‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 186 sur 224 · LITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

LITRE ONZIEME

ainsi exécute ( avec un extrême regret toutes* fois) , à cause que c'est l'œuvre entier de ses mains et de ses labeurs , par la commodité de laquelle beaucoup d'honnorables executiens militaires avoient esté glorieusement mises à fin ; que si Le Goconat arrivoit de la part de M. de Savoye , comme du Plessis Tavoit asseuré , que toutes choses se disposeroient à leur fin ; que cependant Sa Majesté sçaura s'il plaist qu'au préjudice de Taccord faict avec ce prince pour le payement des contributions jusqu'au jour de la restitution , que ses ofiiciers ont faict par dessous mam commander aux peuples de n'en rien faire ; que le duc de Mantoue a faict faire de mesme dans le Montferrat, et parce que si cela devoit avoir lieu , ce seroit réduire les affaires au dernier période d'un dangereux desespoir, le mareschal a résolu de faire semblant de ne rien sçavohr de tout cecy , et de ne laisser cependant de s'en faire croire , sans toutesfois rien excéder dont ces princes se puissent plaindre.

Le duc de Sesse , sur un fondement incogneu pour encores , tient es environs de Casai presque toutes les mesmes trouppes qui Tassiegeoient cy-devant, empeschaut (coiivcrtement par ce moyen ) le cours des vivres , le payement des contributions , et le recouvrement des p'onniers pour advancer les démolitions; qu'il a prié ie duc de Sesse de changer ces façons de faire , et au plustost, sinon qu'il s'aidera des mesmes instrumens avec lesquels il a assez souvent faict rudement reculer les Espagnols , et n'entrer aussi jamais dans la restitution de Casai que les contributions n'ayent esté entièrement payées et la forteresse démolie.

Dans les lettres que du Plessis apporta au mareschal de la part du roy, et par addition, il y avoit qu'il se gardust, pour quelque occasion ou prétexte que ce soit , de toucher aux denit'i s ((ui sont envoyés pour donner deux mois eniifrs aux François et aux Italiensqui doivent ostre licentiés. Cela l'ayant mis en quelques altères, il uiamla à Sa Aîajesté, par le mesuie du Plessis, que (juand Testât se devroit renverser sens dessus dessous , q lis au elle le veut , ainsi

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

nîstre s*advance ou se recule en ces obéissances, selon la nécessité et la repentineté des accidens, à l'exemple du sage médecin qui change les medicamens selon la variété que faict la maladie ; et qu'à le bien prendre, ce n*est pas tout que le prince commande , il faut aus«i prendre garde que ses commandemens soyent tels , qu'au lieu d'en tirer le profit qu*on esperoit qu'on ne s*enveloppe plus avant dans le propre mal qu*on Touloit fuir.

Qu'il a faict voir aodict du Plessis toutes les places qui ont desjà esté démolies , à fin qu'il en puisse faire à Sa Majesté rapport plus certain : -.

La citadelle d^Avigliane est abatne.'

Montcalier a deux bastions abattus (on est après les autres).

Saviglan est de mesme.

Yvrée , tout ce qui avoit esté faict par les roys est abatu.

Santia , selon le commandement de Sa Majesté , demeurera tel qu'il est. .

Valence fort advancée.

Casai de mesme (on poursuit Tun et Tautre).

Verrue toute abatue.

Sainct-Damian desjà demi abatu.

Albe de mesme.

Cairas fort advancé.'

Geve toute renversée.

Courtemile de mesme.*'

Montdevis , tout ce que les roys y ont faict

* faire est abatu.

La Roque de Baux , Sainct-Alban et Sainct-

* Michel, abatus.

LaCisterne (il n*y sera touché, parce que

c*est un fief du Sainct Siège). .

Busqué abatue.

Villefrancbe abatue.

Verroleins abatu.

On travaille à la retraicte de rartillerie , mais par faute de moyens on n'advance gaieres \ celle de Valence est remontée par le Pau jusqu'à Thurin.

Celles de Santia et] d*Yvrée sont desjà à Chivas.

I^ vente des munitions , non de l'artillerie , mais des vivres de ces places esloignées de

Thurin, ont esté vendues pour aider les de- seter, qu'ils apprendront à garder ooe h:

molitions et la conduicle de rartilent jas compte sera tenu au profia de Sa li^

Environ le 5 juillet, il coorm de lais tgç. tés un bruict sourd que le roy, coana: <kA les lices , avoit esté blessé à mort par le ci^» de Montgomeri : ce qui apporta ao mti,:j et à tous les autres serviteurs de Sa H»^ des regrets et des desplaisirs qui fmm «e plustost considérés que exprimés, lu uè^ tude et variété des afiaires qui se thic^ lors considérée. Tandis que ceste mmmt^ angoissoit le monde , le connestible doiu». vis au mareschal de ceste blessure, b de^ gnisant à peu de chose , et dont le secoed^ pareil donneroit lumière certaine. A co^ nouvelle , prières , oraisons et pncesr« publiques furent foictes pour lagvrisoiei conservation du prince. Le marescU, mtesfois, estimant que le contrecoDpdebliBte et dans Toeil , avoit faict plus lourde ei ^ dangereuse bresche qu^on n*e8cri?oit ^^ depescha soudain un courier exprès i Ml* connestable , le suppliant loy mander fon » vertement à quels termes les choses mm redttictes , à fin qn*en cas si dangereux et » repentin qu^estoit celuy là, il penst redvp Testât en telle assenrance qnH ne peasiooi rir fortune, pendant que Dieu rtsfohi ses grâces et ses bénédictions mttk prince. En ces transes , le maresdal )^. d'autruy par soy mesme , tenant pour m asseuré qu*à ces tristes nonvelies ks Etjagnols se jetteroient sur les armes, posr $? couvrir desquelles il commanda soiuÛi ui gens de guerre de se tenir alertes et defiit si bonnes gardes , que les lyoas et les renards qui les guetteroient ne les poses entamer : tout d*un train , il soppln le tft nestable de n'intermettre Tenvaydesdes!^ pour les payemens et licentiemens des ^ de guerre, et qu^il les feroit oo reserr^oi distribuer, selon ce que la maladie on lasib du roy luy conseilleroient.

Que les Milanois , Piedmontois , Mostfam et Gennois, à Todeur de ce nudheur, m voulu payer les contributions , et que ksis et les autres ayans levé les armes posr i^ garantir , qu*il les a faict si bien espco-

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