‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 26 sur 224 · P'wièscrimiHi'Idn sîeor deBiron · texte numérisé non relu

P'wièscrimiHi'Idn sîeor deBiron

"^aiendu (pie ses prédécesseurs,

"["Wcondaniiier par arrest de la cour

ntdc Paris , toutes les chambres

: la couljie et l'inimitié est la

''fWrejetnic sur le parlement, et la

""■"'lia criminel plus avérée. Deux fois

ppaâiTctire jugé par commissaires, Dieu

T^fWCTé; ('(>gnuis>;aiitmes juges passion-

(I pariy des catholiques que J'a-

'lBNi j'eilois résolu me laisser contumacer

Mqiiede respondre devant eux, puis

Miibiai par leurs meschancetés je ne

fam

pouvus éviter la JDort , de laqndle Dien m'a tomjoun samé uâraculeosement.

Les pairs de France sont'dicts' tels, pour aroff eopart enBnmce durant I9 teiqit de ChariemagM, devant et après les dactevesqnes, qui tTmeut ceste qualité, recognoi»^ soient seulement h souveraineté aux roys , lesquels peu à peu les <mt minés et se sont appropriés les duchés deBoni^wgiw, de Han^ dres, Champagne, Berry, Normandie, Gnîennp et antres , et ont osté U puissance aux èVes-^ qties de France qu'ils avoient , telle que cienx de Usyence , de Cologne et de Trêves oiit pour le jourd'buy'en Allemagne. La guerre , la paix , les imposts se feisoient par les estais généraux et par leur adris.Lesdicts pain, le roy y présidant , jugeoient en cas de crinn leurs compagnons sans preridens ny consal-' 1ers : Hne Capet maintint ceste forme de' pair^ en apparence , et en créa d'impirissans à sa' devotitHi , pour balancer et equipoUer le pou \ Voir des grands : maintenant sont pairs en peinture -, sans anctorité , pour laquelle abaisser les roys ont augmenté le nombre de douze jusqnes & trente. Cest un tiltre imaginaire ,' leur procès se foici à la cour de pariement de Paris , leur gardant seulement ceste prééminence de les appeller : s'ils s'y auvent , leur T<ùx est estonSée de la pluralité des conseillers , et n'y venans apr^ avoir esté sommés , l'on ne la^ de passer outre. Et les vrays pairs de France estoieut et seroient ceux qui possederoient des dnchés et evescbés, en teUe anctorité qne ceux d'Allemagne , lesquels auroient ce nom effectif.

ï Ceiu qui ont escrit sont bien d'accord qite ce nom de duc vient de du», qui est i dire conducteur, soitparce qu'ils conduisoient les provinces qui lenr estoîenl données en charge, ou les gens de guerre qu'ils y menoient , ainsi que le nom de comte estoit pareillement des offices et commandemens , tant aux escuyries qu'autres chairs proche des empereurs romains. A l'imitation d'iceux , les roys («t usé dn nom , et non de l'effect. La difficulté est de sçavoir en quel temps et par quel moyen ils ont esté érigés en duché et se sont appropriés les provino«^'^>i'<iaiuuandoieiit. Cela n'eatoitiMAl "os, les

Fnu »,

HiQSk

durant le règne de Glovis , qui en occupa la plus grande partie » bien quelques provinces avciput quelque conuncncement de prince qui )es dominoit , tant en Bourgongne qu'ailleurs. La pluralité d*enfans sortie de Clovis, fit des royaumes de Metz, de Soissons, d'Orléans « et y a quelque apparence que les enfiUis de ces roys , dont la possession des biens qu'ils teiioient n'estoit asseï grande pour continuer îe nom de roy , se seroient contentés du nom de duC| recognoissani les souverains : aussi que ceux de Suéde et de Norvegue , qni envahirent la Normandie, prindrent ceste qualité de duc , sans que pour cela ceux qui ne s'estoicnt point appropriés les provinces laissassent de prendre ce tiltre , encores qu'ils ne fussent employés que par couwiission. Plusieurs, de mesme advis , sousticnncnt que cesto usurpation de duchés en propriété a esté du temps de Pépin et Cbarlemagne , augmentée en hérédité par Hue Capet.

' Il s'est faict deux usurpations en France , l'une du temps des Martels , Pépin , Cbarlemagne , qui déposséderont les Meroingens et usurpèrent la couronne ; Tautre du temps de Hue Capet , qui spolia la lignée de Cbarlemagne et esta le royaume à celuy de Metz , auquel il apartenoit , et le mena prisonnier à Orléans. Tous ces deux changemens ont eu grand besoin et affaire de Tassistance des papes et de la noblesse de France ^ c'est pourquoy Cbarlemagne , qui est ccluy qui a institué les douze ducs et paii*s de France , pour gagner le pape et avoir TEglisc de son cosié, iit six evcsqucs ducs et pairs de France en double artifice : Tun, parce qu'il obligeoit le pape et TEglise ; Tauire , parce qu'il mettoit des principales villes entre les mains des prèstrès , qui , n'ayant point d'espée, estoient portés à l'obéissance et manutention de Testât , pour éviter l'oppression de ceux qui vouloient entreprendre contre eux. Les six autres ducs et pairs furent choisis de ceux qui avoient biens et puissance dans les provinces de Bourgongne , Champagne , Normandie , Berry , Guyenne , et partie d'ieeux sortis de la lignée des roys , lesquels il falloit gagner pour consentir à coste usurpation. Depuis , venant les roys de la lignée d<; Charlemagne à décliner en valeur) çsl;uis bonib il icous plusieurs

princes de la race des rois , ils commi de s*approprier entièrement les prov ils commandoient , et s'en firent accr mesmes les grands du royaume , emp gouvernement des provinces, sa le prioient par tolérance : ainû fit Hi Grand , sorty de Huitequin , que Ch gnc amena de Saxe , et duquel yssit pet , qui esta la couronne 4 ceux de dudia Charlemagne.

^ Les Normans aussi se qualifioieat i y avoit des comtes de Champagne , d et autres provinces, lors que Hue Gs^ b couronne par l'assistance du pape :

et par les seigneurs de France , un li brc desquels il fit ducs et comtes hen des provinces et tenues qu'ils tenoient^ nant quoy il les gagna pour assister et I son usurpation : et estant de ceste op Charlemagne , qu'il practiqua puis i^ luy que ses successeurs, qui estoitde n cier point, pour usurper la couronne « plusieurs grands et petits ducs et co propriété, pour l'asseurance qu*ilavc ruiner les uns après les autres , et r'as le tout à la couronne ; ainsi qu'il avoic gné , ainsi est il advenu , ayant rài couronne les duchés de Normandie , de Champagne , duché d'Anjou , de Be Guyenne, de Bourgongne, Languedoc vergue et Provence , et tous les autrei culiers possédant des villes ou chaatei uns par faute d*heritiers, les autres force , et plusieurs pour avoir contrevi justice , battu des scrgens et faict des fautes. Or pour couvrir tous ces chai^ et usurpations que les roys faisoient^ lurent laisser quelque apparence de 1 laissèrent le nom de duc à plusieurs » des provinces susdictes , ains seulea quelques tcires qu*ils tenoient sans auctorité dans icelies ; seulement ils leurs rangs dans le conseil des rois cours de parlement , leur ostant tout p mesmes celuy qui s'observoit ancienni que ceux qui estoient pairs do France voient estro jugés que par leurs semU I^e moyen pour abbaisser la puissan grade est d'en faire plusieurs, et me personnes iucli{[nus de lus (iu^^uder \ tel

in BÈGNC DB

en a estj créé grand ooQibrç , et les tere peu de valeur qu'aucuns avoient soat érigées ai duché et comté , neautlnoms npure etstBS puissance , ainsi que ceux taer8|deC<ûse« de Nemours , qui néant- L^{fliet( conférés aux princes, c'est à k|(^ qniestoieut parens de souverainsi tfe soat ceux de Bourbon , de. Nevers, (grm et de Savoye. Et pour couvrir ces piûoos, tant au sacre des roys que aux des cérémonies « Ton prend de ces ducs près ^e Ton £ait ^oir à la place des eisdiics et pairs qui Festoient par eflect. Ilfeiienant le desordre est venu si g^rand jiaiiaaneedes guerres civUes, auxquellahlk foire pour plusieurs , nommément [«astéries êivoris qui se sont voulu esir, lellement qu*il s*est faict des duchés lônoûl livres de rente , et des comtés de k(C^sU>i:es , ainsi que celle de GreusiUe^ ||in(m, de Senrre« L'ancienne voye esisvUQoio&peu practiquée, qu'il faUoit fterojaiuDespour faire un empire , autant Jadiis pour faire un royaume , quatre

Spoorereer un duché, semblable quan* haroBS pour une comté » et quatre feon svec leur arriere-fief portans bannière 0(m«e baronnie. Mais on a passé non ■bneHj» dessus les anciens ordres de lUttBttisaittii rompu les nouveaux, mettttoitâk coBfasion ^ et tous ces grades en 1 desûme , po^és par personnes incapa^ es et possédant peu de moyens , et y en a adeaostretMnps de quatre aortes.

le& paRttdes rois et souverains , de Bour- )(H^4KGuaai de Nevers, de Nemours, d'Eljœi]f,diàiaaBe,dii Haine, d'EguiUon, tous esquek(eiic^^ax de Bourbon) sont esté reà de AoM Mpa , et n'y a pas cinquante B$ qn'ib a'ectoîeDt que comtes et marquis ; ar riciiesies, les ducs de Mombazon, de eit»loiir;par£tveur, les ducs de Retz , de )]feiise,d'E8penioQ, deSuilly; par crainte {|iaerreciTille,le8 ducs de Les-Dîguieres, BBooilloaeideRohan; et pour maintenir sboris du roy, les ducs de BeUe-Garde, de iriav et autres nouvellement créés par le Kde Lupea, qui a retenu ceste première ^ pour Iny. Et voîcy ce qui n'a point en- K«es(é veu : il s'est bien parlé des roys et

FBiMÇOIS i.

ducs qui faisaient de nouvelles villes et leur imposoient leurs noms , mais non jamais qu'ite ayent changé le nom des villes pour y perpe*tuer le leur : et néantmoins les sieurs de Luynes et de Belle-Garde, aux terres qu'ils ont acquises, veulent non seulement s'en dire ducs i mais aussi changer leurs propres noms et leur en imposer d'autres par arrest de le cour, ainsi que les duchés nommés mainte^ nant de Belle-Garde et de Luynes « lesquels auparavant estoient nommés Senrre et MalUé» faisant condamner à Tamende ceux qui Ibe nommeroient d autre nom que du leur i vanité surpassant toute autre vanité, et qui ne petft durer, dont la mémoire sera plus à blaone qu'autrement, estant touagours rbumiUté grandement estimée de la postérité.

C'est merveille que les François suyveac l'exemple des singes « lesquels montent de branebe en branche jijsques au dessus des ar * bres I et puis monstrent le cul ; et le pis qu'ite ne regardent pas par quels degrés ils montent à ces triomphes, si c'est par batailles gagnées^ victoires 4 sièges de villes ^ grandes et beu* reuses negociatioas , et autres actions dignee d'iuttuortaUser leurs aomS) et que la postértti ne considérera pas les lieux où ils sont , aîms les eschelens par lesquels ils y sont montés^ ay ans les François hérité des vanités et gloire d'aucuns aneiens noms de leurs victoires et vertus , estant monté des particuliers subjects des roys jasques à telle affronterie que de voidoir bastir des nouvelles villes, et \ent donner tel nom qu'il leur plûroit. Le sieor dt Rosny, d'extraction de simples gentils-honlr mespossedans deux mil livres de rente , k la faveur d'Henry IV commença Pubel , lequel par justice est demeuré du tout imps^flaicl ec sans habitation. Il estoit bien plus tolerable a« duc de Nevers d'édifier la nouvelle ville aoprèe de Meziere , Gbarle ville. C'estoit des acte^ deg Alexandres et des Gesars de nommer Alexai^ drie , Constantinople , Demetriade , et non dé ces personnes vaines qui n'cmt imposé eec noms que par gloire et vanité. Et en cesie qUaihtité d'ercfction de ducs et mareschaux de France, la perte en est aax roys, estant eeiT dignités tellement ravalées , considérant plu* sieurs personnes qui les possèdent, que let gens valeureux et de courage les mesprisent;

UÉHOmES DE GASPARD DE SAULX.

choisissent plostost de demeurer chez enx et à ne s^employ^ points que rechercher ces grades par mérite et services signalés , qui ne seroient honorables à eux non plus qu'à ceux qui les possèdent.

I Les poètes, les philosophes, les mages d*Egypte , ont couvert leurs sciences de plusieurs faibles , de mots inventés , obscurités et chifires : ainsi ont iaict les docteurs de France, meslant les lois humaines et ecclésiastiques , ordonnances des empereurs , edicts des roys, clauses et interprétations , practique de palais , coustume de pais tout ensemble , avec infinis mots qui ne sont ny latins ny françois , pour (par ces diflBciles erudictions) bannir la Boblesse des judicatures , sçachant bien que rarement les pères font estudier leurs enfims, empestrésde la nécessité , et cognoissant qu'en ce temps il fout une partie de leurs biens pour acheter des offices. En ceste confusion , les juges de maintenant se dispensent des loix, et disent les interprétations d'icelles estre à leur choix : il est admirable que les gentils-hommes se laissent exclurre des estats de judicature. Les juges de ce temps rejettent sur eux, et les accusent qu'ils ne font estudier leurs enfans ; mais quand bien ils les feroient apprendre y ils ne pourroient avoir voix parmy ceste multitude qui a jà occupé les places. P C'est une notte aux gentils-hommes de peu de sens ou de courage, puisqu'ils maintiennent Testât et ont la force en la main, endurer que leurs vies, leurs biens et ceux de leurs enfens ^soient sousmis au jugement des plebeyens ; ils devroient obtenir qu'en ce qui leur concerne les juges seroient moitié de la noblesse. Petit nombre d'huguenots ont obtenu des chambres my-parties, qui ne leur estoient tant nécessaires qu'elles sont à la noblesse. Parce que les gens des villes se soustiennent l'un l'autre, le sçavoir n'est tant nécessaire, la preud'hommie suffit ; les loix sont faites par bon sens naturel, et les gentils-hommes bien sensés en sont capables. Aux parlemens des duché et comté de Bourgongne , ont esté establis par les ducs des chevaliers de la cour gentils-hommes ; il y a quarante-cinq ans que j'ay un de ces estats , et n'y ayant que deux en chaque compagnie , leur pouvoir est es« touiïéi et neantmoins^servemde faii'e rougir les

conseillers du tiers estât , quand iniqn ils jugent la noblesse. Et quand ainsi que les gentils-hommes ne seroient si en chicanerie , la preud'hommie d'icei choisis suppleeroit, et fieroit que Tinj se fait ordinairement par les' juges temps, se monstreroit bien pins gram celle quiadviendroit faute d'avoir esti loix.

C'est grand malheur aux princes et taines tenus pour gens d'estat remiiMe tieux; d'estre arrestés prisonom, qu'ils soient innocens : la craîme qœ qui les ont pris ont qu'ils s'en resseni imputée à crime , ensemble la honte qa'fl d'avoir pris un honune de Uen , fait faire procès injustemeoc. De là viennent les J nations, empoisonnemens , antres aaïqu fait croire qu'ils sont tués se sanyant:, tout est contraire aux prisonniers de qualité. Ces mots sont communs en la de ses ennemis : Que l'homme mort œ point; eux prisonniers ne doivent faire dessein que de penser k 8ortir,et peo l'on leur fait assez crou^ qu'ils disent ce n'ont pensé , pour de tant plus irriter les tiennent.

Ceux qui ont passé par un chemin le [ vent enseigner aux autres : j'ay esté qu fois prisonnier , deux par soi^on en le et crainte de ce que j'y pouvois , soos les Henry III et lY, en pleine paix; ime guerre , et la quatriesme des Tores : bpi dence sort de beaucoup de malkors. Prern rement crier mercy à Dieu, se mettre ent estât , le remercier de ce qu'il Iny plaist p mettre que soyons chastiés, qa'Û loi pli que cela serve à l'expiation despecbàj prier ardamment et remettre le tont à sa lonté; prendre garde que les afflictiod tournent l'esprit : à quoy la resolution i mort est un souverain remède; considj qu'on ne peut perdre que ce qui se doit perd plus de mal , plus proche de Dieu , pond qu*il soit supporté patienunent et sans n murer : ceux qui souffi*ent innocemmema plus heureux , se souvenans qulls ont d'antres péchés qui mentent ce cimM c'est pourquoy ils doivent tousjour» dire Dieu est Juste.

1^ choseï smt nécessaires aux prison- , hfi)tf^ ®^ rhumilité : Targent, la t,aoKAisKntfesbommes;en comptant ses Ibeors^bdict? pitié que Ton jfoict attendrit ^Q^deseioNtitans; Fargent donné sert, Miflfie roo colore les presens, à ce Aie se poissent interprétera corruption, j^^naysstdeoi fois autant pour sa nour- 0f, 011 faisant achepter par ses gardes, ou rpemedantd^ydesrober , et en donner plus 0 ù coosté, feignant de ne s*en appercer.Eae8ect,àceuxqui veulentprendrieil ne r fut rien refoser, et, quand on n*a point qeg^sopplier par belles paroles et pro- ^. ceax qae Fon cognoist ses plus grands ^etqdsont cause du malheur, sont Pitfà doireiit estre recherchés s*il se peut ^ à eaX| et leur faire croire , par di- IKS nisoDs , qa*on leur est obligé , que Fon ttft point offensé , et qu'on espère son sa- ^|v eux , qui n*ont trempé à leur prise, If %y sont esté forcés. Les prisonniers ne jjRBt par leurs plaintes offenser personne, jKpriler bien de dire ceux qui sont cause tinrprise, ny de les accuser, au contraire, Afeyreqae Ton n'en sçait rien. « w

Tb pnomier doit laisser tous autres desciis,ttK penser qu*à sortir : s'ils sont deux, wfer sdrânent à son compagnon , encore ue leor Close soit joincte , nonobstant toute initié qn'ik poorroient avoir eu ensemble au assé. Ploâeors viennent voir les prisonniers, eignentie plaindre avec eux pour les foire ;«ler'. 3 bot penser à ce que Fondit, et ne dire dmeqnen pensant servir nuise , ny qui se paille eipHtper à deux ententes , pafce quela pwiiA, fardeur et le discours font dire sooveBl ce (|B nuit après, et se pensant ies(hrger fon m chargé. Le malheur est IQeqneifDesfiitf ceux qui visitent font croire s prisQuoiers avoir dit ce à quoy ils n'ont iDsiiipeosé, et s'employer sagement à gâter ses Tisilenn si souvent , que tels semht tm compassion de Faffligé , qui sont ms pour le surprendre. Que si on a moyen tsrire, faut hien considérer que Fon ne ^sesescriti qu'à personnes auxquels ttt poisse Ser, desquels les malheureux ne ">W Soiereo , si oe n'est qu'il soit permis pebp'osdes siens de parler à luy. -

RÈGNE DE FRANÇOIS I

I f L'on se peut perdre par fier , et non par meflBer; plusieurs ont esté prisonniers dans des villes de leurs ennemis , auxquels quelques uns qui estoient dedans, affectionnés au mesme party duquel ils estoient , leur ont voulu communiquer des entreprises sur la ville oit ils sont détenus; ce qu'il fout rejetter entièrement, pour estre très dangereux, parce qu'il n'y a rien plus foutif qu*une entreprise , ny plus certain que la mort des prisonniers qui entreprenent. C'est ponrquoy je leur conseille, s'ils apprenoient ou se doutoient de quelques desseins , de les descouvrir à ceux qui les tiennent prisonniers , parce qu'à une entreprisé foicte sur une ville , les prisonniers , encores qu'ils ne la sçachent , û elle est faillie en pâtissent.

J'estois prisonnier de guerre dans Gompiegne du roy Henry IV, gardé pour estre changé à quatre princesses de Bourbon , de Longueville et de Nevers ; celuy qui tenoit Pierrefont près de là me fit secrettement proposer l'entreprise qu'Q avoit sur ledict Compiegne , de laquelle je m'exemptay fort bien, en cognoissant le péril. Si les gardes des prisonniers leur proposent de se sauver, c'est chose périlleuse de s'y fier. Quelquefois ceux qui tiennent des prisonniers ne veulent avoir ce reproche de les avoir fait mourir de sang froid , atitrent des soldats qui , en promettant de les sauver, les conduisent à la mort. S'il y a moyen de se sauver de soy-mesme ou par les siens , il se peut tenter , pourveu que l'on cognoisse qu'il y ait certitude entière de le pouvoir foire. Je suis esté prisonnier de guerre et d'estat , et non de crime ; Fon n'a jamais commencé à m'interroger pour faire mon procès. Tay ouy dire qu'il est nécessaire de parler peu , et tendre tousjours à récuser les tesmoins , sans les tenir pour gens de bien, et n'advouer jamais aucuns escrits, dire qu'ils ont esté contrefoicts , et prendre garde aux juges subtils qui, par multitude d'interrogats embarrassés, font couper les criminels , et , confrontant une response à une autre , cherchent l'ambiguïté , pour embrouiller la vérité, ou pour la descouvrir ; et considérant des res^ penses qui ne sont semblables , contraindront de respondre sur une troisiesme, dont ils tirent des conséquences et conjectures préju-

fi66

HËMOIRES DB OASPARD DB SAULX.

diciables , sur lesquelles ilis jugent et condamnent , avec des indices vrays ou imaginaires, c , Cest le mieux d*cstre tousjours ferme en un propos sans vaciller, parce que la dissemblance et contrariété des responses aggrave et nuit fort à un prisonnier : et ne faut quMl se haste jamais de respondre , afin d*avoir temps d*7 penser. En peu de mots , il sert ou nuit beaucoup d'avoir des juges favorables ou ennemis ; c'est pourquoy il ne faut point oublier d'artifices pour les gagner et adoucir. tJn prisonnier ne doit jamais se rejouir que lorsqu'il est dehors^ ne jamais manger ny boire excessivement, dire toujours du bien du roy et de la seigneurie d'où il est subject « et de ceux qui le tiennent et gardent prisonnier; penser à tout ce qui peut advenir et aux interrogats que Ton luy peut faire , pour en préméditer les responces , qui doivent estre de telle façon , que les juges ne le puissent accuser qu'elles sont faictes à dessein , arrogamment , ny en se ventant ; ne confesser rien « hormis la clarté du jour et l'obscurité de la nuict , avec raison ; et ne faut oublier d'estre humble et gracieux aux juges à leur entrée et sortie : et faut que la condition du prisonnier se change entièrement jusques à ce qu'il soit dehors ; ne retarder une heure de sortir si on

a les portes ouvertes, parce. cpi*fl peut nlr des accidens pour les fermer. Del faut rendre grâces à Dieu , tirer proffiid heur , pour une autre fois l'éviter et q mais retomber , par la cognoissance des | et filets qui y ont conduit , et que Ton ^ monté par la prudence. Et sert beaucooi à la guerre , soit à la paix » d^avoir as&i^ jugement des criminels condamnés damk méesou ailleurs, pours'enpreTaloir aub^ La vie des papes , des roys n^estdela durée. Dieu retire souvent les bcnu par p| tion des peuples , les mauvais pour la maie, tions : et que chacun désire cesi esiaii voluptés les accablent , il lemr semble < immortels , que rien ne leur sçauroit nn aveuglés de leur bonne fortune , les vbJ non communes, les femmes, les artifices, tent les appétits au préjudice de leur samé médecins les tuent , et ne désirent leor | faicte guerisoB , desacrochent les ressaiii nature , coBune les infidelles orlogem sur les monstres ^ à ce qu'on ait toujours faire d'eux. Il ne se peut mieiix conseiller roys pour leur santé , qve se traicter coo les autres hommes , et de ne penser a mander aux maladies GOBioe ils font auxn sonnes.

f Le cinquiesme décembre 1560 , la mort du roy apporta un grand changement ; la royne , délivrée de la crainte qu'elle avoit de MM. de Guise y qui possedoient le feu roy son fils , tomba en peur de MM. de Bourbon , pour la régence qui leur appartenoit. MM. de Guise dcscheus , plus de faveur que de courage , leurs amis arrivés , favorisés des estais, dont la pluspart avoient esté choisis par eux, résolvent de se maintenir. Le roy de Navarre et prince de Condé pensent plus à se jetler hors de crime qu'au gouvernement.

T [1661] Le connestaUe et ses n^veni rivent à la cour \ la royne et M. de Gaises' cordent pour empescher la régence du roy Navarre , luy font voir ses aociisations ci nelles de l'entreprise d'Amboise , qui le doient incapable de ses prétentions. Sa jesté luy remonsire le danger auquel son frère M. le prince de Condé; peu aof ravant , une dame advertît le roy de Vavi qu'il accordast tout ce que la royne luy p| poseroit , autrement que luy et seo frère < roient fortune de la vie, joinct au crédit

EÈGNE DE CHARLES IX

Page 1