I - m à voHs! ils marclicnt pour pren
< ' I Ii3r{;f!! ils sont bien ordoiuiés! ils
.-...'. .-.uiroup! "Se peuvent dire avec la
signilication , sans apporter craiute ,
: •• L'un descouvre quelques ennemis
loai mine de vouloir rtci^voir la charge,
ifeot Uiite; iU savoilCL-nl , quelques uns
ordonnés. " Ainsi purhnit froidement
ilîc, l'imngmaliun des suldats n'est sou-
it mal li-appêe, encore que l'intelli-
M'mblahle. El après il est besoin
cbefsoyeni les rapports des coureurs
CI les instruire et commander
qu'à eus et sans bruici. Us peu-
devnnt d'eux pour ouïr et r*^-
ea dire aux troupes que ce qu'il
lire qu'ils sçucheut et qui les peut
condiat.
arqni'busiers à cheval ou à pied, les disposer qu'ils n'apporleiit l>aga{;i.'s ne sont propres pour n'est que ce soit gens de cavalerie , contraiuets de sues poor les couvrir au bedoivenl resisteruux bruicts ;r crient qu'ils sehasiiiii, que l'eofuyent , que loccasion de la ~ ; plusieurs se sont prei:ipités I. Pour défaire les ennemis , il en esiat de ne l'estre ; avancei-, iwe tout par ordre , pour souside embuscade , ou un retour lis, leurs façons bien recogneups, reiraicte asseuréc. Si elle so fait en ,ks arquebusiers ù cheval bien moulés , troupe losank-e pour si' iiiesler les en-
gage , et fait pnroisire leur résolution , leur fait changer le pas au trot , et le trot au galop; el lors il nu faut plus marcliunder ; trente en battent cent. Le chef ayant laissé les troupes it Sun lieutenant , qui suit en ordre au grand trot, force de charger et meKlep, les siens avec commandement audacieux ot aigre. Quoy que ce soit , ne mettre son groK- - CD tel estât ou dc.Hirdi'C qu'il ne puisse plus recevoir commandement. El quand les rangs par la poursuiue sont rompus, et que tout marche confusément , comme une troupe detaureaux, les capitaines en fluric, en le«(e, sur la queue , Us pimvent encore retenir eu estai do recevoir ordre : et vaut bien mieux perdre l'occasion que de la donner , laisser la proye que de se mettre en pr»yc soy mesme.
L'ordre soustient rass;mii les meilleurs doivent eslre employés pour les bresches, et les moindres pour les gardes : faut <lt!s capitaines des quartiers, employer des bourgeois alFeclionnés , à l'artillerie , au commandement des ouvrages , pionniers et manœuvres , et les plus tidelcs aux vivres et munitions ; ob— . server les chemins pour conduire les mtmitions , retirer les bleces , porter les réparations sans embarras , chaque chose en soq. lieu , en son temps , à sua heure.
J'ay fait plusieurs inventions,, tant pour les villes que pour la campagne , qui peuvent servir : la fumée inventée sur les brcst'hes des courtines , des bois se tirans comme un rideau quand on veut donner i ia bicsche ^ plus , des chariots qui couvriruient le Buiic d'une armée , s'alongissant chacun de trcutu pas, des ponts de quarante pieds, qui sa jettent en despit des assiégés ; des poutres de niesme longueur eslevécs par engins , où il y a des hommes couverts de manteleLs au dessus qui tirent dans les bresches, et voyent dans la vdle quand il n'y a point d'artilierie pour les desloger ; des chausse- Ira pe s de six pieds enchaisnécs pour couvrir les bataillons de gens de pied ; des pièces pour senir dans las escadnms, qui tirent sans eslre besoin d'osier les clicvaux; un rang de. vingt chevaux maillets porums des fauconi)e:uix avec des soldais sur lesdicls cheV!iii\, lesquels d''sco«verls du premier ri.ng iirnvent
min
tirer dans les escadrons sans tourner. liCs inventions nouTelles estonnent les ennemis : infinies se peuvent fabriquer et augmenter, melUeures qu'une partie de celles que j'ay îfiTentces , desquelles il ftiudroit voir les mo délies pour les bien entendre.
Lei empoisonneurs et assassinateurs doitant estre punis et rejettes , à ce que nous ne soyons subjccts à courre pareille fortune par leurs semblables. Les gens d'Iionneur , ÊooB fausses marques ou promesse de servir, perdent ce nom, tuans ou trafaissans ceux auxquels ils ont engagé leur parole : au contraire , cacbanjl sa marque au milieu d'une année , et tuant les signalés , mérite gloire et recompense.
Les livres , Vexperience font croire qu'il -vaut mieux aller à la bataille que résoudre : m nous marcberons devant eux ; s'ils nous atta- » quent nous respondrons, sinon nous passe- » rons. » Les cœurs des soldats ne sont résolus , pensent que pour la cognoissanec que le gênerai a d*eux et de leur advantage , il se passeroit volontiers de combattre s'il pouvoit : ainsi ils donnent prééminence seur leurs cœurs aux ennemis , lesquels proposent la bataille à leur passage ; et présument ceux qui veulent paisser , que les autres ne viendroient au combat pour les empescher , s'ils ne se sentoient plus forts d'hommes et de cœur qu'eux.
Les troupes égalles aux gardes ordinaires Afficîlement entrent aux villes assiégées ; trois cens chevaux les peuvent secourir sça- €hant le pais , attendu que les gardes ne sont imposées de pareil nombre : sans advertisâement ne sont jamais quatre vin{;is ou cent €tlevaux ; et cependant que pareille troupe est MX mains , les autres deux cens entrent. Il ^8t facile de condufre des troupes jusques j^rocbe des villes assiégées , impossible de se retirer sans grand péril; ou il ne faudroit induire le secours , ou estre le secours soymesme ; le salut et l'honneur est à ceux qui entrent , le péril et souvent la honte à l'escorte qui se retire. J'en ay foii la preuve à Noyons, que le roy assi(»;;eîi en l'année 1oi)I; avec quatre cens chcvau?{ , je conduits le socours^de trois cens arquel)usiprs ù deux cens pas de la ville sans alarme : je les tennis de-
dans I et , me retirant au pas . je reçois par- [ (lUc j'en ay foicie.
tie de l'armée du roy sur les bras , trouvant personne de courage suOisan faire la retraicte , j'y demeuray pour \ les quatre vingts chevaux : je me pen fus pris, mal assisté dans une chari j'eusse résolu de perdre tous nos cbev d'y entrer , j*en venois à bout san tune , n'y ayant que trente chevaux eu 1 le mal estoit que je n'avois leconunanc de ce f^ire du genei'al.
Aux effects hasardeux il faut se re soy-mesme , ou avec un on- deux inten rhonneur. J'esiois allé pour secourir très ; à deux lieues près , les capitame drent excuses sur la peite de leursch teUement que je n'y pens jetter que qi hommes , qui ne suffirent poiu* la garai meilleur précepte pour ceux qui secoi est de ne l'entreprendre , ou de sortir gis , déterminé de combattre tout ce présentera, sans mettre on délibérât la campagne ce qui a este resoin au lo ce n*est sous nouveaux accidens.
Les rcistros sont peu valeureux di çon qu'ils combattent. Ils n'enfoncent cadrons; le premier ran;; tire et toi gauche, descouvre le second qui fs mesme ; le reste suit tournant en Hma^ met en seurté deiriere les autres qui tiré , et prennent un grand tour pou tous ensemble recharger leurs pistd sauveté. Los François les enfoncent, meslans on re eonionrnement les emp L'ordre du combat d'Yvrv est blasmé, que les rcistros osioiont au flanc droic traincts pour leurs ordres et limaç< tourner à gauche , ou , irenvant cavah leur armée , ils y apporloionl coiiFusiQ eussent eu le courage qu'avoient ci M. d'Anjou àMontconlour , il n'eussen apporté d'inconvonicni , et eussent paj tre , comme les escadrons des roistres Moniconlour , qui par leur vaillance m point de desordre ri la cavalerie frs dos leurs (pii esloii aussi placée su main (jauciit; , ayant esté placés entn oscadnîns do lanciers Irançois ; si les r no changent leur ordre de combat , 1 aisés à def:;iro : je le juge? pur l'cxpc
I. d'Atencon favorisant les Huguenots et Iconieos, en Tan 1575, M. de Thoçey ise avec deux mil reîstres et cinq cens ca-; (ififtftaDÇOJs,pour favoriser la sortie de là ,tf du&t seigneur tf Alençon , cpiî çn parleDoesoe temps que ces forces entrèrent. Ifvr envoyé M. de Guise accompagné de p^'cens lances , desquels j'estois avec ma «o^ie de soixante maistres.Nos ennemis oieDtde grandes traictes pour éviter le jiot, et joindre mondict seigneur d'Alen- , >oi]S redooblasmes les nostres , et si tque nous les joignismes à une journée knansjesretardans par escarmouches, ions d'arquebusiers àcheyalsoustemis.
i hastent d'une telle vistesse , que nos les harassées ne les peuvent approcher Ifos: moy plus diligent, me treuvay en h ede bataille au rendez-vous dès la pointe
oor
. de Guise continue tes attaquemens par icbusades qui portoient dans les derniers |(desreistres : eux, craignansde perdre g bagages, résolvent le combat, renver- Jes escarmouches. M. de Guise s'estonne ■Il que ma compagnie , celle de Bezigny, "^'ié de celle de M- d'Êlbeuf et de Pieone^ ensemble pouvoient estre deux cens ;. M. de Guise , conseillé du sieur de il, nous commande de soustenir la charge lied coy, saps nous advancer ; fait mettre là terre à deux cens arquebusiers à che- «tirés des régimens des gens de pied , au td^on maret et d*nne baye à nostre droicte. ïpWaàdemye lieue de nous aucune caderie.D'estans arrivés les escadrons de (l.deGiùse et du Mayne , composés de mil baoi, flj trois cens reistres que nous
Gs que considérant, nos ennemis viennent ms, leur cavalerie françoise à droicte.
îkr de Biron persiste de n'aller à eux , B fait les attendre de pied ferme , pour ne B desordooner. Ils viennent à la charge ; pt qu'y estre ils reçoivent la salve de deux sarquebusiers ; partie de leur effort tombe Ks compagnies de Pienne et d'Elbeuf , j'en la meilleure part. Je charge dans le coing leur escadron -, eux moitié tournés et char-
, i«i l€5 emporte avec tel danger , que laioa
RÈbNE i)E CHARLES IX. 507
cheval tué , mon casque Jette hors de ma teste, en leur lournement me donnèrent temps d'çstre rernonté par les miens. De bonheur mon easeigne, auquel je l'avois défendu, n'avoit rompu sa cornette : je les suivis , et se rallièrent sous ma cornette plusieurs seigneurs , entre lesquels estoit M. d'Aumalle.
Environ quinze cens chevaux reistrc^ epnemis se retirent en gros; je reste seul a |epr suitte avec soixante. Ils passent 1^ Marne à Dormans , moy après , avec cinquante , contre Fadvis de tous mes compagnons. Je ne Teiis si tost passé , que r'alliés font mine de , venir à la charge. Me voyant branler pour aller ^ eux , ils continuent leur fuitte par dedans, un bois où eux et nous fusmes long temps à \e passer. M. de Guise , qui nous avoit fait cliarger à la première charge sans s'y mesler ^ cherche un passage plus bas, et se trouve il leur flanc quand ils sortoient du bois, o(i /î fut blecé d'un arquebusier qu'il vouloit tuer. Sa blessure oste le courage a cinquante hom> mes de cheval qu'il amenoit, dont plusieurs de bonnes maisons se cachent dans le bojs.
Je r'asseure tout,, et tost après vindr^nt deux mareschaux de France sous ma cornette. Mm. de Aets et de BirQn ^ il y en eust sojidaî-, nement de bien estonnés. Nous n'avions que^ soixante maistres, ny à quqtre lieues de^mm% autres forces des nostres , sinon M. de Guisa f)Iecé , parce que nous avions suivy plus 4^ cinq lieues la victoire, et que les régimens de MM. de Guise et du Maine avoient tenu autre chemin après quelques gens de pied et ba~ gages que les reistres avoient ; et peux dire que si je n'eusse fait ferme , ces reistres, s'advaqçanty eussent pris M. de Guise qui estoit siu* un brancard, àdemy mort. Tous ces quinze cens reistres se mettent en, ordre de combat, viennent à nous; de ces soixante maistres il ne m'en demeure trente : voyant le péril, chacun prend party , l'estonnement augmenté pour la blesseure de M. de Guise , que bous tenions mort. Je dits au sieur de Biron , qui estoit assez triste , que j'allois charger , ayeç. ces trente chevaux qui me restoient, ces quinze cens , pour sauver M. de Guise , et qu'il se retirast, s'il pouvoit , avec lu y. Ainsi je que m'advançois au ti'ot , nous recogncumes dix trom* peucs nues testes i et ayant envoyé un des
MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. [m]
miens qui parloit allemand , le suivant de près, ces trompettes nous dirent que ces quinze cens reistres se vendent rendre , les ayant H. de Thorey abandonnés, s'estant retiré avec cent chevaux ; les mareacbaux vindrent iaire la capitulation, et r'amenerent avec eux les trente qui s'en èstoient allés. Tous Thonneur ce jour , avec cinquante chevaux qui me restoient de ma compagnie , d'amener quinze cent reistres prisonniers , et avions rompu au commencement les deux mil avec deux cens chevaux. Je continue en mon opinion, que c'est une nation (s'ils ne changent] fort aisée à battre , maintenant qu'ils ne sont pas tels qu'ils èstoient à la bataille de Dreux.
: . La resolution que les huguenots eurent de combattre à Montcontour, en Tannée 1569, semble celle que M. du Mayne prist à Yvry , en l'an 1590. Leurs deux armées composées d'es^ trangers , toutes deux traictoient avec leurs ennemis; toutes deux eurent des conseillers ( dont j'estois ) de ne combattre , me souvenant avoir dit au conseil , le matin devant le combat , que cent raisons convioyent à la bataille, etdeuxcensladissuadoient : une seule mauvaise raison emporta les deux chefs en divers temps , qu'ils ne perdroient que ce qu'ils dévoient perdre, manquant d'argent; qu*en [quinze jours leurs estrangers traicte- Toient et les trahiioient ou abandonneroient. Malheureux advis» sans considérer que la perte ne gisoit à estre abandonné des estrangers], mais bien en l'honneur et réputation des armes, qui est la ruyne des partis, suivie de toutes défaveurs. Après la faute, les deux chefs de guerre civile , MM. du Mayne , admirai de Ghastillon , le cogneurcnt et Tesprouvèrent à leur dommage et perte : les jeunes audacieux , et les clercs qui s'ennuyent de la guerre , sont des conseils dangereux.
Opiniastrer forcement , quoy que les conseils soient véritables, contre son gênerai, est dangereux ; faut maiotenir son advis sans* l'oETencer ; autrement par despit , pour ne se monstrer ignorans , ils suy vent les contraires opinions, encore qu'ils les sçachcot moins utiles que les proposées : neantmoins , en ce qui importe de la vie et do Thonneur , vaut mieux perdre la bienveillance du gênerai que
la ruyne du party , à ceux qui ont de la générosité.
La retraicte esloit facile à l'admirai de Ctm> tillon à Montcontour , s'eslant retiré en groi, faisant souvent teste, s'empeschant d'esttf chargé par petites troupes, lesquelles, coitrainctes d*attendre leur gros , donnent kriar de retraicte. De ce temps les arquebusienl cheval bien montés pressent fort ceux qâ s'en vont, joinct à ce que les 'victorieoi y précipitent des petites troupes pour arrester. les fuyards ; la prudence sans perdre Teofieadement est grandement requise , depuis qu'ai tourne le dos pour faire une retraicte, ûm ne prévient la crainte des soldats, et parboi ordre et paroles audacieuses, feignant que h retraicte se faict à dessein pour faire desb» der les ennemis à la suitte, et avoir rooyea de les défaire lors qu'ils pensent estre victorieux : ces inventions sont nécessaires pour éviter le désordre. Mil chevaux en cinquante troupes prenans divers chemins , ayans mesne rendez- vous , se peuvent retirer sans grande perte , et se remettre ensemble à vingt Uesm de là où ils se sont séparés : au pis ne s'a défait qu'une des troupes de vingt chevan.
La perfection d'un homme de bien semfah ne lui permettre feindre d'estre malade; i peut dire : « Je ne peux, ou je ne veux libn* » ment. » Ceux d'advis contraire UasmeH ceste franchise d'ignorance ; est loisiMe à m homme de bien de dissimuler et mentir à boona fin , si est-ce que la générosité et vérité sont tousjours à priser : heureux sont ccuxqaioy sont contraincts par les manymens des grandes affaires!
Les maladies sont envoyées aucune foisphs pour le bien que pour le mal des hommes, le trop de santé apporte souvent préjudice. Celles que j'ay eu m'ont osté le moyen d^acquerir de la réputation : que si la santé me fost demeurée depuis le temps que les guerres sont passées , sans doute je Tcusse employé à en rechercher de nouvelles on Hongrie et ca Flandres, me ressemant assez de courage et d'expérience pour acquérir de Thonneur. Mais aussi la guerre ne pouvant avoir autre considération que Tutilité d'icelle , il n'y cust manqué d occasion de peclié et de damnation : et Dieu , qui sçait mieux ce qu il nous fautqae
RÈGNE DE CHARLES IX
y QK'smes, <]iû qnelqaesfois nous veut irer luiIgT^ nous , nous envoyé des acciis que Doos nonunons malheurs , qui en ef- ^ $oDt pleins de félicités , purgeant nos ^^noasempeschant de nous perdre en jâe coirte vie , pour en acquérir une éter-
die.
^dfi ni«laot8 combats, smvé de tant d^assauts, itf dedooze coDps d'arqnebuse et d^espées , ^oonjer qmtre fois des Turcs et des années , (fOBpaDtlears prisons par d*infinis travaux , JHois à part moj : Gomme de tant de maux , fin , de fer, de sang à ma mort conjurée , ^ o'a Toolu tirer, ma vie est destinée pipidqoe illastre faict ou miracles nouveaux.
C' maol chez moy Dieu m*a ouvert les yeux , mon penser^ mais en differens lieux , D^lttnt le vain honneur au monde prétendu , « cdeste espoir et de divine flame , vonant nies petebés , il m'a sauvé , perdu ; pou ceste grandeur avoit gardé mon ame.
Jn gros au milieu du village placé évite les 1^; promptement et sagement courir ilarmc, sans se précipiter, renverse les i^reneurs, qui entrent à deux cœurs, en fçoD de trahison et entreprise double : laots dicts à propos quelquefois de gausse- »,en un grand péril r'asseurent les estoniHannibalenusa à la defeicte de Cannes, fOodaDt à Gigon que de tant d'ennemis fil coDtoit il n*y en avoit point qui eust nom lOHne loy.
âlescheiï de guerres civiles ne sont geittm, et qu'en peu de temps leur dessein Kittccede, ils s'ennuyent, et soubaittent ii>5iKi recommencer, tant pour le danger (kHtmienkis que pour Timportunité , menaces »:( iDODopoks des amis. Ceux qui en ont tasté iiHWflt mieux vivre en une mal-asseurée
»T, OU se précipiter dans les combats, tesire en la servitude des leurs , en danger ^$tre trahis à tous mouvemens. Il faut des nies non communes à un chef de part , !^riser la mort , laquelle se présente à tout Bp, vigilant, agissant, sans repos, n'y «Il seurté qu'en travaillant.
U Turc désire joindre le Tanahis avec le ristene, pour rendre navigables les maradises de la mer Noire en TOceane ; est t)esché par le Moscovite , mais pluslost de
Dieu , qui a limité des bornes que les hommes n'ont puissance de passer. Les Vénitiens tran« chent quelque; canaux, les rendent navigables pour peu d'espace ; les grandes entreprises leur sont interdictes, ainsi comme aux François de trancher le destroict de. SaincC Jean du Lux pour entrer de la Méditerranée en roceane , ni joindre Loire à Seyne , ni la Mouselle à la Meuse. Les entrepreneurs de tels ouvrages en France, de joindre la Seyne à la Loire > la Saosne à la rivière d' Armançon^ se sont faicts mocquer d'eux, et de leurs epitapbes jà desseignés pour les planter quand l'ouvrage seroit faict.
L'aguerriment des peuples s'accroist, se change , s'amoindrit en peu de temps; quinze cens reistres tués par M. de Guise au baroa d'Aulne , lequel baron avec quatre mil qui luy restent fuit cinquante lieues , et sort de France. Les reistres , perdant la bataille de Montcontour , se retirent en gros en moindre nombre , traversent quatre-vingts lieues de montagnes , reviennent combattre à Arnay le Duc. Aux suittes de victoires le trop de prudence a ses commodités comme le trop de folie ses pertes. Les huguenots se sont maintenus , ont fait la paix sans argent , n'ayant que cinquante villes ; ceux de la ligue avec les deux tiers de la France , les forces du pape et d'Espagne , se sont perdus : tant peut en divers temps la différence des générosités. Il est vray que la ligue avoit des inconunodités , estant de semblable religion que leurs ennemis ; ils traictoient quand bon leur sembloit, ils n'esperoient avoir de leurs chefs par le danger que ce que le roy leur promcttoit par la paix.
Il est emervcillable d'où viennent tant de millions d'or levés en France , en ti*ente-cinq ansdeguerre deshuguenots et de la ligue: c'est que la guerre estoit auparavant sur les frontières ou aux païs estrangers, non dans le cœur du royaume. Depuis les Anglois es guerres civiles des maisons de Bourgongne et d'Orléans ( semblables aux dernières pilleries), il y a eu six vingts ans : en ces six vingts ans de repos , le peuple avoit réservé et enterré de l'argent qu'il a falu sortir pour rachepter les vies des particuliers. De plus , il y a ime circulation d'argent; ce qui se
MÉMOmïS Dp GASPAIUD Dp B^XnX
donne anx so)4au est rendu pnr eux anx marchands et ouVrîefs , lesquels , pour avoir paiii , vin et n>*uig'de la campagne (où ils n'osoient sejonrner', ny mesmes les geift dé {|;oerre ), le dônôôient aux paisahs qui le rendoieut aux genS'd'armes par contrïbutiMis. Cest poiirquoy, on trente {ieDes que contient la Boui-goRgoe , se leVoît an ternes 4es guerres '" i""'i'"i' I -jénis inîl escus par an' , dais ^eai jusoit promptement cet aident ! ! Le rof entrant en Boiirgongne ', t^s de séjour y apporta pliis de flominage que six ans de guerre n'avoient fôîct'; parce c^'ils eoriportereat Vârgcnt et Ils bestial liors de la province , qui ne revint plus, auquel se fjisoit ce cbntourhement susdict ; et sans h venue de Sa'llajesié, en Tannée t595, il y avoit assez d'argent en la province pour continuer les grandes levées , et foire la giierre trente ans , par l'ordre qu'on y avoit mÎ8,'pour\-n que l'on ne se fust servy Jesâràîigera qtii eussent emporté lés deniers. La principale pauvreté de la France est advenue en la "inort du peuple , et dé cic qn'ïls.ont esté einpeschés de labourer , d'autant que les Espagnols y ont apporté six millions d'or , qui est plus d'argent que la solde dès estrangers n'en emportoit.
La rcpntatiwi des armes sert de beaacoup : avant le siège de Poicticrs les huguenots se foisoient craindre , après fls craignent. En la ligue , jusques au rombat de Senlîs , dix de M. du Maync en fuisoicnt fuyr cent du roy ; après, dix* de Sa Majesté en Faisoient fuyr cent de M. du Mayne; tant peut l'opinion, en laquelle il se faut maintenir ! Les capitaines ne doivent permettre aux ifpiorans ou timides d'aller à la guerre -, ceux qui sont battus ou battent souvent , estent le courage ou le donnent aux armées.
Ceux qui commencent les premières guerres civiles , pour s'en 'prévaloir et changer Testât , n'en viennent ù bout ; les seconds ou troisiesmes entrepreneurs les font quelquefois réussir. Sylla et Marius esbranlcrent l'es- Uit romain , Pompée et Jule& Ccsar a|TprocUcrcnt de s'en rendre maistres , Auguste l'obtint absolu , chan{;pa la république en monarchie ; ce qu'il n'cusl peu sans ceux qui l'avoieni précédé , cjui travaillèrent pour luy,
non pour eux, luy tracèrent le t^emin i^ devott sui^Te ; se Et sage par leurs fauM, cognent ce qu'il falloît foire et enter pour M tomber aux erreurs qu'ils avoietit ^L ]m tronÛes huguenots sont comparés i ceux 4( Marias et'Sylla, Serlorius, Spartacna ; c«^ de la ligue i ceux de Jules César, ay«nte|)| '■ M. du Hayne aussi proche de la conrooMI | que luy : garde le troîsiesme qa'i| ne ^«MeK tinÂùguste, ou pfusieiirs qm chaiigaU f^ i tat , et focent |e dessein plus court ,-lestnCStés d'estrangers plus fennes , et 1 Si sans des eflécts et promesses plni lesquels seront en dciïaUcé , en iktitn^ j solution , actions , differens de ceùi ^a p Su cbastiment de l'ignorance de lesrBd ciers naistra la prudoice des aneciAftaHP, désespérera les traictés'i nviMt nfiDr^RôillS^ mourir , si la mo^t des vîvàns n'entent ceste science qui ne s*apprênd par IJirnii Dieu est maistre de tous ces chàngemens; h guerre , la paix adviennent se|on ne» navra. Le paysan du Danube, en plein sôûtroiiaigt: dit : ■ Nous noiis vengerons de ybui \orsqH "VOS, dieux seront courroussés, les iioiin| ■ ai^isés , et que serons plus gen de ^m^ * que vous. • Si la France cèey t i Dieu , i| hi{ doimera sa paix , sa dissipation et myae i elle foit le contraire.
Il y a eu quatre changemens de divers ]Mt aux huguenots : les premières guerres ci^ei se firent par les menées de la royne , pair obtenir le crédit de la cour , et en depossedtr ceux de Guise i les secondes par les ha|Wnois croyans occuper le roy et l' estât;- In troisicsmes par nécessité , et pour assearef leur vie ; aux qualriesmes ils furent tués par leur outrecuidance à la Sainct Bartbeleny, voulant forcer les catholiques françoii îp prendre leur querelle contre les Espagtuds, et recevoir la perle , de laquelle ils vonkHeM tirer le profict. Ceux de la ligue , an comment cernent sous M. de Guise , assistés de la royne, firent la guerre pour entrer en crecGt, et chasser les mignons du roy Henry 111. j^rèl la mort de H. de Guise , la nécessité arm ses frères , l'heureux progrès le fit prétendre au suprême degré; drtquoy lombes après 1? bataille de Senlis , le dcLCs du roy r'allumi ce dessein d'occuper U couroone , que tel
WJ
RÈGNE DE CHARLES IX
sat
^cs d'Heary IV esteignîrent en partie , lireat penser à la dissipation empeschée Dieu, <lc la maladie du duc de Parme , g^*flceet mauvaise intelligence des chefs
yiDOjtear posé en la vaillance des gentils- ^. et la honte en f uitte , sert beaucoup (fvis, pour lesquels eux portés au corngV maintiennent pour leur propre inte- 4 repuution , sont plus braves par nejlé qne les citadins , qui ne soi^t tant deslés en leur fuitte ; mais lors qu'iceux ft hommes se mes-alUent , les enfans per-
Eiavent la juste moitié de leur valeur. b tant de victoires la paix honteuse acpar la royne , pour gagner trois ans f âses enfans, nécessaire pour gouv^rei poar ruiner le party huguenot, lequel Ueiisc) elle ne vouloit du tout atterrer , f sen prévaloir contre ses enfans propre;^ I besoin , ou autres qui vQudroient la deieder de son gouvernement , juge le prol repos contraire à son dessein et aux le* f de deniers extraordinaires qu'elle desi- , )fM. de Lorraine consentent à ceste (, soos espérance d'attraper les huguenots inoés, lesquels , baussés des prospérités fcoaes depuis Montcontour par la faute (catholicpies^ r'encouragés ne desseignent I de bas.
Lcsieurdelavanaes craint d'estre garant sescuoseils aux evenemens mauvais qui KKToieal succéder pour n'estre creu qu'à n)&,coatrarié par les (J/vers buts et des- «iffilehcour, ne s'opposer à la paix , pense iSAafiaires domestiques, marie sa fille au ^iturdcMemart, le plus riche gentil-hom- De dt' Poidou , son fils à la f fille du sieur me à Charny, auquel il fait avoir la rené de lestât de grand escuyer tenu par le m de Boisy son beau père ; luy donne la «-«(eaance de Bourgongne qu'il avoit , sous i)iDesse de la rendre dans six mois a sonci fik; à quoy ledict comte de Charny mania : tant peut Vamitié des pères qui se dcs- *ailleoi des grades pour faire avoir des filles riiieresiileurs enfans. Le roy et Monsieur, D frère, en jalousie à qui seroit le sieur de arannes , chacun le désire : M. d'Anjou luy fre deux mil livres de pension i il les refuse ,
si ce n'est avec permission du roy. Après avoir monstre qu'il n'est loisible aux subjects 4^ prendre pension* qup de leurs souverains, l'accepte par commandement de Sa Majesté*
M. d'Anjou, riche d'appannage et d'honneur, qiignon de sa mère ( qui le prépare pour s'en servir contre le roy son fils , s il luy vouloit oster le gouvernement des affaires), se plongo aux plaisirs. Le sieur de Tavanne$ Yen re-: preiûl, luy remonstre que la mort vient asseai tost , sans Tavancer par voluptés et irriter mens d*apetit extraordinaire , ruyne d'ame , de corps et de réputation. Les despencea excessives continuantes aux nopces de M. de Guise et de la vefve du prince de Porttan » ledict sieur de Tavannes s'en mocque , dit an roy qu'il vouloit faire un festin, et qu'au lieu des chantres qu'ils faisoient venir dans le^^ nues feintes , il en feroit venir qui diroient ceste venté : « Vous estes de$ sots , voiis des- V pendez votre ai*gen( en festins , en pompes » et masques , et ne payez gensr^'armes ny » soldats ; les estrangers vous battront. » Se mocquant des prodigalités du roy, faictes i( gens sans mérites, dict qu'il avoit tant foi^ battre un mauvais chien qui prenoit le meitr leur morceau à hi curée d'un cerf, qu'il rendit sa gorge , et que les Turcs mangeojlent ua batteau de foing devant les chrestiens, auxr quels ils faisoient payer de Targent , disant) qu'ils avoient mangé pour leur donner passetemps; que les courtisans demandoient ai^ bout de deux ans recompense : enquis pourquoy, ils ne pouvoient respondre , smon que pource qu'ils avoient bien regardé Sa Majesté; dict que^la cour ressemble une estable de pauvre gentil -homme, là où l'on met les chevaux , les asnes et les bœufs , en mesmjQ ratellier ; son mérite faisoit prendre toutes ses gausseries en bonne part. Les huguenots, à l'accoustumce , continuent les plaintes dès le lendemain de lu paix.
Le roy nomme le sieur de Tavannes , avec autres de son conseil , pour pourvoir aux différents et rançons des prisonniers. Il le fait avec tant de justice que les huguenots mesmes ne vouloient autre arbitre. Il refuse souvent d'aller au conseil des finances, respond ne se vouloir damner poui* accroistre les tailles du roy. Il se fust volontiers retiré pour faire
son'salut, n'eustesté le désir de la (prandeur de ses enfens : son intégrité paroist à la responce suyvante aux inventions du sieur de Marillac : '
« Je dis que tous ces articles proposés par le sieur de Marillac, financier, tendent à subsides, non seulement sur le pauvre peuple , aîns sur la noblesse et sur TEgUse » d'autant que les poincts où il parle d'ériger oflBciers, sont tousjours plus de despence pour un chacun , et si en fin reviendra à grands frais au roy , pour la grande quantité d'argent qu'il faudra pour les gages ; outre qu'au lieu de reformer la justice pour l'équité et soulagement du peuple , ô'est y adjouster infim's pilleurs à sa ruyne.
À » Quant au subside de payer un denier pour livre de chaque contract, ou vendition qui se fait , c'est la mesme taille pour la noblesse, et plus sur icelle que sur autres, d'autant qu'ils ont plus de biens « et contractent plus souvent.
; » Quant aux subsides sur les farines et vin , il se treuvera de ro&sme; la noblesse sera plus à la taiflc que .les autres , et perdront une partie du revenu de leurs moulins. Le pauvre peuple , comme laboureurs , en seroient aussi chargés par trop , d'autant que la pluspart ne vit que de pain ; en8n il se treuveroit bien dur que des hommes ne pussent manfjer un seul morceau qui ne portast subside.
i » Il y a aussi fort peu de propos de prendre et payer le vin à la vigne , parce qu'il n'y auroit point d'esgalité en ce subside par le royaume ; et tel païs qu'est tout de vignoble , où est ordinairement le plus pauvi*e peuple , ne vivant que de ses bras , payeroit cent mil livres ou tant de subsides par an , plus que les meilleurs où il n'y a vignoble. Et à tous evenemens, s'il falioit prendre sur Je vin , et que l'on ne voulnst craindre d'ériger subsides sur le peuple , le faudroit prendre lors qu'il se vend en dcstail , d'autant que partout il s'en vend , et y seroit la* noblesse moins intéressée.
: » Et touchant celuy de vendre les bois par coupes, cela est juste et raisonnable, sans faire tort à personne.
u Et quant à réduire les rentes qui sont au
denier quinze, il y a quelque appai attendu le gain qu'ont desja fait ceux q tiennent : c'est le moins mauvais.
M Après avoir veu les moyens baillés sieur de Marillac , et considéré ce qui 1 à Testât de la couronne , il n'est possil trouver bon un seul des articles qui int la noblesse, ny qui la rend taiilable, et d( condition : d'autant que l'on sçait bies convenient qui qu peut advenir au 'susd tat. Les exemples en sont recens de toi tés, et faut necessaireioent considère c'est ce qui soustienc la hautesse du Testât pour estre courageuse , et partai estre tenue libre et menée par amour, fin ne veut mettre tout au hasard , en ce que les cervelles et fantaisies sont tn muantes. »
Au mois de novembre i570 , le roy C espouse Elisabeth d'Austriche , fille de milien , empereur , espérant en vain , ( peu de puissance que les empereurs • Allemagne , par ce mariage rompre les des reistres , si accoûstumés à venir en F
[1571] Le sieur de Tavannes sans grac vernoit Testât; ses mérites parlent pot ennemi de toute faction contraire à Leu jestés , qui se plaignent de n'avoir aue tats vaquans pour le recognoistre. La disant à madame de Tavannes qu'elle l roit cinquiesme mareschal s'il s'en est autres fois, elle rcspond que c'est ch( usitée de leur avoir fait gagner deuxb en un an , qu'il méritoit rcscompense i coustumée. Leurs Majestés se resolvei donnent et le créent cinquiesme mares4 France , avec plus d'honneur que s'il ei pourveu par la mort d'un d'iceux : sa estouffe Tenvie ; le choix est approuvé ralement de tous , pour y avoir douze t la France le luy donnoit. La teneur lettres fut telle :
« Charles , par la grâce de Dieu , France , à tous ceux qui ces présentes verront , salut. Comme nous n'ayons rw cher ni recommandé que la vertu et signalée des grands et gens de guerre , de ceux qui ont vaillamment hasardé lei et libéralement employé leurs biens et i pour s'acquérir la gloire que les armes p
IHJ
RÈGNE DE CHARLES IX
urier an plus courageux , qui se sont exjés pour la conserva tien et augmentation de 4rf cooronne, et considerans les grands , 1^ , di{pies et remarquables services que sieardeTavannes, chevalier de nostreor- , (QBjeiller en nostre conseil privé , capi» g! de cloquante honunes d'armes de nos IjiBiiBGcs , et n*a gneres nostre lieutenant tenl aa goavernement de Bourgongne , a iss qaarante-cinq ans faits et continués ( tm honneur et louange aux feus roys , trés-bonorés ayeuls , père et frère d'heucniemoire, et à nous,' tant hors nostre pie qu au dedans iceluy , en plusieurs ^poruns affaires et voyages, assauts, ■tes de villes , rencontres et batailles , ■es en celles de Pavie , Gerisolles, Ranty , ijiDnmment des dernières de Jarnac et de rtcontour, sous la charge de nostre trèsrettrès-amé frère le duc d* Anjou et de iboDoois, nostre lieutenant gênerai reicnunt nostre personne par tout nostre iHime, avec telle réputation que nostre 1 frère et tons les seigneurs , princes , capBes et gens de guerre qui estoient le tes- ^eoL Ayant aussi égard que dès 4e temps Mstre seigneur et père le roy Henry , et (de ladicte journée de Ranty , où ledict vdeTavannes fit très-grand devoir, letsieor roy (pour mémoire de sa vertu), présence le Tannée , le voulut honorer de 1 ordre et lay donner celuy roesme qu'il rtoii; et depuis encoreshiy ont esté soumefois promis et asseurés de grands estats, toaipil a très-bien mérité :
«Sçi\oir faisons que nous voulons de très- »nc(EQr, et ainsi qu^il appartient, et que m éeim recognoistre et favoriser un si foe, rare, affectionné et ancien serviteur ^ Met sieur de Tavanncs , et user envers de la rémunération et grâce extraordi- "e qa'il s*e$t acquis par sa vertu et valeur, or ses longs , laborieux et extraordinaires ices, à fin qu'il serve d'exemple pour esmité par tous chevaliers généreux, et le IBer en cest endroit ;
A ces causes , et autres très-grandes rai-
et considérations à ce nous mouvans ,
le bon et prudent advis de la royne nos-
ïès-honorée dame et mère , et de nostre-
dict frère le duc d'Anjou , et de nostre grâce spéciale, pleine puissance et auctorité royale, avons (en faveur dudict sieur de Tavannes) fait, érigé, créé, ordonné et estably, faisons, érigeons , créons , ordonnons et establissons par ces présentes , et pour ceste fois seulement , un estât de mareschal de France , outre les quatre mareschaux de France qui ont accoustumé d'estre , et qui sont de présent ponrveus. Et audîct estât avons attribué et affecté , attribuons et affectons tels et semblables honneurs , prérogatives , franchises , libertés , gages , pensions , droicts , profits et emolumens , avec mesme pouvoir , puissance et faculté desquels lesdicts quatre mareschaux de France et chacun d'eux a jouy et usé bien et duement , jouyt et use , suivant Tancienne création et institution , sans qu'il soit besoin d'iceux cy spécifier ny déclarer, et lesquels nous tenons pour tous spécifiés et déclarés , et à plein confians des grands sens, suffisances^ preud'hommie , vaillance , grande conduicte , expérience au fait de la guerre et des armes, et diligence dudict sieur de Tavannes.
» Luy avons libéralement, en recognoissance de ce que dessus, donné et octroyé, donnons et octroyons par cesdictes présentes, le susdict estât de mareschal de France, pour par luy le tenir , exercer , en jouyr et user , auxdicts honneurs , prérogatives, prééminences, franchises, libertés, gages, pensions , droicts , pouvoir , puissance et faculté dessus dictes , et comme Vun des autres quatre mareschaux de France, tant qu'il nous plaira ; à la charge expresse , et non autrement, que ledict- présent estât de mareschal de France demeurera suprimé , et le suprimons dès maintenant , après le décès dudict sieur de Tavannes , ou après l'avoir pourveu de l'un des quatre autres estats de mareschal de France , si aucun vient à vacquer durant sa vie. Et' toutesfois alors ledict sieur de Tavannes ne sera tenu prester autre serment que celuy qu'il fera en vertu des présentes , ni prendre autres lettres de provision.
» Si donnons en mandement à nostredlct très-cher et très-amé frère le duc d'Anjou et de Bourbonnois, nostre lieutenant gênerai, représentant nostre personne par tout nostre royaume , ù tous nos lieutenans généraux ,
MÉMOIRES DE GiSPARD DE SAULX.
gouTerneurs y capitaines et chefe de nos geos de {pierre , à tous nos justiciers , officiers et subjects , et chacun d'eux , ainsi qu'il appartiendra , que ledict sieur de Tavannes , duquel nous avons pris et receu le serment requis et accoustumé, et , icelay mis et institué en possession e| saisine dudîct estât de marescbal de France , ils le facent , sonjEreiit et laissent jouyr et user d'iceluy , ensemble de tout le contenu cy dessus , pleinement , et à luy obéir et entendre de tous ceux et ainsi qu'il appartiendra, es choses touchans et ooncemans ledict estât et office de marcscbal de France.
» Mandons en outre à nos amés et féaux conseillers et trésoriers de nostre espartpne, presens e( advenir , que les ga^es , pensions et droicls que nous attribuons audict estât , tels et seniblables qu'à Vm des autres marescbaux de France , ils payent , baillent et délivrent audict sieur de Tavannes , pàf c|bacun an , aux termes et en la manière accoustumée» et par eux rapportans le vidimuê des présentes , coUationné au présent original par Vun de nos amés et (eaux notaires et secrétaires, avec quictance suffisante. Nous voulons tout ce que payé et délivré aura esté à Toccasion que dessus , estré passé et alloué aux comptes desdicis trésoriers par nos amés et féaux les gens de nos comptes à Paris , auxquels nous mandons ainsi le faire sans difficulté , car tel est nostre plaisir ; nonobstant la création et institution desdicts quatre mareschaux de France, et quelconques edicts, ordonnances et coustumes à ce contraires , auxquelles, pour ceste fois seulement, et sans y prejudicier en autre chose, nous avons, pour les bonnes causes et considérations que dessus, desrogé et desrogeons par ces présentes , lesquelles nous avons voulu (en tesmoin de ce) signer de nostre propre main , et à icelle fuit apposer nostre seel. Donné à Maizieres, le vint-huicUesme jour de novembre , Tan de grâce mil cinq cens soixante et dix , et de nostre règne le dixiesme. Signé Charles. » Et sur le reply :
« Aujourd'hui sciziesme de février, Tan mil cinq cens soixante onzo , le roy estant au chasteau de Boulongne , Monsieur , duc d'Anjou , frère et lieutenant gênerai de Sa Majesté , a
présenté à Sadicte Majesté le sieqr do Tavannes, et luy a fait faire le scrmem de mreschal de France en tel cas reqais et «>conslumé , et luy a mis en main le bastoa i|| mareschal de France , rooy, cooaeiUer et m^ cf etaire d'estat de Sadicte Majesté , pn»paK Signé DB Nbufvillb. »
« GiURtBS , par la grâce de pieu / niy France , à tous ceux qui ces présentes verront , salut. Combien que , dès le huictiesme jour de novembre mil cinq soixante et dix, en pourvoyant nostre sin le sieur de Tavannes d'un estât de reschal de France , lors par nous érigé e» faveur , ayons déclaré , et soit port4 par lettres de provision dudict sieur de T^ nés , que sondict estât de mareschal cle fj demeureroit supprimé après *son decè» , après l'avoir pourveu de l'un des quatre très estats de mareschal de France , ù venoit k vaquer durant sa vie ; et qu'alors ledict sieur de Tavaimes ne tenu de nous prester autre serment q/ffir luy qu'il feroit en vertu de ceadictei ny en prendre autre provision ; et pirtaot tant intervenu le décès de feu lyiNSti» le sieur de Vicilleville , mareschal de nostredict cousin le sieur de Tavannes et doive, sans aucune formalité , ni iettrm provision , entrer immédiatement an lien place de mareschal de France dudict defÛMti
» Neantmoins nous avons ( en tant qneks^ soin seroit] bien voulu rendre plus ample W» moignage de nostre intention en cestenhoili Pour ces causes et auti'cs à ce nous roontaWi avons dict, déclaré et ordonné, disons, déclarons et ordonnons par ces pi^esentes, voa? Ions, et nous plaist^ que nostredict consîik sieur de Tavannes entre immédiatement a| Testât, dignité, pouvoir, département, ga^gsi^ pensions et di*oicts de mareschal de Fnao^ qu'avoit et exerçoit nostredict cousin le obh reschal de Vieilleville ; et lequel estât luy avo^s de nouveau donnée octi*oyé et confirnoié, doi^ nous, octroyons et confirmons par cesdicM présentes , sans qu'il soit tenu prester avtt^ serment que celuy qu'il a desja fait en yertt de ses premières Icilres , à la charge que ledict estai de marcscbal de France qu'il tenoi^ et qu avions érigé en sa faveur , sera et de«