‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 162 sur 224 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

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ihoses ne'sc manient pas tousjonrs par nés ressorts, ains par la distinction qu il faire du temps , des affaires et des pères : or , afin que Sa Majesté , et luy par mble y comme son très-humble ministre rriteur , puissent pour jamais fermer la \ à tous ces desordres et à toutes ces conas ( lesquelles ne font que travailler les es, les serviteurs de Testât), il supplie lumblement Sa Majesté luy donner as- Lcce , assavoir si , en faisant un mauvais » de tout ce qu'elle ordonncroit et abaneroit pour cesie année au pavement de a peut estre deu , on sera asscuré , en ochaine année , d'une rei{;Ie si solide-

arrestéc pour les futurs payemens , que vérité des monstres puisse estre inexosment {jardée, et de main en main le ce accomply avec plus de plaisir, de olation et d'honneur qu il ne peut csire )y ces turbulences et les incertaluetés »nl,à la mal -heure, esté cy-dcvant pracfes; d^autant que par cestc gracieuse rance on apprendra dès - maintenant à un ù patiemment jeiisner les quatre »s, sur Taltente d'un serain plus clair celuy parmy lequel ils ont vescu : mais c que les gens de guerre se sont lous- ; trouvés deceus des promesses qu'on a cy-devant faictes , il ne sera pas au- Tbuy possible de les pouvoir contenir y des bornes si arrestées , qu'il n'y ait de licence et peul-estrc plus de perte e mareschal ne voudroit ; pour prévenir .elles il supplie Sa Majesté luy envoyer

asseurancc par escrit, afin qu*en la Irant a chacun il puisse adoucir les coui et les intentions esgarées, ayant de le main remarqué que tous les violens »'emens , ou les menaces qui sont indifornent apportées à la conduicte de Tes- ^ne servent jamais que de ruyne: au s s*ils ne sont assaisonnés avec la mesme ence et tolérance qu'il désire apporter ird'huy au soulagement des affaires de ajesté ; laquelle , au parsus , il supplie humblement ne trouver mauvais que , sa discoulpe , il ayt un peu plus libre-

enlreprins que peut- estre on n'eust t ceste tant nécessaire et véritable re-

monstrance , connivant 'sur laquelle tout le mal qui en pouvoit succéder eust esté attribué ou à infidélité ou à imprudence indigne du lieu dont le roy l'a honoré : que si Sa Ma. jeslé est elle mesme celle qui a allumé le feu qui nous brusle et qui consomme aujourd'huy tout, elle ne devra, s'il luy plaist , trouver mauvais que le mareschal recoure à l'eau de ses grâces qui seules le peuvent esleindre.

Sa Majesté fut adverlie que nul des capitaines de gendarmerie ne tonoil compte de venir en Piedmont, et qu'il n'y avoit aujourd'huy compagnie où il y eust , l'une portant l'autre, plus de vingt-cinq à trente hommes de combat , au lieu de cent ou six - vingts qu'il y devoil avoir; et qu'il la supplie y pourvoir, et tout d'un train au faict de l'artillerie ; sur les provisions de toutes lesquelles choses les promesses ont esté grandes et spécieuses, mais les effects nuls, aussi bien en cest endroict qu'en beaucoup d'autres, et dont il a esté repeu ; neantmoins on veut aujourd'huy que le mareschal rende les fruicts tous tels qu'il eust faict si on luy eust gardé parole , ce qui l'aflligeoit autant que tout autre chose qui luy eust peu arriver , pour le désir extrême qu'il avoit d'advancer les affaires du roy, et porter sa domination plus avant que ces forces racourcies ne pouvoient permettre.

Que M. d'Ânnebaut, ayant esté lourdement blessé en l'espaule à une charge qu'il fit n^agueres contre l'ennemi , et dont il eut l'advantage, il luy a donné congé d'aller trouver le bailleur pour se faire panser , asseurant Sa Majesté qu'il n^y a en luy faute de valeur ny d'affection, et de faict qu'il a presque tousjonrs entretenu sa compagnie à ses despens et fort complette, dont il mérite que Sa Majesté luy sçaclie gré pour l'animer tousjonrs à mieux faire.

Que Le Figuerol est revenu en Ast avec tous les seigneurs de l'armée ennemie ;'ils ont commandé force charrois et pionniers pour l'artillerie ; et qu'à la fin ils sont venus à' Montechar , qu'il avoit n'agueres faict racousirer , dans lequel , ainsi qu'ils entroient par une porte, nos gens sortirent par l'autre , et se retirèrent à Vernie et à Robelle sans rien perdre ; et qu'il leur av^<*' jecter dans Montcalté

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MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLAHS.

advis , de nos places, où ils s^addresseront le plustost , avec resolution , cela faict , de venir fortifier Poirin , qui est au centre du Piedmont : que le duc d'Alve devoit arriver par mer à Gennes , avec six ou sept mil hommes qu'il rameine de Naples , mais qu'ayant son armée maritime couru fortune , il avoit esté coDtrainct de se desembarquer à TÂspecia , et les autres qui çà , qui là , selon que le vent et les vagues les ont portés.

En attendant la venue dudict duc d'Alve , les ennemis , ayans prins Montecbar , sont aussiallés prendre unchasieau que nousavions au delà du Tanare, nommé Costiglioles , et tout d'une tire forcé Pouzon , avec intention, si Tbyver ne permet qu'ils se puissent addresser à l'une de nos places , de s'en aller passer l'byver à ButigUereset le fortifier , ou Poirin, et , en ce faisant , courir et manger toute ja plaine du Piedmont , et par ce moyen nous oster peu à peu toute commodité d'attaquer ce qu'ils pourroient avoir prins ou fortifié. C*est pourqaoy il est trës-necessaire que Sa Majesté pourvoye diligemment aux affaires , ou qu^elle se prépare à endurer toutes les secousses et deffiiveurs de la fortune , et que petit à petit on luy tonde ainsi la laine sur le dos. Que s^il eust pieu à Sa Hsyesté , aussitost qu'elle a eu heureusement redressé les affaires de delà , secourir celles de deçà et de forces et d'argent , on eust peut-estre reduict les ennemis à tel poinct , qu'ils se fussent resserrés en leur coquille au lieu de braver comme ils font.

Que , pour aucunement soulager les finances de Sa Majesté et les nécessités du Piedmont , il a mis une imposition de six vingts mil livres sur le pals , avec toute bi plus douce et gracieuse façon dont il s'est peu adviser ; mais pour cela on ne remplacera pas les quatre cens mil livres qui sont deues , et que , quoy qu'il ait sceu remonstrer au pais , on n'en peut toutes-fois rien tirer que par exécutions et contrainctes , dont sortent tani d'exclamations , de mescontentemens et de menaces , que ce sera un vray coup de Dieu si , maintenant que l'ennemi est en campagne , il n*en sort quelque révolte , et à laquelle les soldats, pauvres , nuds et [affamés , s'accommoderont peust esire les premiers , tant la continuation

du mal renverse et altère lousjovs ks^ et les dévotions, pour sainetesqu'eilessb, que se trouvant destitaé des moyeas &.{; , remédier, et mesmes da secours de q^ cens mil livres que Sa Majesté avoh ti@ seurées , et qui dévoient suivre Boni: ^ retour qu'il fit n'aguieres vers luy , d bi^ %• aujourd'huy à quoy se ranger , qu'à recT^ tout entre les mains de Oiea , qui ini;, de rien faire toutes choses.

Que se trouvant malade et destitaé à^\ai assistance, fors de celle da sieur de G(^.-<i son frère , qui traisnoit lay^nesme I il supplie Sa Majesté que si M. le vidaoïî ^ revenir en Piedmont avec les cânq caseip de M. de Termes et les siennes , que et au plustost et avec argent , car sa& téi seroit plus utile qu'elles demeurasses delà que de venir augmenter le mal^ (]»£ « desjà que trop grand de deçà.

Que ledict sieur de Gonnort travdk q que il peut pour trouver mardiaBck qii pc sent fdumir babillemens faits, on oa^ pour les fûre , à ces pauvres soldats , pi^ de telle misère , qu'ils Amt pitié aux jkn mesmes.

Que les Milanois , pour se rediiMr^^ subjection et de l'oppression de Tû»:e Casai et Santia , a voient , avec la c9i^xî des Gennois , accordé soixante milcsm;.mois , et qu'il ne avoit enox'es radier ^ velles de cent mil livres qui devoieat ^penvoyées après may , et que le retarth^ pourroit apporter quelque irreparaUesâlt' que les financiers ne veulent apprefa^i*' presentans tousjours la pluspart in\ r masque d^affection pour couvrir et oLleurs particuliers desseins.

Les ennemis ont faict courir un bnkt ç tout recentement le roy avoit recen ose k : deffaicte en Picardie ; à ces manvases c^ velles , lesquelles le marescfaal ne f^croire , chacun levé des-ji Foreille H h d'estranges desseins : si Sa Majesté ne ^^' mande qu'on luy escrive souvent , et L rite des occurrences , ces brukns escrront les maladies de Testât.

Ce fut la deffaicte de M. de Termes ssî sage de Feau des Gravelingues , par le id^

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