la vensance emporte l'empereur , qui laisse le pape al-content ; fait revue à Bonne de trente mil )mmes de pied et seize mil chevaux de toutes itions ; prend d'assault Dure , estonne le reste u duché de Glaives , qui se rend et son duc la miséricorde de Sa Majesté , qui luy oste es deux meilleures places , change la qualité le duc en celle de gouverneur. Le roy , conmt de garnir ses frontières , laisse perdre on amy le duc de Gueidres à sa veue , deesche M. d'Orieans à Luxembourg , qui delande le sieur d'Annebanlt au lieu de M. de luise, suivant le conseil du sieur de Tavannes, K)ur monstrcr que sa précédente victoire de- ^endoil de luy seul. U prend Arlon et Luxembourg pour la deuxiesme fois ; le roy y arrive, ïi fut adverty du siège de Landrecy ; s'approche de Tempereur , qui avoit quarante mil lommes de pied et quatorze mil chevaux , avec esquels, ayant tenté les batteries, se résout le ravoir par famine. Le roy s'approche à la
RÈGNE DE FRANÇOIS L
faveur des bois et des ruisseaux , envitaiHe et change la garnison de Landrecy , pour n'avoir l'empereur pris la place de baudlle entré ses ennemis et la place qu'il assîegeoit. Le roy , paré d'un ruisseau , après quelques escarmouches , se retire de nuict sans honte , avec honneur d'avoir sauvé Landrecy , congédie son armée à Guise : l'empereur fait le'semblable à cause de l'hyver.
[1544] En ce temps nasquit le petit roy François.
Les secours des princes esloignés arrivent hors temps et sont inutiles : tel estoit celuy du Turc au roy François; celuy du roy d'Espagne aux catholiques ligués en France. L'assistance demandée ne s'accorde quatre mois après : avant que les nouvelles soient scènes de l'un à l'autre , la nécessité est passée ou le party opprimé , et n'est plus question dé ce qui estoit lors ; les entreprises se trouvent feiliies , les parties ruynées , l'argent sans-soldat , le soldat sans argent , venus mal à propos, se despend et se desbandent. Faut des sources de deniers et d'hommes proches , avec agent qui puisse résoudre les aflEadres comme le souverain , et ce à six journées an plus du gros de la guerre , pour l'Espagne à Milan , pour le Turc en Barbarie , si ce n'estoit que dès le commencement de la guerre fiist donné pouvoir et fourniture de tout ce qui seroit nécessaire , ce qui est mal-aisé.
Les petites troupespeuvent capituler à teibps dans unefoible ville : nul ne veut aller le premier à la mort; les généraux d'armées ont d'autres affaires ; ne demandent que gagner du temps et hasarder Thonneur des maladvisés ; les foibles sont fort empeschés à se résoudre , et , quelque defence qu'ils facent , tousjours la perte de la place leur donne du blasme.
Les foibles potentats et usurpateurs courent fortune, sont subjects à de grands périls : le mieux est de se liguer avec leurs semblables ; ils sont contraincts de mandîer le secours qui les opprime ; s'ils donnent des villes ils en sont dépossédés, s ils n'en donnent point ils sont secourus par acquit. Il vaudroit mieux endurer de leurs empereurs, ou mettre dès le lendemain partie de leur estât entre les mains de celuy qui les secourt, lequel , intéressé y les deffendroit comme siens : et reste-
MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. [im^
Tollos charges ne se doivent faire en nm par cent ou si\ vingts , qui ne se pea\eatd|ff
roit Tesperance au fbibic prince d'y rentrer , ou d*cn avoir récompense , laquelle il faudroil traicter auparavant , et mettre au choix de son supérieur de la donner ou de luy rendre le pays , sans monstrer aucun regret ny défiance; reigle de laquelle sont exceptés ceux qui peuvent subsister avec peu de secours qui ne les puisse opprimer.
Les Turcs n*aiment nv ne secourent les François que par interest commun , qu'ils ont guerre au roy d'Espagne ; quand il y a paix avec le roy Catholique , les ambassadeurs de France ont peu de crédit à Ckinstaniinople.
La vengeance et inimitié n'ont lieu à l'endroit des grands capitaines , qui doivent estre conduits d'honneur etd*utilité.
U ne faut regarder à faire une rctraicte de nuict qui apporte riionncur de la victoire , ayant foit ce que l'on desiroit : qui a le profict de la guerre en a la gloire ; et ne faut ouyr les jeunes et ambitieux qui contrarient cesto seivté, laquelle ils disent honteuse si elle n'est recherchée de plein jour ; et seroient les premiers peut estre à se desordonner au péril.
U est difficile de se retirer devant les capitaines qui ont volonté de combattre; la crainte , le malhciu* , le mespris des chefs mal-fortunés , fait desdaigner le commandement ; le souvenir de la honte este le respect des soldats, lesquels, desordonnés et une fois tournés , abandonnent le salut public pour penser au leur particulier : pressés en ceste confusion , im leur semble plusieurs , et les esprits des communs soldats , portés par la terreur hors de leur siège, du(|uel elle a jette la raison , ne leur permet de se recognoistre; l'imagmatiun frappée ne leur concède autre pensée que de retraicte ; légallop, quelque petit qu il soit, se convertit en fuitte, et malaisément s*en peut-on desdire, si quelque chef (duquel Taccoustumunce des périls les fait mespriser) ne fait quelques cliarges à la fîiveur d'un fossé ou d'une liaye. Les chevaux de ceux qui suivent ne sont d'égale force ; les plus vistcs , mal secondés , voyant faire ferme à quelques uns , sont contraints d'attendre leurs conipa;;nons ou estre chargés foibles : neuf on dix d'iccux renversés à propos ci»t le salut de la rctraicte.
pestrer commodément : trente chevaux wat^ sent en ce desordre pour foire balte aux php pressans. En ces hastives retraictes lei tok^ dats, se sentans les pistoletades et les hinmj busades dans le dos, les mots de : TumwwÊÊ^ faiêonê ferme! sont proférés de la bowkil et les cœurs affoiblis picquent les chevant M^ contraire. Plusieurs, avec ces beaux raoCs# de mauvais eflccts , sont comme les polaiai dont la bouche refuse ce que le reste du corpt concède : ainsi ceux qui ont trop attendu ai qui sont tombés en cest inconvénient , malan sèment retournent à ia charge. Autres aoM les retraictes qui se font en ordre etengrosi et quoy qu'elles se facent partie au troc, m perdent le commandement, ayant quelque pai dadvantagc. Ceux qui les veulent attaindn se desordonnent autant que ceux qui se reifr* rcnt , lesquels à tous fossés , à toutes hayas' tournent, ostans trop pressés; laissent dss gros derrier un l)ois ou an couvert d*utt cka* min ou vallon , pour (non apperoeus ) cbargat en flanc ceux qui poursuivent trop chandail ment. Tel gros doit estre laissé pour cfaarfir dans le flanc gauche des ennemys , et àm leurs charges en se retirant demy tournés ; et d'autant c|u'ils ne profondent dams les victCH rieux , ils se peuvent retirer , et est necea-» saire qu'ils soient soudainement sonstenna d'un autre gros qui face la charge da nesoM que celle qui a esté faicte , s'il est besoin, an en face la mine. Infailliblement Us raoi|lroal ou arresteront les testes de ceux qui snyrent* Ceux de la retraicte qui auront les premian chargé , selon le succès doubleront le tral pour regagner les grandes troupes qui ront fait un peu de halte à la foveor d* haye ou chemin , pour favoriser ces cbai^ges. Les histoires sont pleines do ceux qui , ponr avoir trop suivi la victoire, Tout perdue; les retraictes précipitées se doivent éviter; cent qui sçavent comme il faut forcer ceux qui SQ retirent , hasardent cinquante cavaliers avec commandement exprès de se mesler , les suî* vent en gros et sousiiennent ordre. Il est très-malaisé de se garantir de honte , si on n'est f(»rt expérimenté. Gela soit dict pour les
troupes particulières et non pour la retraicte
RÈGNE DE FRANÇOIS I
miée , pour laquelle il faut autre pmlîcie en autre lieu.
ine des François rompt les beaux des- I Chvks-Quint. 11 sçait que Scander-
, et Jean Uniade résisté aux
lesquels il pouvoit mener cent (aguerris, ruiner au premier bon monarchie. La vengeance le porte DS, en Gueldres et par tout ailleui's nleelnfidelles. N*ayant raison que la ! des Luthériens, dîsoit les entreprises {■es ûnaginaircs. Le maintien de sa , àtmt la Flandre est le cœur et la lepaw f porte sa resolution ailleurs :
m efiter blasme de vindication contre ^çûÊM , et de crainte des Turcs : il n'alage pareil aux Césars , qui croyoient ■ver des foibles assaillans les plus
;iereiir , sans avoir esgard à roflence s de sa tante, excommunication du hoigement de religion , recherche le Dgleierre, qui luy promet passer en M liaine de Talliance practiquée des s eo Escofise; partissent Testât do •num que Tavoir assailli; practiquent i les Suisses ; défendent la sortie de wm WÊX Allemands ; assiègent Luxcmpar le comte de Fustemberg , desas- MT Je prince de Melphe. Le marquis ni prend Montdevis sur des lettres dn sieur de fiouticres poitans ne secourir ; prend et fortifie Cai*i- L de Boutieres renforcé assiège Y vi^ y e , fiM à preudi*e le quitte ; olfencé de le de H. d'Anguein créé nouveau lieuea Piedmont , se retire en sa maison. d'Aagsie prend Cresantin, assiego u t MMivelles conquestes et foriificaet cinq boulcvaris du marquis du garnis de quatre mil Espagnols que Mets; Tinipussibilité de la forcer re-< a lamine , et les Impériaux au secours )ehent avec grand nombre de lansciuc* CNiYellement armés. M. d*Ânguien se I GarmagnoUe entre les assiégés et ses is ; demande au roy congé de donner lille et argent pour payer ses soldats : nier est accordé , et le second selon la ûté de Sa Majesté. Au bruict du congé
de la bataille partent de la cour en poste pour s'y trouver les sieurs de Tavannes, de Dampierre , Sainct André , Bonnivet , Jarnac | CoUigny, d'Escars , de Rochefort , de La Hu-p* naudaye ; à leur airivée le gênerai leur de--part des charges. Le siem* de Dampierre , en faveur du dauphin , eut Tarriere-garde avee les guidons ; le sieur de Tavannes , pour son expérience , est retenu près de luy avec le siem* de Sainct André. Le marquis du Guast logé à CerisoUes , résolu de combattre on d'envitailler Garignan, marche entre Ceri-* risolles et Sommerive , pour , se parant d'un ruisseau, couler à Garignan. M. d*Anguîen marche pour recognoistre avec sa cavalerie , descouvre le flanc des ennemis, reprend ceux qui Tavoient empesché d'amener toute rai'mée, branle d'envoyer quérir ses gens de pied. Le Guast descouvrant Tennemy, revient logera GerisoUes. M. d'Anguien, conside-» rant que les troupes , dès la pointe du Jour en campagne , fussent esté trop fatiguées de loger sur le champ , les fit retourner à Gar-* magnoUe , d'où le matin il partit pour s'aller mettre au devant dudict Garignan et couvrir le pont du Pô , d'où venoient les vivres au marquis; lequel encouragé, luy semblant que les François tournoient le dos, laisse le grand circuit , marche sur la piste du jour passé. Rapporté à M. d'Anguien , il retourne pour donner la bataille , qui fut le lendemam de Pasques , treiziesme a\Til i5A&.
Les^Imperiaux estoient dix mil Allemands , neuf mil Italiens , six mil Espagnols ; ainsi , plus forts de huict mil hommes de pied que les François , se rangèrent en trois bataillons ; sa cavalerie , de huict cens chevaux inférieure à celle du rov, estoit sur les aislcs. M. d*An« guien se met quasi en pareil ordre : M. de Itoutieies , revenu au bruict de la liataille , conduit l'avanl-garde , composée de trois mil houunes de pied françois , ù leur droicte trois cens chevaux légers , à la gauche M. de ]$pu« lieres avec quatre-vingts hommes d'armes. De mcsme front marchoit la bataille , de trois mil Suisses flanqués de M. d'Anguien avec deux cens hommes d'armes ; à sa gauche les gens de pied il;iliens , Gruiers flanqués du sieur de Dampierre , avec le reste de la cavalerie. Le nombre de tout estoit de cinq
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MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.
mil hommes de pied gascons, huict cens hommes d^armes , cinq cens chevaux légers , quatre mil Suisses , trois mil Gruyers , Provençaux qultaliens. Se tire des rangs huict cens enfons perdus sous Montluc, rartillerie à la teste des bauillons ; Tescarmouche s*eschaufe , désirant chacun des enfans perdus gagner les flancs des bataillons ennemis : rartillerie endommage des deux parts. Ce que ne pouvant endurer les capitaines françois du régiment de M« de Tetz colonel , le contraignent d'aller au combat , ne descouvrant seulement que le bataillon des Italiens conduicts par le prince de Saleme, ou ils s^acheminoient. Pareille contraincte avoient faicte les lansqueneu du Guast à leur capitaine, ennuyés de Tartillerie, et venoient charger le bataillon de M. de Tetz par flanc ; dequoy adverty, cognoissant sa faute, 8*arreste et fait mettre le ventre en terre à ses soldats pour se parer de Tartillerie , donnant temps au bataillon de dix mil lansquenets ses ennemis de venir à luy , et couvrir ses Italiens, qui , pour ce sujets ne combattirent point. Les Suisses de la bataille s'estoient advancés de mesme front que les François ; chargent ensemble et partie par flanc pour estre leur front grand. Les lansquenets avoient esté contraincts au passage du marets se mettre aucunement en desordre , furent tirés d'un nombre d'harquebusiers à rouet cachés derrier le premier rang des picquiers françois , qui|chargerent tons ensemble aidés des Suisses qui donnoient par flanc, tenant leurs piques par la moitié si courageusement , qu'ils rompirent le grand bataillon de lansquenets , aydés de M. de Boutieres , qui charge à un coing du bataillon avec cent hommes d'armes devant les Suisses , en mesme lieu où avoit déjà passé quelque cavalerie des ennemis fuyant.
Le marquis du Guast, voyant le desordre advenu par Tiropatience des lansquenets, s'estoit confié en cinq mil soldats espagnols esleus, destinés pour combattre les Gascons, lesquels Espagnols avoient esté contraincts suivre les lansquenets au combat , et , voyant leur desordre , tournent à gauche , pensant avoir les Gascons , chargent les Italiens et Gruyers , qui ne soustinrent seulement leur regard ; ils suivent la victoire. Sur ccste grande incerlitude ,
M. d' Anguien est conseillé de faire ff>n sieur de Tavannes dit : « Chai^eom.
• sieur, commandez à Dampierrc et Ti » qu'ils donnent à ceste cavalerie do à
» Florence, et choquons ce batailbodti » soldats , en. quoy consiste le gm d^^
• taille. » M. d'Anguien croit le mm^ vannes, et l'envoyé faire charger Je sm Dampierre , avec lequel estant mitrie^ ceste mauvaise cavalerie , il relient, M « Monsieur , il faut boire ce calice. - 1| mondict sieur d'Angnien i la diârpu^J ce qu'il y avoit de cavalerie , cmit ^.^ mil vieux soldats , qui retounioiettfdlrl.h; toire des Italiens et Gruyers : h(br^(* grande, il s'y perdit beaucoopd^ inj^i bien. Les Espagnols perdirent h^.«^^ courage appercevans revenir lesf/ttt^; Suisses victorieux des lansqueneu : i<iy. guien passe trois fois parmi eux, jU sieme ils jettent les armes. La yvmt douteuse ; et n'estoit pas demeuné c»]V| hommes à M. d'Anguien , ou tout serîi Le Guast se sauve, laisse quatorze pkrs/.* tillcrie, douze mil morts, trois mQprisoim M. d'Anguien loue trois hommes, iovr de Montluc , de Dampierre et de Tm^ lequel nous laissa ceste bataille peiori^i/ . main. Il se vantoit peu ; ]e loi ay mt ^ qu'il ser\it beaucoup en ce comhir. fu/tr gagné par faute d'ordre des emMÛ, ^x avoir trop tost et sans commandeoeoicofr mencé la bataille : la fortune y eotu W part.
C'est peu de lire du succès des batab { qui ne remarque les fautes d'icellesp:
profiter. Celle de Crecy aprend de ne bw desbander les volontaires , qui pour Jeorà» neur particulier hasardent le geDeral.f l'infanterie mal ordonnée mise derniho' Valérie, au moindre desordre Teoipe»»
d'aller au combat , s'il n'y a des places ta» entre les bataillons pour y aller ; qu'il ne i^ hasarder à jeun les hommes Ussés cm^ frais et bien rcpeus , et qu une avani-g»? bien renforcée est souvent ulileiservaDd^t' taille et arriere-gardc d ost de resem,^ se mouvoir qu'ils ne voyent IccooifflC*^ du bon succès de leuravanl-6ardC)^^V^ quesfois de beaucoup.
.JêLl
RÈGNE DE FRANÇOIS I
'oy Jean aprit à ses despens qa'un petit 6 placé avantageusement peut estre yic- ^ d'un grand qui assaut en desordre , et petit front bien deflendn , flanqué d*arou d*arquebusîers , et qa*en mesme » sortent d^autres endroits des troupes eant en flanc les assaillans , dont l'ardeur illentie par les traicts , souvent empora victoire; et a apris que ceux qui sont t advisés d*altaqner tout ensemble queue ne ceux qui sont placés , au moindre desse perdent et se renversent les uns sur itres -, et qu'il seroit mieux les attaquer pareil nombre qu'ils sont , esloignant ce *on a de plus, tellement qu'ils ne se puisressentir du desordre qui pourroit adve- IX premiers attaquans.
roy Edouart , généreux , se servoit des Is sans les contraindre; son royaume Sleterre estant depuis sa mort tombé en ouille et en enfonce , iceux eurent peur surs subjects , justiciant les meilleurs et ripaux capitaines : ils restraignirent le m de leurs conquestes par le sang des seiirs de leur pals , ruinant les gentils-hom- , et eslevantla populace , dont la plnspart autile à la guerre.
à Bicoque tesmoigne que malheureux est eneral dont la force consiste en estran- ., qui demandent argent, combat ou congé, Q leur fantaisie. Ces requestes mal aflecnées méritent congé , pour éviter la defa- * d'une bataille, où il y a apparencequ'ils ne nt leur devoir, pour leur injuste requeste. a différence de la défaveur de perdre des ^es par faute d'hommes, ou les perdre par la te d'une bataille : c'est folie de donner, suyt l'humeur des soldats, de la teste contre un part fortifié ; les assaillans , quand bien ils croient dedans , peuvent estre chargés en c. Le commencement de ceste guerre, en lelle fut donnée la bataille de La Bicoque^ signe qu'il ne se doit entreprendre une rre sur l'espérance de prises de villes, 1 faut compter pour rien : elles sont faus , et faillant , elles descouragent entiereit toute l'entreprise.
<a bataille de Ravenne apprend que c'est le de se tenir en un camp à demy remparé, uel les canonadesfont sortir en desordre ;
qu'il faut estre résolu par où sortir , et comme se feront les charges , d'autant que si le camp est tout environnné de fossé et rampart bien fortifié, semble qu'il doit estre deSendn par les gens de pied. Que si le fossé est petit , et que le dessein soit d'attendre que la cavalerie ennemie le passe pour la charger en flanc; ou , à demy passée , s'ils ont de TmAinterie qui gagne le haut du rampart, ils peuvent faire plier la cavalerie de ceux du fort, et h leur faveur faire passage à la cavalerie qni assaut, au grand desavantage de ceux du camp fortifié , d'autant qu'il y a tousjoors pins de courage en ceux qui assaillent qu'en ceux qni defiendent. Ainsi faut que le fossé et ramparl soit bon et deffendu de gens de pied, ou bien ne vallant guieres; n'attendre point qu'ils soient forcés de sortir en desordre par les canonades ou arquebuserie ennemie ; an con* traire, après lessalvesderinfanterie,sortirpar les grandes espaces vuides bien recogneues , qui seront esté réservées pour l'issue de la cavalerie. Semblables issues dmvent estre observées , encore que les camps soient bien fortifiés , pour après la première impétuosité de l'ennemy perdue dans le fossé et proche du rampart , les pouvoir charger en flmic ; et telles issues, qui servent aussi de retraicte i un besoin , doivent estre si bien flanquées , que les ennemis , voulans suivre les troupes qni se retireroient, soient battus d'artillerie et mousqueterie, et chargés en flanc de piques et de cavalerie.
C'est inexpertise de se penser parer d'un fossé et petit rampart foict à la haste : que l'artillerie voye par dessus dans le camp , ou batte en courtine , parce qu'il en faudra sortir et le quitter , en danger que ce ne soit en desordre.
En la bataille de Nicopoli , donnée la veille Sainct-Michel , l'an 1395, par Sigismond^roy d'Hongrie , contre toutes les forces turquesques commandées par Bajazet , par mauvaise émulation des Hongres et des Erançois ambitieux , croyans les François pouvoir obtenir la victoire sans en faire part aux Hongres , hnict mil d'iceuK François passèrent au travers de toute l'armée turquesque, mal suivis et secondés, par envie des Hongres, qui firent halte, furent defaicts au préjudice desdits Hongres ,
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qui portèrent la peine de ceux qni ont plus leur infanterie. En reste bataille , JeanUol^i
d'ambition que de zèle à la religion. La mauvaise intelligence perdit tout : que si quarante mil hommes qu'ils estoient se fussent bien entendus , secourus et chargé à temps , sans séparément s*eiiferrer dans les croissans des Turcs , sans doute la yictoire estoit à eux. Ils ont appris que quand les nations sont de différens langages et pals , de ne s'y fier qu'à propos , et aller à la charge Tnn quand Tantre, et vaincre la vanité et l'ambition pour sauver rhomif ur et la vie.
A la bataille de Yame , donnée le dixiesme d'octobre 1444 par Ladislaos , roy de Hongrie , et Jean Uniade , assistés de cinquante mil Hongres , Polonais et Vallaques , contre Amnral, commandant à deux c(*nsmil Turcs, Tartares et Asiatiques , Jean llniade defir toute Taisle des Asiatiques; et ayant admonnesté Ladislaos de tenir ferme et servir d'ost de réserve , chargea encorcs , cl eut l'advantage de l'autre aisie composée des Europions ; et Amnrat fut prest de f uyr et de tout quitter , quand le malheur de la chrestienté poussa par ambition ladislaos , pour avoir part à la victoire de Jean Uniade , de se précipiter dans les bataillons des janissaires , et par sa mort rendit le courage à ceux qui l'avoient perdu ; joinct à la faute des Vallaques, qui , au lieu de poursuivre la victoire , donnèrent aux bagages , et pillèrent les trésors d'Amurat, avec quoy ils se retirèrent ; et sans lesquels desordres la victoire csloit tellement asseurée, que tout csloit rompu : et Jean Uniade , se retirant en gros et au pas , fit foy du peu de courage qui estoit aux Turcs après la victoire qui estoit retournée de leur costé.
Ce qui monstre que ces deux aisles et pointes d'armée de la cavalerie turquesque d'Europe et d'Asie peuvent estre rompues ; et si le fort roulant d'infanterie cliestienne approchoit celuy des Turcs, et que leur cavalerie fusl beaucoup meilleure et la plaine hirge , après avoir deiïait la cavalerie turquesque , ils pourroient defTairc leur inf.interie et gagner leur fort. Et d'autant que les clirestienssont plus inexperis à ccstc poursnitle , et qu'ils pouveni cstro enclos par des Tartares et Turcs , il srroit mieux qu'ils ne poursuivissent point la victoire plus
de iem cens pas , et se tinssent proches de
s'ayda des chariots ou carrosses, quiporlilH chacun trois moyennes , bastardes , M glê mousquets : invention qui n'est point k rqii ter. La faute de Ladislaos prend an fM capitaines , qui sont contraincts d^nller i I charge et se séparer des jeunes prince^ ;^rtl commandent de laisser auprès d*lc6vf 1 vieux capitaines leurs amis , qui fat mil fi authorKé ceste chaleur de jeunesse, etpaïf M monstrances, à suyvre Tordre qiti à esté des plus vieux et plus sages.
Ce fut une grande brutalité itit la Imtaille de Marignan, donnée enFaift IBfl de s'y estre portés par présomption , tumuliii sèment , mal conseillés de ceux qni les pM soient invincibles , et de n*avoîr fait UÊ h§ hors de I^iilan , tant pour se reposer qM pli donner loisir aux forces papale» et iift gnolles d'oster la méfiance en laquelle Sf 1 toieni entrés , et se venir joindre à eM^É cores plus , de n'avoir considéré que , ne eoi mençant la bataille qu'à deux heures , #1 avoit résistance, ils ne pourroient paradiett et que de séjourner la nuict sans HffÊÊ leur seroit incommode ; aussi que, doaei temps de la nuict aux François de se fM gnoistre , il se reordonneroient mieiit , étp rimentant qu'il est peu senr d'attaquer il armée qui est placée ; et la ti'OBfani k lâ forte poste , ils se doivent camper anipc^ pour considérer les meilleurs moyens âêtl attaciuer , en tournant sur le flanc de fÉtaà sans les assaillir par la teste , qoî eNt-fN jours la mieux fortifiée. W fî
Les fautes ne se reprochent aux tScMW neaninioins le roy n'avoit assex tarÛfU teste, que les Suisses esbranlerent; éC l croyable qu'ils eussent mieux gardé le kH qu'ils perdirent, si, pour diminuer hl pÊ miere furie , ils eussent fait charger qtaelq troupe de la bataille par flanc. Il ne fast €1 louable que le roy eust suivi la TictoirsT desordre; mais s'il avoîl son armée encore < donnée , et qu'il eust fait faire de vives clint| à la cavalerie , la victoire fust esté peat-eH toute eniiore. Ce combat apprend que la va lance ne suffit pour gagner les batailles, H l'ordre cl rnlcndcmcnt y sont autant ou |M nécessaires , d*autnnt que ceux qui sont éà
^s changent gravent le pas an trot , la Le en peur et Vordre en desordre, ur sauver une ville il ne faut hasarder nn ime : ce qne mil chevaux peuvent faire, tst pas besm d Y mener une année , par uaiioii 00 ambition du gênerai de vouloir enter nne bataille sons Tesperance de rete » ou do mrins faut aller en reselotioa >mbattre si Ton y est force, ne faut fsdre recognoistre Tavenne par lae Tennemy peut venir par gens inexperts, ne faut esire aheurtë ^ et résoudre de iianger rien de Topinion et resolotkm que a prise an logis devant que partir , laie délibération ii font changer selon Te* ment. Ce n^esC pas toot de dire qu'il se retirer sans combattre , mais sçavoir si i peut feire.
>yant que Ton ne pent se retirer sans des* e y il faut de bonne henre se résoudre an bat ; et vaut mieux estre tué par devant , ; quelque espérance de victoire , qu'honcment par derrière. Des petites troupes aisées à retirer , mais les armées entières difficiles, principalement en présence, les et qnantesibis que Ton hit retirer les [îts et le bagage , encores qne Ton face ne mine à la teste , si tes ennemys s'en rçoivent, c'est leur donner nn grand couî et diminuer celny de ceux qui sont en lion de retraicte. n seroit besoin de les ir fait en aller de bonne heure , et encores Heur de ne les avoir approchés, .'est grande faute de mener une armée en renvitaillement de là oili l'on se veut rer sans combattre , ou de s^ charger de lillcrie , qui ne pent manquer d'engager i bataille.
.a présomption et vanité du gênerai d'ar faict une belle retraicte , ne lé doit porii mener une armée pour un eflect qui se it faire par partie d^icelle avec moins d'ha-
lenx qui mènent des troupes et qui voyent désordre des plus advancés qu'eux, se ivent mettre hors du chemin des fuyards , ils seront en danger d'estre renversés par leurs mesmes , qui portent dans eux Tcfy et le desordre , dont en suit la f uitte gerale.
RÈGNE DE FRANÇOIS I
tic
La bataille de Pavie apprend & ne diviser ses forces quand on est proche des ennemys et que l'on attend la bataille , poor quelque belle entreprise qne oe soit» d'autant qoe» le gênerai et le gros estans ruynén, tons les membres séparés le sont. Qui a la ^ktàbtêp tootes entreprises après sont faciles.
Éviter la bataille , puisque stns icelle les ennemys se minent par fonte d'argent on de vivres; et pour ce so^et reculer, désioger » sè mettre en lien lenr et hors de combat , eet honnorable.
C'est folie qne de vonhrir conserver les e» bres d'honneur, et hasarder Thonnenr par effect : il vaut mieux reculer pour mieux stu* ter y et céder qnelqne peu pour gagner iMt avec le temps.
Que l'amitié ne nous transporte et avev|^e le jugement , nous faisant croire qne ceux qM nous ayroons sont les pins sages, et qaepevr iceux ( bien souvent jeunes et inexperts} nous mesprisons les conseils des vieux capiiainef $ et se garder de s'opiniastrer sur Tadvls <f na seul y croyant qu'en plusieurs advis anis aa contraire il y doit avoir fondement de raisoa plus entière.
Ne s'opiniastrer par honte à ne se dédire d'un advis, lequel, bien repensé et ewsf^ deré, se doit qnicter et céder aux CMsefls plus fortifiés de raison. Qne la chalear , la n^ lenr , les branlemens des ennemys , les r&p • ports , les nonvelies de cent qui disent qn*flft s'enfuyent ou qu'ils sont defaicts, ne foceat perdre les advantages, ni les Ueux où l'on aura placé l'armée , et encores moins marcher tellement en avant , qne l'on vienne à couvrir son ariillerie et empescher , pour s'estre mis entre deux , qu'elle ne fosse effect sur les en^ nemys. Et doit-on fort considérer de ne ohaa» ger l'ordre qui a esté pris au logis , qu'avec grande considération et que l'on ait grand loisir, attendu que ce changement en présence des ennemys apporte ordinairement confusion.
Que c'est une grande folie d'asseoir la principale force de la bataille sur des amis reconciliés , mais bien d'avantage de se fier , se servir et payer ceux que l'on avoit battu et defaict tro s ans auparavant , lesquels ont en* I cores la vengeance dans le cœur ; inconsido'*
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raUon da roy PiiiDÇois de s'esure servi des Siûsses battus à Marignan , qui s'en vengèrent eiLj'atandoDDant ji Pavie.
Les forces de cavalerie et înfonterie doivent etfre tellement disposées, que deux escadrons oa balaîtlons ennemis ne se jettent sur nn : ce qni advient principalement atiK grands bataillons de ^ens de pied, là où le trop d'ardeur des uns et la couardise des autres les font marcber de pas inégal, et souvent par cniutfl , et quelquefois par trabison ; un bataillon fera ost et laissera engager son compagnon se tenant en pied , pour avoir moyen de se retirer si la bataille est perdue , et pour laisser abattre la rosée , et lors qu'ils voyent quelque prospérité an combat, ils s'advancent. Autres , enflés de vanité , font halte , pour (après avoir veu leurs compagnons vaincus] avoir le los d'avoir remis la victoire de leur costé : k qnoy ils peuvent estre sonvenl trompés. C'est pourquoy le sage gênerai et marescb&l de camp les fera marcher tout d'un front H à pas mesurés ; et plustost avancera de quelque pou devant ceux qu'il soupçonne vouloir iaire ce mauvais iratct , que l'on appelle proprement jouer à la fausse compagnie. C'est ce qni foit louer l'advia des Espagnols, de mesler un bataillon de toutes nations , Espagnols , Vallons el lansquenets , desquels l'obeyssance est plus grande , ne ]H)u\'ant tant de diverses nations de dlffercns langages prendre antre résolution entre eux que celle que leur donne le gênerai.
C'est grande imprudence de faire naistre aux eonemys l'occasion de combattre par desordre et desadvantage que l'on se donne, lesquels cnnemys n'avoient dessein de donner bataille que celny que l'occasion leur en donne; que s'ils ne l'eussent donnée advautageuse , ils se fussent retirés.
A la résolution de la bataille , qui se fait sur la cognoissance de la valeur et du nombre des soldats, le gênerai ne s'en doit fier qu'en soy-mesmc ; les capitaines, maisties de camp et commissaires, n'y doivent oslre creus; les revues faîctes aux alarmes à l'improvistc , doivent apporter conilude. C'est une excuse impertinente , après la bataille , de dire : Les commissaires , les colonels et los maistrcs de
camp m'ont trompé et desrobé. Les de leur estai et de leur honneur ne qu'en eux-mesmes.
Le marquis du Gnast ne se put d'avoir mis le régiment d'EspagDoli pour combattre des Grisons sans v avoir opposé les Italiens de peu de pour seconder son bon bataillon de nets. L'un foible et l'autre fort enren deux forts bataillons de François et et les Italiens faisans halte , tant ,i leur naturel , que pour avwr esté r sur eux la cavalerie italienne, le gi taillon de lansqucneu imperim ( combattre deux forts, quïestoieotk et Gascons , et fut aisément rompa; toire que les Espagnols eurent des G servit de rien , parce qu'estans tes I occupés à la chasse , à leur retour il rem tes lansquenets et Italiens (en q sistoit la force de leur armée] delEiici les victorieux leur tombans dessus , il rent résister , et se perdit la bataille.
Le Guast pouvoit avoir leu que les ont quelquefois mis leurs soldats pli à l'opposite des plus forts ennemyi plus forts au droictdes plusfoïbles.C se practiquoit parce que lesdicls commandoient à leurs foibles alliés halte , et de ne s'advancer point qm forts n'eussent rompu les pins foiUes enncmys; et neanlmoins ne devoîen esloignés les plus foibles , qu'ils ne t nir en halle les plus forts des aman qu'ils ne chargeassent en flanc ceux i suivToiont les plus foibles des lem; I poursuittcsne se fuisoient loing; et la lorieux , et les foililcs qui n'avoient Ci cliargeoient les plus forts de leurs < qui demeuroient encsiat et en avoiei sus : mais tout exemple ne se rencon
Je croy que de ceste bataille les E ont appris à mesler leurs bataillons ses, lansquenets, Espagnols et Vallon ils font aujourd'huy, se parant de cet nient des bataillons composés d'une qui sont trop vaiHans , ou trop U couards , s'en vont sans comballr composé de toutes ces nations, foil perament dans le bataillon , une oh