‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 18 sur 224 · BÈ6NE DE · texte numérisé non relu

BÈ6NE DE

EV*aiide ; et ks tins sont encouragés des ^9 et ne peuvent prendre party ni faire

uinsi que s*ils estoient divisés ; et mar- L tout d'un mesoie temps.

U c|ue la force consiste à la cavalerie ou à tnterîe » il Aiut tousjours ranger le premier

de Tescadron de cavalerie , au dernier

des bataillons de gens de pied: que si la lerie ennemie charge la teste des picques, escadrons se peuvent avancer pour les tïer en flanc : et si les bataillons de gens de

afiRrontent les bataillons plus foibles d*in- ^rie , quand ils sont aux mains, la plus forte i\erte peut aller charger Vautre. Et pour er inconvénient de troubler ( advenant un tieur ) les bataillons d^inlanterie , faut exsèment que le gênerai plus fort de cavale-

aye laisisé de grands et larges espaces ies entre les bataillons de gens de pied. Et ^is ne faut avancer la cavalerie entièrement ront des bataillons , ni au milieu d*eux , si restoit par le desordre de la cavalerie enlie , qui auroit donné dans les testes des {uiers. Infailliblement, si la cavalerie s*adce trop , et qu*elle vienne à estre rompue , leur , les charges , le danger » les coups nblent le jugement ; et tout ainsi que ceux . se noyent empoigneroient des trenchans spées , et ainsi que ceux qui , pour éviter

poignards , se jettent par tout où ils penit leur salut, il ne faut espérer que ces is, qui ont par la fuilte perdu le sens, 'il leur demeure la considération de glisser long des bataillons , de se r'allicr derrier X , si les espaces d'entre iceux ne sont do ande distance. Au contraire , pour se mettre sauveté , ne pensant jamais y estre , ne fanon t pas de se jetter dans le bataillon ou esdrons amis , ainsi que les enfans dans les as de leurs nourrices pour se sauver du net} et ne leur reste plus en teste le salut (ueral , ni ne leur demeure la considération fils desordonnent et qu'ils rompent ceux qui ^urroient remettre Tbonneur de leur costé. 9S miracles de la peur de ce sang perverty mt extrêmes ; les fuittes de vingt lieues , les oyés , les précipités en font foy , qui , pour \ sauver d'une étincelle de feu , se sont jettes ans les flammes.

Que voyant une armée qui désire passer ,

FRANÇOIS I. iià

roonstrant le flanc , ou estant en quelque de«> sordre , il ne faut que la chaleur de prendre Toccasion nous haste ou précipite à ce que nous n^encourîons en la mesme fauté que nous voyons aux autres, sortant de nostre advan^ tage , et nous rompant par trop de haste.

Il se doit penser que les armées bien conduittes , encores qu elles monstrent le flanc ^ peuvent estre soudainement remises en bataille , et tourner le front à leurs ennemys; G*est pourquoy, sans se promettre de Tadvantage on il y en a peu , il faut tousjours estre et marcher en bon ordre.

Les généraux doivent prendre garde & qui ils donnent leur avant-garde ou partie de Far* mée à conduire , si ce n est point un amy feint ou reconcilié, lequel, pourveu qu'il puisse sortir à son honneur du danger , ne se soucie de son gênerai. Et faut que ledict gênerai face tousjours combattre son avant-garde de* vant luy, afin de rengager » et qu^elle ne«s*en puisse dédire ; autrement , faisant ferme , cei luy qui mené ladicte avant-garde , ou il veut garder les gages , ou du moins avoir tout Thon* neur de la victoire.

Que c'est grande folie d'employer la vi^ gueur de la cavalerie à faire des charges dans les Suisses ou gens de pied ennemys aux campagnes de France , d'autant qu'il est aysé à juger que la cavalerie estant defiiicte , il faut que Tinfanterie se perde. Il fait grand bien à un qui mené quatre ou cinq cens chevaux , d'en faire charger cent devant luy, lesquels abattent la rosée : les pistolels ennemys sont tirés, et leur escadron en quelque desordre , et venant après ceux qui say vent , qui ne se sont point meslés , ont bon marché aux despens de la peau des autres , qu'ils ont faict charger devaot eux » desquels n'en eschape la moitié. Mais il ne s'en treuve guieres qui veulent faire ceste charge par le milieu , ou il faut qu'ils ne soient pas bien sages, ou qu'il y ait uq grand amour et devoir au chef, et une ambition particulière qui aveugle leur sens. Communément, les rusés capitaines que l'on employé à charger les premiers dans un escadron, n'en prennent qu'un petit coing , ou chargent dans le flanc proche des derniers rangs ennemis, pour éviter la reprehension qui leur pourroit estre faicte s'ils n'avoient obey , et

MÉMOIRES BE GASPAHD DE SAULX. j

res places, où pMmns Im esetdroitt d^ nemis , ib se tromreiK en q«e«e ieêdk^i ceadaos , doDt la tesie oovc le kng dij seau oa fossé povr empeaehep le pu^l

latssant'Ie wm en son entier , pour rendre à ceux qui les suivent ce qu'ils leur auroient voulu prester.

Sont de oMtuvais associée pour résoudre

l^méo au combat» qu'estre dbargé du butin 1 quel une fois passé apporte pli» de et s*e&tre mis en opinion de reirakte; ceux aux delTendans que s^ils n'«i eosseor

qui viennent chercher le combat ont Tadven-

|age dans le cœur. Quand le chef esl malade , les membres ne

peuvent bien agir ; lors qa'un gênerai tombe en infirmité » il fout mettre Tannée en seurté. Quoy que trois cens chevaux ayent rompu et mis en fuitte partie des ennemys , s'Qs se sont meslés Us ne le peuvent avoir foict sans s'estre desordonnés ; la première charge qui leur vient après les emporte. Cest pourquoy il les fout soustenlr » et doivent estre suivis de près , du mmna pour charger en flanc les enaemys qui arrivent , qui n'ont point encore combattu et iriennent charger les victorieux.

Que fai vaine gloire et le vouloir foire ostentation de nous ne nous portent à présenter la bataille quand nous ne la voul<»is point donner^ se souvenant que ce sont les efleets qui emportent les victoires et non les apparences , et considérer que promptement les ponts rompus se peuvent refoire , et que ceux qui en charrient de bateaux en peuvent construire, et que les médiocres rivières n*em* pesehent le combat à ceux qui les cherchent. Que pour veiller au passage où Von craint que nostre ennemi ne passe , la seconde personne de Tarmée n*est pas trop bonne pour y estre la nuict en garde : il ne se fout fier en une seule compagnie , ains y employer deux OH trois capitaines des plus expérimentés ^ et souvent les visiter.

Qu'il se fout de bonne heure résoudre au eombat ou à la retraicte dès les premières alarmes et apparences des ennemis , sans at* tendre qu'ils soient en présence ; car lors il y a peu de remède , sinon le combat k quitte 0» à double.

Que les petits ruisseaux gnayables en plusieurs lieux , le défenseur estant plus foible que Tassûltent et ne pouvant foire teste tout du long , les plus forts cherchant le passage plus haut ou plus bas , estans divisés , contraignent le deffendant k monter ou descendre le long dn ruiiseau et quicter les premie-

pria la garde : aosai Ai«t-il bien qœ les« lans prenent garde qn^ ne seimik passés , et qu*ils ne pviasent estre cb^ flanc par les ph» feîblea.

C*est folie de penser se desdarprii^' fonterie , qui ne se desclmr]|>e imsA^ lets et bagages, peor rendre \»^^ légères à foire me retraiete, Jifs^^ d'autant plus mal-aisée^ que benéa sont en plus grand MMribre; fcfÛQjgi^at de la fdke de bonae heure , naVKia haltes Inutiles par oeleBtatioo, Jmh»

prêcher les ennemis , desquels iprii mm peut défonce. !

Depuis que Tob a mis ea deBxnhîj retraicte , qu'il y a plus de raisonspoori^ que pour le combat , il h fiioteieia promptement , d'autant qw cesie vfm prenant place dans les cœurs det capitâ glisse soudain par confo'ence duscvhè soldats, et levé le courage des ms et dès» très. C'est imprudence, quand b refr»

est res<riue, et que l'on la pemliRbw:

ou gagner un advantajse , de feérmk le }Ottr» pour foire dire : Un tel oemioiild aHer la nuict pour se foire defmv^^ dn jour : defoicte qui est la dehteor fMn de tout, pour eriterlaqneHei16D(Qiié toute autre considération. Qui tfotiliiéibi guerre il en a l'honneur : il est protuUeff viter le combat , si l'on n'a «pelqoe ^ tage : il ne fout adviser aox depeoàBens particularités de la reputatiOD , oi lestp tion de ta sauver en gros.

Il n'est honorable de partir de met «k foit perdre le courage aox 8oUai(s:Di»p, voyant que nous ftiyoas le combat, selel» deront ; cela apportera deftTeur ai ^} nos partisans , les villes , no» hisseroiM! aura un grand embarras , toat sera esot* sien. Voila de beaux mou en apparence , Hs effect c'est perdre tout et prendrcrwBlwp* le corps : il vaut bien mieux partir*'»*

heure ^e se perdipe,eipoorYOîrtaBi?*

RÈGNE DE FRANÇOIS I

• CM petits mconvenicns des rebornes.

ite il faut (oasjours vouloir le con- M ennemis ; ils veulent le combat , fli esquivent , les y contraindre ; sur ces termes : « Nos eslaisseront on trahiront dans un d^argem ; combattant , nous ne lie ce que nous devions perdre. »

vais mot ; il vaut bien mieux et quasi (si j'ose dire) trahy, lÉfe «ae bataille qui porte la ruine laaay.

Mi0 ^ieres aux jeunes, qui , par IgnWqnes paroles , se veulent foire taaa, de conseiller le combat; et le lendemain , an lieu d*y aller^ ebés dans le bagag^e , on bien vouair changé d*opinion et trenver nede à la veue des ennemis , alors pins temps d'y penser, et qn1l se avec les mains non avec les pieds, mefois des conseillers du gênerai ent envie ou à leurs compagnons , ienC qne tout se perdist , espérant Kakr des charges en tenant bride, t qai sont si saouls de la guerre ■commodités , qu à quelque prix Il en voudroient voir la fin , mes- ■ et perte du party. La bataille ne rinrre par pluralité de voix, et par passion; il faut que ce et par affection au party :

eral est habile homme , après avoir I de tous , il se doit résoudre soyipû il touche plus particulière- Blear et la honte sont seuls à luy, ^ eommun à tous. Les capitaines rnfl mtercst -, ils ne perdent leur C de réputation , et treuvent tousn de composer ; mais la teste du I en danger des ennemis , et d*aup roy ou de la republique qui luy Krat aprendre par cela au gène- ! combattre son avant-garde derant moins Tun quant et Tautre , sans artifices nécessaires de s*esbranler marcher fes antres , à ce que perne i ta feusse compagnie.

mfo imprudence d^arancer des es-

cadrons et bataillons de gens de pied et artillerie pour gagner un avantage , si Ton n'esl du tout résolu de les soustenir et hasarder là bataille , avenant qu ils fussent chargés. Ea« core est-ce plus gi-ande faute de les avancer et les séparer de larmée par quelque valloOi fossé ou bois , qui relarde la bataille et Vempesche de les secourir. Et de dire que Ton le fait & ruse , pour taster les ennemis ef ^ selon leur contenance y marcher et suyvre la victoire , on se retenir, selon que les troapei avancées feront bien ou mal : cest essay poiv* roit sembler bon h d'aucuns par sept ou huict cens arquebusiers , soustenus de quelque deux cens chevaux en païs fort, mais non de la quatrième partie de Tarmée , d'autant que la desconfiture d^iceux apporte nue telle defaveur, que si les vainqueurs suyvoient leur victoire ils seroient en chemin de gagner la bataille entière.

Quand l'une desarméesdefaict trois mil honir mes à la teste de Tautre , c'est sa faute si elle n'a la victoire entière , si ses ennemis ne sont dans un bon fort , d'autant qu'une telle defalcte apporte un si grand esbranlement et mauvaise opinion au reste de Tarmée qui a souffert cesle perte , que la victoire poursuivie' peut amener la totalle ruyne d'icelle.

Le sage capitaine se doit trouver des pre-^ miers au rendez-vous gênerai , pour estre employé devant les autres aux occasions et evenemens fortuits qui arrivent d*heure à heure à la guerre : selon la diligence et promptitude le mareschal de camp donne les places hono* râbles où s'acquiert îhonneur.

L*armée ou les escadrons et troupes qui veulent f uyr le combat , lesquels sont beaucoup plus foibles que ceux qui le désirent , se doivent descbarger de leur bagage et marcher à grande traicte , sans endurer d'estre veui en présence ; autrement ceux qui suivent , debandans des gros de cavalerie , qui marchent plus légèrement que ceux qui sont empestrés de bagage , contraignent les commis à la retraicte par pistoletades et arqùebusades de tourner teste et s'engager an combat , siir peine d'estre defaîcts et mis en desordre.

Ceux qui se retirent devant nne armée qv n est de guieres plus forte qu'eux , s'ib

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