LIVRE ONZIÈME
e la vérité rejailliront conlr'eux , a leur 8 et à sa gloire.
, comme un mal est presque tousjours asequence et la suille d'un autre , le raaal eust bientosl après encor une autre le qui le Tascha autant que nulle des îdentes ; c'est que le général Coyffier , nt de la cour, donna advîs audict d que M. d'Ampville avoit quelque ontentement du mareschal : luy , pour îsclaircir , alla visiter ledit sieur djAmpde la part du mareschal ; mais , l'ayant é plus froid et plus retenu que de ume , il luy dit qu'il avoit entre ouy avoit quelque mesconlentement de son re , duquel toutesfois il avoit commannt de s'adresser à luy pour les plus Is affaires , le tenant pour son plus asami. D'Ampville, qui avoit le cœur , luy dit lors : « J'ay toujours esté et tel , c'est pourquoy j'ai trouvé estrange 1 parlant du gouvernement de Piedmont dit : Que sera-ce? et bien M. d'Ampville revenir de deçà pour me lever le siège , 16 s'il eust voulu inférer qu'il aymoit c qu'un autre que moy l'eust à son re- Billiad, partant de la main, luy repli- « Avez-vous desjà oublié , monsieur , ié et rintelligence qu'en partant vous es l'un à l'autre , et de ne jamais escoulose quelconque qui peust altérer ceste é ? et vous estes toutesfois celuy qui le s contre celuy qui a esté vostre capi- , qui mesrae vous aime et chérit comme comme son plus cher ami , et dont il oit accorder premier qu'entrer en la nce toute entière, comme vous avez et sur des soupçons non recevables.
m seigneur vostre parent estoit assez de tous costés, sans y apporter ceste irge, en considérant, comme il eust faicl esme pour le regard de vous , qu il ad assez souvent qu'on tient des propos et aroUes à bonne intention , lesquelles , hors des familiers devis , sont souvent ieusement interprétées, comme à ce ont esté les siennes : et devant que par- Piedmont vous sçaviez assez que ce le places que le roy y retenoit ne ly reroient jamais } il est à croire qu'il eust
mieux aimé de s'en courtoisement deflairé en vos mains qu'en celles de tout tant de gens qui le briguent aujourd'huy. D'advantage, si telle estoit vostre volonté , n'advouerez-vous pas que vous luy avez faict tort de ne vous en descouvrir à luy ? » D'Ampville respondit qu'il l'eust ainsi faict si le mareschal n'eust creu, comme on dict qu'il faisoit , qu'il avoit fovorisé le vidame xle Chartres contre luy ; d'Ampville ajouta que tant s'en faloit qu'il l'eust ainsi faict , que par le contraire il avoit retiré de la main d'un capitaiue du vidame quelques fascheux mémoires qu'il avoit dressés contre luy ; tant y a qu'il n avoit jamais tant rien désiré que l'amitié du mareschal , auquel il rendroit tousjours honneur et service , et qu'en ceste intention il le conseilloit de s'en revenir en France le plostost qu'il pourroit , pour renverser beaucoup de fascheux propos et de mauvais offices qu'on dressoit contre luy, et à tort, ainsi qu'il feroit recognoistre au connestable son père. • « Le mareschal de Brissac , gouverneur et lieutenant pour le roy en Piedmont , a esté adverti qne depuis la paix, il y a eu quelques uns qui se sont voulu efforcer d'apporter du soupçon et de l'ombrage sur la candeur de ses actions au service de Sa Majesté , pour desquels se discoulper il avoit esté contraint depescher en cour le sieur Montbazon, chargé de faire à Sa Majesté ces remonstrances : à sçavoir , qu'il avoit toujours creu que le prince , qui est l'image de Dieu en terre par la pureté et grandeur de ses jugemens , devoit rejetter les calomnies pleines de caquets, de malice et non de preuves , mesmes estans au préjudice de ceux dont la foy, la dévotion et la fidélité avoient tant et tant de fois esté esprouvées, comme la sienne, en toutes sortes d'actions tant civiles que militaires , et parmi lesquelles il y a en des faicts d'eux mesmes si recommandables, que la porte ne devroit cstre indifféremment ouverte, comme elle est aujourd'huy, àun tas de gens qui sçavent mieux mesdire que bien faire ; et encores que ce soit , selon aucuns , action de singulière prudence et de sagesse , de plustost dissimuler que contester contre telles racailles de gens, lesquelles , comme vessies , ne sont enflées que de vent et de inalice , toutesfois le ma«
MÉMOIRES DE BOITIN DU VILLARS-
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resclial , comme jaloux de son lioiincur qu il préfère à sa vie , ne veut fuir la lice , ainsau contraire se représenter sur les raups bravement armé de la pureté , de la conscience et de la propre gloire que les armes et sa trèsliumbie Cl fideile dévotion au service de Sa Majesté ont acquise ; et ({u'enfin il eust mieux valu |>our luy d'estre tombé sur les picques de ses ennemis que d'estre tousjours ballotté et censuré par ses emulatoui^s.
» Sera donc Sa Majesté trcs-humblement suppliée d'envoyer commissaires exprès en Piedmont pour informer sur la candeur ou la laideur de ses actions, pnur après esire jugées tant par elle que par tout son conseil , ou par les mesmes pairs de France , avec intention et resolution toutesftûs , et dès maintenant ainsi arrestée , que celuy (|ui aura mesdict et accusé à tort, et quel qifil soit, sera mulcté des mesmes peines que meriieroit celuy qui est justement accusé.
t' Dira qu il n*y a rien do plus vray que le mareschal a mis durant ces guerres plusieurs charges et impositions sur le puis par Fadvis du cims^'il d'eslat résident près lic luy, et que les peuples ont eu assez d'occasion de s'en plaindre ; mais il est question de recognoistre , mieux qu'on ne veut pas faire aujourd*huy , a qui la coulpc doit en estre attribuée, et au profit de qui elle eust esté employée.
» Le rov ne secourant le mareschal selon Turgence des nécessités que le service de Sa Majesté l'equeroit^ fut conirainct, comme il luy donna souvent advis, de mettre par imposition le payement de quatre compagnies de cavalerie et de quinze enseignes de gens de pied , dont les trésoriers de terre et ceux de la cavalerie ont eu le maniement.
» Que Sa Majesté n'ayant jamais tenu compte , pour instances que le mareschal luy ait sceu faire , de luv <lonner l'entretenemeut de deux ou trois cens chevaux d'ailillerie , ni deniers pour Tequipage des vivres, pour les pionniers , pour les fortifications , ni pour les parties inopinées, qui sont toutes choses, ou , pour mieux dire , nécessités qui se renouvellent tous les jours aux armées, soit pour les conserver ou pour conquérir, comme
M ;i faicl, et si avant, qu'au lieu de cinq [tes les forteresses qui doivent estre
ou six places que Sa Majesté tenoit jadis a Piedmont, elle en tenoit le jour de la pu plus de trente , sans quarante assez bons dosteaux ; et ne se trouvera , a qui voudra calculer de près, que pour les uns ni poarki autres , et tout réduit en blot , que jamaii a tout le cours de dix années de gœire qv Sa Majesté ait envoyé cinquante mil esos pour fournir à toutes ces parties , lesquelei toutesfois d*une sorte ou d*autre en ont coali plus de quatre à cinq cens mil , sans que r» pargne y ait rien contribué. Les controolleurs et les thresoriers ont manf^é lesdeaim de ces despences ; ils en ont deu rendre coi^ te; s'ils ne l'ont faict et s'ils ont mal vené, que Sa Majesté les face chastier, et les partisans , gouveraeurs et capitaines des villes a chasteaux aussi , si ouvertement ou àcoinat ils ont faict quelque élection ou autre acteqa cncrite correction, n'estant au mareschal i respondre de leur vie , n'ayant que trop d*rffaire à manier le juste tymon de la sicone.
» Plaira à Sa Majesté commander à sieui's les secrétaires d'estat de revoir Ies(k* pesches et les commandemens rigonreo»ment faicts au mareschal pour se prevallÉ du pals sur les deflectuosités dont il ne p» voit estre secouru par Sa Majesté ; sera aM trouvé qu'elle luy fit donner pour 9Sfâ comptant une imposition de trois cens il escus, inventée assez inconsidérément pirli président Bailly, de laquelle toutesfois , f»pée au poing, on ne aceut jamais tirer qa cent vingt mil livres , comme font fby kl comptes de l'extraordinaire des guerres : M s' estant reclamé on luy auroit fbrt rudeofll mandé qu'il en fist comme il voudroit,M qu'il n*auroit autre cliose. Qu'estoit il dott do faire se trouvant court de deux cens cliquante mil escus P devoit il laisser tout perdre , ou sauver le païs par le propre secM et impositions du pais , comme il afaicti<l plustost augmenté que diminué Testât, it souvenant de ce qui luy a esté si 80BI# mandé , que rien n'estoit mauvais eslaH ^ cessaire , comme a esté ce qu'il a fiiict?
» Le roy commande maintenant fort pressement que , toutes choses postposéflb le mareschal k\cc diligemment desmolir