‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 27 sur 224 · IM · texte numérisé non relu

IM

deGote dtBsIeS estais. Cela fit que ledict ^5aTVtt)ccordadepartirrauctoritéavec mie InV ceiiroaverture despacquets et leci \c gottvememeot , se contentant de

m^^fj^mg^^^ ^^ ^^^ ^^ ^ régence ; ^^J^ s^é d*eux 9 qui » par mesme Lm^ j« /cconcnient avec MM. de Guise.

|]^ cdnsesiable s'en fiait croire , chasse L^ dit que celles des roys doivent es tre l^euU^ce de leurs subjects : moye- [kiraicié susdit, le prince de Condé est Lsfec des gardes ^ et déclaré innocent il conseil d'e^tat et la cour de parlement, ilesléeoiologué cest arrest par Tassem- ^«suu, à la poursuitte de laroyne et LdeGoise. Leshufpienots, ayant repris , disputent en vain la commission des estre expirée par la mort du roy , et qu'il prûcceder à autre eslection de deputemps des estats se passe en haranl^iiDeQéesjlaconclusion est artificiellepiivise à Pontoise : c'est la volonté de tous Mis, pour cognoistre le cours du marché. lippe publie la continuation du concile ÏRBie, en suitte du dessein qui a voit esté MUavec le petit roy François , par le con- IjeLdeGoise d^extirper Fheresie. La Bise des estats donne temps pour faire des iiii|Qes;(o& demande la recherche de ceux iavoient manié les finances et receu des osinuaenses: le concUe national poursuivy rï radnûraldeGhastillon, duquel la royne senoii secrettement pour la confirmation i^uTenement, qui luy estoit permis par le jQseilUaneQl du roy de Navarre , lequel en bU&treprisetstimidé par lesdicts seigneurs e CÛon, snr ce qu'il avoit quitté son auc- )riié,ilres(kdes*en aller de la cour ; M. le «oestaUe lof pmet de s'en aller avec luy. \rûyBejTmdk par un absolu commanluuu doroj, qu'dle fit faire audict connUe,deQ'ata]idonner Sa Majesté.

Larope( conseillée par des Italiens) tet (oot en balance -, fomente et accroist la tii^té des grands, avec créance que , mainm deux actions , elle en auroit tousjours làlaalreluy estoit contraire. MM. de Guise ^wnblenttrop forts, pour leur valeur et '^\ le roy de Navarre (foible pour son trop kAté ] résout de n'accroistre ny les uns ny

, les autres, de favoriser les huguenots , et se fier en MM. de Chastillon , qui ppssedoient M. le prince de Condé.

A cest effect , il est permis aux huguenots de prescher, et accroist un peu plus Taucto-; rite du roy de Navarre. La royne Tamuse par Tamour d'une de ses damoiselles, nommée Rouhet; ses artifices ne luy servent de gueres : MM. de Guise la cognoissoient ; ils gagnèrent M, le connestakle , malgré son fils de Mont-« morency ; par sa preud'hommie luy remonstrQ que la royne mère establissoit Theresie et nour* rissoit les partialités , pour se maintenir à la ruine de ses enfans : ny son fils M. de Mont** morency , ny ses nepveux de Chastillon , nq peuvent empescher M. le connestable de s^unir poiu* la conservation de la religion et de celle des roys ( qu'il appelloit ses petits maistres ) avec lesdicts sieurs de Guise.

La royne mère fait tenir le colloque à Poissy en faveur des huguenots, de quoy il avoit esté parlé du vivant du feu roy à rassemblée dq Fontainebleau. Les cardinaux y assistent, le^ ministres sont parties , et des enfans les juges ; après plusieurs blasphèmes des hérétique»^ leur diversité de sectes, Timposition des mains qu'ils n'avoient point , et autres poincts à eu< reprochés, leur religion est condamnée par les prélats. Le cardinal de Lorraine leur ayant proposé leurs divisions , hussistes , luthériens, calvinistes , zuingliens et anabaptistes , qu'il falloit que premièrement ils s'accordassent entre eux , auparavant que d'estre admis ny ouysen telles assemblées.

La royne tient tout indécis ; les hérétiques favorisés d'elle , le prince de Condé et ceva^ . de Chastillon brouillent , mutinent et accroisN sent la division ; ce que la royne procuroit^ d'autant plus que MM. de Guise , le connestable , de Nevers , de Nemours et de Mont^ pensier s'estoient associés ) et le roy de Na^ varre , par sa légèreté , estoit de tous costés, qu'elle craignoit se joindre en fin aux plus forts , et en conséquence demeurer sans auctorité, ou estre renvoyée en Italie : et pour faire une contre-ligue et leur résister , con^ sent que le prince de Condé , les trois frères de Cliastillon et les huguenots se joignent, se lient ensemble publiquement et secrettemen^ avec elle \ ils luy offirent cinquante mille hom*

nés détenus huguenots depuis ces mouvemens. Par leur advis elle fait une assemblée de conseillers à eux affectés, tirés des cours souveraines , et partie de ceux du conseil qui dependoient d'elle et des huguenots. HM. de Guise, connestable et de Montpensier, voyans ses desseins , n*y voulurent assister.

: [1562] En cette assemblée , Tedict de janvier est résolu en Tan 1562, qui permettoit le presche par tout et la liberté de conscience. Ce coup anssi-tost feict, la royne mère ( comme femme ) s'estonnant , est rencouragée par les huguenots ; luy remonstrant qu'il n'estoit plus temps de se retirer , qu'elle estoit trop déclarée , la font résoudre à Tinterinement , qui fut fait au parlement de Paris , suivy des autres cours souveraines de France , hormis de celle de Bourgongne , où ledit interinement fut vertueusement empesché par le sieur de Tavannes, lieutenant gênerai, qui s'y opposa directement , dont il obtint beaucoup d'honneur. Gest edictfstict à Tayde de la royne , est la porte par ou les huguenots sont entrés en France : Sa Majesté a depuis plusieurs fois dit que ce qu'elle en faisoit lors estoit , non pour conserver son auctorité seulement , mais pour abbaisser le pouvoir de MM. de Guise , qui abusoient par belles paroles le roy de Navarre et M. le connestable , la conservation de Testât et de la couronne , à laquelle elle les soupçonnoit d'aspirer^ pour leur trop grande puissance , valeur et quantité d'amis.

^ Une grande générosité est requise pour soudainement monter d'une mauvaise fortune en une bonne; les hommes se contentent d'estre sortis du danger , et craignent d*y retomber par entreprise nouvelle; ils ont le cœur affoibli des adversités passées. S'ils'conaideroient cette folle et inconstante fortune , ils ne lairroient d'entreprendre hardiment , l'occasion estant favorable : il est parfois plus aisé de monter en extrême grandeur , que se maintenir en médiocrité.

iV La preud'hommie n'a esgard ny exception aux parens , amis , ny à soy-mesme ; elle doit estre résolue à tous malheurs , pourveu qu'elle suive le droict ; c'est une^ action plus divine cpi'humaine.

j£ Les gardes des souverains composées de

trois cens ^ de deux mille', ou de vin{ hommes : la première estoit celle de i ciens roys , celle de deux mil avoit es seillée au roy Henry troisiesme ; celle d est de seize mil janissaires. Avec l'une, vivre selon les loix , l'autre ne se peut tenir sans marque de tyrannie et graoi pence ; et la troisiesme , il faudroit , i au pais du Turc , n'avoir point de forlei et que le peuple fust desarmé : ce nonà)re est la citadelle des InfideJles ,'(] peut estre aux princes chrestieos que/} sant la guerre incessamment , d'autant cette manutention d'une armée en ti^m] paix , ne se peut entretenir que par tyr;i La principale garde des roys est d*av< conscience nette , vivre selon les loix ei ment qu'ils ont fait à leur sacre , entend affaires d'estat , cognoistre ses subjects. sert de se garder vingt-trois heures , donner prise sur soy la vingt-quatriesme; semble les villes fortifiées par fout , b du costé par où elles se prennent.

* Les roys sortent de nuict , eux dei troisiesme, pour amour, vont'en coche de en pareil nombre , s'égarent à la chasse promènent sans compagnies dans leors dins , et n'ont responce , sinon que ces hc sont incertaines aux entrepreneurs ; les solus qui les observent les rendent h reuses. Plusieurs empereurs et rop ont tués par leurs gardes , aucuns par leurs \ devenus ennemis, et par comiireocede h plus proches ; sont coups que les princes peuvent parer : s'ils ne se gardenVavec qus cens hommes , ils ne se garderont avec i mil , ayant les roys de France lagendarro entretenue comme leurs prédécesseurs , * il y en ait qui tiennent garnisons à \ingt li( d'eux , moyennant quoy ils s'en peuvent aj au besoin , et ne seront en danger d%e comme s'ils estoient dans leur coar et fai garde devant leurs portes.

Les empereurs romains estoient souyenll par les légions prétoriennes qui les gardoij Les gardes cslrangeres sont corrupiil)les Suisses vendirent le duc de Milan : il es( d'avoir d'estrangers , pcdt nombre, corm gardes escossoises ; les médiocres de qm censFrançois semblent les[plustttiles.La pi

ni'GNn ni: chart.hs ix.

kii*efl)pcscli» pas la mon de Galba -.

loïs autant de meschaiis qui on-

r ]es bons ,' que de bons sur

[ £n temps de pai\ , en refor-

e de guerre , les gardes sont

roys , non si excessives

icnl une tyrannie , et rendent

iaportable , ny si petites qu'elles

Jiles. Vray est-il que pour evi-

civiles , au temps que les

Mt disposes, que Idcus tnil

1 ei quatre cens chevaux se-

Imprès des roys ; non que ce

e asseurer leurs personnes , s'ils

It gikrder eux-mesmes , et prévoir

, contre lesquelles la vcriu,

f« la crainte de Dieu sont de puis-

s panoy les François.

I^ite est nniverselle ; il ne s'y doit faire

H Bj imiovatîon que par les conciles ge-

, auxquels le Sainct-Esprit préside :

n lenoit plusieurs nationaux , les opi-

etoiau diverses , et l'umon de l'Eglise

; Dieu n'y assisteroit pas ; les conciles

, terîtient sa promesse , que son

t durer à perpétuité. Il ne se; peut

srdevalable en un concile national ;

[J de Poissy n'estoil qu'un colloque ,

• que par l'adveu ou com-

|L du pape, sans l'autorité duquel

puer avec rberetique ; et encore

é y eust envoyé le cardinal

» fut pour empescher cesie con-

ojiiBliHtque pour l'advouer. De pen-

iBfliiiïcles liuguenols par disputes , leur

^liteslûil trop grande, et devoit on

*1tnidemcurjns en leur opinion de

^pleur religion , qu'il n'en reussiruil

I ^^aal.puisque , par leur saufconduil ,

"""^ttlftiveui' ài> la roync , ils ne pou-

«re condamnés ny punis ; les evcs-

l.pfïttbaDS et les faisant admonester de

►«TTMrcii leurs diocèses , eussent apporté

■temid fruict.

iccstoitt^aictparla royne à l'exalttuenots , et fi sa munuicnlion , bll pour (prder ses enfans contre sauce de HM. de Guise : l<*s pî'pcnaeltenl l'exercice d'une rclî- ÏdmtcIIc sont coptrc Dieu, Ce u' est aux

roys il se mesler de faire des décrets conU'e les statuts anciens de la religion catliolique : Dieu permet que ceux qui entreprennent sur l'auclorité d'autruy , perdent la leur. Les roys se diront .forcés de permettre l'beresie pour tenir le peuple en paix et empescUer la guerre : c'est esteindre le feu par l'huille. L'Escriture saincte dit que les royaumes divisés seront désolés : vouloir maintenir lu paix par divisions , c'est vouloir faire du blanc avec du noir : le royaume de deux partis , de deux opinions et de deux factions , est en guerre , on y entrera bien tost. Et si le roy Henri IV demeure en paix ( maintenant ces deux religions), qu'il l'attribue ii la quantité des maux et ruine ad\'enue aux guerres passées, avec tant; de cruautés, que tous les abhorrent , joinct à la crainte qu'on a de ses prospérités, dextérité et prudence , et non à. la permission qu'il donne aux deux religions . qui à la ; première occasion recommenceront la guerre ; ce repos sera de peu de durée. Et quand ainsi seroil que ceste permission de deux religions apportast paix à luy seul , il n'est raisonnable que pour son interest particulier d fasse brescbe au gênerai 'de l'Eglise , non plus que si quelqu'un ( pour sauver sa maison du fou) rompoit une digue qui inondasl tout le pais. Que si les roys se licentienl des commandemens de l'Eglise pour leur particulier , ils ne sont plus puissans par dessus leurs subjects , que les conciles sont par dessus eux , et est dangereux que leur peuple ne se soustraye de leur obéissance , comme Leurs Majestés font de celle de l'Eglise -. la paix qui n'est selon Dieu estia guerre des âmes. Le nom de politique a esté inventé ;pour ceux qui préfèrent le repos du royaume , ou de leur particulier , au saluL de leur ame , et à la religion , qui ayment mieux que le royaume demeure en paix sans Dieu , qu'en guciTc pour luy. Ces politiques disent : ^e permettant qu'une religion , toute la France sera remplie de guerre ; permettant les deux , c'est la paix et le repos du royaume. Cela scroit bon qui seroit st:djle et permanant: Dieu oppose glaive contre glaive. Le cliemin des espines est celuy de paradis; les plaisirs, les voluptés sont ceo "'ains dl-

solcui que deptù apû;

me ils avoient tonsjours esté en (picrrc et en malheur : heureuse est la guerre (]ui se fait pour maintenir les commandemcns de Dieu , mesmemcnt quand les intentions sont justes et non ambitieuses ! Vray est-il que si par une paix concédée il y a apparence de Taneantissement des hérétiques et accroissement des catholiques , 'que telle paix doist estre préférée à la guerre.

r Quatre choses séparent les pères des enfans , et les frères des frères : la religion , le bien public , ravarice et Tambition , estant de différente faction , ils se sauvent Tun l'autre ; cela est bon pour un paradoxe ou apparance de vérité , en effect c'est leur ruine. Si à dessein ils prennent diiïerens partis , c*est trahison ; si fortuitement ils se sont faicts ennemis , leurs chefs , leui*s soldats , le peuple, les soupçonnent , ne se fient en eux , les calomnient , interprètent leurs actions selon leurs opinions ; quoy qu*ils facent bien , Ton dict tousjours qu'ils pouvoient mieux s'ils ne se fussent entendus ; et s*ils ont du malheur, ils sont accusés que c'est par l'intelligence qu'ils ont avec leurs parens. Non qu'estant toute une maison d'un party , il n'advienne d'autres accidens , ainsi que MM. de Lorraine ( par ambition qu'ils avoient l'un sur l'autre ) se sont laissés ruiner aux roysHenry iroisiesme et quatriesme. L'amitié n'est pas tousjours entre les parens : si diray-je le perîl estre moindre estant tout d'un costé , principalement à ceux qui ne sont chefs de l'entreprise : j*y suis expérimenté. Mon frère , du party du roy, moy des catholiques ligués, faisions chacun de son costé ce que gens de bien pouvoient faire ; il ne laissa de se treuver des meschans qui disoient au contraire que nous nous entendions , ce qui estoit faux.

Le roy de Navarre , par les menaces des Espagnols et promesses qu'ils luy faisoient du royaume de Sardaigne , par sa légèreté , et par ses serviteurs gagnés par >IM. de Guise, se joint avec eux et avec lu connestable ; il se sépare de son frer(î le prince de Condé , lequel en fait de niosme de luy par ambition et offence récente de sa prison. Le sieur admirai de Cliastillon le fuit avec pareille ambition , et le sieur d'Andelot se joint à eux abusé de

la nouvelle religion ^ et abandonnent tous deux

M. le connestable , leur oncle » lequel d costé les quitta par pieté et preudliofl et pour ne pouvoir avoir une si grande di estant rebelle , que celle qa^ilav^Ht Mi tat : ce ne fut sans que ses nepTeux de tillon luy reprochassent qa*il se repé de s*estre lié avec MM. de Gnise , ses ] rois , et avoir abandonné ses parens. '

Au semblable , le prince de Condé KK le i^y de Navarre , raccusoit de peu m rage , de ce qu'il le laissoit, lui qui < son frère , pour s'allier avec MM. de 0 lesquels il sçavoit n'y avoir pas troV qu'ils les avoient voulu faire mourir deux : ces remonstrances ne servires rien. Le*roy de^Navarre avoit assisté ea vier à l'edict de Sainct-Germain ,qui pé toit les presches et liberté de consdeaa huguenots , et soudainement au moisdsj suyvant les abandonne, et s'associe^] MM. de Guise et M. le connestable. il promesse qu'il avoit faicte à la rope,ij voluptés oii elle l'avoit plongé en rainoi la damoiselle de Rouet » ny Tamitié do frère, et moins les supplications de sa ta n'eurent pouvoir de le divertir j et se ]d precipitément à IVOI. de Guise et cenneris

Ces grands divisés , il ne reste aux ho nots que MM. de Condé , de Ghastillofi quelques seigneurs catholiques que h i y fit jetter , laquelle , voyant ceste vaââ roy de Navarre , de M. de Guise » et di nestable , qu'elle jugeoit estre faicte poi ester tout pouvoir , se fust volontierspir tée avec ses enfans entre les bras desbi nots , si elle eust creu s'y pouvoir mûM parce que dès lors elle jugea son mù perdue , ayant veu le roy de Navarre , a nal de Bourbon , et M. de Montpensier^f dre le party de MM. de Guise et des cid ques. Elle se voulut r'acconunoder psi eux , et donner des modifications à Fe de janvier , trop tard ; ce qui ne luy n que de diminuer sa puissance , laquelle ta en apparence sur le roy de Navarre et i nestable , mais en eflcct à M. de Guise , par sa prudence , que pour l'inteUig des catholiques du dedans et du dehon royaume. Prudemment il se retire de oi pour ne roonsirer vouloir trop gooYèr:

RÈGNE DE CHARLES IX

pparence tout le mauiment an roy s et connestable , après avoir pris ettre eux de s'opposer aux huguc- Ltvyne» et abolir l*edict de janvier.

Ml coinparoîent ceste association ktdes Romains.

t, voyant ces grandes intelligences, I fennement avec le prince de ievi de Chastillon , et fortifie les encourage M. le prince de Gondé, Keîllé de Sa Majesté , court à Paadvis à tous ses amis et huguenots pour l'assister à s*en saisir. M. de dé en diligence du roy de Navarre ble , luy ayant jugé qu'il falloit ir la force à cest edict , lequel ils A faire changer autrement , pour »yne ny le roy à leur dévotion , iVassy, où il arrive à Theure du i huguenots , fuit prisonnier le miplusieurs reformés , ses soldats e reste ; puis va à Rheiras , où se irdînal de Lorraine. Geste action ne aux huguenots, jà préparés à Mir se faire maistres de Paris. La Bioke aux armes , les favorise delorsle royaume , conjure et admoerriteurs du roy et d'elle se jetter y, employé les sieurs de Pienne , idelfillot, et plusieurs autres en poiinces. La puissance estant du If de Navarre et de MM. de Guise , Mt quasi aussitost à Paris que le Qadé etsieurs de Ghastillon, ils les |ttt d*en sortir, estant la force à tdè la justice , du peuple , et des I, auxquels ceste nouvelle reli-

|tMs, ayant fuilli lu ville capitale, WMvrer à se saisir du roy à Fonl|OÙ ils estoient mandés de la royne •ceit effecl , laquelle estoit en de- SOD auctorité. Le roy de Navarre J Gaîse se rendent les premiers à I tout sous couverture d'un com- E que la royne avoit fait faire aux de sortir de Paris. Proche Fontaifait un appointcment entre M. de ince de Gondé , comme s'il n'eust

NI que d'une querelle particulière.

Le prince de Gondé , se jugeant trop foibic ^ s'esloigne de la cour , recueillit toutes ses forces sur le chemin d'Orléans , dans laquelle ville il entra le plus fort par TintelUgence huguenotte. Gependant M. le connestable ruine les temples des huguenots à Paris , et fut résolu entre eux d'y mener le roy , la royne outrée de douleur , soit qu'elle cogncust son auctorité perdue, ou bien qu'elle craignist qu'iceux , se voyans forts , estassent la couronne à ses enfans , et que ceux de Guise ne l'empiétassent , se souvenant de tant d'exemples passés , et nommément de celuy de l'usurpation d'Hue Gapet , qui fit mourir en prison le juste héritier de la couronne.

Toute la cour estait pleine de gens du roy de Navarre et de MM. de Guise ; l'autre faction prit la campagne; et parce qu'il avoit esté délibéré entre le roy de Navarre et ceux de son party que l'on meneroit la royne et ses enfans à Paris , elle y repugnoit , et se croyoit en tel péril , qu'elle se fust volontiers jettée avec ses enfans entre les mains du prince de Gondé et de ceux de Ghastillon , auxquels elle avoit plusieurs fois escrit à cest eflect ; et résolut une fois de sortir de nuict avec ses enfans , et aller à Orléans au party huguenot, et envoya deux fois le sieur de Sarlan^ premier maistrc d'hostel du roy, pour conclurre son partement et sa réception. Ge dessein fut rompu par la vigilance du roy de Navarre et de MM. de Guise. La royne , ayant oflencé lesdicts sieurs de Guise par l'edict de janvier, et les ayant abandonnés , ne croyoit plus de seurté pour elle avec iceux.

La cour fut forcée de partir , moitié d'amitié , moitié de force , pour aller à Melun ; et le connestable menace de coups de bastons ceux qui ne vouloient destendre le lict du roy pour la crainte de la royne , à laquelle il s'offre une occasion de se mettre en liberté , par le moyen de Rostain , gouverneur dudict Mehm, son serviteur, lequel, au lieu du commandement qu'il avoit de ceux de Guise, de loger le roy dans la ville , le logea dans le chasteau , là où estant la royne se retira de leurs mains (assistée des serviteurs du roy et des gardes) , tellement qu'eux voyant là où ilsen e$to '''vent aucunement

atfiC 11 . "^is , n'estant

plus Sa Abjestë tant en leur subjeetion. M. le prince de Condé et MM. de Cbastillon ayons failly la ville principale et le roy , leur restoit une grande fiiction à Orléans , là où ils s'estoient jettes bien accompagnés , tant d'huguenots que de plusieurs catholiques que la royne y avoit envoyés. M. le prince de Ck>ndé s'estant rendu maistre d'Orléans , se treuve deux mil chevaux et huict mil hommes de pied ; tant avoit peu Tartifice des predicans à h séduction du peuple , et le crédit de la royne mère. Le roy de Navarre , le prince de Ck>ndé , H. le conncstable et MM. de Chastillon « furent mal conseillés de se séparer : s'ils se fussent maintenus ensemble , ils emportoient le gouvernement de Testât, à la ruine de MM. de Guise , qui avoient esté leurs ennemis ; ou du moins ils ne se fussent perdus et abbaisscs comme ils le firent , et eussent fort empcsclié leurs ennemis. A quoy il s'objecte que la royne se fust jointe avec MM. de Guise; mais estant le premier prince du sang , le premier oflicier de la couronne ensemble, avec raison ils eussent obtenu la régence , ou du moins leur guerre cust esté juste, . La prise du roy ou de Paris est la moitié de la victoire en guerre civile : l'on fait parler Tun conune l'on veut , et l'exemple de l'autre est suivy de grande partie des villes du royaume. Le saisissement des princes pupils ou fols se peut colorer , non celuy des roys majeurs ( qui est injuste et dangereux), pour lesquels se porteroient tous les gens de bien de France, et ne sçauroicnt mieux faire pour leurs ennemis ceux (]ui y attenteroient. Paris porta toutes les villes au commencement du costé de la ligue ; Paris les donna et osta à la ligue , selon qu'il se prit et reprit. S Les entreprises des femmes sont défectueuses , pour estre vindicatives , craintives , de légère créance , irrésolues , inconstantes , soudaines, indiscrètes, glorieuses, ambitieuses plus que les hommes : à peine se résolvent-elles si elles ne sont assistées à la continuation des entreprises hasardeuses, auxquelles n'estant tenues de près , elles en sortent, s'en eschappent, et se ravisent en un instant. Ceux qu elles employent doivent exécuter promptemcnt, sans leur donner temps, ny pouvuii' de changer. Les anciens Gaulois

croyolent les femmes, etlefttenoîentpon phetes; ilsfaisoient la guerre et la pai leurs charmes et devinations. Les uswpi des Gaules, sortis de Franoonie, y qu'ils ne s*ei| estoienthien trenvéi ciun les loix des vaincus , et aa contraire < rent du règne et du gouvememeiit dai les , les f enunes , la régence deaqoek royaume ils ont donné anx pUu p princes du sang , autant imprudenunij!

sagement ils en avoient exdns les £■ Donner à garder la religion aux henH Targent aux avaricieux , et Testât an i tieux , rarement en advient bien ; les É de faire mal tentent les hommes.

Le prince plus proche de la conroone ses nepveux ou cousins en garde , ertd reux qu'il n'envahisse Testât et la vie d pils , qui devroient estre donnés ea i aux mères , et Testât à plusieurs des m la puissance desquels doit estre linlf balancée du conseil eslen par les eml toute puissance , composés des oflkiei la couronne capables et autres grandifi donner la régence aux plus proches pM qui peuvent prétendre après la mort dfl fans soudainement la couronne, ains k toi parens ensemble avec le conseil sosdi ne seroit du tout guérir le mal , si on dm commandement des armées au preasief ce du sang, d'autant que, conunand icelles en tant d'auctorité , il fait nûsi continue des guerres civiles ou estram plus il treuve d'obstacles , pins Vmn croist de commander absolument, et Iq ble n'estre responsable des enfans qnisfli en la garde d'autruy. Pour y pourvoir droit les exclurre du commandeflMB armées , et les donner à conduire US ncstable et marcschaux de France i ei la guerre , la paix , Tadministratioa iâ nances, cliastimcns et recompence, l fissent que par le conseil susdict , et (fÊ généraux d^armées fussent responsddc leurs charges au conseil , lesquels n'ayai cunc prétention à Testât , ils ne penser qu'à le bien servir , n'estans de la quali ceux (|ui peuvent estre roys. Ce reglone mal-aisé si les cstats ne r'entroient en qn auctorité.

H Toccasion sont chauves par d meriloirement sont ainsi peintes ; Hooveiit qu'un point , qu'un moum quart d'heure , lequel feilly et ■leoDUTre plus : en grands affaires Kdoiveut astre tousjours en garde , Sprefoyans , ou elle glisse et s'esvafan mains. Ceux qui Font une fois négligence ^ ignorance ^ presompbilioD, ou par leur propre faute , la ttresHDalaisement, et d*autant plus nota monstrée favorable à eux , elle M retourne point. L'entreprise de ilasmée d'infiraction d'edict : le roy 5 ayant assisté à l'edict de janvier présence) , estoit obligé à n'y conus une déclaration nouvelle. Le Sa Majesté estoit en dispute , tant lité , que parce qu'il avoit partagé té avec la rovnc.

[oenots (avec quelque raison) se l'avoir esté surpris et tués , contre n^estoit révoqué : de là infèrent et la royne estoient prisonniers du i Paris , avec quelque apparence , c'estoit malgré la royne et ses en- \ yavoient esté conduits. Les hu- 'aydent des loix de Testât comme ues sainctes , en tant qu'elles leur 1 profitent: disent que rentrcprisc ) estoit juste sur le roy François e, majeur de quinze ans ; qu'il avoit I roy de Navarre et du prince de V le gouverner ; et au temps que hvles n'en avoit qu'onze , disoient ffc Navarre , qui devoiipar les loix Hev y le tenoit prisonnier.

I iris , Poicliors , Lyon , Bourges , Tdencc et autres, se jettent du %uenots, par des lettres secrettcs ademens de lu royne faicts aux n : elle estoit extrêmement irritée sans autborité entre les mains du farre , de MM. de Guise , connesveschal de Sainct André. MM. les Coudé et do Ghastillon , pour estre es estrangers , envoyèrent à i'emux princes d'Allemagne et aux 'S lettres de plaintes que la royne 'oit , qu clic cl ses enl'ujis estoicut

prisonniers entre les mains de MM. de Guise, des mains desquels elle se vouloit sauver et les aller treuver; et furent envoyées avec d'autres lettres que Sa Majesté escrivoit au canton de Berne , pour assister les huguenots et faire des levées pour eux. Ces missives furent enregistrées dans les cbanceleries des princes d'Allemagne et republique de Suisse, à la requeste du sieur d'Andelot , principal négociateur , qui avoit esté vers les princes d* Allemagne pour les huguenots , desquels il obtînt des levées de reistres. D'autre part, le roy d*£spagne offre secours pour le roy contre les huguenots.

Le prince deCondé publie une justification de la prise des armes, qui contcnoit que le roy et la royne la mère estoicut prisonniers entre les mains de ceux de Guise et du counestable de Montmorency, sans faire mention de son frère le roy de Navan*e , lequel , estant premier prince du sang , rendoit d'autant plus sa cause injuste. Le roy au contraire fait une déclaration par lettres patentes, de l'advis de M. de Guise , que Sa Majesté est en [toute liberté. Le sieur de Tavannes demeuroit en son gouvernement à dessein , voyant ces contrariétés : les corps de Leurs Majestés entre les mains des uns, et leurs esprits avec les autres , il estoit en doute quel party Sa Majesté , estant majeur , approuveroit , de la royne sa mère et des huguenots, ou du roy de Navarre , MM. de [Guise et connestable de Montmorency, qui l'avoient mené par force à Paris. Il tenoit son gouvernement paisiblci avec d'autant plus de gloire, que le feu, le sang, l'assassin et sacrilège couroit par toute la France.

MM. de Guise font 'des soubmissions a la rojne, essayent de la gagner; elle feint dt*. l'estre, favorise les huguenots à raccoustumoc; enfin , estant en soupçon de leur foiblosse , leur procure le temps d'attendre leurs estrangers, par une conferance près Baugency, présentes les deux armées , du consentement de MM. de Guise , pour ne rompre du tout avec la royne ; il n'en roussit que la prise de Baugency par les huguenots. La paix rompues, toute la France est en armes en diverses provinces.

En Bourgongnc , le i * vol t

Éf4

pris' garée que tes tapitaîRes des pboes^ maires des yHles Fassenc catholiques , ec avoil tité un conseil des plus habiles hommes qiii hiy estoient aiectionDés, de la cour de par* lement de I^ob , et dimé leur compa{;me, pour estre adverty de tout ce qu'ils faisoieut : k tefioit la proiiuce de Bourfpngne par amitié et par craîute eu sou obeyasance , avec ifitmlîon de la conserver an roy , et non à MM. de Guise , estant à tort soupçonné d*estre leur serviteur.

En te temps advint la sédition d*Auxerre , oh il y eut plnsteurs hugfuenots tués , où le sieur de Tavannes fut envoyé , selon le commandement exprès de la royne : il fit pendre tes agresseurs catholiques , et recevoit diSe- Tentes depesches de la Ck>ur •*. celles de WH. de Guise portoient quHl Mloit tout tuer, tit la royne tout sauver , et quelquefois autres commandemens plus tempérés, selon que Tambition , la crainte , on Tesperance les agit(âent. Le sieur de Tavannes , cognoissant te dessein de la royne de maintenir la division , ne pouvolt l^ppreuver. Ennuyé de ces incertitudes , avoit envoyé nn gentil-homme à FontaineUean avant les armes prises , qui , tren* "vaut tous les dhef^ des partis dans le conseil du roy , se' plaint des différentes depesches et'commandemens ,favorisans et soudain disgrâiians les huguenots , admoneste Leurs Majestés de parler ft*anc , ^vec promesse de les taire obeyr en son gouvernement , et d^ exaller le party qullplairoit ; qu^il ne falloit que les souverains dissimulassent, au contrant dévoient commander ouvertement et absotullient, sans qu'il fu$t besoin de tant d'artifices. Cesparoles libres et non accoustumées estonlièrent la royne en plein conseil , qui vouloit tenir lalialance , pour hausser et baisser oeux qu^ Juy plaisoit , selon la nécessité de ses affaires. Ne sçachant bonnement que respon^i dre , tourne ces libres admonestemens en jeu , disant à messieurs du conseil : « Ne cognoissez* » vous Tavannes? je sçay quel il est , nous « avons esté nourris pages ensemble. » Ce gentilhomme retourné sans plus d'esclaircissement de la volonté de Leurs Majestés , et sur cela La Motte Gondrin ayant esté tué à Ya^* lence par les huguenots , esveille davantage le sieur de Tavannes.

^ Il ne s*arrestn pins ny sut eaig^

verts , ny secreu eommandemem de il ny de MM, de Guise; rssout Biioi]

catholiques €C la force de son eoité , p^ pouvoir prévaloir en tout tenps et se avec son gonversemeni an service du

desconvrerentreprisedeshnpKiouJ ok Us estoient douM cens rooim de i

etsesaisirdelnvîlle-.iUaioiettptoék sons de la rue des F#q|es, pleim dk «

la religion nouvelle, et se poniiev J

fater oecrettenem loos en une qifti 2

teient t les geas 4e «escier tupeam

toient fournis obtcm de ciaq m âiiol

qn% disoient eso^e leuri serâeoni

prentilii. Le stenr de Tavaanes dkiU

ne sçavmr teur entreprise; eai larail

pour entreprendre sur te <kaMêaii dej

qn^ils cnûgnoiett , et comme anl

tastent , ils sondent te sieur de Ti

un de ses serviteurs, htigueaot\'<

luy faire crove que ceux de h rel^

toient les plus forts dans la vffle, ettiJ

seffloit de €m te6tet. Sar quoy ledii

de Tavannes if evi recours^^ raodai

la bonne nme , pour avoir temps de Ml

nir des forces. O respend Icelay qukl

soit intimider, quedans le leDdenuioni

toute la vffle seroit pleine d'arameatM

et qu^à luy sed fl sauv^reit la iie;ei m

défendre , à peine d'estne pendu, de c

des maisons de nuict. La rebelimi est*

preste , que les huguenots tinieit des tn

busades nui 'mmipettes qû piblioieDi

commandement Le sieur de Time&se

sit d*!me maison proche dn dmta.c

mandant à trois mes : le maire, qû

promis cmq cens hommes armés, n'en

pas cent de son party.

^ Cette bonne mine suspendit et estoa

huguenots , et donna temps à H. le coo

Maurvel , conduisant la compagnie de !

Savoye , d'approcher , selon le comn

ment du sieur de Tavannes, après tni

nonades pour signal tirées du chasteaoi

minuict. Ledict sieur de Tavannes fiûtf

cette compagnie par le cbasteau, etse

dit maistre,'; chassa* qmnze cens dci

guenots', mit douze prisonniers des

sedKtieuk au cbasteau ; pov oanAm des

Li^Çf^ JE ULui-I-T Z.

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guenots, plus esveillés qu^eux. En may, des Adrets fut esleu pour chef h Lyon , depuis dépossédé par Sousbise , par le commandement du sieur admirai de Giiastillon, pour estre plus soldat cruel que gouverneur politique. Montbrun , capitaine expérimenté , après avoir pris la pluspart du Daufiné , arrive à Ghalon avec huict cens hommes. Les huguenots , par lettres de la royne mère , obtiennent en juillet six mil Suisses du canton de Berne et de Valais, qui arrivent à Lyon.

t . Le sieur de Tavannes , voyant Ghalon et Masconpris, une armée huguenotte dans Lyon soustenue du Daufiné et des Suisses , ne perdit courage ; sans attendre le secours de la cour, qu'il cognoissoit impossible pour y avoir assez d'autre besogne taillée , en soupçon de la royne , qui favorisoit les huguenots , résolut de faire la guerre des forces de Bourgongneet de ses amis. S'ayde du bien des huguenots fugitifs et des reliques des églises , sous une lettre missive obtenue du pape , et assemble six cens chevaux et douze cens arquebusiers soudainement; se résout d'intimider les huguenots , encore qu'il eust à faire à Montbrun » vaillant et accompagné. Il arrive devant Ghalon , ses forces si bien disposées , le commandement si bien donné , et l'embuscade encore mieux dressée , qu'ayant Montbrun sorty grande partie de ses soldats à l'escarmouche , ils tombèrent dans l'embuscade , et en mesme temps furent chargés de la cavalerie jusques dans les portes ; tellement qu'une partie de ceux qui estoîent sortis y demeurèrent, ensemble trois ou quatre capitaines , ^avec tel estonnement de Montbrun , que la mesme nuict il quitta la ville et se retira à Tournus , à Mascon , et de là à Lyon.

, Le sieur de Tavannes entra à Ghalon , qui fut une perte importante à Lyon , et sur sa bonne fortune investit Mascon , qui eut faict comme Ghalon, n'eust esté le secours de Lyon qui arriva , aussi que ledit sieur de Tavannes reçoit des lettres du roy et de la royne de se retirer de devant Mascon , favorisant toujours Leurs Majestés ceux de la religion huguenotte. Le secret du courier estoit que la royne vouloit faire la paix , et qu'il falloit laisser les armes -, à quoy ledit sieur

de Tavannes prévoyant,' n'y wnlut soit qu'il voulust estre maistre de soi vemement (y allant de son interest), voyoit bien qu^endespit de la royne ilj venir .à la guerre , et qu'elle seroit enl trainctede se ranger du costé des ques , qui seroient les plus forts. 'Aii baterie de six cens canonnades , soie < bresche ne [se treuvast raisonnable , oi ce siège ne se fist que sur resperaoce c surprise conduitte par un nommé Mossy, couvert et pendu par les huguaiots da ville. Le siège ( entrepris à la teste dm mée et d*une ville de Lyon ) est levé le ziesme juillet 1562 ; avoit une grande» cade contre ceux de la ville , où les h nots ne tombèrent , se contentans d'esti chappés du siège.

Le sieur de Tavannes laisse garnison 11 nus , se retire à Ghalon ,^ où le vint tn le sieur de Maugiron avec quinze cens I mes, lequel avoit esté chassé du Dai par le baron des Adrets , qui s*en esuÀin maistre pour les huguenots. Le sieur de vannes fault de prendre Belle-Ville , bouin scituée entre Mascon et Lyon ; Sainct Poi un de ses capitaines , qui menoit ses coora prit un batteau chargé de reliques dupiu de Mascon , que les Huguenots envoyoi^ Lyon , qui furent employées au payed des catholiques, contre la fatose caloj d'aucuns cordeliers, qui ont escrit que reliques n'estoient point coodoites pr huguenots à Lyon , ains par les catholiqiK pour les cacher et sauver , et qu'elles furi séparées entre le gouverneur et capitain ce qui est feux.

Le sieur de Tavannes de retour & (Ml il passa un joueur de luth de ^a rope , t envoya quérir à l'hostellerie ; il s estono cache sa valise. Le gentil-homme laydiic falloit venir, malle et tout ; parolle qui pescha le sieur de Tavannes, d'estre m chai de France dix ans devant qu'il Faite par l'offence qu'en receut la royne mère. courrier passoit sans péril parmy les buj nots , que la royne favorisoit , et estoit voyé à madame de Savoye , qui agréoit nouvelles opinions, et à laquelle estoient adi sées toutes les lettres qui estoient dans ci

RÈGNE DE CHARLES IX

La^royne Iny escrivoit qu'elle estoit de faToriser Jes hugueoots , d'où elle SQQ salai contre le gouvernement du de MM. de Gnise , roy de Navarre qa^elle soopçonnoit vouloir cqaranne à ses enfans ; et pridt ma- Siioye d'ayder lesdits huguenots de.

i et Provence , et qu'elle persuanry d'empescher les Suisses et Iodes catholiques : à quoy elle tut foît qne^le duc de Savoye creust sa on qa^a desirast à son accoustumée da royaume, pour y prendre 2 envoya des bleds à Lyon , retira et les huguenots en son pais, de Tavannes , ayant veu les letpasser le porteur : voulant s'excus esdaircir davantage des volontés de la ^îlreçoît maigre responce; luy , conserve ité pour avoir moyen de mieux servir et continue d'assembler des forces, loosbise , ayant les six mil Suisses et «mbre de gens de pied de Daufiné , les met ensemble , fait une bonne ams Poncenat » qui marche avecicelle , et de là à Toumus^ où estoit partie CQBipagaie de gens-d'armes du sieur de et quatre ou cinq cens arquebula ^ ne vaut rien ; ils la défendent nasqu heures , et la quittent tumultueude nnict , joinctà la tempeste et orage 9awi \ H se perdit deux bateaux et quelsoUate : ils pouvoient faire leur retraicte (lus seiraDeiit , puis qu'il n'y avoit point de hrcMtel^ttle. Le sieur de Tavannes, les vopit â KÎBis, fortifie Chalon en diligence, espenal qK k secours qu'il .attendoit des luliens verni, il se remettroit en campagne. Ofeadm, pour ne perdre de temps , il fpca^ i pgaer les Suisses et à Tentreprise éHsêcoD y jo^eant que celles où il y a moins Af^pareDce réussissent plustost. Le roy, par ^^Qttseil de M. de Guise, depesche Menâ Berne : il leur demande s'ils vouloient e Talliance ; ou , s'ils la vouloient garqu'ils révoquassent leurs gens qui es- 'Fec les huguenots-, ce qui lui fut re- ^ siear de Tavannes envoyé un héraut ^ habile homme , pour traicter avec le 1 Diesbach ^et ses capitaines , lesquels

estoient dans Tonmus ; leur remonstre qu'ils avoient esté trompés , et que le roi estoit en toute liberté ^ qu'on leur avoit fait entendre que le prince de Gondé estoit en armes pour Sa Majesté. Il offre de leur faire voir le contraire , leur demande s'ils trouveroient bon que Leurs Majestés assistassent leurs subjects rebellés de leur seigneurie; que jusques][à ceste heure il n'y avoit offence des cantons suisses, ayans esté circonvenus, mais que d'ores en avant ils ne se pouvoient plus excuser ; leur otBre argent et moyens honnorables de retraicte; que leur traicté n'estoit que pour soustenir la ville de Lyon. Il négocia tellement avec le colonel Diesbach, que dès Theure mesme il le pria d'asseurer le roy qu'il se retireroit en son paîs à la première commodité , et arresta ce traicté secrettement avec luy . Poncenat , cognoissant ne ponv<Mr rien faire à Chalon ny aux forces du sieur de Tavannes, entreprend sur les petites places, fault Louans, prend Gluny et Senecey; si proche de Chalon qu'il tenoit tout ce qui estoit derrière luy bien asseuré.

Le sieur de Tavannes fait partir huict cens arquebusiers et deux cens chevaux , qui se detoumoient de deux lieues pour éviter l'armée l'ennemie : passant par les montagnes à Lourdon et àSainct Poinct, se trouvent une heure avant le jour proche Mascon , où ayant mis ses forces en embuscade , envoyé trois chariots chargés de gerbes à la porte , iceux si artificiellement faicts, que tirant une cheville, les assis tomboient et empeschoient de lever le pont et fermer les portes : ceux qui les conduisoient estoient soldats desguisés en pa'isans. Proche la porte de la Barre , furent cachés en une maison [trente hommes. Les portiers ouvrent ; voyant que c'estoit du bled dont ils avoient besoin, le laissent entrer^ non si tost qu'ils ne missent dehors du peuple , qui descouvre l'embuscade de la maison , qui fut si prompte qu'elle porta l'alarme à la porte avec elle ; tiennent un chariot sur le pont , et les chartiers aux mains avec les portiers : ils se rendent maistres de la porte» où accourans ceux de ', dedans et ceux de l'embuscade au signal qui leur estoit donné , le fort emporte le foible. Après avoir combattu une demye heure , la ville est prisQ

ftVee esioanemciiti rarmfe Imgaeaaftte^ ne pouvant imaginer comme isda estait advenu, ten qu'elle ooovroit Masdon , |et après que les chieft eurent jette h faute Tun sur Fautre, à l'accoustumée.

Amragues, auparavant {fonvemeur de Maseon , qui peu finemoit aVoit abandonné la ville pour suivre Tarmëe , prq>ose de la reprendre par escalade ; à quoy estant mal suivy , h peur augmentée , il se retira en fuitte avec les Suisses mal-contens ; et perdirent rartil- lerie , leurs munitions et bagages , que le sieur de Tavannes prit ; et leur!donna Talarme sur : la retraicte proche Belle-Ville. Les Suisses , ' contre leur coustume , fnveiit toute la nuict à Lyon , oh arrivés tiennent ce qu'ils avoient promis au sieur de Tavannes , s'en revont hormis trois cens en leur pais. Il les avoit suivis Jusques à Ance ; et sembloit qu'il menast toute ccste armée battant devant luy, pleine de morts^ et d'eq)ouvante. Il fit trois choses re* marquablcs : il gagna les Suisses , prit Mascon , rendit une armée de douze mil hommes inutile et vaincue , et rompit leur dessein. Geste defoicte sauva Testât , parce qu'il descendoit deux fois autant de reistres qu'il en entra depuis en France , dont la moitié dévoient venir joindre Poncenat et les Suisses , Tt couler du long de Loire. Si ceste armée fust demeurée en estât , il n'y a point de doute que la bataille de Dreux eust esté perdue , et le royaume fort esbranlé. Il se joint au sieur de Ta^-annes quatre mil Italiens commandés par le comte de Saincte Fleur , envoyés du pape , et toutes les forces cath< cliques de Forest et Vivarest : il arrîv(; avec ces troupes ; assiège Lyon du coslé de la porto de Vaize. Là se firent plusieurs belles escarmouclies , dont il eut tousjours le meilleur , serrant et bloquant tellement les Lyonnois , qu'ils perdirent leurs vendanges. Il attend l'artillerie et des munitions qu'il faisoit venir de Bourgongne poiu* battre Lyon, que sa bonne fortune et son nom avoit mis en si grande tcircur , qu'ils avoient produit des intelligences infaillibles dans la ville : nul ne doute qu'il ne i'eust pris.

MM. de Guise qui vouloient obliger M. de Nemours a eux et la royne, se souvenant de la malle ouverte, firent donner lu charge de gênerai audict sieur de Nemours , avec supplica-

tion au sieur de Tavannes \fle déBBnèi de luy avec tout pouvoir; ce qve fb) mant M. de Nemotn^ , et rasseoridBll^ manderoit à Iny mesme , lerieordelS se ressent du tort^à hiy fiûet: nfiii bien servy Ton luy trendhe le ffli dé 1 toires. Il ne voulut obeyr à IL 'de flê et luy remet toutes les fWœs et # entre les mains ; se retire m feds ^ ment pour le soulager et mainifeiar tè

La fiiute de luy àvdir oM le é6a ment fut cogneue lors qtie Toiiveftorf Nemours ne faisoit rien tftà tâSle ail Lyon, et qu'il perdit qiMre Mttk'di leurs hommes qu'il eust en me doabi prise ; et n^eust esté que le baron ûà fut mal contenté des fcuguètols, jpttr interceptés que les cadioli^ues isi^pii ou l'admirai escrivoit à M. de SëttAi se faloit servir de luy comme d^tîneVi rieuse , et puis le laisser là , sans oè i tentement M. de Nemours eust coort fortune. Quoy qu'il en soit , Lyon ire t et ne se rendit que par la pafi. Le j Tavannes , de retour en Buui'gul^'tfi mence deux citadelles à Chalon et I villes pleines d'huguenots , voiAiéb d ses , frontières du duc de Savoyè , jj maintenir en l'obéissance du T&f. d délies , plus pour éviter surprâè qj extrême résistance , desseignéesseioB qu'on peut lever d'une province tjft civile sans [nio^-ens , ne furent ià fl qu'il les desiroit.

Pour commander à nos semblaMM autant d'esprit , de courage et de M nous , il se faut faire meilleur , pitif plus vaillant qu'eux , h ce qu'ils tx^f que meritoirement la domination iÊpl à ceux qui les surpassent ; autreiMf a raison qui acquière aux hommes là riorité des hommes : ce ne sont besta quelles mesme il est besoin d'artifln les dompter , de familiarité , douceur rite. S'avder de l'un et de Taiitrc td ment est le moyen "de maistriser les i s'ils sont intéressés au gain et à la p gênerai , Tobéissance en est plus ht contraire , s'ils cognoissent qu'ils n'y] rien espérer , ils se rendent iarouclK

l^MflteetpliM de fbibleese , plusd^ar* 1^ Qy a diferOM^ d'eaire gênerai sous ^ggAf^ji oo ioos lia petit aouverain $ leAïAétfKUioé rendue à un gnuid capi- I, qvcdieqiie r<» concède à celui que gldusiecroyeiil tel ; autre celle des yîoln^flire eelle dea infortunés dans les fj^ U doux , Taigre , le tempéré gfm idou le leinpa el lea evene-

gaanademena d'un foiide gênerai de iKtHfcdohreateatre ooaaiderésetasaia- |i|pile6;diMiffittler aak» sa oondition, ^Kioir ay onir beaucoup de ohoses , ^«fo importe au aalut gênerai , qu'il ne loto. Ceot obeiaaafla ^enl mieux que ^iés{ il en mieux eatre abandonné IftfikdBiei gens , qn'eslre deaobey :

|tamv,tiecpeu, deAiirequelqueohoM, Into ivee beaucoup ne faire rien. Lea iMBcoBue lei chevaux veulent sentir qui Ivettti'iltoognoiaaaBtdela crainte^ Imoent rebours ; si par leur aadaee et iM j& Aef Bi gagnent un poinct 9 la leniàilsen toadimt un autre y juaques [ib iBittaleneal débridés , pour abandonner, Kei 01 tMrkiar supérieur» dans la visage qrihlMt II peur et l'audace', sunpioy ifeahMbirrMolutioii. Aux premiers com- Bdeams faiei considérés il se faut cognoiah a lan nm mourir une ficHS que mourir ulesloorS) et perdre Thonnenr etleparty iqael(ttea:etfiiiit dans le milieu des rein»&& Mnés de pieques courageusement mmIr k» mtUcteurs , séditieux, et en arekchirimit exemplaire ; non que je redleceuierde se précipiter , mais bien U tnvSk pi artifices , pour cognoistre iim deëéBtUne se perdre sur le poinct I desseii dsnveiiés , dont la cognoissance H advisés est facile , par Febservatien des tins dtt iNiiift ) atuaes , voix proférées et BBéa égrihaent à mesine temps : ce sont ^ÀS^ du danger . An contraire , quand ils (^osirarieii ea confdsion et ne sont bien k;il finit prendre le t^nps ; les chastifts non si freqaens qu'ils desesfierem les Ibte; s'examiner et ne faillir par colère , [WJé et hia rapports, crainte on soupçon ip^lifattieaelaflpctf aa volonté promp-

RâGNB D6 GHAIHES IX.

tement , et ne tenir lea [addata loug^tempf en désespoir de leur vie*

La sévérité dea commandeni^na i Taustm^ delà oampagne^st mitigée par douce converaation du flogia. Compaguoua k la tatde ( di* sent les vieux ) etmaiatrea à obeval i les conh mandemens non si longa que la tardiveié nuise , ny ai promptaet à la volée qu'ibsoiept; inconsidérés; claire, non k deui ententes ny suti^'ecta k d(HlUe interpretalioii. Sileçbef ne ae peut reaoudre de aoy-meamo > et qu'il ait beaoin de oonaeil , qu'il le prenne Us\ que lea aoUata ne a'en apperooivent ; autraanent ila attribuent au conseiller rbonneur qu'ils doivent à leur cbef , lequel cognoissant son imperfection I doit ae conseillera un quiaoit du tout à Iny , et qui ne'.lui puisse rendre (pour aa grandeur) de mauvais oflioea. Le CMNnmandément des gentila^hommea eat diflSarent de oeluy dea «Mata : frappés , injuriés , Ua perdent l'honneur 9 et ne s'y faict bon fieraprèa* La discrétion eat requise pour tenir ka rea«aoris d'obéiaaance : l'inftmterin au^GOotrairB doit estre condincte i'eapée à la main', aekm la nécessité. Lea c<mseils , les résolutions , leiB rapports , ne se doivent deabattre ny ouyr, medéa parmy les troupes , desqudlea en oeste action il se faut esloigner. i^

Les cemmandemens ae font mix expérimentés ou favoria , antrea pw oompliraena « par acqnît , pour (Aliger , entretenir , ooeuper, et Iquelquesfois par vengeance etpoor mine de ceux «pii les reçoivent. Les exploits importans ne se 'doivent eonunettre qu'aux pmdens , vaillans et expérimentés amis. Que si la laveur et compUment force d'employer des jeunes bommes qni manquent d'aucmma des parties susdictes , ils se doivent foire assister par gens sages , qu^s ereyent et que Ton pense qn'Hs croiront. Et pour occuper ceux qui se plaignent de n*estre enqployéa , i se présente plusiein^ commissions de leur portée , sans péril du genend ; à un beaofai il en fout feindre de peu d'impormnce pour les contenter. L'amitié ne doit varier le jugement des capitaines , qm se persuadent f(dlement que Texperience d'aucuns corresponde à la foveur qu'ils leur p<H*tent.

1 1 Ceux qui sont trop hasardeux font d'aussi I lourdes foutes que les tnnidea. Donner tous

les commandemens à un seul , parce qu'il en est digne , est mescontenter plusieurs ; c'est trop espreuvec sa bonne fortune , et quelquesfois , tel que Ton ne jugeroit reussiroit aussi bien que ceux qui ont desjà de la repu« tation , lesquels ' ayant beaucoup acquis , craignent de beaucoup perdre , se mesnagent, esquivent J'hasard. Gognoistre et dresser à temps les jeunes honunes affectionnés « sert pour soulager les vieux. Employer des personnes de marque en choses hasardeuses « est dangereux ; leur perte en offence plusieurs et en descourage beaucoup , et s*ils réussissent bien , s'exaltent trop au préjudice des chefs.

' Les commandemens par inimitié sont autant d'offences devant Dieu ; c'est se venger de soy-mesme : que si les honunes qui se perdent touchent l'honneur du gênerai , les commandemens ne doivent estre si hasardeux que les assistans les remarquent infailliblement mortels y et qu'au partir de là ceux qui en sont revenus disent à leur chef , avec raison , qu'il ne leur commandera jamais. Aussi se faut-il garder de jetter de l'huile dans le feu , de donner à un audacieux ( qui se voudra comparer au gênerai et le troubler ) commandement par lequel il puisse s'accroistre , acquérir crédit et se parier à son maistre. Il vaut mieux addresser ces commissions à ses amis très-aOectionnés et asseurés , lesquels , par ingratitude, ne tourneront Thonneur acquis par le moyen du chef , contre luy-mesme. Et vaut beaucoup mieux que les grands soient mal-contens , que leur donner inoyen d'obtenir ce qui, apporteroit plus de préjudice que la perte des ennemis qu'ils deferoient n'apporteroit de profict.

Aucuns demandent des commandemens à dessein ; il faut cognoistre pourquoy , s'il n'y a rien de caché dessous leur entreprise. Plusieurs jeunes princes et capitaines de chevaux légers ne se soucieroient pas que devinst l'armée , pourveu qu'ils eussent defaict dix ou douze hommes et ensanglanté leurs espées. Au premier mouvement du commandement , regardant fixement ceux qui les reçoivent , au visage il se cognoistra s'ils sont disposés de l'exécuter , et encore plus à leurresponse et .difficultés qu'ils allèguent , ou incommodi-

tés qu'ils représentent : sMl se voit qu'il vont gayement et franchement , sans k fencer remettre ou changer de dessein commander couvertement à un antre, ^ cessaire ; autrement l'employé donner artifice et excuse pour combat.

Il en a d'autres si inconsidérés et booill qui reçoivent tant de gloire de Tbonneirl l'on leur fait, qu'ils n'entendent h nmiJ commandement , et s^en vont desordoonZ se perdre. Plusieurs ont tant de crajote e respect à ceux qui les commandent , g pour ne leur oser faire repeter dm fol< qu'ils ont dit , s*en vont sans être instnùci sçavoir la moitié de ce qu'ils doivent f, Aux premier et second il faut 'dire dcoi trois fois une même chose ; les foire rd dre, parler et entendre slls reotendd afin que le gênerai ne fnst du toutrespoJ il doit appeller quelque homme de coJ dément près de soy , pour tesmoingl n'aura tenu à bien ordonner qu'il ne soit réussi.

La prudence peut prévoir tous les er mens, disant: «Vous irez, vous chargera vous retirerez en cet ordre, par ce cbeinin| les conseiller sur l'événement fortnit. Ced pas tout aux généraux de se descharger $J mot qu'ils ont tant accoustumé : « Vousétd pitaiue , vous jug^erez bien ce que \'ous(M faire» ; il est bon de leur dire pourla^lJ du gênerai; mais si ne faot-il laisser dj faire entendre une ou deux fois, d'ùui qu'il participe plus à la honte qn'i la glQ de ceux qui vont sur son commandements s'empeschera le chef de dire des paroles < ceux qui les reçoivent 'puissait interpri à deux ententes ; autrement les commaf couvriront leur honte par rambiguitédug^ rai , duquel les paroles doivent estre cbi pures et nettes. ;

f Ce n'est pas tout après avoir comman un capitaine : «Vous prendrez deux coulei nés , vingt honunes de chaque compagBii gens de pied , tant de cavalerie , vous pan à une telle heure » ; et*pms s'aUer coacb^ contraire , il faut que le gênerai veille el voye ses serviteurs par toutes les m sçavoir s'il est obéy , et ne reposer point i n*ait fait partir ce qu il a ordonné, à ce

REGNE DE CHARLES IX

ftU

KMDqopment IVntreprrneur maiTlie ix la u que lui sera esié «rdonné , à laleVc {eoeral se doil la^uvcr , ou un seinf«esiDU. pour voir le partement ; ■ce (|a'il uura commandé se devoir |ir, un se fera que le lendemain ipitaioes ne veulent pas donner \i les gcus-d'armes sont allés aux Il fiitigués de gardes ; les clicvaux G soni logés loin ; les muailions I prestes, tout va eu longueur et (lie gênerai. Cependant le temps ~à les ennemis adverlis qui font Itdouble. Et quelquesfois ces Ionlent d'envie que l'on porte au i , et bien souvent de luy-mesuie, ■île rompre par retardement sa '^le Gage gênerai, surveillant et s petites dilGcultés ne rompt

itd'aSaires de recevoir H propos

lent , que le donner ; ceux qui

bMid)tenuspar importunité, ren-

K qui les ont mendiés

s fortuits , mallicureuK et non

R outre ce qu'ils no peuvent faire

r requestc souvent , qu'en retn-

t, chef et le conseil d'espérance

ceès, les(|uels manquant , l'on

ir menteur el vanteur ; et quand

|lil, il n'est pas estimé, au rcs-

»ci paroles que l'entrepre-

rainct de proférer pour estre

I >'îl vient au bout de ce qu'il a

BUNtié de l'honneur s'en perd ,

mifoe ce qu'il avait dict. Celuy qui

Remployé doit faire naistreloc-

!S par ses amis ou parens, ou,

lire aux conseillers |du prince ,

W, faire ualslre dans eux le desii' de

■ pBposé, qui puis après luy pourra

.Mltuoear d'estrc'commandë ; ce qu'ad- 1 D ne faut monslrer une extrême ln> la cacher au dedans , à ce que l'ap- > (la,contenlemeut ne promette trop dont , réussissant après peu d'cf- (ily a perle de réputation. Il ne faut i ptroislre triste, à ce que l'on eroye jlf Biaaiiqueiiioiitdecoui-ageibouttemGnt

d n'est loisible ny bonnorable de refuser les conmiissiuns , bien que ruyneuses. C'est là où les amis acquis servent . lesquels peuvent destourner, retarder les mauvais coups de ces commissions par artifices. De penser les rompre en alléguant plusieurs difficultés, ellesne sont recevables de celuy qui est employé , et enRameront quelquefois le gênerai, ou autre , ou te confirmerootd'advantage h ordonner pis, ou commander à un autre. Non que je veuille dire qu'il ne faille alléguer les difficultés raisonnables sans crainte , pour avoir les provisions nécessaires , et n'avoir honte de se fuire réitérer l'ordre que l'on doit tenir , el repli; quer, si telle chose advient, ce qu'il faudra faire, alléguant tout ce qui peut succéder. s'il est possible en présence de gens , à ce qu'ils puissent tesmoîgner , s'il advient route ou deiaicte , que ça esté en suivant l'ordre du gênerai , et non de la faute de celuy qui reçoit le commandement. Ne débattre pas toutes les circonstances , mais les principales , k ce que la multitude de paroles et petites difficultés n'empescbent de pourvoir aux grandes. Que si l'entreprise est de long temps divulguée, il n'en faut rien celer au gênerai, et dire ù un ou deu\ capitaines de ses amis : "Vousvoussouviendrez comme quoy je parts, et de ce que l'on m'a dit. i> Et si apertement il y a manquement de ce que le chef a ordonné , il le faut faire dire avant que de partir , et ne se contenter de ce mot si commun : "Vous sçavez vostre mestier. ■• Il se fatil)souvenirj d'employer^ toute la (Uligence qu'il so peut , ayant à se garder , non seulement des ennemis , mais de la tardivité , meschanceié et feinctise des capitaines , soldats , commissaires et thresoriers.

Eviter les commandemens de David contre Urie , qui sont des moyens de se défaire d'un hnmmc , ou luy faire perdre l'honneur , ou esloigner du maisire , auxquels il faut grande prudence pour les descouvrir , et encore plus pour les éviter, et sçavoir le subjeci qu'on a donné, Il est au pouvoir du gênerai d'employer et faire advertir sous main les ennemis, d'envoyer aux bresches d'où on ne revient point , et au lien où l'on laisse l'honneur. Telles commissions se peuvent pirscn ter et prévoir par t'esial et deporu'

iés

HÉHOIRËS DÉ eASPARD BË SÀULX.

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et par ee' qiâ pent adreiûr , cof^noissant la T avec ienrs services , est iieèeasaiM t

preud^bommie du gênerai nons-mesmes , son crédit et le nostre , si nous y sommes à charçe , 8*il nous soupçonne ou envie , si nous possédons des estats , maisons , femme , qu'il puisse désirer à soy ou à autre , on que nos ennemis le possèdent ; en ce cas il est utile de refuser tout à plat la commission » et s'ealoigner , ou , faisant plus honestemennt , ;la recevoir, et par grande prudence et expérience Tesquiver ; estant à cheval, se destour^ ner du chemin que te gênerai pense que Ton doit tenir, et au lieu de donner en un costé donner en un autre , et par un effiect hasafdenx se défaire d'un plus périlleux.

. Les commandemeiis , quand le gênerai est en*presence , en campagne on aux assauts , ne sont pas si fiiciles à parer , il fout bien plus d'artifices ; c^est quasi un arrest de mort que Ton ne peut éviter , parce que mil et quelquefois dix mil sont tesmoins dé la connivence ou hardiesse. Si est-ce qu^aucuns ont par fois évité le danger , en conservant leur honneur, et au lieu de charger par le milieu de Tescadron ennemy, escomoient un coing , sur la pointe gauche , qui est la moins périlleuse , ou bien tournant [chargeoient par flanc , et si proche, qu'ayant fût quelque peu d'halte, l'escadron du gênerai approchoit pour les soustenir et en recevoir leur part. Autres , ayant bon œil , se sont sceu parer des flancs des bresches, choisir le temps , leur advantage , et sont revenus , contre l'espoir de tous , sans estre blessés ; mais si en furie et si pas^onnés, qu'ils ont dit au chef, ou à trois pas de luy, qu'Q ne leurcommanderoit jamais; à quoy ils paroissoient de peu de courage , monstrant penser avoir esté en grand danger : il suflit de reserver ceste resolution^en soy, et se partir de là quelque temps avec honneur. ¥ Lever des soldats; et des imposts sans commandement du roy, est crime ; se laisser tuer ou déposer de sa charge , c'est deshonneur ; les loix qui n'aportent utilité ny seurté ne se doivent observer en la nécessité ; il vaut mieux rcspondrc de sa foute au conseil du roy, avec sa charge entière , que desnué d'icelle. La faute de n'obéir aux roys quand ils commandent do se desarmer , pour éviter

d 'estre en danger, d'estrc assassiné ou ruiné et honneur, et se niocquent les premiers de

les roys ne sçavent ny cognoisseiit lewt rfL faves ; il s'appelle d'eux devant eux fahi conseillés , mieux advertis , ou horBds paokl ou du conseil des mignons.

C'est sacrilège de prendre les reliqMe il l'Eglise , et |Meté de s'en servir pour rnalHl m la religion contre les Turcs et hi i nUqMji elles ne sont données pour les saincis, qri tfH ontquefoire, que pour l'accroisseaieBtdekflif et salut des âmes-, la permissicm du pape y M nécessaire , et , à son défont , cdle élastiques de la province.G'est un serve pour servir à la defence de la reUghrih

Si la guerre est juste, les bieas des eMI^ mis ne se doivent e^rgner; moins ibendll moins ils en fimt de ttud. La perte du Uift perd le courage et les moyens de noire \ ii la crainte de la perte d'iceux r'amene lee iriinemis à leur devoir , ou ils n^arnimt iBOjel ny pouvoir de se si bien maintenir tu pftitf contraire. Et si à l'advenir l'on prend le Usé et les maisons'generallement de foos les hn^ guenots rebelles, et qu'icelles soient rasési êl possédées , c'est sans doute que ce sera l&Êt ruyne entière , et que nul ne se tiendra avet eux , pour ne perdre son bien. Les goerM anciennes estoient plus courtes, qui soient les hommes en esclavitude , quoient et prenoient leur bien povr tonsfoert.

Il fout ester les ennemis de parmy les amiii sans leur donner sauvegarde ; y demeomt, ils font pis que ceux qui sont dédarés ; diter^ tissent , corrompent , descouragent , Jumarnent les conseib , les moyens , les eoflaaofrtés , rendent les aflaires difficiles ; prompU à tumultes, sèment nouveaux bniicts, et eut absens l'on s'ayde de leurs biens : laconsideration de la perte d'iceux , la necessilé des fournies , enfons , et parens, les coniraigneÉt de retourner an juste party.

y C'est aux roys et aux grandes poissaiMses qu'il appartient de mener le canon ; fl y a plus de mérite et d'honneur , estant incommodé ds munitions, de forces, de faire peu, qu'aax grands avec de grands moyens faire beaucoup. Assiéger villes sur les promesses dtf provinces allligéos , est dangereux ; y estant, ils disent que Ton y est pour son propre perl

l£G?iB DE COULES K.

* L coÉPCPnBC CK

«kfaiaée dlAactioB d'et&ci : le roj-

é k ledkt de

w, , estait oiÀigé à n'y eon-

if g^f aae decbntkia DoBvdle. Le

irdeSiliife8i^«$i«ni m dispou , tant

,htSki , fM pure qu'il afoii partagé

Éariié avec ia royof.

li^TTIfi 'iavec quelqoe ratsoa) se

Ml d'unir nté sarpris et tués , contre

qm a'eiûît r^ToqBé : de là infcrent

imyalb royne estoient prisonniers du

t à Par» , avec «ju^lqae apparence ,

c c'«sUMt malgré b roji»e et ses en-

^|i1h ; araieu esté cooduils. Les hu-

■I €i^étM des lois de l' estât comme

% taj^r!*^ , en tant qu'elles leur

ItAat : disent qae l'enircprisn

■oft jaste SOT le roy François

■^HH- de quinze ans ; qa'il avoit

t A Bif de Navarre et dn prince de

Kfnr là gaayerner ; et au temps que

n'f!n avoit qu'onze , disoieot

niqdr ![avarre . qui deyoit par les loîx

■■r , le lenoit prisonnier.

Byn. Poictiers, Lyon, Bourges,

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