SIS
fMdoit/en vouloit chercher d'autres, eomparaisons , et non propres à des qnî vivent sous des roys dont Thon- €t repotation est si basse et si tost esi,qi'elle ne vaut d'y penser ; mauvaise contre les vers : s'il faut acquérir ftu en paradis où il fout espérer, lâksr^iretss'estendent sur Tavarice, it*ivoir acquis de biens, ou de les avoir les laisser à leur postérité , il en pour nous ; il ne faut que se résoudre faire la despense ; et quant aux ,il im perd plus pour leur avoir laissé lUm » source de voluptés , qu'autre- Li liberté perdue a ses resolutions , tJKse peut enfermer ; le reconfort en li h considération de Fautre vie fait tout patiemment , mesme la douleur ; ifrardles , coliques , s'endurent par iiwhition , espérant que Dieu nous les poorpargation de nos péchés, k regret de Thonneur perdu , qui est ^ihi poigBauit des autres. S'il ne se peut pnoiptement par généreuses ac- Ittpeat supporter n'estant advenu par ; et quand il advient par icclle , •pQBiCde remède , il faut se recon- 'fMpCement en ce qui est du christiali apprend à endurer tontes injures, h vengeance à Dieu. Le principal gitti ne l'avoir oflcncé , car , quant il londe , pensant à la mort , il ne Mpoir rien conté.
'' ^Hfciparance de chercher des plaisirs, "^■taliwnrelles, des passe-temps et vo- ■^^ fi le sont point en ccste vah^o de "■•l'ttfcs'ahurtor à tous inconvcnicns ; "■ I**^ hyssent , les parens plaident, ^^«fcÉÉes font du pis qu'ils peuvent.
•^'■■AÉdé et accusé faussement ; Je n'ay Jjjyi^ifei ingratitudes de ceux que j'ay .Jj[*î Mcela se peut vaincre en un instant ■jWfcqfcjoBide l'esprit. Divertîssons-lo du [■MBi poB qu'il n'en vaut la peine ; voyons ^tai les hommes ont des deffauts : celuy ûrotendement n'a point de bien , le riche disante , le vertueux des envieux , des ■B; chacun a son fléau , et nul n'en est |X;tel est jugé heureux qui on est bien
• Ife regardons à ceux qui sont mieux
que nous, mais à ceux qui sont pis ; combfen de pauvres, de malades, d'aflligés et endebtés, qui voyent perdre leur bien devant eux ! et puisque tout se doit perdre , fautai regretter ce qui', dès cette heure mesme, considérant ce peu de temps que nous avons à en jouyr , ne peut estre appelle noslre.
Resouvenons-nous des périls évités , des douleurs , des maladies passées ; remarquons jusques aux moindres plaisirs qu'avons eu , qui nous sera un grand reconfort ; et après avoir fuit ce que nous pouvons et devons , Dieu fera le principal. Examinons-nous et décidons toutes les poinctes de ces regrets et ennuys qu'il faut vaincre par prudence; compensons les déplaisirs presens par les conientemens passés , par les charges , honneurs , \ictoires et prospérités obtenues, à la cognoissance que tant d'autres sont péris , porto des charges honorables sur des eschafaux honteux : ceux qui estoient heureux en honneurs, en grades , en biens , qui .prosperoient , que tout le peuple suivoit et applaudissoit , qui commandoient glorieusement : »}e les ay chercliés , ainsi que dit le Psalmiste , et je ne les ay peu trouver; les escuries de Cartilage sont vuides d'elephans, les chambres dorées d'habitans, et tout est tombé en ruyne.» Tançons ces vanités de pou de durée : au contraire le déplaisir, la douleur n'ost pas sans contentement; nousavons meritéplus quc|nous nesouf* frons , ce ({u'endurant patiemment , c'est autant d'acquitement et puqration de nos péchés. C'est encore un reconfort à ceux qui n'ont rien de n'avoir rien à perdre ; estimant ce reste de santé et liberté que nous possédons , prenons garde que nous ne portions le mal avec nous par inclination et mauvaises habitudes. Confessons et cognoissons que ceux que Dieu a doués de l)on entendement et jugement peuvent remédier h tous inconvcnicns , et se décharger de ceste tristesse et plaintes qui diminuent et allèrent la santé de l'esprit et du corps , et qui est entièrement desplalsaate à nostre Seigneur, auquel seul il faut avoir recours.
L'honneur est malaisé d'obtenir aux particuliers et hommes privés ; s'ils entreprennent contre les tyrans, pour le bien du pais, ils ne
le peuvent aiscme&t sans avonr cbwrge tfenz;
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ce qu'ayant ,' c'est perfidie de les tromper, n^estant ceste règle générale receue, que le serment de la patrie esteint celuy des maistres ot Lienfaoteurs. Il n'est pas permis à un particulier d'entreprendre de régler un estât; il s'en trouvera plus qui diront^qu'il fout laisser faire Dieu, qui envoie les mauvais supérieurs pour les pèches du peuple, que de ceux qui seront d'avis de les opprimer par force; Nostre Seigneur les ostera sans avoir affiiire de nos armes, mais bien plustost de nos larmes et amendement de vie.
Le bon ou le mam'ais succès lait juger itiussèment Tentreprise juste ou injuste, selon Tevenement. Brutus et Cassius, gens de bien, sont déclarés meschanspour avoir esté vaincus, et César, qui estoit usurpateur, homme de bien parce qu'il est victorieux : Laurent de Mediris, qui tua son cousin Alexandre, oppugnateur de la liberté de Florence, se perdit par le mauvais succ<'^ qui en suivit. La royauté tombe rarement aux personnes privées; le droict de succession leur manque, et ne leur reste que l'usurpation et élection, pour laquelle il fout estre vertueux et de race illustre. Il n'y a que le papal, l'Empyre et la Pologne où les couronnes se puissent aspirer: et quant à Tusurpation, elle est très-diflicile, et encore plus de s'y maintenir; tous plaisirs rabandonncnt, le soupçon et la crainte l'ensuit.Combien soroienlde diadèmes desdaignés s'ils estoientbieu cogneus! combien qui y sont montés voiidroient esire au pied de l'arbre ! L(î roy Henry lEI souhailloit avoir dix mil livres de rente en paix. Et quand bien on seroit roy, depuis le commencement du monde il y im a eu un million : seroit un beau grade s'il commandoit aux montagnes, rivières et bcstes ou qu'ils fussent immortels; ils ne sont roys t|ue de leurs espèces. Commander à un royaume et à sa mais(m, il n'y a différence que des limites; et si on désire estre grand l>our laisser mémoire de soy, il faudroit avoir ac<|uis autant dlionneur ([MC ceslc trentaine do (irecsct Romains dont Plularque a escrit, <îl ouiHî cela avoir les historiens amis; sinon ils loiit du bon roy ivrinos le prince des enfers. Commandant en Normandie, v(julant qualifier im menlenr, je Ir nomuiois historien , adage qui a depuis eu cours par la France. L'argent
noircit ou rougit le papier. Le sieur vannes (duquel j'escris) estoit trop gi pour en donner, aussi les historiens peu foit mention au respect de ses i Les aveuglés d'ambition se font crob ceux de qui on a foit mention; plusic changé de noms : si j'avois mérité d*e crit, une partie seroit sous le nom de de Ligny, puis vicomte de TaTannes, capitaine de gens-d'armes, tantost cok chevaux-legers aux guerres du Da gouverneur d'Âuxonne, d'Auxerrois, i mandic, de Bourgongne; maresclud A mareschal de France nonuné, et dep tourné à ce nom de vicomte de Ta^aiu le mespris et desdain que j'ay fait de les charges et grades de France, qui vente aux prix d'argent, donnés à des ] nés sans mérite ny honneur. C'est po j'ay peint en ma galerie ce mot : C'b
NEUR, c'est ESTAT If'AYOn EN GB U
CHARGE, NT ESTAT. Los siecles, les regi difFerents; la postérité regardera d temps les gentils-hommes sont esté pc aux charges honnorables, oiequriseni qui les ont obtenues au temps qu'dies doient et se donnoient à personnes iw qui estoient une marque honteuse i c vertu et de courage qui les possedoi poursuivoient en ce temps-là.
C'est peu d'ambition de désirer de g ner les roys; ils peuvent pourvoir aiix< pour acquérir de l'honneur, non le do dépend de nous : mieux vaudroit la i tion du giiin d'une bataille ou d'une vil gouverner leurs estats sans mérites.
connestables, mareschaux de France ciers de la couronne resuscitoîent, il y roit un million. Pour acquérir ces grat faveur, l'on est subject à crainte, qoi soupçon, perle de liberté, envie, inci diié; une fois obtenu, contraincts s*en contre Timportunité, se voir donneraa plusieurs conspirent contre eux. S'ils a pitaines, ils sont en crainte d'acquérir i gloire, trop de réputation, trop d^an est la mort et mine de ceux qui vîv6 les roys. Les François, imitateurs des fl moment de branche eu branche, et à I haute inonstrenl le derrière; plusieurs»
RÈGNE DE HENRY II
, le perchent si haut qu'ils ne peuvent • Le sieur deTavannes, gouvernant dorant les six mois devant sa mort, la vie privée de laquelle la hauteur {rade Tempeschoit. Un Spartain à voyant condamner à Tamende un qui ne se mesloit de rien, requeroit OBlui qui estoit pris pour vivre beud*aatant qu 'en la ville de Sparte défendu de se mesler des affaires. Je Dieu, qui m'a donne moyen de vallon service, pour avoir esté condamne faire, selon hk loy des Lacedemointîquée nudntenant en France contre fi'on présume avoir quelque esprit. Le Sêuy IV me confina chez moi, pour estrc Al lîeor mareschal de Tavannes, que Ton esté du conseil de la Sainct Barthc- ; pov avoir esté de la Ligue, et cstrc à tort d*avoir de rcntendcment, du , et pouvoir entreprendre, où je suis ceux qui sont dans les nuichines, cea qui tournent les roues d'icelles , pitnt n'en admirent point les cffects, fUfMceax qui par leur peu d* expérience Wwjatqne le dehors.
kcMidere les officiers etmifpnons des
MPk IM en Testât qu'ils sont maintenant,
^inhi auquel ils seront d'ici à cinquante
Ml Mn inagination voit le corps au travers
^TUiBeoient, la poudre, lapouiriture dans
hr,BeiOQvenant du verset : Je les ay chcr-
^^ ciM les ay peu trouver. Je demandois:
CCI corrompus médecins d*estat? où
d'armée inimitables, ces finan-
'"'^Miabies? combien ont-ils eu plus de
™*fci«pet de mourir, que ceux qui es-
^••fchîse condition! et ne leur est resté
i**9ade reddition décompte devant
^^^'^fioy sont exempts ceux qui n'ont
'"■PVMdé. Un esprit solide leur eust dict :
''^f^VDstériaqucs, vos liubits de comédies
^Phttostdefarce), qui ne durent qu'une
'"'^Iwez-moy vivre et mourir à mon aise,
• 'Wiiller par repentance cl prières mes
"■^passées. » 11 ne faut couvrir Tambition
'Vce mot, que nous ne sommes pas nais
fMr nous mesmos. Dieu n a besoin de nous ;
I en suscitera assez d'autres pour exécuter
Kl comniandemcus : la honte est assise au-
près de l'honneur, Fun succède souvent à l'autre; ils dépendent plus de fortune que de nous. Si les honneurs et charges viennent, ils se peuvent recevoir, non pour prmcipal but, qui doit estre à servir Dieu {seulement , ains pour s'en départir légèrement sans ennuy. Si rinclination rend les esprits malades, ainsi que ceux qui prennent plaisir à se faire fouetter le visage à courre le cerf, d'autres à user leurs corps après une balle de laine, ou qui prennent la tempeste pour tranquillité, ainsi que les hydropiques et degoustés boivent et mangent ce qui leur est contraire, ils se doivent faire guérir par les sages.
[ioo6] L'obeyssance filialle, la persuasion des Anglois et le désir de s'affermir en ces nouveaux Estats, faict proposer latrefveau roy Philippe. Le roy Henry l'accepte, ou plustost le connestable, qui gouvernoit, craignant que ceux de Guise establissent leur crédit par armes. La duchesse de Yalentinois , maistresse du roy , y consent pour avoir plus de moyens de recouvrer.argent : la trehe pour cinq ans est publiée le quinziesme février. Les lactions de Montmorency et do Guise croissent : madame de Yalentinois, liée d'amour au connestable et d'alliance àM. d'Anmalle , tient le milieu et esloigne la royne des affaires et de son mary, encorcs qu'elle n*eust rien de beau par dessus elle, non sans soupçon de sortilège. La royne s'en plaint au sieur de Tavannes, qui offre couper le nez a madame de Yalentinois : elle luy objecte sa perte; il respond qu'elle luy seroit agréable pour esteindre le vice, malheur du roy et de la France. I^ royne le remercie, se résout à patience. Yillegagnon , par le commandement de Tadmiral , descend au Peru , assisté des ministres huguenots. Dieu ruine ses desseins et le renvoyé en confusion. Carafe, pape, nommé Paul quatriesme, faict ennemi des Ë^gnols par la mort d'Ascaigne Colonne , son parent, cstranglé au chastcaude Naples, et autres injures receues d'eux, estans ses prédécesseurs partisans d'Anjou, au royaume de >aples , Ûiarles Carafe son parent estant au service des François , le porte sous la faveur d'iccux à recouvrer Napics. L'Espagnol en garde se pourvoit de soldaU. Sa Saincteté , pour n'estre prévenu i en P ^^'
snrroelcs suspects, prend le cardinal deSainct- Flour, Camille Ck>loniiè, et sdisit leur chastcau: ils implorent Tayde du foy Pliilippo , lequel secourt Marc Antoine par le duc d'Albe , reprend arec les cha^tcaux plusieurs territoires de rii^glîse , met le pape à Testroict. A ce malheur se joînct la réconciliation d^Octave Famaise avec le roy d*Eftpagne , sans qn'ice* luy eust esgard que TEmpereur cstoit autheur de la nKNTt de son père eu Tentreprise de Ferrand de Gonzafpie , et qull tenoit son salut de France : il reçoit Plaisance et le revenu de Novarre, et s'accorde avec FE^yagnol.
Les vieux expérimentés en sain entendement peuvent par pi*evoyance donner des préceptes infaillibles, Fancienneté des esprits prophétise Tadvenir par le souvenir du passe.
Dieu veut que sa religion soit proschée par tout le monde ; il n*a permis «{ue les infectés dliernsie s'establissent aux Indes : ce seul subject est cause que la France n'y a point de part.
Les {jirands proposent leur profit particulier à toutes injures ou bien-faicts receus, quelques grands qu'ils soient : les parens et alliés sont faciles à reconcilier aux despens de ceux qui s'y fient. Mcritoirement les Espagnols demandent de grandes asseurances ou des places ù ceux qui ûnplorent leur secours ; les reconciliations advenans , il ne leur reste que la perte de leurs soldats et de leur argent ; ce qu*ils ont expérimenté en la ligue de France , et qui les rend plus tardifs à y employer leurs doublons, ayant tenté on vain de Li diviser et d'en prendre leur part.
En juin aniva en France Charles Caraffc , fait nouveau cardinal : il demande secours contre les Espagnols de la part du pape son oncle, excite le roy par l'exemple de ses prédécesseurs, protecteur du Sainct Siège, hicilite la conqueste de Naples et de Milan. Sa Mm'esté , accoustumée se foire porter par autniy , ne peut marcher de lui-même , parle au connestable , qui , en dessein contraire , veut la paix pour abaisser ceux de Guise et favoriser le duc de Savoye. Madame la connestable sa femme , sortie du bastard de Savoye , la race de Coligny , yssue de Bresse , rinclinoit]au Savoyard, et lui faict remonstrer rimcrcsl de la foy rompue à Sa Majesté, j
Le cardinal , rebuté de luy , s'adresMfl seconde faveur , qui éstcdt MM. de Gâ les comble d*e$perance du royaume deNifl <pril disoit appartenir à leur maison , à à de René , roi de Sicile , et leur promet li tance. M. de Guise employé ses amis , M Dauphin par la roy ne d'Escosse , nuukuMl Valentinois par M. d'Aumalle son hem4 qui gagne par amour le roy , en fin le Û nestable , d'autant plus que son fik de M morency se vouloit defiancer à Rome dl une fille de Pienne , et que c'estoit êoMI son ennemy M. de Guise en Italie , eyadl des François. I^ royne ayde à ce Wf!
hayssant le duc de Ferrure , et pour rai de Stresse son parent , qui desirdt la gui Le secours du pape résolu , le bruit ht ii foucement que les Espagnols avoient fiûdi prendre Metz et Bordeaux, qu^ib mé mal traicté les prisonniers : dequoy M. Bouillon estoit mort en prison , par véngei de la haine ancienne de eesté maison i l'empereur.
Le pape promet des vivres , de Partilli huict mil liommes de pied et huict cens à vaux légers. Le duc de Ferrare*, alHI i M. de Guise , commande à toute ceàfé e^ prise , avec huict mille Suisses , qnalre m François et douze cens hommes d'armessieurs d'Aumalle, d'Elbeuf, de NevK plusieurs seigneurs l'accompagnent. Le ■ de Tavannes est faict mareschal [de em charge qu'il n'accepte sans estre fort pr^ roy , duquel seul il depcndoit. Sa Hajes congi'die à son regret : le gouvememec Bourgongne avoit esté donné par la fonm madame de Valentinois à M. d'Aumalle premières armées, auxquels courent les valeureux , inclinent le sieur de TavaniK ce voyage d'Italie : pour tesmoignage qfi roy croyoit du tout à lui , il lui donne Im tcnaucc de Bourgongne, ^-acquant p^ mort du sieur d'Espinart , dequoy il laïc charge au sieur de Yillcfrancon son frfri
Anciennement il n'y avoit point de goi ncurs aux provinces de France ; les s^ chaux et bnillifs v commandoicnt : lesiDJ chaux de l^ance à la guerre estolent otaph au pays et frontiiVe où elle se faisoit. L
consiaucc et imporiimité françoise^fit ci
]l£GN£ P£ II£NJlï U.
les gouverneurs qui furent lonjj Ifenteiiains, Icsqncls enfin ils créeoûnrinander en leur absence. Les i , Tôularent que lesdits lieutenans ieatenans de Leurs Majestés, et non fleurs; les choisirent plus ennemis Asd^eox. Le stenr de Tavannes les s page ; il disposoit de tout en Tabtatemenr/sansFen avertir .M.d'Auvaut en Bourgongnc , après qu'il une fois , il se retiroit en sa maison, A en la charfjfe quand le dict sieur m « conservant son autorité. Il se es affidres du gouvernement et de tu font les empescbés ; disoit qu'à put H n'y avoit à s*empescher pour h sepmaine. Les estais de gens de dressent au conseil du roy , la cour eiit exerce la justice , les finances lietes aux gouverneurs ; ils ne] sont SI et peuvent nuire , prenant party i SI Majesté ; peuvent préparer lès prendre les villes avslnt que d'estre : le itiy Henry lY, pensant y reméplre lieutenans généraux en Bour- ■] ee temps que j'escris , qui du vite de Biron n'osoient rien sans lui, fn de courage qu'ils avoient. La 1^ jugée d'importance , pour les ilhMvements qui en sont esclos en ft|OBr ceux advenus il y a sept vingts rtlêidacs de Bourgongne, Sa Majesté t^tks remèdes , à l'exemple des bu- I f^ separoient les commandemens il; ce qui aporle d'autres inconvel^mit mieux ostcr tous les gouver- ^iMtoBns généraux de France , tenir * • force , et que les bailiifs aver- «%de ce qui se fcroit en leur bail- 'ttpierres employer des mareschaux ^ par commission, ou seigneurs ^ gouverncmens , pour tant que la f k requerroit ; que si c'est un mal ^, dire les gouvernements triennaux, ^ rEspannol et Vénitiens , qui s*en ibicT^
I V. de Guise arrive à Turin , basté qui avoit perdu Ostic et toutes les Uentour de Rome , nonobstant la def -
I douze cens François coulés à Eome
sous les sieurs mareschal de Stresse et Sfont • Inc. J^ sieur de Tavannes , commafndifi^ pattr M. de Guise , se présente à Valence , vifle du duché de Milan , les laisse tirer les premiers à ce que la rupture de la tref?e vînst d*eux; faict des tranchées et approches, rembarre les sorties de plein jour , use de menaces , augmentées par l'arrivée de M. de Guise. Palvoisy, avec deux mil arquebusiers dans la ville fortifiée , estonné , se rend sans coup de canon^; en conséquence la trefve est rompue entre tel roys : M. de Guise est blasmë que ce soit pouf si peu d'effect , qu'il la falloit rompre ensefnblementen Picardie.
Le mareschal de Brissac conseille tfattaqudf Milan : M. de Guise ne le croit, marche vei!S Rome , donne courage au pape de reprendre plusieurs petites villes. Sa Saincteté fidct ,wé trefve pour attendre sans péril M. de Guise ; et le duc d*Albe l'avoit accordée pour avoir tetnps d'aller mettre ordre à Naples. Le marquis de Pesquflire tente en vain faire effect sur Tâiinée de H. de Guise, potiir lebon ordre du logfs feict par le sieur de tavannes , flttrescluil de camp. Le duc de Ferrure , generiit de l'Eglise , joinct tf. de Guise avec peil die force ; s'excuse du voyage de Naples sur la conservation de son duché , conseille à M. de Guise d'aller à Rome. Le cardinal Garaffe , an contraire, Itty donne advis d'entrer par ta ^larque d'Ancone au royaume de Kaples; M. de Guise se plaint du peu d'appareil du pape et de son pourparler de paix , et Qè s'ose enfoncer dans le royaume de Naples sur les belles promesses de Garaffe.
Après avoir pris Scapoli , assiège Civitelle , qui , bien munie et mieux deffcndue , le désespère de la prendre ; indiscrettement se plabt du pape au marquis Antoine Garaffe , l'injurie et iVappe d'un plat d'argent , lequel offencé se retire sans congé ; grande imprudence d'offencer celuy dont la pluspart de Tentrepri^ dépend , et qui peut entièrement nuire. Le duc d'Albe approche pour lever le siège , advance trois cens chevaux et cinq cens l&pâgnols fantassins , sous dom Garcy de Tôlede , pour jetter dans Civitelle ; les sieurs de Tavannes vidasme de Chartres et Sipierre les défirent heureusement. Tous les Espagnols qui y estoieut furent tués ou pris i loui
flSO
MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.
tre de camp , Pierre Henry , présenté prisonnier par le sieur de Tavannes à M. de Guise , lequel (osC après contrainct lever le siège , offre la bataille au duc d* Albe « qui la refuse , espérant à raccoustumée la ruyne des Franç(MS par tefliporisemenl. Le comte Petilanes et Jules Ursin prindrent quelques places pour le pape , sur Antoine Colonne , en la campagne de Rome. Marc Antoine fortifie Salimes ; le duc d*Albe le secourt, défait le comte de Pepoli , et remet le pape à Testroict, qui mande M. de Guise , lequel s'approchant de Rome 9 oognoistla fbiblesse de Sa Saincteté et du duc de Ferrare , qui avoient plus besoin de secours que d*en donner. Les deux factions fies Colonnes et d^Ursin désirent la conservation du pape par la paix.
I M. de Guise recognoist tard son entreprise aiqpuyée sur gens foibles , Tespoir du Turc frivole I sa descente à Naples empeschée par Coutignac, ambassadeur de France à Constantinople , qui trompoit son maistre et estoit corrompu par le roy d'Espagne. M. de Guise se repent d'avoir cren ceux qui sont accoustumés d'anpeller les François pour (sous eux) laire leurs alBiires» les trahir à la fin, et se reconcilier : il advertit le roy du pourparler de paix , ^n'il felloit plus de forces pour faire effect à Naples, et ne se fie qu'en soy-mesme.
II eust esté mieux de croire le sieur de Brissac : attaquant Milan , les forces de M. de Guise .estans entières et proche du secours de France, il eust forcé le duc d'Albe de quitter Rome pour venir secourir Milan ; ou il ne fust esté à temps , ou bien il Teust contraint à la bataille. Les Caraffes eussent mieux aymé le royaume de Naples pour eux que pour M. de Guise s ils Tavoient demandé foible , à ce qu'il dependist d'eux. Cependant que Sa Saincteté traicte , et que M. de Guise attend nouvelles de Itance , se fit un duel entre Poulaigne , françois , et un Italie , par permission de M. de Guise » contre l'advis du sieur de Tavannes I qui le mena au combat : le François ^t du pire. Peu auparavant , en l'an 1555 , le sieur de Brissac permit de rompre des lances à M. de Nemours , MM. de Yassé et de Traves, françois , contre lemarquis de Pesquaire, de Malespine , et dom Albe ; les princes faillirent d'atteindre^ et les deux Impériaux
tuèrent les deux François : rhonneur cunement recouvert par Mouchât , qu^ de bende en bende le comte Garafle , \ tain , nepveu du pape.
La quantité de places nouvellemen fiées en Italie la fait croire de plus difGcj queste qu'elle n'estoit anciennement : ie| parts ne iprdent les villes , mais bien I des aguerris. Nos François gardent d dins , les Italiens perdent des fortere; s'estonnent en un chasteau de Milan , mettent de plain jour escbeller des h par faute d'aguerriroent. Les Romain icelny ont acquis la domination du m et par faute d'estre aguerris sont vainc jourd'hui : les terres portent les vignes ei vaux meilleurs y selon la bonté de la siiu La vaillance croist par tout : n'estant d pinion de ceux qui dient les habitai pajs froids avoir plus de courage, parce froid chasse le sang auprès du^cœur , q chauffe leur résolution. Les Espagnols, x de pals chauds , subjuguent partie da mo l'ordre observé parmy eux en est caose. les VUI subjugua l'Italie aisément ; les liens , plus aguerris , prennent le roy à Pa à l'abordée les François feront des min en Italie ; si la guerre continue, les Iiali nécessités d'apprendre l'art , les en ck ront » pour peu d'aide estrangere qu'ils ay et si les François deviennent oisifs (co ils en sont en chemin ) et que les luliens guerrissent par autres guerres , ils feroD France ce que les Romains y ont £iit. Je cluds que l'aguerriment et continuation guerres est sources de conquestes et toires.
L'aguerriment se change journellemc l'expérience fait cognoistre le dangereux judice de la perte des batailles , qui e& perte et ruine des provinces, quelque des royaumes 9 estant la réputation perd laquelle maintient les estats , qui esbrai donne naissance aux révoltes et accroist ennemis. Cela cogneu fait que toutes les tiens s'empeschent de cest hasard , n esi les victoires asseurées au plus grand nombl ni quelquefois aux mieux ordonnés , y av des cvenemens non preveus : la fortune malheur , ou , à mieux dire , nos péchés
85,j RÈGNE DE
i^it C*est eê qui a fsàt avoir recours aux l riefioes forittes de$ Romains , qui fermoient ir camp svec des pallis quMls portoient avec il. euprfe Teotouroient de fossés ; les Alg^ les eDYironnoient de chariots , et le rniiJ Turc bisoit un fort au milieu de son ^. Tellemenl que ceste invention de se , (riJKier n est pas nouvelle, ains imitée des li^m, et fort usitée en Flandre en ces der* cf>9 guerres avec facilité , pour estre non Itnefitb terre aysée à remuer, ains aussi jûis plein de canaux ee de fossés , et natu- ^jKfiifort ; ei se sont tellement duicts à ces /jsèeneos en Flandre , quMIs n*ont point I jji{ iTissieger des villes approchantes en » r^ 8 agales à leurs contraires , se retran- I luj tellement , et fermant de fossés tout •ir cxssf, qu*à mesme temps ils assailloient f^Cle.etne pouvoient estre forcés de lever r^M (hns leur retranchement. Ceste tDedecamp fermé et fortifié n'est assailr pir ceux cpii sont vrayment capitaines , ••uj^iK mesme ils entrent en considéra- •42 M de^rr assaillir une armée qui auroit vb b scitoation forte, ou la poste advantaj'^tbe.quoyqalls ne soient retranchés. La [lj(Klre,kHilanois, la Savoye, les montai;m\kD3upliiiié, sont pals propres pour les fvtnodbeneDS; non si utiles aux guerres de Fnoce, où les campagnes sont grandes et
Quand n bat changrer les logis de Tarmée •luniatiBao soir, les retraochemens sont malafié^if estre Gûcts si soudainement ; et quant aoi pallis portés par les soldats et plantés à h ba&te , tte i«&euraiis couverts de Tartillerie, ils nesmentpas. Pareillement le fossé Im et non pi&icl ne couvrant la terre jetée an àedaDS des coups d*artillerie , il est dan- (It^reaxdeconnrla mesme fortune que Tarlutie (la pape et des Espagnols fit à Ravenne , boii, n'estons leurs fossés parfaicts et bien oorem, M. de Foix les contraignit à coups *'k am d'en sortir et venir à la bataillé desiiif^ntâgeosement, parce que les eyenemens <\^ «lYieimeDt contre les desseins projettes Haut le combat, apportent souvent un grand ilftidrCf pour ne s*estre délibéré contre ce pi se peut présenter.
LespaUis enchaisnés peuvent senir pour
HEMRT lï.
Ail
SQUstenir la fbrcd 'de la cavalerie qui vieU'* droit ti*oubler l^ài^mée avant que fa fortifica-' tion fust faicté. Et comme ils ne sont snflS* sans , le mieux est de promptement faire les fossés et ramparts en telle profondeur que la terre qui en sort puisse éviter le danger de rartillerie ; ce qui ne se peut faire bien promp-* tement en quatre heures , comme le duc àa Parme fist devant Lagny , lequel s*aida dest branches des arbres et fascines , qui est \é vray moyen d*hausser incontinent un ram-' part.
La defence de ces camps fermés est en di-^ vers advis : aucuns disent que dix mil hommes se peuvent défendre contre quinze mil , qu*il est nécessaire de mettre Tannée foible en ba^ taille au milieu du camp fermé, et tenir seulement des mousquetaires et arquebusiers dans les poinctes et au flanc ; que les enne-^ mis ne peuvent passer les fossés qu*en des^ onfa<e , et que , trouvant des gens en batailles bien ordonnés , ils sont aysément defaicts et rechassés dehors , en tant qu*ils voudroient sMngerer de passer le fossé et rampart pour venir au conJ>at. Les autres disent qull faut défendre les ramparts du camp fermé, commeon défendrait une muraille d'une ville assie-^ gée : à quoy il s'objecte que, si le rampart estoit gagné estant défendu de toute Tannée ,, qu'elle seroit en grand péril. Je croirois qu'iU éiut défendre les flancs et les poinctes avec: la mousqueterie et picquiers d'escadronsvollans , qu'il ne faudroit jamais quitter ; avoir aussi des arquebusiers et mousquets sur les: courtines , mais tenir tous les l^taillons de' gens de pied et les escadrons de gens de che val en bon ordre dans le camp fermé , sans en tirer lés soldats que par ordonnance et aw besoin : ces camps ainsi fermés , il y a peu. d'apparence qu'ils soient assaillis , et moins forcés. Estant repoussés d'un effort imprudemment tenté , le succès en advient du desbandement ou de la defaicte des audacieux entrepreneurs , ainsi qu'il en advint à La Bicoque.
Les règles de Tancien aguerriment taillent; à ce que nous tenons que , deux armées en présence , celle qui desempare la première court fortune. A quoy* M. le duc de Parme
remédia devant Godebec ; il deslogea^en pre-
HÉHOIRSS Dfi GASPARD DE SAUIX
fil
sence ; mais êe fut de nuict , et après avoir clioisi une place de bataille où il se pouvoit feadre avant que les ennemis s'apperceussênt quasi de son deslogement. Si ay-je opinion , principalement en France » 1^ où les' fossés et retranchemens naturels ne sont si firequens q^'en Flaudre et Milanois , qu'une armée estant suivie le lendemain qu'elle desloge^ et n'ayant loisir de Se retrancher, joinct à la mauvaise çpJKMOn que les soldats ont d'une retraicte, qu^estans suivis de bonne heure, .se paprroit ,ap|>firt4r du désordre à rarmjSé qui tsùct rcttraicte.
i yj^icienueme^t Içs ^armées de Ttjxaçfij^ d'Espfigne^ .du |>9|pe en Italie, ne demeuraient
?|uë for.t Beu de .teiqps en me^ioie estât, et ilisojcAt ae^ px^grès ou pertes bien ipst , par fl^m ou partes de batailles , sièges de villes eq j)rQS|eace des eonen^s^ et autrcis dessein^,
Îlli donnoient r,adYant$\ge ,d^ la .çverre bien ust à -w des pànys.. tiemiereiueut en Flandre:, et à qesie bcuce en Savoye , les armées fomt des caïqp&J^éiinés, jse cçtrancben} les uas îja^pr^ des au|res« s*empescbent ^d'en^tre- |^i;gBi4r<e î'up «UT Tautreu et Jfo«t durer la Su^ci;^^ >yant tbaoun d'eux ^rsnades pro- ^rinces.au deri^iere .d'epx qui les Jfoumissent et d^ vivres iPt.dVeçi^t, y ayant de main muche et de main droicte en Flandre le païs fQi:t tnivçrsé de fossés^ et en Piedmont de ipoût^gnes : teUeiment qu'jls ne peuvent quasi passer que run:{iuprës de J'^ujUre], a\ec de très - grandfss inçômiQoâités. Et qwmd ik ppurroient )»'enfoQcer dîins le paîs Tun ou Voutre , laissant une année derrière,, s'ils ne tvouvoient.à vivre dans la campiagne , où il ïkut qu'ils se tiennent serrés , et n'y ayant ni villes ni .forts qui les fevorisasseiit,'ils se ti^nveroient renjpestrés. Si sans intelligence pu. faveur de villes il .ialloit s'fkdvancer, il feudroit.giie le ^pais eust commodité de les HojMTÎr,, ou que ce fust en ten^ps de moisisQps,.6u queirpu.fust.asseuré de.prendre incontinent de grandes bourgades ou villes mal farinées,. pottc avoir cpmmodité des vivres, f Les anciens^ quand les grandes armées ,se trouvaient à front .l'une l'autre , Hs jcttoient des ^:|islç.s Cl des trancïïées , fs|isoient ^es^tj^r^deiboisrôu^pBtîts forts de.lrois cens en trois ceùs'pas ]èC (as'cbôienl ] par ceV Fou-
gues ailes et fossés qu'ils faisoîent à Yex^ du camp des ennemis, de leur couper le ^ min des vivres, estendant ces fortifies^ sur tous les costés, et jusques au derrière estoit ^ c;*oire que ceux qui iaisoient ^ entreprise estoient ben^ucoup plus féru mieux^aguerris que ceux qiu'ils entojiRrau ce qui seroit trpp difficile eç ce temps, i pour rimpatience que pour rartillerie. i
Resteroit donc maintenait , ce senri^ deux s^^mées quasi de pareille force eg^ fii^r.tifiées à une mousqpetade To^e de f^ efx plaine esgale^ et ^'ils fussent esjtéjj yisés qu'il ny eust j>oi];àt d'eQÛDeDcedai ni d'autre , parcjç que^ s'il v ^ avott i l'advaptage sero^ du tout ou çosté ^ a qu'elle seroit, que celuy .qiç .sero.it le fb/^ | d'artillerie et de munitions pouiToit bim gi:and €it haut cavajyier de terre et jîff j| cines , lequel^ ^çommçyiidant dans le cafiy, nemi ^ les pourroit desl(^er.
Et au lieu des tq^r^ q^e les anci«|f , soient, ceux qpi sç^t en plus gr^ni iMpi dans les .cfi(Dps pe^yei^t .construire des j»ej forts de cinq cens à cinq cens jpas., poqr f tourner et incommoder les etutemis , oy donner sujet de les attaquer , et par ce no] venir à la bataille.
Geste façon de guerre sera malais usitée en France , pour le grand espace \ campagnes et incoqunodité de vivres > et pourroient les armées estr^geres eû^ les frontières ; et seroient contnûncts ai de combat , qui est une grande incommod quand les armées y sont réduicles ; et lesp fortes contraindroient bien tost les plus I bles à desloger en présence , lejir cpup^mt vivres. Je. ne dis pas q|ie1es années ne pi sent tousjours vivre en France » qi^i esl abondante en vivres, pouryeu qu'ils mard sent quasi tousjours ; mais je db qoc , n chant pour vivre , ils ne se pourroient rett cher valablement et seroieiit bien tost c traincts à la bataille. Ain» le i^eux ser pour une armée estrangere, ne s*cnfba point d.9ns la France , et l'assaillir piei pied,,pe laissant derrière ni villes ni h qui pourroient estre tousjours secourus vivres de leur païs et prôvinc^. Fors et cepté pôûi^roicAt-Ità ^niârchér eh avant ,