‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 22 sur 224 · HENRY II · texte numérisé non relu

HENRY II

Il avoit esté fait trois corps d'in£anterie en la place de bataille ; Ton en tire un , et luy fait-ofi passer le bois })0ur secourir ces' quinze cens Espagnols : ils sont mis en bataille à la teste du grand bois du costé des ennemis ; voilà nostre armée séparée en deux d'un quart de lieue et d'un bois, ne se pouvant secourif l'un l'autre. Si les Ànglois eussent gagné une haye que M. du Maine fit deffendre avec les Italiens de Camille Capsoulte , ils comn^andoientdans ce corps d'Espagnols, qui avoient esté separés;eussent esté contraincls de quitter leur place , et se fussent rompus. Deux coulevrines , amenées de la place de bataille la matin proche les douze cens Espagnols , don-i nent à la cornette de cavalerie du roy, ce qui luy fit faire halte et juger que l'on vouloit donner la bataille ; ce qui servit de beaucoup, r

Le duc de Parme s'y fit porter tout blessé ; se plaint de ce séparément d'armée ; me demande qu'il falloit faire. Je luy dis qu'il les falloit tenir là jusques à la nuict, puis que )s) faute estoit faicte ; qu'il y avoit eu imprudencq en les advançant , et y auroit beaucoup d^ péril à les retirer , qui encourageoit les ennenùs de s'advancer ; je le resous ainsi. L^ roy, ne cognoissant son advantage , ou se deffiant de son infanterie , se retire ; quitte \9 petitbois qu'il avoit gagné , et nous fit plaisir : il pouvoit deffaire le tiers de l'armée à maii^ salve ; huict jours passèrent campés l'uii devant l'autre en nécessité. Le duc de Parme , se souvenant de mes advis , déloge de nuict, fait quatre lieues , reprend une autre place de bataille plus forte , près Codebec : le roy s'en approche ; ne nous pouvant forcer au combat, passe imprudemment pour nous conpper le^ vivres du costé du Havre , nous donne moyen d'envoyer nos bagages à Ropen et passer l9 rivière.

J'avois dit au duc deParme queladicte riviene fait un fer de cheval au droit de Codebec ; qu'il falloit que le roy fist douze lieues de tour pour aller passer au Pont de rArche pour le combattre ; que luy, avant que ce tour fust fait , auroit loisir de s'esloigner de vingt lieues ; qu'il ne pourroit estre attrapé : il le treuve véritable et m'en remercia estant proche de Paris; à la vérité je perdis beaucoup à sa mort. J'ay esté contraint de faire ce grand

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discours pour monstrcr que M. Strosse ne devoit craindre de s'en aller de nuict, puis qu'un si (prand capitaine que le duc de Parme a fait le semblable avec honneur , desgagement et salut de Rouen , ayant foit ce qu^il vouloit foire , sans s'arrester aux propositions de quelques bravaches, qui, avec magnifiques paroles d'honneur dans les conseils , sont les premiers cachés an danger.

La France a monstre son effort quand elle cstoit plus opprimée ; la guerre civile au milieu et aux quatre coings d'icelle empesche les soldats d'aller chez eux , les contraint se tenir en l'armée , n'ayant seureté dans leurs maisons. C'est pourquoy aisément le roy Henry quatrîcsme rcsistoit aux forces d'Espagne et d'Italie , d'oii il ne vient que les plus volontaires , et souvent beaucoup d'inutiles ; ils trouvoient en France jusques aux femmes armées par les guerres civiles. Les Espagnols disoient qu'ils auroient meilleur marché', la France n'estant divisée , qu'il seroit impossible au roy de tirer les gentils-hommes et subjects de leurs maisons s'ils y trouvoient seurté. Ces dernières guerres civiles font cognoistre ce royaume invincible ; plus de guerre intestine , plus de soldats il fournit ; c'est retenir la mer que de tenir la noblesse de France , qui peut vivre en seureté chez soy; , ils se peuvent contraindre de demeurer après leur résolution prise de s'en aller pour quinze jours ou un mois. S'ils sont contraincts ils deviennent mal contens; s'ils peuvent eschapper, se souvenant y avoir esté tenus forcément , ils n'y reviennent de long temps; au contraire , leur donnant franchement congé , ils y retournent d'eux-mesmes : il est'vray que ce qui rend les armées fortes , c'est lors que la noblesse ny les soldats n'ont point de seurté chez eux. L'inconstance et impatience des François est de ne demeurer gueres en un lieu ny en mesme estât sans se fascher : heureux Césars , qui aviez des soldats dont les tantes estoienl leurs maisons !

Les François se rafruiscliissent pour résister aux premières entreprises de r<»inpereur, lequd, d'accord avec Moris , avoil partie licentiés , partie envoyés en Hongrie : les plus «uitins des siens se rejettent au milieu d'Allemagne, comme s'il ne leur eust fait la

guerre ; restablit les magistrats d^Ai et autres villes , déposant ceux que avoit mis par raisons d*estat ; ne ponvaBC autrement , souffire le presche en deux d' Ansbourg , gagne les villes imperialkt , ! monstre qu'il n'y alloit de la religioB, bien de garder son auctorité, oflenaé di bat de Isa gloire causée de rintelligeiiee François avec Moris , par son inimitié relie à ceste nation , accreue des offiences '^^ velles; accusent le roy aux diettes iiqMriallri| disant que Sa Majesté très^hrestieBM, couverture de secourir la religion h qu'il persecutoit en son royaume , vondoit. primer la liberté des princes , qii*il l'Allemagne , la saccageoit pour Tintel du marquis de Brandbourg, qui ne 8*1 accordé avec Sa Majesté imperialle.

Par ces ardentes remonstrances , 3 MM des estats d'Allemagne quatre vingts mOhoÉi! mes pour reconquérir Metz , où le rof j/ttÉ M. de Guise avec la pluspart de la nobleMgj et le sieur de Tavannes dans Yerdm , Ai l'empereur s'approchant plus qne de Hett,! y mist un grand ordre. Le marquis de Braâd^ bourg , n'ayant accepté la paix de Mcris, ^ lant les evesques et les viUes imperiaUes, st retire devant l'empereur ; arrive ploslost qpÉ luy en Lorraine , espérant de se reooBcilei advantageusement par quelque notable mf vice , et , s'il estoit désespéré , se donner M roy. Il demande des vivres pour desganh Metz ; M. de Guise, en soupçon luy en rdfiM: il fait sa paix avec l'empereur secrettemeit M. d'Aumalle , favorisé de madame de Yd» tinois par son alliance , commandmt i dont cens chevaux de la cavalerie légère , ordoinés pour costoyer le marquis , qoi en afdt quinze cens et huict mil hommes de piadL i la fin de l'année 1552 , M. d'Anmalle, plafli sur une montagne à la vene dn marqua , Hl resolution de combattre , faisoit attaqner Fflicarmouche pour gagner quelque bapfii' après que le marquis en eut beaucoup endit^l il s'ordonne ; il court à la charge avec toM^ sa cavalerie. '

Les François , qui n'estoient là pour haflf^ der en gros , furent pris sur l'irresolntioi^ moitié retraicte moitié combat, sans ooflH mandement absolu de leur gênerai \ sont m

REGNE DE HENRY IL

A. d^ÀumaUe » ne voulant combattre, rdonné la retraicte à sa compagnie, ne t prendre pour luy, et ayant tout perdu le s'estre résolu de bonne heure à se *., désespéré, voyant la confusion et les stades dans le dos des siens, charge e tiers de la cavalerie dans le gros des s 9 où 11 est blecé et pris avec beaucoup ^s gentils-hommes françois ; le marquis andboorg présentant son prisonnier à Tcur , est bien receu.

vingt deuxiesme octobre 1552, Tempecontre Vhyver et Vadvis de ses capi- , qui luy avoient persuadé d'assiéger in et Tboul , assiège Metz , transporté limitié des François : ayant essayé à ; Diluer qu*une petite ville munie donne t de peine qu'une grande , et craignant rdre ceste grande armée ponr peu d'efil assiège ceste ville forte , pleine de de noblesse et d'un bon chef; quoy qu'il it envie entre M. le connestable et M. de t y elle n'estoit , comme il y en a de ce s , jusques à desservir leur maistre. Les s du roy sont séparées à H. de Nevers , emeur de Qiampagne , qui prend Yireidé des troupes que le sieur deTavannes nvoya deY erdun ; Tautre partie des forces oyauroe donnée à M. de Yendosme en -die , empesche le roy de rien attaquer *e Fempereur. Le sieur de Tavannes, gaf du siège à tous mouvemens , rompt les îs et les troupes de Fempereur avec deux chevaux ; le roy révoque partie des forces d. de Nevers pour assister M. de Yenne , ensemble le sieur de Ghaslillon , nou- 1 admirai de Firance , par la mort du sieur inebanlt. Le sieur de Ru , après avoir pris dîn , bruslé partie de la Picardie , s*estoit *é ; M. de Yendosme reprend Hesdin.

empereur, battu en plusieurs sorties, inroodé de la prise de ses vivres, précipite furieuse batterie ( grand capitaine qu'il it ) sans voir le pied de la muraille , ny ly de la (ausse-braye , qui receut toutes *uiaes , demeurant la muraille de la fausseye , et partie de celle de la ville , tout à mk et restée droicte. Un simple capitaine Fust esté moqué ; il falloit percer la con- Karpe , ^t mettre ls\ bouche du canon aussi

bas que la feusse-braye ; car elles sont nui-sibles aux assiégés , parce que la muraille desdictes feusse-brayesaide à faire pont.L^empereur , après grande perte de munitions, ne pouvant donner Tassant à la forme commune , se met aux mines , où il n'est non plus heureux qu*à la batterie : combattu de Thy ver , des maladies , et mauvaise volonté des Protestans^ demandans assaut ou argent , levé son siège à la fin de décembre , sans avoir peu assaillir aucune bresche , ayant tiré ses munitions mal à propos à la tour d'Enfer , porte de France , et courtines d'icelle , faute d'avoir bien fait recognoistre.

L'empereur n'est tant blasmable du presche permis à Ausbourg, parce qu'il y fut contrainct estant trahy d'amis et d'ennemis -, la coulpe en est au roy , qui assista Moris en une guerre injuste et révolte infidelle dudit Moris.

Préceptes communs et nécessaires à ceux qui attendent un siège : Premièrement se mettre en seurté des trastres , mutins et faillis de cœur-, foire sortir l'un et l'autre : le soupçon occupe et rompt Tesprit ; mieux vaut chasser cent innocens que laisser un coulpable ; ester les bouches inutiles ; faire récolte des vivres sans pitié ; ordonner la despence sans toucher au magasin qu'à nécessité ; régler les vivres et les supputer justement, selon la quantité d'hommes , à quoy l'on est souvent trompé s'il n'y a gens fideUes à la garde d'iceux et ne sont souvent visités ; retrancher les portions , sans attendre l'extrémité , et les faire bien voir par gens expérimentés , d'autant que la quantité illude le jugement, qui se trouve en fin mesconté par la fin à la supputation : il la faut tousjours croire beaucoup moindre qu'elle n'est ; nul que le chef doit sçavoir le fond des magasins ; empescher que les soldats ne sçachent le lieu ny le temps de leur garde , mesler leur escoade avec les habitans , faire garde sur la contr'escarpe et des rondes de dehors ; disposer des gros dans les places et devant le logis du gênerai , et que la nuicl il y ait toujours des patrouilles par dans la ville; punir sévèrement les defaillans aux gardes , defences aux soldats et habitans de se promener sur les ramparts qu'au lieu où ils sont commandés, et de ne parler aux ennemis; faire provision de chirurgiens, on-

MÉMOIRES DE GASPAllD DÉ SAULX

guens , mareschanx , charpentiers , maçons , pâlies, hottes, pics, marteaux, charbons, civières, laines; tonneaux, gabions, pots de fer et de fonte, poix, résine, salpestre, poudre, balle , mesche , golderon , (p-enades , cercles, artifices à feu , dont les magasins soient séparés en divers lieux, desquels les plus preud'hommes ayent leè clefe , les poudres esloignées Tune de Tautre ; les donner par compte aux capitaines , remarquer les soldats qui Tcspanchentaux escarmouches pour sVxcuseret se tirer du danger ; travailler incessamment aux fortifications plus dedans que dehors; brusier tousfauxl)ourg, maisons, bois, hayes ; c^laner les fossés et couverts proches des ' contr'escarpes-, séparer les quartiers aux plus fidelles: les changer quelquefois; diviser les manœu\i*es à gens soigneux, les ouvrages à tous les liabitans en quart, chasquc homme et femme travaillans de vingt quatre heures six, et le labeur demeurera continuel;' enroller trois cens des meilleurs pour les assauts et assistance des gouverneurs ; ne parler que de combattre , de résistances , resolutions, mespris de la mort et d'ennemis ; ne souttrir magnifier aux trompettes, tambours, ny prisonniers les contraires ; nVndurer causer les soldats sans respect , et par ti*op familièrement ; se sçavoir taire et paiier quand il est nécessaire devant eux.

La prise des places s'est facilitée en Flandres , Texperience a fait naistre des inventions pour les forcer; et n'a servy de tenir les ennemis loing des villes, par tranchées et petits forts, qu'ils ont fait abandonner pied à pied en gagnant le derrier ; moins encore les contrescarpes flanquées , lesquelles ont esté gagnées sans perdi*e temps à les prendre pied ù pied. Il a esté inventé une machine composée de bois , de brique et de terre , qu'ils oit nommé»* saulcisse , laquelle les soldats roulant devant eux , vont les premiers jours loger sur les contrescaipes : cessaulcisses , à Tespi-envedes mousquets et moyennes , estant ronlôes , les hommes qui demonrent à couvert derrier, ime fois posés proi*lie on dessus la comi-escarpe , avec le pic et la palle, font soudainement un grand logis, puis percent les centrescarpcs, et les fossés pleins d'eau sont remplis ou passés

avec des ponts ; se couvrant les soldais en

teste et en flanc de toillcs tendue Ifiu perdre la mire et le jugement anx iem Et pour passer sur les marets , apfiorta longues fascines, ils en mettent qm aom tenues par des travaux et aux mert bi ils font des digues de bois avec des tJOH tellement que rien ne leur est imprai SI bien qu'avec peu d'ayde du canm , fl gnent le pied des ramparts. C'est è ttm veulent défendre les villes de diereher velle dcfence, autrement elles se pra toutes.

Les anciens disoient que les TUles mi cours ne peuvent durer; Texperiaiioe tenant a rendu ceste maxime sans douft Gi'ecs, les Romains ont tenu le siège d devant des villes , et enfin les ont priK pins long siège de ce temps a esiécdtay tande, qui a duré trois ans, pour estrei heure secouru : si les Espagnols enas premiei*e année fait ce qu'ils flrent II niere , ils Teussent prise. Il n'y a que places parfaictes au monde : pour roch chasteau de Corfou ; pour plakie , la cil d'Anvers : je crois que l'une et l'anlr prenables avec le temps. Qui pourrai!

une place que Ton ne peust prendre di ans , elle se pourroit quasi dire mipR en Europe , pour la pluralité de aoH¥ qui y sont , et divers accldens qm pc advenir de leur division et de tiàit de estats.

Pour en construire une qni poisse du temps , il est cei'tain que si elle estoit sur lo bord de la mer ( estimt de fiacile sec (|u*elle subsisteroit davantage. Pour 11 de longue durée dans une plaine , il fa construire trois enceintes l)astionnées leurs fossés , qui commandassent les un antres. La première seroit de sept bas la seconde de six , et la ti'oisiesme de eslevés les uns sur bs antres : il seroi cessaireqne tous les fossés fussent d'ui (reine profondeur , la moitié du premr joint la rontresrr.rpe plein d*eau prc qui ne so \}vuH osIlm* , ;\ fin que , ladict trescarpe cs!i»nt percéo , et que voulant des ponts sur Tean par le sec du fbs* assiégés peussent faire des sorties, et e cher les ennemis de passer le pont e(

RÈGNE DE HEiNRY IL

le sec du fossé , ce qui seroit fafœ si ceux qui assaillent cstoicnt logés eimireficarpe pour tirer à plomb aux it, il faudroit avoir fait de bonne heure tranchées là oii il n'y eust point , à couvert, mal-{pré ceux qui tireîb la contrescarpe y aller aux mains pou qui passeroient le pont , lesquels, ;à la file , ne pourroient résister. Il se- I faroir fait des mines secreltes , tant eootrescarpe que dans les remparts et 6 des bastions, pour faire sauter ceux croient dessus , sans oublier de faire ruchemens par tous les bastions : les ies, redoutes et petits forts , à deux cens la contrescarpe y seroient pareillement lires aux assiégés, les^iuels ils tien- ; tant qu'ils pourroient : les casemates . contrescarpe , et au bord sec du fossé, t utiles. Et quand toutes ces difficuU oient vaincues , tousjours seroit-il mali loger sur le haut du rampart compar la seconde courtine ; il u*y a que moyen que les assaillans fassent des rondes dedans , et allent tousjours en çoopant le rampart de biais , sans gui- Mfictes fosses toutes druictes ; autrequi y viendroient soroient veus de de Tanire enceinte , et encore sur rampart les assiégés se pourroient ker; tellement que devant qu'avoir a contrescarpe , fossés , première en- . retrancliemens , mines, il y auroit reme temps : et de là Ton ti*ouveroit Ire place plus forte que la première , ane dernière semblablement meilleure a huileur que les deux autres.

y €tt escrit plustost pour plaisir que ossildité , n^ayant souverain en TEurope liise construire une lello place, moins ir de vivres et Je numiti )ns, el ilt» quatre I mil hommes r|ui M-roient nécessaires i garde d'icelle. J'ay escrit des moyens Ire T'-M'ort du canon moindre contre la !î? , la couvrant de dix pieds de terre ; j'ay pareilleoïeni <»scrit de ce (|u'il tt pour (nonol>st;nii la hatterie) en pcs- *abutlrc la muraille si on iî" rasoit -ont, qu'elle seroit souslenue par lii' grandes S de bois ou de longues arcades. Et

quant aux places que Ton pourroit rendre imprenables, constiiiictes sur les rocliers, faudroit eslire une montagne , non de roc tendre , mais de pierre dure , de celle qu'on ne peut sapper qu'avec le feu et le vinaigre , et tailler avec grande despense des flancs dedans ceste force , qui , servans de muraille , mal aisément le canon y pourroit faire beaucoup ; et faudroit faire comme à Corfoul des enceintes par le bas et d'autres plus hautes , ainsi que l'elevation du roc en donneroit les moyens , les entourner d'autres enceintes. Que si le roc , quelque dur qu*il fust, n'avoit point de flanc, et qu'il fust escalable , il se pourroit emporter, parce que les assiégés n'oseroient paroistre aux bresches , ayant les assiegeans pareil advantage. Que s'il estoit entièrement hors d'escalade et qu'il y eust des flancs , il seroit très-difiicilc à prendre en longues années ; et quand bien les assiegeans logeroient au pied , il y auroit grande difficulté de percer ce roc dur pour y faire des mines. Ces forteresses imprenables sont impossibles à faire , il faudroit une longue paix , de grands monarques et de grands moyens , et de plus on les peut bloijuer.

Les roys d'Espagne en plusieurs années nont peu faire qu'une forteresse parfaicte , qui est la citadelle d'Anvers ; le chasteau de Milan ne l'est point entièrement , et la France n*en a aucune qui soit bien bonne. S'il y a eu de la difficulté, du temps et de la despence à construire la citadelle d'Anvers , il y en auroit bien plus à faire trois places l'une sur l'autre , dont la première seroit cinq fois aussi grande que celle dudit |Anvers. Et quand bien elle seroit faicte , il faut une grande quantité de vivres , de munitions , d'argent , d'habits pour les soldats , desquels il faudroit cinq ou six mil au moins pour la garder ; sçavoir si ce grand nombre pourroit subsister tro -ms sans division. C'est pounpioy il ne se peut faire unt; place iniprenabli» ; et se faut contenter d'eu consiruirtî avec les règles que nous rvons plusieurs fois dictes, les rein^^arts bons, les bastions non trop grands , qu jIs se piiissent delenLlre d*ar<jn{»busades , les retranclienieiis sur les bastions, lesniinc^setcon'remincs j : vr prendnî ceux qui voudront lojîcr dessus , laii e les murailles à grandes arcades ou souslenucs

par de grandes poutres couchées sur un rempart de dix pieds de terre {jrasse devant , et à une toise d'icelies construire les casemates dans la contrescarpe et sur le sec du fossé , lequel soit moitié plein , la contrescarpe flanquée , et des tranchées et petits forts au dehors, et autres inventions, lesquelles pour briefveté ne sont mises icy.

• Considérant plusieurs fois à part moy la facilité qu*ont treuvé les Espagnols pour prendre les places , j'ay cherché les moyens de faire regagner l'avantage aux assiégés que rinvention nouvelle leur a fait perdre , et leur donner le moyen , sinon imprenable , au moins les faire durer plus long temps.

Je me treuvay en présence de MM. du Maine et de Bouillon, deux des plus vieux et meilleurs capitaines de ce temps , où il y avoit un ingénieur huguenot qui avoit esté en toutes les guerrcsde Flandres ; je luy dis, en présence de ces seigneurs , qu'il y avoit maintenant beaucoup de moyens de prendre les places inventés par les Espagnols , et peu de moyens de les défendre, s'il sçavoit point d'expédient pour les remettre au premier estât de leur defence , lors que l'on en croyoit plusieurs imprenables. Je ne le peus jamais faire respoudre à ce poinct , soit qu'il n'en sceust aucune invention , ou qu'il la voulust celer. G'estoit un Huguenot subtil et fort opiniastre. Et donna seulement les moyens qu'une place où il y avoit trois mil hommes assiégés de dix mil , que si toutes les deux forces estoient sans augmentation et rafraischissement de gens , que ceux de dedans , faisant leur devoir, pouvoient ruyner l'armée qui seroit dehors ; que si l'armée qui estoit dehors se rengrossissoit à mesure de leur diminution , qu'il falloit que la place perist , d'autant que le plus emporte le moins Et encores ne dit-il point que si le nombre de trois mil hommes qui estoient dans la place estoit tousjours complet, qu'ils puissent résister : aussy croy-je que les dix mil estans tousjours faits complets par leur secours , en efiTect prcndroient les trois mil. Et voyant que ledit ingénieur n'alleguoit point de moyens, je ne me voulus descouvrir davantage. Et après , comme j'ay dict , avoir pensé plusieurs fois quels remèdes il y auroit , SI la vérité je n'en ireuvo point pour rendre

une place imprenable], bien'pour la (ah rer d'avantage.

Qu'il faudroit une scituation là où Von beaucoup creuser sans treuver de Tesi rendre un .fossé de soixante pieds de pr deur et d'extrême largeur , ainsi que < de Corfoul , qui est aux Vénitiens , parce seroit très-mal aisé de le remplir que grande succession de temps. De plus , droit avoir fait des mines sur toutes les < trescarpes et de condor, mesme dans le du fossé.

Et parce que Tune des plus grandes ceptes est de tenir l'ennemi loing;, il nefaud pas faire seulement des tranchées et redoa à la façon que les Olandois les faisoienl p tenir le dehors, il y faudroit fair^de fom, uns à cinq cens pas de la place , les auu*( deux cens ; les uns , estans plus avancés \ les autres, flanqueroient, et les derniers î fendroienl les preotiers. Et af&n de rendre p vaillans les personnes qu'on y mettra , il f: droit qu'ils eussent de secrets moyens par d sous terre ou autrement , affin de se retire] sauveté , non devers la ville , parce qae, fort estant pris , ces allées sous terre pou; roient estre suivies , mais en lieu où ils I poussent retirer , et de là venir à la ville ; a trement , quand les soldats se voyent sans e poir de salut, ils composent sondaùiejnei Pour cela il faudroit un grand meurtre < gens , lesquels sont nécessaires de consem aux assiégés , leur estant la perte d'un pli importante que vingt aux assiegeans. En effe je trouve les mines qu'on peut fiaire sur k pointes des bastions et sur les contrescarpe! mesmos au lieu des approches , fort neces saires, parce qu'après avoir deffendu tout c que l'on peut on fait sauter ceux qui se m lent loger , pourveu que les mines soient bie faicles , en pendant devers le dehors , à c qu'elles ne se renversent sur les assiégés, c si bas qu'elles ne puissent estre Civentées.

Il y a un autre moyen de consttniire uqi place qui seroit de grande despence et là oi il faudroit beaucoup de gens : au lieu d'un forteresse , en faire trois parfaictes qui cdin mandassent l'une à l'autre ; le modellc es escrit cy dc.ssus au traicté des fortificatioDs.

Je treuvcrois mieux , pour éviter ces (piut

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RÈGNE DE HENRY II

Jes despenccs , que ces rorteresses se hssent nir les rochers, lesquelles valent maintenant 0eoi q«e cdks de la campagne. A la vérité peiofteressesiise sur un roc , et que le roc ^onQsgt b eoBBXxlité d*y observer des flancs M^en,jt h pressentirois meilleure que les ulres, loa qœ par la longueur du temps et irtitces des hommes Ton ne peust gagner le àasK au roc. Et quand bien Ton seroit au pied, s ie roc estoit dur , il seroit très-mal ûé d*f fiuK des mines ; et quand on en feroit, elles ne feroient grand eflect , mesme- BesittoaaToit fait des puits qui servissent de coBiraHDe dans la roche. La place de GorjoBJ, (|fli est aux Vénitiens , a deux poinctes derocsar dacune il y a un fort ; et est ennroooée de deux enceintes de fortifications , loK rime est toute entourée de mer , et d'un CBsiéd'iiBfossé extrêmement profond. Ala vérité ks pbces situées de ceste façon sont des BDvett de faire durer le siège , mais non pas de les rendre imprenables si elles n'ont du se€Oiin.Bieiidiray-je que la grande vaillance d'oD chef et robstinée resolution des soldats e!q)eniDe&tjés , mesmes désespérés de salut , pcnrem benicoap. Nous n'entendions rien à aUMper tes places an siège de La Rochelle : les sokiiis de dedans résolus , et en doute qQM ne leur tini^a foy , fut cause de leur alat, comme fay dit ailleurs.

n ne faut approcher à deux cœurs les en- Demis en gros , sans avoir resolution de comkttre , si ce n'est en lieu advantageux , en intentiOB , s'ils y vieiment » de les deflaire^à la h^eord'ubob, d*un fossé ou d'un passage estroii. Une p^ troupe peut mieux recognoistre une armée qu^une grande ; et jamais oe'mespriser ses ennemis , pour , à Ja veue dm , aoeodre de naistre l'occasion d'un désordre.

La fin da monde est menacée par le période etperfectioo de tous les arts ; il semble qu'il Be se pem rien ajouster aux inventions des Sommes. La deffence des places a esté selon le iDoyen qu'on avoit inventé pour les prendre; les béliers rompans les dostures des bois, Its murailles forent inventées ; la sape fait rourer les machicoli ; l'artillerie les flancs; la auerk le rempart; les mines|etles contremiw. Les casemattes furent couvertes des es-

paules des basdons. Maintenant tout de nouveau les ingénieurs cognoissent leurs fautes, qui faisoient de grands boulevards deflendus d'artillerie , lesquels sont meilleurs médiocres et si proches qu'ils se puissent deffendre de la portée de l'arquebuse , tant que permet k règle de ne faire des boulevards trop aigos ; faut les cavaliers bien posés hors l'emboacheure des bastions pour y commander , le rempart de la courtine plus haut que le boulevard , fossé moitié sec , moitié d'eau , les contrescarpes flanquées pour éviter le logis sur icelles. J'ay inventé en quelques endroits de la contrescarpe', et sur les poinctes des bastions, et au milieu des courtines, une voulte plus basse que les fondemens servant de mine , pour, lors que l'ennemi auroit fait son logis dessus , le faire sauter sans dommager la ville , pour estre le plan de la mine pendant contre le dehors, et voyant les inventions d'assaillir plus puissantes que les deflences.

Gomme le mol afiToiblit le fort , je pensois à un terrain de conroy qui f ust à quatre toises par le dehors des courtines , et des casemattes doubles et longues pour flanquer derrier et devant , à ce qu'estant dans le fossé il ne servist de parapet à l'ennemy. Les courtines basties à grandes arcades contraignent à coupper tout du long par canonnades ; une pUe restant est suffisante pour tenir partie de la muraille , et si les voûtes estoient doubles , les dernières arcades tiendroient les premières. Ou faire de grandes poutres de bois traversant le terrain , aoustenant le haut de la muraflle qui seroit construite dessus de^la hauteur d'une toise , tellement qu'il fondroit que le canon battist partout ; et ne serviroit de coupper la muraille par le pied> qui seroit soustenue par le haut.

J'escris cecy pour encourager les ingénieurs et leur faire croire qu'il se peut adjouster et inventer journellement aux fortifications : les défonces augmentées accroissent celles d'assaillir. J'ay veu qu'il ne se prenoit point de ville ; maintenant pied à pied j'ose dire que , si l'on me croid , je prendray les plus fortes du monde qui ne seront secourues. Il se pourra peut-estre trouver des inventions à Tadvenir à l'espreuve du canon aussi /acilement que l'artillerie a esté invenr

tëc. Je vonlois faire cssay par des mortiers , jetlercentcacques envaisselées avec des cerclée de fer portant dos mèches terminées sur une bresche ; antre invention , de cou>Tir les gens de pied de la cavalerie , en fermant deux cens hommes portant chacun trois bastons , pour les mettre en chausse ti*ape. J'ay aussi cncfaaisnc de^ chariots, invente de poricr des moyennes pièces et bastardes poussées en avant par les chevaux , sans qu'il fust besoin de tourner pour les descharger ; et aux places qui sont munies d'arlilleries , lever par contrepoix vingt mousquetaires au haut de deux bois de la grandeur de six toises , qui verroient dans le rampart : ainsi il se peut journellement adjouster à fart de la guerre. Il n'y a nulle forteresse parfairte en Franco ; les meilleures sont des grands terrains flanqués de tours ; le chef ^ arrivant à Timproviste , ne peut faire que des espérons par dehors qui flanquent la contrescarpe , traverses et casemattes dans le milieu du fossé ; faire aux angles des plates-formes pour empcscher d'estre battus en courtine par ceux de dehors , qui pountiient hausser des cavaliers pour y loger des pièces. Et faut qne le chef se résolve à deffendre ces grands terrains , sans se fier aux rctranchemens , et bien loger les pièces pour les coDtre-luitteries. Là où il n'y a point de terrain ny de bastion , il faut garder les villes par rctranchemens , casematies , flanquer les contrescarpes et faire des dehors et tranchées hors la contrescarpe, pour tenir Tennemy au loing. L'ennemy ne voyant le pied de la muraille , faut qu'il prone romps pour loger sur la contrescarpe , pour percer les traverses , pour battre les murailles , se loger dessus , et temps pour y mener \o. canon et battre le retranchement. Cependant l'on est secouru , ou l'on fait composition honorai>le après avoir end iré n assaut ; et ne se peut par une première brèche entrer en la ville où il y a un reiruncheme;it ; ains ou est contrainct de se loger sur les ruines de la muraille , et y amener le canon.

Dixhnict ans sont •^issés (jue j'avois commencé ces escrils , ei oepuis intermis ; j'avois dès ce temps | i»)pesé de faire un terrain flanque de doubles bastions au milieu du fossé , jH)ur amollir et vendre inutiles les batteries :

invention que maintenant , en Vam le duc Maurice pense avoir inventé fait faire un livre imprimé , avec de mesme façon que je les avois de

Il y a trente ans que les places ( bien fournies de delTences par Tigni temps , que plusieurs se jugeoieat bles , et mesme celles qui estoîent blés estoient très-mal aisées à expog mée espagnolle fut une année enck Mastricq , celle de France hoict dm La Rochelle sans la prendre , el i vaut Sancerre. Maintenant les asM gagné le dessus , et la deffeoce des lement aflbiblie par rexperienca peut dire 4|ue , sans secours, bob i de petites trouppes , mais aussi d'à icellcs ne peuvent subsister. L' d'Ostande nest recevable; elle a ans contre toutes les forces d'Egpi dans ou dehors il est mort cent mil que si on y eust fait dès la premi ce qui se fit à la dernière , elle fosl deux ans auparavant , quoy qœ sa estoit grandement favorable , situ bord de la mer avec un boa port , pouvoit estre barré , ainsi qoe oc Rochelle fut , et à pleine vrnle y pc trer du secours , ne pou^ips les sa traires demeurer en garde dans Jb la mer.

Une ville scituée comme cela , € secours tel qu*Ostande l'avoic da lande et 2^1ande , c*est opposer foi mes contre force d hommes , pouvi heure mettre dedans deux et trois mes ; et neantmoins elle a esté eo^ ceux qui avoient le pied ferase exemple toutes autres peuvent et par la force el pied à pied ; maii capitaines , tant de la part espagno estats d'Ollande , ont mis en art h viiles, quelques fortes qu'elles puis et (lonn(^ le temps et le nombre quelles peuvent durer. Disent :«Nc rerons tant ^ .j »gncr les reduttes el du dehors, tant à lo{;er sur la coni à la percer . e irer un fonds du fo« galleries poui* ga ^ner la pointe des tant pour les sap r y loger dessus i

RliGNE DE HENRY U.

flb't Pmt à qnoy parvenir et {^{pier , k OBt faicc plusieurs inventions : ils

ks tranchées boi's de la voue des ltebolevarts,à fin de lesdospecher; ■ fc tranchées il mettent des fascines |ii contre des bois qu'ils nomment WriierB, lesquels se tiennent, sans rihr et terre , sur les croisées qu'ils Rfirii» Ceux des courtines de la ville làéb me (à cause de ces fascines ) |ri panent, tiennent à folie de tirer au ifOMi ne voyant rien , ils n*y peuvent fmi ad. Ils ont inventé de plus une 4b1wb, de terre et de Li-ique , qu ils Miuldces, lesquelles ils roulent de- ■i inpeneirables aux mousquetades ioms pièces > avec lesquelles prompil s'avancent sur les contrescarpes , Ue contre tranchée ; le fort emporte ?, eoBtrainct les assiégés de quitter Mtte avec une invention de faire trai soldats estrangement puissante, rchandent avec eux tant de pas de ii on de gagner un advantagc prompr rennemi, sans espargner Turgent, I le marché qui se faicl , et qu'ils ft OB trente , que la moitié ou les ft «oient tués , il se donne tout ce fooBveim et promis à ceux qui rcskm* faict faire de grands effects.

r In conti'escarpc ils tiennent la ville prine. Le fossé percé, ils font un ialeaax quand [il y a de Tcau , et lent mettent des toiles d'un costé I en pont, lesquelles toiles comme

ils nomment blinde , qui est un qui veut signifier aveugle parce Iota et fascines empeschent que les

foyent ceux qui marchent dersur les c'oiitrescarpes , ils sont des fossés cpie les assiégés , et Tvent avec «les inousqnelades. Ce Kiteaux pou Vil nt a hunier au terrain, puissent faire un lo;^is dans une i bastion de vingi hommes , ils l'ang bien l(»sl pour en loger d<Mix cens ; ils co^^oissrni <|iie les flancs des peuvent endomnmger le pont , ils îUe quantité de lerrc dans le fossé , I couvre le flauc de rartiilerie. Et

leur grande expérience à fortifier des grands corps de garde garnis de quantités de piques, faict qu*ils no sont subjects à aucuns inconve* niens.

Jusques à cestc heure il n'a esté faicte ûu* cune invention pour défendre les sièges, sinon qu'il est certîiin qu*il faut tenir les ennemis le plus long que Ton peut , et les contraindre d'employer un (p^and temps aux approches» Pour cela se fiiictunc grande quantité de for* tifications deliors, qtt*ibi nomment redouCtes', titmchécs flanquées à deux cens pas des murailles , et des rctraietes d'une à autre , pour lesquelles il faut quantités de gens pour les garder; que si elles sontesloignéesetfbibles^ elles s'emportent fort aisément de plein as^ saut. U y a plus de dix ans que je m'estois imaginé quelques moyens de résister aux assaillans , que depuis nn an le duc Maurice (comme j'ay dit ci-dessus) a practiqné , et jusques là qu il y en a un livre nouvellement imprimé. Costoit de faire nn^rand fossé fort large , et an milieu d'iceluy eslever un ter^ raiu de Tespaisseur de dix pieds, lequel sorolt flanqné de couverture des boulévartSi, qui sei'oient aussi de dix pieds , tons de terre, tellement qu'il y auroit doubles fossés , don* ble flanc et double bastion, et n'eslever]ce terrain qu'à la moitié de la hauteur de la cour^ tine de la muraille , demeurant les murailles de la ville à couvert de ce terrain et ne pouvant estre i)attues pour la couverture d'iceluy. Il seroit force que Ton donnast «issaut à ce terrain , ou bien que Von le gagnast pied à pied , qui seroit un grand temps , estant plus bas que les courtines des boullevarts et murailles. Le logis y seroit dangereux, mais aussi iaudroit-il que les flancs de ladicte chemise fussent bien gardés. Je croy que cela serviroit : et ne faut trouver esti'ange que deux opinions de capinain^'S se ressemblent quclquesfoîs. Pour la courtine delà muraille ,j avoy i;^nsé de faire de gnm -es et larges arcades , comme des arvaux d'un pont ; et s'il en avoir cinq ou six en une courtine , il faudroit que le canon rencontrast de couper tons les piliers pour faire bresche,i|a*ils«tom«it^xmtrain ts de faire fort lonjjfM. Am 't

mettre de grands pieds fimim^

tellement que ledict parapet pouiroit estrc soustenu, quand bien labrescheseferok plus bas : vray est il que ceste fortification seroit de {jurande despence. '

\ Il reste un moyen que je croy pouvoir servir, qui est de foire des forts à cent pas de la contrescarpe , forts que je voudrois foire de telle sorte, qu'ils peussent endurer un ou deux assaux , et avoir des retraictes sousterraines pour sauver les soldats ; non que je voulusse que ces retraictes fussent percées jusques aux fossés , d'autant que Jes ennemis s'en aideroîent , mais seulement à cinquante pas du fort ; ils pourroient sortir , non du tout, en devers la ville , fovorisés de la moUsqueterie des courtines et de quelques sorties; ils se pourroient retirer dans une redoutte qu'il fout faire à moitié entre le fort et la contrescarpe. Ces petits forts peuvent estre deflendus de l'artillerie des bastions de la vOle ; et quant aux fossés , ceux qui sont accompagnés d'un petit fossé au milieu plein d'eau , de la hauteur d'un homme , sont les meilleurs ; tellement qu'ils ont terre et eau dans les fossés ; et sur tout que les casemattes des bastions soient si fortes et larges , qu'on y puisse loger des canons et des coulevrines pour battre forcément et en batterie le terrain que les ennemis peuvent jetter dans le fossé, et rompre leurs blindes et leurs ponts.

Tout consiste à avoir quantité de gens aguerris , parce qu'il est nécessaire d'hasarder fort souvent aux sorties , pour empescher le logis de l'ennemi, lequel dict qu'avec six mil hommes il en emportera quatre mil dans une place : d'autant qu'ils veulent fortifier leurs armées de telle façon , qu'ils font une autre ville pour les conserver de tous périls ; mais ils entendent qu'à mesure qu'il en mourra des six mil proposés , qu'il en viendra d'autres pour remplir le nombre , et que les quatre mil assiégés , n'en ayant point , viendroientjougiiellement à diminuer, tant parles coups que par la fatigue , travail ei maladie. Mais si les assiégés font une ville dehoi'b et que l'on fust (|uantitc de gens , il faudroit aussi faire une seconde ville dedans par retranchemens , à chai-ge que le retranchement fust plus haut que le premier rampart ,>' il se

pouvoit , et avoir Teminence par dessus autrement, si le retranchement est bas. A; fort peu , et les ennemis , ayant Tad^ du haut terrain, focilement viendronl^ bout du reste.

En un temps les places sont en un autre elles se prennent tontes , cestuy-cy nulles sans secours rerâtent ; advient selon que les inventions à\ de deffendre augmentent et diminw obéit et résiste au fort; la* foudre nV ce qui plie et rompt ce qui résiste :ki de laine , les licts , les terrains plus une batterie que les murailles. JSm part de six pieds de terre grasse , les courtines des villes , serviroit pour lir les coups, practiquant ceste nouvelle en telle sorte qu'elle] ne nuise casemattes des boulevarts et qu'elle ne servir de couverture ou tranchée au nemis.

M. d'Alençon , foere du roy Henry WÊi siesme , print les armes contre luy poorsÉ menter son appanage , les colorant da H public et de la liberté des estais , joinct « huguenots , qui avoient amené une grad armée de reistres ; il les abandonna et 1^ paix pour le diviser et foire perdre credil£ ce qu'il ne se r'alliast pltt avec les hagÊ nots , pour le rendre irréconciliable. [Ififl Son frère Henry troisiesme Tenvoye assad Issoire , que tenoient les huguenots, pesi paravant ses associés; il y faict trois brescM je donnay le premier à celle que M. de6rf{ assailloit et me precipitay dans la vB me jettant du haut de la muraille an deM A trente pas de là , je trouve un retraaoli ment^ suivy de douze des miens; les eiiMÉ le quittoientjsi nous^ fussions esté suivis fj perdis sept gentils-hommes, dont le plos M estoit un de mes cousins nommé TrestondÉ je receus unze arquebusades , dont les dj portèrent. Je me jugeay perdu me iUffi abandonné, ne pouvant retourner. DienI voqué m'aide ; le canon renverse la muni de la ville , qui esloit derrier moy, par oà< n'eusse pf-u remonter autrement, et partt me rc^eitay sur la bresche. Geste boutadel contraignit de paroistre , et la muraille ^ estoit gagnée et^bordée de mousquets. Jéf

RÈGNE DE HENRY IL

■Ke qa*n levr fat tué cent hommes , estans i^Kr^bdsdeparoistreatt dessus de leurs re- ^IfjbeineBS pour se défendre de moy ; qui Mi3 leur i^ddition , le lendemain la ville [i^ , les Aeh pendus , et moy miracu- Lpga^ gutrf de cinq arquebusades : sans pieimchaBent et contrescarpe flanquée g^, teste Tille fus^^esté prise d*abord ; I fB esx dîct pour monstrer Futilité des Msc^rpes fortifiées. '

mSS\ Les révoltes de Moris , la prise de Biboan; , levée du siège de Metz et made Temperenr, décadence d*une grande , tay font désirer la paix ; il est reparlé de la vengeance de ses traistres en- Albert de Brandbourg , plus soldat rel^ieia , et homme nonrry aux guerres (folles , nonobstant tous traictés , contib gœrre contre les évesques et villes , se fondant sur les promesses de .quiluiavoit permis de garder il oooqnesie , sans considérer que les souvese ressentent des injures et des paix L L'empereur favorise Févesque de

ig et deVurcebourg. Us obtiennent ar-

veâ ila dambre imperialle contre Albert ,

fffà ne^aitte de prendre les armes ; brusle et

saccage kvittls. Les évesques de Trefves

eiColoiigiie.leducde Titemberg et Moris

co^œtat contre Albert à la suscitation de

remperenr.

\ Morii tay en vent depuis la paix /pour les

«ocqoeries et paroles de mespris dictes de

Wf pr le Darqnis de Brandbourg , lequel

piDe k terre d^enry de Bronsvich. Tournant

à Tenoor de Moris le contrainct prendre les

amies, iifiBté de la noblesse de Franconie »

do doc de Bronsvich et des troupes de Fer-

(faauMf/gvVI afoit essayé en vain de mettre

ni 9fee reopereur son frère , Taccusant

fiH s'eseoft Egaé avec les princes [contre Sa

jttestj. Les armées s'approchent ; ils estoient

deox oostés plus de dix huict mil reistres,

gnmde part gentils-hommes , et après

poorparler d*accord sur un mot mal

la, dit inconsidérément à un jeune

i-honme envoyé de Moris , qui n'estoit

fmt formalité et de peu d'importance ,

rapporté par iceluy, tout traicté se

Les amîées se rencontrent ; font plu-

sieurs charges ; il demeure'quatre mil cavaliers sur la place ; grande exécution de pistoletades : Moris , blessé à mort , vesquit deux jours après la victoire; son tombeau orné de trente-quatre enseignes et quinze cornettes conquises , qui lui forent monstrées avant sa mort , en suitte sa response : « Que • me sert ceste gloire ^puis que je perds la » vie?» Albert se sauve , ses forces se rompent ; il fot malheureux depuis en deux combats ; au ban de Tempyre , son pals perdu , se retire et meurt en France. Federic , duc de Saxe , ny le landgrave ne lesurvesquirent guieves. L'empereur , vengé de ses ennemis par ses ennemis , picqué contre les François, fait assiéger Therouane par les Flamans et ce qui estoit resté du siège de Metz [1553]. Après un assaut soustenu , la ville est emportée en parlementant ; le semblable advint à Hesdin en juin ; le roy mande son armée , qui arrive tard.

Les rencontres , piquantes] paroles , injurieuses, servent peu et nuisent beaucoup: les princes ont souvent fait ou continué la guerre pour ce seul respect : elle enflame et donne courage aux adversaires , qui postposent toutes incommodités à la vengeance d'icelles.

Dans le feu des armes ennemies soit pris garde de n'envoyer de jeunes gens ou des ignorans pour traicter , parce qu'un seul mot mal dict ou rapporté enflame le tout , ainsi qu*il advint en ce combat de Moris et de Brandbourg. Pareillement les ambassadeurs qui prennent leur audience hors de temps , en public , ou .lors que les courages sont eschaufiës de vanité , de vin et de viande , sont dangereux.

Ces quatre princes de différente humeur , le duc de Saxe , peu fin , se laisse emporter à son université de Vitemberg, perdit son electorat qu'il quitta à Auguste , fils de Moris, de son vivant. Le landgrave , plus soldat , de foible entendement , se fit prendre sur des paroles à deuîi: ententes. Moris , fin et sans foy« manque à ses parens , à sa patrie au commencement , et à la fin à Tempereur son bienfacteur, qui le chasse d'Allemagne-, et depuis se raccommode par une paix, gagne Telectorat , et est au bout de ses finesses combattant

MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX,

Albert ; est taé sur le cousoil de Ferdinaud , son ennemi reconcilié. Albert , grand soldat , mauvais bomme d'estat et négociateur iuisardeuK , vaincu et vainqueur, tousjours combattant ; largent , les menées , les sublilités espagnoles les perdirent, trcsbuchcrent et les firent entretuer ; mais pour cela Tempepeur ne regagna Tauctorilé qu il preteudoU sur rAllemagnc.

Le corps de la gendarmerie est sur pied promptement , les arriere-bans sont de peu d'eflect , la multitude des fiefs qui est outre les mains des roturiers et ecclcsiasti(|ues les rendent iuuliles. Les geniils-liommes ne vont au mandement des roys s ils ne veuleiu, parce qu*ils sont receus envoyans des hommes |)Our eux à Tarricre ban , où iU disent (l'estre obligés de servir que trois mois. Le roy en Tan io97 les contraint d'aller au sit^ge d'Amiens, disant que^ 8*ils esloient francs des tailles , c'estoit pour cstre coutiuuellemont a la guerre ; eesle coutraiute réussit ; la continue est dangereuse de révolte. La guen*e est plus facile au Turc , qui force tous indiOeremnient d'y aller: les ei:clesiasti(|ues ny les juges uVn sont exempts , aussi funt-ils trois cens mille hommes. Si les roys de i rance esloient bien advisés , ils feraient aller à la guerre les juges, oOiciers et financiers. Puur tirer pixifit de Tarriere-ban , qui ne se levé qu'en temps de guerre , faudroil contraindi'e tous les gentils-liomincs qui ne seroieul des compagnies de gens-d'arnies d\ aller en personne , et ceux qui en seroient , do donuer liomme aussi suflisaut queux, ou du moins qui fust bon soldat pour servir ti-ois mois, veu que prendre la paye d'un coslé et s'exempter de l'arriére -ban de Tauti'i» , ce sont deux soldes. Pareillement , tous otticieis qui tiennent fiefe seroient contraints de fournir de braves hommes, ou , s'ils estoieiii jeunes , d'y aller eux-me^mes. Et le roy st? |Hiurroit servir par quartier de Tarriere-ban de France , et en pourruit avoir tousjours deux mil chevaux dans ses armées; et faudroil restablir les bannicn^s comme au passé.

A l'exemple de Luilier, chacun explique

les Escrilures selon la capacité de sa créance :

Calvin fait une secte à part et est suivy par

.des femmes et gens de mestier, se dclcctant

à clianter des psalmes. Le roy, sulv:

crets des conciles , avoit fiiit plusii contre eux , persuadé par les eccle et plus par crainte de reddition i avoit preste à l'empereur en Allen vorisant se^ rebelles : il creut ces ehrestiens prétendre à TËstat, poi ner en démocratie; les fait brusler, pour diverses considérations, ei mort constamment , par lai|ueUe i sent leur siècle. Calvin crie contre 1 France et les allume à Genève en 1 de Servet , triuitaire espagnol , de< ti(|U(^ par les hérétiques ; et fut bm stanl qu'il se reti'actasl; en suitte i escrivent contro eux mesmes , les se devoir justicier par feu.

Soivniaii tue son fils MoustalFa par Rossane sa seconde femme , d deux enfans, se souvenant que son trop de faveur des janissaires , a< Haja/.et son ayeul , craignant qu'il semblable.

L'ai'mée du roy s'assemble so ncstable pi\)cbe Amiens; celle d reur, airoiblie par la prise de Tfae relire ; les ciievaux légers se reBC< la rivière d'Ostie : cinq cens ciiev riaux sont deiiiits, le duc d'Arscot sieurs autres : faute de recognoisl sidercmenl attiri'S au milieu de 1 le roy (^stoit pour lors le plus puitt pereur Si\ met sur la défensive , barres ; Tun et laniost laulre le p reco(ri)oissent , ri la fond de leu (|ui <»spuisées rompent leurs armé sées d'esirangei's. L'empereur A pour S(»n âge cl maladie , de su France ; le roy pensoil beaucoup deifendrc , n'estimant ses cooqvi t^mC qu'elles luy esloient necessaii sister à si puissant ennemi ; redu etforis à cinq ou six mois de gw Lempereiu* choisit l'assiete de proche de \ alenliennes , sur la l'Escol : le roy, ayant passé dcvan luy présente ht bataille ontremesl très, lans(|in'iiei$, Suisses et Fi sieur de Tavannes , faisant Testai cbal de camp , a laissé l'ordre de

RÈGNE DE HENRY II

IM

ta main. Quelques le(;ercs ehar{;cs a Majesté n'est conseillée d assaillir I de Tempercur, ny de deseaniper à ifirres, et moins cncores dattaquor irie ville. L'année est malade , puis onestablc ( escliaullë à la conduite Mgardc ) le devint ; la maladie fait [niée à la louange des deux Ma- Fae pour avoir présenté la bataille , MBr n avoir esté eonlrainci de l'aecep- ■pereur liccntie son armée et se met lefensive.

tqae les maladies soient co;;ncues, le I hommes meurt ; combien sont morts bandes et de ladreries , dont les re- Ml maintenant faciles ! Jamais maladie aane Tutsi malpanséeqne lecalviniste; Mtlesbruslerni si extraordiuairement I remèdes , et laisser faire nature ; icement au mal , parce que plus une t prohibée , plus est d(;sirée. Les ooDStammcnt supportées les confir* B leur opinion , encore que ceux qui inent tuer les âmes méritent plus de . que les assassinateurs , d'autant que art et les âmes sont éternelles :

du nuil fait ju^er les remèdes %, C'esloit assez de 1<'S priver d of- BMfices, les condamner aux amandes et, bnislcr leui's livres, amander ibsliqacs. Dieu a peu estre inlté i de leui's supplices , e( ne leur rboanenrqu ils prétendissent eslre : aneuns d'eux séduits croy oient qu'ils il panr Jesus-Clnist ; la relijrion {psl ttqni ne peut estre forcée (|ue par f/Lmm par flamiiK'S.

il dii fois autant d'iiuf^ienols avant I <riBeina{][nc , qu il s en csl fait dc- 1 lea feux et cruautés furent cessés.

aroy Ciiaiies 1\, l<*ur permettant de sreo France , en leurs maisons, pourb ne portassent les armes , en convercoup en liberté de c<ms(:ience qu'ils ilcmmt en France [ 1602] : tant s en ik accroissent , <|irils diminuent tons a. Au commencement ils resiilvoieni «rea h endurer le feu, par renumsne, quand ilsae retr.icteroient, ils n'obeDt (prace , mais plustost de la moc-

queric ; que puis qu*il falloit mourir , qu*il valoit autant faire une mort généreuse qu'une misérable. G'cstoit une (grande erreur aux juges , qu'ils ne sauvoient quelqu'un des retractans, lesquels, demeurans sans ignominie , eussent esté imités par les autres , qui n'eussent souffert la mort , estant asscurés do leur vie se desdisans : la moit endurer constamment ne doit confirmer une mauvaise opinion pour peu de sujet. .

Plusieurs sont allés payement au trespas, antres Tout recherché pour peu d'occasion ; les vierges milcsiennes se faisoient mourir par fantaisie ; des soldats, des Césars se sont tués, refusansde recevoir la vie qu'ils disoient avoir accoustumé de donner aux autres : quelques uns se sont tués sur la sépulture de leui*semp(»rcur ; les Milanois , désespérés par Bourbon , se pendoient eux-mêmes dans leurs maisons ; les païens se tuent journellement ; non que je n'admire et reserve ceux qui soufrent la mort pour Nostre Seigneur, sans autre considération ny artifices : les bons martyrs sont approuvés par la suitte et augmentation de la religion , ceux-cy improuvés par Vabolition de la leur , puis qu'ils ont rompu la haye de la vigne du Seigneur. Calvin ne devoit trouver estrange si le porceau Servct et les autres besles comme luy entroient par le trou qu'ils avoient fait; il est plus loisible aux gardiateurs anciens de la vigne de punir les larrons qui y entrent , qu'aux larrons de punir leurs semblables.

LesOthomans se perpétuent par la pluralité des Aïmmes , qui leur font plus de successeurs que s'ils se contentoient d'une ; ils maintiennent leurs monarchies par le meurtre de leurs frères, et par fois de leurs enfans. Preste- Jean tient les siens enfermés dans les hautes montagnes , tenant l'opinion que pluralité de Cesiu'S n'est bonne : cruauté blasmable , qui neantmuins les exempte souvent de guerres civiles.

LesSuissesnylesTurcs n'obligent la France par leur amitié; elle esta dessein et contraincle ; Tun Iiavt les chivstiens, l'autre craint ceiix d'Auslriclie : ils s'allient aux François pour leur iiiterest particulier.

Les puissances approchant d'eealité de IVmpereur et du roy , ne ae f ''^mc

IM

Tautre , pour la quantité des forteresses qu'ils possèdent , et des villes qui sont en liberté , et petits potentats, qui secourent les plus fbibles des deux , ayant interest à Tegalité de la balance, et qu'il n'y ait point de monarque. L'une et l'autre Majesté pouvoit faire mieux pour ruiner son ennemy ; le roy devoit estre sur la défensive en France , et attaquer vivement rilalic ; rempereur de mesme , sur la défensive aux Pals-Bas , pouvoit attaquer la frontière de Bayonne. Et s ils cognoissoient ne pouvoir venir au dessus l'un de l'autre , il n'y avoit ny salut pour les amcs , ny honneur pour ces princes , de tenir le monde en trouble , cause de tant de maux , bruslemens et pertes , pour si pou de sujet que doux ou trois villes qu*ils conquoroiont ou pordoiont en une année.

I Sçavoir fortifier un camp est la meilleure partie de l'afpierriment du jour d*huy; les Romains en usoiont , les Turcs s'en servent et les Espafjnols à leur profit. Les pallis dos Romains ne seroiont utiles qu'à l'abordée \ les foscines et la terre sont soudainement eslevcs par les Espagnols , qui travaillent franchement ; et les nostres, qui s'en mocquent, seront contraincts d'en suivre l'exemple , ou qu'ils soient souvent battus. Les bonnes assictes d'armées doivent estre choisies sur des rivières , à la fiiveur de grandes villes , pour n^esli-e afTaméos. Anciennement ceux qui esloiont campés Tun devant Tautrel, par longues tranchées se coupoient les vivres ; maintenant que la guerre est plus chaude , la construction des forts seroit plus nécessaire , en bastissant plusieurs autour des ennemis ; et ne faudroit enfoncer dans leur païs , prendre pied a pied les villes , pour n'ostre subjocts aux convois, qui sont souvent dellaicts , quoy qu'ils soient remparés de chariots. Il manque à l'aguerriment chresticn le moyen de vivre , ainsi que les soldats turcs , de ris , biscuit et poudre de chair; les Espagnols en porteroicnt pour deux mois en leurs grands chariots. Il y a pou de belles situations d*arméc qui n'en laissent une pour s(»n contraire ; pn^ndi'e gaide que les iiiontagiic^s n'y commandent; raccompagner de rivières et de bois. Les pendans esh^vés en la teste couvrent

les armées des canonnades ; Ta^sieie^ la con*-

struction non si grande qu^elle soit l deffence , ny si petite qu'elle empe maniement des armes.

Tontes assietes pour placer les am le canon peut battre ne sont parfeites ; ! leure est sur une colline qui commaB plaine. Si Tannée est forte d'infimierii qui est environnée de bois d*an des et couverte à l'autre flanc d*un misieai n*y a avenue que par la teste , oà i peut aborder qu^en montant , qui en l'artillerie ennemie de donner dans tailles , et peut estre fortifiée d'un p tranchement , est la plus utile. Et ai est foiblc d'infanterie , et forte de ca^ au lieu «reslrc fermée de bois , il ne f des hayes fortifiées , faciles à debatt maintenir , par lesipielles il y ait de pour faire des sorties par la cavalerie ment, si on se couvre d'un bois, l d'inf;mterie le peuvent gagner, et mousquetorie et les picques se main tirer dans la place du combat , et conl l'armée ennemie de dcspbcer en desoi quant aux scituations des plaines, poi pescher d'cstrc contrainct de venir i bat à coups do canon , il n*y a remedf à faire des rctranchemens et levées, I ne sont pas si tost faits pour entou grande armée. C'est pourquoy il seroii saire de choisir, ou fossés ou hayes, couvrir , à fin de gagner la moitié i vrage. Et n'y a rien de plus propi promplcment remparer , que les firâ branches d'arbres qui esicvcnt sou en huict heures un rempart. Il est i (le faire venir à la bataille les trou n*on ont point envie, d*autant qu'c min creux , un fossé , une haye Tem 11 n'y a art qui soit plus nécessaire p guerriment que de sçavoir bien camp cor, et loger une armée , d'autant que riencc de la grande ruyne qu'appoi batailles perdues est si cogneue , qi sonne ne les veut hasarder , si les ari sont <iuasi asseurées de la victoire nombre ou par le courage d*icclles.

dront estre lo(,a's leilem(*nt qu'ils ne ; estre contraincts au combat, et qu'ils sent forcer leurs ennemie à leui* dcsa^

RÈGNE DE HENRY II

or coupant les vivres » ou en se lo- HDL qa*eux. Les bons marescbaux de DnC pins nécessaires que jamais ils i,d*aiitantplus que Fart de camper r les camps esi recogneu utile, r fB*entreprendre , U se fout garder.

Mftnt fermé, les Romains, pour re leurs ennemis au combat , tiroient ■ aides et tranchées , et de cent en m fort de bois à garder, parce que il pmnt ators d'artillerie ; et tiroient û longues , qu'ils barroient le cherhres an camp de leurs ennemis, ce M practiquer encores , faisant , en ■ts de bois , des forts de terre , et % qui seroit à deux mil pas, si grand, f peust tenir garnison ; et se pourrir ; d'autant qu'il est à présupposer qui Youdroient user de ces fermèrent estre plus forts. Maintenant se Btiqpier par tranchées que les plus pés peuvent approcher les plus foi* ipund on se treuvera par tranchées ■s pas près du camp des ennemis , estever un cavalier qui battra dans , que si, en battant dans le camp , tqne de faire desloger en présence, fiani acheminement de victoire. A a tr(H8 remèdes : l'un à la façon res, de mettre des profonds cars deux , lesquels ne se puissent rentre , qui est le moins utile , à m roD avance retirer la fortificaliÎHi que cela soit dangereux ; le 1^9 de se camper au dessus d'une s «qui est le mieux , là où on ne peust mîier proche qui y aborde et puisse

, les Grecs formolent leurs palUs et de fossés , et ne laissoient bes portes pour faire des sorties, ; grande que Tautre , au milieu des ï et quand ils estoient attaqués , ils nt k remparts à coups de mains , I contenance de leurs ennemis faisorties par les principales portes, îent-ils facilement , parce qu'ils eslinairement douze ou quinze mil nsemble , et se defendoient comme e ville î etencbaque légion de six mil

hommes, y avoîi cînq'cens chevaux,' et "souvent mettoient les alliés dehors. Mais , encores que nos armées ne soient pas si grosses , nous sommes forcés de faire de plus grands enclos, pour recevoir la cavalerie, l'infanterie, et le bagage qui est en grand nombre ; et si on attaquoit par derrier nos camps fortifiés , et que voulussions séparer nostre armée par Tenclos et entour de nostre camp , le rempart ou fermeture ne se treuveroit bordé que do trois ou quatre rangs ; et venant ledict rempart à estre attaqué par des bataillons en ordre et espais en picques , ceux du camp seroient emportés , d'autant que chacun demeurant en sa poste , n'estant que trois de front , ils ne pourroient résister à un si grand bataillon.

Il est donc mieux , puisqu'on est contrainct de faire un grand enclos , de garnir les flancs d'hommes , et border le rempart de quelques uns , et mettre les gens de pied en bataillon quarré à cent pas du rempart , pour survenir à l'assaut : et est croyable que ceux-cy arrivant après que leurs ennemis ont beu toute la salve des flancs , et qu'ils ont passé un fossé , qu'aisément iû peuvent tuer les téméraires , et repousser ceux qui seroient montés et entrés dains le camp. La cavalerie , qui doit estre en bataille dans l'enclos , venant à sortir par les espaces gardés vuides entre les flancs et le rempart , et venant à chai*ger les bataillons qui assaillent en flanc , ils font un grand eschec , rompent leur furie ; et si la cavalerie se treuve chargée , ils sçavent leur retraicte par d'autres espaces conservés vuides entre les forts et les remparts ; et y a beaucoup d'apparence qu'ils feront souiîrir de la honte aux assaillans. ;

A la vérité , l'ordre des Espagnols est fort, qui entournent leurs armées marchâmes de triples chariots encliaisnés les uns aux autres, dans lesquels sont enclos trois grands corps d'infanterie de cinq mil hommes chacun , et leur cavalerie en seureté au milieu d'eux , les fronts hérissés de picques, garnis de bandes de mousqueterie ; tellement que les armées fortes de cavalerie ne sçavent comme attaquer une telle ordonnance : d'enfoncer les bataillons de picques par le front , c'est so précipiter , et , après les premières charges ,

IM

pliant ou masquant , le danger est que la cavalerie qui cstoit couverte de ces corps d'infanterie , ne sorte , charge , et emporte ceux qo*auparaTaat quHls se fussent hasardés en une telle folie ib n'eussent osé regarder. : Hais y aysmt moyen par tout aux bons capitaines , cesle ordonnance se pourroit attaquer en Geste forme. Il faut séparer cinq mil clievaux en trois , les accompagner chacun de trois couleuvrines et autant de moyennes, auxquelles il faut doubler Taltelage pour les pouvoir mener et retirer au trot , selon la nécessité ; il faut que chacune de ces (rois parts ait de rinfenierie garnie de picques et] de mousquets , ;le plus grand nombre qu il se pourra; puis fendra paroistre la première troupe de cavalerie au froni des picques , et tirer leur artillerie , avec apparence de vouloir aller à la charge , toutiTois sans s*appn>cher de si près qu'ils y puissent estre contraiDCtspor la course de Tinfanterie espagnole. Et en mesme temps , les deux autras escar droRs de la meilleure cavalerie, avec les pièces , doivent couler sur le derrière , me* oant Fartiilerie au trot , tii'cr dans les clia^ riots , et après deux ou trois volées ^ marcher au grand pas avec des escadrons de picquiers, lesquels fourniront pour rompre les chariots qui se voudront r'allier après avoir esté rompus de Tartillerie. Et en mesme temps , la cavalerie par les espaces vnides, flanquée de leurs picques , chargera ; et pcut-estre les premiers s y trouveront trop empestrés , parce qn il est h croire que ces grands corps de picques ne fandront de tourner aux bresches des chariots. Et pour éviter ( si la cavalerie ostoit repous8éc)qu il n'en ensuivist quelque désordre , à cause que celle des ennemis , qui estoit au couvert dans les escadrons, voyant plier . sorlin)it sur ceux qui se retirert^ifut « hut iiue Tun des trois corps que i'av dit cv-dcssus , de cavalerie françoise , ikv>e fmr.e ; el , s'il îHivient que la cavalerie r^'^'^mit* *vle sw le d(»s<)nlre, la charger en iitm*. Or f54 il à cn>ire cjue la cavalorie espagiii>> . \\m n\*sl si lH»nne que la françoise , stv»»ii .i.MHiHMii n*pousstH\ Que si le cor[>s iies {^\)«k'>s (*tui NOtvMt à l:i teste faisoit mine Je \v«l «ùr «^-xHirir los flancs , lors la cuva-

fÉ ««vti pitiiiki emeM paru avco de

£ttHg

rinfanterie, pourroit attaquer à la teste* ||| à la vérité , si les armées espagnoles esir' ^"^ dans les grandes plames de Champagne armées françoises , plu» fortes de menant des coulenvrines an trot, af^rocher si près qu'eHes poussent gagées , tirant tantost d^ms nn flâne l dams im autre , il est md aisé qn^dlnn trassent en desordre.

Roys , princes « foites-TOOS oa^talHii^^ travaillez : qui a'aceoustnme à %\ boiteux sans baston : si yos natmrds contraignent, apprenez de vans plusieurs et non d*un seul , à ce qne courroux , sa passion, n^assubfectissent naturel à ses imperfections , et ym ses maladies. Il ne manque de de conseillers de ro^-s; plus vous en em^ et plus d'honneur. Si le conseiller est il s^attribue Theureux succès , donne k me des contraires h sou maisfirfe;

ou contrainct de s'absenter, il ooi ^

traicte , ou de n'entreprendre-, àcnqnsjpil^ sonne n'empiète son raaîsti^ et sa flifonr, li. ne donne moyen d'acquérir honnqnrèft^" que autre. De plus , il y a péril qn^nw Iteî de crédit il n'entreprenne, on ses mmoÊBmt^ sur les roTs leurs maistres et bieniactwrii.

Les grandes années se ruinent eaper A temps par defeut d'argent-, de titres, fNi|# maladies, nicscontentemens , butin des soldats. Il seroit bon se commencement sur la deffensite, laiMDMjil' ter le feu et l'argent à ses ennemis, d, hn qu'ils viennent à décliner, se foire fiirt et Oh tri'prendi'c,

L'empereur , aucunement tengé du éiBgà de Metz par la prise de Thcrouane, attgéë^ grandes maladies, diminué d'espérance, bition et de vengeance , juge qu'il foUnt ser jetter le feu aux François , dont Fi ne duroit que quatre mois , à la fin desqueli il se rondroit lo plus fort à son tonr, eCtf auroit l'honneur, préméditant sa relraielstf Espagne.

[ i6â^ ] Le roy , voyant Tarmëe de Ttah percur congédiée , au printemps assemble h sienne , (ît la sépare on trois par Tadvis É connestable , qui en retient h moitié , dnM

le reste au prince de La Rode^arYdorcrl

RÈGNE DE HENRY II

employé los princes du sang;, comi eraindrc la itiveur de M. de Guise du cardinal son frère , aucunement par la duchesse de Valentinois, qui

payer la rançon de M. d^Aumale , ffis, par Sa Majesté. M. de La Roche ieffiiC deux cens chevaux , court et dis , M. de Nevers les Ardennes , mmeal^ Bohainet autres chasteaux :

tXAe, avec la principale force, ga{pie mrg , où le roy et toute son armée IV proche Dinan. Bovines pris * rasé, resche peu raisonnable au chasteau , qnoy que rinfimterîe donne froiils se rendent le lendemain ; et doit le sieur de Tavannes , mareschal , pour escorte , Tarant remarqué sur e âTec M. de Montpcsat , le jour de après que les soldats furent repousipereur, passé le printemps , traicte ^ (fe son fils avec la royne d* Angle lignant que le roy assiège Namur.

et juin 1554 il mande son armée ie Savoyc ; le roy la fait retirer et 9nnbre, brusleBohain, Mariemont et r beaux bastimens , en vengeance de

d'Hongrie qui avoit bruslé Folem- Paccoustumée Tarmce de Sa Majesté p environnée de grandes garnisons du ,tandrecy,Valencicnnes, Cambray,

Fcmpercnr augmentée de deux mil L M- de Savoy e s'approche du roy, Blation de le combailrc par surprise t ; il ti*euve Tarméc veillante par le mnnes , mareschal de camp , logeant ipnce et dextérité. 11 soustint Teflort eoBpagnic , juscpios à la pointe du ■ fliiiimnc mine , qu'il n'y perdit qu'un , dbma temps à M. le connestable de «en bataille. Le jour fait voir M. de flKcompagné de huict mil chevaux

Velly , ayant tenté toute la nuict la ; k sieur de Tavannes eut Thonneur ir empesché et conservé l'armée. L'iniîs François fait que l'empereur se re-

avcc l'Anglois.

qui bruslent les bastimens sont plus DS que les Turcs» lesquels laissent Sophie à Constantinople , et les palais

k t Père', le^Huguenois ont bruslé les

églises de France : cruauté qui ne pardonne aux édifices et architecture » tient de l'ancienne barbarie desGotset Wandalcs. Le roy so pouvoit vanger dubruslement deFolembret sur les hommes et non sur les pierres : cela est à blasmer, tant à la royne de Hongrie qu'à luy. Encores que les édifices se doivent peu estimer , la ruine en estant prompte , laquelle advient de soy si elle n'est procurée d'autruy , Timmortalitéenest vainement prétendue : les bastimens demeurent , le nom des constructeurs s'oublie; et quand ils dureroient, ce n'est gloire aux hommes , non plus que d'avoir un bon cheval ou une belle robbe , qui sont des parties hors de nous : la réputation gist aux belles actions ; s'il y avoit honneur à bastir , il appartiendroit aux maistres maçons et architectes. C'est uno maladie qui se guérit par raison et qui porte son chastiment avec soy ; et faut considérer qu'il n'y a plus belle simmetrie et architecture que le ciel » que tous chemins sont allées, que tous couverts empeschent le soleil et la pluye. ^-ous voyons les beaux édifices bastis des anciens es mains estrangeres , hors de leurs familles ; ainsi adviendra-il des nostres. Autant de part ont les païsans qui entrent aux bastimens que les maistres *, cinquante ans passes ils y auront mesme droict ; la nature fait une habitude de mauvaise accoustumance. Tel est en peine qui n'a plus de procès , plus de bastimens à construire , prenant plaisir de se faire des affaires. Un bastiment n'est jamais si bien fait quil ne s'y trouve à redire; mcsmes ceux des roy s leurs laissent regret de n'avoir fait mieux ; plusieurs voudroient avoir l'argent qu'ils leur ont cousté , pour rebastir d'une autre façon. Quand ils sont parachevés ils sont mesprisés ; les façons en changent tous les jours, lesFran* çois les voudroient changer comme leurs habillemens ; et quaud ils sont faicls se vendent par décret , dont se moquent ceux qui les achètent , n'estans aux ventes des terres prisés. C'est grand heur de trouver sa maison faicle , et sagesse , estant médiocrement logé, de vaincre par raison la maladie de bastir.

Pour loger une armée faut choisir la place de bataille , y placer de l'artillerî'^ d'infanterie , et se doit couvrir de trois logis d*arqud)uuer

la perte est indifférente ) , soustenue d'un logis de cavalerie légère : le qvos des chevaux légers ne doit estre du tout devant , seulement un peu advancé de costé et d'autre de la place de bataille , logés au flanc d'icelle , pour n'estre contraincts par retraicte précipitée de descourager Tarmée. Deux cens arquebusiers à pied barriques à mil pas devant la place de bataille servant à retirer tous les petits logis tant d'arquebusiers à cheval que des chevaux légers : et quant à eux, s'ils peuvent, à la faveur des bayes ou ruisseaux se sauvent, sinon combattent dans leurs forts ou églises , sans que Tarmée soit obligée à les aller soudainement secourir, et avant avoir recogneu les ennemis, pour ne changer l'ordre arrcsté , et qu^ils ne soient contraincts de quit ter Tadvantageuse place de bataille pour en prendre une que Fadvanture et le secours forcé auroit produite. Et vaudroit mieux laisser défaire ces deux cens arquebusiers, estant sur la deSensive, que déplacer mal à propos. La cavalerie légère ne se doit advancer ny s^engager pour combattre en gros , sous espérance de secours, puis que ce seroit myner Tarmée de déplacer pour aller à eux : et quand les ennemis sont bien recogneus , les troupes se peuvent lors advancer , selon la quantité qu'ils sont.

; S'il faut venir au combat , choisir les lieux advantageux , pour , quand l'armée sera ensemble , donner temps d'aviser s'il sera bon quicter la première place de bataille pour aller au combat et suivre les ennemis: les baga- j ges, les vivres doivent avoir leur rendez -vous à Tallarme , aux deux coings derrier la place de bataille , sous les prevosts de camp , dehors de tout embarrassement. Le gênerai doit estre au milieu de finfanterie , ou tout contre la place de bataille ; la gendarmerie doit estre logée derrier ladicte place , ayant les deux flancs couverts de deux regimens de gens de pied barriques , deux logis d'arquebusiers à cheval et un de cavalerie légère advancés sur les costés qui couvrent le flanc desdicts régimons de gens de pied , auxquels ils se retireront à Tallarme ; et tous tiendront ferme à la faveur des logis des gens de pied, jusqucs rcnnemy soit rccogneu. Les corps de cavalerie n auront leur rendez-vous à l'allarmC; ains

à la place de bataille advancée, oii ils iroil droit sans reculer. Les petits quartiers se bmÏ^^ tront deux ensemble , chargeront fort et UAI^ tout ce qui se trouvera d*ennemis entre H place de bataille et eux. L*ennemy recogaee^* on peut aller au secours du quartier allaqié£ selon l'ordre que donnera le gênerai cm Ib|m reschal de camp ; et chaque régiment de cft^ Valérie fera recognoistre , aussi tost qu'il am logé , par quel chemin il se rendra à la ptaea^ de bataille ; et sera pris garde par les pévosts que les entrées de la pkice de baûûOe par derrier ne soient embarrassées de btgage , à ce que les regimens de cavalerie puissent aller en leur place.

L'armée qui s'arrestc à assaillir tmlogii: d*infanterie donne un grand advantage à aas, ennemis : s'ils s'apperçoivent que ce ne aak toute l'armée , le gênerai , le maresdial de camp et mesmes Tannée y peuvent aller, apria avoir fait reconnoistre le derrier et les coiiéif jusques à une lieue de là , pour entreprendra avec prudence sans poursuivre foUenieiit : e& il y a vallons et pais couverts , ordinairemenC il fait mauvais sortir sur l'entreprise de m ennemi. Le mareschal de camp logé à la teste proche la place de bataille , un chef anfinatt à l'arriere-garde , les armées estans prodieB» il doit avoir cent ou deux cens hommes àdieval , considérant la contenance des emiemiSy d'autant que, les logis estans escartés, aucuns ont entrepris aulrefais de gagner la place de bataille avant que les trouppes poisseat estre assemblées. Pour à quoy pourvoir, les sentinelles et les batteurs d*estrade se doirail redoubler la nuict, prendre garde qii*fl n*y ait rivières qui empeschent les troupes de venir à la place de bataille ; considérer que s*U faut qu'ils filent de nuict à cause des muh vais chemins , ils y arriveroient tard. Et leor seront monstres les chemins les plus larges plustost que les plus courts , pour les venir esplaner ou faire ponu , s'il y a temps. U est mal-aisé de trouver logis au large et logis de guerre ensemble; le mareschal décampas doit avoir considération qu'à la seurté de. l'armée , non à la faveur ni exemption de vil* lages , ny à loger au large les capitaines qui se plaignent d'estre serrés ; les loger en gens de guerre : il vaut oiieux ( plustost que se

kM

RÈGNE DE HENRY IL

i)£i«eolilMiiele prince de Parme, Crêpa ;iiDt]iiieiix armée harassée que devoir se rafiraiaoliir il se fout esloigner b, prendre logis couvert d'une rifnùM d*an bois où Ton mette Tin- ; H li encore on ne doit séparer les 01 deux par rivières où chemins . n vaut mieux camper que d'estre |fé:eam,calonmies, querelles n'abaniBt le oareschal de camp , qui doit estre jlpipgBé pourreuster à ces inconveniens.

\ik Mayenne soustenoît qu'une armée ^■Mée de quatre mil chevaux et dix mil lil^ei de ped ponvoit reaster' à une trois j^dtf grude; il s*apuyoit sur Tadvantage ÊBkf&f et dismt qu'un camp fortifié du trai||de Met heures ne pouvoit estre forcé au ^in La démonstration estoit que prompmou 3 feisoit une fortification en tenaille ,

S' MDtes qui flanqnoient Fun Fautre; qu'il k meure des escadrons de cavalerie et JikadSkms d'infiuiterie dans le camp , en mm ordre qu'ils se mettroient en camf^; qœ ces fortifications se peuvent def Ure par quelque quantité de mousquets et fltodratt vobns deslMmdés » sans toucher au pu (k Tordre ; que si les ennemis venoient à leste bttsée pour gagner ce retranchement, la BN«(|iieierie des poinctes et Fartillerie lenr ienÂe&t m grand mal , principalement si ces poinies tmsA quelque peu de fermeture de ton Gostés; elles ennemis voulant forcer les coortiaes ( quand bien ils en viendroient kbool, ce qoi est mal-aisé ), ou il faut qu'ils demeontt dons les courtines fortifiées , ou qu'ils pnett oitre : s'ils font séjour dans lesdictescQvtines, ils sont accablés des mousqeetades des pontes, se pouvant les soldats U m secoorir les uns les autres sans le desbaodemem dà gros ; et s'ils passent outre des- ^''doBBés, c*eet lenr perte entière , d'autant qaHs treorat les bataillons en ordre et la caTalerie en estât pour charger advantageuttiDeotceux qui seront passés. Estans desor" <l^daToir passé lesretranchemens , n'es |iBasiistésdecavalerie, qui n'y peut passer, ib seroieot; chargés par flanc et 'par teste *^la cavalerie ennemie , et facilement defto. Tellement qu'il n'y a moyen que celle Me force puisse forcer ceste [médiocre ,

et ne se peut avoir espoir pour les' ennemis qu'au deslogement de Farmée, lequel se peut tousjours faire de nuict, après avoir faitrecognoistre un lieu de forte asâete , que Fou peut gagner avant que les ennemis soient advertis.

Ainsi fit M. 1^ duc de Parme à Godebec , deslogeanl à dix heures du soir; et se rendit à six heures du matin en un lieu plus fort que celay-là où il esloit, quoy que ceux du roy de Navarre s'en aperccussent. Mais deux incommodités se présentèrent à eux en ce des^ logement : que les troupes logées au large ne sont si soudainement adverties ; puis la doute de quelque stratagème , et de tomber par les ténèbres dans le piège des ennemis ; qui à la vérité se pourroit faire , disposant la mousqueterie de telle façon , et les piques , que ceux qui suivroient de nuict se mettroient en péril et entre les mains de ceux qui auroient fait cesle feinte.

L'empereur, pour résister aux François*; fait espouser Philippe son fils à Marie \ fille de Catherine , royne d'Angleterre , tante de Sa Majesté , premièrement mariée à Artus , qui la laissa vierge de douze ans. Depuis, Henry, roy d'Angleterre, Fespousa, et la quitta pour Anne de Boulen, dont il fiit excommunié de Clément septiesme , et pour ce sujet se déclara chef de FEglise en son royaume , y establit le luthéranisme. Il eut Elizabeth d'Anne de Boulen , qu'il surprit en adultère et lui fit trencher la teste. Il se remarie pour la troisiesme fois^dontnasquit Edouard sixiesme par Fadvis des ducs deSommersel etNortombellande , qui , voyant Edouard sixiesme prest à mourir , lui font déclarer Jeanne de Suffolc, sa cousine, héritière du royaume ; et luy donne le duc de Sommerset , son tuteur , un de ses fils, pour estre roy , faisant, au jeune enfant Edouard, déshériter Marie et Elizabeth. Marie, secourue des forces împerialles et de l'assis^ tance du peuple , regagne Londres et la couronne , fait trencher la teste à Jeanne et à Gnifort son mary , qui avoîent esté coronnés àLondres, fit mourir leduc deNortombellande, auteur de la révolte , restablit la religion catholique, espouse Philippe d'Austriché, assoupit Felevation pracliquée par^Elizabeth sasœur, qu'elle constitue prisonnière. Les conditions du mariage du roy Philippe estoientde n'estre

HÉMOIRES P£ OAS^ARD W 6AULX.

maistre ^ûVoyauQie qv'après sa femme : to^ après advint la mort de Marie et le règne d'Elizabeth» fille d^Anne de.Bouleni c|ui remit .sus le luthéranisme.

l Les roys ny les puissances , leurs dons e% grades , punitions et cruautés , ne changent )a religion des gens de bien , gui encore moin$ doivent estre d'une religion et faire profes* sion d*une autre ; autrement c'est craindre le^ hommes plus que Nostre Seigpeur , qui menace ceux qui le rement de les renier devant Dieu son père.. Admirable fragilité humaine I les Anglois en trois ans sont luthériens , puis catholiques, et après luthériens : cent mil personues estoient hérétiques à Gand et AJavers $ iiaeux , esitans pris du duc de Parme , se firent tous catjbcdiqnes : les saiacts d^bu convertissent tant len un jour par prédications , que les forces humaines en f<mt revenir à TEglise. La différence est en la conversion volontaire et fi>rcée :^nt secrets de J)ieu« scrutateur des cœurs des bonunes ; les peuples suivent les religions des souverains. Les Turcs ne permettent le schisme; bien consentent-ils aux cfarestiens et juifs de viyre parmy eux : les princes xl'Allemagne inyudemment blasmeat les roys de ne vauloir soufirir deux religions, eux qui n'en veulent qu'une dans leur pais souhaitteBt aiUeim les re^K^Ues qu'ils craignent chez eux.

h Les femmes re^ssentincommodement: les royaumes ne sont comme les possessions et h^tages, auxquelles elles peuvent succéder : les roys sont créés pour servir aux peuples , qui peuvent estre sans roys , et non les roys sans peuples; ils sont ol>^gés d'aller à la guerre , exercer la justice ; les femmes en sont ineapables. Si elles sont roynes , Testât de connectable et [de chancelier se, peuvent donner aux fenmies; leur douiinatîon est pleine d'inconstance , subjecte à esire oppressée , et ne s'» trouve gueres dont le règne ait réuni comme celuy d*Elizabetii d'Angleterre , à lequelle tous les heurs et bonne forlune du monde sont advenus » ayant régné en longue et heureuse paix jusques en Tannée 1603 , qu'elle est morte en son lict , nonob^ stant qu'elle fust née d'illégitime mariage , excomnumiée, déclarée bastiirde, sa mère justiciée pour adultère^ ayant maintenu sa paix

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par la gnerre^e tonterBMf#^#ait4es€H tés incroyables^ fomenté, Maory 4es ^e\ lions en France , Espagne ^et Ftavidoe. <^ le prenûer de G«Aix <pù, nourris au «asg, parvenus par moyens iUegkiinesi et stant leur injustice ontaslé^eu kuigue riié. Ke t'eabahis si durant cette vie sou tu vois prospérer le Anesohani ; fl«ne« autre', et ne peuvent jsaoîBslwpetMtfs deux que d'avoir un peu d^lienr en osue qui est la récompense de quoique benne vre qu'ils ont faicte;pilusbeyBre«xcoal jes fljgés battus de tons malheurs» ^ attendent le eal»t ^tensek

Ce règne feminiu adwpoe les Jbean nûgnens I les bieiH[>arés$ MiMnoe de voluptés, iNdets^ masquas, imfMldîciié, titude, cruauté, veageuMs iMmo, et tialité^ advancant las îuppejjinBes femmes, au pr^judiee des Ta|#ainet^ justiciers et geiis 4s Vialepr. ITob qu'a n > de Tei^e^ption , et [qu'il M ne Ireuve de r< tueuses royaeSj eu matmte de eeHei Naples et autres igA mi geuvené dm v<>hiptés. Et , quoy que M eelt , eliii feu telles Cauies et désordres «^pie Msusmlimej ils sont maltaises à r'esiaMJr , «sis aum m

de mauvais «XMiplie suif is per lew sMoc seura. ;

Cateu , 9fmA Msmimmmn é» Vmn de république de Rome , <pie lu liberté fltfûit • prittée sans remède» vaynut qœ fiapradeJ du peuple tramoit le lieu de leur epprenJ corrompu par pernicieuse Uberaiiié4es eo)^ reurs , lesquels , peor les eoauMud tiouels et vicUNres obtenues , amaat le coeur des soldais , pMT sopperter kor u rannie,de laquelle ils tiroieot profit i coim loit&son fils de m se masler anciB6aieiit<U affiiires publics , tant peur m les poavoirij mettre en meSleur eetat , que pour le dmg^ auquel il courait, sans aocuue ntflké pour lo la vertu n'estant récompensée selon uni rite* Quand eu un Estât U principale se porte aux desordres , et que d'icela; odBciers , les mignons , les grands et les de guerre en vivent et en tirent uiitité, à quelle ils sont interressés , que peut faire particulier , ny une foible partie de Y sinon de se perdre et allumer des gaerr»

RÈGNE DB HENRY H

IM

à la rayne da genend , et de , iiDB profit P Et ne sert de moust iMiByenieas que ce {[ouvernei&ent mm, qve la pieté est renversée , la i|hi|tfde8y estais et charges en ?eote ; i|ki affligés par imposts « les gens de tÊÊk at cdoignés , les incapables et MpfiiiBrés ; les deniers , les finances IVi le pnUic abandonné pour le par- ^ickmn ne ae souciant du bouleTertéiinitiPonrYen qu'il obtienne «es

qmùmtt passant le Rubioon , ae (Hro« É^demevant en aon devoir dans le ■MU des Gaules, c*estoit le bien de ■pSi son danger et péril particulier m dan Tordre d'icelle ; passant la I Sidiioon y confin de son gourem»* w porter la guerre à Rome , c*esCoit des maux de tout le monde :

salut particulier au gênerai; si, des roys , les favoris eussent Tandenne règle de FEstat, de médiocres bien-feits , ils qM e'estoit le commencement de b^ «t qu'il valoit mieux péricliter m I tellement qu'aucuns ont choisi désolation du public , acquérir déplaces, armes puissantes, pins grands à leur particulier , r In force : ce qui leur est fiicile lors ■dent la suprême puissance. - • qn de nostre temps les favoris !)• Xm , ayant pris ccste voye , ont perdre , et ne se sont sauvés que des trois quarts de la France eux , tellement que ce sont ef- Mê Yenssissent pas tousjours , ainsi rpv sa valeur, et à eux par la sotrs adversaires inexpérimentés, fem* MgMs, guidés par la presomppibleB de donner conseil ny d'en de ceux qui les gouvemoient Or , est-il que du mal qu'on h ils ont tiré leur bien , soit par la \ Dieu , hasard de la fortune , imde leurs ennemis , et impuissance lé bien à se faire croire aux jeunes 1 la conduitte des affaires , lesquels myés d'un si grand party^ sont suc-

combés par leur fante't qui mai commence , mal finit. Et il est advenu que ceux qui ont auparavant pris les armes pour le bien de l'Es^ tat, contraires à iceluy , ont fait paroistre qu'ils ne s'aydoient de ce epecieux pretexteque pour leur interest ; car non seulement ils l'ont abandonné, ains en ont fomenté la perte, douiant hardiesse de monter 4 ceux qui n'osoioBi regarder en asseurance le pied de l'eschelle.

Qui sera fait impudent ou nqpmdent , qui voudra r'allumer un feu dans ^le [milieu daa tourmentes dans lesquelles il s'ensevelira aaK profit , et ne servira que d'huile dans les fiâmes 9 à la ruyne générale du peuple i qui ayme mieux souffirir toutes les incomBoditët et mynes, qu'une guerre entr^ise ,|ett «M impossibilité ; et faut chercher de vivre dans l'Estat , sans penser maintenant que l'Estai puisse revivre par nous. Dieu n'estil pas aaseï puissant pour changer le mal en bien? ne ae* rouf-nous pas assez patieas d'endurer que par iceluy nos péchés soient expiés ? Quand bien une tyrannie absolue seroit establie (et qui n'est pas encore), et que la medecme ae^ nrit ph^ que la maladie , laquelle sennt eam remède, pourquoy la chercher, puisque les iiii* grediens employés à ceste guerison apporte<^ roient d'autres plus grands inoonveniensP ^

Aucims expérimentés diront qti'il n'y a qu'à tenter , qu'im simple progrès des armes peut changn" la volonté des peuples. Qu'ainsi M soit ! Plusieurs advouent que si l'admirai de Ghastillon , des quatre batailles qu'il a donné aux roys, en eust gagné une, il estoit en voye de changer l'Estat ou la religion; et en sei dernières entreprises iceux remarquen^plusieurs fautes : que si une ou deux ne fussent point esté , il y a grande apparence que Ton fiist venu au bout de ce dernier dessein. Mais quoy ! qu'appellerons-nous fautes ? Toutes et qnantes fois qu'il se fera une entreprise semblable, et par telles gens sans conseiU, il ne manquera d'y en avoir, ou peut estre de plus grandes. Cognoissance de la puissance de Nostre Seigneur, lequel esbkniit et obscurcit, empesche de s'ayder ny conseiller aux extrémités^ et mesme réduit les entr^nrises les mieux préméditées à rien par eveneoMBS inpreveus^ lorsqu'il cognoisi te c treprenemv. Et ai leer deaMfp

MÉHOmES DE GASPARD DE SAULX.

que tant de*" chefs fussent esté contentés des {^ouvernemens, places et argent qu'ils demandoient, la dissipation de TEstat et la ruyne du peuple estoit sur le tapis , nonunement si le principal d'entre eux n'enst conservé Tes* tat royal , en s'opposant aux injustes demandes qu'eussent fait ceux qui y estoient entrés pour leur propre interest seulement, f Reste à voir si nous pouvons profiter en nous mesmes de nous employer pour le public : rancienne opinion de plusieurs est que rin{pralitude en est la recompense , si ce n'est que nous la voulions prendre en ce que les actions vertueuses nous satisfont ; parce que , de s'attendre aux {^ratifications des supérieurs, faudroit qu'ils fussent autres qu'ils ne sont , avoir de long-temps gagné leur amitic , ou cstre parons de ceux qui les gouvernent , ou du tout adherans à leurs opinions « quelques injustes qu'elles soient , ce qui est indigne des gens de bien , et d'autant plus de ceux dont la vieillesse leur a appporté cognoissancc de la cour, qui devroient estre mocqués et mesprisés s'ils perdoient leur liberté , et ne pourroient profiter à TEstat , moins à eux. De là il faut inférer que Gaton avoit raison , et les gens de bien à imiter ses admonestemens , estant la Franise en pareille décadence qu'estoit l'empire romain lorsqu'il conseilloit son fils. ' Au mariage du roy Philippe et de Marie d'Angleterre , les Anglois monstrerent tant de fiance , servitude , et impuissance de celuy qui espouse leur royne, que cela servit à l'ompre le mariage d'Henry troisiesme avec Elizabeih. Aux grandes négociations se doivent voir les livres qui traictent de choses semblables , pour se résoudre ; le temps rarement change les mœurs des peuples. L'entreprise de Gènes estant proposée à M. du Mayne , à moy et à d'autres nos amis , pour changer le gouvernement et remetti^ Testât populaire au-dessus , fut retardée et rompue par la lecture de leur mconstance et légèreté passée.

; I/cmpercur , après le mariage de son fils , arrive vn juin en son armée ; le roy fait revue do la sienne près de Crevccœur , part pour alliîr aux frontières d'Artois , en crainte des Anfjlois nouvellement allitis de ses contraires ,

pow , attaquant uqic pli^çc , contrumdre l'cm-

[UMJ

pereur au combat. Ranty choisi est l'empereur' vint*au secours ; les armées V\ devant l'autre , un vallon en forme de lai^ de cinquante pas entre deux. L*< renr retranché a Ranty à sa main gnndm sa droite un bois continuant de ton jusques à celle du roy. Sa Mi^jesté bois d'importance , lequel gagné il s*7 roit placer de l'artillerie pour battre T renr et le faire desloger de son donne h charge de ce costé à M. de le connestable ne peut estre en den L*avant-garde , pour mieux assiéger estoit séparée d'un ruisseau, sur faisoit faire plnsieurs ponts, et n'estoit ce logis delà l'eau, que pour l'empereur de le prendre et envitailler Ri M. de Guise fait passer de nuict à la bois trois cens hommes, moitié picqniMi| moitié arquebusiers, partie embosqnés. L*eii pereur y fait donner devant jour; fls lî s'apperçoivent de l'embuscade ; dmrgéê ém vaut et derrier , se retirent à lâ Havenr dali nuict , rapportant à l'empereur plus gnmÉ troupe qu'elle n'estoit au bois.i

Le treiziesme d'aoust i65& la baume dl Ranty redouble , l'empereur craint la de le voir prendre devant Iny, résout de gner ce bois en gros, sans s'obliger à la te taille , pour le retranchement et vaOon qi Tempeschoit ; juge l'armée du roy eecipésà la batterie , divisée avec son avant-garde dTtt ruisseau ; le paîs estroit , fait nuuncher qoMfe mil arquebusiers italiens et espagnols , qMM pièces de campagne pour gagner le pont, M deux mil lansquenets, couverts de deux nd reistres soustenus de douze cens chevaux bgers. Le comte Wolfgang leur chef avoic m charge sous Albert de Brandbourg quand i prit M. d'Aumalle : ceki l'encourageoit; mant ses pistoliers des diables noircb , se toit de passer sur le ventre de toute la darmerie françoise; presomptueusement parti en sa cornette un renard mangeant on co^ M. de Guise advertit le roy qu'il mist son ah mée en bataille à une arquebusade du boh Le connestable repasse le ruisseau, ooHh mande à ce qui est proche du roy. H. dl Guise, par Tadvis du sieur de Tavannes, marcschal^de camp, place^et^fait^marçiMi

RÈGNE DE HENRY II

Ml

eeni dierainx I^iers , le reste d'keux M. d'Aumalle de Tautre costé da esire préparé à tons evenemens :

cens cbevaux légers soustenus da b Tvrannes , avec sa compagnie bardée ■■ères bardes d*acier qui s*estoient le guidon et les archers de H. de ns da régiment de gendarmerie D^abordée les trois cens arien tOBt renversés et le bois gagné iqMttre mil Espagnols et Italiens, à la r qne leur donnoit les deax mil reistres ■1 le bois ; commencent à tirer du bord f CB la (daine, où estoit en bataille » ds roy avec les Suisses , Italiens et ik H. de Goise fait charger les quatre k/nmx légers du régiment de H. de rs : ib sont renversés; le baron de et les chefs taés par les reistres.

isnr de Tavannes fait charger Forges idon avec celuy de H. de Guise dans 1, qui eurent pareille fortune et les lis; ce gros escadron perce toutes les b csvalerie qui se présentent. Le sieur résilie les deflaîcts, les place oompagnie, choisit le temps , charge et en teste , n^ayant que sa cornet ses résiliés si à propos , que aucunement desordonné des I précédentes', il le rompt, les emcheval estant tué , fust remonté dans le milieu d*eux , et les sui- MSgeuaement , qu'il semble que ceste vainqoe toute Tannée , parce que renversent, et rompent leurs qui les suivoient après leurs L^infanterie espagnole, voyant ■dbe, se retire en fuitte, poursuivie royale , qui donne après eux Tout est suivy par le sieur de

M, soustenude M. de Guise , HM. de el Bouillon , jusques sur le bord du ptssé en confusion par les fuyards Es de Fartillerie de Tempereur. Quatre des Impériaux gagnées, cinq cornettes es, dix enseignes de lansquenets la t tnés , le sieur de Tavannes demeure le.

le Gnise essaye luy oster Thonneur ; pare courageusement en ces mots :

« Monsieur de Tavannes , "nous avons feit la » plus belle charge qui fust jamais. » Ledict sieur de Tavannes , ne luy voulant advouer qu*il y eust esté , respond : « Monsieur, vous » m'avez bien soustenu. » Après , M. de Gnise luy mande qu'il s'allast rafraischir , qu'il en avoit besoin , désirant que son escadron demeurast à la teste. Le sieur de Tavannes fin respond qu'il est en la place que Dieu et son espée luy avoient acquise. U envoyé au roy la cornette du renard qui mangeoit le coq , qui denotoit les François, du mot gmlluê, devoir estre mangés par les renards allemands. La defence en fut à propos pour le sieur de Tavannes , tant parce qu'il estoit bon François , que parce que les armes de Tavannes , du costé de sa mère, sont un coq. Il n'est besoin de raport; le roy, ayant tout veu de ses yeux, envoyé quérir le sieur de Tavannes, lequel, Tespée sanglante devant toute l'armée , Sa Majesté s'oste l'ordre du col et luy met au sien; honneur qui a peu de semblables.

Le roy, sans suivre la victoire , se campe au lieu du combat, présente le lendemain In bataille à l'empereur , et se retire : Sa Majesté devoit suivre sa victobe ou prendre Ranty. Le vainqueur se vante d*une bataille , les vaincus n'advouent qu'une rencostre ; chacun s'attribue de Thonneur. Le roy dit n'avoir attaqué Ranty que pour fiûre venir l'empereur à la bataille , que l'ayant gagnée il se contente. L'empereur dit qu*il estoit venu pour lever le siège de Ranty, et qu'il en estoit venu à bout.

Les rencontres et batailles prennent leurs noms selon le grand ou peu d'exploit: les combats où le canon tire de part et d'autre sont nommés rencontres; le nom de bataillo s'attribue à Fentiere victoire , conqueste du champ, artillerie, enseignes et bagages. Le doute est si le gain de quelques enseignes et d'artilleries ( les armées restans en présence , et celle qui a faict perte se retirant en ordre) se doit nommer bataille ; les opinions en sont diverses : la mienne est que ce nom de bauille n'appartient qu'à la route et perte entière , et que Ranty n'est qu'une rencontre. Si le roy eust cogneu son advantage , les cbées de l'empereur n'estans parM

MÉMOIRES 0E CàSPARD DE SAUTA.

victoire entière estoii marne; tant les prémices infortanées des eombats appertent d^es^pouvante et de doomage. 11 faillit de ne suivre son bon-heiir, et Tempereur davantage, s'estant laissé vaincre pour avoir myparty son armée d*un vaUoa , se tenant fortifié de Tautre costé; qni estoit donner partie de son armée à sonennemL

Les bardes d'acier/ capanicM*« flancsurs de beufle, de mailles, servoientanx batailles anciennes, qui se deaesloient avec Fespée et la lance; le peu de périls rendcnent les cornbauloqgs. Tel a esté faict en Italie i les hommes et les chevaux si bien couverts, que de deux cens meslésnes'en tuoit quatre en deux heures. Les grands pistolets rendent les bardes imitîles , et la meslée si périlleuse , qu'un chacun en veut sortir, faisant les OMnbats plus courts, où Ton ne fait que passer soudainement; les hommes eslonnés, le nombre des mourons et blessés font les victoires promptes. Les chevaux armés y sermenc inutiles , à cause de la pesanteur des espreuves; ils sont asseï chargés de porter rbomme et ses armes , sans en porter davantage : neantmoins un chanfrein à Fespreuve ei quelques platines au poictral pourraient servir.

' Les armes de maiUes , cuyr bottilly , oetoBniaes, eervoient aux aneieBS, lors quelle fer estoit rare et les nations non disciplinées; les lances, lesespées firent inventer lescorcelctsec salades ; les pistolets, les cuiraces, les casques i Tespreuve. Si les armes oflensives continuent d'augmenter ainsi qu'elles font , par les longs pistolets, virolets, mousquets, poudres et balles artificielles , il sera nécessaire d'inventer des def ences. Les cuirasses battues à froid , trempées , se renforcent de quelque chose , non pour résister à ceste force extraordinaire. Ceux qui ne veulent rien commettre à fortune ont renforcé leurs cuiraces, fabriqué des plastrons doublés de lames, leurs casques à Tespreuve du mousquet, se rendant incapables de senir dans les combats , cstans combattus, enchaisnés et liés do la pesanteur de leurs armes : ils deviennent enclumes immobiles , chargeans tellement les chevaux , qu'aux moindres accidens ils succombent dessons ; leurs courages , leurs entendemens tra* vailles, demy vaincus, n'hasardent, n'agissent,

ni ne font rien qui vaille/ €eu ifÊi ^m sansespreuve ne veri«M venir aux amia ensMiir bien tost, posansraitifkeeMli valeur; c'est une cogooissance de cam désirent bien combattre, qaand Se alto bien et non incommodément. LameiHrei ces deux extrémités est d'aveir le tkMl cniraoes, du casque, deux lames ^ ISH et brassaria à l'eaprenve de Tarq^Éhsi qudques plastrons contre le mem|«rttj le devant, pour n'appceadre à timimiîi riere ; et snflBra que le reste des à l'eepée. Tous les soldais n'enft de tolets chaiigés artifidellement; ils a^ymf la peine ny la deq^ense ; et ai l^eqarWM dicte ne sert contre les coupa choltiséti gés à loisir an logis, elle relistera ak mun, du moins die nsscTe les tiBÉis poudre, balles, cartouches, ne ae dai parmy les tumultes et mn^pocts, wmà les préparés au logis , qui enyecieulhf Il est impossible que les capitaines , dm pesans casques et eiûraees finq^éB vil ment de leurs fers es agités du dieval, | sent faire leur devoir; la concgipiisu^ F gination, partie de l'esprit em ai jatat corps, qu'elle dhninue pur reseastf H d'iceluy. U est difficile à ces eafeitisé meurer en mesme assiete et esM voir, d'onir , de galoper, eelmi In laquelle voudroit que le gênerai et In m chai de camp volassent , ouenstenscnm temps plusieurs corps pour ordonoer par Les valeureux hcmmes de comnumds proposeront leur honnenr an danger^ < milieu des arqucbusades jetteront les i si pesantes , qui les empcschent de com| dre , d'ouir'et faire ce qu'ils doivent Dui faut avoir les yeux fort descouverta, | une forme de bourguignotte , le devant i preuve, avec la lame sur le front avi pour couvrir le visage : si cduy qui mande se veut ayder de casque et de trou à resprcuvc du mousquet , il ne lei prendre que lors qu'il va à la charge. A et combattu de ceste pesanteur d'anntt tournant des entreprises où J'avois "M cberchois moyen de me descharger de ù sur le cheval , desseignant une grande d'armes à Tespreuve , dont le devant fini

HëGNS DC H£NiLY IL

VêÊMUC'^ le «damer au dessoiu m,9Lyec wa grand hausseHxd k Talr«ipreii¥e , portant ses moignong.

l4et iMcas tenans à ladicte selle, BMift i crocbet, et couvriroient le ip le genouil jusques au dessus de s aiott ledkt dieval porteroit les !dBp8Îds4elaGiiirace9 tasseueset teMWBodké serait de pouvoir bien is bras, «ans empescheaient de la iMpeUe on se pourroit depestrer é le cheval lonboit, en levant les pi fénsfiroient les tasscttes ; et seminr dn pistolet lesdicts bras n'oot la piîne. Ce n*est pas que je ne juge (dsBtoB se sert plus utiles et procane invention, que je faîaois pour r de riniportanité de celles de main-

de Bos ayeuls estoient la lance, i I aaiie d'armes et Tespce : la der- ■SMie, les autres sont estimces de irieiriiant pour estre les armes à pn,<|iiaese percent ny enfoncent fo-fti ipe pour estre Tinvention de pisnkM. Pour donner un bon coup Hillflanie et le cbeval doivent estre lin; sa trot ny an galop il ne fait MmIs il iaut qu'il soit donné à pleine »iftkîmx paîs, les cbevaux frais, Mb iHMda; Tarrest, et le cuyr qui MMéi, la lance médiocre : si elle f fni,clle est crainte de celuy qui Httlif fut plus de mal qu'à Tcnneim, et Tayme mien laisser couler >*P II rompre ; si foible ( ainsi que ^huadontent ont accoustumé de les fv il Aeriller ), elle voUe en esclats te Chl on six coups d'icelles sou- ■ patent ni ne font aucun dommage , AÎl«K chevaux , là où (voyant Vin- ■dirflqiireuve des armes) Ton comté donner.

fm alléguer des difficultés aux pisk faakt , la balle , la pierre , le resttnan, sont plusieurs parties dont le ■eat de lune rend inutile le reste ; I qne le bout touche , ou le coup est I et de peu d'effect. Cela se peut al-

non par^ raison : le

pistolet emporte le dessHS ; «I j^em^illM, il porte la mort «t la crainte avec eoy; les plus foibles hommes , ponrveu qu'ils ayei^ du connue ^ s'en peuvent bien aervir , mes^ mes anr des meschans chevaux. Il aeroit cessaire que les soldats portassent trois udets , et du moins deux : oelny ^ se naet à la mam allant à la charge n'ettpcMseheplas; les denx mitres se peuvent aprq[>rîeraH la^g des selles, qui ne nuisent à la bride » ny se peuvent estre anisis des enemia , 4fà Mt autre dMMe à penser dans les chargea.

Quoy qne Ton ait peu nonstrer aux Bt« Tinutilkéjdes lances , eux, pour y entre nourris «C apris , ne les ont vodn quiler. S*fl est forée de s'en servir, il les tmi wamn sur le flanc droict , ponr charger dans'te Anna gawhe des ennemis, non en eqperaace qnlh passent au travers , nais pour les deaorïhaner et fidre tirer et desdurrger leurs pisto* lets. Pour preuve que les armes de fend*an« jourd'hny sont plus oBansivcs et font plus d'effect que.la lance et espée des anciens , il s'est fait plusieurs combats en Italie avec ha armes anciennes, qui dnroient trois et qnam heures , et entre cinq cens il nese tnoîCfMi dix homBMa t le reste , bien araaé contre lac coupa d'espées , chamaiitoksanseffiBCt; maintenant une heure este ou donne la vietoim.' L'espée est nne arme très-utile à tons, el principalement aux vaillans qui a*en sçavent ayder et se mesler. Les estocsnon tmndnms ne sont si bons que les espées renforcées, bien affilées , qui servent de l'un et de l'autre , de donner dans le flanc des chevaux et du trenchant sur les visages et bras descouverts. ^ \

La vraye monture du soldat aont chevaux d'Allemagne ou de France : ils ne sont délicats , ne bégayent point , et n'ont imperfection , sinon la bouche forte .(ce qui se peut corriger), et encores vaut-u mieux qu'ils rayent forte , que si , pour l'avoir trop tendre , ils esioient renvmés. Les chevaux frisons , les roussins , despalsés , exercîiéa par mesure quelque temps en la France, noiuris de gerbes et de tous grains , changent d'estre et de courage , et ne doiv^t rien aux autres chevaux ; le tout est qn^ile soient si foru que Ton puisse demeurer < dans les combats. Les con4MiB«M:

ÈM

bnsiers fc ehetal servent pour couvrir le logis des années I aller aux entreprises et faire des degasts , tirant à cheval ils ne font rien qui vaille ; ils doivent esire coniraincts de ■lettre pied à terre. Les mousquets sont nécessaires parniy eux pour flanquer les escadrons : outre leurs armes, doivent porter des cordes et chaisnes pour enchaisner les che- Taux et en foire bayes , si la nécessité les eontrainct. Ils sont grandement nécessaires pour les advaacer en de mesdums logis, cou« vrir la cavalerie et Iny donner temps de monter achevai : barriques dans les églises à^demy Kene de la teste des armées , sont très-n^ eessaires , pour, par leur perte (de nulle importance), empCMcher une surprise! Les carabins moulés comme les chevaux légers sont utiles , servent des deux armes , et mesme* ment pour foire sortir la cavalerie , qui tient forme de son advaniage , s^advançant et retirant i pnqpos.

r Qui charge à propos et en ordre est victorieux : les troupes mises en bataille en queue roue de Tanlre se renversent; la peur jette les vaincus au'mQien de ceux qui les souslîemient et les rompent : les assietes estroic* tes doivat estre considérées. G*est advintage de charger en flanc ; ceux qui vmit au guiop mènent peu de gens desordonnés au combat : marcher au pas, foire souvent des haltes, les capitaines estans en front et sur les pointes , les mareschaux des logis derrier , frappant les couards. Si le capitaine ne charge des premiers et ne sert d'exemple , tout va mal : Inen peut-il foire charger trente hommes devant luy , jeunes et valeureux ; autrement ils laissent ]st part du capitaine et n'efflorenl qu'un coing. Les poltrons aisément se deflbnt des chaires , tenant à bride à six pas des ennemis , et laissant enfoncer leurs compagnons"; mais les charges au pas, au petit trot], les font cognoistre tels qu'ils jBont , et leur font perdre Tartifice; les derniers rangs les poussent mal-gré eux.

I Une douzaine de braves ,^ ayans de forts chevaux , dans un rang de trente , fendent les ennemis ; c'est ce que fait le coing de for an bois $ sans essayer de passer'un à un , se serrer et fondre Tescadron ; ils se retiennent en estât de r'aUienent après la charge : il se

doit reserver trente bommee'contre m voudroient charger en flanc ou gagij derrier. Charger de haut en bas , le soj la 'poussière au dos , est utile ; atten ennemis est advantage : le marcher in deré desordonne. Il se peut prendre a couverte d'un fossé ou d*une baye , qu nemy ne passe sans se rompre. L'on reistres en limaçon, tirant leurs pî est aisément battil ; passer au travers mieux : de vaillans à vaillans, le pi pistolets , d'asseurance et de bons dei l'emportent. Plusieurs passent par le$ drons sans frapper , en sortent pistolets dés et espées btenches , foute d*estre ac nestés avant les charges , au moins de n trer qu'ils ont frappé un coup. Les rous: les frisons , sont meilleurs que les cbe dltalie.

IF 'Ceux qui sont au milieu des escadroas vent estre advertis de ne tirer an dos leurs, prévenir les bruits de la peur, ou ardeur. Ceux qui se fient aux leurs vent charger avec eux de quinze pas aa galop. L'eslancement sert. Faut cQgnoi ceux que Ton foit charger devant soy, que les couards rompent les leurs *, i tant sur la considération du danger d'e| entre deux , se renversent coustomierc sur les leurs mesmes. Seroit mienx les charger par un coing ou par flanc, s*ils i toient bien déterminés à charger par le Ueu , d'autant que ces trente donnant s feinte dans te milieu , il ne s'en saove les di tiers : et si c'estjun capitaine rusé, cognoiss qu'il fout qu'il boive tout le danger, s'il d fort excité , souvent ne charge qae par coing, foisant un caracol pour laisser laoi leure part du hasard à son chef. Les c: taines et soldats proches des ennemis ào\\ s^accoustumer à porter kurs armes , sans fier aux valets , évitant le desordre [qui i vient quand ils les vont chercher au baga Le capitaine ne se doit fier aux soldats leurs armes ny de leurs chevaux ; il les ( esprenver , visiter et cognoistre. Il sert sçavoir le nom des soldats, qai,8eseD nommer, ont honte de retourner, et chent en avant : leor rensonstrer de ne pe renlendement, et de^ne tirer en vaîA o

RÈGNE DE HENRY ÎL

qirit des soldats doit estre préoccupé rtissement et par ordre ; loger Thar- I leurs cœurs , autrement par Timaet braicts la peur s'y met : les paro- ■MS sont nécessaires ; monstrer reles ennemis ne sont davantage , pour • dlionnenr. Ne croire les battus ny ds , dont la peur augmente le nom- BHiemis ; ne permettre aux soldats rnyde donner advis, blasmerleur ian. Se résoudre à trente pas du gros conduit /à ce que les raisons de re- Bdnittes (si elle est nécessaire) ne la ■dainement prendre aux soldats , et aoit adverty premièrement qu*eux , ispicbent nouvelles que ce que le chef m leur estre communiqué : les rangs euctement empeschent les conftiafliC que le devant du casque et de I soient à Tespreuve , trois lames des tt tassettes réservées à Tespreuve iapitannes. Les lanciers doivent estre les escadrons pour charger au flanc es ennemis. L'arquebuserie est nela cavalerie ; aucuns les font mares flancs , autres devant Tescadi'on :

JÊL tirer ensemble estant placés , le Bsr on genouil , le second courbé , (droict.

ilerie ne se doict advancer avant ■I tiré , qui doit estre de cinquante ■s les couvrent d'un rang de ches'Oitent, voyant les ennemis. 11 faut à rarquebuserie la .seureté de sa , m ee B*est quUls aycnt grande fiance ; autrement ils ne font rien qui . Geste arquebuserie et moussu nécessaire avec la cavalerie ; ^ ne J*advantage , estropiant hommes iz des premiers , des plus courant qu'ils viennent aux mains. César npée d'avoir fait tenir ferme à ses "eilancement de la course augmente esaporte et sert principalement à la , les espérons mettant les chevaux Mdsiderations du danger. Ceux qui le galop de plus de quinze pas ire iprde à leurs soldats , sont en aller seuls à la charge s'ensevelir

ennemis 9 tellement qu'il vaudroit

mieux attendre la chargeque d'y donner desordonnement.

Ceux qui marchent lentement , et ne prennent le Igrand trot ou petit galop qu'à dix pas des ennemis, ne se précipitent seuls. Il fout prendre garde de ne se diésordonner ny transporter aux bruits et advis ; il vaut bien mieux prendre temps pour penser , que de foire quelque chose sans considération et à la volée , et ne charger de bas en haut ; se don* ner loisir de considérer et recognoistre Tem* peschement des bayes , des fonés ; éviter le sable , kl boue , le mauvais ou bon chemin ^ pour conserver l'haleine aux chevaux. La foi* blesse , raccoustumance de battre ses ennemis , leur peu de courage , et leur désordre bien recogneus , dispensent de quelques unes de ces observations , toutesfois avec telle dis* crction, que trop d'opinion du défout d'autruy ne fosse foillir soy^mesme , et ne tourne Tadvantage du costé de ceux qui l'avaient perdu^

Les charges de maintenant se font au trot ^ les six voltes sont nécessaires comme anciennement aux combats de lances et d'eqpées em haye. Un soldat peut dresser son cheval , par rer et tourner à toutes mains : les courbette» relevées renversent les chevaux aux chaigiB»^ leur égarent la bouche : les emboucheures. ser cognoissent par expérience. L*art d'escuyery comme les autres , pipe les hommes ; un es-^ colier et un cheval se peuvent dresser en troisi mois pour ki guerre ; le reste est superflu , si. ce n'est pour les cavaliers oombattans à cheval en duel. Les roys , les republiques ne de* vroient laisser perdre temps à la jeunesse qui despend des années aux choses inutiles, non en cest art seul , mais en plusieurs autres ; ils ont inventé des longueurs , forgé des mot» obscurs et des observations^difliciles et inutiles , pour tirer de l'argent des ignorans : d'un mestier on en foit trois ou quatre.

La théologie, droict, médecine, ont de plus courts chemins qui se practiquent mainte^ nant : les Jesuistes apprennent en trois ans ce qu'on apprenoit en dix ; il en viendra cyaprès qui l'apprendront en dix-huict mois* Les Turcs n'ont advocats ny procureurs ; les advocats devroient estre procureurs , les médecins apotiquaires , les escuyers escrime les marchands vendre toutesdanréesi l

^ les arts nnrtièes ^ à ce que plus de gens se iDÎsscnt au labourage. Les deux tiers des hemnes se novrissent sans rien fiiire ; s'il y avoit plus de laboureurs, les terres en seroient mieux cultivées , et Vabondance plus glande ; les estrangers auroieut plus besoin di- BOUS que nous d*eux.

Cest une inveation de récompenser les honmes sans despeaee du public ; les Perses pennenoient a» vaillaHs de porter des bracelels et chaisnes; les Romains, des counonnes, des bagues;, les Turcs, des plumes et poiace^aar les turbans ; les roys de^^France , d^Bspagne et dP Angleterre recognoissent les signalés deleurovdre, qnlls^ estiment plus que- quantité d*or. Geste invention de chevalerie est née en Angleterre , n'estant du tout ibMe ce qui se dit de la Table Ronde. Les ordres dS'l'Estoilie , Sainct Michel , Sainct Esprit-, ont esté créés et changés est divers tempe, pour remédiera Ui confusion de la nmilitnde des ponrveus, qui les avoient oblemi^ par importunité et feveur. L'ordre de Sainet JBsqnes en^ Espagne , la Toison en Bourgogne, TAnnonciade en Savoyo, la Jarretiéra en^Angleterre, ont esté envoyés des roys mal. à pn^es^ l'un à Tautre , parce que les sermeHS' diceux ne se pouvoient observer esams ennemis. Tou» ces roys feillent , pourvoyons a cest ordre les princes de leur sang etr les plus riches, au lieu qu'il n'y dcvroit ostre recou que les pins vaillans; mcsmes Leurs- Majestés no le devroient porter que l^yant mérité en bataille. Ce n'est une marque do richesse ny de maison illustre , mais Ûen de valeur. Il ne se doit faire des cheva* liorsde l'Acolade avant le combat; il seroit mieuK après qu^ilsl'auroi^it mérité. Il semble que le root (te chevalier , dont l'etymologie est d'une beste , est mal inventé , ainsi que si 1.! cheval, participoit à cest honneur, et qu'il ne peust cstre conferé à ceux qui combattent à pied. Cest ordre ne se devroit donner que |inr Tadvis de tous les chevaliers , api*ès avoir debatu leurs mérites ; c'est pourquoy il y a un secrétaire et un chancelier dos ordres , pour escrire les actes généreux de ceux qui aspirent ù ceste dignité.

La roy Henry ill , auteur de Tordre du

SmAJiiffitr ^rouloît rédttire-les^dU^yes m

commandcries , S Fimitation dit r pagne ; il fut empesché du pape i ce une grande descharge de consdenc noblesse qui possède des bénéfices compense de services. SftMqesté éi senrer les grands par aermens. ( jurèrent an Sainct Esprit numqoecei mément MM. de Guise ans semc avoîent fidtsur le sainct sacremanfc, ble avoir dispensé le roî de* inui qu'il fit à Blois.8ur rhoslie, donK mort d'icenx seigneurs de Gnâft,.

après : l'un et l'autre manquàsentL accepté cet ordre dut Sainct Eipnt fut alors offert , je n'eusse esté 4à pour.estre le serment à^la parsomie Testât. Vopnt le desovdre: des royi esté gouverneur de pays, de plàeesii de gendarmes, et me suis touqonival iairo serment à Leurs MajeatéS', an liera et commissaires de» guerres ,. ( nous ayons le serment de tromper de' se desdire dans le ment proféré de vive voix ; les pnol secrètes sont inutiles devant Dieu.

'' Cest ordre du Sainct Esprit toc que les cliiAres des manteaux estai pour Tamour de Quelli» et de M mignons de Sa Majesté ; qucc^esloii jeux funèbres comparés à eeos d3 et Antinoiis : aussi le roy Henry IV »: ger les chifrcs et coliers. Quasi le p sordi*c est au grand nombre des chef Saiuct Esprit qu'il |estoit en culay^^ Michel. Tous ces ordres ont esté si à que , m'estans offerts , je lesuy desdl lespouvois avoir honnorablement'aiir contre de Dormans et autres lieuK'i suis signalé. J'ay souvent ou troit i eu ma compagnie qui avoient cest i Sainct Michel , que je ne vouloi^p avois dans les coffres do mon pere^ i demye douzaine de patentes dlceln pour donner à qui il me plairoit. J confusion ne fut telle en ces ordres esté en Tannée 1620 , que les trois^ ceux qui ou esté pourveus de ce oo jamais tiré leurs espées ny veu combal peinture , et plusieurs d'iceux d'ofe

tractioat Ainsi Tordra qui.eaieît^

RÈGNE DE HENBY II

crrans agës de vln{][t ans , ou à ftcolade , qui se donnoit avant que pour Tempérance du bien fait en France , et sera marque et non d'honaeiir.

id ceux qui portoient ce colier au Mit Tcus des peuples, iceux les K« n0 dootaient point qu^ils ne luh ■ degnuideS' batailles , assauts et M ftit de (p-ands senrices au roy :

til ft*c& mocquent , et n'en font au- ■gMitsanlque c'est une marque de ■ad^kxmeur. Est admiré que quelde. mdesHr eut veulu prendre cese ■f tant d'autres qui ne Font mérité, rkfmie qp*à leur Itonneur. Et à quel ■MT cest ordre , qui ne se donnoit Mrite et pour avoir servy , puisque igl ait il ne s'est présenté occasîou piimimt avoir acquis ? Et qu'est delà ¥evtaeuse cérémonie , qu'il ialoit chapitre les fiaits généreux et [exécutées qui rendoient t€»colîer ceux qui te demandaient?

t-isPqs'Bs ont bien esté à la chasse, FaMur, ont sceu faire plusieurs de clinquans pour toutes advisés qui ont bien sceu : bref ils ne peuvent alled'eux , aucune générosité

V farmée premiere*preste fut 4se rompre : le roy court aux plai* ■mmtable congédie l'armée et en riiàM. de Vandosme, en Picardie.

M^adverti, défait sur la retraicte les (Bfver sépare la guerre. Les Anglois Hlîfax , tieiment leur alliance peu MTMpereur, pour sa vieillesse, iubmilés aflbiblissent le corps et il attiédissent le sang et le courage, té imperialle mesprise les vanités , npos pour travailler an salut de poix se doit souhailter quand on a g0:loas deux en pensent avoir : l'un ■ce d'Angleterre , l'autre en la ren* Kanty ; ils advouent les propositions eteBrejettenti'effect. Mariambourg, a du connestable , à l'estroit de vi-

tgmsiiailiC par MM. da Hevers et

de Bourdillon , en présence des emiem» ; le mareschal de Glaives construit le fort de Philippeville , il meurt , ses troupes se dissipent. Mil chevaux d'arriere4)aB furent défaits par les Inqperiatix, pour estre plus soigneux de butin que de garde.

[1S55] Le pape Jules foit place à Marcel Servin de Montulpian , qui meurt en vingt et un jours : Pierre Caraphe , Napolitain, est eslu pape , nommé Paul quatriesme. La route de Sirosse avoife renversé les aflEiires de Fkunce en Italie , aucunement relevées en Piedraont par M. de Brissac , qui fortifie Samct Jaques , surprend Gazai endormi en festms. Le duc d'Albe, successeur deGonzague , assiège Saint Jaques sans effect,2diminue son armée en Tusance des sièges. Le sieur de Brissac assiège et prend Yulpian et Montcalde. Leduc d'Âlbe affoibly se retire à Milan , d'où il avoit esté fait gouverneur par la fouke imputation de dom Jean de Lune , Espagnol , chastellain de Milan , et François Tavermer , chancelier italien, contre Ferrand de Gencagne, parce qu'iceux^esc jugeoient avoir assez de part atr gouvernement , richesses et grades , enviant que Gonzagoe ( comme gouverneur) voutoit tout foire. Ils tinrent de luy un blanc signé pour les affiiires du gouvernement ; le remplirent de^traîcter avec les François ; .l'eir^ voyent à rempereur, qui mande Ferrand. R advoue sa signature , non le superscrit con* trefait , se justifie. Dom Jean de Lune , descouvert, est rcceu fugitif en France, le chancelier Tavemier cluffitié. Dom Ferrand, voyant vertu et vérité n'estre assez fort(» pour se maintenir d'elles-méme», et qu^elles sont subjectes au blasme et à la fortune, considère le peu de seurté qui reste aux choses du monde , l'abandonne , se retire pour servir Dieu et prendre ses honnestes plaisirs.

Les papes , les empereurs , les roys/vivcnt peu ; les cardinaux eslisent les plus.vieux , pour le gain qu ils ont aux electi(His nouvelles: s'ils sont mcschans , Dieu les oste<; si bous , les mauvais les empoisonnent. Le cliangement de naturel aux vieux est mortel : travail , joye , ambition , envie , pertent accidens . et maladies. Les roys , aussi subjecu aux poisons , fiâtes des médecins , se dispensent de . , l^urs ordranMioe»» nrien»>€minandff>r am ■ *

soa

medicamens comme aux hommes. Ces médecins dangereux peuvent empoisonner sans reprebension , tout est couvert du mal ; deux «crupules de drogues davantage ensevelissent les plus grands : les voluptés prises sans discrétion les tuent , les passions les agitent , les pro¥Ocations aux appétits déréglés les enterrent.

Aux envitaillemens des villes menés par convoys de chariots , les vivres durent peu : il faut estre maistre de la campagne quinze jours, allant et venant les chariots, sans que les troupes du. secours vivent de ce qui est dans les villes. Aucuns , en envitaillant , ont autant mangé de vivres qu'ils en apportoient » pour attendre la commodité de s*en retourner sans péril ou par imprudence. L'an 1577 M. du Haine entreprend en Dauphiné , contre Les- Diguieres , qui posscdoit quasi tout le pais ; Tallard , assiégé depuis huict mois par ledict Les- Diguieres, prest à se rendre, M. d*An- £Oulesme , bastard de France , gouverneur de Provence, essaye en vain de lever le siège. M. du ICaine m'y envoyé avec quatre cens chevaux, moitié gens-d*armes et arquebusiers achevai; je trouve le grand prieur et les Provençaux en crainte des huguenots ; je les r'asseure , marche droictà Les-Diguieres sous promesse d'estre soustenu. Il se présente en iMitaille , la Durance entre deux ; Morges son cousin , et plusieurs autres des siens , furent blessés : je me repentis depuis de n'avoir passé la rivière , quoy que rapide et dangereuse ; Tadvantage que les ennemis ont d*une rivière n'est si grand que la crainte qu'ils reçoivent de l'audace de l'avoir passé contre eux. Je passay le lendemain ladicte rivière de 1 ^uranoe auprès de Tallard , commandant à Xi. ibonse, Corse, depuis mareschal de France; ei g«| ns attendre les Provençaux je fais lever le siei. "^ ^ Les-Diguieres , qui se retire à Gap au trot ' ^ ^® Corse m'eusse voulu ou peu suivre, je l*eusse deflaict. Nous demcurasmes trois jours ^ l^entour de Tallard, mangeasmes la moitié di ^ vivres apportés. Je fus contrainct d'aller ' ^'ttîs'ter H. du Haine au siège de La Meure . S. ^uu lareputa tion de nos armes et prise de ladicte Blleiir.e , nostre envitaillcmcnt eust esté inutile;- Nos heureux progrès en la

rodditioa de plasîi ^urs fdaces assearerent Tal-

lard et tout le Dauphiné , et contraigii depuis Les-Diguieres à la paix , et à ra soixante places fortes. J'apris là qu*il fai temps, de l'ordre et des vivres, povl un envitaillement Talable.

Plusieurs grands mettent aux pbM| gens de bassie qualité : à lemr imMj MM. de Guise , aux guerres qa*ilt m contre le roy , mirent capitaines de I chasteaux leurs maistres d'ho8tel,e8afii| valets de chambre , les diargerrat d*eM| garde sur les gouverneurs qu'ils esvofi aux provinces, avec défonces de les reaii les plus forts en leurs chasteaux; levpii rent de faire des ligues avec des astres 4 taines de chasteaux et peuples, poor eori rier les gouverneurs envoyés d'eux, fls geoient que ces petits, ciîiés d'ames 9à corps d'eux, ne les tromperoient, ^oat de crédit et parenté, et ne pouvoir enpeai qu'ils ne se vengeassent d'iceux à TadfB en despit de ceux avec lesquels ib irai roient de leurs places, desquelles, lesdant , ils ne demeureroient les maiairst^ hommes pauvres prétendait du bien, d'estre gênerai, pour leur obscure tMM^ Ces princes ne tenoient les chasteanx fc ^ qui estoient commandés par gens de grandes maisons , croyant qu'ils aisément à la mesme grandeur qa*3s roient : ces considérations sont en^NXlfa plus grandes, l'expérience monstre ieor fl et de nouveau en Normandie en l'anneau Les gouverneurs de pals oognoissent fiance par le refus des entrées des ses, perdent le courage de bien faire, ém se saisir des places, ou par \eagtUÊ0 ceux qui les tiennent, qui lesbiâvefli pour mieux servir leur maistre. Les c9 lains ne désirent que la prospérité de0 res, acquièrent réputation au gowert crainte d'estre opprimés par la faveur 4 acquerront , traversent leurs desseins du païs, leur crédit auprès du maistre. Ce 10^ que rapports, mesfiances et calomnies :fli que le gênerai ne croye , il fsit semblMl croire , pour ne mescontenter les chasleU qui journellement sappentl'auctoritédesf vcrneurs, se liguent, se préparent contre Si

qui, désespérée, cognoiewne leediM d

RÈGNE DE HENRY II

plus de crédit qtt^cUK , et qu'ils sont ipectés du prince, sont forces se cootre le maistre mesme , leur concaoement satisfoicto , parce que ce- 1 on se mesfie est ik deniy absous et il tronnpe. Ces gens de peu, en repos dans leurs chasteau\ , comme auL dans leur lict, trament tant » et de mauvais moyens , que hors bé , 00 se feroit turc pour se venger

e d'expérience , ayant esté envoyé B Haine, en Tan 1592, pour corn- BB Bourgongne, c'est-à-dire à la e : il avoit mis les capitaines des i ombrage de moy ; je trouve ceux ;eaux de Dijon, Seurre, Beaune et lelligens , une autre faction de gennesestablie en campagne. Ces chasloient gouverneurs , et le gouverneur r valet ; à la moindre dispute ils me aussi-tost en soupçon de M. du n ils estoient soustenus d*un secreini tout crédit et comme principal v.S le gouverneur ne leur obéissoit, caoieDt prisonnier ; desjà en avoient ■dre deux : le sieur de Fervasque , wochal de France , mis au cliasteau i;k sieur de Senecey, quils firent ifvM. de Nemours. En despit d'eux bbitt, me gardant plus de leurs pri- ^nàkom que de celles des ennemis ; iipHtsdu temps estoient employées bcMre eux. Leur extrême ambition, iittiGces, calomnies , divisions, ackeàittner M. du Maine leur maistre, ■Mieustpeu au moins conserver son Mat par la paix.

U lieux faire ses valets lieutenans Bf M donner tout pouvoir aux goularces capitaines de place , ctpou- Krar aux cliasleuux les plus forts *, il estre diable , non homme , pour quand on se fie du tout. Si les gouiODt mesclians, lesfoiblescliasteaux Bvent empescher ; la Bastille n'emi sieur de Brissac de rc^ndre Paris :

Is qu'il faut bien cognoistre avant se près se fier du tout et non à moitié. ite , je prie , je conseille ix mes en-

f[ins , mes parens , meà amis , de ne prendre commandement es provinces sans estre mais^ très des principaux chasteaux , ou avoir Ten^ trée libre : le contraire n'est le bien du prince, du pays, ny de soy-^esme , pour les inconveniens qui en arrivent. Et neantmoins se prac tique maintenant que les chastelains sont advertis prendi*e garde , si le gouverneur se saisissoit d'une place et fist acte et apparence de révolte , de luy refuser Tenti^ée de celle où ils commandent.

En septembre , la diette accordée par le traicté de Passau, causé par la trahison du duc Moris, se tint : l'empereur y fait assister son frère Ferdinand , ne pouvant endurer les décrets qui s'y proposèrent contre les catholiques. Là fut résolu l'exercice des deux religions , que les bénéfices occupés par les Luthériens leurdemeureroient, etpourl'advenir les beneficiers se faisans hérétiques perdroient leurs biens ecclésiastiques. L'empereur, affligé de vieillesse, des gouttes, et plus de l'instabilité de fortune , qu'il n' avoit peu vaincre par prudence et vertu , mesprise le monde , dont la conqueste n'empesche ny la mort ny la reddition du compte des péchés commis. Sa Majesté quitte les royaumes à son fils , et l'empyre à son frère, au rofp-et de ses subjects, estonnement de la populace, louange des sages, contentement des favoris du roy Philippe , le vingt -troisiesme octobre 1555 , en grande solenmité, à Bruxelles : de là il se retira en un monastère d'Espagne , avec cpiutre servitem*s ; se reserve cent mil escus de rente pour donner en aumosne.

Avant sa retraicte il avoit employé deux mois pour enseigner le roy Philippe sou fils quels estoient ses estais, forces, fmauoes, serviteurs, amis, ennemis, fiance, soupçon deses voisins, subjects et alliés; quels moyens de guerre ou de paix ; luy conseilla les deporteniens sévères à aucuns, aux autres plus doux ; préceptes dont l'expérience et virillesse peuvent faire des maximes infaillibhïs. Il luy commande de ne lever plus sur les Espagnols que de coustnme, ne se fier aux Italiens , se conseiller et se servir de ses pareiis, esloignerhi guerre d'Italie , ne desesperrr les François, faire paix avec eux, estre gi'acieux aux Flamands , ne laisser croistre ny dîmî-

tiuer le duc de Savoyc , auquel il ne]se fioit point pour la jalousie d'Italie.

L'empereur ne se peut excuser de rinterim et permission de Texercice de la religion luthérienne : il se deschargesur ce que le roy Henry dcuxiesme l'y contraîfrnit par l'argent donné au duc de Saxe ctau landgrave deHesse, pour les révolter contre luy , et semblablement par l'usurpation de la ville de Metz et l'alliance de Moris, rebellé contre luy. La paix avec les princes subjects ne doit troubler celle de l'Eglise ; la perte des couronnes terrestres n'est rien au prix des célestes ; Dieu donne les, moyens selon les justes désirs. Si Fempereur Chartes Quint eust eu autant de jeunesse que de courage , il eust rompu ceste diette contraincte assemblée contre la religion. Ses ennemis blasment la déposition de ses estais; la qualifient un desespoir de ne pouvoir parvenir à ses desseins , ayant le roy Eenry pour puissant ennemi, l'Allemagne desobéissante y le traicté de Passau pour regret, les bravades des princes d'Allemagne en de* fiance , le siège de Metz et combat de Ranty pour ennuy» et que ses maladies luy feisoient céder l'empyre , pour ce qu'il ne le pouvoft plus exercer , ne pouvant porter les charges des affaires. Ses amis respondent que les mesprls des grandeurs^ de l'ambition et vanité du !monde , sont source de ceste démission : peu de grands, encores que vieux et maladifs, ont fait de semblables renonciations ; des particuliers en l'âge décrépite , à peme laissentils les biens à leurs enfans : qu'il pouvoit tenir l'empyre , «a présence n'estort nécessaire aux guerres , «yant esté plus heureux en son absence par ses Deutenans que par luy : assisté , de conseil , pouvoit manier les affaires et conserver son authorité dans un lict , ses frères ef enfans manians les armes. .

;.. Cet acte est généreux et plus magnanime que tous ses precedens , auxquels les capitaines et soldats avoient part ; luy a le seul honneur de ce dernier. Ce n'estoit crainte de guerre » puis qull refusa la paix accordée par son fils après la démission ; aussi n'estoit-ce foiblesse, laissant ses estais plus forts par l'aUîance d'Angleterre , qu ils n'avoient esté. Il n^ya comparaison aux deux empereurs ro-»

desmirent de leurs charges ;- la crain^ soldais^ dont ils estofent souvent tués ] en donnoit sujet. Lolaire , fils de Loys h bonnaire, plus par simplicité qu'autremei desmît de rempire. Amuryt , empere J Turcs, s'en osta^ se repentit, et revint an s par l'amitié qu'il s*estoit réservée de son mier baschat. Ceste retraicce de Qiarles*^ est attribuée à prudence , papee qu'il n^ repentit jamais; seulement menaça-t-il di tourner au monde pourfturepeodre'lesf ciers, qmdesroboieat ii leur aocoustooM ne luy payoient les cetf mil «scus qu'il toit réservés , qui fut «ne faeaace sans eC et acheva le reste de sa vie eu prières , œi pieuses et contemplatives.

L'honaeiir ae Berne psr pKotef Et la pan^ 9*est que lent.

Qui tout fleudainement s'envoie.

Ainsi (yi'eUe meurt en naissant.

;' Ceux qui cognmssent la vaiâté des looaj les mesprisent durant la ynt et après la a Toutes réputations ne sont hoûiiorables estre amateur des bonnes , bob des grand les rivières , les montagnes ott des noms durables , et n'en sont plus estimées, l gloires s'attribuent aux riays : Funed'c homme de bien, amateur de Justice el la paix; l'autre est d'estre conquérant faire monarque : la première est plus ai plus louable. Gesar ,TamburiaB et Alexan seroient empeschés en ce temps , pour k titude des forteresses : le seul empyrc Turcs se peut vaincre en deux batailles , p qu'il n^y a point de places fortes. Pour y venir, faudroit estre empereardelarooyti la chrestienté, ce qui est quasi impossibl quand bien il se pourroit, et qu'on eavien à bout , ce qui a esté hk par autre n'est mirable. Il est périlleux de conquérir , j aisé de garder les conquestes , et plos m de les laisser à ses enfims. Quelqu'oos I rontles victoires, autres lesblasmeroni qualifiants vollerie. Ainsi le corsaire resp^ à Alexandre qu'il n'y avôit différence do vollerie , sinon quel'un pllloit avec une d et l'autre avec une armée. Le mérite s grand de rhristtanlser. lesTteos , -si en n

mains y Diocletian et son compagnon , qui se 1 autre ambition. Les plus vicieux eihv

RÈGNE DE HENRY H

mesté ooaarqoes : Tambiirlan qomoian(}oit I ^l^iktiM # Jnmn^ » AUbalipfi du P^rii , kliriicie|i;pi(' La renommée ne se conserve L to<s|^* le fea, Teau les perd, et de ^0^0»jifi'j waup çiiii iisfi. Si f^ kùjyril ja saiacte E;8crit|^e p efi$t esté Bm^^IW»^ ij^oçFetffs , la pemoire tt^pd^. Combien y jkril.d^lexsndrçs ii^R^^ ^ ^^ qionarchie des Assy.- KitfKf i Pf f^ ^ Weijlîon! I.^ livrei ei||(Mre>^Adi|})«s et H^tfxr, çpii peut 9J^Xff9^' CfijHL.guiferoîept esiif)nre|^.4ifj^e}is, Qt (^ qnelqnes en- ^MMMiB d*jh;e»x f eroii^ f^ men- ^Al0gr^Qê$m0,,fi^ croire à 1^ posjteà^jurpi^l^çt ce à guoy ils n^auroient ETies exeeib^ e$çriiçu^ opt mis Içs Sê^etjBoii^iq^^rilf^ Gi^ulo^ont

J<rwi>^»jjq|^,doîtf ilji[>^ de infiire. Ces gloires sont vaines et iqcer-;

.«l«Sl»P^S«Brjffiis.vaa^^^^

^'»%]1. 41^:9191110, jie,TQalapt tpic-, »nm0 W«'liii'.l''Ç».8e rei^ au çQtméit<tap»P»ÎRfiMTP^. espagnole du con-, !«liVe ^M}e . flPîP .laisse l>«dre «i.

jPBfgm|tjM«^. Après je dis auj^jy ivg,Orjp{|L^^t.ian cbpfx <}e l'une. 4es,

PM«MF>4we|!irant .^.paix , par,

'*'" WUpHi""^ ii mi'i ii|iii l'iii

inmtBlFnnvta à, la. dernière, soit- ]il,îl(g|g||gb£|||f^^^ si^,plslisirs qp'à

^-0<^">f'^4iJ'St<^W>M l'<iP^iiiié de P^^^UPJN^'ffc ^min^parfoicte-,

jgW««WWF> MWret4^.U5|)euple [iP«R»W)«py» «Wweiff's enrichis,, •wcs régnent; il cradroit reç)er ces.des-^

fuitioa que W» preaecess^rs. Combien

SU

de ppi^es a£Qigjfs pnt ^' viqtoife dç lenr^ ^ut>iects qui estoiqnt assi^ d'estrangc^! Charles VU , n*aygiit cpie Bofirgi^s, .çhsissa ^s Âpg'ois , la Bourgongqe et la Elandre, (lOfs dp Paris qui ^voit estépqsisedé par e^x. qiiar^m^ ans. Plusieurs. rçys d^^emieres .ligné^ oi|t e9S^ <touje l?Pw9p^, qsd e^jtoit roi-partie ^ ^ PfV^Âe^ ÇPtr^ l^lirs fr^rç^f parens ftt e^lrang^. Glovjis $n c^sç» Jes Apa/ns ^t les Bourguignons ; récemment le roy François a resijié à yfivogfi^ify aw pap^, M'ÂUe-

magiie, àr^e,àla^Iî^idre/iitApgteîl^^ à rHougrie, et à M. de ]9<prlK»,.gi?Bdcapî-- ^jne^spp parent, subjiçct et î]^ige.itf en son royf(|une. Le roy a gagpé dq^x batailles, Coutras et ¥vry , ,s*est rendu ^l ^ la rien* contre d'Arc, où ses ej^çmis .expient diic çontre.i)n;,^Rfe»t, M a p^rdu les batailles de MQnçfWtovret^i^qSiç, a biep,îajiten pluaievre ^mbatSvPri^j^pcQHpde viU^usd^a^qt, refl»6¥lS^n,yqy«B»ç^e, duquel û fi a^ii^ la

ineMle)^;e,past. j,C9Ve4»Ë^t?yilP 58t.«P«PSW ayecplgpîejirsde «o&riftyMWÇS; iMïttwe.^t ses^enijQiQja^Qpt «ffihajtujjpF Jl^yi f^fimifr disposé, ou ne.pjpuYai^ a««la4«îa * kla,<H!urqjW(Bjj|e ]|a qiQijarc^e , fl doit, r^sper^cçjle 4^^^9^. et juslise,fll»'A lay>es.lftit,foci).e,(J:.Qbtenu» , pc«ff.a.voir,iaifé,rci^plé,§t qifej^pm^ tpus \^ ro|s qyi. f ur^ japKûs en, Frggfie^ fyt ces^,c994id«C9!^qn» ]fkji\fif§rm^eXfysam luy ..^t9i^-.Br«af^e JVfès.fci ;mtmp 4e , ja Ug«^et lajèaîMfaiçjie #jr§c. Je,ïfly d^ftB^e, k^uglle.pst^ 90 w%y lewps de rujnppe p^wr la querellie ^n ff^TW^^ ^^ .3a)oç^ , ayjint t^uKéei p^ld^ts aen«»sçsi&«çe JiE^^ti^ngçi^.cftonné^.de ;<«tf^.p?lls.J^ 4e mourir, daos ses ^ypnes, Jl y^a^appar^nçe qi^'ilfi^^tçinp«reur d'û;^ grande parM'e du mpi^iei^jl avpit ei^trop d;hp9Qe.vr.et tnop ie v^^mire ppnr s>rre^ter eii.sii be^u çb^inin. Qu^. ygnité de s'eayyrer 4^ )l(Hiai|ges qiie ngs.^qiis ,; l9S:|i4t^)p:s« )m <H^urtjf^u»4mnfint,

tr^t,:de.^^nte .q^gfifijati^J» ! Cmt fn^veilte> çQiwQeJ^ge9§«de c9Wig€i.^iifiGrentcesa4u- Iati9psi.c9ipwpu^j:«w4«^^

|Rmte,«urw^ifiiWd^e fi^pi^qwjredfypt,g^ 1^ j©itié,j»u S^mv .idlûBx ^fij^ve {dus».

soient^discreltes et avec quelque apparence ,

fila

MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. m

et les fortifiant de quelque petit acte approchant à de la vertu et générosité attribuée à celuy qu'ils veulent gagfuer . Encore plus blasmable la vanité à tant de particuliers de désirer réputation après la mort , pour laquelle faudroit avoir gagné une douzaine de batailles , restauré ou occupé un estât, une souveraineté ou royaume ; à peine la mémoire de ceux qui en ont fait davantage subsiste ; le pis est qu'elle leur sert de peu après la mort , au contraire nuit à leur salut.

Les sages, les médiocres entendemens, les îgnorans , mettent le souverain bien selon une des quatre humeurs qui domine plus en eux , et ainsi que la capacité des cartilages de leurs testes , où leurs esprits résident , leur suggère ; conviennent que liberté, santé, richesses hors de crainte, sont à souhuitler, différent en ce ' que ces vertueux habiles le coUoquenten pureté de conscience , en honorable réputation, charge méritée , bien justement acquis , sans ambition , avarice ny prétention de Tadvenir hors de nécessité; résolus à tous evenemens prémédités , ne craindre ny désirer la mort , vivre en repos avec ses amis , parens et familles , bien faire et se resjouir.

»* Ceux qui désirent des charges, honneurs , réputation vivans et après leur mort , le repos leur est travail insuportable ; leurs plaisirs estre sans cesse à cheval , coucher dans les tranchées , veiller aux entreprises ; et dans la |>aix, artificiellement s'employer à s'advancer et suplanter tous autres par moyens subtilement imaginés , gehenant et forçant leurs esprits assiduellement, dont l'apparence et l'espérance sont les vrais alimens , se cruciant à toutes sortes d-èvenemens contraires , plaisir dans ce labeur , qu'ils ne voudroient changer à autre condition ; se repaissent de vent et de fumée; ayant les yeux et l'entendement fermés, qui leur perdent la cognoissance , courent après un ombrage qui s'ensevelît avec eux dans les sépultures aussitôt leurs yeux clos. Ils courent mil hasards de la vie, de l'honneur et de leur salut , poin* une si fresle ambition , à quoy ils sont reduicts : source de passions , abysme de regrets an moindre défaveur de la fortune , plein de coups , plein de faim , sans aucun assouvissement, ne pouvant dans une

monarchie estre Césars ; ou se redimer du { se contente et prend plaisir; qne les capac

fleuve d'oubly, qu'à grand^peSne un mil) d'hommes ont passé.

Les avaricieux sont plus à mespriser : c' une soif d'hydropiques ; plus i!s boivent , p ils veulent boire , comme s'ils avoient de ventres à remplir, ou deux corps à vestir; kj guissent auprès de leurs biens qu'ils ont peine à acquérir et plus grande à mainteo, courent , travaillent, s'alambiquent Tesp sans cesse et sans repos : pain bis , lumière lampe, l'esclat desescus les nourrit : tousjoil en peur et en crainte que l'on les desrobe; ( gagent à tous propos et l'ame et le corps , a cumulant argent sur argent et or sur or, sâ' sçavoir à qui ils appartiendront après leur (i ces , souvent à leurs ennemis, ou à ceux qil en comptant leurs richesses , se mocquerci d'eux, se riant etblasmantleurmechaoiqaoi ennemis de toutes compagnies, solitaires,»] lancoliques , cachés , bays des hommes , d anges.

Les plaisirs , les voluptés au boire , au ma ger et aux femmes , parfums , musique , in tcmens d'appétits , molesse , délicatesse,!] bits, pierreries, y attirent les autres, soj considérer que la privation est ce qui fait gou ter le plaisir , et que la vraye sausse d'iceli est Tappetit , que la sacieté le pert. Dari trouva l'eau dans un chemin meilleure q toutes les sucrées qu'il avoit ben eo prosp rite; voluptés, naissance des gouttes, des c tarres, maladies , et de la mort des corps des âmes , vie de pourceau et d'Epicurieo dont l'amour intemperée des femmes , desvi et viandes délicates prises sans mesure , afl gent le corps les nuicts d'inquiétudes, et I jours obscurcissent l'esprit.

Autres , qui ne sont du tout si malades, nu tent leurs contentemens aux bastimeus , ja dinages, peintures, lecture, chasses; co rent tout un jour après une beste ; se fi fouetter le visage par les bois; trottent dep le matin jusques au soir après une balle layne ; employent le jour et la nuict dans jeux d'hasard , dont ils ne partent sans gra desplaîsir ; achètent armes et chevaux, sans mais en user.

Tous diront que le contentement de Tesf est à suivre son inclination , et à ce que I

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RÈGNE DE HENRY II

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esprits ne les portent plus avant qu'à ^% s*addonnent. A quoy il se respond, ,IM ainsi que les malades appetent et œ qui leur est contraire , semblableil veolent leur perte ; que le plaisir est . d*aatant qu'il approche plus de lu ; qu*ainsique les malades cherchent médecins^ ils doivent chercher les et vertueux conseib, pour se guérir; , aiasi que cy^dessus est escrit , Tadvis etsages, en pureté dcconscience, ion mauvais naturel; autrement , CMemement pourroit avoir celuy qui , tm ses plaisirs , sçauroit que six mois 1 doit estre condamné à mort par jus- Ka 16 peut-il gouster les passe-temps , qie la vertn et preud'bommie le peut

irittnBe et melancbolie sans subject leoi une punition méritée , une mecode la grâce de Dieu , qui nous a ,en créance et espérance de la tendis. Cest un excès de bonheur de dn biens lors que nous méritons les pir les péchés commis. Santé , li- Mcessité sont trésors inestimables.

FaiBiction des prisonniers , la dou- |>vda|MUeax, la crainte des mal-facteurs, exposés au froid , à la faim , au ni;l(iroy8,lesroynes, princes et grands ijpfcfc Waieusemen t , non que n'ayons desyjilimliliLles ou plus grands cbastimens. 1 est grand d'estre exempt de par Nostre Seigneur , si nous le Cftoiilre : cognoissance qui paroist, W sonmies privés de cette liberté i>tcd)lée dans la crainte et pauvreté, 'llld'an prix excessif. Que deman- ''ftns de bien , plus il faut rendre î hri de nécessité , nous n'avons deux ' Wir,ny à nourrir. Si des grades , si , il faut avoir restauré ou ren- Bonarcliie de bien en mieux : à ÎPCBe des empereurs , des roys laissent d'eux, apportantjusquesànousau- Abbsnie que de gloire.

S JKoclelian , Cliarlc Quint, Amurat, ont faé h libre solitude au sceptre et couie, quel cas se doit-il faire d'estre colloplus grands grades sous une monar-

chie , lesquels vivans et morts ne se retirent d'oubly ? Combien de milliers d^hommes sont pourveusen tels et plus grands grades, en tant de royaumes mondains ! combien de peines à y parvenir , et encores plus à s'y maintenir! en peine de contenter les poursuivans, en crainte de succomber par l'envie et mauvais office , hays, maudits des peuples qui croyent dans les roses ceux qui sont dans les espines. Mais , disent-ils , c'est moyen de faire du bien à ses parcns et à ses amis : ce sont les premiers qui se mocquent de la peine prise. Nous avons de riionneur, il est court et cher vendu; c'est un pauvre antidote contre les vers. Et quel honneur d'eslre ce qu'un million sont? Chercherons-nous en ce monde ce qui n'y est point? Puis que nous sommes composés de quatre humeurs, dont le flegme et la mélancolie ont la meilleure part , quoy que tout à souhait, si faut-il qu'elle règne avec les trois autres , et que le jour ne passe sans faire son elFect.

Les plaisirs ne se goustent que par privation d'iceux ; les privés de ces grands contentemens jouissent des moindres avec autant de plaisir que les plus grands : cliacun a son défaut en ceste vie. Ceux qui ont des biens , ont faute d*esprit ; ceux qui en ont , ont manque de commodités ; ceux qui ont les deux , ont de grandes maladies. Le souvenir du passe dont nous sommes descheus nous tourmente. C'est un maigre soucy, puis qu'il n'y a de remède ; ny le passé ny Tadvenir ne méritent contrition , sinon des pèches commis. Tout se tourne en un instant ; il faut faii*e provision contre les adversités, pour les soustenir cou rageusement par prévoyance.

Mais , dira-t-on , en voilà qui s'advancent en richesses , grades et grandeurs. Fenêtre comme ils y viennent , cl combien ils dureront , et la peine qu'ils y souffrent. Quelle iipparence de tristesse à ceux qui ont liberté et santé ? Qu'est-ce qu'ont les roys que les particuliers ne puissent recevoir, sans Timportunité à laquelle ils sont subjects , puisque la vanité , les grades et les honneurs sont mesprisables? Les vivres, les femmes, les chasses, les jeux , senteurs , musiques , habits , basiimens, lectures, convenatknB, compositions, se peuvent mieu *i **» (gentils-

MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. (u

otent la peùf ; les livres sont remplis d'antl cmr6 tcéUft rll fl[*t Cfitt 4S Mit rtM

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tiommes médiocrement riches, que par Leurs Marjêsote. Ce û*est pste A te mal d'où procède cette tristesse imagpamiré , c*est la craitate Ai %ttp , la peur .de la mort , b pinàMon des péchés. Bt bien Ô y fouit pèiirvoir ; n'avoxis nous ^ les salnctes Escritures Py eut-il jamaismeilleur ny plus salutaire remède en tonte autre religion ? nilè eonf esibn, une intention dé bien Yivre , im repentir , les brto de Dieii sont outefrts pour nous recevoir ; à qnoy de bonne lieiÂrè il se ladt vesmàte. La bonté et tradquHiHé de Tësprit est le suprême bien de tons autres; par iceluy se chasse toiote crainte , se reêm kée rejduyr et contenter , en serrant tiioU et bleii ftisatlt.

■ Phisieurs oat de grandes tristesses et fi»chéries cachées, sahs 6n chercher la c^iuseny lé reînede ; elle advieift par naturels acddens -passés ou advenir : les hommes sont composés dés quatre humeurs ; la melancdlie y a une grahdë pdrt ; éh vain est cherchée la gùerisoli è i|(rëiques-tîhs;cestiiumenr ayant gagné tellement le dessus des autres , qu'il les met hors dé éi>y, et pHt* éîcès les i^pH>che de perierti§sëiiièflt de âaliget dé la iblie. Les médecins y cUèrëhëht les réthëdés par purgatiobs, pré- Ctkfitidiis et C(»nsideratidtis , y ayant plusieurs ihédicaihens qu^ils diseilt purger ceftt humeur noir, tl est cMyable que leur précepte et regiîiie y [)éàt servir, mais jes boils discours davantage, qui sont eâcore plds ptl&ansque leurs medicâméns.

Tout consiste à cogn'oistk*e Torigine du mal, h quoy la musique , la chasse , les promenades , changemens d*air peuvent profiter et teknpeirer le mal, lequel conctnre avec les moindres ac'cidens ; tellement qUe , qn<)y qu'il se puisse faire pour les bésjoilyr , un iefns , Une parole mal Interprétée , un présage , une supei*stition imaginaire les foiit retomber , ce qui advient par le défaut de nature. Ifais quand la tristesse occupe leé hôthmës d'eiitendement, et que par la longueur du temps elle d logé chez eux , ils s*en défont mal-aisément; il la i^ut guérir par raison et par discours , cf chercher par fréquentes demandes , àrj^ihens et exemples , de la déraciner. Si c^est la consideratîon de la mort , il ne faut craindre ce qm ne se peut éviter ; Tamour de Dieu ,

la conscience nette , le repentir; h créance en

que les péchés eoVMinik.

La paitrte €fst «A «efvfMMe, k MM< dés armes en est pfi% ifù^ Di dMMRé , virois graddefmènt à VDiMkHt ; ffUè^ n*ayes plus d'amMUon que d'iliÈiciièlÉ : abcàide en son sMs , c'est regàl bnmalAs ; tous croyenC en tfVMr Met ^ voudraient chailger à un àiNfe. Mèà citer des houiitfes (p6 vtèdfHtt Memtj notis f et (juand cela Hk sMMt , IriiCant rstnnie et d*etdêâMi rinr MU piM||>lés , de 'pechfis c^céslè SQMfrtfM j'ensse fidt Cècjr , iâ Yeas9éfàH cflk , si f\ recen ou d<mné lion ctfËsSH , neUeinei ce qtii «sttflt filfeilë , j*eslbi8 4^^ «h glj hoiinëhr , rèpntatioti et gnide ; mais tt plus de remède , sinon celuy da fiéitve bly{; nous lie voyoiislés HMÏÏdH qhi Stiivy cette meiîMtt^e conMté;«t(iâ fiiâsènt ttté pii^s tpië IM tfesrtutiaas. tt'aVdtis pWs de^grAMied MHr^'«^ lie se parie ptwdë ilM», MnéiOTéli c*e§t advener h dfriflfe , et kfSt^ki^Sk ambition qdi n»Mpl»iêfll , %rttf të H» j

Ce n*ett pas le piiHdpélilMWfr As c*6«t de.lësttièritSr, ëtcèiitii4i-l«S'| maintenafat «fus mérite Mnt peHi^s eèlij piditë, marque en be tenips dërfiiVeirr, et^ d'hotmènr . En qoéHë peine ÈStUfëà i le petij les regàildle comme des pAyftttsfarés de é d'or, de rObbès emphiMtétts ; «Mes les iU dictiOiik, \ei combles d*exécrtktlMi , tenr rifri (erie honteuse se cogmKët. Ils tt» scMit altsd à un rocher dMt ils Ëhiigtielit la ehKote tUnt tttbinent prést à tbiKbèr. QriMs dl^isi repêiitil*s et crAiiites IM «n^trtWiieftt ! p6iir content , tUHe qui eo^'lli^t tdMr« ^; s'feftftiyent , ib se (alchéM , te dMIrspà s'énfemiènt ; il Vy a sâSët 9e fMtes ny galëiies pour !<» sàûvérilliliporMnRë, ffi èi communs en lâht de* ff^yaunfii M ret^l qiies; lés possédant kans ihëKléfet Mrhs n Hence, ils apportent pMë tfe MAte kfue €\\ heur, et cette réputàtibn dont lès pMkrH sont plus esloignés que la terre n^est du c que les monarques ont mesprtsé , se releui dans des monastères, et que Gesar me croyoit après tant de vretblres que la mem

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