‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 170 sur 224 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

oir, G*est chose qu'il a feict il y a plus ax mois, et que le peu d*asseurance de oict où ils iroient a esté cause qu'il a ien pour?eu Tvrée , Mazin , Santia , Gaalence , Montcalvé , Verrue et Albe , et aesmes dans Montcalvé » dont il estoit urs en doute, et qui estoit la plus foible, is le sergent majeur Tlsle et des Adrets renfort ^ sans celuy des deux compade Pequigni et du capitaine Lichaux, et de celles de M. le prince de Condé, andée par feu Quinson, le frère duquel é à Tabordée des ennemis devant Mont- , de manière que ceste compagnie est hef . U y a encores deux autres compades capitaines Pierre Anges , et Alfbnse >, Italieu, tous gens d'eslite', et deux ; de lansquenets : ce sont douze compaqui pourroient en plaine campagne comune tranchée. Il est aussi entré de vingtà trente gentils-hommes volontaires, e sieur de Cigongnes a voulu estre du re. Que pour jouer au plus seur et se ors d'accusation si mal advenoit de Mont- . qu'il avoit voulu avoir un rolle, partiement signé par les capitaines , du nom- 3 leurs hommes mesmes, à fin que Sa té recognoisse , par la lecture d'iceluy, il lui envoyé , qu'il a seurement fourny ce de ce qu'il devoit.

quatorziesme jour du mois d'aoust 1558, Desmars , sergent gênerai de bataille de iterie françoise , commandant à présent tcalvé , certifie à monseigneur de Brislareschalde France, gouverneur et lieugeneral pour le roy deçà les monts , que icune des compagnies qui sont en g[arh présent à Montcalvé il a veu le nombre tînmes qui sont cy après escripts, comme it:.

FREMIEREfilENT.

yaugine,

première compa^ie de M. de Piqaenyn , que nde le capitaine Yaugine.

iisiers, 89

eqiiel nombre U en y a vingt et deux ma-

ers , comprins le portier^

Somme I U

éO

Saincie^ecUe,

Le capitaine Saîncle-Cecile.

Corselets,

Arquebusiers ,

Officiers ,

Malades,

Somme ,

Sigongnês,

Le capitaine Sigongnes.

Corselets « Arquebusiers , Officiers, Malades,

Somme I

Du Fort.

Le capitaine Fort.

Corselets, Arquebusiers , Officiers, MalÏMles,

Somme,

Plut, dit le lieutenant que son capitaine a cinq soldats.

Blanck€t.

Le capitaine Blanchet.

Corselets , Arquebusiers , Officiers ,

Sonmie,

£)» Bras,

Le capitaine Bras.

Corselets , Arquebusiers , Officiers, Malades j

Somme,

PUtro Angélo Daficharcha,

Le capitaine Petrange.

Corselets , Arquebusiers , Malades,

SommCj VlêU Alfkonao Castro,

Le capitaine Aironse.

Corselets, Arquebusiers, Malades ,

Somme,

Ledict capitaine Blancbet certifie avoir A Casai ?ingthuict soldats , qui sont demeurés malades audict Casai, et m'en a asseuré estre vray, lequel a signé ce buletin C. BLANCHET.

lîôô

MÉMOIRES DE BOYViN DU VILLARS.

Que 1c fils du sieur de Lioux , au desccu du père, avoît prias soixante bons soldats pour y cMiircr ; mais , n'ayant pas encores aprins les ruses de telles entrées , il a esté rencontré , tué et deflaicl.

: La conséquence et le salut douteux de ceste place qu avoil le maresclial , luy avoit faict commander au sieur de Bellegaide , brave et advisé cavalier , de s'aller jecter dedans avec les capitaines Onoux , Le Bois et une douzaine d'autres volontaires; mais quelque effort qu'ils ayenl sceu faire , ils n'ont sceu entrer dedans , tant les gardes sont grandes et espoisses , et Tacoùs dillicile.

Que les ennemis n'ont cessé de tirer avec vingt-quatre pièces par quatre jours du costé de la tenaille , qui est l'endroict le plus estroit; ceux de dedans leur donnent tant d'affaires , qu'ils ne sçavent où ils en sont ; mais au long aller , le lieu estant estroît , et n'estant secouru , il faudra que la dévotion cède à la

force.

Si ceste place se perdoit , et que là dessus on entrast en traicté de paix , et qu'à la mode d'Italie il fust dict qui tient tienne , tout le Montferrat, jusques aux portes de Casai, Valence , Verrue , Quiers et Albe , leur demeureroit, et consequemment ces places à demy assiégées ; que de sa part il est affligé jusques dans l'ame, ne pouvant endurer la honte qu'il a de se laisser oster par force cela mesme que nous possédons, et ({ui a cousté tant de temps , d'or et d'argent , et de valeur à acquérir; que si de bonne heure il eust esté creu , on eust esté plus diligent à considérer les dangers à advenir quelles presens , dans lesquels on s est volontairement embarqné.

Le sieur de Lioux père , ayant sceu la mort de son lils unique , desiie ([ue le capitaine Verdusanl , bruve gentilhomme , ait sa compagnie , et (|iril plaise à Sa Majesté commander que la fenmie de son fils , qui luy a tant cousté à avoir , ne se puisse remarier qu'à un de ses parens, digne d'elle toutesfois; c'est le moins ([ue la valeur de l'un et de l'autre puisse avoir mérité. L(ï capitaine Bois, enseigne de M. de Bonnivet, et ceux de Montifaut , Onoux , Sninele-iMarie et Flenriniond , sont aussi à pourvoir , tous liraves gentilshommes qui ^croient propres à tenir commun»

dément en celle de M. le prince de ailleurs.

A ce que Sa Majesté dîipt snr tes t pagnies de gendarmerie quelle avoît :

que le mareschal ne met en avant \{ vreté que pour luy servir de couti retenir , que , pour s'en csclaircîr :

charge de luy , Sa Majesté commanc lientenans de les venir désengager i ner,et à quoy faîi*e il leur donni l'aide qu'il pourra, afin qu'au Eal prendre elle pûfsse sensiblement reè qu'il y a encores pis de tous cosï& représenté à Sa Majesté.

Que le congé que le sieur de Gon:

frère , avoit n'âguerés demandé , n\ pour s'en servir maintenant qïie Te se sont eschauffés , mais bien après dissement que nos mal-Leurs y pc puis qu'on ne les Veut croire ny p jusqu'à désespérer les {jéns d'honni que les sieurs de Terride , Jérôme Birague , et assez d'autres qu'il avoi mandés , et dont il se repent ; car il re que cela les a plustost recullés qu'aîj la violence des passions se compUL ruine d'eux et de luy , qui est peu Âe mais de Testât mesme ; que quôy'qM pied ceste sauvage et détestable pi l'envie, elle ne l'estonnera jamais j Dieu , protecteur de l'innocence, lûy de fort inexpugnable à rencontre ayant dejongue-main aprins que les i les ruines qu'on pourchasse contre qo sont au commencement un peu roauva' à la suite ils deviennent inutiles.

Que les ennemis avoient faict une batterie à Moiitcalvé , avec vingt -clii qu'on oyoit fort clairement de Quiers du costé de la tenaille et aux deffei que sur le midy tout cela estoit c( sorte qu'il est à conjecturer qu'ils aj forcés par la lascheté des soldats pa mal-contens : s'il estoit ainsi , et dont encores nouvelles , Casai et Valence reroient du tout assiégés et sans in> secours ; que Sa Majesté recognoistn et trop tard , (|ue les médiocres p!»

perdre les grandes , roesnageant le t les affaires , comme Tcnnemi ^çaiàrafi

LIVRÉ MîUVIÊtaE,

SSIS

ti t^He uttHéè et an b!èfèf)fayé«, etcontt^ (jtii iCoîk ny Vm Ày VMtre , ccmMe ils lin bien dire ; Vieû % ce fnre leur Nantie (rdlM ie pfas beâo te^ps éa monde , roift m eiMdirrfiiàisiferÉièrit lèltàrgï^e. V€$t fifëifm ^^^Vn'pvëëk à là ptinÉé 6e ^ flIMr Hrâ^ëAfMnDè ^ci^tigistM càtÈttHe yotî& «y-dtevaïA VA.

it& cl€& ïutdS^ëhietà tiWt êiAè 'de )6ii^èprèVet» «t t^Âw**^ p* taift A terit fe*, fjtk'fl fett ^<*ncÎTirtre , <m cpe Sa ^a- *èftia jf^ gfàfha ^s du gàm ùy dé la f'dc ce qà'èrde tfWA 'delà lés "moûis , ou ïè Vrroit Vftfè tettt (fè qu'on hiy eïi fnande *rt mke desg^ÉftféïA'eris ; et Youtesfois tè^ es ae ^îftSl ^t -Ae Môttlcalvé doivent «frafe ^nfr 'tfe re^vèîtte-matin àuK plus rtafe , b1i!»ïivltèr "ptiv uûè ]pa& à és- • de saùVër cfe •quHndîgnetnent on afbàùe ti In ftW^ êèiintnes ; et , à la Veillé , rtu%y fe f^yitifriè Vrè (léflàWeiit point eh ' , àWte *iftfns i Wi , A dont te repentir h-a tftfdiT^ftm'tftè.

y à'dèsjà'^elqire^e'fhps qire nous n*aVons . trop faict reip'm»frtice 'de's traverses de ituno ; îKàft ï^our ce!à "M ne Wt laisser i îYciiîr toîiajôtrft 'é* ^a'^'^è , èlt Air une retise mdHtehk f(iA fèndë c^ Hvlé là 6onmcé Wf n feîrfsé deir'oBér ; et si Sa iîa- , qiiî lest \e ponà et te pîvot ^ùr lequel r îc^el fl finit '^He les fifrà'Atfe fardeaux pAA "Se ttoàVéttt , "ne 'dôtfftè orÀre qu ils fi cbnstîffife et inmrclbîîes , et tôusjôurs reittés ii "ifhààJt feVe i^rfc ïecevôîr Vot- • , tout ïi-a eh bei'ditîon. Que Sa kajesté a^sei ^éiù'ïluk^chô^êfs {ifi-andes et glorieues fcoiTffmès côtfraçeuit ntèspiisem les ort-, ^'atftàtft î^ué de qùî s^entreprént p(«l Vu(*èVè aVcc iièteWenr et Vécôm- 5 ; Te qirt fe dOTi îhvifér , en ces dangers pris , % feît'ë tôtftès 'Sbrte^ d'efforts pour -pdh^er. fet "pàtiv àltè eta Wi seul ùiot à noms en ^oèuae"^ adjoiirdliûy , Tespej nous deffaut , hés coi^ps ^ni eslangourês f atm , les forcée et les courages abalus , Bn Taide et le conseil poUt* medeciner jclles playes : de les commettre par désir à un combat téméraire , il ne le fera i% , qnoy ifue sels ennemis Ty vueîllent

co'ires s*it n^estoît qtrestion (jae de la sTehite pattlcutiere , jpetrt-estre pourroit-ildire/>aM6 toits pux. A ce propos onpétit faire la ihesmé plainte qne iSt depuis Tarmée deVadmiral de Cbàstilton.

^Veminer tons les jours an Vent et k ta ployé kJk ^nTttfct e^ % là ftayè 'vféc isù trôid manteau , La teste descouverte et les pieds dedans Veén% $e repaisflre d'cnnny et de netencolie ^ Avoir les roys dn monde et la terre ennemie, ^^avoir pour les blessés seurté 4ne le tombeau j Sentir dix mnie poux qui deiàangent la peau , Avoir dn coites entier là fdtèc dciffafRîe; Xt&it fhnoitè d%rgent et d%aM(i et de pain , AVoir la bouche fhtiBche et te MMter de ftdn ; Avoir de tous moyens la personne affamée , ï'orter la mort en crouppe et les armes au dos, Et n^avoir un seul jour d*aîse n'y de repos , Cest la commodité de nôstré pahVit armée.

Pendant que Sa JUTajësté '^ prépare Hi ce qù! est necessaîre , il à escrit à M. de Grignan de faive lever et marclier éh t^tedmont les 'qûatte m^ légionnaires de Dâuphiné , et de leur JFaîre foumîr à cbâcùn un éscu , tandis que le roy ^ordonnera de leur payement.

Que tés vicomte dé Gohrdon et comte de 1^'eine se sont offerts de lever quatre enseignes de douze c'ebs hommes à teurs despehs , et de prester en outre dîx mil livres, à la charge qull plaise à Ka Majesté les eh faire asseurer; que le sieur de Sanfré, duquel les ennemis b'ruslerent le cTiasteau retournahs de Céntal , s^est aussi offert dé lever à ses despens autres douze cens hommes, comme aussi fera le sleïïr de VmeuT \ mais de mettre les placés entre les mains de ^ens levés pàrmy des peuples qui espèrent et désirent tousjours plus qu'ils ne doivehl , et qui endurent aussi moins qu'il n'est nécessaire , il ne le fera jamais. Encores , pbhr augmenter tous les mal-héurs , le sieur de Gonnort et luy sont tout à coup tombés malades de la {[outte « pour n^avoir en main là moindre goutte àa monde pour secourir eux ny autrny . D'ailleurs, tant s'en faut que Sa Aiajesté leur donne quelque assistance , qu'il y a tantost plus de trois mois qu elle retient près d'elle la pluspart des gouverneurs des places de Piedmont , étales capitaines tant de gendar-

fpiter pour Wampher de sa ruyne; en* } me rie que fonteriè. Que le duc de Sesse^

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

parlant Fauire jour au protonotaire de Cental, ïuysceut bien remarquer ceste chasse, comme il fit aussi , que le roy ne vouloit ny ne pourvoit secourir le Piedmont , tant il avoit d'affaires en France , et que luy au contraire auroit dans un mois trente mil payes et argent pour quatre mois « avec force artillerie , et quUl estimoit pour le moins emporter Valence et Casai. r

< Que ce sont tontes [choses qui dcTroient eschauffer les plus froides natures à la conservation de ce qu'ils ont , pour ne demeurer du tout accablés sous le faix. Qu*il y a dans Casai vingt-quatre enseignes de gens de pied et deux cens chevaux , avec de bons chefs ; que ce nombre d'enseignes est un vray tesmoignage de la petitesse des compagnies , car , si elles estoient complettes , la moitié de cela suffiroit, et Tautre tiendroit cependant la campagne : autant en peut-on aussi dire pour le regard de Courtemille , Ceve , If ontdevis ^ Beine , Gairas » Saviglan , Sainct- Damian et Albe ^meslangées parmi Tennemi, et en toutes lesquelles ceste petitesse ou foiblesse tient une demie-armée engagée.

Que le roy d'Espagne entretient tousjours le roy de nouveaux propos de paix , pour Famuser sur la provision du Piedmont ; et que d'alléguer , comme on fiiict, que la prochaineté de l'hiver les retiendra, ce sont abus ; ils sçauront aussi bien que nous vaincre ces difficultés , comme il a cy-devant esté remonstré, estans pleins de forces et de moyens , la récente proqperité leur ayant si fort enflé le courage , que rien ne leur semble impossible , par la cognoissance qu'ils ont semblablement de nostre impuissance , à laquelle on desdaigne de remédier.

La perte de Montcalvé est advenue » à ce qu'aucuns ont rapporté , de ce que ceux qui estoient destinés à la bresche et à la deffence ont esté battus si à descouvert par l'un des costés de la tenaille , que pour s'en'garentir il se jetteront à Tabry de l'autre costé , où ils n'estoient pas veus des ennemis , comme aussi eux ne les pouvoient pas voir ; de manière que ne voyans ceux de l'armée aucun en garde sur la bresche , ny autre qui tirast à ceux qui en approchoient , peu ù peu ils commencèrent à s'entre-appeller Tun Tautre^

et ainsi ils donnèrent dedans , et ^i^ sans que les deux enseignes de irnsfi^ qui estoient au dedans de ce orné bfa^ jamais aucune deffence. Les laotttH,^^ toient allés repaistr e snr Fassemaet de^ ^ Ires, oyans l'alarme, Gonniremvenlilr!^ che; mais, leur nombre estant iafeiw ai' qui estoit desjà entré , ils fiorent reposb tousjours combattans, jusqœs zstymk chasteau , dans les fossés dnqnd ib tesg. verent. Le capitaine l'isie fut auaqsé ^ Sainct-Vincent , Espagnol , qu'on tieu pe le plus brave de Tannée , nuquel ilrc^;; grand combat , et les capitaines Hins , :« gongne et autres de mesme , qui neaotSËfii demeurèrent prins. Le sieur de PeqK^-, gouverneur , fut accusé d'estre peu soigk^ car , au lieu de disner et dormir prés hir; che , il ne bougeoit de son logis ; qu'a^ tost que ce qui s'est sauvé sera de mo? les informations s'en feront et seam voyées à Sa Majesté pour cbastier les cc^ blés , et le mesme gouremeor s'il a àa^ comme aucuns tiennent , et dont il se r& au jugement de Sa M^esté.

Un des trompettes du mareschal, par luy en l'armée ennemie , en retooru rapporta que le mesme matni qn*il fm pesché , il arriva un courrier au eiDee qui fut conduict en hi tente du docde:>ssr et qu'aussi ,tost qu'il eut leu les lettres ^ le courrier portoit , l'armée troussa b^i et tira contre Casai , où elle est maiBUsa campée , les Espagnols et les Allenass environs de la ville , et les Italiais dgb Pau, sur lequel Os ont fiait mi pootà b. teaux. Par la récente crue dlialîais,ik(â estât de vingt-six mil hommes. U m de Casai un soldat de la part du siair à l Motte Gondrin , qui asseore qu'il n'y a &. compagnies que treize cens bons hofinks j guerre , et cinq cens autres que le c&\*> : la vîfle a faict lever , et qui vont à h s^-: aussi gayement que les François , coaèi. i par aucuns gentils-hommes Tokmuirt>«, sont dedans.

Duneufviesme octobre, le sieur de La V Gondrin escrivit au roy mesme une 1contenant , en peu de mots , que le buii.ime octobre Tarmée s'estoit logée à fcc .

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