LIVRE NEUVIÈME
f , pensant en avoir aussi bon marché e MontcaWé , et qu'ayant voulu Tenne- ^gnoistre la place , ils avoient esté fort lent repoussés avec perte de plus de ite demeurés sur la place, qui s*es(oient idvancés ; qu'ils avoient depuis comi à flaire une longue tranchée du costé rc , à la garde de laquelle ils avoient ois cens Espagnols et cinq ou six capi- , et qu'ayant recognu que Tannée ne >it venir que tard à leur secours, il faict soudain sortir quelque cavalerie et :ens bons hommes de pied , qui mirent n pièces. L'enseigne de Léon de Belle- , et le neveu du maistre de camp gedomp Alvaro de Sande , sont du nomes prisonniers. Promettant ledict sieur )Ddrin sur sa vie, et en foy de chevalier de la royale main de Sa Majesté , qu'il ddra la place jusqu'au dernier soupir , [ue nécessité qu'il advienne , ou advanse capitulation qu'on luy puisse offrir; e les sieurs de Bellegarde , de La Curée ladet , braves du cœur et de la main , de mesme résolution que luy, ayans esté à ceste exécution et bravement attu*
e le lundy dixiesme d'octobre l'ennemi deflBûct son pont, et s'estoit l'armée toute te dans le bourg Sainct-Martin et Gy- , à deux lieues de Casai , entre Valence jT. Âce que le mareschal fut soudain ad- 9 ils ont quelque opinion de paix ou de 3 : quoy estant , ce seroit à eux folie arder hors de propos beaucoup de gens, les tenans entr'eux pour asseuré que enx places et assez d'autres leur seront les ; ce qn'attendans ils veulent tascher Bmparer de tout le pals, afin que , s'il' dict que qui tient tienne , toutes nos s demeurassent sans point d'autres con- [ne leurs propres murailles , et par ainsi r discrétion assez indiscrelte.
premier novembre , le mareschal donna que les ennemis continuoient à la forti- )n de Sainct-Martîn , et à foire appeller, près et de loing , tous les villages et j^ades à leur jurer la fidélité ; mais que il l'autre ne Festonnera de gueres si Sa »té persévère en la volonté qu'elle luy a
mandé avoir de le renforcer d'hommes et dVgent devant qu'ils s'advancent. En ces entrefaictes il donna advis au roy que Cordignac y despité de ce que Sa Majesté l'avoit voulu priver de la charge de son agent en la Porte du Turc , s'estoit rangé au roy d'Espagne , auquel il avoit non seulement descouvert les secrets de Sa Majesté , mais promis aussi de luy foire avoir en main deux des meilleures places qu'elle eust en Italie , et qu'en faveur de ce il avoit esté appoincté de mil escus^d'estat par an au royaume de Naples.*
Que puis que M. de Cordes a 1a lieutenance de M. le connestable , et qu'elle a pourveu le neur du Peloux du gouvernement du Montdevis, où par provision il avoit mis le sieur de La Val , il supplie très-humblement Sa Majesté pourvoir ledit sieur de La Val de celuy de Saviglan , d'autant que c'est un gentil-homme des plus braves et des plus sages et modestes que il ait jamais gueres cognu , et qui en a depuis le commencement de ces guerres donné autant de mémorables preuves qu'autre qui soit , et qui mesme , par sa diligence , descouvrit n'agueres une trahison que La Trinité avoit dressée dans le Montdevis , les habitans duquel font grande instance à ce qu'il demeure avec eux , tant grande est l'amour qu'ils luy portent.
U ramentevra aussi à Sa Msyesté , comme il a desjà faict infinies fois , les sieurs de La Motte Gondrin , de Terrides , de Birague et Montbazin , tous lesquels , fidèlement servans comme ils font , méritent l'honneur et la recompense tant et tant de fois suppliée, la surceance de laquelle relasche le cœur des âmes généreuses, et ne tesmoigne que trop à chacun le peu de crédit du- mareschal à la beneficence et advancement de ceux qui servent soubs luy ; de quoy il se donneroit plus de patience qu'il ne foict pas, s*il estimoit que cela procedast du vouloir de Sa Majesté « et non de la puissance de ses emulateurs.
Que Dieu a tant voulu fovoriser les affaires du roy, que le vingt- neufviesme du passé fut descouvert une intelligence que les ennemis avoient dans Valence pour la surprendre , ou, à ce deffaut, pour foire enclouer Tartillerie et mettre le feu aux munitions, et le tout
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
par la menée de cinq ou six de iios propres soldats qui ont esté exécutés : c'est beaucoup d*avoir estouffc ce desordre ; mais il est à craindre que la pauvreté , dangereuse et inexorable maisti*esse , n eu di*esse d'autres en beavci^up de lieux , quelque diligence que le m9rescb;i|Ll puisse supporter au contraire.
fin ce temps l^e marescM fut adverty de bon Ueu que La Coujtiue , de la Mirandole , demie am^ de messieurs de Lorraine , avoij^ deu dire a Tuu de ses confidens amis que le roy estoit résolu de révoquer le mareschal du Piedmont et en donner le gouvernement à M. d'Aumall.e » le tout sur le londemem de plusieurs mauvais rapports faicts par ceste amc esgaréc du vidame de Chartres ; mais ce bon mareschal ne s estonna ny de Tua ny de Tauire , tant grande estoit la confiance qu'il avoit en sa propre vcr^u et probité , et eu laquelle probité se reposant par trop , il récent plus de fascheuses secousses qu'autrement il n'e^st pas faict , ne considérant pas qu'il n'y eut jamais de petits ennemis, et qu'en la cour des princes on joue toujours a boutc-hors, n'y ayant amitié que simulée parmy la plus grand*part des courtisans.
Que les ennt^mis , qui tenoient la campagne , fuisoient baster la fortification de Gaillany^ en intention de brider Yvrée et extorquer vingt et deux mil escus du BieUois.
Qu ils avoient mis garnison dans le chastcau Moucrovel , avec intention d'aller forlifier Roudissan , pour avoir le passage libre vers le BieUois et Masseran.
Fist entendre au roy que Montbazin , gouverneur dYvrée, luy avoit mandé que les ennemis avoient quelque entreprinse sur la ville, laquelle il ne pouvoit descoumr, et qu il venoit d'estre adverty qu'ils estaient embusqués en deux divers endroicts du cosié de la m<miagne ; qu'il avoit renforcé les gardes et mis dehors six cavaliers pour tascber de les recognoistre , sans toutesfois se descouvrir ni attaquer couibat ; qu'ils les avoient trouvés faisans desjà leur relraictc à l'onJeran et vers le Biellois \ que Le Figuerol estoit ccmramment veneu recognoistre le fort de Saglany , et laissé Gevarre pour y commander.
Sur la fin de février le mareschal eust nou-
velles que toutes lea forces qui, eskik le Ferrarois tournoient teste veif h mont; que de^à les Allemaas %qsUh vancés à l'estradellc , eu ^nfeirtiop 4f ner teste vera Cou^lemil|l^ , et piûs ye tifier Bassignave ; qu(^ les (venaolu^, | foire, dévoient premier troia c^w. nM et que do Naples il e&toû oativ^ ^ deux mil cinq c^ns caqiiites ^ pQ^dfa
fiOrsque rinconvenieot df^ Ce^tal qu'il avoit çscrit à, M. de Q.vigoan g lever et marcher les quaKe mil legîjQ de DaupUné , à quoy il ayoÂft Ofmfêi { acheminement , à ce qu'il a n;ian4ê -, m pour le parfaire il estoit b^esoin qu'it commandement de Sa MaîesJ^ et l'çi leur payement : sur quoy e^e çst i ordonner ce qu'elle jugera con^veiiab^ service.
Que pour rendre Sa Maj^eslé escl^ Testai de ses aOaii*es deçà Ws noonls, voye le sieur de Croz , sda ge«.til-b(Nau vaut, vers elle, bien îostrA^cl de tout s'en peut dire , au parsus c^ qu'il en et luy mesme aprins pendant le s^joi a faict eu Piedmont. Entre autres çtt luy représentera qu'au cas qu'il ne rei rien des traictés de pav^ , qi^* il es^ ej;p que Sa MajesUî buste ^ irenfurt àç^j de sa grâce asseur^ , et de si biea poj au payement d'iceluy et à ce qui e| deu aux anciennes trouppes.qui ^ûj^ ^ mont , qu'on puisse fructueusement ftsn Majesté, et non pus retourner aux anuesi ordi'es qui ont u'agueres cuidé renv^ lat ', qu'il recognoisl assez q^e qiipy qu ilii faire ou dire , que sa vertu n'est pa^assfi santé pour régler ni pour cond^ire\esa( à riieureuse fin qu'il désire, tout,ç4^4< dant , cemme il faict , de la bonne fortqi roy , de la qualité du temps , du ^ na et affection des personnes , et sur W^ bonne disposition que Dieu y a£(^t^ tant celuy entre les mains duquel tûolei ses sont , et notamment ce qui se diemesl le maniement des armes , et qui ne peut ces((! si juste et si raisonnable querelle prospère les desseins et intentions de S jesté , s'il on est requis de tel cœur el tion quil demande.
UYIE NEUVIEME.
dix-boictiesme novembre» Jlic^çHçu, j doient pour ell$ y gagnoient toiisjours le
*oeur de Courtemile , m^Mida au mares* lie Olivier Cappel , gouverneur de Fouur les Gennois avec le comte de Camevoient donné une escallade au petit fort îo y duquel ils avoient esté $i rudemeni; ^és , que vingt-cî^q bombes, et ^^ ^- » y estoient demeurées pour gages.
mareschal , estant acharné à la rnyne mauvais garnement de La Trinité , dei le sieur de Terrides avec grosses >es pour aller tout ravager es environs »an , rompre les moulins et destoumer sseaux, ce qui fut diligemment exécuté ; *a Trinité se pensant garantir , il ^uroH ortir quelques trouppes de cavalerie et itacins , €fm furent à la vue de luy fort lent repoussés, sans qu'il osast jamais
il y aun genlil-homme milanois qui lay K>së depids quinze jours de mettre , s*3 t, entre ses mains la ville et le chasteau earre ; qu^il en trotrvoît Texecntion fort si rennemi n'estoit aujourd'buy le plus
la campagne ; qu^encores en pourroitidre riia$ard si les gens de guerre es-
payés et habillés ; qu'en ceste consija il s*efforceroit de remettre la partie autre fois. ],'
se voyant reduict au dernier desespoir, 1 1 cependant entendu quecertaines âmes es avoient deu dire au conseil du roy voit esté porté en Piedmont beaucoup Urandes sommes que n*estoient celles
advouoit, que pour en faire recelé la fausseté il estoit contrainct me 'er à la cour avec tous les estats de reet despence en la présente année, et i*avoit expressément chargé de ne parfa cour sans luy apporter quelques soloyens sur les nécessités présentes et correction des impostures.
us aussi chargé de remonstrer que le [e Sauf ré a voit , au retour du siège de , eu ^09 cbastçau , qui estoit grand et et se3 meter^es bruslées, avec toute la tx ; qu1i avoit tousjours si bien et si jaeut servy, qu'il meritoit que Sa Ma~ jy fiist recognoistre que ceux qui per-
double.
Qu'il avoit fait casser deux compagnies fran« çoises de Pequigny, comme elle avoit commandé ; qu'il suppUoit Sa Majesté l'exempter du iugement, bon ou mauvais, qui devoit estre donné contre luy sur la perte de Uont-calvé , k cause qu'il estoit appai*enté parmy les plus grandes maisons de France, et tout de mesme du capitaine Pierre Longue sur celle du connestable.
Que le capitaine Studer, l'un des plosvail* lans de tous les Suisses , supplioit Sa Majesté vouloir recognoistre ses services d'une peu-sion de deux cens livres en Testât des li-» gués.
Que pendant qu'on fsict courir sur le thea« tre les intentions à paix ou trefve , que les ennemis , qui ont tousjours l'œil au guet , armoient en gros de tous costés , pour en l'na ou l'autre événement emporter Fadvantage , comme faict presque tousjours celuy qui se rend le premier maistre de la campagne , et que Sa Majesté faisant le contraire , c'est vo« lontairement et indignement tendre le dos aux coups et aux misères.
Que le treiziesme mars il escrmt au sieur Gonnort son frère (qu'il avoit précédemment envoyé en cour ) qu'il estoit désormais nécessaire que le roy print resolution d'estre le plus fort , d'autant que ceux qui se rendoient tels de bonne heure avoient le courage et la main tousjours levées pour s'en faire croire par les foibles , comme Sa Majesté le vouloit estre à leur ruyne , puisque toutes les pro-« messes sur l'accélération du secours n'engendreroient que ^du vent et du mespris, tousjours dangereux sur les traictés de paix.
Qu'il ne sçait qui a poussé le comte de Beines à le prier de luy faire tomber en maia le gouvernement de Quiers , auquel il est mal propre pour deux raisons : la première , parce que la conservation de sa propre place luy donne assez d'occupation , et l'autre , que son naturel , ores que bon et fidelle , mais poisant à la main, n'est guieres propre à manier ua tel peuple, priant le sieur de Gonnort trou^ ver moyen que le roy le descharge doucement de ceste demande, et qu'il me renvoyast diligemment vers luy avec les provi-