‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 35 sur 224 · TU · texte numérisé non relu

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èes biens , ses amis , sont nécessaires en plusieurs cours ; obéir aux femmes , contrarier àtn semblables , estrc {^arand des actions des maistres , se préparer pour ne tomber après leur mort , faire contre eux pour son partîenlier , celer ce qui leur nuist , estre triste , joyeux , louer , blasmer selon Tappetit d'autruy ; ainsi monter de branche en branche , et à la dernière tomber en un précipice , après aToir fomenté quelques desseins dan{;ereux pour maintenir sa fareur. Crédit et envie nuisent : faire pour plusieurs est se rendre importun au prince , ne faire pour personne est se perdre soy-mesme ; se montrer et ourrir à tous , c'est estre importuné ; s'enfermer, se cacher , c'est estre hay. Les ingrats treutent d'autres înjfrats : quelles onf^les bien ai{;uês fierorent nécessaires pour se tenir seul où tous iispirent ! La faveur est si variable , qu'elle consiste en songes, en rapport, en l'esprit de l'homme ; les affronts en chassent les vailians , les violemens de lois les consciencieux, la servitude les francs , Tavarice les pauvres : peine intolérable qui ne se devroit souffrir que pour le salut des âmes, laquelle en est la perdition. :) Heureux qui ne cognoist lesroys , plus heureux ceux qu'ils ne co{][noissent , très-heureux ceux qui en sont esloignés et ne les virent Jamais ! Pourquoy aller pour sen-ir les roys , puisque c'est à leurs favoris et vallets qu'il faut faire la cour ; considérer si on leur atfouche de parentagc ou d*alliance , ou si l'on peut servir à leurs desseins , qui peut-estre sont pi'cparatifs pour se maintenir contre leur maistre mesme? favoris armés d'espines et de pointes comme les hérissons , ou bien plustost comme les porcs-epics , qui lancent leurs pointes de loing , et atteignent ceux qui veulent approcher ; s'advançant d'un pas on est reculé de cent. Ce n^est que rapports et maufais offices , blasmes let mocqueries , pour ne laisser personne approcher. Favoris qui imputent à crime l'esprit , la valeur , la vertu , l'illustre extraction de ceux qui se veulent approcher des roys , craignant que ce soit à leur préjudice , disant que si les princes et les grands ont esté si mal liabiles que de les laisser accroistre , qu'ils ne veulent pas faire le semblable , ni endurer qu'aucun les supplante ou dépossède.

n se doit rechercher pour espouser cellei qui ont honneur , prudence , noblesse et richesse, parties lesquelles demeurent ci vieillesse , non pour la beauté « bonne gracè et mignardise , qui passent soudain. lies raaledictions , maladies , querelles et vices s*eipousent, et se transportent en la postérité par mariages; amour aveugle s'attadie 9k corps et laisse l'esprit. Les mariages des roji doivent profiter à leurs estais , qu'ils marieit avec eux. Plus de mal que de bien est veaÉ des alliances estranjeres; ils ont pins allinié qu estaint de guerres , et aucuns ont apporté énormes vices dans les familles royales. Serai honneur à la France d*y trouver des roys sai qu'il fallust chercher ailleurs; l'alliance d*Aoitriche en sa mesme race conserve les fhiicts plus semblables à eux mesmes ; les femmes ei sont mieux cogneues, l'amour plus certaii, sans lequel les roys deviennent adultères , péché pnr lequol Dieu a puni son peuple. Del timides et hardis naissent les médiocres , des braves et vailians s*engendrent leurs senfblables.

Le sieur de Tavanncs fut heureux an choit qu*il fit de son gendre : le sieur de Mortemart (René de Rochechouard) , nay de maison ancienne et illustre , fut en tous les voyir ges militaires et entreprises de guerre de soi temps : à Parpignan , nu camp de Uarolks, commandant à un régiment; an camp dl Jallon assista M. le Dauphin ; fiit avec ceâ des siens à Tassaut et prise de Vulpian,et renversé sur la bresche en celuy de CauBj; estoit au camp d'ÂlIcmugne, au siège de Mets et de Iledin; défendit le premier, et au second il y fut pris ; fut à la prise de Calais ; vint trouver le roy au tumulte d'Anboise ; assista à la reprise des villes de Poiotiers , Blois , Bourges et Rouan , ,qu*avoieil prises les huguenots, contre lesquels il te aux quatre batailles de Dreux, Sainct Denji, Jamac et Montcontour ; combattit le premier à la defaicte des Provençaux ; fit une grande charge proche Chastellcraux ; défendit Poictiers ; chargea , à Fonlonay, Sainct-EsUenae qui avoit mis la compagnie de M. de Montpensîer en roule , et sauva la pluspart d*!cellc; assista aux sièges de Sainct Jean,U Rochelle et Brouage ; fut capitame de geui-

RÈGNB DB CHARLES IX

^lAfii, tHW^ l» oi4ref( Saipd Michel l ifitAÏ^i^ ( teg^l^ repooipesse pour tant e iMni é»l»)^ U servit ciiiq roy4 fidisleial,^0qait et lOOiinK avec liMoeur ea 1^

jjgv d0 TftvaBn^i Iny doaim ^ 6Ue ^Jima d^ Sftolx, Ben lant pouf ranr jpUde I» mm», ni pour les biens qjii'il

\léètwm), ffi» PWP AM» gwide valeur llit<)ii vtiii^ M i:pgii^|U9 m bïy eo tous les IH^ cf-4^sw wepUo^nés : fefùme digne IP û llimm^ m^ry , qui n'a dégénéré ,

Il utet|)jao imité (H wiyyî la vertu pater- I d k isbasteté de sa oi^re. Elle demeura ievettffe,ahiu*gée de plusieurs petits eurr l,lâKi«#b,auilMto»dufer, feu et sang itt>W)it psr W Kraiicei elle esle¥aiBt nouritrigessment; les g^'da des enlreprises (Ht snr €ia , lM»s^^van{ leurs esprits , 19 Qorps ei totfs iiiens de tout naufrage; lie, revarée al adaurée de tous poiir sa i.prssdiiûiBuûe et prudence.

\» tmifiiés éfi narîsges sous espoir de iHtfioB ito pBttBiflyw» y cûfitenues è ptÊ, sQDt asiast ÂB nepentm, de quar |h ei poocès; ^ ttuîlié iMMnpimt vaut IIP fie tout è iunedit , nop sufcîeet auK lltttâtiûM «t MaaqiMMnftiis alkipiés des |lfc,dtfpDQGès|i«SGilé8.desinoindres, et paàOkk: tMiit.c«4ai se peut promettee iJMMÎBeBee tenqpe.

firilnaedeSaiiàK^ fib aisné du siar ma« lÉI de Tavawie^, nourry enfaiit d'hon* m Jimy Gharjies IX , depuis gautilhomaie le ttdambre , capitaine de cinquante liom- Mil«iies,d»erâilifir ^^s deux ordres du ^r «( ut lieutenaat gênerai en Bourgoa* v, am un pei« au iievant des reiatre^ hMotsea fan lâAT, et en toute ceste anpM JBsqo^à la {mûk qui se fit avec eux i Ittes; se agnafai i la bataille de Jamac a plpâeun antres lieux ; jobserva les cobip Ntaeos que lay fit son pece au lict de la H , lie serar Dieu et obéir au roy. En ceste Ipderatioa , au teaipa que toute la France, iMM. de Lsrraine , si^esleva contre le feu Henry troisiesnie , et que M. du Mayae ttiût des forterosBeç de sou gouveruett 4e Bourgongse, sans estonneaMut oy

saps plapes , ^ncores qu-il fiist pi:\fi » mm^eé et per^i^dé ppur çstr^ de la ligu» y p'y y§mr \m adll^^'i demeiira s^ryiteur du vQy, qt con^^V^ la yiUe de Beaune , seule r^st^ en

la poyinice , aY^c Chaîna , sQus Tob^â^sappa de Sa Majesté.

£u Tan 1688, que la mort fnal firewedîtiB de MM. de Guise aux estais de.BMs ^nflarntïa et jeua les armes en la nain de tous les Frpn* gois y n-estant au ducbé de fiourg^qgue u«i seule yille du parly du roy qui s'e9oit rmifé k Tmts , quasi muie à luy de iuuiies .K^el de son royaume , ledÂct sieur de Tavannessn mk en campagne ay^e^ vingt obeyaux , prit les villes de Flavigny,Sainct Jean de Laasne, Sfi9»ur, Montcenys, Saulx-Lieu, toutei lesr quelles places foibles , auparavant inutiles et sans nom , il fortifia , esgala et q[)posa aust grandes villes du éufihé de ^onrgongne ; c^ qui luy donna moyen d'estre telleqiieat asr sisté , qu^il combattit p^ deux fois le sieur de Farvasque , lieutenant de la ligue audict pais, accompagné de toute la noblesse > m-* fanlerie et forces dudict pais , qui n'emporta rien sur luy; nt le mit ledict sieur de Tavan-^ nus un tel soupçon , que ceux de son mesoM partyle oanslîtuerent prisonnier dans le cbasr tenu de Dijea. ]

Ledict sieur de Tavanoes favorisa la pa&<> sage des Suisses et des reistres, qui doftnarent pouvEOÎr au coy Benry troisiesme de se remettre en campagne et assiéger Paris, et au roy flenry ipistrtesme d^ se desgager du aiege de Diepe a^ec Taîde d'iceux con« dnicts par M. de Longneville; lesquels es- Upangers ne fussent entrés dans la PranGU sans Tayde et assistance dudict sieur de Tih vannes et places qu^il avoit reconquises en Bourgongne. Les belles actions, le bien (aire, qui porte tousfours Tenvie à ses eostés , fil que ceux qm ne respiroieut qi^e par la H-^ veur et ayde que lediot siem* de Tavaunea leur avoit donné , les ayant eslevés de la pou*^ dre , tiré des cavernes où ils s'estoient musséa en ce grand mouvement , par trahison et mea« ohaneeté essayèrent de le mettre en soupçon du roy Henry quatriesme , ce qu'ils n'eussent peu du vivant du roy Henry troislesme son maistre, et luy procurèrent un successeur au eommandORieat de Bourgongae , qui fut

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