LIVRÉ NEUVIÈME
au ventre , et qa^à ces fins il s*essayele leur donner deux ou trois bonnes cupour les acharner à la poursuitte des nis; finalement, qu'il prioit le maresivoîr bonne et parfaicte intelligence avec ï fin qne les affaires du mareschal en ient meilleur train , et leur réputation tuliere aussi; que le contraire succetout iroit mal et pour les uns et pour itres. Yoylà le sommaire de mon voyage, orta quelque coup pour la future faveur litié de Guise envers le mareschal ; mais $foi$ , profondant quelque peu dans son je in*apperceus assez que ceste ambiaspirante au souverain commandement, tracé au dedans quelques étincelles de >upçons et de ces jalousies dont elle est )urs accompagnée , et qui prive les reux du plaisir et du repos qu'il y a )urs en la doucement mesnageant.
mareschal cependant eust nouvelles que ipitaines qui estoient allés en Suisse pour levées au remplissage des regimens ne oient trouver soldats pour venir de deçà , m d'eux courant vers Sa Majesté , en esice d'estre mieux payés et traictés qu'ils cy-devant esté en ce pays de Pied* . Le sieur de Grignan Iny escrivit aussi es cinq compagnies qu'avoit faict M. de les avoient rencontré M. le vidame et *ouppes aussi , parmy lesquelles la plusde celles-cy s'estoient jectées , adjous- VI. le vidame au premier mal ce second, le support qu'il recevoit du cardinal : ceste première jalousie avoit de puis- ! en luy.
envoya pareillement au roy la coppie j lettre de M. le duc de Ferrare^ par lUe il disoit que le pape avoit faict ses ds avec le duc d'Alve , et que toute la este tournera sur luy s'il ne faict diverle leurs armées , leur donnant des affaiu costé de Milan; qu'il supplie Sa Maluy commander ce qu'il aura à faire ce regard, mesurant et accarrant ce landement à Testât où les affaires sont ird'huy reduicts au Piedmont; et que ce t chose de mauvais exemple si Sa Maabandonnoit ce prince en ceste sienne »sité ; pour avoir embrassé son party ; et
que si dès lors il eust eu moyen de faire cesie diversion , qu'il l'eust entréprinse de fort boa cœur , au soustenement de la réputation de Sa Majesté , et pour rabaisser la hauteur du vol que l'ennemi a prins depuis la perte de Sainct'Quentin.
Donna aussi advis auroy qu'il estoit allé faire une course en Albe ^ Sainct-Damian , Cairâs , GarmagnoUes , et Yilleneufve d'Ast, à la seureté desquelles il a pourveu par nouvelles et redoublées charges qu'il a esté contrainct mettre sur le pals , qui exclame de tous costés, et à son très-grand regret; mais que pour tout cela, le desespoir et le mauvais vouloir des soldats ne luy peuvent promettre que tout malheur , n'ayans jamais sceu depuis deux ans toucher à une seule fois la paye entière d'un mois ; que ce sont choses auxquelles il ne peut pourvoir que par les moyens de Sa Majesté , lesquels on envoyé tout à sainct Pierre , et rien au pauvre sainct Paul , qui n'a que l'espée nue.
Qu'il a donné advis au capitaine l'isle , commandant à Montcalvé , qu'il luy envoyoit quinze mil livres pour secourir 1»> garnison , à fin qu'il envoyast au devant du capitaine l'Etang, qui les conduisoit avec cent arquebusiers; que tout avoit esté heureusement exécuté , et que ledict capitaine VEtang , en s'en retournant > avoit rencontré, près de Verrue , cinquante Espagnols alant à la busqué , qu'il avoit desfaicts.
Qu'il a entendu que M. le vidame et les cinq nouvelles compagnies ont tourné teste au secours de Bourg en Bresse , l'importance duquel meritoit bien le voyage; mais, icé* luy achevé , il supplie Sa Majesté leur com<mander de s'en retourner de deçà avec leurs bandes complettes , et en ordonner le payement , pour ne retomber de fièvre en chaut mal , aussi bien avec ceux-cy que avec les autres. Donna aussi advis à Sa Majesté que le duc de Parme et domp Alvaro de Saude , maistre de camp des Espagnols , armoient contre le duc de Ferrare, et que si Sa Majesté ne le secouroit bien losit, qu'il pourroit recevoir quelque dangereuse se* cousse pour avoir embrassé son party.
Les premières impressions données aux princes, où il se traicte de Futilité particu-
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
lîcre, prennent telle racine, que, quoy qu'elles soient dangereuses ou difficiles , ils n'en peuvent estredelournés par aucunes raisons au coniraîre. Je le dis à propos du roy, la Majosié duquel s'esloit, par la vivacité de mes reuionsirances , retirée de celles que le président Piailly avoil assez inconsidérément mis en avant ; et neanlinoins , peu après retournant sur ces mesmcs brisées, elle manda uu juarcsclîal deux choses fort contraires : la ])renïî('ri», que rcsoluemciil il falloit que, sans pins de rcplicpie, il se prevalusl des quatre cens quarante mil livres qu'elle avoît faicl assijjner pour fournir à tout ce qui estoît deu du pnssé et du présent jusquos au prenjier jour de janvier prochain, quoy que j'euss<' viv(*nient renionstré au contraire et au roy et à tout le cons(.»iI ; l'antre , qu'elle remeltoii neantmoins à sa discrétion d*en faire tout ainsi (|u'il adviseroit , taisant l'impossibilité de la chose, ainsi advouée par Sa Majesté et par lout le conseil sur mes premières remunstrances. Ce sont les chemins que tiennent aucuns (pii sont phislosl corrup - (eurs que administrateurs de Testât.
Lemareschal, respondant à ce commandement et à ceste resolution , remonsira à Sa Wajeslé ipie c'estoît bien son d(^voir de luy olK'ir, uKÛs non pas de prendre le hasard sur luy de ce qui [)ourrnii succéder de Texecution de tels commandemeus , connue il sembloil que ce fnst sa volonié \ i\inl ne seroif jamais de ces timiih^s pilotes , lesquels , l)ar la crainte d'une future tonipeste, eufonçoient lenrs navires d(!vant qu'elle survint ; <iu'il la supplioit se ressouvenir ({ue ses armes , sa dilijjence , et la bcmnc» fortune de Sa ^rajeslé , esioient celles qui luy avoient donné maliere fort honnorable à TaUj'îmenlation et à la conservation de Testai ; siu» quoy il recognoissoit (pic Dieu avoit apporté sessainctes bénédictions , tant pour le gracieux traictement que reccvoienl les subjects comme pai'ce que les mesines armes , qui sont tousjonrs violcMiles et sanj^uinaires , avoient pardonné anx vaincus dans les mesmes villes prinses de force, et de jour et de nuict; dont estoit succédé cest amour et cesfc aflection du clergé, de la noblesse et de tous les peuples de delà , que nous tenons pour les
plus utiles et asseurées colonnes de Tefti,' lequel ils avoient tous si chèrement et li 19. veremment cultivé , qu'ils n'en dcvoieni mi de reste aux mesmes François ; que paraai' les ayans tousjours nourris et apprivM& ce gracieux traictement , il sera au] mal aisé qu ils se puissent accommoda'è porter toutes ces charges, à la vérité onéreuses , en y adjoustant , comme il faire , toutes celles qu'ils ont cy-deTanta^ portées , tant pour les logis des gens degKfii que pour les contributions ordinaires, tailla vivres et fortifications; et qu'à son aihisi eust esté , sous correction , bien seaot, aoiiî' ravant que d'en délibérer ainsi resoluemeiCj d'en prendre Tadvis de luy, qui suivoitto» jours les f^rands chemins , et non les seittien esgarés ny la flatterie , comme font ceoxip ont mis en avant ces nouvelles impositiotfi ne considerans pas , comme ils dévoient fan s'ils eussent esté bons François , que ramot et la révérence des peuples, mesmes notm lement reduicts comme ccux-cy, venaoca s'altiTcr , il se faict tousjours un indiflcrei raeslange de desordre et de confusion, ai» des grandes que des petites choses, et (ph lors il faut que par la force , tousjours pld» de violence , on ravalle la force , non jaM gueres sans le hasard de Testât , qui est aj jourd'liuy balancé de tant de hasards,»
mcsconientemens et d'autres inconveni»,' que la moindre surcharge y pourroit appoT; ter un dangereux esclat;quoce.soDtccs(»h sideralions qui Tout mis en alarme, ctqub forcent à remonsirer encore à Sa Majestéqiç si on les luy eust communiquées de boiM heure , qu'on les eust digérées avec tdh prudtMice et affection , qu'on eust peut-esW tiré à peu près ce qu'elle desiroit, et awc tout autre grâce et lout autre gouslqu'oai? feroît maintenant que les choses se sonlfr vulguées , et ([ue le despit et la craÎDlcâde^. prins racine dans le cœur des peuples, h tiop pi essanie nécessité desquels fera <|« Taudace tiendra peut-estre désormais licaib prudence : toutesfois, qu'il ne lairrad'vap* porter ceste mesme disposition que Safr jesté a tousjours trouvée en toutes ses actioiit et autant par la mauvaise que la bonne fij^. tune. Et u la vérité » au faIct de restiil) fH'