LIVRE NEUVIÈME
wigt mil - bommes bien payée contre des tronppes mal payées , à demy deflaictes et ■lad contentes par la trop longue lollerance da la* pauvreté ; que cependant , toutesfois , le sieur de Gonnortet luy n'oublieront chose quelconque, jusqu'à la dernière goutte de leur sang, pour faire tout ce qui leur sera possible pour résister à un tel effort « mesmes sur ce dernier desastre de M. de Termes Yen assez mal à propos.
. Que c'est fort mal entendre les affaires d'estimer, comme il a entendu que font aucuns, qo'il y ait neuf-vingfs^dix mil livres de de- Biers comptans sur le bon des finances du premier juillet , payable en aoust, d'autant qu'en avril on emprunta buict-vingts mil livres des marchands de Lyon , dont les cinquante mil ont esté remboursés , et du surplus montant cent dix mil livres , assignation leur lot baillée sur lesdictes neuf-vingts dix mil li^es, et pour leur seureté les mandemens mis en leurs mains , dont doivent revenir de bon quatre-Wngts mil livres seulement , sur lesquelles en partant de Lyon M. Obret luy «voit avancé soixante six mil livres ; et que , quant aux trente six mil escus que les comn. nissaires d'Agenois a voient mandé estre prests, :il n'en est encores nulles nouvelles , et par ipmsi tout le fonds qui demeure pour Tarmée, fce sont quatorze mil livres , avec lesquelles pl ne pourra pas faire grand banquet aux uns »ly aux autres ; et en fin que de deux millions llnict cent mil livres d'assignations destinées pour le Piedmont, il n'en a esté receu que 9ix cent mil sans espérance de mieux ; que s*il eust à temps receu ce grand secours , qu'il seroit pieça à deux doigts de Milan et de Gennes.
Le deuxiesme aoust , l'armée ennemie se campa à deux mils d' Ast , attendant l'artillerie de Pontrde-Sture et d'Alexandrie avec deux mil pionniers et une grande quantité de farines qu'ils avoient faict faire, soit pour Dourrir l'armée au siège qu'ils entreprendroient, ou pour advictuailler Fossan et Cony, qui estoient encores en nécessité.
Que le Montdevis et autres places sont toutes sans gouverneurs , et la gendarmerie sans capitaines, comme il a cy-devant cscrit; de manière qu'il n'y a compagnie qui ayl au-
jourd'huy plus de vingt-cinq à trente hommes, et à quoy Sa Majesté n'a pourveu, quoy qu'il l'en ayt souvent et souvent suppliée.
Le mareschal donna advis au roy que Lu^ dovic de Birague avoit failly l'entreprinse de Sainct-Germain , et qu'il s*estoit retiré sans autre perte que de douze soldats et du capitaine Malvoysin , qui seroit délivré s'il plaisoit à Sa Majesté donner par contre-eschange Gonsallc Montero , quiestoitsur les galleresi ce qu'elle accorda volontiers.
Du septiesme aoust , le mareschal donna advis à Gonnort son frère que les ennemis avoient passé la rivière du Tanare , en intention de surprendre quelqu'une de nos places; que craignant que Verrue en fust l'une, qu'il jettast diligemmentdeux cens hommes dedans.
Que le dixhuictiesme les ennemis vindrent en gros escarmoucher ceux de Sainct Damian, lesquels sortirent , mais non plus loing que la faveur des murailles, avec commandement, là où ils se trouveroient pressés, de sejetter dans les fossés les portes estans fermées ; finalement que les ennemis s'estoient retirés , laissant cinq on six des leurs morts sur la place, laquelle ils firent recognoistre par un ingénieur qui s'estoit retiré du service du roy par faute de payement : que là où il adviendrait que les ennemis tournassent teste vers Gour«. temille , comme il craignoit , qu'il le renfor* çast soudain de quelques bonnes trouppes.
Que pour mieux pourvoir à toutes choses sur la diversité des remuemens , qu'il s'alloit jetter dans GarmagnoUes avec une demie armée , et pour fovoriser aussi la conduicte de deux mil boullets à canon qu'il faisoit venir de Ville-franche.
Qu'il vient présentement d'esire ad vert y que la pluspart de l'armée ennemie est arrivée au pont de Revignan avec dix-neuf canons ; que c'est le chemin qui fourche pour tourner en Piedmont ou vers Sainct-Damian; et que là où il adviendroit qu'ils tirassent vers cestuy-cy, qu'il jettast soudain dedans six compagnies de renfort , leur faisant prendre le chemin de Fort-pas , Villestcllon et Montcallier, pour y pouvoir passer le Pau et cheminer par le sault de La Cisterne , pour fuir les surprinses.
MÉMOIRES DE BOYVIN DU YILLARS.
' Qu'il venoit de recevoir lettres du comte de Tende , portons que Tarmée turquesque 8'cstoit retirée en Levant , corrompue par les prcsens des Gennois , ayant plustost apporté rccullement que avancement aux affaires du roy.
Donna advis au roy que le vingtiesme aoust quatre cens hommes de pied et cinquante cellades parties de Pontnde-Sture estoient venues reco{pioisire Verrue, qui en avoit desjà Talarme , et (|u estans sortis à la foveur du canon , il en esloit demeure quinze de morts et une douzaine de blessés , et que sans la cavalerie la pluspart de la fanterio y fust demeurée pour les gages ; que les ennemis s*cfforcent de dresser un pont de barques audict Pont-dc-Sture pour aller assaillir Montcalvc.
I Qu il venoit de recevoir lettres de Gondrin, gouverneur de Casiil , par lesquelles il luy donnoit advis qu'on avoit trouvé contre les murailles du couvent de Sainct-Frnnçois deux grandes csclioilos et plusieurs instrumens de i'vii ariificiel ; que ayant faict tous ses efforts pour en descouvrir la mcschc , qu'il avoit perdu son lomps : bien soupçonnoit-il que renseigne du capitaine Montliic, qui avoit esté caché liuict jours dans la ville à cause de qiiekiue querelle qu'il a avec un autre qui Ta lourdonienl gourmande, soit celuy qui par désespoir ait prins intolligence avec les ennemis, avec lesquels il dcvoit avoir drossé quelque praciiquc pour mettre le feu dans la ville et dans les munitions pour favoriser quelque eseallade, et qu'ayant peutestre veu passer la uuiet quelques uns , qu'il ail perdu et le jugement et le courage , et de faict qu'aussi tosl que la porte de Casai auroit esté ouverte , qu'il seroil sorty, luy sîxicsmo , à rlieval, et prins au gal(»p le chemin vers Pont-dc-Slnre.
Le \f} aoust, la sîgnore Catherine Herculann , femme de llierome de Thurny, lieutenant du vidamc de Chartres, et auquel le roy avoir donné le rliasteou de \ ille-franchc , assis sur le Pau , luy avoit mandé qu'il ne fust en doutede la place; car si les enncmîsluy donnoient (jneores terme de quinze jours qu'elle la defendroit elle-mcsme , non avec la quopouiile , mais à la poincie de Tcspéc et jus-
qu*au dernier soupir. Toilà'mie autre Zenobia ou Amazone, qui ne veut pas estn seulement Herculeane de nom , mah de faiei aussi : le mareschal l'en loua avec parollei dignes de sa vertu et valeur. Si toutes ki femmes ressembloient à ccste-cy, les hnmes n en auroient pas radvantagc , mesoRf dans Paris où elles sont maistrcsses.
En ce mesme temps le capitaine Loup, gouverneur de Ceve , et le sieur de la Curée, braves et diiigens capitaines, voyans l'eniieBi en campagne , supplièrent le gênerai les hoinorer de son commandement pour s'aller jetter dans telle place du Picdmont qu'il adviseroit, pour rendre courageux tcsmoignage à Sa Majesté de leur dévotion à son sorricè: au mesme instant le baron de Cliepy et Tôt trailles se jetterent dans Saviglan, et Maiipron dans GarmagnoUes ; de manière qu'à veoe d*œil la crainte du mal qui nousmenaçoit» chauffoit de tous coslés ces amcs generctisâ à le repousser par un courage dévot et iitrepide.
Du vingt-huiiiesmc aoust , le due de Somme, Napolitain-, auquel récemment le mareschal avoit donné le commandement dam Carmagnolles, voyant le duc de Sessc prendre cesie roule avec l'armée ennemie , escrivit au mareschal que cestc charge dont I Tavoit honoré Tobligeoit à luy rcprescoMT Testât des affaires , à fin de prévenir les ■convcniens qui menaçoient in place; qail k supplioit de croire , en premier lieOi (fi'i ne se trouvera aucunement trompé de b confiance qu'il a eue de luy, que ses actions et son propre sang en rendront indubitable tesmoignage; qu'en practiquant rhonneste liberté qui doit tousjours estro reverediine t gardée de Tinferieur au supérieur , qu'il te supplioit avoir pour agréable qu'il se pl»gnist d'avoir esté renforcé , non de solÀiis, mais d'enseignes fort piètres seulement ; qw le mareschal estant le grand capitaine , poir lequel toute l'Europe le reco{pnoissoit, sçattiï mieux que nul autre que le nombre valea reux des bons soldats estoit ccluy qui defeiftdoit et qui suppleoit aux dcffectaosités des places mal pourveues et mal fortifiées , coome estoii Carmagnolles , qui avoit les codilînes basses et non terre-planées , lés bastkw
LITRE NEUVIÈME
8âS
Léon et de Cornnaillc , estoîcnt accourus au secours , et combatu les Anglois avec tant de courage, qu'ils en ayoicnt desfaict pliis de quatre mil , et trois cens chevaux , sans environ six vingts prisonniers ) tant capitaines^ que officiers , et enfoncé 'quatre hourques^ dans la baye de Brest , de manière que toute Tannée avoit esté contraincte de se sauver à la fuite. '
Environ le premier septembre , le roy manda au mareschal qu'on avoit faîUy de prendre Sainct Orner par Timprudence des conducteurs, qui Teussent emportée s'ils eussent apprins en Tescole de lui avec quelle patience et circonspection telles en* treprinses doivent estre courageusement exécutées.
Le septiesme aoust , donna advis que Tarmée s'estoit advancée jusques à Yarille , à quatre mils au deçà d'Ast ; que dans deux jours le duc de Sesse y devoît arriver :' le marquis de Pescaire , le fils de domp Ferrand , gênerai de la gendarmerie , et le frère du marquis , y sont desjà tous arrivés ; que domp Alvaro de Sande , maîstre de camp gênerai y estoit aussi arrivé à Milan venant de devers le roy d'Espagne , et qu'on Tattendoit en l'armée , afin que , l'ayant ouy, ils délibèrent de ce qui seroit à faire; que cela avoit esté cause que le marescbal a retiré tout ce qui avoit esté departy es environs de Fossan, et qu'il a jecté tout dans les places; qu'il fera aussi tout ce qui luy sera à jamais possible pour résister aux ennemis, mais que la bonne volonté , sans la force et les moyens, ne pourra produire ce qu'il desireroit ; que le pals et les places appartenans , comme elles font , à Sa Majesté , c'est à elle , les voulant conserver , à en donner les moyens , et non pas les racourcîr tous les jours, comme elle faisoit, jusques à le priver des chefs 'qui luy pouvoîent aider à porter le faix , mesmes luy demandant encores aujourd'huy, comme elle faisoit, le sieur Francisque Bernardin ; et que , quelque nécessité que luy fist son assistance , il le feroit neantmoins partir dans six jours; et qu'il avoit commandé au sieur de Bellegarde de s'aller jecter dans Valence au lieu dudict
iiy achevés et sans parapccts ny fossés ndés ; qu'il n'avoit trouvé dans la ville asieau que cinq caques de poudre à cacent balles seulement , et du tout point )udre pour Tarquebuserie , avec toutes elles nécessités i! seroit mal-aisé de renous les courageux efforts que luy et les s dcsiroient ; que pour soutenir et de- •e le fossé , qu'il faut que l'arquebuseîcc le jeu ; que les coulevrines et fau- ?aux qu'il avoit dans la ville en feroient emiere poîncte, s'il avoit des balles y servir.
e toutes ces choses considérées (non par nsequence de sa personne , qui ne doit pour rien comptée, mais pour celle du mxï prince) , il supplie le mareschal luy \\v donner les moyens pour pouvoir déf encomme il désire faire, la place jusqu'au er soupir, désire aussi (là où Tennemî resseroit à Carmagnolles ) sçavoir s'il à brusler ces beaux faux-bourgs , plus Is presque que la mesme ville: que le iiîssaîre de l'artillerie s'estant înconsident mis en chemin avec sept caques de pout quatre rouages sans demander scorte, avoit esté rencontré par les ennemis à 1 art de lieue de la ville, qui leur avoient ment osté leurs chevaux , î ayans veu jues arquebusiers des nostres qui s'ajient sur ce chemin , et que le reste esté amené dans la ville. Par autre letudîct sieur duc de Somme , il dict avoir 1 toutes les provisions que le mareschal : envoyées , et qu'il le supplie demeurer pos sur la défense de la place , devant 'lie il voudroit desjà veoir l'ennemi pour îer ses bravades.
dernier d'aoust, le sieur deGrîgnan, ommandoil à Lyon , donna advis au malal que Tarmée du roy estoit logée à vy, et celle d'Espagne à Mîraumont; (t^s banquiers, par lettres redoublées, nt advis que l'armée d'Angleterre avoît voile vers la Bretagne , qu'elle avoit rasé orts de Sainct-Maheu et de Couquet; le avoît depuis prins terre et s'estoit veampcr devant Brest ; que tandis que de dedans canonoient leur armée , que la noblesse, avec les communes de \ Bernardin /auquel il supplioit Sa^ Majesté
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
[ISSS]
vouloir adjousicr foy sur tout ce qu'il luy dira de sa part , au parsus ce qui est dans rinstruciion qui luy a esté baillée.
« Le sieur Francisque Bi'rnardin , chevalier de Tordre du Roy, s'en allant en France, et venant , comme il faict , de la frontière , est cbar{;é de faire recognoistreàSa Majesté les grandes forces que Tennemi a desjà tiré en campagne, sanscequ*il altcnd de Naples, de Sardaigne , de Sicile et du Sicnnois. ■r » Que Tartillerie estoit desjà arrivée à Felissan^ à huict mil d*Âst, où le duc de Sesse estoit logé. Dira quelles sont les places lesquelles , par conjecture , on estime qu'il attaquera.
I » Les deniers qu'ils ont tirés des Gennois et du Stlilannois pour le payement de Tannée, sans les provisions de poudres.
» Par le contraire , la foiblesse de nos places , n'ayans de quoy fournir à la fortification; la diminution des forces et le peu d'espérance qu'il y a que ceux qui sont dans les places soyent pour les courageusement défendre, et le danger aussi qu'il y a , en voulant dresser quelque petit corps d'armée , qu'ils ne soyent pour s'abandonner à une mutinerie , ou à se saisir eux-mesmcs de quelque place, comme font ordinairement les Espagnols pour estre payés , lors que les arrérages ont surmonté la patience.
»> Que Tennemi desseignant, comme il faict, de gasler toute la moisson du Piedmont et des autres lieux , il faudra , pour le conserver par cy après , aller quérir des vivres en Lyonnois et Dauphiné ; que quand cela seroit une (ois succédé , il en résulte deux autres fort dangereuses conséquences : Tune , que Sa Majesté , voulant remédier à cecy par une nouvelle armée, ne le pourra faire par la faute d(vs vivres, si elle ne veut, pour un cscu que elle dcspendroit maintenant, en dospendre cent ; et par le contraire , Tennemi , qui a toute la Lombardie derrière luy, n'aura jamais faute de rien : d'avantage , il pourra lors , avec dix mil hommes seulement , faire ri (?nin?prcndre ce qu'il ne pourroit aujourd'Iiuy avec quarante mil, si les gens de guerre de Piedmont estoient bien payés , et renfor-
cés seulement de mil chevaux et de cinq à donne la conduitte à quelque catalier ii0^ i^\\ mil hommes de pied. L'expérience du ] neur et d*experience.
voj'age du duc d'Alve en Piedmont dcvreit avoir aprins combien vaut Taune de oesie marchandise , à ceux qui le veulent ignorer par la propre ruyne des leurs.
» Remonstrera aussi à Sa Majesté les loup et fidelles services du sieur de Terrides,qB est capitaine de gendarmerie il y a tre«e ans, et la suppliera Thonaorer de son ordre, et le sieur d'Ormée de gentil-homme de b chambre , en foveur de ce qu'il a volontairement mis sur le tablier , pour le service de Sa Majesté , sa personne et ses biens, qui le sont pas petits , et qui ont servy de seurentraicte et de passage à tout ce qui alloit et venoit d'Italie.
» Qu'en h finale extrémité de tous ces deiordres , le roareschal et le sieur de Gonont son frère se jecteront chacun dans une pbee, en intention de mourir sur une brescbe,h picque au poing , pour n'estre tesmoins de tant et tant de misères qu'ils pre voyoient, cl qui estoient toutesfois remediables a qniki eust voulu croire de bonne heure. 11 ne ta jamais varier ny fleschir parmy les alaira qui roquèrent force , courage et proii|tt résistance.
» Que de h part de Sa Majesté , pour d» ner la dernière main à la totale rojnede Testât , il a esté mandé aux receveurs gewraux sur lesquels le Piedmont estoit assigié, qu'ils eussent à porter tous les deniers ream et à recevoir , en Tespargne , nonobstant la mandemens donnés sur eux , et qui estoieH siu* le poinct d'estrc envoyés au maresdaL
» Qu'il protestoit devant Dieu , devant fc roy , devant toute la France , que si en loslB diligence Sa Majesté ne commandoit que ria ne fust touché de ce qui luy avoit esté accr dé , qu'il voyoit tout Testât perdu , à bM]oeb perte il ne vouloit survivre , ores qu'il n'y eol de sa coulpe.
» Que Sa Majesté ayant privé M. de Vafli du gouvernement qu'il avoit du marquîatéi Saluées , qu'il en a commis la charge an leneschal , qui est de robbe longue , et qM combien qu'il s'y gouverne fort pmdèiment , qu'encores est il nécessaire , et |M les armes et poiu* Testât , que Sa Mqeité ci
» Que plusieurs hommes d*armes , chevaux légers et fantacios, s*cstoient retirés du Piedmont sans congé, et quau lieu de les faire chasiier , comme il avoit supplié Sa Majesté , qu'ils avoient au contraire esté les bien re- ' ceus, invitans par là un nouveau desordre
sur ce qui restoit en Piedmont.
? I. a Qu*en attendant la venue du slcur Fran- : cisque Bernardin il a envoyé le sieur de ' Hontfort et le fils de luy à Valence pour y commander.
» Que ces nouveaux remuemens de Tennemi ont invité le sieur Ludovic de Birague de s'en retourner à Santia pour le défendre , aa lieu d^allcr en France , comme M. de Guise loy avoit maodé qu'il fist.
' a» Qu'il a de longue-main observé que les ennemis recevoient beaucoup et beaucoup de commodités et de secours , tant de Nice que de la comté de Tende , à cause que le seigneur demeurant neutre comme il faict, il tire du passage du sel et des huilles environ trois mil escus de péage ; que pour corriger ces inconveniens il jugcroit et juste et raisonnable que Sa Majesté retirast à elle ceste pbce par une lionncste et advantagcuse récompense , et qu'elle mist dans le cliasteau , qui est fort bon , un fort advisé capitaine , -^ avec trois cens bons soldats , qui suHiroicnt ^ pour faire la guerre jusqu'aux portes de Nice , c-'- et rompre le cours de ces traiTics , qui rendent : ma duc de Savoye plus de soixante mil escus ^r an , comme plus au long luy pourra desduire et remonsti*er le sieur de La Curée , lequel en particulier il recommande à Sa Majesté , pour la valleur et alfeciion qu'il a recognues eu luy en divers notables endroicts. »
. Il eut aussi nouvelles par M. de Boisy, grand escuyer de France , que l'armée dlîlspagne estoit logée à Canaplcs ; qu'elle avoit envoyé dans Arras tous les bagages et l'artillerie de batterie ; qu'on estimoit que les grandes maladies dont elle estoit affligée les invitoient à la retraicte , mesmes estans tenus de si près par l'armée du roy, qu'ils avoient faute de vivres , et de faict que messieurs de Nemours, de Nevers, de Guise, d'Aumalle, et autres grands seigneurs , estoient tous les jours à la guerre à tour de rolle , et que les