REGNE Ï)E
e s'ils cstoScnt couverts de pîcaye on de muraille , se oonside- B leur cavalerie ne fait son devoir.
ei cafilerie, celle qui a le plus iwrte ; les victorieux d'un escafeicts par un autre qui les cliarge I forts de cavalerie sont meilleurs rir, les forts des gens de pied or conserver.
ates maritimes sont dangereuses; prendre port à deux cœurs pour I pals ; bnisler ou r'envoyer les t le mieux ; se résoudre à la mort ire. Les forteresses et ports asme les Anglois avoient en France ^nécessaires, ou avoir une grande 5 gens aguerris , et plus que ceux Ht conquérir le pais. Des sont plus sages en adversité erité : la cour est une tourmente , le guerre ; les nochers , les guerleni le conseil des expérimentés.
.sans abord , sans oreilles, se pres les vanités ; il les faut sauver pour ftit,puis qu'ils ont occupé Tesprit i n'agit de soy-mesme, ains comme I Toys sous les maires du palais :
tt malheurs , de guerres civiles et fatat , déniant à Dieu la recognois- (|nces concédées par le choix dà t atterré Testranger , qui preferoît iMion au salut de Testât; et au lieu I cote généreuse action , la justice ^b larcins continués , les imposts h» le party du rachapt du domaine ^, charges , estais vendus , augifVKdés sans discrétion. Epamitoftifrcro q:ii se vouloit eslablir Ikbes : il lu v fut dit : « Si tu fais I aras tué le tyran ; si mal , tu auras hrc. » Le maresclial d'Ancre dis- Cnances, advançoit ses amis, se les *gouvernemens , suscite guerre Dscrvation. Luynes, au semblable, ire qui luy rostoit en la paix , puis erre plus injuste est suscitée par î en la commune faute , de n'estre n ou tout mauvais, semblée des notables Ton eust aussi i la reformation de Testât que Tex-
HENRY n.
âSS
clusion des prlnces^et grands du conseil (seul sujet de cette convocation), c*estoit la bonne voye ; et pour prendre la contraire, en laquelle ils se sont glissés, une arrivée , la rétention de la royne et du duc d'Espernon , quoy qu'injuste , estoit Tautre chemin. Au contraire ils sont demeurés entre deux resolutions fluctuantes , pour avoir esté leuRl deportemens trop estranges depuis le commencement de leurj domination. Enfin ils sont esclatés et se sont jettes dans le gouvernement extraordinaire, maintenus par les armes depuis le parlement de la royne. La cognoissance qu'ils ont de combien il est périlleux de faire la guerre à Sa Majesté et tenir le premier prince du sang prisonnier, les fait conclurre à la paix , guerre pour eux. Le duc de Guise et prince d'Orange assassinés au milieu de leiu*s armes, et les mignons tués par les Parisiens dans les chambres des roys^ leur servent d'exemple.* Les grands de Testât ne souffriront le gouvernement estre entre leurs mains s'ils ne font mieux, cognoissans la puissance d'agir jusques à maintenant défectueuse au roy, et les deux partis offencés en guerre ou en paix, dangereux qu'ils ne se joignent à leur ruyne; et semblera à tous que la liberté consiste a la paix, ainsi qu elle estoit au mareschal d'Ancre : mort qui a offencé la royne, joinct à la perte du gouvernement et de sa liberté, danger de son honneur; à quoy il n'y a qu'un seul remède , qui est de bien faire et assembler les Estats-generaux , ou faire ce qu'ils feroient estant assemblés. Vray est-il que depuis , un peu mieux conseillés , ils ont fait la paix et Tentreveue du roy et de la royne condilionnellement en tel artifice , que le soupçon nourry entre eux, plus augmenté que diminué, ne les garentit; enlreveue de Leurs Majestés , non première qu'ils n'ayent commencé fort advant à s establir es gouverncmens , places et charges : et pour perfection de leur conduitte, ils ont mis M. le prince en liberté, lequel en ceste obligation a parachevé leur establissemenl ; liberté tellement conditionnée , qu'elle ne les a empeschés d'avoir ce qu'ils desiroient , au contraire les y a maintenus "^^ ' ^^ du tout.
^ire, qui est le resta- ! >ois de la France,
Sis»
règlement de la justice et descharge du peuple, au soulagement duquel ils seront fort empeschés , estant les finances entièrement espuisées par la guerre et grande recompense des gouvememéns et places qu'ils ont achetées : pareillement que , faisant ce règlement, ils craindront de prejudicier à Tautorité royale et d*offencer les 'grands de Testât; ce qui ne seroit considérable si la prudence dominoit en eux, guidés par la crainte de Dieu, qui les osteroit de beaucoup de perik : et par ce qui est advenu depuis a paru que ceste première veue n'estoit qu'un replastrement, et néantmoins jusques à maintenant tout est tourné à leur grandeur et puissance entière. ^ \ Les grandes armées se rangent en croissant, pour enclorre les moindres et les charger avec leurs poinctes par flanc : et si lesdictes poinctes sont premièrement attaquées, le milieu s'advance , pour les soustenir et don* ner par flanc à ceux qui les chargent. Les batailles de front ayant Tinfanterie avancée en telle forme que la cavalerie ne se puisse attaquer que Finfanterie ne soit en route , est un ordre utile aux armées fortes d'infanterie ; d*autant que, comme j'ay dit cy-dessus, si la cavalerie ennemie mal conduitte charge imprudemmentgdans les picquiers et mousquetaires y la cavalerie ennemie contraire ( nonobstant qu'elle soit foible) en a bon marché après.
^ Cbarle-Quint se peut comparer aux anciens empereurs : il estoit généreux, prudent, patient , secret , capitaine négociant par soy ^ et néantmoins trop vindicatif, préposant sa passion à son utilité, qui à contre-temps le portoit en France et en Afrique. Son honneur est qu'il a apaisé les séditions d'Espagne , prit le roy de France , subjugua l'Italie , prit Rome et le pape , défit les forces d'Allemagne, prit le duc de Saxe et le landgrave , chassa le Turc de Vienne , saccagea Tunes en Afrique , receut les roys réfugiés , gagna le Peru et plus [de pals aux Indes que l'Espagne ne contient j défit Pizarre révolté au Peru , subjugua le duc de Glaives, rangea les Flamands séditieux, fut receu en triomphe de ses ennemis , passant amiablement en France , où il entra trois fois en armes , et la dernière en sortit avec ]paix honorable. Il a commandé à TEspague ,
en Italie, en Allemagne, Flandres, k terre , Hongrie , Boësme , ea Afrique j et aux Indes en mesmes temps ; sa] volte de Moris, qui fut aydé des Fri ruynoit les hérétiques. Ny Alexandi Romains n'ont combattu deux gran sauces en mesme temps; luy r François et aux Turcs. Ce qui luy e sa monarchie entière fut les sprands qui vivoient de son temps , le roy Fi Soliman , MM. de Guise et de Montou Moris , Barberousse et le landgrav^ji de Brandbourg , qui n'ont peu emp qu'il n'ait vaincu à diverses fois leurs l'une après Tautre.
Le iour sainct Mathias estoit heureux pereur , auquel il nasquit; fut esicu ronné empereur , gagna la bataille de prit ^Afrique et mourut : mort approu^ plusgrandheurqueles hommes puisseiit puisque chrestien elle luy advint en n jour de ses prospérités. Le roy Eem gagna la bataille de Montcontour, fut roy de Pologne et luy escheut la conrom France en mesme jour. Les sainctesEscrii^ les Grecs , les Romains marquoient les heureux jours et ne permettoient de conj tre^durant iceux. Aucuns s'en sont moc^ et par nouveaux bon-heurs ont rendalcs malheureux : pour rendre le jour heur faut estre bien avec Dieu et que les entre soient justes , bien préméditées , secreti conduittes par prudence.
« En septembre 1558 , les roys approclj Ieui*s armées à six lieues l'une de raulrti Amiens et Dourlans , sur la rivière d*Oi| les mareschaux de camp ( l'un desquels e| le sieur de Tavannes) , visitant les moyea s'approcher^ les jugent inconunodes; sons vres faire six lieues et donner la bataille, toit dangereux ; camper en mauvais loj^b jour devant que la donner, incommodé ù) mauvaise nuict , pour assaiQir les enneims leur assicte , n^estoit approuvé : ny 1 un l'autre ne voulant ccste inconunodité, icni risent ; cependant il se fait plusieurs pci entreprises ; le vidasme fault Sainct Oui Les deux armées estoicnt fortes d'eslrafljt les François aguerris tenoient quanliic
viUcs eu Picdmont et Italie, r'eucourajfés
RÈGNE DE HENRY lî.
ÛSi
je C^ et Thioâville /esperans aux
leos dlûlîe et d'Allemagne : celle de
, trkia(kaat de deux batailles , de
Qoej^ôi etiie Gravelines , enrichie de
^g«Aé, ses soldats en grande
iparlês victoires passées, tous deux
I Ja/arx, Tmi pour tirer les prisonniers
des pertes passées, et Tantre pour
5ol ne veut commencer le pour-
: h d(Rttiriere de Lorraine rompt le
lybpaix se traicte à Tabbaye de Cer-
plosiears députés. Les principaux
[I connestable et dom Ri Gaume de
fgans de letir^ maistre , qui se sepa-
effect t riittt deux grandes faveurs en France , ei^de Montmonrency ,ys'aydant égale- [de madame de Yalentinois , pour Tal- (k MM. d'Aumalle et d'Amyille , maris ieux filles : Famitié et Tamour avanik eannestable ; Talliance du dauphin, da cardinal de Lorraine , les prises Qbis, ThioaTillej perte de la bataille ict QoeiMj&îsoient pour ceux de Guise : ccssadondeJarapturede la paix^ le voyage tfelnfrQctaeox y inclination du roy , corn- ^m de la table et du lict avec le connesble,6Q[ilaiiteIa fiaveur de ceux de Guise , coDcloem la paix secrettement , durant le nge {n'artifidellement le connestable fit ire aa cardiod de Lorraine vers le roy lilippe , pendant lequel ledict connestable TiTiversleroy, ayant eu congé devenir ir sa foy, là on il fot receu en incroyable i^eor^ élu second pourparler fait à Calais , I coDQOlable est mis à rançon , à ce qu'il ust voie ddiboathe à la paix préméditée et 1 conclue entrelnj et le roy Philippe. | [i5ô9] M. Je connestable fait pour M. de \Qje,daqael ilaTalliance; luy remet son Ts;c€qu'ilreoogneut en sa postérité, par le '.om donné au sieur d*Amville , depuis faict Mesuble par le roy Henry lY. Les armées wogedient, il ne va ny force ny argent en idiDODi. Le dnc de Selces prend trois ou ibt vill» ; M. de Brissac croyoi t se pouvoir ^ÙMflilr par ses mérites y sans despendre ny rime ny de Faulre faveur ; avoit parlé trop ftmni; conseille au roy de ne croire ses urisde Montmorency ny de Guise, et agir
de soy-mesme : fente en sa conduicte , qui n'estoit pardonnable à un si habile homme qu'il estoit , cognoissant le défaut de Sa Majesté , incapable de recevoir ce bon conseil : M. le connestable Ten foit ressentir. Le manquement de Piedmont rend la paix plus avantageuse pour les Espagnols , qui regagnèrent deux cens villes , sous couverture des mariages de dom Charles , fils du roy Philippe , et Elizabeth , fille du roy Henry , et du duc de Savoye avec madame Marguerite, sœur de Sa Majesté. .
Geste paix, toute de Montmorency, fut dommageable à la France et advanlageuse à TEspagne. M. de Guise , descheu de sa lieutenance générale , denaandant Testât de grand maistre , disant M. le connestable ne pouvoir tenir deux estats , reçoit des paroles en lieu d'effects, cognoist que seroit perdre temps de s^opposer à la paix. Le sieur de Tavannes et autres capitaines en parlent plus librement ; les rebuts du roy et craintes de Tinimitié des prisonniers mis en liberté leur ferment la bouche. La mort de Marie d'Angleterre en novembre , suivie de celle du cardinal Paule , de la maison dlorque , ruine la religion catholique en Angleterre , par la succession d'Elizaî)eth y fille de Anne de Boulen, luthérienne, de prisonnière faite royne : cet accident foci* lita la paix. Le roy Philippe, veuf, ne demande plus Calais , veut Elizabeth de France pour luy , non pour Charles son fils , lequel fils offensé dit et fit depuis ce qui luy causa la mort. Le roy Henry donne sa seconde fille au duc de Lorraine , et luy rend son pais ; tant forent les mariages de ce temps là préjudiciables à la France.
La paix conclue le troisiesme apvril , ensemble les mariages du roy Philippe et duc de Savoye avec EInabeth et Marguerite de France , dont s'ensuit la reddition de Savoye, Bresse, Montferrat, Syenne, Thionville , isle de Corse , Piedmont sauf Pignerol et Savaillan , en promesse du roy Henry de les rendre au premier fils du duc de Savoye ; Calais reconquis. Saluées, Metz^ Tboul et Verdun gagnés et conservés , furent le reconfort du roy de France , qui oublie le sang es- ^pandu de tant de François et la reddition de cent villes, poiu* change desquelles l'Espagnol
ne rend que Saincl Quentia et Uan. Promettent respectivement les deux roys ne permettre les luthériens \i\Te en leurs esiats , craignant l'exemple de hi révolte d'Allemagne, oii fut envoyé le sieur de Hourdillon , qui obtint la garde et protection de Metz , Thoul et Verdun pour le roy , par la division et lascheté de$ Allemands. A ceste conclusion, le sieur de Tavannes recognoist un espion double qui Ta voit servy de pallef renier , mal en point , lors la chesne d or au col , et du conseil du roy Philippe.
Les princes ont deux amitiés : Tune aux guen'ioi*s, conseillers d'estat, pour leur utilité et ils ne s en peuvent passer ; Fautre à ceux qui leur donnent plaisir , ministres de leurs voluptés, gardiateurs de leurs secrets et de leurs amours. La première amitié , qui est aux guerres , est subjecte à changement et n*a mesme force en tout temps : les armes sont mises au crochet durant la paix , et queU ques fois aux capitaines, pour trop de réputation , pour trop de crédit , leur suscite des ennemis. La seconde faveur , créée pour les plaisirs des princes , est moins honnorable et plus asseurée : ils sont tousjours présents; ils tiennent leurs maistres par les parties du corps les plus appétissantes , et les guerriers souvent par la moindre partie du cœur : telle estoit la dilTerence de la faveur de MM. de Guise et de Montmorencv.
Los princes se doivent cognoîstro pour avoir expérimenté leur prudence, s'ils veulent manier leurs aflairos eux-mesmcs , comme Cliarle-Quînt et le roy Henry IV, auxquels il se ponvoit librement parler de ce qui leur imporloit contre leurs serviteurs et mignons , et les i'ortitier en leur opinion de résoudre d'euxmesmcs. Si ce sont princes possédés des favoris gouvernans de Testât , ayant accoustumé par paresse se descharger des affaires sur eux, <M)mmc ceux qui se sont laissés porter à ne plus marcher ne peuvent aller si on ne les porte , à ceux là il se faut garder d'encourir on la faute du sieur de Brissac , de leur parler plus libicment. En vain leur dit-on qu'ils n>pi'oiincnl les aflairos , et avec moins de fruict S(» bkisiuoui ceux qu'ils favorisent , auxquels ils rodîsoul tout ; et ne s'en fait que tant pis ;
OC sert qu'à la ruine de ceux qui usent de çc3 quI toutes les pluces , parens cl amte da
parolles libres. Puis que le roy n'est plus chez luy, ains dedans ses favoris, c'efl prudence de le chercher dans luy-meai faut despendre de ses mignons , s'adooi eux ; si on ne trenve leurs deportemeail la voye de h vie privée ésl ouverte, v peut choisir plus généreusement qor prendre, mesmemcnt s*ii se cognofat^ se prcparsBt contre Testât : cest accilBi se laisser poaeder advient aqx roys poiii aux enfans , ou aux femmes.
Plusieurs d'eux se sont laissés tdè gouverner , qu'on a créa quHIs esIÉtf chantés ou idiots : au contraire , ce i% ces artifices, que ceux qui se rendent a blés leur gi*avent dans le cœur , qnMlss leur bien plus que le leur propre , et en s donné des preuves , plient lesroys àleii sirs , passions et voluptés , et , sous omb les descliarger de peine , occupent les ai reçoivent leurs plus secrcttes pensées, et; nent telle autorité qu'ils font un nMmdte veau , jusques aux moindres oflBciers ; an pend d'eux , les ayant introdidcts ou rc pensés : le prince n'est àlny-me8iBe,im garde ses volontés ; toutes ses panilei 6 tiens sont rapportées aux favorii; cen ont parlé à luy, jusques aux moindrel c nances sont notlées ; ne voyent ny n*oyea que par les yeux et oreilles de ceux q posscdont , ou de ceux de leur faction des ils sont cntournés et baricadés. Si qi homme de bien veut faire voir la ver est soudainement opprimé : si cesfavor deux ou trois , ils s'associent , artifice mi' qu'ils suivent pour posséder le prînca;^ qu'ils tiennent en continuelle crain»
reur de poison, de prison , d'esire depc de perdre Tauctorité, leremplissentd'exji des roys assassinés, tondus et cloistf mettent on méfiance et soupçon des gr des puissans et du peuple de son estât, < les moindres apparences prennent siqetd nouveller la peur et timidité , laquelle l pris pied sur un homme s'augmente joi lement.
Quel moyen audiot prince de se depestr ses liens, puis qu'il tombe en un plus { péril do ceux qu'il a si fort advancés i
RÈGNE DE HENRY IL
M0, qnelesde farorisant, ils sont autant à ^ que ceux qu'ils avoient mis en melee? TM^o^ ^^ lo^" 9 chacun en parle iri nWpeolij'iqix^r remède ; les favoris se Rtergertdesfimtes sur le roy , et prennent ^QiMe (festons actes pour eux. Et d*enj, yjfr sff eux par voyes indirectes , c>st ||0,t«, e*est attenter sur le roy , lequel , ^iiste&force , fait des chastimens exem- Cl fiiai lisosï-Bous dans la vie des an- ^ivfsqm&toient les débuts susdicts, que MKb de restât ont fait mourir aucuns IHihforistersqtfib commençoient à s'ac-
C, ec plosienrs ne s^en sont pas bien Site entrepreneurs sont foibles , ils iM opprifflés » et s'ils sont forts , c'est la ^Ke de la guerre , lamentable pour la ^dspeaple : le mieux est que ceux qui IpeMA ces 'grands gouvememens Jusques tmtf i eox et aux leurs tous les grands im^charges^pteoes et forteresses, qu'iceux ^k basse éb médiocre extraction ; au- Kaenl, s'ils esloient princes et grands en to. il y tnroit péril qu'ils ne se fissent roys, imaiVeiemple des Martels , Capets et pluieirstsM,qiiiOBt occupé les couronnes par nninflrdiiûdres faveurs et crédit.
Les m» disent : Si Tost sçavoit ce que Ul Vfifit, rost deferoit Test ; les traistres , les apioDS, qni sont nécessaires aux généraux buées, sont de plusieurs espèces t les nains iMtQeox qni se laissent gagner , ou |n soat eliofés sux ennemis , qui leur près- «A senoent et prenent leurs Ûvrëes. G*est f en (ïott ileuient les plus certains advis , «m desimaiien et goujats , qui ne rapportent qttteiMfteommuns. Il est nécessaire que tes ei|iQiiiese cognoissent Tun Tautre ; ilspeufeDiphteoBiDodement entrer par les bacs et (ferriere des années , estant dange- "eux desetresier i la teste dMcelles : les plus RfiaÎDs e^iioBs sont ceux qui sont doubles , aiqoelsib ne se feot fier d'entreprise, sinon fà donnem des ostages \ et depuis qu'ils Kadvoné estre doubles et qu'ils <Ùsent estre ntraioeis de donner quelques petits advis
P^Dnemis pour avoir entrée , c'est là où il avoir iœil ouvert, d'autant qu'il est en ►^ df se réaliser et tromper celuy qu'il leur
^' puis qa'il faut q«'îi eft trviPpc im (9aM
se flatter), prendre garde n'estre pas celqy-Ià. Le soldat sans marque , donnant dans une armée , ne peut estre dict espion ; plusieurs portent leurs escharpesou croix cou vertesjusques au quartier de leurs ennemis, et les autres qui n'en portent point du tout, s'ils sont pris, peu* vent estre}plus cruellement traictés que ceux qui sont pris portans livrées. C^est une grande fidélité à ceux qui comme un Sopirus se vont rendreaux ennemispour servir leursamis, desquels il se trouve peu de bien asseurés.Prendré garde dans les armées qu'il n'y ait point de gens sans adveu , et sur tout au marchand et vivandier, qui doivent respondre de ceux desquels ils se servent': c'est au prevost de camp d'y pourvoir sur les moindres soupçons , par exprès commandement du gênerai ; et celuy qui est arresté et soupçonné , se peut gagner pour estre double , et s'y fier avec discernement, s La paix honteuse fut dommageable ; les as^ sociés y furent trahis , les capitaines abandonnés à leurs ennemis , le sang , la vie de tant de lyançois négligée , cent cinquante forteresse^ rendues , pour tirer de prison un vieillard connestable et se descharger de dettx filles de France, qui fut' une pauvre coûverttœe dâ lascheté. La mesme justice , qui estoit dé ren^ dre le Piedmont par les François , dévoit estre de rendre Milan par les Espagnols j qui n'y ont aucun droict. Ils affinèrent les François , et estoient dans les places rendues qu'ils peu* soient que ce f ust un songe d'y estre , n'ayant jamais espéré d'y r'entrer. Paix blasmable ^ dont les flambeaux de joye furent les torches funèbres ' du roy Henry II , sans laquelle les huguenots eussent eu beau à faire la cha^ temite et prescher en rhétorique ; ils n'eussent attiré ny capitaines ny soldats, sortes de gens qui comment et Font la guerre d'euxmesmes s'ils peuvent , quand ils sont désespérés et non employés. La paix traictée en Tannée 1595 , entre le roy Henry IV et la LiguOi ne laissa aucune nouvelle révolte des soldats, parce qu'ayant eu sept ans de guerre civile continuelle , tout estoit saoul des armés , et plusieurs avoient esté tués on morts de nécessité , dans les maisons desq uels les soldats vi vans se jetterent et s'allièrent aux vefves. L'Hon^^ grie et la Flandre , ob estoit la guerre , et la
[ jtntice pa98ioBfléo «t Tiadientlire ; en firent
mourir plusieurs : sans ces accidens , quelque artifice qu'ony eust employé, les soldats François fussent mal-aisement demeurés en paix , non plus que les dix mil soldats révoltés après la paix de France et d'Angleterre.
I L*estat aristocratique et démocratique ne s'approprient les conquestes pour en disposer à leur fantaisie , ainsi que font les roys , qui en marient leurs filles et leurs sœurs , usant des deniers et du sang public comme de leur propre habillement , sans se souvenir qu*ils sont créés du peuple pour luy administrer justice , par le travail duquel ils régnent et conquièrent , et sans Tadvis duquel justement ils ne peuvent traicter. Les gouverneurs françois avoient raison de s'opposer à la reddition des places et de demander descharge desEstatsgénéraux , mesmement quand le royaume tomba en minorité.
I Cest imprudence d*establir des maximes d'estat pour les suivre ponctuellement : elles doivent changer selon le temps ; ce qui réussit une fois fault une autre. Un conquérant, un rebelle , doivent combattre ; les peuples désirent nouvelletés ; les incommodités les changent : si le nouveau chef des rebelles n'exécute promptement avec telle puissance qu'il les puisse garentir de mal , aux adversités ils Tabandonnent, se retournent et traittent avec celuy qu'ils ont oSencé. Ces vieilles maximes des livres causèrent le gain de la bataille d*Ivry par le roy Henry IV contre M. du Maine, lequel croyoit trop aux gens de lettres. Deux présidons , Jeanin et Yetus , conseilloient la bataille , soit qu'ils se faschassent de ne voir promptement la fin de la guerre , pour estre en repos à leur plaisir; vouloient que M. du Maine imitast l'empereur Olbon, Brutus et Cassius , qui pour délivrer le peuple de tant de maux , hasardèrent ; dirent que la paix et la tranquillité retourneroit au monde par leur victoire ou par leur mort , qui advint par leur main propre. !
Si ce conseil fust nay de la générosité de M. du Maine , il estoit honorable ; il venoit des présidons qui estoient à Paris, jouans à la paume , qui conseilloient selon leur passion , pour jouir en paix de leurs biens , ou pour acquit de leurs consciences hasardoient leur maistre. Us mandoient qu'un conquérant devoit
combattre, sans regarder que ce n'estoi M. du Maine qui avoit ceste qualité , pu possedoit les trois quarts de la France toit vrayement le roy Henry IV qui po se pouvoit nommer tel. L'Estat n'avoil usurpé sur luy , ains sur son predeces Sa Majesté estoit de différente religionJ Maine se porta à leur advis ; espuisé di par mauvais mesnage et dons immense femmes et aux personnes inutiles , avoitj chôment despendn trois cens mil escusd d'Espagne ; tiroit peu des finances de Frs ne pouvant contenter les Suisses , les n» ny les Vallons , qui menaçoient de Tabai ner. Ceux qui concluoient la bataille dis avec luy ce meschant mot , qu'ils ne perdr au combat (n'ayant que quatre cens che françois ) que ce qu'ils dévoient perdre q jours après ; qu'il seroit abandonné de trangers, faute d'argent, sans considen conséquence et la suitte de la perte d*DQc taille et de la réputation. <
Mon opinion fut au conseil , qo^il y ; cent raisons pour résoudre la bauille, qu'il y en avoit deux cens plus preigna^ pour ne la donner point et conclurre au ^ traire : ce qui fut remarqué de plu&ieui temps qu'on se pouvoit encore empescb comibattre. Vous donnasmes la bauille perdismes , pour n'avoir que des estrangi Suisses \ Vallons et Espagnols , qui n'oi cœur , obéissance ny volonté pareils i pour lesquek ils combattent ; c*est proj ment donner son argent à jouer à ua âo Ces maximes des livres , reouurquées par j présidons, ne sont toujours propres, qi| qu'ils considèrent par hi lecture les inc tiens anciennes. Par exemple : il se peut treprendre sur Gènes , sur Florence , i nans de tous temps aux nouvelletés; les mieres furies des François sonstenoes, peuvent vaincre. Toutes ces maximes ont exceptions ; ce qui se voit , en ce qne François plus subtils que les Anglois traités, et les Espagnols plus fins que deux , gagnoicnt les particuliers goave les roys , et tiroient les négociations eo gueur ; et estans les Anglois impatiens , François précipités, la ^froideur et teinp( sèment des Espagnols le gagnoit. Cela
REGNE DE HENRY II
9B*é an demief traicté de Vervin , en Tan 5^, eolrt les roys Henry IV et Philippe pfâgoe : les Frsuiicois ont obtena par pa- ^ce ei teiDp(>ris6n9ent la reddition de douze 1\ês, ei bit ^^ 1^ Espagnols ont aban- ,i\d\^^ ^^ Savoye , qui depuis en a MfjolaBitsse : ainsi à ce coup les François iA loeileoTS négociateurs que les Espa- •j,.l^, cûDtre les maximes des livres.
rjaries^Qulnt, plus jeune que le royFraniii.Jepriti Pavie, entra trois fois en son r-junK, et le chassa des duchés de Milan , Je Clahres. L'empereur viel, le roy Henry i\iesBie rompt ses desseins , le brouille en jiV, ijâgne lePiedmont , prend Mets , Tfaoul Venion, chasse Tempereur d'Allemagne, liai à Baniy. Le roy Henry venant sur ^>e, Ptiilippe fat victorieux à Sainct Quentin finTelmes, rompit ses desseins dllalie, le trompa en la négociation de la paix. eb [ait croire qae les armes favorisent les ]\is\me&, parce qu'ils hasardent et entre- TeaneDt plus souvent que les vieux; et qui jaai( le premier a de l'advantage : les jeuessoDt plus hardis, mieux servis des leurs, ovrespenuice qu*ils ont de leur longue rie, et plus aidés de leurs alliés et amisj, ]Qils n'ûot encore chrconvenu ny trompé. Les TÛm ont tant veu d'inconveniens passés, jaib se reodent lents en leurs entreprises, itlnsadunoésàleors plaisirs et plus incom* nodés de maladies , remplis d*irresolutions eCde soupçons, ce qui empeschoit le roy Henry W; et neantmoins devroient estre p\Qs 7«Sbs que les jeunes , parce qu'ils D ont pas tat d*années à perdre qu'eux : ï^ pligs piupre à mener des armées , et mâsierdegraulsallaires est de trente à cinfjmuite ans.
M. k coBoestitie possedoit entièrement le roy; M. de Gone perdit la lieutenance générale et partie de sa faveur à Tadvenement du royOïarlesIXzilne manque de piques enre ces deux maisons de Guise et de Montmor^y.Lesconnestablistes reprochent la paix fnmpncpar Fambition des frères de Lorraine , p se vouloient faire pape et roy deNaples; &mt que c*estoit s'entendre avec le roy t^agne de diviser les^forces pour ne faire «a qui vaille en Italie ] et mettre en proye ' 1. ^
la Fiance. Ceux de Guise au contraire les accusoient de la perte de la bataille de Sainct Quentin , par Fimprudence du connestable , et la paix honteuse foicte pour son subject , non sans soupçon d'intelligence avec le duc de Savoye, allié dudit sieur connestable. Selon l'article secret de la paix , les hérétiques furent bruslés en France, plus par crainte qu'ils ne suivissent l'exemple des révoltés d'Allemagne , que pour la religion. M. d'Andelot, accusé d'heresie, est mis en liberté; les sçavans se mocquent des luthériens ; ils abusent les médiocres , disent qu'il ne faut croire que ce qui est aux sainctes Escritures ; ils gagnent des ambitieux , des femmes , des fols et des enfans , sur le mespris de l'adoration des images , des reliquaires et miracles feincts , des pardons , des putains et enfims des prostrés, dont ils font leur principal pivot; corrompent les manouvriers par les chants de Marot, principalement ceux qui pouvoient exercer leurs langues sans le bruit de leurs mains.
L'Eglise ressemble aux royaumes qui sont de long- temps en paix, lesquels n'ont pomt de capitaines pour n'avoir esté attaqués : la nécessité en fait naistre; ainsi les ecclésiastiques s'esveillent , et se font scavans par l'entreprise des huguenots , les rembarrent, allèguent la perpétuité de l'église, l'imposition des mains, la créance deja Trinité , et cheute de Lucifer , peu mentionnés en TEscriture , et qui neantmoins sont apreuvés des hérétiques, contre ce qu'ils disent, ] qu'il ne faut croûre que ce qui est escrit; advouent la révérence, non l'adoration des images, dressées à l'honneur des saincts comme les statues des grands capitaines. U y avoit contrariété d'arrests entre les chambres : la grande condamnoit au feu , la Tournelle au bannissement. Le roy les assemble aux Augustins , fait prendre les conseillers qui concluent au bannisseo ment, qui estoient Anne du Bourg, de Faux|, de Foy et Fumée , dont aucuns furent bruslés.
Il y a en France des catholiques et des huguenots royaux , en toutes les religions des factieux et ambitieux; autres libertins, qui meslangent les deux ensemble, croyant ce qu'il leur plaist; le tout divisé en trois factions: celle du roy la plus forte , riiuguenotte
subsiste^ la li{pie est quasi csiointc , nonobstant sert (le prétexte aux huguenots , qui s'attaquent aux jésuites, comme chefe d'îccUe, et font croire oslre en soupçon , non du roy , ains de ceste faction de catholiques ligués, qui est ruinée.
y II eust esté necossairo que Sa Majesté eust en mesme temps nbbaissé les uns et les autres, sans laisser les Iluguonois en telle puissance qu'ils soient semonce de troubles.
Ils accusent les jésuites d'avoir donné commencement à la ligue , lacinelle est dès le cunrile de Trente pour résister aux confédérations lulherienues, et accrcîuo par les fautes d'cstat :se treuvrra que l'S conseils s'en sont tenus aux chartreux de Paris et autres couvents, et non aux leurs.
Les jésuites ont escril qu'il <*sioit permis de; tuer les tyrans; un de leurs escoliers entreprit sur le roy Henry IV. La communauté d'un ordre n'est responsable des fautes particulières; et tant que les huguenots ont estcfoibles, ils ont escrit qu'il faloil tuer les roys : ce ({ui se voit par le Reveil-malhi cl le Tocsain des François, qu'ils ont fait imprimer; ils ont enUrepris à Amboise et à Meaux sur Leurs Majestés, et Poltrot tua M. de Guise à la persuasion deliCze.
- Ils ruinent, disent-ils, les universités, se> duisent la jeunesse , et sont Espagnols. Dites mieux , huguenots. Us descouvrent nos ca- IxiUes, nos ignorances, séductions; s'opposent à nos desseins; vovent clair dans les affaires du monde ; mettant fraternités contre fraternités, intelligence contre intelligence, nous sappent par nos mesmes armes ; ils veulent l'union, et nous, presiendus reformés, le contraire. Qu:uid il n'y avoit point de jésuites en France , les huguenots perçoienl k* col et les yeux aux cordeliers , qu'ils menoient en laisse, et fuisoient le semblable à tous ceux qui publioient leur ignorance.
La pluspart des séditieux se couvrent du nom de bon François : pour mériter ceste <pialilé , il faudroit estr(» net des intelligences angloises, oUandoises, proteslans d'Allemagne , fraternités et ligues. Les accusations et plaintes que font plusieurs, ne sont pas pour inimitié qu'ils portent à leurs contraires; ils scroient marris que les jésuites ne fussent |
point , panN^ qu'ils s'en servent de p pour fortifier contre le roy mesme.
Us disent que le'pèreLoyoUa estoHei| et que toute la secte l'est, etqu'àcesl il les faut mettre hors du royaume. 1 aucteur de leur secte, estoit d'Âllema faudroit commencer à eux. Plusieurs, nots catholisés, conseillent les roys et: voquent, comme les Philistins iaiscnei d'Israël, de chasser les prestreset coi des fautes , à fin que Dieu les abamdo qu'après ils puissent entreprendre sqr
Il y a un airest du parlement contn suites, qui a peu estre révoqué, aos qu'ils l'ont esté, contre les Huguenots resie, source de division^ travaille i les papes d'avec les ro^-s , et les grui d'avec l'autre , pour y profiter s le pa voue les jésuites; le roy les desai c'est une discorde;, commencement de me et forme de faire adhérer Leurs H à leur opinion.
Et en fin Dieu a permis que , mal-g les artifices , calomnies et accusations retiques, ieeux jésuites soient esté blis en France à l'exaltation de h pi augmentation des bonnes lettres.
L'exécution de la paix estoit hast uns pour vivre en volupté, etdcsaulr utilité. En juin, le roy marie sa fille d'Espagne , par le duc d'Albe , proc assisté du duc de Savoye, comte d mont , et prince d'Orange. Sa Majesté, '. Guise et de Ferrure , soustcnans à un te MM. le connestable et de Tavannes,, l'imitation des anciens tournois : ces C durèrent deux jours; le troisiesme, 1 mery , Escossois , après quelque re eouric contre le roy, brise sa lano cuirasse ; l'un des csclats levé la visier tre perce l'œil de Sa Majesté , sort ] reille et glace le cœur de M. le coniM qui voit sa faveur perdue. L'un accu mûrier, l'autre rimp:iiience du roy, <; tendit que l'on mist le crochet à sa vi{ est emporté aux Tournelles; avant sa par la sollicitation de M. le connest fit espouser sa sœur au duc do Sav( mourut deux jours api'ès de ce coup.
' Les hérétiques se piaiguentd'eMre)
RÈGNE DE HENRY II
tleattiiqiies rdspûndent que c'est selon tIedeGÔiistaBce , qui est une assemblée uirerseUe , où Tesprit de Dieu as« Qe^jtipMns sont cruels aux chrestiens, h hftft fondée sur humilité et miseri- •ieieathoUques disent qu*il vaut mieux f^elques uns que d'ouvrir la porte à et athéisme. Autres disent que coofinnent les hérétiques ; leur eon«m teste mwt emelle les fait imiter :
es gaste m3 vivans , qui s'imaginent a b'Y SToit quelque certitude en leur 1, flg oe sooffrîroient si constamment y ofert à aucuns la grâce , abjurant leur il ae folloit les brusler, et se coudes banoissemeBS et amandes , et de ne oir aux charges et offices ; la defence ctpresse excite le désir et la curiosité, patieu» de se laisser brusler eust esté tnictoeiise entre les Turcs et Juii^ , que ifiereBee de quelques points entre les , puisque ces deux religions croyent B nesme ]^qs Christ. Les huguenots diqiesi tMt de leors prétendus martyrs ne t esté assistés de la graee de Dieu , qu'il» IsfiseBtploslosc dediets que souffrir les tourettanert. Autres respondent que ceste |Miiaciié aaissoic de Fad?ertissement que InrdBoiûieBt leurs amis , que dédits ou non k JBMffoieit, qulls estolent condamnés , et ^ kv ittraetion leur toumeroit à moquerie Usas àalM. Le roy Henry II pense de ces kn teéerks sources des guerres ciTiles ; Bwi, qmndl le guerdon selon les mérites^ MAîvfeaaIproilOoeé sa sentence. Leroy ami eopeidié l'extirpation des hérésies d' AN iemagne^fscîméUigeiice et assistance qu'il fist indaede Sue, landgrave et prince Moris.
Smaice db nutaim qui fut cause que le r^oe de sa postérité fut rempli de guerres ônles, la fia desquelles centrainet Hepry III xnlib se joindre aux huguenots; dont ensuiik sa mort et l'extinction de la race des Yalfeis. après trente ans de guerre malheureuse, tes cours de parlemens s'atribuent pouvoir knrr^er et moditer les edits des rois , te* B invalides aan^ leur interinement. Si les es- H^de FhyMeestoiem ea force, que ces Mrs foflWDl gardiaieurs de leurs décrets et ^da pwple, «?a» estoMM coafinaés^ et
advoués desdits estats composes des trois corps d'iceux , leur pouvoir seroii juste ; mais ils sont créés et payés des roys , leur prestent serment, ne leur peuvent résister, sont forcés d'obéir par suspension de gages, interdiction d'entrées, pertes d'offices, faveur et presens des roys , lesquels vainquent leurs difficultés et font passer tel edîct qu'il ïeurplaîst, lorsqu'ils entrent et président dans leurs parlemens. Leurs Majestéss'autorisent de prendre les presidens et les conseillers prisonniers ; ils sont en telle crainte que, leurs remonstrances faictes , ils n'osent contrarier les volontés de Leurs dictes Majestés. Les gens de bien ne devroient accepter ces offices ou s'opposer à l'injustice ou foule du peuple , et se résoudre à perdre leur estât plustost que leur ame. La justice ne plie point , elle n'a considération ^ crainte ny exception ; seroît honneur d'estre interdit du parlement pour maintenir l'équité et justice; du moins si le plus grand nombre des meschaus empqrte le bon , que les bon;; laissent leur opinion escri te à la postérité; si leur pouvoir n'est qu'en remonstrances, quils laissent doncques les magnifiques nonis de souveraines cours. Ils devroient avoir grande honte de monstrer leur foiblesse de cœur d'interiner les edits et lettres injustes en l'absence du roy;c'est une marque honorable d^basarder son estât pour le bien public.
Tout est plein d'incertitude en cesle vie ; l'homme propose , Dieu résout, c'est à luy qu'il faut appointer. Quand l'on pense estrc hors d'affaires , se donner du bon temps , du repos et plaisir, le malheur ou la mort sont proche. Un grand roy sorty de la mort de la guerre, la trouve en se jouant: les chasses, les amours , les festins , les masques , qu'il s'estoit propose , en change il treuvc des cirurgiens , médecins, des pleurs , des torches, prostrés , bières et chants funèbres. Nous disons : Si je puis avoir apointé ce procès ou ceste querelle , payé mes debtes , je ne penserai qu'à avoir du bon temps ; c'est où fortune et le trespas nous espient, où ils ont tendu leurs filets. Parmy ces empeschemens , prenons du plaisir ce qui s'en peut permettre honnestement , sans attendre un meilleur estât , qui peut estre n'arrivera jamais : la fin de nos travaux est souvent la fin de nostrc vie ;
folie de cherclicr repos en ce inonde, où il n*y en a point.
r Le roi Henry II régna douze ans , eut plus de vertu corporelle que spirituelle. Il fut heureux en ses desseins , pour avoir de bons capitaines. Il chassa TAnglois de France ; reprit Bologne, Calais , acquit TEscossepour son fils, protégea Octave Farnaise contre le pape et Fempereur ; sauva Parme et La Mirande de ces deux puissances , garda Sienne , gagna Fisle de Corse ; prit Mets , Thoul , Verdun par rintelligence et rébellion de Moris ; Dampviliers, Monmedie, partie de Luxembourg, Marienbourg , Piedmont , Tbionville ; leva le siège de Mets , gagna la bataille de Ranty, et perdit beaucoup de réputation en celle de Sainct Quentin , pour croire trop le connestable de Montmorency, et en Fhonteuse paix qui ensuivit , à la peruasion des femmes et mignons qui le possedoient. Il donna imprudemment commencement aux divisions de France, par Taccroisssment immodéré des deux maisons de Guise et de Montmorency , lesquels il fit si grands, au contraire des maximes que doivent observer les souverains, de n*eslever ny exalter si extraordinairement leurs subjects , que les malheurs des guerres de France leur sont attribués. Et est beaucoup moindre faute d*eslever une maison on race seule , ainsi que fait en ce temps le roy Loys XIII en la personne du sieur de Luynes, que d*en exalter et enrichir deux en pareille grandeur, lesquels conçoivent telle inimitié les uns contrôles autres, que la guerre civile en advient , en danger de la subversion de Testât royal.
Il se fait mauvais jouer à son maisln
quand ils sont princes , et périlleux aujj
Aux jeux d'hasard ils se faschent qir
gagnent; se laisser perdre, c*est sottise,
querie et dommage. Aux exercices de
et tournois , ils ne veulent que Ton se fe
autrement il leur semble estre moprisés
on fait de son mieux , tant qa'iceai ro^
princes tombent, ou ayent dn pire, en
ou en tournois , quoy qu*ils n'en fasscoi
blant , ils ne pardonnent à ceux qni leur
supérieurs. Il est faschenx de se laisser i
cre ; non seulement Thonneur, mais} Va
rence d'iceluy est si chère , que rarem(«
se cède à son propre frère ; et de tenir le
lieu , sans que le prince ny assistans co{jnafs
qu'il y ait feinte , et que la résistance soit
qu'elle ne laisse Tentiere supériorité aux r
il est malaisé : quoy qu'ils commandcni
faut éviter de rompre lances , donner c
d'espée, luitter contre eux, et nomme
tous exercices où 11 y a hasard d'
blecé. Les actions humaines sont si ince
nés , que plusieurs en jeu ont rompu bn
jambes de ceux qu'ils aimoienl le plus : Tes
eschaufé, entouré d'armes, de trompel
sort aucunement de son naturel , et empesj
de garder la discrétion et le respect qo
doit : celny qui refuse ces jenx par cra
d'offencer, pourra recevoir quelque légère
rôle des princes; il les vaut mieux ei
que d'encourir plus grand malheur. Auc
diront que si tous avoient ceste consideraij
les roys et princes ne pourroient passer h
temps. Gecy n'est escrit que pour serrir à i
plus proches parens.
SGNE DE FRANÇOIS II
, t*Sii9] Le nouvdatl rôy François ÏI ^ roy de France et d'Escosse^ met en crédit ces MM. de Guise , oncles de sa femme; la royne mère, ambitieuse et craintive , se joint à eux , sous promesse que ^out se feroit par ^q ^dvis«
Toute la cour change', à la disgrâce de M connestable de Montmorency; la royne m lui reproche |qu'il avoit soustenu madame Valentinois , et que si Dieu ne lui eust du»
des enfans, ils Teussent renvoyée à Flore»
RÈGNE M FRANÇOIS IL
fimaSte nuiintieiit la dacbessede
;,qiii, prudente, s^estoit alliée aux
[moto Êiveors, contre tons evenemens, appuyée du conneslable , Ltass soopÇûB d'amour illidte : elle rend de la couronne, conserve son Htffedrede la cour. MM. de Guise [jeroyânLouTre , prennent Toccasion, lie corps dn mort à ceux qui en avoient resprit loonaesiable sent son mal, viel courtisan [en semblable fortune qu^il avoit esté du iila roy François I ; il ne navige contre , et plie au Tent , ainsi que celui qui DO navire se laisse emporter des valors de sa route pour ne submerger. Il les cominandemens du roy , qui luy uice la perte de sa faveur, lui dit avoir pBÏM. de Guise ses oncles pour chefs pa elde conseil. Sa Majesté luy donne le iii de demeurer en sa cour, ou se retirer IBDaisoa: le connestable se contente de i^semoosiresaDs ambition, représente uccme&t ses services et de ses nepveux. Le m de Tavannes , qui sembloit pancber eninaeiUdooostédeMH. deGuise, et tel le moiiM. le (XNuiestable (à grand tort , parce rineregardoit qu'au roy), le jour de la art de Sa Majesté, M. le connestable , se re- 301 en soB logis, est abandonné de cent fldls-honunes qui avoient accoustumé de le irre^ le sîeor de Tavannes le console , coum ofte serriee , brs et depuis, quand il retira eo samttson , auquel lieu ledit sieur tnnestable estant retiré, soit qu*il fnst en rainie. ou qa'Q jugeast le roy majeur de nioze ans oalÛBé à troubler, il n'envoya uerir Je roy de Navarre pour faire teste à M deGuise, conne plusieurs luy conseilm. CerojFnDçoÎB eut plus de générosité roooncer b sentence de retraicte an consuble , qoe la royae Marie régente n*eust à sdroit do grand escuyer qu^elle vouloit deviser; aossi parloit-ilen roy majeur. Les- » sieurs de Guise précipitent leur establis- Ml et celuy de leurs amis.
> sieur de Tavannes les dissuade de se i h^er , pour le bien de Fesut ; n'estant . il se retire en son gouvernement de Bourse ^ prévoyant beaucoup de malheurs.
US
Tout suit, tout crie, 'mm Gui8$rn est grand maistre par la démission forcée du connestable , condamné de ne pouvoir exercer deux grands estais ensemble. Pour recompense , son fils de Montmorency est ftit maresclial de France. L'estat et les garnisons sont changés à la dévotion de M. de Guise. Il révoque le cardinal de Toumon , ennemy du connestable; r*establitl6 chancelier Olivier, défavorisé par madame de rValenUnois ; gagne les mareschaux de Sainct André et de Brissac , dont le dernier s'estoit feict sage par sa défaveur , regardant néantmoins à la royne, qui lui fit donner le gouvernement de Picardie refusé au prince de Gondé. Les'^princes^du sang sont esloignés en diverses commissions , celuy de Gondé envoyé en Flandre pour Texecution de la paix; le roy de Navarre, le prince de La Roche-snr-Yon et cardinal de Bourbon , sont faicts conducteurs de Ja royne d*Espàgne , et ne demeure de princes auprès du roy que MM de' Guise.'.Les 'chambres ardentes sont érigées pour persécuter les huguenots , et ce d*autant plus que les princes du sang et les frères de Coligny favorisoient la religion nouvelle. Le domaine est réuni, pour avoir moyen de faire' perdre ce qu'en tenoient les ennemis de MM. de Guise , lesquels menentle roy sacrer à Rheims le 18 septembre 1559 , exécutent des articles de paix de poinct à autre , craignant par la guerre civile estre contraincts se servir des estrangers. I Les défavorisés qui se veulent maintenir malgré leur maistre tombent en hasard de leur vie , perte de biens et d'honneur ; tant plus ils estoient grands , plus il y a de péril : plier, et se retirer de la présence , s'esloigner sans bruict] et attendre le temps , sont les souverains remèdes ; autrement ils tomberont dans les recherches périlleuses, meq[>ris et mocqueries des peuples.
» La faveur faict des ennemis ; les fautes et mauvaistié des maistres sont attribuées à leurs favoris , lesquels ont raison de se préparer en leur faveur contre les evenemens fortuits , encore que rarement on les ruine du tout, pour la crainte qu'ont les nouveaui^ mignons de tomber en mesme accident : c'est se mocquer de s'oOrir en prospérité ; les habiles en cre-* dit cognoissent bien que ces offires sont /iaictes
MÉMOIRES DB 0A6PAIU) DE 8AULX
à leur feveur » et non à eux > et ne s*offencenl de ce qui se dit d'eux , pourveu qu'ils se puissent mettre en telle seurté , qu'ils ne se puissent perdre sans la ruine de Testât.
Les conseils sont blasmés ou loués » selon les evenemens : MM. de Guise sont repris d'avoir précipité et faict paroistre leur grande faveur, qui causa ^l'entreprise d'Amboise ; leurs conseillers respondent que ce dessein d'Amboise ne se pouvoit exécuter sur eux sans qu'ils fussent advertis « et que la faute d'iceluy fit tellement pour eux , qu'ils s'esta-» blissoient en pleins estats , et faisoient trancher la teste au prince de Condé leur ennemy, sans la mort du petit roy François leur maistre. Les opinions contraires sont qu'ils dévoient faire plus de part du gouvernement à ceux de Bourbon et de Montmorency , pour ne les point désespérer. Ils respondent que plus ils eussent faict pour eux ( n'estans leurs amis ) I et tant plus ils leur eussent donné de moyens de leur nuire. MM. de Guise , grandement favorisés de la royne leur niepce, qui gouvernoit le roy son mary , pensoient n'avoir rien oublié de ce que permet la prudence humaine pour s'establir : l'excuse de leur précipitation est que lors ils possedoient le roy, et que l'occasion est chauve ; qu'elle se perd en un moment.
Le choix de repos on de travail est difficile} en l'un'et en l'autre la vie s'escoule ; la réputation grande est impossible d'obtenir sous les roys , la commune est mesprisable. Les injures portées patiemment sont plus utiles que les victoires en la loy que nous tenons. Les hommes privés ne se peuvent mesler des affaires d'estat s'ils n'y sont appelés; s'ils disent quils s'y poussent pour maintenir la justice et équité , Dieu a assee de moyens sans eux pour pourvoir aux desordres. Les hommes se flattent et sont mauvais juges de leur suffisance , pour cognoistre s'ils sont nais pour eux ou pour le public. Les natures eslevées qui languissent en repos peuvent suy vre leurs inclinations , quoy que peu udles , puis qu'ils ne peuvent sous la royauté atteindre à grandes choses; les paisibles qui suivent le repos, mespriscnt les grandeurs et vanités; sont plus heureux et font mieux leur salut.
Les princes du sang , ceux do Montmorency
et de Gbastillon esloignés» les heretiqn^ secutés , ccHiferent leur meacomentem^ royne Catherine de MedioiSf FlorehtiJ tion désireuse de nouvelleté ^ conseil! des Italiens , assistée des dames de Mo sier et de Roye » demye lutheiienne , U comme belle mère, la royne sa filU l'esloignoit des affiûres et portott Tami roy son fils à MM. de Guise ^ lesquels departoient du gouvernement qli'en ce cognoissoient qu'elle ne pouVôit nuir^ donnant crédit en apparence sans effeci quoy ladicte royne se resouC de finvoriij mal-contens ( tant est l'amouf de Tam plus forte que la maternelle ) , se coa\r^ la crainte que ceux de Gnise n*u$urp couronne sur leurs preleations qu'ils dû estre issus de Gharleinagne.
En effect , Sa Ifayesté veut deux cord son arc » remplit de nouvelle esperanc défavorisés ; tout est plein de cris , de 1 et de libelles diffatnatsires : en mesme t< le président Mignard fut iné d'un coup de tolet par Stuard , EscoMois , pour STorr damné les hérétiques. Lesseîgoeond'Esci^ sous prétexte de religion ^ pressât les ai par les menées des Angtois et Ingaenots î çois , contre la royne donaaiere d'£sco sœur de MM. de Guise , ^et par leur re^ chassent M.deMartiguesd'Esoosse.L'amM du roy , non encore mesprisée en France, sipe les desseins des mal-contens , et reov le roy de Navarre en Béam ^ que ceux Montmorency avoient faict tenir sans frm après lui avoir reproché la trahison de M Bourbon , et gaigné partie de ses serviie luy ayant en partant le roy declsré qoH loit que ceux de Guise eussent les princi| commandemens en France.
Les plaintes estoient grandes des croa exercées contre les nouveaux evaBBeliM les mal-contens publioient que les princes trangers possedoient le roy, et qu'il avoit soin de tuteurs esleus de ses proches comme si Sa Majesté n*eust esté maje seize ans ; crioyent qu'il ialioit tenir les ci interpretans les lok de France , comme faisoient les sainctes Escritnres , à deux tentes , et tant qu'elles faisoient pour ei dis])utoi('nt sur ce qui se doit au roy e
,^ KÈGJ^E DE FRANÇOIS IL
mjriiisBnpenfie ; en fin, se treuvant r^iciiés de I aociorité royalle, qui dissi- KjgpK iffsems , les mal-contens se resolm i'isef do vofes de foict (dernier remède ZèM^r des défavorisés). Les chefs ^ w 0ioient Tadmiral de Cbastiiion el >^ Cbodé 9 assistés de ministres bu- ;^ qv resolorent de se saisir de la MidrellM. do Guise » les tuer ou le fiûre leur procès ; à quoy ils font le roy de Navarre , et donnent à eniM ceooestable retiré chez luy qu'ils qae présenter une requeste et se lies pios AntIs près du roy.
}^ esloit plus admirable > est que la >iDere y consent , pour r*entrer au gouit qv*il faiy seinbloit luy estre esté h («yie sa belle fille, et en effect par jleGoise, espérant, piw* la foiblesse tees de Chastillon , bonté de ceux de [, deles diviser Joinct & la haine que Hi parteit aia huguenots ; que , s'aidant Ihn. ils seroi^t eontramcts , après avoir iKsé Mï. de Guise , de foire ce qu'elle mètà ;Les parollea emmiellées des bupM», les [soldais , les compagnies^ ca- ^jniiesésDirines, dépendant de MM. de [hidlleiijoiiiet ans commandemens se- Mdeh royte mère, fournirent de sol- |ili;e(BéaoUnûiBS furent forcés de se nom- Ber dieft seececs ou muets , par ceux qui nignoient le desadvea de la royne et des prmtesdeBMrtMm^ si Teatreprise ne réus*
UKegMÉidie, plus cogneu par la rupture despûimcMienes de Dijon que par autre raâliBœ.fitftiet dief. Les Egiises pretenfoes nAnéts y jettent leurs hommes , cesprjflc^e<5eigiiears leurs capitaines. M.'le mx de ûndé fat cbutraind de parler à MQceopd'ieefli, et leur donner des poum sif>né8de samain , avec promesse de les rrr8iKfr6.
[1560] Âprèsplusieurs assemblées , il s'en I vieil Nantes, auquel lieu La Regnauldic ■^ sept cens hommes la pluspart hngue- Rs, et prirent rendez tous au quinziesme de BTs , i trois lienes de Mois. Ils dévoient sur- ^odre h porte du parc à la pointe du jour , Wn les cbefs (qu'ils nominoient muets ) qu
estoient MM. les princes de Ck)ndé et de Chastillon , dévoient se déclarer y et , après s*estre rendus les plus forts dans le chasteau de Blois» foire faire le procès a MM. de Guise , et tenir les Estatsgeneraux, là où il devoit estre estably un conseil au roy , composé des princes du sang. Les mouvemens sont difficiles de cacher aux roys : MM. de Guise furent advertis des soldats qui avoicnt milité sous eux , et par Fadvocat Avenelle ^ qui s'estoit feint huguenot. Ils conduisent le roy à Amboise, man« dent leurs amis , font escrire Sa Majesté pour enqpescher Tentreprise.
Les conjurés , encore qu'ils sceussent estre desGOuverts , pensoient estre assez forts pour exécuter par intelligence de la cour , malgré MM. de Guise. Leur entreprise par estonnement fread coup en confusion ; les ordonnés de se cacher au logis du prince de Gondé ne furent envoyés , ny les cmquante qui dévoient loger dans un grenier pour surprendre la porte du chasteau. Le rendez-vous des entrepreneurs sceu par Taccusation de quelques uns de leurs troupes, MM. de Guise envoyent M. de Nemours et leurs amis au lieu ou ils se devment treuver , auquel ils tuèrent La Regnauldie et délirent ses troupes ; se saisirent de neuf ou dix capitaines et d^im secretaùre chargé des roUes de ceux qui estoient de Taitreprise. Ces capitaines fiu*ent gehen nés et décapités; le secrétaire pour se sauver de la question , accuse M. le prince de Condé et Fadmiral , lesquels avec contenance asseurée , et Tassistance de la royne , qui leur reveloit les conseils et empeschoit de leur mal faire , les faisoit sembler innocens. Plusieurs furent tués et jettes en Teau, et la plus grande part renvoyés à dessein ^ comme ayant esté séduits et mal conseillés.
Des desseins et modelles en petit , ne réussissent souvent en grand ; autre est la gouvernement d*un duché, autre est celuy d^un royaume : foire des citadelles , désarmer les peuples, semer des divisions , les tenir en querelles , exiger sur eux , entreprendre stur lès plus riches , se méfier de tout , pourroit servir à Florence , à Savoye , et non pour la France , dont les règles d'estat sont toutes différentes. Les actions des roys de France doivent estre franches, généreuses ; et plei-
nés de preud^hommie , qui leur sert de citadelles et de gardes; entretenir paixpanny les leurs, esteindre les divisions , preYonirles mescontentemens , et chastier valeureusement les premiers qui entreprennent contre Testât , non injustement ny extraordinairement , ainsi que le massacre de MM. de Guise à Blois y et de la Sainct Barthélémy à Paris , que tant s'en iaut qu'ils esteignissent les guerres civiles , qu'ils les enflammèrent perilleusement ; et si le marquis d'Ancre fust esté aussi bien François grandement apparenté y tué sans forme de procès y cela ne se fust passé sans trouble dans Testât. Le roy Henry IV , bien advisé , fit fiiire le procès et condamner le sieur de Biron par la cour de parlement de Paris. La royne mère en crainte d'estre r'envoyée en Italie^ou de demeurer en France sans crédit, il lui semble que la division faictpour elle; es* pcrant de deux partis en avoir tousjours un favorable , ne se soucie d'hasarder la couronne , pourveu qu'elle espère de r'entrer au gouvernement.
Les huguenots révoltés contre leurs 80uve« rains ,' les subjects d'Allemagne , de France , d'Escosse et de Flandre entreprennent contre la justice , et contre la vie de leurs supérieurs, et sont source de toutes les guerres civiles et troubles qui ont suivi , tant d'iceux que depuis la Ligue , lesquels n'eussent eu aucun prétexte s'il n'y eust point eu d'heretiques.^
Imprudente entreprise , qui estoit creue socrctte des conjurés avec peu d'apparence , puis que cent hommes la sçavoient I un suffisoit pour tuer M. de Guise , auquel consistoit toute la faveur. C'estoit mal-avisé à MM. le prince de Gondé et de Chastillon , quand bien leur entreprise eust réussi , de penser qu'auprès avoir oflencé le roy en la mort ou prison des oncles de sa femme, et esloignement d'icclle , de pouvoir r'entrer en grâce ; et une gi*ande meschanceté si c'estoit en intention de tenir Sa Majesté prisonnière et voUer la couronne , qui estoit la seule seurté des conjurés. »
L'ambition , la crainte et la vengeance agitoient la royne 'mère , voyant la faveur et le règne de ceux de Guise et de sa belle fille ; ce qui la transporta à hasarder ses enfans au consentement dc;ceste entreprise > do laquelle
elle n'avoit*caution gne M. Tadmiral ligny , que les entrepreneurs ne se fi après Texecution , sur Tesperance avoit ( le coup foict ) d'empescher , p de'Chastillon et de Montmorency , le Gondé , et demeurer seule au gouverne autrement elle se perdoît elle mesme :
quelque façon que ce fust , Teatreprû mal devisée , et plus mal exécutée. An vorisés ne reste que les armes oo Pesh ment de leurs maistres , qui d'amis lev devenus ennemis; plus ils importooeaiet prêchent , plus ils sont en dbnger , et n ils font leurs affiiires ; et de bonne Iieint vent cognoistre Testât auquel ils sontred pour y remédier sans péril.
Les géhennes sont cruelles et incertai dont la seule crainte foit advouer le c non commis; plflsieurs coulpables la son nent , se justifient par patience et toléra cognoissant que , condamnés par la coor recevoir , le comnnissairen'en peatfiiiregi ny diminuer les crans qui sont ordonnés lement que non ne couste pas plus i dire ouy. Les breuvages de savon et astres endorment n'y sont espargnés , quand te tients ont comnKNlité de les prendre : 1 reur des tourments a fait advoner le me du père au fils , qui , après avoir esté pe le père retourné vivant demande son e ù la cour. La géhenne injustement est d aux condamnés à mort ; si la crainte de (allant mourir) ne leur foit dire la ?eri malaisément 'par les tourments la dirofltij mais plustost , pour eschapper diceui, pondront au contraire. S'il reossit ira biei ces cruautés , il en réussit deox maux ; f vouerois , pour Teviter , ce à qnoy je n'aa jamais pensé.
Qui ne s'abstient de crime par la cm de la mort , ne s'en garde par lesrooesjl et tenailles : combien d'ames sont ensevd au desespoir par ces tourmens! Le plosd supplice devroit estre de couper la teste : I préhension de ceste mort, sans estre inaU est extrême ; ceux sont obligés à dm o en exempte ; le seul reconfort est de m innocent. Heureux 'estoient les martyrs J rioient dans les fiâmes , espérant la vie e nelle. La consolaiioii deajiisiiciés est que l|
RÈGNE DE FRANÇOIS IL
^ esianl entier Vnon toarné ny perverty ^«Bbdies , ailbiblisseineDl oa Ularion , ré- Dieu : c'est n'estre desdaigné de luy \fijtàu66. Cesi on mauvais signe à \(f0àai» ulcérée , quand toni luy snc- »piospérité ; il esl heureux qui gagne flis hasarder sa conscience : peminccatioD de juges , où les prières des I, fieones, enfons , crainte des roys y [weu , contrariété de loix , ignorance , ' , présents , corruption et argent , iieBt h justice et perdent les âmes !
vea fflonrir buictpersonnesd'anthorité :
lignes tfÂignemont , d^Ome, Tadmiral tûifBà , les deux frères de Guise , les de Binm , d'Essex et d'Albigny : tous Btadrertis du mal qu'on leur preparoit, le peorent éviter , soit que les arrests du ,oe se penveat rompre y ou que Timpruaccompagne les constitués aux granei favears pour leurs péchés. Quatre [<aé oosdaimiés par les officiers de justice : licoiDtes d^Âîguemont , d'Orne , d'Essex et Il Bra; et qnatre par le commandement boiode Leurs Majestés : Tadmiral deGoligni , m. de Guise et d'Albigni ; et seroit aug- ■eflié ce nombre du marquis d'Ancre , et soMedeBoeil, assassiné par le duc de Saloye, éAt ie fils avoit espousé une de mes EHes. -
, PliBiesrsOBt Uasmé les roys et souverains fi% n'aToiest fait foire leur 'procès , nom- BKflieiità Tadmiral de Goligni , que Ton disoitpoiROirestre aoaaî-bien pris que tué, et âMM. de (Mbo. Il se respond que Ton ne poaveit iNsUre le procès ny aux uns ny aux autres , (ane qu'ayant fait la guerre , ils avaient des edieis de paix , abolitions interi- Bi'es aox /larleoens : il ne se pouvoit faire br procès .'qne sur nouvelles entreprises , e$f|ueile$ fl'ijsnt point faictes , il folloit (les nruatt entre les mams des cours ) corrompre kbûi tesmoias; autrement les justes juges e les poavoie&t condamner de droict , les ofs ayaot sdTOoé tout ce qu'ils avoient faict ; >» que la capture de ces chefs de factions Nvoit estrc empêchée , et quand elle eust ^^ feicie , il y avoit du danger que la grande mùiè dhommes qui dependoient d'eux ne.
livrer. Et quant à Albigni , le duc de Savoye n'eust peu rien prouver contre luy , sinon qu'il aymoit mieux les Espagnols que son haliesse , sans avoir intention de le desservir. Pour le comte d'Essex , d'Aiguemont , d'Orne et Biron , ils n*avoient point eu de pardon , et estoient arrestés sur le commencement de leurs entreprises , pour s'estre fiés aux roys et souverains , en considération qu'au temps de leur prise ils estoient en volonté de ne poursuivre leurs desseins , et ne consideroient pas qu'ils pouvoient estre convaincus d^avoir entrepris.
Aucuns fussent esté d'advis que , sans les faire mourir , ils fussent esté mis prisonniers, et se pouvoient remettre en liberté selon Tevenement du temps. Ces conseils sont douteux , parce qu'offencés et remis en liberté , il y a grande apparence qu'ils courroient à la vengeance, et seroient d'autant plus contraires à l'estat , qu'ils se garderoient d'estre repris.
Et ne se sçait pas ce qu'il fust advenu ne les faisant point mourir ; mais l'on a veu , par expérience et mauvais conseil d*estat après Fexecution , que la mort du comte d'Aiguemont , d'Orne et de Tadmiral de Gbastillon'*, ne mirent la paix en France ny en Flandres , et que les guerres y ont tousjours duré depuis ; encore moins celle de MM. de Guise , qui amena huict ans de troubles , et faillit à renverser Testât : celles de MM. de Biron et d' Albigni n'en ont point apporté en France ny en Savoye ; en 'effect toutes ces morts n'ont guieres profité à ceux qui les ont commandées ; les sept sont morts pour avoir trop de pouvoir en Testât de leurs maistres ; le buictiesme » qui estoit Albigni , de crainte qu'il ne fust plus espagnol que savoyard. Le duc d'Albe hayssoit les comtes d'Aiguemont et d'Orne ; le secrétaire Cécile estoit envieux du comte d'Essex; Tadmiral deChastillon se précipita pour vouloir forcer son maistre à faire;iâ guerre aux Espagnols ; MM. de Guise firent trop paroistre leur puissance ; et le sieur de Biron se perdit par imprudence et paroles au* dacieuses.
Et quant à Gonchine , il ne falloit craindre sa délivrance ; estant en prison , son extraction estrangere ne lui concedoit aucun appuy. Et pour le comte de Bueil, qui n'esloit subject
wcai le$ 9rm6 en espérance de les de- | ny vassal du duc de Savoye > ains sous onjbro
flSO
(Tune confédération faicte entre leurs prédécesseurs eu egiilité , que le duc interpretoit fuussciuent hommag^es , en suitta fit faire le procès sous terre secret temcnt par juges iiicompetens , et , sans aucun adjouitiement ni dcience dudict de Bueil , le fit assassiner l>our occuper son estât , sen argent et ses meubles ; injustement procédé et meschante entreprise, là où ilii*avoit non plus de droict que s*il Teust faicte contre le duc de Mantoue et autres souverains.
Véritablement sont actions dangereuses; les roys sont heureux qui ne sont forcés à faire mourir leurs subjects : s'il en faut venir lu , la meilleure forme est , pour eu ester le blasme , de les faire juger par les cours de parlement et justice ordinaire.
Plusieurs sont esl^ahis qu'en TEspagne il ne se fait point de guerres civiles ; les Espagnols se vantent qu'il n*y a point de traistres parmy t^ux : cela advient qu il y a fort peu de places fortes en leurs pays ; qu'ils ne donnent [point de gouvernement de provinces aux grands , à ce que la commodité ne fasse le larron ; que les peuples de Catalogue et de la pluspart d'Espagne n'ont point de subsides , et les roys n'imposent pardessus leurs pi*ivileges ; la religion y est bien observée par l'Inquisition : quand les Espagnols voudroicnt , il n'y a prétexte ny pouvoir d'entreprendre contre le roy . ()uti*e ce , ils ont beaucoup de moyens de contenter les gnuids seigneurs , les envoyant vicp-roys en tant de royaumes et provinces qu ils possèdent. Neantmoins ils n'ont esté exempts, aux Indes ny au royaume de Naples, d*l^spagnols qui ont voulu entreprendre à 1 advenement de Gharles-Quint. A cela ayde (|uc la force gist au peuple , dont sont tirés les gens de guerre , lequel peuple , pour u*estre point tourmenté de subsides , n*est point enclin aux révoltes; et leurs villes, mal fortifiées, seraient incontinent opprimées , outre ce que les habitans cuiployés aux guerres s'enrichissent.
; Les opinions sont diverses, si ceux qui sont condamnés ù mort doivent haranguer sur Teschafaut , s'il vaudroit mieux se taire, blasmer le prince , ou en dire du bien.
. Ne parler point, fait croire que justement on est puny.qiii se toit, canv.nij c'est pusillani-
mité de louer celuy qui este rhonn vie ; et d'en dire du mal à ceux qui drc compte devant le Grand Juge , i cher. Si on est condamné justement se peut plaindre ; si innocemment , p taist, plus de mérite. Ces deux conti esté practiqués par le comte d^Essa par la royne d'Angleterre, et par de Biron condamné par la cour de pa à kl requestc du roy Henry IV. Le par douces paroles , disant touftjoun la royne sa maistresse, luy laisse un au cœur|; aucuns disent que cela Vi mourir , nommant à sa dernière heui nuellcment le nom d'Essex : ses honn> rôles à sii fin gravèrent un regret à U gleterre de son malheur.
Lors que le sieur de Biron esper il paria modestement ; désespéré il b dit beaucoup de choses contre le rc se doivent escrire ; qui fut cause que I divers bruicts de sa fin, qu'il esi comme enragé.
A la vérité, ceux qui sont înnocens pour lequel ils meurent, ne se doivi et advoue bien que c'est un grand ( ment en ce dernier accident de pou la vérité de ses ennemis, monstrer qi point condamné par un prince equits c'est preuve de preud'hommic quai jugé par les mcchans. Les prophètes, 1res et innocens ont esté condamnéi rans, ainsi que j'ai dit cy-dessus : les r et paroles aigres nuisent à l'ame ei au corps et h leur postérité. Il s'ei auxquels on a apporté la grâce sur faut , autres auxquels on ordonno avoir trop parle sur l'eschafaut , doi plice.
Il semble que , puis que l'on est cou mort , et qu'il n'y a nul espoir de sa vaudroit mieux se taire et endurer ment, si ce n'estoit qu'une extrême h fist parler ; auquel temps il faut me son cœur à Dieu, sans vengeance, i le monde entièrement. Outre ce, vo ranguer entre les sens troublés, la c l'egret, la colère, il est impossible (f hce plusieurs incongruités; se dira poroks qiii seront expliquées à deu
j-jellcs roo klionsle foy ordinairement se- ]i nasskn des peuples » qui expliqueront ^ au mal qu'au bien , tant pour le naadesteoûes que parce qu'ils sont sub^ di de cdif qui tient la justice ; et aucuns, ^ivqr ift des paroles de ceux qui ont ^^ijeià , te sont eux-mêmes ruynés de
iUtirs 86 moquent de ces barangueSi et Lqie c'est jouer «ne tragédie sur un es- ^; ei parce que c'est un grand crevépA direbiende ceux quinousfontmourir, Mcias ocores une fois qu'il vaut mieux ^ eatiereiDait devant les honunes » et ^devant Dieu » auquel à ceste heure là El les pensées et paroles doivent estre l^ées. Et quoy que l'innocence soit au iMHir lequel on est justicié, il s'en corn* Mt d'antres en la vie des hommes, desfa pDoitîon a esté retardée par la divi- ^ derroit esmouvoir à patience les ^riasés le pwgation des autres péchés jiiaiioMHBis.
Ift fojt M se doivent attribuer droict de ^ sek» leur v(rftiiil)6 , pour avoir esté éude Diem Ceste eslection fut en son ire Inqiilidiertîtson peuple que ces roys les liptiett , preadroîeat leurs femmes, leurs déielleiin biens; ce qu'il leur disoit pour ladwderde leur demande. Il y a des roys l«resleclioii,par conquestes et par succèshm: tes peuples peuvent estre sans roy, non ks roys au peiple. Les esleus sont pour ^iràkgsent et administrer la justice , i cottèilioaetafeG serment, duquel se dispensais ils dipewit aussi d'obeyssance leurs sttl]jeets;iliaitiblig6s d'observer 1^ loix de l^ieo, conerratlubieiis et personnes de leurs 5v/^pnterkvs privilèges , n'exiger rien flreoi:etqmt aux conquerans» ils sont tniB de Aire part de leurs conquestes aux ca« pâsKs et ssMiu qui les ont assistés.
SojadifereBce des peuples conquis, et ikceai qd ontsydé à conquérir > et de ceux # TOloo!aireiiienl se sont assubjectis : les w doivent eslre traictés comme frères, les K^ oofflme sobjeeu. Pareillement l'usarfnev est obligé à ceux qui l'ont eorotné ; if les nns ny les autres (estans chrestîens) Kpeuvem user de leurs subjects comme de
BÈGNB DE FRANÇOIS IL
fitfl
leurs esclaves et bien propre. Les roys ne sont créés ny assistés des peuples pour servir à leurs voluptés ; au contt*aire , les peuples les eslisen t pour tirer du bien et commodité d'eux { lessubjects ayant payé lesdroictsaux seigneurs particuliers , ils ne peuvent exiger davantage. 11 n'y a raison qu'un homme s'assubjectisse à un autre , qui n'a non plus de force ny d'esprit que luy : que les roys excellent le commun en pieté , justice , vaillance et sagesse » à ce qu'ils soient jugés dignes de régner, el considèrent qu'ils commandent à leurs sem<4 blables , qui préfèrent quelquefois leur mort' à la tyrannie. Un seul mot de non ou de refus gênerai perd le commandement : la servitude, volontaire se maintient par preudhommie etartifices ; la juste royauté est le meilleur gou^ vernement , et la tyrannie le pire.
Les hommes sont obligés à maintenir Testât où ils sont nais ; et n'est pas sans dispute si les particuliers se peuvent opposer à la tyrannie , dix ans de laquelle n'affligent tant qu'uÉ mois de guerre que l'on est fereé de fiaire contre les tyrans : la perte d'un œil est moins que la personne entière : d'un tyran il s'en feil mil par la guerre. Les princes , les grands prenent les armes , disent-ils » pour le pnblic> et les posent pour leur profit.
Heureux sont les Castillans et les Anglois > au pays desquels il ne s'impose sans leur cOU"* sentement! Les François f croient beaucoup peureux, û doucement ils se pouvoientregttsser à ce privilège dont ils ont jouy, et qui leur estoit conservé par les assemblées d'estats ; qui estoient gardiateurs du bien public. On Ait un mauvais dessein au roy Louys XI , lequel , mettant ses successeurs hors de page , se mit hors de bonne conscience et de seurté» tousjours en danger de guerre civile et en péril du Cousteau des assassinateurs. La justice de Dieu chastie les peuples par l'iniquisé des roys » et les empesche de regagner ce bon-heur auqudi il ne faut espérer que par rassemblée des estats libres en la minorité des roys, pourveu que les grands et les particuliers fussent mieux zélés qu'ils n'ont esté en l'an 1614. Ce n'estoit pai* Tena^eprise des huguenots à Amboise qu'il falloit regagner ceste liberté; c' estoit faire les affaires de MM. de Coudé , de Montmorency et de Cbas^
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tilloQ , DOn ceux du roy et du public. Les assemblées d^estats doivent estre procurées généralement de tout le peuple , et non des particuliers princes ou seigpneurs, qui ne désirent ces assemblées que pour leur interest , auquel estans sasisfaicts ils abandonnent le public.
Les huguenots , qui de ce temps-là demandoient la tenue des estats , estoient desja en dessein d*establir une démocratie ou aristocratie , et continuent tellement , qu'en Tannée J0O5 et en celle de i620 leur estât est vrayement populaire et aristocratique , ayant les maires des villes et les ministres toute Tauthorité , de quoy ils ne font part à la noblesse de leur party qu*en apparence : tellement que s'ils venoient au dessus de leurs desseins , Testât de France deviendroit comme celuy de Suisse ou les estats de Flandres, à la ruyne des princes et gentils-hommes. - • Infinies raisons eippeschent que les estats de France ne se mettent en authorité et liberté : le royaume est composé de plusieurs pièces divisées en ecclésiastiques , noblesse et peuple , officiers de justice et de finances, qui conservent leurs biens, scitués en la campagne , par Tauthorité royalle ; et sont esté tant trompés , qu'ils croyent que la prétendue liberté cousteroit plus cher que la servitude volontaire où ils sont. Il y a des gens d'Eglise, partisans dependans du roy, du nombre desquels sont ceux qui tiennent les abbayes par recompenses ; autres qui regardent immédiatement au pape , et plusieurs qui demeurent chez eux et voudroient bien la reformation , leur descharge et celle du peuple , si elle se pouvoit obtenir sans trouble. De la noblesse, aucuns sont pensionnaires ou commandent aux forteresses , autres ont pris party avec les princes et factions, plusieurs ayment leurs maisons. Le peuple est divisé en officiers royaux , aucuns qui ont des seigneuries , en artisans et villageois. En ce temps , oh la religion est en peu de recommandation , le bien gênerai Test encore moins ; chacun préfère son particulier que le public. L'ambition fait que toutes ces parts sont tronçonnées et dîvisées en eux mesmes, par Tînimitîé dos familles , avarice et envie entre lôs riches et les pauvres : pou d'iccux voudroient Tagrandis*
sèment les uns des autres, et sont cntret artificiellement en bayne et division. 1 mal-aisé de balancer également la pu'J d'un grand estât , tellement que la mon^ aristocratie et démocratie y ayent mesmc et faut nécessairement que Tun gagne periorité , autrement ils demeurent en petuelle guerre et séditions : le bot de est de suppediter les autres , ce qui ne se foire qu'avec le malheur gênerai. Les ec! stastiques et les nobles cognoissent que à <| que estât avoit à emporter la dominadon, seroit le peuple, parce qu'ils tienoeDi villes et sont douze conUre un : ce qu*ad nant , et le gouvernement populaire es en puissance , les prééminences et privile des ecclésiastiques et des nobles seroient en controverse , les faveurs et dons des perdus, parce que les peuples veolem pressement Tegalité.
Les païsans des champs considèrent qo* venant la guerre , ce sera à eux premieren à patir , et ne desireroient que^ pour cinqua ans de règlement , il y en eust un degocj D'autre part , que deviendroient les princ et seigneurs favoris des roys , si les estais < toient en crédit? ils perdroient leur aothor et mettroient en péril leurs biens et leurs p sonnes ( ce disent-ils ) : ce qui ne se peut ada ter qu'à ceux qui sont agrandis et advaBc sans mérite contre les formes anciennes; quant au gênerai des princes et seigneurs veulent se maintenir et vivre selon les re^l d'estat et sous la juste royauté j le$ estais gi neraux et libres font du tout pour eui .no obstant qu'il y ait des estats en Bourgongn Daupliioé , Languedoc et Provence , le roy tient des forteresses / y a des oiGciersetsc vileurs, et l'intelligence ne ponrroit estre ent eux de faireignerre et moins s*accorder d' chef. Les esuts peuvent supplier le roy i mettre ordre à leurs plaintes , sans user ù\ cune force ny contramte ; autrement ansi tost que Ton cognoisiroit leur désir de doi velletés , il seroit facile àSa Majestéd ypofl voir, :
De se mettre sous un prince qui entrepr sa pioteciion , c'est un abus : ils prennent I armes pour eux , non pour limiter la poison des roys, ains pour se mettre en lour pk
ftnetfveat, oo pour diviser Testât : quand ksffoBt coDiens, ils abaodonneront le bien l|ic;eiadTi>Bdroittel desordre , pour avoir yioioettie ordre , que ce seroit la confusion 1^)2 jetoos. Que si on venoit à esiire un
e^ilnescroîl ny agréé ny suivi. Il ne se ^ sur ce qu'en France anciennement ^mt se gonvernoit par les villes ; toute ^lilesse s f tenoil; il n'y avoit point de en campagne ; tous les trois corps
esbis de maintenant n*en feîsoient qu'un, tant dans une mesme ville , et neant-
1 j en avoil tousjours quelqu'un qui se 1^ seigoeor , et portoit la guerre et la paix
9 Baifl au préjudice de ses patriotes, ne servent d'exemple , parce qu'a-
leur révolte il y avoit fort peu de nobn es leur pais fbrtifié de montagnes et Ëes ; ce s^oit une mauvaise imitation pour liecdesiastiques et nobles , parce que c'est Ipple suisse qui a la supériorité au prejpbed'iceai. Les estais de Flandres ne se ptuA plus dire composés des trois corps i^, noblesse et tiers estât , ains une pure laocratie, ayant une partie des bourgeois teèoo soppedité la noblesse et les ecçle- ÉBËqnes. Et est très-dangereux qu'en voulut neore le peuple en liberté , qu'il ne se dmdiiisBst et mist les deux autres estats en aptniié.S'iladvenoit changement en France, 3 le se fera pas l'assemblée des estats : les dles ûccoperoat à la façon des imperialles , cl doD&eroot les armes aux villageois : ceux qùaoroDtdesiiDrteressesse feront comme les priuesf Italie, petits potentaux , avec beaucoup de coohkm et de guerres.
t Parhlipele chemin y estoit du tout ouvert, et À]gkéA dMcelle n'eussent eu peur de perdre leoratthorité , et que les peuples ïïeseafasseatbii trop à croire , ceste forme de gooTemeoeot sans doute f ust advenue , ptrceqoelalhnce y estoit toute portée , et >natqQ*ODeostpeuestablïr une paix entre m, comme elle est en l'empyre , ceux qui ^t seroieat morts. Pour éviter ces mal- ^, il n f a rien mieux que de s'opposer tofuerres civiles , maintenir le roy , et par Application et artifices garder l'ancienne re- 1^1 practiqaer la descharge du peuple et
RÈGNE DE FRANÇOIS IL 2«3
obtenir que par bonnes œuvres et prières & Dieu , qui donne la paix et le repos à ceux qu'il luy plaist. Et quand bien la reformadon adviendroit par lu suscitation d'un prince , iceluy tireroit à luy toute l'autborité des roys , qu'il pourroit enfin déposer s'il vouloit.
Les roys de France estoient à leur commencement electifis : les élections et successions ont leurs incommodités. L'élection non corrompue , dont le choix d'un roy appartient aux plus sages d*un estât , est ntile ; ceux qui viennent à la couronne parsuccession, le peuple par les loix est obligé à les recevoir tels qu'ils sont. Les guerres civiles sont coustumieres à la minorité des roys , et les brigues qui se font aux élections n'en sont exemptes : à la succession , les femmes, les cnfans gouvernent. L'élection qui se fait de Tempereur en Allemagne n'est au profit de l'empire , parce que les sept électeurs ne désirent la grandeur de l'empereur , de crainte qu'il ne les ruine; celle de France, qui estoit popukiire ^ n'estoit pas bonue , par l'ignorance turbulente accoustumée au peuple. Celle qui se faict en Pologne par les principaux ecclésiastiques y seigneurs et gentils-hommes , semble meilleure. Et quant au droict successif, il n'est ny ne doit estre plus exempt de bien régir que l'électif , parce que ce droict successif ne se peut ny doit estendre que sur la jouyssance du domaine affecté à la couronne, pour d'iceluy s'entretenir et vivre, et du surplus ayder au public ; et quant aux impositions , tailles et subsides , il ne le devroit lever ni exiger , non seulement par l'advis des estats du royaume , mais aussi par conscience , et pour estre contrainct à entretenir quelque force dans Testât, non pour faire la guerre injustement » ou pour donner à des favoris, et satisfaire aux voluptés déréglées : ce qui est dict pour les roys qui prétendent et désirent aller en paradis.
Le nom de prince est donné à ceux qui sont issus des roys ; ceste qualité est maintenue ou perdue selon sa fortune, ou courage de ceux qui la possèdent : plusieurs qui sont sortis de races royalles , sont maintenant laboureurs ; nos enfans auront eu des empereurs de Lascbaris, des roys de Boême , de Vienne , an-
i correctioq de la justice : ce qui ne se peut [ cien^roys (JeBourgougne et des roynes de Ci-
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cile pour prédécesseurs , et ne seront que gentib-bommes. Ceux d'ÀuIneau , de Courtenay , et plusieurs autres qui sont en France , sont deschcus de ce rang do prince » oncores qu'ils soient issus de la seconde lignée par Loys le Gros , roy de France. Le nom do prince n'est receu au Levant , en Pologne , ny en Espagne : c'est un tiltre en beaucoup de personnes approuvé pair fantasie et voix populaire ; les gentils-hommes françois s'esgalent aux princes estrangers , et les renvoyent en leur païs pour tenir leur rang. L'opinion commune est que les princes ne se peuvent dire tels quand il n'y a plus de souverain en leur race.
L'entreprise foillie qui estoit faicte pour ruiner M. de Guise l'establit ; ce qui est advenu au sieur de Luynes à présent; ledict sieur de Guise est déclaré lieutenant gênerai par toute la France , pour réprimer les séditions. Les troubles continuoyent en Escosse contre la royne Marie , amenée en France après la mort de Jacques Y, son père, roy d'Escosse : si le mariage d*Anne de Boulon est légitime , la succession luyappartenoit comme fille d'une sœur du roy d'Angleterre ; elle estoit la plus proche de la couronne : c'est pourquoy à son avènement furent Jointes les armes d'Angleterre à celles de France. Elizabeth offensée gagne le comte d'Haran sous espoir de mariage , l'advertit et le met en soupçon de Sansac , luy fait croire qu'il avoit conunandement de le prendre à Ghasteleraux : sur cet advis le comte d'Haran se sauve en Escosse^ là où , assisté des forces d'Angleterre , cause que les François abandonnèrent l'Escosse. MM. de Guise y font la paix pour tant mieux résister aux desseins du prince de Condé et de Ghastillon , dont l'entreprise avoit esté encore plus dèscouverte par la prison de Seile leur serviteur, k Les sieurs de Coudé et de Ghastillon , estonnés et accusés, demeurent en cour, sur l'asseurance et intelligence de la royne mère ; ils donnent des démentis à leurs accusateurs. Le prince de Condé feint d'aller en Picardie , se retire en Beam. Il se fait diversité d'edicts selon l'hardiesse ou timidité de MM. de Guise. Le pardon gênerai fust aussi^tost violé par l'emprisonnement de plusieurs : au temps de reaireprise d'Amboise s'en foisoit d'autres en
divers lieux , en Provence » en Dauphin capitaines et soldats , mal-contens de la prennent Valence , Romans et autres pi Monlluc, evesque de Valence, fitit di messe en françois. M. de Guise , {|[onT« du Dauphiné , estant en soupçon de C mont Tallard , lieutenant au gouvememe pais, pour la religioB huguenotte et p tage de madame de Valentinois , qui fàvo le connestable , il fait créer lieutenant J du roy par commission , en Lyonnois, phiné et Forests , le sieur de Tavam l'assiste de trois compagnies de gens dw et de seize enseignes de gens de pied« lesquels ledict sieur de Tavannes enir Dauphiné, accompagné de la noblesse dal gongne et du pais. Les rebelles , estoimé chef et des forces , parlementent : le sien Tavannes , les cognoissant du temps i guerre du roy d'Espagne , se roocque d et de leur religion , leur feit advooer qnei pour avoir esté des-apointés qu'ils ont pri armes : il leur offre des grades , pensioi compagnies de la part du roy ; MouTajis, ] tauban et autres les acceptent , absodooi les manans , posent les armes , et promet de servir le roy.
Le sieur de Tavannes prend roccasiooa de forces, se coule dans Valence, km le peuple : un bourgeois le prie de mkf les laisser résoudre ; il joue à quicte o double ; luy donne un soufflet , le memco le faire pendre dans une heta*e après, e met prisonnier. Geste hardiesse estom peuple , qui considère que ce coup n es faict sans grand appuy : la place se Yolde peuple se retire chacun en sa maison; le si de Tavannes remet la pahc au pais, ayant gué la noblesse , et retourne Uiomphaot Bourgongne.
Depuis , M. de Guise y envoyé le sieu La Motte Gondrin , qui imprudemment n* ce que le sieur de Tavannes avoit faici .11 apointe les gentils-hommes et capitaines, mescontente comme auparavant; eux sel voltent aydés du peuple, et le pendent dai ville de Valence à une fenestre.
Une religion nouyelle meslée de tontes resies se presche à Rouen; la royne, es»
die dd coup i'hnùmt , s'en revient, (
^ RÈGNE DE FRANÇOIS II
f^ttflseDl oBtt 1^ princes du sang , ceux Mostmoreflcy et les hne^ueuols , pour se cf de li gniDde antborité de MM. de
^t m autres- Lesdfcts sieurs de Guise , ^^ Is gagner , luy permettent de donner r^n au sieur de L*Hospilai , qui fiivori- ^ W bagoeools , comme faisoient tous les iliTotens, seul remède de leur défaveur. fj( «^ faisait au profit de ceste religion , sous ilenrde laquelle la royne obtint une assem-
> pour dîTers prétextes , des principaux «fleors dfl royaume , espérant que le roy \xme et le connestable reprendroient i.i!^. MM. de Guise y acquiescent , sçajQttiieDqne le roy estoit par eux , ce qui ru '>ioit toute crainte. Le roy de Navarre et prisée de Gondé , en doute , n'y assiste- Bt point; M. le connestable de Montmox\ . en pr^ence de MM. de Guise , rend Eii|itei)e sa charge, au tborisé du roy. Sur l'asanoce de b rope « Tadmiral présente la ret. sié des hugnenots , sur quoy trois poincts m résolus : derendre le roy le plus fort , par s^selDblée des compagnies de gens d'armes, L leiae des eslats , et le concile national , s'il ' irme Deceasaire à la tenue d'iceux; que qtrvbiitDuIne seroitpuny pour la religion. <^ partialités et Inimitiés accroissent , la quelie do comté de Dammartin se remue entre . roDoestable et M. de Guise.
lusurpatioo des armoiries d'Angleterre est Dhciueose, si en mesme temps les François l'eQircpreaoient de passer la mer : de mesme c^le de îmce prise en Angleterre, c'est une njocqoerie; les menaces, injures, mesdisances, seneot de peu , nuisent beaucoup , et sont desadvertîssemens pour se garder.
laioesseiie jedoit dire eu françois, le hûgcment et reformation des cérémonies te se doit fiûre sans l'approbation d'un conilv Senerai; oeantmoins il faut confesser que ^ p-uples seroient excités beaucoup plus à
devoliofl, s'ils entendoient en leur langue
> c\mts des prestres et pseaumes qui se mi ca l'église.
lâot plos l'on accorde à ses ennemis , plus 1 % met en danger ; ils ne se gagnent par tn-fuicts', la crainte et l'impuissance les em- ^bcat de mal faire \ il est plus aisé de se
garder de leur desespoir que de leur pouvoir, d'autant qu'ils tournent leur pouvoir et bienfaicts contre les bien-facteurs.
La fidélité , le secret et sobriété sont parties requises aux négociateurs, qui ne doivent estre vanteurs , glorieux , outre-cuidés , ambitieux ny avaricieux , et qui n'ayent but que le bien de leur maistre ; il vaut mieux donner de l'argent à porter que du secret, parce que l'honneur est plus que le bien. C'est faciliter les moyens aux infidèles de profiter aux dépens de leur maistre , de leur communiquer les affaires importans. Ceux sont heureux qui peuvent negotier par eux-mesmes ; une parole ditte , une lettre trouvée , les conjectures en crime d'estat font appliquer à la gebenna ; peu la soustiennent , estant leur salut préposé à celuy de ceux qui les ont employés.
Aux extrêmes dangers de tumultes popnlah*esil faut les extrêmes remèdes ; c'est salut de n*esperer salut. En l'année 1575 je fus lieutenant gênerai du roy Henry III & Auxerre, en la guerre qu'il avoit contre son frère M. le duc d'Alençon , qui estoit assisté des huguenots et de huict mil reistres. Je n'avois que cent arquebusiers estrangers, si bien conduits que les ennemis passèrent sans m*attaquer. Le peuple , glorieux de cest acte , se rend ino^ béissant, tue à la porte (avant que je pousse y estre) des députés de la royne traictant la paix entre ses enfants , par le commandement de Leurs Majestés. Je fis justicier les meurtriers au milieu de la place d'Auxerre , assisté de douze des miens à cheval , n'ayant les habitans, quoy que je commandasse, permis l'entrée aux cent arquebusiers que j'avois aux faux-bourgs. A l'instant le peuple de la ville prend les armes , vient pour sauver les prisonniers avec force arquebusades : je fis ferme , soutins le faix courageusement , pendant que le seul procureur du roy , de mon party , avec un de mes gens, reprenoient les eschapés du bourreau par le bruit des arquebusades. En mesme temps un des criminels est pendu : ce que voyant le peuple , et me considérant résolu à la mort , quoy que les derniers tirassent^ les premiers s'estonnent et se retirent ; je fis achever la justice , la force me demeura. Si j'eusse branlé ou monstre estonnement , j'estois taillé en pièces ; puis qu'ainsi conune
kAB
ainsi on est perdu ^ mieux vaut que ce soit gcncreusement, parce que la resolution sauve souvent du danger.
^ Les assemblées particulières faictes aux provinces qui envoyent deux députés séparément^ avec supplication et requesteauxroys, sont plus utiles à Leurs Majestés que les Estatfrgeneraux , pourveu qu'ils se sousmettent aux loix et à la raison , règlent la justice, deschargent le peuple selon les plaintes qui leur sont faictes : ce qui est receu avec plus de gré que s* ils estoient forcés par la requeste de tous les estats ensemble , et sans crainte que par ces assemblées particulières on leur puisse lier les mains : et ce que le peuple tiendroit des estats , il le tiendroit de la bonté de Sa Majesté, faisant Sadite IMajesté ce que lesdits estats feroient s'ils estoient assemblés pour le public. Mais de se vouloir servir de ce moyen , conune aux deux assemblées qui se sont faictes à Rouen, pour seurement s'authoriser d'avantage et se descharger du passé , sont effects et assemblées très-inutUes.
I En 1558 mourut un pape , un empereur , les roys de France , d'Angleterre , Portugal et de DannemarCy les roynes de Pologne, d'Angleterre, d'Ongrie, la royne Eleonor^ trois cardinaux , les patriarches de Venise, les ducs de Ferrare et de Venise.
; Jean Ange , cardinal de Mcdicis , fut eslu pape au lieu de Paul IV, duquel il prit le nom, et fit estrangler peu après lecardinal Carafe , pour la crainte des menées et entreprises qu'il continuoit. En avril 1560 , le vice-roy de Sicile , le grand maistre de Malthe , les galères de Florence appelés des Arabes discordans des Turcs , les cbrestiens entreprennent sur Tripoli , font un fort aux Gerbes ; pendant les Infidèles se réunissent : l'occasion perdue et la nouvelle de la venue de Tarmée turquesque arrivée, contre l'advis des capitaines, le vice- Toy séjourne ; André Dore , quoy qu'il cogneust le péril , se laisse persuader et résout lard le parlement à minuict , et plus follement neTexecute le remettant au lendemain matin. Pialli baschat , avec huict vingts galères , paroist superbiant; les cbrestiens, plus fdibles de trente galères , résolvent la fuitte non le combat; estourdis de peur^guindcnt les voiles pour s'en aller plus vi$te ; et par ce moyen
sont descouverts et defaicts des Turcs quels gagnèrent trente galères cl fireai ner en terre le reste ; où les Tm^cs des rasèrent le fort des Gerbes nouvc construict , et s'en retournèrent viauric la faute de prudence du vice-r oy de Si
Le roy de Navaire et M. le pri Condé, persuadés par M. deChastill excités de la royne , cognoissent a'av cours qu'aux armes : voyant le roy cd bi sance de leurs ennemis, ils conclureo foire prendre Lyon et autres villes p, huguenots : sur l'execntioo , rassemble Fontainebleau les refroidit , et leur en est contremandée lorsque les conjurés cachés dans Lyon , qui furent descouvi^i leur retraicte. MM. de Eourbon couvrent crainte , et s'excusent de ce qu iisne xn trouver le roy , sur ce qu'ils estoient ad\( que la gendarmerie avoit esté mandée qu'ils ne vouloient troubler les estais. La solution de les tenir fut débattue ; le can de Toumon dit à MM. de Guise que , guo nans le roy François, ils avoient iiavj vingt ans pour abollir la liberté et asspmt des estats , qui mettent les roys en tutelle qu'iceux favoriseroient les princes do plustost qu'eux. MM. de Guise, mieu\ ( seillés, jugent que le roy , majeur de di\ \ ans, seroit maintenu par les E^als-genen intéressés en sa ruine, croyant aussi (|u i<c composés de callioliques , condanuimii l'heresie , et le prince de Condé pour li^ i treprises d'Amboise et de Lyon, pres^ot absent qu'il seroit, et que rassemblée i estats faisoit pour la maison de Goi&e. Ay telle prise sur le prince de Condé et ses ; herans qu'ils avoient , ils hasterenl b le des compagnies de gens-d'armes, et les cdi meslerent tellement que leurs ennemis nei pou voient prévaloir. MM. de Guise ne a muniquent rien au roy que ce à qoojils contraincts pour les aflaires qui se présent sçacbant que par le moyen de la royne ! niepce , ils luy feroient faire ce qu'ils i droient , et augmentent Fininoitié qui t entre les roynes mère et fille ; tiennent s<« leurs desseins contre M. le prince de Cih
Le roy , s'estant rendu fort des compag de gens-d'armes et gens de pied , CiCi
RÈGNE DE FRANÇOIS I
rie cdBsal d6 MM. de Guise au roy de Na- ^ (m il âoenasl le prince de €k>ndé pour poroerdesertreprises dont il estoit accusé; te&vqetf nrf<^ndoict pour cest effect.
|^.j£](ti«r6aToit deux factions en sa ^iQi^^fDtft ordinaire aux grands dV ^imp^ près d*eax , chacun desquels ■dtfdepoiir leur interest particulier , ou fgkfosstkr leurs contraires. Le roy de fgtt tàffà d*att naturel léger, fort irreh; tf portait d'un costé et soudain de Taul«»9 floccnoit entre deux , et Fopinion jl inRt abandonnée luy sembloit la meiljn, fli h reprenant sans rapporter les Év^nbloy avoient fiait quitter, s*y relit ; et y estant , la crainte présente la rfaisoit troorer plus périlleuse que celle iTeooitde hisser, et la cbangeoitsoudain : Kvdoroy d*E8p^gne , de celuy de France de ses enoemis armés , et faute d'argent IV « mainteoir , le portoient à la cour; 'M part les enu^eprises descouvertes , les ittjeshogoenots , les admonestements de B de Chastillon de le faire mourir avec I. ses frères , qu'il avoit en de la princesse ( Gottlé , i laquelle la royne mère Favoît ïpnrkseaadvertir , le dissuadent.
UEeie iffne mère escrit au roy de Naaire qil wt , y estant à demy forcée pour Im iXI. de Goise , et , craignant d'estre esDûoierte , ans escrire feisoit entendre se- 'etttBeotàliiirincesse deCondé que c'estoit i iDort de 8oa mary s'il venoit à la cour. Le 9y deVaiarre et prince de Gondé adjoustent oy m ocriu de la main de la royne , non inxadiorâMettBi secrets qu'elle donnoit au :0QthiK, kl croyant procéder de la crainte kiapriacMiiCondé , et d'autant plus que enrs senitevs dipendans du roy et de Di, de Gm etfuis avec eux , les faisoient Kser pardessus tons advis et difficultés prétopaBt leurs esprits.
M. le cooDestable , esloigné de dessein et i armes , tant pour sa vieillesse que pour sa poiatioo acqoise , les sieurs de Chastillon tûioésdes forces qui estoient à la dévotion (Vf. de Gnise , dissuadent la venue du roy ^^Tarre en cour, et ne luy Ifont. point lire de se déclarer pour luy s'il ne venoit , cas (fi'i fost assailly en Béorn. Sa Ma-
jesté, plein d'appréhension de perdre par l'Espagnol le reste de ses souverainetés , croyant qu'il ne pouvoit estre accusé des entreprises de son frère , guidé plustost par la force du destin que par prudence, après avoir failU plusieurs fois de s'en retourner ^ arrive proche Orléans , où le roy estoit depuis le 18 octobre avec forces , gardes de cavalerie et de gens de pied.
MM. de Guise avoient laissé M. le duc d'Anjou au bois de Yincennes pour la seurté de Testât , et pour séparer MM. de Bourbon , desquels ils avoient gagné la moitié ; ils firent donner le gouvernement de Touraine à M. de Montpensier , et celuy d'Orléans à M. de La Roche-sur-Ton , qui estoient des gouvememens au milieu du royaume , et par conséquent mal propres pour entreprendre des nouvelletés. Les députés des estats , arrivés sans armes à Orléans , n'estoient pour faire la loy au roy ny à MM. de Guise , qui estoient armés. L^dicts sieurs de Guise en pleins estats , qui avoient esté tant requis du roy de Navarre et des huguenots , se préparent de faire faire le procès au prince de Gondé» d'affermir leur gouvernement et chasser les hérétiques ; tant les princes du sang et huguenots s'estoient trompés en leurs passionnés désirs de ceste asseinblée : les sieurs de Chastillon se retirent chez eux. MM. de Guise avoient asseuré le pape et le roi d'Espagne de chasser du royaume les huguenots ; des* seignent (après le procès du prince de Gondé et luy exécuté) d^envoyer de la gendarmerie et de gens de pied sous la charge des sieurs de Sainct André, Termes, Brissac et Sipierre , leurs amis , pour chasser les hérétiques et faire obeyr le roy. ,
Le roy de Navarre et prince de Gondé arrivent : la royne mère (contre l'advis de laquelle ils estoient venus) estoit pleine d'estonnement et de larmes , cognoist Testablissement entier de MM. de Guise. M. le prince de Gondé fut pris, et le roy de Navarre n'eut guieres mieux. Madame de Roy, belle mère de ce prince , et quelques autres servans aux vérifications des crimes de leze majesté , qui luy estoient imputés, sont arrestés. Le procès précipité en pleins estats nonobstant refus de respondre, oppositions ou appellations du
MB
priâce de Condé furent soudainement vuidécs, nveo injonctions de respondre & peine de confiolion. Le roy lui eust feit trencher la teste ilans deux ou trois jours , sans la mort qui le prévint , la sentence estant ja minutée , le tout parle conseil de MM. de Guise , auxquels il sembloit n'en devoir estre mal-voulus , et que tout tonrneroit sur le roy : le crime estant tout avéré de Tentreprise d^ Amboise , MM. de Ottise faisoient semblant de s*esloi{pier de eeste poursuitte , espérant que le roy de Na ^ varve croiroit que la ruine de son frère ne prooedoit d'eux , ou bien , sll avoit quelque opinion qu'ils en fussent les autheurs , peuioient luy ferre oublier par sa legqreté. Le roy tomba malade d'un mal d'oreille, et mourut hukt jours après , quelque secours qu'on j peust opposer , pour estre mal habitué ; floort soudaine et non preveue , qui changea lont le gouvernement de la cour et de la lyance.
0 Dieu appelle en mesme temps Ie$ grands foys 9 les grands capitaines , pour egaller les doîninations ; en un autre temps , donne des •nfuM ou des ignorans , considérant que restant un de ces grands capitaines parmy des règnes d'enfans ou des princes imprudens , ils ie feroient monarques.
# Où il va de l'honneur , de la vie et du pu- Mie, les capitaines ne doivent escouter les persuasions d'amis n'y d'ennemis , sans avoir égard aux larmes et salut d'un petit nombre , pour en leur considcratlon hasarder le tout à Fexemple mesme des serpens , qu'il se dit se beneber les oreilles de la queue pour n'enlendre les mots enchanteurs. L'armée des Geribea se perdit avec le fort qu'elle pensoit conserver : la retraicte résolue et publiée ne ie doit retarder, une demye heure pert ou ianve une armée où l'opinion de s'en aller a pris place ; le combat ne trouve point de lieu, puis que les esprits sont préoccupés de refraiete : il hi faut faire en ordre et soudaineneDt, et ne s'arrester sur les paroles de ceux qui veulent paroistre vaillans par icelles , et ioot souvent les premiers dans le desordre à Îêl Sttitte. C'est malheur aux jeunes capitaines d'estre deshonnorés par leur fautes avant qu'avoir l'expérience : ils ne r'aquierent les pommimeû» pour reparer leur faute,
parce qu'on ne leur fie semblables cj pour la honte qu'ils ont receue.
L'ambition des grades, gouvemcmi dons , sépare les frères et les cousins il dens , les arme l'un contre l'autre poar tenir leurs bien -facteurs : ainsi Ymt l'avarice est plus forte que les parcn Vray est-il qu'ils se peuvent reunir ao pens de ceux qui les ont divisés , et po maintenir en inimitié il fout que le biej\ se reçoive annuellement , non touâ coo que ce soit par les mains des maislrcs; ad ment , s'ils ont les places ou des mm pouvans passer de ceux desquels ils lei receues , ils escoutent les persuasions < reunir à leurs frères et cousins, cooirc quels ils auroient esté employés des rains.
L'irrésolution est le vice ordinaire des
rituels , parce qu'ils regardent en m
temps et de mesme veue beaucoup de bi
beaucoup de mal de toutes parts , et ne
vent auquel se jetter. Les entendemeos
faicts et imparfaicts du tout prennent ^
plus promptement que les médiocres ;
une extrême peine d'estre irrésolu. Se eu
rant aux amis, il faut prendre garde
sont passionnés ou intéressés, parce q
chose douteuse leurs persuasions einpor^
la balance , non du costé plus salutaire i I
amis, mais de celuy qui est plus niile
conseillers ; conférant à un autre porte
contraire , il renverse les raisons du pre\
dant , et de tant plus l'irresolotion cm\
celuy qui demande conseil. Pour h \m<
de soy-mesme , faut escrire les raisons
deux conseillers et les siennes; compter,
par la pluralité des raisons , ains par les
justes et utiles \ se méfier des inclinailo
prendre résolution selon Dieu et le droit,
avoir égard au profit et danger. Les th(
giens esclaircissent sçavoir s1l se doit oh
à Dieu ou au roy, qu'il n'est licite au chi
tien de prendre les armes, qu'il hutob
aux magistrats , et ne suivre César , qui
soit : « Si je ne fais guerre , c'est ma n
» particulière ; si je la fois , c'est ceWe
» monde. »
*^ Le chrestîen , pour sauver son me préférer le public à aonparlicuBer i k« «
niîGNE DE FRANÇOTS l.
2sa
)hfint précéder ceux qui soni au
0 deux dangers , en deux preci- Ihot necessaireiTiciit passer, en nj metlant le pied il s'y vok tant
» Pon se pepent de ne l'avoir mis
Ht Auiger présent fait croire ccluy
'( moins périlleux. Après avoir
I K fnut jcltcr sans plus penser
itf prenant une résolution on pense
Le'esi m faire rien qui vaille. En
snce il ne se doit gueres de-
IoId , d'autant que l'irrésolution
K de résolution de ne faire rien
Kox tes ambitieux qui peuvent
r désir sims olTcnscr Dieu , se
1 JDSlicc des armes avec leurs
1 souvent entraïsnés par le S à nostre malbeuri je ne sçay (ft[ marcher aux lieux infortuni^s e conseil, celuy de nos amis et Breceus : nous touchons et senle ne pouvons divertir ny rejetle que nos pieds conduisent nos- ! elle. Les payens disorent la nécessité , que les EOent jugement de Dieu , le- I les prévoyances humaines I ordonnances. Quand nous fw combat , que contre raison Ti portés (par quelques inclînap] i nostre mul , nous devons " înilf?, qui a puissance sur les , bien advei'ly contre sji pre- , se laissa conduire au sénat , , WH B. de Guise , estant bien ad- I 2?'''*'l'"''f^''ï "fi s'en alla point de ^■■■^ I ne se peut garder d'aller au ™»**3 fut poignardé. Depuis peu , le ""Sun, de mesme bien adverly de ""**- porte sa teste au roy, qu'il luy PjKâerdans la Bastille , prison de la- ■)f n'estais sorly.
i après la paix de la ligue, 1597, le "' m'envoya plusieurs seurtés 1 et de ses serviteurs plus ! donna asseurance et saufi inclination et volonté n'estoït a Kl cour ; j'avois plusieui's advis qu'il
ItieiidrtHt mal, qtii me furent conRnnës
sur les chemins ; je cognoissois mon malheur, et estoîsji toute heure prest de m'en retourner), ce qni estoit hors do ma puissance , estant entraisné de ma mauvaise fortune, j'allay à Paris sur la parole et cscrit de Sa Majesté, laquelle il ne m'observa pas ; et après avoir parlé à luy il me Gt mettre prisonnier en la Bastille et garder cstroictement , du quel lieu peu'oti point de gens sont sortis comme moy; ce qui fut miraculeusement , par l'aytle de Dieu seulement , auquel je priois d'en estre du tout obligé à luy seul.
C'est une admirable considération qae les exemples de la mort de l'adminil , de M. de Guise , de tant de foy violée pur les roys , no peuveutdcssiller les yeux que Nostre Seigneur obscurcit : les prières peuvent rompre l'arrest du destin. Geste roync qui vit les lyons et léopards figurant la première et seconda lignée de nos roys, et les renards et loups se dechirans l'un l'autre , denotans ta division de Testât devoir advenir h la troisiesme race ; l'an climaierique du nombre des roys , composé de neuf fois sept et de sept fois oeuf -, lu longoc durée de la domination françoîse contre le temps que doivent subsister les royaumes , prcsageoît la dissipation de Testai de France; les destinées s'y portoyenl, les desseins en estoient nais. NonobsLint , du temps du roy Henry TV Testât demeure en son entier, est affermy avec apparence qu'il continuera après son décès, pour estre morts et dedanseï dehors plusieurs gens remuans d'entendement et de courage , qui pouvoîcnt favoriser la division. Il est à croire que les prières des François, les aQlictions recenes ont changé les arrests de Dieu prononces contre la France,
if L'estat ancien des Ganlois estoit populaire, obéissant aux plus illustres cl valeureux d'entre eux volontairement : les François amenèrent les roys qu'ils avoieut desja eslcus en Allemagne ; ny les uns ny les autres ne resulvoicat guerre , paix ny subsides , qu'aux assemblées générales , parlemens ou cstats généraux. Les roys se dispensèrent de ces assemblées et s'en iirent croire par la corruption des grands. Ils proposoient le bien public et faisoient le leur particulier eu levées de deniers , guerre et paix , auxquels les peu-
SGO
pies, par dons et crainte, ne vouloicnt ou n^'osoient contrarier : et enfin ont tellement bridés les esuts , qu'ils n'ont plus de force qu'à la minorité des roys ; encore se laissentils guider à ceux qui sont les plus puissans et qui ont plus de crédit.
'/ L'empereur Charlemagne ne resovloit rien de grande importance sans les estais, qu'il nommoit parlemens ; ils ont eu force jusques au roy LoysXI. Si la justice derauctorilé d'îceux est considérée, ils seroient pardessus les roys, puis qu'ils les ont esleus, du moins durant le temps qu'iceux seroient rassemblés. Les Anglois, les £spa{;nols ,- gardent mieux leurs privilèges que les François , se rendans dignes de la liberté qu'ils ont, parce qu'ils ne se laissent diviser aux artifices des princes , et semble en France que leurs gouverneurs , officiers et magistrats se séparent du bien public , conune si leurs enfans dévoient hériter de leurs grades.
^* Nul estât ne peut estre mesié en un temps des trois gouvernemens en mesme auctorité , Tun est supérieur : les consuls , le peuple , les sénateurs romains , ont chacun à leur tour eu les puissances souveraines à Rome ; Testât de Venise est aristocratique , et celuy des Suisses populaire ; l'empire et le royaume dé Pologne est aussi aristocratique, et Testât de France est vrayement monarchique , ayant sa puissance non limitée ; celuy du Turc entièrement tyranniqne. Si les roys , par bon naturel , ou par remonstrances et prières qui leur sont faictes , ne maintiennent leur peuple en liberté , le remède des chrestiens est de prier Dieu et endurer ; autrement ils seroient contraincts en France de mettre en pouvoir les estats généraux, qui seroit une aristocratie qui rendroit les roys pareils en auctorité à Fempereur d'Allemagne : à cela Testablissement de puissans princes ayderoit.
V L'exécution en seroit difficile ; les estats (qui ne s'assemblent que par la permission des roys) , les divisions d'entre eux , les capitaines des places , les officiers , les princes , sont contraires ; et adviendroit qu'en voulant reprendre leur liberté , désirant se remettre en meilleur estât, ils tomberoient en un pire ; et y auroit danger que Testât ne devinst populaire^ qui est le pis de tous les autres , ou sé-
paré en petites tyrannies. La noblesse glise d'OIande , Zelande et partie de Fia pensans reprendre leur liberté , se sont en Testât populaire ; les Suisses en fir mesme. L'on peut objecter que la n'est pas dans les eaux ny dans les mon comme les Flamands et les Suisses , et noblesse y est en grande quantité , le [ des cliamps puissant , lesquels joinctspei estre maistres de la campagne , pour la loy aux villes ; Testât de Fraoce cba est plus capable d'imiter la forme dcc< d'Allemagne , meslé de princes ^m villes libres et menu peuple qu'autre difficile qu'estant un roy establi , si ce par sa preud'hommie , les peuples rcpr leur liberté , sans occuper la puissaoci veraine. Pour cela faudroit que les estd dissent les forcesà eux, faire un conseilcn provinces, résoudre les assemblées de su mois, régler les finances et justice; quiseJ effect changer Testât, et en danger de nir populaire. A la vérité , il vaut mieux frir «que s'il fallait chercher la libertépai moyens dangereux ; les choses faictes à d perdent les auteurs. Il est impossible qiu estats puissent d'eux-mesmes r'avoirleu berté , et d'entreprendre sous les priot Texperience monstre qu'ils font leur pro( laissent celuy du public , et ne tendent ( usurper les tetrarchies tyranoiques, \ç^ les obtenues , la monarchie estant eniret pée, les parties divisées s'entrechoquent;! ques à ce qu'elles ayent perdo la plospari ceux qui s'y sont entremis.
C'est heur de vivre sous un grand roy { tyran: les subjects des petits potentanidl lie et d'Allemagne sont serfs ; leurs pri^ sçavent leurs facultés , les robes , les n{ d'iceux , les tyrannisent au double , tonsj en soupçon les tiennent en crainte. Lc^ d'eux-mesmes devroient régler leurs p^^ ces à l'exemple de leurs voisins, tant crainte de Dieu , pour la justice , que conservation de leur estât , estant impo qu'en une licence si effi'enée de levées ev sives , la justice corrompue , les bienfai mal recogncus , les vices non punis , qu ic| nengendrcnt des mouvemens danger'' tfesians les movens et richesses au pe
RÈGNE DE FEANÇOIS L
ttfu le roy, les bTOris et officiers de t pcnneileat. Et quand les roys se tt en leiir devoir , Dieu permettra que Kknaibjf cts se UeadroDt au leur. Jamais ■ft'oten seurlé, quelques divisions qu'il i;san peuple : si son grand estavaleur le font durer un s, ^'il fL-cojpioisse ces dans de Dieu , et • )■ peaptes n'attendent qne les moyens rqrnhlre leur libenéperdue.Ledangery ffaigrand niaintenan t en ce royaume qu'Û ifeil; les citadelles s'en vont toutes myta France ; les François ont apris de T avec les esiran,<;ers; les exemples des K de plusieurs fimi les entreprises plus i. Pour lirei- les roys à ceste reitKVt sans armes, tlsdevroient avoir une t inteHigeDce entre les princes, sei- ^ , ecclésiastiques et f^entib^Mmunes , et t ai&imab\e supplication requérir Leurs fcd'y pourvoir.
jagemens des criminels' par commîs-
■iipisoDt des persoimes cboiûes selon
' iQ des roys , son t tyranniques , et les
in tirfs des cours de parlemens , qui
■ oiflDjrés, offenseat leurs consciences
' BMleat (le ce qui ne lenr appartient
l^lsxiBlblasmés comme leurs maistres,
RMltsde corruption ou de vengeance
^^oieciioii. Les juges des François
^■•pjrlemens ; U' i oy , estant partie en
^^•■Ine majesté oy en antres, ne peat
^■■"■«iit changer les juges ordinaires.
I ** * «iremo meschanceié , que telles
^* «"tduiuipni à peine de conviction
*™Nre df'vani eui; plusieurs monr-
"■"itaouquy rospondre. Le roy Hen-