‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 21 sur 224 · UM · texte numérisé non relu

UM

I. Si les Aoglois et l'empereur se fussent enleodas, ils inettoient en mauvais estât hnuce. L'empereur à Ghasteau Thierry, ■r les deux diemios , résout sa retraicte par tmiam , fien par luy dès long temps preme- Aé. Le nj , sçachant la prise de Bolongne pirri^glois, envoyé M. d'AnnebauIt à lempour la paix désirée des deux paris ; penaoit avoir beaucoup fait de sau- TOjmune » et l'empereur son armée ée. Le roy en fut adverly ; mais son sang k ffcfiroidy de vieillesse et fortune passée. Ia pu te iait : Tiin se contente de paroles , rvtte dTci donner. L'empereur continue ses wûBim, promet Milan , sa fille ou sa niepce ilLdlMeans, dansbuict mois; se reserve da duché jusques à ce qu'il y de ce mariage , et le roy devoit le Piedmont Incontinent Sa Biajesté sept villes, partie du Luxembourg; en rend un tiers moins , résolu de de Milan. Le roy feintne le cognoistre; saool de la guerre , se contente d'estre Hapé.

IdM iê M. de KiUefrancon , frère du iieur i» Tmemmmêt, à un de iei amis, eur la êortie i$remfer9ur, par laquelle paroitt la peur iêCÊUM de Paris.

KÈGNE DE FRANÇOIS L

mon compagnon , pour satisfaire i TOitre désir , je vous diray qu'au partir du camp de Jaillon , voyant que Tempereur s'en iBoillediemin de Paris , nous dressasmcs la tttte de nostrc camp droict à Brye-Comte- Eobert.poor estre au devant de luy. Et esloit BOitre deUberation (s'il fust marché plus avant) qoe nous allions camper au pont de Chareaum, et de là au marché aux pour^ eeanz , oà l'on s'estoit fortifié un camp. Et etfoic la ville si espouvantéc , qu'il n'y avoit demenré que bien peu de gens ; et sans que le roy y alla , je croy qu'il n'y fust demeuré personne. Selon qu'il se disoit que Tempe- Kv venoit à Paris , M. le dauphin manda an roy qa il seroit bon d'envoyer quérir M. le connestable pour mettre dans Paris : le roy le trouva fort mauvais , et envoya qnerir M. d'Orléans pour aller audict Paris ,

•Jeqnel y aUa en poste, et je demeuray au

camp. Pendant cela l'empereur marcha droict à Ghasteau Thierry , où ses gens ont beaucoup gagné, car l'on n'a voit rien retiré ; et en faisant ce chemin l'on traictoit tousjours la paix , et estoit à accorder des otages. Et ce qui dîlTeroit de passer outre, estoit à ce que ses gens fissent leur profict. Toutesfois il fut défendu de ne rien brusler; et n'a-on pas bruslé en tout six ou sept villages. De Ghasteau Tliierry il dressa son chemin droict à Soissons^ où il a séjourné trois jours; et là fut faicte la resolution de la paix, la ville ayant esté auparavant pillée ; et n'avoit le peuple rien tiré; ils ont faictde grands butins. Et fust mandé M. d'Orléans pour venir trouver l'empereur audict Soissons. Et partit ledict seigneur de Paris en poste y et me manda au camp que je l'alkisse trouver à Villiers Gouterests ; et y arrivasmes jeudy au soir; et le lundy, en poste, nous vinsmes disner audict Soissons. Et en estoit dcslogé l'empereur, et estoit à Nicy. Passasmes nos chevaux de poste fort las et vinsmes audict Nicy, où le vice-roy nous vint au devant avec un roy d'armes et vingt et cinq chevaux, et dict à Monsieur que l'empereur estoit délogé , et qu'il alloit coucher ù Grespy en Launois , à trois lieues de là. L'admirai vint aussi au devant , et presta une haquenée à Monteur. Et nous sur nos aridelles par les chemins rencontrasmes l'arriére garde de l'empereur ; et y avoit trois fois plus de bagage que nous n'en avions i en grand desordre. Si nous eussions rien valu, nous en avions grand marché, car son armée estoit fort diminuée ; et n'y avoit pas en tout vingt mil hommes, accompagnes de quatre à cinq mil chevaux. A nostre arrivée à Grespy, l'empereur vint au devant de M. d'Orléans jusques à la porte de son logis , et luy fit un grand bon recueil , et le mena en sa chambre , où ils parlèrent longuement ensemble ; et le logea en une chambre près de la sienne ; et emmena mondict seigneur jusques en sa chambre pour le faire dehouscr ; et fut servy de la cuisine de l'empereur ce soir là , comme il a tousjours esté jusques à maintenant

• ]>£ YULLEFRAKCOll. •

IM

Les boaruft itesbyés se peurent en trois ■cpiBaiaea aceomnioder , pour s'empescher d^estra emportés d'emblée et contraindre lenrs emMmis de feire un logis sur la bresche, fisiisant des retranchemens an dedans, 8*aydant des murailles des jardins et maisons pereées , et petits fossés devant icelles basti* temenl hicts , lesipiels , ne se poo?ans voir delà première batterie^ forcent à loger le canon sur les mines de la bresclie, pour battre le retranchement. Le siège en sera pins long, et principalement s'il y a temps de (bire des logis et flanquer la contrescarpe du premier teiaé, où les casemates et traverses sont nécessaires ; lesquelles se peuvent fUre en m moment avec des bois et tonneaux , qui ne peuvent estre vetis si le canon n*est logé sur le fossé , ou la contrescarpe percée. A ces forteresses foibles et nouvellement construictes ces défenses sont inutiles si la pbce est vue en courtine : h quoy Ton seroit contrainct de foire plusieurs petites es- » paules ou traverses, ou seroit employé le temps qu*il faudrait mettre h fortifier les lieux susdtcts plus nécessaires. Toutes encognures s'ouvrant font voir en couriine quand un cavalier a esté eslevé ; à quoy ne sont snbjectes les places qui ont un peu d'cminence; et à ce moyen empeschent Fartillerie posée sur un cavalier nouvellement censtruict de voir dans la ville. A ces places foibles fendra un peu romparer les cogneures , ou du moins à cest endroit hausser la contrescarpe , qui empeschera que la batterie faicte en la courtine , ne tirant qu*à moitié muraille, elle férira haut et passera sur la teste de ceux qui sont à la defei^e de la bresche.

Paris , ' reduict en extrême nécessite par vingt mil hommes en Tan 1570 , monstre que si tes Angloiset Impériaux ne se fussent amusés h Bologne et SainctDixicr , qu^ils eussent esbranlé la France par le siège de Paris , ou contRÙnct les François à un combat desadvantageux. C'est par là qu'une grande puissance avec intelligence peut faire beaucoup de mal , estant fort facile de jcttcr la timidité parmy les peuples.

Roys, princes, conseillers d'esfat, résolvez , repensez , Dîimi so roscrvo tout ; se moo qute des prudences humaines : ceux qui tom-

bent en la faute d^anlny se ynaâdk

auparavant d'avoir esté ftdclt sagnspai

Cesseï, peuples, d'admirer leurs a

plus ils y pensent , et plus de conf^io

somption , inimitié et injustice, onme d

tes irréparables. Celles de rempereu

roy estoient innombrables ; cdies da |

Ifiy sont attribuées , et cellee de ï

conseillers. Celuy qui a

soulagé , soit aux faicts ou au

paresseux par coustnme manviiee, i

plus rien faire sans Taide d^amnif • .

mère du roy François, et le gnmA i

de Savoye, le connestable son bel

madame d'Estampes, M. d*

responsables des erreurs ds

les admimux de Bonnivet et de

leur port ; et par tout les dauMS eon

de pouvoir. Tous cooseilloioBt nnl. Il

ou du tout la guerre on du iouC la f

milieu se nomme bronillerie el tm

Les pals du roy d'Espagne sont en fimi

visés en trois, Espagne, Flandree,

l'entreprise d'Espagne , malheureuse i

Icmagne, bien fortunée au connestal

Guesciuclin par les intelligences qn*9

Il en faudrait rechercher en Pnrtsunl

quer pied à pied Navarre : pfenier

couper les aisles de ce corps» Ihm

Italie; Tune et l'autre est isie pour

d'Espagne , qui n'y peut aller que pm

occupant le comté de Bourgongne et i

dans les François plus forts sur In M

hommes , les bois , les cordes , fm

abondent plus en France qu en Espagi

Espagnols ne peuvent passer em Hm

Italie que par la France , autroaert

qu'ils navigent. Si au lieu de Perpig

Luxembourg on eust attaqué Tltalie , fi

de Barberousse , on eust emporté Mil

Naples , et peut estre tous les deux :

est on damné de s'aider du Turc peur

dre une ville que pour prendre m pi!

premières barrières de la cooscieMa

sées , les autres se rompent ; il ne s'en

aider , ou que ce fust à bon escient :

de blasme eut le roy d'avoir feîet n

Turc que s'il s'en fust bien servy. L'em]

lors seulement avoit bien cogneu, qn

gaigna Bourbon; que France nese ndl

Vouée. L*iM|ff«de&le oottdnitie de ses ma lesi fiti e^Ofler à leor aaissaBce. El à ^ceaie 4ee MeWa, rpapcrenr sçnvoit ^es predeeMseiin d«cs de Beorgongas eatoiem jsnais pe« aenrir de r AvgMs k os , oa paor ce q«*ito ftôllDiciit à jov oë, on q«'9s wiinioai eo trop lest •■ tard. U deveil » M fie» de lear esierer ame de Barea, les aHtr qucrir à BelegM^ » ameoer i Paria saas aitaqwr Saiaeii- (r. U eil admirahte qas cea grands ae* » d'Aagleis, de Tarca, ptaoï^uéa arse de pùne, enl eafei sî iaatilsf L'agmapie l«ae Charlss daBsargaagaede^aat Massa , 'eaperew Phirlfa devaBft Saiactfiiadsr, la rof nançais à Fcrpigasa , read in»

s ces asaanra. Gs n'est paa teat da Wa air, naia ds s'en hkm aider; le pfeader ein des années doil estre grand et nlUe ; le renssk, il de laisse d'estre honoraMe. oolant eaareprandie sor di^rersesnaUens»

ttt lire les livres , penr erker les fautes lueUes les aacians soni toosbés. Les IVaB- M sent ckaagés de la daseripcion qu^ea : Ce8ar^ vaiUans à Fabordée» moiadres «miinnani te eenbat , pveaoent resolutien lea prenaeresneafelies, sobfects à se re- Ur ; lesQearrM et florentins , inenTans, t>y suspeote. De nMsne se doîTent regar>

les entrepriises fiàetes et foiRies par plaira. Les histoires bien leoes nous feront er inflta» perite, ponrteir à phisienrs ac^ ^ns, noas gtfder de beaacoap de malirs , et réossir nos desseins on les rompre nt que les mal entreprendre.

Voyant les entreprises si bien projettées irner à néant , feict croire qn^il y a de Ton*^ igfe de Sien ; semble qn*il a mis des Tîeres qnH ne veut estre passées legerent : à ]*ESpagne les monts Pirenées et la r; à la Flrânce, h mer, les Pirenées, le ein , les montagnes dé Saisse et de Piednt : ntalie a la mer el les Alpes. Et neantîns il y a des exceptions à fempilre des rcs, qui possèdent la Grèce et ont passé le sphore de Constandnopte : les Espagnols

la Thndre, et dominent en Italie; tray *il y a peo de temps et est mal aisé que ta ssession de paS& si escortés dure. C'est au* rt dlionnenr an roy d^pagne tfavdr ac-

EÈGNE DB FRANÇOIS L

qais Portugal , qne de blasBMs à k Flrante da n'avoir gagaé T Altemagae et la Flaadra jaaques au Rhein , dent la eeaqaeste eust esst

pfaisaiséeqaereMreprised*ludie,tMildoibi8 m vaia tentée.

Bien fit voir sa valsn^é,qatn^BBto^tq^alas lôwtea svkliels fassent fiMwéa, ai qn'fl se ist vm HMnarqne, aynst de mesnie leaipa hk naisire de grands eapilaiaes, reapetnai Ghrles<Qaint, le roy Fhmçois premier. Sa» lynian, seignenrdes Tarée, Henry, raydriai^ déterre, à ee qne rinsefisancé da t\m9à donaost tontah puinanee àlVitie. AmqMii Il nt saecewr qnatre antres pmeeo éte me^ diocra talenr, les raye Heaiy dé FhaHe» Pbîlippe d'EsJNigBe, SiAn de Tarqaie, et ElBdbetb d'Angleterre; Que sH y enst en an de ces grands princes snsHBomniés dte tempe de eea mecnocres , il les enst opprimés* De nouveau il sead>le que Dieu continne en eeste meanse volonté qne la Rrance, FEspagne et I Angleterre soienf si esgaiemeat pnisBances ^ qn HS ne puissent aeeroistre an prejncHce' lea nus des antres. Ayant rendu le royaume de FVanee par la paix nny, puissant et ftnmidith ble, d*^nlre part a jeinet le Portugal à PB»pagne, etPEscosseà rAngfeferre, à ee qn'Sa aymt forée et moyens de se garder esgalo» ment les uns des antres , empescher la monar* chie et eonserrer leur estât.

€'est menreille que ntaNè se busse suppediter par cfaasteaux , et qne deux mit Bspagnols la tiennent en snbjectiou. La multitude de potentats intéressés à leur consenratioa particuUere , estans eimemys d*une seule puissance , en maintient en égalité quan^e grandes : le pape, l'Espagnol, lesYenitiens et Florentins , lesquels , pour ne rien altérer et ne souflSrir agrandir le» uns an préjudice des autres , maintiennent les moindres pms* sauces dUrbin , de Loques , de Mantoue. L'Espagnol n*en pent estre absolu , pour estre estranger et n'avoir guieres d'hommes ; lea Vénitiens pour avoir de Targent sans soldats ; les papes pour estre eslectife et ecclesiast^ ques. Excepté les Espagnols , celle de ces puissances qui se sent opprimée appelle les TVançois, desquels ils se défont quand ils n'ont plus de peur. Et à cela aide fort que les babitans^ne sont aguerris, et sont unanime^

h adopté, en laquelle les w ICI liai les poosseat et mainlieiuient^ jeiact i h cranle de b jostice.

L'iadacreiiOB des Fraoçois roiae leurs affaires. Le roy Glnries VIII douas à ses miviffes des diasCeaox de Maples qu'il garder; aaMÎ408t «s iroyage de oier iaiel e« imD|Mi« Vaisseau, anoes, vitres, peadrss, artilleries , sont données an femet an mignons an lien de les oonsenrer , ! ont de oonstnsse les roys d'Angleterre. Lenr impmdenoe, h donoeur de leur pais, auquel ils désirent retourner promptement , les rend incapables de tous bons desieins , et le peu de secours d'honunes et d'argent qui leur devroit estre envoyé de Erance , fait naistre et sert d'excuse de leurs capitulations et traie* tés honteux qu'ils font.

Il ett admirable que la lecture des livres, Vexemple des vtvans , la prévoyance tant de fois repensée , le conseil des amis et de la prudence ne peuvent empescher que Ton ne tombe aax resolutions pernicieuses que Ton a blasmé auparavant en autruy avec des risées et sermons que l'on se garderoit bien de pareils inoonveniens. Neantmoins, persuadés et scellés , je ne sçay quoy conduit à (isûre ce qu'on disoit qu'on ne feroit jamais , lequel , une fois fait , )e considérant à loisir , plein de merveille , l'on s'interroge s'il est possible qu*on ait fait fme telle faute , si on ne s'estoit bien proposé de ne la pas faire. Il ne s'en peut rendre autre raison , sinon que la sagesse de Dieu renverse les conseils humains et les fait marcher au contraire de leurs resolutions, pour magnifier sa gloire. Pour ne tomber en ces fautes et prendre un bon advis , il faut se mettre en bon estât, pureté de conscience, et prier Nostre Seigneur qu*il nous assiste ; mais la principale assistance est que les desseins et resolutions soient vertueuses et telles que doivent estre celles des gens d'honneur.

Souvent il advient que lors que nous avons crainte de nos ennemis, ils Tont pareille ou plus grande ; les occasions passées de part et d'autre , ce mot se dît : • Si nous fussions esté ndvertis. • c'est pourqtioy il ne faut tant considérer nostre foiblesse que celles des contraires, lesquels sont souvent plus incommodés que nous et plus en esiat d entreprendre sur eux.

La paix se traicse. L*€Hpere», ei<

de la misère de sosi aoviée , veut n^k i

pour sortir seulenems de Fkanoe ; le dai

les capitaines françois bbameat ses ki

ainsi va fortune à In gmerre. Cenqa»

Soient il y a huict josn de peovttr^

Paris, disent , mainifiar que r<is*si

traicté, qu'ils prewinmt renper«»&«,

veut permettre; tant moml ees gnais>

vains et mal ndvertis ! M. d^Orkav.f^.

du roy, arrive en poste à Oe^i!^.^

pereur, assislé du nscnr de T9m9,ti

conseiller et son UeBtemnsC def^i^^^

auquel estât il avoit poTveu |»iv:j

comte de Sanserre; renolvesc pifar mkvi

tés de l'empereur. Le sieir de Tan^^

seille à M. d*Orleans de demasder '^^

gongne , remettant au dessus le itnè.ï

grande maison de la chrestîenié , par i».

mission de Tempereiir. L^aocad m^i

Sa Majesté faict croire les inkiés nnnu

M. d'Orléans en asseure le rsy i ttir^f

ce qui est confirmé par les sieondeU

naudaye et Laval , qui avoîesi este d*

pour ostages de senrié i {'espeiti 'tJ

quels apportèrent de Bruxelei b rai

du traicté et lettres d'assunsœ tfn en

de Milan et de la fille de TeoipcRar , dtfkj

le dessein estoit de diviser hFhKepvf

enfans d'icelle , recevoir le tnkiit

qui lui devoit estre rendu dsDtlmiiû.A

si la partialité et inimitié ne le nMa&'<

les enfans de France , rechasser ksfni^

par les chasteaux qu'il retenoitdelisi

Taide des Milanois , qui se saonfeniet i

François et desireroient nouvelleié.H.d>

leans dresse son équipage , deDindehto

gongne d'appannage; l'inimitié im^'-

dauphin en demeure sur le sieur de 1r»

nés , conseil de M. d'Orléans. Leroy d^j

terre , abandonné de l'empereur pov icfl

venu à Paris comme il luy avoit escra,|i^j

Bologne, rendu légèrement par le stf^

Yervin ; il assiège Montreuil , s'ea reiirtj

Calais , et de là en Angleterre. L'^

M. le Dauphin donne pat* entreprise à b

Bolongne, où les munitions des ADglÂ

toient , et par desordre en est repousse si

perte; Thyver et la foute des titres fo*

centier l'armée de M. le Dauphin, <}"'

• Il

RÈGNE DE FRANÇOIS 1

IM

schal de l&et en Picardie , lecpiel end des forts près BoIoDgne. *< >y Jaques d*E$cosse meurt , laisse une lu fille de M. de Guise au berceau : il du toot allié avec le roy avant sa mort, >îc envoyé le comte de Lenox > sur la A lion qu*il fit contre TAnglois : le sieur Brosse est envoyé en Escosse avec le le LiOrges.

^5^ Au commencement de Tannée i545 ::te une armée de mer par le roy ; joinct leres de Marseille par le conseil du sieur ebanU , pour se rôidre le plus fort sur t aSamer Bologne : Farmée de mer anse met sor la défensive , en lieu où les empeschenl le combat maritime. Le d^Annebault , gênerai de Tannée de n^estant résolu de faire entière des»

en Angleterre , en tente deux ou trois , îst repoussé ; en diverses resolutions de ttre ou fortifier Tisie d' Aix ; enfin se re- »ns combat ni utilité au fort de M. de lequel ne Tavoit rendu en defence le il Tavoit promis. Le roy en Tabbaye oresmoulier près Bolongne , les enfans rance s^exerçoient à toute sorte de tour- \ M. d^Orleans en sens, fleur de jeue et valeur , surpassoit tous les autres , que , revenant tard de la chasse , il monsine comète au sienr de Tavannes , qui luy ond en' riant que c^estoit peut-estre la ne ; M. d'Orléans s*en mocque , n'y ayant qui luy puisse faire penser à la mort , lelle luy advint tost après.

l n'est licite à un gentilhomme françois de lonner entièrement aux princes, seigneurs frères des roys » au préjudice du se;wice Sa Majesté, moins en prendre pension : les nds veulent leurs serviteurs tous à eux , îrent d^iceux assistance et conseil pour et tre Testât, autrement les mesprisent. Ceux ont bonne conscience ne s'y engagent , DCipalement à ceux qui aspirent à troubler ;tat : bien peuvent-ils assister leurs mais- 3 de conseil pour faire leurs conditions illeures envers le roy. Estant jeune, le or de Tavannes conseille M. d'Orléans de mander la Bonrgongne au préjudice de la ance , et vieux ne veut prendre pension de d'Anjou I qui fut depuis Henry UI , sans

permission du roy Charles IX t tant sont di« verses et changeantes les opinions selon les âges. Je conseillerois d'estre esclaircy de Tintention des princes auparavant que se donner tout à eux , à ce que, pour peu de gratification, ils ne pussent engager la vie. Thon* neur et le bien de ceux qui les suivent dans les rebellions de Testât.

La guerre est plus incertaine que toute autre science : théologiens, médecins et ad vo* cats , n'assèureront la conversion , la guérison ny le gain. C'est imprudence aux capitaines de promettre une victoire , la prise d'une ville, la réputation et construction d'une forteresse dans un temps limité , parce qu'aux moindres accidens tous desseins se rompent qui dépendent de la puissance d'autruy. Si Ton en vient au bout , les maistres disent seulement que Ton a fait ce qu'on avoit promis : s'il y a feute , c'est plus grande perte d'honneur et réputation que si on ne Tavoit promis. Il faut faire conune les médecins, mettre tout en doute ; les affaires reussissans il y aura pins de gloire , et les princes et généraux doivent plus de secours et provisions nécessaires, n'estant si asseurés de Texecution de leurs commandements.

Les roys , les princes ne sont tels que le ciel face démonstration de leur mort par comètes. La multitude des mourans remplirott les cieux de signes ; à peine s'en voit-il en vingt ans une. Sont exaltations chaudes et seiches enflammées en la moyenne région de l'air. Ceux qui leur donnent signification le prouvent par expérience , s*estant rencontrés semblables signes aux morts des princes , famine et guerre. Ces superstitions restent de Tancienneté des Gaulois. Les Sicilien^ craignoient les eclypses , jusques à ce qu'ils en eussent apris les raisons. Les sainctes escritures portent que ne devons espérer aucuns signes jusques au dernier jour. Il est difficile , au lieu où nous ne touchons que de l'esprit , d'asseoir un Jugement certain de ce qui s*y agit. Les astrologues ont donné leur opinion pour loy, laquelle ils ne peuvent prouver leur niant les principes. Us maintiennent que le soleil est septante fois plus grand que la terre , qu'il y a onze cieux invisibles , preuves par autant de différons mouvemcns , y atta-

ISD

chant les astres comme les clous dans les roues tournantes , et qu'un ciel est nieu par Tautre jusques au dernier moteur ; accommodent les qualités des cieux selon leura foibles opinions , les font froids , ardens , pour en former leurs neiges, leurs fiâmes ; font du ciel un orlo{;e dont Tune des roues dentelées tourne Tautrc par mouvemens contraires. Ib ne sçavent rendre raison d'eux-mesmes , et en veulent donner du ciel; qui seroit supportable s*ils vouloient confesser leur doute. Ils ne sçavent Testre , Tessence de Fange dernier moteur , ny de son laborieux travail , comme la terre se tient suspendue sans tomber au ciel , d où vient le flus et rcflus de la mer , pourquoy elle ne passe ses limites , quelles roues sont dans les corps qui font marcher les hommes , quel cabinet dans leur entendement qui contient mémoire de cent volumes. Ils disent que la terre est suspendue , parce qu^elle tire au centre ; que c'est la puissance de Dieuquiamisun défini poinctoù touteschoses graves tirent. Qu'ils disent donc de mesme do tout le reste , que c'est Fordonnance du Tout- Puissant, et laissent nos opinions libres puis qu'il n^y a certitude aux leurs , et ne facent de leur fantaisie des an*ests , et qu'ils ne nous empeschent de dire que le soleil est chaud parce que nous le sentons , le ciel de la couleur d'azur comme nous le voyons , les neiges, les greslos lovées par les vonls dos régions glacées ; qu il n'y a pluralité de cioux , puis qu'il ne s'en voit qu'un ; qu'il n'est besoin de figurer quantité de roues ou instrumens pour mouvoir les estoiles. La puissance qui tient la terre en Fair est celle qui fait marcher les astres en leur rang lentement ou rapidement. Ceste parole n*a besoin de causes secondes, d'înstrumens , roues ny orloges : il est plus aisé de les régir que de les avoir créés de rien , comme le corps d'un flegme , Famé d'un souffle. Il est aussi permis de dire que la nature n^ayant rien fait de vuide , les corps célestes sont habités d'innombrables esprits heureux ou malheureux ; qu'à icoux la terre ne semble qu'une esloile ; que la mer est ce ce qui reluit, la terre ce qui est obscur en la partie des estoiles que nous regardons. Au commencement du Gcnose Dieu sépara Fostendue des eaux ; cellesqu'il mit au ciel furent

nommées ciel , et celles de la terre mer

sçaii si les estoiles nagent dans les eaus

lestes on si les astres ont des âmes , des m

se mou\'ans par eux-mesmes, on si les ee

heureux ou pcnitens les roulent ? Tout

cstre référé à la puissance divine , à qoo

imaginations humaines ne peuvent attefa

C'est sçavoir, de sçavoir ne sçavoir rien.

Les Anglois , impatiens de voir faire h

près Bolongne , sortent dixhnict cens de

lais , nommés les Moutons Blancs , pour'

casaques blanches ; costoyantleurlenned*

saccagèrent les frontières. Le sieur de 1

pierre , en garnison à Ârdi*es , adTertitle

qui envoyé le sieur de Tavannes ar

compagnie de M. d'Orléans ; s'assemk

Ardres en nombre de deux cens mnb

ont advis que les ennemis marchent, ii

tains du chemin; se séparent en deui

Anglois de mesme. La pins forte troupe

douze censpioquos , rencontrée par le nei

Tavannes en bataillon quarré , le flanc ga

<*ouvcrt d'une forte liaye , ledict sieur de

vannes , sans demander conseil , marchen

pas et trot , s'arreste , s'advance en 61

fait charger trente chevaux sur la drotdi

ennemis, qui les met en quelque desD

Leurs arquebusiers et archers tirèrent

picquiers de la teste tournent au seodll

flanc. Au mesme temps le sieur de Tivi

avec quatre vingts lanciers dftl^ f

teste , moitié flanc , passe à travers de

à autre sans s'arrester à combattre » ]

quinxe gentils-hommes , rompt ce bal

par trois charges , r'allie trois fois ; fanic

morts demeurent sur la place , quatre

prisonniers emmenés, et quatre en»

sont emportées. Le sieur de DampienlB

heureux en trouve six cens prodie un in

charge on lieu fort à deux cœurs; taaU

fut blecé , contrainct de se retirer satasi

Le sieur Tavannes arrive victorieux àV:

leansson maistre, qu'il trouve à Textrètt

maladie ; change son ris en pleurs /du

sa chambre , luv monstre les eûaé

nomme les prisonniers : M. d'Orléans

brasse avec ces mots : Mon amy, J1

MORT , TOUS NOS DESSEINS UOXPDS , 9Î GRET DE NE POUVOIR RECOXPENSBU fiO

RITES. Il mourut

RÈGNE DE FRANÇOIS I

tSl

MfOitobTerlu et riionneur do la France; MM Ci (|uatre jours ; prcst d'entrer en paideiMie entre dans le cercueil. Le èiTimnes co{;noist son travail , temps pvdus; craint rinimitio du roy et ■, doot il fut escbircy aussi-tost :

à loy les mesmes services qu'il •HÉfÉàfea ion maistre , le reçoivent , le de Testât de chambellan et luy hobrge de la moitié de la compa- AM. d'Orléans. Le roy va à La Fere , levée de lansquenets faicte par «, qui se rompt d elle mesme. Sa yée de la lon{;ueur du fort que âîiaïkvireeial de Biez , lui commande de k lerre d'Oye : sont trois lieues de Calais et Gravelines , remparée de et de nreu , à la teste fortifiée de GuiilArdres,dun grand fossé flanqué de faicii par les Anglois. Le sieur de , désirant prompte mort ou honneur, par k permission du roy à ceste onk cempagnie de feu M. d*Orleans ; *his est attaqué le premier fort , où 1 pied avec Tinfanterie : iceluy em- I Brenonte à cheval avec M. de Brissac, ^mnil Anglois à une lieu de là , les advis et assistance de la comde Boizy. Le sieur de Tavanqne ce combat , celuy de Mentit CcriioUes desseignés de sa main.

id'Oje conquise , demy bruslée ; Thykiarmes.

{un] Iâ loy envoyé le sieur d' Annebault t«r la mort de M. d'Orléans , re- ^ frOBesse de Milan faicte en sa et non en celle do son fils def- ^'Suiui remercie Dieu de luy avoir *9>ide rompre honneslement ce ^iinftjtpil bien rcsola de tenir : sa res- ^ ^ eogBoistre. Le roy dissimule de lesse : son conseiller le sieur bit de mesme; craignant les k aiiu du dauphin , et par conse- ^QaMstable , fait une paix honteuse :

it Guignes doivent estrc rendus au de koKt ans , dans lesquels Sa Majesté ■**psycr huict cens mil escus. Advint une ■"•Ite a Naples pour Tinquisition, contre Ikne de ToUede , lieutenant de Tempereur ,

la voulant establir. Les Espagnols sont r*onclos par le peuple dans les chasteaux ; eux , assistes de galleres, battent la ville de plusieurs endroits, se couvrans de trancliées. Ce feu estoit souiOé , non nourry de matieores suffisantes, par le pape et roy, qui n envoyèrent le secours promis; le vice-roy ayant quatre mil hommes au chasteau , ne voûloit sortir pour no ruiner la ville. Tresves se font, tout est remis à Tempereur , qui commande que le peuple , avant tout œuvre , donne les armes au vice-roy. Obéi , il pardonne à tou&, horsmis à huict ou dix, se contentant de monstrcr au reste Timpossibilité et injustice de leur entreprise.

Les septentrionaux sont vaillans , les méridionaux spirituels ; le froid serre les esprits près du cœur , la chaleur les dilate et attire, à. la teste , oii est le jugement. Les régions lem* perées meslent vaillance et prudence enseofrble : les François , Romains , Allemands , Macédoniens , qui habitent en pais tempéré , ont fait de plus grandes conquestes que tous autrès , pour avoir esprit et force joints ensemble. Il est plusieurs sortes de vaillances : les jeunes , en sang bouillant , non expérimentés, s'hasardans plus que les vieux ; les vieux devroicnt cstre plus hasardeux, pour n'avoir pas tant d'années à perdre que les jeunes. La hardiesse naturelle naist avec nous; Tacquise , par discipline ; celle du vin ou de Topion,par ti*ansports d'esprit ; autre s'accroist par son de trompettes et armes reluisantes. La valeur de la noblesse , qui ayme Thonneur plus que la vie , est à estimer plus que celle qui s'obtient par art, ou chastiments exemplaires, deceuxdu tiers estât; celle des gentils-hommes d'autant plus asseurée que fuir c'est mourir parmi eux : aucuns se sont tués pour avoir f uy. L'hardiesse croist aussi par disposition et force corporelle ; la vaillance se peut donner et accroisire par ordre et disci|)line : par icelle les Romains et les Grecs ont vaincu le monde , cl les Espagnols se maintiennent. Le couard , par bon ordre prend courage ; la bonne opinion qu'il a de son capitaine et de ses compagnons le fortifie , n'espérant se sauver qu'au fort des picques , et par ses bras. 11 sert •!« !«» monstrer qu'il n'y a tant de péril»

^ ilspeDseai;qiielete8if

HÊHOmES DE GASPABD DE SAUIX

des cordes ; que de cent il n*ea demeure un ; faut mespriser les ennemis , prévenir les cœurs des siens avanl Tapprehension du danger , à oe qu'ils ne treutent rien de nouveau , n^estans les premiers mouvemens nostres. Les yeux » les oreilles , s'ils ne sont premiers ad* verlis par Tentendement , le sane; brutal les gagne , et après Tesprit troublé les jette en confusion , sans loiûr de se recognoistre , et Be sont plus à eux mesmes. Le jugement hors de son assiete ne se peut mettre ; le sage en soupçon de ses sens n'obéit ny à la veue ny à Touie , les appelle à compte , et s'en rend vie* torieux , considérant que c'est raison de préférer la tnort à une vie deshonorée. Partie de la- vaillance des soldats dépend de la discrétion du chef ; il ne doit mener au combat ceux qui sont en crainte , les asseurer par petites defaictes des ennemis , les fiûre despiter des injures et paroles picquantes receues d'iceux, monstrer ceux qui ont chassé l'ennemi ; magnifier les moindres actes ; à un besoin mentir , on faire mentir par fois discrettement ; ne permettre aux prisonniers de louer leur party; esdaircir les soldats de ce que les capitaines croyent qu'ils pourroient ou penser on douter, avec visage asseuré ; lire dedans le cœur ; accuser les poltrons et louer les braves. Le vin , la bonne chère peuvent sur plusieurs ; les opinions à jeun ne ressemblent celles de l'aprèsdisnée ; souvent une entreprise faicte après souper, ditoyée de la longueur du chemin, proche les ennemis, mise au conseil, se change à ne combattre , encores qu'il ne soit rien advenu de nouveau. La vraye vaillance doit avoir prémédité la honte, l'honneur, la mort, et la vie considérée , résoudre ce qui se fera à tous evenemens ; avoir signal avec ses sens , et les picquer , qu'au danger ils se resouviennent des resolosions prises par l'entendement en repos. Les capitaines ne mèneront leurs soldats au combat s'ils ne chargent les premiers. La vertu est accreue par l'opinion : les reistres^ aaints en France , y sont à mespris \ les Huguenots , au commencement redoutés , à la fin battus; la ligue avant la bataille de Sanlis menoii tout fuyant devant elle , à son tour f uyoit de mesmc. C'est pourquoy les Anglois disent : Bon homme pour le jour.La valeur ne demeure en mcsme csiat ; tel est vaillant en duel pour

sa force , science et escrotté, qm (j^ quebusade; tel asseuré aux qui ne veut all^ sor le pré. Anôuis t^ estre veus, dans la notct on seuls oefoi qui vaille. La vaillance à toute heure, a temps est extremeoient rare et doiteiire sée , pourveu qa^elle ne soit par ains par discours et prévoyance. Les dévoient estre plus vaillans qœ om croyoient la predesdoation , et que (^ mouroient pour leur patrie aÛoieiit eB|«^ Le christianisme défend le saog eilai^ promet paradis à ceux qui eDdareotonJ injures. La vaiUance a ses artifiecso^J autres arts : j'ay vea des eeoamtsm qui n'estoient vaillans qu'en aipar^ j^ montés font charger devant eux , t^^ek^ tiennent bride à dix pas des charges, Hj^ si t bien , ils suivent ; sinon , ils soM les|nûi à prendre party. Il est plus facile in g^ rai qu'à un capitaine de coufrir «ajeti quel , une foisdescouvert , ne iiieoe|ihi{in de soldats dans le combat. Ces feints ^ cognoissent les hommes quand ils InÉ pour les charger , et s'ib voyent le dad; de leur costé , font ferme ou se reimî sçavent que peu de gens veuleot mmx qu'allans determinement aux coinlN(s,pRlQ soustiennent.

Les soldats d'Ariovistus , par loqpekr»i, teintures , souilleures et balafres ,KraidiMiit aflreux ; les reistres par leur Dorae&Hi vouloient sembler des diables ; et hlwjâ aux armes reluisantes de flamei, iwm saut par pennaches, desiroient porter Iioîé dans les yeux ennemis devant qœ bni»

enst temps de la mespriser : cecy peotm contre soldats non advertis ny agnerriilfi bons chefs , harangnans lears cooittpa.

tournent ces appareils en risée oo es espv de butin , et les font cognoistt^ ainsi qnelfl iàntosmes , qui d'abord apportes! (fiif crainte , et après sont renversés et wf^ Ces remèdes tesmoignent que een qoilfii^ ventent ne se sentent assez de courage eDO^ mesmes pour faire peur , cberchaot des if jonctions extérieures. Les années cl e^ reluisantes , pennaches qui font paroistrt'^ personnes plus grandes qu'elles ne sont. s

peuvent user avec discretiOD; mi(f^^^

jji

KÈGTîfi DE FRANÇOIS ï.

des armes » b profileore et bordure des Bàrpes et casaques puissent accroistre la iesse des ennemis. Ces omemens sont Mnent nécessaires pour senrir aux gens ^erre de ce que les beaux habits servent

<M>iirtisans , pour les fiairie plus entrans y imer davantage , et avoir honreur de souilles beaux omemens par une fuitte bone y et d*estre recognen en lieu indécent à AevT. Plusieurs nations , allans aux charp crient et font un grand bruict, disent Is s^encouragent Tun TauCre et intimident *s ennemis -, autres vont au combat avec nce , qui est une marque de resolution ; ropinion desquels je suis , car parmy les illeries les commandements ne peuvent e oujs ; les soldats sont subjects à se delonner , et aucuns sous ce bruict s'en veu-

faire accroire et faire les capitsdnes. Par t>ruict ils éxalent parUe du vent de leurs les , qui doit estre enclos et retenu pour

affermir, et edever les coups en plus lisposition de frapper. Ces voix ne peuvent vir qu'aux surprises nocturnes, encore en t il user tellement qu^elles n^embarrassent dre ny le commandement. Ces paroles de r , réitérées , au premier mouvement es- Aent les endomûs , et ne nuisent à ceux i sont accoustumés dans les allarmes.

Les terreurs paniques viennent de Tire de îu , et en causes secondes elles sont attaies à la mauvaise opinion que les soldats ont ; chefs , ou d'eux-mesmes , ou de la crainte leurs ennemis , la cognoissance d*estre mal lonnés , de n*estre en garde ny en devoir ,

n'avoir les capitaines préoccupé les sens r discours dans les cambrades ou en cam* gne , pour avoir ouy dire que Ton vouloit rer les sièges , faire une retraicte en campae , ce qu'il vaut mieux faire que dire. De &(re temps des armées entières s'en sont f es : en Tannée 1602 , à Canise , toute Tarie s'enfuit : en Tannée 1572 , à La Rochelle ,

il y avoit mil hommes d'armes ayant pied erre avec despicques , dix mil arquebusiers ests de donner Tassaut à une bresche , Ta* rme se donne en teste des soldats , d'aucuns i estoient sortis de la ville pour aller quérir I mort dans le fossé ; en mesme temps une tre alarme donne en queue d'un des assie-

geans , qui vouloit tuer un soldat indiscret qui approchoit avec une mesche des poudres. Ces deux bruicts se rencontrèrent dans le milieu de nos tranchées, sans que personne les char* geast. La pluspart de nos soldats , et mesme de la noblesse , s'enfuyent et se jettent dans un marets : nous qui estions en teste , n'en voyans aucun sujet , croyons que cela se fisc par enchantement ou par gageure. Pour éviter ces peurs, il faut que chaque capitaine demeure en sa troupe , en son devoir , sans laisser mesler ses soldats parmy les autres , s'ils ne sont commandés ; et qu'il joue de l'espée , et parle audacieusement, assisté de quelques amis , force les soldats à se recognoistre et rentrer en eux-mesmes. Grandement sert de mespriser ses ennemis devant les soldats ,' et estimer ses propres forces , et ne permettre qu'il se parle à Tadvantage des contraires , et pénétrer dans le courage des siens , pour par exhortations et harangues , en un besom , leur chasser la peur , pour empescher ce desastre qui est si contagieux.

Les sons mesurés , la musique ravit les esprits. Les Spartiates usoientdeflustes enleurs guerres , avec son grave et lent , qui faisoit marcher considerement et résolument leurs gens au combat. Les Turcs usent de cornemuses, de hautbois; et semble que les sons soient plus propres pour danser que pour combattre , monstrant par ceste rejouissance le mespris qu'ils font du danger , et r'allentissant le trop d'ardeur dont naist souvent le desordre. Les chrestiens usent de trompettes, de tambours , aucuns de cymbales de cuyvre en sons aigus et bruyans , tendans à mettre Tentendement hors de son assiette , pour n'aprehender le danger , et , par une gaillardise ou furie , les priver de la pensée de la mort et du péril : ainsi se trompent les fantaisies des aprehensifs. Au boute-selle, au monter à cheval , à la retraicte , et au son de la charge des trompettes , s'en devroit joindre et inventer pour aller au pas , au trot , faire halte , se mettre trois à trois ou en escadron , tourner à gauche et à droicte , de différons tons. La plus belle batterie des tambours est celle des Espagnols , qui laisse les personnes en leur sens ; celle des François est trop prompte , mesme- I ment pour gens qui ont le naturel bouillant et

IM

actif, lesquels elle semble précipiter. Que s'il ne la fiadoit changer , du moins fandroît de* jBMurer trois fois autant aux poses , que Ton idemeure à battre les cinq coups de la batterie » 1m Itauçois estant subjects de se mettre en desordre et en confusion. N7 les trompeltes des «ns ny les tambours des auU*es n'ont assez de (sortes de sous diflerens pour faire entendre et signifier la diversité des changemeus nécessaires à la guerre. Il faudroit qu'au seul bruict de Tun et de TauUre chacun sceut ce qu'il doit faire, pour marcher » se haster , au pas , au trot » séparer les arquebusiers , tirer les eafans p^^us , avancer, reculer, marcher à droicte et à gauche. Tout cela peut estre signifié par plusieurs tons de troropeues et tambours i à quoy esians une fois accoustumés , les soldats feroient incontinent ce qu'ils doivent , sans qu'il falust que le gênerai se fiast de (aire courir de louscostés ; gens qui négligent , ou eaibarassés de bagages , ne peuvent aller si viste que le son , ny rapporter ce qui leur est commandé. L*incommodité seroit que les ennemis proches Tentendroient comme les amis. Les sons se pourroient diversifier par fois » et changer en signais qui s'esleveroient au dessus d'une cornette , ainsi qu'aux batailles navalles tout se commande par signes faicts de la generalle. Je loue les signais qui se donnent au dessus de grandes lances ou piques , dénonçant à la généralité des tronpes la proximité des ennemis , à ce que sans ces criaillerics d'armées quelquefois efiix)yables » chacun se mette en son devoir aossi^tost le signal de l'alarme apperceu. I Les marques des cbrestiens ont esté les croix ; elles ne sont changées en escharpes en France , que depuis que les huguenots se sont mesiés parmy les catholiques : ce signe faisoit penser de n'entrepit*ndre des guerres injustes, de ne faillir à son devoir, ny faire extorsions ou mescimncetés ; et quand ce ne seroit que ces escharpes sont imitations des huguenots rebelles , seroit utile de les laisser pour reprendre la croix. Les anciens portoient des cottes d'armes. Il y a vingt ans que (on portoit des casaques, et depuis des mandillcs ; maintenu l on s'arme à cru : cela , disent-ils , estonne plus les ennrmis , cl contraint les soldats de s'armer entièrement, leur ostaut les

moyens de couvrir leur paresse de ques. Les armes blanches du temps paai soient encore plus d'ostentation» laqMUi fiie contre lesgens non ag«erris,et de qa expérimentés se mocquent; plus da peaM plus d'armes dorées , plus d'espoir de et de bons prisonniers. Les eottea é^rnm passé et mandilles estaient ntilea; Mi peschoiem les pistoliers de chaisîr al altt facilement le corps de eeax qm lea pari Les nations ont un cry , ou nn buH pari elles s'encouragent , se réonisMBt m n| nent cœur au péril , qui ne ce doit pno que dans les charges ou quelques daag accidens. Les François crient Smimê J les Espagnols SminiJmequmUeêBomr^ Saint Gmrge! puis Frmmm, Bamrfm Eêpa^ffiê! Il leur semble qoe ces «in vent redoublés , accroissent leurs foreéi mettent hors du danger; ce qui advaMÎ seulement par la puissance de cea si mais parce que , ce mot geaeralèflMBt nonce , chacun entendoit qu'il feioitradi ses forces , et que cela leur remettoit e moire les vertueux actes passés de es leur nation , pour ne degMerer et pen réputation acquise , mnnmrmmf quMil il nonçoient le nom de leur patrie » fk«nei pagne , Bourgongne.

Qui sert^ qui négocie fidelemealeCpri ment, se rend reconunandable pour ne quer de maistre ny de fortune : peniMl il en trouve un autre par sa bomie repeti mesme les ennemis de ceux qu'il aaerr jecturent qu'il fera le semblable pour euB a fait pour leurs contraires.

Tout traicté de reddition de plaoeaà ' entre les grands , d'un on de deux ai réussit pour les evenemens et chaa^i fortuits; mieux en vaut une posaedéi trente promises. Il ne manque d'escbapal d'interprétations des promesses, et di vertures ponr rompre la foy praniae , le mieux qui se peut espérer est d'eot autre paction et composition doomnagi

La valeur des Anglois n'a causé leon questes ; la division des François enGvy Bourgon{;nc et autres lieux , en est la m joint au uu*spris , ignorance , conniven trahison de leurs contraires. llsdoutoieBl

Leixt en ordre s^etaent, pleini de deluax^d iU estoÀent ea France ; s'ils Vaspt Yi(ia^im«Qaiit sans intelligence , ils se i^e^t. ies Aqglojs avoient de Tadvan- ^^^3L guerres ciriles de France sur les Esis ^ qui ne peurent gagner que les Upri^sent 1^ croix rouge et se fissent Ess 4 m^s les Anglp^ firent prendre la laac^e et quitter le nom françois k ceux ^ assistoient. honteux après de s'en des- ^e plus il y avoit plusieurs ducs par- ^ contre le^ roys » diacun desquels trat àt diuûnuer leur puissance ; et )es seis particuliers dans les provinces reti* t beaucoup plus d'avantsige des estrangers le leurs souverains , qui croyoient que sybjects estoient obligés par devoir de r vir sans récompense. Les Ciinbres , les îs , les Qaulois , multipliés par longue iaonderent Tltalie et autres pals. Ainsi . les Angloîs en France , ce qu'ils ne peumaintenant, pour avoir participé en nos res de Flandres et de France , où ils ont u autant d'hommes à peu près que nous : Qondationsne sont à craindre , parce que ignée est universelle. Guillaume conquist ^leterre » le comte de Ricbemont $'en fist » la sœur de Philippe le Bel , à Taide Normands j suppedita le roy son mary; elligence angloise leur servit, et la relii caibohque , dont ils sont le quart, nous niroit d avantage de practique : leur » , sans forteresse , se peut subjuguer par lûtes en peu de temps. Cyrus^ Alexandre es &Qa)ai|is vainquirent les Assyriens , les aiiques et Macédoniens , après uKe on IX batailles. Les guerre^ entre les maisons orques et de Lanclastre se terminoient en } journée ; les vaincus jettoient les armes » sans ressource, n^ayant r'alliement aux ces fortes. La conqueste d'Angleterre est ile à une armée arrivée à bon port; ce 3 cognoissant les Anglois , se sont fortifiés ' mer , où ils sont invincibles , si les Frans ne remettent leur équipage de mer , ou e les Espagnols ne regagnent la Flandre , lande et Olande^ qui peuvent faire autant navires que les Anglois. Ce qu'ils n'osèrent présenter à Tadmiral d'Annebaut faisant

scente en Angleterre « fait penser que les

AÈ6NB DE FBANÇOIS I. |«|

François se peuvent eitgsiUer à eux e^ mec* Leur armée de mer est inutile , puis qu'i) y s^ diflerens ports eii Angleterre ; facilement on y peut entrer par TEsco^se et plusieurs antrM lieux de Tble ; et faudroi^ qsfiH y eu^t six aiv mées pour empescher la desç^fe. Calais e| Dieppe sont propres pour y entreprendrai i vingt mil hommes aguerris aborda > IfMVrlv-. mée de mer est inutile ; tel nomtfo se peul rendre maistre de Tisle apr^ upe bataiQe gan gnée , n'estant leur^ coinmimes aguerrîoi iifi armées. Si l'armée du duc de Parm^ y emt pris port , il en estoit maistre ; sç^p meoonteoh tement pour n'avoir esté esleu geperal de terrc( fit retarder et rompre ceste entreprise , d'où sourdit sa défaveur en Espagpe. M. de &uiia ^voit entrepris d'y faire une descente^ avoQ douze mil hommes , composés le tiers de lao^ quenets et les deux tiers frapçois. JTestois np des douze chefs qu'il avoit nommés pour mener les troupes. L'intelligence que nous f, avions avec les catholiques , me fait croire qu'il se fust f aict roy d'Angleterre et eust de** livré sa parente la royne d'Ecosse , ny ayant forteresse qui vaille. Les Anglpis se sont conservé en troublant leurs voisips : il y a trente ans qu'ils entretiennent la guerre civile en France et en Flandres , desirans épuiser Tergent de l'un et les boinmes de l'autre. A e^ qu'ils ne puissent entreprendre siir eqxi esmeuvent les guerres entre les Espagnols et François; sèment, dilatent, embrasent le feu et le sang en la maison d'autruy pour sauver la leur. Ainsi meurent les François , ainsi l'argent d'Espagne §e despend , ainsi les aoies $% perdent en l'beresie par le OK^yen et pQiir \^ profict de la paix des Anglais. Leur TQyPA estoit souveraine , et nonobstant lîgu.4e PVec des rebelles des souverains dont elle ne vpi^ loit que ses subjects suivissent TexemplOs foisant trancher la teste aux plus grands , ayant la faveur et bienvcuillance du peupl(^ pour seurté de ces meurtres contre la noblesse. Avant les guerres civiles elle tint les roys de France et d'Espagne en guerre ; à là forme des Vénitiens et foibles potentats, se jettant tousjours du costé des plus foibles ; ainsi fit Henry VIII après la prise du roy François. Merveilleux secret de Dieu , qui a

maintenu ceste fenitte en prospérité , née en

inceste , adultete et hérésie ! qui doit faire espérer par ses deportemens sa punition en Fautre monde , puis qu'elle n'a peu ostre en terre. Sa manutention estoit Fimpossibilité qu'il y a d'accorder les roys de France et ^Espagne à l'entreprise qu'ils devroient, d'eux mesmes, esgalement oflencés , résoudre pour la conqueste de ceste isie : c'est la manutention de la religion catholique , leur utilité et Tengeance ; il n'y auroit pour trois mois d'occupation , eux unis , ce qu'il ne fout espérer : Tun d'eux tiendroit trop grand l'autre fortifié de ce royaume ; et encore moins de ce temps, que le royde France est, dès sa jeunesse, aucunement obligé aux Ânglois, et que le roy d'Escosse est roy d'Angleterre. Si n'y a-l-il personne au monde qui en puisse mieux venir à bout que Sa Majesté , pour sa grande valeur et hardiesse. Les huguenots n ont raison d'y contrarier par leurs articles de paix ; ils doi- Tent renoncer à toutes ligues , puis qu'ils ont liberté de conscience et que les catholiques ont abjuré leur intelligence estrangere. Sa Majesté seule est assez puissante pour faire cette entreprise et s'opposer à eux , pourveu qu'ils la tiennent secrette : un seigneur de son royaume l'a voulu faire. Le dessein est plus difficile au roy d*Espagne ; neantmoins ce qu'il avoit entrepris peut encore renaistre. 11 luy faut vingt mille hommes, dix mille lansquenets , six mille Espagnols et quatre mille Vallons. La plus grande difficulté est que c'est le prince le plus desrobé de tous les autres , et luy fau€h*oit ( s'il ne pourvoit mieux à ses finances ) des puits d'or pour mettre sus cette entreprise. Mal-aiscment l'archiduc en pourroit venir à bout ; il faut un courage extrêmement relevé pour cest eflect : si Dieu luy avoit fait la grâce d'estre maistre des Pals-Bas par la force, son entreprise seroit facile. Ces roys se pourroient accorder que celuy de France laissast le secours qu'il donne aux rebelles flamands, les pcrmist subjuguer au roy d'Espagne , qui en recompencc le favorisast à la conqueste d'Angleterre. Le principal seroit de trouver dvs asseurances , puis(iue les sermcns n'obligent los princes; et de plus le roy d'Espagne rroiroit TAngh^erre joincle h la France ne pouvoir tenir le Pais-Bas , de (|uoy il luy faudroit donner seurté par (pielques

ports à luy asseurés en Àngletc s'accorder d'un roy anglois qi lique. 11 estvray qu'au passé, les conquestes des François et E^a mal fortunés aux François au Naples ; c'est de l'ouvrage de D nera la victoire aux catholiques ront plus de religion que d'ambi Ferdinand et Isabelle , par 1 pape , inventèrent Finquisition c res nouvellement chassés d'Espa vit depuis contre les Lntherieni sont cruelles , les accusateurs d; compensés du tiers des confiscati deux tiers au roy et aux pauvr et les tesmoins sont parties ; les fort longues; là où elle est, i d'heresie. C'est mal , mais mal i sauve les âmes, les empesche d\ de paroles , garde les estats , h et biens , qui , sous couverture sont envahis : les disputes , les prophanes (source des doutes)' l'inquisition , disent les hérétiqu de liberté et pleine de cruaut ne s'adressent qu'au corps; le heureux pour le salut de l'ame; el de Dieu, puisque son Eglise l'api disent qu'elle oste le mérite , 1 Teglise par force ; y allant sans trainct le mérite en seroit plus ceux qui doutent ne se peuT( n'osant disputer ny faire des que sert la vengeance et l'avarice, est : que les sermons , les livr* vent lever toute mauvaise opii prières de Dieu qu'il nous fass< prendre le royaume des cieui petits enfans, en innocence et pu et ne désirer comme Adam de estre trop sçavans ; que l'avai geance ne sont frequens , puis sont ecclésiastiques et eslens de bien ; que les exemples de la i ces à leur devoir est suivie de ta nombre de peuple. Non que le républiques qui peuvent mainte ver la religion catholique sans silion , ne soient beaucoup plu:

sont excusables ceux qui en

B£6NE DE FRANÇOIS t

subjecUon , laquelle n^est point peceux qui yeident bien foire.

sens de guerre hors de leur pays » les- L*oiit place , forts ny retraicte , et qui t ne se fient à leur gênerai , n^ayant :>ute seureté que Tombre de leurs ens , combattent mieux que dans leur pa« og^noissant Tbasard auquel sont leurs t qu'une fois rompus , non seulement ennemis les courent, mais aussi sont :rés de la populace^ n'ayant aucun saen leurs armes.

>aix , la mort de M. d'Orléans perdent rance et changent les desseins du sieur vannes; se résout à se marier : le cardi- 3 Tournons gouyemant la cour avec Innebaut , qui cognoissoit sa valeur , luy se la fille du comte de Morver, son beau- » qui avoit deux filles d'un premier madont la mère estoit de Vienne, issue des is roys de Bourgongne , et ledict comte »rver de La Baulme sorty de la maison il* t de Grèce , qui foit le quinziesme comte tte maison. Ces deux filles (héritières LIT oncle de Listenois tué en Piedmont , la succession se partagea entre mes dale Sombemon , de La Fayette ^ et pres femme dudict duc de Morver ; les filles ssentans leur mère , qui furent «œurs et îeres dudict sieur de Listenois) obtindrent !rs de la susdicte succession. Le comte de rer avoit une fille de Toumon , qu*il donna de ses cousins de son mesme nom de La me avec tout son bien , et déshérita les i de son premier lict , qui restèrent avec en de leur mère. Le sieur de Tavannes, acpagné de valeur , foveor et bonne grâce , le choix de ces deux filles ; prit la plus e , laissa Taisnée au marquis de lia Ghami s'espousent en mesme jour ; sans perdre ^solution de suivre la fortune , ayant choisi retraicte pour tous evenemens.

1547] Le roy d'Angleterre Henry VIII rt , laissant la coronne à Edouart âgé de t ans. Ce prince avoit eu toute authorité

sur sessubjecCs; rompt lesbarrieres de prendhommie ; par luxure répudie Catherine d*A«ragon , dont il avoit une fille , pour Anne de Boubn , qu'il fit mourir depuis , convaincue d'adultère. Ce divorce n'ayant esté approuvé, il se fit hérétique; se déclare chef de l'Eglise : ainsi un péché est naissance d'un plus grand. Le roy François meurt à Rambouillet, âgé de cinquante six ans : les dames plus que les ans luy causèrent la mort; il eut quelque bonne fortune et beaucoup de mauvaises. Il eslevoit ' lesgens sans subject, s'en servoit sansconside* ration » leur laissoit mener la guerre et la paix pour se descharger. Les femmes faisoient tout, mesme les généraux et capitaines » d'où vint la variété des evenemens de sa vie , mesiée de générosité qui le poussoit à de grandes en* treprises , d'où les voluptés le retiroient a« milieu d'icelles. Il aymoit les sciences et les bastimens. Trois actes honorables luy donnèrent le nom de Grand , non la différence du petit roy François : la bataille de Marignan , la restauration des lettres , la résistance qu'il fit seul à toute TEurope. Se releva courageuse* ment d'un grand malheur et prison. L*excel«: lence de l'empereur Charles-Quint luy donne gloire; le vainqueur d'Allemagne, d'Asie, d'Afrique , de Gueldres , des Turcs , a borné son plus^tttre aux rivières de Marne et Durance , et fait naufrage en France avec deux grandes armées. Si du tempe du roy François hi division que trouva Charles VIII en Italie eust esté , il y eust foit de grandes conqùestes. Et tous ces beaux faicts n'estoient siïflkans pour luy acquérir le] nom de Grand, n'y ayant rien d'égal à Alexandre , Pompée et Cbarlemagne , honorés de ce tiltre : plusieurs roys de France ' qui ont faict plus que luy, Clovis et autres , n'ont pris ce nom de Grand. Mourant il des* charge sa conscience : l'alliance des Turcs ^ confoderation des Luthériens allemands es« toient les plus grands faicts d*icelie , ce qu'il n'estimoit , pour les torts que Tempereur luy avoit foits ; il recommande l'admirai d^Annebaut à son fils.

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HËMOmES DE GASPARD DB SAULX.

RÈGNE DE HENRY II

Le roy enlerré » la cour, la feyeur cbange ; le oonnesiable de MoDUnorancy est mandé du roy Henry» se souyenant des honneurs acquis par son moyen au camp d'Avignon et au pas de Suze » et de la honte qu'il eut à Perpignan» assisté de M. d'Annebaut. Le connestable luy avoit donné plusionra pnidens conseils secrets, cependant qu'il se contenoit sagement relégué en sa maison. A son arrivée il renvoyé MM. d'Annebault et de Tournon chez eux » lesquels suivirent le chemin du connestable par luy tracé en sa défaveur ; se retirent sans contestation. Aesloitle mareschal de Biez en crédit ; le connestable le ruine par son nepven de Yervin ; dit qu il ne se faut fier à Toncle duquel on a traiK±é la teste au nepveu ; suscite des accusateurs ; le mareschal est pris, sort avec un arrest ignominieux , depuis cassé à la requeste de son fils. Madame d'Estampes donne les bagues du roy François à madame de Valentinois, et sort avec son frère le cardinal de Meudon par la porte Dorée ; se retire ensamaison.LePoulin, Longueval,d*£scars f d'Antibes , Grignon , recherchés pour n'avoir fait cas du connestable en ses infortunes , eurent besoin d'argent et d'amis pour sortir de la leur. Le comte de Morver participe à hi défaveur du cardinal de Tournon son beau frère ; le connestable luy este son gouvernement de Bresse , le donne à La Guiche , lieutenant de sa compagnie. Le comte , parlant au roy la main sur l'espée , se justifie, blasmeses ennemis et n'obtint rien : la raison n'a lieu là où la faveur gouverne. L'on comprend le sieur de Tavannes en la défaveur de M. de Tournon , par son alliance ; il s'en mocque , dit avoir sa fortune en sa teste et eu son bras^ s'adresse au roy, qui lui maintient sa compa{;nie de gcns-d'armes , promet laccroistre d'honneur continuant son service. Le connestable , noclier et patron de la navire dont madame de Yalentinois tenoit le timon , con-

sent que le duc Claude de Guise ait le fl nement de Bourgongne, pour avoir Hfd favoriser M. l'admirai de Brion.et pgqr < avoit esté favorisé de madame ^TuTip ce nouveau règne ledit sieur de GaM m tient doucement avec le connestable 1 1 tement gagne Diane de Poictiers sur te; sition du mariage de sa fille aisnée k m d'Aumale ; asseure son crédit » dwt 1 firmation Ait le mariage de Marin j| royne d'Escosse, âgée de dix aptiP sa fille , que Sa M^jesté desiroit ppw ] phin François II. Enceste consider^MÎQii donne l'archevesché de Rheims à Gbai Lorraine son frère puisné ; favorise le 0 du fils aisné de Guise avec la fille in i Ferare, sortie de la seconde fiUa 1 Louys XII. M. de Guise balance la hvi connestable, excepté l'inclinatioii sa que Sa Majesté avoit à son compère , 1 nom il l'honoroit.

Le roy Henry eust les mesmei Mm son prédécesseur > l'esprit plus ftAtei peut dire le règne du connestatibla î dame de Yalentinois et de «M. de GWI le sien. U est source de^ malbeuni dd Éi donnant à deux seules maisona les f%| honneurs , finances et gouverneipmi < royaume. U s'est veu en Tune d'wselld sons en mesme temps uu copmeilebl grand maistre de France , un admirai , lonnel d'infanterie , les gouverneme Guieune , Languedoc , de Tlsle de Fti de Provence , capitainerie de La Bi les bois de Vincennes , les places de Bo! trente compagnies de gens-d'armes poa par ses amis, et en V nuire maison les g nemens de Bourgongne , de Champagn ueralité de galères , colonnel de la ca^ légère , plusieurs lieutenances de roy de leurs mains, vingt compagnies de

d'arme;». Nul no peut approcher du ro

RÈGNE DE HENRY If.

de ces deux maisons ; tout se donne reaxv recompenses et chaslimens; ft IMS les jours , estant maxime que cdeftBt des personnes en telle gran- Inr peuvent plus rien refuser, pour fi'ili ont d*euxy et de peur de per- % leor ont fait. Et sembloit que le tom\aré nvec eux de leur partir la I la mine de ses enfans et de son qai devoit advenir , sinon de son t après , rinimitié d'icelles maisons ; il en veid les préparatifs de

il eu monde est médecin , qui donne ■■Indes ; il est autant de gens se it qui veulent donner conseil; d*ea avoir un en un royaume , en nn siècle : il faut le sens naet Texperience des aRaîres.

m jnioox de ceste qualité , qui n*ad- 'ens an monde ; je les ay vens sur In ligne , oîi ils n'ont fait des mira- BS vois gouverner heureusement le ^ qnnfriesme en ces années 1602 et bien qni en réussit ne leur doit estre lins à Dieu , qui donne la paix pour a people. G est par luy que tout ce tencanseillent mal retourne à bien; m eux n*ont d'advantage de celoy qni ne se précipite au I n Ten tomber les autres. Tant de Bonslreroient le chemin aux que les plus habiles d'eux t de Aillir. Les vailians , fins , expe- » en bien alités , n'ont charge de |Ai n^entreprennent ; mettent dites grands , monstrent qu'ils ibbaisser; eslevent le peuple, les principaux par pensions, Htentious le nom d'oflicicrs rovaux ; ; les rebelles des souverains ; endu- HHty dans Testât , pour y recourir i; tiennent les su!*.' I«^ hauts pour In peuple , à ce qu'il ;• nse , disentsel 1 vivre qu'à se révolter : ils ne ien à personne , ne payent les gens- Le roy , ses enians , ont les charges , smemens , les compagnies, et nul «ressent peu de gens sans se con- : les finances et partie des armes

sont maniées par gens de peu : ils oiTensent plusieurs de paroles , sans se souvenir de ce qu'ils ont promis : en mesme temps , mescontentent tons les princes et les bravent , sous la seurté de la division qu'ils y ont engravée ; espèrent de forcer les gentils-hommes d'aller à la guerre , par Tarriere-ban et non par la solde ; il n'y a gouvememens ni grades que pour les enfons de Sa Majesté ; divisent toutes les charges , nul ne fait la sienne. Le roy fait et prend tout , laisse le reste sans argent ni autliorilé , désespérant les soldats , qui se vont faire tuer au pais estranger.

Geste forme de gouverner en antre tempe seroit dangereuse , et en cestuy-cy tout réussit , et de tout en vient bien : Dieu maintient la paix au peuple , pour la misère qu'il en a soufferte. J'ay veu que si les gens de valeur eussent cognen ne pouvoir parvenir, ils n'eussent retardé leur entreprise que do tempe qu'il faut pour la bastir : plus de division semée , plus fust esté d'amitié préparée penny eux ; les peuples se fussent rebellés pour les subsides , les gens-d'armes pour n^estre payés, les courtisans de n'avoir rien , et généralement les François d'estre offensés au lieu de caressés : le party huguenot enorgneilly d'estre maintenu et stimule à désirer de plus en plus , les gouverneurs eussent entrepris pour s'asseurer des places de leurs gouvememens , divisé en temps de paix , ne pouvant espérer d'ailleurs , et craignant leur ruine : les Espagnols eussent semé les doublons pour moîi^ sonner les hommes en la guerre civile , rendant ce qu'on leur preste sous main , et en mesme Corme. Tout s'endure, se soustient, s'estoufTe par l'arrest de la suprême puissance ; ceux qui voudront suivre les préceptes d'estat du roy Henry IV » n'ayant son heur ni sa réputation , périront. Ce qui la favorise est que tous les braves de son royaume sont enterres , les peuples ayment autant la mort que la guerre , s'estans faits sages des ruines passées ; les capitaines et soldats sont morts aux voyages eslrangers, ou habitent les maisons et labourreiit les terres des trespassés qui leur ont fait place ; et les courageux , voyant les gens de peu de valeur pourveus aux' charges, les mesprisent et se bannissent chez eux de toutes aflaires : les rc-

bellions des rebelles Iny ont donné la victoire. ^ Il y a des livres de préceptes d^estat; j'en mets pea , pour n'y estre savant : les princes ne doivent avoir gonvemement, principalement de frontières ; s'ils en ont , ne leur donner les places , et que les lieutenans du roy dépendent de Sa Majesté, et plus ennemis qu'amis des gouverneurs. Le roy ne doict donner à la prière des grands, à ce qu'ils B^acquierent des serviteurs à ses despens pour s'en prévaloir contre luy; doit commander que tout s'addresse à Sa Majesté : les conseils des gentils-hommes médiocres, peu alliés, sans desseins , vaillent mieux pour se maintenir que ceux des grands. Deux gouvememens , deux compagnies des gens-d'armes , deux regimens ne doivent estre donnés en mesme race; les regimens ni les places ne se donnent à des jeunes gens de bonnes maisons , plustost à vieux estropiés.

Un roy puissant ne se doit soucier de places fortes qu'aux frontières ; diviser les puissances, princes, ecclésiastiques, noblesse, gens de justice , financiers , bourgeois, marchands , laboureurs ; chacun sert Sa Majesté en son estât : empescher les intelligences , séparer chaque estât, gagner les puissances d'iceluy : il ne peut que les roys n'en ayent tousjours la meilleure part y qui esbranle le reste, avec la qualité de roy ; empescher leur alliance , continuer les subsides sans augmentation , pour ne suggérer le desespoir ; faire punir les grands par la justice et forme ordinaire; avoir les entrées de France fortifiées, et non autres , Lyon, le Havre , Abeville , Nante , Marseille , Tholose, Bourdeaux, Calais; et s'il ne peut estre maistre dans ses villes, fortifier de bonnes places fortes , y mettre de vieilles gens parens de ses enfans , et laisser les autres villes libres, lesquels ont cogneupar les dernières guerres ne se pouvoir mestre en liberté , et qu'il leur faut un roy pour en éviter cinquante , que la noblesse . plus grande qu*en Allema{;ne et Suisse , les fera tousjours venir à raison. Les places fortes en quelques endroicts sont nécessaires , parce que , n'y en ayant du tout point, la France scroit subjecte à estre vaincue en deux batailles , comme l'Angleterre etPolo{]^ne ; aussi n'y en faut-il , tant qu'elles donnent moyen de guerres ci-

viles. Entretenir Tamitié des Suisses m cessaire à un prince qui ne se veut que' V server ; rompre toutes sociétés , Ugaesetli frairies; gagner ceux qui peuvent ai pi huguenot ; mestre la justice en force » mit armes aux soldats , ce sont règles piMi maintenu*, différentes de celles d*iflilBi| querant, toutes inutiles sans la pra^Mj qui est servir et exalter l'honneur de 'Bl exercer justice , ne faire à aatmj qM0 qu'on voudroit luy estre fait, ne les rebelles des souverains , et ne injuste; foire grand amas de munitions dans les places assenréei; T rience monstre la force de Targent guerres , tant civiles qu'estrangeras.

Ceux qui entrent en foveur ne qui y estoient , craignans qu* estât le semblable leur advirâne ;• courtisan met autant en réserve qn^ quiert, la moitié pour sauver le venant naufrage : tout se garentit gent ; c'est pourquoy il ne craint les ches advenir, espère de passer là oà passés les autres ; la suitte des fiavoris p. cipe plus en leur ruine qu'eux menM de ce temps ils ont cherché de seortéàtf grande quantité de gouvememens et pfl fortes , à ce que leur maistre mesme nei puisse deHaire , lesquels , maladvaéSy pai moyen donnent naissance aux partis » doii division de Testât est souvent suacilée.

Soixante compagnies de gens-d'amas ] rent party avec ceux de Guise , de Chasifl et de Montmorancy ; les capitaines meneal compagnies entières aux rebellions; les dats , créés par les chefs , oublient le roi] multitude d'aguerris n'estans pas payés donne aux guerres civiles : l'experienoa contraire à ceux qui disent que , pour ei ce péril , ne faut point de gens-d'armei vaut mieux enseigner le moyen d'y remed L'Anglois a occupé la France , les Bonr. gnons assiégé Paris , plusieurs batailles ' dues par faute d'aguen*iment ; vingt au paix sans entretenement de gens-d*arme n'y aura ni capitaines ni soldats qui sçacleur devoir , dont le pais sera en proye» moitié conquis avant qu'avoir r'apris le I tier des ai*mes. L'estat doit estre sonsi

RÈGNE DE HENEY tt

3 du pais OQ estrangers , Tassistance e est peu utile et de grande despense ; >n peuple est dangereux; la noblesse ut bien senrir, estant entretenue en la nerie. Aux années 1603 et 1604 , la nerie est reduitte à quatre compagnies et de ses enfans , et deux autres compayées i moitié an connestable et duc ^enne. Le roy fait estât (si la guerre e donner quarante compagnies de cheg[ers à autant de seigneurs choisis de nsgentils^hommespensionaires qu'il en- ; espère de s^ayder de rarriere-ban par le terres de gentils-hommes , advenant Te. Cet entretenementestfoible; lesso^ u vellement leyés seroient peu aguerris : lemis du roy auront, avec argent d'Ane ou d*Eq>agney plustost fait des levées jr , et de meilleurs hommes; les soldats ront , ne croyant point estre obligés , ni ie serment ailleurs , n'ayant en France ur corps. Et quant à Tarriere-ban , si le rce encore deux fois les gentils-hommes ' à la guerre (ainsi qu'on fit au dernier d'Amiens) , il en adviendra quelque re- De plus y il ne s'en peut servir que trois , et , s'ils ne sont nullement aguerris , Sa \Vk ne peut r'estabUr la gendarmerie sans er des gens-d'armes à soixante persondont il se défie de cinquante , qui se ront aux foctions pour relever les maiaSbiblies et les partis ruinés. Le re- \ est : que le royi continue les pensions à nte des plus fidèles expérimentés des *, et employés aux gouvememens des [Mignies de gens -d'armes, par commisi seulement en temps de guerre ; laie finie , ils demeureront sans charge , ionnaires ou capitaines entretenus qu'ils eut. Et pour créer les gens-d'armes sans taines , que le roy commande aux baiUife voyer les rolles de tous les gentils-homet signalés soldats de leurs bailliages aux s de parlement , et maires des villes le biable; Sa Majesté choisisse en chaque ioce cent cinquante hommes , qui sont , seize provinces, deux mil quatre cens mes d'armes, des commissaires qui leur Dt foire montre , et non les capitaines pen-

Daires; qui ne a'y (ronvçTQAt. Adv^naiit

la mort des soldats , le roy y pourvoira Inymesme sur les rolles qui luy sont envoyés : vaut mieux qu'ils soient moins vaillans que re» conunandés par autruy de qui Us dependroient. Ces soldats ne se pourront dire estre d'autre compagnie que de celle de Sa Majesté, ne recognoissani leur capitaine qu'à la guerre. Pour un voyage qui se passe en six mois, si un soldat se met en la suitte d'un prince ou seigneur , le baillif ou la cour en advertira le roy , pour le casser. Les garnisons doivent estre nusslées de gens-d'armes de toutes les provinces , sons l'obéissance d'un chef , dont le conunandemeac ne durera que pour un quartier en temps de paix.

Qui se marie perd sa fortune entière on la moitié d'icelle : les femmes , les enfans , le mesnage, l'avarice, le repos, le pUîsir, la crainte de l'hasard , occupent , empeschent » rompent et accourcissent les voyages ^ entre* prises et desseins. Le meilleur âge de se marier est i urente ans , ayant, partie de la for^ tune qu'on peut avoir , et n'est trop tard pour laisser ses enfans en estât de manier ce qn^on leur laisse , ny trop tost pour en estre incommodé : c'est paradis d'y estre bien , enfer d'y estre mal. U y a plus de mal que de bien au monde, plutost se rencontre desplaisir que plaisir. Il y a cinq choses requises et difiicilesà trouver ensemblement : extraction de sages mères et de maisons signalées de preud*hommie ^ honneur , richesse , beauté et prudence ; manque une , le reste est imparfaict ; tout y estant , l'orgueil tourmente les mariés ; ces maux sont communs : si riche , plein de reproche ; si illustre , serviteur de ses alliés; si belle, la jalousie ; si pauvre , nécessité ; tellement que commodité et incommodité s'y balancent. C'est espouser des querelles, des maladies héréditaires , des procès , et souvent des debtes. L'on se doit marier , non pour ce qui s'esconle en deux ans , beauté , bonne grâce , aina pour ce qui s'augmente en vieillesse , sagesse et richesse ; sur tout regarder aux imperfections naturelles et héréditaires , tant du corps que de l'esprit, sans se marier à la fantaisie d'au- Uruy , puis qu'on se marie pour soy-mesme ; y estant , supporter les incommodités qui n'attouchent à Thonneur , comme le froid, le chaud»

les Ycrjuines^ et les vaincre par prudence j

résolution et patience. Et ne faut chercher en ce monde desconlentemens parfaicis, ainss accouslumer aux incommodités , soupçonnant son naturel , et se fnarder d*estre offensé ou s'attrister au moindre sujet qui se présente.

Les vivans se soucient peu des ordonnances des morts ; ce qui ne s'exécute de nostre temps, n espérons qu il se face après , si ce n'est par bons contracls , qui encores ne sont sans dispute. Donations , fondations , restitutions par mort, ressemblent à cehiy qui commandoit que son corps fust fouetté après son irespas pour Texpiation de ses |)echcs ; c'est ordonner de ce qui n est plus nosire, et esire libéral de ce qu*on ne peut emporter. ]/obIj{;ation des parens et serviteurs n est pareille que si les biens leur estoient faicts du vivant des donataires , estant assubjoctis de passer par la main d*autruy : ils sont plus oblig[és aux exécuteurs des testamens qu'aux delTuncts. Les petites fondations se perdent , les grandes sont décimées et amoindries , et souvent ne s en fait rien , si ce n est qu*au deffiaut de Texccution Ton ne donne les biens à gens puissans, qui, pour la crainte que Ton a d*eux> soient cause qu'elles s'observenL f Ce n'est rien de {pigner des balaillos , de garder les provinces , ny bit'u servir , qui n'entend la cour. L'estat est lamentable qui est sans certitude , là où reconipence et punition se donnent sans raison et pr faveur , où les subjects ont moyens de gagner Tune et éviter l'autre , en fraudant et forçant les loix. Misérable le règne dos enfans , et plus malheureux celuy des ignorans , subjects à estre possédés et gouvernés au préjudice de leur réputation , et malhein* de Icut estât ! Là où les particuliers font leur maison, s'enrichissent et font pour leurs amis contre tout ordre, B*ayant pour droict que la force et la puissance royale , de laquelle ils s'aydent à leurs plaisirs ; bannissant la valeur et la vertu , ayant pour suspects ceux qui ont ces bonnes parties, et réduisant tous les hommes au mespris d'icelles, puis qu'elles sont inutiles, et qu'il n'y a que la porte de la faveur ouverte : les grades réduits à non-valeur , profanés et donnés à personnes indignes , mcsprisés.dcs gens do cœur et de courage , les inventions , les cxac-

tiofi» infimes appliquées au seul advontagc des l'empereur , foible , déclara iv^^pHt

[iHI

favoris ; et le sang du peuple ny la Yoii celuy n'a aucun racours qu'à Dieu , qti celuy seul de qui il faut espérer le bias, royaumes. ,m

Voulant escrire des Luthériens, pdv|q| d'intelligence d'iceux , je répète leor oomW cément , dont j'ai dit partie cy-^esant. [jU^Ê Martin Lutlier presche contre la GraiaÎ4M| argent levé pour aller à la Terre Sniaelit^ vcrty et employé aux sœurs , oourlîiiiiii^ cuisiniers de quelques grand». La refiunMi| de ces abus , avec quelque presenl de beiq fice , eust arresté celte heresîe ; Lnllier a ot| fessé n'avoir pensé en venir si avant. (iSII 11 escrit à Sa Saincteté la faute de Ma4|mi teurs , le tient poiu* chef de TEgUse , m^ ses pieds sa teste et ses escrîts. La declr|| des prophètes et des apostres est née daSaiH Esprit , tout à un coup , non par piecaMM les Lutlieriens, selon qu ils estoient |iic(piM désespérés de salut. Luther est baa^r dâ p^l et de l'empereur [1521] en la diefle 4e Y|| mes : se voyant sans remède . ae «eaairal^l leur obeyssance , blasphème oeatre eaK^4 qu'il n eust fait si , après quelque rtkrmiâitlk on luy eust donné abeolulion et conferéÀi bénéfices, il rencontre le duc Federic de San en crainte de l'empereur pour sa graadeil^ et inimitié du pape pour ses exactions de ji croisade et entreprise sur son doohé et wé versiié de Vitemberg. Ce duc reioat de ^nf poser à eux par ligues et arsea, faute 4J I.eur Saincteté et Majesté de ne Tavoir et descliargé son peuple des exactions siastiques , et contenté luy et les doGieuisdl son université.

Ce duc , source de la mort eterBeUe mainc de cent mil hommes , pallia et au commencement lentement ceste craignant de perdre le gain que Iny sadictc université. Ce schisme , sanslay» aisé à opprimer à sa naissance [1539]. GM religion s'accreut par la liberté qa'elle de mal faire ; les ecclésiastiques se les princes se soustrayent de robéissaaee di l'empereur , les gentilshommes joaysseal d^ biens d'église , les villes impériales en de se mettre en estât populaire , vivre repreliensions [lo29]. A la journée de fiphi>

RÈGNE DE HENRY IL

<^te dn ^raaid neobre des LsttierieiiBae» > «pi^U ne ponvoit opprimer. [4532] Ih ^œ ligve avee ie duc de Saxe , bod*

CSreorge de firandeboui^ , Bnie«C Fnxti^ Luachwu^, ie prinoe *d'Ashalt, ^ iUes de Svna^bom^ , Norenbeng « Oïd^ ^< OnstMce. Sept pitaoes , vktgt^eiBf

confédérées «ppeKent «des «deGrets de 3ttx conciles 4egitines ; escriveol auroy «nce , qm tes famrise pour s'cfft iservke i^ewpercnr. LesLuthorieiis , asseariJés ^boarg , domieaC une confession 4e 4oy ; >ereiir diarinnite peor les {[serres des ^ ^ de France, les temst an txmciie , cant vn ooHoqoe. PmI Ratiaise aceerde lie de Trente en Allemagae , pour tenir ficile , fiarce q«e les Luthériens ne tout aller «en itrife^ et contnencent A se »arer comne 4ë ooncBe , disant appartenir mperew la convocation *d'kdiiy, que ; princes et -ministres y defoient avdlr

deliberatiYe. Sn oeste année [4537] les terîens s'assemblent à Smaicade, ponrit à letirHxmservation : le paifte Ant quelle{;ere refcrmtion. Ferdinand , roy de ne , le duc de iBromvich , et plosieurs aucaAM>Uqnes , ilindtation des Luthériens ,

ligue pour ae^maiiiteuk' contre les heretis , qoifprMesténtKsontreeuic. EnTanlMI^, and^rttte 'prend ie dadié de Bronstich , » que le dw 'fost déclaré cHminelnymis ban de Tetnpire. L^mpereur renionstre enclave des^nrdmaiix qne le roy empes-

le concile , «et qn^ils*&Ilie^an Tore, qu'il [ocie a^ec 4es protesmns; Taudience est liée auK François; r-erapereur à la dtete int secMrs contre enx , d'on vint son ene en Tnmee , et :prfse de Sainct Didier. »ert de -Brtmdboiii^v, seifpeur de Prnee , ^nd nmiÉtf^ s^é8t<»t feit duc, aidé du leranisme; est condamné de rempereur, Pelectite nouvelle de Wolfg^ang advouée.

favetkr des François sert tinK Luthériens et Turcs. L^empereMt*drt^'il eu$t 8uppi4mé a à sa naiftsance , et résisté à Tautre , sans jperanee i^e les Luthériens et le Turc dicnt du secours des François. L'an 4546 1547, Su Hajeslé impériale se prépare atre les Lutiieriens.

La necesiké vend les «mes justes f et li-

cencie de se reugct d^m aMdparvn aemUar iiie. L'enqierenr corrompt Boirboii et Aadi^ Dore , et est soupçonné d*avoir hk enpoK Bonner ledauphin; prendî^^«t Ktan mjnstement. Le roy Beatif éeanieame s^fda ées T>Hrcsetdes Ludnaiens ^emÊte iny ^ à«tt UasBiéde Tallianoe dn Tare, txwam toMy Henry triîsieame de MHe de Geavaes ipioy les Françsfis oi^eciant rkMrin par remporeor, le triiiot «t «riage preaatfié par Ferdinand au TurcàBmies, ponr posse» der rfionjfrie €t s'^Hier avec Iny ; ta paia en Afrique avec les liMeles; ralliance des i»^ ffloisercoanmaiés, recherchée par l^enfo*» iw. En Tan li4&, ils faillent, «is^oSnceitt*, -Us manqoent leas den^en raKance dn Vcre, des Lnâieriens «et rdbeieB : Aien lennewwye de tel pahi soippe. L*A«ciois, favorisant THognenot, cbaiige rompereor de te favonr donnée otk Ludwriens par les I>rançais : le poché dos ennemns ^ne-doit esare imité, ^^est celuy qnioondratpoor le contrahm. Les 4Balheurs de France vîenneiitdeialUaaoedaTnrc •et des hérétiques; d« fou qoe les ^Ft^nç^b ont aidé à wofller , ost sortie »la ^hnmne^qm a embrasé quarante ans leur pairie. CTeftwracle qu^il n'a eMé subjugué par 4es jlngfhiis on Espagnols , tant de sang , de Menset d^mts perdues , h postérité des VaHoys sans vie «t sans royaume , les parft demeurés «entieM i pouf ^servir de proieMoà la «ruine de 1a*eoronne.

Aucuns , agités et emtuyés des mouvemetts falots à cause de la religion, eonararieift Tadvis des prehits ; que c'estoit andioriserles*lintheriens de refermer Tegiise ; dîwttt quïl falloit dès leur prenàere naissance , iKMisaoatraincte , assembler le concile et pourvoir aux abtts; rendre , ou bien employer les demers de la croisade ; que les âmes se* sauvent par confession , satisfaction , repeotance «t pénitence , moyenant quoy le pardon des papes est utile, non autrement.Hjes Statues des saincts en Feglise , pour avoir milité sons îcdle , comme cèUes des grands capitaines aux *republiques, seroient ^ussi bien de costé aux parois que sur les autels. Le mai^age » défendu aux presires , et permis en la primitivéEgKse, le devroit encore estre , parce que les putains et bastards dos prostrés servent de prategiie

, eli|M sûct Pial à TUmotkéa dit qM le prestre m eoaleMera d'ooe MtthfénMe» doal ib te pevireat abstenir le jMr qa'ib diraH h aesse; qa'û ne demNt €elr« panMs de eeMnr qn'ea Tage de qnale aas, lonqve kseowapisceBcesi

à s'esieÙre ; les phn jeunes pouriiacre et psilaodâer ; que les tOBox perpecnelft qu'UsB'eosft ; pour les adÉtacres , peillards et Uasphéasiean.

Les lieretiquee faut pende qve les apestres donaoieBt, et qae les prestres preaneat; ib aUoieat pieds aads, et qo'eox aoat biea Testas; as obeyssoieat, qae les prestres ooaiibcherdMieatlapaix, et eoxditsaa-Ghritt pceachoit riiaaiilitfi aax desevts, les papes la gaerre ea trioaipiie; ipi*!! seroit aetrimnire de refotaser rorgaetl ctricheawde.r^gli» , et qae lesbieas estoient à ieelle par les cfarestieas , paar aese saSiaasde les séparer aa& 3i estûieat destiaés paar prier pav ks

riastmclioa de la jeaaewe> et résister lidelet; qaedepais, IlE^lise a party le biea des eedesiastiqaes ea tiers» paar les faaiias , paar les reparatioas , et poar Tabbé, etqae le det»icr prâd laat; qa*il eaiploye àsesparcas, basibMas, ^alaptés, chaste et ,€e qai est destiaéà pielé ; tieaaeat beaeficcs, et a'ea peareat desserqa^aa » laqael Is dai^eat esire poarreas Tesiaetisa de lears fircres , qai oat F iaqMK dasaaMas; qaele» papes se diseatseiaritaek et leaporek , qu'ils ae soat à Tm qae par raafre , se doîvent wtffgt à la saiacteté , hayr la gaerre , prèsla paix » excepté œalre les Tares et hepiaf ei accepter les estais qae Diea eav^a » saas seaer divorce ealre les s^agraadir» le» idaMaettiat les iadeas aaria^ges et laaaraises vies , ^exceaMsaaicaiiaa ay aeitre lear royaaaie ai saadaiaeawai ea proye. Lesquelles opînîoas oatesté rejettées, poar lacraiate que plasieurs atoieal qae les hérétiques » ayant obtenu par* tie de ces poiats , ils en denaanderoient d'an* Ires. Autres disoient qu il n*e$t loisible de faire mal afin que bien en advienne , et les papes M doiveat permetlr^ ny les juifs, ny les bor-

deU, ny fa i J^ "n ds b^

roys, poor cniaaeërknMf^vs

ny se samôer de ga^tt htn^^

m— ^fc^ «bwff m^^^ ^MM^B^

jiMe; que lea CMcfa mi^ papes,ieaq«elaaaaaciÉfc»^

faire garder lea deeraai HeeKn f oondlea dedaré les soat jasqpMsA «aaiftvm u^ SaiactEapriS, q« «aa*a » ^^^ apostres ^galeHWBC , €i§Êt km^^

tioa de l*Beliae , aealaaa« pm «^^ diverses opiniaM deceieBpMiff*^ qae Toa cherckoit ea vaa f^ta^^ deax relifaio—

Aneaas» plaapaliliqaei^^ii proposé qoe lea raya de FHÎtrr. 7^ d*acoord » poorraieat et devaniiii l*Eglise, estaet plaiitaii owaty >aes et iaventéea , ifaa adaaipt s < des hérétiques, a^appr papes, les pardons , le des prestres , les veyagcs, iada»

reliques ; qu'il fait dit mÊméwm\ de prédications ; ce qa'aiwsat. que les heretiqeea cm cremeas, et ae raagtfsiai a h de l*Eglise. Ajk«m les m wkfaatf\ leur alléguant que, sH prieront poiat les samcts , naMi

aa pargataire, nyae tTmémàp^^ vaat les images, aiasseakmifiis^ aux sacremeas de l*Egliie,iiuiF)»<* liques : proposition qui lav aMi i>'^ ^ les attirer à lareaaioa dei<knRiiP>' qaoy ils aoat voata aaesBeaa(<i^ Cela aest aae afire qaite pâseun par leshoaHaes;c*estamœim<kl«

qai toachera les ooearsdei pefl»^ ley plaira et qu*ili le am '

Les catholiqnes biea i propositioas vaines ;qamdbies 3 an concile gênerai oi kl hereiifsi^

roieat , meritokcaMat U jtfisdktioi est aax ecclesiastiqaes <P> ^^ ':^ , des maias iSaSaincleléaylacoid^]^

deroientaucuns des poiite sascripiS' que les hérétiques, après ea i^

quelques U», ta émÊlfft9^^^'

irerat^

RÈGNE DE HENRY IL

1^ religion catholiqne. Qoe don ^^^^^ offirandes , aux prières des morts, ons , ce seroit oster les deox tiers du ^^ amctorîté des ecclésiastiques. Les ( de la nouvelle opinion ne subilear Jugement , non plus qu'ils ont pass^, et Toudroient que tout se de pair à pair, ou du moins de leur ment; desireroient les évescbés et s » demanderoient les mariages des y et , généralement tout n'estans sa- , en Tain se chercheroit de les rame^ vraye foy ; le contentement de per- »editieuses seroit impossible. Les roys terre et princes d'Allemagne , qui it du reyenu ecclésiastique , ne s'en ent dessaisir. Le roy d'Espagne , qui servir des papes et de l'inquisition , et aaintient par l'appuy et conservation Itgion , ne consentiroît à ce traicté par d" estât y ayant faict une fraction des ]ues hors du meslange des hérétiques, autres potentats de l'Europe sont em«îs. ILe roy de France pourroit agréer ment à ce dessein pour réunir ses sub*tt diminuer la puissance des papes , mr les privilèges de l'Eglise galliet qm se serviroit nûeux des hérétiques filiés que le roy d'Espagne. Le roy eterre , qui a tousjours esté en crainte ince et d'EqMigne , lesquels royaumes , Il séparés , pourveu qu'ils ne se consent , le peuvent aisément ruiner. Ses cesseurs ont appuyé leur domination sur elUon de l'Eglise, joincts aux hérétiques magne, deFlandres et de France : faisant iction pour luy dans les subjectsdes deux le France et d'Espagne , pour s'opposer randeur de l'un et de l'autre et se conr , par les rebelles , de ses voisins ; pro* n qui cessera si les religions estoienl

Pareillement , les ducs de Saxe , comte n et antres princes d'Allemagne , qui ont »urs craint qu'un empereur leur ostast iorilé et rendist l'empire héréditaire , qui Qt aidés et ont faict une faction de la re- 1 latherienne contre la grandeur de la )n d'Aostriche , alliée à celle d'Espagne , •oseroient à ce traicté.

nsi par vdisQU» buiuaines il n*y a nulle

apparence de réunir les religions ; et ne la faut espérer que par miracles , ou bien que les roys de France et d'Espagne , sans connivence , trahisons , artifices , ny fauces intelligences , se résolussent tous deux , chacun en mesme temps^ d'assaillir les hérétiques en leurs estats par les armes, de la ruine desquels il y a apparence qu'ils viendroient à bout; et n'en pourroient estre empeschés ny par les Anglais ny par les Allemands, parce que les huguenots sont fort foibles en France , et que l'on sçait les moyens de prendre les villes mieux qu'au passé ; et ne leur reste espoir qu'aux mal contens catholiques françois, dont le péril cesseroit , d'autant que le roy d'Espagne ne favorisant point leurs desseins et ne leur donnant point d'argent , ils n'abandonneroient leur roy , et facilement par la force on changeroit en un mouvement les cœurs des huguenots et luthériens , ainsi que par icelle furent changées les volontés de soixante mil hommes à la reddition d'Anvers sous Tobeissance du roy d'Espagne. Pareillement Zelande et OUande n'estans point soustenus sous main par le roy de France comme ils sont, le roy d'Espagne les ameneroit à leur devoir et y feroit de bonnes citadelles. Il faudroit commencer ceste guerre en mesme temps , et non sous le prétexte de la religion , ains pour avoir les villes de seurté qu'ils tiennent , à ce que les roys d'Angleterre et princes d'Allemagne ne prinssent l'alarme que l'on voulust esteindre la religion luthérienne, et que pour le commun péril ils ne les assistassent ; encore que , quand ils le feroient, ils ne sont point à craindre , parce que les Allemands ne marchent sans argent , et que le roy d'Angleterre en fournira fort peu. Et en estant venu à clief en peu de temps , tant en France qu'en Flandres, ces deux roys résolus donneroient la loy à l'Allemagne et à l'Angleterre , et les contraindroient de revenir à la religion catholique : tout gist en une bonne intelligence entre eux. Et au pis , s'il faloit que ces deux roys entreprinssent la guerre contre toute la faction , je ne fais doute que , bien intelligens, ils n'eussent la victoire contre leurs subjects, et après aviscroient ce qu'ils dévroient faire sur les Anglois et Allemands ; par ce que la guerre se feroit d'autre

façon sous des roys majeurs et capitaines , qu'elle ne s'est faîte en semblable cas au passé , estant le feu et le zèle des hérétiques estaint et très aflbîbly . 11 y a créance indubitable (estant la relijiion chrcstionnne la meilleure), que Dieu assisteroit ce dessein , que tous les bons subjects de Tnn et de l'autre royaume doivent désirer et implorer par bonnes œuvres et prières envers Dieu , conseils , remonstrances et admoncstemens envers leurs supérieurs; de quoy j'ai escrit ailleiurs plus amplement.

. C'est la vérité qu'il n'appartient qu aux ecclésiastiques et théologiens de juger ou controller ce qui est receu de TEglise universelle, 80US la permission de laquelle aucuns se peuvent licentier de parler et respondrc à tant d'objections et calomnies des hérétiques , incrédules et mondains. Il y a trois sortes d'ecclésiastiques : ceux qui ont l'imposition des mains , les évesques , prédicateurs et curés , qui preschcnt et enseignent la doctrine cbrestienne , excitant le peuple à magnifier la gloire de Dieu , pureté et netteté de conscience. Le second ordre est des religieux et moynes, qui se sont volontairement séquestrés du monde , pour incessamment méditer et chanter les louanges de nostre Seigneur , iceux fondés et rentes à cest effect , et pour prier Dieu pour les âmes des defuncts. Dans cest ordre sont coux de Sainct l^enoisl , les Celestins, Bernardins, et autres rentes, partie desquels devoit enseigner au commencement ; et par Tintermission d'iceux les Jésuites fondés ont pris naissance. Le troisiesme ordre sont les Quatre Mendians , Cordeliers , Jacobins , Carmes et Augustins ; en suitte desquels les Capucins , Recolects, Carmes reformés et autres qui vivent d'aumosne 11 faut advouer que les hommes ne sont faicts que pour glorifier Dieu , et leurs devoii*s les y obligent; c'est pourquoy sont fondées toutes ces religions.

Pour le premier ordre , c'est le plus utile des li-ois autres , observant tant de vœux et de règles si sainrtement establies : ils doivent cslre révérés, prisés (»t estimés , sous la licence desquels plusieurs souhaitleroîent des adjonctions qui seroicnl sans aucun préjudice à la foy catholique, apostolique et romaine, ne touchant aux poincts principaux d*iceUe. De-

sireroient qu'au sortir des messes ou ai nés d'icelles il se fist de grandes et fe prières , adaptées selon les textes de gile, estant tout le peuple prosterné à { sans avoir csgard à ce malheor qui ei nu , que les hérétiques ont prévenu , i modier en firançois ; que tons les pseao se disent tant aux grandes messes qa*i près, lussent interprétés et chantés en 11 maternelle , demeurant seulement à | cer en latin au presU'e quiseroit àranl responses de ceux qui seroientau polp que les chants françois fussent plu ligibles que les traduits par les hen avec telle gravité et loisir , que les | les poussent entendre de mot à aulr d\'\citer leurs dévotions et lever leur à Dieu , et mesme chanter avec les pi ceux qui en seroient capables , les c tiens des curés très-firequentes pov toutes superstitions et idolâtrie du peu confirmant en une vraye et juste crean cuns eussent désiré que les prestres mariés , ainsi que sainct Paul dît que nistres de l'Eglise se contenteront d'in femme , leur donnant le choix d'estre ou non. Que s il y avoit du scrupnle d minislration dos sacremens à geos mai pourroit réduire à ceux qui auroîeBl vivre au célibat , ou qui seroient ea vk gi*andement âgés. Les oraisons et les mes en françois sont trèssaincts et très parce que les peuples n'entendeat p qui se prie , et mesme la plus-part de! très ne sçavcnt ce qu'ils profèrent ; ce qifil n'y peut avoir aucunes dévotions.

{galion est impertinente , que ceux qui leurs heures en latin quoy qu'ils ne 1 dont , puis que c'est à bonne fin , foo bien que ceux qui sçavent ce qu'ils \ en quoy il n'y a nulle apparence , 3 grande différence de l'exaltation et de (.este mesme incongruité est en Tori reli{;icux : de cent d'iceux il ne s'en tf dix qui enlondeni ce qu'ils chantent; c gi'îmd poché q^i'ils commettent , psain cinq et siv heures , dans lesquelles, n dant point (*c qu'ils proforent , ont teu socs ailleurs, tellement que, parlant

façon ù Dieu et pensant de Tautre aa 1

RÈGNE DE HENRY IL

^ entièrement centre leur salut. Outre ^91 mal^siisé d'astreindre entièrement ^^éeset son cœur une « grande espace, 'Voir l'esprit bandé à la fervente prière voit nécessaire , qu'ils ccmsiderent l'er«* qu'ails feroient si , parlant à un roy, ils ic leurs cœurs ailleurs , et combien plus t*e«idroient garde s'ils parioient aux roys u Boy de tous les roys. Il yaudroit beaumieux fcire les prières plus courtes et uanges , hymnes et pseanmes en telle itâ que la multitude n'alterast la devoy ayant asses de pseaumes et de louan* H>iir joumeliement en dire quelqu'unes , qu'il fnst besoin de tant de redite reiieans devotioD. Mais on ne leur peut parer In peine qu'ils disent avoir pour gaparadis , puis que tons ces religieux bien 5s , chauAés , nourris et bien vestus , aucunes incommodités. Et puis qu'ils ainsi entretenus j il vaudroit beaucoup IX que partie d'eux , et nommément les es ( puis qu'ils ne sont pour enseigner et cher), s'employassent à la guerre contre ofidelles , jou travaillassent , comme sera y-dessous , pour de leur revenu et labeur rrîr les pauvres , racfaepter les prisonniers mauia des Infidèles, et aller à la guerre ire ieeuK , là oh leurs confrères qui deireraient au Jogis leur feroient tenir Tar-

I qn'ils recevraient ou gagneroient : et nd U ne se feroit point de grande guerre ire les InfidaUes , toufijours peuvent-ils ( si ridies nobles et beneficiers y veulent con- )uer ) avoir de vaisseaux pour protéger les 'ealienssuriamer.

II est plus malaisé à reprendre et à treuver lire an Uioàsîeame ordre des Mendians , Cacins et auuw , lesquels semblent suivre le smin des apoelres , contraire neantmoins en qu'ils ne travaitleat point , et que sainct al dit par ei^pràs qu'il fout que chacun vive son labeur et de son travaU. Deux defaux u- sont objectés : un , qu'ils mangent le m des pauvres » attendu qu'ils ne font rien qu'ils vivent de l'aumosme , laquelle seroit auGoup mieux employée à tant de mendians, silies gens » vefvés et orphelins qui ne peunt gagner leucs vies. Plusieurs, accusés KVûir prie .4301 ordceplus pour avoir moyen

de vivre que par dévotion, comparés aux freslons qui mangeut le miel des bonnes mouscbes ; que les gens de bien sans eux porteroient aux hospitaux , où sont tant de pau* vres malades qui en ont faute. Autres biasment leurs façons de silice et de fouets^ de^ quoy ils disent macérer leur chair ; façon inu^ sitée aux apostres et aux successeurs d'iceux. Le jeusne estoit recommandé , non ces blessures , lesquelles ne devroient estre , quand ce ne seroit qu'à la considération des Turcs , qui exercent ce mesme chastimeut sur leur corps pour Mahomet et pour leur lubricité , s'incisant et bleçant par démonstration d'à-» mour à leur religion et aux femmes. C'est une grande défiance de soy-mesme de s'obliger i ces vœux extraordinaires , desquels plusieurs se repentent après. Il y auroit beaucoup plus de mente sans ces vœux , se garder de péché et avoir les mesmes dévotions qu'ont les sus* dicts religieux. Gomment est-il possible dç voir sans se plaindre trente mil jeunes hommes en ces rdigions , les bras croysés , vivans sans rien faire de hi peine et travail d'autruy; mandier , importuner de toutes parts , fas^ cher et l'estre à toutes heures sans considération , se jettant multitude dans ces ordres de mendians sans avoir pensé qu'en une guerre , une famine , faudroit que la plupart d'iceux rompissent leurs vœux et se comblassent de péché.

La reformation des rentes qui vivent sans rien faire , et des mendians subsistans par le bien d'autruy, appartient au ciel et à Sa Saineteté , et pour leur donner exemple semble qu'il faudroit fonder un autre ordre dans lequel se pourroient reformer tous ceux cy-des^ sus mentionnés , et en voicy le projet : !

Le premier fondement de cest ordre est , après avoir loué Dieu sur le travail , suivant le précepte de sainct Paul , non seulement que chacun vive de son labeur , ains aussi qu'il en substante les pauvres, et selon l'Escriture c'est donner tout son bien et suivre Jesus- Ghrist que donner le travail de ses bras au^ dicts pauvres. Leurs vœux serontd'obedience, de travail pour les pauvres , et de chasteté; et quant à ceux qui excéderont l'âge de cin« quanie ans , ils pourront célébrer la messe « on s ils ont esté si heureux d'avoir atiaint le

UÛ

don de continence , et non autrement. Se dira une seule messe en leur église , après laquelle psalmodieront tous les frcres en firançois l'espace d'une heure , et à la fin d'icelle se feront des prières en la mesme lang^ue sur Tevang^ile du mesme jour : se rassembleront à cinq heures du soir et psalmodieront une autre heure : tout le reste du jour seront employés à travailler de plusieurs mestiers , tant à labourer qu*à tous autres arts roecbaniques , et seront obligés d'apporter l'argent de leur {pin à un recteur qu'ils cstabliront dans leur couvent. Ces deniers seront employés à nourrir les vieillards de leur ordre, et le surplus donné aux pauvres, ou dans une bourse pour rachepter les prisonniers. Que si leurs moyens se trouvent plus grands, pourront cstre employés à soudoyer ceux de leur ordre qui voudront aller contre les Infidelles, se nourriront de leurs bleds , vin et jardin , et de l'argent provenant de tous les autres mestiers à quoy ils travailleront, sans neantmoins aller dans les boutiques parmy les marchands, ainssecontcnlerde débiter cequ'ilsaurontfaict dans ledict couvent , et ce à ce qu'ils tiennent à honte de demander Taumosne , ayant moyen ]>ar leurs bras de se la donner et de la donner aux autres , s'altstcnant entièrement de mal faire. Et en cas que quelqu'un d'eux tombast en quelque forfaicture , seront dégradés de l'ordre. Leurs habits seroient décents comme ceux des religieux. Les Jésuites approchent de cet ordre , n'estans obligés qu'à une petite messe , et à travailler le reste du jour pour l'éducation des hommes.

* 11 y a eu de grands abus en l'opinion que l'on a voulu donner au peuple qu'il revenoit des trespasés , ou que les démons se monstroient aux personnes. Plusieurs hommes d*église y ont eu beaucoup de tort , lesquels ont feint que par fois les âmes retournoient , à ce que les parens qui estoient en opinion qu'ils estoient en peine , fissent des donations pour les en retirer. L'esprcuve de cest abus est qu'il y a cinquante ans que ceste créance estoit si grande dans l'esprit des personnes , que , soit par l'appréhension qu'ils avoient , ou par ceux qui contrefaisoicnt les esprits , il se trouvoit peu de personnes qui ne dissent en avoir

veu et ouy^ pou une fois, mais plusieurs.

Maintenant que les hommes sont plus fi que la religion débattue a plus esloig abus , il ne se treuvera de cinquante i dise avoir veu ny ouy les âmes desditi passés ny les esprits. Et ce qui monsti l'abus , est que les Luthériens ny Hogn qui en devroient estre les plus tourni et qui n'y croyent guieres , n*en V03peil du tout ; à quoi on peut objecter que qu'ils sont hors de l'Eglise et comme p< les esprits ne se manifestent à eux ; m traire , c'est à ceux-là que les boBS < devroient paroistre pour les remettre • chemin , on si l'amitié se conserve encor du monde , les visions des parens oiort viroient pour les admonester s'ils pou revenir. Neantmoins il se faïut confonnc qu'en dit la saincte Escriture , laquel assez forte et puissante en vérité, sans qu besoin par mensonges et fables d'exe dévotion. En quoy ignoramment oat ceux qui disent que telles choses soient blés pour augmenter la dévotion; onti c'est grandement offenser Dieu , qui n^ soin de telles feintes pour magnifier i ligion, ains aussi icelîes desco^vertei naistrc l'impiété. Tay cogneu un gentillM et une dame qui , cstans coucha ra n lieu là ou l'un fut tué et l'autre monmt après , songèrent leur mort et la predir matin quasi en la mesme forme qu'elle »i sçavoir si c'est un instinct naturel ,00,0 nous croyons que nous avons de bons et ^-ais anges , si ceste révélation procedoi ceux.

La France est subjecte aux décret conciles. Et ne sert d'alléguer les prifi de l'église gallicane , qui devoit plier si concile de Trente , légitime pour estre c que du pape et de l'empereur , puisqi tout temps l'un ou l'autre ont eu poovc l'assembler. Le pape a ceste puissance qu'il est chef de l'église , et non renqpei les princes n'y ont point de voix deliben c'est aux successeurs des apostres, eve et ceux qui ont l'imposition des mein pluralité des voix n'y est point admise, ceux qui sont proveus de tout temps ao nisteres , moins les hérétiques , y doivrat

part. Ceux qui oat ri0ipositio& des naiM

RÈGNE DE HENHY II

oict les joges des hérétiques^ qui ne tint : le pape est chef de TEglise , suc- * de JesQS-Christ, sainct Pierre et aui tiennent la place du souverain sacrir d^Israêl ; et neantmoins aucuns croyent eut estre déposé par un concile. Les lUx Teslisent , qui sont ses créatures : desireroient qu'il fust esleu par tous sqaes , et selon Tancienneté ceste esse faifioit par le clergé , sous lequel itoit comprise une grande partie des astiques de FEurope , et dont la nomiesloit après confirmée des empereurs que les cardinaux fussent créés : puisas conciles ont approuvé la forme de élection , il faut croire que c'est la vote Dieu. Maintenir qu'il ne se doit rien r aux conciles que ce qui est aux Escriaincles , est un erreur » pourveu qu'on contre les ordonnances d'icelles; les îs ont puissance de résoudre sur Tordre ^monies du service de Dieu. Il eust esté !ir de reformer Teglise ; c'estoit vaincre therîens tout en un coup , leur estant le . de parler de l'argent de la croisade , Tces , bastards , questeurs et idolastres, lant sa vie , et rendant la doctrme intel- 3 par presches frequens; ils n'eussent que dire , et ne fussent esté suivis mesmt , si on eust donné et lasché quelque pour satisfaire à l'ambition et avarice jrs autbeurs.

plus-part des biens de l'Eglise sontdon- •our prier pour les morts ; les hérétiques, (S le purgatoire , appauvrissent icelle. Us . objection que la miséricorde de Dieu , •rimans sa justice : à leur dire, le mest et le bon , repenlans esgallement de i peschés , iroient en mesme lieu ; le mau* luroit meilleur temps que le sainct^ ayant e ans de voluptés, s'il estoit quitte pour epentir. Les âmes purifiées , ayant satispar pénitence , entrans au ciel n'apporaucune envie ny ennuy à ceux qui ont mourir leurs corps ou trahy iceux , sçais qu'ils ont esté punis et purgés au purga- ^ ou justifiés par la miséricorde de Nostre neur.

est péché aux gentils-hommes de posseles biens d'Eglise n'ayans point d'enfans

pour les y colloquer. Us respondent que ces biens ont esté donnés anciennement pour ceux qui maintenoient la religion contre les Turcs, qu'ils les ont pour avoir servi contre les he* retiques, par la tolérance des papes, bien advertis que le roy les confère ; s'ils ne les acceptoient , ils seroient donnés ou à des hérétiques ou à des femmes , et qu'il vaut mieux que les gentils-hommes les possèdent ; pour-* veu qu'ils fassent faire deuement le service ^ selon l'intention des fondateurs. Et encore qu'il se die que Sa Saincteté le tolère sans son sçeu , ou pour n'y oser remédier , craignant que les souverains se dispensent de l'obey»sauce ecclésiastique qu'ils luy doivent : pour le premier , il se sçait véritablement que Sadicte Saincteté est bien advertie de cest abus , et ce qu'il n'y met ordre en fait la possession plus à la descharge de conscience : et quant ausecond , de la crainte des souverains, TEglise ne doit plier, ains trancher, maintenant la vérité et justice.

Les péchés ne se commettent qu'à faute de foy : si nous croyons la vie éternelle , au lieu de demander le bien d'autruy , nous donnerions le nostre aux pauvres et nous ferions hermites; celuy seroit fol qui voudroit avoir un quart d'heure de plaisir pour mil ans de mal ; moins est nostre vie au pris de l'éternité. Et si les roys et souverains gravoient ceste créance dans les cœurs , tant de guerres mal fondées sur l'ambition seroient esteinctes , et tant de procès mal entrepris laissés ou bien terminés.

Sans la grâce de Dieu ce que Ton pense qui qui édifie ruine ; les richesses accreurent an commencement l'Eglise , et l'abaissèrent depuis , ont fait plusieurs Luthériens pour voiler les biens ecclésiastiques , et sont empeschés de cognoistre leur erreur par l'utilité des bénéfices qu'ils possèdent en propre. Le diable, par les ministres , propose aux evesques d'Allemagne de faire de leurs eveschés des duchés héréditaires : le grand maisU'e de Pruce de Brandbourg suit cest enseignement , et se fait duc de Pruce avec moins de droict que n'a aujourd'huy le grand maistre de Maltlie. Les chanoines n'eslisent plus d'evesques de grande maison , depuis le mariage contracté par Trousex, evesque de Cologne , en Tan 4584> qu'il fut forcé de renoncer à son evesché.

C'est bien fait de donner aux pauvres misérables qui souflrent en celte vie , cela est agréable à Dieu ; et quand il n'y auroit autre considération que riiumanité sans espoir de récompense, encores se devroient-ils assister. Le bien que nous possédons , Rostre Sei^jineur nous Ta donné sans Tavoir mérité , et les avons acquis souvent sans rien faire , soit par succession ou le{;cr travail , aucuns par flaterie des princes , autres par larcins , vi plusieurs i qui ils viennent eu dormant. S'il plaisoil à Dieu, il donneroit aux moindres paîs;ms tous les biens que les riches possèdent , lesquels , par la foy et service qu'ils font à Dieu avec leur ignorance , les méritent mieux.

Si les serviteurs sont assis sur le trosne royal , et les roys prosternés en terre par la puissance divine , combien le devons nous remercier, puis qu'il nous maintient en nos honneurs et biens , et ne faire comme plusieurs qui ne veulent donner aumosne , entrans en considération que ceux qui la demandent n'en ont point de nécessité , qu ils ont tous leurs membres et ne sont point malades , qulls peuvent gagner leur vie , que mesme c'est pécher de leur donner, les accoustumer à mandier et les rendre paresseux , pour avoir pris une habitude en ceste façou de vivre , et les nomment saouls d'ouvrer. Tels sont plusieui's pèlerins» qui pour vivre font quatre et cinq fois le voyage de Sainct-Jacpies , non que je veuille dire qu'il n'y eu ait phisieiu*s ({ui les font à bonne iiileution; iniiuis qui Tout croire avoir esté bruslés ou voilés sur la mer; autres feignent esire malades ou estropiés , et n'ont aucun mal. NcantmoinS; ne donnant point à tout<*s sortes de personnes, et voulaus fair(î le jugement de leur nécessité et pauvreté de de nous mesmes, nous Ireuvons excuses impertinentes, la charilé se refroidit en nous contre nostrc devoir, et ne donne-on rien à plusieui*s qui en auroieut grand b«^soin et neccssité ; tellement que je louiTois qu indilleremmeiii Ton donnast à tous ceux qui d<'inandent l'auniosne, peu ou iM*aii('ou|), selm le jugement et la cognolssancc» de la pauvreté; et donnant à bonin; iniiiiiiou, le bienlaiclde l'aumosne retourne lousjoin's à criny qui la donne, et le péché sur ceux qui, nen ayant point de nécessité ; demandent , d'autant qu'ils

siMublent dérober Taumosne des autres , minuer la charité des donneurs. U ?a mieux en donner à cinquante qui n'en e point de besoin, que d'en refuser à i en eust nécessité. Les vrays pauvres se estro|Hés , malades , vieillards , qui ne p< gagner leur vie , les orphelins , les ps vefves , les passans et voyageurs qui se mis en ch<<!min sur des espérances i tueuses et tombent en nécessité et m Entre tous ceux qui mangent le bien de vres , semble que sont ceux qui joahM bénéfices , les moynes , les abbés et rdi| les j(>unes capucins qui vivent en op cordeliers et autres mendians qui pooi gagner leur vie. Les fondations et les donnés à lEglise sont esté foictes pou choses principales , Tune pour louer et à cause du purgatoire pour prier pc âmes des trespassés ; et font trois pai biens donnés à TEglise , l'une poiur les rations, l'autre pour Tabbé , et la troii pour les religieux et moynes.

Pour le premier , ceux qui font de i œuvres en donnant aux pauvres, font que s'ils faisoient prier incessammenl eux pour les autres fondations ; c'est I vérité que la création de l'homme ne pei refei*ée à autre chose sinon que pour Dieu , à quoy nous sommes totalement ol

Ceux <)ui jouissent des biens d'EgUi peuvent mettre le tiers aux réparations tans les ruines si grandes qu'il y pnissi employé : ils en donnent fort peu aux pa et voit on par toutes les abbayes des a ({ui vivent avec plus de contentement repos sans rien faire , que ceux qui s monde , tellement qu il sembleroit qn qui ne sont point en religion sont ce sont reli{peux , ayant plus de peine et • vail d'esprit ei de corps que les moyni sans soucy sont bien nommés et ne p une seule heure de leurs plaisirs, sans modilé aueunc , ji)ueni , chassent, se | nent, passent leur temps, ayant ceki c ipie les lais, qu'ils n'ont aucun soucy; sieurs dcvroient rou{;ir quand ils dise par la |)ein<^ ((u'ils endurent en ceste v< ils gagnent paradis. C'est pourquoy les j

méritent niieux qu'eux , parce que du

RÈGNE DE HENRY IL

illent et enâeijipfteiit , vont prescher leles et sont utiles ; au conlraîre ceux Retirent aux coovens ne servent an

ni souvent à eux-raesmes; qui fait ver estrange si maintenant les hom- 3g^noîssans les abus , ne donnent plus k: enlises. Et à te vérité ceux qui sont agnés de pieté et charité doivent estre ^é^ comme ils disposeront de leurs ^uand ils voudroient iaire de fondamme au passé; enfin , par décimes, ns <le rentes et venditicm de biens ec> iqixes , tout vient à rien , et demeure

de tant de fondations faictes , que , rznission du pape , telle église qui doit essGs est dispensée de n*en dire qu*une >us les fondateurs, parce que toutes ites sont perdues on vendues. Telleue je louerois de faire bien et donner uvres du vivant des hommes » par une ! qu^on leur departiroit , tant pour mas filles que pour tirer tout pour un coup ivre té les misérables, ou bien donner »spîtaax qui sont bien réglés , et dont it n'est point desrobé ni affecté aux > de& principaux des villes et adminisrs des hospitaux , qui par faveur y ad- Qt ceux qu'il leur plaist ; si ce n'estoit que >e permist , ainsi que j*ay escrit , de faire uvel ordre, qui, après avoir loué Dieu lin deux heures , s'employeroit le reste UT à travailler pour les pauvres , ou pour ' contre les Infidelles.

tiry de fironsvidi , pensant venger sa , Taccroist; tenant mal à propos de relerir son pais , est pris du landgrave en lie , demy traictant. Le concile commence 3nte lentement , pour n*oster le moyen de ; les points de Vberesie ne se décident , derant le succès des armes préparées, odgrave (sans fruict] confère avec Ternir ; de mesmes les ambassadeurs des Lu* ens à Ratisbonne ; ils se retirent au bruit I guerre. L'empereur sépare Moris et dbuurg, qui rompent leurs sermens et doanent leurs amis confédérés par am- Q de Telectorat à eux promis par Sa Ma- , qui le vouloit ester au duc de Saxe; el duc^ avec les villes impériales , s arme

remieri pénétrant le but de Tempereur

par la paix de France et d'Hongrie qu'il avoit faicte; jugent que c'est à eux à se défendre; ils pouvoient chasser Tempereur d'Allemagne , qui n'avoit encore de forces. Le nom , la réputation de César combat pour luy, campe foible seurement près Eyngueiscbetat ; attend de toutes parts quarante mil liommes de pied et douze mil chevaux pour empescher la venue. Les Luthériens occupent l'entrée d'Italie, s'amusent à camper quand il faut assaillir, donnent loisir aux forces estrangeres de passer. L'empereur à Landsfreit joinct treize mil Italiens , huict mil Espagnols , trois mil chevaux, tourne aux prolestans, passe le Da* nube à Eynguelschetat et se fortifie dans un camp fermé. Les Luthériens attaquent et perdent Toccasion ce jour-là, que le retranchement de Tempereur n'estoit en defence, lequel fut achevé la nuict d'après. Le landgrave decampé loge à Tonnenver ; il a nouvelle des froideurs des roys de France et d'Angleterre à le secourir. L'empereur , joinct avec douze mil hommes du comte de Bures, suit ses ennemis , costoye le Danube pour avoir vivres , prend neuf bourgs , fait revue de quarante mil hommes de pied et neuf mil chevaux , s'advance devers Donnenvert : les Protestans costoyans tiennent le chemin de Marlinque; l'empereur en bataille menace leur flanc ; eux retournent à luy, la rivière d'Aigre entre-deux. Sa Majesté prend Don* nenvert et y campe, incommodé (par la prise de petites villes sur le Danube ) des Lutherriens. Ghestel, colonnel d'Ausbourg, mescontant, les abandonne; Tempereur, marchant à Oulme^ s'arreste pour l'arrivée des Protestans , se loge advantageusement et les fatigue. Cependant Ferdinand et Moris prenent le duché de Saxe , les Luthériens se fascheni^ se séparent; l'empereur perd l'occasion de les défaire : à ce départ le landgrave se retire chez luy; Tarmoe reste au duc de Saxe, qui s'esloigne de l'empereui. Cependant le comte Palatin, la ville d'Oulme et le duc de Vitemberg se reconcilient à l'empereur , le duc de Saxe reprend partie de son pais j le concile se retire à Bologne malgré l'empereur , qui reçoit la plus part des villes imperialles traictant avec luy. Le duc de Saxe r'entre en réputation par la conqueste de son

MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. [ific

pais i Ferdinand et Moris demandent secours, Temperear goûteux y court ; le duc de Saxe amené avec luy vingt cinq mil hommes , campe sur la rivière d'Elbe à Milcdebourg , ayant bruslé le pont, 24 avril i547. L'empereur gagne des barques, et d'iccllcs le passage de la rivière par la vertu des Espagnols , passe à guay sur un pont de bateaux soudainement faict au dessus des ennemis qui le pouvoient charger à demy passé ; eux inexperis à Talarme , voulant gagner un bois , sont chargés et vaincus par Tempereur: le duc de Saxe pris et la victoire entière , tout favorise le vainqueur. Vilcmberg est rendu pour salut de la vie du prisonnier ; toutes places de Saxe , hormis Gotta , semblablement; chacun traictc. Le landgrave vient sur la parole de ]Moris cl Bi'andbourg qu'il no seroit prisonnier perpétuel; Tcmpercur luy fait signer estre à luy Tinterprotation des articles de sa capitulation , et aprrs il le constitue prisonnier , interprétant le traicté artificiellement, que ne le pouvant tenir en une prison perpétuelle , il le pouvoit mettre en une terminée à sa volonté , d'autant que le mot ehich en allemand si{;niiie à jamais. Sa Majesté interprète qu'il a promis de ne tenir ledit Landgrave perpétuellement prisonnier , mais que c*est à luy à définir le temps , en intention de le prolonger à sa vohmté. Sadicte Majesté victorieuse tient dielte ù Ausbo(n*g, contre ses premiers manifestes, qui disoicut la gueire n' estre pour la religion ; fait promettre d'obéir aux décrets du concile. Moris et I^randbourg allèguent des exceptions et ne laissent de signer , espérant retirer le Iand{;rave. Le Palatin par crainte , et les ambassadeurs des villes luthériennes suivent et accordent le concile remis à Trente à la poursuilte de Tempereur; tout semble se disposer à l'oheyssance de l'Efflise , les eœurs oH'encés ne se descouvrent. Mûris et iirandbourg , mes rontans de la prison du landgrave, auquel ils avoienl donnié leur parole , faschés de la perle de la liberté d'Alleniagne qu'ils apprchf-ndent , commencent des sccreiies men«'cs lonire renipereur.

I.i' i«y Henry est coronné à Heim., fait de belles et peu durables ordonnances, envoyé luie ;uiiice , sous M. d'Essev, en Escossc , au

secours de la royne , vaincue en bataille p les Anglois , en haine du reffus de sa fille i roy Edouard ; les François battent les Ai glois , prennent Sainct André , amènent Mai Stuard , âgée de six ans , depuis royne < France.

[io48] Fn ladite année , les deux Ûiari de Bourbon et de Lorraine , nouveaux cwl naux , sont envoyés à Rome disposer le pij contre l'empereur. Antoine de Bourbon p François de Lorraine , espousent Jeanne (Ta bret , et la fille d'Hercules d Est , docdeFt rare, et de Renée de France, fille dnroyLM douziesme. Le roy visite son royaume à la de l'esté , année 1548 , hausse les gabeles < (iuienne; ceux de Xaintonge» AngoiilmiM Bordeaux , en nombre de cinquante mil hB mes , s'eslevent , tuent gabeleux , of&deim gouverneurs. Le sieur de Moulins , lieutOE de roy à Bordeaux , sorty imprudemmenU chasleau Trompette , est massacré ; ce éem poir ne produict aucun conseil à ce pea pour durer ni sauver leurs vies ; se dissip sans ordres, ne se préparent , emporteiL butin qu'ils avoient pillé.

[lo49] Le roy leur envoyé de ham paroles , et de mauvais efiects , par le ■ nestable , qui este les vies et privilèges séditieux ; ils cognoissent leurs fautes g mieres, et la seconde, plus grande, pi n'avoir cherché salut , pour n'espérer salu

Dieu donne un fils au sieur de Tavamc qui porte les noms des roys de France es Navarre, et de feu M. d'Orléans, He Charles Antoine : madame de Savoye conmiere. Foi'ce lances rompues, comba pied et à cheval , à l'imitation des chevak. errans , despense dix mil escus à Dijon , < ceux de la ville erovent la bourse du s (le Tavaniies espuisée , luy nommCâiL escus ; il I( s î'eeoil à injure , et en vingt mil sir la table, reste de sa c pense; it^sinoignage que sans 11 faveur t roys , desijuels il ifavoit encores guierese ses biens esifMeni grands.

En sièges , en campagne , tous parlens sont dangereux , principalement au pi loibles; l(»s soldats p vient courage, ■ gligeni , se corrompent, trahissent et il dent souvent leur chef; Tespoir des Ir

RÈGNE DE HENRY H

is5

^t divertit les capitaines , le desespoir . dLoirne resolution suivie souvent de '• Je pms un meschant chasteau Sauvée cent cinquante coups de canons; lant le capitaine traicte d*un costé , aux lusades de Tautre nous remportions ît , moitié paix, moitié guerre. On est > si on parlemente , faut estre asseuré soldats, et de les pouvoir persuader ïst pour tromper Vennemi. Les traictés doivent entamer sans estre résolu de ir les moins mauvaises conditions , que le parlement est un tesmoignage grande foibflesse , qu'il oste le courage ssiegés, qui, après les traictés rompus, peuvent remettre en la mesme assiete estoient auparavant.

: entreprises d'estat , le tiers manque par s , l'autre par corruption et légèreté, donner moyen aux misérables de faire 'ure fortune , et obtenir pardon de leurs > , accusant les conspirateurs sans danans hasard, recevoir plus grande recomqu'elle ne lui eust succédé par Texecule Tentreprise. Les petits desseins sont ï supprimer, les grands à descouvrir ; et lais tels desseins furent dangereux , c'est ! temps que la trahison et perfidie règne ; ereux desseins à celny qui les trame sans ^té de sa personne. Fols sont ceux là qui ny pensent faire peur , et par icelle ini leurs contraires à traicter advantageurnt : ce qui ne se doit que par la force ^e, sans rien espargner, préposant le subde l'entreprise à toute autre considéra-

e nom , la réputation , la terreur combat^ pour les grands : ce sont vanités qui t pouvoir parmi les fins. Les roys ne sont sans forces , aussi aisés à combattre mal »mpagnés, que le moindre soldat de leur ée. Combien se trompent ceux qui les vent plus habiles qu'ils ne sont ! à cause eur nom , croyent qu'ils ont pourveu à ce Is n'ont pensé n'en ayant le pouvoir; ils L subjects à estre surpris comme les autres unes. Le principal est d'oster l'opinion qui parmy les gens de guerre , et 1 r m^ js- ' que le nom d'empereur , sans forces erries, ne doit estre en estime.

' Les passages foibles , gardés par peu de gens , leur amènent plus de ruine que s'ils estoient en resolution de combattre sans deffendre le passage ; lequel perdu , perd le cœur des soldats , et hausse celuy des assaillans: qui attaque a l'advantage. Et ne se faut abuser à garder un passage ou re«tranchement foibles, si ce n'est en resolution de se perdre dans la perte d'iceluy.

Il ne se faut fier , ni se jetter dan»>un peuple irrilé qu'en tuant; il n'y a foy ni pitié: si elle est aux* plus proches les esloignés les poussent , tuent et massacrent : les trois quarts ne se peuvent faire obéir au reste. Sur la dispute du salut de la vie de ceux qui traictent» l'on doit deflendre le logis et l'advantage ; s'il ne se peut garder , résoudre promptement de se perdre valeureusement , ce qui estonne le peuple et la mort mesme : mieux vaut mourir les armes en la main , en réputation , que , les ayant posées , estre tué par derrière. Et quoy qu'il y ait une grande multitude de peuple , lors qu'il faut entrer par une porte estroicte , aucuns d'iceux ne veulent mourir les premiers , et donnent temps de se deffendre ; le mal est qu'ils n'ont point de foy , et que les capitulations et compositions sont mortelles.

Les roys desobeyssans aux conciles, à l'Eglise et à leurs supérieurs, leurs peuples font le semblable en leur endroict; les seigneurs n'obeyssent aux roys , leurs subjects et soldats les trahissent : qui ne recognoist une puissance est sans puissance.

Véritablement l'obéissance se doit aux roys par subjection et utilité ; nais sous la monarchie , nous sommes obligés à la conserver ; y faillant, c'est se procurer infinis malheurs, meurtres , exactions , bruslemens , forcemens, accidens peculiers aux changemens d'estat , joinct à la division d'iceluy qui s'ensuit ; et vaut mieux obéir à un mauvais roy paissant, qu'à plusieurs souverains et republiques , qui partagent les royaumes , lesquels s'entrechoquans pour leur accroissement l'un contre l'autre , réduisent le tout à pluralité de tyrannies. Bien est-il loisible de souhaitter et prier Dieu de changer le cœur des roys de mal en bien; ce que n'.-^.yiat obtenu, aucuns, croyans que Nostre Seigneur s'ayde des secondes causes j se sont portés en plusieurs occasions

ÎM

contre les Majestés , désirant le bien public et la refbrmation de TEstat. Ec quant aux reproches que les roys leur peuvent faire, qu'ils ont tonsjours pris les armes contre eux et leurs prédécesseurs , respondent que ç*a esté à leur rc{p*et qu*ils les ont portées, non contre Leursdicies Majestés, ains contre leurs mauvais conseillers , impies , sans justice , exacteurs , et tyranniseurs des peuples, qui engloutissoient les revenus de TEstat, prophanoient les cbarQfes , et les donnaient à personnes indignes et incapables. Hardie fut la responcc que le centenier fit à Néron, lors qu il le condamnoit à mort pour avoir entrepris contre luy : « Tant que je t'ay veu vertueux , je f ay fide- 9 lement servy ; mais depuis que je- t*ay veu

• brusler des villes , fléau et ruyne des peu- » pies, je t'ay hay etdcsservy. » Et na pas esté sans dispute au royaume de Pologne, que lors que les souverains manquent à la promesse qu'ils ont solemncUement jurée à leur sacre , les subjects doivent eslre dispensés de leurs sermens.

• Ainsi que ceux qui jurent baut et se desdisent bas , ne laissent d'eslre parjures , ainsi les princes qui , sous mots captieux à deux ententes , trompent ceux qui se fient sous leurs paroles , ne laissent de manquer à leur foy , quelques interprétations qu'ils donnent , lesquelles n'ayant point eselaircies franchenient au commencement du truiclé , sont perfides. Le roy qui jure sur le reliquaire dont il a soustrait les reliques est sans foy.

'f Les victoires s'anéantissent à plusieurs grands, soit parce qu'ils se les attribuent, ou ne remercient Dieu , qui change sa volonté et retire sa grâce, rend les vainqueurs vaincus ; le difficile passé , ils faillent au plus aisé , paroissantla puissance divine. L'empereur triompha de l'Allemagne captive , et suivit la voye du milieu , qui est la ruine des grands desseins : il exige de l'argent des villes, lient prisonniers le duc de Saxe et le hmgrave , mescont(»nie Moriset Bnnidbourg , et aj)rès sr fie eu enx ; opprime sans opprimer les Luthériens, laissant leurs puissances enliei-es. Ou il falloil cslargir les prisonniers , leur rendiuî leiu-s estais, se conicntanide leur foy et de celle des villes d'Allemagne, empeselierl'accToissenient

des Luthériens par douceur et sans force ;

reformer les abus des prélats , faire a ver les décrets du concile sans violenc mettant aux Luthériens le marhige de très , relascliant les jeusnes , ester les i l'endre ou employer bien l'argent de I sade. Ce qu'estant, il est certain qa*ils< quitté les poincts plus importans , aii princes qui s'y fussent in tennis ; sinon, l'autre extrémité qui sembloit plus Mettre prisonniers Brandboui^ et Hori le duc de Saxe et le landgrave , tenhrpi nison Ausbourg , Oulmc , Witember{jf »

bourg , Pragues , Vienne , frontieresqi mandent aux principales rivières et s citadelles d'Allemagne ; et à un beaoii gcr et transporter les habitans , estai colonies , et chasser les Luthériens, joi domination d'Allemagne à la Fhindrc rendre héréditaire. Les principaux prû grandes villes prises, les deux tiers magne du moins demeureroient en la !

dWustriche, les hérétiques ruinés, el n'eust traliy l'empereur comme il fit < La prise des armes , pour justes q soient , offence Dieu si ce n'est pour soi c'est une pierre jetée qui ne se peot r Il faut avoir une bonne intention , et ^ se repentir par travail , artifices , bmîl ou menaces. Toutes considérations < estrc mises en arrière , les requesies d rens , des amis , avoir cette cxcqptkm < ponce : « Accordé , pourveu que cda pesche le bien du party » , lequel niint est mocqué , foulé aux pieds de ceux an on a fait grâce et bien-faicts. Il ialioit (l(;rer avant que d'entreprendre ces mal Tro|), ou trop peu , est la perte commi Sîing , le feu , la mort et la pitié , se c considérer avant que de résoudre , oi mocqué , ainsi que fut le duc de Berry, la bataille de Mont-riierv, du comte de rolois , qui dit qu<^ guérie et pitié ne yi semble, l^rutus en fit trop ou trop p< tuMut Antoine avee Césiir. Denostre tel! connestahio de iMonlmorencrv favorisa un trop peu, ses ni^weux de Gollign lln{;uenots dévoient achever ou n'entr dn^ , sans se fier à la royne. A la Sainct I Icmy furcut tués ti'op , ou ti^p peu ; au ricadcs, M. de Guyse, attaquant le r

RÈGISE DE HENRY II

isê

e faute; le roy pareillement tuant uyse ^ qu'il n'acheTa le reste , ou ne rendre. C'est cruauté de faire pâlir cens ; TEstatsera dissipé ; les Anglois , ignolfl 60 partageront , le sang, le feu cl. Cela est bon à la bouche des gens ) et avant que commencer ; mais ceux pent les barrières de preud*homiesonl lamnés pour peu que pour beaucoup, rhez tard réputation de preud'homie , :ix>ira qu'ayant troublé le monde yous i lu paiiv plnstost serea accusé de pol- 'le y faute de courage , et crainte de propre ruine ; aux entreprises , prindmt contre TEstat, la Toye du milieu est Ue.

chose ridicule de se retirer du monde \lyre , d'un grand dessein d'envahisse- 'estât en faire un racourcy , mandier et r une foreur sous un prince que Ton i esgaler t c'est s'exposer aux mocque^ flronts , traverses , et peu d'espérance, ^eté nous force , ou crainte d'estre op* » , mocquottS-nouB de nous , qui n'avons lourir en nos entreprises , ou endurons iment , reconfort à la nécessité qui entoutes vamtés.

nstre à plusieurs testes , ingrat , cruel , stant 9 léger , sans amour , téméraire en erité , sans cœur en adversité, cherche aly fuit son bien , croit de léger, moulu premier bruit sous lettres feintes sedes ennemis, soupçomieux, calomniarendant responsable son dief des eveiDsde fortune, les chassent, bannissent une vanité , pour une parole mal interne, faute d'mteUigence , désireux^ incaî de secret : dites leur , ils le publient ; ur dites point , ils se mutinent , ils devi- , favorisent les meschans, desquels ils leurs chefo, composés de coquins espeau changement et mouvement : c'est basir Taraine de s'appuyer sur eux.

i roy donnant le gouvernement d' un peuple chasteau donne la mort ou la crainte , si 'est en plaine paix : faudroit estre ange * se maintenir sans mespris et soupçon ny eux. Envoyé ou appelle au gouvernet d un peuple , s'en faut rendre maistre I deux mois , par garnisons ou citadelles;

lier le malade pour luy faire avaller la mede^ cine : au troisiesme mois ou devant ils se saou« lent , se changent , cherchent nouvelletés. Ce* pendant , au commencement , il ne faut foire rien que par leur advis , et ne prendre la su^ preme authorité sans forces entières ; support ter les injures, résolu à la mort, et estre chassé au moindre événement malheureux. Si forcé d'attendre , armer une facdon des plus mau« vais , qui servent de garde , les Intéresser par argent , bien-faicts et conseils à nostre profil et dommage d'autrny, les laisser oflencer et piller leurs contraires riches , se tenir tousjours au milieu d'eux. Crassus s'en alloit aux Parthes , Licurgus se bannit volontairement , l'admirai de Ghastillon se fait mourir à Paris , M. de Guyse se foit tuer à Blois , pour ne re* tourner à leur mercy . Ce que les peuples firent pour la Ligue estoit en espérance d'estabUr des republiques. Il ne se doit brider le cheval par la queue , luy donnant soupçon par l'exemple des voisins opprimés par citadelles, ainsi que M. de Nemours fit à Lyon, ayant construit des chasteaux à Montbrison, Thoissey et Ghastillon , avant que bastir la citadeUe de Lyon : il ne leur fout pas donner l'apparence qu'ils ne sentent l'eflect ', et faut , ainsi que dit TEscossais ,, brider avant que sdier, parce qu'à l'alarme extrême ils montent à cheval sans selle.

L'on est esclairé d'un million d'yeux qui accusent sans subject , combien plus s'il y a quelque véritable soupçon : les soldats doivent estre dans les villes devant qu'ils sçachent pourquoy . Ces entrées , ces surprises , se doivent préparer : s'il y a assietesou portes fortes, les garder par sa faction , changer doucement les autres sous feinte de les relever de fa* tigues , y mettre nos amis , soldats ou dômes** tiques. Il y a des règles pour vivre parmy eux un temps : ne les laisser sortir pour aller à la guerre , les parens des morts s'eslevent ; ne se rendre trop familier parmi eux , se monstrer et faire croire ne vouloir rien faire sans eux, sans leur advis , et qu'ils pensent que c'est eux ou leurs magistrats qui fossent tout , et que le gouverneur n'est que pour suivre leur advis et les servir. Cependant ne se fier , et estre tousjourrsen garde sans le faire pa* roistre, les empescher d'oppression, per-

mettant qu*ils pillent et reçoivent utilité de la guerre , leur bailler en proye quelques-uns des riches mal apparentés.

I G*est faire pour un peuple , n estant sous un grand roy , de luy oster la liberté ; cuxmesmes se perdent. Florence n est heureuse que depuis qu*elle est opprimée ; il est plus facile de corrompre plusieurs villes , entreprenant sur une monarchie , que de commander en seurté dans une factieuse. César se sceut aydcr des peuples cstrangers, ayant des légions pour citadelles, et en fin il se perdit pour s'y estre trop fié, comme M. de Guise ; si Tun et Tautrc se fussent bien gouvernés sur la fin , ils estoicnt au bout de leurs desseins , s'ils se fussent mcfliés et gardés.

V Au commencement de la Ligue , en Tan 1 598, je considerois quelles forces nous appuyoient, concluois Targent d'Espagne pouvoir faillir , que la noblesse nous abandonneroit : je propose de s'aider du peuple , qui eust esté le salut de Tentreprise , s estans d'eux-mesmes armés en Normandie, en nombre de vingt mil hommes ; je voulois leur donner des piques, comme Suisses ou Macédoniens. Toute la France eust suyvi cest exemple , et fait cent mil hommes armés ; la crainte qu'ils ne se jettassent sur nous et se missent en republiques, ainsi qu'ils estoient anciennement, Tempescha.

II y avoit des remèdes ; et messieurs de Lorraine fussent demeui'és chefs sans estre à la mercy des ennemis, lesquels ruinés , ils n'estoient hors d'espérance derestablir la royauté en leur maison. Les Huguenots n'eussent pas contenu leurs villageois qu'ils ne fussent joints à cestc société, chatouillés du commandement. Le peuple a branslé trois fois pour ve« nir à ce point, et y viendra si jamais les guerres civiles sont grandes , ou qu'il y ait des chefs expérimentés et désespérés.

En Dauphiné, en Tan i;i78, le peuple de la province fut defaict à Morans par M. de Mandelot; en Tan d58i), lurent (h.'faîcts les Gantiers par M. de Moutpensier. En Normandie, au déclin de ia I/igue , ils voulurent s'eslever auprès de Beaunc et Montsaujonnois , à la suasion des villes de Ijeaunc et Langres , s'armercnl et banicadorent : voyant qu'ils favorisoiont nos contraii>es, nous v donnasmes suns marchander ; après le feu mis en quel-

ques villages inadvertemment, peu dé esteint ceste fumée. Mil vilbges le succès de cent qui avoient ccMnmencéSi fussent esté suivis d'un tiers de la Fraace^ se faschoient de la guerre : la cruauté «^ cessaire contre les entreprises popdUA elle est le seul remède. Ceux qui goofenH les peuples doivent entrer en soupçoa, if fier ny aller sans garde ; si maistre se gouverner justement comme ne T point , en tant que la faveur des nostre faction le peut permettre ms •*! rer : le peuple vit de la ruine des quoy il ne se soucie , pourveu qu^il

En juin, le roy, la royne font Paris , le grand tournois est publié Allemagne et Espagne ; M. d'AnnudIe , qài depuis M. de Guise, MM. de la Marche i Sainct André , de Tavannes, de Gonffier Sipierre sont tenans ; le roy » les princes, sieurs de la noblesse et les estrangers, lans. Les cérémonies anciennes tous les tenans blessés excepté le sieur de vannes , qui les soustint durant les haktî et rompt sur des roussins d^ Allemagne, MM prises les chevaux d'Espagne ; le faix ellta neur du tournois tombe sur luy ; brisesMaHl lances par jour , alloit au bal quand les aMR se couchoient et n'en pouvoient plus : il pkî geoi t son bras dans de l'huile d'amandesdûoca avec des ligatures qui le conservoieat cpiai les autres l'avoient toutnoùrci : il estoit eslia le meilleur des hommes d'armes de Franô En ladicte année do49, l'empereur, maladi fait venir son fils pour l'establir au Pais Bai espère le faire cslire empereur.

Le roy Ucnry , se souvenant de lliOBleai paix des Anglois , descend au Boulons avec les princes , connestable , les sieurs i Sainct André , de Tavannes ; plusieurs for sont pris à l'improviste ; les Anglois ne resi tent , comblés de séditions intestines , empe très d'un roy enfant ayant de mescbans ti leurs. Edouart de Sommercet , onde dn rs; qui avoit fait pendre son propre frère , esia resté prisonnier , chargé de n'avoir pourvea la conservation des conquestes de Fraao Quatre cens i. >1 cscu"; ^«^nt rendre Bologai promesse de mariage de la fille de France! jeune roy d'Angleieire , lesquels s'accooipli

RÈGNE BÈ HEMY It

ornent entre les enfons, princîpales princes.

1 Claude de Lorraine , premier doc ^ 9 neart , tost après le cardinal de s son frère : il fonda la grandeur de ison accreue par François de Lorraine»

GuJse , son fils. Le cardinal d'Amboise le pape Jule commence le concile de peu paravant révoqué de Bologne-la- Le 17 novembre 1550 se trouve en ijnantité de monnoye limée , rongnée luée ; plusieurs cruels supplices s*en ni conformément aux edicts du Roy. âté désire guerre avec Tempereur pour tentions et offenses receues , aussi pour ux succès de Bologne; désire de paplus que son prédécesseur ; s'esleve somption , poussé par les désireux des étés , qui promettent plus qu'ils ne at tenir, et par le connestable , pour dir sa maison , secondé de M. de Guise, 1 dauphin par sa niepce , et an plaisir par son frère , mary de la fille de la se de Yalentinois : le marescbal de André les tierce. Le roy s'y porte , e se cognoistre plus propre à maintenir onquerir, par persuasions hasarde sa 3 pour faire celle de ses serviteurs ; la astre le profit qu'il eu récent , vendant ses couqnestes , la ^e et le sang de \ pour tirer de prison un seul homme, e coupée à Wolfemberg , le bannisselu reintgrave et reicrotte d'Allemagne .voir servi b France , ne sont suflBsans colorer la prise des armes. Le pape II , de la maison de Famaise , en peint leur plus vive : il avoit donné à Pierre son fils, Panne et Plaisance changée au de Gamerin appartenant aux Farnaise, ! consentement des cardinaux. Ce séide Parme favorise Jean Luys de Fias- [ l'entreprise de Gennes , faillie pour s'y loyé ; il y fut tué JanetinDore. En ven- 3 André Dore , par permission de Tem- ^ 9 gs^S^^ 1® comte Augustin , Claude sin luy promettant sa niepce : ilsavoient ttvoyés à Gennes par Pierre Loys Fartraicter pour son bien ; il traicte pour *t. Augustin et Palvoisin joincts au comte

>oly, tuent Pierre Loys dansto cîtadeUe

qu'il avoit bastie aVec intelligence de Gonzagué gouverneur de Milan pour Tempereur , qui en mesme temps occupe Plaisance. Le pape dissimule , envoyé Gamerin Oursin à Parme , mourant ordonne par testament qu'elle soit à Ckîtave son nepveu , fils de Pierre Loys , qui avoit esté marié à la bastarde de l'empereur; pour avoir l'investiture du duché de Plaisance. Le cardinal Arrestain faict pape , se souvenant avoir esté advancé par son prédécesseur, fait rendre Parme à Octave Famaise, qui , en jalousie de ses voisins , et ne pouvant fournir à la despense de ses garnisons par les menées d'Horace Farnaise son frère , duc de Gaslre , promis à la bastarde du roy, se met en protection de Sa Majesté , lequel trouve ce pont pour passer avec apparence de justice en Italie , le reçoit, remplit la ville de Parme de François sous Sipierre et d'Andelot. Le pape craint l'empereur , qui avoit chassé son prédécesseur ; se joinct au roy, assiège Parme par Ferrand de Gonzagué , esleu gênerai de l'Eglise; le nepveu du pape y est tué; les François ont du meilleur. ::

Le mareschal de Brissac , successeur du prince de Melphe en Piedmont , envoyé des soldats à La Mirande , lesquels sont tués de sang froid par Gonzagué. '^

[!55d] Le roy fait guerre ouverte , renforce le sieur de Brissac du sieur de Tavannes et de sa compagnie , où il y avoit cent gentilshommes ayant leurs chevaux bardés d'acier. Par son aide et conseil , le sieur de Brissac , goûteux , commet Texecution de l'entreprise de Foussan au sieur de Tavannes , oii , entré par un trou avec cinquante , il la recognoist double , sauve par audace et braves paroles ses troupes , les ostages des traistres rendus pour quatre capitaines qui y avoient esté pris. Le sieur de Brissac arreste le sieur de Tavannes contre la volonté du roy , pour le recognoistre utile capitaine , dequoy il ne se pouvoit passer; prend Sainct Damien^ Quiers et plusieurs autres villes. Gonzagué, en jalousie de Milan , des-assiege Parme , et y court.

La royne d'Hongrie arreste tous les marchans et gentils-hommes françois frequentans au Pais Bas ; les ambassades voilent de toutes parts pour justifier ses armes , chacun rejette

le trouble sur son voisin. Cela se débat de.

vant le pape, la vérité est forte, le roy est a{;gresscur ; Vcmpereur , goûteux , embrouillé d'Allemands cl de Turcs , n'eust voulu commencer la guerre. Le dixliuictiesme décembre , George , evesque de Varadin , n'a guercs cardinal, est tué de Jean Castalde Sforce et de Pal voisin , par le commandement de Ferdinand, roy d'Hongrie , qui le soupçonne de nouvelle practique avec les Turcs; son advancemcnt est tel. Le roy Loys d'Hongrie tué et defaict par les Inlidelics, Ferdinand d'Austriche , mary de sa sœur , veut occuper le royaume ; la haine continuelle des Hongres aux Allemands leur fait cslire roy Jean Vey vode Spux de Transsilvanie , qui est secouru de Soliman contre Ferdinand , auquel il reste peu en Hongrie. Le roy Jeun auparavant gouverneur de Traussilvauic , est servy utilement de George , gouval de nation , qui s'estoil repenly de s'estre fuit moyne, n'en retient que le fruc , se jette aux armes , aux ambassades , finances et affaires d\'stat , par tout réussit , premier à la cour du roy Jean , tellement qu'iceluy mort il demeure tuteur de Tenfant Estiennc, résiste à Ferdinand qui disoit la coronne lui appartenir par paclie faicte avec le defuuct que le survivant sera roy de toute la Huiigrie , donnant une province aux enfans du mort. Les tuteurs et le pupil envoyent au Turc , qui fait lever le siège de Budes assiégé de lloquendolf , lieutenant do Ferdinand , avec courte joyc de lu royne , tuteur et pupil. Soliman luy osu^ Budes ; Tenfunt meurt; Isabelle , royne d'Hongiie, se retire en Polongne vers son père; le moyne demeure gouverneur de Transsilvanie , appuyé du Turc. Les victoires de Charles et les pratiques de Ferdinand , le chapeau de curdiiial ou sa conscience , fuit traicter George avec ledictFerdinand, traieté qui le mené à la mort, ne se donnant qu'à dcmy , voulant entretenir ses practiqucs avec le Turc, pour se maintenir à un besoin contre Ferdinand : sa {;randeur , son pouvoir, engendre soupçon et cause sa perte , dont Ferdinand souffre sa punition sm- le champ , pour cest act(; iudiguc d*un brave courage, en hayue dmiuel tous les Hongres de lu province de Transsilvanie se jettent en la protection du Turc.

Aux intelligences du peuj)lc faut considérer

s*ils sont guidés par injures recenes , reli|

avarice , ambition , folie ou sagesse ; exu

leur vie , leurs mœurs , leur naturel , sèpi

diviser le discours et les négociateurs M

sonniers , recognoistre leur but vray m fi

la parole des grands estonne et geheuf

mcchans. Le gênerai se doit cognoislrt

celuy qu'il commet à négocier , pov

trop de courage ne se rendre les chosesi

les , ou par timidité diiGciles ; traicter ff

peut soy-mesme : les pièges et cautions,!

(|ue prisonniers en nos mains , ne nom le

le danger; l'espérance reste aux Irtiiln

les r'avoir par ceux qu'ils prendront '

nécessaire d'estre le plus fort en euasf

pour éviter le péril des entreprises dooc

qui sont fort dangereuses et fontives ,

nécessité de grandes conjectures et obe

tiens , secret et taciturnité jusques à i&

proches , si on n'est forcé de ceux dei

on uc se peut passer en la négociation m

cution des desseins.

L exercice de l escrime donne la harJ sauve la vie et l'honneur , nécessaire pa frequens duels usagés en ce temps. Cel monter à clieval, voltiger , sauter , d«c jeu de paume , ne sont à mesprîser des Je cela leur croist la force et disposition; qui fois une de ces perfections les jelle eu I des roys et des dames , pour esire apn ployés à quelque meilleure chose , 1 planche à rentrée du maniment des al Et poui' faire preuve de valeur en longoi se devroit rendre les tournois plus dangs permettant de ntmpre en camp cuves esiDoulu , combattre à Tespée trenchan pointée bien armés : il n'y anroit grand la durée des combats donneroit temps séparer, saiisferoit à ce feu déjeune»

rant la guei're pour manier les armes, (|U ils advisent si elle est juste. Il n*y six vingts ans que h's combats s*exep avec les susdits périls quasi à outranc juges les separoient avant l'extrême dl donnoieni Thonueur à qui il appartenoit toit un aitiedisseinent du désir des g civiles; ce qui se practiquoit parlesaa tesmoigné par les vieeux i-oroans, où soi vemcnt dépeints t uimois , iuventioos vises d'ai*mes et d'amours s sur qi

RÈGNE DE HENRY II

reat , Ltticelot , Giron le Courtois et

^ont esié inventés pour esœouvoir la use jeunesse à ces exercices honnestes.

>l>l€8se frauçoise , ceux qui font pro-

des armes , sont réduits entre deux ités de perdre Thonneur , ou , le deft , esire en péril d'une mort honteuse

cdîts du roy. Six mil gentîls-bommes ^ris en combats singuliers pour avoir * opinion pour drotct» fortifiés d*apar- ^s et satisfociîons fiûctes à leur fantaisie ;

plusieurs ont contribué, pensant plus à ^ ou bUsmer ceux qui s*y estoient emlés , qu'à chastter leur insolence. Le intemperé d'obtenir Thcmnenr par les ( que la paix denioit) , lait que les jenl*ad visés obligent les sages à eesie folie, » voulant acquérir , les autres conserar des imaginations non recelés d'auétrangers , practiquée en ce royaume

confiance qu^aucuns ont de ce qu'ils it de rescrime , espérant de tuer sans ; qui feroit soidiaiter les escrimeurs lés , puisque cest art sert de peu aux es et assauts , pour lesquels la noUesse t conserver , considérant qu'il y a peu deur en ce qui est commun aux moin* oldats et plusieurs mattbois qui sçavent

et se battre ponr plaisir. Tous remèdes yens salstaôes de pourvoir à ceste mad'esprit sont esté recherchés s ediots , ices, arrests 4e morts , ocmfiscations de , rien n'a réussi , et ne profitera s'il ne lit entièrement les fausses créances et aîses maximes. Sur des légères injures ils nnentdes démentis reparés par attouche- • , repoussés par des coups de basions , i par le sang ^et le sang par Tadvantage , a mort, ou demandes de vies. Ce deffaut )rodttire des leix contraires, dans lesborlesquelles l'honneur soit conservé en son r, et la vie protégée, à ce que personne ^nce ny ne se tieme offencé que selon iceln la créance des vieux capitaines et juges rimentés. Semble nécessaire d'establir bacune iHH)vince de France six gentils mes , lesquds avec le seneschal ou bailly cipal deeidereîent de tous difiin^ns et •elles. *

esiajveSf dunoMi» fnxterf^ mm Mj«t

Itf9

par colère ou autrement , peuvent estre reparées par semblables paroles et négatives; et où l'impudence porteroit aux invectives i sur le tesmoignage de gens de qualité, les de* linquans seroieut condanmés aux amandes pécuniaires et reprehensions notables.

Les coups donnés ou receus forment la querelle , et feront recourir aux juges pour en avoir satisfaction.

Expresses deflenses , à peme de la vie , i toutes personnes de mettre l'espée au poing, quoy qu'ils soient offencés , auquel cas auront recours aux juges , qui les feront satisfaire ou leur permettront le combat , et d'iceux y aura appel devant les mareschaux de France près du roy , devant lesquels seront décidées lesdites querelles.

Toutes celles qui se sont esmues pour les honneurs de TEglise , procès , chasses , cedules, contracts , obligations , sont amendabies , puisque les oppressés se peuvent pourvoir à la justice ordinaire.

Les juges d*appel, mareschaux de France ^ auront tout pouvoir de chastier les insoleas , faire reparer les injures recenes , ordonner des satisfactions et réparations , de pervaeltre aux offencés de rendre coup pour coup» on mettre 1^ aggresseurs entre leurs mains , poor en tirer discrette satisfaction « ainsi qu'il en sera conv^ni , condamner à servir le roy aux frontières , aux amendes Tpecuniaires et impositions de marques notables aux qne^ releux.

Les duels prohibés de l'Eglise, laqneUe convie de tolérer un peu de mal pour en tir^ un grand bien , il est mieux de permettre le combat à un petit nombre que voir périr par iceluy toute la noblesse d'un estât.

Le duel anciennement accordé pour l'accusation de trahison, d^avoir fvj aux batailles , rhonneur des femmes, et pour les as-sassinats , ces règles selon les indices où il y a preuves, il n'y esohoit combat, lesquels neantmoins seront nécessités plus qu'au passé, pour diminuer par exemples l'ardeur de ceux qui semblait chercher ce que peut-estre ils ne voudroient trouver.

Pour éviter la mort précipitée de tant de noblesse, soient diangées les ormes des combattans , usitées en chemise i ù Teipée et

poignard , îk des lances et espécs , couverts d^armes légères à pied avec jaques , corcelets entiers ou my partis. Autres moyens practiques des anciens , par lesquels la vie des gentils-hommes ne périra si outrageusement , donnant loisir aux juges du camp de jetter le baston : les séparer pour les appointer, tournant les edicts rigoureux de traisner les armes et justicier les vaincus , à donner des sentences qui ne déshonorent la postérité et satisféroient aux presens.

Les juges conserveront Tadvantage appartenant aux vieux capitaines sur les jeunes qui ont besoin d'honneur, tant en Felection des armes qu*en la considération s*il est raisonnable d'hasarder Thonneur acquis en plusieurs assauts et batailles , contre ceux qui n'en ont que seulement ouy parler.

Les sentences données par les juges seront receues et creues très-veri tables et justes, sans qu'il soit loisible de les reprocher à l'advenir, ny dire chose que ce soit au contraire.

Les cours de parlement , la justice ordinaire aura son cours sur ceux qui mettent Tespée à la main , pour les punir exemplairement.

Les parlemens, les justices ordinaires et extraordinaires n'auront aucun pouvoir, puissance ny authorité sur les arresls des juges d'appel, sentence d'iceux, ny sur le camp clos , ny sur ceux auxquels le combat sera permis, pour quelques inconveniens , mort ou blesseures qui puissent advenir dans les combats , pour lesquels il n'y aura besoin d'autres grâces ny pardon : et suffira la seule permission des mareschaux de France et des juges gardiateurs des voyes d'honneur.

Les six gentils-hommes establis à ceste jurisdiction s'employèrent de tout leur pouvoir à accorder et composer tous procès des gentils-hommes, qui seront obligés de n'en commencer aucun avant qu'avoir tenté devant iceux la voye d'accord , considérant qu'il est mal séant que les officiers de justice s'accordent entre eux et ne plaident point , que les marchands ayent des juges consuls pour leurs différents , et que la noblesse se dcstruise en procès, à la mocquerie des autre* cslats du royaume*

Les combats, les arrests , les s^ten cordées par les juges establis au lien sur les difficultés qui se présenteront , communiquées et envoyées aux man de France , devant lesquels il y aura aj jugeront en dernier ressort.

Sera très-humblement supplié le faire des edicts et déclarations confon articles susdits , ou à d*autres oieillei se peut, pour conserver la vie et 11 de la noblesse , pour le service de Me Sa Majesté.

Depuis cest advis, la royne mer commencé ce que le roy Louys treia parachevé , de jurer et s'obliger sole ment de ne donner aucune grâce dec et appliquer la confiscation des del aux pau\Tes. A la vérité ceb a servi tel que depuis la maladie s'est aucunemi perée , non du tout guérie , d'autant q qui ont leur honneiu* plus cher que ne se soucient point de l'hasarder dan minic de la justice , de laquelle ils € se sauver , ayant desjà l'esprit preoo péril où ils sont résolus; tellement puis il n'a laissé d'y en avoir , et de pe si signalées et aymées, que Leurs 1 ont estes eontrainctes de manquera c avoient promis et de leur donna* gi mesmes sont advenus quelques an depuis. Cest pourquoy je penisla i d'octroyer quelques combats, lorac sera trouvé honorables moyens d^tcc démens, à la charge qu'ils se décida qu'il est dit , par les gentils-hommes, lance, l'espée et les armes non àl'eq et par les soldats , ou ceux qui sen»

cord du choix d'icclles, à pied, ar corcelets sans esprcuve , à ce qu'apH rée du combat les juges ayent tempi séparer.

Ce seroit un spectacle qui donnerc tentement au peuple à les voir : et r la cavalerie , dequoy les anciens c escrit et les poëtes italiens, l' Arioste , I et Pétrarque , en Thonneur des Fran( qui seroit bien plus honorable , estant par justice et équité. Les anciens I permettoient et faisoient faire ces c

pQur le CQutenlem«m du peuple. Je m

KÈGNE DE HENRY II

iet

'2 l>lasmer ces manvaîs conseillers eïkt. an feu roy Henry IV que , pour fSu^erre civile , il faloit permettre les ^ixr purger ce feu et ce sang bouillant ^blesse , qui , ne pouvant agir contre estrangers , agit contre sa propre padc là seroit venu qae ceux qui avoient ^ur et la victoire des duels , et qui rcboient, ils estoient loués dans les 'S des roys,et ceuxqui par discrétion ^nt desfolies,iniprudencedes paroles, liant et quant ne sautaient aux coups innés , estoient blasmés , ainsi que si ^t Toulu attiser le feu et aiguiser la Q la mort, pour moissonner tant de t courageuse jeunesse française : inqui fait paroistre une grande timidité reralns qui en usent, ainsi que s'ils oient par les armes supprimer les folsprises de leurs subjects.

Isification des monnoyes est sans noms Σpnorans les blanchissent, dorent, : , diaiinnent par eaux fortes et souffre ; fins les r*allient, se contentent du tiers avenant de la marque et alliage qui se I fabrique des monnoyes du roy , et iK tiers de fin qu'ils y joignent , pour lus de seurté exercer ce mestier ; telqu'ils rendent les pièces qu'ils font toute épreuve, hormis celle de la le ; poids , son et couleur y sont necesbeaucoup de brouillons , peu de bons ;s en cet estât. Us sont bouiUis en Thuile interest du roy; les blasphémateurs of- X Bien ont seulement la langue percée ; sse monnoye est le moindre crime des , c'est un léger péché à ceux qui ne Dt que le tiers. Les roys , les potentats sifient : avant que leurs droicts et celuy trs officiers, maistres des monnoyes, u*s , affineurs , graveurs , soient pris , Tabus qu'ils y commettent, quasi le 3 tiers que les faux monnoyeurs desrost volé sans reprehension. Ceux qui fàllégèrement , que le lendemain le jaune )lanc s'en va , et le peuple trompé , doi- ^stre plus rigoureusement punis , estant e charge de conscience de prendre la tandise d'une pauvre personne, qui. la [Qelquefois pour substanter ses enfans,

lesquels après demeurent en nécessité. Celles qui passent un long temps sans estre descou* vertes et ne le peuvent estre qu'à la fonte et à la séparation , les fabricateurs se conten» tans (comme dit est cy-dessus) de gagner le tiers , le dommage n'en vient qu'aux fondeurs, qui les espreuvent par l'eau de séparation , dont la punition est juste , parce qu'ils en falsifient assez d'autres.

Les rois sont les premiers feux monnoyeurs; le peuple de Paris s'en est mutiné au passé ; Texcuse est de la quantité d'alliage qui est nécessaire pour empescher l'or de pKer. Il se respond qu'ils fassent les escus espais comme les soldans et aspres deConstantmople, qui sont de pur or et argent. Si la monnoye estoit d'un seul metail , il y auroit moins de feux monnoyeurs, et donner taux aux espèces es* trangeres. Les plus grands abus sont aux decrys des monnoyes ; plusieurs princes les font exprès , à ce qu'elles estans portées au billon , febriquées et marquées en antre sorte, ils regagnent de nouveau l'alliageetla marque, et de plus le larcin et felsification des mais^ très des monnoyes , qui tombe sur tout le peuple. . . ..'TTi

En l'an JS92 , au déclin des aflaires de la ligue , moy commandant en Bourgongne , je fis mettre en doubles deux pièces d'artillerie pour le payement des soldats -, en quinze jours les estrângers les emportèrent: ils febriquoient d'un double et de trois deniers de fin et d'alliage un sol, les Comtois en faisoient des pièces de six blancs et de carolus. La France estoit pleine de faux monnoyeurs , les grosses monnoyes en estoient bannies ; il n'y restoiC que des pièces de six blancs , dont les trois quarts estoient feusses et les meilleures ne va« loient gueres : si cela eust encores duré un an, le fin estoit emmené de France , et n'y demeu-* roit que du cuivre et metail. Je fis décrier les pièces de six blancs , et parmy les desordres je mis moy seul cest ordre en France, suivy d'amis et d'ennemis; par tout lesescns et la grosse monnoye revindrent à leur prix, et toutes les pièces de six blancs nouvellement fabriquées portées au billon en toutes les villes. C'est à ces changemens de monnoye qu'il faut esclatrer les maistres. Je vieillis et ne peux empescher d'y estre au-

imiement irompé. En ces descricmcns les iiionnoyeurs doivent donner de rar{][eni au roy; cette caballe bien entendue, il y a de grand {piîn pour les souverains, et larcin pour le9 fabricateurs. Los hunioies qui ont tant soit peu de bien ne se doivent mesler de * fausse uionnoye ; s ils font faire des médailles pour plaisir, qu'ils esclaircnt leurs fondeui'S , à ce qu'ils n*en mes-usent au préjudice de leur honneur. J*ay cogueu des gentib komnies faux monnoyeurs , qui se disoient {yens de bien , ne faisiint que tulers et florins , en vengeance, disoieut-ils, du feu que les Allemands avoient mis en France ; et n*en faisant de celle du roy, ne croyoient cstre reprebensibles. Ils nommuiont l(>ui*s maistres faux mounoyours du nom de piiilosopiie ou distillateur, et ne le caclioiont point , et sortoient des fourneaux pour s asseoir à la table de leur maistre sous ce nom de pliilosoplie : leurs voisins les soupçonnoient , et avec leui^s risées ils furent descouverts en Allemagne et en France , en peine , en danger et perte d'bonneur.

11 se doit négocier avec ennemis ouverts ou dissimules par parens fidelles , amis asseurés oïl gens impuissans de nuire. Ordinairement les négociateurs sont gagnes pour persuader leur maislra » desguiser le vray , ou pour les les abandonner et trahir ; chacun s^ayme mieux quautruy. Les imperfections et deiïautsde leurs maislres cogneus d*eu\ , le mespris des chefs auxquels ils sont , promesses des conti*aires, font que les entremetteurs reviennent tous autres qu'ils ne sont allés , et peuvent beaucoup nuire , sçachans les aOaires d'amis et d ennemis. Le plus grand péril est de traie- 1er avec les roys , qui peuvent donner et promettre autant aux ambassadeurs que ce que leur maisti^e possède , et plus qu'ils ne pourroient espérer d*eux. Il ne faut employer capitaines ny geos de crédit et aulhorilc , qui sçaveni les conseils et resolutions ; vaudroit mieux négocier par les gens mesme du roy , desquels on est en garde , que d'estre en crainte que les nostres en disent ou fassent plus quilneseroituiiie.

\ iAk fable du serpent bouchant ses oreilles de sa queue pour n'ouyr la voix enchanteresse qui Tarreste, apprend aux bommcaimparfoicu

de n escouler les persuasions. Les anci gncnt Hercules menant les peuples < nés , attadiés à sa langue par leurs < monsirant la source de Teloquence , flamme > intimide , glorifie, magnifiî baisse ce qui luy plaist , $*adapte aux tiens des escoutans. Combien d'injuste justifiées, d'heresie semée, d*bonuii buchés par l'artifice des paroles , poii f,uês vivement prononcées , couvertes espérance de pi-osperité, se découvre à la ruine de ceux qui les ont escoutée les oreilles fermées aux persuasioi qu elles mettent en doute les resolna solutions prises : quel besoin d*esai on est résolu au contraire des pers Souvonlesfois les plus liabiles , qui , ; de part et d'autre , veulent espluchi les raisons, sont quelques fois plus aisé pcr que les ignoi*ans.

Si une ame est damnée pour meurtr cor , rançonner , bruslcr un homme, i chaud , une femme , une maison , les r sont cause par la guerre d*un million actes doivent attendre autant de suppi s'excusent de ne commander point oei et que la gueiTO les amené. On lenr d pourquoy ils la font ; ils disent que le sont un mal nécessaire; elles sontjiKte elles sont forcées. Responce qu*fl ne flatter ù les prendre : guerrea d'ami d avarice sont injustes ; de mesoie questes d'estats perdus , s'ils sont bic ou que les autres fois les subjects ne les bras et n'appellent leurs preaii gneurs. Si les nations avoient droic qu'elles ont possédé , les guerres sero mortelles : les Assji'iens, Perses, ] niens et Romains ont possédé le mo suilte dequoy ces nations diroi»t Les justes pour reconquester cequikoDl Dieu donne et ostc les royaumes k /f plaist ; nous n'avons droict sur les 1 que celuy qu'ils nous permettent, la tion est volontaire , es^ans composëa 1 mes de mesme estoflc. S'excuser ( guerre par crahite de l'avoir n'eaipai elle peut estre divertie ou esloignée^ jet ter au feu pour se sauver de la faméi palliations, protexies^nesene&tdm

RÈGNE DE HENRY II

ua

Wlei du fitpe , Dou de jiostro moulldi«e Tenter de foire la fjuerre de Wfpr U r^îoa : Dieu peut cbanilMifies et les Turcs en un instant, IMilwpëes luy soient nécessaires.

Ipffooqueurs disent c|ue les adverfl/IHk mmplBûi de pur|;atoire. le- IJUmmoâde; c'est à rimilationde f4fMlt , qui disoit appauvrir et maripi4tnilieiis , parce que leur religion ttc*estlcur chemin de paradis, pi^fliesperent de la divinité , qui fVfde malheurs» sans se souvenir 9 ne autre vie où seront puuis les mv la pai][ y cliacun loue Dieu, le MnBf la justice ne sont empesebés. Uiibffme qui fait la guerre pour sa Mnfjbire et utilité !

•iTMoe danger , peine et travail aux pwkit faire fortune d'eux-mesmes :

htts de tromper , do ne se fier a Kà s*aideat. La maxime première »Mnber au pouvoir d autruy ; les OnordiBaircs et grandes entreprises MdttBjUures rslovées par dessus hjlm négliger , se jeter à tous ha* la mort ou ia vie asseuréesouf omettre en admiraticm de ses de ses ennemis. Si la disposi- 'MMi, Timpuissance , Tincommo- 'iVttfoctions combattent et empesiki jaaiitrc , il en faut choisir un de iiii^tse jeter frauchemcnt entre iM à deiux cœurs , parce que si ■Mii de s*eD nîtirer , une sciiilille VMKe la perte entière ; laisser ce ■MnTt ainsi que s'il n*en falloit pWr. Ceux qui se donnent aux KfH veulent {[ar<ler leurs places !■« qui no depeudent que d'eux , |ie,:dièQsles villes , près leur goue- (JieHteiiaus , sont ou périls contiioiyalemeni si d'ennemis ou tiedes UM rendus subjecLs. Me voulant Mec Auxunue et S;iulx-le~Duc au 01. de Guise sans (ju ils y entrassperimenté les périls susdits : la e spU|)von gliss<* au sein des nouiie9, qui entrepromieni sur la vit»,

Mjpales sont eontre les hérétiques, | pkices iit amis de ceux qui se sont donnés à

demyàeux. Pour evitei*ce malheur, faut suivre les volontés du chef de party , luy donner ses amis sans s'en faire suivre , ouvrir ses places^ y mettreies siens , ne manquer d*un seul ino\t« voment , pour estoulfer le soupçon ; Tambition des princes, et Teuvic des concuiTans eu font naisli*e assez : il y a plus de jalousie en ambition qu'en amour du prince , qui desire occuper les places et les cœurs des hommes. C'est eslre son corrival de les reserver, ou pour seurté il se faut tenir sans y voir son gênerai le plus fort, ce (|ui se practique avec péril et incommodité. Vaudi*oit mieux mettre tout entre ses mains et s'insinuer en sa bonne grâce; le choix soroit après d'y demeurer avec plus de seurté , ou s'en retirer avec ce qu'on auroit apporté et d'avantage , pour la fiance actpiise pai* la franchise que Ton auroit fait paroistre , qui auroit levé toute lQe$fiauce.

Ceux qui donnent sans espoir de récompense , de service , de buange , ou çle craintQ d'estre trompés, qui exercent la libéralité par amitié sans espoir d'aucune recognoissance , sont vrayement libéraux ; autrement ce n'est donner , ains plusiost changer ou vendre : c'est donner peu pour avoir beaucoup , ou pour avoir autre chose qui leur soit plus commode que ce qu'ils donnent ; ce que considéré par ceux qui reçoivent le bien faict, ils n'ont Tobligation entière , non plus qu^ ceux qui sont payés pour les services qu'ils ont faicte , estant ce qu'ils reçoivent payement et non pres(mt. Il ne se doit attendre que Ton ait liesoin des hommes pour les obliger, faut pievoir long temps devant qu'on en ait à faire, et leur donner sans (|u'ils s ap|)erçoivent pourquoy : autrement ils diront , ainsi que lessubjacts du duc de Mibn , qu'ils estoient tenus aux François de l'argent que leur duc leur disperçoil, et ne luy en sçavoient gvé , d'autant ((ue si les François ne le fussent venu assiéger , il n'eust rien donné.

Les libéralités qui se reçoivent d'un qui perd son estât et sa fortune , ne s'estiment , parce qu'on croit qu'il donne ce qu'il ne peut garder : la prodigalité n'oblige point les personnes, elle est atu*ibuée à folie , et tant de Qvm s'en ressentent , que ccu]^ qnf^ «n ob

MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. i

tiennent se tiennent peu obligés au donneur. Celuy qui a peu et de ce peu fait part à ses omis y les oblige d'avantage ; qui donne par importunité, artifices et longueurs semble estre payé de ceux qui le reçoivent , lesquels croyent avoir gagné ces biens foicts parleurs moyens et importunités. Si le danger a prévenu le prince avant pouvoir monstrer sa libéralité , encor vautil mieux tard que jamais, à ce que ses amis reçoivent de ses mains ce que ses ennemis luy osteroicnt. Ceux qui donnent en bonne fortune obligent bien d'avan* tage, d'autant que ceux qui acceptent les dons les pensent garder sous eux : c'est libéralité aussi grande à celuy qui refuse un bien-faict qu'à celuy qui le donne.

r) Les grands sont fort cmpeschés à distribuer leurs dons pour en tirer utilité , et ceux qui en ont plus receu souvent sont les premiers qui les abandonnent pour sauver ce qu'ils possèdent , et ne doivent neantmoins s'en desgouster ; ils en donneront cent qui n'en valent pas un , et en donneront un qui en vaudra cent. Le mieux , c'est qu'ils donnent à plusieurs , n*estant pas possible que d'une multitude il n'en demeure quelques-uns qui les recognoissent ; et se doivent plustost donner aux pauvres qu'aux riches , d'autant qu'il fout beaucoup pour obliger un riche homme , au contraire les pauvres se gagnent de peu. Si est-ce qu'à donner il faut cognoistre le naturel des hommes , d^autant qu'il y en a que l'on ne sçauroit obliger , ne se sentant tenus mesmes à ceux qui les ont foicts. Soigneusement prendre garde de donner aux gens de bien et d'honneur : s'ils sont autres, comme est-ce qu'un meschant , un volleur , peut sçavoir gré , si l'on luy donne ce qu'il osteroit s'il en avoitle moyen et la force ? C'est grand malheur que ceux qui ont médiocre entende* ment , et ceux qui n'ont guieres d'esprit sont moins ingrats que ceux qui en ont beaucoup, ce qui ne se devroit. La subtilité de l'esprit se devroit porter par générosité à recognoistre leurs bien-facteiu*s ; en cela la preud'hommie iuit plus que tout. L'homme de bien se sent obligé dcquoy les moschans se moquent : il n'y a vice si commun que l'ingratitude ; les hommes se resouviennent des petites

injures, et non des grands bien-fuicts -, néant-

moins les richesses et biens aux grau servent que pour user de libéralité , qa donne louanges en vivant , et leur sert leur mort. Us doivent considérer qii*fli sent leurs richesses à des héritiers , la pensans qu'elles sont venues en tae i les dissipent et prodiguent mal à propos tost avec blasme qu'avec bomienr. i homme de bien ne recevra bien-Gridi resolution de servir son bien-focteur, d'autant plus qu'il n*a point mérité oec beralité.

L^empereur sceut que les revdias di estoient esteintes , Pisarre et antres ré les testes tranchées ; ils avcMent tena < ans la souveraineté du Pem , desconf l'an 1525 , par François Pisarre , son et dom Diego AUnagrOi qui se taon querelle ; sur quoy fàt envoyé Blasoo roy qui chastia par confiscation les dea tis , et envoya leurs despouilles à Teopi pour les employer aux guerres de l*Ei Les deux factions offensées font chef Go Pisarre , qui prit le vice-roy Blasoo et k et en jouit jusqu'à l'arrivée dn doctea que, envoyé par l'empereur, qd pai dence et douceur, gagna les deux tia rebelles , et vainquit le reste : deqooj la paix et la justice susdicte.

L^empereur pense estre au desns d tune ; il avoit dompté rAllemagne , re la religion , changé les magistnis des tenoit les princes rebelles prisonoiers ; de gloire et de présomption , source d1 dence , casse son armée , condoict ses ] niers en Flandre, gardés estroicteme Jean de Guevarre. Aussi-tost il fat COB retourner à Ausbourg , pour les bonn mens secrets des Luthériens , et les oi menées de ceux de Magdebourjg , qui proscripts. Le landgrave est mené à Mi ses prières , ni celles de la royne Marie < grie , assistées de Moris et Brandboa sommation des enfans du landgntfe, liberté duquel lesdits Moris el Brtac s'estoient rendus caution, pour It qu'il ne seroit en prison perpétuelle inutiles. L'empereur, imprudent, m tente d'absoudre Moris et Brandboii

plege et scmeat qu'ils avoîent fait

KËGNE DE HENRT IL

Itô

quM ne serdt retenu prisonnier , et goureusement le fils dndict landgrave Ire les lettres qui obligeoient Moris et ourg. Le prisonnier désespéré , you- Kiyer de se sanver, cognoist par esla différence de Teffect et des prode ceux qui oCBrent de se jcuer au lont la proximité diceloy les retire , t des retardemens et difficultés pour ion. Le landgrave persuade son frère 1 , ses gardes rendues plus fiiciles par Liés \ le landgrave sort dans une aUée e couler par une fenestre -, son malheur ncontre le capitaine sortant de sa chamle bastard daKouvert tire une pislolese reoibarre dans une chambre où il i , le landgruve resserré, et quatre ou es àens décapités.

Indes , peuplées d^Espagnols alliés aux is habitans, ne se révoltent par la prudu conseil d^Espagne ; nul estranger n*y lul exerdté aux guerres et brouilleries lurope ; les Castillans y sont admis pour idelité; ducaneurs, médecins n'y pasles vieux impotens, les docteurs sans s y sont vicerays. Il y a seize gouverns au Peru, sans auctorité Tun sur 'e-, la pluralité des commandeurs emle h guerre civile : tant de chefs ne se ent accorder aux révoltes , un manquant s les autres contraires : les conseils qui a supériorité, composés plus de docque de guerriers , se maintiennent sans lUon. Aux conquestes que les Espagnols arent foire en France , ils desseignoient astir ces conseils comme aux Indes ; autre e est le cheval , autre chose est le lion , îs brides sont bonnes ; les François et les ?ns sont differens: il seroit injuste aux de France et d'Angleterre d'entrepirenaa Monde-Neuf. Les Espagnols ont fait premières descouvertes et conquestes , u les principaux hasards et travaux , aué& des papes , et y ont planté le christiatô. Mais aussi , puis qu'il n'y a point d'apînce de les troubler en ce qu'ils posset, il y a encore moins de justice et de on, puisque de trois mil lieues de païs X)aYert ils n'en possèdent la centiesme par-

) povqugy empescberont-ils les François

de s'establir en ceste grande quantité de pab des Indes et de TAmeric , auxquels et à la pluspart ils ne possèdent que quelques ports? Et cependant , par avarice du commerce , veulent empescher Testablissement de la foy de Nostre Seigneur en ces lieux oili ils ne dominent pas. Si ceste guerre pouvoit divertir celle d'Europe , trois mil François peuvent conquerir le Peru , et autres lieux des Indes portu^ gaises et espagnoles. Ils n'y ont point de forteresses en guerre civile , ou en la deffence de ces pals là , ils n'ont paru que cinq ou six cens Espagnols au Peru , assistés de sauvages mal armés ; la conqueste est facile , la garde difficile aux François , l'ardeur refroidie en six mois , leur négligence sans secours à l'ac* coustnmée. L*Espagnol advisé, y entreprenant puissamment, les en chasseroit, et les François restés en France s*en mocqueroient « ou ne s'en soucieroient. Gomme secourroient ils les Indes séparées de tant de mers , s'ils ont perdu leurs patriotes et partisans enclos es chasteaux de Milan , Crémone , Naples , par foute d'assistance , où ils pouvoient aller sans passer la mer ? Ceste révolte du Peru fut la quatriesme esteinte par Charles-Quint , comptant celle de Gand , de Naples et de Gennes ; heureux qu'elles vindrent tout en un temps , et que les François s'en sceurent si mal aider. La miséricorde est utile pour assoupir les révoltes ; la diligence , la cognoissance des révoltés , d'où dépend leur puissance , qui les agite , les moyens de les diviser : les promesses, dons et légères punitions sont nécessaires.

Nous blasmons, nous mocquons les barbares et sauvages de leurs coustumes , sans considérer que nous en avons d'aussi ridicules et ineptes qu'eux , lesquelles par accoustumance se tolèrent. Ils mangent la chair humaine pour se nourrir , nous en usons en médecine pour nous guérir ; ils assomment leurs pères vieux, plusieurs mettent les leurs sur la paille à ce qu'ils soient tost passés , ce qu'ils disent faire pour ne les laisser languir ; ils servent les images, et nous portons à manger à celles de nos roys quand ils sont morts; ils louent des gens pour pleurer leur décès , o* les vefves des gentils-hommes se mettent e> lieu QÙ elles i^e voyçnt jour de six sep-

iOD

iiiaines. Nous trouverions barbare aux autres Éatiotis s'ils s'alloiont lucr pour une folle parole ainsi que Von fait en France , semblablement que les {prdiatcurs des consciences en permissent la ruine. Le pape s^'aii que les bénéfices se donnent aux maquereanx , aux putains et aux Hu(][uenots , neantmoins en envoyé les bulles en France. Les estats de judicaturo sont acheptés , et le premier acte de leur injustice est de faire serment qu'ils n'en ont point donné d ar{;ent : tout un peuple jui*c ii\ivoir esté corrompu pour Teslection d'un maire ou magistrat , et chacun d'eux en particulier en a receu do l'argent. Lesloix sont escritos, et les juges jugent à leur volonté ; il n'y U moins de fontnisies aux liabiis et conversations des personnes. Quelle follic qu'il faille baiser tontes les femmes que l'on rencontre , et qti'ieelles baisent indifleremment toutes personnes, offençant la santé et la pudicité! on n'est moins fol aux habits et ornemens : les bonnets carres des advocats , les brayetes, les vertngadins, perru<|ues et infinies autres choses ridicules : tellement que les sauvages et barbares trouveroient , s'ils avoient le jugement , avec raison nos façons aussi estranges que nous pouirions faire les leurs.

* Les prisonniers de qualité , courageux et habiles, sont de pei*illeuse garde ; les conservant, ce n'est que faire son devoir; les penlant, c'est honte, défaveur et soupçon. Tenez les estroictement , ils exclament , leurs parens se plaignent, ils deviennent ennemis; donnez-leur trop de liberté, ils se sauvent, et les gardes eu sont eucores plus dangereuses dans les fortei^esses.

"> Commandant à Rouen , je prins et mis Bourric , abbé de Mortcmart , qui faisoit la guerre et pilloit de sa maison, piûsonnier dans le fort de Sainrie Cathei'ino; il corrompt ses gardes, fault à prendre la place et le capitaine, ayant gagné la moitié des Kolilats, sans la desi'ouvcrte que je lis de. Tentreprise. S'ils ont gardes duns leurs chambres, ils les gagncint; s'ils n'en oiu point, n'<>ussent-ils qu'un Cousteau ou canivet, ilsgraieni, ils linioiit leur salai; le Sv»ldat de quatre escus de paye se corrompt par promesse de vingt mil : il \aul mieux dqilîJirc

Les habiles hommes left pcuvenc garda cruauté : les cages invemées du roy 1 onziesmc au milieu des chambres, fetfn doubles ( que Philippe de Comminasdi expéiîmentés sur luy ), sont seift^es et en Pour conserver les prisonniers pins d ment , il ne leur faut laisser aucoos ds gens, leur donner trois hommes w¥êo parens on osprouvés amis du ctpitaiM doivent estre changés de jour à amréi] laisser seuls ; visiter les lettres , ks flisi cordes qui se cachent , se jettenl aux souUîers, par tout; qu'ils w nouvelles de dehors, et que ks soient partie du jour avec emi Ms te d'espérance , leur faire mesme disre el n(*ur semblable en tout temps ; les mettre en peine. Le prisonnier tons mouvemens, toute action leë désespèrent ; se précipitent.

Les préceptes du prisonnier sont I § la bonne grâce du chef et soldats par Isa pitié , discours , douceur , libéralité ; c de l'argent aux soldats ; soubs conterta vin , de jeu , se laissent perdre , oa le ployant en quelque commission. 11 y ■ sieurs autres inventions de leur faire ao des presens ; ce sont préparatifs pour n ver : prendre moins de liberté qu'il m accorde , ne paroistre estrc ététÊi de quelque mauvais traictement qa'il y ail mercier et dire bien de tous ; ne se desed à personne pour se sauver; les soUa font assez d'offre , une fois pour avoir ( sion de tuer les prisonniers , autre de da vrir leur intt^ntion : il faut estre extream habile homme pour se tn*er de ce sa passage. 11 est trop dangereux se dem à un soldat; si on ne veut estre trompé, treprise la meilleure sur les villes est sans inielligenoe ; semblable est ccUe prisonnier : s'il se peut sauver sans se couvrir à poisonne , c'est le meilleiur.

La liberté doit estie préférée à tous les! du momie; nous ne goustons la santé q nous la possédons ; malades et prisom il iious se niLle que serions en paradis i tiens s;uns et libres. Le captif qui peut i a une heure ne doit attendre à deu;

à son priôomiicr que de se pcrdtc poitf lu y, ) minute change le civil au crîmîacl , U itti

BteiŒ DE HENRY IL

IW

ofiTêHî^lis et leetdêM , um est en- &s tkmiê tiedds, les yengeanees rediei^ led péchés Teneb «ont iaiti mortels ; Dles , ses Muons aool crittiMeUes , ses snbtilisës , interprétés an eentraire -, ; treuire ny argent iiy crédit ) Fun s'exe parler, Faittre ne se vent rendre ny hasarder sa fatesnr, ancan ne se ettre en péril t Je me rendr<^ criminel -majesté , disent-ils « ainsi qne lay , si rlois. La poison , les coups de dagaes lent les prisonniers; la souvenance des tués en prison aflHge : qne d'agitation , en de peines ! Les forces corporelles ssantes font bonté à Tesprit qui demeure ur le corps ; le malade ne doit penser anté, le prisonnier qu'à liberté, tout le les affaires laissées.

\cTî9 pour mes parens , et souhattte qu*ils veus de mes amis , qui leur serviront eignement slls tomboient en pareils acs que j'ay passé. J'en detrois estre maistyant esté prisonnier quatre fois en trois les prisons du peuple, tousjours en le d'estre assassiné des sourerains emieblessé , en crainte de poison et des mauonguens; et des Turcs je craignois re mis en esclavage. Dieu m'a sauvé mileusement ; Je devinois ce qu'on iaisoit re moy à Festonnement de mes gardes ; )ignois leurs coeurs par douceurs , corneus et artifices.

DUS prismes les armes en Tau 158S avec le Guise : le roy Henry III sans enfiins , r empescber que la coronne ne tombast hérétiques , qui sembloient estre favorisés ia Majesté , soudain la paix se fit à Neirs.He fiamàceuxd'Auxonne mes obligés, 1 j'estois gouverneur , suiscités du roy et {jontils-bommes voisins envieux , voulans m\T par finesse et trabison ce que leur peu :ourage et valeur lenr denioil , aydés d'ints et meschans que j'avois advancés en is et honneur , ceux de la ville , en ven- \ nce du party des catholiques où je les is traisnés , me trahirent , blessèrent et odreot devant le prestre faisant mes pas- 3s à Feglise , et tuèrent un des leurs que ^ois renversé sous moy , dont ensuivit la

se du ck9teau que Je teaois. Estant leur

prisonnier, ils délibèrent cent fois de ide tuer, et autant de fois Dieu m'en garantit ; ils ma donnèrent un coup d'halebordc en prison x Nostre Seigneur me fait dissiper leurs conseils, leur faisant croire que je craignois la justice de Paris , lors qne j'eusse désiré estre en la conciergerie du palais, hors de leurs mains, pour n^nstrer mon innocence. Mes parens gagnent le roy , qui feint m'envoyer quérir pour me faire mourir ; les vilains le eroyent ; autrement ils m'eussent empoisonDé on tué , comme ils essayèrent la mesme nuict qne Je sortis. Je change Paris à Pagny , où Von me conduit d'une {Mrison cruelle en une impitense, entre les mains du comte de Gbamy , envieux , offensé de moy pour avoir esté de lé Bgue et l'avoir aydé à chasser de son gouvernement. Il me garde à yeux d'Argus ; vingt hommes autour de moy n'empeschent qu'en un seul quart de vingt et quatre heures , auquel seul je m'en pouvois aller, je ne me sauvasse à l'ayde d'un des miens , descendant cinquante toises de muraille , receu de vingt chevaliers. Je donne dans les portes d' Auxonne , pris les principaux de ceux qui me trahirent , et leur donne la vie. Le roy, craignant M. de Guise, le contente par la permission qu'il luy donna d'assiéger Auxonne ; je puis dire que moy seul etRosnell'ayantmvesU et defaict leur secours) la prismes , dont ingrattement M. de Guise ne me rendit le gouvernement que j'avois perdu pour son subject ; ce qui|depuis a nui à leurs affaires et aux miens. En l'an iâOl , Noyons assiégé par le roy Henry quatriesme , fy conduits avec quatre cens chevaux trois cens arquebusiers sur la contrescarpe : les ayant laissés , ils se rompent par leurs fautes au premier bruit ; j'atth'e toute l'armée du roy sur mes bras. Je me perdis pour sauver les miens ; ceux que j'avois ordonné pour faire la retraicte s'estonnent ; je fis ferme , et soustins avec vingt chevaux pendant que tout se retiroit } voulant charger les plus importuns , mon cheval glisse et tombe sur le pavé du fsiuxbourg ) je fus abandonné des miens , horsmis d*un de mes cousins de Trestondan. Ainsi , blessé de trois coups d'espée , un bras rompu, je demeure seul pour tout le reste , apprenant à ceux qui liront ces brouillerîes de ne

mener secours dans villes pour s'en retourner:

lee

il n'y a la centiesme partie de péril d'y entrer, qu'il y a à se retirer. Prisonnier du roy , qui ne m'aymoit pas , moy ayant hérité en cette inimitié de mon père , qu'il accusoit du conseil de la Sainct Barthélémy , mal pensé et bien gardé, résolut de me confiner en prison. M. de Longueville Tempesche , et, après s'estre mécontenté , m'obtint , pour tirer de prison sa mère , femme et sœurs qui estoient retenues i Amiens, auxquellcsj'euscest honneur d'estre changé ; elles avoient offert cent mil escùs pour sortir. Sa Majesté , me recofpioissant mal , estimoit ma prison plus importante que l'amitié de M. de Longueville , auquel il me refusa par plusieurs fois. Je foillis à me sauver à Gompiegne; douze de mes gardes imprudens , comme j'cstois couché , se penchoient sur la table pour jouer; je sortois à leur ombre , n'eust esté que je fus asseuré que le lendemain les dames susdites seroient changées pour moy : si je fus sorty , et me sauvant depuis , comme je fis de la Bastille , Ton eust creu que je me fusse fait invisible. Ainsi un pauvre gentil-homme fut changé à quatre princesses , une de Bourbon , de Glaives , de Gonzague, et deux d'Orléans de la maison de Longueville.

En 1595, M. du Maine perdit son party pour ne s'estre resoult à temps à la paix ny à la guerre , et par traictés frequens s'estre mis en soupçon des Espagnols , de ses parens et amis, qui laissèrent perdre les villes de Bourgongne sans secours , mandiant la paix du roy à rinsceu des Espagnols et de tous autres. Ceux du chasteau de Dijon , en estans advertis , commencent à traiter avec le roy -, moy au semblable , estant retiré à Tallan , les bourgeois de Dijon ayans ouvert leurs portes , Sa Majesté qui me promet un estât de mareschal de France et infinies autres conditions , à quoy m'ayant manqué je demeure à Tallun avec des forces que je payois à quinze cens escus par mois. Saditc Majesté craint que je trouble la Bourgongne , m'cnvoye sauf-conduit escrit de sa main , attesté d une lettre semblable du siour de Biron , gouverneur du pais , et m'asseure que riillant trouver il me donneroit tout ce qu'il m'avoit promis. J'obeys , j'y arrive , il me force d'aller à Amiens sans cffect de ses promesses ; je luy refuse avQC

des paroles plus libres qne sa pros permettoit d'ouyr, qne j'estois i non son esclave, que les gentil84M çois n'estoient subjects qu'aux i nommément ceux qui n'avoient ai Sa Majesté , et auxquels on manq messe , me fiant du tout sur sa pa conduit. Partant de là à trois joui ses gardes après moy , qui font co que j'avois tué Sa Majesté : le pei s'esleve à dix lieues à la ronde et mis en la Bastille. Un page n filet et une lime , j'ourdis une coi un barreau et en sors en l'eau ju»

je me sanvay d'une prison d'où bien gardé n'estoit jamais sorty.

tira , m'inspira de demeurer en pi se fit entre les roys de Fhmce c quatre mois après. Miracle ! venge le sieur de Biron , qui m^avoit c conduit escrit de sa main et du ro> me manquèrent ) sous mesme san Sa Majesté , luy estant en disgrs née 1602 , est mis au mesme liei esté emprisonné , oi!i il a perdu 1 m'eust dit en tant de soupirs qoej la fenestre de ma prison , que à peu de temps on verroit justidc estoit en partie cause de mon mal dire avec la grâce de Dieu , que si en sa place , j'eusse peut-estre ti soit par responces aux procédure vention essayé de me sauver. Ha prison est la plus légère , qui e Turcs , escrite cy-dessus : de touU et d'infinis périls, blessé dix fois j'ay cogncu visiblement la touti divine , qui m'a tiré de ces mal me donner temps de recognoi nité du monde , et m'en sortir i estât.

Ce ne me fut pas peu d'honn esté jugé si nécessaire à mon ge peuple , que l'on ail rendu quatre pour moy, lesquelles offroientpeu cent mil escus ; non moins la resp le roy Henry IV au sieur marquis ci quand j'estois prisonnier , me vo pour changer à son pcre , qui estoî fortune , disant Sa Majesté que je

KEGNE DE HENRT IL

te»

"Servir en une heure que tous les siens >uvoient servir en trente ans.

pereur , triomphant du pape , dltalie, ^e ^ d'Allemagne , d*Afriqae , de Fran-

son période decroist et feult à se périr son commandement Moris ayoit as- 3s seuls rebelles de Magdebourg avec et forces ; Sa Majesté n*avoit considéré !ur luthérien allemand , ulcéré de la on du landgrave ; sans cela encores 1 aisé à juger que sonmescontentement leroii ^Uement avec celuy de ceux gdelMurg au préjudice de Tempereur ; f ormité de leurs offences « le reproche irens de Moris, que lui seul estoit cause sclavitude d'Allemagne et de la prison idgraye : tellement que la noblesse et lîstres de8Lutheriens(deIareligiondesil estoit) le blasment de la perte de lid^ Allemagne, dont ilsraccusoient , pour >messe secrette qu'il avoit faict à Tempei condition de la promotion de Telectorat oit son cousin le duc de Saxe prisonnier, ceux-cy le persuadent « le prient , luy it de Tempereur 9 le résolvent à se tourcontre luy \ tellement que le siège de Vebonrg se termine par accord secret i eux. La ville , Moris et Brandbourg en mune intelligence , les portes sont ouveronformes en desseins, les gens-d'armes as- (ans et assiégés retenus sous noms suppotvec les sermons secrets feictsàMoris, len'obéîtauxcommandemensde Tempereur es licentier , s'excusant sur le paiement ; idbourg, en habits déguisés, traicte en ace y conclud la guerre conixe Fempereur , ine ostages et en reçoit respectivement. Sa esté fournit cent mil escus , s'oblige dealer une armée en la frontière : prétextes nanquent à qui a force et guerre en main ; ; est pour la liberté de Tempire en appace , en effect pour le particulier des asso- ;. L'empereur rVnvoye Philippe son fils Espagne, après avoir essayé vainement de aire roy des Romains, à quoy s'opposa

frère Ferdinand , qui le fut depuis. Le icile transféré à Trente par le pape defunct , naise , son successeur , le continue. L'em- 'eur va pour penser coronner l'œuvre , afmir la religion et se retirer glorieux en

Espagne, arrive en Enipont, proche de Trente [en novembre 1551]. Moris se fait citer réiterement des enfans du landgrave , qui menacent de le faire déclarer chelme. Les ambassadeurs des princes alliés demandent à Venhpereur la liberté des prisonniers ; Sa Majesté cognoist tard sa faute d'avoir donné les armes entre les mains de personnes suspectes , adverty à demy du traicté de France et de Moris: son destin , sa prospérité luy sillent les yeux ; abusé des grandes obligations de Moris en son endroict , et de ses paroles et ambassades artificielles , se commect désarmer , luy , son estât et sa fortune entre les mains de ses ennemis , et sur fauces maximes que les Germains sont de bonne foy et longs en kmrs desseins. Moris, grossier Allemand, trompe les Espagnob et les Italiens sur espoir de paix et d*aller au concile , marche avec le marquis de Brandbourg, les fils du landgrave, ceux de Jean Federic , assistés des forces protestantes sorties de Magdeboui^ , et de celles qui lui avoient esté commises par Temperenr si inconsidérément ; luy seul , armé en Allemagne , r'appelle les ministres , prend Ausbourg , plusieurs autres petites villes , y establit le luthéranisme. L'empereur , trop tard en haste , levé des forces de rechef ; abusé du traicté de Ferdinand son frère , drane moyen à Moris d'arriver à Hemsbert , passage des montagnes , gardé par quatre mil lansquenets de l'empereur; il les rompt, marche à Enipont. L'empereur , adverty à onse heures du soir , desU^ à minuict avec flambeaux de paille , laisse son bagage piller d'amis etd*en« nemis , toute la cour à pied par les vignes , fanges , mauvais chemins , grande plnye , en desordre : l'empereur, honteux et fnitif , quitte et sort d'Allemagne, se retire en seurté à Villarsean au Fryoul, frontière des Vénitiens. Il avoit mis hors de temps Jean Federic de Saxe en liberté , à ce qu'il ne fust obligé à Moris , qui arrive la mesme nuict à Enipont , fault de six heures à prendre l'empereur et toute la cour.

Le roy , conseillé du connestable , avec contentement , résolut l'entreprise d^Allemagne , espérant en profiter ou abaisser l'empereur son ennemy ; laisse la régence àsafemme, les unnes à M, d'Anneb^ult > ne craignant

plus le comMscabliî qn^ieeluy balançast sa favear , estant coimne roy luy-mesme. Sa Ma* j«sté envoyé qnerir le sieur de Tavannes en Piedroont , an regret du sieur de Brissac , qui se fioit da tout en Iny.

[1552] Le roy le crée et le sieur de Bourdillon mareschaux de camp de Varmëe , composée de cinq mil chevaux , dix sept mil hommes de pied François , et douze mil Allemands. Le roy à Joinville , la duchesse de Lorraine , niopce de Tempereur , abandonnée de 'secours, le vint trouver, force belles paroles; son fils est envoyé en France , qui depuis espousa la seconde fille du roy, Nancy et toutes les autres places en la main de Sa Majesté , qui mit gouverneur M. de YauldemoRt , au refjpret de la douairière, laquelle se retire. Le roy, ayant (pgné dans Metz ceux de Heu , par prosens et promesses , joints à la division du peuple , dont la négligence n'avoit à rien pourvou, arrive aux portes. Le sieur do Tavannes est employé comme mareschul de camp , et agréable à ceux do Metz , pour le nom de Tavannes , grande maison au comté de Ferretle , d'où il estoit sortv du costé de sa mère : il les harangue , les intimide , les emplit de promesses , tire parole d'eux de recevoir le connestable avec ses gardes et une enseigne des gens de pied , puisque le roy alloit pour la liberté d*Allemagne ; il ne pourvoit moins qu'avoir son logis en leur ville : il conduit les bourgeois au connestable ; soudainement tous les meilleurs hommes de Tar* mée sont mis sous une enseigne ; entre en la ville de Meu , les deux mareschaux de camp à la teste. Le sieur de Bourdillon s'advance en la place , le sieur de Tavannes demeure à la porte que les bourgeois vouloient à tous coups fermer vopnt ceste enseigne si accompagnée, et tousjours les en garda par belles paroles.. Un capitaine suisse à la solde de ceux de Metz, tenant les clefs, en ayant vu entrer plus de sept cens hommes , les jette à la teste du sieur de Tavannes , avec le mot du pais , tout est choué , et (|uilie la porte que le sieur de Tavannes tint jusque le connestable arrive.

La ville asseurée , le roy Ht son entrée [à Meu au commencement d'avril 1662 , y laisse le sieur de Gonnor gouvf*riieur ; les clefs do

la ville de Thuul luy avoicui esté api>oné€$.

Le sieur de Bourdillon est envoyé en An conduire le jeune prince de Lorraine. Lei de Tavannes demeure seul marescktl gn de camp , et le sieur de Rabanidangîêl joint. Le roy marche à Strasbom^ pei fhire de mesme qu'il avoit faict à Mett; monstrent l'inconvénient de leurs vflMÉ avoir foicts sages , et qu'il faloit comm par eux , ou h mesme jour , ce qui ew (peut-estre) en dan|jcr de n^avoîr nyPÉ Tautre. Sa Majesté prend Agnenaut et 1 bourg, recherche les évesques etautmi liance contre l'empereur ; ilenesceMM Il eut advis que Moris traictoitj qui (e l'entreprise d'Enipont faillie) ser^trel sau reprendre les arres de pant propusfc Ferdinand à Linx ; trefve accordée eaUfr pereur et eux , pendant laquelle se fbol sieurs actes d'hostilité par le marqttf Brandbourg , contre les éveaqoes , ^ÀXi Heldobert et Ouïmes. Dernier juiUêC f la paix fiit faite entre remperenr et Mi les prisonniers mis en liberté , et se A tenir journée imperialle pour le repos d*. magne dedans six mois , dans lesqueb M sera inquiété pour la religion , que le W roit ouy s'il vouloit recevoir la ptfat. Il ayant obtenu ce qu1l desiroit , traicte B> Sa Majesté , et s'en mocque. Le roy eog sa faute de n*avoir pris de bons oeiag d>n avoir donné ; se repent d'aveir fiav Moris pour si peu de récompense que 1 sur mauvais jeu brave responce ; À avi bassadeurs des confédérés qu'il «voit ol ce qu'il desiroit , la paix et la Ulierté d magne, et qu'il se retiroit, k» prim garder leur amitié , et se ressouvedb' di qu'ils avoient receu par son assistance.

Rien ne demeure en mesme estât : Il tune en sou période diminue , siel!ea*e( par une bonne paix ; il faut un but en ne tions , travailler pour avoir repos , ou 9 soudrc en guerre immortelle : celuyde pereur estoit la paix universelle; il n mérité ceste gloire envers Dieu. Lorsque sommes i)rests d'obtenir nos prétentions , où il faut prendre garde; il advient dei tes eu un jour , qui perdent le travail de sieurs années.

Ceux qui cherchent repos pour changi

RÈGNE DE HENRY II

, té lîeiti et d*habilttde , cherchent ee qû i»*y est pas. Les affaires , assaillent les particuliers cliez I «■ qio 8*il8 manioient les aflaires d'cs- %lei|elites ne{;ociations ennuycnt et afipe les grandes; c'est le mal du

latUfBlraqpiltîté d'esprit ne peut estre

I « et s'il y ea a quelque peu icy bas ,

Meademens le possèdent, parce

^Mbieilit préparés contre tous accidena ,

*jB|iriiibio«freot constamment, cognoid-

ffl te qu'ils adviennent, et que tout

pvdre. Ils ne se passionnent point

iiTaais , pertes de biens , querelles

# §mÊHi pnoam les choses comme elles

I, et nns s'en ennuyer; ils y pour-

*tt|MéBiB07ens bnmains, et reçoivent le

«iMft fêm l'expiation de leurs péchés. Ceux

frfM wm grande resduiion par les frequen-

ftrMrttfles , ils sont aecoustumés , et n'ont

MdvdepUsîr quelcsfoibles esprits, ny aussi

Étf d*eipiatimi de leurs péchés ; ainsi que

ImnÊgimK qui ont pris habitude à jeusner,

im mm après ils ne souffrent plus : le mieux

^mpmBê, est de prévenir par méditations

s'interroger soy-mcsme, si advenoit , comme on la supporteroîL A h mité les malheurs sont griefs à ■ d'UMi grande félicité sont précipités ;• Aucuns se sont veus , à qui Dieu toot à souhait , honneur , bonne r, ricbease , femmes sages et enfims, el grades , qui , pour imprunt fe contenter, se sont perdus. Ceux ïus de telles choses doivent garder de Toffcnce , à fin do '. Il ne se peut exprimer le traque c*cst de tomber de l'une de MieiCMBitét& l'autre, principalement quand il a^y a fias preveu , ainsi que la pruspcriié iBMl0 kmte appréhension.

CeiU imprudence de donner charge aux MfÇMnét, de laquelle ils puissent nuire IMS fltpoir de les regagner , ou pour crainte fi*ib Be fucem mal ; au contraire , c'est leur Anner eommodité d'en faire. Yaudroit mieux les ruiner du tout, ou du moins ne les employer point, si par impuisscnce ils ne se feweBl opprimer , ou qu'où ne les puisse

seuremeni regagner; se garder d'eux, les laisser faire , et ne leur donner commodité par armes et par argent de foire mal de nos propres moyens. Si un mal-content a commission d'assaillir son semblable , tous deux s'entendront souvent au préjudice du gênerai : amsi fut Auguste Gesar , envoyé contre Antoine et Lepidus.

Les opinions et inclinations humaines sont inconstantes, cliangent selon Tage, evenemens et occurrences du temps. Moris avoit abandonné religion , parcns , amis et patrie pour l'empereur, sous la promesse de l'electorat , et depuis laisse le mesmo empereur , duquel il avoit receu tant do biens , regagné de ses parens, persuadé de ses amis et du bien de sa patrie $ il faut considérer que ces changemcns sont merveilleusement dangereux , et que rarement il en réussit du bien.

L'impatience est blasmable ; l'ancien pi-overbe est que plusieurs perdent leur sepmaine pour un samedy, c'est à dire, après avoir travaillé long*temps , et lors qu'on est prest de recevoir le fruict de son labeur , l'impatience prend et amve , laquelle , si on n'a preveue par raisons , faict de mauvais effects.

Quelques fois elle advient pour estre les naturels et compositions des corps impatiens ; les sanguins et colères y sont fort subjects ; autrefois par contagion et discours , ainsi que l'on a veu plusieurs en une armée faillir à leur honneur la veille d'une bataille, s'en aller et se laisser emporter à la multitude, lesquels , par f]*equentes conférences et raisons adap • tées à leurs affections , communiquent la maladie d'impatience à ceux qui les escoutent et sont proches d'eux.

Plusieurs seront demeurés ii attendre les roys et princes six heures à leurs portes , et pour ne vouloir encore demeurer un quart d heure, perdent la conunodité de parler à icoux, prelerant ce i>eu d'allente au temps ja passé; et ceux qui font de longues poursuittes de plusieurs années, les perdront pour ne vouloir attendre un mois , une sepmaine , on un jour. Les François sont plus subjects à ccste infirmité que les Espagnols et Italiens ; neantmoius les impatiens ne sont sans excuses, parce qu'ils voyent plusieurs devant eux qui ont fait de bonnes poursaiWi

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penda le temps et Vargent qn'ils eussent beaucoup mieux employé ailleurs ; et si ce n^estoit pour des biens et honneurs , du moins à leur contentement , les malheureux sont excusables. Et la cognoissance que Ton a des heureux et malheureux, c'est qu'aux uns les biens viennent en dormant , et souvent quasi sans les demander, avec peu de peine ; les autres se consomment , se perdent , se travaillent , et leur fortune ne vient point, ou tard , on à coup de marteau , ou bien , quand ils la pensent tenir , il se trouve des obstacles qui naissent de la terre , quoy qu'ils ne manquent de prudence , diligence et bonne conduicte. Mesmes, lessaincts personnages ont estésubjecls à ces impatiences : Moyse en rompit les tables de la loy , Jônas et autres ont murmuré, et ne peuvent attribuer ces causes les naturalistes , sinon qu'il y a heur et malheur en ce monde , et les sages les referrent à la puis, sance de Dieu. Quoy qu'un alEiire soit conduit avec toute prudence , si ce n'est par sa grâce , il ne réussit : la longueur du temps , rimpatiencc qui procède quelquefois de la punition divine , rompt et renverse les desseins , et souvent la mesme punition engage à des poursuittes qui n'ont point de fin.

L'alliance du roy Henry II avec Moris fot au préjudice de la religion catholique en Europe; la vengeance suit : la postérité des Va* lois, sous prétexte de la mesme religion qu'ils avoient favorisée en Allemagne, ont eu en France trente ans de guerre civile , et s'y sont perdus à la fin. Pour commettre un tel péché, il felloit conquérir non seulement Metz , ains la moitié de la Germanie ; et dévoient Leurs Majestés penser que de la mesme mesure qu'ils mesureroient les autres ils seroient mesurés , et les princes souverains doivent bien penser , avant que de protéger les rebelles ^ de leurs semblables ; exemple pernicieux suivy de leurs propres subjects.

Gloire et honneurs mondains sont autant de folie et vanité : un grand empereur, Charles- Quint, vainqueur eu Europe, souslenant la religion catholique cl la justice , s'enfuit de nuici, laisse piller ses amis, son logis, sou bagage et sa ville , lorsqu'il estoil au période de toute sa grandeur : consolation des capitaines malheureux , au mcspris de lu recher-

che de grande fortune , puis quVlle est A jecte à se perdre , et qu'elle n*at exi grandeur ny de vertu , haussant et plusieurs pour leur préparer une plus cheute.

Les favoris conseillent la guerre ans quelquesfois à leur préjudice, i ce soient employés en puissance de mort vie sur les hommes. Ils acquièrent de neur par le sang d'autruy , sans péril; lU rendent compte de l'argent manié , bmCM) leurs amis aux charges et en destimen loi ennemis ; desquels deportemens ils ae wêêê tent de tels envieux , qu'ils en sont «teril puis après. Geste entreprise d'Allemagne 4 remarquable par l'imprudence de remparal légèreté du roy, et ingratitude de IM L'empereur , après son malheur , ne ponÉ faire mieux que se r'abiller avec les lii mans , voyant tant de contraires : le roy aUj donné se retire par contrainte ; Moris , cfl tinuant la guerre , ne se pouvant faire ai pereur pour l'opposition du duc de Saxe,! landgrave et Brandbourg, fit bien de fiî paix. Le roy pouvoit faire mieux : oea|N la plaine Delsaz , fortifier les firontima d Rheim , comme protecteur , et , sans dams tage irriter l'Allemagne, se contenter dnd ché de Lorrame; recompenser le doc i Anjou , foire une place imprenaUe anz moa tagnes de Saveme ou sur le Rheim, bomwsc royaume de Metz , de la forest Noire , monl gnes de Saveme jusques à Lnxembonif :

s'estendoit jusques au Rheim , entre leqnd i les montagnes de Saveme il n*y a point i places fortes. Ge f ust esté le restabUsaônent d royaume d' Austrasie joint à celuy de Franei le roy n'estoit assez habile ; le connestadbh qui l'eust désiré , eust esté contrarié de IL I Guise, qui commençoit à balancer sa fimv

L'inclination des hommes est plus an ni qu'au bien; foitqiie les obligations andonu sont oubliées par légères offences : il ne Cm s'asseurcr de recevoir recompense de bien faicts de ceux auxquels on a fait de veaux déplaisirs , lesquels font oublier toi les biens passés , ou donnent moyen de ooi vrir ringratitude de plusieurs.

Les mariages font la maison d'Eq[>agne < défont celle de France ; iceux abaisseratt 1

KÈGNE DE HENRY IL

Giir du roy Henry denziesme : celay de Le , auquel U doona sa fille, luy ren- »«m ducbé; le second , en Espagne , qni fille aisnëe ; et celuy de Savoy e qni &S1 sa sœur; poor lesqneb mariages fiiendiies deux cens villes , avec la perte is pur sang el argent de IVance, par la ui fot la naissance des guerres civiles. Qtraire, par les mariages de Marie de ongne , Ysabelle dÂrragon , et de Talde Portugal , la maison d' Anstriche s'est n la grandeur en laquelle elle est.

idroU imenx avoir attire à T Allemagne HA souveraônbien obey : elle consiste en 3Aces divisées ; celle de l'empereur sans te auctoritë, des ducs partiaux, des eveaecclésiastiques [séparés , des villes et it pals y tout de nouveau encores divisés k religion : avant que les diettes impesoient assemblées , le tiers d'Allemagne ^stre pris , eux si peu aguerris qu'il s'en Iroit beaucoup à coups de pétards etdV §e. Ceux qui sont eslœgnés du mal con* eut pour la guerre à regret ; les proches entendent, etoai lesmesmes incommo- (fue les associations et ligues; lesEran- ^uasent nneux foit leur profit de ce costé4à

QliaUe.

î roy haste son retour ai France pour chas-

a royne d'Hongrie , qui , par diversion ,

il guerre en Picardie; ceux de Luxem-

*g , ayant assiégé Stenay , se retirent et

mettent sur la defE»isive à l'arrivée de Sa

^sté , laquelle au mois de juin 1652 prbt

^basteau de Vangdemar. L'admirai d*An-

aut, avec l'armée restée en France,

oint ; le roy bal d'Ampvilliers de trente

ons ; la bresche £adte ils se rendent à

^retion; le simir de Ghastillon, colonel

[*inlanlerie , nepven du connestable , en

le principal butin. En ce mois le roy enr

Il Verdun , ville inqperiale , par hi foiblesse

ia ville et des liabitans, et persuasion du

[Unal de Lorraine, leur evesque, pareil

grade, non en auÂonté et pouvoir » aux

sques de Cologne et Mayence. Le roy , se

m vicaire de l'empire , leur fit foire le

ment , change les magistrats , les princes ,

mant davantage en espérance des services

fenir i que pour la recompense des passés.

La suflfoance et valeur , plus que récompense du sieur de Tavannes, luy firent avoir le gou«vemement de Verdun , avec garnison de cent hommes d'armes et deux cens arquebusiers , jugeant que ceste ville estoit la première assiégée. C'est establissement fut en considération de ses grands services, à quoi il fut nommé du propre mouvement du roy , sans faveur de personne ; aussi ne vouloit-U rien tenir que de Sa Majesté, ce qui apporta un grand retardement à sa bonne fortune , n'y ayant que les portes de Montmorancy et de Guise ouvertes pour entrer en crediti par lesquelles il ne vottloit passer.

Tout estoit à leurs nepveux ou alliés ; ma* reschaussées, gouvememens de provinces, gens - d'armes , rien ne leur esch^ppoît. Reste la moindre puissance au roy , de pourvoir de quelque gouvernement, comme ce* luy de Verdun ; ainsi ceux qui n'estoient ap* puyés que de Sa Majesté estoient mal. Ces deux, de Guyse et de Montmorency, difterens en tout , s'accordent en un poinct, qu'il ne falloit faire place à une tierce faveur; les petites fortunes estoient permises , les grau* des empeschées. La valeur du sieur de Tavannes, voulant esclater, eut tantost l'un, tantost l'autre contraire, et souvent tousdeux; plusde vertu, de valeur, plus de services, plus de reculement , plus d'opposition il y avoit. Z Le roy a le moins de suitte et pouvoir sans le cognoistre , et à grand peine peut obtenir de ses favoris susdicts d'agrandir le mareschai de Samct André , auquel ils firent place, estant forcés de l'amitié extrême que luy portoit Sa Majesté. [ 23 de juin ] Yvoy fut battu, pris à discrétion avec son chef, le comte de Mansfeld; Linx se rend par composition , sans que h diversion prétendue par la royne d'Hon* grie , qui prend Hedin et brusla la fontiere de Picardie , peust empescher ces progrès ; elle se retire voyant arriver M. de Vendosme , qui reprend Hedin. Le roy malade à Sedan , le connestable quitte l'armée , court vers Sa Majesté pour garder sa faveur , fait M. d'Annebaut chef pour empescher les princes d'y prétendre , donne partie des forces au mareschal de La Marche , qui cependant reprend son duché de Bouillon qu'il avoit perdu depuis trente ans. Le sieur dAnnebaut prend

Tneskm, Cjmct et autres places , où le sîeui* de TaTunnes portoil tout le faix <;omiiie uiarosclial de camp. Le roy, retiré à Causai, rompt et renvoyé rafi-aischir son ai*méc.

En ce temps , au mois d^aoust , les Siennois sYntretenoient libres sftus la protection de Vempire , oouvcrlnrede laquelle plusicui*s YÎHes se sont senies pour se mettre ou maintenir en liberté. Ils reçoivent dom Diego de Mendosse , lequel , si>us couleur d*emposcher les divisions des nobles et populaires , fei- {*nnnt de favoriser Tun au deceu de Tsiutrc , leur donnant des promesses en particulier dos doux parts, commence une citadelle ; ils s*en apperçoivent , et de la perte de leur liberté ; se rapportant les uns aux autres les artifices et paroles do Mendosse , s*accordent et introduisent le comte de Potiiane et trois mil liommoR , qui leur aydent à ruynor la citadelle , et chasser les Espafpnols. Mendosse estant pour lors absent à Rome, eux co* gnoissant roflence commise contra Tempereur, recourent aux François , au sieur de Termes et comte de Monteiior; la {;uerre se fait en prix et perte esfpUe.

Stresse arrive pour commander à Toscane , par le commandement du roy, avec trois mil Grisons , autant de François, et cinq mil Italiens , auxquels s*oppose le marquis de Marifpian , {général de Tempereur, avec quinsse mil hommes. Los armées proclie à Moncalile campent; Stresse , mal placé , est endommagé de rartillerie et des escarmouches ; diminue le courage des siens , qui Tabandoniient la pluspart -, s'opiniastre , pensant faire desli»gor le marqnis ; ses incommodités aufpneiiient , se résout de décamper de jour en présence , pour maintenir réputation ; qui fut sa perte , tellement que , chargé , blessé et dofaict , se sauve à Montalsin. Los Siennois par ceste perte veulent composer; Moniluc , envoyé du roy , les r*asscure , tiennent encore quelques mois, enfin se rendent par fîimine et faute de secours aux Espagnols, qui les donnent à Gosme de Mcdicis.

Il ne se faut mettre en place pour se rendre : toutes capitulations sont dangereuses et de peu d'honneur ; des secours promis le quart ne s*eflectue : Ton se doit excuser d^une mauvaise commission , aidé de ses amis , tant

que riionncur le permet. Los ca| sans avoir enduré la bulfteiie foet •■ de trahison ; celles qui se font 1 faite sont dangereuses , et peu hosi Tassant n'est soustenu ; le mîeuK p< est de nVndnrer le canon , ou d'em saut. Le bien du gênerai est de soi ques à Timpossible ; tant plus ou t de temps gagné , et plus de munitic nemis perdues , et mieux pour le | Ton son.. Il est plus honnoraUe de A le baston blanc après Tassaut, qv déployées sans batteries ; les caîoi mis et d'ennemis redoublent après i d*un siège : le tiers des places ^* en parlementant ; c'est kirs qu'H ; l'œil ouvert. L assiégé ne doitiaiflc nerale , marqner le lieu du parles se doit capituler , pour se re^oudn tenir , si les soldats assiégés n'enleii croyent fermement que c'est une pour gagner temps et reeognûialff seins du dehors.

La capitulation doit estre vingt éSi bien entendue , sans mots à deux ec se puissent interpréter en divers se mis en une capiiutation d'une .ply pris,<|uc les soldais sortiroient; les^c voyans qu'il ne se p;irloit d'eux, se prisonnier. U se doit mettre Q« e sieurs copies signées des traiclés^ porter , pour en un manquement i les perdre avec soy, et qu'iceuiL (C aux amis pour faire repix>che de Ji tion violée. U ne se peut trop toft place à composition ; s'arrester eus amené des inconveniens : l'assiégea laisser de se battre pendant les tn abandonner aucun advantage , Utivf laisser recognoistre les assiégés^ IjC personne de crédit ne doit sortir pu monter , ains négocier par escrit « 4 ennemis : ordinairement les depui gnent. Il vaut mieux mourir que de àdi.scretion ou se i*etii*erde nuia.:L qui n*obsc!rvcni lafoy , prennent ;pei par capitulation; le desespoir des leur fait faire des miracles ; la parc rompue ne prolite qu une fois, et sieurs.

RÈGNE DE HEKRY IL

M m aiscrablo où les géniteurs ont i|Mroirqu6 les maisons: les si'r vices fifiéi à desservîce ; la vérité contre BDi,ditte aux roys qui se laissent posiMMavaKt-courcur de mort ou def^bm Majestés redisent tout à ceniL ifaieneat. Sous un roy peu habile ÎBi kl favoris, ou se tenir cliez soy , Étni temps à la cour , et se mettre i||er: les roys ne croyent ce qu^ils [^ tt qa'ils touchent , iUudés et preves ïmmr de ceux qui les {gouvernent, bde d*obtenir une faveur commune , ■du leot pleines d'obsiacles ot de preb kl simples capituiuories de gens- ■, lieDteminces de roy , s'oblienacut , Blkne^^ù pou voit aspirer la noblesse Lei offices de la couronne , les en chef , s'obtiennent rarei ïïeA parent ou ami dos favoris ; W ces offices sont marque de faveur e oleur ; en Tannée 1G20 , il s*en fera le, avec plus d*honneur aux vertueux nmt jprîvés , qu a ceux qui des posse- : koBle sans mérite, nuchal de camp loge et met les trouiHlle selon Foi'dre qui lu y est donné mni habile , et fait la cliarge de ceux MM pas : ils sont lieutonans en Tar* Milenl de tout. Leui*s charges sont s, ^piand le gênerai est capitaine et ■demeni, etdoivent laisser travailler itdrartiUerie, colonel d'infanterie, per lemni charges : bien peuvent-ils K résolutions des tranchées et liâtsssBtcooduitos par lesdicts maistres biUiloDoeld'infanlerie. Us doivent uMcsvoir faire les cartes parles elefisr jsstnunens mathématiques, en e, on da moins en une chambre, sur t de eeox du pais , mypartissans de • Mnslfis pour marquer la distance l; 4>« biiMk prenant la proximité ou wêêA des villages au compas, obserpesssges des bois , des rivières , par le fJbce peut estre secourue , et radrsncer sur les advenues les arirs à cheval , dont la perte n'est im- 1 4|iie les quartiers se puissent sccou« riBtM, témU refaire s*îl est besoin

les passages entre les logis, teUcmcBl qii^ils so puissent assister.

La i^ace de bataille gieoerale doit couvrir la ville assiégée du costé de la vmoe des ennemis et donner des places de coonbat parcicalicres ù la teste des quartiers, pour assembler un ou deux regimens en gros et marcher vers la grande place de bataille à Talarme. Psor Teviter, outre ki garde ordinairedeeheval, se doit envoyer plusieiirs batteers d'estrades , à ce qu à rimproviste les ennemis ne tombent sur la place de ladicte bataille. Les approches doivent estre bien faictos sans se précipiter , faire les tranchées hautes ; la ville qui a de grands faux -bourgs proches est k moklé prise : faut observer daus les tranchées , de cent en cent pas, un fort pour tenir cinquante hommes qui flanquent les testes des tranchées. La batterie ne doit excéder deux cens pas : la plus proche est la meilleure , pourven qu'elle soit bien couverte et flanqnée , que les pièces ou arquebusades de la viRe ne la puissent foire abandonner. Il ne faut jamais battre sans voir le pied de la muraille ; s'H y a casematte , gagner la contrescarpe , la baisser , la percer, et les rendre inutiles avant que donner Tassaut. Si la villebastîomiéeest gardée de peu de gens^ les assiegeans forts de munitions et canons , on peut embouclier la canomrfere d*utt boulevart ff\'ec trois canons et rompre le parapet , et en Tautre boulevart foire brèche , donner Tassant , et en mesme temps foire tirer incessamment à la canonnière et parapet opposite. S*il y a multitude de gens , les bastions bien foicts , le siège est long ; plus on se précipite et plus de reculement. Pied à pied , la contrescarpe estant gagnée , il fout jetter de la terre dans le fossé , se parer d*nn flanc d'un des boulevarts , et s'acheminer par dcdan% le fossé vers la courtine de Fanlre ; sinon , la contrescarpe percée , creuser le fossé s'il est sans eau , s'adieminer à la pointe d'un des bastions, favorisé de rarUllerie et des mousquets, qui doivent estre logés sur la contrescarpe : faire faire bresche à la pointe par canon ou mine , tenter de s'y loger avec peu de gens; plus il y en a, plus de confusion ; le logis faict , le rendre capable , et y estre tousjours d(wx cens cuirasses et nombre d'barquebusiers eu garde ; ne douer Ja*

mais assaut inconsidérément : la pointe des braves morts, la ville ne se prend pins. Et s*il faut hasarder qnelqn'uns , qne ce ne soit Telite de tons les regimens^ ains d*nn seul : ne faisant point perte , tousjonrs Ton augmente, et les assiégés diminuent.

I La science et eiq[>erience est si nécessaire à cet estât , qu'il y fiaudroit un vieillard > ou du moins, pour le travail assidu, un de moyen âge : il se commet tant de maux sous eux s'ils ne sont gens de bien , que la punition de Dieu tombe souvent sur toute Tarmée et fait perdre les victoires. Ce n'est peu d'art de se sçavoir faire obéir sans tuer les hommes, qui est une coostume usurpée en France par les maistres de camp et capitaines, que je n'apreuve nullement : un soldat seroit aussi tost fait prisonnier que tué. Lesadvisés qui se font obéir par l'espée en blessent peu et font plus de peur que de mal. Sçavoir mettre en ordre les regimens en un mouvement , selon la quantité des soldats, en bataillon carré, de terrain ou d'hommes, en tirer des escadrons vollans et replacer les soldats sans altérer l'ordonnance ; faire les descharges à propos , remettre un combat rompu au dessus ; par une voix, un signe , advancer , arrester les troupes ^ leur donner chaleur , les r'allentir ; se fortifier dans les camps fermés , guidé des tranchées , les redoutes et dehors des places ; sçavoir recognoistre et loger sur une bresche , disposer un assaut , sont parties requises au maistre de camp non téméraire ny trop lent. La guerre dépend de tant de parties , premièrement de Dieu, des péchés, des commandemens mal donnés et mal exécutés , des evenemens fortuits, qu'un malheur advenu à quelque chef ne doit empescher son élection en plus grande charge, si ce n'est par plusieurs fautes réitérées , qui prouvent son ignorance , ou qu'il soit malheureux. Le gênerai d'entendement cognoistra à la parole , au conseil , et mieux aux effects, les capitaines plus dignes de ceste charge. Les jeunes maistres de camp se voyans quinze cens hommes à leur dévotion , il est dangereux qu'ils ne bastissent des desseins , des révoltes ou mutineries ; et plus ils sont d'illustres races , plus ils sont à craindre. Ce sont charges qui regardent autant le tiers

ftm que les gentUs*bonuues i et desquel- rine , par le costé de Sainct Paul , à

les il ne faut exclurre les soldats ment ny ceux des villes ny ceux des ne tra^leroient que pour le butin iroient quand ils l'auroient gagné. L*( toit bon en France , lorsqn'fl n'y ave colonel et un maistre de camp; leg es de trois cens hommes n'estoient à tant qne ceux qui conunandent à qui et à deux mil ; ny colonel ny maistre * ne pouvoient gagner les capitaines toient pourveus par le roy. Il n'y a li la justice soit si nécessaire qu'à VM que si elle n'est exercée , il advient i ges accidcns qu'il faut prévenir, ts l'acquict de la conscience que pour 1 desroys.

On ne se doit mettre en soupçon pie que lors qu'il ne peut plus faire le jour qu'on entreprend contre lu ne s'y jamais fier. Plus de sermens plus de tromperie ils trament. L*l dit qu'il faut brider avant que sell peut monter à cheval sans selle et :

bride , qui est comparer à la citadell aitifice doit estre employé pour tn peuple en défiance, lequel à tout invente des ombrages , dont le mei mede est de gagner les audacieux et ont crédit , ne négocier ny faire un eux , et tenir grandement couvertes sées, prenant garde que se voabml on ne se descouvre , et prévenir les des plus mulins par subtiles inventic ques à ce que Ton les ait bridés.

J'ay dit que deslo{;er de jour en est très-dangereux ; le cœur se perd dats, quoy qu'on leur face entendre une honorable retraicte ; c'est bn vouloir desloger la nuict, pour t deffaire le matin.

En l'an 1591 , le roy, assisté d'i d'Allemands , se résout d'assiegei Testois sorty du gouvernement pei vaut, ayant esté pris voulant seconri Estant prisonnier, Sa Majesté propc faire dire par force les plus foible de la ville ; je Tousse trompé s'il i creu ; si je luy eusse voulu aider, : logé entre la ville et le fort Saine

RÈGNE DE HENRY II

iboarg de delà Teau qu'il tcnoit , et aqiélâ ville par les endroicts faciles ; i|B mollement et par le plus fort, ifiie pouToit rien apprendre de iMUnda à M. de Longuevillc , qui ijfpnlMt pour me changer à sa mère , litHeorSy de ne me laisser sortir. Il iéfitkdict sieur de Longueville, de- : Avoir ses plus proches , me mit en ii ce qui cousta cher à Sa Majesté.

EneKresenl cause d'avoir advancé le i hne tn secours de Rouen : je Tes- ■ msver, et m'addressay à luy pour fÊOn de M. du Maine. Je luy donnai n advis par escrit : le président Ri- , qui les recevoît , le pourroit tes- 'ijesçavois Tinclination de ce duc de tftre que dans les retranclicmens. Je (tre le pais de Normandie couvert de le levées qui séparent les héritages, m heures peut estre faict un rceu en quelque logis qu'il arrive , les années estoient en présence , MUToil retirer de nuict à six lieues

00 autre fort logis , où il pouvoit firres ; je le résolus , et suivit mes

Mot ainsi que je luy avois dit : nous m i Chasteau-Neuf . Le roy paroist gros de cavalerie en la plaine arquebusiers à cheval pied à desployées cl tambours batfit croire au duc de Parme que lée de ses ennemis esloit présente ; a temps à se mettre en ordre et à poistre ; après que les mieux, mont desdilivert par un gi'and circuit Ml rien qui soustinst le roy, tout K Mt Le roy se retire avec mil ■r le pont d'Aumalle en lieu si es- Ht blessé d'une arquebusade dans e s'il eost esté blessé un peu d adi se perdoit avec la pluspart de tout leit avec luy, si la tardiveté esprresolution du François ne luy eust ips de retraicte ; apprenant à ceux lieront en cas pareil, que lors qu'il s trouppes , il se doit envoyer sou-

1 des hommes à droicte et à gauche lés y prendre tour et circuit pour

descouvrir le dernier promptement et se résoudre.

Le roy se relire en son siège de Rouen, laisse trois cens chevaux dans Gbasteau-Neuf , craignant d'esire suivy, pour amuser. Le duc de Parme les prend , leur donne la vie à la prière de La Chasire , beau-pere de Givry, qui commandoit dans la place : le respect d'un particnlier gaste le gênerai : c'estoit autant d'ennemis desfaicts et de terreur dans le cœur des contraires ; la guerre ne veut exception. Le duc de Parme craint d'hasarder la bataille contre tant d'Anglois et Allemands. La coustume des Espagnols est d'aller voir le logis qu'ils veulent faire le lendemain avec sept ou huict cens chevaux , pour cognoistre à quoy l'ennemi se préparera croyant leur deslogement. Il est dangereux d'y estre renconti*é foible ; nous estions partis à ceste intention , et estions à une lieue de nostre ar-* mée avec tous les chefs d'icelle.

Je fus le premier qui dis au duc de Parme qu'il s'en retournast, qu'il se mettoit en hasard de se perdre et tous les capitaines de sou armée ; il me creut , sans cela il esloit deffait. Il envoyé le prince Arnoul , son fils , Rosne , le comte de Ghalligny et moyplus avant , avec soixante chevaux. A deux mil pas de là le comte de Ghalligny, qui menoit nos coureurs , est rencontré de huict ou dix cavaliers ; il revint à nous : le fils du duc de Parme dit à Rosne : « Seigneur, vediame! » Rosne, qui descouvroit trois mille chevaux venans au demy galop , dit : « Morbieu , j'ay trop veu » ; se retira avec ledict prince de Parme tant qu'il peut. L'entreprise estoit sur le logis de M. de Guyse , traversé d'une rivière ; j'y courus , et n'eus loisir que de dire au jeune La Ghastre , qui vouloit faire teste dehors le village : « Ils sont trois mil chevaux , passez » l'eau et relirez ce que vous pourrez, v II ne me creut , el à peine se peust-il sauver, et perdit son bagage , que le roy enleva avec tout ce qui estoit séparé de la rivière du costé de Sa Majesté. Je ne passay point l'eau et demeuray bien monté du costé des ennemis et quasi parmy eux : si Sadicle Majesté oust [)assé ceste petite rivière et suivi , il eust apporté un grand desordre en larmée de ses ennemis \ il se retire avec peu d'c»ffeci.

M. de Guyse demande permissjoo de se jelter dans Rouen avec mil hommes, parce que Tfllars , qui y commandoît , se Tooloit fendre s*il n^aroit secomv. M. do Maine , craignant la réputation de son nepven , oflre d*T aller arec deux mil hommes. TaTois mis nn capitaine dans nn cbastean à cinq lienes de Konen , qni atoit pris Tescharpe blanche par force; approchant, il me mande qn*il tenoit lé ehastean ponr moy : jedisandncdeParme qne c'estoit tom bois , et qne par le moyen de ce ehastean Ronen se pouToit secourir. Il demande si les deux mil hommes de M. dn Maine y ponrroient aller. L*asseurant qn'ony (comme je le fis recognoistre aux siens) , il dit que, puisque deux mil hommes y alloient« que toute Tannée y ponrroit aborder , et qu'il y vouloit aller luy-roesme , craignant ou de demeurer seul , ou que les antres n^acquissent ta réputation. Ainsi ces trois princes . par ambition Tun de l'autre , conclurent d*hasarder tout et exposer une année à b bataille après avoir tdk sept lieues , dont il en falloit fhire quatre de nuict , avec les accidens qne Tobscurité apporte à un tel grand corps.

Il y avoit douze mil hommes aguerris que ledict duc de Parme sqpara en quatre : le premier à M. du Maine , le second i Iny , le troîsiesme à Rosne, et le quatriesme à moy, partissant les canons , munitions et ki^pges en quatre. Il m'estimoit plus que je ne valu». Indubitablement nons eussions donné jnsqnes à Rouen : le roy , logé an lai^e , et tard adirerty de ceste entreprise, n eust pen advancer soudainement qne quelque cavalerie , qui ne ttous en eost empesehé. A cinq lieues de Rouen reste entreprise se rompt par advis qne Ton apporta qne les issicgés avoient faîct une flijndt sortie et pris cinq canons : gens qw vont i la mort et temporisent , se refroidissefit et se tavisent pour pen de chose : Q fut dit qn% n*aToienl besoin de seconrs sKMten int . Betsé , f opiniastray q«*Q faOoil emoy er cinq hoHmes à Ronen: je Tubcins; R«3sne et ks jniHniwiinw i û bien qu'ils y entre-

retiré vers Rue , W

; les assiégés, sans avoir

ny de vivres, de-

d*essre attîegéset

Le

fOT

qu'ils se reodent s% se ton j(^ fortune toarae le mal es bici;^ du Msise doooe jonrwiiaws^ tentecnens A nés serviienn, pr^ M. de Ooyse nos Wf^mif ffëuntm restre ream Irosver ^fthuimt^f^ etqu*il n^estofl demenréaCn», faire chef de psrt^ traictmtèiiri Espagnols, cosHieM. «feSes»^, cur faisoîent. Il pan pon m Bourges ; j*efi fiais de MS/^j Bourgoogae , parce qnel«^|,^ tenoit aHCones proaMS»*^;^ voit fait me tirant de Rosei.

Le roT sçail SOS dtffwiens.

nonchalant ; son armée wé^irii duc de Pâme et M* dbJKwMi qufHrir , sons prient de memm lotput combsttre à h tmcm.m tentenens se perdent, msTÉièi nons niarchoos à Bonn. Um^i Pont de TArche : tins km» ^j monstre sa fuiblesiS, M «dÉi battre : nons fnssiosi l'Arche qu'à Roses • sf Majesté à demy panée; ilieiri que l'occasion passée,' Je ror esLsl ser rean. Après oeMeten^Ki

prendre Codebec ponrdeipfvteif tement , a vase qss les tom è(<

sr>nt remises essemUe. U lit i que le dsc de Parme ycnyntU^ choisie entre Rouen et Godrkt Ani pbiae environnée de tfne d à si plaine , ponr son efetatks cis^' ne punvoit estre cndossaptài pisaMer qne lesprenscm^*^^ T avoit une jjiinne si 3 fa >*'^ ie bois i b teste emoà tbtuf^ La pessée dn dsc de PMP c^f ^J Valérie , dost le f»r €S«i le f*»M

;<el»sv'«l«»* rsfrserie vemqH

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bene de b pbce de ISjOe^Sav^W

tr»^Hrend de gafderniiibf;;^'^ cbe\an\ et dess «■**1''*""*jL L'ES qn a s y perdrait; 9Fr^Jj UiUiUe estMÛ fhimkém»^^^

quitta son viibrpw »T^^ '

p>«rroit

qse sit-noe meJlesre

RÉGNP DE

' 20U|:^* -, la première plaç hoBOfable,

^ * "^ dal&g#rells^ : fl e^oit hw capîiaioe

" * pE^ legem» ec luui plB$.

' ^ 4^*<M*i 4VÎ ftvi^ît cpoclad k vm 4pi*

loaoft dans le village. L'armée du

rqîf esté f^forçé^ , repasse au Ëont

>r i e( ilpfis approcbe de trois moiisque-

lis j^ J^. 4u Alaioe qu^il s'en retirasi ;

moy Dpiis ^U^mes à ce qu'i} iiou§

. jMis eest udvis il se perdiHt. Le roy

Bivon doiweiit à Tiostant , font fuir

. «peUeol setirev) Saii^ct Paul et Vitry

. ^ la place de bataille. Le roy prend

( p^che Qostre année , qui estoit eu-

de bois et empesclioit la veue Tune

*e : /BU p^tîl bois carré estoit au mi-

deax , plus procbe de celle du duc

e , qui ae se souvenant de la faute du

scedeaf , Sainct Caul , La Motte , Gra-

t Bala;^n opiniastrent qu'il le falloit

dvec deux mil liommes : je maintins

' ^slûit les perdre , qu'il y falloit toute

om V^bfî^donner î la pluralité Tem-

Ce bois donué en garde à La Brelotte

>u^ cens hommes , quinze cens Espa-

ais aux bords di| grand bois qui couvroit

place de bataille pour les soustenir ;

* trop grande ; non seulement c'estoit

3 jceuif q/ai essieu) au petit bois , mais

1er les quinze cens E^gnols qui les

9pient c estans séparés de la place de

te , ou jl ialloit qu'ils se retirassent , ou

^ule Tarmée les viast secourir là , per-

l'advaiitj^e^ e) qpî estoit contrarier tout

re resobi.

» roy à la diane emporte le bois avec six 3 hommes, met en fuitte les douze cens a ^relotl^^ donne Teffroy aux quinze cens igDuk qifi Jes soustepoient , à la teste dess j'est()is^ Jâ. du Maine demandoit qu'il lit faire ; Ton estoit aux arquebusades ; es du petit bois ffkgoé portoient dans la du grand ^ie où nous estions. Contraire , itaine espagnol , dit que si on retournoit en )lace de bataille, tous ces quinze cens Es- (ools se mettroient en fuitte , dont ensuivi la perte de Tarmée s'ils estoient suivis; iclttd qu'il falloit là combattre ,: une faute cne l'autre,

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