LIVRE
' Biesnrëes au pied de Tasseurance que Sa Ma- - Jesié peut concevoir de ces pourparlers de paix ou trefve, et selon cela envoyer ou reserver ce renfort pour la prochaine prime- Tere ; car alors , la {{uerre continuant , il sera très-nécessaire de renforcer les armes , tant pour faire la récolte que pour la faire , bongré mal-gré, porter dans les villes, où les manans de la campagne en viendront prendre de mois en mois , et en détail , pour leur provision , et puis en bloc ce qu'il faudra pour semer , comme aussi pour conjoinctement délivrer Casai et Valence , dans lesquelles les vivres ne sont aujourd^huy gueres abondans. I Quant à ce que Sa Majesté désire sçavoir Celles sont aujourd^huy les forces du Piedmont y tant en gendarmerie , cavalerie , que fiinterie^ c*est chose qui ne peut estre fidellement recogneue que par une monstre générale , qu'on n'a pas moyen de faire , comme aussi parce que , selon la crainte des remue- ' mens de Tennemi , et les uns et les autres ? ont tantost couru d'un costé et tantost de
.' Tautre , comme ils font encores aujourd'huy; # et neantmoins , pour à peu près donner en ^ eest endroict à Sa Majesté le contentement - qu'elle désire , le mareschal en a faict dresser un estât par estimation , qui luy sera rer présenté par le sieur de Croz.
\ ' Que puis peu de jours M. le comte de !y Tende luy avoit mandé qu'il vouloit passer en Piedmont avec telles forces qu'il pourroit entreprendre de fortifier le bourg de Sainct- Dalmas qui assiegeroit Cony, pourveu que le mareschal se contentast qu'il demeurast de la dépendance de son gouvernement : à quoy il luy auroit respondu que non seulement il ra estoit content , mais qu'aussi il envoyeroit de ce costé-là M. le duc de Somme , avec quelques trouppes , pour seconder ceste hon< Dorable intention sienne; mais onc puis on n^a eu nouvelles de luy, qui s'est peut-estre contenté d'avoir reprins les fidélités que ses sobjects avoient faictes aux ennemis lors du voyage qu'ils firent à Cony, et pour son particulier quitté ce qui regardoit Testât.
Que le duc de Somme , ne l'ayant trouvé , se promena par les valées qui descendent en Dauphiné et Provence , de toutes lesquelles il auroit reprins les fidélités , et puis fait