‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 169 sur 224 · LIVRE NUVEIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NUVEIÈME

i le 6 septembre il avoil envoyé le cae Montzeriez, brave gentil - homme , [De de la gendarmerie du vidame , vers , pour rompre les vivres qui venoient

costé-là aux ennemis-, lesquels vouesveiller sans bien les recognoistre , il

dans une embuscade où, après avoir lombaltu , il fut porté par terre et dix ens que prins que blessés; qu*en ceste leration il a accordé au capitaine Jey de Thurin , lieutenant de ceste corn- ;, le bourg de Javin pour Taller rer et rafraischir : ce sont fortunes de 3 auxquelles chacun est subject, la re- > n'en est pas irrémédiable; que si Sa :é n*a nécessairement affaire de mes-

les prince de Condé , d'Ampviiie , et s les autres seigneurs qui sont de delà, iupplie très-humblement les renvoyer inent tous en Piedmont , où ils trouvei marquis de Pescaire , qui leur donnera souvent de quoy esbaitre leur valeur.

site vueille aussi ordonner que tous ca- !s qui auront abandonné trois mois de leurs compagnies soient cassés, afin lacun aprenne à faire son devoir , ou à * sa charge à un autre.

Testât de sergent majeur estant à pour- I avoit chargé le sieur Francisque Ber-

de supplier Sa Majesté de tant faire . le prince de Condé y nommast le ca- I Bonnal , qui Testoit à Casai du vivant Iveson , et que c*e$toit le soldat de i qu'il en cognoissoit le plus digne , a valeur, jugement et diligence, mareschal, ayant sondé de plus près itoit procedée la perte de Cental , avoit que c'estoit la pure lascheté du gour y peu accoustumé aux armes , et mis le charge par autre lesmoignage que le equel il envoya à Sa Majesté pour le hastier comme elle adviseroit ; mais la le sauva du supplice qu*il meritoit.

nemi peu à près fit raser la forteresse lie mesme, qui pou voit endurer deux, rois assauts , n^ayant faute de rien que

courage. Ils en tirèrent tous les bleds , envoyèrent à Fussan et à Cony , près

nous avions les chasteaux de Demonts,

nemi envoya forcer: dans cestuy-cy esloit le capitaine Cadillan avec cent hommes , qui endura la batterie et deux assauts; au troisiesme il f ust emporté , vendans tous ceux qui estoieut dedans bien chèrement leiur peau : le capitaine et aucuns des soldats se sont depuis sauvés.

Si tost que Tennemi eust achevé Tavictuail* lement et la reddition de ces chasteaux , il tourna teste du costé d* Ast , pour aller assaillir Montcaivé ou Valence , dont les Milannois, qui avoient fourni argent, le sommoient avec grande instance : mais en 8*en retournant vers Ast par le mesme chemin qu'il estoit venu , de rage et de despit il fit brusler et ruyner le village de CerizoUes , en haine des combats qu'ils y avoient perdus , le premier sous M. d'Anguien , et le dernier par les mains du sieur de GonnorC. Ils allèrent foire leur nouvelle assemblée en Ast , pour recevoir les trouppes italiennes qu'il avoit faict lever.

De tout cecy le mareschal bailU advis à Sa Majesté , et de quelques autres particularités, la suppliant que là où elle desarmeroit, qu'elle le veuille soudainement secourir de six ou sept compagnies de gendarmerie , de quatre mil hommes de pied , et du mesme argent qu'elles luy a n'agueres promis par Plancy*

Le sieur de Montfort, gouverneur de Valence , donna advis au mareschal que domp Alvaro de Sande estoit parti de la Pievé du Cairo avec cinq enseignes italiennes et deux de lansquenets, avec lesquels il s'estoitvena percher à Bassignave ; que , sur ceste nouvelle, il avoit depesché Scipion Vimercat, avec deux cens chevaux et quatre cens fantacins des meilleurs , pour les aller resveiller ; mais qu'ils Tavoient trouvé parti , fors quarante pauvres lansquenets qui avoient porté tout le malheur : qu'assurément l'armée ennemie prenoit le chemin de Montcalier, pour entrer dans lequel, avec six compagnies, il avoit depesché La Curée , brave et vigilant capitaine ; que s'il n'y pouvoit entrer , qu'il se jettast dans Casai , pour avec ses carabins faire la guerre à l'œil ; que cependant on fera travailler pour jecter mil sacs de bled dans Valence , outre ce qui y entra hier.

Que le sieur de La Curée estant parti de

Parvicre et Rocavion, lesquels Ten- Valence pour s'aller rejoindre & Scipion de

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Vimercat, qui estoit parti peu devant luy pour aller du coslé de Montferrat donner quelque venue à des trouppes qui y estotent logées, que la nuict Tuvoit surprins si avant, qu'une irouppe des siens , ne prenant garde à suivre à la file , s' estoit escartée ; quoy par luy recogneu , il avoit envoyé douze des siens pour en avoir des nouvelles et les redresser ; qu'ils avoienl trouvé leurs compagnons engagés au combat avec de la fanterie italienne , qu ils avaient si fort chargée , que le jeu se demesia avec la perle de cinq des leui's seulement, ores que les ennemis fussent grandement supérieurs de nombre : si le mesme La Curée y fust arrivé à temps , Tadvantage du jeu luy fust demeuré.

Le 26 septembre ^a Majesté fut pareillement advertic que rennenii s*estoit allé camper devant Monlcalvé, dans lequel il y avoit force gens de bien , et qui feront fort bien leur devoir; mais toutes fois que Sa Majesté ne lairra, s'il Iny plaist, de se souvenir qu*il n'y a place, à la longue , pour bonne qu'elle soit , qui ne soit en fin emportée si elle n'est secourue ; et que le sieur de Pequigny, gouverneur dudict Monlcalvé , qui estoit arrivé deux jours après le siège , esioit entré dedans avec les guides qu'il luy avoit baillées; et a par luy escrit à tous les capitaines.

Que les maladies commençoient en Piedmont à s'attacher aussi bien aux grands que aux petits , et entre autres les sieurs de Terride , Montba/Jn , de La Molle , de Lyoux , et capitaine Loup, capitaines de bonnes places , resloient tous , qui plus qui moins ; et que, pour achever la farce , les gouttes l'avoient aussi saisi.

Du vingt- huîctiesme, respondant à messieurs les cardinal de Loiraine et duc de Guise , qui luy avoienl mandé qu ils esloient après ù regarder comment ils le pourroient secourir et d'hommes et d'argent , il les supplia de vouloir, à ces fins, voir le mémoire qu'il avoit envoyé au commissaire Plancy, par lequel ils pourroient peut estre mieux recognoisire qu'ils ne faisoient pas , le danger eminent, et aussi les choses plus pressées dont il faloit pourvoir aux uns et anx aulrcs, comme il les suppliait vouloir faire; le sommaire duquel mémoire estoit tel :

« Que puisque le roy et em avoient lûihlement recognu que tons les ponrparlés depv qui avoient esté mis en avant de la part èi Espagnols n'avoient esté à autre fin, eoHe il avoit souvent mandé , que pour empeiekr que Sa Majesté ne pourveust , comme de n'avoit faict , aux affaires d'Italie , pendbtf qu'ils y envoyoient tout le gros de leurs forces , il supplioit Sa Majesté et eux aussi ovoyer tant de forces , qu^il puisse non seri^ ment secourir Monlcalvé , mais le repreodre aussi , si Dieu permeiloit qu'il se perdist,!! de main en main aller aussi attaquer Torlone , et puis fortifier Felissan , qui aaiegeroient Asl et Alexandrie , et tout ce qui ei de la duché de Milan au delà du Pan elè Tanare , pour puis aller tousjours sur le m jusqu'à Plaisance; qu'en ce cas jl faodWt envoyer argent pour les gens de guerre fî sont en Piedmont , auxquels il est dea t cinq à six mois , et le payement pour dea mois à ce renfort , qui autrement deviendnk ù charge , et non pas à renfort : qu il lalÉ mieux despendre pour un bon coup den cens mil escus , pour ad vancer à UeB «- 1 commoder ses aflaires, que d'en despeniiij après huict ou neuf cens mil pour repOTii les fautes et les dommages receos; qttin n'estoil jamais rien tel que de teiirè fs bonne heure sa maison close et couverte ai b injures. iti

>' Quant à la force , qu'il luy suffira detré s mil nouveaux Suisses diligemment leià, « payés , et envoyés. ^ f

» Les quatre mil légionnaires deDaapW I «

dont le baron des Adrets est colonncl.

» Douze cens chevaux , tant hommes f tmes que reistres, le tout avec leur solde.

M Deux cens chevaux d'artillerie, et d^ cens pionniers de Berry.

» Que M. le prince de Condé , venant escr cer sa charge , amenast douze bonnes coapagnies françoises nouvellement levées, tf quà son arrivée il en casseroit autant dei moins compicucs , qui rcmpliroient les litres; et si la despense n*en augmemcnil point.

» Supplia très-humblement Sa Majesté A croire que si son plaisir estoit de le diligs** ment renforcer de cela seulement qn'

S] LIYBB «EUYIÈUE.

aatt en ce ttftttoire , q«*il 8*a|^rocbera es de reanemi, qull le conlraiiidni à rer dans le MiUiiiKtts, ei à y despartîr Aspart de aes forces , s il ne veut perdre leilleures places , sur lesquelles la force inieUîgenoe jûufiraiu leur jeu, sous la uicte de Dieu.

1 premier octobre il donna advts au roy (ant descottvert que les eonemis avoient îQtrepriDse sur Chivas, il en avoit ad- ' Carie Birague , qui y commandoit , par bazin , les chargeans tous de faire sans it si bon guet de costé et d*antre , et le à rentrée du canal qui couduict Feau la ville vers la porte de Tburin. Ils usede telle diligence, que quatre jours ils attrapèrent quatre Espagnols , Tun tiels estoit des goutsmans , c'est à dire k-bommes , appoinctés du duc de Sesse, à , craignant qu'on le fist soudain mouconfessa tout, et accusa deux soldats os desnostres , qui furent soudain prias ndus en sa présence ; dit aussi que les mis ne quitteroient jamais les armes i n'eussent prins Casai et Valence, et que ste n'empescberoit jamais la paix. Les !s trob, qui estoieat soldats privés, ït mis au crotbn durant quinze jours , et renvoyés , un baston blanc au poing. Et res que cest advertissement deust foire j[noistre au roy que toutes ces trahisoBS mi suscitées et fomentées par Tuniver^ pauvreté des gens de guerre , si est-ce Sa Majesté ne s'eschauffa guîeres à luy fer le seeonrs tant de fois promis, premier octobre, le roy, au lieu de (verer aux promesses ey devamt foietes le renfort, manda au marescbal que istrie ny raaciorité du cardinal de Ixn*n'avoient sceu tant foire qu'il trouvast Paris de quoy foire party de cent escus ment pour le payement de ce renfort , il valloit mieux se déporter de l'envoyer, 1 renvoyant luy donner matière de des- ( par faute d'entretenemenl ; et par ainsi, luy estoit de le prier de faire du mieux pourroit avec les assignations qui luy nt esté cy- devant données, faisant au de nécessité vertu. Et par ce le mares-

de la main de ceux qui craigaoient la piw*^ perité de ses actions militaires.

Il manda au roy que sUl plaisoit k Sa Ma* jesté se représenter combien il y avoit qu'il najfeoit dans la pauvreté , qu'elle tiM>nveroit qu'il avoit pieça plus souvent praetiqué qu'il if eust esté nécessaire au bien de ses aflaires, tous ces beaux préceptes contenus en sa depesche , et la trop fréquente practique desquels avoit de long temps surmonté toutes les plus masies vertus qui peuvent sortir d'un geneveux et aQectionné serviteur.

Que ces leçons ou ces instructions potn*rdent estrc nécessaires aux jeunes cavaliers qui commencent à porter les armes, mais non jamais à celuy qui parquarante ans les a tous* jours maniées , autant parroy la bonne que la mauvaise fortune , et qu'U sçait asses que dans Paris et Rouen cent cinquante mil escus seraient trouvés à qui voudroit en deux jours seulement , et de faict que pour moindre nécessité que ceste-cy le connestable avoit en neuf heures trouvé dans les bourses du conseil du roy soixante mil escus, qu'il luy avoit envoyés par raoy au siège de Cony.

Que , puis qu'ainsi estqu'il fout qu'il fasse joug à toutes sortes de ealomités , il supplie aussi'très humblement Sa Majesté de vouloir doresnavant mesurer ses espérances à ce pied, etdf'estre intrépidement préparée à tous les malheurs qui en pourront succéder, comme il l'a suppliée par le secrétaire Rueé, qu'il avoit naguieres envoyé vers elle, et que Henry troisiesme fit meriloirement depuis secrétaire d'esmt.

Qu*il ne se pouvait garder de dire que si les ministres de Sa Majesté eussent esté aussi soigneux qu'ils dévoient estre de tenir parole aux marchands et conserver le crédit , qu'il n'eust pas esté moins en la puissance de Sa Majesté de trouver quatre et cinq cens mil escus , comme faîsoit l'Espagnol , qui estoit fort soigneux de maintenir le crédit qu'il avoit et à Gennes et à Milan , qui n'avoient pas meilleures minières que Lyon , Paris et Rouen ; mais que à celuy qui ne veut tout est difficile , comme il sera à jamais à ceux qui n'ont aprins autre latin que l'inutilité, la volupté et les délices ; que ils moissonnent le dos au feu

desceuvrit que ceste reaolotion sortolt | et le ventre à ja table, pendant quelesauire^^

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