LIVRE DOUZIESME
Adverlissenijcnt du roy à M. Icniaresclial de Brissac louchant ,1e dace du teatouqui «a levoît en Piedmont .— Dytffe de Coconat, niaistrc des comptes , par M. de Savoye h Sa Majesté.— Lettre de M. le niarescbal à M. de Savogre.-u K^yne , uere da roy, mande à M. te nareadial'quVUe Isy faict resenrer le goQienieiiieBt de Picaidie« r^iyt aiosi persuadé à sou Ois après la remise qu'en avoit faicle M. radmiral. — M. le inareschel depescbe leiwg^e Cigongnes ters Sa Majesté. — Le roy renvoie le secrétaire fiuzé avec provision. — Le toy mande an Mif hl le leglcment qn*a^-eit faict son coôseil pour les finances. <— Advia du doc de Cniae au nuveechel do sno^ et la conspiration d'Amboise.— M. lemaresclialdouneadTisau roy que les luthériens avoient adresaé des sedilÎMi contre Sa Majesté et son estât. — M. le niares€*iial advertit le roy de Tarrivée de M. de Bonrdillon aoo saeeei> ■eor, et depuis inareschal de France , auquel il remet son goQTemeraent. — Acte pieux et lieffoli|ae de M. k marcschal de Brissac après sou retour a la cour. — Traiclé de paix en Tan 1550. — JPouToir de II. de Cm» '«près la bataille de Soiiict-Laurcns. - Patenlcsdn roy. - Patentes de M. de Savoye. — Patentes da duc de Initone sur le bontraîctemeiit qu'il promet fiiire à tons ses snbjects qui ont servy le roy.
Db douziesme janvier 1560 , le roy fist sçaivoîr aa mareschal que les ministres de M. de Savoye maintenoîent que le dace du teston qni se levoit en Piedmont n'estoit point chose nouvelle , ains permise et imposée il y a plus de trente ans. Sur(|uoy il manda a Sa Majesté qu*il n*eust jamais creu qu ils eussent esté si impudens (soit dict avec la révérence de Sa Majesté) de maintenir chose si fausse que ceste-là , comme les subséquentes raisons ne veriiieront que trop.
Durant les guerres d^entre Tempereur et le féu roy François, de tres-glorieuse mémoire, les lieutenans généraux de ce prince levèrent quelque imposition sur les marchandises qui sorioienC non seulement des terres du duc , mais aussi de la duché de Milan et du Montfcrrat , pour ostre portées daus les terres fVançoises» dont le bureau se tenoilàCrescentin ; à sçavoir : pour celles qui se portoient par le Pau à Valence , pour estre portées en Italie, et non dans le pays dudict duc , laquelle exaction estoit limitée à un toston pour charge ; mais on tout cela les vivres n'y estoient aucunement comprins. Cest aussi chose contraire à la inesme vérité , que le feu roy François Teust jamais faici lever à Crescentin , qu'il tenoit lors, ny ailleurs, et moius encores qu'il ait jamais eu cours durant ces dernières guerres, pendant lesquelles, pour n inierrompre le cours des marchandises , et n'incommoder les provinces, et mêmes celles qui vont à Lyon , il fui convenu , entre le sieur
domp Ferrand de Gonzagne e€ le noMMbl.
que chacun de son cosié depuceroit 4en fc^ sonnages , lesquels , en faveur d*iui passeport gênerai , que chacun feroit de son cMé , p*seroient librement et quictement , en pfUt à cenx-cy un certain salaire qw seroit lÛÉi et dont ils rendroient à leurs saperieors im mil escus par an ; et de faict , d'aanée i astre, il avoit esté affermé tantost plus, laiM moins , au profit du roy , conne verifenit les comptes des trésoriers des parties candies et la mesme coppie du sauf-coadoit ^ est maintenant envoyée.
Quant à Tautre poinct que mettent en amit lesdicts ministres, que ce dace n'a maiiCenant esté levé qu'aux mesmes lieux oà il k levoit devant la paix, c'est une eUbatm trop évidente, et qui se vérifie par lesiafkrmations qui ont esté diversement prinses , et par les mêmes patentes aussi que M. de Masin a luy mesme depescliées , par lesquelles, en mots exprès , il ordonna que , pourlieoBmodilé des aflaires de M. de Guise, il Teot qu'il soit indifféremment levé par tous les aotrcs lieux où il ne se souloit pas lever. La levée qu'en faisoient jadis les impériaux estoit seulement sur ce qui vcnoit d'abas de la jsrjsdiction impériale tirant en haut vers ceb du Piedmont; etceux-cv, au contraire. k veulent tirer de ce qui sot*t du Piedmont d va cubas, et aussi au marquisat et dansbs cinq places ; l'esten Jant , ce qui ne fut jaM sur toutes sortes de vivres^ fourrages, et j«-
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qu'aux chaiTeliers de bois, et, pour ce fcdre, mis commissaires à deux mil pas de chacune forteresse pour Texiger : de croire que ce soit rioteation de M. de Savoyc, il ne le fit jamais, et Ijiieii croit- il que ce Sioiem d^s traicts de la haine et de I9 passion espagnole dodict ûeur de Sfasia , qu'il n'a encor quictée , et lequel , au lieu ci^ spustenir le mal qu il a faict assez inconsidérément, 1q devroit corriger par sa propre restitution de ce qui a desjà esté levé , et non pas în^ustemejaf accuser ce^ luy qui n'a esté que trop patient et respectueux, et qui ne cherche, comme luy, les chemins esgarés : pour à quoy remédier il n'y 9 autre expédient que de traire une ample déclaration , par laquelle il soit dict que toutes les terres , pays et jurisdictions du roy , seront à jamais exemptes de ce dace , et par mots exprès sur toutes sortes de vivres et lourrages qui y ^sont aportés , et de laport desquels liberté est donnée à tous les subjects à monseigneur de Savoye , auquel la restrincliop du finage n a esté accordée que par grâce , et hors l'intention que les terres de Sa Ifayesté en fussent travaillées et à demy assiégées comme elles sont.
Que pour encores mieux travailler leshabitans des cinq places, ils ont maintenant trouvé une autre invention : c'est qu'ils veulent que lous ceux d'entre eux qui auront des biens hors l'enceinte du mil de finage , les voysent enregisu^r es mains des commissaires à ce députés , à fin de les cottiser pour la taille et autres charges dont le pays est travaillé , chose qui ne peut subsister, pour autant que les habitans des cinq villes sont chargés du logis des gens de guerre, et de la fourniture des utencilles , à quoy ceux du dehors ne participent plus comme ils souloient faire; de 0ianiere que si cela avoit lieu , chacun seroit contrainct de des-hubiter, ne pouvant tous en un temps servir et contribuer à deux divers princes; et , qui est le pis, ce seroit, en ce cas , charger Sa Majesté desdictes fournitures, qui reviendroient à plus de trente mil escus par an ; qu'il faloit que la grâce que ce prince avoit reçeue du roy sentist de tous costés su grâce , et non une forme de prison au préjudice de celuy mesmc qui Ta conférée , et pur |e conseil , non de luy , mais de ceux qui ne