‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 29 sur 224 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

que les biens ne viennent de la terrei

^dnciel.

mort de Sa Majesté a esté toute remplie

visibles : merveille qu'il soit esté

\ \t fins grand roy de TËorope , arbitre de

cl de {lierre dans icelle , qui sembloit

b ibrtane captive , auquel tout réussis-

qa*il ne Favoit pensé. En plein

luUea de sa capitale , dans un car-

Jmict de ses serviteurs estoient, ayant

armée sur pied , assisté d*un mil-

, entre les deux plus grandes

qui se soient iaictes de son règne y

et rentrée de la royne , estre tué

mne qui n'avoit autre pouvoir que

a . ny persuasion que de son es-

it aydée du malheur de ce prin*

faitict choses favorisent son dessein :

iement que le roy fit à son ca-

des gardes de le laisser et d'aller au

le carrosse arresté et embarrassé au-

dmetiere Sainct Innocent ; les vallets

à pied , pour prendre le plus court,

par la galerie d'iceluy ; un vallet de

qû le soivoit ordinairement, s'arresta

sa jarretière , le visage tourné

part; cenx qoi estoient dans le carrosse

aiUears ; Sa Majesté , ayant le pre-

coop qui n*estoit rien , hausse son coude

parer son visage , et fit place au second

:el, lequel, s*il eust eschappé ce jour,

nenrtrier esloit résolu de s*en aller : ceste

loy avoit continué deux ans. L*on

deatanderoft pourqnoy il n*a esté permis à

Tassassioaienr de Texécuter qu'entre ces

deux sotemutés si remarquables , et lors que

coste armée esloit assemblée. Cela fortifie la

créance que c'est un coup du ciel , duquel

/ >xécoiidfl dcvoît estre faicte au milieu de

^^^::xsii de /brees, pour de tant plus faire pa-

^'^fite« la puissance de Dieu : mort predicte

^oa Allemand , plusieurs années aupara-

;et luy-mesmes, estant adverty du mal-

qui Iny devoit advenu* en ce mois , ne

I éviter. C'est un péché aux roys et aux

d*atiribuer à la valeur et sagesse du

les victoires et la paix. Que si nos pe-

ae Tempeschent , Dieu monstrera que

ie sceptre d*un enfant il peut maintenir

1^1 aussi bien que sous nn grand roy i

parce que c'est de iuy seul qu'elle procède» A la vérité , ceux qui aymoient le roy doivent avoir satisfaction en ce que Ton tient qu'il pria Dieu ce jour là fort devotieusement; parce qu'il est 'si miséricordieux, qn'encores qu'on ait foict de grands péchés, si à l'heure de la mort on a le tempsde fermement se repentir et demander pardon, il l'accorde. Si est-ce que c'est un grand bien quand il donne le temps de se recognoistre et Iuy demander grâce; parce que lespecîiés peuvent estre tels que sa divinité ne- départ ce bien aux mourans ; et par ce défaut sont en voye de perdition , les uns tués de coups, autres de catharres , maladies furieuses qui excitent les fumées au cerveau , pervertissent la mémoire , sortent les hommes hors de devoir et de cognoissance. C'est pourquoy avae l'Eglise nous devons prier ique Dieu nous garde de mort subite ; au eommencementdes maladies nous confesser et repentir, poor éviter le pervertissement. des sens , et que d'heure nous puissions pourvoir à ce qui nous est nécessaire , qui est le salut étemel.

Les opinions sont diverses, s'il estoit mien pour le roi Henry IV qu'il mourust plustost que tard, les a&ires estant en Festat quelles estoient. Aucuns disent que cesie grande ar« mée , despence et préparatifs , n'estoient eau* ses que d^amour qu'il avoit à la princesse de Coudé , et qu'il n'esioit besoin de tant de gens et despences pour Claives , ainsi que le temps Ta monstre depuis. U est bien vray que, ces grandes levées faictes , il fut tenté par les ennemis des Espagnols , ,les Vénitiens , duc de Savoye , OUandois et autres , de leur faire la guerre ; enfin son inclination au repos, la crainte de trouble et guerre civile , Tavoient suppedité ; et estoit résolu qu'après que la princesse de Condé seroit délivrée en* tre les mains de Sa Saincteté ou de son légat, qui la devoit remettre à M. le connestable son père pour lui amener, de rompre son armée : il y a peu de conseil qui sceussent son dessein ; l'Eqpagne , l'Italie , la Flandre , l'Allemagne et la France , croyant que par grande générosité il voulôit entreprendre , à la ruyne du roy d'Espagne , de s'establir une monarchie. Autres disoient que par force , et à l'aide ;des protestans , il se vouloit fiiîre

Mipereiir , ayuit «slé tné sar cette opinion que tomerEorape avait oonceue en siiiuede oe qu*U avoit fak an piMé.

Il est amt en vepîtatioB d'mie grande ge» oerodlé ec valeoff honnis d^aneoM qni di* ioienc qee ces nKNilagiies n'enfanteroieat qMO ém nH. Plnsieon dtseoi qa^après qu'il Aist aerty de cest albire , il eost eoetinné la paix JMqees à sa iDoit y ae ftist plongé dans toutes telapiéa et plaUn, et ckaases , aarars, jeu •t amies iiassiii tsiys t afant espienvé pin» aiem traverses à la guerre» et que cent fris il avok à peu tenu qu*il n*eust esté ruyné , sauvépar la seule ImprudeBoe de ses eune* uris , f 1 ue voirikib reMnber eu de seudbfadiles perBs ; tellenisut que ce reste de vie remplie de voluptés eust obscurd sa reputatiou ne* quise. Au contraire , estant mort en k créance eusdiote , il a laissé une grande gloire, tant peur avoir esté ftvorisé de la fortune en sa vie, qui a esté expliqué à valeur , que pour eu sa mort avoir laksé créance du dessein ëe si grandes entreprises *. ainsi il est donc mieux pour luj é'nét Iny sa lie plustost que plus tard*

L*esprlt se trouMe t sert de soy , par mor* sures de ehieuB enragés, par Mie, colère^ craiule> san d*amies , de trompettes, et dou* eew de BMniqne ; entre lesquelala peur tient le premier Beu et a le plus de pouvoir; met eu fuite les armées , précipite à la mort pour éviter la mort , entrave les pieds, fait outrer les chevaux sans considération , qni (tenus en fadeine et non forcés) pourroient sauver leurs maistres. Pdtrot bkt une lieue, et croyoit en avoir fi^t vingt de nuict : les estoiles, le vent, la mousse des aribres tournée an septentrion, un cadran , penvMt empescher ces accideiis. Piusîeurs huguenots duôsés se sont servis de la boussole^ et sans entrer en vilhige se sont sauvée 'en ABemagne. M. d'Haussun estoit vaiHant, qui mcMu-ut pour Texpiation dé sa faute : queaçaunritplusfoffeualiermitepour ta oonscienoe , qu'il St pour avoir la sienne dlMuneur sans tadie de honte?

La mort de M. de Guise luy esta le moyen d*acquerir dé grande gloire estant homme de Men , on une grande puissance estant mauvais. g*avoit pris le prince de Gondé à la ba-

JÊÊ 9nmL, k cemiestable §pà l«f osioît |

obstacle prisonnier parmi ses adw toutes les forces du royaume entre si bien avec le pape , les Espegnols et esi U avoit le cœur du peuple, tenoit asi leansprestèestrepris, leresiedei mis battus et fngitifii aux exlreasil Normandie avec peu de courage, 1er frères enfens comme ensapuissanoei vescu et voulu prendre la couronne, du pape et des Espagnols, M y aiu de droîct , et y ponvoit autant espi Hue Capot sorty de Robert le Gnuui ^ foveur du pape Zacharie, et par Ym Fkunçois, obtint la couronne, fiusant I légitime héritier et ses enfoiai duÉS i à Orléans. Au contraire , s*il eust vm hoflune de bien , garderlaioyàeeB la devoit, avec ses moyens et eetu puissance servir son jeune roy, r^ee religkm catholique, ruiner les kugui quand Sa Mafesté eut esté en UM\{f rendre tontes sesj forées, se ranger CQHsmandement , il eust aeqms fai | Dieu avec plus d'honneur, ayant pes la couronne focilement, et y ayant pi« devoir et sa fioy, la laissant et cens celuy àqui elleappartenoit : il eust g vainquant soy-flMsme et Tambition) trois royaumes ; la mort luy euvia ^ neur ou ce profit.

Les comètes , les conjonctions de | monstres, prodiges, ne S(mtcreuB| les evenemens humains , que po«p a serve en signes semblables qî^il ^ de pareilles choses. Le feu aux pferi chasteau de Milan, au temps àà I anonce la perte dltalie aux Vnofoà enràreeaal de Paris, TestaUlssemei religion huguenotte , par la mort d Guise, fay eq>erimenté le feu eaupu présage ; c*est un advenissement dei mes puissances , à quoy il fout Of^pou mode de ceux de Ninive.

La royne, hors de crainte par ta mo de Guise , se glisse à rentier gowen M. le connestable ne s'y oppose , ne dant à Testât , ains seulement de 4M son authorité. Elle crée des serviteun ses enfsns, afin qu'ils ne despeiwliss

d'elle, ot Ao lussent oUîg<s ny

BRGNE DE CHARLES rx.

deot grande» maisons de Guise et de rency. C'est radvaDcemem du comtii , d'iirier, de Lausac , de Lasse , de ',Lu Uourduisiere et uuires. Rcstoit à la royae du prince do Coiidi.- , au- (lonoélaprumesse de b lieuieet de l'admirai de Cliastilloa, JntreUmoit d'autre promesse : à l'un le cïi'dina) de Dourbon , auquel , plus âgé que lui , apparteauit le lent, comme plus proche du sang.

, d'espril Ibible , est facilement contre son frère. L'admirai de CLastileotretenuet emlH'Ouillé en l'accusation WldeM. de Guise, bride par laquelle I [U relenoit , avec les mcuaces de la ce des parcnsdu defiini.t.

B'esire subjecte à tant de gens , la I, >nnt le temps preliv des loix , publie irîlé de sou HIs le roy Cbaries IX au tau de Bouen , à quoy s'oppose celuy « : il est respondu p;ir le roy, en son 1, qm leur devoii' n'esioit que de se rdtb justice, et qu'ils esloieot ses ofli' , Mn tes tuteurs. Cette majorité preci- Ofitace le prince deCoodé, cognoissant K faadroit plus dt" lieutenant gcucral , Itednaotage, en ce que les catholiques uufTrir les huguenots en plusieurs il ie faisoit divers tumultes , dont «leur esloit faîte à leur gré.

U rajK change d'udvis ; na plus besoin ir Wdeiu parts en mesme force; Tune t (ita par la mort de M. de Guise, ^•libaisser l'autre , et garder louie i te résout voyager par tout le ttiDùRstrer ses enfaos, espérant '■^ t* bctions , parler à sa lilie la ^Zffne, et s'associer â la conserva- "'•'■ttthls, esloigner Icsprescliesde •■''Kneiuler les iiuguenots, en tant l> Cuuen'ation de la paix le pourruit

Unwdt Tavannesluy a voit envoyt'plu- ■* "«Wires pour abhaisser les deux ■"•• M liror ti>ut le pouvoir au roy. eslardet scrviiËursqui ne dépendissent que tt.ltati Majestés s'asseurant du tout de '■UwoilgraoUemeut affligé de la mort de tilianK,iiu'il purditau retour du Ha-

vre . où il estoit cornette du clief deereisires, avec promesse d'estre bien losl colonne] ; il eut des lettres de consolation de Letira Majestés. Le sieur de Tavanues, penctiant aux nouveaux desseins de la royne , fait requérir par.les estats de Bourgougne queledict de la religion buguenotte n'y fust estably. Croyant la paix de durée , il se met it bastir le «.tiasteau du Pailly,à deux lieues près de Langres, ù quoy il employé son bon mesnage, s'exerciteà U chasse, plaide et paruge Usucceskioit de Listcnois, valant soixante mil livres de rente , dont il obtient un quart pour le droit de sa femme.

[lâC4] Le roy le trouve en ses plaisirs , en l'année iA6à, à Dijon , auquel temps il alla au devant de Sa Majesté, à une lieue delà ville, a , sans lui faire grande harangue , mit la main sur son cœur, et iuy dit : «Gecy est à vous » ; puis la mettant sur son espée : «A'oilii de quoy je vous puis servir. •■ Arrivé à Dijon , le siem'de Tavaones fit plusiem-s beaux tournois , lesquels, hormis la mort, sembluieni des combats entre enaernis; il y fui rompu en foule , à camp ouvert i fît rouler sur des roues des camps fermés, assaillis et défendus, et après un fort qui fui battu de quatre canons, et oii il fut fait bresche si vivement , que la royne demande quels jeux c'estuieoi, etqu'ils Iuy jfaisoient trembler lame dans le corps. M. le connestable respund que c'esioientjeax accousiumés au sieur de Tavaones , qui , se riant, dît qu'il se vanterûil d'avoir fuit trembler Leurs Majestés. Ces inventions furent admirées. Il confirme la royne à establir des créatures qui ne dépendissent que do roy et d'elle. Lamyne le cognoissoit tel; et avoit jà tant fait de services, qu'elle lay cust donné lestât de marescbal de M. de Brissac, vacquanl par «a mort, s'il fust allé jusquesà Mascon ; il en fut empesché d'une iileasure d'im esclat d'espée , receue en la jambe luix tournois. II lespoudil au sieur de V antoux , son cousin , qui Iuy dîsoil que, s'il eust uUé en cour, il eust eu l'ebtut de wareschal , que Leurs Majestés eussent plus faict peor eux que pour Iuy,

I..I royne, le roy à Lyon, ils y firent construire une cîiaduUc, a ordonnent le desmanteUemeni d'Orléans a de Uontaulban , vdk«

fàvorisans les rebelles. 1564 fiait le concile de Trente par la condemnation des heretiqnes, refbnnation de {quelques abus, sans que les hérétiques se peossent glorifier que ce fust pour leursujet. Les princes cbrestiens requerent au roy de France, robsérvation du concile; il se sépare de sa minorité. La royne, en crainte des huguenots, défend les sînodes, fomente les difiicultés qu*ils reçoivent aux provinces ; s*estoit servie d*eax, comme les hommes font des sang-sues, poitr tirer le mauvais sang.

i [156Ô] Le cardinal de Lorraine et sesnepveux retournent de Trente; entrent avec garde à Paris, contre les défonces du roy ; rencontrés de M. de Montmorency, gouverneur dudict Paris, furent contraincts se sauver dans une maison. Sur leurs plaintes, le roy ordonne , tant à ceux de Guise que de Chastillon, sortir de Paris. Le jeune Montluc, allant au Peru, descend à Madère, où il est tué à la teste des siens , et la ville emportée : sa mort rompt ses desseins. Les roynes de France et d*Espagne à Bayonne , assistées du duc d' Albe, résolvent la ruyne des hérétiques en France et Flandres. En la place de Tempereur Ferdinand, mort peu auparavant, est esleu Maximilian son fils. Selim eëtrangle son fils Motutaffii, persuadé de La Rousse, sa marastre, qui avoit gagné le visir-bachat , pour faire tomber Tempire à son fils Selim ; un frère du mort de regret se tua en présence du père. Soliman assiste le roy de Transsilvanie à la prise de trois chasteaux de Tempereur, qui, par le meurtre de George Capestan, cardinal moine, faictparCastalde, Espagnol, par le commandement de Fempereur ^ avoit perdu toute la Transsilvanie. Le roy de Pologne perd temps de vouloir accorder ses différons ; Tempereur se sert de Lazare Chevandy, qui luy^ conserve ce qu'il tenoit en Hongrie.

Les Espagnols ( sous dom George de Toilède ) chassent les Turcs du chasteau d*Affrique , lesquels assiègent Maltlie ; conduits par Moastaffa bachat, prenent le fort de Saint Elme , qui couste la vie de Dragut Rais et à trois mil Turcs. Après avoir donné quatre assaux à (celuy Sainct Michel , estant entré le secours de six galleres à Maltbe , et dom

George de Tollede navigeant antour an mée chrestienne , le Turc se retire en de vingt-cinq mil hommes , à rhonne grand maistre Vallette , qui avoit soust siège , au secours duquel le comte de I arriva tard avec quatre cens François.

man irrité prend et déserte Syoul , qv sous sa protection ; sans qu'iceux vori rechercher secours d'ailleurs, onJ portes , accusés par les Tnrcs d'aTciraj les Malthois ; le grand seigneur , perdre réputation , entreprend en L*empereur les prévient; prend qnelqi teaux par le comte de Sabne son liei qui fot contrainct de se retirer à l'arri Soliman , lequel assiège Signet et vant.

Mahomet , visir-bâchat , cele sa vertit le bachat de Constantinople, qui quérir Selim à Amasia , distant de nées de là ; le fait recevoir à God de là vient en Hongrie , d'où il mée ; en ceste expédition fat M. de âgé de dix-huict ans. Le roy PhiSp)»

requeste des Flamands , avoit emmeif pagnols de Flandres , oii 'û avoit laissét bastarde duchesse de Parme, assistée dinal de Granvelle , laquelle ne fist part des honneurs et profits aux prioc du pals à leur gré. Ils s'opposent et se 1^ contre leur gouvernement , à fin qoe b gion huguenotte ne manquast imxm mée de glisser dans les pali par adufti ambition , avarice et rébellion, les prii d*Orange, comtes d' Aiguemont, d*Ome e{ tress'enaydent, ymeslent bconsemûol privilèges do pais , se déclarent enneiii cardinal de Granvelle , qui s'absente yi leur servir de prétexte. Lear but rendre la Flandre comme TEropire^tes villes hors de servitude , ainsi que les riales , et eux avec semblable authorin les ducs de Saxe, comte Palatin et princes d'Allemagne, ayant authoritéd vemeurs aux provinces.

Ils vont , partie d'eux assistes du pe habillés en gueux , présenter requestd duchesse de Parme, contre les punitU recherches qui se foisoient des bereii et bruit de l'establissement de ïioffÀ

RÈGNE DE CHARLES IX

p^ b liberté da pa& : elle , se voyant sans ^^(lisaDoie. Ils envoyeot en Espagne les pl^astfdenrs ; ils y sont justiciés ; Toffence ^^mQise,]6 perfl auquel estoient les grands b esoetf) et ^ divisent ; le peuple, pour f^g^ révolte les principales villes , qui lli»^Jeon images. Pour obvier à ces des- ^gitiMàiài'^sse est contrainte d'employer lifrioce d'Orange , comtes d'Aiguemont et p^, qui , feignant d'esteindre le feu » y yseotde Thiiile. Elle, forcée, reçoit cornlest du roy d'Espagne de leur opposer H la? restoit de fidetles serviteurs et subet forent contraiocts les gueux (ainsi pour avoir pres^té la première en cet habit} se déclarer ouver- 'f0A par armes ; ce qui ne leur ayant jnn beoreusement \ les comtes d'Aiguëput et d'Orne ne s'émeurent , et eussent de- Uk n'avoir commencé : estant les armes jÉtf, il foUoit autres que femmes pour les Hver.

I le doc d'Albe est envoyé gênerai de toute iBadre , la dochesse révoquée. En ceste |iée,laroyiie d'Escosse , vef ve du petit roy kacois^par amour espouse le fils du comte fclnox, dnqael ayant un fils, et en crainte k yaèt rauctorité , tient des conseils .sectdiincsoD secreudre : le roy d'Escosse^ ml («Keillé de ceux qui semoient la division tt jiioosie entre eux , le tue en sa présence ; elle offeacée se met mal avec loy. Reconciliée, lêjoQrqa'elleravoit esté voir en une maison, a^deb petite verolle , la nuict qu'elle eftfionhtnaiion sauta par mine; dequoy s'esuniifpercea le roy d'Escosse, il eut temp de rompre un barreau , et se jetter par b feoestre; le lieu jà investi de ses enoenus.ilfotestranglé. Botuel, accusé d'esire dief de Celte entreprise , la royne soup- SODoée ïesfme , dequoy suit la révolte de (MB ses sobjects. Après une bataille perdue par ledict Botuel et la royne], elle est con- RÎDte de se mettre en mer , soit de force ou le gré ; surgit en Angleterre , où elle fut priiniere iringt ans , enfin décapitée par la ityie Elizabeth , non tant pour conspiration facomerte contre TAngleterre , que crainte pe le conseil huguenot avoit , qu'adve>ut la mort d'Elizabetb , elle succedast en

Angleterre, et restablist la religion catholique.

^ Heureux qui vit sous un estât certain, o& le bien et le mal sont salariés et chastiés selon les mérites ! par Tun on est asseuré d'honneurs , biens et recompenses ; par l'autre , des chastimens inévitables , sans qu'artifices, amis, argent, faveurs puissent ayder pour obtenir Tun ou éviter l'autre. Tel estoit Testât des premiers Romains, tel a esté celuy de France , tel est celuy^de Venise , des Suisses et royaume de Pologne, dont la puissance des supmeurs est limitée. Les roys de France, de Moscovie et Turquie ont la puissance absolue ; ceux d'Espagne , d'Angleterre , l'ont usurpée à moitié , se servant de l'assemblée dé leurs Estats-generaux , ainsi que leur auctorite le peut permettre. Où la faveur , l'artifice et l'argent ont lieu , nul ne se peine à bien £aire , sçachant d'autres portes que celles de l'honneur ouvertes pour parvenir aux grades et recompenses, non plus qu'aucuns ne se soucient de faire mal , d'où ils espèrent esr chaper par les moyens susdits.

Les biens , les fortunes ne se peuvent dire asseurés à ceux qui vivent sous les estais exerçant la puissance absolue ; les faveurs de justice , fausses accusations , ces mots de propre inauvemefU , et , ainsi nt notre plaisir , les feit perdre ; et ne valent les biens jouys et possédés en crainte la moitié de ceux que les loix asseurent , et que l'on sçait ne pouvoir perdre que par sa faute. Les grades conférés ordinairement par faveur sont à mespris ; les juges n'exercent justice qu'entant que le service ou volonté des roys le permet. M. Tadmirai de Chastillon ne se fust sauvé du meurtre de M. de Guise, s'il eust esté subject des Suisses. En Pologne , les gentils-hommes jugent leurs semblables. J'estois avec le roy Haury m en l'an 1574 : Leborrosqui planta une lance de def y , un gentil-homme du comte de Tanchy la levé : Leborrosqui , ne le tenant de sa qualité , met en camp un des siens, qui est blessé d'un coup de lance. Au sortir de la cour du chasteau Leborrosqui tue le comte de Tanchy d'un coup de hache : les parens du deffunct amènent le corps au palais , et demandent justice. Le roy s'employe pour Le- I borrosqui , pensant gagner ses parens : malgré

tSM

MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.

[Il

que Sa Majesté en cnst , il fut bairay à pTerpetuité par le sénat : tant sont les puissances des roys limitées en ce pais là.

i* En la guerre de VUnlon [1591] M. du Maine €n médiocre prospérité , je luy proposay que la France se pouvoit maintenir , comme une •{jrande ville, par citadelles, fortifiant par embouchures des rivières , par lesquelles les •vivres , l'argent , trafic et sel se conduisent ; qu'il fortifiast Quillebeuf et -Rouen potlr la rivière de Seine ; le Hourlet proche Abeville, pour Somme ; Nantes, pourLoyre ; Lyon, pour la Saosne ; la tour de Bourg, pour Tembouchure du Rhosnc : toutes lesquelles places îl tenoît, conservant Paris par garnisons. Encorés qu'il cust perdu la campagne , il y avoit espérance que le temps changeroit les afTuires et le remettroit en sa première grandeur. Les roys absolus de France , craignant de perdre de leur temps ou de leurs successeurs Testât, pouvoient adjoindre à ces citadelles les villes de Bordeaux , Prouages , Thoulon, Marseille , Soîssons , Langres et Maisieres , lesquelles fussent commandées des parens des enfaus de Leurs Majestés ou gens fidelles ; autrement ces citadelles serviront de dissipation , au lieu de conservation : ces dix ou douze villes demeurans asscurées , la France ne se peut perdre'pour le roy.

Ce siècle , plein d'infidélité des frères aux frères , estant proposée Tambilion au parenlage et obligation , fait que le foy Henry IV ne se résout de suivre ces moyens , et qu'il espère plus en la voix générale du peuple , lequel ne veut la dissipation pour son iùterest, et croît que la généralité de France supportera le légitime , aymant mieux s'y fier qu'aux infidélités d'aucuns particuliers. Aussi son principal travail est d'cmpescher qu'il no s'eleve personne pardessus les autres , et de tenir en égalité tous les grands de son royaume , dissoudre leurs alliances , les abaisser , et hausser ses oftjciers de justice intéressés à la conservation de Testât, lesquels sont ennemis du gouvernement populaire , pour la crainte qu'ils en ont.

1 L'an iiiOO je commandois à Rouen ; j'eus tout le sel de France en mon pouvoir , et en pouvois tirer cinq mil escus par sepmaîne :

l)e quarante Ueues U peuple le venait quérir

sur le col. TesUmay le bien gênerai du n plus que mon particulier ; J'obéis khfm de M. du Maine etpriere de ceox de Paris laissay monter le sel, qui fut une faute exir àmondit sieur du Maine , lequel ne sçaroit ( demandoit; toutes les villes que tenoitle Henry IV n'avoieht point de sel ; et le p vois vendre au poids de l'argeni, Si /q eu plus d'ambition que de zele,f aroii^ de tirer de ce sel plus d'argent que les d^ partis ensemble ; et crois que j'avois k% sans celuy qui f ust venu , pour U^ois caj] escus.

LeHourdetest an delà de SaihctValen peut empescher l'entrée de Somme et h \ tiderie d'Abeville ; Qnillebenf est plus ini tant pour la Seyne, et plus utile que le Ba de Grâce: les navires ne peuvent venin jusques là d'nne^ marée ; !e*5 bans de si mouvant , qui se changent d'heure à am nécessitent de prendre un pilote à Quiiieh Ceux du roy Henry IV, cognoissant U tance , s'en saisirent et firent quatre hd à Tcntour d'une église, coupèrent hsm Rduen; j'y menay deux cens chevam.y cenis arquebusiers et deux conleuvriDR.Kl surpris qu'ils n'estoient que soixante deèi Toyant que les couleû vrines , que j*aTt)islai derrière, rardoient , je donne deux assants, I de jour et l'attire de mnct , avec perte de qâi qu'tins des miens; je les (brçaydesereD* je gaignis quihze navires à la rade, et les dol nay libéralement à mes capitaines. Je ne pel gagner sor ceux de Bourgongae, qui cstoiei à moy , qu'ils voulussent demeorer en tt< place : aussi, ne voulant faire paroistre q je me. voulusse establir , je fos contraii d'y laisser un Normand , qui la vendit \i mois après ; et puis dire que l'un des mnl dres des miens refasa la récompense que roy donna à un des plus grands des sia quiestoit le sieur de Termes, despais {[mid cuy er de France, après qu'il l'cust gagné. Ù place fortifiée vaut en guerre cent mil H par an au gouverneur. Si j'eusse crcu auci gens de bien de la conr de parlement!

Rouen , j'y eusse estably l'un des miens : i puis le roy l'estima tant, qu'il voulut qui se nommast Henry-Catre-Yîllejsilagucrrei

duré, il y eust fait vue friuide place/!

RÈGNE DE CHARLES IX

I iti (iadatem des vSles leur detneuferniieneal , tu ae perdent : nous voyons r« Alnandrie, Demetriade, Gonstantinoeiiires, qui ont dutngé lenr noms, MT le temps en par rinimitië |d6s usurlpi,Les Tarsa , pour faire perdre te nom OnsfiotiB, noBunent Gonstantinople Stam-

IMes vilas nMurituiies ne se prévalent de

lerpoor seoonra qvaad elle n*y Une que

enilB, comme à La Rocbelle et autres

BiGeHes ok la mer bat à plain , oà H y a

1^, se paofenc secourir , parce qu*elle

tfNtburer, ni Tannée ennemie s'y te-

fmûxMenent pourempescber rentrée.

lyidiferses opinions da souverain bien;

■nrs le oiettent aux voluptés , lubricités ,

pvndÎBet , parfums , musiques ; autres

tckstts , jeux , bastimens , jardins , pein-

IH; ivcims à Vavarice , posent escu sur au-

ims saoieté ; iuRnis^ à cfaercber honneur ,

ife, réputation après la mort^ aVec travail

sirs, délices , ne plaîroîent i un~ criminel qui sçauroit estre condamné à la roue au bout de Fan. Quel plaisir peut avoir au monde celuy qui est en doute d*estre après sa mort tour-mente éternellement? La vertu est pleine de plaisirs , se rccompense^soy-mesme et satisfait ses auteurs : elle ne défend les justes amours, les chasses, le manger, la musique » les peintures , les bastimens modérés , sauve et {garantit de Texcès , source de douleurs et maladies. Gouster à cœur saoul de mesme chose la fait mesprîser ; la vraye saulce est Vapetit: il faut perdre 'pour "recouvrer : la tempérance (selon la loy de Dieu) tient saia Tesprit et le corps.

De rechercher Thonneur aux bastimens ; pierreries, chevaux et richesses, c'est vanité , cela est hors de nous; les belles actions sont seulemen nostres, la réputation nous en demeure. Les bastimens périssent en deux cens ans; le temple de Salomon, la Diane d'Ephese , les jardins de Semiramis sont at-

B repos: phniears, plus malades d'es- terrés; des pyramides, des temples, des co^

Hl^ieplaisentàse iîiîrefoueter le visage de mesaprèsittoerf , se faire manger des ini, et i s'vser le corps pour suivre une iille|)lme de bourre , avec estonnement de ecnfilegcoHiderent , qui ne sont de leur hiMV, coimae ils peuvent durer en ces 10119 aiM ri peu de firuibt. Un voluptueux I tmail , m mbitieux au repos , un libéral ihmitt.bBguisseBt. Tel se contente à du m noisy, avec une lampe esclairant à la inev des escss de cfuoy il n'use point , qu'il aqwtmit toBS aaUres plaisirs. Le souverMtMi,&eit les hommes , est selon leurs alfèctiott «l QfMHons , non que pour cela il saiiTeriuUe;iy a plus de maladies d'esprit (pe de corporelles.

Teltes gens doivent chercher leur guerift. BOB vers les plus doctes , mais vers ceux i ont le meilleur entendement, parce que rience peut estre sans jugement : le choix médecins de l'esprit est difficile ; les bons ne latent les lecteurs comme les homk définis le souverain bien : avoir la :icnce nette , observer la loy de Dieu , ses fautes , se mestre*en estât de ^^ ; il n'y a nul salut en doute de son sa- TovM les voluptés, belles maisons, plai*

lonnes qui restent, les auteurs en sont incer-* tains. Si c'est pour le plaisir présent que l'on ayme les édifices. Ton se lasse des choses plusieurs fois veues ; si les nouvelletés transportent d'adjoindre desseins, sur autres, il faut croire que c'est maladie d'esprit qui se doit guérir par la raison. En cest art il n'y a nulle perfection entière ; aux plu^ grands édifices il se trouve à adjouter , lesquels estans faicta et bien considérés laissent un regret de n'a- ' voir fait mieux. Le roy Ilenry IV a despendu un million d'or aux bastimens , sans avoir rien de parfaict.

Quel plus grand plaisir , quelle plus belle considération , que rarchilectore céleste et terrestre ? que si nous sommes saouls de les regarder, nous le serons en un instant de voir cinquante toises de muraille en quarré par nous édifices ? De la maison bien bastie , l'honneur en est à l'architecte , au maistre maçon, non au seigneur d'icelle : un financier, un maquereau , un usurier , en font d'aussi belles que les plus gens de bien : les maisons faictcs , commimement elles se vendent , ou la mort en este la jouissance : les façons de bastir changent; les bastisseurs disent que c'est l'ornement des royaumes.

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