IM8J RÈGNE DE
m aoB père , le tout advenu 'par i'offence pQ récent quand le roy Philippe , sondict ■ire , esponsa EUzabcth de France qui lay ' '' promise. Les hufpienots publient la jade Sa Majesté d'Espagne contre ce mce et h royne Elizabeth , qui , par sa ^M (advenue tost après ) confirme ce bruit. ' ttasieiirs sont qui entrent aux partis pour hr interest , bayne, amour , ambition et des- Ipii pirticnlier , sans soin du gênerai , auquel l'aydent que tant que leur passion, cornet d^ de grandeur leur permet.
qai font guerre aux provinces sans comt de leur chef de party , ont des particuliers, sontvoUeurs ou gens courage , qui se dcvroient autant souaux ennemis qu'aux amis. Ces commande provinces ne se doivent donner gens anÂbitieux , légers et mal assurés ; qui auroient expérimenté , comme nos tnx des guerres civiles ont fait , la peine retirer telles gens des provinces dont Timne {uge que , la teste coupée , les sont inutiles, n'en employeroient de semblables.
De troupes afEsimées, celle qui craint et de* Ae reiraicte. doit considérer si la mesme idsMi B^eet point à ses ennemis ; une heure è bcme mine donne la victoire ; celuy qui Apbce le premier est en péril.
Si les princes pouvoient donner aulant de Ma que de charges, l'expérience seroit inude; elle se fait foire place aux périlleux eve- Mmem, auxquels volontairement les fovoiIb cèdent» ou sont promptement punis de rar outre-oiidance.
La cndale de mort et perte de biens arnent les femmes et font porter les montagnes ; e daseapoir produit des miracles. Jusques à « qoe les huguenots fussent certains que , ■e pertans les armes , ils demeuroient en repos mns danger en leurs maisons , le desespoir leur faisoit faire merveilles : aussitost Meorés par edict^du roy , les contributions , les armes cessent ; ils diminuent , refroidislem leur xele et abandonnent leurs frères ; ce qu'ils feront bien davantage quand ils ver- Teat les biens des rebelles [rasés et occupés , V/à servira de leurre pour ramener ceux qui oconûdercment seroient armés.
CHARLES IX
SSl
Abraham et Bmtus pour Dieu et pour la patrie résolvent la mort de leur fils ; Soliman et Philippe les tuent par ambition et par jalousie. Plusieurs pères meurent pour sauver ou agrandir leurs enfans -, des femmes tuent les leurs pour sauver leur honneur , et d'autres ont désiré la mort pourvu que leurs fils imperassent , tant sont les affections du monde diverses. L'ambition est un grand monstre', puisqu'elle force le père à tuer le fils. Anciennement les pères avoient pouvoir de tuer et vendre leurs enfons sans reprehension , qui faisoit qu'ils estoient bien obéys et respectés ; maintenant il s'en trouve qui ne s'enquierent d'autre chose que de l'âge de leur père , dont ils désirent la mort ; autres qui irreveremment les offencent , et prennent leurs biens, abusant; de leur bonté : à la vérité, recevant le mal dont il faut espérer le bien , l'ingratitude cogneue se supporte et endure beaucoup plus impatiemment que les offences faictes par ceux qui ne nous sont rien ; et ne sert la dissimulation que plusieurs font , quand ils ont des pères habiles qui voyeat au travers d'icelle.
Il est mal-aisé d'inventer , facile d'augmen<* ter : il estoit aisé de corriger la grosseur des escadrons, et d'ester; les lances inutiles des fronts aux successeurs du sieur de Tavannes, et de rendre les gros de trois cens chevaux seulement , pour par plusieurs d'iceux à diverses charges défaire ces grands osts de quinze cents chevaux reistres : les arts naissent comme les ours , qui se forment par temps et travail.
La créance de valeur est la base de l'honneur , et vray fondement pour se rendre capitaine ; qui en a foit preuve se doit mesna* ger , sinon ils meurent jeunes , ou tombent en de grands accidens. «< Il est bon homme pour le jour » (dit l'Anglois). Nous ne sommes tou»jours pareils à nous ; le travail, mauvaise dis* position, infirmité naturelle, la pluye, les veilles , le temps , transportent les corps , peuvent affoiblir et effeminer les courages. Estant logé h La Rochelle avec des gens de pied , assistant à toutes les approches , prises de casemates et assaults de bastions , je çois lettre de 'mon père , appreuvanf tiens jusques alors , et^defenœ dr
sarder plus qu'à propos. Pour acquérir honneur , c'est assez d'avoir donné deux ou trois fois preuve de sa valeur, et après faire preuve de sa conduîcte et prudence. Ne s'hasarder qu'en commandant à des troupes , et rarement en particulier , pour faire de beaux et grands effects prémédités.
Quand le virre plus que la mort ennuyé, C'est le temps de mettre fin à sa Tie.
Si vous nous commandez chose plus grief ve que la mort, nous mourrons plustost( disoient les peuples aux tyrans ). La béatitude éternelle ne s'acquiert par les loix païennes licentieuses, ains par les chrestiennes, qui nous lient plus estroictement, et nous défendent de nous défaire : si est-ce que plusieurs saincts, sçachant mourir où ils alloient, semblent s'estre précipités volontairement, et avoir recherché leur fin : encore plusieurs aux Indes disent se procurer la couronne de martyre. Nostre religion estend ce commandement : «Tu ne tueras point » sur nous-mesmes; il n'est loisible à une ame d'abandonner son corps , non plus qu'à un soldat sa place de combat, sans le commandement de son chef: puis qu'elle est créée de Dieu, semble que «ortans de ce monde par nous-mesmes , c'est mespriser le bien qu'avons receu de luy. ^ Les anciens croyoient que s'oster la vie n'estoit péché , et leur apportoit réputation ; que ceste oflence n'estoit qu'à soy : la loy chrestîenne prive de ce bien , esUmé le plus grand du monde parles misérables qui se sont occis volontairement : autres se sont tués en prospérité -, pour ne vouloir attendre Tincon- Mance du monde , plusieurs pour braver la fortune , et luy ester puissance d'avoir prise sur eux. Gleomenes maintint estre lascheté de se faire; mourir; que ce n'est se sentir le courage assez bon pour résister aux adversités, de fuyr devant icelles par la mort. Quelques-uns disent que c'est braver le malheur de ne le vouloir souffrir, que l'homicide de soy mesme devroit estre permis aux outrés d extrêmes douleurs , de maladies , de géhennes, ou pour éviter un supplice ignomi- Jiieux. G est extrême pumiiou de souhaitter Ja mort et de ne la pouvoir obtenir. Le choix u en est aux prisonmcrs gardés , qui n'ont que
la pierre pour se donner h teste contre remède aux tourmens et à la honte u choisissent les poisons , les poign;^ verture des grosses veines, l'opionet vot meslé de poison'^qui marie le la mort.
. Toutes donnent temps ile se
medicamenter ; le seul coup de „
dans la teste est sans revocatii"^^
et embrouille le sentiment soudjàu
la moins préméditée est la pins doo»;),
fait plus que le mal. Cela mefeiic^
que nulle mort advancée par soy n«i
peut esu-e douce , encore moins am
tiens , qui par icelle meurent elerneBc
Les supplices sont honteux sous |<»
des justes , honorables sous celai des n
pour le bien de la religion et de l'esti
nae l'a procurée qui l'a treuvéeponrli
sieur de Biron ayda à me meure eo i
dans la BastUle , sur des lettres contre
et supposées escrites du roy d'Espagne,
m'en sortit, et permit qu'il fustpri$n
mémoires véritables et certains, «J
teste coupée en la mesme prison è k
tille. A la vérité , il fiiut pardonner à cesb
courages anciens qui portoient un tnya
plume plein de poison dans leurs ckt
pour se délivrer de honte , detounoent
malheur.
La cruauté et douceur produieot sem
blés effects. César et Tamburhn par ces
ferentes voyes subjuguèrent une partie
monde. La douceur se peut exercer par
princes establis ; Tusurpateur , le conqw
sont contraints à suivre le contraire; k
bares font mourir des peuples entiers.
huguenots prospérèrent au commeDcei
par cruauté; l'émotion populaire en Non
die , au temps de la ligue , fut esiem
feu et sang. Le roy Charles, le duc di
çon , le roy Henry III à Paris, à Blois.i
vers , ne profitèrent aux massacres , m
que le roy Philippe en Flandre en la du
comte d'Aiguemont et autres : Ellza
royne d'Angleterre , asseura son règne
le sang de ses millorts et subjecls,quin
réussi en autre nation. LeroyHenrjfV/ffi
utilité en la douceur. La cruauté n'est se
qu'à ceux quisont tousjours armés. Vexeiù
RÈGNE DE CHARLES IX
Ineeor de Cêar est d'autant plus imipelle est proche du; saint. Les bons ic de reste , après leur règne , d'avoir jjômce phis nette que les cruels. HeuxAikschrestiens qui vivent sans charge, KHitrcés debmsler tout unpaîSy chas- ^ fmsBfi& et enfiins aux arqnebusades ^fjsm ! Jusljpier un soldat pour un «pefidre soixante pour avoir évité le , neeessaire aux généraux d'années jnier la fiiffline et gagner temps : ces iflotiojostes, tant senties lois de Dieu ^i celles de la guerre, leif s excusent de ce qu'ils font de iPBX, à ce que bien en advienne : il (ésent-ils } que le grand dessein soit
enooté sans utilité fait participer les es aa nalurel des bestes brutes ; elle (e par Tengeance et colère des impru- .•«ais le sage la réduit à Futilité , et Itpar contraincte. C'est honneur de se irveiger, et plus de s'en abstenir en b puissance : aux jugemens , aux pro* m de crnamés » faut s'examiner avant les'y résoudre : si on est rassis, sans 1,8»! mélancolie , passions , affections ; «est Doorri , habitué au sang, estre touslei ttopçon de soy^mesme , se donner jspoarÛrefidre l'exécution» se corriger iriser, coniderant la peine en laquelle il «t s il estoit au mesme estât de Kafiligé : mmé seule entre les autres péchés est spbisir^sahrie de regret et de repentir cesieVie, etempesche de parvenir à Térade.
Ceux qùient de poisons sont traistres , KCMrageeiaDs Dieu/n'ayans hardiesse imper iDtrement à leurs ennemis : la noe et J'iJIeiDagne sont moins infectées de rioe (|ue lltalie , au contraire des anciens ios, qui advertissoient leurs mortels enttdesegarderdnpoisonde leurs traistres lilan. Les prisonniers en soupçon de be( comme plusieurs fois j'ay esté ) s'en ItKheot ancnnement , ne mangeant que (tufs et ds pain sec : les plus grands KBtdes anddotes.et contre^poisons , qui l^iquent selon les signes que l'on ressent kre eopoisomié. Les médecins sont dan.
gerenx, lesquels peuvent empoisonner sans reprehension : deux dragmes de drogues de plus en leurs médecines envoyent à la mort , dont ils se sçavent couvrir finement sur la maladie ou mauvaise habitude du patient, i
L'argent de Testât est desrobé au roy de France , et plus à celuy d^Espagne ; c'est péché de laisser voiler le sang et sueur du peuple , autant que si on le prodiguoit. Les tailles» imposts» subsides, exactions, sont plus grandes qu'au passé. Leurs Majestés ne donnent ny ne payent la gendarmerie , ne donnent aux femmes ny aux bastimens , et n'y a douairière ny partage en ce royaume; tant plus il y a de larrons. Un seul foisoit anciennement ce que trente exercent. Ils prennent interest de Tachapt de leurs offices à cent pour cent sur le souverain et sur les subjects ; s'exemptent de tailles que les misérables surchargés payent ; composent des dons, assignations du payement des garnisons , des debtes du roy par moitié ; sans crainte font plusieurs faussetés , qui sont passées, par intelligence et cor-, ruption, en leurs comptes. Les larrons sont, rarement punis , parce que les favoris sont des parties , ou recevant des presens sont intéressés aux recherches ; ils serrentie tiers dm. gain pour se garantir de la corde » et sauvent le reste. ^.
Avant que les collecteurs, receveurs gène-* raux , particuliers , trésoriers de l'ordinaire et extraordinaire , trésorier de Tespargne, président , intendant , super-intendant , controolleurs et chefs des finances , cour des aides, chambres des comptes , bureaux des treso- . riers, esleus de pais, ay eut signé, la m<»tié de Targent est desrobé : ainsi, il se dépend autant par larcin , malgré le prince , que ses • prédécesseurs dependoient par libéralité. Sans lesceudesroys, l'on peut fairesesaflbiresavec leurs serviteurs infidèles ; les financiers, plus que les autres estais , obscurcissent le mes- . tier , pour faire croire qu'il faut estre nai dans . le maniement des finances pour les.sçavoir . exercer ; leur art est plus aisé que^tout autre, Videville, financier, m'a monstre de son vi-^ vant, en deux feuilles de papier, le revenu, et les charges de la France. Auguste avoit ce* . lay de Tempire romain en deux tablettes : la • diversité des levées fait la multitude des finp* ^
cîers et larcÎM. En Espagne , à Venise , ils ne le paye point de taille ; l'argent est leré sur les marchaiidisea insensiblement. En France, il y a des deniers du sel , du domaine , des traites foraines, des aydes, tailles, taflloas , subventions , douanes , parties casuelles , pelletés, péages, gabelles, huictiesme, vingtîesme sur le m , sur ;le Ued , et sur toute marchandise , et plusieurs autres natures de deniers I sous tosquelles ils couvrent leurs iKilIerîes.
Seitrit nécessaire, pour les éviter, de réduire ses deniers à une ou deux sortes de payemens; les metdre sur les marchandises, sel, ou sur les tailles payables à un terme : du moins chaque ville et village devroit sçavoir ce qu*il doit payer à chasque iFois , et qu'il y y enst qu'un receveur en chascune province , qui seroient seize en la France , lesquels respoudroient à la chambre des comptes de Paris; et que ces receveurs fussent seigneurs de dix mil livres de rente , et non endebtés , âgés de |cittquante ans. ; Ils auroient ;teurs ooMciences, leurs biens], leurs âges pour Mspondsms ds leurs malversations ; ; piègevoient leurs commis employés aux charges susdites; et cesseroit le peuple d*engraisser de sou labeur trente mil sangsues inutiles , au préjudice du prince , qui est intéressé à la pauvreté de ses subjects. Les Turcs font honte aux chrestiens : de trois cens mil payes ne se trouve aucun mescompte ny larcin, les tribus et les daces si exactement rendus à Gonstantinople et aux Sept-Tours, que le souverain n'y est endommagé.
De ce temps Ton a voulu foire le procès aux financiers , dont ils sont sortis par la porte dorée , avec injustice si manifeste , qu'ils ont fait payer les innocens autant que les coulpables ; et un seul d'iceux par confiscation pouvoit payer douse cens mil francs qu'ils ont donnés. L'interest des favoris partisans a intercédé pour eux , et par cette composition ont confirmé le desordre et les larcins de la France : maintenant impunément ils prennent à tentes mains sans s'en cacher plus, prenant tout à coup les soixante et quatre-Tingt mil escns au détriment de leurs âmes et consciences : et s'ils voyent un larron qui ait dérobé
vîBgt eacoa^ il mérite la mort (disent-ils ), eux
qui l'ont dix mil foisteltememdenertie
ne seroit plus besoin d'autre procès jCOD sinon de leur laisser deux fois smast
qu'ils avoient quand ib ont esté recei finances^ et |lenr prradre le; reste et au profict du roy « De nouveau ib treaie] eschapatoire 9 de s'allier tax gentils-hommes de France , desqods perent leur salut, ce qui ne leurdevii permis, et ne hûsser de recherchseesi sont encore en petit ooofars qui se «« sous ceste protection.
La paix feicte , à l'exemple da nyy Lqf pour séparer et dissiper les esoemig, hi pensant estre juste d'attraper ceox v<Heitt faillie à prendre à Meaux, ks nets , nécessités à la paix , espérant haleine et affermir leur inteUigence gère par le payement de leurs rei:
assendbler argent pour corriger leur roy ae demeure armée sous divers prête met garnison à Orléans , rendu par Ici guenots , mande au sieur de Tmne defist partie des reistres passans gongne, auxquels Sa Majesiéavoit conduit. Il rejette ce commandement que ceste actieo , sans guerre ouverte^ subjette à desadveu , dont le mal tomber sur luy , comme infracceor de et avoir les princes do sai^ pour egne Le sieur d'Andelotlui demande par Bonnet escorte et hommes pov conduire cinquante mil escusqoeleroya permis aux huguenots lever surein{K»j payement des reistres. Ce messe Sai Bonnet dict au sieur deTavanoesquele d'Andelot luy mandoit avoir mi ad qu'il avoit entrepris de le tuer : « Je rei (hiy ditril) vostre maistre, parce que les huguenots ad vertissent de telle c'est signe qu'ils yeulent faire le j'ai trop d'honneur pour devenir P< et quand la guerre sera ouverte je oê pargneray point » ; qu'il donueroU en sans toucher cest aiigent , d autant qt fut jamais comptable , ny ne le vooloit L'admirai , cognoissant la faute de s'i desarmé , envoyé des hommes au pi d'Orange, pour estre une mesme cause avoir excuse de alarmer. Pour ce sqet
BÈGKE DE CHARLES IX
SSS
pjBe levé en Narmuidie : aussîtost defoict : lEK par le commandement du roy et des- ^ de Tadmiral. La rcyne, assistée des ^ de Lorraine ec chancelier de Bira- ^t^yM am mois d'aonst d'exécuter le sunr te«pel elle atoit fait la paix. Après Ii6jfé en vain de mettre garnison à La , tient les troupes années sous divers envoyé Gonthery , secrétaire de Bngne » an aienr de Tavannes , avec d'investir le prince de Qmdé lyers» où il s^estoit reiiré n^ayant osé de la conr. Xe sienr de Tavannes »
it ce commandement > respwid à (pie ceste créance estoit trop grande , et que Sa Majesté lui envoyast un à quoy obtempérant , la royne luy le sieur du Pasquier , avec mesme
q^ la royne estoit conseillée
passMMi que de raison , et que Ten-
estoit dangereuse, proposée par
kioonés el inexperts^ que luy n'estoit
pour mUea surprises; que s'il plaisoit
de déclara la guerre ouverte ,
eognoiatre comme il sçavoit ser-
«pond ^i voudrait exécuter ce com-
, que MM. de Condé jet admirai
dievanx se pourroient sauver,
en croupe , avec le Uasme
fonpnlapaix , luy restans ce9 princes
ipartf pour mortels ennemis.
qn*il en seroit inressé davan- 'y et qn'il y avoit des forces sur pied à efKt.qne les regimens qui n'estoient àlAHoebelle rebroussoient du long Loire , eoodud donner alarme au prince é pour k sortir de son gouvernement, M voflkitfi'un autre que luy fust em- , et iie jflgemt devoir foire ceste entre- Il hit pasner des messagers proche a?ec lettres qui contenaient : « Lecerf ianx toiles » lâchasse est préparée. » Les des lettres sont arrestés , comme il l, par le prince de Gondé , qui , for* [d'autres advis qu'il avoit , part soudain avec toute sa famille, et passe
ijiresSancerre.
entreprise mal dressée de quenouille
îkptaiBet de la royne^ du* cardinal de
Lorraine et chancelier de Birague , lesquels y dévoient employer Monsieur , frère du roy, sons lequel nul n'eust craint d'entreprendre , esperans en ce fiiutif dessein , ils se trouvent sans forces ny argent, donnant temps aux huguenots de prendre Nyorl , Fontenay , Sainct Maixant , Xaintes , Sainct Jean , Ponts , Coignac, Blaye et Angonlesme , avec cruautés et pilleries permises , ce qui les renforce : et quand leurs troupes de Languedoc seroient jointes , ils pouvment faire trois mil chevaux, et vingt mil hommes de pied. ;L'imprudence et longueur de la royne, embarquée sans biscuit , plus estonnée que ceux qu'elle von^ loit surprendre , lenr donne temps de prendre ces villes. Si elle |eust eu une armée preste , et les^ suivre aussîtost son entreprise faillie , elle les eust enclos i La Rochelle , et les soldats qui les allèrent trouver se fussent jmnts au roy : tardivement, elle achemine Tar* mée avec son fils à Estampes.
Le sieur de Tavannes mandé en mesme temps, Sansac et luy, seuls vieux capitaines, se picqœnt sur l'ancieanelé de leurs comman*démens ; empescbeni la royneà feire les hofai. Le sieur de Tavannes, cognoissant Sansac von^ loir gagner par querelle Tadvantage qu'il a voit sur luy par prudence , luy offre le combat. Leurs Majestés appointent tout, ils demeurent en égale. puissance aux armées, non en égal crédit , pour estre le sieur de Sansac turbulant et colère, et en rien approchant de Tentendement do sieur de Tavamies.
[iô69] L'edîct publié , bannissant les ministres , au contraire de ce qu'on avoit iaict entendre aux reistres , que la guerre estoit d^estat , non de religion , facilite la levée poor les huguenots. M. de Montpensier , commandant en Potcton, partardivetéet irrésolution, faut de donner la batmlle an prince de Gondé, ou anx Provençaux qui n'estoient jotncts. M^ de Guise avoit passé Orléans , auquel imprudemment Sansac , qui assembloit Tarmée, avolt^ donné (Kx-hoict compagnies de gensd^armes, sans attendre le commandement de la royne , ny de Monsienr. Gefai joinct avec M. de Montpensier et Brissac advancés au Poicton , ils défont deux mil hommes du sienr d'Acier , auquel en reste dix-huict mil venus de Languedoc 9 qui 80 joignent an prince de
[tfilll.
Condé , où estoit arrivée la royne et prince de Navarre. M. d'Anjou » frère du roy, joinct M. de Montpensier à Ghastelleraux , et font quatre mil lances , dix mil hommes de pied françois et six mil Suisses.
Les armées s'approchent à Lusignan ; les mareschaux de camp se rencontrent à Panprou ; perdent Tun et l'autre à son tour l'occasion de défaire sept ou huict mil hommes. Le tambour françois battant à la suisse, empesche les huguenots de charger, pensant toute l'armée y estre , gagnent quelque bagage. A la pointe du jour, le prince de Gondé cherchant la bataille , les suit séparé en deux, pour empescher l'embarras des chemins; l'admirai menant partie de leur armée , se fourvoyé. Le prince de Condé attaque l'armée de Monsieur, mal logée , à l'improviste, avec deux mil arquebusiers en pais couvert ; porte confusion aux catholiques, reparée par le sieur de Tavanncs , qui soustint par troupes d'arquebusiers soustenus de corps d'infanterie. Se voyant pressé fait jFaû*e une charge aux chevaux légers, qui ralentit l'ardeur des assaillans. L'admirai à la nuict joignit le prince , durant laquelle ils se retirent sans plus grand effect. Monsieur le suit le lendemain , et les approche pour les combattre à Vertueil. La Rivière, capitaine de chevaux légers, vaillant et inconsidéré , se laisse investir dans la tour de Jamac avec cinquante des signalés et volontaires de l'armée.
Monsieur demande conseil : le sieur de Tavanncs maintient qu'il ne se peut secourir sans riiasard de l'armée, qu'il valoit mieux perdre l'ongle que le corps. Néantmoins , MM. de Guise et de Martigues ne laissent d'obtenir permission de Monsieur pour secourir La Rivière avec trois mil chevaux. Monsieur, cognoissant sa faute , vient à minuict au logis du sieur de Tavannes pour s'excuser de ceste licence , lequel ( comme prophète ) dit qu'il alloit tout perdre ; que l'admirai attendoit ces princes en bataille ; quff 1 fulloit desloger dès la pointe du jour , ne pouvant tenir ce logis en scurtc , estant l'armée séparée. Monsieur réplique que M. de Guise n'estoit cncores parly : il le fait contremander et luy permet d'aller à la guerre avec sa compagnie s'il vouluit. M. de Guise contrainct laisser les trois
mil chevaux , trouve avec deux cens toute la cavalerie de Fadmiral en bataille, qui chasse et poursuit jusques proche de V où estant , il jure qu'il croiroit à jamais sieur de Tavannes de ce qu'il diroit , se rendoit admirable par ses prévoyances.
Le prince de Gondé et l'admirai se et reçoivent La Rivière à composition; acte donne tout le commandement au sienr Tavannes. La royne invente une coi au sieur de Sansac (à ce que le sieur de vannes ne fust contrarié) pour assiéger zelet , oii il eut du malheur. Monsieur Poictiers. M. de Brissac sauve son d'une entreprise de l'admirai , qui Favoit sailly et mis en apparente defaicte , et ce, le moyen du sieur de Tavannes, qui fit toutes sortes de gens (venans de Poictiers) bataille au-delà d*un ruisseau sur un L'admirai ( pensant estre combattu ) son entreprise lors que ledict régiment tout en roulte.
Monsieur , renforcé de cavalerie , cl les huguenots» prend Mirebeau, fait d'investir huict enseignes dans Loudun, au M^ cours desquels les huguenots arrivés mettsil leurs troupes en bataille aux (auxbourgs. Laf armées à un quart de lieue Tune de Fantra^ le combat est empesché de la glace. Mmsieiu*, incommodé de logis , se retire àSamcia Menehoul. L'admirai présuppose treuver lei ennemis logés au large ; avec Teslite de M cavalerie et infanterie, il fait cinq lieues; trcuve rinfanterie du roy parée d'un petit ruisseau, Monsieur au milieu des Suisses, cou* vrant sa cavalerie , logis extrêmement biai faict par le sieur de Tavannes , blasmé p« les inexperls envieux, qui disoient que^b gênerai ne devoit estre à la teste , et ne cotsideroient qu'il estoit entre deux batailhmi de picques. L'admirai se retire sans efliect L'hy ver ayant tué et Jdebandé plusieurs , kl armées s'esloignent pour se rafraischir ; il se levé des deux parts des logis endormis ; Monsieiu* , renforcé de deux mil reistres , tooni teste aux ennemis.
Le sieur de Tavannes, quoy qu'envié, pnh plictise la bataille dans quinze jours ; ses eanemis s'en mocquent. Il déclara le secret à M. d'Anjou : « Vous irez (dit-il) présenter le
RÈGNE DE CHARLES IX
aitfbat , la Charante entre deux , à Tadmi- -jl; il est glorieux : nous approcherons puis ^rès d*iuie rivière ; huict jours passés , je ai'as»tre qu'il viendra rendre la pareille , Ignnoos passerons la rivière et le com- ^tfrms • ; ce qui advint. Ayant bravé Tad- §ri. Mmâeur esloigne la rivière , et soudain f jpoche près Chasieau-neuf . L*admiral , ïroaÛBtenir réputation , à son tour offre le ia rivière entre deux , et , voyant le mopa y jugea qu*il ne se ponvoit si tost Le sieur de Tavannes le fait entreteescarmoucbes jusques h la nuict. L'ad- K pensant qu*il se peust passer ik luy , fiBct gardes sur la rivière, lesquels
i leur devoir.
sietir de Tavannes, qui avoit Fait gagner a de Ghasteau-neuf , refait le pont , bas un pont de batteau qui se cbarrioit 'année , lait passer une heure en nuict re et sans confusion. L'armée des bu- , affoiblie par Thyver, s'aperçoit tard , diversité des couleurs des casaques les compagnies , cognoissent leurs estre passés. Le prince de Condé be y advertit Tadmiral , qui ordonne sans combattre, fait acheminer et bagage devant. Le prince de , pressé de M. d'Anjou , mande à Tadfoll falloit plustost combattre qu'estre en fuyant , qu'il n'y avoit plus de des- !le;iDet en bataille ses gens à la faveur OD petit misseau , dedans et proche le vil* 1^ de Bassac , où se fait une charge par IM. de Gœe et de Martigues , en laquelle ai pris b !(ooe. La caTalerie du prince de codé leur en fait une si rude , qu'elle les M (n roote ; et n'eust esté un gros de reisf»que k sîe&r de Tavannes amena , faisant fie de charger en flanc les huguenots, les ars de G aise et de Martigues estoient dels eoùerement. Surquoy arrivant l'escafl de M. de Montpensier, le prince de njé repasse sur la chaussée d'un estang , couvre , et d'un ruisseau qui sortoit d'i- ^; ce que voyant le sieur de Tavannes , VRcogQoistre par Hicbemont, 'gentilhomme tiens, UD passage plus bas , où Ton pou- Ibilement passer pour aller à eux , mande kDsiear qu'il s'y achemine , et y conduit
M, de Montpensier, commandant aux reistres; qu'en mesmes temps que l'on passeroit qu'ils passassent sur la chaussée après les Juigucnots, lesquels seroient contraincts de descendre et, costoyer le ruisseau , et quitter la chaussée , là où lesdicts reistres passeroient , pour donner jalousie aux ennemis d'estro chargés en queue.
• Les escadrons des catholiques commencent à passer plus bas au ruisseau qui avoit esté recogneu ; ce que voyant l'admirai , et qu'il ne s'en pouvoit dédire , descend et coule le long du ruisseau , et vient à la charge mollement ; il est soustenu de la Yallette et autres advancés. Le prince de Condé , plus résolu , avec une fleur de noblesse renverse les sieurs de Guise , de Martigues et la Yallette sur l'avant garde que menoit M. de Montpensier, qu'il treuve ferme et résolu pour l'assistance de l'escadron de M. d'Anjou, qui se joint proche de luy, luy donne force et courage d'emporter et défaire Tescadron du prince de Condé , où il fut pris et tué au milieu de deux cens gentilshommes des siens morts sur la place à l'entour de luy ; ce qui causa la roulle de toute l'armée. L'admirai n'ayant fait qu'une charge feinte, ne s'^toit guieres rompu; se retire avec d'Andelot à Sainct Jean d'Angelli hors la route des fuyards , pour n'estre attrapé parmy eux : les princes de Navarre et de Condé s'estoient de bonne heure retirés à Xaintes.
La victoire enst esté suivie pltis vivement , sans que toute l'infanterie huguenotte se treuva à deux lieues de là où la bataille s'estoit donnée en la ville de Coignac. Le sieur de Tavannes mit pied à terre avec MM. de. Guise et de* Martigues, lesquels l'abandonnèrent à une sortie de douze cens hommes de la ville. Il se résolut, et fit teste avec quelques uns des siens. Lesdicts seigneurs retournent pour l'assister , disent qu'ils font conscience de l'avoir abandonné : luy desgagé respond qu*il regarderoit mieux à l'advenir avec qui il iroit. Aux premières charges du commencement de la bataille , il s'estoit mocqué de M. de Guise , qui luy disoit n'avoir point eu peur au corn* .bat : il luy respond que pour s'en empescher il falloit faire peur aux antres. Les huguenots se parent des rivières ; ce corps d'infanterie
ne peut esirc forcé à C.oignac. Le discours de ce voyage , depuis le parlement de M. d'Anjou jusques au combat de Jarnac, se verra mieux en la lettre ci-Joînte , dictée par le sieur de Tavannes, excepté que hiy,qui ne se vantoit jamais , la discrétion luy a faict celer rbonneur qui luy appartenoit, lequel il donjioit à Monsieur.
o Monsieur mon cousin , j'ay receu deux de vos lettres , et à ce que je vois , mesmes par la dernière escrîte à Pans du sixiesme de ce mois , vous désirez estre esclaircy des choses passées en ce voyajje , vous en ayant esté mandé de par deçà et par delà d'inlîuies sortes, chacun selon son aflcclion. Je vous mandei*ay à la vérité ce qui en est , vous priant que je ne sois allégué en ce discours que je vous en fcray , combien qu'il soit véritable.
» Vous sçavez que dès le commencement que Ton cognent la guerre déclarée et le prince de Condé estre par deçà , que je fus ordonné d'y venir. M. de Montpensier y assembla les forces du pays , qui lors estoient fort petites ; et n'eut guieres bon moyen de garnir les places , combien qu'il departisl de ce peu qu'il avoit en d'aucunes, attendant que le roy l'eust secouru de plus grandes forces pour le mettre à seurté , et aussi qu'il eust fait approcher les gens-d'armes qui estoient de ces costés deçà , pareillement les gens de pied. Tost après arriva M. de Martigues avec bonne troupe , tant de pied que de cheval ; comme aussi furent despeschés les sieurs de Brissac et Slrosse de la cour , qui arrivèrent avec leurs troupes , à sçavoir , trente enseignes du sieur de Brissac , et douze du sieur Strosse , qui donna grand contentement , pour l'espérance qu'on avoit que les gens de pi(îd et quelque nombre de gens-d'armcîs^seroient départis par les places , à (in de les tenir asseurées,etque mondicl sieur de Monlpensier se tiendroit à Poictiers , avec aussi une bonne; troupe , pour favoriser et secourir les ondroicts les plus agités et pillés des ennemis, lesquels ayant paravant prémédité la guerre , avoient tout en un temps assciii!)lé toutes les fon*(»jî , et rcceu les goiis de pied do Provence ; de sorte que, sans lesdicis IVovenranK , ils poiivoient estre de quatre et ciiuj mil cli(îvaa:v , et huict mil hommes de pied : occasion <|U(i lu dclibe-
ration du sieur de Montpensier (estant encore pour lors trop foible de se mettre sur la défensive) eust esté juste et raisonnable , atteodant que l'armée de M. d'Anjou fust preste et «irrivée ; mais comme estant stimulé par ces seigneurs de la cour, pour envie de faire cagnoistre leur valeur et acquérir reputatioa, ou bien pour ne vouloir les uns estre envojéi dedans les villes pour les garder, ou pour qaetî ques autres occasions occultes , demeurereil ensemble et en suspends, sans estre depaidl à la garde desdietes villes , esperans se fertifier tousjours assez à temps pour tenir la caspagne et venir au combat.
». Mais le malheur voulut que, pensant biei faire , l'on fist le reboui^s ; car M. de GÉta s'en venant en poste comme pour estre éà premiers, en pass:mt à Orléans , où estoît k rendez-vous pour assembler ladicle armée, où le sieur de Sansac esioit pour recueiH les gens-d'armes , il en bailla audict sieur di Guise dix ou onze compagnies à mener, A sant qu'il estoit fils de trop bon père pour 11 laisser aller tout soûl : occasion que ledîc sieur de Montponsîer, sentant venir cejli troupe de renfort, se résolut (à la persuasioi de ceux qui estoient avec luy) de donner l bataille, et envoya demander congé de c faire, ce qui luy fut accordé; et pour estr encores plus renforcé , envoya dire au sien de Montluc, qui avoit de lx)nnes forces, qu' se vinst joindre à luy et au sieur d'Escarspi reillement; ce qu'ils ne» firent, disant qu'ilsa loyentau devant des Provençaux, etpartîrei pour y aller ; mais toutesfois il les laîsserei passer.
>' Mondict sieur de Montpensier, résolu t combattre, encore que Icdict sieur de Montli n'y fust, s'achemina à Confolans, les cnneir eslans au siège d'Angoulesme, qui au bo d'un temps fut rendue; d<' sorte que Icsdii ennemis furent dedans deux ou trois joc premier qnc^ Ton sceiist au camp , tant Y est bien adverty. Tost après ledict sieur Monl[)eiisi(»r eut advis de la venue desdk Provençaux, où au lien do combattre ce qui estoient andict Aiî{j(>ulosnie, encores q M. do Lon{picvi!îi* :iy;nit esté depesché à I lampes y fust vsvi\ô av(»c autres vingt ce pagixics dogens-d'arincs, dclibera de s'en al'
an denuit d'eux ; et les treava à deux lieues dt iiwigneux , où les bandes qui marchoient I, que menoit Mouvans, furent deledicllffoavans tué , et quinze enseignes ; mais le sieur d'Âcier avec la plus part desdicts Provençaux se rendirent du prince.
•Je vous ay fait ce discours cy-dessus à fin cognoissiez le malheur de ce comit, advenu par la feule de messieurs eoorenrs de la cour, qui ne se soucient il m qui peut advenir aux de^ns du roy et il fadUk , et encores plus mal advisés que qin leur permettent et leur baillent des ; car qui n^eust point donné ces forces ladict sieur de Guise en passant, ny souffert de coureurs s*en aller devant pour gas- [Ivtaol, ains demeurer à Orléans au rendezoè ae devoit trouver Tannée; M. de B*eust peut estre pas entrepris la bataille, et se fiist missurladeen mettant les gens de pied et autres tant dans Ângoulesme et Nyort , qu'auviDea perdues. L'armée de Monsieur eust «é assemblée assez à temps pour les aller '; mais faisant semblant de vouloir la bataille, ils ne Tout point donnée, • 4eBt perdu les villes, qui est un malheur fri ipoa durera peut estre plus qu'on ne
REGNE DE CHARLES IX
(ur le duc d'Anjou estant arrivé oà se devoit assemU^ tout le I, 00 trouva que TartiUerle, les Suisses •ckq on six compagniesdegen8-d*armes;et h ht auf en avant par le sieur de Tavannes partie de rartillerie, qui revienfKflement après par eau rejoindre Tarel OBToyer à Sanserre ; et f ust depesché pat eftct le sieur marquis de Villars.
(eaname les opinions sont diverses), iantma capitaines la firent changer, et'fut rompue ; qui a esté un grand mal, fafoient ny gens , ny munitions quelet estoient prests à se rendre. Donsiear s'achemina , avec ce peu qu'il avoit trouvées audict Orléans, de Biois, Amboise et Tours, allant retenu et en suspens pour aliendrc de la bataille qui se devoit donner, et
lUnHjoursrecognQistre les villes I soit
pour les fortifier, ou y faire dresser un camp fortifié, si le malheur eust voulu que Ton l'eust perdue.
>»Mais estant en chemin , il eut advertisseméat qu'au lieu de combattre ledict prince de Gondé, ledict sieur dcMootpensiers'en alloit au devant desdicts Provençaux , qui cstoit se reculer plus de quarante lieues en arrière , laissant l'armée dudict prince entre mondict sieur et eux : occasion que cela le fit encore aller plus retenu. Et neantmoins sans ledict sieur de Tavannes, il recévoit une grande escome ; car encores qu*il eust infiniment debattu que l'on ne se devoit advancer, ^ est-ce qu'à la persuasion d'aucuns, il avoit esté conduit jusques au port de Piles, en délibération de passer plus outre jusques à Chastelleraux et Poictiers, au grand regret dudict sieur de Tavannes, lequel, avec plusieurs protesta* tationSy siq^lia mondict sieur, s'en allant disner à Prôssigny chez le sieur marquis de Villars, de descendre et vouloir encore tenir un conseil à La Haye, qui fot tenu en passant; ce qu'il luy accorda.
» Et il fut lors à tous remonstré par vivea raisons , par ledict sieur de Tavannes , que l'armée , si foible , ne devoit point passer la rivière de Creuse, ny moins passer à Chastelleraux, que l'on ne fost joinct^avec ledict sieur de Montpensier, d'autant que les enae» mis y pouvment facilement venir, et qu'il valbit mieux couler du long de la rivière de la Creuse, et aller du costé du Bfamc en Berry, et mander audict sieur de Monqpensîer s'en venir de ce costé-là , pour tous ensemble se joindre plus seuremènt. Mais estant le sieur de Sansac et quelques autres tousjoursd autre opinion, tout ce que peut obtenir le sieur de Tavannes fut que l'artillerie ne passeroit point ce jour-là ledict port de Piles , et qu'on sejoumeroit un jour.
» Estant ce conseil departy, et les capitaines séparés l'un deçà l'autre delà , chacun k leurs aflaires, fit tant ledict sieur de Tavannes envers Monsieur, que l'armée séjourna quatrejours à La Guierche , dans lequel tenips on envoya haster en toute diligence monsieur de Montpensier, qui jà estoit sur son retour. An bout des quatre jours Tarmée partit , et n'arriva pas si tost à Chastelleraux, que les enne«
mis , avec toutes leurs forces , et extresme promptitude , eurent passé la Vienne à Chayigny, et vindrent jusques à une lieue de Chastelleraux. Mais ledict sieur de Montpensier ayant .esté si fort hasté arriva le jour mesmc ; ses gens et chevaux neantmoins extrêmement harassés, estansles ennemis logés à une lieue de là. Mondict sieur le lendemain matin fit mettre farmée en bataille ; et fut ordonné le vicomte d'Ochy pour les aller recognoistre , avec quatre cens chevaux, sans toutesfois les attaquer qu'on ne luy mandast. »> Cependant ledict sieur de Tavannes ayant recogneu un ruisseau qui estoit entre leur camp et le nostre , il fit foire des ponts pour y passer la rivière, et fit passer les troupes de MM. de Martigues , de Guise et autres , pour soustenir ledict vicomte , qui avoit decouvert les ennemis, auquel il manda les attaquer, pendant que mondict sieur marcha avec toute son armée jusques audict ruisseau: mais ledict vicomte rapporta qu'il n'estoit demeuré que quelques-uns sur la queue, et que leur armée s'estoit desjà retirée près dudict Chavigny, qui est à cinq lieues dudict Chastelleraux, n'estans venus là en autre espérance, sinon d'attraper mondict sieur seul avec son année , avant que M. de Montpensier y arriirast : ce qu'à dire la vérité ils eussent foit sans la providence dudict sieur de Tavannes, et séjour foit audict la Guiercbe.
t «Estant les ennemis ainsi retirés et repassé la rivière à Chavigny, pour s'en retourner en leurs conquestes, après avoir donné deux ou trois jours de séjour aux troupes dudict sieur de Montpensier, fut mis en délibération le chemin qu'on devoit tenir : sur quoy y eut plusieurs advis , estant le sieur de Sansac et d'autres toujours d'opinion que l'on allast à Poictiers, remonstrant que c'estoit le plus beau lieu pour une armée qu'il estoit possible, et que là on prendroit tel chemin que l'on voudroit pour treuver les ennemis. Ledict aieur de Tavannes , au contraire , disoit qu'encores qu'il n'eust point cogneu le païs , qu'il avoit entendu que Poictiers estoit en lieu fort, plein de barica vcs à l'entour , et que dudict Poictiers, en tirant vers Lusignan et SainctMexan, estoit un païs bien fort et plein de bois^ de hayes et de colincs -, que les ennemis se re-
trouvans là , ayants vingt mil arquebusiers, comme ils avoient , et les [nostres seulement deux mil , les Suisses et la cavalerie de peé d'effet en ce lieu fort , lesdicts ennemis aaroyent l'advantage; qu'il avoit entendu qu'oa ' pouvoit à l'entour de ce païs-là , par les pUi* nés du Mirebalais , se venir retreuver àSaiact Mexan ou Nyort : quoy faisant , tout le Loa* dunois et bas Poictou , qui n'estoient encorei saisis des ennemis , fussent demeurés poor ' fournir vivres ; et qu'ayant ja esté le sieur de Ludes dans Poictiers , l'on y pouvoit encore envoyer des gens de pied ; que lesdicts ennemis ne se pourroicnt attacher audict Poie* tiers , ny à Luzignnn , qu'ils ne fussent com- * battus : mais ceste opinion ne pouvoit avoir lieu , et marche-on droict audict Poictiers ea deux jours. Et avoit mis ledict sieur de Tavannes en avant à mondict sieur , -qu'à toot le moins on ne se fist que repaistre audict Poictiers jusques à mynuict , et soudain aprte \ repartir pour aller treuver les ennemis , qni "\ ne pouvoient estre qu'à cinq ou six lieoei i de là. 'a
l'Mais tant s'en faut que l'on peust foire ceste exécution, qu'à cause de la difficulté de ladicte ville , qui se trouva si mal aysée que l'armée ne la peut passer en deux jours, et fut- on contirainct d'y séjourner : ladicte armée passée , mondict sieur s'en alla à h maison de Teligny, où se trouva le pais diScile et couvert , comme dit est , et fut délibéré le lendemain faire une traicte assez bonne pour s'oster de ce païs fort , et aller loger sur le bord de la plaine , et résolu que l'on iroit à Pamprou , l'avant garde à . . . U bataille à . . .' . Mais estans les mareschanx de camp arrivés audit village , trouvèrent que le lieu n'estoit point propre , et qu'il valoit mieux aller à lazeneul, et envoyèrent les mareschaux de camp advertir M. de Montpensier de ce changement , pareillement Monsieur. Toutesfois ledict sieur de Montpensier dit qu'il n'en fut point adverli , et ne lakae de passer outre avec l'avant-garde droict audict Pamprou ; et Monsieur qui récent l'advertissement alla droict audict lazeneul; de sorte que ravant-gardc et la bataille se trouvèrent séparées , et , approchant ledict Pamprou , ledict sieur de Montpensier treuva que
RÈGNE DE CHARLES IX
Ul
I ennemis festoient : lesquels soudain furent I baiaille , et se treuverent à la veue les uns Bïoires, et si près Tun de l'autre, que Tar- «ij0ffi& joua tonguement des deux costés ; i^latfûct soudain survenue les sépara, «jloosieur de son costé arrivant fort tard nd^ jazeaeul , luy fut rapporté par ledict Rtf (fOchy , qui logeoit Tavant-garde , qu'il rit trooré cinq ou six mU hommes logés auet . . . ; de sorte qu*estimant que ce fust ne leur armée, envoya en toute diligence ^r M. de Montpensier , qui manda sou- {^ qa*!! estoit à la veue des ennemis , et p\^ aDast à luy. Ainsi chacun pensoit , ^jBS qu'ennemis, avoir toute l'armée dep(»y : mais il fut advisé qu'estant mondict «r chargé de l'artillerie , les gens-d'armes lis à leur logis, qu'il seroit impossible de Itber la nuict par un pais si fort que les ^s ne les treuvassent en marchant^ si t d'arqnebnserie comme ils estoyent, à tddésadvantage, pour ne pouvoir ladicte nfannerie jouer, ny les Suisses ; qu'il valinieai re?oquer ledict sieur de Montpenf arec ses troupes toute la nuict , et cepentt faire fortifier le camp de tranchées, afin |ie fi les ennemis venoyent, '.l'on peust les mm, attendant que l'on eust peu faire es (Kpianades nécessaires à la gendarmerie. >Le sieur de^ Montpensier revint toute la oict '. mais plusieurs Bagages , pour ne vou- •<ir sortir de leurs logis de nuict , ou pour 'cstre fourvoyés , faillirent à suivre la file, diAi il uat quelques-uns de perdus. Et tout aioàqueM. de Montpensier estoit reparly deooictfoor nous venir trouver, aussi les siiinillniniKiqui estoient à . . . près du ranip de mondict sieur , partirent de nuict ooora/lerlreaver le camp dudict prince auliciPamprou. Et voyant ledict prince que m estions réduits en ce pais fort , se prolit i{M»ntinent la victoire , à cause de ceste raode arqnebuserie, et commença à mar«»
ber dès le grand matin , depuis ledict Pamfini droit audict lazeneul , estimant nous t«\er escanés, et en un logis fort desavan- ^Qï, et nos gens-d'armes séparés par les ilaçw. Mais ayant très-bien preveu ce qui moit advenir, ils trouvèrent toute l'armée ftl)alaiUe,àdire la vérité, en lieu fort es-
troict et dangereux à cause de ladicte arquebuserie ; et arriva leur armée sur le costé de la main droicte de la nostre.'
» Soudain qu'ils furent à nostre veue ( qui ne pouvoit estre que près à cause du païs), comme ils commencèrent à desbander de leur arqnebuserie par troupes , le sieur de Brissac, l'un des colonels de nos gens de pied , se mit pour les aller soustenir avec sept ou huict cens arquebusiers. Mais le sieur de Tavannes , ayant preveu le costé par ou ils pouvoient venir, avoit fait lever huict pièces d'artillerie de la teste des Suisses , qui furent soudain conduictes sur ledict costé droict i la venue desdicts ennemis , avec extrême di-ligence par le sieur de la Bordaisiere , et lesquelles pièces portèrent une extrême fiaiveur aux nostres , pour en estre les coups si souvent redoublés, que nuls de leurs bataillons ne se pouvoyent advancer pour soustenir ceste grande arqnebuserie qu'ils avoient débandée. Et estoit leur délibération de venir assaillir le viUage du logis de mondict sieur par derrière , jparce que l'ayant gagné ils eussent peu faire ^déplacer les Suisses et gens de cheval de leur place de bataille , en danger d'y avoir 'quelque desordre. Pour à quoy obvier , avoit esté pourveu ledict village par le bout d'en bas des bandes de Bretons, où n'y trouvant pas trop grande seurté , ledict sieur de Tavannes fit partir une troupe d'arquebusiers qui estOient au flanc des Suisses sous la charge du seigneur Stresse , et y voulut puis après aller ledict sieur Strosse luymesme , et fut assailly à l'instant le coing du» dict village fort rudement par une grande troupe d'arquebusiers , où les nostres ( pour estre peu ) les soustindrent fort vivement. *
»Mais la plus grande charge estoit sur les bras dudict sieur de Brissac , qui en fin voyant les ennemis renforcés de trois ou quatre mil arquebusiers frais, ayant perdu plusieurs ca* pitaines et beaucoup des siens , dit audict sieur de Tavannes qu'il estoit force quilse perdist , s'il n'estoit renforcé d'arquebuserie. A quoy luy fut respondu qu'on feroit faire une charge par les gens de cheval ; qu'il n'y avoit point d'arquebusiers ; qu'il estoit plus que nécessaire faire ladicte charge : et se treuverent ledict sieur de Tavannes et le sieur
MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.
de Martîgues ensemble, et résolurent qu'il falloit faire ladicte charge ; sur quoy ledict sieur de Martigues prit la peine soudain d'aller parler au sieur de la Valette , qui esioit ordonné pour marcher à la teste de Tavantgarde , pour luy faire faire la charge en ime petite plaine qui estoit entre les deux armées, où il y avoit toutcsfois quelques bayes.
» Ledict de la Valette ne s en fit pas prier. Gomme gentilhomme courageux et*fort advisé qu'il est , sortit de la place de bataille avec 8a compagnie , et quelque autre trouppe ; Tint charger cette arquebuserie ainsi desbandée , et les mena tuant jusques auprès des ba« taillons ennemis, sans^ que nul des .leurs fist un pas en avant pour les soustenir : et presume-on qu'ils ne s'osèrent découvrir à cause de ladicte artillerie , ou bien quelque autre raison. £t au mesme instant de l'autre costé furent ordonnés les sieurs de Ranligny et de Rambouillet , pour faire la charge avec leurs gens-d*armes à ceux qui assailloient ledict Strosso ctBretons au coing du village : ce qu'ils firent fort vivement , et menèrent loute l'arquebuscrie qui estoit de ce costé-là battant jusques dedans leurs troupes , et se treuva deux ou trois cens arquebusiers des leurs de tués, mais beaucoup plus du costc dudict sieur de la Valette que de l'autre.
» Geste charge ainsi faicte, il n y eut plus une seule arquebusade tirée tout le jour, et se campèrent les ennemis au lieu où ils estoient , et^à un jet d'arc de nostre armée. Et à dire la vérité , ceste arquebuserie , que menoil le sieur de Brissac , fit merveilleusement bien , pour estre les ennemis dix contre un ; car ils les soustindrent deux ou trois heures , et meritoient bien d'estre secourus comme ils furent. La nuict survenue et toute Tarmée en bataille , Monsieur commanda que l'on logeast au piquet , à fin d'estre plus près , et luymesnie , encor que son logis fust tout auprès, n'y voulut entrer , et print un arbre pour son logis , où , à cause que chacun s'alla accommoder, il demeura seul , et sans avoir nulles nouvelles de ses ofli(ûers , et sans feu , encore que la nuict fust humide et bien froide. En fin vint passer un vallet qui ostoit de la l)ando dudict sieur de Tavannes, qui portoit une chandelle , im pain et un flacon de vin , qui
fut arresté ; et print mondict sieur sa partdi pain , et le reste le donna aux autres.
« Au bout de deux heures vindrcnt sesoS ciers ; et fut apportée une tente , où aprè qu'il eut soupe il mit en délibération œ qi seroît à faire avec bien peu de capitaines ip s'y treuverent; demanda au sieur de Tli vannes qu'il luy en sembloit ; dict qu'il lujsi toit advis que les ennemis n'avoyent point fais ce jour-là en gens de gueire, de veoirmettri en pièces à leur veue leurs gens sans|),Jes sfr courir , et que d'avoir déterminé une euMprise sans lexecuter , qu'il ne pouvoit peoMl qu'ils n'eussent le cœur tremblant faute d^i^ seurance ; qu'il luy sembloit qu'on defoi commettre un des plus suffisans capitaioei^ soustenu des corps de garde et de quelqM autres troupes , à fin de conduire im nondRf de pionniers pour aller faire l'esplanade ,6^ plir quelques petits fossés et couper trois ni quatre hayes qui estoient entre les ennemis^ nous ; qu'il se tenoit tout asseuré que le loh demain à grande peine se passeroit le jo4 sans combattre ; qu'il esperoit la victoire w^ seurée , veu le département du jour prece» dant , donnant advis audict sieur qu'il chraill le sieur de Ligoieres , chevalier de l'ordre cl capitaine expérimenté , pour ceste executioii en luy commandant d'aller prendre les pioiniers vers le maistre de Tartillerie pour cet effect.
» L'ayant ainsi commandé mondict siev audict Lignieres , il accepta ceste charge fort librement, et partit pour s*y en aller : toftes* fois il ne l'exécuta pas, et n'en vint faire b response que le lendemain , qu'il estoit nae heure de jour , qu'il se vint excuser , ièsak qu'il n'avoit sceu treuver des pionniers , det* quels toutesfois pour lors nous avions den mil , et eussent suffi deux cens poiu* oeste besongne qui n'estoit pas grande , et qui te fust facilement exécutée; d'autant que m sentinelles estoient estendues jusques fiiei avant dans le lieu où il falloit l'esplanade» et n'eussent esté empeschés des ennemis. Lé jour venu , mondict sieur le fit recognoistre, qui estoit chose bien aysée , d'autant que l'oo voyoit dès lecamploule leur cavalerie en one petite plaine sur un haut, et à laquelle Toii n'eust sceu aller qu'à la file ^ ])ar faute de
lide esphnade. Us^'avoyent faict partir irsgeas de pied dès la nuict , dont Ton se a>oil apercevoir à cause du païs fort; et ?osi-oo peu juger ce deslogement, tant a iQj^Jela famée des feux de leur camp, jQuœ Je la bonne mine qu*ilsfaîsoient, feii3Br5e préparer pour venir combattre ; et ries oeuf ou dix heures commencèrent à miroir petit à petit , estant ja leur infante- 19 plus de trois lieues ; de laquelle cavale- I a ce que raporterent les espies ) à mesure l'ooles âvoit perdu de vue, alloyent le plus ;vl train qu'ils pouvoyent pour r'ataindre ;fl$«eii$ de pied y et ce jour là firent six ^ droit à Mirebeau.
i Honneur retreuvant son armée harassée, isr travellé trois jours , jour et nuict à Iflial avec plusieurs soldats blecés , advisa I b faire rafraischir à Lusignan , qui est à É[iciite lieue de là ; et fit présent aux sol- I blecés de cinq ou six lùil escus. Ayant ^rné andict Lusignan deux jours, fut mis iJeliberation ce qui estoit à faire : les uns joyent qu il falloit aller à la queue des eniois. autres qu'il falloit retourner auprès de nfroa par la plaine droit audict Mirebeau, Jottledict sieur de Tavatmes estoit d'opiùv: d'autant que c'estoit se jetter entre eux erleorconqueste , à fin de les contraindre au oi&bi. Enfin le sieur de Brissac , colonel de iflbierie, fit entendre qui! ne pouvoit \m\ mettre ensemble trois cens hommes , (fautant que tous ses gens s^estoieat debaniH,ei\a plupart retirés à Poictiers ; occasion <\n il loi délibéré au conseil de passer audict Pi)lc\krs,jH)ur aller retrouver les ennemis , ce (|ui fDtfall, et y alla Tarmée en un jour ; ou, après avoir séjourné un autre jour^ fut JWri$ (je marcher droict au pont d'Ozance i^orleGbemindudict Mircbeau , pour retourner (reover les ennemis : auquel lieu les mare^haui allèrent faire Tassiete du camp , et &jsoieal passer Vannée [de l'autre [cosié de l'pao sur ledict pont d'Ozance , à sçavoir Tarierie, les Suisses , les gens de pied , la ca- *ie de Va\'ant-garde si avant , qu'elle pou- *»!' approcher à deux lieues desdits ennemis , A de la bat^le en arrière à doux et trois lipii^s , la pluspart de l'autre^ costé ^dudict Poktlers. -. -•
' » Mais mondict sieur arrivant sur le* lieu , fut recogneu le lo/^îs par ledict^ sieur de Tavannes grandement desadvantageux , d'autant que , encore que Ton eust peu s'y retrancher pour attendre ladicie cavalerie , il se trerivolt une montagne battant dansjledîct logis par derrière ; de sorte que Ton n'y eust peu demeurer. El d'autrepart , tant de cavalerie advancée du costé de rennemi eust tourné le dos , en danger de venir avec effroy et perdre leur bagage , sans le péril où ils estoient d'estre surpris logés si près des ennemis. Ainsi fut advisé , après avoir entendu les raisons dudict sieur de Tavannes , que les Suisses et l'artillerie qui n' estoient encore passés , avec tous les gens de pied de la bataille , demeu reroient logés en un lieu fort eminent et advantageux , mettant la rivière et pont d'Ozance devant eux , assez près des fauxbourgs de Poictiers ; que mondict sieur logeroit au tauxbourg le^ plus près desdicts Suisses , et une partie de la gendarmerie dedans la ville ; les gens de pied , et la pluspart des gens de cheval de l'avant-garde , logèrent audict pont d'Ozance , et le sieur de la Vallelte à un village un peu plus avant sur l'avenue des en-^ nemis : chose qui fut ( à ce que disent ceux qui s'y recognoissent) très-sagement preveuej mesmes ayant advertissement que tout le dessein de l'admirai , ja expérimenté par deut fois à Chastelleraux et audict lazeneul , estoit ( ainsi fort de gens de pied ) de surprendre l'armée dans le logis , d'autant que la neces*sité de Fhyver contrainct le mareschal de camp ;de loger la gendarmerie ^escartée^qiû ne se peut rassembler en quatre ou cinq^^heures , quelques coups de canon que Ton puisse tirer pour advertissement. Outre ce , les nuictis longues pour exécuter les entreprises de loing , et estans ainsi logés à la campagne hors de Poictiers ^ se trouva encore moins de gens de pied que audict Lusignan : de sorte que ledict sieur de Brissac continua encores , et dict qu'il ne pouvoit mettre trois cens hommes aux champs.
» Neantmoins mondict sîeuK ne laissa de faire recognoistre deux logis : l'un de Bellefayo, qui estoit le droict chemin desdicts ennemis et Mirebeau , l'autre de Dicey , et mit en délibération auquel on ^devoit aller. Aucuns
disoyent qu'on devoit aller à Dicey , autres à Bellefaye; les autres disoyent qu*il falloit passer le Clin pour aller audict Dicey. Ledict sieur de Tavannes Fut d'opinion que si on Youloit passer la rivière d*Ozance et aller du costé des ennemis , pour estre iceux trop bien advertis , que Ton ne devoit point nommer le lieu où Ton devoit aller , qu*il falloit que Tarmée marchast en bataille , et , le cul sur la selle , faire Tassicte du camp au lieu que Ton treuveroit le meilleur , et qu'il estoit nécessaire à la plaine le plus que Ton pourroit , pour estre foibles d'arquebuserie , et forts de gens de cheval.
i » En fin fut résolu que , à cause des pluyes continuelles qu'il faisoit y et pour estre si foibles de gens de pied , que tenir tousjours les gens de cheval a la campagne seroit les ruiner , qu il valloit mieux les mettre en leur fort , attendant que les susdits gens de pied^ qui s'estoient absentés pour TiDJure du temps, fussent rassemblés , et que le sieur de Joyeuse, qui vcQoit de Languedoc , et le colonel Sarlaboue avec deux ou trois mil arquebusiers , fussent arrivés, et qu'on passeroit la rivière du Clin , qui vient dudict Dicey à Poictiers , et iroit-on par l'autre costé de ladicte rivière loger : et soudain fut faict le pont de bateaux sur ladicte rivière , et le matin passa Tartillerie , les Suisses , une partie des gens de cheval de Tavant-garde.
» Estant Monsieur à disner dedans la ville, pour passer à travers sur les ponts , les enne< mis avec toute leur cavalerie , et le reste de l'armée qui les suivoit , donnèrent jusque sur le pont d'Ozance , où ils trouvèrent ce peu de gens de pied qu'avoit ledict sieur de Brissac, et luy-mesme en personne , qui à la faveur du chasteau dudict Ozance , qui est sur le bord du passage de la rivière , se défendirent vaillamment ; partie toutesfois des ennemis passa tout outre jusques-là où cstoyent logés les Suisses, et y tuèrent quelques pionniers ; de là vint l'alarme dedans la ville jusques au logis où estoit mondict sieur. Soudain montèrent à cheval les sieurs de Tavannes , de Martigues , de Losse , de Carnavalet , sortirent et coururent à l'alarme , où y arriva plusieurs de toutes pièces, que ledict sieur de Tavannes fit mettre en bataille sur le haut , sous la
conduite dudict sieur de Hartigues , o dant qu'il s'aprocha plus près pour ^ contenance desdicts ennemis. Cela fa fort ledict sieur de Brissac et sa troo ja toutefois avoit commencé à se retir la valée du long de ladite rivière, à la j de quelques hayes et arbres : là y eust ques soldats des nostres tués et des leur tre autres un gentilhomme de Bourgon^oi fut recogneu avant que mourir ; ei est certain que si nostre dicte armée ^ logée au susdit logis ainsi desadvanUfl elle estoit en grand danger de recevoii honte.
» Cela ferma la bouche aux calomDiai qui disoyent que ledict sieur de TâJ avoit fait recevoir une défaveur à FariD la faire reculer , pour autant qu'eo chJ ce mauvais logis les Suisses avoyent r environ cinq cens pas ; et à dire \ny toyent gens qui parioyent sans l'enteDdre ils avoyent ouy dire qu'une armée ne point reculer -, mais il s'entend quand armées sont si près en bataille l'une de j tre, qu'elles ne s'en puissent demesler,e{i pas quand elles en sont à deux ou U'oislje pour éviter un logis dangereux , se mettr celuy qui luy donne l'advautage, taoi le soulagement des soldats en hper, pour la seurté et advantage d'où procès toutes les victoires.
«Monsieur temporisa dans ladicte tendant que les retraictes fussent fiûctes d' part et d'autre. Les ennemis se reikot premiers, comme il est à présumer, à ai de la grande pluye continuelle qu il fai^j lesquels furent suivis , et recogneu qu ils tourneroient loger à quatre lieues de là costé dudict Mirebeau : et arrivé que fat dict sieur de Tavannes vers son excell trouva que la pluspart des capitaines Iqy noient advis qu'il devoit coucher dans bi ville , veu le mauvais temps , et aussi avoit quatre lieues à faire, et qu'il estoit de la nuict. Surquoy il demanda ropinion dict sieur de Tavannes, qui luy fit re (quelque pluye qu'il y eust) qu'il devoit cher en son camp , qui estoit le lieu le honnorable : dont ledict sieur monstra vis d^estre merveilleusement contant, coouue
RÈGNE DE CHARLES IX
fm ne craiot nalle tempeste quand il est jfsiion des annes , et monta à cheval sougo, au grand regret de plusieurs, par le a^gnavais temps, la plus grande pluye qu*il HpossUe de voir, et arriva audlct Dicey {lJ5^i|iiatre heures de .nuict, en un bien H^BTiis logis pour Tarmée. Toutesfois le iJeBâiQ chacun s'accommoda, et logea-on dge, i cause de la rivière du Clin , qui se m entre les 'ennemis et .nous, où il y a «eursgays, dont les uns furent rompus, iimres mis des corps de gardes, et là JFut Cannée contraincte de séjourner dix ou ^ jours, au grand regret de mondict sieur ^oeni, et de tous les gens de bien, hfk sont aucunement excusables pour 0e en façon quelconque payés.
lOonDl lequel temps lesdicts ennemis en il advertis se tindrent tousjours depuis letMlrebeaa jusquesàBonnivct, qui n'esiqn'à deux lieues de nous, s*estans saisis tïsteau dudict Mirebeau, assez fort pour k esté mal pourveu comme les autres ^, et se saisirent pareillement de Loudun; xnioe ils sentirent que lesdictcs troupes Ufiouedoc approchoient, et scroient bien làoous, partirent avec toute leur armée 9V essayer de gagner un passage sur la riien de Vienne pour aller treuver le prince Onoge en Champagne , et aller à Chastelle- ) m qu'ils treoverent pourveu, de là à Flsle mhM, où, ayant pris le fauxbourg, les onts forent bien défendus par la garnison [é s ïvoii esté envoyée , de là en firent au-
> Enfin se réélurent d'aller àSaumur, afin depoQToirpsser la rivière de Loire, et par roQscqneot toutes les autres rivières, à un (^up;l3(;Delie ville, de leurcosté, ilsavoient i si fort approchée qu'ils commençoient à !Birâiasappe;etde faictTeussentemportée 3ar ue nioir guères , ayant artillerie comme f ûToient, encore qu'il y cust des gens de M dedans. Quoy voyant , mondict sieur fit «er ledici sieur de Joyeuse et Sarlabous ; Ifiels estans arrivés, fut remonstré par lettsienr de Ta vannes, à part à mondict sei- WT. quil ne falloit pas aller suivre les en- Bis par le droict , et par là où ils estoient fei mais qu'il esloit nécessaire de couper
au devant de leur conqueste^ et aller droict à Mirebeau, à fin de prendre la ville en passant, qui nous eust coupé les vivres , et laisser quelques forces et artillerie derrière à M. de Ludes , pour reprendre le chasteau ; que les ennemis ne penseroient jamais qu^on voulust laisser derrière ledict Mirebeao, à cause des susdicts vivres, etque cela seroit occasion pour pouvoir gagner au devant de ladicte conqueste et les contraindre à la bataille.
^Mondict sieur estant trop plus sage que son âge ne portoit^ tint ceste entreprise couverte , de penr des ennemis, qui sont ordinairement dans les chambres et dans les salles des princes, comme les guerres civiles le portent, et ne la divulgua hy au mareschal de camp ny autre , qu'après la garde assise. Le matin partit laissant les ennemis du costé de Saumor, comme dit est , marcha droict à Bellefaye , comme s'il eust voulu aller du costé de Nyort, estant à main gauche de Mirebeau : et quant et quant fut ordonné audict sieur de Tavannes qu'il fist marcher Tartillerie toute la nuit droit audict Mirebeau. Ce qu'il fit, et y alla pareillement le sieur de Losses , et firent foire les approches et la batterie en plein jour sans ga* bions, où le sieur de»
( £o cest endroit défaut un feuiUet ; le toaC y enst manqué , ayant esté tronvé par hasard dans des lievoL papiers escrit de la main du sieur mareschal de Ta- ▼annes, qui ne se soucioit qu'il ne demenrast à la postérité , se contentant de bien faire sans aucune ▼«» nité.)
Continuant toujours : '
'( N*y eut autre chose sinon quelque escar* mouche, et neantmoins la gendarmerie presque tousjours à cheval , qui ne se retiroient en leur logis qu'à la nuict, et ce, pour éviter une surprise ; d'autant que l'armée des ennemis estoit à couvert dedans la ville pour sortir à leur commodité , et nous à la campagne , lesdicts gens-d'armes au village, et le jour subséquent, pour le grand travail que portoit nostredicte armée , et n'ayant point de vivres, parce qu'audict Mirebeau (le chasteau duquel avoit esté pris ce jour là d'assaut , et mis en pièces ce qui estoit dedans) ne s'y estoit treuvé nul bled.
» Monsieur advisa d'assembler le'conseil* pour sçavoir ce qui estoit à faire , et fit cest
honneur au sieur de Tavannes, d*au(ant qu'il s'esurit blessé , Talier tenir au village où il estoit en son logis; et là fut délibéré que, ne pouvant avoir vivres que de Cliinon, et que le camp des ennemis estoit devant , qu il falloit fuire une lieue en tournoyant à Tentour d'eux et se mettre du costé dudict Chinon; et estoit d^advis le sieur de Tavannes que Ton laissast le chastcau de Barroque à main droicte , lequel est au dessous de la montagne que les ennemis avoient gagné le jour devant, et que si lesdicts ennemis revenoient en leur place de bataille, qu'il y auroit quelque moyen daller à eux sans rencontrer point de fossé, et qu*il falloit recognoistre le chemin. À quoy fut débattu, par le sieur de Sansac et autres capitaines I que ce seroit passer fort près d'eux, et monslrer le costé d'une armée en marchant f qui seroit chose dangereuse. Sur quoy fut débattu encorcs, par Icdict sieur de Tavannes , que Tordre des batailles se pouvoit faire en sorte qu'encore qu'on marchast en monstrant le costé de l'armée, les premiers rangs se pourroient facilement trouver en leur rang , sans guères bouger de leurs places, faisant départir rartillerie, une partie à l'avant-garde, l'autre partie à la bataille; que le bagage pouvoit marcher à main droite , et estre couvert de l'armée , et que si on failloit à combattre les ennemis en ce lieu là, que Ton estoit pour attendre long-temps.
» Sur ces disputes fut résolu que les mareschaux de camp irojent le lendemain recojgnoistre le chemin et le lof;is : ils rapportèrent qu'il ne se trcuvoit point do logis propre en passant si près des ennemis, qu'il falloit laisser le chasieau de Barroque à main gauche , et aller jusques à la Mai*solle , une lieue de là , qui estoit sur le costé dudict Chinon, pour avoir les vivres; et le jour après fut mandée toute l'armée : encore que ce mauvais temps durast toujours, furent ordonnées toutes les batailles et l'advant-garde derrière , pour estre plus près des ennemis s'ils sortoicnt à la queue; etaprès que l'on eut commencé à marcher en un fort bel ordre , sortit de la ville environ deux à trois mil chevaux, etfaîsoit un temps obscur commo brouillards , de sorte qu'on ne pouvoit descouvrir ce qui venoit après ces troupes- là.
« Ledict sieur de Martîgues el mm gneurs mandèrent à Monsieur qu'ils ostd pressés , voyant ces grosses troupes à i cens pas d'eux , que l'on mar.dasi ce (i avoient à faire. Sur quoy, mondici sieur manda audict sieur de Tavannes Topinid ce qui estoit à faire, et luy dit quji ^ d'advis qu'on mandast audict sieur de ]fa guos , s'ils passoicnt un chemin cmt ^ venoil du costé du parc à la vallée. U|^ avoitbien recogneu, qu'il leurvouloiiiL]| la bataille, et qu'il cheminast tousjouni les laisser passer, et que toutesfois il o'^ point à la charge que mondicl sieur ne commandast. Parole que treuverent estn quelques-uns de dire, comme il esuiiii sible que Monsieur, qui cheminoit u^ devant avec la bataille , sans qui! p voir les ennemis , commandast à ceux (jj dicte advant-garde de charger quand il ij temps : auxquels fut appris sccreUcineiK c'estoit afin qu'ils ne se perdissent aibii charge sans que Monsieur fust tournépof aller soustcnir; et qu'à l'exemple de pbjj qui ont trouvé leur bataille si loin dektj vant-.^arde , que Tun ou l'autre a este M ou bien tous deux , à l'exemple du m Sainct Paul dernièrement en Italie, ctani Lesdicts ennemis voyant le bel ordre an ou se retiroit, qui (à dire la vérité)» l'une des plus belles laçons de tmkte i ayc guères esté veu , mesmes en fcmpj mauvais, le verglas froid durant \m\mn, gens-d'armes, gens de pied et autres '-(i< guerre si harassés et morts de faim.
» On marcha en cest ordre jus<piK nuict sans desbander , qu'on arriva à U Saincte Marsolle ; et ne furent la fk desdicts gens en leurs villages, qu' fust minuict ou une heure après. Le main ladicte Saincte Marsolle, estant de Tj: costé de la monlague et dudict Loudiui. un bien fort grand brouillard, ressortîM Loudun, et revindrent en leur monM amenèrent quelque pièce d*artillerio; snn fut par le moyen de la nostre advertie b gendarmerie, laquelle fut le plus tost qa peut m leur place de bataille , et A'Ri! toutesfois pins de trois heures à cans< verglas , qui fut cause que ledict sm
IlÈG^E DE CHARLES IX.
aittc *, en tombant ce jour-là , se rompit ■a jambe ; lequel ne fut pas tout seul ie- IbI jour, et trois ou quatre jours auparavant; V il s'y bleça plus de quatre ceas gentils-
•Lesdicts ennemis s'approchèrent fort près pioslre camp; mais ce fut sçachant bien on ne pouvoit aller à eux , cl*autant qu il Ueuvait entre deux une valée, et un u fort diflicile à passer ; et y eut pour jov-Ià seulement des escarmouches , et coup d*artillerie. Le lendemain, à cause les vivres ne pouvoient venir par ce is temps, fut advisé qu on marchcroit deux lieues^ à un lieu nommé Mercey le cbemia dudict Chinon, ce qui se fit; et arrivés là, infinis soldats par la necestint de pied que de cheval , se desbanpoor aller audict Chinon , et une partie des gentils-hommes qui accomient mondict sieur. Toutesfois, espérant riqure de ce mauvais temps passco, ils oient, séjourna audict Mercey quatre ; mais en fin luy fut remonstré par les ils des gens de pied , signamment par de Brissac , qu'ils n'avoient plus de IM, et estoient ses bandes et celles de (jnaiii defaictes, que les enseignes estoient toutes seules, ne restant plus que qui pouvoit avoir quinze cens avec infinis malades et harassés , et inode partie de la gendarmerie qui eslA demeurée.
. • Moidict sieur advisa , tant pour ne comy/n arec ce desadvantage que pour sejour- J^ctrafraischir son armée , de se loger au- MGUoon avec les Suisses et l'artillerie , et »|i«er la gendarmerie derrière pour serawlnr, bailla au sieur de Brissac Tlste Bou- •■•il, pour ramasser ses bandes, audict sieur
"NiB et (au sieur de Sarlabous
**. Et pour autant que Tarmce du I** d'Orange estoit entrée en France , et ^^atoit advertissement que les ennemis ™^ eovie de forcer la rivière , mondict ** poQTveut toute la rivière de Loire et ** de Vienne , pour leur cmpescher le f?*^<5îde sorte qu'ils ne pouvoient passer ^"^ du cosi^ de Gasconjjne , ou deveis Li- "^^. Biais lesdicts ennemis, qui avoieni
fort grande envie de forcer le passage de Saumur , s'estoient achemincsjusques à Touars et Montrubellet , en espérance que mondict sieur romproit son armée , où ils séjournèrent longuement; durant lequel temps se fit plusieurs entreprises , les uns sur les autres » entre autres le sieur de Brissac et plusieurs autres gentils-hommes de la cour défirent deux enseignes, dont les drapeaux furent envoyés au roy.
» Le sieur de La Rivière , qui commandoit audict Saumur, envoya garder une abbaye où il y avoit force bled et vin , par un capitaine avec des soldats qui la rendirent. Le séjour des deux armées fut fort long; enfin ils délibérèrent de partir les premiers , et chercher quelqu autre moyen pour leur passage , et s'aoheminerent droit devers Nyort et Sainct Messan , en espérance de donner ordre i leurs malades dont ils avoient grande quan* tité , et départir ce qui estoit nécessaire pour la garde des villes , et le surplus s*acheminer du costé de Limoges , pour venir par le bout de la rivière de Loire passer en Bourgongno | pour aller treuver le prince d'Orange ; et pour cest eflect envoyèrent pour prendre quelque passage sur la rivière de Vienne, comme Confolans et et qu'ils trouvèrent bien pourveus.
» Quoy voyant , mondict seigneur marcha avec son armée aux plus grandes journées qu'il peut droit à la rivière de la Greuze , et jusques à ia Rocbe-Posay ; mais comme ils en furent advertis , leur entreprise fut rompue. Quoy voyant , mondict sieur, encore que son armée fust fort foible , résolut par conseil que l'on pouvoit passer jusques à Montmorilloo , attendant que les reistres qui venoient fussent arrivés , et les Provençaux qu'amenoit le comte de Tandes fussent venus ; ayant séjourné deux jours à Montmorillon , fut mis en avant par quelques uns que l'on devoit aller jusques a ^Confolans pour tousjours gagner pays ; et 1 ut là un conseil fort debatu , si on devoit aller jusques audict Confolans ou non ; fut remonstré par le sieur de Montreuil , qui servoit de marcschal de camp à M. de Mont pensior , quo Icdict sieur de .Monîpensicr y avoit esté avec s(m armée , et mangé tous les vivres, el (|u il n'y avoit rien dcrà l'eau, que
[IStl
c*estoit pays de brandcs , et qu'il falloit passer de l'autre costë.
* »*Ny-pour-cela la pluspart des capitaines furent d'opinion que Ton y devoit aller; à quoy ledict sieur de Tavannes se formalisa fort , remonstrantque, Tannée estant ainsi aflbiblie, le secours de nos reistres prest à venir dans sept ou huict jours/qu'il n'y avoit point d'apparence d'aller audict Confolans; qu'estant là i mourir de faim l'on serait contrainct de pas* ser de l'autre costé pour chercher à vivre, en danger de donner la bataille au desadvantage; et puis qu'ils estoient encore reduicls entre les rivières , ne pouvant passer pour aller à leurs reisures , qu'il n'y avoit nulle apparence de rien hasarder ; que si on voyoit qu'ils eussent passé les rivières , en danger de s'aller joindre au prince d*Orange , qu'il estoit d*advis, fort ou foible^ (ju'on les combatlist , et que si d'advanture on passoit outre ledict Confolans , qu'il seroit le dernier (quelque foible que l'on fust) qui diroit qu*il fallust retourner, sçachant très-bien combien les retraictes sont dangereuses aux François mesmes qui ont à repasser la rivière.
» Ny-pour-cela le plus de voix l'emporta : estant mondîct sieur jeune et courageux, tourna volontiers de la part de ceux qui parlent d'aller du costé des ennemis: de sorte que le lendemain on partit pour aller audict Confolans, là où , après y avoir séjourné deux jours , toute la gendarmerie presque passe Teau pour la nécessité de vibres : fut tenu un conseil de ce qui estoit à faire en ce lieu si nécessiteux , où tous les capitaines résolurent qu'il ne ialloit bouger de là , jusques à ce que le secours desdicis reistres fust venu. Ceste opinion ainsi résolue fut envoyé par le comte d'Ochy audict sieur de Tavannes estant malade et ayant pris médecine , pour sçavoir son opinion. A quoy il fut respondu par ledict sieur de Tavannes qu*il estoit d'opinion à Montmorillon de ne point passer plus avant ; mais qu'à présent il 1 avoit bien changé , d'autant ([ue la nécessité de vivres avoit con* trainct la gendarmerie de passer de là jusques à deux ou trois lieuos , et que les ennemis pouvoienl venir avec l'armée assaillir ceste gendarmerie , qui seroit contraincte ( en perdant leur bagage ] revenir en desordre re-
passer au pont dudict Confolans , et à nosir veue peut-estre les voir defoire , ou en per dre une grande partie sans les pouvoir seeii rir ; qu'il estoit d'opinion que l'on envoyi le sieur de Biron dans le pals recognoistrev logis ou deux y et cependant, s'il poMi trouver quelque petite ville , comme Sifil| et autres, qu'il s'en saisist pour foire prepiri des vivres , et nous attendant que nous m vions passer la rivière avec toute l'armée,! aller prendre place sur la rivière de comme à Yerlueil ou Ruflec ; lesquels pourroit avoir gagné premier que h ennemis fussent assemblés : chose que sieur trouva très-bonne pour les raisons dictes , et mesmes puisqu'il falloit allen avant; et le • lendemain , contre la sm délibération , on passa la rivière , et vi loger en un lieu qui s'appelle Cham| ayant saisi ledict sieur de Biron la ville i Sivray et La Rochefoucaut , et y estabii!l commissaire pour dresser "des vivres; etjj lendemain vinsmesà Vertueil'et Ruffec,i fut pris le chasteau que tenoient les ei Cependant ledict sieur comte de It arriva avec environ deux mil Prov< fut advisé de faire quelque séjour Yeitueil , attendant le comte Reintgmtl Bassompierre , qui amenoient ledict de deux mil reistres; durant lequel tenpfi fit quelque petites courses les uns conlrsl autres; et cependant MM. de Ms de Guise et de Brissac , treuverent hçm^ voir congé de Monsieur d'aller dehoif le sceu dudict sieur de Tavannes, et y douze cens chevaux ; et ledict sieur de vannes , sentant les ennemis gaillards , grande envie d'en prester une , dès l'i qnil l'entendit, supplia Monsieur de quer ce congé, qui vint bien à propos; ctfl dict admirai les attendit tout le jour en villages en embuscade avec deux mil cl et trois ou quatre mil arquebusiers.
» Durant lequel temps un capitaine de vaux légers nommé La Rivière , ou pour' butin , ou pour autre chose , délibéra desv 1er saisir de la maison de Jarnac , qui «Hl pl(Mne de meubles , où il y a sept granA iiciies depuis ledict Yerlueil , à une lieoe i deaiy de Coignuc . oi\ esioit le camp des«i
[4369] REGNE DE CHARLES IX
• combat , la Cliarantc entre deux , à radmi-
• ni ; il est glorieux : nous approcherons puis 9 après d'une rivière ; liuict jours passés , je » B^asseure qu'il viendra rendre la pareille , »■ lors nous passerons la rivière et le corn- » battrons » ; ce qnl advînt. Ayant bravé Tad-
C'ral , Monsieur esloigne la rivière , et soudain r'aprocbe près Chasteau-neuf. I/admiral , pÊKT maintenir réputation , à son tour offre le Inbat la rivière entre deux, et, voyant le pnt rompu , jugea qu'il ne se pouvoit si tost Nfaire. Le sieur de Tavaunes le fait entretepar escarmouches jusques à la nuict. L'adnc pensant qu'il se peust passer à luy , et met gardes sur la rivière, lesquels ïnt à leur devoir.
^Le sieur de Tavannes, qui avoit fait gagner idbsteaa de Chasteau-neuf , refait le pont, iplus bas un pont de batteau qui se charrioit l'armée , fait passer une heure en nuict ordre et sans confusion. L'armée des hu- ;, alToililie par Thyver, s'aperçoit tard , ila diversité des couleurs des casaques tontes les compagnies , cognoissent leurs estre passés. Le prince de Condé proche , advertit Tadmiral , qui ordonne retraicte sans combattre, fait acheminer et bagage devant. Le prince de i Ctrié, pressé de M. d'Anjou , mande à l'ad-
ep'il falloit plustost combattre qu'estre en fiiyant , qu'il n'y avoit plus de des- .^ — ~,JDet en bataille ses gens à la faveur ^ petit ruisseau, dedans et proche le vilde Bassac, oit se fait une cliarge par I. de Guise et de Martigucs , en laquelle pris la Noue. La cavalerie du prince dn leur en fait one si rude , qu'elle les i route ; et n eust esté un gros de reis- ^taqie le sieur de Tavanncs amena , faisant ^•fcde charger en flanc les huguenots, les
* ^ de Guise et de Marligues estoient de- - ■* ttiierement. Surquoy arrivant Tesca-
'■de M. de Montpensicr, le prince de ^'*K repasse sur la chaussée d'un estang, ^'•coovre, et d'un ruisseau qui sorloit d'i-
l^î ce que voyant le sieur de Tavannes,
^ ■wcogDuislrc par Richemon t /gentilhomme
**faiiens, un passage plus bas , où Ton pou-
* •^facilement pass*'r pour all(»r à <'u\ , mand(î " ■ Monsieur qu il s'y aclieniinc , o\ y conduit
M. de Montpensier, commandant aux reistros, qu'en mesmes temps que l'on passeroit <|u'ils passassent sur la chaussée après les huguenots, lesquels seraient contraincts de descendre et costoyer le ruisseau , et quitter lu chaussée , là où lesdicts reistres passeroieni ,
Ipour donner jalousie aux ennemis d'estrc chargés en queue.
• Les escadrons des catholiques commencent à passer plus bas au ruisseau qui avoit esté recogneu ; ce que voyant l'admirai , et qu'il ne s'en pouvoit dédire , descend et coule le long du ruisseau , et vient à la charge mollement; il est sonstcnu de la Yalletie et autres advancés. Le prince de Condé , plus résolu , avec une fleur de noblesse renverse les sieurs de Guise , de Martigues et la Yallctte sur Pavant garde que menoit M. de Montpensier, qu'il trouve ferme et résolu pour l'assistance de l'escadron de M. d'Anjou, qui s(ï joint proche de luy , luy donne force et ooura{[(î d'emporter et défaire l'escadron du prince de Condé , où il fut pris et tué au milieu de deux cens gentilshommes des siens morts sur la place à l'entour de luy; ce qui causa la routtc de toute l'armée. L'admirai n'ayant fait qu'une charge feinte, ne s'estoit guieres rompu; se retire avec d'Andelot à Sainct Jean d'Angeilî hors la route des fuyards, pour n'estre attrapé parmy eux : les princes de Navari*e et de Condé s'estoient de bonne heure retirés à Xaintes.
La victoire cnst esté suivie plus vivement , sans que toute Tinfanterie huguenotte se treuva à deux lieues de là où la bataille s'estoit donnée en la ville de Coignac. Le sieur de Tavannes mit pied à terre avec MM. de Guise et de Martigues , lesquels Tabandunnerent à une sortie de douze cens hommes de la ville. Il se résolut, et fit teste avec quelques uns des siens. Lesdirts S4»îgneurs retournent pour Tassister, disent cjuils font conscience de l'avoir abandonné : luy desgagé respond qu'il regarderoit mieux à l'advenir avec qui il iroil. Auv premieres charges du conimencemeiit de la bataille, il s'estoit moo|iié (ht M. de (iuis'', qui luy disoit n avoir point m pïMir an combat : il luy rr'Spond qtn* pour s'-n cnip''s(:li''r il falloit faire peiiiaiix aiilre^. !.« -^ !i!i;;ii^îiio!^ s<' parenï «les lixi^^rcs- ce roijis il'iiil ;iitt ri<*
sois, qui avoit esté archer de la garde, eapitakie dudict cliasteau , avec quelque nombre de soldais , se rendirent dès le soir
mesme.
I .. Et le lendemain, dès la pointe du jour, ledict sieur de Tavannes alla ordonner pour faire refaire une arche da pont qui esloit rompue , laquelle fut refaicle , par les cliarpentîers que le sieur de la Bourdaisiere y mil , en deux heures : et fit soudain mettre des pionniers pour faire un ravelin , à fin de garder le bout dudict pont de Tautre costé. Cela exécuté , il v fut mis une enseigne pour la garde , et fil ledict sieur de Tavannes ircuver certains grands basteaux que lesdicts ennemis avoient mis à fond , et ordonna à un bourgeois de la ville , nommé Tesseron , assembler les pescheurs de la ville , et lever ces grands basteaux de dessous 1 eau , pour (quand roccasion viendroit ) s'en pouvoir ayder. Et ce soir là délibéra mondict sieur d'aller avec toute Varmée jusques près ledict Coignac , où estoit celle des ennemis , et laisser tout le bagage audict Chasleau-neuf , tant pour voir leur contenance , que , pour l'occasion qui se presentoit, essayer de leur en presler une. Mais ayant allaché quelque escarmouche seulemenl devant la ville dudict Coignac, tant s'en faut qu'ils sortissent en gros , que l'on anerceut toute leur armée qui mUr choit de rauire costé de la rivière, droicl du costé dudict Chasleau-neuf, et estoit ja sur les quatre heures après midy . Quoy voyant , encores hue le pont dudiciChasteau-neuffust fortifie , comme dict est , mondict sieur ne laissa de retourner coucher audict Chasteau-neuf tout d'une traicte; et ayant fait l'armée huict lieues, fut deux heures de nuict avant que Ton y
arrivast. ^ ,, .
«Les ennemis demeurèrent de l?autre coslé
de la rivière à Jarnac , qui est à deux lieues
de Chasleau-neuf ; et ledict sieur de Tavannes,
ayant souventefois predrt à Monsieur que la
Hoiro feroit venir au combat ses ennemis,
preveut bien qu'ils enireprendroient ou de
venir faire quelques braveries et se présenter
de l'autre costé de l'eau , ou bien quelque
stralancsnie pour couvrir l'aulrc chemin ; que
Von pouvoit prendre partie de leurs forces
poui' passer et repasser ù Moniaijuac , et les
rivières de Vienne et Creuse , qui lorj
toient gayables , pour s'en aller par le »
treuver leurs reistres ; et pour aulant
n'y avoit que le pont de la ville où il i
impossible de passer toute l'armée, 1
sieur de Tavannes se leva avant le jour
appeller le comte de Gayas , et eux deux
seuls, sans valet, allèrent pour recogooisi
lieu où l'on pourroit faire un pont de
teau, etvindrent à un moulin treuver uo|
batteau de pescheur avec lequel , pooraoi
que la rivière estoit trop hrge pourfej
de bateaux que nous avions, scDdereu
endroits où l'eau estoit plus basse, pm
pouvoir faire des tréteaux , à fin de (tJ
le pont et satisfaire aux bateaux qui
toient sulfisans pour la largeur. Geste d«
ration ainsi arreslée , ledict sieur de îj
nés commit cette charge au comte de Ga
d*aller prendre des charpentiers vers le:
de la Bordaisiere , maistre de rartilleri
foire tenir tout le bois prest ce jour là
lieu loing de la rivière , pour n'estre d
verts , à fin que , la nuict venue et la
assise, Ton peust commencer le pool
passer, chose qui fut exécutée, et ri
songner ledict maistre d'artillerie loiv
en grande diligence. Ayant ledict liii
Tavannes fait entendre à mondict siev(
lors esloit au conseil ) l'ordre qui m
mis , lequel en demeura fort content.
»Sur l'après disnée commença à pwl l'armée des ennemis de l'autre costé de) « et en fin marcha toute leur cava/ene sor haut de la montagne, de l'autre eofité pont; surquoy mondict sieur fit sortir, t des bandes de Stresse que du sieur ~ sac , mil ou douze cens arquebusiers tachèrent l'escarmouche avec quelques des seigneurs de la cour; mais cela oec que demie heure , que lesdits ennemis a mencerent à se retirer ; à sçavoir, uod s'alla loger du long de l'eau, du cosién Jarnac , en un heu nommé Bassac , et h partie , qui estoit de beaucoup laplospi prmt le chemin comme si elle eust voulu) du costé d'Angoulesme et 3l0QtagDac,i^ sccul-on pour ce jour là descouvrir où c allé loger ceste grosse troupe ; et le m
gurdQ as^ific) Monsieur mit, en delii^iri
.jii
BÈGNE PE CHARLES IX
• nui estoit h faire; fui incontinent résolu de ie poser le poot en toute diligence , ainsi fil avûil esté ordonné. Fust mis en delibelioD si I on passeroît : tous les princes et ûioiûes furent d'opinion qu'il falloit passer; itTiooT fut ordonné an sîenr de Biron , mai^'de camp, qui dcsiroit aussi infiniment j^roBpssast , que , suyvant l'ordre qu'a- Pi^ïccûustumé les troupes démarcher, i cIqcud se treuvast à l'heure qui seroit cKpour eviterJa foule et desordre, et que gwi passast à Ibeure qui luy seroit don- ^^ à ooiiimencer dès la minuict. Ledict m (Je Tavannes estant toutefois d'advls Aoit que commencer à passer , et avant tavct , que Ton devoit recognoistre qu'es |d^vcûae la g^rosse troupe qui avoit pris ibiBia de Montagnac , et que s'ils avoient ^ sur les ponts dudict Montagnac et Yars, fe rompre après eux , premier que Ton g{ avoir passé l'eau , ils seroient si loing ir aller ireuver leurs reistres, qu'ils ne moieat plus estre r'attaincts , encores que ibissast tout le bagage dans les logis et fiuis des reistres , qui ne sçauroyent estre 0$ en un jour , et que la moindre troupe i estoit demeurée à Bassac du long de la jiae,pouvoit estre la garnison qui devoit flKver en Xaintonge , qui (par adventure) î puorroit estre retirée la nuict ; insista Ki vivement qu'il falloit laisser des troupes eps de pied pour la garde du bagage , et (l refila que Ion y laisseroit six enseignes legfusdepied, et que le capitaine Lar Ri~ xmmi recognoistre qu'estoit devenue la nsdite grosse troupe , et que la sus dicte armée De laisseroit d' estre mandée suivant Tordre orduoné audict sieur de Biron.
«Sorqooy diacun se retira pour reposer ne feare.eo peine toutefois pour ne sçawir quel party avoit pris la susdicle grosse ïOQpe des ennemis » laquelle au bout d'un «ips fui descouverte esire logée à une lieue tbjxir ledict capitaine La Rivière , qui en ici faire le rapport à Monsieur , qui soudain i\()va vers ledict sieur de Tavannes , pour
Eresjouir avec luy de ce§te bonne nouvelle. luy fil responce qu'il avoit raison de ne pouttlrd'jrrnirde la joye qu'il avoit, et qu'il peniw(: avant que la journée du lendemain fust
passée , luy faire advoucr eslre un des plus contens princes qui se pust trouver.
»D'avantage fut donné ordre que tous les bagages qui esloient dedans la ville de Chasteau-neuf ne bougeroient de leursiogis, et que tous ceux des reistres , de la gendarmerie et autres , tant de pied que de cheval , n'entre* roient point dedans la viHe , pour n'embarrasser le chemin des ponts ; et se treuva ledict sieur de Tavannes luymesme à la pointe du jour , pour faire ressortir ceux qui estoient entrés , et arrester les autres. Fil commander que tous se mettroient sur le haut du costeuu , en la plaine qui est au haut du chasteau , eC laquelle se pouvoit descouvrir dès le costé de la rivière où estoient logés les ennemis , ensorte que , à juger de si loing , sembloit plus une grande partie de l'armée que du bagage ; chose qui servoit à couvrir le passage des gens de guerre. Ladicte armée ne commença pas à passer dès la minuict, pour autant que la gendarmerie estoit logée à deux et à trois lieues de là, ains conunença à passer seulement deux heures avant jour ; et neantmoins, ayans esté les ponts et entrée d*iceux avee tant d'heur et extrême diligence achevés , pas* soient à souhait et sans embarrassement quelconque, durant lequel passage MM. de Guise, colonel des chevaux légers , Martigues , qui avoit esté ordonné tousjours à l'avant garde , ayant fait acheminer le sieur de la Valette devant eux , treuva que ies^ennemis commençoîent ja à arriver sur le haut de la montagne, lesquels à Tinstant se retirèrent. Et voyant leurs troupes que les nostres avoyent prias la place de bataille à un quart de lieue delà du susdict village de Bassac, où à l'instant les autres susdictes grosses troupes les vindrent treu^i ver et se mirent en un lieu fort advantageux et très-difficile , à cause d'un ruisseau qu'il mirent devant eux , où il falloit aller à la file.
» Durant lequel temps toute nostre armée se treuva passée , et laquelle mondict sieur ( voyant les ennemis ) fit descendre de la montagne en la plaine ; et fut attachée l'escarmouche sur le bord dudict ruisseau ; et furent menés de telle façon, que, contraints de quitter le ruisseau , firent retirer leurs gens de pied , les couvrant de grosses troupes de cavalerie, jusques à un autre quart de iieue de là sur I9
MÉMOIRES DE GASPARD DE SAl LX.
bord (l*un estang , et un autre ruisseau devant eux. Nostre avant-garde estant passée la première , les seigneurs qui alloyent les premiers, comme les sieurs de Brissac, de Guise et quelques autres , se hasterent tant qu*ils arrivèrent où estoient les ennemis en desordre , mesmcs les enseignes desbandées, et se mirent en un village sur le bord de ladicle chaussée.
» Quoy voyant , ledict sieur de Tavannes ( qui par le commandement de mondict sieur alloit à la teste pour voir le deportemeht ) manda à mondict sieur qu'il voyoit un trèsmauvais ordre à ceux qui alloyent devant, et qu'il foUoit qu'il se liastast en toute diligence avec la gendarmerie > pour soustenir ceux qui estoient devant, autrement qu'il les voyoit en danger d'eslre perdus, et luy en fit deux ou trois recharges ; la dernière fut par le seigneur Marc Antlioinc , de l'escuyrie du roy : ce que mondict sieur fit en la plus grande diligence qui luy fut possible ; mais cependant les nostres s'eslant ainsi desbandés et advancés , recourent une grande charge dedans ledict village , de sorte que la pluspart tourna et l'abandonnèrent presque du tout avec un grand desordre. Mais ledict sieur de Tavannes , n'ayant en cet endroit amené nulle troupe , et sa compagnie demeurée avec Monsieur , vint trouver le comte Rhingrave avec sa troupe de reislres, luy pria qu'il voulust venir à la charge pour soustenir les nostres ; ce quil fit volontiers, et les mena ledict sieur de Tavannes au grand trot^ à costé dudit village ; quoy voyant , lesdits ennemis tindrent bride et se retirèrent : chose qui vint bien à propos pour ceux qui s'estoicnt avec si mauvais ordre tant advancés ; et la demeurèrent ces troupes l'une devant l'autre, ne pouvant venir au combat que par la chaussée de l'estang , à cause du petit ruisseau qui partoit au dessous de ladicte chaussée et de certaines bayes.
» Quoy voyant, ledict sieur de Tavannes envoya en diligence un jeune gentil-homme nommé Richement au dessous dudict ruisseau, recognoistre s'il y avoit moyen de passer, lequel soudain fut revenu et raporta que le passage estoit facile. Toutefois, puis que la chose impor'toit tant , et qu'il estoit question de ve-
nir à la bataille par ce costé là , ledict sien de Tavannes pria les sieurs de Losse et de^ Yauguion, et le seigneur de Bâillon d'aller recognoistre si ledict gentilhomme disoit vérité lesquels soudain rapportèrent que l'on y pou voit facilement passer.
» A rûistant envoya ledict sieur de Tavanne à Monsieur pour le faire prendre à mail droicle avec ses troupes , droict audict pat Sâg6 y et y faire acheminer l'artillerie et h reste de ladicte armée ; et quant et quant f marcher les sieurs de Guise et de Martigoa qui estoient rcssortis audict village , et r'allilj à leurs enseignes , et le reste de l'avant-ganij droict audict passage pour aller au combat! estant toujours l'armée desdicts ennemis en bataille de l'autre costé dudict ruisseau, 4 près et à la veuc l'un de l'autre, que l'un mi pouvoit rien faire que l'autre ne le vist. HJ comme ces troupes commençoient descendra le long dudict ruisseau , ledict sieur de Ta-1 vannes , se doutant bien que les ennemis o^ feroient autant , alla à la troupe dudict Rhiagrave , et le pria qu il ne suivist point l'avàm^^ garde, mais, comme il verroit lesdicts ena^i mis desemparer ladicte chaussée et le niii^ seau, qu'il pourroit charger lesdicts ennemil^ par derrière, ou à tout le moins par le flancj Ce qu'il accorda, et les mit ledict sieur de Tavannes luy-mesme au chemin , voyant qas lesdicts ennemis commençoyent ja à désemparer pour aller au-devant de nostredida avant-garde; et s'en retourna ledict siearde Tavannes soudain rcireuver Monsieur, qui estoit son lieu, ayant charge de combattre avec luy.
»' Nostre susdictc avant-garde arrivée aa passage , trouva que partie de Tartillerie qm avoit pris la main droicte y estoit ja arrivée, et neantmoins si tard qu'elle n'eut loisir de tirer que deux coui)s. Là les ennemis vindrent à la charge les premiers , où l'on dit qu'estoient ladmiral etd'Aiidelot fort mollement; car comme ils furent à la lon^jueur des lances la plus grand part tourna à gauelie , et celle do prince de Condé vint tont droict et se trouva le premier à In cliarj^e , h) sieur de la Valette avec sa troupe fort vivement, les sieurs de Guise et do Martijjuos esinns pour le soustenir , se treuYims abandonnc's de leur gens, qui
ÏIÈGNE DE
|.oei«nt le dos , et ledict sieur de la Yallette psooscenu; de sorte que toute la charge fti tomber sur M. de Montpensier et M. le ^e dauphin, lequel priace dauphin tint ^,oiiDionseigoeur arriva avec sa troupe eBÎ pnipos ; en sorte que les ennemis furent getnwte. Là fut tué ledict prince de Gondé ; if Deutdire que les reistres qui avoient passé laiScte chaussée servirent grandement, ncs qu'ils allassent assez mollement à la rp;car s*ils eussent voulu, ils eussent iépar le derrière au prince de Condé à Kqa'ilmarchoit droîctaux nostres; et ggÔDsqa'ils tinssent bride, ce qu'ils firent
•ijtiiebeaucoup »
(^r^te de ce discours qui ne s*est treuvé, pêne pour la vérité et postérité. Le sieur TûTaones, qui en est Taucteur, ne menpoint , estoit esloîgné de toute vanité^ doute loz et l'honneur qui luy appartenoit à {cneral , et parfois à ses amis.
I passion , Tardeur d'ambiUon , de haine , Ui porter les sages à vouloir forcer le % ni la scituation et incommodités des i,poHr pretipiter le combat : le chastii soit la présomption , le blasme d'amis Imemis , et redouble le dueil de la foute ii|tf incoosideration de Taucteur.
les k»» esprits, sages et vieux, propheest par expérience et jugement-, aucuns «joDs capitaines ont fait croire estre reveionce que la prévoyance leur donnoit. Ce- ;(|ai considère ce qu il feroit s'il estoit en pat de ses ennemis , s'il est de semblable i^df^Dce qa'eax , souvent devinera ce qui idYicDdn',le DH)nde est de peu d'estime, )i)is<}uehiDiiie y sert plus que te jeu. Nul ne acsprise sa narchandise ; tous s'aydent de m, les m plus que les autres artificielloenl : (1 faoi tousjours dire que Ton vaincra, le Ton battra les ennemis, les mespriser de roh, et s*en faire accroire ; cela asseure soldais, intimide les ennemis , et fait réus* les desseins. Les guerriers croyant leurs éîm le combat en deviennent de moindre Dïge; la réputation se perd ; les amis , les Ib retardent Taide et le secours , les vivres, {ent et les provisions ; les tiedes et les lires se déclarent ennemis. L'on peut prête le combat et s'empescber d'y estre
CHARLES IX. SS
contrainct ou de faire relraicte honteuse^ pourveu que l'on advise prudemment de nf se trop advancer, ny sortir des lieux advant>, geux , à ce que la retraicte ne perde la repu-; tatîon.
Les roys qui commandent aux capitaines de rompre la paix pour des entreprises se* crettes subjectes à desaveu , les veulent plus vaillans qu'eux , qui ne s'osent déclarer : la crainte de faillir, qui les garde d'entreprendre," doit estre plus considérée des particuliers, lesquels ils ad vouent selon le bien et le mal qui en réussit ; et souvent donnent telles commissions pour la ruyne de ceux qui les acceptent, persuadésde leurs envieux. Les amis, l'unpour l'autre , peuvent alléguer et débattre les impossibilités, sans brusquement les rejetter, laissant parer le temps, et artificiellement pro« poser ou faire dire d'autres moyens sans refus absolu , pour exempter à la pareille leurs com-' pagnons des commissions fascheuscs ; il vaut; mieux franchement rejeter le commandemcn ; que se perdre en iceluy.
Lès roys, les princes ne cellent leursen^treprises où il leur va de la vie ; les mignons, les femmes les descouvrent : comment ccle ront-ils celles commises à autruy , où ils n courent aucun danger de leurs personnes? N les lettres, sceaux et escrits de Leurs Maje ' tés n'asseurent s'ils ne sont veus en plein coj seil ; ils disent qu'on les a obtenus par sut ' prises : Strosse mort aux Essores, et Genlis c Flandres avec leurs amis , en font preuve ■ ayant esté dcsadvoués, quoy qu'ils eusse des patentes secrettes. De mon temps, j'r esté employé de la royne mère; j'eus pi d'heur à la rupture de l'entreprise que de pr ' dence à l'accepter : tel peut estre le desseî et tel le maistre que l'entreprise se pov roit accepter. Il seroit nécessaire d'avoir letlr patentes et instructions de leur main , conti signées de leurs secrétaires , depeschées pr sens deux ou trois conseillers d'estat : le m: heur est qu'elles ne se peuvent monstrer qu ' des particuliers ; et la faute advenue , la g • neralité du peuple l'attribue à rentrepreneu
Les services des roys et des republiqu ont de pareilles incommodités ; l'envie et soupçon y dominent ; le trop bien faire , 1 grandeurs, crédits et richesses des particulic
MÉMOIRES m. fH^f^D m SJkUlX
y nuisent. Les valeureux sout inieax ma une repôbilrjiie ; ils recomponsent çn abséaçei lotit amateurs de lu gciiercisil^ : ilnfist pas innï nécessaire de courtiser des Biignons et dès femmes; la pbrliî des honneurs ef gr^*^^ est fermée au\ lusurii'ux , bouffons etflàie^irs plus qu'aux eouit des princes.
Le maresclial lie camp soulage oa ruyne l'armée, la sauve ou la perd ; l'inexpert la tient à cbeval tout un jiiur pour faire une lieue, b mande et renvoyé à des rendez vous généraux saiis necessilé, embarrasse les Gles de bagages , porte confusion et désordre. Les praaens hors la veue des ennemis , exemptent l<s troupes de venir au rcodez-vous neDeral, et les font marclicr pai' divers cliemios : tel ne fait <]ue deux lieues qui on feroit dix ; donnent diverses voyes ù la cavalerie et aux gens de pied , artillerie et bagage ; évitent livfipa'ssages ésiroicls ; séparent les heures de marchep , à ce que les troupes ne se rencontrent k mesme ieur-c; envoyent les prevosts commander aux ZKlliiiges . les font marcher tost et matin , considèrent la commodité ou incommodité de l'ar- Blée, qui repose sur leur prudence; s'inforriienl des chemins, rivières, bois el montagnes; £iissenl des ^ens de pied derrière pourluyser- ■*ir de reiraicte,avec observation de a'advancer tant , (pic pour stm saint la batuitlç on un Aïiild, combat s'en ensuive mal à pi^pos ; forme la teste de son logis d'infanlcrie, couire toiite sa cavalerie , laquelle pour prendre sa jptace de bataille marche en avant.
> ;i.és charges de mareschaux de camp sont fllbjectes à l'envie, aux querelles ; responsalles des mauvaises gardes des endormis. Les troupes logées loing se plaignent , à à l'esiKiict encore pluspar niani|uenicn[de v|vres, iJproclie des ennemis , dt-slre trop harassés oe gardes, offencenl ceux chez les>iuelsilsles tînt logés , qui en rejettent le resset^meot sur l^mareschal de camp. S'il se serldevùllans, if a les favoris conirain-s; si desfiivoris, il ne se fait l'îen qui vaille ; sans cesse sans repos , ne peut contenter la moitié da monde , n^iiiis encore servir au gré de tous i offcnce l^nn et l'autre, et ne se couche sans querelle ou ennemis nouveaux , souvcul blasmé de son gênerai inconsidéré. Le pis est que hi peine ,
■on labeur nv^suntjijuûiis oy estimé^ ; au goii-
fraire envié, accu«é de Touk^ (Qfi d'être ambitieux, rébarbatif , est sfm çonyié de laisse^ fvre aux a^tre^ :
^p^on (vice plus commua) fj^ { p,f\^ie^ qtt'ils %oieat {uen cet «s qiiet ils ne sçavent commencement, n; fif. Je ne conseille à mes a^iû, aani «içpàience , promptitude , valeur , aa^ tûçii^ et açiitîé de son gênerai , d'ef dre ce&te charge , el excuse ceux qui l'impatience et colère qu'ils font pi ijvant le gênerai U caval^ie, arii^L^ gages et tous l/es ennemis sur lea b/pa, bfsÙTQ ; et purmy tous ces em^^ ignorans voudroient que l'oD parlait femmes ou puçellcs.
Les Turcs', ]fis Suisses cKit de l'ac pour esire sans, bagages; les pçiji|^ sances , exemptes de cest emJjfUraa , i aux ^nndfA : pour cinquante mil bop combat chrestièns,, il est nécessaire pour d^ux cens mil bouches de n> qui les rend, inférieur:» aux Turcs.
Les. révoltes de France sont ptut renses d'hyver que d'esté ; ta force est en la noblesse qui ne patii; »]x Les soldats des villes les suivenf, temps ; I4 froid., les incommodités le rent; c^ qnî rend forts les plus tfi que, n'ayansplus deseurté en leurs,i ils sont contraincts d'endurer la i^ l'hyver en campagne. De plus, les ont teqqs de s'cstablir et fortiSa* na surprises, d'autant que les sièges nç commodément l'hyver.
Tard en querelle , tost en sortir est 1 roSençé ne sçait quand ny commeolï géra : il ne vit plus; pareillement l'f languist en garde. 11 ne faut prendn en lieux de respect , ou les finir aa lieu ; les ennemis indîscreu conun tous dangers doivent estre postposés ji de l'iionaeur. Le blasme d'iurespect 1 dre^ qucceluy de l'outrage reccu; ai esire blasmé d'imprudence que de nerie, opinion que j'ay pi-actiquéà s Je donnay on souflet à Sainct Jean i gommery en la chambre du ray, qi^ m^list; les cspées à la main ooutfi 1^8 et prisotuùers , ne pouvuts est
RÈGNE DE CHARLES IK
istfis ïaaM. La laveur de mon père nous n loas deux , 9frè& avoir demandé pari^ivf, qui abolit TofEonce. Montgom- M 'tueréssé en coBacienee » me voulant p[|er« Italie , est appelle par la iMirt , t^oenpte de ceste conrvée. Les roys , [flMtiînes qui prenenl sur eux Toffence ^«a leur présence ou en leur logis , ne ^^gjeni prendre les souflets ny les coups luUfD receus ; leurs paroles ne servent ^yjApiionqg'anx descouragés , et ne pur- ^coosciences et ressentimens d'hommes k|esr. Je looerois qu'ayant esté offencé |ide respect , et forcé par le prince à |ii,qae, lors qu'il voudroit foire emm les qœreleux , Toffencé , en la prepà cbêf , rendist par voye d*effiBCt ce PQ ememy luy auroit preste , assisté de dpes amis qui empescheroient la colère toprince, et ^funés offirir le cond)at ; ce $sBÙk juste , mesmement ayant esté surlëofeocé sans sujet.
t ireanimoyeud'apointer deux seigneurs t f oa avoit reœn des coups de baaton , il fat moo conseil fut satisfait , d'autant liduy qui les avoit donné se vint seul P« es la puissance de Voffencé pour en 0É mutante sa discrétion, lequel offencé IfploDna estant aocompagné de ses amis.
é certaift que toutes satis^ctions qui se MfBrleeomMBdemettt ou en présence Si9fs;priDoes,;ou mareschaux de France, il <k pea* tfeffect , parce qu'il semble ^4k&Mhi\es par ^e commandement et tmA te saperieors.
I 11 leteiMt hasarder le tout pour partie ; iRbueig^^er portion de ses troupes; et Biemlkev lu engage avec impossibilité de •lecoanT) il vaut mieux se retirer que perukr^ii la perte est évidente , il ne Hjoser sa réputation. C'est le proverbe , Auot mieox se retirer de la rive que du tA'Les elects importans au salut gênerai, tkf les doit vov et faire, on un second fuesne qa'il doit visiter d'heure à autre , ^M seogager mal à propos ; et si un pre- I^RneDi et téméraire s'est voulu perdre , festpashisonnable de se perdre pour luy. Llofanterie qui n'avoit combattu , enfer- It dans Goigaac , sQuatint les victorieux.
Cependant les huguenots rassemblés se retirent vers la mer à Tonue^harante , se iparenC d'une rivière , espérant de s'aller joindre aux vicomtes , qui amenoient quatre mil Gascons ; renforcés de la royne de Navarre , 'repren* nènt courage. M, d'Anjou quitte Coignac , repasse à Jarnac la rivière , sous espérance d'intelligence fautive à Angoulesme : adverty que les huguenots tiroient devers les vicomtes à la Garonne , repasse audict Jarnac : là est sceu qu'ils changeoient de dessein , et n'ai* loient vers les vicomtes, auxquels ils envoyèrent Montgommery, chargé de rafraischir Angoulesme en repassant. Monsieur débande ; M. de Martigues après luy , qui défait quatre cornettes, pour empescher de joindre les forces des Gascons avec l'admirai. Monsieur prit des petites places , Mucidan où le comte de Brissac fut tué , voulant luy-mesme^ ré^ cognoistre^ et après avoir pris Aubeterre et Bergerac, petites villes qu'ils attaquoient pour ne pouvoir rien faire aux grandes , faute d'artillerie mandée de Paris*, pour ne demeurer inutile , ne pouvant contraibdre l'admirai de combattre qui avoit les passages des ri*^ vieres libres.
En ce temps le sieur d'Andelot mourut à Xaintes : les [vicomtes , sçachans Monsieur sur le passage, résolvent de retourner eu Gascongne , dont ils n'avoient envie de sortir pour le gain qu'ils y faisoient. Pendant la bataille de Jarnac , les catholiques de Bretaigné avoient repris Tiffanges et couru tout le bas Poictou ; l'admirai y envoyé des forces , y levé deniers , et prend des places que les ca<^ tholiques lui âvoient ostées ; il attaque Bour^ sans effect. L^admiral r'asseuré, renforcé, branle pour aller prendre les vicomtes eu Auvergne , passer la rivière de Loire à Rouanne et aller joindre le duc des Deux Ponts qui amenoit leurs reistres. Monsieur , adverty » gagne le logis de Yille-bôis , coupe chemin & l'admirai, fait mine d'aller prendre douze canons à Tours, venus de Paris pour attaquer les bonnes places ; et ne pouvant faire les deux, envoyé sçavoir lequel plairoit à la royne , od d'essayer d'empescher le passage à l'admirai^ ou que l'on attaquast les places. Sa Majesté estoitd'advisqueTon ne s'amusast aux^vUles i etjempeschast l'admirai d^aller^au
devant des reistres , qu'elle avoit oiis bon ordre pour garder le duc des Deux Ponts de passer.
> Monsieur , à cet effect , fortifie le comte de Ludes de troupes , et le jetta entre Poictiers et radffliral ; cependant luy , à douze lieues de Poictiers vers Paris , prenoit radvantage sur le passage. L*admiral, considérant que par son absence toutes les villes demeureroient en danger, résout valloir mieux hasarder Tarmée allemande que sa conqueste : il avoit tasté de Tincommodité des reistres devant Chartres; ceux-cy avoient esté persuadés se lever dès la fuitte de Noyers. Les huguenots ne cessèrent d'espouyanter les luthériens estrangers , leur faisant croire que Ton vouloit exterminer ceux que Ton disoit hèretiques par ligue faicte avec le pape et le roy d'Espagne. Les massacres de France , sceus en Allemagne et en Angleterre , fortifient leurs ad vis ) monstrent Tentreprise faillie à Noyers « les edicts de defence à ce qu'il n'y eust plus qu'une religion. Gela esmeut la royne d'An* gleterre d'entrer en ligue avec les luthériens , ennemis jurés du pape et des Espagnols , et dont la paix estoit sa guerre , la division de ses voisins son repos ; raison pour laquelle elle les entretenoit en trouble. L'argent de la royne d'Angleterre , la stérilité d*bommes en Allemagne , l'heresie , le prince d'Orange , et comte Ludovic chassé^dé Flandres , et Voilerade de Mansfeld , sont les sources de ceste kvée de reistres.
: La royne , sans peur du cardinal de Lorraine pour sa prestrise , jeunesse de ses nepveux f et ignorance de M. d'Aumalle , imprudemment, comme Ciceron, renaist Jule en Auguste, favorisant le jeune seigneur de Guise : ceux de Bourbon et de Chastiilon estoient ennemis déclarés , ceux de Montmo* rency en soupçon. Le cardinal de Lorraine se glisse en auctorilé plus que la royne ne l'eust désiré, continue de vouloir mettre ses nepveux en la charge {de M. d'Anjou , ne Tose blasmer directement , seulement calomnie ses gouverneurs et ses actions : propose de les retirer à la cour , et d'appeler le duc d'Albe, et luy donner ses nepveux de Guise sous luy, pour commander en France. Le sieur de Tavannes pénètre ses desseins^ oppose la ba-
taille de Jamac; l'heureux commanden de Monsieur , qu'il maintient en reputaii s'ayde de l'amitié maternelle et mAYm de la royne ; le cardinal frustré , foitreson à Leurs Majestés le voyage de Metz , r s'esloigner des conseillers de H. d'ADjon royne séparée , ils la contraignent de dos le commandement à M. d'Aumalle mlm de l'armée contre les reistres. Sa Majesté i peut résister ; toute sa finesse oâde U dresser une seconde armée à M. àt^^^^ sa créature , et les joindre , espérant qœ^ la contrariété ils ne feroient rien qui ni ce qui advint. Le roy à Joinville , arrive I gneroUes, envoyé de M. d'Anjou parlée seil du sieur de Ta vannes; requiert luy c permis de laisser les * gouverneurs dèsp vinces en teste de l'admirai eu Poiciod, qu'il luy fust accordé d'amener quinze i chevaux sans bagage , joindre les arméei M. d'Aumalle et de Nemours, qu'il donas la bataille au duc des Deux Pouls à soo v vée ; la royne y consentoit.
Le cardinal, ayant empiété plus dancii qu'il ne^^se desiroit, s'offence, inenK^f rompt ce dessein très-salutaire, et ce p maintenir son frère en charge; comme t> luy fust esté honte d'obéir à un filsdennr Le sieur de Ta vannes (sans pasaoo, sept vaut mieux pour Testât ) conseille dqx Poictou M. d'Aumalle enBoargoogie; loy « crit qu'il y avoit audict paîsuwpbmec vingt-cinq lieues de long , et de quatre d large , bordée de la Saosne etdesooDbgne^ où il feloit que les reistres passasses, {m plaine , barrée en deux parts de la Tbille i de rOuche près de Trichasteau et de Nay; donnoit lieu commode de combattre h m très , ou les empescher de passer. M.dAi malle (la royne estant retournée deVffii Paris) marche aux montagnes de Sawt pour empescher le passage du duc desBei Ponts, imprudemment donne couleur a bruslemcns en France , par ceux qui i Jlli ment aux frontières d'Allema{|[ne;lesrasnt semocquent, prennent le chemin deMoodie liard et du comté de Bonrgon{pie. MM. du malle et de Nemours retournent hastiveroci se trouvent au front du duc des Deux PobM qui passe à leur veue, f aillent une dwiai
vu
RÈGNE DE CHARLES IX
i;asi0Ds de combatire , laissent prendre
I et La Charité. Ces chefs discordans , se- |2 prévoyance de la royne , renversent les lols ron de .Fautre , s'excusent 'que la ^atoic défendu te combat : prudent ar- {e de Sa Majesté , qui craint que la vicie ji'aalce M. d'Aumalle et la maison de jse oa que leur perte n'haussast par trop liagBe&ots; tant faut-il tenir la balance tcte à ceux qui donnent le commandement atonnes suspects.
^ sages ne ruynent leur armée par im« ^ ; ne s'amusent aux places , eslte enoemi fort en campagne ; il faut mgff le gros au gros , chercher la fin |k{iierre : c'est repos d'estre front à
II de ses ennemis , et seurté quand ils \i mal adviscs ,que d'entreprendre des
hsieors royaumes et armées sont gouafe par de simples conseillers et capital- ^f honneur desquels est préférable à cèdes roys et généraux, puisque c'est d'eux ifTocedent les belles actions; c'est leur •• tort de les celer> pour donner la gloire mqoineront mérité.
Isedicts, les commandemens contraires M confusion ; approuver et impreuver »xtiûDsen mesme temps sans nouveaux MneDS, donne soupçon d'imprudence, ou frkgereté, et mauvaise foy. Les estrangers niîeni esté asseurés» . des ambassadeurs de noce qoe le roy estoit en guerre d'estat , ifoor conserver sa couronne seulement :
busûssut par edict la religion huguenotte de soQ morne , se voit qu'il y va de Tinterest (ficelle, ce que les estrangers protestons DeTOttlm souflrir, cela hasia leurs leftifstleràstres.
Us reistres sont mesprisés des François , uiàpeîDeàmain armée passeroient le Davk et Rhein , et n'iroient jusques à Vienne, oo pins loing pour eux que La Rochelle est Jtfjesreistres; le roy Henry II donnant «Durs à rAllemagne , s'arresta sur le Rhein. EsmenreillaUe soudaineté du changement Hempset d'expérience des capitaines : le K d'Aumalle vingt fois par le milieu des «très a?ec douze mil hommes ne les ose HiUtre , ni lever aucun logis : son nepveu,
M. de Guise, vingt et cinq ans après, avec quinze cens hommes , ruyne six mil reistres et six mil lansquenets i Yimori et Anneau » leur levant deux logis nuictamment.
Geste armée de six mil reistres , et d'autant de lansquenets , et deux mil François , non-* obstant le duc des Deux Ponts empoisonné par les vins de présent d'un médecin d*Ava« Ion , ne laisse de passer n'y ayant ftute de chefs. £t après avoir pris La Charité par Ift négligence de M. de Nemours , qui n'y avoit envoyé personne , marchent au rendez-vous que Tadmiral leur avoit donné , pour se joindae à luy en Limousin, Monsieur, se met en* tre deux , espérant de battre l'une des armées séparément , faisorisé d'une rivière au Blanc, se joint proche Preuly à M. d'Aumalle. Les reistres huguenots à grande traicte traversent le Limousin , lentement costoyés des deux armées de Monsieur et de M. d'Aumalle y nécessités de vivres , chargés de charroy : enfin furent approchés à la Souterrane, ojk Monsieur propose la bataille à ses reistres , qui estoient en nombre de qualre mil ; ils s'excusent sur la faute de vivres. Monsieur ne laisse de suivre ses ennemis jusques au petit Limoges , où ses reistres firent les mesmes refus de combattre.
Le comte de Mansfeld , chef de l'armée en la place du duc des Deux Ponts, passe la rivière de Vienne , joint l'admirai. La royne , poussée du cardinal de Lorraine j qui blasmoit les actions de M. d'Anjou , et plus de son conseil , vint à l'armée pour s'esclaircir de la faute de n'avoir combattu avant que les ennemis fussent joincts. Sa Majesté veut aller à la guerre avec le sieur de Tavannes , les armées à une lieue l'une de l'autre , quasi égales en forces, trouve une escarmouche attachée, un ruisseau entre deux gayable. Les huguenots feignent de s'enfuyr, le cardinal de Lorraine crie que l'on poursuive vivement , que tout s'en alloit en vauderoute ; le sieur de Tavannes le défend , et faict tout retirer sur une coline. Soudain paroissent six mil chevaux couverts d'une montagne; la royne les vit la première , dit à M. le cardinal que si on l'eust creu tout estoit perdu. Le sieur de Tavannes réplique qu'il est impossible d'estrelbon prestre et bon gen-
HËMOUHBS DE GASPARD DE SAULX
'^qB'àdncn a(» nescier n'esc pas Irop , qjtkk 96 doutok biea d'un garde divrîere. La imyûe retirée ^ les aroiéeft égales en ibrce , celle de Monsieur (nonbostast la faotè de wrres) passe la rivière .ponr combattre les ennemie; EUe se debandoit jenmeUement, eomme si Tannée de M. d'Anmalle eosi ap^ porléceste contagion parmy eelfe de H. d'Anjou, en [nécessite de viyres, contrainct de marcher sur les bmslemens des huguenots- ^ qui se logèrent k Sainct Yrier advantageuse^ ment.
, Monsieur Tint à La EocheUe-la-Belle , dislant d'une lieue dfeux, assieue pareillement forte, ayant une marée , un marest en teste, tt y avait une beUe assiette plus proche en- Ire les deux armées : le sieur de Tavannes est d?advis de la proidre , et de s*y placer à la pointe du jour , pour les desloger en desordre et les contraindre au combat , ce qui n'est- exécuté par envie et contrariété des capitaines. Le sieur de Tavannes , général et mareschal de camp , fait la pluspart des eslats de Tannée , et avoit fait ce logis bordant un ruisseau de Tinfanterie , la place de bataille tout proche et derrière eox« L'admirai, qui avoit recogneu Tadvantage de ceste assiette entre les deux armées , s'en saisit dès la pointe du jour, commence une escarmouche y attaque trois cens arquebusiers catholiques qui estoient en garde de son costé , audelà du ruisseau. Bitrossc, colonel, au lieu de tenir ferme , et retirer ces trois cens arquebusiers, et combattre , favorisé du ruisseau devant la place de bataille , ainsi qu'il loy avoit esté commandé par le sieur de Tavannes , s'advance avec quinze cens arquebusiers hors de son ordre , poursuit les ennemis qui feignent de se retirer. MM. de Guise et de Martigues firent la plus grande faute , sans commandement passent le ruisseau avec deux cens chevaux, la pluspart volontaires , donnent chaleur à tonte Tinfointerie, qu'il n'y eut plus moyen de retenir , et poursuivent plus de quinze cens pas par delà le ruisseau les ennemis. Quatre mil chevaux paroissent, leur tombent dessus suivis de toute Tarmée hiifriienottc , viennent à la charge; aussitost M. de Guise avec doux cens chevaux tourne, abandonne l'infanterie qui
se jette dans des palmades , lesqoéllp» eNkt aussi soudain rompues par h cafâlerie hufii^ notte, l'infanterie se met ett rentiB, prendre k colonel Birosse , et tmt capitaines , auxquels cinq cens de lemrs iin date tiemient compagnie i In murt , itt f% eut plusieurs pris. ' 'i
Incontinent le sieur de Tavannes de ce desordre dict : • Je iisom hnsm » que ces jeunes gens gasteroient toéH court à h place de bataille , r*assenr6; tout en ordre , borde le ruisseau que si les huguenots reussent |MMi^ avoit apparence qu'ils eussent eu b*.
toire entière. Us en furent empes^éd neur de Tavannes ; eux tournent pMr | à un village où estoient logés tes Raltinfi faisoient un bout du camp , par de' Oâ voient entrer dans l'armée. Le sieur âk vannes y arrive premier qu'eux , trevm] Italiens embarrassés , leur infanterie eC lerie , ne se pouvant secourir Vutte Vt vouloient opiniastrer l'honneur du HàfjjtÉ} remonstre à M. le comte de Sainct Vkit. leur commandoit , et fait quitter le qui^^estoit les deux tiers delà le ramené en la place de bataille , qofA- mêtm tel ordre que les'ennemis n'osent passer, W sont contraincts de se retirer.
^ En ces allées et venues le sieur dé TwÊÊÊ nés trouve M. de Guise cause du desSvM^ luy dit : « Monsieur, avant qu'entre| » il fout penser ; il vous f nst esté plus » de vous perdre et mourir que faire M^^Aî » vous] avez faict. » Depuis , M. d*AijMlM dit qu'il avoit bien lavé la teste à' IMb' Al Guise et de Martigues. Le sieur de TavaniSI respond : « Ce n'est pas tout , il faut les-dHl' » ser de l'armée » , et qu'il auroit plus dlW neur d'avoir peu de gens obéissans qiAH grand nombre de desreglés. Le sieur de-lk» vannes leur est contraire ; il les cognoist^ sirer de l'honneur et des charges aux d^spM de Monsieur et de son armée : assemblélFii conseil , discourans de ce qui s'estoit piSl^i le roole des morts est apporté ^ le sieur dt Tavannes le deschire , disant : « Il ftetpiP* » 1er de combat, non de deuil.» L'armée 0^ toit logée à La Roche-la-Belle , tres-advaMh geusement;;, et ne se peut blasmer le leg^j
RÈëNÈ DE CHARLES ÎX.
il bien b eavàlëfie , qtii mena riàfanterie f^t, pois la laissa et s'enfiilt.
[I t en a qni ne (reçoivent ny ne àulvctit ^ s'ils n'en sont inventeurs , et le rejetai psriniaihté , et quelquefois par opinion Impfftîse de celuy qui lé^ propose , et ée nydroment , d'autant qàe les msA-lisflbites not parfois donner de bons advitf. Cest pit, s'ils sont tels , de leâ cognoistre , [rceptcr, ou rejetter; celuy qtd pense teodicnt doit faire faire ses prof^ositiotis
tnirny, les pierres fines se jugent fatTsd mains des pauvres , tant Fopinion se ^lloder par le mauvais object.
|tvper(fre nne armée, une entreposé , Le place , il faut donner le commaAiflfefll^ à deux ; f'honneur et PambTtiôn ne
■rtn
igcnt entre les fireres ; infinis ayment Îk se perdre que de procurer Phonneur lgr concmrant. Nul n'hasarde volontiers ik entière pour donner h: moitié de la ^ à son associé ; peu estiment la reputaiqni est mypartie , et dont on n^a que la tt, et n'ont soin du malheur , ne pensent n responsables , n^estant que par moitié , i^hargent des hontes , don^mages et as sur leur compagnon. Si oft Teust creu, «l'enst laissé faire, s*il n*eust esté em- (SJà , s'il eost esté setd chef, tout fust bien R Gouverneur [de If ormandie en Fan mil ■I cens quatre vingts dix , |pour obvier à JBtoQStasce du peuple de Rouen , je me «è cuistre du fort Saincte Catherine. Ne mvttlbomme des miens assez suffisant, je jetehpnidence d'un à la valeur d'un autre, pose des deux hommes en composer lia puftict; trois jours après l'un tué l'autre es M ; M ennemis proche , je pcrdois fbce^bomviT et vie^ si je n'eusse esté le Ipfflier adverly. Ces mots : « Vous vous ei^leodrez bien, vous saurez vous accommoder ensemble » , sont inutiles où il y va de teneur , le particulier préfère son interest oelny du gênerai.
k»s lettres , conseils , armes , vivres , che- «R venans d'ennemis , sont suspects; points et trahisons peuvent estre mis par tout ^ • après avoir esté ti'ahy des habitans, auxwls je me fiois , et avoir perdu mon gou- (r&ement, j'assiège leur ville avec le sieur
de Rosnë , les puits et fontaines' sont empoH sonnés (l'iceux, nui rendent là moitié dên troupes malades. Iiscnvoyent un pestiféré me présenter une lettre trempée en sa peste coi^lante ; je devine , dits au sieur de Rosiîe en rïanl : « Frère , prend la , c'est la peste » ; il fut chassé à coups de pierre. Je ine vengeay ^' — encores que je ne rentrasse au gouver-
eux
nement , parce que je fus cause de leur reprise , et les livray entre les mains de M. cle Cuise leur ennemi , qui préposa son proâtw i la vengeanfce des traîstres qui m'avoient traby pour lui avoir fait service.
Les historiens, coroparans les vertus anciennes aux modernes « ne trouvent rien de semblable. Voilà M. d'Anjou premier joint à Tarmée de M. d'ÂumalIe ; deux autres campis( ennemis s^asscmblent en sa présence \ perd Foccasion de combattre. Nous en fismes autant quand HÏ. de Longueville amena le secours du roy Henry IV, que nous avions assiégé k Diëpe : nous nous trouvasmes entre les deux armées et ne combatismes ny l'une ny l'autre, soit par manquement de bon conseil ou de resolution , veu que nous estions plus forts que toutes lesdictes deux armées. Scipîon » entre les camps de Syphax et d*Annibal,. en un jour et une nuict les vainquit tous deu;( séparément. A ces anciens la discipline', la punition de mort, la récompense des beaui^ actes , le peu de bagage', rendoient les sol* dats obéissans et expeditifs. Si les auxiliaires eussent refusé à Scipion de combattre, comme firent les reistres à M. d'Anjou , il les eust taillé en pièces : il vaut mieux avoir pcsu dq gens et les pouvoir chastier, que quantité do desobéissans. v-^->^ f^^aa;- -^
Lés ruisseaux et chemins creux empjeschent les batailles; nul ne les passe en désordre sur peine d'estre chargé en flanc , oa, à moi^ tié passé , avant que ^d'estre en ordre d6 combat.
La prudence, prévoyance et valeur ne man«quoyent aux capitaines anciens qui condui-* soient leurs ennemis au période de leur ruyne ;* et quand ils perdoient l'occasion de les vain-» cre du tout par malheurs secrets, et advenoit qu'ils se perdissent après eux mesmes, ils di'* soient avoir quelques dieux contraires. Les* chrestiens l'attribuent à leurs démérites » ou
sao
mérites de leurs ennemis ; les sages infortunés ne doivent estre mesprisés , non plus que les braves combatans en duel , qui sont tués |>ar le défaut des armes et de rescrime. Ce qui fait recognoistre la supériorité du ciel , parce que les prudens , prevoyans et expérimentés , sont souvent vaincus par les ignorans, imprudens et fbiUes, quoy qu'As soient plus forts y vaillans, et en meilleur ordre qu*iceux.
t Les armées mal logées , sans vivres , rhuguenote se recule de cinq lieues , s*aproche de Nyort, assiégé et quitté du comte de Ludes à leur arrivée. Eux , en se rafraischissant , désirent nettoyer leur conquestede 'Poictou ; par ambition , mauvaise intelligence des sieurs d' Amville , Montluc et Terrides , qui avoient assiégé Navarrin, leurs desseins ne prospèrent point. La maladie de M. d'Anjou nerempcsche de suivre les huguenots, envoyé des forces au comte de Ludes, pour garder les villes de son gouvernement que les huguenots tcnoient toutes en jalousie. Iceux, tournant teste de plusieurs costcs, prenent Luzignan , ensemble les pièces du siège de Nyort que le comte de Ludes y avoit retirées : sur ces occurrences, le sieur de Tavannes obeytau commandement de la royne , et luy mande son advis par la lettre souscripte: « Madame , mon homme qui est par delà m'a escrltque luy aviez commande que je vous mandasse mon opinion sur les affaires qui se présentent, ce qui cstoit à faire si les ennemis tiroient du costé d'Orléans, comme Ton presumoit , et qu'ils en avoicnt pris le chemin, aussi ce qu'il me semble de leurs desseins. C'est chose assez difficile , et que vous , madame, pouvez conjecturer mieux que personne. Quant à ma part, je tiens que l'un des principaux desseins qu'ils ayent et qu'ils doivent avoir , est en premier lieu pour cest esté, de bien borner et asseurer leur conqueste : car cela sera occasion d'entretenir les estrangers , qui cognoistront qu'ils ont un pied dans le meilleur endroict du royaume, et principalement les Anglois qui se tiendront tant que ceste conqueste durera en verdeur et espérance , et se pourront faire vosdicts ennemis, par leur moyen, si forts par la mer, qu'ils liendronten jalousie toutes vos coslcs d'icelle ;
et s'ils gagnent l'byver ( comme je vo^ s'y en vont , qui n'y remédiera ) , il se aisé, encores que l'on leur aye donné taille , comme nous ferons , eslans rei de gens-d'armes , et avec l'ayde de Di( pendre la campagne , de reprendre les qu'il n'y ait une merveilleuse longuei vous voyez comme les moindres bicoq défendent. £t faudra à la fin venir, coi vous mandois il y a plus de six mois , à i le paîs deleurdicte conqueste en fricb que fut le Boulonnois, qui est ( à mon le but où il faut tendre , encores qu'il s( long , et qui neantmoins ne se peut ( bien exécuter , si le roy d'Espagne ne n armée aux champs , pour arrester les qui peuvent venir de l'Allemagne , et q tendent sinon que ceux icy soyent e pour les rafraischir. Car Vostre Majes que c'est que d'avoir toute la Germanie vous, et plus fort irritée à cause des al qui vous seront plus de réputation < pence qu'utiles , si Sadicte Majesté C que ne s'y veut employer autrement-, c; sçavez les forces et le crédit de Temp » D'autre part , ayant les Anglois pc nemis , et un grand nombre de vostr pie pris pied en un des coings de royaume , et qui tiennent partie de vos avec si estroicle intelligence dehors, impossible que seul vous puissiez r< Vous pouvez quant et quant cognoi volonté de vos autres subjects las et h d'autrepart, et sçavez le fond de vos fii Je dits dpncques que , par nécessité , d'Espagne, tant que ces guerres du doit avoir une bonne et forte armée ei pagne du costé de l'Allemagne , Vos M une autre ; que le pape et les potentats lie doivent fournir ( sans s'amuser à e des hommes) une bonne somme de d( qui sera départie également aux deux a et que ceste guerre doit estre continué( intermission aucune, tant et si longi que l'on en voye le bout, en attachant, < je vous dis dernièrement , ces deux cou si estroictement ensemble, que l'une ne tomber qu'elle ne mené l'autre après î considérer que la dissimulation de l'un la ruyne de l'autre.
RÈGNE DE CHARLES IX
SMI
i Le pis qoejy vois c^est à vous à courre ; is c'est si fort» que tous en estes jà en la ^ Ittleiae. Par ainsi rendez ces deux coulaes noies , comme dit est , en le cognoisgpareiêct et non de paroles, ou prenez y{v; or j'aimerois mieux la ruyne de mon jgietde mon frère que la mienne. Je ne ^m qu'il foille faire la paix , car elle est Mffeiise ; mais il se faut garder d*aToir pis, lescuserez si je parle à vous librement, tfiej'ayaccoustumé. Ettoutesfois, par maie cfadTertissement , si Ton vous joue à la pe compagnie, cognôissez Testât auquel Kttfes : Tostre année est si defeicte de ttjfinnes, que malaisément les r assemyproQs de quelque temps. Si c*eust esté if, [eusse donné le saufconduit à Tesys d'aller parler à vous , à la charge d'une tK ce pendant ^ durant laquelle il ne se ttrien fortifier. Il est vray que cela peut (Tter mescontentement à vos alliés , tant «se de la despence qu'ils font, que la peur Kpaix, mais si faut-il qu'ils considèrent I y a six ou sept ans que vous estes en ^ce y et vos gens depuis deux ans sans ie en campagne , la noblesse ( qui est le force) bruslée et destrùicte en leurs feûos, qu'ils ne peuvent moins qu'avoir un Awsiisepmaiaes pour revenir, lequel qnTOtts est nécessaire pour les laisser res- V. Et comme les capitaines de vosdicts alsqaisont icy en seront juges, lesquels « idqae bien payés qu'ils soyent, sont diiioés de leurs forces de la moitié , vous «inez gagner ces six sepmaines , sous omiredeicÂloir parler de la paix ; mais que ^îlasoiiittgûcié secrettement. D'autre part, m îùÂ leur droict en la Germanie de esn/oser, car ils font accroire qu'ils s'hu- Hmt.etip'jis ne demandent que la seule iffon, avec toute obéissance et subjection. mi bien n'avez vous pas moyen, durant le êd temps , de les garder de tenir la cameDe,etYOus porter dommage. Cecy n'est 'un pourparler que Yostre Majesté sçaura t m bon sens rejetter, selon le jugement ■et entier qu'elle a , comme aussi un advis M un mien amy , bon serviteur du roy , m'a rié ces jours passés : qui est que Vostre ijesté, comme régente esleuc par les estais.
missiez en avaint , durant la 6usdicte trefve , de la faire assembler , chose que lesdicts ennemis ne pourroyent refuser , et adviser de mettre une tranquillité en ce royaume , et les assembler en grand nombre , comme de chaque cour de parlement six ou hnict , et à Té* quipolent des gens de l'église , noblesse et villes en grande quantité , sans toucher en rien les affaires du royaume et gouvernement diceluy , qui vous apartient, et ne mettre en avant sinon ce qui concerne le faict de ses snbjects desobéissans.
» Vous les mettriez en tort , ou ils passeroient par ce qui seroit dit : et, en cas de désobéissance , sera ordonné le remède d'y pour^* voir, dont il seroit délibéré sur le champ, principalement où se prendroit la despence , et ce , à fin d'éviter la crierie des imposts que Vos Majestés sont contrainctes de mettre sur le peuple. Cependant si rien ne se pacifie , vostre armée et gens-d'armes seront rafraischis, vous aurez un petit de despence d'avantage des estrangers : mais un mois luy fait plus de mal qu'à vous deux. Et pour vous dire. Madame , ce qui m'a fait plus advancer de tenir ce propos , est l'imprudence de l'ambassadeur d'Espagne , que j'ay veu par les lettres que vous avez escrites à Monsieur, qui desja veut commencer à parler enmaistre, nous estimant comme abandonnés des médecins : ou bien il veut préparer pour faire venir le duc d'Albe en France , pour commander ou servir de, pédagogue à Monsieur, et lequel n'y viendra qu'avec une bonne grosse armée , avec une partie de ce qui se trouvera icy à sa dévotion pour faire la loy ; de soite que cette couronne se treuveroit la gauffre entre deux fers: je vous laisse penser où cela va.
» Si vous trouvez quelque apparence en ce que dessus , et il vous plaist d'en ouvrir le propos à quelques-uns de vos fidelles serviteurs qui soyent sans passion, qui n'ayment que le roy et le public , vous le pourrez faire , en m'excusant , s'il vous plaist , si je me suis trop émancipé. Au demeurant, Madame, voicy le mieux que se peut : nous allons gagner le costé de la rivière de Loire , pour couvrir Orléans et Paris ; mais si vous ne nous faictes avoir des gens-d'armes , il est impossible que nous puissions rien faire qui vaille : dès l'heure que *
MÉMOIRES DB GASPARD DB «àULX. (im
no» aeroM farlft^ BOHiitoustindroMsi prte deg enteaki qa'sYee Fayde de Blea sodsiflM* droos à h bttaiUe.
» Maifrâ ces beanx g«Ét-4'anne» Tethm joMr des tevrs qa'Ss oil fut par detx ô« trois fois em œsie anaée, i|«i mt <|ee dèt rhewe 4ii*oa aM^roehe de Fearieoitde e'ee dler nés dire*«dien , umjaë pe«l dier é h fat cfÊb sens deasee deeaen. Nom m soÉMnet à cette keive 8i fort dioMmés , qae jeeè teos Voseescrire; jnsqwsàceqHeHdaeeiiaeytffll renforcés, nous serons centnhMflid'iVervelS^ m», es deoger de ae foire feerés ; ei (p'ûê ne prennent qneiqns YÎHes, et fofutiiereo tiwteafoti IMI ee qtlik mmt aeni poedUk. Oa m a dU <|ae wae ùàyof€t foire eacUm «ne kiYée dé Sriisees;, el je ne wfaj à quelle eceatîeB ; oàr les erenes de eaix*ey tenues^ il y ea aara eutani qœ de eem mil, et d*a!i^ très gens de obetal cm de pied que les no^ très, il n*y en a point de meillears, nr de ai bras, BMM qn*ib seiem hiett payés et ils lien^ droni eonp; il fondra (saof aoietllear adris) foire servir la gendarmerie par qnartier, et payer eeia qui se trenveront presens tOM les mois, afin de leur foire teanr pied , et lès gens de pied les payer tons les jours. G'ett à foire à quelque petks despenee d^adv^atage peur les conmissaires V qui ne aer» pas perdue : la police se pourra régler de oeste foçon , autrement sans argent il ne s'y foui pas attendre.»
Regret ne cesse an cardinal de Lorraine de voir le commandement hors diès nKiins de ses nepveux ; il les aiMme , les esmeut , les excite , envoyé à M. de Gikise commandement dtti<oy Charles ser les chevauï-legers , preparaàt obstacle de sotf nepi^n à Mttli^ sieur, fovorisé de soupçon secret qiiMl' donnoit k Sa Ittjesié. H. de Gniëe veut aller joumelleiÉienC' à b' guerre^ se plihit eatfe empescbé en sa* charge de colbnel : après plusieurs refusées, une luy est permise; il se trouve engagé , ne pettt se retirer à l-aTmée , est forcé de se jetter dans Poictièrs ; il foit de nécessité vertu; dit s'y estre mis pour le siège. Le sieur de Tavannes blasme cést acte avenu sans commandement ; dit que sa personne forcit attaquer Poictièrs. L*admiral Tas-
lifcgiieijots de -Ptiictlefs , It lé Uiët M iéft %■[
cesaité, qn^auefniè des àéi^erirs 2ntiegéié{l nent de se rendre. L'arniéè de ]!iitMlfe# , 8 feiblie dd depari de tt. de Ghirti ëi diSI iadies, ae refniicUisoh. Le alèèr dé ^ en etfleré de la foulé dé if. de Gàiiië , ft I dinaldebirraiiie,toyàMlefNM^ildbMI ' veux , remplit ht cour de foent uafcB y^ thme Maamer le comaeil dé M. 901^ sfour dé Tavannes luy reapoM pair II coârs suivatit , escrit k BéàriIKtt lè Jeair d*aoual 4540:
« Peur auianc que plusieim , tMi appifenee de raison, n^alyâiic enfoifflf ehoesa qui sMt ftaaaées ed raruNfo do aienr dèipids Parri^ée dir ddc àbsVëbi eH^Fradce , éC qtfe ceui quî IFciat pmlÊ au* camp, qefi ne le sça^^t pstt, MpêéS aie le veulent enteUdre , neanttéMis' H f lent, treuvent estrange, s'èâNiUsaefilt;^ plittiettrs interTogats ser totil ce qiti despuis la bà^le denfieM dbtiniee pitk nac;
» Premier^ent , sur ce qA*ils diieft voir esté suivie la victoire , et aufirèri^ sieurs poin)cts^ dont ils seiMUènt votafo&r Monsieur , et ceux qui se sont nNMé^ conseil , despuis la susdictë batsflle à Tarrivée dudict doc des Deux PÂMF, j qu*après avoir esté joincts avec PâMhMHJ M. dTAumalle, incontinent les enneniiénHff|)9 esté combattus et vaincus; pour les réfeMM la peine oili ils sont , ils pourront icy tfWN la vérité , ooihme le tout est passé jùfiM|dtt#0 jourd'huy.
» Quaht à n*avoir esté suivie la vicfbiitftM Jamac, les ennemis furent courus httkM! DM le joiv âû combat: Et quant à ce (pfA H mandent pourqûoy Tannée s'arre^ alil Jarnac , qii*elle y sejonmii le lendbinatf , i après alla à Coignac , Ton vint foh^ rappdd Hbnsienr , qui suivoit la victoire , que leh jM de pied et partie des gens de cheVâl dé^ é nemis s^estbient sauvés andict Jamafe ; \éJH soudain envoya commander rartiUerié , éri cores qu'il n*y eust point dé pièces* de iÂâ rie , dé s'acheminer droit li en diligence'M les forcer ; ce qn'il fit , du moins ils Mê contraincts abandonner la plate, et'palÉi
siège, contre aoaadvis; forcé deaesoapiixriaes | delà Teau par un pont de batteaitx qiM
toJI
jpgc. te rompant après eux*, et estoit (( de façon que la plospart de ceux qui lleat ailés à la chasse ne révindrcnt point wirli: qui est Tocoasion pourqnoyron Lgf0 le lendemain , çt pour refaire ledict ll^lf jour après, fut advisé d'aller à Coiy^à, pour n'avoir esté fomifié, Ton ^qu'ils ne s*y arresterotent point, et ih{ff«Baatce seroit tenir Ângontesme en k(^, joinct que , de plus avant suivre ^eiDts qui estotent retirés à Xainctes , 0jeaii<i*AD^Iy et La RocfieUe, ne seroit temps, pridcipatement n'ayant 1^ grosse artHierie ; laquelle ncantnoit esté mandée plus de trois mois t, pour avoir moyen d'assaillir les et attirer lesdicCs ennemis au combat.
Itestans airivés près dudict Coignac , on |t semoodre , et fit-on semblant de foire Ijoes approches par fe parc ; mais il se laque la pluspart d^ leurs {jens de pied, «fi au nombre de quatre ou cinq mil , mi sauvés là 'dedans , et n'ayant point iiccsde batterie^ comme dit est , ny pour \iMïtres pièces que deux ou trois cens ^, aussi qu'il fniloit loger à descouvert , laepluye extrêmement froide, mondict t« logea à demie lieue de là , résolu que «É perdre temps de Tassaillir sans arte. Le lendemain ayant entendu que les ms se r'allioient du costé dudict Sainct ttdAngely, Nyort et La Rocltellè , fut adi( de reposer l'armée dudict Jarnac , pour sdkr'treuver; après toutesfois avoir se- (WKdnii jours, à cause des grandes f raictes pftïntvoit fait pour Tentreprise de GhasienMerf,«ide la bataille, et pour nos reiskts (|iii oe hisoient qu'arriver à grandes mm, et marcha-on jusques auprès de lupieire, d'aatant que lesdicts ennemis IÉ8t acheminés jusques vers Tonne-Ghatt. Et là fnsmes advertîs que , sentant ■reiieDDe , ih avoient passé ladite Gharante ir et noict, et estoient venus du costé de Ms.etavioDS advis qu'ils dévoient passer la faveur de Piles, qui estoit à Bergerac ^«Kté de la Guyenne, pour avoir les viiHes.
* Quoy voyant , retoumasmes soudain au i»gc dudict Jarnac , tf y en ayant nul autre
plus près , pour essayer de les 'attraper a^ passage de la Garonoe , et fust ctebaadé lé sieur de Martigues , avec deux mil chevaui , pour aller devant : lequel treuvâ qu'Xs avaient changé d'opinion; et estoit erdonné seute^ meni lé comte de Monfgomniery avec bufol cornettes pour y aller , desquelles il en deflM les quatre , dont les d)»apeaux furent envoyés au roy, et vint retreuver Tarmée avanf qu'elle fust au passage dudict Jarnac. Sur quoy fnsi advisé d'envoyer quérir quatre petits eaMné à Poictiers, que le sieur de Eudias attiettfiP jusques à la rivière de Soutonne , oè toute l'armée l'alla quérir , et ce pom» prendre , e» attendant la grosse artillerie de Paris, les petites places qui teooieni le passage db GÎl»« congne , comme Mussidan , Aubetet*re , Ber^* gerac et autres petits cbasteauK ; et n'avoieni lesdicts ennemis point de corps d*armée oik l'on les eust sceu alleratiacher , aîns tenoieM leurs gens tous dans Coignae et Xainctes , pai* le moyen desquelles villes et du port de Tonne** Gharante, ils avoient les passages de la*rivieré à leur commandement^ ne se pouvant forcei* lesdictes villes par faute de grosse artillerie , comme dit est. De sorte que mondict sieur sV chemina avec l'armée à MontmoreaU) tant pouf* empeschen l'armée desdicts vicomtes, que l'on disoit tous les jours devoir passer , que pour prendre ledict Mussidan et autres places avec les susdicts petits canons , qui n^estoieut pas de grand effisct , et alla plus de tempsà la prise dudict Musûdan que l'on avoit espéré : d'autant que ceux qui estoient dedans se treu^ verent résolus , et la firent combattre pied à pied. Depuis 5 après* l'avoir Aiict raser, advertis que lesdicts viscomtes , à cause de Itt prinse dudict Mussidan qui les favorisoit» avoient résolu de ne plus passer , et d*autre part que les ennemis fiaisoient estât d*avoir r'allié environ quinze cens chevaux , et deun mil arquebusiers, la pluspart à cheval, et des mieux en jambe , lesquels ils esperoieift faire passer la rivière de Loire , au dessus de Rouanne, pour aller trouver le duc des Deux Ponts qui conmiençoit à sortir d'Allemagne ; et y avoit jà desdicts ennemis hnict cens danê Angoulesme.
» Quoy voyant', mondict sieur vint avec son armée se loger à Ville-bois » pour empesctaer
HÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.
ceste entreprise , tonsjours attendant la* susdicte grosse artillerie , de laquelle quelques jours après arriva douze canons à Tours. Cependant ledict duc des Deux Ponts arriva en la Franche Comté ; surquoy fiist donné advis au roy , s*il lui plaisoit que Ton se mist à assaillir les places , ou bien que Ton empeschast le passage des ennemis , qui pouvoient aller passer au long de TAuvergne , pour là prendre lesdicts vicomtes, et aller droict au susdîct passage de la rivière de Loire; lesquels vicomtes pouvoient tirer avec eux six mil arquebusiers et six cens chevaux : de manière que tous ensemble eussent peu estre deux mil chevaux et huict mil hommes de pied , et leurs places très-bien garnies , remonstrant que nous ne pouvions assaillir les places, et les empescher de passer.
I » Surquoy, Sa Majesté manda que Ton empeschast sur tout le passage de ces troupes là , sans s*amuser aux places , comme chose plus importante, et que cependant le duc des Deux Ponts seroit fort bien empesché de delà. L*on sçait assez en quel estât ils estoient réduits , pleins de famine et de maladies, leurs villes comme à un coup toutes assiégées , et ja en grande nécessité , ayant laissé les forces du sieur de Ludes du costé de Poictiers gaillardes, pour empescher la récolte , et mondict sieur de Tautre costé , quand les nouvelles vindrent que le duc des Deux Ponts avoit ja outrepassé la Bourgongne , et comme avec raison mondict sieur , pour n^estre forcé de combattre à si grand desadvantage, fut contrainct de prendre party, et s^approcher de la Vienne , mesmes attendu que Tarmée dudict duc , ayant forcé La Charité , venoit la première. Où estant arrivé au Blanc , M. d*Aumalle Tadvertit et le supplia de prendre garde à soy, occasion qu'il achemina ladicte armée entre Preully et ledict Blanc. Et depuis estant approchée Tarmée de M. d' Aumalle , fut advisé de se joindre , non toutesfois sans grande crainte que ceux de son armée, ja desobeissans, et qui avoient commencé à Tabandonner , vinssent à continuer , et servir d*e\emple à Tarmée de mondict sieur. Et depuis s'estre joincts à demy, et par manière de dire en poste , en la présence de la rovne , on entra dans le pais ste-
rile de Limosin , sans WiCk nul magasin.
» Par lequel pais les ennemis qui a^ auparavant séjourné marchaient i gn journées , et les vint - on rejoindre Sottsterrane, où (par Texcnse qw \f^ rent nos reistres sur les vivres) on i peut combattre, et marcha-on ateclt jour et nuict jusqnes au petit Vmpi, ^ furent encore r'attaints, et firent hi^ très le mesme refus. De sorte quektdîQi nemis passèrent la rivière de Vienne. lî mée des princes les vint approcher; eii Tarmée de Monsieur outrepassé limtfj capitaines furent d'advis de suivre leti mis le plus diligemment que foire se i roit , et demandèrent de porter avec euv un jour de pain , et ce , pour , 8*ils ti«i les ennemis en lieu si ad vantageux qne tement on ne les peust combatu^JIs quelque temps pour en chercher les ou bien s'ils faisoient quelque u^cte, jb sent le moyen de les suivre , et oster Ti sion et excuse auxdicts reistres; m fut possible d'en estre secouru, qu'outre les commissaires de ?ivm, sieurs de la suitte de la rope s'en sent.
» Enfin Tannée passa la rivière trouver lesdicts ennemis , et le jour me la maladie ja commencée en Bourgoope, la susdicte armée de M. d'Aunalle, m continuer , de sorte que son lieotooDt parti et s'en alla toute sa compagnie , iorsboict \ dix , et infinis autres , tant de f une que Tautre armée , à son exemple , sans co&jj et sans avoir esgard que nous alliom jk donner la bataille , ny en la présence de Majesté qui estoitencoresaudict Limoges; continuèrent depuis avec cest exemple ài' aller les nostres , avec plusd'occasioo fois pour avoir campé près d'un an , non y ait excuse qui vaille ny pour Ton l'autre.
» Quoy voyant , mondict sieor delibr avant qu'il y eust plus grande difflioni d'aller retreuver lesdicts ennemis, e qu'il n'y eust nuls vivres, principalemeDt estre contraincts de passer à leur soitte du feu qu ils mettoient après eux , et \ini
DOBd
RÈGNE DE CHARLES IX
1 1^ fioche-la-Bclle , à une lieue de Sainct . oà ils estoient en lieu fort advantageux us pareillement, pour avoir une allée et ;i3^ à la teste de nostre armée. Là fut 1^ je ce qui seroit à feire , et furent \a^-w& d*opinion qu'on devoit passer à jjiee qtti estoit entre les deux camps deux fcs de>^t jour , afin de prévenir et preniez places avant que les ennemis s'en saisi ; chose qui ne fut exécutée pour les oités qui s'y trenverent. Lesdicts enneindrent prendre la susdicte place le mage Bostre arquebuserie , pour estre logée ifrès do vallon , au lieu de se . venir If en leur place de bataille , sans comment , ny sans regarder qu'ils ne poujl estre secourus des gens de cheval , al- (passer la vallée du costé desdicts en- 9 pendant que Tarmée se mettoit en Ile . et , non contons de ce , allèrent par f& le bois de haute fustaye monter jussnr le bant du costeau ,; et là attache- Fescarmoucbe , et s'en ensuivit ce que eoR seigneurs et gentils-hommes pourtesoioigner , qui s'y trenverent aussi sans undement, sinon ceux que mondict sieur ,«t envoyés pour les retirer. : \ Mant lequel temps, mondict sieur «ji le sieur de Tavannes devers les Ita- Bfii estoient logés à un des bouts du ip en nn petit village , seule advenue par lesdicu eanemis pouvoient venir ( en faittootesfeis un grand tour ) , et trouva que âds Italiens s'estaient mis en bataille , à ;»(XT leurs gens de cheval dedans le camp, t li^ ^ de pied dehors , le village entrele(a;de»rteque les gens de pied et de M ne se pouvoient secourir l'un l'autre , eausedesioarestSy sinon à travers ledict % , par on seul lieu bien fort estroit , 'npebnserie séparée en certains bois de lie fustaye qui estoient plus avant. Sur «f fut remonstré par ledit sieur de Taaoes à M. le comte de Saincte Flour , qu'il M raisonnable que les gens de pied rêvassent dedans le camp , à fin de pouvoir ■battre aifec l'armée et leurs gens de chel Ledict sieur comte dit qu'il luy sembloit ^ pas fort honneste d'abandonner le lo- ^)mm que son bagage estoit encore
dedans. A quoy fut respondu par ledict sieur de Tavannes , que le logis ne luy estoit donné sinon pour sa commodité , et. non pour combattre ; que le lieu du combat estoit avec les autres en bataille , et que ( sauf son meilleur advis ) il luy sembloit que son bagage devoit aller treuver le bagage de l'armée ; que le bataillon des gens de pied devoit passer du costé des gens de cheval ; que neantmoins se pourroit Isûsser quelque arquebuserie pour défendre le village le plus longuement que foire se pourroit ; lequel toutesfois ne se pou* voit tenir , à cause d'une montagne fort près de là , qui luy estoit à cavalier : à quoy mondict sieur le comte s'accorda très-volontiers , et avec prompte diligence fit repasser ses gens de pied du costé du camp où estoient ses gens de cheval ; et de là en avant se logea dans le camp en la campagne , au lieu que sur Theure fut advisé , tousjours neantmoins sur la seule avenue , ainsi que luy , comme personnage de valeur , le desiroit.
» Et pour ce qu'aucuns ont voulu dire que le susdict camp estoit fort débile et mal à Tadvantage , il se ti*euvera , par le dire de cent qui s'y entendent , qu'il n'en est point de plus advantageux , comme il [se peut voir , après que les batailles furent rangées ainsi qu'elles dévoient. Le lendemain, lesdicts ennejpis partirent de leur logis, et firent une grande traicte de six lieues du costé de Perigueux , qui avoit esté fort bien pourveu , non toutesfois sans grande difficulté ; et après , mondict sieur estant contrainct par fiunine et nécessité de prendre la main gauche , et aussi pour favoriser ledict Perigueux , l'armée vint à Lassac. Lesdicts ennemis treuverent ledict Perigueux si bien pourveu , qu'ils prindrent la main droicte , et depuis tout à un coup tournèrent droict à Chabanay , Gonfolans , et Le Dorât , qui estoit tourner la teste devers le pals de Berry ou Touraine. Occasion que mondict sieur entra soudain en jabusie qu'ils voulussent aller gagner à Tours ou autres villes qui sont sur la rivière de Loire , combien qu'il n'en pouvoit advenir inconvénient, ayant commandé à M. de Ludes , dès l'heure que les ennemis approcheroient de la Creuse, faire approcher le maistre de camp Onoux avec quinze^ enseignes , pour se jetter dans
'edû!t Tours quand il veiroit Toccasion. » D*uutrc pari , dcpcsche le maistrc de camp L*Iàlc et les enseignes italiennes du duc de Somme, pour y aller et pourvoir Loches en passant ; et de sa part considérant que nos gens-d'armes avoient tousjours continué de s'en aller , de sorte qu'il n'y en avoit presque plus , fut advisé de retourner par auprès de Limoges gagner le devant dudict Toure. Quoy faisant, lesdicts ennemis tournèrent tout coujt droict à Lusignan, avec l'artillerie quilsavoient amenée d'Angoules:ne, jusques auprès de Confolans , qui en quatre jours s'est rendu. Celuy qui cstoit dedans , ou M. de Ludes , en pourront rendre raison , ayant esté laissé audict sieur de Ludes trente enseignes de gens de pied des vieilles bandes , et sept compagnies de gens-d'armes pour la garde sculiîment dudict Lusignan et ;de Poictiers , sans comprendre les compagnies qui gardoient la rivière de Vienne et Loire jusques à Saumur ; et pour ce que ces forces là estoîent trop gaillardes pour garder seulement deux places , ains estoient bastantes pour tenir lesdicts ennemis serrés dans leurs places , et empeschcr lu récolte , aussi pour , quand l'armée desdicts ennemis seroit passée en la Guienne , ou du costé de la France , se joindre avec les forces du sieur de Montluc , et se mettre en campagne, ainsi que leur avoit esté commandé , à lin d'essayer à reprendre quelques villes de leur conquesie avec l'artillerie qui estoit à Poictiers ; ayant toutefois, ledict sieur de Ludes , commandement exprès , mesmes par le sieur d' Arjance qui luy porta la paroUi , de ne sortir , et n'assaillir rien avec l'arlillerie , que les ennemis ne fussent esloignés , comme dictest, et qu'ils ne poussent tourner h luy , toutesfois Monseigneur entendit incontinent qu il estoit devant Nyort , et l'advertit par quatre messagers, tout de rang, qu'il eust à prendre garde à soy , et se retirer avec rartilleric , ce qu'il fit ; mais ce fut tard , si qu'il en laissa une partie à Sainct Mersan , et l'autre à Lusignan , et partie de ses forces demeurées audict Sainct Mersan ; le tout comme il sçaura mieux rendre raisî)n , et pourquoy il s'avança tant de sortir , et l'occasion qu'il ne mit pîus de gens dans ledict Lu- de front , et y avoit quatre ou cinqgay lignan. Comme au^jsi doivent rendre raison , l'un de Taulrc \ d'autre part , il n'y a
luy et les autres gouverneurs, pourqi villes de Poictiers , Limoges , Perigueu bourne et Saumur , ne sont fortifiées qui leur a esté conmiandée par*plusif réitérées fois , et envoyé ingénieurs , € mandement d'employer les pais pou elFect.
>' Or , estant Monsieur acheminé pou gagner Loches, M. de Guise demand sieurs fois congé d'aller à la guerre : qui luy fut refusée , mesmes en la pr de M. d'Âumalle , tant pour si peu de{ cheval françois que nous avions , dont pouvoit desgarnir le camp , que pour 1 pect de sa personne , important pour I vice du roy et reput^ition. Mais enfin Guise persista si instamment , remoi que le roy luy avoit donné charge de vaux légers , et qu'il falloit qu'il fust i de sa charge s'il ne la faisoit execuU sorte que mondict sieur , à son grand i luy accorda son congé pour aller à la , entre leur camp et le nostre ; et tout la première nouvelle qu'eust mondic fut qu'il s'estoit allé jetter dedans Pc avec ce qu'il avoit emmené.
» Quoy entendant, lesdicts ennem estoient encores à Lusignan , fust poui per ledict sieur de Guise , ou pour ceste armée sans gens-darmes à la 1 pour l'aller secourir , sont venus ai ledict Poictiers; et estime-on que sa pr y aura servy , combien que M. de Li tousjours mandé (|ue l'on s'asseurast place sans demaiuler autre secours.
» Voilà comment le tout est passé jus ceste heure ; mais pour ce que l'on a ei que certains imposteurs ou ignorans 0 en avant qu'il s'estoit piudu des occasi combattre , par l'opinion de quelques taines particuliers, alléguant, d'une qu'estant au petit Limoges , si bien le: très ne voulurent marcher , la cavalerie çoise', qui pouvoit monter jusques à d< trois mil, estoit bastantc pour cest < avec l'arquebuserio au passage de la r; Premieremeiu , le passage n'estoit p< etroict qu ils n(» passassent cinquante cl
RÈGNE DE CHARLES IX
se?
lesiesioiirdf py précipité, qw voulusi ^|er t avec trois m\ chevauK , eo corn* Bfebnict ou œuf œil et davantage ; ils 0^ pas sans ^rquebu^ier^ et s^ns gens ujei.caloiDoie QU ignorance trop eyiftenie. 1^ esté auuuU dict qnaïKl \^ ^mmà»
^ â Ays$e$ t ^t q^? , f^isidnl soudain iir trois ou quatre mA el^yaui^ , 1 on ensl l(ûolâtre ce qi;^ paroissoit de Vautre l(:cl^où il y avait quelque aparence imgs Doa usités.; mais il faut eonsiderer Ugagoaot Ton ne pouvoir sinon perdre , ggit force que la citasse durosi jusquea à '^^du duc des Deux Ponts , qui n'esicût iieues de ^ : outre ce qu'il fa)oit erty à point Bonuné de cequiestoit et si ladicte tnfu^ée y esioît. point &k ; et fidkût pour eesl effect , pour le de b^ {pierre , passer avec tonie ParkKa^esânt jà àe^x beqres aprèis aidf , fjBi d« pont pour . les gêna de pîed ny f ks poudres , lA eust est^ presque nuîct ^(pe d'avojf p^ssé : et de dire qn'il y ail |pe capitaine p9 rtipulieremenlr qui ait esté pm de rogtpre les ausdîcta desseins , il în treavera poî|it de partîcuiîers , pour. jUaToic un seul si feurdnut , qui vonlust ||*iio conseil si nuil advisé et dangereuse ftbsenrice du. ray-, outre ce que non- ||éu y en&t a*es-bien sceu remédier.
*|l»t/^àparlerde kiphtience et incom** l^sonfierte, tfitpl de& capitaines que de$ Hpa, depojs on an eu çà , nesmet par le iltliper (p'd^ fait, avec infinies maladies imtiM : chp^ grandement considérable eikloKT,mesines san$ avoir fait les gens jeckulquone monstre , et les gens de pied »aii(re.Kn y aril eu quelque prest aux (tu de pied, qui revient à peu , ainsi qu'on ifoom Toir par Testât cy attaché, par le- Ésetreinrera les payemens avoir manqué VtroispaHij de sorte qu'il se pent dire , si lu armée patit , celle-cy. doit estre du 0kre. Louange et réputation aux bons et Ues serviteurs du roy, qui ont touajours M coup, qui ne doit estre cachée à Fenxiit de Sa Majesté et du public ; il s'entend lUic , la France , Italie , Espagne , et tous Ires poteutala qui peuvent estre vexés de
msutijects, et piJoçipalemeM de oosire
Sainct Pere le pape qui a icy M. le comte de Saincie Flour avec partie de ses forces , et celles du roy d*£8pagne avec le comte de Hansfeld : tons deux personnages très-dignes, qui se sont trouvés aux conseils de partie de ce qui est oy dessus desclaré , non toutefois si souvent que mondict sieur eust voulu. Et su plie Sa Majesté , d'autant que c'est le bien commun, les vouloir admonester d'icy en avant s*y treuver le plus sauvent qu'ils pourront. Aussi M Sadicte Saineteté et Majesté les revocquent pour quelqae affaire , qu'ils en* veulent envoyer d'autres, les plus suffisans qtt*U leur sera possible , pour assister à cette sainct^ defence publique. Gomme aussi remonstre à Sa Majesté le long temps qu'il y a que plusieurs des vieux capitaines sont continnellemeiii en travail : les uns assez mal sains , autres qui peut-estre ( comme chose bien raisonnable ) voudroient avoir quelque peu de repos , pour donner ordre à leurs affeires , signamment le sieur de Tavannes , qui ^ erainl demeurer court à cause de son indisposition ; qu'il plaise à Sa Majesté le renforcer dS' quelques chefs de guerre, comme partie des maresehaux de lYance , et autres qu'il luy plaira adviser , pour assister aux affoires de telle, importance qu'elle peut considérer. En oub*e, qu'elle veuille ordonner que, d'orenavant, les finances viennent àpoinct nommé , à fin que la parole qu'il donne sur lesestats qui luy en sont envoyés se puisse treuver véritable , et son crédit et auctoriié entretenue parmy les soldats , et les pouvoir régler , et réduire la police qui jusques icy, à faute de ce, y a esté mauvaise; aussi, pour pouvoir contraindre lesdicts soldats , tant de pied que de cheval , à n'abandonner' l'armée , qui est le seul moyen pour l'abréviation de la guerre pour laquelle et pour le service de Sa Majesté sa vie ne sera jamais espargnée. »
M. d'Anjou alla treuver le roy son frère/ par le conseil du sieur de Tavanàes , et luy rendit compte de sa charge , en une harangue dressée par ledict sreur de Tavannes , où il n'oublie M. de Guise, sans forces, sans congé à Poictiers. Le roy demande les moyens de le secourir ; le sieur de Tavannes met en dif- . ficulté d^y opposer une armée rompue et dis*
ses
ni
sipée ; cent mil escos ne se doivent hasarder contre un ; que les Anglois avoient esté chassés de Guyenne par patience; qu*il en foloit foire ainsi des huguenots. Le conseil séparé sans resolution; la royne réassemble ses fils importunés du cardinal , les sieurs de Tavannés , de Rets , et de Viliequier ; le roy dit qu'il veut perdre son royaume ou secourir Poictiers.
.. Le sieur de Tavannes invente le remède par le siège de Gbastelieraux , où les principaux chefs huguenots estoient malades ; dit qu ils les prendroit (portant honte et dommage à Tadmiral ) promptement , ou les contraindroit de lever le siège de Poictiers ; ce qu'advenant, il empescheroit M. d'Anjou d'estre combattu, le relireroit , et pai:eroit de la rivière de Boing, et du marest à Aigurande : aussi tost résolu , aussi tost exécuté. Il assiège Chastelleraux ; Tadmiralavoitpaty sept semaines devant Poictiers^ et iait un pont sur le Clin , qui sert de fossé à la ville. Les assiégés tournent en force la foiblesse des colines de la ville , en font des plateformes , résolus pour les mauvaises murailles défendre la bresche à cheval : force sorties , force assauts aux fauxbourgs , gagnés et repoussés, quiempeschent Tadmiralde conclurre à Tassaut gênerai ; refiroidy, est en doute de la prise.
. . Il sçait , il entend la batterie de Chastelleraux plustost que Tadvis du siège , subject qU'il prend honorable pour lever celuy de Poictiers; il marche, son armée en bataille, droict audict Chastelleraux. Le sieur de Tavannes adverty, et les Italiens repoussés de Tassant dudict Chastelleraux , à la faveur d'un retranchement trouvé sur la bresclie , la poussière porte nouvelles de l'arrivée de Tadmirai. Le sieur de Tavannes, froidement, sans embarras , avec le fruict de son dessein , retire artillerie , soldats et bagage. Monsieur , croyant les fols, va coucher à deux lieues proche. « Demeurez y si vous voulez, luy dict le sieur de Tavannes en colère , et je m'en vais avec ceux qui ayment le salut delà France : Tennemy sera dans deux heures sur vos bras. » Monsieur, fasché du deslogemcnt , le suit i fait marcher Tarmée toute la nuict ; passe la Creuse au port de Piles^ garnit les
passages d^arquebusiers et chevaux l qui amusent et trompent si bien Tadmi suivoit, qu'il est forcé de loger, au |i suivre. L'admirai suit droict à Selle , remarquée dès long temps du sieur de vannes, environnée de rivière, marei bourg retranché , n'y ayant qu'une estri avenue où s'estoient placés les catbolbi
L'admirai treuve plus fin que hym} peut forcer au combat ; ne pouvax ts^ au tour, s'esloigne de six lieues, fiai Creuse le troisiesme septembre 1509. it fraischist à Faye la Vineuse; le prince range se retire avec vingt chevaux eo i magne. La faillite de Poictiers, mab fiimine , diminuent Tarmée et reputati gnenotte. Ce stratagesme , la levée do de Poictiers , augmente , grossit celle de tholiques : la chance se tourne ; qui favi bataille la cherche. Les catholiques âj ohent trois lieues les huguenots, qui gent pour n'estre en bonne assiette. L ; rai s'aperçoit de sa diminution par lecov de ses ennemis , résout de ne combattre vantageusement , se retire vers le b« ton , espérant refroidissement et dt du courage soudainement pris des ques , composés de noblesse et de vol res y marche lentement entre opinion de battre et ne combattre pas. Le sieur de 1 vannes , devin ordinaire par son enteodeise pénètre leur dessem , non seulemeoicefij' font , mais ce qu'il feroit s'il estoit en Ici place ; marche . sans attendre mt aihis pour leur couper le chemin de leurcoDques où ils vouloient aller.
Les :(rmécs ont. accroissement, période décadence , principalement les frnoçol^ composées de noblesse pri vile(;iée pour at eu part aux conquestes des Gaules, avec roys esleclUs , qui vindrent de Frao se sont maintenus à ne pouvoir esirc iraincts de demeurer au camp plus de mois tenus à Tarriere-ban , excepté psrî donnance des Estats-generaux (main abolis) et des roys inventeurs de la jjeD merie, composée de noblesse contraiocie la solde , le manquement de laquelle, la di ceur de la France , la mollesse de lenr no riture , Thyver et mesaise leur font sooliaitil
^tinicte. C*esila perle des conquesies det sainctes el dltalie que la fertilité de la m Ton veut tousjours retourner, la gendarmerie n*est plus payée »
tH «k expédient propre à serrer de Var- 0pû 9 advenant la guerre irès-dangefffce que qui n'est entretenu en paix ie en guerre de luy-meame. La paye joaée qu'ils despendent chez les vivantes peut obliger ni arrester , consigu'au partir du voyage ils ne seront ijés; c'est pourquoy maintenant Ton les chevaux légers et les paye-t-on 'armes , estant une erreur de les do nom de chevaux légers, puis lîenaent la place de gens-d'armes ; la gendarmerie n'estant payée, fiant plus d'estre entretenue en de paix , s'en iront de l'armée , comme vaux légers qui n'estoient entretenus t ; mais ils sont entretenus en si petit , qu'ils n'empeschent pas dix foi/s une de quantité qu'eux de prendre party guerres civiles , mesmes contre Leurs . Ceux .qui sont semonds par leur decontraincts de l'arriere-ban de servir , iceux passés» croyent en avoir iL Les années rebelles dont les sol- 'rat seurté chez eux » ont advantage sur des roys » lesquels n'osent punir aux civiles ceux qui s^en vont sans congé, qu'ils ne prennent party contraire. , généraux , employez vos florissantes ; ne laissez r'alentir l'ardeur fran- ^ prévoyez qu'elle doit estre tost dissi- : et TOUS, plus foibles, mettez-vous sur defenve , temporisez ; tel a dix mil homqni le lendemain n'en a deux mil , tant k destoodement d'armée maladie con- . Cbacun peut tenter la fortune à son Le plus salutaire remède est ( quand les A ont à faire à de puissans ennemis) er le tiers des forces des provinces n}is » à ce que , quand les unes se fas- ^^ , les autres retournent ; dont il ne se ■^ xisier contre les empereurs et roys d'Es- ^«^, où l'on a aflaire de tout , contre lésais la France sera trompée en ce desordre m;iO()iiement d'entretien de gendarmerie.
Les maximes du danger de desloger en pre-
HÈGNE DE CHARLES IX
se»
fVIOIS
^ploy
sence , faillent en M. d'Aumalle , parce qu'il ne vouloit combattre , quelque occasion qu'il en eust. Je résolus la variété de M. le duc de Panne à aller lever le siège de Rouen ; luy propose que la Normandie estoit pais d'infanterie, couvert de hayes et levées, qui Tem* pesdieroit de combaU*e , et luy donneroit moyen ( s'il estoit en présence ) se retirer dé nuict sans péril à cinq lieues en arrière , et prendre autre assiette plus forte. Il me creust, et chassa le roy du siège de Rouen , lequel , revenu avec de nouvelles forces en présence, le duc de Parme se retire de nuict, passe la Seyne à Godebec, eut l'honneur et profit de son entreprise sans combattre, contre l'opinion du roy , qui nous mandoit que serions les premiers capitaines du monde si nousnous demeslions'sans bataille.
C'est inexpertise ou faute de courage quiempesche d'entreprendre : il y a tousjours moyen d'agir sur les armées qui sont en campagne. Gouverneur de Rouan, j^entrepris, avec douze cens arquebusiers et trois cens chevaux , de deffaire le vieil mareschal de Biron , auquel n'estoit resté, que deux mil reistres, deux cens chevaux et .quatre canons proche. Andely, ayant emmené le roy le reste à la guerre vers Paris. Ce dessein sans doute réussissoit, sans que nous et nostre infanterie , allant de nuict par divers chemins « pour empescher l'embarras, d'unemerveilleuse diligence, elle se trouve à front de nous hors du rendezvous , nous donne Talarme , et la prent : nos imprudens coureurs chargent sans bien recognoistre, en blessent et tuent; tout se met en confusion. J'arrive, j*y mets ordre, non tel que toute l'infanterie despitée ne m^abandonne et retourne à Rouan. En colère , je poursuis mon entreprise avec la cavalerie ; je donne, avec trois cens chevaux, dans le milieu du logis de mil reistres , y demeure demie heure , croyant qu'il n*y eust personne de logé; eux qui ne faisoient ny guet ny garde , se contentoient d'estre par centaines dans les logis ^ montent à cheval dans les cours, sonnent leurs trompettes. Je leur défis cent cinquante hommes , emmenay autant de cUevaux : me jugeant foible , je me retire devant quinze cens des leurs qui ne m'osèrent enfoncer : sans ce malheur , je de.
MÉMOIRES m GkSPAKD DE SAÙLX,
feisois reî^trcâ, tnareschal, et prenois leur caiion , malheilr qbi m'avoii suivy trois jours Aupiùravant , qtie Je potivoîs gagner tous tes l^gages de ranrmée du roy, qui pareillement estoit à la guerre. Me contentay de défaire té régiment de SaiAct Jeâh , et en emportay deux enseignes. Ces fentes , celle de M. de itfontpensier qui m^eschappa , le secours de Chartres , celui de Noyon , conduit jusques à la perfecticm, qui sembloit infeilfible, ne manquant de diligence , prévoyance et courage , et neantmoins empeschés, me font joger qiie ines peschés ou mon mauvais ange m*ont voilé jgrahde partie de ma boime fortune.
, Les logis se lèvent par intelligence , rap* *pdrt d^e^pions , ou à Taventûre ; quelquefois 'par la prise que les Inexperts mareschaux de camp donnent sur iceux , pour par paresse et négligence , n*tivoir esté sur les lieux , ou isivoir trop légèrement creu aux palsans, et à ceux qui , pour sauver leurs biens , ne se soucient du péril de Tarmée ; quelquefois , par importunité des capitaines mal-contens , pour îiuxquels plaire et les régagner , le marescbal de camp les loge au large , contre le devoir de la guerre. Tout le logis ne s'estant peu voir , croyent et se fient aux ignorans , aux envieux , et quelquesfois aux traistres, et iBi faute de l'avoir vcu ou envoyé voir par exjpérimentés capitaines , au lieu de demie lieue Ven treùve une toute entière ; et en change d^ùne plaine qu*on leur avoit dit , ils treuvent 'im ruisseau « une rivière , une coline ou montagne', et tes troupes sont séparées desdicts ]x)is et rivières , fossés et chemins estroits , qui les eropeschent de se secourir Tun Tautre, et aller à la place de bataille. Souvent la faute des logis arrive delà desobéissance des chefs, qui se vont loger eut-mesmes sans departe- Vient , pour ne sçavoir leur mestier et pour oestre au large « se fiant de pouvoir retourner il leur rendez-vous à Un besoin : chastiment t{vA doit cstre exemplaire , ne pouvant iccux recevoir un commandement, ne sçachant où ; ils sont logés , et ouvrant cliomin aux entreprises , mesme sur le gênerai de Farmée. Et advient quelquefois ce mauvais logis par une situation si forcée , que le marcscijal de camp,
Jour ne camper point, estcontrainct de loger 68 troupes mal à' propos, ou» contre son
bonnenr et devoir , Veut favoriser qtiéu siens parens ou amis, ou par timidité eto^ de querelle , ayant oublié ce mot : t f^ » ce que hous devons, é eref^t^i^A^ responce du duc de Parme.
^importance de ceux qui veulent let^ logis est de sçavoir Tàssiete et logis det^ pes ; celles qui sont fldvancées oq ] aux flancs , qu'elles les sottstiennent, mins et retraictes pour y adler et qui s'en aprend par intelligence es réux; qui tralkit peut tromper a su edtiy qu'il hiy plaiA, selon que Tev les bièn-feicts, le changement d'oi cridfnte Vaghent. Les rapports de di jpions Ccfnformes ( poiffVen qu'ils ne rien Tun de Tarutre ) tout tptn ce troupesenvoyées à la guerre, prenant de prisonniers, peuvent apporter seurté d'entreprise , ayant peu voir h à Vœil , les logis , lesquds bien rec sont plus aysés à défaire lors que b marchent , parce que les troupes arriv isont mal logées , et se fient qu'a nuict Tennemi ne saura leur depai négligent les gardes : aussi est- il maldonner. Avant que l'on ait ven loger, tir, assembler les soldats et marcher, Sion serolt passée.
Potir s'en prévaloir , 'feudroit avé ties espions de bonne lieure, et leur unj rendez-vous à uile heure en net,! lieue du premier logis de l'armée, h ok la troupe destinée pour Tentrcprise »
veroit , et non si advancée que latraliboi espions puisse faire entreprendre sur et feudroit mettre devant quelquesui»
parler à eux , sans que la grosse mist en péril. Outre ce, cinq ou àirnU peuvent avoir veu loger l'armée , le nà desquels , conforme aux espions , se peii facilement entreprendre. Ces rendez-m doivent faire ( s*il se peut ) sur un te l'armée ; les espions ne peuvent soriirp» testes d'icellcs , sans estre renconlrés, ci fout temps pour se destourner, et no se entreprendre sur la teste de rarmée,où le meilleur ordre ; les flancs sont plus proj pourveu qu'on ne se retire proche la W Tàrméc cnncmîe , où Fon Sc'lr'CUYCroiKM
RÈGNE DE CHARLES IX
sn
^ oo en qneœ ; ei vaut mieux se retigsda chemin de Taroiée, et prendre un ieircBitpourn*estrereiicoDtré par les en- ^qudevineiit les chemins de la retraicte. 0j^ fias hasardeux , sans intelligence MJoB, spnt senlement leurs coureurs Ip ïmoèe , en arrivent proche sur lijct, et par la considération des feux, iff et quantité des villages , sçachant le ff, cognoissant là où sont les quartiers V{ros et les plus fbibles , on il y a de ^e et de la cavalerie, où ils peuvent pit donner , jugeant où le mareschal PI eoneoB doit avoir logé les gens de ilirqneboâers à cheval pour couvrir le j fait esquiver les uns et donner dans Ures. Geste façon d^enlreprise est fouie est meilleure quand les années, par tor, ont donné temps d'avoir tout bien varies bois, les ruisseaux qui les set, les commodités des charges ou re- ». L*beiire sembleroit propre de donner 0 quartier à Feutrée de la nuict, ou à nredojoor, temps que les gardes ne sont I, oa elles sont levées. L'incommodité toda premier on voit venir les troupes, Iri-on rdanne , et du second Ton est lÉetfûre sa retraicte de jour avec pe- 9rte henre-là n'est bonne que quand qp entreprennent sont du moins aussi fKtOQS les ennemis assemblés , autre* (iVore la plus commode est de donner sknres après mnauict : les gardes sont ittitt,le Tin est reposé , la miict porte ■ftttcorinsion , il y a temps pour se re- 9 \ h troupes qui montent souvent à eol pir tonte trompent les espions , et rttKBiis^ipnt sonvent de semblables à les iHçligent. -
»kpi d'inianterie sont mal aisés à lever liDt garde; leurs barricades forcées, ils vu combattre dans les logis ; il y a peu Aide les sdler cherdier dans les armées, ik penvem estre secourus. Pour lever ips de cavalerie et infanterie logées enfc, i est nécessaire de sçavoir les avedes vinages , faire donner Talarme à la Crande avenue , et, guidé des palsans , ^ par les plus secreites : que si rinfan-
tpi défend ies premières barricades en-
tend leurs ennemis derrière eux, elle quitte leur defence. S'il faut enfoncer déterminement une barricade , l'on doit faire donner trente ou quarante hommes devant, pour faire tirer ceux qui la défendent , s'approcher à pied avec les cuiraceset armes de main , et, après avoir fait tirer de vingt pas cinquante ou soixante coups d'arquebuse et de mousquet^ donner la teste baissée, et en mesme temps avoir, des arquebusiers qui rafraischissent les premiers. Et ceux qui veulent bien défendre une teste de barricade ou de tranchées, faut qu'ils envoyent au devant de leurs ennemis , et jettentjdes gens dehors, qui tirent par les flancs ceux qui les assaillent, auxquds U en faut avoir pr^aré pour y respondre. C^est diose certaine que ceux qui assaillent une barricade » si on ne les^ envoyé rencontrer dehors par quelque troupe potv rallentir leur première furie , ont un grand avantage.;
La nuict n*a point de honte , c^est le man-* teau des poltrons , la mère de confusion; les armes, les soldats s'accrochent , s'embarrassent , tombent ; les mesches s*esteignent , les bmictSy les frayeurs s'accroissent; elle fait des^boiteux , des sourds études aveugles. Al^ lans à une entreprise , il ne fout mesler les troupes que le plus tard qu'il se peut , à ce que chasque capitame responde de ses soldats , ni faire donner tous les capitaines en- ' semble ; l'honneur^ estant en commun , et le danger en particulier , fait qu'ils ne se soucient de l'événement, préméditent de se descharger l'un sur l'autre. Pour le plus il ne faut donner qu'un chef ou deux ; plustost faire assaillir les troupes l'une après l'autre ; Thon* neur qu'ils espèrent, la honte qu'ils craignent, cognoissant que tous sçavent que c'est eux qui conduisent la teste , les empeschent de mal faire : et si c'est une grande résistance , et qu'il faille donner en gros, un malstre de* camp aura la mesme crainte de faillir , ayant^ le commandement seul d'assaillir.
I^on seulement faut avoir Tœil, et tenir les espions et palsans ( dont le naturel est de mentir et de trahir ) , mats sur les soldats , qui , outrés de crainte , voudroient Fentreprise rompue , et estre de retour en leur lo-' gis, pour aller piller et courre lu vache;'
crient, font bruict, monstrent la mesclie/
MÉMOmES DE GASPARD DE SAULX.
mettent le feu en leurs poudres , s'endorment, se desvoyenti coupent les fils, se desgoustent , s^alarmentrunTautre , disent qu*ils sont vendus , que Tentreprise est sceue, qu'on les mené à la boucherie, qu'ils n'ont rien mangé 3 y a vingt quatre heures, qu'ils n'ont ny mesche ny poudre. Ces paroles lasches soient reprimées sur le champ à coups d*espées par les capitaines, qui aussi doivent avoir pris garde que leurs soldats disent la vérité : s'ils sont à jeun , ik n'auront pas bon courage ; si leurs armes ne sont lestes , ils ne feront rien qui vaille ; s'ils ,ne sont reconfortés par paroles de bonne espérance , ils s'anéantissent. Les logis de cavalerie sont plus faciles à lever : il se faut présupposer de trouver des batteurs d'estrade, les sentinelles redoublées, corps de garde à cheval à l'entrée du village , quelque barrière à la grande avenue, soustenue d'arquebusiers à cheval, que la garde à cheval tiendra ferme , ou sera derrière une muraille ou fossés , pour charger en flanc les premiers ,' et donner temps aux leurs de monter à cheval et prendre leur place de bataille , par issue secrette sur le flanc du village. Ceux qui assaillent doivent donner l'alarme à la grande avenue , où est le corps de garde , et , avec le gros , enfoncer par les avenues des flancs , guidés de ceux qui sçavent le pays. Le logis my party apporte confusion , ou bien , suivant les premiers batteurs d'estrade , qui ne s'arrestent sur la parole d'amy aussi tost qu'ils ont tiré , débander trente chevaux après eux , qui arrivent au village en mesme temps que l'alarme et chargent le corps de garde sans recognoistre , et entrent pesle mesie par les lieux que les ennemis ont réservés pour retraicte, mettant d'abordée confusion dans le quartier. Les entrepreneurs les suivent au trot avec le gros, prenant garde de ne s'embarrasser dans des liarrieres et chemins estroits, se mettant hors de moyen de combattre , et donner temps au ennemis de faire le tour du village , et de venir charger en fla^c ou en queue. Geste première cavalerie , ,qui s'avance au trot , doit estre flanquée ou secondée d'arquebusiers à cheval , pris dans les regimens ; pour ( à une résistance d'une barrière ) se mettre pied à
terre, pour la /aire aba^donner à quelques
arquebusiers à cheval , qui ont accousi de défendre les testes de logis de cav^ qui n'ont point de gens de pied. Le gai combat consiste en ce gros qui nurcb ordre , qui , selon la prospérité des tr chevaux qui ont donné les premiers, les ou, s'ils sont repoussés, partie de ceste ni troupe donne par le dos de ceste secr avenue.
Il y doit avoir principalement m on reserve , qui jamais n'entre dans le igg pour soustenir les ennemis en cas qnlk ralliassent , et pour soustenir le secoon vient des autres villages, ne se mesiaoti toute extrémité. Et doit prendre prd gros de reserve à sa place de bataille, embarrassée , sur l'un des flancs da >iili ou sur l'avenue du secours , teilemeoi ceux qui lèvent le logis soient cooTertsifl c'est ce gros d'où dépend la vicioirei seureté de la retraicte.
Ceux qui donnent dans les villages \t{ vent mettre que la moitié d'eux pied à avec les arquebusiers à cheval , pour cer les logis : l'autre moitié doit et marcher en gros par le village, pour pre ceux qui se rallient; et à cela sert promis à tous de faire mettre le botiii et sonniers en commun. A mesme leoips bon d'envoyer donner l'alarme à m Ji quartier, pour empescher les &amài»^ ser à se défendre, et partir la cervelle » autres qui entendent divers bruict$,eiQes(4 vent auquel aller. II seroit utile d'snKff ^ chevaux avec quelques trompettes sorïi^ nue du secours : lesquels sonnant la cb la nuict, hors du chemin du village oi II a donné , contraignent ceux qui vienneoti secours de faire halte pour les enToyer \ cognoistre,, donnant autant de temps â((| qui lèvent le logis de se retirer. Il semj beaucoup de sçavoir l'ordre qu'a doué mareschal de camp aux ennemis : si ihi<|iI tier doit secourir l'autre, on se mettre liej ensemble , ou s'ils doivent aller à la phcti bataille sans venir ayder à leurs cmffu^ qui seroit un grand advantage;et, selon | advis, l'on employeroit le temps, qui doitâ supputé, en combien l'alarme sera portée qu*il faut aux ennemis potu* se résoudre
RÈGNE DE CHARLES IX
Kre en baUdlle , et venir an secours. Le if ayant une montre en main, selon la sup* latioD.fait^nner laretraicte, ayant adyerty ^soUats auparavant qu'il abandonnera ceux p ne se retireront : il vaut mieux en perdre lelqofl ODS que le tout ; en Tespace d*une {^foeron est dans un village , se donne gigjoop de pistolerades et de coups d'espée. [I retraicte est dangereuse ; les blessés , ; diaijjés de butin , ceux qui courent de lîDte d^estre abandonnés , et ceux qui de {«temps ont gagné le devant, donnent (pau capitaine de monstrer prudence et Mpeoce, demeurant le dernier avec Tost {{èenre , tournant teste quelquefois, ayant ipnù proche et fout faire retirer à coups jfk&\ ]ceux qui , pour foire les vaillans , fcot engager le tout. Que s'il est trop fsé,il n*y a remède; à la foveur d'un lé, d'on ^on , d'un bois , ou d'une baye , (faire une charge aux plus avancés, en ttirant, sans pour cela s'enfoncer dans le ides ennemis; autrement les pistoletades les dans le dos , mettent tout en confusion. ï combats sont dangereux et ennuyeux à Kqai ont une fois pris la resolution de mOB, empeschés de butins et de prisonn: il ne fout laisser tant pénétrer Topii de retraicte au cœur de ses soldats , Me etbce du tout la resolution de combat- ;:deqaoy, en se retirant, il leur fout tousors parier et monstrer désirer l'ennemi m \à faire une charge, liyamoinsd'experimentés capitaines qu'au ^.prceque les armes de feu en tuent cesiioisaQtant que les anciennes : les bons se dûf^ garder. Je ris d'aucuns roys qui foHeffleBipÂlient que les estats donnés aux buDOies les font capitaines. Que ne disent-ils [uMiostavoir donné un evesché, une pre- Nieflierie, le Sainct Esprit descend sur Teoqoe, sur le président, que l'un parle «(es langues , l'autre sçait toutes loix ? £f- OBterie manifeste l comme si leurs lettres (tentes formoient souds^nement vailbnce , wieoce, prévoyance, tempérance, expeeoce et dôigence. Geste cire et ce parche- ÎD aoroient plus de force que les anges , aant le mestier des armes le plus difficile ^antres. Puisque le temps et les armes es-
teignent les capitaines, le roy devroit employer ceux qui luy restent, pour escrire exactement ce qu'ils sçavent de la guerre , pour servir de précepte à ses héritiers ; enclorre ces mémoires dans ^s cabinets , à ce que par la longue paix l'aguérriment ne se perdist, et que par iceluy les estrangers n'obtiiissent l'advantage par exercice que les François ont maintenant sur eux. Et si Spi~ nbla , de citadin de Gènes a esté feit grand capitaine en peu de temps , ce n*est pas grand merveille , ayant disposé de tout l'or des Indes et d'Espagne à sa volonté; que s'il fusC esté dans la nécessité des guerres civiles de France , il ne fiist parvenu àceste réputation, laquelle dansicelle est à toute heure hasardée par la nécessité.
Auparavant que les arquebuses et canons fussent inventés , il estoit plus de capitaines que maintenant , parce qu'ils duroient plus long-temps , d'autant que ceux de ce temps ne courent pas seulement si grande fortune , et ne sont en danger de mort lors qu'ils sont dans la meslée du combat avec les ennemis : mais aussi en allant recognoistre ou passant près d'iceux , estans forcés de s'approcher pour juger de la contenance des ennemis, et ce qu'il faut qu'ils facent, plusieurs sont tués d'arquebusades et canonnades avant qu'ils ayent l'expérience nécessaire. Les arbalestes et arcs des anciens ne pouvans atteindre si loin, le danger des capitaines n'estoit si grand, et eux se pouvans plus approcher , prenoient de meilleures resolutions que ceux qui sont contraincts de juger de plus loin.
Si les roys estoient si généreux, et 'que leur âge leur peust permettre de se servir de ceux qu'ils auroient fait enseigner , ou qu'ils prévissent une telle générosité à leurs enfans , qu^ils fussent tous guerriers , et que, pour désirer la guerre , ils ne craignissent point les guerres intestines dé leur royaume, je leur conseillerois , puisque l'on dresse des académies pour apprendre à monter à cheval , jouer du luth , escrimer , qui n'importent qu'à la bienséance et au profit d'un seul , que l'on en dressast qui profitassent généralement à Testât, là où s'enseigneroit l'art de la guerre , les moyens d'estre capiuine et gene^ rai expérimenté, semblablemient^ le manie-
HÉMOmES DB GASPARD DE SAULX.
ment des affûf6fl'd*eiiil» el (extraire de ttat délivres qoi em êùjoI escrits les aïoyens, strattgenes et ooaseils les plus utiles. Faudroit chcHsir des plus Tîeax et experimemés capî- Ukes da loyamne, ei redsiire les enseigae- BieM eo art , taat pour les priiic^ies , propès, fM perfecticHis; ces capitaiiies anroîeat des maistres experimaités sovs eux pour les sûttlager. Aax prenderes dasses se moMreroit rarHhmetiqae , ,eC en toutes les antres les iBatbematiiiqses , UK^yens de uiettre des soldats eo bataille « les conseils de guerre , saratagemes; et aux ; dernières classes des cen eeils d*estat Yray est-il que malaisément il se treuvera gem capaUes pour enseigner ce que dessus» et ne s'en trouvera pas trois ou quatre en un estât.
y Ansfli ne oonseillerms-je pas à un roy qui craindroit les gaerres civiles, de fam ap prendre indifféremment toute ;sorte de gens ces eierciceS) et sufiroit qu'il en eslist en sen royanme une trentaine en Fage de soie an, et pourroient apprendre jusqu'à vingt ans pour servir puis après. U iandiiMt que le roy «hoisist des gentilshommes bien nais et de bon lien, sans y admettre les princes ni ceux que [ron| craindroit '( pour estre de grande parenté) pouvoir remuer^ ou tenter à renverser Testât. Et faudroit que ces grands ca* pitaines qui les enseignerment recogneussent la capacité ou incapacité de ceux qui voudroient aprendre pour ne perdre point temps à enseigner les timides , grossiers et sans jugement , auxquels on pourroit dire qu'ils se retirassent , après les avoir recogneu incapables de pouvoir apprendre et exercer le mestier de la guerre et conseillers d'estats ; et eeroit utile de prendre des races des maisons qm sont illustrées par de généreux actes. I De ces escoles sont partis Scipion , qui en iringt et deux ans commanda de gênerai en Espagne, etCyrus, qui, au partir de Tescole des Perses^ défit Tempyre de Crœsus. Ce Beroit honneur que les estrang»*s vinssent chercher les grands capitaines en France pour commander contre les Infidèles.
Tant plus d'hommes , tant moins de seurté : si c'est une multitude dcsobéyssante , elle est inutile et vaincue fecilcment par les bien ordonnés. U vaut mieux perdre hi moitié de
ceux qui font les mal-eontflMi /que levasri firir gûter le reste par mauvais aen|ilas ifl^mnité. On gênerai ou rien, ripinina m soldat, maistre ou vallet; la crainte de p# dre le mcachanf ne doit empeacher la jati^i Mieux ea valleat ceat que mil , lee vÎBtshj ea seront plus glorieuses, les partee ||| excasables; le petit aoudire da geas di lii| se voit par toutes les histoires aiair la onltitude des aieschans, qui donnés de Dieu et mal onkmnés. Et d'hui, toutes les victoires des B^pagatîsril s'obtiennent que par l'obéyssance et boa 1^ dre d'iceux.
U fout provenir l'espouvanto avant fB*Ât arrive , estoufler les bmicts , cacher fesaMNl^ mespriser les forces ennemies, migaBarli ttostres, dire soy-meane le flialimar qalii se peut celar, ramoiadrir , s'en aiocqaWyli en donner le remède : il se reçoit soldats veaant de l'advis du eheC, et a' tant leurs cosars quaad la deaDou^ du geaaal qui sçaitacoomnioderaespaiilak Tous ne ressemblent aux soMsis éi Omar, lesquels il r'asseura leur disant : «L*ea * trompe publiant Ariovistus fort de » mil conibattans, grands et eqMmvaanèliaf » ils sont) la moitié d'advantage et plaiîf' » froyables , et les veux vaincre avec h » tié de vous. » Admirable foçoa de les hommes ! - ^r
< Que les femmes fecent les fennaes, capitaines : si la maladie de kart minorité de leurs enfans , les présenter aux combats , cda est tottanMi pour une fois on.deux en la nécessité ; fl est plus sceant se mesler des affaires en b<mne ville prodie des armées , qw en icelle , ôk sont injuriées des mocquées des amis.
Les théologiens et capitaines -qui ment sçavoir la science Tun de 1* disputent ou la veulent exercer, se forit quer d'eux. Il ne sufiit quinze ans à aa ta théologien pour apprendre la thedo^,) diversité des langues, lois ecclesiastiqaiS civiles, et histoires. II faut plus de tempssa capitaines pour apprendre les stratagmaes, ruses de guerre, et commandemeas BSOtssaires de leur mestier.
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for Tadris (}a 9ieW <le TaYawes, |'pn 2[tbe droict pour couper 1^ cheii^ii aux hu- KBOts de leur couqueste. Les deoi^ amij^e^, i sçadiaiis aouvell^ Vmfi 4e Vautré » sp McoDtreB( apràs ^yoir fait quatjrç l^^i)^. ^î^ surpris , nç croyaut que la pru- ^ # sieur dg Xavanues deyiuast ses re- ||^ , peuse ses conseils révélés , fie ffut eiopestré eii plusieurs petites charges I k siear de Tavani)es l|iy fa^ct foire , se iseore à la favpur d'un ruisseau. Les ar- ^fm à front, le ca^Qi^ d^M. d'Anjou I|Jqs de trois cents liompie^ des ennen^is , I esire que peu ef^domoiagé du )eur.
n'osoi^ gpieres advapçer pour n'esté à la l)f)taiUe, ne voiilapt déplacer ikr j la puict en donne /Q}9yçp aux bugu^j, qui, à graftds p|^n^ ,' aïoippt g^rd^é 4e
rie riii^seau ai^ c^çlfqif^tput lejouir.
se bgent à j)f qnlcontour ; Mpnsie^ g uster > logis , le treuye fprt et pari^ ise petite rivière , qoarche pour passer à la fce (chemi^ poifpa^t la retrî^icte des prin- 1). Leur conseil party ^ le deslogemeat loici, cei^ qui ic^ntrefaisoient les génépi ou plustost le$ fols, emportent radmillaiteodre Taube du jour, pour ne perdre
rtion par la retraîcte hoiit^se ; il se résoudre à ne f uyr entièrement h l)a-< fkt et la doDj^r s* il ne pouvoit passer aiilemem. En ceste délibération ils vestent des teioises Uancjies , sont retardés des reisljres ikia(|oenets, qui demandoient de Targeiot inbioient de marclier. Le sieur de Ta- Wttfipi.ayoit preifeu que, s'ils escbapoient ce jov, il n'y avoit plus de moyen de les CQBit»ttie,S9 voyant pirodl^ 4^ l'^yyer, fait nrdierdftg^and matin Tarmée, et^ treuye lantotf âb plaiAe de Montcontour .qu'eu?:. Vmée de M. d'Aqou estoit de buia mil iesmH 4eseia^ mil jbonunes dfi pied franmytàsum^ suisses et italiens, et quwe m& de canon; celle des huguenots» de ifi mi chevaux et seize mil hommes de pied, flzej]4ecesd'ai:tiUerie.
La campagne large, le sjeur de Xavannes pk qu hoaune pq^ur homme ils seroient plus ps que les ennemi^, à cause de la noblesse ^liqiie. Q range les bataillons et escabs im front, ^qelqy ifiê Si^^e» aucune
OTARIES «• W^li
ment advancé, duquel i\ avoit çpuveft les flancs d*arqnebusief s et cbarriots; entremeslç les nations : sur le flanc droict un r^gimepj; de gens 4c cheval françpis > un de r^içtreç » et un ^utrf) dltaljens : sw \^ g^Upbe, d^m: de cavalerie fraqçoi^Q , e\, au mUfPU un 4f reistrps; (ait un o^ d^ rft^crvQ coudufct pfif M. de Cos^é I qu'il ipet d^fi^i^r^ les Suj^^^ rartillerie adyancée çuf les 4cu^ CPilPgS» proche laquelle estoit Finfanteriey Tai^jp droicte en forme d'avant- garde, pQpduic^ par M. de Mpntpftn^j^r, la g^U^^^i fW ^9*m la bataille , par Mqnsieur. L'apmée des bur guenots estoit de xnemfi lest^ndue , le$ hs^ quenets et les arquebusiers au milieu ; l'ad^ mirai cou4uisoit Tadvaqt-garde sur te flap0 droict , et le comte Ludovic comm^udpît à |t babille au fl^c ganpbe. Prpcbe , Yq^ vpyant ce que la pensée a seulement ppuceu* il Inf fait recommencer ^ 4^1iber^iw> ^ dipûuttd souvent du premier çq^f^&^. Monsieur, sur m feritre, accofupagné dp jSfas capitaine, voyant la bonue mipe des .çpueuiis , mettoii; en dou^ et en upwellp ^e^Jt^^p^tion le combat. Le sieur de Tavanpe^, cpgiM^Issattt que, faisant balte , l'armée buguen.otle à leur vw tireroit droit à Eryaux pour passer la rivière, dit : « Il n'est plus temp3 de d^liber/9r, vmf 9 de combattre. » La bataille résolue, de^ mande à Afousîcur un cheval d']Elspague, yê reçognoistre les ennemis , les approcbe , cou* s^ere l'ordre d^ leur marcheri leur asseiH rance , les jug0 en peur psuc^ce q^' wauus escfr» drons ne ma^rcboiient engrps uuûueut t^tim* soient de^ intervalles au w^n d'eux, et qu9 \e$ piques des lansqu/enets ^ b^Moiem aveo plus de décontenance 4^ couf uw>u que d'ai|« s^urance, pour laba^te qu'ils avaient dépasser* Soit <p'il le cogue^usi ajiusi, ou au'il 1^ feigpisf , U revint avec ceste remarquable et vs^eureuaei parole : « Monsieur, avec l'ayde de Dieu , 418 » sont à vous , je les ay {recogueus estonoés* » Je ne porteray jsynais armçi» si vous ne les 9 cçmbattez et vainquez s^ujourd'buy; m$ur- » cbons au nom de Dieu* » Parole .qui fut re* ceue pour mot de la bataille; et sembloit que le seul coiys [du sieur de Xavanues mouvoit les escadrons et bataillons çqnuue .aes luem-bres, craignant que les buguenvts^ n'esqui** I v;us9^tXç<»u^. .
MÉMOIKES DE GASPAKD DE SAULX:
^ Il tire ramée pins à gauche , pour barrer le chemin d^Ervaux. Estans proches , tous les escadrons et bataillons s'arrestent d^euxmesmes. Monsieur demande au sieur de Tavannes quand il faudra aller à la charge. Il respond que c'estoit trop temporisé , et que 1*artillerie endommageroit les escadrons. Le fiouyenir du tralct de M. de Guise , qui fei* fiant halte à Dreux , avoit feit combattre et perdre M. le connestable devant luy, pour après avoir Tbonneur et le fruict de la victoire , estoit cause que c^estoit à qui marcheroit le premier , ou M. de Montpensier qui tsonduisoit Tavant-garde , ou M. d'Anjou avec la bataille ; lequel le sieur de Tavannes ne voulant laisser attraper comme mondict sieur le connestable , fit faire halte à Monsieur avant que d'estre aux canonnades; envoyé par quatre fois commander à M. de Montpensieur , conducteur de Tavant-garde , d*aller à la charge , qui autant de fois le refuse. Le fiieur de Tavannes luy monstre estre plus fin que luy, dit tout haut à Monsieur : «« Mar- » chons ; puisqu' il faut que vous serviez d V » vant-garde » ; ce que voyant, M. de Montpensier marche , et commence d'aller au combat. I Le sieur de Tavannes , voyant qu'il ne s'en peut plus desdire , avance jusques à un vallon , là où il se met à couvert des canonnades : la bataille s'y arreste pour donner temps à Tavant- garde de charger la première; laquelle'advapcée ne peut plus foire halte , le canon ennemy donnant parmy eux ; est contraincte de boire le calice : estant composée de quantité de noblesse , charge la bataille des huguenots qui se trouva devant eux , et qui estoit composée la pluspart de bourgeois et des moindres reistres , ayant Tadmiral re* tiré le comte Ludovic et tout le bon , proche de luy à l'avant-garde , imprudemment, à l'instant du combat , et ayant laissé la bataille sans chef. Luy, qui menoit Tavant-garde , se trouve à l'opposite de la bataille des catholiques ; ils demeurent fermes un temps l'un devant l'autre : ce que le sieur de Tavannes fojsoit pour donner temps à l'avant-garde catholique de défaire la bataille huguenotte qui estoit foible : ce que les deux parts virent advenir avant que la bataille des catholiques et Tavant-garde des huguenot» se joignissent ; ce
qui encouragea les uns et decoorageales très. Et estans les escadrons passés les parmy les autres , en fortune quasi e{pi< y eut quelque desordre à cause du chem Monsieur qui tomba , et fut relevé |d sieur marquis de Vitlars.
Le sieur de Tavannes envoyé deux et J fois haster les Suisses , qui , contre son 9fi et pour foire aller l'avant-garde à h chn la bataille avoit esté contraincte de ImU derrière. M. l'admirai, consideranU faicte de son avant-garde , qui estoit a miere faute d'avoir laissé charger 1»
foibles aux plus forts , sans combattre ensemble» fait une seconde faute, retirer MM. les princes de Navarre et Condé trop tost eu irop tard , parce quet iceste couverture il se retira plus de c cens chevaux - avec eux sans comi outre la defoveur aux siens , qui my que ce fust une fuitte entière. En m temps les huguenots de l'avant-garde, duicte par l'admirai , viennent à la cl la bataille , passent au travers les m autres , esbranlent fort l'escadron de M. t jou et se rallient; ce que considérais, sieur de Tavannes envoyé encore trois fois haster les Suisses. Cependant, gagner temps, mené à la charge un aurreei cadron de cavalerie françoise, lequel de «r mesme foit halte à vingt pas d'un esodro ennemy, et à force |de coups d'espeestin ledict sieur de Tavannes donne surlecasqai d'un enseigne , il les foit chaîner , ci les uns parmy les autres , tous les françois^ reistres et italiens, estoienifi rompus; et luy, trouvant un escadron guenots entier , un de ses gens dit : > » sieur, il foudroit charger ceux^cy . >• FTi que luy quatriesme passé an travers de charge , il se prit à rire et respondit : tien » donques toy et moy qui les diargenu » car nous ne sommes pas davantage es » semble. »
De tous costés se foisoient des raHieniens partir des charges , et le sieur de Ta considérant ces ralliemens nécessaires des Suisses qui venoient quasi an trot approche , les haste , les ordonne. Et w la troisiesme foute de l'admirai : migroses*
RÈGNE DE CHARLES IX
OQ de reislres , de quinze cens cheyanx , Davoîent point combatta, assistés de ieiDsnIliés, jngent la victoire estreen g^cte des Soisses , marchent pour char* lev ))iiaUlon par flanc , les treuyent coutsdectiriots ordonnés par la prévoyance gi^ieTavannes» sont contraincts couii ta^, recevant trois mil arquebusades raàoterie françoise, placée entre les lots et les Suisses , au bout desquels ils irert le flanc, en ftisant leur limaçon ponië, au mareschal de Gossé ayant fodron qui n'avoit point combattu , le- ^dûTge à propos, les emporte. Ce 1^ quinze cents chevaux s'enÂiyant , et gfârdedes catholiques ayant Tadvan* iff la bataille hugnenotte , tout ce qui (espars en la plaine de Vavant-garde^de jnl,qmavoit esté rudement chargé , act, se retire en gros vers le reste de iialerie hugnenotte , et ne se fait plus I gros de quatre mil chevaux qui se re* i en ordre, abandonnent leurs lansquesur lesquels la cavalerie catholique {; les Suisses les achèvent, et est dee toute riofanterie de Tadmiral.
«ost de quatre mil chevaux ne peut estre «é par ceux qui suivoient la victoire en liooibre ; les escadrons qui les soustea, nepouyant aller si viste, estoient niats de faire halte quand leurs ennemis vmi et foisoient teste : Tadmiral avoit iledeiantji cause d^une blessure qu'il uiisage.
Gelieiictoire'n'est suivie que deux lieues, tcûbd Grand- Villiers , du comté de Ferlie, cooBDdant à dix mil lansquenets pour $ bognenots, estoit eousin issu de germain I àm de ri|vanne8 , qui , le lendemain de h^e, le cherche pour le foire enterrer. te peut estre recogneu , non plus que le ipis de Bade , qui avoit aussi esté tué. frioces et le reste de Tarmée hugnenotte anvent par delà la Charente , Ghastellei,Nyort,Fontenay, Sainct-Maixant , Parf et Lnsignan; snyvent la fortune des vicn t qui , enyvrés de leur bonheur , tomien differens advis : les uns d*attaquer les es ; le sieur de Tavannes (^inoit au con- « de soiirre Tadmiral et ses reistres par
toute hi France'^les rendre dans une place et les assiéger ; qu'en ceste poursuitte les reistres capitoleroient , renouant les pratiques qu'il |avoit fidctes parmy eux devant ki bataille.
Plusieurs contrarient son advis , qui estoit gain de cause : ceux de Montmorency , qui n'eussent désiré la victoire de Fadmiral ny sa ruine ; autres ne vouloient la réputation entière de M. d'Anjou , craignant que les capitaines près de luy vinssent plus en faveur qu'ils n'estoient proche du roy. Le cardinal de Lorraine , de ceste mesme inclination , voyant par ceste grande réputation ses nepveux exclus du commandement , le comte de Rets , fevory du roy et de la royne , souffle à Sa Majesté que la réputation de son frère Iny doit estre suspecte , qu'il ne luy devoit permettre d'achever la ruine des huguenots et se la reserver , ce qu'il persuadoit 'pour son interest , croyant devenir aussi tost capitaine qu'il estoit devenu favory.
' Le roy mande à son frère qu'il tienne ferme, qu'il alloit à l'armée. Le sieur de Tavannes débat le contraire , pensant vaincre par les raisons de guerre , ne prenant garde que celles de Testât du roy les emporteroient ; Sa Majesté eust mieux aymé les huguenots à naistro que la victoire entière à son frère. Le sieur de Tavanhes,contrariéetoffencé,demande congé»
obtint de Monsieur d'aller vers le roy. Toute là France recognoissoit que ce qui estoit passé estoit par sa seule prudence et conduite, n'ayant M. d'Anjou expérience que 'ce que l'âge de vingt ans lui en pouvoit permettre. Les batailles de Jamac , de Montcontour , le* vée du siège de Poictiers , estoient attribuées sans difficulté audict sieur de Tavannes. Monsieur avoit fait porter toutes les enseignes et cornettes conquises en son logis , luy ordonnant de les envoyer au roy , ce quMl fit par Vedignac , enseigne de sa compagnie. Il arriva tost après vers Sa Majesté , se souvenant tousjours de son opinion rejettée ; prévoyant l'advenir , recherche le moyen d'avoir son congé ;*feint d'estre davantage cassé*du travail des deux ans qu'il avoit esté oontinuellemenl à la guerre , demeure en son logis. Le roy et la royne le vont voir , le pressent de les accompagner au siège de Sainct Jean d'An-
«H HÉMOiftBft I» US^ém di SAULX
liiy , cwBiftoraM ft'il asioit da ftr iulna qm Iw a«tnii, fit que nalada , a*il layi^erm^ooii^e
s'aller guérir i n s'en poo voit servir deux |mi s mlTftinenî cmb s& wift^îA inmiittfitaaf le
reodrpit iwtila i qa'il fainpii(ceqii*U li|y «MRr
^celaa:rda le ii^ori d#a mcWéîil* > qui» voyam Km urim roiif^, qu'il Aîsojt d^ loing leinpa ainsi. la jmgwrt plua malada qu'il m
disoit : il obtint son Cfmg^
Le mesDie jour la royae luy jgamii^ qna Moven j s<ridat de Mouby 9 luifl^i^ lué« et s*tsiQit venu reiidrt* U resp^i « Çeb mérite Jlaccrd0»,qu0 si teltes gaps se reçoivent, wsk icapitalpes de leurs jMrvii»
leuri , ny l^urs M^jesté^oieames , na Pimâen^ 6a Mwrtét U pasie à Paris où «a repmatjon le précède i reçoit deaciipyena tout Tlipnnair mmwtmoé à &«re au sauveur de U f>an9ii«
avec présent d'un vasa at d'm bwîn am armes de la vîHe , non jamais donné qu'aux tris-^gnalés capitainea et princes victorieux. Jl s'en reiouma ohos luy, isMBé d'bpnnimr et de gloire , et ce d*autant plua que In roy , Monsieur , et sou annéo , dopaeorani i^onime eorps aans teste » n'ayant creu iion eonscA » ne font rien qui vaille , asujegenft Sainct ^ean d'Angely , perdent deux mois de ten^.
IKL de Marûgoes et plusieurs capitaines tués, ruinent leurs armées , donnant loisir il'admind de se r*asseurer ; lequd juge ne pouvoir subsister dans les vill^ avee les reistres m danger d*estre pratiqués , leur promet et tient argent et oonduite ; va joindre /en Gascogne MantfMMnery victorieux de Temdes » ridba de ses deppouillea ea^ployées au payement des Mislm. Tous passent la Dordonne, jrriannt en Querey an temps que If ysmes fat pris ptaur .eux par w treiUys , et Veselet faiUy par SaMue qui levé le ai^. La prifo de Sainot jtaan d'Angaly n'esmmt tant à la co»tinuation d^la gueire que la ruine de l'irmée , advenue en ce siège , fit désirer la paix , aydée des contrariétés naissantes entre le roy et son frère, qui se refirent à Paris , couvrans tenr émulation , que les huguenots rompus n'estoient plus que gibier des gouverneurs des pais ^ Insquek ils jburtifient d'boiQinQS.
[1670] LesFraiiçw/acçiMgt||gi^4*^
an frère ^ rpy , ne auivf«t 1^ flmY^r«B|| qvi > IW peglig^iioe et mal-eB^|i4p , '
naasafle à l'admirai en LamDmdûc et
Tmmm ««toit M ttf»mh m
«ftaamanAmxm* nnS (lisnit miA aaag
mivMigAîi «A faiiAit rien oui vaUfe*
tro pva 1 ArgoMpn. Sa ¥^|«m4 igy
a'fl avoil veu «qo frère; U ^mé SM 4lty i réplique qu'il n^ jaiaoi( |a fe^f perponno premier qu*i^ ^a/k |nai«tre?
rospon^^ pbi|t à Sa M^ie80 qu) te g|^ laroyno.oi^ |l ditqii'iï n'y»YWt r^
oatçîODt ipaii4ei (»nL {4» mm fk 79] ponseillo la guorr^onvopte, te mtnt\ on, ^'il ne viMdmt wpteyer W 6m,
eniployas^ te prince Oiwpltfii , qw Ç^Sil;
dftfiseiu Dour ruiner les hninienotSi CnuL^
pfTppesopt inapv^ cmfiMt 1^ îrenni nar tpmng aê artifices lEament la nonr*
n^t ^ la paixi tes «wibeurs fUNTIViPI Gonductonrs des petites am(tef lea f pilent- TiS^mareschal de Cos^é , avog tite arméo , s'oppose aux .luiyiW<>i^ la!-])uc , pert deux cei^ cailM#py»ipj( tf^e mi demopire à l'admirai qipi §*e9 se retire à l^ Charité* V^fm^ÔM Btn^ argent i ses r^tpres. 31
Latrefveest en d'aucunes ^ff^yiasfi fM P^ictott , Puisgaillard , pour esire W&Êm loing cherdier combajt , se iravaiHn AnSk rasse ; La Noue feint de fuyr jr^Mf Ml s'embusque en bataille dans un vaikvi»n(pi Puisgaillard des^Nrdonné ; pensamt 8i|iîi|g|||i victoire , trouve une borne, U avoit Jainifli idEanterie denriere ; il est reuve^ MftRi leur pqrtopeur^ fuit^^sendje ; ïïinf JlaJMl en perte de trois mil hommes de pi^#AN oena cinquante chevaux. Sur te pqlif di. paix , Geste aigre nouvdle , portée au itei seï, les attriste. Le sieur 4e TayaiMrmy^ ^ oymt un peu dur , demande qu'esl-ice.2fi|p|p| dict : « C'est Puisgaillard qui est defiHQL ^ » Ho ! ho ! respond-il , cela n'est pao M| » gaiUard. » Ce mot receu en risée de l4tÊ Migestés en mespris de ceste p^rle , aoriW du conseil riant , à restonnement des depMi huguenots qui estaient ,à la ii>orto^«IMMiM
NI
RÈGNE DE CHARLES IX
pit, {VidÊÙnl 86 fascboit de la 'peine leBOloesçaitsaBS espreuve) de faire la ne odoirB le roy , deskeit la paix : ces geslHfilaïuiades la firenifaire.La Rochelle, myhia, Coigiiao el La Ciiarité , doonée y jeu SUIS pour seurcë des bugueDots , ii^ns Apayé» el renvoyés » Tadînirri e( [Moes se retireat i La Rochelle , résolus nie lier plus qu'à propos. ;:
0(iam ces troubles de France , le due te eo Flandres » a'estant les ce «ites d*Aiiobc ec d'Oraes fiés sur de belles paro- IHl prise! deeapttés. Le priace d'Orange, aLodoTÎc el aM^es, ae s'estaas voulus pirreot des troopas en Alleoiagae; en- |tt Pais Bas. Ledncd'Âlbe, qvds'yesimf , ayaal baaty les dladelles d'AnetdeGaadp par sa pradeaie condaite lessehorsda paîs , les oomrainct d'eam Fnoce. Le priaee d'Orange se joint le dtc des Busk Poats, et fureai une
ie des reisires qai atten»! ilfoMooaloBr âedefiûie. La royne d' Aagieterpe , enbdesEyijMlfl, de contraire religioa, H eapescker et «"opposer à lagrandew m, de qra leur gueire esloit sapais.
tteotrée ea ligne avec tons les haîgae tfAHemaiene, Frasioeet Flandres , espère aasuleiiir par le ndbear d'autray, faiiles rebeUes de Flandres, coanae elle k bk ceux de FVanoe. Par soa moyen ém ailes sont aurpriseB. £b Tanâée ll,linifae d'Ai^leterref qui avoit arresté lefEniBse prisonnière , Facoase de con- B&amc le dac de Blerfolck , le£ait coalanrprine vieflle loy jd^Aogleterre qai Uni d'e^iaiser anoaae princesse sans le afé dotsf : elle cherche 'les moyens de BvaMrhroyne tl^Escesse prisonnière, mmmtt lessonslevemens de ses sabjets deonos , el aatres aMarremens qni se iaiiai m Esofwae poar la rdigion caihoUqne, nàsm MOL gonvememens les pins grands iestaieat imguenets, entre les mains desels estoit le jeune roy d'Escosse; et le rett Jacques Stnard ayant esté tné par David, s favorise le comte de Ghastelleranx , Mie avoit tant haï , pour ce qu'il estoit le isfert £n ceste mesme année , Selim veut iRUDetianGhéeentKelesnvieres de lanahis
et la Borislene , pour faire aUer lel nfarchasir dises, remontans et descendans par oes ri^ vieres, des Pallus Meotides en la mer Oceaaaa, Le Moscovite , craigaant que cela Iny prejn« diciast, empesche Touvrage. Selim , jugeaac que saas intelligence du Persan il n*ensl osé empescher sa volonté , déclare la guerre an Perse.
Ceux qui choisissent les belles aasietes n*ea laissent volontiers de semblables prodie d V oelles ; les sages regardent que rien ne eom^ mande dans leur camp. Les armées fortifiées Tnae proche de rantre , celle qni pour pins de courage et d'hommes a envie de combat^ tte , sans se précipiter aax remparts de sas ennemis, peut remaer son camp de joar i mrtre , ponr gagaer le derrière desdicts ennemis, et leur conper- les vivres, estaitt à croiae qu'ils se eenâent campés aux iienx pbis coa^ modes pear en avnir ,. et à ce qn'enx voyant ce dessein ae deslogent de «licL En eesie eircnlatian ils ne se datvent aiandoimer de plus de la panée da caaon, sans smssi les approdber si pi^ qu'ils paissent œmbattre à la faifvenr de leur fi^, qu'ils soient conifainfaB d'en sertir s'ils veulent venir à b bataîHe. Pareillement campés et fortifiés proche , il ae pent tnrer des tranchées ou asiles de eesté ec d'antre , faisant de deax cens pas en dena cens pas an fort : ou les omemis serlâroaS pour les attaquer , et en ce cas seront hors de leur advantage, on bien ils se soufiînmt enclirre avec des forte qui esclairorenc lan-^ tes leurs actions, et les inoommodenonS dé mros, s'fls dimnent le temps, sans se lever en présence. Il se peut foîre^n nn de oes forts un cavalier, avec des fosoines el terre, ponr loger des pieoes et battre dwis lenr caaq».
Ceux qui sont forts d'infanterie et veadent plus presser , doivent approcher lenr remplit à la portée des arquebnsades de nelay des ennemis , pourveu qu'ils se cauvnenft en une nuict ; et lors il seroit mal-aisé de a'en desdire. Ëteatam m proche, se ponnroit maître des canons en batterie pour battre la oow-' tine et les flancs du camp desdicts ennemis , ainsi qu^il s'est veu quelqu^ois battre la courtine d'une grande ville , sans empeschement des grandes forces qui estoient dedans; et pour peM*^. lesjcoulevrines fussent hus^
«ées 9 ils battroient en courtine et verroient dans les ennemis. Ces remparts de fascines nouvellement fidctes, six canons y pourroient foire de grandes bresches et esplanades; et faudroit que Tannée demeurast «n bataille , les piques baissées, tant que la batterie dureroit , et , selon Testonnement des ennemis , ou le mespris et peu de courage d'iceux , assaillir le camp. Et au contraire , si le bon ordre et la bonne mine met en doute l'attaquement dans le rempart , il se faudroit pour ce jour contenter de la braderie; il vaudroit mieux tenter ce moyen qu'inconsidérément assaillir un rempart fossoyé et flanqué , ainsi qu'il se fit à La Bicoque , à nostre préjudice. Cecy est dit , non quMl y ait grande apparence que telle chose advienne , n'estant les guerriers du jourd*huy teb que les anciens, et Taguerriment changé par les armes à feu, qui ne souflrent ces proximités. Ceux* qui desireroient venir promptement aux mains, trouvant une armée .fortifiée de chariots , peuvent conduire des pièces , qui ( pour estre bien attelées ) ne peuvent estre engagées ; et après avoir ciré plusieurs voilées dans un des coings, pourroient y foire donner des escadrons de cavalerie flanqués de bataillons d'infanterie , pour (en escornant) tenter Tevenement', sans engager les deux tiers de leur armée , qu'il faudroit en tenir esloignés, et qui, à temps, pourroient attaquer un autre costé sans desordre , et , selon l'événement ou jugement , s'avancer ou se retirer.
Le jugement de la terreur^ espouvante , courage et cœur des ennemis , fait et a foit des miracles en ces derniers temps. Tel n'estoit vaillant que par artifice et à moitié , qui le paroissoit entièrement pour la grande cognoissance , remarque et observation des irrésolutions , confusions et volonté de retraicte de leurs contraires , ce qu'il consideroit par l'advis qu'il avoit de leurs desseins , valeur et intention de leur chef. Plusieurs font bonne mine jusqu'à dix pas des coups : c'est ce que les anciens vouloîent signifier , disons que l'on les cognoistroit aux lances baisser. A ces gens de bonne mine et mauvais jeu, desquels on se veut esclaircir , les attaquemens , les chaudes escarmouches soustenues
et'rafraischies avec quelques grog, tant i cavalerie que par l'infonterie , retenaJ jours le moyen de se retirer à la pbce sie du cotàtMj aydent beaucoup à gn<MStre quelle est la résolution des • Les arquebusiers à cheval, Vallons, à l'advantage , sont fort propres, asseurés soldats , qui vont tirer prî ennemis, se reculent et se retirent ai et le font tellement à temps et pir qu'il faut que la cavalerie em^m (i n'est assistée d*arquebuserie) se m s'advance, pour éviter ou ren?er8erk dont sortent ces mouches qui les pii jours veus dans les escadrons et b partie des chevaux toumans le flaoc, la teste çà et là , s'advançaos ii plustost l'un que l'aatre; courant dainement à l'entour comme bien chés ; les escadrons se mouTans à temps; les bruits du combat différas prononcés unanimement en paroles la multitude semblaUe à celle d'une Jace , estans les tons differeos de co d'ordre ; la poussière qui ne s'esment en tourbillons , et au contraire s contenance des valets et bagage , qû f uyent ou se retirent par le coounandi de leur chef; semblablement, quand U ques des gens de pied se battent et se sent , et se voit des jours et places ?QiiiB quelques endroits , le bagage aooJiei meslé de parmy eux , ailans i im cœ de costé et d'autre, comme irraokos, quand aux moindres afiaires ils crien valerie ! cavalerie ! » tout cela tesmoigBe pouvante et l'irresdution. Au cûntnire| fermeté , l'unité, le parler, le taire, 1 le mouvement esgal , à mesme temps ner d'un mesme vouloir , d'un mesiœ mandement, semblablables aox granfa chines meues par un seul ressort m de bruict, sinon ceux du combat prononcés , dénote résolution et coodi La poudre qui se ;voit en i'air est remment esmeue par la ca?alerie ou l'une se. levé en gros soudainement blés, Tautre s'espand et dilate, plos che , et avec moins d'espaisseur qne oeil la cavalerie qui monte en tourbilloa^es
RÈGNE DE CHARLES IX
98, les pycs, pyronetans et croaçans; le
jl se retirant de costé et d'antre ; Tha-
fainée de la sueur des chevaux , prin^
^^ &k hyrer , ou au mattu , parois-
<|e loiDg 9 V^^Y V^^ couverts de bois, id, esloignés au bruict des leurs, meToreiile contre terre, ayant bonne ,10 temps de gelée ou de sécheresse , IkDi de fort loing , et principalement lift, rhennissenent et la bature des ( des chevaux : il faut escarter à droit pocbe plusieurs hommes , pour voir et ^sDf les coUnes et vallées ; les ravms , ^ns , les rivîei*es portent le son : la ^des mesches, de la poudre^ et meames liment des hommes et chevaux dont na- IdoDDé plus aux uns qu'aux autres , sert. hqaais, les garçons de pied , les chiens ses fort loin devant , descouvrent souks embuscades ; il ne fout mespriser xdts moyens , pour apprendre Tintende ses ennemis , et surtout se garder pûsuts et des femmes envoyées par (, qui Mseurent n'avoir veu personne
iraooée 1570 , trespassa Claude de Saulx, Kor de Ventoux , parvenu de grade en k, de soldat capitaine d'arquebusiers à «lan camp d'Amiens , despuis lieutenant |ett-d*armes , gouverneur de Beauue , et k lieuteoant du roy en Bourgongne ^ en «ence du sienr de Tavannes , auquel il vit et aida à conserver la province contre , nbelles hi^enots , au commencement 5 troubles, et, en son absence, assista fts-Bâenent M. de Nevers à reprendre lasciffi, qae les huguenots avoient surpris iK antre {m, depuis qu'ils en avoient esté bsàpsrle sieur de Tavannes. Et se treuutf seul commandant en Bourgongne lors erufoée des reistres conduicts par le duc «Deoi Ponts passa , conserva non seule- Mb grandes villes, mais les moindres, iqoelles il se jetla à la teste de l'armée peaotte, que les sieurs d'Aumalle et de iDours soivoient en queue. Enfin accablé maladies suscitées par le foix des armes, Minit jeune et [avant temps \ suivit le che- Ib de son frère aisné , le sieur de Torpesf, irerseor d'Auxonne , mort une année au-
paravant : gens vaillans , et qui laissèrent des enfans de mesme estoffe , dont l'un ( qui es-' toit guidon de ma compagnie) eust.flory et se fust signalé, si le trop de valeur n'eust précipité sa vie en querelles, qu'il devoit avoir réservée pour sa patrie.
Les places foibles, battues , assaillies , qui ne sont emportées en trois jours , durent six sepmames; les médiocres, non emportées en six sepmaines^ ayant résisté aux assauts, peuvent durer long-temps : les foibles s'attaquent sans tranchées, les médiocres con- .traignent d'en foire, les fortes se preneni pied à pied. Les assauts soustenus encouragent ; après iceux , l'assiégeant peut cognois* tre ce qui réussira de l'entreprise ; continue ou levé son siège, selon la nécessité des affoires : il vaut mieux quicter les ennemis que se perdre pour trop d'envie de les vaincre.. Les capitaines adviâés ne résolvent volontiers l'assaut gênerai s'ils ne battent en courtine ; plus il s'envoye de soldats à l'assaut , plus de confusion ; par petites troupes se loger sur les bresches est plus utile, pourveu qu'ils soient soustenus de près.
La retraicte de nuict ne se doit mettre en difficulté quand on craint estre defoict au poinct du jour. C'est prendre l'espouvante , c'est percbe réputation de s'en aller de nuict : qui a le profit de la guerre en a l'hon» nem\ Tel brave en conseil, qui s^enfoit à l'effect ; tel donne advis , qui se mocque de ce qu'on l'a suivy. Si les catholiques ne se fossent retirés par l'obscurité après le siège de Chastelleraux , Us n'eussent esté vietorieux à Montcontour. Si les huguenots eus-* sent marché de nuict audict Montcontour, ils n'y eussent esté rompus le lendemain, m Strosse en Italie vaincu par le marquis de Marignan. Le duc de Parme , des plus grands capitaines de nostre temps , se retira heu-* reusement du champ de bataille qu'il teaoit à la portée du canon du roy Henry IV, de nuict , et se trouva après à une assiete si forte auprès de Codebec , que Sa ^jesté neluy peut rien foire. Et sans vanterie , je diray que si je n'eusse asseuré ledict duc qu'approdiant de Rouan où j^avois commandé il se treuvoit des assietes fortes, de quatre} en quatre lieues , qu'il pouvoit prendre à la foveur de
HËHOmES DE GASPARD DE SAULX.
h miel et B^empescher da combattre*, il B*eiitt adnuiicé si avani pour lever ledict fliege qa*il ft«
1^ .Emreiiiealer les aaxiliaires parmy les sieis oomre les monopoles esi nécessaire : les Snisr ses , lansquenets et Italiens, sont mis en mesme eoips de bataillon par les sag^ Espagnob avec Inur natioB. Geste diversité ne se mutine en mesoM temps , ne demande argent en mesme langue, nerefiosent le combat tons ensemble : les affectionnés, les vaillans tirent les autres iqprès eux, par exemple et par emnlatioa. iMAonains separoient les auxiliaires; leur ■ombre, leur vaillance les excédant, ils ne leur pouvoîent nuire , leur commandant comme à leurs esclaves non expérimentés. Cest prudence d'opposer les forts aux foi* Mes en bataille , pourveu que les foibles de sa part ne soient contraints combattre avant la defticte des moindres des ennemis, laquelle advenant deseonrage les contraires; le premier bonheur d'un combat donne grand advantage. Et souvent ceste rose s'est faicte d*amttser les plus forts des ennemis, leur mettant à Topposite des foibles fort estoignés, cependant que les plus forts de leurs contraires advancés obtenoient la victoire sur les foibles de leurs ennemis.
, Les passions, prières, larmes, ni les pressas , ne doivent esmouvoir les généraux d*armées, lesquels , à l'exemple du serpent, se doivent boucher Toreille pour n'estre charmés, et (cosame hommes) les onvrn* à temps, pour n'opiniastrer contre la raison; autrement ils sont soudainement chastiés : et pour vouloir exempter un logis par prières on argent présenté, ib ouvrent une porte pour endomuMiger ou défaire leur armée, à feute d*estre logés en gens de guerre. Les evene* ■MUS mauvais ne doivent foire regretter les sages conseils , qui pour lors ne se pouvoient ni se devaient donner autres ; tellement que reprochés, ceux qui les ont donné disent ne s'eu repentir, d^autant que Testât des afiaires de lors le reqneroit , non qu% fassent obligés d'en garantir Timprudence ou malheur des eveneroens fortuits.
U est diiBcile de garder un passage aisé à forcer , contre ceux qui veulent combattre : WM jnDéeperdant ce qtrelkîjgvde port
tant de courage. Les luriieriens eoBtre f pereor en Allemagne ^ la defoicte des nrançsl par Gonsalve, celle de Lautrec , près Wkm sont advenues pour vouloir garder les poBi| ges des fossés ou rivières. Je rcgreJlciii toujours que, lorsque je cfaassaf Lea*Di0ri| res de devant Tallard et que je 1*< que luy , paraissant en gros sur le bord rivière de la Durance avec toutes ses le jour devant qoe je ne lapassis, sai iln'eustpoint rendu de combat. Le 1 que je traversis la rivière ,* ils se tindrsBl loing du bord, qu'ils eurent moyen de sa tirer quand mes coureurs forent aux tades avec eux.
Faut apprendre aux coureurs de ne plir de doute, ny refroidir les ardeurs des troupes par ces mots : ■ » voici! ils désirent la charge ! viennentà » en bonne ordre.» Le sage capitaine « Si nous marchons , ib ne viennent plnM| » à nous que nous à eux. • L'advisé covemj forcé de parier devant les troupes, couvre II courage des ennemis, disant : « Ils viennmi » passer près de nous pour se relîrsr ; I » sont contraincts de couvrir leur peur A » bonne mine et de combattre , pnrce i|rii » ne s^en peuvent aller. » A la dhasse, m^ promenant , en marchant , les capitaiiiesfW vent recognoistre les bonnes ou assietes des armées , lieux eslevés, flanqués de bois , barrés de rivières, nues faciles et dîfliciles i retrancher , jAi viendroîent les vivres , et comme ^qmif i peuvent estre em|)escliés , pour s^en prtva loir à la nécessité , et se tigurer des exem|ric pour s'en servir de semblaMes au besoin.
Les entreprises descouvertes sont ftiKei honteuses et dangereuses, les paneaaai sceus fort périlleux : le secret ny la vui prononcée ne se peut retenir, et voUe i l'un à l'autre ; Tamy a un autre amy qui I dit au troisiesme : la recommandation de i taire donne plus de désir de parler. Llgns rance, la vanité, envie et malveuillance autant de langues (|ui accusent les de Aucuns, en crainte d'y aller, les descouvrsi ou publient qu'ils sont jà descouveris, qu* y a trois joui*s qu'il se dit que les ennemb I
, sçaveM, 4)ii'îls les attendent^ et /piulquarfii
ftÈÔNte M CHAULÉS fit.
^lesrfVertiMeàlatt plréjwdice du çene^ hoar ^ \eo(l^ p^^ eimitelfoti de leurs Lpotiê, emp^Bstcher ^Hls to>ekicmit «n AVosorar <j|to1fc j^efiseut estré , od à eeiMdkfiqsfi^At. tes capitaines coM- Il Al ge^^ 4^ dit Bon tntemîoki à J^fjDkTs , \esé(ne^ ^eMetrUmt âu logis ^ ^tmse^^ etMKiÀa ^yerit, et H leur I0hi»t ^^ "^soSt alben, {Mtatvea qà"^ pjpett esfre accusés , quelquesfois le Iponr rejeté^ Is fiimte de Id ^étescouvette il; cMnpâ{p)ous« Le^ db^ Yndfecréfs pdés d^iBflr à îalgueiTe , ^pew tester lUdats, vm f)Mnr fmreistre àvôîr âe la I, disent ce qu'ils sçavent : d'aucuns jîi ^dos ^x , 4fm se Vaystnt VMs- I jMger «fiei ^ÉMteip^ Iguieres à iRtr , ne MmqMut êé pti'Iêt ; et s'en lire (|m (tot !Mt ées 'bruits , signais, et H arqocftttses au part^meift , en dieiproclie êtes eufteuiis : autres par con- ^ dcvioeat rentre^rise : tiffràsés de ne tié ^ câMfm/iqiiée , advertissent.
rrenHier àtM fyeriis, dh le capilaine ai rfc, son honneur, -et engage ses amis , leor sefoft ne se fier du secret et de la lion qu*i 8m4De9nie , 'duquel ne defet rentière V^Eécution, n'ouvrir du Ih Inroche «fd'en cas de Nécessité fàk*lie commandement, si Fentreprise eft q» srfn gênerai prudent et grand ca-^ t.après s'entre enqiHs de ceux à qui il HdDonqnée , s'ils sont ses ennemis , ^naOBÎoQpradens, il se doit excuser d*en A^dûrje de Fexccuter , la rejetter sur In! OB proposer des difficultés, selon qu*il p(nsi(|ae le dessein est descouvert ; il tum estre accusé de tardiveté que de Apràorarar; que si le gênerai ne prend »e CD payement , illFaut parler clair avant |ttrtir, avec protestation que s'il advient lAeor il seraTejetté sur le commandei Mgné mal à propos, et non sur celuy *évt.
i n en tous lieux les amis servent ; ils ta dire des choses qui seroicnt mal h nia bouche de ceux auxquels ilstou- Me plus, peuvent retarder et rompre le Al, et prendre garde que Tinclination
^fprciKlrcTrc*ft[cBite , ty irop de winp-
Con fite ^retarde tes desseins , cônsideifMt IV ihitM et suffisance du gênerai : s'il est persuadé d'aMs ou d'ennemis, si c'est point une commission pour se défaire de celuy qui Tentreprend , ou l'abaisser dThonnenr . Heureux qui a ^endu preuve de soy , ^ auquel le re-» ftis des eomùifssions tie peut estre attribué h deluut de courage ! Le dessein e^nt accepté, il l^rut se t*ecommander à Dieu , n'aller en espérance de butin ou de vsdne gloire, et marcher en hiteutiou de sauver beux qui ne ^ mettront en defence , les ecclésiastiques et rbounenr des feUraoes , et d'attribuer FlicfU'reux succès à Nostre Semeur, non h nos eu^ teudemens , non à if os forces ny soldats.
Les pansemens impourveus sont les ptus Sieurs , et en nresme temps que l'un est cbn-^ traînet dé faire molutetà cheval, semer divers bruits afu contraire de l'entreprise , ou faire donner une alanne, ou dire que le gênerai veut voir les troupes marcher quelque temps , StU^ le chemin opposite au dessein ; foire entrete* nir les soldats pafr quelque confident , & ce qu'ils n'accusent leur t*ef de toenteriè , et leur imprimer en l'esprit de fiiux sujets pouf lesquels ou marche , colorés de raison , et là où il y a de l'apparence à ce qt/e lears esprits préoccupés ne devinent. Seroît bon moutef* deux ou trois fois h cheval et s'enretolimet, ou demeurer aux champs , avant que d'en-* ^ treprendre , quelques jours ; et lors que les ennemis negtîgeUt, et pour tant de divers ad* vis quHs auront receus , pensent l'entreprise faillie, ou que Ton soit pai'ty pour autre sub * ject, c'est le temps qu'elle s'exécute/, si le capitaine est favori du gênerai , le meilleur seroit qu'il fist l'entreprise soy-mesme.
Après avoir fait monter à cheval ses com^ pagnons poin* son dessein , qu'il n'a dit qu^à soy-mesme , il peut venir demander congé d'aller à la guerre , et n'en dire au gênerai que ce qu'il en faut pour conserver sa fo* veur ; et si l'exécution est plus grande que la proposition qu'il luy aura dicte , de retour fera entendre que ce bon-heur est venu par occasion et advis qu'ils ont eu sur le chemin. Les supputations aux entreprises servent infi-' niment : les espions verront seller les chevaux, partiront; il leur faut tant d'heures •pont aller \Cts les ennemis , et aux entre-
preneurs tant pour y estre. Avant que montrer signe de monter à cheval , seroit utile de mettre deux ou trois cavaliers sur le chemin ou foux sentiers, etmesme opposite aux ennemis , pour attraper les espions.
* La seurté des entreprises est d'y aller fort, faire différons gros , à ce qu à tous evenemens les derniers soustiennent la confusion, ai elle advient aux premiers. L'ordre nocturne est le plus difficile, se rompt, se confond 8oy-mesme par accident ou à escient , par les soldats mal nourris, lassés, endormis, qui monstrent les mescbes, rompent la file, mènent bruict, s'esloignent , se cachent des capitaines en païs estroict, entre bois et varions , se perdent facilement. Chaque troupe de cavalerie et d'infanterie doit avoir son guide et son chef, qui ne les' souffrent meslés que le moins qu'il se pourra : qui n'a esté en ces entreprises ne sçauroit penser la confusion qui y arrive.
Les grandes troupes de gens de pied en chemins estroicts mettront une nuict à faire trois lieues : de là vient l'advis des ennemis , la surprise du jour , et la faute d'arriver à rheure préméditée ; autre est la disposition de ceux qui cherchent combat à la grosse avanture. Les soldats (hors le casque) doivent porter leurs armes , pour n'estre contraincts les aller chercher lorsqu'il n'y a temps que pour se mettre en bataille ; c'est pourquoy leur casque doit estre à l'arçon de la selle : éviter que le bruict , l'appel des valets , le tour qui se fait pour les chercher, n'apporte estonnement. Le seul chef se peut exempter de porter ses brassards et tacetes , à ce que le travail du corps ne luy empesche celuy de l'esprit ; joinct qu'il est conlrainct de courre de tous costés. Les capitaines respondant mieux des soldats marchant trois à trois , ou cinq à cinq , empeschent plus aisément qu'ils se desbandent p;)ur le butin et inobéissance , qui fait demeurer les cornettes seules, et rend les soldats pilleurs , le païs ruiné , et les ennemis adveriis. Ces mal -créés , se faisans coureurs quand ils veulent , qui aux moindi'es obstacles reviennent desbandés , portent l'effroy et le desordre avec eux.
Pour les empeacher, faut mettre les marcschaux des logis, et lesadvisés soldats à cinq
cens pas sur les flancs et sur h qoene mander à ceux qui mènent les coun auxdits mareschaux des logis , de tu hommes ou les chevaux de ces bandes bandés qui font perdre l'occasion , Th et la vie des hommes de conunaodi lesquels ne doivent souffrir , en sorte soit , passer devant eux. Toutgi&tàest adverty : le meilleur capitaine n*est jm bon pour mener les coureurs , detfôei vent despendent la victoire et la ki« peuvent marcher mil pas devant le grti sant au milieu trois oa quatre chenio advertir le chef de ce qu'ils voyent et qu'ils font.
Les advis doivent estre portés coib clairs : les coureurs peuvent mettre cens pas devant eux trois ou quatre d à gauche, et à droite autant, lesquekp apercevoir sur les flancs, que les mom colines , ou bois cachent. Ces coureur vent s^esclaircir de ce qui leur sera mandé avant que prendre ce nom ; el ordonné de combattre tout ce qu'ils ront , et qu'ils soient soustenos de troupes , il n'y a pas beaucoup de nies : si au contraire ils vont en doole grande force des ennemis , dès qui voyent après l'advis donné, ils doiveot descouvrir le derrière d'iceuxparcirail et escart, de costé et d'antre, de fod advisés soldats bien montés , poir (ih trop forts) donner temps et mofu aa { de se retirer sans qu'il soit eo prcwn pour donner temps aux leurs de so «U au combat, choisir et prendre leur adJ et assiete.
Aucuns ont fait leurs coureurs forts.
quels ils commmandent de cfaar([er;s1 réussit bien , Icui* gros n'est siesloiooê^ ne puissent suivre la victoire; si si traire les coureurs sont battus , (icdirt n'est si proche qu'ils ne se puissent rer. Cela est de l'expertise du chef, monte à Tadvantage , et partant, hni ril , fait charger ses coureurs sans se dk taste le courage des ennemis , etsjjui brouiller revient en son ([tos pour l^ retirer , s'il est besoin, avant qu'il } idl trainct. Ceux qui sont foibles ne doivent I
iii-»roun>urs forw, pmip n'esire engagea,
'jne U" re|;rcl tli; U-s pcTtli-o nt- face Imsur-
r le iiaijuH mal à propos.
\ la proniKTi- nouvelle dos ojiaemis , le
i-i (Juit f.iirc imite : il se faut motlre prc-
l'-t ni' m en onire de n'ostre i)ailus , avant
I '-• [■i'ns«r à Iiattre les autres. Ceux qui
i.LM .il labnne nrec brukts et cris , et qui
■■^■■^' ■•..'-ni nuircheni oa nvant, tnonstreoi
i' ■■ :;-rL'lc et font naistre la confusion.
.111 'urs doivent eslre advertis de ne lu
ip vliauilc , d'onvoycr des hommes
•;iii, au lieu d'encourager, n'ap-
' i j .linto. Ces mots : ■■ Los voici qu'ils