‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 194 sur 224 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

la''gendarmerie et 'des ofiiciers', il prévoit qu'il en adviendroit quelque grand inconvénient au préjudice du service de Sa Majesté.

Qu'il faloit pourvoir d'une assignation arrestée pour la cour de parlement et chambre des comptes, en attendant que Sa Majesté les pourvoye d'autres estats , comme elle a de sa grâce promis faire.

Qu'il plaise au roy commander des patentes générales sur la restitution faite des terres du Montferrat , à sçavoir Casai , Albe , Sainct-Damian et Valence, et une particulière pour M. de La Motte Gondrin , conune il a cy devant mandé.

Commander aux sieurs de Terrides , de Gondrin et Montbazin , de retourner en leurs gouvememens , et aussi de mesme aux capitaines retenus.

Supplia que la réduction de la gendarmerie ne s'estende point sur sa compagnie, qui a servi dix ans sans intervalle ny rafraischissementy et lesquelles réductions ne passèrent jamais jusqu'aux mareschaux de France , qui ont commandement sur la gendarmerie , n'estant raisonnable que les capitaines soient mieux traictés que le gênerai.

La forme de la justice pour les cinq places a desjà esté envoyée , mais non les patentes nécessaires ny l'ordre de leurs payemens.

Commander que les capitaines Muz , de Bertheville , Mantin , l'isle sergent majeur , et Merevis ,' des plus anciens , vaillans et expérimentés capitaines qui ayent jamais esté en Piedmont , soient réintégrés en leurs charges, et non pas postposés à ceux qui ont plus de faveur et moins de mérite ; autrement ce seroit faire tort au tesmoignage qu'il en avoit rendu par le propre commandement de Sa Majesté , et leur donner aussi peu de courage de servir une autre fois.

Commander la confirmation de la terre de Calmet , que les feus rois ont donné au siem* de Caillac , et que son entretenement soit couché en Testât de l'extraordinaire , où il a esté oublié , et pareillement celuy du sieur du Plessis , intendant des finances.

Sçavoir si les capitaines des chasteaux de Carmagnolles et Ravel lairnmt emi Ludovic de Birague , gonvenv sat , dans leurs places to

MÉMOIRES DE BOÏVIN DU VILLARS

dequoy je ne veux taire que puis qu'ainsi ] venable. Etde foict, toul ainsi qu'il avohpnque le mareschal avoit souverainement commandé au marquisat de Saluées , quoy que conjoint au Dauphiné dont le duc de Guise avoit la lieulenance générale , que c'est une action di{][ne de luy, et de rafleclion du marescbal à son service , do n'en pourvoir Birague que par le refus de luy, qui n'en sceut jamais rien qu'eu le voyant arriver les depesches au poiuf; : ce fut un acte et de mespris et de peu d*amitié envers celuy sous lequel il avoit quelquefois este à la {guerre; dont s'estant plainct , les excuses furent grandes et konnesles , mais non pas satisfactions. Et puis ndorcz ces princes , et vous serez du guet.

Que le capitaine Mantin , qui commande à Carmagnolles , luy cscrit qu'il a esté fnict deflence , de la part de M. de Savoye , à tous ses subjccts qui sont environs de ladicte place , de n*y porter vivres quels qu'ils soient; s'il a fait coste deflence pour ceste cy, et sur laquelle il n a que prétendre , il est à croire qu'il fera encore ))is contre les autres , mesnageant au rebours de ce qu'il devrait les grandes grâces qu*il a receues de Sa Majesté.

Finalement qu'en ne voyant provision convenable à toutes ces particularités, il aimoit mieux se retirer d'heure que de demeurer tousjours exposé à tant et tant d'inconveniens qu'il provoyoit, et dans lesquels il voyoii assez qu'on le vouloit envelopper, pour infirmer et obscurcir ce peu de gloire et de réputation ((u'il avoit acquise parmy le sang et les hasards, et de laquelle il ne vouloit faire si bon marché ; là où , par le contraire , en diligemment pourvoyant , non à un ou deux de ces articles, ains à tous, et au plustost , qu'il donueroit encores , et très-volontiers , le reste de ses vieux jours à Sa Majesté, laquelle il supplioit très-humblement se souvenir que tout le bien faict qu'il avoit jomaisreceudu roy son pore, de très- glorieuse mémoire , c'ostoit la gabelle du l^iodmont , qui valoit quinze mille livres par an , et delà quelle il demeuroit privé par la restitution du Piedmoiit, n'en ayant touiesfois jamais joiiy que deux ans seulement , et à quoy son plaisir sera avoir tel regard qu'il luy plaira , s'en

dit, on ne se soucia guieres despiiis de feire à pas un de ces articles , et moins à ce qui regardoit les vivres , dont le cardiatt hit avoit si expressément escrit; de m&niere ^ force luy fut , le premier d'octobn», d'ewrin à monseigneur de Guise que , pais qu'aitti estoit que toutes les instances qu'il avoildi^ versement faites, et par lettres et par p»sonnes expresses, n'avoient depuis deux i^il sceu obtenir aucun solide règlement vtt II faict des assignations , et qu'c^stant dans fe mesme mois n'en avoit toutcsfois noovfitcf aucunes, qu'il estoit désormais redoit atf bout de son sens et au dernier potnel de h patience , n'ayant moyen de trouver un seil denier en Piedmont , ayant piera poor a faict employé sa vaisselle d*argent , soo ci«dit et ses amis, et qn*aulieude luy eosçam quelque gré et de l'en bien troicter , os ta soit aujourd'buy tout le contraire ; que m qui le regardoit en particulier, et sa w mesme , estoit fort peu de chose , au priiik Tevident hasard ou l'on avoit rednict toat ce que Sa Majesté tenoit deçà» les monts , a^ sept ou huit pièces d'artillerie , et la mesN réputation et honneur aussi, qui estoit le pis: que d'estimer que dans les villes on pmi, par engagement mesmes , trouver us va denier , (fue c'estoit se tromper tout àesciff*: qu'à ceste misère s'adjoustoyent ans» if> deOenccs faites par les miiHstres de X. <fe Savoye, de porter vivres dans les cinq tIIK sur lesquelles , pour rendre Teflect àt b dcITensc plus couvert on plus violent, oty avoit mis tant et tant de péages, que ce4|«iM souloit couster qu'un teston revenoit mtiil^ nant à un eseu; qu'il l'avoit souvent praiii. mais qu'on n*en avoit jamais tenu compte: qu'il esiimoil que M. de Suxe n'avoit hfUt de volonté pour remédier à ces nuiseres ; odk qu'il eroyoit que le cardinal estoit pIirtsDH gnoiix de serrer que d'ouvrir les comTOf» de la bourse du roy ; et qu*en si daogfMt affaires, il ne faloit pas jetter le mMfk après la coignce ; et en fin qu'il troavoitiiirt estran/;e qu'ayant de tout temps esté si Avotioux serviteur de sa maison, qfie8es6ifplirations, si souvent répétées, ne flMHl

remettant du tout à ce qu'elle jugeroii con- | en rien que ce soit exaucées, so VnkOâ

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