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le mareschal d* Aumont , lequel , après n'avoir rien ftkit qui vaille, repoussé du siège d*Ostnn , et avoir perdu Targent et les serviteurs du roy en une entreprise double sur la citadelle de Cbalon , où il se laissa duper par le sieur de Lartuzie , augmenta et fomenta le soupçon et division' qui estoient parmy les serviteurs du roy en la Bourgongne, à fin de te fermer un party qui ne despendist que de luy ; osta par envie Sainct Jean de Laosne au neur deTavannes , qui Tavoit conquis, pour le donner à Yaugrenant , conseiller gendarmé du parlement de Dijon ; et donna hardiesse au marquis de Mirebeau de prendre flavigny sur ledict sieur de Tavannes, qui estoit de son mesme party; puis se retira honteusement , laissant le pals en tel estât, qu'il y avoit plus de division entre les serviteurs du roy qu'entre ceux de la ligue : discorde qui fut cause qu'ils demeurèrent long-temps sans pouvoir tenir la campagne, p Ny le successeur ny les places voilées par ceux de mesme party , ny les défaveurs du roy Henry quatriesme , qui ne recognoissoit pas si bien le sieur de Tavannes que son prédécesseur, ne laypeurent jamais par mesconlentement particulier jfaire offencer le bien gênerai de son prince et de son party ; au contraire , s'employa tousjours à la conser- Tation de ce qu'il avoit acquis au roy en Bourgongne» secourant Verdun contre son frère qui estoit de la ligue , et fit tout ce qu'il peut à son préjudice pour le service de Sa Mqesté , non par inimitié qu'il luy portast , l'ayant assisté en son particulier en plusieurs traverses auxquelles ceux qui se meslent du Biestier qu'il a exercé sont subjetcs.
I A Fontaine-Françoise, crise de la fortune du roy , qui se trouva ea extrême danger , ayant esté renversé sur Sa Majesté les premières troupes ; il assista le roy , qui n'avoit que fort peu de gens , ayda i la victoire , qui apporta la paix en France , lors que la guerre #Ûisoit son dernier efibrt pour se rendre im- ^:ortelle. L'imitation de ses beaux effects se i)ourroit par quelques uns , mais non si focilement ceux qui suivent. Luy , ayant tenu ses ennemis entre ses mains , et se pouvant venj'ir du sieur d'Aumont et Yaugrenant , il a pardonné i Tun et obéy à Tautre ; pouvant
reprendra les places qui luy aToient esté voilées injustement , il a postposé la justice de telle entreprise , et son particulier au senrioe de son maistre. Et ce qui est de plus , aprèi avoir tant peiné , tant despendu , et aoé aug et eau , lorsque le roy vint en Bourgongne ea l'an 1595, que tout s'en alloit paisible ci France , qu'il pouvoit jouir de son estât ds lieutenant gênerai en paix ( seule recompave de tant de travaux ) , comme s'il se fàst voik sacrifier soy-mesme pour le bien et service ds Sa Majesté , pour gagner le baron de Senéoey, mais bien plustost la ville d'Auxonne, qâ estoit de la ligue , il offre sa lieutenance gsnerale de Bourgougneau Roy, lequel homM^ tement le prit au mot , sans luy donner récompense vallablc ; demeure dénué de tootts charges , voyant posséder au baron de Senscey , qui meritoit punition pour avoir de lonftemps desservy , les grades et estais dont 1 luy appartenoit non seulement la conservation, mais accroissement, ne luy restant pour recompense que la vertu , qui a accousûaé de satisfaire à soy-mesme , et les voix et souipirs des peuples qu'il a sauvés et assistés, qd en son absence et présence se plaignent di tort que Ton luy afoict, publiant que lesrsfi n'auroient unpoulce de terre en Bourgoagie^ < si ce n'eust esté par son assistance , condniiili et valeur , et le tenoient pour un des hoiuMi | de bien du monde. Luy , contempteur de k ] vanité mondaine, parmy leur exclamStioii i dict estre assez recompensé estant panw ^ au but qu il desiroit, et pour lequel il traval* , loit, le bien de la religion, de Testât et di . service du roy.
Il est incertain quel langage les ancien Gaulois parloyent; leur science s'appreieil plus par tradition que par lettres , et quiid bien ils eussent escrit, leschrestiensn*estiHeat moins soigneux de brusler leurs livres qae leurs idoles. Les Romains portoient les Ui et les langues en leurs conquestes, et s'y souffroient les anciennes, qu'ils niWHUiSinsr barbares; establissans cscole de la leur partout , ils voulurent que la religion et la Jtttice fust exercée en leur langue. Depuis les conquestes de César il ne se parloit quasi (pB latin , mesmes il n'y a que cent ans que Foi conlractoit en latin. César , ayant conquis lei
^ales , se coMotB de plier avec les Gaulois ; 0 les pouvant chasser du tout, de deux lesples en fit un , et my-partit la France. En dse oeslereot et meslangerent leurs lang^ues ; ^ Y amt autant de Gaulois et Romains qu'il Y iToii de François sortis de Franconie , la ^lehline emporta la plupart des dictions, eiviieiDeura peu des autres. Les Flamands, L^graios et autres, nomment romain le frange, Doostrant qu*il ne se parloit que latin ;Gioles.
{Btre plusieurs mots restés de la langue leoaBde , le nom de mareschal est demeuré, li esc composé de deux significations : itfareft i lydesqae signifie frontière *, SckUd , que le ips a corrompu en Chald, est à dire fenseur; ainsi mareschal s'interprète deeeur de frontières; et toutes places du nom iBarcbe sont volontiers limites : la haute bosse marche estoient du royaume d'Arles ; narche qai est an duc de Bouillon de; la UKJJK ; la marche que je tiens sur la rivière ; Saosoe ( dont j'ay hérité de la maison de mçoo ) est frontière du comté de Bour-
La lignée d'Hues Capet, sage par le trop de Msanee et révolte des princes qui croisjent par la charge des armées qu'ils leurs «oetloient, joints à la grandeur de leurs «es, qui les rendoient redoutables et pre- »da&sà Testât, se résolvent prudemment te leur oster les grands commandemens , les lûDDer à des gentils-hommes dont le peu de mcDiage et richesses leur ostoient le soup- ^e( les moyens d'attenter à Testât ; créèrent Birescbuix de France des simples gentilshûDDies parvenus par la valeur; les firent caDdodavs de leurs armées, commandans aupriocei De nostre temps, en Piedmont , Wjmsk princes venoient au lever du sieur le£msac|, quiavoient ceste qualité. Lesroys «augmenté ces estats, selon qu'ils accroisoieot leurs royaumes, premièrement de deux, us trois ; etdemeurerent à qifatre long*temps, ri est la meilleure forme , la France se pouiot commodément diviser en quatre parties. lie se treuve aux histoires que l'on ait augnté ce nombre pour la suflisance et service on capitaine, ainsi que le roy Charles fit w le sieur de Tavannes , qu'il créa cin-
RÈGNE DE CHARLES IX
quiesme mareschal , et depuis fut du nombre des quatre , à quoy il fut reduict.
Le desordre est tel , qu'il y en a eu douze, et mesmes jusques à quatorze ; qui a esté nn moyen inventé par les roys en soupçon, pour diminuer l'auctorité d'icelles charges : Leura Majestés les ont voulu abaisser par pluralité» ainsi que l'ordre de l'Estoile fut donné au chevalier du guet et à tous ses archers , pour le rendre contemptible ; et celuy de Sainct Michel donné à si grande quantité , qu'il a folle inventer celuy du SainctrEsprit , qui bien toiC courra la mesme fortune , puisque Ton en a pourveu beaucoup de personnes de peu de mente. Et ont rendu ces estats de mare»chaux peu honoraUes , tant pour les raisoBS susdictes que parce qu'ils disent les avoir donnés par contraincte à ceux de la Ligue, non par leurs mérites, ains-pour avoir leg villes et les hommes qu'ils possedoient ; autres ont esté donnés purement par la fevenr , autres pour faire lascbor les places qu'aucuns possedoient.
En l'an 1595, que je traictay avec le rOf nouvellement catholique , Testât de mareschail de France m'est promis, j'en ay des lettres patentes ; je n'insistay à en jouyr , parce que plusieurs de peu de mérite l'obtiendront par semblable capitulation , et desirois en prendre possession par service signalé , et me rendre différent des autres qui l'avoient ainsi obtenu. Cest estât est tel , qu'il ne vaut , si la personne qui le porte ne le fait valoir par suffisance ; autrement c'est la honte de celuy qui le pos* sede , lequel ne le sçait exercer , voyant employer leurs compagnons et ceux qui sont en pareils grades , auxquels il faut qu'ils obéissent. Et pour faire paroistre le manquement de foy et le tort que l'on m'a fait de n'estre pourveu dudict estât, icy sont insérés de mot à autre les brevets et patentes que j'en ay ea des roys, ^lesquelles sont esté manquées de foy et de^paroUe pour divers subjects.
« Aujourd'huy, douziesine de juin, l'an mil cinq cens quatre vingt quinze , le roy estant à Dijon , ayant de long-temps désiré retirer à son service le sieur vicomte de Tavannes, et sceu par aucuns de ses plus fidèles serviteurs l'affection qu'il avoit de ce faire ; Sa Ifa • jesté, voulant luy en donner toute occasion
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^ moyen ^ luy il accordé dès'à présent de le tenir, comme de faict elle le rtetient pour estr e 'cy-âprès pourveu d*mi estât de mâreschal de fVaftitee : qQôy attendant , elle veut el entend Tpl'il en ait les gages et appointemens , ûr^ la sésmce^ préséance et voix délibéirative en ion conseil^ qu'ont accoustumé d'avoir MM. les ^are^banft de France , et qn'en leur absence il ftce et exerce lâdtcte chatge par commis- ^ién. El d'autant tfaé lediot stenr vicomte de Tavatinêi a âe^ porté le nom de mareschàt, Sàdtcte Ms^esté tny i permis et accol'dé qu'il )>nfes<e eb ses tiltires et pà^e ports pl*eAdre et '\iOtïeff te nom de iretenn niav*es(dka! de ïVattcè. En teMéhideqtKdy Sadicte I^fajesté m^a tsm- WMé fny en ékpéAer Te presenlt ârdé et hté- Vel, qu'elle a \huv ce voâtn signer de sa main, et fiiit conttresîghcr par moy secretaSr^e d*ès- ^ %î de ^s tsonttnandemfcM et finanças. *
ttENRY, DE KEtfFvaiB.
1 > AwjourdTrtiy, quatrièsme de mars mil *ik cens seize , le roy estant à Tours , ayant veu te bVeVcft octroyé au sfeur vfcômfe de Ta- Vannes par le feu roy son père , de gidrîettefe Inemôire , le doûxiestaede juin mil dnq <;êifs fpiali*c vîngts quirfzc, Sgné de Neuf ville ,pîfr leqàc! Sa Majesté , récogfnôissant l'exprt'îéhce dttdii^ ^ieur dé Tavâfnries au fhlct des ariùes, lùy ànfoît accordé de le pourvoir d'tm esldt et office de mareschfel de France (pi^hé Toccasîon s'en oITriroît , et voulu que dès iors 11 eust voix dèlîberatiVc et séatide en des côli- 'sclls , dlhsi qu'ont acc6ustumé les màrèâchaùx de France , et ihesinë qu'en leur abseilc^ il ^eu^t e'xercerladicte charge par commission, et jouir pareillement des gages et appoincte- Mens qiii sont attribués àudtct ofBcè ; Sa Hajésté , ensuivant le ftigethent dii feti roy son père, a confirmé lèdict brevet, et, en attendant qu'elle face effectuer tôtit le côiitehii en iceluy , veut et ordonne que dès à présent lèdict sieur vicomte de Tavannes ait voix deliberative et séance en son conseil , immediatemem après les officiers de là couronne , et qu'il soit aussi payé defs estats et appomctcmens attribués audict office de marescbal • de France , et en cesfe qualité employé dans les èstats pour la somme de dix raille livres y attribuées ^ dont il a jouy ty-devant par Arme
de pensiDn ; m'ayant » liMH" tèiSMIgiÉee cieste sienne volonté , commalMé IM ex|)et le présent brevet qu'elle a ii^é de sa m et voulu estre iM>tttresigtté par mo^ eomei en son tonseil d'estat et sëehe(a{t« de commartdemena et financer, h lqui^
Le h)y Rënry qWtHiMné mtk qtoè ce ne m'avoit tenu pi^mésse %Mdil ett des services faicts par le sieur de mon i^ène a«ix bataille^ tte MirteiHMi tom* , Miiè fe çrindt^Él, fft#^ ^è il \ d'avoir c^Miseiwé Ta SalHet Brirtmfeliy; a ii^tfk à ^s ftmfflèfh, 'et A Mtti pÉl4^ dict sieur de Tavànms èA ce lèmps^H cause quH tfè counist te MMHfe fiRlftei le riè«r atfmn*àl de t%li^t> 'èmMil « cy-api^. Et ()uaÀt M manqMMM M advenu de la roytfe M Ai tb^ fll pram esté cftiè le ttai^scfHèl é'XiUte Vitt^h qui VoulèMit ce messie ^MM, tttii point de compagnon xfÀ ftHÎt )M8 ipï'etLX , et ^îàdpaletfiëlft Véêi ()ui alliés à MM. de Guise et du Mayne, ]f>crp¥tnel soupçon dé t?Mfk ^fti IMe« pouvoir et de l'efnteudeMtft : mauMtfi diens et cra?ntè des ftvdilèl Mh tfk veuille excSftpffcr qfu'if n*y «t c* de^na Mtè, en Ce ^ iW^M^aM de sonnes ttcapsflbles en èsWe pkfhfeé.fm rHesprisé et négligé là pcnil^lllè; É pliîs tme marque dliMiMii* ,)Rn8fr/ÏR#«
les rcfys par les diat*ges M %$lft ttfi» vent donner rhôritiefir. AttM Ifnè Ift latines lie sont sciences , ^t cpiè ttï^ rescbcllè pour y parvenfr , WM les grades cotlferés psH» le* rSH è moyen d'acquérir de lu fëjMitelMi. U sance ^ns charge ne peut paMistfc ',i Majestés enlployeut dès ^gde^Pfmfi ih de connestables ou cbanc^lëlY, flslëtir neiit hdnte ^ii lieu dl)Oitiiët»h;'il>Mt n'avoir estats et les toéril*, que ae I« Bedér sans mérite. Les ftfvWift et (}fa*i mignons du t^ps d*Hettry*ol^!ne«i en abominatidn; celles âe'lloinl(ifi'G»ioe Espagile , et de bëaticdup ë*i*Mttcfe,he acquiereiit pas pins de Itffaan^e ; fc'eft qui nous 'pouvons; ^iMiiéf t%oiinrtr , ci
B&aNS
0e. duejtitt ^ r^lié des priaoes , ny L|) peine V^ fremeal^ de lacpieUe le pUic ne leur sait ^é , parce ^n'Us en re- !^ le lafer sadslsûsanc ^ leur «mbi&Hi; (Il jgstfTiee ip'îls font plusieurs i^aseot que, iii&léM employés, ils fèroieut loîeux.
(hioDear s'acquiert eu giagmipt des baliytt,despsiSj ^villes, re&tai^'ast des giKperdiiSj an ^g^raudes uegociatious /eit I^Hsades. Aiasi fue les j^oys u'ont pmjMe4e foire plus ffmé uu uaîu sur uue am^e y ainii ne pfeuvent-ils ac^oistre ^ 10 des hoaunes ê^jà» ue Tout d'eux-mes- H; et enoores qu'aucuns n'ayeat*le iqoy^ iléflMmtrer, ik ne l^nsseut de demeurer in». ï^ Ûl M u^eame diseçfrs aux plus nè ffiifMDS du Wf HauFf tr^isiesiD^j V protestant que j'auuerois mieux suiprenr 91106 ville m :guwe pour to service du f , ^œ s31 jp*estQil doùné en piétine paix Bsajetle goiKferaiwiMit 4'pne fNrovince.
Hélices de Ja ewfunne ^ «Witres seroi^ linbles s'ils estaient possédés «par ,gens de Ibr et de mmne ; wyfuii œuii ^qui lep eneiÉ iaoïiiaUee • xviciwx et ^pei^perimen* », cela les dek lÛce refu^r .et ipespriser libnves, qui ne veulent .nssnbjettir leur ^four ypaireuir pfff ji^oy^nsuidirects.
a mltiliide de «e^iix qiû ept possédé ces nletaHpwé)<6t de oofix qui tes tiennent limenast sa flesse I en Twquie, en Esp^ise, eo la Chine et [en tant aan^es :lieu^| ifaitBttipriser. "
iufèrtf smMeiirs de leui» enfws doim dmnt leur mort l>i!usler les .papi^iss |s Ment*, J'indination naturel^ est é^ lu 'mm, beritar de Jeun amîliâi ei Inisiiiii, «É«s , paasioas et desseips. Ulu* im «éos se oout per<fa» ^pmt Mtàt mb ame tlea .<^ini<»s^pateiaieUe8rtreaYées BB leurs esorits ; ^auoons y ont jmi dotenqnses toutes fiiiotes , autnesdes^harangnas ■rproDODcer aux roys at aux .peuples; «t ^t les mesmes vësaorls^ êapesience et ip que leurs predéoespeurs , . ks Tonlant [ter ils deneuray^ aocabUa jons le faix. Haut dqioaer de ses papiâBs oonme de infiBSvbnider les iaux seasittss'ii y an et ne laisser que les gcands dKmîns de la *B.lie6.1eiiie8^paie«tes da ploiMms gra-
CHÂALES U^. 4fif
des ejiflamftnt la jeunesse au désir d'bpu? neur , qu'il faut inaipteuir en ses . limites , lesquelles passées changieK leur nom a amr bition^ qui est blasipable parce qu'elle ne mef; différence de voyes pour parvenir à son luit^
Mes enfons treuveront après moy des lettres patente^ des roys et des princes^ et plUr sieuis promesses vidées , qui peuvent sen^ jcomme les médecines , dont le mauvais us^ hors te;mps tourne en poison. J'ay treuvé ^ft cabUiet de xnon père des lettres de gentil* bouMne de la chamhi;e , lieutenant de fils ^ Fr^ce, de marescbal de c^mp aux arjnéei^ d'Allemagne et Italie , de gouverneur de Veirr 4un, de lieutenant ,de roy en ^ourgongne* de ^commandement absolu e^ I)auphiné , d^ jfparesohal <i|e France , d*adinir^ des n^en 4? ^vant , de gouver;p^ur de Provence. Sa gloii;? «st qu'il a receu tous .ces grades p9pr lies m^ rites; sont lettres utiles à laisser aux siens. 4jpi ias peuvent e^uûter à suivre jes roys. ^eux qui {laissent de^ pa|eutes et papieva.à Jepiv ef^mSt fidsans foy de divers d^sseâns, ietf; dangereux , s'ils ne sont vivans pomr leur de^ cl^er le am'Qt qu'ils put ^ en la diversité des temps.
La maladie ^e$ princes et des estats hk croire que si les sages euss^t ^té au itempa que noua ayons Ipassé/peut'^estrp jeussenidli iaict comme nous , ou pis. Ua capitfûne eai jseputation nepeut enfiescber d!estre.reobfiiv dhéet p^sinadé , ju^n plus que l^lxâleafiUe&t a!iliislloit an cela iibercher bonoeur^ il mè Insufara peu de gentilsèomnes /en iBraÉos qui Jaissent après leur mort plns.de diirafc^seg lettres et patentes qtte.moy..de.gienift^l]mnm« de la xhandire du rqf Charles IX» fl^^ccqii-*' taine .de gens-fd'armes » de gonyemeur dnr uhasieaBx , viUes et vicomte d'iUixonne Bt fiaok le Duc ; de iieutenantdurafy.HenryiIo: un r Auxeritris , de oonmandementwr.là céU Valérie légère en l'armée du Dauphiné ;Jdenc| pottvam de geu^al d^nés de IVaqçois de dPrance duc d'Aleaçon , pouf .les .entrêjpriseï du comté de £o|irgiKngn6:etduiihé.de Luxem* bourg ; lettre du roy UnsrylVr'lors roy àa lf»varre , pour oommandmr sur ce qui' estoit de son party en France depuis Loire eu Alle^mgae ; an temps de la ligue , lettres de ma^ nescbal de çaaspf deux paieptes^^e ^ouverr
neur en chef de Normandie , interinées aux cours de parlement, deux lettres de Ueute- Bant gênerai en Bourgongne , lettres de mareschal de France de M. du Mayne , lieutenant gênerai de Testât ; ensemble Tinterinement à la cour de parlement de Paris , brevets et promesses , escrites de la main du roy Henry IV, de Testât de marescbal de France ; autres brevets de la royne régente. et du roy Louys XIII, confirmant la promesse de marescbal de France foicteparle roy Henry IV, et autres plusieurs abolitions ; et beaucoup de lettres escrites de la main des roys et princes , encor que j*en aye bruslé les trois parts. Je concluds que si la vie ne me donne temps de faire entendre les occasions de tant de diversités à mes enfans , qu*il vaut mieux leur laisser les cendres que les papiers , pour ne leur donner envie de suivre des voies si périlleuses.
l Graccus , voulant reformer la republique romayne , est tué par le peuple ; son frère Caius , trouvant les mémoires après sa mort , fut occasionné de suivre mesme fortune , et s'y perdit. Le roy Henry IV et ses conseillers , qui maintenant blasment ces diversités qu'ils nomment brouilleries , qu'ils se souviennent qu'eux, agissans contre les roys Charles et Henry HI et contre Testât , sont par là parvenus à la couronne et à la grandeur où ils sont maintenant , et ne doivent dire mal dumestier. Ils n'appellent pas brouilleries ce qu'ils ont faict pour se faire grands, mais bien ce que les autres font contre eux en les imitant. Et du règne d'Henry IV, les sieurs de Sully, de Jeannin et de Villeroy, dont le premier de faction huguenotte , le second des premiers à la révolte de la ligue , et le troisiesme qui s'y jetta , incessamment ont exercé pour trouver la place où ils ont esté du depiilsr cesdites brouilleries qu'ils ont tant practiquées.
^ Vengeance qui n'appartient qu'à Dieu nuist au salut, et perd la fortune : de tant de changemens fortuits il me reste pour satisfaction que , sanscoulpe , j'en ay tirés plusieurs après moy. Nostre Seigneur a mis en mes mains mes plus grands adversaires, des grands, des cours de parlement , des peuples et des particuliers , ainsi que je leur avois prédit , anx-
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quels j*ay pardonné , et souvent oublié mei propres injures pour le bien gênerai du partj où J^estois. Ceux qui avoient entrepris de m'oster la vie m*ont confié la leur , et Um armée en mes mains , lesquels je n^ay trompé. Les cours de parlement qui m'avoient , kn que j'estois gouverneur d'Auxonne , pour des citadins que j'avois emprisonnés, adjounéét fait crier à trois briefs jours , moy estant Settenant de roy en Bourgongne ; les deox parU d'eux estans convaincus de Tentrepriie de Verne sur Dijon , je leur ay sauvé la vie à tous. Trahy de mes serviteurs audict Auxone, en la perte de. la place , blesseure et danger de ma vie , hasard de Thonneur , et mort de femme et d'enfans , j'ay tenu les auctenrs de la conjuration prisonniers à genoux devatt moy ; je leur ay donné la vie.
Souvent pensant faire honte Ton da&m Thonneur : sans la croix de Gastine il ne fm esté parlé de luy ; la pyramide de Chastel fen souvenir de son acte : la postérité jugera seloi ses humeurs. La sentence d'oublier le nom du brusieur du temple ephesien estoit ineBleure que Tarrest de Chastel eslevé devint b palais ; aussi , ayant recogneu la fente , k cour de parlement Ta foit abbattre. Lt ne* moire des hardis actes , quoy qu'ils soieM ignominieux , excite à faire le semblable ; I les faut plus ensevelir qu'ériger , autrenett plus on s'essaye d'ester la réputation, phi elle s'accroist.
Ceux qui ont voulu enterrer les feits broiques les ont eslevés. 11 se demandoitpovquoy n'avoit esté érigée une statue à Gatoe parmy tant d'autres ? il luy estoit plus hoifrrable d'estre hors de ceste multitude et cœfusion. Les escrivains huguenots cèlent ki faicts héroïques du sieur de Tavannes , jmques à en déguiser des batailles entières , et les desrober à la France ; ils accroissent pv leur silence son honneur : l'histoire de ce temps ne se peut escrire avec vmté oei faire honorable mention de luy : les leeMn voyent leur malignité ; et s'ils demandent, comme de Caton , pourquoy sa statue n'estoit érigée dans les histoires pardessus les autres, on respond que la grande multitude àooî to escrivains partiaux par leur fard déguisent h valeur , luy donnent plus de lustre. Ge teiBfM
RÈGNE DE CHARLES IX
I ii5 oDt Mi crédit se treuvera dementy par fiables bistorieiis.
Us estrangers créés roys par mariage ou ^f^ ont peu d*auctorité ; sont subjects (stre depoûedés , leurs gens tués , degrajs et à^sés : estre couronné par sa femme, '^ estre serf d^elle et .de ses subjects ; par ^, c'est restre du public. J'estois avec ^j fienry III en Pologne ; je sçay qu'il eust ils SToir cinquante rail livres de rente en ntse , déchargé du diadème. Pour acquesQCtorité en Pologne ^ si Ton se sent yaleu- B, 3 faut les jetter à la guerre ; ils sont aniocts de se servir d'estrangers, engamir is bonnes places, et , pourven qu'il n'ad* ne fortone , et que tout prospère , on les itioaistrtser, autrement leur peu de foy fd ceux qui les commandent. Dix ans de lieBce donnent temps de pourvoir à la plus Bde partie des grades, establissent Faucilé des roys , qui font^ des créatures. De ler deux foctions en cest [estât , c'est en (lire la moitié sur le champ , et avoir l'autre u pen fidèle. L'empire et le royaume de logne sont seuls en l'Europe où les princes rent aspirer par élection,, et les élections tt honorables aux pauvres princes valeun&i les grands font pour eux de s'en pasir sis ne sont capitaines et courageux , NT sen senrir d'eschelle à monter en plus ude entreprise.
Toff pour s'establir , suivant le proverbe le • le mort ne mord pdnt » , ne vaut en nce Dy en flandr es , et est profitable en An- ^,011 il ne reste qu'une trentaine de sSorts iopoissans de se venger , et que les roysdeceste isle se sçavent^yder du peuple MarsenBùntenir par les supplices des grands. ^ Jraoce , fandroit tuer mil seigneurs , e foi fie se pourroit ; et ce qui reste offencé el'ffljastice se joint aux parens desjusticiés tnakontens , enflame la guerre , r'allume b de feux que le sang des morts n'en a esiKt. Sylla et le triumvirat de Gesar, Antoine lapidas , toant tous les grands , se main- Kireol ; et au contraire depuis les souverains * France et de Flandres, faisant mourir Kt on dix des grands , ont esprouvé le mal li en procède , qui a faîlly à perdre leurs t^ts. Geh les doit faire résoudre à pardon-
ner à beaucoup /et en punir pen par les cours de pariement et voyes ordinaires ; plustost en confiner plusieurs , puis que le mort ne peut revivre , et l'offence ne peut mourir. Qui n'e^ereroit à la miséricorde du prince , les guerres civiles seroient perpétuelles et dangereuses. Par ceste miséricorde règne Henry IV en France , qui autrement ne fust plus. Puis que douceur et cruauté font de semblables effects , la douceur sans mespris est préférable , tant envers Dieu qn^envers les hommes.
U est nécessaire de cognoistre son- crédit pour s'en servir utilement , on pour s'en départir asseurément. Les voyages prqKMés , esloignemens , affronts , se doivent entendre incontinent , et pénétrer l'intention du mais* tre ; soudain faire conune au lion d'Esope , mettre tout à ses pieds , places , grades et argent , n'en retenir que ce qui luy plaist , et se retirer où il veut. Se roidir , parler , se plaindre , se dire mal content , est périlleux : il vaudroit mieux soudainement ( si la précédente voye ne plaist ) entreprendre , et s'es-' loigner pour éviter sa ruyne. Ceux qui sont en crédit ne doivent perdre temps ; le prince qui commence à donner donne et augmente toufijours f craignant de perdre ce qu'il y a mis.
Les mariages des filles (qui est la ruyne des maisons) devroient estrelimités en France , corrigeant les coustumes : puis que la loy salique exclut les femmes du gouvernemenr» la mesme loy les doit exclure, de manier les biens. Des grandes maisons devroient estre appelés les plus proches masles des décodés» tant pour le régime desdicts biens que pour la succession , en excluant toutes les filles ; qui rendroit la loy salique plus auctorisée , soustenue et tolerable , si la noblesse y estoit toute obligée pour son interest pcèpre , et empescheroit que les yef ves ne ruinassent entièrement les maisons des maris décodés , ainsi que la pluspart de celles de France font; lesquelles , ayant perdu leurs maris » vont à Paris en chercher d'autres sur des procès imaginaires , sans avoir égard à la quantité des enfans qu'elles destruisent.
Plusieurs travaillent pour la postérité ; non pour eux ; s'ils ne croyoient laisser bonnear
MÉMOmBS DB GASPARD DE SAULX.
et ricbâMe am'lcwPi , Us ae s^employeroîeai pour le piibUc , et à einqiuiotie aas se reposeroiettt^ mesprisau les biens » eogBoisMBS en avoir assez ponr le reste de leur t^. Les prÎBDes sages reeempeasent ks eafens des pères «sorts , i oe que les vJTsas les es servent de meilleur cœur. Les iioos , ies aigles eugeadrem leurs senblaUes ; les amràgtmL font des enfens pareils à eax ; Ton aparie les ^evaax et jamens des bous harats pour en «ousenrer la race. Les noaarchies et républiques devroient marier les braves aux filles des uaiHans , pour aroir des en£un généreux , -efaeayts -des medanges et bigarrures des heounes^ qui prapoFtionaeBt les corps de capaeîlé red^ : le tempérament de la bonne naanre feît que les esprits «ovayés •d*en baut eieroeat ieurs fonctions de jugement , memoine et ralîacinatian , sdon la sfanmetrie exceUente des iraisseavc engendrés par les pères. Les Dieux s'accouplaut avec les feoH mas mortelles engendrent des Centaures, eomparés aux iUusires qui s'allient aux bourgeois.
Les poys régnent par justice , sans laquelle ils ne sont en estime ; ils se doivent f^arder -de Aiire assassiner les hommes , ou ils s'obligent au mesme péril : le subject peut attenter sur le prince , ainsi que luy sur le subject S'il a des gardes , elles sont pareilles .aux Tilles 'fortifiées en un endroict , qui sont folUes de Tautre ven son palais , en son lict , •tout est plein d*ioelles gardes ; ie lendemain luy troisiesme va à la chasse , on battre le ■pavé , donne commodité aux entrepreneurs .d'exécuter, de mauvais desseins. (Test Dieu qui garde les roys , c'est luy qui les punit ; eux doivent ouvertement faire chastter les .crimiaels.'par hi justice. Les sages princes ne dierchent moyens indirects pour punir leurs subjects ; 11 ne leur faut secrets ny artifices , la preud'hommie suffit , et le parler franc : la justice est faicte en leur faveur , et jamais ne doivent consentir à la mort d'autruy indirec- •tement. S'ils liayssent un homme do bien , ils se doivent vainci*e eux mesmes par la raison; autrement les mesmes menées qu'ils feront pour faire assassiner les hommes à tort , jusftement par la vengeance divine le mesme se ieroit contre eux.
Le nom d'ambitieux est ana iayana < il se vouloit obtenir des estais à KM peuple , Ton donnoit et oourtîsoil paiP par corruptîan ce qui esSoit desnîé pa rites , d*où dérive le mol ialin «aiM est de tourner et courir à l'enlour ià qui ont puissance , pratique qui est am à la oour des roys. La réputation eaS de parole , et la parole n'est que ¥an) si muable que l'opinion des hommes, renommée en la vie , et réputation ^ mort : celle durant la vie chatouille «I de quelque chose; ceux qui oonsi qu'elle doit estre tost esteinte la asasf Celle d après la mort ^ort de peu ^ décès ; pour laisser mémoire de sey » i droit demeurer victorieux àfi oinqpiaa tailles , on > comme César , avoir cfan sauvé un estât A peine d'un mOlion i en demeure cent iUusires en la jm d'estre de cepetit nombre il est mèa^ni et , quand ae feroit les actes qui le n sent , qui sçait ai les escnvains diroiefl ritéP Plusieurs oubliés ont aussi Ueni ceux dont les histoires sont pleines ; ili rencontré les bons'ou fovorables esor comme Achille fit Homcre , ou les .esci faisoient mention d eux ont esté bnt submergés. Nous nous pouvons in estre ceux mesmes dont l'on a tant plusieurs noms sont semblables; et, ainsi seroit que Ton auroit bien i bien escrit, les feux, guerres et delug dent les histoires. Combien d^honm mentions de capitaines se faisoient ei bibliotcque de Ptolomée , où il y eut cens mil volumes bruslés ! Aobtenirci honneur les roys ont la mesme diffici faut de gentils-hommes devenir roys f leur, ou de roy monarque; ce n'est be; d'appaiser des troubles en un estât qui tient justement , plusieurs ontfait le sem et n'est grande chose desmouvoirunfoi comme ladmiral de Coligny ou M. de ^i Ion n emporte la pièce , ou si L'on n* forme entièrement.
Il faut désirer non grande reputatioi bonne , sans imiter le brusleur du ton Liane d'Ephese , ny celle des tyrans, bien y a-t-il de livres creus véritables
RÈGNB DE CHARLES IX
(P0t pdHHl QHl M ee qfrt wcm eafpndMB Itft esisKns ^ noitts dm mwi^awiges , et I te oèfltier e« faire inscrire d'mcr«s pBl mention des mesmes fables ? PlotieurB |i MMt CMf5«rtiéB ]^iRit 08«ré doctement 1^, Mi pMr ta verilé, Mofe pottr I ete- BMA Mpvnatid» dVivirir Msn Mcrit ne qt'Mlrè ee«x q«i Ihent', la plinparc â]^eat Mten tai llieohigie , phî^ ,dMl 1^ là iMdeeiiie^ oè it y » * ^ ^ B^Mnomr 6 tire les hisMÂres^ les*^ , si <ellM ne smi bîeè dictes, toinelqne H Musix «des ^u^tos ooBtîea«ent , «t éèsdiiigpBéesw I^ iiMiMes ne «e cewsWtoMt svèelM diars<M> esists^ rebës ^"4» ^sedeni ddimi tour |Mb è ee ffiR ^GiiniMre>près4ear ment,
rimiè pe«èr% Mtotè râsMM sin«qprnH- De «Mè ^fmde lîppiifence m rMe pA 4fiLe «es 4i^tee>et des enemièi lenrs ||,ajDx)yMte,«''i( t%fttè dt toleii«jns£cveiir, |knilif€M «6 la «mAMen #1 ocMiimmi ,^ ifc ^ tè rdpttrdbe de l 'weir eenâeinekon Md Miftf s. <QiJe si les t>eres eent «i tx d'wMibift tenfft wfams -aux grades iftsM, l^enx «e fNnmais le semWe i^ers les teors , la ireMesme lignée ti*en «pas. Oéë iFàniffe ne méritent fierté de k , pfitiscfttè césar , iraibqeenr de einbstalHel , nbnloit etler ebrohiatire tas ,, ton qn'il Ait ooels , ^pnroe ifnH Huy JMok qbè ^s gênërevx actes patssés ee- ^ eifbiré^. Qoe d^nendrom les pette «eut qtd de nostre temps se isiflid'estiliie ? Je eondos estre folie diercher tant de réputation -qui. a -A peu ; k {ftuspart âesliommesnesçatent ftfAMuntidettt. Il ne se devroit sonhaîtér I BdSQr^en nn estât duquel on ne puisse min ■: désirer grande faveur et du rec'eft désirer que lefs ehdses humaines leurs tègleb. Gonstumierement ceux Mit montes en ftivenr ont rompn Tespoitr en descendre : sMis s'en retirent, fOQeotts acquis leur courent sis , leurs tares leur reprochent ce qu'ils ont fait ireux, ne lesialssent en paix chez eux. «leur deTnyannes a^oit désiré le repos de fliaison SKrabt la Sahict Barthélémy; ne ^^ii pris earde qu'-il esteit monté en leltè
grandtar, qu'il n*y pM¥Qft rniwr4« m paix. Malhenreu est Pesini qm «e se pMC dienger* Il faut quitter rnne des denx ¥oyes : TambitiM a ses ptaieirs d bonneiir , ûb gMre; le repos e les siens lewi dîsseinbltbles , les plaisirs, iH \eliipiés; A ert fnpessiUe de ffoiister les denx eiaeaUn. Q«è si i Paris H proche de la cour ancans les eatremednHii ils ceoi^sseiDnt qu'As ne ^ewsseait «y ée Tmi ny de Tanere |MrfaicteaMit
Les seetes hemâq«es not inor eetinwoe ment dé desebMasuice ^ prese^qieioB m sms tiîtion t Cslrin et Luther «MeîeM nwinws ^ awient j«n^«béissanoe , yewreté et chauMé; freeempitteut, cpeyMw ntaeeir ftas que km eonoHes n^qne les aaindii wwa^ nnuwiifewt^ aywtiwrttt eTuiipuiM aniipidB(isi,'|Nicjuiibei la rébellion pour s'en prévaloir. En enlM Us ndMieim «oit dresai «n fj^dvemearent aristo- ^nrtiqw , 4 l'euMpie des ttraMUes ffom»iiéâ par les ancriÉoamn ^ i^Q^ ^ leenn-
oiew^ tas ureeillnk
m^mpeaie
jRriiaDion^ « m teolani meder dea «Hms 4\ssM , amsl ^{n'jls faMeieiit. Us Jurenid»- «nincts de cacher leur imertiott fiar H bmit qui cfenmt^qilHls entrepreneient eor la pmàr sanee des princes, seignenre et *geaails4ieiimes ; et encores ta eëlent «t conservent, itf* rant fousjonrs secrectemeittàtoe mesineèML S'en ay teu des nnnnaires envoyés de <0eneiFeanx vWeade'Fmiee, datté^de^'an «Mi, enîorgnans an «peufAe de n*em|fleyer ny ^m Hér à là neblesse. 9m «denMibrsinens des lignées, familles, deBJleuxoh eMesdemenreift, les signdls, fiicidtés , isleciions de oheft secreu , sent prias de ta Ufdudle judaïque ; l^dr arislocra«ie fat uvancKe en Fmnee par te royne juaques M oeHoipni de Poisay* Bat, pensons en passer plus outre , eqjeroiQnt , quand Ils se fassent veua grand nombre» d'usurper le «gonvemement, dn moias adr ceux qui avoient Wt fMPOfcssioa deilenr nouvelle religion ; siiFqnoy advint temassaarede Vassy, et meurtre de leurs phiè sçivnns et séditieux ministres endiversIieusdeFran».
Et vcyyant que leur doctrine n'iosteit Teeene que des poisans, bourgeois, et d'un petit nombre de soldats, furent <*oée dé e*nyder et rechercher les grands des m^daons da Bourbon et de Celigoyi lewjietea^en sirriMtt
lis
poôr leur meMOnteDtemeDt et vengeanee , et morperent sur eox le commandement entier. i Lors ils imposèrent silence à leur aristocratie , establirent nn estât seigneurial d'un prince et des grands ; bien s^ayderent-ik de leors enroollemens , ordres et cueillettes de deniers de leur iaçon et invention , pour troubler Testât; mais ces seigneurs, malgré les ministres , faisoient paix et guerre à leur Tolonté , selon le bien ou nécessité de leurs aflaires particuliers; par Falarme qu'ils donnment feisoient prendre les armes et les poser aussi-tost , sans que Fadmiral eust égard aux plaintes , conseils ny passions des ministres. Cependant les sinodes ne laissoient de se tenir , contraincts de conclure toujours , et aekm la resolution des cheft qui atoient usurpé Tauctorité.
I Après la Sainct Barthélémy, où la pluspart de la noblesse huguenote mourut , se trouvant encores plusieurs villes de leur party en Languedoc , Guienne et ailleurs, encouragées aecrettement de ceux de Montmorency, et de M. d'Alençon , fils de Fhmce , résolvent sans eux retourner à leur premier dessein populaire , prendre la puissance et le gouvernement , se dispenser du pouvoir de tous autres chefs; à quoy ils estoient confirmés, pour estre la pluspart de leurs gentils-hommes morts 9 et n*y avoit plus guieres que des citadins, entre les mains desquels estoit la principale puissance. Et parce que la ville de La Rochelle , non par sa conduite , mais par la trahison de catholiques qui estoient devant» a résisté à la guerre , et fut la paix , elle les fit résoudre du tout à Testât populaire, meslé d'aristocratie et du pouvoir des ministres. La resolution des sinodes de maintenant dépend de la voye des ministres anciens et maires des villes, n'y ayant pouvoir les gentilshommes huguenots que par acquit. Bien dismulerent-ils Tauctorité du roy de Navarre , depuis Henry quatriesme , lequel , jusques à ce qu'il fust appelé du roy Henry III , n'avoit qu'une puissance fort limitée. Et lors qu'ils se joignirent à MM. les ducs d'Alençon et de Montmorency, ils avoient des conseils secrets, se mésfians de tous; ils mescontentoient et jalousoient les grands sous lesquels ils estoient, voulant pénétrer jusques à leurs moindres
actions; tellement que cesseignenn^sep sans estre en servitude , les abandonnera se réunirent avec le roy, et leur firent dq la guerre.
Ils se sont maintenus par pillages en gna et en paix payent fort peu de tailles : o qui demeurent en leurs villes en sont qj exempts, comme aux villes imperialles; estant le roy obéy qu'en tant qu'il leur pk ils ont moyens d'amasser et lever de ^ deniers sur eux pour tous eveneaMi g puis que M. d*Alençon les eut abanc ils élurent un chef, le jeune prince de i dé, auquel ils donnoient pension, son pouvoir , comme les estais de Ha faisoient au duc Maurice. Et despuis , Tespoir qu'ils avoient à la bonté du roy ry quatriesme, qui leur estoit obligé, ilsi ont plus , avec tant de présomption qui vantent parmi eux de laire les maires I villes , ou bourgeois plus factieux , geDeit et conducteurs de leurs armées ; c'est j republique dans une royauté ,.silesmioisi et maires des villes ont toujours poim Le roy Henry quatriesme ayant esté i eux , a cogneu comme ils se sont maniés, de ce rendu plus advisé , gagnoit chaque j pitaine en son particulier ; faisant coijikm aux maires des villes qu'ils ne profitoieatl la guerre ; leur donnoit pension , et à ce qui ont le plus de crédit , comme aossii ministres : à quoy il dependoit plos de on mil escus annuellement ; et n'y avok josqa'a moindre surveillant, eschevinjOubrauUeor qui n'eust sa pension, ainsi qnelesSùw ont de France.
Le roy a permis liberté de conscience l'exercice de leur religion , donne pensioi quelques seigneurs huguenots particuliei pour les séparer de la cause générale, lœ ny les ministres et principaux des villes p< sionnaires en toute liberté , avec peu deo les , ne désirent la guerre , et se prepam se faisant riches par exemption de subsiJel pour en tèmf^s recommencer les coeillett d'argent, et renouvellement (lM!iances< trangeres à la dissipation de Testât , s'ils p( vent , pretendans leur seurté en icelle , ( est toujours menacée en un royaume oui a diversité de religion.
^'eaiiUDoiiis , leur zèle est fort perdu , leurs coeillettes de deniers abolies , y ^nt apparence que mal-aisement y retomj^-as,sila guerre n'est foicte qu'aux ^es et non à ceux qui demeureront pailler ù cest entretenement de republique ^^urs fomenté au re^^ne de Loys tre- ^, qoe, sous le nom d'un petit estât de 0K& pour eux , leurs ministres , leurs rnisofls et plusieurs des factieux sont payés peoskmnaires : mauvais exemple de ceste nblique estabiie dans une monarchie, et fi oau^-ais encores celuy d*01ande et Zeije, qui se font souverains. Les villes qui pavent tailles ny de nouvelletés , parce 3s sont en ligue et s'entendent ensemble» Vf ot Tolonté et exemple aux catholiques sallicr par un party , pour jouir de ces pciiises et immunités ; ce qui est plus facile i Tilles d'icy en avant , à cause de la morké et pauvreté des gentils-hommes adver par les guerres passées. Et n'y a rien
0 à craindre en France que la puissance i\illes ne dissipe Testât. Avant la venue de gar eo Gaule , toute l'auctorité estoit à icel- I, qui leur peut bien encores retourner , si loy prend garde : et si elles n'ont acquis «voir eo ces dernières guerres , c'est parce l'elles 0 ont point gouverné absolument , et > se sont armées déciles mesmés , et qu'elles
1 se sint entendues avec le peuple des ^iBps : que si elles eussent suivy la méude et gouvernement usités par ceux de aii{Qedoc, La Rochelle et autres villes, qui K se laissent gouverner , mais gouvernent iesm de la guerre e( de la paix, les choses ne fassent paisibles comme elles sont.
Jeoesçiy comme nommer Testât hugue- W; i! ntsx point du tout populaire , ny du Ktf ^iristocratiqne , ains est meslé de deux , lisquonne jes peut imposer, ny mettre iroisoD dans leurs villes , qu'ils recueillent s deniers sur eux , prenent les armes et (posent de leur auctortté, occupent les mares de puissance souveraine. Au temps des ecs estoit la ligue des Acayens , qui sou- Btefois eslisoient le roy Philippe pour gérai : de ce temps il y a eu des ligues de isses, et de Schevabe sous les) empereurs , dessous le Turc les CymarrioUjet ceux du
RÈGNE DE CHARLES IX
mont de Sinay : il n'y a rien à comparer avec les huguenots , smon les villes imperialles d'Allemagne; La Rochelle, Montauban , Montpellier, Nisme8,ne font que ce qu'ils veulent: les villes imperialles payent plus pour le
Landfried depuis que la guerre est en Ongrie, que les susdictes villes ne payent au roy. |
C'est une démocratie meslée d'aristocratie; une republique dans la monarchie , de laquelle elle fomentera la ruyne, parce que Fun de ces gouvememens ne peut subsister ny demeurer en seurté sans la ruyne de Vautre, duquel, s'ils pouvoient, ils fomenteroient la perte. Et pour confirmer ce4|ue dessus , se voit l'assemblée Faicte à La Rochelle, en ceste année 1621 , contre le commandement du roy Loys XIII , lequel les a déclaré rebelles , et heureusement pris trente villes , places ou forteresses des leurs : ceste assemblée , purement aristocratique , composée de ministres , a eslu les généraux d'armées, les gouverneurs des provinces , avec ordonnance expresse qu'ils dépendront d'eux , en pouvoir de les créer et destituer à leur plaisir ; et le bon heur de Sa Majesté veut qu'ayant pris en protection tous ceux de la religion , qu'il ne reste que deux ou trois villes déclarées rebelles , dequoy il y a créance que Sa Majesté en sçaura bien venir à chef.
La liberté est de si grande estime , que les anciens l'ont acheptée au prix de leurs sang^, biens et conscience: aucuns se sont tués, plusieurs précipités , désespérés de la pouvoir conserver. Infinis hommes sont morts pour la garder; beaucoup , par la jalousie et crainte de la perdre , se sont jettes dans des malheurs auxquels ils ne ftnseut tombés*; pour éviter les maux incertains de i'advenir , se sont précipités par soupçon dans les presens. Les hommes ne prisent ce qu'ils possèdent; la santé, h liberté n'est estimée lorsque l'on en jouît ; et quand elle est perdue Ton cognoist son prix et sa valeur , pour lesquels quelquefois on donneroit tous les biens que l'on possède.
Ceste liberté a differens degrés , il y en a beaucoup d'imaginaires : le gonvemement populaire, là où le commun des hommes croyent vivre en plus de liberté , auquel un chacun d'eux a sa voix, puissance et aucto*
rtté en maiii , «fifteorés de pouvoir déposer leurs ms^pstrats ec ceux qui sont esleus, dèslors qu'Us verront mal et contreviendront , en quelque sorte que ce soit, aux lois du pais. Tels sont les Suisses et les villes impcrialles d'Allemagne, ne recognoissant les advouer supérieurs et maires qu*en tant qu'ils sont gens de bien et observateurs des lois de leurs pais.
U y a quelque apparence de liberté en ces grandes republiques alliées les unes avec les autres.
lies petites mal appuyées qui y pensent estre , sont en plus de servitude que de liberté, d'autant qu'ils sont en perpétuelle crainte et danger d'estre opprimés des grands roys, princes et republiques qui les environnent : teUemenC qu'ils sont forcés à de continuelles gardes , despenoes de pensionnaires dans les cours de ceux qu'ils craignent , soldoyement destrangersy entretenement d'armes, d'espions, en veille continuelle, tousjours eu peur , tousjours en crainte : tellement que ceste liberté est beaucoup moindre que celle de ceux qui sont sous un grand roy . Celles sont les villes de Genève, de Lucques , de Eagouse , et mesme de La Rochelle , dont la liberté est Mlierement imaginaire, pour les grands soupçons auxquels ils vivent.
C'est un grand contentement et satisfaction d'esire sous une monarchie, empyre, royauté ou republique , là où Ton peut estre certain qu'en vivant bien l'on ne peut estre opprimé ; sntvant la vertu , et servant le public ,
se peut atteindre aux grades et récompenses que Ton mérite , ^t qu'en £iisant mal injustement et mescbammeni , on est puny et jctastié : tellement qu'il est en l'opinion d'un chacun de faire bien ou mal , son advancemem ou sa perte. Au contraire , c'est vivre en grand regret sons les dominations , quand on CQgnoist que , quelque preud*hommie , fidelîlé , prudence et sagesse que l'on ait, que nmobstant les supérieurs ne laissent, par leur inclination, tyrannie, envie, avarice, calomnies et faux tesmoignages , de ruyner et perdre les plus gens de bien , et que l'on ¥oit eslever aux estats des personnes indignes , noel^'ats, corrompus et mescliaos, ou d'oU
les meschancetés les plus atroceii doM impunies. La France est fort subjjecln malheurs; la Catbalongne en ett ancw exempte, et quelques provinces dTl auxquels les roys n'osent faire ipjiyi impositions extraordinaires, pour U < d'une rébellion; l'Angleterre aussi: la| y demeure en beaucoup do libertés, ei que les grands sont aucunement suIq ce desordre par soupçon.
JiSB bourgeois des villes qui vivent s protection des potentats d'Allemagne si quelque liberté , neantmoins inferiem villes imperialles; mais le peuple de U pagne est beaucoup oppressé. Semh ment en Pologne les palatins et gentil mes sont en auctorité , le peuple des éi est en servitude.
Aussi il y a différente liberté ; et tel y eslre , comme est dict cy-dessus, qui • grande subjection et incommodité. L'J les Vénitiens , par leurs lois , conservi liberté les peuples de leur domination, i moins à la nécessité les oppressent, qui sont dans les terres du pape, qw guerre n'est point en Italie, goustc quelque franchise , et ont leurs iocoiK tés du changement des papes , qui av; leurs parens à leur préjudice. Ceux qi sous un grand roy ont de l'advantai ceux qui sont sous des petits potei ceux-là sçavent le nombre des bie leurs féodaux et sui)jects , leurs facul de leurs amis , desquels ils sont cousmi ment en soupçon ou désir d'avoir ce possèdent et les abbaisser par inveolM accusations ; et ceux qui sont sous le gn nement aristocratique d'un petit nomb a la supériorité^ ne sont en mesme Ly ne participans ni aux conseils, ni au:
des, ni charges honnorables. Telles so republiques de Venise et de Gènes : en les gentilshommes ont occupé les sup conseils et dignités ; en Tautre le roy d gne maintient les gouveruemens des j au mespris de la populace , qu'il tient oi jection par ses galleres et profias qu' en Italie , et par largent qu'il leur doit.
Tout favorise le dessein huguenot, le
•ûimi MlmUiûnSi sans mérite, que toutes ^ i préparé à la ruyue des Jiispagnols, te {
RÈGNE DE CHARLES IX
Il^firf« aecordé à là flUe de France ir iè rsMbnral, qui ai fait fHvot pour y^seoeni, et c*e8t celuy de sa perte : il ^ i Pv» les baguenoto poor couver- , htioot aasemMéa poor y eacre tués; grtiSimse à Bordean pour eofabir la ^; il sert peur assiéger La Rocbelle; ^e Lmainet Flranee, Espagae, Ita- Msàh nifae de ceux de Bourbra ei des
00 ftforis , les establirettt par la guerre r b paii. Ce qne nous pensons fiùre poor
1 bit contre nous; Dion se sert de noos R nous mesmes ; révoque les arrestsde ItsâDeas; airache du trosne royal celoy If iToil desseignë, et, par Toffence non [de cday -là , il y remet le pescheur pe* |iqai a recogneu sa foute ; se venge des te par ses eanemîs , ou suscite an tiers,
fie bstta et le batteur à ses pieds.
Mayne avoit toute la France , les roys ietf ters La Rochelle devant luy , les lies Tadoroient , les estrangers le fiivoripi: a irrite Dieu , sa gloire est renversée ;
Signée de gens , une tierce personne , le le prince de Bearn , a Tlionneur et Mot de tout son labeur. Ce nM>ovenient inl. miraculeasL de tonte la ligue ne peut ireferé qa'i Dieu ; c'estoit câuy à qui il îiccoiirir, et garder que les nouveaux 16 des entrepreneurs ne lissent oublier mn de ses adversaires : il faloit se vain- , se pnrger d'ambition , chercher la cou- K u cid pour ravoir en terre ; assembler «iMsIeiptimes, M contenter de la quai^Hi eussent donné , les mettre en toute naitt, du moms les ruynes en fussent esté ■VnDorables , et les espérances divines.
tm nnaer son ennemi il se faut rendre i&flr fK luy. Dieu n'eust révoqué son etf, n'eust permis qu*au lieu d*arracfaer nfe elle eust esté rehaussée, n'eust laissé MB>^se plante huguenotte pour la pna des bonnes, et n*eust donné des biens m qui en avoient perdu Fesperance.
ipuce, ambition masquées de religion, ce de rke de Dieu , perte des victoires Aennes des consciences ; ce sont tes eurs des ruines du party de la ligue , ces raisons liomaines qu'aucuns disent ,
H. du Hayne se conseiUoit A des escri-
toires, non à des capitaines; voulant esira roy, qu'il devoit prendre Tadvis de cenx qui d^roient estre dues , non deslongsea robee, qui, ne voyans assez de grandeur en un estai séparé, desiroîent la paix à son préjudice : leur ambition n*esloit que d'avoir des biens , estans sortis de petits lieux ; leurs richesses ne pouvoieni estre asaevrées par la guerre. M. du Mayne vonloit Testât royal entier, et ne se sentant assez de vertu par dessus les autres, contrarie les princes ses alliés et parons ; aymoit mieux que le party contraire prosperast qu'iceux , et fl esloit en crainte , en jalousie de ses capitaines propres dès qu'ils possedoient deux fiwrteresses ; craignait la domination espagnolle et Testât populaire : ainsi, en garde de tous , donnant coup à chacun Tnn après l'autre , chacun luy en rendoit à son tour ; il employoit une heure de tempo contre ses ennemis , et vingt-trois contre ses amis , parons ou alliés en son mesme party.
Les zélés ligneux luy disoient et propo* soient qu'il ne falloit se soucier de la ruine de Testât , pourveu que ses ennemis fussent ruinés , et que c'estoit assez de se conserver le lieu de supériorité; qu'il devoit suivre Hue Capet, doimer des duchés et comtés, sans reserve que la souverameté ; permettant h division de Testât , il fust esté roy absolu ou ses successeurs ; qu'il ne devoit crohre le sieur de Vîlleroy et de Vydeville , de la vieille cour, qui ne vouloient faillir de changer et révéler ses conseils à sa ruine ; qu^tl ne laloit croire cenx de ses conseillers qui aymoient mieux Testât de la Flrance que son particulier, et qu'ils vouloient sauver par la paix le gain qu^tls avoient obtenu par la guerre ; qu'il ne dt^oit s'amuser aux voluptés, donner de Fargent d*Espagne à ses parentes et aux dames; qu il ne faloit user les selles des cabinets , pendant que ceux du party contraire ns(Hent celles de leurs chevaux ; que les conseils des soldats se tiennent à cheval , et ceux des presidens en chambre ; qu'il ne faloit s^endret^ nir quatre ans en traicté avec le roy de TYavarre , donnant soupçon à tous ses partisans , mais prendre hardiement la couronne, et déclarer ducs et comtes tous ses parons et gouverneurs de provinces qui avoient plus de crédit 5 traictcr avec tes calholîqnea tpA es-»
loieot du cofité du roy , qui s^oSroient volontairemeot de 8*allier avec luy et de foire une grande entreprise, mesmes de mettre la main sur le roy; que s'il ne pouvoit estre roy, il faloit adhérer aux Espagnols et les laisser faire ; qu il ne faloit abbaisser la faction populaire qu'il n*avoit eslevé , n*abolir le conseil des Seize ny la confrairie du Cordon Ulanc d*Orléans, pour se fier à La Cbaslre et à la foction contraire; ne punir ceux qui firent mourir Brissoji, qu*il devoit laisser sur la fin le gouvernement entre lesmaiçsde la populace^ et déserter Paris plustost que se raetti*c en danger de le perdre ; qu'il n*estuit besoin de cornl>attre qu'à son advantage, ou pis, faire des petites paix à l'exemple des huguenots, et non des trefves, gardant les villes; et ne devoit traicler ep Espagne par ses. serviteurs, qui leur estoient ennemis ; se résoudre promptement avec les Espagnols de prendre la couronne ou de la donner, parce qu iceux Espagnols et autres n'eussent eu que le nom de la royauté , et Teffect en eust esté à M. du Mayne ; qu'en donnant la couronne il se pouvoit reserver un quart de France en souveraineté ; accoustumer de bonne heure les provinces à donner de l'argent et non à en demander; qu'il falloit acquérir le peuple des villes et s'en servir : que l'on leur eust tousjours bien levé l'auclorité à la fin ; que les chefs du conseil de M. du Mayne dévoient estre du peuple et des Espagnols , qui estoient irréconciliables , et de ne craindre pas de prendre le nom du roy, puis que par une paix il y pouvoit demeurer en une partie de France , veu que Ton dit que Henry III vouloit bien faire le duc d'Espernon roy de Mets, et celuy de Joyeuse roy d'Arles en Provence; punir les dclinqnans sans crainte ; qu'il valoît mieux un petit nombre de bien ordonnés que beaucoup de desobcissans , et perdre tout par trop d'ambition et trop peu de courage ; qu'il devoit donner aux princesses parcns et principaux capitaines plus que le juste hereticr ne leur promettoit ; au lieu d'office de la couronne et gouvernemens, donner des duchés et comtés se réservant seulement le baisemain; qu'il ne faloit autres Suisses que les gens des villes aguerris; avec de bons capitaines, ils eussent fait comme ceux de Paris firent aux Barricades,
non comme les Gantiers en Normandie, perdirent à faute de chef; que c'estoii avant que d'estre possesseur du ro^-a débattre avec ses parens à qui rauroit ; bit premièrement vaincre les eonemis que César, Anthoine et Lepidus firentav se battre ensemble ; que pour avoir voq| trop clair , ils n'ont veu goutte , et pour voulu asseurerde tout devant temps, perdu , et s'estre trop et trop tost pn (pour estre absolus à Tad venir ), ils on ruyne pour règne ; que M. de Mayi devoit mescontenter dom Diego d*Y> envoyer le président Jeanin traicler roy d'Espagne son maistre , qui ne fû ne croyoit que ce que dom Diego oifei mandoit , et encore plut grande hm voyer traicter en Espagne ce qui se p négocier en France par une personne moit mieux et Testât que son maistre , estoit des conseils des gens intéressés q moient mieux que le public.
L'Espagnol contrarioit M. do Map< faire roy l'archiduc ; M. du Mayne le br pour .le maintenir entier à soy ; ses pai aspirent , il se bande contre eux : tel! que les six parts , qui estoient TEspa M. du Mayne , M. de Guise , les princ peuple et le pape , se contrarioieot ioce ment , avec tant de peur de Taggrjoi ment d*un .'d'eux, que tous ensemUe pour le roy de Navarre, disant qu ilsâ;oK mieux qu'il fust roy qu'un de leurs ctJd gnons : ignorance nottée par les liseur M. de Mayenne , qui ne devoit s opposer Espagnols et à la pluspart de ses paréos ne se dévoient soucier qui le fust, poi que ceux de Bourbon ne le fussent, vci la division de Testât estoit leur saht.
Ceux qui ont voulu tout ont tout pe pronostic que je fis [par une lettre que crivis à M. du Mayne au premier mescc tement que j'eus de luy, là où je Ioti dois : « Qui toute la veut toute la perd' qui estoit contraire à toutes ces faot» dessus remarquées par ceux qui ont parler contre mondict sieur du 3IaTi contre Testât , dont nous devons désir conservation ; et disoient que c'esloit gi sottise à M. du^Mayne d'abandonuer id
RÈGNE DE CHARLES IX
iUDob , Tenace qnll^avoit leu et ouy dire ,
ne dès que le duc de Bourgongne laissa les
ji^oîs ses associés , Louys XI le niyna fa-
iltiQeutsprès. Ce ne sont pas tous ces man-
lidoeos et ces fentes cy-dessns remarquées,
fli ont arraché Tesperance du sceptre des
p«5 de M. Al Mayne , et la conversion et
gf^etiéere des heretiqnes; c'est la seule
fifûcnàe , et convertissement de la religion
ibseole ambition; et vouloit circonvenir
(iOtider ce grand Dieu , lequel voit dans le
nr des personnes , et les juge et cbastie ,
Ikiealement pour leurs mesfaicts apparens,
b pour leur plus secrette pensée et des-
b cachés.
k roy n*est obligé à M. du Mayne de ce l&ufolt pour luy, parce qu'il le faisoit v.soy-niesme; il empescha la dissipation , eant tout garder pour luy. Moins est^l l^aux conseillers d'escritoire dudict sieur ïayne , lesquels , ne pouvant estre ducs BTo'estre de la profession, ny n'estimant ke assez de grandeur d'estre chanceliers sn estât divisé , ils ont adopté, et en apface fait par conscience , ce que leur amjifin et interest particulier leur a fait faire à iimatention de Testât et à la ruyne de grnùstre. C'est ce qu' aucuns de la ligue iM,non moy qui abhorre ces raisons huma et réfère leur perte et ruyne à n'alir soÎTy l'ordonnance de Dieu : ayant eu lus d'ambition que de religion, sa divinité a svoqoé ses bienfaîcts d'eux, et changé ses mMm par leurs péchés , dirigeant leurs ibcnrs, contre leur intention , à l'exaltation f m âeis qui y avoit peu d'espérance. Ils se Rastoieiit que les croix de leurs espées defenifcteDt celles de l'Église ; Dieu a monstre qu'il moit besom de forces humaines. Trèsreluimmirkclel il a tiré la defence de l'Église .' cekj qui en procuroit la ruyne , et a mé la puissance à ,celuy qui n'en avoit iai Ainsi se retournent les grâces du souraia, quand il les a départies à ceux qui Q rendent indignes. Tous ces deux feuili cy-dessus ont esté colligés de ce que di- Il ceux de la ligue , et n'est point blaspher d'escrire ce que l'on entend dire , non ^ pour cela on l'advoue.
U)bajsser l'huguenot, retirer le secours de
Flandres, rompre leur ' intelligence , estoit contraire à l'inclination du roy Henry lY : ce seroit Texaltation des Espagnols jà trop formidables, quitter les vrays amis pour s'appuyer sur les coquins catholiques, les uns qui ont esté ennemis déclarés , et la pluspapt encore amis simulés , sans asseurance certaiqe qu'il n'y ait de nouveaux mouvemens de leur part, lesquels advenans, si les huguenots estoient offencés, ils n'assisteroient Leurs Majestés, d'où naistroient diiTerens partys; et seroit dangereux de tomber aux guerres huguenottes , qui en engendreroient une catholique contre Testât. D'autre part , maintenir l'huguenot^ la brouillerie de Flandres, l'alliance des protestans d'Allemagne , est injuste : c'est secourir les rebelles des princes en mauvais exemple ; c'est feire à autruy ce qu'on ne voudroit souflBrir, et faire pour une religion contraire à celle dont Sa Majesté feit profession.
Il est estrange d'exalter un estât aristocratique pour maintenir une royauté de laquelle il est ennemy. Diverses raisons fortifient ces conseils : de l'un le péril est présent , de l'autre à Tadvenir; l'un touche le roy, l'autre le dauphin. Il seroit mieux pour Sa Majesté s'opposer aux huguenots , ruiner ou abbaisser les factions durant sa vie , que laisser son fils en péril d'icelles ai»*ès sa mort; mesmes, puis que la puissance des catholiçiues ligués n'est plus à craindre, faudroit procurer la paix en Flandres, abaisser sourdement les huguenots, obliger ses véritables amis pour maintenir la couronne à la postérité , sans les mouvemens hérétiques , faciles à dompter de son vivant ; nommément ne les forçant en lenrs consciences , ny ne leur donnant sujet de desespoir , leur ester insensiblement les places et les charges, ou faire catholiques ceux qui les possèdent. < « / .•
Les princes chrestiéns ne doivent faire guerre sans défier leurs ennemis : la faute est pareille à celle des gentils-hommes qui frappent leurs semblables avant que les avoir advertis de mettre l'espée à la main. L'artifice n'est esloigné de trahison , de ceux qui font parler de paix à leurs ambassadeurs , et résolvent la guerre en leurs conseils secrets : c'est confesser son peu de courage ou sa trom-
nta
MÉMOmES DE GASPARD DE SAïïIl.
perie ; c'en 'se mtir iaf erieor d^htrcfiesse , de droîct et de valeur , de surprendre en pleine paix ses voisins. Puis q«'fl n'est permis de tromper les trompevrs , pour la meachaaceté d'autniy il ne faut nous fidre leurs sem- Mtbles , qrny qu'ils nous ayent auparavant surpris. Les Turcs sont ftdeles en ce seul poinct, qu'ils dénoncent la guerre premier que TenCreprendre. Dieu hayt les meschans agresseurs , les punit eu ce monde ou ailleurs : les subjects , les voisins secourent plustost la bonne querelle que la mauvaise. La couacience examinée , le droict approuvé par les ecclésiastiques et gens de bien, s*il est fuste d'ttssulfir et se défendre selon Dieu , en ce que la raison peut permettre » c'est l'acte d'un
Il est mal-aisé de voir de grands effeds des ligues et confédérations qui dépendent de plusieurs ; chacun a un but particulier pour se prévaloir du profict et de rhmnenr sur ses compagnons ; les meffianoes , mesoontentenons , incommodités que ies uns souffirent plus que les autres, dûmauenl, changent et per> -vertissent leur intention ; l'envie entre lescapitaines , hayne entre les nations » soupçons et trahisons ne manquent. Qui veut tirer profict de ligue , il fsut que ce soit promptenmat ,et dès te premier jour pourvoir et faire les provisions d'hommes, d'argent, de vivres , de eapitaines, d'officiers généraux choisis pour tout le temps que dure l'entreprise , et que les demers demeurent confisqués au préjudice de ceux qui rompront l'association avant terme : partager les conquestes à venir , et les dommages et despens, petits ou grands tju^ puissent eso^ , pour les supporter ega* lement; résoudre, avant que commencer, aur tous evenemens qui peuvent rapporter jalousie et mescontentement; s'ostertant qu'il BO peut le pouvoir de se desdire ; ne destituer officiers ny pervertir les finances Jusqu'au parachèvement de l'entr^rise. Grand advantage est à un seul souverain contre plusieurs ligués , qui par mauvaise intelligence et soupçon se défont eux-mesmes.
,. Les pauvres qui .ne font guerre et n'exercent les cruautés , n'ont non plus de mérites que les vieillards qui s'abstiennent de luxure
par impuissance : cola no les exempte de
péché , pour n'avoir âmes ay richesse prend un esca voUeroit une provincri donne ua coup d'espée ae s'abstieûàj plusieurs meurtres s'il avoit le pouvoir leur reste que les moyens de mal faire ont la volonté mauvaise , laquelle Die dans leurs coeurs. ^
Le conseil huguenot , pour ruiner II a esté de lui osier les biens ; leor
esloit qu'abattant le colombier la s'esgarent ; U osarmite renversée m sordre les marmitons et ceux qui ea Suyvaat leurs préceptes et deaseios,kis| sont ruinées des décimes , par oodi sacremens non administrés , ny les pt siens instruicts. Si la vente du bjen S continue en France , avec raugmeDUti dedmes , c'est faire pour les hugo ruiaer les catholiques : si les ventes et qu'il soit ordonné aux ecclesiasti racheter les tMoas vendus , etpour cest à leur defiiut., y employer , par Fao du roy , le quart de leurs revenos , I ae remettra ea meilleur estât , pour BBM>yen à l'advenir d'ayder à laconv hérétiques.
Les conciles prohibent que les liis aent les biens d'Eglise , les papes Feoi iceux sont donnés pour le mainteiur qui font la guerre contre les imiqm blent en pouvoir posséder , puisqaeSi teté le permet, et que tous sçawufo'i est bien adverty. Les abbayes m aux femmes , aux, huguenots etgas blés ; il vaut autant qu'un presdliome les tienne que telles gens. Ces péchés gent les roys , qui , estant obligés des que la noblesse iait , espargaent leurs pour payer de celle de l'Eglise. Les sçavent les desordres , et n'y renedieot la crainte de la desobéissance des qui causeroit un schisme; disent (\û mieux endurer des petites fentes donner lieu à de grandes , ainsi qac 1 par expérience au royanoie d'ADgl qui s'est foict hérétique pour n'avoir preuve un divorce. Et eacores que 1 que les lois divines ne doivent n plier , il y a des exemples , au vieil e(
veau Testament , des prophètes et (b
RÈGNE DE CHARLES Ct.
^ oot enduré beancoup de choses des prin- I et des panicutiers , pour les maintenir et ^fm âQ bon chéniiii. En effect , qui se 1^ passer, des bénéfices , c^est le mieux ; et ^(fàm possèdent par bien-faictè dès roys inDeruceides papes , ont quelque conâo- ^eflieur conscience pour Tacquit de la-
EUS drivent obtenir pardon de Sa Sainô- I qnoy sont encouragés par la considère tant dincommiandes faites en Espossedées par des gens ihariés , sous d'an ordre de' Saînct Jaques ou aù- /retexte qnî a esté refusé au roy Henry e à la création de Tordre du Sainct- , et qnMl valoit mieux accorder par Sa té , pour éviter le pecbé que commet e de France joui^nt desdicts be-
qnl ont en chlsirge et gràndeujr un an
I avoir autant de contentement que ceux
conservent quinze ; il y a un bout ,
ù tons deux ; rien n*est permanent.'.Il
ke plus de pi^rdf ë les est ats à celuy qui en
If qaîilze ans , qtt*à celuy qui ne les a
Id^ qHé deux. La tnort est aussi fascheusc
lieiUes gens qé'aui jeunes : celuy qui a
is &nctorilés*et les a quittées gouste deux
VfV^n^e et là tranquille : en l'activé il
Uimy récohipénsé dé gloii^e , au repos
f tstrc à soy-mésme reconipensé de plai-
. (joi est en une de ces vies désire Tâutre,
2e qu'en celle de quoy on jouist on né sent '
iocoiDinodités présentes dé celle de la-
ilboii s'est privé. Uh philosophe jugeoit
cm» de Syracuse indigné d'estre maistré
«riken liberté , et hors de tant dé tra-
no, cnîBt^ et travaux dont sont accablés
aqripiMdent les/souverarnetés , mes-
ooir i/Scftè^. Je me contente avec raison :
ea médiocre fûvmt des roys , grande
fe de M. du Maynè et|duc de Parme do-
Ttt b France ; J'ay côriimandé absolument
trois armées , rèspace dé deux ans ,
le gênerai , et suis esté gênerai nioy-
« en d*autres ; j'ay esté gouverneur es
riches et fortes provinces de; France ,
mdie et Bonrgongné , en puissance ab-
dc vie et de mort , avec plus d'auctorité
eux qni sont en faveur des roys main-
I, qui nV>ser6ient commettre cé que je
pouvois faire , et qne mon întegi'îtë et preud*liommie a empesché. Maintenant , grâces à Dieu , cognoissant les tromperies et vanités mondaines , que toute chose n^est que poudre, qtiMl n'en reste que les péchés commis , je gousté Tautre vie en tranquillité , repos et liberté , qui m'est d'autant plus chère qu^elle est proche de salut', et que j'ay cogneu et gousté les incommodités de l'autre vie.
i L'arc tendu à la ruine ou establisscment Ides huguenots, le roy Charles porté a la guerre d'Espagne par leur subtilité , ils luy proposent d'obscurcir les combats de son frère par nouvelles victoires. La royne fluctue entre paix et guerre ; crainte de civile la penche à î'estrangere ; les vieux Italiens ambitieux , ses parens , esperans grandeur . en ceste guerre, la suadent : comme femme, elle veut et ne veut pas , change d'advis et rechange en un instant. Les huguenots cornent la guerre , le' roy avec eux , dont ses grandes faveurs leur sont suspectes. Telligny , huguenot , possesseur et favory de Sa Majesté , en créance ?de ceux ;de Montmorency , eslaint autant de soupçon que les ministres en allubfient. Soit que la justice de Dieu , ou la mau* vaise fortune de l'admiral , ou la crainte qu'il avoit de retourner aux guerres civiles , fermassent ses yeux et ses sens aux advis de sa ruine , croit qu'il n'y avoit point de milieu que posséder la cour oii r'entrer en la guerre , aux incommodités de laquelle il pi^é-pose l'hasard de la perte de sa vie. Il ne voyoîlny ne prèvoyoit ce qui n'estôit pour lors , d'autant plus qu'il n'y avoit encor rien de résolu contre luy , quoy que les îgnorans des affaires d'eslat ayent escrît ou dit. Il s'escliaufle en ses desseins pour faire des mal-côntens et se préparer à tous evenemens , conseille la cassérie des gens de guerre , pbur (s'ils estoieht contraincts de prendre les armes ) s'ayderdcs mal-contcns: celte casserie se fait à Mastrîc. Le sieur de Tavarines reprend sa compagnie ,. qu'il avoit donné à ses enfans , contrarie la guerre d'Espagne , monstre la pauvreté de la France et puissance des Espagnols.
L'admirai , memoratif de ses playes provenucs de la fidélité et service du sieur de Tavannes , le tieiït pour ennemi , entreprend sur sa vie. Leurs Majestés ù Monceaux , le sieur
4fl0
[iB»l
de Tavaimes à Paris se promené avec le sieur marquis de Villars et dix de leur snilte ; Tadmiral de Chastillon le joinct sur le quay du Louvre , avec quatre vingts gentils-hommes ( partie préméditée ) : Tadmiral veut une querelle d'Allemand , conduit le âeur de Tavannes en discours hors la ville , dit : « Qui empes- 1» che la guerre d'Espagne n'est bon François, » et a une croix rouge dans le ventre. »*Le sieur de Tavannes , cognoissant le péril où il est , s'ayde de sa surdité , fait semblant de n'ouyr que partie du discours , auquel il respond doucement : qu'il ne se folloit pas prendre à luy , mais au roy , qui recueiUoit les opinions des capitaines de son royaume; qu'en ceste qualité il disoit la sienne , à laquelle il ne se vouloit point arrester si par raisons on luy en monstroit une meilleure. Sans les offencer ny se monstrer timide , avec prudence se descharge d'eux, qui sur le champ changent de resolution de le tuer , -et le laissent retourner en son logis , où arrivé , ses gens luy demandèrent s'il n'avoit pas ouy ce^que l'admirai luy avoit dit : « Je serois , » dit-il , bien sourd ; un jeune homme s'y fust » perdu ; ils ne m'y tiendront plus. » f Là dessus arrive l'advis de la. prise de Mous; les courtisans huguenots desbridés exclament contre la paix , criant guerre espagnolle ou civile. L'ambassadeur d'Espagne demande congé ; le sieur de Xavannes le retient'par commandement du roy et de la royne; fait^. donner à Gatey , gentilhomme du comté de Bourgongne , une chaisne de cinq cens escus par Sa Msyesté , pour aller en Flandres assenrer son maistre qu'il n'avoit point de guerre : tant estoit tout en balance. Pour sortir de peme et de ces contrariétés , le roy tenant conseil à Paris , le sieur de Tavannes moùose que Sa Majesté devoit prendre le conseil de ses meilleurs capitaines par escrit; ce qu'il fait pour sa surdité , et pour n'entrer en diq[>ute dans le conseil : ceste resolution suivie, tous aportent leurs advis. Geluy de l'admirai disoit que c'estoit le moyen d'estaindre les guerres civiles par la conqueste de Flandres ; que , pour gagner au passé deux villes d'icelle , une partie du sang de la France avoit été espandu ; qu'aux derniers conseils
de bonnes villes sur la frontière 'prises , Toi pourroit parler de se déclarer ; Hons et m douzaine d'autres Festoient maintenant ; etie vante d'avoir telle intelligence , qu'il y aoraii; une révolte universelle contre le roy d'En: pagne,
L'advis de M. d'Anjou , depuis Henri tnU siesme , fut tel , dicté de mot à autre par sieur de Javannes :
n Monsieur, les occasions qui se pr du costé de Flandres sont fort consid et y a apparence qu'icelles tentées avec ayde , il s'en pourroit ensuivre quelques effects ; et me grèvera bien si , en façon que ce soit, là ou ailleurs (estant l'âge de travailler ) , je ne puis prom vous faire paroistre l'envie que j'ay de faire service , mesme hors vostre royai et que telles occasions se passent sans l'hasard et fortune qui en peut advenir, monsieur , je m'estimerois bien mal fort si , post-posant toutes mes affections à la servation de vostre royaume , où il vous a me faire lieutenant gênerai , je ne vous sois entendre Testât auquel il est maini me semblant estre une chose bien simple d*! treprendre porter un grand faix sans premiet'^ rement peser ses forces ; je les dois cognoismif < pour s'estre adressés à moy toutes sortes d» gens, à cause de mes estats. Or, monsieVi la première et plus importante chose pour If guerre , et principalement dehors , sont kl finances, dont vous estes, et de crédit, sifltf arrière , et la puissance de vostre peu|de û espuisée que je ne vous la puis dire , sinonir larme à l'œil , et laisseray à messieurs qui kir gouvernent à vous en rendre raison. Et quut aux hommes pour l'cxeeution , je voy vosm gendarmerie à cause de son naturel courageuse , et néanmoins , pour avoir esté mal entretenue , avec une impression acquise sar tout depuis ces derniers troubles , qui est de souffrir peu de labeur de la guerre et abandonner les enseignes s'ils ne sont satisfaits de leurs soldes ; chose qui leur sera facile , se retrouvant près du royaume. Et, à ce que fefrtends , il y a moins de gentils-hommes qui n'y eui onques , à cause du mauvais traictement, ayant l'injure et pauvreté du temps
M. d'Anjou avoit dit que , lors qu'il y auroit [ empesché de la régler par vostre comouuH-
RÈGNE DE CHARLES IX
iipent , suivant ce que j*en avois bonne in-
« QanDt à vos gens de pied , Stresse a mené ^pmcifâux capitaines avec luy ; par ainsy
tiroir la fleur des soldats : il en a passé grand nombre en Italie qui aussi sont !' [fldiears , et m'a-on dit que plusieurs [silés du costé du duc d'Albe. Vous sçales expéditions qui ont esté faictes pour des bandes par toutes les frontières, k mon advis, se ^trouveront gens nou- Yostre Majesté a veu aussi les doléances ont faictes tous les gouverneurs , les places , tant de Champagne , Picar- Guyenne , Languedoc , Provence , que ut , et généralement toutes vos fron- , où il n*y a une seule ville en estât; part voslre peuple misérable , tant le des guerres passées que de la cherté ips : de sorte qu'il est mal aisé de ju^ beaucoup d'endroits de leur affection, ces pauvretés et nécessités me font lefairre «pie, sur le dire des gens deses- Ils et chsûssés hors de leurs biens , qui n'ont on bien peu d'asseuré de ce qu'ils prêtât que paroles , l'on ne doit rompre les promises , de faire de son amy son pHÛ à grand» que vostre estât puisse courkftmie à cause de tant de nécessités. » A ce mesme conseil du 26 juin 1572 , le Vr de Tavannes donne son advis :
• Les gneux de Flandres se promettent favecleors alliés,ftant d'Angleterre, princes Wataos , ^François huguenots, qu'autres, !■& fwces seront de dix mil hommes de hml, et grand nombre de gens de pied à tei[ifi(MQ»it, tant arquebusiers allemands pi*aiçtois ,fes plus forts par la mer , le Fais ksml-amttïït , plusieurs villes prestes à se p(^kr, et que tout cela s'offre estre à la ^n dn roy ; luy donnent advis qu'il doit tkrtr la guerre au roy d'Espagne ouver- M/, d'autant que , si ceste belle occasion P^td , mateisément se pourra recouvrer.
^^ ce qu'il est à présumer qu'estans le roy ^^^gne et duc d'Albe , en soupçon de Sa ^té^ comme ils sont à cause du voyage ^^oese, encores que pour ceste heure ^^kmat fort beau langage , que venant à
'e?jçt»rieax avec la grande armée qu'il
y aura , ils ne donnent à la France , en grand danger ( la trouvant depourveue ) d'y faire un grand eschec.
» A la vérité il y a quelque apparence en ce dire-là, à qui ne considereroit en quel estât est le roy et son royaume , et celuy du susdict ' roy d'Espagne , les affaires duquels sont allés jusques icy comme chacun sçait. Par ainsi , sans se tromper , faut considérer que le duc d'Albe n'a pas si mal pourveu à son feict , qu'il n'ait bien tost une des plus grandes armées qui ait esté il y a longtemps ensemble; et ores qu'elle n'excède point les susdictes forces de ses ennemis , la différence y est grande, d'autant qu'il est sur la défensive et a l'argent pour continuer la guerre et mettre les choses à la longue , tient le pais de quoy il vivra , les autres en danger de mourir de faim , et n'aura que trois mois pour temporiser, que l'on sera en hyver, durant lequel ne se peut tenir la campagne en Flandres à cause des marescages et humidité dudict pais : et n'est vray-semblable qu'il puisse estre contrainct de combattre , luy qui est sage capitaine , ayant accoustumé d'estre retenu , si ce n'est au grand desadvantage et hasard de ceux qui l'iront assaillir.
» Et quant à ce peuple rebeUe , sa puissance et bonne conduitte est jà monstrée par ceux qui sont descouverts ; le reste , encores qu'ils eussent bonne volonté d'user de rebellion,ne le sçauroient ny oseroient descouvrir. L'exemple y est , ayant veu le prince d'Orange avec une si grande armée en leur pals, sinon que l'on eust contrainct ledictduc d'Albe à la bataille , et il l'eust perdue : aussi s'il la gagne ayant les forces du roy joinctes avec celles desdicts huguenots, voila le royaume en branle ; et est le mettre sur le tablier au hasard contre la Flandre , mesmes y ayant si grand nombre de peuples en cedict royaume de l'ancienne religion , et la plupart mal contons , qui est pour se désespérer , à cause que n'ayant point de finances pour ceste guerre , il est force d'en prendre sur luy; et est en somme porter la querelle d'une poignée de rebelles de dehors, pour en faire un grand nombre dedans.
\ î» Lesdicts rebelles de Flandres ont jà préparée cattsedelarebeUioa de ceux de France,
MÉMOIRES DE GASPARD DE SâHLX.
disant que ce^ qu'ils ont commencé est pour les subsides, desquels le susdict peuple françois sçait bien à quoy s*en tenir ; subsides de fraische mémoire levés pour chastier le peuple eslevé pour la religion qui se dit reformée , et à ceste heure autres subsides pour la soustenir : chose ti'ès-dangereuse pour les grands princes , qui se trompent s'ils cuident estre roys pour tenir des places fortes, maisons et autres choses ; car il faut cstre roy du peuple, et estre obéi et aymé ; autrement le mieux qui en peut advenir , c est maistriser la religion, la rébellion, et sondict peuple par force avec les estrangcrs, les enrichir de leurs dépouilles à la ruyne de leur royaume , et s'acquérir le nom de tyran , avec perpétuel doute de leurs personnes; joinct que, siSaMsyesté commence , il sera assailly du costé de Piedmont et Provence , Languedoc et autres lieux, facilement par le moyen des amis de la ligue et de Tarméo de mer : et d'y envoyer de grandes forces pour y dresser une aitnce et y faire teste , se fiant qu'il ne faudra pas beaucoup ayder aux susdicts gueux , attendu qu'ils sont jà forts , il n'y a homme qui ne doive conseiller de se devoir tousjours rendre le plus fort, se joignant avec eux pour leur faire la loy et s'attribuer les conquestes. Davantage fout avoir secondes forces, pour ( si on venoit à la bataille , que tous conquerans doivent chercher) avoir une ressom*oe, d'autant qu'il est bien plus raisonnable de défendre le cœur du royaume que les membres.
» Ainsi , de mener une autre armée en Piedmont l'on sçait comme il est aisé ; les places y sont eu très-mauvais estât, le pays, débile comme il est, perdu en un mois. Les forces d'itiilie pourront tomber en Dauphiné ou Provence ; M. de Savoye baillera vivres; l'entreprise du roy d'Espagne pour Alger se pourra remettre à une autre fois , et , à l'imitation du vieil empereur, s'ayderde l'argent levé pour cela. Et ores que ledictduc dWlbe eust perdu la bataille et la plus grande part des Pais Bas, la réputation cl la force sera si grande à Tcndroict des liuguonots , iiiesmes venant à mourir ou changer ceux qui l(»s conduisent avec bonne in>eniion, q\w. h\ roy et son royaume seront tousjours menés en laisse. Et vaudroit bien mieux n'avoir point de Flandres et autres
conquestes, que d'estre incessamment an tre : par ainsi, en gagnant c'est se perdre tout. Est aussi à considérer que lesgn grossiers trompent les huguenots, sol par leur mauvaise conduicte tant présente passée. I
» Je laisse la foy rompue d'unliommecoB le roy, qui fait profession de rbonneur,! gratitude d'avoir esté secouru en sa necet rendre mal pour bien : qui seroit entiereii le contrepied du grand roy François, leq au lieu de recevoir ceux de Gand, donnât sage à l'empereur pour les chastier. Je fa pareillement qu'on a veu les roys s^ les peuples pour plus facilement les vdii et mener à leur volonté, et qu'à ceste 1m les peuples, ayans séparé les roys , en p ront , s'ils veulent , foire de mesmes ; d*ao que tout cela est assez évident. Et pour i durre , jamais roy sortant de misère ne en si beau chemin ; ceux qui se sont esk dans le cœur de son royaume , qui tieni une partie du peuple à leur dévotion , y fait la loy , vont assaillir les ennemis, où i peut perdre sans gagner aux despens d' truy , s'il faut lever le joug , qui sera te jours sur le col de Sa Majesté ( venai)t cfa ger les chefs de bonne intention , comme est ). Et de dire s'ils sont defoicts ils se suivis juscpies en France ; et tombera lax au duc d'Albe sur luy. L'exemple y est c retraicte qu'il fit dernièrement, les a chassés de Flandres ; et ores qu'il eust a opinion , Thiver l'y contraindra. Et pour medier et prévenir à tout, fout lever U soupçon du roy d'Espagne contre Sa4 Majesté , en quelque façon que ce soit, i plustost remettre ledict voyage de Strod une autre fois , et luy foire entendre que • pour le contenter. Et pource que , quan< voisins s'arment, il est raisonnable de s'an soient disposées ces forces là aux frontie s;ms faire masse qu'il ne soit besoin. Le 1 guelt et le Rcâtguelt se baillera à qaéU reistres et lansquenets, sans les lever que ne soit pressé. Prc[)arcr doucement lesJSui aussi sans les lever ; la gendarmerie ten» estai sans Tharasser; les gouverneurs à coramoder ; mumr, les places et y renfor 1 les gardes ; ccla^scraj suffisant pour!, q«
RÈGNE DE CHARLES IX
^j^ le présentera quMI y ait mauvaise )B(é du costé dadict roy d'Espagne , se li,c es on camp fortifié près d une ville iniereqQe Ton sçaura choisir , et se con- ^ meiidaot les susdîcts reistres , Suisses jfco^desaHiés , et hire teste à ceux qui 0gtM OQ fuyront dedans le royaume à liroée : excuse bien raisonnable , sans Sreledictroy d'Espagne en jalousie, re- 0rt cesle belle occasion ( si belle se doit ilff) i une autre fois , qui ne se peut perly b tolonté de ceux de Flandres^ qui
F' Mirs à Taide aux François, tant nt que tes Espagnols les mais
|t faut coosiderer que ces Pais Bas d'icy ttU ne peuvent plus de rien profiter au gXspagiie, et que pour les régir il est pioct de les ruyner du tout, et ne luy ^Loarner qu'à grande despense, crainte plaisir; de sorte qu'il est ^ présumer , la fia on y pourri^ mettre le pied par jB avec alliance « ou par force quand lefoihlesse sera passée. Et enfin vaudroit jiDieux o'avoir point de profict que l'aiprle moyeu de ceux qui tiennent tant «es aguerris dedans les entrailles de la m, pour, à toutes les fois que leurs sus- Icys faillis, eux ou ceux qui viendront iKiodroot fonder une querelle sur subs, religion ou autre chose , mettre en ijeieroy et son estât. Laissons doncques tireprise si injuste , mal fondée , et qui tt est si dangereuse; maintenons nostre pttJiKi envers Dieu et les hommes , et la âa^ecQu chacun, surtout avec nostre sq)le,lear tenant la parole pour la [reliai et reprenons haleine en nous laissant tkrgerfsr nos ennemis ; car c'est toute la mé de ceste couronne et de Testât. » ^
te les gens d'estat qui vivoient de ce (»>là, et ceux qui du depuis ont veu cest I, i ont exalté et loué sur tous autres qu'ils ttt jamais veu ; et pour luy donner enipliu de lustre , j'en ay mis deux iey donpvinoy du vivant du roy Henry IV et de îfence de la royne. .,
I« roy ne doit faire la 'guerre ; Dieu est fié eu la royne du peuple et en la rupture
de la paix jurée : c'est donner des armes aux mal-contens ; les chemins 'd'Espagne et d^An^ gleterre sont trop frayés: la corruption du siècle nomme artifices ce que les andens qualifioient trahisons. L'inclination des ¥nm^ çois aux nonvelletés est redoublée par la pran tique des guerres civiles , nécessités , maa* quement de solde et espargne de Sa Majesté, jomctes à l'ambition , envie et hayné restée» des partialités. Le roy (premier capitaine da ce siècle ) doit empeseher que ses armes n'en eslevent d'autres; l'heur qui kiy a esté fen vorable est soupçonneux : la fortune se pWM à défaire en un instant ce qu'elle avoit fàh en plusieurs années. Si Sa Majesté va aux ar^ mées, les travaux , les dangers sont grande ; smon il ne s^ fera rien : elles sont nécessaires en Picardie, en Provence et en Guyenne*; Sa Majesté n'a deux corps. Quel pleige , que l'employé ne s'en prévale ? quel gênerai san» dessein , sans party , capable et fidèle ? si ce sont des huguenots généraux d'armées , plHH sieurs diront que c'est' guerre de religion » non d'Espagne. Ceste republique huguenotte, dont les chefs sont obligés par im premier serment de religion, leur credil joinct àM'auctorité royale est dangereux. ^ » Donner la généralité à ceux de Lorraine^ il y a peu d'apparence : ce qui a esté peut estre -, les flambeaux esteincts facilement se r'allument. Les huguenots , qui ne manquent de couleur pour se mettre à port , feindront craindre les massacres , demeureront en gros , pour , sur l'cvenement , prendre party et argent , qui ne sera le premier qu'aucuns d'eux ont receu , non seulement des Anglois , mais des Espagnols. Le meslange des refor^ mes et catholiques pourra durer un mois; après il ne manquera de partialités : l'ambition ne sauve les frères des frères, moins ceux qui sont en diflerens buts et partis. Le» mareschaux de France n'ont les parties nécessaires pour commander à vingt cinq mil hommes; le gibier est trop gros, il y faut antre chose que vaillance et conduicte commune. La gendarmerie cassée, les gentils* hommes ne se sentent obligés ; la paye qui ne manquoit, la crainte de perdre leurs places de gens-d'armes , faisoît partir : main* tenant que la solde finit avec la guerre , il9
proposent le retour à une monstre qu'ils reçoivent.
kr » De payer ceux qui demeurent aux armées , cela sert pour les soldats de fortune y non qu'il puisse lier les gentils-hommes , non plus que trois cens pensionnaires n'en contentent trois mil. La contraincte d'aller à l'arriere-ban, ou forcer ceux quijont^ porteries armes de les reprendre, se peut pour un coup; le deuxiesme porte révolte. Les effects contraires aux conquerans sont pratiqués depuis la paix ; les gentils-hommes , les soldats se sont précipités en Flandres, en Ongrie , pour f uyr la nécessité et sévérité attisée des vengeances, des guerres civiles. Les capitaines expérimentés morts ou envieillis , quinze années des meilleures du roy perdues , l'argent de la gendarmerie , sous couverture de justice , donné aux oflSciers et conseillers des cours de parlement, espérant quUceux contenans la populace l'on n'auroit que faire de la noblesse qu'il falloit desarmer pour éviter la guerre civile.
H » Geste forme de gouvernement , si esloignée d*un conquérant qui doit tenir les soldats pour citadelles des peuples , non les peuples pour forteresse contre les guerriers, sera malaisée à r'accommoder par l'argent de la Bastille espuisé des secours de Flandres. Les millions durent peu en deux "grandes armées , non semblables aux civiles , qui grossissoient du peu de seurté que les François avoient chez eux ; maintenant ils veulent estre soldoyés. Si la monarchie fait désirer la guerre , les grands , les petits de l'Europe s'y opposent; ils assisteront les foibles : c'est un dessein que l'expérience monstre ne pouvoir réussir. Il y a différence de force de la cavalerie de France dans les plaines d'iccUe , h la force de l'infanterie espagnole sur les canaux de Flandres et Alpes d'Italie. Il n'est si aisé de conquérir le pais des estrangers que les chasser du nostre : ainsi la guerre n'est juste ni utile, Qt faut considérer si elle se peut éviter.
» Les huguenots admonestent de prendre garde que, la pensant fuyr espagnole, nous ne la treuvions civile ; que le travail des estrangers est le repos de la France ; la vengeance juste , de favoriser les rebelles de celuyqui a suscité les nostres; qu'il est utile
de contrarier ses desseins , à ce qae si blesse suppedite son ambition ; qu'il oe perdre les vrays pour les feinis amis, i der la paix à ceux qui l'ont osiée ; m huguenots ont changé de qualité dep Sainct Barthélémy : leur ruyne fut au danger de la guerre d'Espagnetoient accusés d*avoir entrepris sorlsj François deuxiesme et Charles résisté au roy Henry troisiesme ; viennent d'assister le roy Henry auquel ils disent avoir sauvé la cooroiii
» Leurs ennemis disoient qu'il m quitter le pape ni les Espagnols , batailles de Dreux et Montcontour, joindre à ceux qui les avoient données:! est tourné ; ils disent qu'il ne faut lais huguenots qui ont aidé à celles de d'Arc* et d'I vry , pour s'allier aux iigi Espagnols qui y sont esté vaincus , et de la mort et blessure du roy Henry siesme. Huguenots qui se disent la m de Testât, pour ne recognoistre antre | sauce que la royale , s'opposent à ceU Sa Saincteté ( à l'ayde de Àranços plus à gnols que religieux) veut usurper; qse M seroit mal conseillé de sortir de sa b pour entrer en celle de son ennemi, de ( qui l'ont nourry pour ceux qui loot du bras de ses amis victorieux à refo^i ses ennemis vaincus, au regret éès nots, qui confessent ne se pouwperdre Flandres sans l'interest gênerai de korRl gion, pour laquelle ils hasarderoDi.uAM lement le respect et le devoir qui ^ au roy, mais leurs vies , leur sang ei k biens; et ayment mieux se perdre arec le amis et confédérés , qu'attendre les bras ( ses que la défaicte des uns soit la rajue autres ; disent qu'il ne restera i Sa M)f pour toute seurté que ses adversaires la pagnols reconciliés , ses ennemis conquis, de catholiques royaux , une bonne partira quels, les cognoissant pour le vray opm la couronne, les assisteront; qui sera ooec fusion universelle , où les peuples reton ront à leurs fautes , dont Tunique remé» la guerre contre l'Espagne.
• Les catholiques respondent qae te
guenots^ ne peuvent oublier ce) mot qû
HBia si cher le vîogl'^iDairiesiRo aousi 16'32 : Fakies h ^etre aux Uspu{[nols , Sire , ou iDtB scrODs cunliutncls de vous la faire. •> on ae pouvons plus lonii* ousiro peuple ; |lB mciuce les injusles d'asseoir en leurs IWes leurs serviteurs , <i*ua siècle de fer i ttrre d'airain. La couronne celeslc se Ié pn^vrer à la terrestre : faire profession l^b religion catholique et ne garder l'auc- Ipilé royalle , secourir les hérétiques et re- Mts , n'est eslre chrestien ni homme d'es L La parole des bons princes doit eslre se- ■lenr cœur , sans dissimulaiion -, autrement I D) foy ni magnanimité ; les besles t de crainte , les généreux de courave roy n'est pas nécessité d'affoilemis par moyens illicites ; ses pre- ItODt résisté aux foi'cos de l'Europe , é les a chassés àe France. Le cheval i veulent sontir qui les dompte ; B 3 iaoi donner la luy ou la recce eslrangere n'est le repos de y elle engendre eu ce temps son I par la civile fortifiant Thugue- Kvei^eancc des princes ne doit pas- '^ilé.
reur Clarles - Quint corrompit I- it Bourbon ; le roy Henry deuxicsnie I icmn les protestans d'Alleniugnc ; le roy 1 fiwr [roisii'smc et M. d'Aloncon aydercnt ■ iBlkoaiuls ; te roy Philippe ceux de la H- |P>:dix ans simt passés que le roy Henry e secourt les rebelles de Flandres.
, comme le reste, doit avoir 8 plas qu'elle a ruyné les âmes , les 1 peuples des roys de France et ,, . irie , sans s'apercevoir ([ue leurs sub- ^ JKIlcgr fout jouer ces tragédies pour se e de leur obéissance. Trente ciuq ' '"""•{Berre dans les entrailles de la France, I '■•Ut d'.Unboise et de Meaux , ostcnt aux ^nottcesle qualité d'amateurs de lestât : mt'advQiie qu'ils sont cause du gain de ^batailles, battus en quatre; ont servyde V^Vei aux trois autres contre la ligue, qui f**!! oe se fussent eslcvés. Les bons sub- 1** te jelient leurs supérieurs, par mena- "*■ dus une guerre pcrilleuse : subj'ecis , "P'usioslmaîstresl^esU'aHges, dont le repos *«Bné est luie guerre cruelle, laquelle finie
il la faudra recommencer avec eux. Ils offrent des armées , des villes , di^s alliances , intelligences , enrooUemens , levées de deniers : autant d'offre, auUnt de crime et de leza majesté , puissance estoi-quée de la souvcrûneté à la ruyne d'iceile. Présenter au roy ce qui est sien , se prévaloir de forces , de deniers levés sans sa permission ; qui doule qu'ils ne s'en servent contre luy-œesnie? quelle fiance à ceux qui n'en ont point i leurs souverains 1 qui tiennent des villes de seurté contre leur roy, l'accusent d'impuissance de se faire obéir à son peuple , ou d'infidélité ; qui payent de menaces à l'acquit de leur foy? ils ont suivy le loy de Navarre comme panisant, et abandonné le roy de France comme souverain à Amiens ; qui n'asâstent qu'en tant qu'il leur est utile , cognoissant que la grandeur de la monarchie est ,1a rupe de leur republique.
" C'est par ces raisons que les catholiques disent que trop de crainte de venir à la guerre contre les huguenots nous la rendra espagnole , et puis après civile , en double daitger qu'estant commencée contre les Espagnols , les huguenots ne se déclarent contre Sa Majesté , pour s'esiablir et tirer profit dans le trouble ; s'entendans , comme au pusse , avec les mal coniens , voudront disposer des affaires de la vieillesse du roy, et après comr, mander à AI. le daufin . auquel ils ne se fieyJ ront jamais , d'autant que le second mariagal du roy a esté advoué et permis du pape , aUU[| des Lon'ains et favorisé des Italiens , parlie^l principales du corps des catholiques , contnM lequel ils se sont eslevés.
. Le roy a envoyé pour une année neuf cens mil escus et cinq mil François en Flandi-es , a favorisé le trouble du commerce des Indes , iraîcté on Italie et Allemagne contre les Espagnols, uon pour s'acquitter de ce qu'il doit aux huguenots et Flamands , mais de peur qu'iceux ne luy facent la guerre; pense que les perdre pour amis est faire jour à plusieurs caUioliques mal coutens, qui se joindroient avec eux. Sa Majesté appuyé soa règne sur eux , et au contraire celuy de son fils p-st appuyé sur les catholiques, sans esgard que l'amitié qu'il se porte est l'abbaissemcnl dc^ M. le dau£o, pour uo^supr
pediter de son vivant le jjparty qui luy sera contraire ; en suitte de quoy de grandes per* tes ou de grands gains ad viendront : si perte, le roy le sentira de son vivant; si gain , c^est au proftct des huguenots , et à la défaveur de h postérité royale.
^ » Le roy d'Espagne , craintif, outre la tar- ^iveté (vice pecuKer de sa nation ) , cognoist son manauement de capitaines et de solchts ; ayant luitté contre ce royaume et experi* ioienté son desadvantage , veut assaillir la France par la France , et que Tintellîgence (dt^uae partie d^elle soit Touverture de sa lierre ; croit que le temps hï% poor luy ^ ^u'il vient, et que le roy s'en va \ ce qu^advenaçt , les portes de cest estât iuy sont ouvertes par nos confusions : cependant il bride les GfisoBs, s'affermit en Italie, s^establit en Flandres , et prépare les armes.
) » Ces deux roys ennemis exercent tous mauvais offices Tun sur Tautre ; ont choisi iine province où ils consomment leurs homme^ et leur argent ; cependant leurs royaumes sont en paix, remplis de négociations périlleuses , dont s'esclot journellement entreprises sur autres. C*est merveille qu^fls ayent tant duré en cest estât sans faire Çuerre ouverte. Il yauroit quelque apparence de secourir les Flamands s'ils presentoient la Flessingue , quatre citadelles aux meilleurs ports de Zelande et Olande , icelles garnies des serviteurs du roy, non^de partisans huguenots , et que la guerre ne se fist par leurs maniemens , parce que c'est perdre de conquérir par leurs armes : ils s*attribue- ^nt l'honneur, et rejetteront la perte au roy; dangereux que leur mauvaise fortune ne soit suivie en France !
) » La conduite des affaires de France n*a piété ny magnanimité ; les catholiques ne doivent favoriser les hérétiques^ les souverains les rebelles ; c'est se perdre de peur de se perdre , changer d'appréhension de Tadvenir au péril présent ; c'est donner son bien à jouer à moitié perte, non à moitié gain: acheter 'en 'vain ;un peu de paix pour une longue guerre, nourrir le party qui sappe Testât, à la ruyne de la postérité royalle, quitter le choix aux Espagnols de se déclarer
en heure opportune. De changer de conduite^
retirer le secours de IlaBdres,)eiWJ feront te guerre en France :* semble soyons réduits à prendre , non le neji party, mais le moins périlleux, et de < guerres en choisir une contre les estmu ou contre les nostres : Testrangere ^ i sente , 'û se peut remédier à l'hugQenoJ
» La paix leur est gardée , ibontdbÎM de seurté, possèdent les premiena^ France]; ils n*ont raison de decianrha re , poor ne pouvoir rjendre leurs md leurs partisans et protecteurs du coni rebelles estrangers dont fls sont le& bres , qni seroit tourner son couteau soy-mesme. S'ils sont subjects , qo^ib sent ; si comme souverains ils co paix et la guerre à leur volonté, ikftf Fauctorité royalle , et la despooilleot à souveraineté , te mettent en mespris. j cas , faire h guerre aux Espagnols ij proprement teisser brnsler sa maison l'espoir d*en conquérir une autre ; 3 mieux estre roy obéy de ses subjects y q crainte d*iceux protecteur mal-aBseoré autres.
» Si injustemment les huguenots les armes pour n^voir peu forcer Sa à leur volonté , les estrangers ne les ront : l'on bat facilement les reisires; loj ces se prennent en ce temps aiséiseoi; cognoist celles des huguenots et le»
bloquant La RocheUe, le reste sepeot dre ; et là où elles resisteroiem, les teaux d'alentour et le degast les Am six mois. De plus les principan sont serviteurs du roy, qui les roit cognoissant 'leurs armes injustes, que leurs traiotés sont obsenés, m crainte , mais par obligation , ai obKgsi peust estre à ceux qui ont assisté jl» très pour leur propre péril : sur laqoek voulant trop appuyer , et donner la tey k luy duquel ils la doivent recevoir , fil considèrent que Manlius fut précipité k roche du Capitol qu'il avoit conservée.
» La guerre du roy d'Espagne est de longue discution : ilestmaistredesonai et de ses forces ; Feiperience Ja comme il est mal-aisé d'occuper ses ^
luy est plus facile^de de rendre 3a jw
0f^ ààB AV6e des dottUons , qu'aux is de rendre leur guerre civile estraueivec leurs pandes. Toutes deux sout ^osesàTeslat ; la vieillesse du roy et la ^ ^M. le daufin doivent faire désirer ^jce que Tespée ne traverse lechang^ A sceptre. EUes soni différentes en ^guerre du roy d'Espagne est uo pregjf^aiore avec les huguenots ^ qui agran- 0jeflr party pour se préparer aux civiles; ({Dcrredes hugu^otsles réduisant à ^uce , c'est la paix et la monarcliie pe, et les prétextes des rebellions asr
Iflus sain remède est que le traicté de ijksoit inviolablement gardé aux hugue- ,fe villes de seurté continuées , lesroys kuK^e et d'Epagne unis , Sa Saincteté j^ de leur [foy , dont les liens sont m olices qne Leurs Majestés se feront.
• ifitclligence plustost conclue que sçue. fder les Flamands avec le roy d'Ëspa- ^k paix sera universelle , ou une guerre juste cootre }es hérétiques , dont la fin h manutention de nostre religion , obéisidessubjects et asseurance de Testât et Hl^deM. le daufin.» |;
junisons bien considérées et pesées, un l|m qu'elles f m^ent escrites semble que flif prit le meilleur party et le plus salut conseil pour lors , de faire que par son ftt la paix du roy d'Espagne et des Fiaé a?e esté fiiicte ; que les Olandois soient fOM hors de la puissance du roy catho- IttcifanDe de république , en créance et M des Itançois , desquels ils prennent QMiet se servent! d'eux. Merveilleux wplisqMnt de la perfection du bonheur »f tof quatriesme , d'estre sorty du Booios périlleux de l'une des deux guer- I à qaoy il sembloit estre nécessité par nUissement d'une bonne paix generalle , que moins eUe s'esperoit i Reste neants deox espines en icelle ; l'une , qu'à 'emr Ym pourra qualifier l'argent qui •fera à entretenir ;ces garnisons / un it que Ton donne aux Olandois , pour la ne qae Ton a de la guerre d'Espagne , que les pensions des Suisses sont desjà Hiées tribut. - >
ilÈGNE B£ .CHARLES IX.
» Il fust esté mieux à sôlihaiter que les cinq milUons d'or que le roy à despendu en Olandé pour leur conservation , qu'imprudemment il leur a quitté , que Sa Majesté eust eu des places d'eux en depost jusques ils l'eussent r'emboursé , ainsi que les Anglois firent des villes qn'ils tenoient engagées. L'antre pse-
i'udice est que les Olandois veulent que tous es François qui leur seront envoyés et payés du roy soient de la religion huguenotte; qui est un preparatif pour moostrer que toutes et quantes fois que Sa Majesté se voudra faire obéir en son royaume de ses subjects huguenots, qu'ils lui seront contraires et les assiste* ront. Et le dernier, de très-mauvais exemple pour la France, quedessulqects se soient mis en souveraineté et republique : imitation très-dangereuse que Dieu veuille destourner de ce royaume ! ^.
^( » La mort inopinée du roy advenue , a esté mis en délibération par ceux qui aymenC Testât y il se devoit continuer le ohemin tracé par Sa Majesté , de s'opposer au roy d'Espagne , lequel a pris le premier lieu , et s'est appuyé sur la religion catholique , apostolique et romaine, en première intelligence avec le pape et toute lltalie et plusieurs cadioliques en divers royaumes'; contre lequel le [defunct roy s'estoit associé avec le roy d^Ângleterre , OUandois , Suisses , protestans d'Allemagne et Vénitiens, ennemis ou ei| crainte de la maison d'Austridie.
» Ceux qui disent qu'il falloit unir les deux couronnes de{France et d'Espagne, monstrenC que c'est le party de la religion catholique qui est le plus juste, et' par raisons d'estât; que , s'alliant avec le roy d'Espagne par mariage , l'on pouvoit chacun de son costé ruyner les rebelles et r'establir la religion catholique , et que tant qu'il y auroit deux religions il seroic impossibllB d'y avoir une paix de durée ; qu'il estoit! fors deshonneste et dommageable contre droict et raison aux souve^ rains de secourir les rebelles de leurs semblables; que la faction des huguenots 'par Tayde de la France se faisoient si puissans , qu^après que ceux d'Ollande se sont soustraicts de la subjection d'Espagne , les protestans d'Allemagne veulent donner, loy à l'Empire 9 mal-^é^lequel il prétendent ftdre
468 Codeurs à leur profict , et contiaueront & opprimer tous les catholiques , et leur puisr «ance deviendra telle , qu'à Tayde des rebelles de France ils pouiroient entreprendre sur les estats royaux, y 'ayant un dangereux exemple pour les villes de France , que celuy de Zelande et OUande , qui mal-gré leur prince se sont mises en republique.
» Contre ceste opinion s'allègue que, quand ce dessein seroit véritable de pouvoir unir les deux couronnes et vaincre les rebelles, il n'est utile sous un roy enfont , parce que cela ne se peut sans guerre; et en minorité tous troubles sont dangereux , en péril de desunir au lieu d'unir; que les péchés sont moindres d'endurer deux religions , forcés par la nécessité des affaires, et par raisons d'estat; quand il y a deux puissances contraires , ou en soupçon de l'estre , qu'il faut secourir les plus foibles , d'autant qu'aydant les plus forts, il est dangereux que d'amis ils deviennent ennemis , et par une grande puissance oppriment ceux qui leur auront aydé. Ce qui est considérable contre le roy d'Espagne , redoutable pour sa grandeur , que , venant au dessus de ses rebelles , il n'entreprist après contre la France ; que , quand elle seroit venue à bout des huguenots , leur roy ne seroit davantage qu'il est ; et celui d'Espagne venant au dessus des OUandois , auroit reconquis un pais qu'il'a du tout perdu. De plus, la France est fort opposée et proche des Anglois , protestans et autres; et que les conseils sont changés , parce que ce seroit s'allier avec ses ennemis, puisque les Espagnols ont esté tenus tels les derniers , à cause de la ligue de Lorraine contre les feus roys, dont le roy d'à présent est heretier , non seulement des biens, mais des affections , et 'quitter ses vrays amis , les Anglois , huguenots , Flamands et Allemands, avec lesquels son père a reconquis son royaume j et sauvé des practiques espagnoUes, pour s'allier aux Espagnols où il n'y a grande seurté ; que les princes proposent leur profit et utilité aux alliances qu'ils prennent et que la guerre estant commencée non obstant ceste alliance , il seroit dangereux que les Espagnols ne s'accordassent, et laissassent tous les confédérés huguenots offensés sur les bras des François. - f\ .»• «^ :
^' » Et d*autant que le mesme'conseil à defunct vit en puissance , il' y a apnjJ qu'il se doit suivre ses mesmes masâ maintenant les alliances avec les Olandt protestans , conservant sa trefve des hu sans offenser le roy d'Espagne qne le o qu'il se pourra ; traictant avec les estran pour gagner la majorité du roy^ete^jK guerre durant sa minorité rqui î&ékt le meilleur advis , estant beaucoup fajf^ se maintenir sans guerre en une éuî Pour à quoy parvenu* , il ne faut point d ger Testât des affaires , et les mainteniri ment et sans mouvement , ainsi qu ellei esté trouvées à l'avènement d'une miii« la couronne. »
L'advis du sieur mareschal de Tavannes prouvé des non passionnés, n'estoit agn au roy, qui estoit enclin à la guerre, à la vacillation de la royne possédée d rance , de timidité , et de sa fille qoi estre royne de Navarre , de la terreur guerre estrangere , et dn désir de Ta ment de Stresse et de ses parens : cela brouille toutes resolutions. L'admirai, espoir et desespoir , violentoit les coi sans considérer que c'est un mauYais de faire craindre son maistre avec I tient des colloques secrets ; offre dix ail mes ; ce que le roy ayant dit an sieor de ; vannes , il respond : « Sire , celof à » subjects qui vous porte telles parote, mi » luy devez faire trencher la telle » vous offre-il ce qui est à vous?
» qu'il les a gagnés et corrompus, et est » de party à vostre préjudice; il areodu » dix mil vos subjects à luy pour s'en ay< » à un besoin contre vous. » Le roy, pas» et aveuglé , le redit à l'admirai , toi générosité en imprudence, suivant il croyoit que MM. de Retz et le de Sauve ne reveleroient ses conseils i royne, sans considérer qu'elle avoit à ses desseins , luy ayant dès |son donné ses creatiu*es : elle dissimule, l( de ne sçavoir les conseils secrets de sod tant qu'elle fut résolue.
L'ambassadeur d'Espagne insistoit sorj revocation du voyage de Strosse , qui Bordeaux avec huict nul boouDes : tous pi
RÈGNE DE fcttARlES IX.
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maritimes soupçonnés des Espagnols^
bruits conrent de cest embarquement
préparé pour la Flandre , non pour
, et moins pour La Rochelle , encores
hoguenots qui ont survescu l'ad-
fafst creu. Il n'y avoit resolution de
flarthelemy, que celle que Tadmiral
ens par imprudence firent naîstre.
flitreprîsede Strosse faisoit désirera la
Ja guerre d^Espagne , par lettres qu'elle
deiny. Cest assez rompre un voyage
retarder : la saison fort advancée en
rend le voyage douteux, joint que
deur d*Espagne demande congé s*il
pu. Le conseil assemblé y le sieur de
donne cest advis.
peut estre que le voyage de Strosse
é entrepris sous bonnes et grandes
Uons ; mais y attendu le changement
depuis , et qu'il est raisonnable aller
t temps , et , selon les occurrences de re , augmenter ou retracter ses delisans s'opiniastrer contre la raison , veat à la fin tout perdre , voire bien ci^er à Tennemy, encores quil y tique peu de réputation pour éviter y estant chose certaine qu'en fin profit avec les armes , il a l'honneur : loBC (sauf Tadvis de meilleur jugeqa'il ne peut estre que très-domma- , et voicy la raison : premièrement est r Testât du royaume , pour assailloy d'Espagne et entrer en une longue Les raisons en ont esté amplement par les autres advis; reste de luy lettopçon , dont le premier et princiest sur ledict voyage de Strosse , fie Sa Majesté l'a entendu à la vérité nr ambassadeur, et que le révoquant Btàiaer et asseurer la ferme amitié Leurs deux Majestés. Voilà le point r à son pareil ; mais s'il vous assaut , le domaiage fort apparent , de laisser ies forces dehors , pour laisser perdre
^autre part , pour ne pouvoir juger ce ^t dedans l'esprit des hommes , et que le droict il faut armer quand oh vcTit ^^^ , Strosse a des meilleurs capitaines et ipales forces de ce royaume , et luy mes-
ih
me' qui a l'estat de colonel'y*'estimé des'sol^ dats^avec beaucoup de gentils-hommes, Il est! raisonnable de mettre cela à la frontière , pour ( s'il y avoit mauvaise volonté du costé dudict roy d'Espagne ) se mettre avec la gendarme^ rie en lieu advantageux , pour faire teste, arttendant les Suisses , reistres et autres alliés , pour lesquels semble n'estre besoin se mettre en despence , que Tintendon bonne ou mauvaise ne soit découverte. Davantage ledict Strosse , estant la saison si advancée , ne sçauroit aller en lieu qu'il ne porte préjudice audict 'roy d'Espagne , ne pouvant faire conqueste loing de luy, encore qu'elle se fisr sur le Turc ou More , estimant les Françoisplus rudes ennemis qu'eux. Ainsi seroit tous* jours ouvrir la guerre s'il entreprend quelque chose plus loing, comme du royaume de* Fez , où autrefois les Espagnols estans allés*en gros y ont estes battus , et ores qu'ils y prinssent pied en se fortifiant sur le bord de* la mer , les vivres manqueront s'ils ne sonC^ secourus , et feut une autre armée pour cela.. Le capitaine Piton avec le jeune Tardes y aN lerent aussi avec des forces du temps du grand roy François , qui y furent battus. Il ne va pas moins à conquérir ce royaume-là que celuy d'Angleterre, et sembleroit la perte évidente dudict Strosse et de ses gens. » Par ainsi, sans parler de la despence de quelques particuliers faicte pour son voyage, qui ne vient à estre mise en considération puis qu'il est question de Testât, je concluds : que toutes les navires et l'équipage de ceste armée de M. Strosse doit estre conservé , et les munitions renouvellées , sll est besoin, pour (si ceste entreprise se trouve si avanta-' geuse , et que les occasions qui escherront le* permettent) Tentreprendre à la prime , et que * ledict Strosse et ses gens soient révoqués ^ mis en la frontière , aux places qu'il seraadf* visé), pour en faire selon les événement,, et tenir le royaume en seurté. »
- Le franc conseil du sieur de Tavames, fortifié des nouvelles de la grande armée du duc d'Albe , qui avoit chassé les François de Yalentiennes , assiégé Mons si à l'estroict qu'il estoit en voye de se perdre , estoH loué de tous les bons François , et neantmoins non encores bien gousté du roy ny de la roynè ,
imbus des raisons-susdictes; joinct que Tadmirai crie au roy Charles que le sieur de Tavanncs est son contraire , partisan de M. d*Aii* jott son frère , que ses conseils tendent à son exaltation et abbaissement de Sa Majesté , et s'en faisant accroire.
L*adaiiral levé jusques à trois mil hommes sous Genlis , qu'il envoyé au secours de Mons : les Espagnols , bien advertis par les ennemis des huguenots qui estoient en France, les rencontrent à trois lieues de Mons , paroissant au bord d'une forest. La cavalerie de Genlis , imprudente , va à la charge , laquelle sottstenue de leurs ennemis avec les picques, faveur du pais et deux mil mousquetades , elle plie , puis tourne et fuit. I^a cavalerie espagnolle tombe et' charge sur eux en chaleur et soustenement des escadrons de picques en ordre ; et , comme il advient à ceux qui ont peur , encores que ceste cavalerie minçoise en fuitte se fust peu destoumer de leur infanterie qui venoil au combat , ils se précipitent au milieu, y pensant plus de seurté. Ayant du mesme party tiré les uns sur les autres de rage , par confusion se rom* pent , se desordonnent ; et voila tons les FraiH ^is en fuitte , suyvis en ordre des Espagnols tirons de pas à antre. Les retraictes par des chaussées estroictes causèrent renliere perte etmeurtre par les gens du pais. ) ,
Le travail de la nnict (ayant combattu tout le jour devant en pais marécageux ) avoit osté aux François la force comme le courage de se sauver, et demeurèrent plus de deux mil, q«e morts que pris ) un petit non^e de despouillés se sauvent par pitié en France ; Genlis et plusieurs signalés pris. Geste defaicte vole eu cour , change cœurs el conseils , apprend aux entreprenem*s ce qu'il importe de bien commencer , et se garder des accidens qui empeschent les resolutions du gros de la guerre. Ceste route joincte aux menaces et imprudence des huguenots , sont aucteurs de leur massacre. La peur saisit la royne des arides espagnolles ; le desdain^ le despit, se conçoit dans Tadmiral, qui rejette ceste defaicte sur ceux qui avoient empescfaé le roy de se cleclarer \ Vaudace augmente aux pacifiques ; tçut tonne dans la cour. L*admiral ne perd
courage i possède le roy, feit nouvelle levée
de trois mil hOnunes de pied 'sou vi]]^
autres. Emporté d*audace et du d
prospérités passées et adversité pi
troublent son sang et ses yeux ; ne coi
quel et où il est , sur rasseurance di
oulrecuidé dit: qu'il ne pouvoitplost
partisans, qu'il felloit une des guerres
gnoUe ou civile. Chacun demeare es
. sur la poime de la résolution. Le
; Tavannes dicte un advis à M. d*Âijit,
comme lieutenant gênerai, rend
roy de ce qu'il avoit fait depuis la
.de Genlis; conseille faire levée somlei
très de camp du roy, à ce que les sol
prennent party sons ceux des fange
• « Le conseil a esté assemblé à ce
les affiin*es qui se présentent , et a esté
ides finances, qui est le principal,
^MM. les intendans rendront raison. Et
a esté advisé , pour Tordre de la irostié
ce qui ayoit esté ordonné pour faire lesd
des gens de pied^ que IVm n*a entendi
voir esté exécuté. A ceste occasion , j'ï
pesché pour faire la visité , et ay os^
M. de Longueville , et suivant le ta
qu'en fera celuy q*e j'y ay envoyé , Si
ijesté y pourra encor r'envoyer no u
id'anctorité , pour plus amplement fdirej
jtuer ce qui aura esté délibéré. Et pour «
qu'il est venu* nouvelle de la defaicte èl
jlis , aussi qu'il est à iHresumer tp^kpii
-d'Orange , ayant passé la Meuse m
jforces , viendira droit en Henankfovuo
fit son frère , et d'autre part YzrmiAi
d'Albe pour y résister , tontes les ksk-
hnées sur le bord de la frontière ,\m^\
Imoins que douter les ennemis d'icelle , ne;
jladicte frontière ainsi degande coiqm
lest.
» Le meilleur moyen qui^se trenve présent pour avoir des hommes, est yoyer dufcosté de^Gulenne recuellir d«j dats , tant ceux qui ^ntdemem^de qui , à ce qu'on a dit , montera à n grand nombre , aussi des autres du pâ n'ont esté levés pour cest effect , et les i ner , soit par mer ou par terre , le pte modement que faire se pourra , en Pi Ils pourront estre venus pour le vingt! jd'aoust ^ qui esc le temps que la gto
Rfi€NE DE CfTAStES IX.
aussi le temps qu'il se cojpinisli-n
cliuso de la furiunc do^ susdk'tes
années, qui se pourrunt jeltur de ville
ifiUo wloii les uccuri-oiices, ou bien udviser
janniGcciMion ou moyen de lus metirut^n
fbrtitlé;, tel que sera choisi , pour cm-
l'entriie du iijyaume laitl que l'on
au«ti pour [si on voyoit quelque
iaieuUon) nvoir moyeu d'aiiciulre
de la geudarnierie , pareillement
estraogei'es. Et semlde que Caus-
et autres capitaines de Giis-
ipourront faire ce vuy^aj^e pour amc-
aoldais , lesquels ils pourront le-
qnelqne argent, et les amener , par
par mer , ainsi qu'il se treuvera le
, au s<)uta(<;emcnt du peuple par le
tiodmont. Se pourra aussi ircuver
de pied en Danpliiné , Lyonnuis ,
Provence et Languedoc , qui aer-
it pareillement pour Marseille et autres
s au long de la marine.
11 est question en tout cela de lever en
Mne quatre mil hommes pour la Picardie,
t^eux mil pour le costé .de Provence cl
int , outre ce qui y est. Le principal est
pour les payer pour deux mois , à lin
I II lever les dooics et soupçons qui se pre-
■Mm, ei mettant toutes choses à seurelé ,
■nnijac le chemin de la mer soit le pins
igi pour les gens de pied. Il y a appa-
m que le plus [seur scroit par estapes ,
îpour lever la jalousie que pourroit pren-
Ib ff«y d'Espagne ; et à ceste occasion
■fo faire les levées avec le moindre Lruit
ire se pourra. Et pour éviter la des-
pour lia susdicte levée de quatre mil
B pour la Picardie , semble qu'il sulhl
jif. hin duuze capitaines nouveaux , tels
Um Jeadîcls Caussaing et Gobas adviseront
Ma I« pays , et lesquels leur ayderont à me-
IV ks troupes (leurs deux compagnies de-
,éKI») , à remplir toutes les compagnies de
[ivdeçà. Et est nécessaire que lesdicts Caus-
■JB et Gohas amènent les troupes euK-
■tmes par les estapes , qui pour ce seront
écun par tes gouverneurs par le plus droicl
ànûa qu'iU advlseronl par ensemble. Pour
le PiedmoRi et Provence , faut seulement
TnipUr lei cuinpaQuicâ pour cviter lu dea-
pence : et (sauf meilleur ndvis) ne faut ( l'argent des creues soit baillé au\ capiLiinij ains au maistre de i^amp qui ira lever lesdicUJ creues , et les mener» pour remplir lesdicM compagnies. Provence et Languedoc roui favoriser de leurs forces Js('lon les < currences; tout cela , entretenu pour ded mois , comme dict est , pourra e\itcr le pu grand inconvénient. >■
Lu defaicte , le doute de la poyneel fave de M. d'Anjou , qui peuchoît k la paix , f parler le sieur de Tavannes plus librcmetri résolu , à quelque péril que ce fust , de | celer ce qui esteit utile à la France.
" Il est à penser quel inconvénient peuvoi apporter ceux qni vont lever des gens de pîA sans commandemenl du roy ; car , outre l'aM torité qu'ils s'accoustument dans le royaum ils le mettront tousjours ïk la guerre quand! voudront , et contraindront à la fin par for et avec raison le roy d'Espagne d'aller cha)) serlesbestes qui luyfont mal dans les foreal oii elles naissent , et ou elles se relirenl n'estimt seulement la Flandre ruynée et peF^ ' due par les siens , mais la despence et ruyne de tous les autres pays. Et si une fuis ceste guerre est commencée , elle est perpétuelle, ou du moins ne peut avoir tin sinon par la ruyne de l'un de ces deux roys, n'estant en la puissance du roy de Fi-ance la paix , pour eslre en la subjeclion de partie de son peuple qui veut la guerre ; d'autant que ce n'est plus pour les villes que l'on combat , et qu'elles se peuvent rendre par la paix ; mais c'est pour ccsie parlie du peuple qui ne se peut livrer; et neanimoins est ce qui cuide commencer lu susdicte ruyne de Testai d'Espagne , avec le hasard de celuy de France.
■. Doiicques, soit que l'on veuille la guerre ou non , il est nécessaire de desuccoustuutcr la grande auctorité que prend cesio partie du peuple , de créer capitiiines, envoyer enseignes , s'eslever quand il luy pla'ist : et faut que tout se levé par commission du roy , laqt pour réduire tmit sous son obeyssance, que pour no bigarrer un camp de deux forces , et pour autres inconveniens que toutes gens de bon jugement !peuvenl c&nsiderer. Or , puis qu'on Tuit que tout le dehors est armé , et que Dul no sait que, Dieu quel évencmenl auront
ÀHi
MÉMOlUES DE GASPARD DE SAULX.
ces deux grandes années , si faut-il , foible ou débile comme l'on est , penser que Ton pourra devenir. De dire qu'on veut la guerre avec ceste foiblesse , il n'y a point d'apparence t ny homme de si mauvais jugement qui le voulust conseiller. Par ainsi est nécessaire de céder au temps , non en apparence, ains eneffectytout ce qui se peut pour avoir la paix» I* » [L'on n'ose plus parler de révoquer Stresse, qui toutesfois en est le seul moyen , et qui ne sçauroit faire si petite chose contre le roy d^Espagne , que la guerre ne soit ouverte , estant advoué d'autre façon que ceux qui la sont allés commencer en Flandres sans commandement. Et si on ne veut prendre ce chemin-là , qui est le plus prompt et le plus seur, et que les moyens que l'on tiendra d'ailleurs ne se trouvent suiBsans pour la paix , à tout le moins soient les frontières fournies de gens levés par commission du roy , pour les préserver , et soit défendu à tous autres de prendre ceste auctorité d'en lever sans commandement et commission de Sa Majesté , en luy laissant toute l'auctorité qui luy appartient. ) ^ » Ayans quelques forces aux frontières , à tout le moins on pourra plus seurement attendre ^les évenemens qu'il plaira à nostre Seigneur envoyer. Et pour dire en un mot , la fortune de Genlis emporte avec soy tous les advantages par cy-devant présentés en Flandres , pour crainte qu'auront les villes ja paravant refroidies ; de sorte que non seulement elles cesseroient de monstrer vouloir changer de party, an contraire pour s'assenrer viendront aux armes avec le prince d'Orange, en foisant démonstration de leur fidélité. Et parce que Ton cognoist évidemment les occasions promises , qui ont |fait fermer les yeux au commencement de ceste guerre , perdues, et nostre foiblesse si évidente , soient sagement suivis et exécutés tous les moyens qui se peuvent pour la paix. » i,
t L'admirai maintient ses propositions , qu'on ne devoit treuver mauvais si ceux de la religion s'eslevent pour servir le roy et luy conquérir la Flandre. Il ne s'aperçoit que la roynejls'esloigne de ses advis ; ne cognoist la légèreté du roy Charles , la puissance que ladicte royne a sur ses enfans par ses créatures qu*eUe leur a donné pour serviteurs dès
leur enfance ; imprudemment essaye mettre la division ; remonstre ao roy m' fera jamais rien qui vaille , s'il ne limi pouvoir de sa mère et qu'il ne chasse frère hors du royaume; propose de le»
en Pologne ( siège vaquant par la mort i gismond ) , nation qui vent estre crpueli queuse , et tousjours veulent la pajj ] mément avec les Turcs. Leur rojzim pauvre, excepté trois villes; Le Tir ^ veut conquérir; leur pauvreté les 4^ eslisent un estranger , parce qulls ne «] lent céder les uns aux autres; se uj corrompre par argent de leur elecâii réputation de M. d'Anjou le fait desirs] liance que les François ont avec le Tuif quel les Polonois sont dès long tem|K ciés , joint aux belles harangues du si Valence , avec la hayne qu'ils portoi Allemands, commandement et defi Turc qui empesche l'élection da filsde pereur, prépare celle deM. d'Anjou.
L'admirai , en estant advcrty, publie falloit que Monsieur declarast ne \oa tir de France, si, après avoir rel royaume d'Angleterre par alliance, jette celuy de Pologne par élection : foi aussi faux que sa conduite , voulant o dre la France à deux extrémités dangi ou la guerre d'Espagne ou la civile; ce i merveille si elle se tourne à sa pmc i MM. de. Sauve et de Rets iimàmt royne des secrets conseils , desseôis et p rôles du roy ; que si elle n'y eote&doitlttl guenots le possederoient ; qu'au monts, ït que penser à autre chose , ils loy fm loyent de regagner la puissance de nicre l'admirai luy avoit fait perdre. bjaM gouvernement de son fils et de rcsiat,M lition démesurée , enflamme, brasiehiv dehors et dedans, et tient conseil de 9 faire de l'admirai.
' Le roy chasseur va h Montpipean; b y court ; enfermée en un cabinet avecin;, fond en larmes, dit : « Je n'eusse peibé » pour avoir pris tant de peine à Youse » ver , vous avoir conservé la couroniK' » les huguenots et catholiques toos youIo » ester , après m'estre sacrifiée pour voiu V encouru tant d'hasard; que n^eossiez ra
loootf fecoiDpeii$e si misérable. Vous vous acbez de moy , qui suis votre mère , pour ireodre conseil de vos ennemis; vous vous ^de mes bras qui vous ont conservé, pour voos appuyer des leurs qui vous ont ^jsûssjper. Je sçay que vous tenez des ^ds secrets avec Tadmiral; vous desirez 1005 plonger en la g;uerre d'Espagne in- 0ssiderément, pour mettre vostre royaume, 4IS et nos personnes, en proye de ceux ! h religion. Si je suis si malheureuse , M que voir cela donnez moy congé de it retirer au lieu de ma naissance , et esiflez de vous vostre frère , qui se peut dpDer infortuné d'avoir employé sa vie ir conserver la vostre; donnez luyau m temps de se retirer hors du danger pesence de ses ennemis acquis en vous isaot service , huguenots qui ne veulent guerre d'Espagne, mais celle de France, la subversion de tous estats, pour s'esblir. •
este harangue artificielle esmeut , estonne, maote le roy , non tant des huguenots de sa mère et de son frère , dont il sçait iesse , ambition et puissance en son estât ; ieneille de ses conseils revèllés , les ad- R, demande pardon , promet obéissance.
ifeneffiaDce semée , ce premier coup jette, moc, continuant son mescontentement, relire à Monceaux*. ; le roy tremblant la suit, ireuTe avec son frère, les sieurs de Ta- 3D€s, de Rets et de Sauve , lequel de Sauve, criiaire d estât , se met à genbux , et re- «ipirioa de Sa Majesté pour avoir révélé c>c<jos»lsi sa mère. L'infidélité, braverie, uke.iDenaces et entreprises huguenottes, ODL iiKi^ées avec tant de vérité et artî- :cs.gued'an»is les voilà ennemis du roy, (/uci touant ne pouvoit perdre le dcsir ûcea d'obtenir gloire et réputation par la me cspagnolle.
La ruyue juge qu il n'y alloit seulement de u de lu France , mais de ce qui luy estoit is pioche , du gouvernement d'icelle, de la iToyer à Florence, et du danger de M. d'Ani) se contente d'avoir disposé le roy sans ^ en dire davantage ; résout avec deux conllers et M. d'Anjou Ta mort de Tadmiral , yaot tout le party huguenot^consister en
RÈGNE DE CHARLES IX
sa teste , espérant par le niariage de sa fille avec le roy de Navarre r^habiller tout; résout Texecution, et de se couvrir du prétexte de ceux de Guise , dont Tadmiral avoit itvdé à faire tuerie père.
Le cardinalde Lorraine absent , le paquet s'adresse à M. d'Aumalle, qui le reçoit en joye. Morever , assassinateur de Mouhy, est choisi ; blasmé de ce premier coup par le sieur de Tavannes , maintenant par commandemeiit de la royne agréé par luy pour effect semblable ; il promet de tuer Tadmiral d*une arquebusade. M. d'Aumalle le loge dans le logis de Gbally , son maistre d*hostel ; il s*afifuste ; il se couvre de drapeaux aux barreaux des fenestres ; dispose sa fuite par une porte de derrière sur un cheval d'Espagne.
' ' Cependant les nopces du roy de Navarre et de Marguerite de France se ibnt, mariant les deux religions ensemble. Les huguenots dans la nef de Nostre Dame , Tadmiral dit qu'il falloit ester les enseignes conquises sur les hérétiques, marques de troubles; demande , gaussant, les cinquante mil escus promis pendant ieeux àceluyquiaporteroitsateste.Masques, bagues, ballets, ne s'espargnent; purgatoire, enfer, représentés en Bourbon, où sont envoyés les huguenots après un combat de barrière , présage de leur malheur. L'admirai , pressé, continue ses audaces, importune, se fasche , croit l'esprit de la cour estre ensevely dans tournois et mascarades ; menace de partir, qui estoit le premier son de trompette de la gueiTe civile. Il est pourveu , retournant du conseil, par une arquebusade dans les deux bras ; la porte est rompue, pendant l'arquebusier se sauve.
L'admirai porté en son logis , le roy adverty s'offence , menace ceux de Guise , no sçachant d'où venoit ce coup; et après un peu r'adoucy par la royne , à l'aide du sieur de Rets , mettent Sa Majesté en colère contre les huguenots ( vice pecuiier par Sa Majesté d'humeur colérique ). Ils luy font croire avoir sceu une entreprise des huguenots contre luy; les desseins de Meaux, d^Amboise Itty sont représentés ; soudain gagné , comntë sa mère se l'estoit promis , il abandonne les huguenots ; demeure fasché avec les autres qtte la blés- Sure n'estoit mortelle./
MÉMOIRES DE GâSPiBD DiE SAtlU.
ta
Les hogiieiKili/ eocores aveqglés da roy , se penéveni ce cmm; passent à grandes
tmqies» ciiiracës» devant le logis de VH. de , estre à un de ses gardes.
Gane et ^Amimlle ; menacent les attàqoer :
eux s*escnsantt sonunent le roy de prendre ; sent, la royne en oberses crabnes, ti%
lêèr qoérelle ; ce qni lait qne leslnigiitttots
peneôrât pins Avant , soupconnaît II. il*Aii- ! 'la guerre on l'exécution présente poàrT
jon., demandent justice on qn*ils la'fercimit * — ^^ "■ — ' " -■—-■■- —^- '*«^
sur le champ; menacent Leurs Hflyestës, Le conseil est tenu , composé de rir/lerpjr
jpresent, eognoissatit que toutsTalloit desoonvrant, et que ceux de Guisë jnesmes pour ae laver accuseroient la rbyné et M. jffAigoa, et que la guerre estoit inEsilUble , -qu^il val-
pescher , luy tournent dans la teMe;'fii idj fiist peu parer de la source de^rarqnâldi malsîsément eust elle aclievé ce à qàoffi nemoit la contrsunct : Facddent Ae la 1 sure au lieu de mort, les menaces, 'Italii le conseil à la resolution de tuer tons les H ce qui est progkisé au roy ; resmenveâri
IcÀ^mieux gagner une bataille dans Paris, oà [ colerent contre lesliuguenots, luy rcÉn
tous les cheiEB estoient , que la mettre en doute en la campagne et toniber en dangereuse et incertaine guerre. Duperilpresent de Leurs Iffiyfl'rt^ et des conseillers tenus en crainte , aaist la résolution de nécessité , telle qû^éUe lut, de tuer Tadmirâl et tous leschefis départ : CQiueilnayde Toccasion par faute et imprudence des huguenots , et qui ne se fust peu exécuter sans estre descouverte si elle eust esté préméditée.
La faute du roy Charles n*eust.peu estre Idletgue la vérité ; il ne luy estoit besoin de degniseaient,.puii qu'il estoit à eux et porté à la guerre : nul, conseil, de si longue h^éihe ne se cèle dans la cour. Le roy jure, proteste aim déplaisir , envoie visiter Tadmiral blecé , luy promet justice exemplaire. Toute la cour est triste , aucuns du coup ,et la {dus grande pÎBurt de la foute : les huguenots interprètent ce dueil à leur advantage. Les principaux e*aBsemblent chez radndral; le chirurgien Tasseure. Deux advis srât ddMtus par eux, de sortir le blecé en armes, malgré Paris et la cour : aucuns se méfient de tous ; autres nccusent ceux de Guise , descoulpent Leurs Hfjestés, qui avoient, disment-ila» autre jnbyen de le foire momîr que d'une ar^bu- Bade. TeUigny , beau fils de Fadmiral , le croit niutt ; pour s'estre premier trompé, il asseure; il emporte^le cmiseil , jure que le roy estoit pour eux, qu*ils verroient punition exemplaire. Le parentage , la sufGsance , Tamitié de TelUgny , Tincommodité de transporter le blêcé , résout le séjour de deux jours ; Timprudence,. les menaces continuent jusques à*
accuser M. d'Anjou que Tarquânise irei en la maison de Ghally estoit recogneoei
Le conseil du rtfy réassemblé , le péril]
ficàfion du coup que roh dotfloiti*eidii
trent le danger commun , les moyaisdel) ter, sedestrapiauitdesescongMignonsiftÉi très. Le chancelier deBirague* M. delMJ avoient esté adjoincts à cest advis; la mtk roy de Navarre, du prince de tiondl,!
mareschaux de Montmorency et 1)ainvD{|8^i sur le tapis. L*opinion du siemr de ÎMi indécise , si c'estoit pour couper la soum^ guerres ou pour avoir leurs estàts S^ ÉÉ chaux ; est contredicte et réjettée pirle|il de Tavannes , lequel propose que TnikiMi devait exempter les uns, la jeunesse lesiÉfl que le roy de Navarre et prince de HSà estoient du sang de France quH foUÉ^I pargnier et respecter ; qu'ils estoisDt]MÉ et que Ton leur pouvoit donner des ssrWI qui leur feroient changer de religion tfM pinlon. De ce seul advis et de ceste sesiHj du sieur de Tavannes, ce grand roy M quatriesme, régnant aujonrd'huy, et 1^1 prince de Coudé tiennent la vie , etVét heur est pour la postérité du sieur dsi vannes que Sa Majesté n'en sçait la veriifc disoit davantage ledict sieur de Tavannè^ ce coup de nécessité devoit estre franc ffW blasme.
La resolution prise , les huguenots seiÉKI ayder à leur ruine ; aveugla demandsiÇ gardes du roy , qui leur furent accordés jjiji garder l'admirai , autour duquel les jprW paux se logent ; autres avec le roy delfâîl^ dans le Louvre , pour le conserver , dildil ils, de ceux de Guise. Usfocililentleurp sacre : le roy voit Tadmiral lé samed^. i luy dit que Dieu Pavoit réservé pov wi
KÈGNE DE CHARLES IX
aeda reqaesle /craiate et menaces ; esic parler au roy parUcolieremeot ; il en npesché par la royne. Les hug^aenots se ipettt, se gardent sealement de ceux de 1^ dtfttodent justice un matin au jardin lîllleries insolemment. La royne crainf0Téumme au Louvre , haste la reso- \it tuer l'admirai et les chefis des hulu, qui murmuroient contre M. d* Anjou, ludoimés de Dieu , Pardillant , humerait battre Nambur , huissier du roy à te , qoi ne le vouloit laisser entrer à ncher.
loy dissimule , entretient lay et La Robiult de propos joyeux , leur donne 1^ se couche et se levé soudain. La kl les coosmllers appelles « elle (comme è craintive ) [se f ust volontiers desdicte b courage qui Iny fut redonné des ca- |R,lay presentans le péril où elle et ses itttoient. Deux compagnies des gardes Ces arrivent à myHnict : lelogisderadmitinfesti de sentinelles ; de peu de catholip'siens advertis il en manque la moitié, I cniDte a de pouvoir , nonobstant i*aulAiroy, qui commandoit les armes. M. de I est envoyé quérir , sons prétexte du- \m résolue Texecution ; il luy est per^ filer tuer Fadmiral , venger la mort de pire : il y court , y arrive devant jour , m les portes avec les gardes de Sa Ma- Ll'idffliral cognoist sa mort ; adverty que loiestles gardes du roy qui Tattaquoient, Miette ses amis de se sauver , qui mon- Itv les toiets; quelques Suisses tués à Me. lesme , Haultefort , Hattain ' treuifidiinl sur pied en Tapprehension de M; les admoneste d'avoir pitié de sa iBW; se sentant leurs espées glacer dans ^Airps, il prolonge sa vie , embrasse la «re pour n'estre jette en bas , où tombé , iVH>it les yeux du fils dont il avoit foit fkpère.
«(ocsaifl du palais point avec le jour; t te croise, tout s*esment, tout s*excite, krclient colère: le sang et la mort courent fQM en telle horreur , que Leurs Majestés ines , qoi en estoient les auteurs , ne se wient garder de peur dans le Louvre :
ibiStenots indifféremment sont tués,
sans faire aucune dcfence. Je sauvay La Neufville , Bethunes , Baignac , et ayday fort à La Verdin. Les gentils-hommes et capitaines couchés en la chambre du roy au Louvre en sont tirés et tués. Deux catholiques parmy eux, pour ne vouloir mar(:ber à la mort, s'exemptent , n'ayans perdu Tentendement. Le roy de Navarre et prince de Coudé craintifs , après avoir essayé de parler à moy , qui né leur osay respondre , et de quoy Sa Majesté s'est bien souvenu depuis à mon préjudice , sont menés au roy. Il leur propose la messe ou la mort ; menace le prince de Condé , qui ne se pouvoit feindre, La résolution de tuer seulement les chefs est enfirainte : plusieurs femmes et enfens tués à la furie populaire , il demeure deux mil massacrés.
Le sieur de Tavannes sauve le mareschal de Biron , soupçonné sans subject de fevoriser les huguenots , par Tadvis qull luy donne de se sauver dans Tarsenac. MM. de Guise , en exemptant d^antres, sont calomniés de ne vouloir Textinction du prétexte des armes. Le sang s'estanche , le sac s'augmente ; le seul sieur de Tavannes a les mains nettes; ne souffre que ses gens prennent aucune chose. Ceux de M. d'Anjou pillent les perles des es« trangers ; Paris semble nne ville conquise au regret des conseillers. N'ayant esté résolu que la mort des chefs et factieux , au contraire tous huguenots, femmes et enfans, sont tués indifféremment du peuple , ne pouvant le roy ny lesdicts conseillers retenir les armes qu'ils avoient débridées. M. de Gtiise suit en vain Montgommery, qui se sauve du fauxbourg Sainct Germain en Angleterre. Les mareschaux de Montmorency et Dampville ^ estonnés , s'abaissent , recherchent leurs amis, évitent le péril; leur maison estoit soupçonnée des intelligences huguenottes. Plusieurs villes du royaume tuent non seulement les chefs et factieux , comme il leur avoit esté mandé , ains se gouvernent en cesle eflrenée licence parisienne.
Ce coup faict , la colère refroidie , le péril passé , l'acte paroist plus grand , plus formidable aux esprits rassis; le sang espandu blece les consciences. L*execution de l'acte avoit occupé lesentendemens , tellement qu'ils vacilloient aux prétextes , plusieurs fois ehan**
gés selon les occurrences; monstre quil n y avoît rien de prémédité, et deschar^j^e les huguenots de Taccusation de Tentreprise & eux depuis imputée. Les premières lettres du Toy contenoient aux princes estrangers et ambassadeurs , que la blesseure de Tadmiral avoit esté commise par ceux de Guise, ses ennemis ; le stile en est changé après le meurtre gênerai des huguenots , les mesmes villes et ambassadeurs adverlis par le roy que c*esloient ceux de Guise qui avoient foict ce masflAcre ; bruit qui eust continué si lesdicts sieurs 4e Guise , plus fins , cognoissans le temps , Aiie leur refus ne pouvoit retarder Texeculion jà acheminée, n*eussent dit et publié que ce n'estoit eux , ains Sa Majesté , qu'ils supplioient ne les vouloir mettre en bute ù tous les hérétiques de b chrestienté ; que puis que Si Majesté en avoit peur , par plus forte raison les devoient-ils craindre. Le conseil réassemblé , la foy violée , Thimen arrousé de sang, contraint d'inventer un troisiesme mensonge. Les huguenots sont accusés d'avoir voulu tuer Leurs Majestés , dont la force n*avoit donné temps ny moyen d'user de la formalité de Justice , et avoit contraint de la supersederjusquès après l'exécution pour mieux prévenir la leur; qtt*il n'y avoit danger de mentir en les accusant , puis qu'en l'entreprise de Meaux ils avoient feint que Ton eust entrepris sur eux pour prendre le roy. ' Sa Majesté advoue l'acte , assis en sa cour de parlement; l'admirai traisné, pendu à Montfoucon par les pieds, sa teste envoyée à Rome ^ les processions générales se font. Le aienr de Tavannes sépare les quartiers de la yille à plusieurs seigneurs , par le commandement du roy, pour foire cesser le meurtre et le pillage. Briquemault et Gavagnes pris; liberté leur est promise s'ils advouent avoir voulu entreprendre contre le roy ; eux bien advisés le nient , sçachans que puis qu'il falloit mourir , il valoit mieux que ce fust sans mentir , que essayer par artifices à sauver ce qu'il falloit perdre : ils sont pendus en Grève. C'est Dieu qu'il faut appaiser ; esteignaut des troubles , s'en allume d'autres. M. d'Âlençon , offensé de n'avoir rien sceu de ce dessein , 8e lie davantage avec ceux de Montmorency; autre source de guerres civiles, Je vis partie
des papiers de l'admirai chez mon rooUe de leurs honmies » leurs leTéeî de niers , les signais et menaces de leur avec un discours de Franoourt pretoi point à autre ce qui advint : que Ton lî l'admirai d'une arquebusade ; si hillyj cause du meurtre de tous les hugueoou leur party; tant les hommes d'estatouj voir de denier! L'aubespin fleurit, o^ toile non remarquée par le passé m tout est attribué à miracles.
C'est la vérité que les huguenots seule cause de leurs massacres , m roy en nécessité de la guerre d £s[ de la leur. Sa Majesté, par le conseil (b de Tavannes , esleut la moins domin et salutaire , tant pour la religion ca que pour t^estat et rebellions suscitées huguenots. Et puis que Ton accuse le de Tavannes de ce conseil , il feut d tous ceux de la religion catholique Tei ment et le louent, en considérant n'eust empesché par son bonadvisle d'Angleterre avec M. d* Anjou , celuy de Navarre estant jà fiiict , et le rof estant porté à la guerre d'Eq)agae , qi' liblement le royaume de France, et toute la chrestienté, hormis l'Italie ei pagne , estoit dans le party hérétique.
puis ce coup de la Sainct Banhelenf sont tousjours diminués et affoiblis; qu'au lieu qu'ils faisoient de gnaits toutes de' ceux de la religion, in'M puis peu tenir la campagne en s«te(|M soit» qu*e8Uws assistifo ^des mal-ooDlm princes catholiques , des duc d'Aleoçoo J reschal de Montmorency et autres, eti lesdicts mal-contens , sont tousjoors esri duicts dans les villes , et sur la Que l'on rende donc l'honneur i cemi il appartient ; non que ces grands soient louables , mais ,bien d'avoir empesché que par les mariages et ail les trois parts de TEurope ne fussent do hérétique , et d'avoir destoumé de b une guerre d'Espagne u*ès-perillease que le royaume estoit affoibly : ce roy Henry IV a tellement jugé, que d'Olande et Zelande se voulans donnera
il n*a point voulu foire la guerre aux
HÈGNE de CHARLES IX.
i.ongo/iSsÊAnt la'dilBciilté de ce dessein B DttDX qni en peuvent advenir , nomiei( i h religion catholique que le sieur tatsniM» a maintenue , non seulement par ItfMliM de Jamac et Montcontour , con- Qtbi et victmre obtenue en Bourgongne Il Itoophiné , mais aussi par ce dernier 0ciiemeiit des confédérations prestes à fT au préjudice d'icelle.
fit ouil-aîsé d*entreprendre sur un estât b faveur de quelques uns de ceux qui ement : ny les huguenots ny ceux de la [ s'eussent peu rien faire sans Tassis^ |de la royne Catherine de Medicis , qui lereloit les desseins et conseils qui se foient en sa présence , et par conjecks plus secrets. Elle a esté souvent ^ en ses projects , ne pensant que faire , ou quelque changement de faveur pouf «r an gouvernement; a plusieurs fois dé la couronne de ses enfans ^ ne consiit rimpossîbilité de remettre la bride à auxquels elle Tavoit ostée , qui , ayant » buts non conformes aux siens , se dislient an contraire de ce qu elle n*avoit i Elle favorisa Tentreprise d*Amboise , pée du gouvernement par ceux de Lor- I,(|mpo8sedoient son fils sous le crédit de ijK leor niepce sa belle fille , sans consi* rqne si Tentreprise eust réussi, ceux de to eussent peu passer outre s'ils eusvoulu, et se faire roys , contre lesquels ly restoient que ceux de Ghastillon et^de ttnorency, qui liiy promettoient de Temkr.ElIe ayda la prise des armes au commaent du règne du roy Charles , aucunmeicusable; cognoissant la puissance cem de Guise, avec quelque raison elle dûii de la conservation de la counmne rsesenhns.
«sHenry III elle favorise la ligue, parce le esloit dépossédée du gouvernement a mignons ; s*excusoit que voyant son ans enfans, après sa mort elle desiroit r la couronne au marquis du Pont , fils 1 fille; et en effect estoit jalouse du gou- (ffient: elletrompoit plusieurs et estoit pée de beaucoup. Ny ceux de Chastillon* e Guise n^eussent. entrepris sans elle ; les m alIaibUs/elle se renouoit avec ses en-
fans , et abandonnoit leurs ennemis. Que si son assistance apportoit asseurance aux prises des armes , aussi mit-elle en danger^ et causa la mort ( souvent sans y penser) aux entre-'' preneurs et chefs , lesquels-, pensant qu'il ne se prendroit point de resolttlfan sans Sa Majesté, s'y asseuroient: elle se trompoit avec eux et causoit leur perte. Son assistance après Tentreprise d'Ainboise faillie , fit teiiir le prince de Coudé à Blois , pendant que Ton justicioit ceux dont il estoit le chef. Sans s'es« tonner , pensant faire de mesme , il vint sur sa parole contrainte aux estats à Orléans , où; sans la mort du petit roy François , il laissoit la teste trois jours après. Pareillement elle fit venir MM. de Guise à Blois , les asseurant que le roy ne resoudroit rien sans son sceu s ils sont tués et trompés avec elle , qui ne) pénétra ceste fois le conseil secret de son fils', qui se mesfioit d'elle : un sage entrepreneur ne se fie en sa mère propre.
Les opinions furent diflérentes à la 'Sainct Barthélémy sur la mort du roy de Navarre , prince de Coudé , mareschaux de Montmorency, d'Amville , et généralement de tous les huguenots et de ceux qui les ftvorisoient. L'advis du sieur de Tavannes fut que , puisque Tadmiral de Cfaastillon forçoit d'entreprendre contre luy-mesme , et qu'il procuroit son malheur , voulant mettre imprudemment le roy en nécessité de 'deux guerres , qu'il falloit que Sa Majesté choisist la moins* périlleuse , et mettre Dieu de son costé ; que ces rebelles estoient bien attrapés , de quelque façon qu*on les peust avoir, qui avoient entrepris sur les roys à Amboise et Meaux ; que's'ils eschappoient, ils feroient mourir un million de) pauvre peuple. Il est plus permis d'entreprendre contre les subjects par voyes extraordinaires, qu'i eux d'entreprendre contre leur roy. Conseilloit, puisque la blesseure de Tadmiral les mettoit infailliblement à la guerre (source de tant de maux) , qu'au premier jour on verrcnt les chefs de part en armes; que puis que Dieu les avoit mis es mains du roy , que l'on gagnast la bataille dans Paris ; que ceste exécution devoit estre nette de toutes reprehensions,^ayant estéfaicte par contraincte , enfilée d'un accident à l'antre; que les eoifons, ces princes et mares-
chaux de France et pauvres personnes , en dévoient estre exempts ; et ne dévoient patir pour les coulpables les jeunes princes innocens, parce qu'il y avoit espoir qu'estans instruits ils pourroient estre r'amenés à la religion catholique et à Tûbéissance des roys leurs parens , assistés des serviteurs de Leurs Majestés qu on leur donneroit. Quant à ceux de Montmorency , bien qu'ils favorisassent les huguenots , ils n'estoient point convaincus de trahison ; et que ce [seroit esteindre toute ime maison, qui hausseroît trop celle de Guise , qui sans obstacles à Fadvenlr penseroit à Testât. «
Le mareschal de Rets maintenoit le contraire : qu'il foUoit tout tuer ; que ces jeunes princes nourris en la .religion , cruellement offencés de la mort de. leur oncle et de leurs amis, s'enressentiroient; qu'il n y avoit faute d'hommes pour les y porter , et qu'il ne falloit point offenser à demy; que Brutus faillit, se mettant sur la preud'hommie , déclarant seulement Gesar coupable / ne voulant qu'on tuast Antlioine , qui depuis révolta le peuple contre luy, et fut cause de sa ruyne; qu'en ces desseins extraordinaires, il falloit considérer premièrement s'il estoit nécessaire, contrainct ou juste; les ayant jugés tels, il ne falloit rien laisser qui peust causer la ruyne du but de paix où Ton tendoit -, que , s'il estoit juste en un chef, il l'estoit en tous; puisque des parties joinctes dependoit l'effect principal de l'action , il les falloit cou* per, à ce que les racines ne restassent ; aussi, s'il n'estoit juste , il falloit s'en distraire du Wuij et n'entreprepdre rien au contraire; que si on rompoit les lois , il falloit les violer entièrement pour sa seurtc, le péché estant aussi grand pour peu que pour beaucoup.
L'opinion du sieur de Tavannes subsista pour estre plus juste , et que Ton croyoit celle du mareschal de Rels ambitieuse des estats qu'il vouloit^falre vacpier à son profit.
Aucuns disent que les rois ne doivent procéder cxiraordinairemenl contre leurs suhjects; qu'ils ont la justice en main pour los punir; et que, lorsque l'oxeculion précède les informations , c'est une marque que les souverains ne pourroient prouver ce de quoy
ils accusent leurs subjccis, el qu ils manquent 1 et voir à quoy il se pourroit jetter. Aveccesie
de courage , n'osant encomîr dé Thasard et danger en leur capture ; puisqu'on toone le dos à Tequité et à la raison , il faut qie ee soit du tout; puisque Ton quitte le ôelie bien asseurer en la terre. Et disent eee pernicieux que si ces princes et ceux de HoMh morency fussent morts , quoy qu'injusteneat et avec perte , peutrestre n'y enstil en de guerre , ny le sieur de Tavannes d'honneur de leur salut qui dependoit de u : seule voix. v1
La mort de MM. de Guise advint aux eni|^ j de Blois, en l'an 1588; il ne tint qu'an nfjd que MM. de Mayenne et d'Aumalle n'y funcOT tués. Sa Majesté n'eust pareille louange éÊ* i les avoir espargnés , parce qu'il craignoit de|j faire venir M. de Mayenne aux estats ^km qu'il ne descouvrist son intention ; et s'enh»* : dit de faire ce coup , parce que M. de Giiiiiy i commandoit impérieusement sur se8frereeel«i cousins^ s'attribuant sur icenx une puissanee* absolue , et luy sembloit qu'ils fassent faîcH» pour sii grandeur. Eux au contraire disoient que, s il faloit obéir à unmaistre, ils vonloient que ce fust au roy; et avoient une Idie jalousie entre eux. que tous traictoient sept- • rément, et disoient que, si M. de Guise lêor frère offençoit Sa Majesté, ils sedepartiroieM* d'avec luy; qui fit croire an roy qu'ils ne te remueroient pas pour la mort de leurfrera. i
A l'exemple de la faute des huguenots, de ne s*estre saisis du roy à Meaux et Ambeiie» aucuns disent (lue , quand les premiers pffojects de la ligue commencèrent, il se tinta conseil entre MM. de Guise, de Neverset quelques autres. M. de Nevers conclud, oi qu il ne faloit rien entreprendre , ou qu'il se faloit saisir du roy. M. de Guise , intelKgeot de la royne (qui n'avoit pour lors dessein qu'à la ruyne des mignons , et se remettre en crédit ) , luy qui se fust contenté de regonvemer la cour et la France , ruynant ceux de Bourbon et de Montmorency , pour se préparer après la mort du roy à quelque plus grande chose , rojoila cesle opinion. M. de Xever», qui avoit bon nez et esioit mal-content parce que le dessein du roy esioit d'abbaisser tons les princes en gênerai , se résolut de ne déceler point l'entreprise, de garder les gages,