BÈ6NS SB GHARIBS DL
y/A coadiiitAe ï faillit i se perdce; ce ^ dire aux gens de peu de conscience i« but que coys ny sobjects facent enr ^siqastes; que s'ils sortent de raisou ^Mice f, il n*ea faut pa» sortir à damy , l^lNJt, et asseurec Fentreprise , nou M pour le présent, mais h la pos*
Il respond au coUocpe de Poissy an Mde Lorraine y qui deoiandoit des mi- I pour aoctorieer leur refigioa, que ig m grand de ce qu'il a'y avoit qu'ua p'ib esloient broslés ou chassés de la É, qu^aloES île prescheient k la cour et
tLe roy Henry IV, nay de mère bu^ , neiury eu leur religion , chef de irty r de leurs conaeib et armées » leur IKS, leur appuf , s*est iait' catholique » I aa autre pîus gcand miracle^ mesmea Mps qu'il se soupçonne d'eux pour lériii. U s'en est frit plusieurs de liôsire I, qmwateseritsaHleurs, dans lesquels I apparemment la puissance de'Dieu.
ftme , rAngkfenre et l'Espagne sont k et ea guérite ; paK en leur royaume hrre en Flandres : les hommes des deux Int les esctts du tiers ; b guerre , non lie en leur pais , est ouverte en Flanilkeatre de tragédies » sépulture de eato,soorce d'infidélités, pointes desguer* rireles roys et TiUts, qut , sous prede prif ileges , veulent des républiques, lit nn capitaine gênerai , comme les ( pour résister à Philippe de Macédoine, neesdesdaignées des François pomr leur fé,siiQ8 citadelle ny secours: le peiq>le nkil» fort en chasse ceux qui leur ay- Lies nys les devroient reeevoiv comme fiûBÎMoie les Gaie vois, pour les doniff(lttble;le perS, la despence en deei ceux qui les secourent , et à eux Kt. Ce qui empescha Henry IV de les oir, c'est le desespmr de les retenir , inast qa*ib n'ont point de plus grands ois que lew maistre. Son inclination de re la guerre est , non pour crainte des [BoU, mais pour celle de ses subjects; assiste sous main pour affaiblir le roy ^ , lequel , jeune , espuàsé d'argent, UDei et de Gapitataies, .dissimule , ne
veut-guerre ouverte / craint Vhenr et teputa*^ tion de son contraire , attend sa mort ou» Weilr lesse , cognoissant le danger de ses pato es^ cartes , et que rAngleterre secourt tous les rebelles pour demeurer en paix. Secrets dd Dieu admirables, que ces prinoes n6> sont sautés. aux armes parmy tant de- mauvais q6fices^ qu'ils se font! TEspagnol s'est vengé par la ligue ; fiiiUis ses derniers desseing sous le sieur de Biron et comte d*Auvergn», prend haleine , et en rebastit d'autres , pour rendre à Tadvenir le change en France de om qu'il reçoit en Flandres^
Les Olandoisî et Zélandois gagnent k ! Isb guerre , pour estre maistresdela mer ; tirons argent de Irsaïc» et hommes d*Angletecre p tiennent le loup par les oreilles : cas estrango». d'avoir tant duré en cest estât 1 Les roys d» France et d'Angleterre n'ont raison de se-* courir les rebelles, estans souverains ^ ny lecr hevetiqnes, estans catholiques; ils ne vondroient qu'il leur fust faict le sembbfale. JLa guerre ouverte seroît plus Juste , plus gene« pense : ils ont assez d'autres querelles ^ et si le roy d'Espagne par er esmeut le fer en France , il ne se doit trouver estcange : il est impossible que dans Tannée IMS il n'y ait. paix y trefve en Flandres , ou guerre entre les roys. J'ay prédit , dès l'année iâ97 , ce qui devoit advenir en l'année 1609; que Je corrige cest œuvre , qui est la trefve qui s'est feîete, sur laquelle j'ay fait le discours sui-» vant:
* tf Parce que la Sainct Barthélémy, la mort de l'admirai de GhastUlon et de tant de chefs de la religion huguenotte advint, ponree qu'ils vouloient forcer le roy Chartes de faire la guerre aux Espagnols, en suiite de laquelle ils promettoient la souveraineté de Flandres, la reddition volontaireet expugnation de toutes les villes du pays , j'ay jugé devoir uionstrer de combien ils se mescomptoient, et le peu de profict qui en eust réussi à la France. Puis que le roy Hrary IV, plus belliqueux , à ce qu'il se dit , qoe tous ses {H*edecesseurs , ayant chassé de son royaume les deux tiers de l'Europe , et nommément les Espagne , après avoir despendu en douze ans six milKons d'or, et perdu la vie de cent mil François , a esté I contrainct de de6irer/,ia paix , et d'apomcter
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HÉHOIRES DE GASPARD DE SÂULX
les Olandois atêe le roy d*E8iMi{pie , sansqne pour ceit il y lit senlemenl acqnis vb porice de terre, sinoo moiistt^ de la foiblesse>qn*n ioll besoin d*artifiGe , pour , par mie reroUe de ses fonim , aiMÛir ses ennemii! eomie si la Urance s^estoitassespiiiisaDtepoiir subsister d'elle mesoie. Paixqai estime endeme prempe de la prudence» en Tàdfis du sieur de Tavanniss , lequel a, tr^te einq ans devant ceste trefVe , preven qu'il n*y atoit rien à gagner à Tentreprise de Flandres , et beaucoup à perdre. La guerre de Flandres en^fln Teust fût en France ; le roy n'en Veut point pour rinfidelité des peuples , sçachant ne pouvoir estre estrangere sans estre civile, les cœurs aliénés par les divisions passées plus fins , et Tardeur d'iceux plus mal-aisée à estetndre» les intelligences et les cbeminsd'Angleterre et d'EqMigne battus et aisés à suiyre , la multitude des mal-contens que Tava* rice des supérieurs et rambition des snbjects fontnaistre.
» Que Sa Majesté a interest à toutes réputations que pourront acquérir les chefs de guerre ; désirant estre seul en ce temps , il estoit forcé de secourir plus ouvertement et grandement les Flamands, et felloit que les Espagnob perdissent honneur s'ils ne luy fiiisojent la guerre.
» Qn*estant vieux, à Texemple du roy d'Espagne, qu*il faut pour sa postérité que sa mort advienne dans la paix du royaume; dangereux , si les armes cstoient à la main de quelque gros party , de perdre Testât. Il faloit plusieurs armées; qu'estant d'âge et goutteux il ne pouvoit plus foire ce qu'il avoit fait au passé : ayant plusieurs armces^il faloit plusieurs chefs , lesquels acquerroient de la réputation , en danger de s'en prévaloir contre luy $ là où il seroit qu'il auroit beaucoup de /naux , et aux armées où il ne pourroit estre , du soupçon des feints amis qu'ils ne s'entendissent avec les ennemis. Qu'après tant d'heur et de félicité quelque malheur estoit ù craindre ; que la guerre aguerrissoit son peuple , lequel tant plus il en sçavoit et plus de danger de révolte. Qu'il avoit pour seurté les Suisses , et un autre bras aux estats pour contre-carrer les grandes puissances , royaumes et Indes espagnoUes, estans ces pays en-
très en ligne ollëinive el^defienrive eoBfrehif; Que c*est touqours bien finre , et selon Disit; d'ester le feu et le sangd*éntre les mriasM hommes , et qu'ayant passé sa 'vie eniMUÉ| il est raÎMmnable qu'il ait sur ses ikm' le repos avec l'honneur; qull est le asil' bîfre de paix et de guerre en la ~
» n ne devoit ayder ai^ hérétiques, et| le droiet à des snbjects rdMDes contre roy , puis qu'il est souverain. L'exem|riej nideux que les villes , de droiet et de subjectes à un roy , se dispensent de leur I ment de fidélité , et à leur imitâtioB les vOles qui seront en situation forte le semblable , mesme en la France l'occasion se preBentem. Qu'en pensant Mir le roy «TEspagne , il fortifie les par la manutention des estats de lesquels tous ensemble feront im gros M. le dauphin ; que s'il vient à estre roy, le peuvent Jamais aymer , ny luy eux , qu'il tiendra plustost du pape , del' et du Lorrain , que d'autres. » .
Ce sont les raisons d'estat qui ont fmctqSÉ le roy Henry lY fut aucteur etprincipd nolMJ de la trefve de Flandres , et c'est icy l'adril contraire de ceux qui y vouloient lagnentp
n Qu'il valoit beaucoup mieux , pour aa« seurer son règne à la postérité, mynerhl huguenots , les rebelles de France etdelimN dres , et unir les deux couronnes par aOiaB^ ayant semblable interest pour protéger estats et faire une ligue des souverains* la ligue des rebelles , et affoiblir toute puissance ; puis qu'il semble qu'il ne pssÉ fuyr la guerre , il valoit mieux la prwhi maintenant qu'il a encor cinq ou six ans dl travail , que d'icy à cinq ou six ans qu'il M pourra plus monter à cheval', accablé, de ma ladie , et que l'Espagnol aura pris argent-sl haleine : aussi à ceste réputation qu'il veutu esclatante , il faloit tendre à des plus grandi effects. Quoy qu'il en soit, ainsi qu'il a fiiit,lsi deux puissances qui sont à craindre pour m postérité et pour luy-mesme en sa vieilleaSi demeurent en estut et en force , et sans douM sont toutes deux ennemies du dauphin ; 0( valoit mieux de son vivant avec beanooif d'honneur en abbaisser et en ruyner, que les laisser toutes deux en force. GeUedesi»
RÈGNE XMB CHARLES U.
*^ »^est à fious,
^ardeux ,
"Uitiere-
justiceiT
occasions de
' qui voBt chez
^mps et moyens eux y foDl naisire leur ^vem ni n'estoit premedilé ufes y ÎQtités de la commodité ^ roccasioB et facilite Feiecution.
s'esmerteîUent que Fadmiral de , fsi atoit tant de finesse et artié de tant de conseillers habiles et ministres versés aux cabales he- > ils disoiemt suivre , que celuy et loient non seulement venus perdre ains parmy les Parisiens ses LCOMmis. L^asseurance du«roy Chareomblé d*ambition, véritablement ierement porté à la guerre contre , le persuada grandement , avec la de Telligny , son beau fils , qui négocié ^.fermement dans la cour. £t nesfois estant blasmé de ses amis de la liOD qu'il prenoit , respondoit ces pa~ de remarque : qu*il croyoit à la non parole et serment de Sa Majesté , Thalu manquement de laquelle il aymoit encourir que de retomber au labeur des îs civiles » travail , danger et incom-
modité d*amîs, d*emiemia et de iiecessiléV qu'il aymoit mieux périr que d'y retomber* ;.
Mais ce n^est pas cela seulement , 9k» que Tarrest de sa perte estoit desjà minutté dans^ le ciel , et que nous ne pouvons éviter nos destinées , quoy que nous cogAoissioas soetre
'"Ibeur appsuremment. Il n'estoit pas seole-
'Hlverty des siens, ains d'une.panie de
^a cour , et de ceux qu'ils nomment
'*He. Coup sur ceiq» Fadvertis-
"^ Francourt, chancelier de
^re, Iny nôttoit point par
^endroit. Neantmoins^
, ^^ ^ % ne se peut emr
J\, ^ .r à la mort. £t pui»
^ «t de force, c'est dpnp M
«eproche à ceux qui soM per*
est leur faute » et qu'ils estoieel
uVQrtis. Nostre Seigneur advertii sainct»
jrre qœ avant que le coq chamast deux fois , qu'il le reni^roit trois ; luy , cpii esleit diseiple et avoit tant ven de miraclea,. ne s!em peut empescher.
Beaucoup' plue blasmabtes que cesl aâmi»rai sont ceux qui, à son exemple, doivenl estre devenue sages peur éviter la fosse où ile s'estment précipités. M. de Geîse , Isane y avoir esgard , après avoir pris les armée contre le roy Henry troisiesme, l'av^ ehaisé honteusement de Paris, ayant attiré teus les cœurs des peuples de Fraôiee contre l'amcte* rite de Sa Majesté > l'ayant forcé à déclarer le roy de Navarre et prince de Cendéses ennemis, eontrainct à faire k g;uerre centre les huguenots , et ayant toute puissanee dane les estata centre la volonté de Sadicte> Majesté, pour conclusion d'icelle, il est adverty de cinquante pans qu'il seroit tué ; seit à table, en son cabinet, par tout il trouve de» billets qui luy annoncent sa nx^t; présomption, audace et générosité hors de temps practiquée , et contre laquelle se doit estre en garde , luy feiict tout mespris^ : en fin il entre dans les conseils et dans les cabinets, où il pert la vie.
J'avois porté les armes durant toute la ligue, participé aux conseils des ducs de Parme et du Mayne des premiers, et aux effects militaires qui en ensuivirent; je ne m'estois empesché de parler du roy aux^ prison-
¥fè
HÉMOmSS Dft GiSPAEB D9 UXJÏJi.
W piimMOfl loitinat à eobregmndn ^ pomt le iiespni e» qpoy ik ODt eaiir qni ont co» M OM luelMté par iBsr traicté t et coiBOM^ neneat q«i a la rq^matk» dea anaes^, il a» a I^ deauML Qok'A faille qu'one province de qnrance liema de cûpcuit aye douié la; lof ktuii de royasBiea» et ea fia ae aoit aoo»traite de robéiaaaoce, intasteaiept «yui scqoia k-scoferaioeté , estant autant anljeeta de la eoaronne d*Etpagne qne TEapagne nneamei la ooaTertore que leroy delVance leur aydqitteua main eal fiaible* Si lea roja d'Espagne n'ont donné une aede Yilie aux. Vnàçoiê par la paix^ 9» contraire leur en ont esté plnsienra, comme est-ce qn'un roy dea Fspijpieit» de Portugal et de loutea lee Indes, aye eaté forcé* par lea armes co»- ▼erlea des François, de qoicter et perdre cinquante villes qpi de droia lay appartiennent d« moins par la cesaion de souveraineté qvi*en ont foit les François /déclarant si bontensement qpi'il traicte avec elles comme ne prétendant rien sur eux?
Le second point est Fexemple de tous les Pais Baa, lesquels maintenant les Espagnols n'eseroient plus charger d'ancuns imposts ni subsides, ni mesme foire payer les anciens : aatrem^it ils peuvent dire qu'ils ne sont non pivs aa roy d'Espagne qœ TOlânde et la Zelande, et suivront lem* exemple s'ils veulent; et ne fout plus foire estât de régner sur eux abscdument, ains de les flatter honteusement.
* Et pour le troisiesme, que dirons nous de ces gens qui avoient appuyé leur couronne sur la religion catholique et sur rinquisition, qui maintenoient qu'il ne fsdoit jamais trak>* ter avec les hereti<pies, avoir rendu les heretiqnes en exercice de leur hérésie, les avoir foiets souverains, planté et aflermy leur religion par le traicté! c'est estre déchus de ce poinct , vraiement catholiques. S'ils se cou* vrent de la nécessité , quelle nécessité a un roy de tant de royaumes? Et» quand ainsi seroit que la nécessité fost vraye , la foy ni la religion ne reçoivent point d'excuses : foisons ce qu'elle nous commande , quand le monde et nous mesmes devrions périr ! 11 fout que les raisons d'estat et les raisons humaines^ cèdent à la .religion , d'autant que Famé
est plus que la coipai ilfoloit, I voir , et remettre à Qieu Is
Cenclnaiop» qne les Bspagnab «!oni i|| foict qui vaille en cesta treto , ni pafpr ia^i ligioa« ni pour la rq>utatioari: ^jiUàjfr'^ mmnienir lea armea perilleuae^ qyff isi^ ter Imnienaeaient, ayant fiiitifii la des- (Hlandois i à qnoy ila M pewNmt à dire, puisque £à souvenlinelé 9'ikk ont abandonnée, iia peuientr coauna raina, traicter avec ceux qu'il leur
Le rey d'Angletarre , sans inipieiis daspense , a obtenu ce qgii luy eatoia la. naaesaaira: il avoit plue à craindra da grandeur des Espagnols que I| ioj, et foict parMtre moins de soucf « sa sur le droia rqu'il n'esfDÎt raisnainaM^ secourir lea suEjiecta rabeUaâ csotM lea verains, et ne foire à autruy qaa ea qui vaudroit qu'eu leur fist; a aswMélaa gnola et demeuré en paix avec aux; dant a gardé^ la Flexiagùe et antraa qu'il dit tenir par engagement , et a foire la despence au roy, ne s'en de bonne sorte , par patience et ce qu'il désire. Les puissances vent tenir la balance entre les ce que l'un ne s'agrandisse plus que Fanipil et par sa puissance n'opprime les madiar.ri^ Si le roy d'Espagne venoit à bou(<di||( l|î| Bas , il importoroit à l'Angleterre :• sjk Jm François avoient suprême pouvoir itidkh Flandre , encore plus. Il doit empescher ^ l'un des roys ne s'agrandisse excessiveavil au préjudice de l'autre. C'est pourquaf M roy d'Angleterre secourut les enfoi^ d| France quand le roy François estoh nier : la trefve luy est utile , la guerre abbaissé une des puissances sous l'autre. Ut Flamands luy sont une barrière contre hl! deux roys ; et eneores que le roy de Fraaot les aye secouru, si auront ils tou^urs am plus estroicte amitié avec l'Anglois, qui tirnl et possède leurs cœurs. Et se sont Ûs An* glois bien gouvernés, et à leur profict,m ceste trefve.
C'est beaucoup quand la moitié des hommes que l'on promet aux entreprises secrettes y arrive. Ceux qui donnent et prennent des as* perances se trompent, ou leurs amis; c'sil
RÈGNE X>E CfiàRLES K.
gir d6 s'âsieorer sur ce qm ii*est à nous, g dessus bastir un desseia hasardeux , g f eseeudoD duquel il faut estre entière* ^ iisseoré qo'il n'y aura manquement ^ ni d'argent
]fi prtcès faits par commissaires , voye lygiaaire contre la justice : c'est poml^les gens de bien de leur donner des ppassioDoés, leurs ennemis, sans cens- ^^ qui despendent des supérieurs , lesk désirent leur mort » et leur comman- (de respondre, à peine de conviction, b les privilèges des François. Plusieurs Ifi'estoieot abusés de Tempérance qui loe josques sur les escbafaux ) , ayans feen ces juges emiemis , feroient plus leosement de n'y respondre, et empeslient fort les commissaires. Puis que re»n OQ non il faut mourir , ce seroit mons- Cimoceoce et se venger, parce que^ m point reqiottdu , la voix commune i qu'on auroit esté condamné par con^ le sur les formalifés et non par justice^ )e doit prévoir et fiiyr les occasions de lir un malheur. Ceiix qui vont chez . eaoemis donnent temps et moyens fiprendre contre eux , font nais(re leur
Coe Aist advem ni n'estoit prémédité contraires » iavités de la commodité l|ndre Foccasioii et facilite Texecution. nieors s'esmerveillent que l'admirai de lilion , qui avoit tant de finesse et artiassisté de taitt de conseillers habiles et un de ministres vrersés aux cabales he- IKsqQ'Ssdiaoieût suivre, que celuy et «fe soient non seulement venus perdre thoov, ains parmy les Parisiens ses urisememis. L'asseurance dU'roy Chartpù, eomblé d'ambition , véritablement i eaiierement porté à la guerre contre a^, le persuada grandement , avec la licie de Telligny , son beau fils , qui fiegocié 'fermement dans la cour. Et liesfbis estant blasmé de ses amis de la Kion qu'il prenoit , respondoit ces pade remarque : qu'il croyoit à la non parole et serment de Sa Majesté , Thadu manquement de laquelle il aymoit ; encourir que de retomber au labeur des es civiles , travail , danger et incom-
modité d'amis, d*ennemia et de nécessité V qu'il aymoit mieux périr que d'y retomber» ;,
Mais ce n^est pas cela seulement , ains que l'arrest de sa perle estoit desjà minutté dan^ le ciel , et que nous ne pouvons éviter nos destinées , quoy que nous cognoissions nostre malheur appsuremment. Il n'estoît pas seulement adverty des siens, ains d'une. panie de ceux de la cour , et de ceux qu'ils oommenl de leur église. Coup sur ceiq» l'advertis^ soient ;>t mesme Francourt, chancelier de la royne de Navarre, Iny nôttoit point par point ce qui luy adviendroit. Neanlmofns» à deux cœurs et fluctuant, ne se peut en»pescher de s'acheminer à la mort. £t puis^ que le destin a tant de force, c'est donp M vain que l'on reproche à ceux qnî sont perdus que c'est leur faute , et qu'ils estoieal^ bien advertis. Nostre Seigneur adivertii saisct Pierre que avant que le coq chaatast deiHt fois , qu'il le renî^roit trois ; luy , qui esleit disciple et avoit tant ven de miracles y ne s^e» peut empescber.
Beaucoup' plus blasmables que cesi adm^ rai sont ceux qui,. à son exemple, doivent estre devenus sages pour éviter la fosse ou ils s'estment précipités. M. de Guise , [sans^ y avoir esgard , après avoir pris les armes contre le roy Henry troisiesme, l'av^ chassé honteusement de Paris, ayant attiré tous les cœurs des peuples de Frsuiee contre l'amcto* rite de Sa Majesté , l'ayant forcé i déclarer le roy de Navarre et prince de Condé ses en-* nemis, contrainct à foire k pÈerte cMMre les huguenots , et ayant toute puissaoee dans les estats contre la volonté de Sadiete^ Majesté , pour conclusion d'icelle , il est adverty de cinquante parts qu'il seroit tué ; soit à table, en son cabinet, par tout il treuve des billets qui luy annoncent sa mort; présomption, audace et générosité hors de temps practiquée , et contre laquelle se doit estre en garde , luy foict tout mespriser : en fin il entre dans les conseils et dans les cabinets , où il pert la vie.
J'avois porté les armes durant toute la ligue, participé aux conseils des ducs de Parme et du Mayne des premiers, et aux effects militaires qui en ensuivirent; je ne m'estois empesché de parler du roy aux^ prison-
HÉHOmÊS DE GÂSPABB DE SAULX.
Bien qn^atiom *pris à ditenes Mb ; paroles dont les oflences ne s^oublieiit goieres. Je ne me ressoaràiois esire fils du sienr maresdhal de Tavannes, que le roy Henry qnatriesme et tons les Iraguenots acciiaoient de la Sunct BartMefliy el du massacre des leurs ; que le joor d*icellè je ne voulus parler an roy fienry quatriesmç , qui m^envoya par plusieurs fois quérir lorsque je me promenob en la cour du Lonrre, on il estoit jà en sa chambre prisonnier; et que j*estois allié en la maison de Guise , ayant espousé une des belles filles de M. du Mayne ; que je tenois Tallant et autres places; qu'avec ce qu'il restoit de ligueurs je fieiisois trembler topte la Bouripnepie et contraignois le sieur de BIron à quicter le siège d'Amiens , et yenir pounroir à son gouvernement , qui teaoit en hasard que j'y demeurasse , ayant mandé an roy que si je n'en sortois qu*il quicteroit le siège d'Amiens. Toutes ces conÎBiderations estoient tournées , retournées dans mon esprit; j'avois des advis de Paris , de la cour , de l'ambassadeur de Savoye, accusé d'avoir traicté depuis la paix avec les Espagnols; et tout ne me servoit de rien» le destin m*entraisnoit. Et quatre autres àdvis en chemin furent mesprisés , me fiant en des lettres d'asseorance et promesses de la main du roy » en caution du mareschal de Biron qui en escrivoit de semblables ; asseurances et promesses qui furent toutes viollées , et moy mis prisonnier dans la Bastille ! que s'il se fnst trouvé moyen de faire mon procès , ils n'y eussent point; manqué. J'en sortis par la seule grâce de Dieu , ce que n'ont peu feire^ eucores tous ceux qui ont esté prisonniers.
Le mareschal de Biron , qui avoit traicté avec les Eqpagnols , receu de l'argent d'eux , escrit infinis mémoires contre Testât du roy , et accusé de luy avoir voulu faire perdre la vie devant le fort de Saincte Catherine , et d'avoir aydé et favorisé les entreprises sur sa personne , que Sa Majesté avoit eschappé miraculeusement : il sçait , il cognoist , et néantmoins Se laisse persuader contre cinquante advis qu'il eut en chemin ; il porte sa teste à Paris» qui luy fut couppée. Les dessusdits ne sont que borgnes, maisvoicy les aveugles. \ M, le prince qui sçavoit que l'inclination
[«ni
de la royne Marie de Medicis estoit delekjr à mort y ce qui s'estoit dict et escrit d'dièdiirant l'^evation qu'il avoit faicte, lesparohl aigres et dangereuses qu'il avoit eues avtk Sa Majesté durant les estats, la qu'il avoit monstrée à Loudun en Y\ tance de tant de grands du ropume , pnmki prince dusang, dont le crédit etla est assez de crime pour faire e sur luy par le souverain , ^près avoir une partie de la France , avoir fiiict dre vingt cinq millions de livres et tout gent de la Bastille pour luy résister , il i sur des paroles et des escrits , se résout 1er à F^iris. Estant jeune comme il luy est pardonnable , mais non pas au ^cluilde Bouillon, lequel luy-mesme avoit eschappé tant d'hasards en semblaUes et qu'il voyoit tant d'exemples devmtt une partie cy-dessns mentionnés , qu^il conseillé de venir h Paris à M; le prince , y estant » de n'avoir peu cognoistre en péril ils estoient , voir foire secrettêment nouveaux sermons aux personnes de la cour contre eux , et enfin la prise M. le prince , de laquelle ils sauvèrent testes miraculeusement , qui ne leur demeurées que l'espace qu'il y a de la à la Grève ; et quoy, d'autant plus bonlemp ment que les precedens ont esté nus par les roys , et qu'eux se sont affiner par une femme, ignoramment,iqw| les plus basses et imprudentes personnes M fussent tombées. Et voicy l'excuse de toiNi confessons qu'il est un Dieu tout puissant, qm c'est luy qui dirige toutes nos actions; iM advertissemens , et moins nos volontés , n*ori puissance d'aller contre les siennes. GTsi ce que les anciens ont nommé destin, 41 que nous nommons inévitable ordonnance di Nostre Seigneur, que nous ne pouvons es^ ver ny outrepasser pour nos péchés , parai qu'ainsi luy plaist. C'est à quoy il se faut COK' former, en portant patiemment toutes kl adversités qu'il luy plaira nous envoyer.
S*il se propose un dessein qui profite ayail des incommodités, il ne faut débattre lai contrariétés hors de temps , à ce que , par œi difficultés du mal non encores présent, k bien qui peut advenir ne se perde. Ainsi sa-
RÈGNE DE CHARLES IX
^ fireol MM. de Guise, ne coolrariant pfoposition de se charger du meurtre de ligiral au commencemeat ; mais attendi- Hqull fiist foict pour dire qu'il n*estoit igQQiable qu'ils fussent coulpables de ce ^ le ivf avoit fait pour son utilité.
(^ji'est dès cette heure que Ton adapte les 1^ aux actions humaines ; plusieurs pfiscapitaiiies s'en sont aydés. De Beze ren- 0a, sur nne estoile née ou non jamais veue dravant , la^^Sainct Barthélémy , près du je de Calciopé, disant qu'ainsi il nas- \m estoille lors qu'Herodes tua les Inno- {.Les catholiques respondoient au con- H que ceste estoille annonça le sa^t au
Ed'Merodes; que ceste-cy, après laSainct kmy, promettoit tout bon heur; que kespin fleury à Sainct Innocent en automne Miçoit un siècle florissant. Les naturaliste^ DDdentque les fleurs naissent en automne oe au printemps en plusieurs païs. Ainsi icua fait des interprétations fantastiques à advaotage. Atcc raison s'usoit de ces ar- IB entre les huguenots, desquels la relitest remplie de pernicieuses subtilités. k ànger eminent que le séjour peut ap- |Kr préjudice, et le partement asseurance, ilya point de conseil ; il se faut mettre en né, encores qu'il soit honteux de partir : itme espèce de folie de conserver l'appase de la réputation , et l'hasarder du tout dfect. L'admirai , blessé imprudemment, sea délibération son partement , qu'il dekbire sans conseil.
fmm disent que Tentreprise des hugueobeiceHede laligue sont injustes, prétextées IttiJiliMises-, disputent laquelle des deux iQsesQtoit meilleure y ou moins mauvaise. esb^^enots disent avoir treuvé de grands iwà l'église , force idolâtrie, les prostrés praïés par paillardise et avarice , la re- ■ptioQ des âmes en vente pour enrichir les Brunes de Rome , le service de Dieu perrty, les créatures adorées au lieu du créav; tout dissemblable à la primitive église, Quelle ils disent avoir recours, suivant les ditioQs des apostres , prescbans TEvaDgile b leur doctrine , reputans toutes les oruu^ofies et décrets ecclésiastiques ( excepté lelques conciles qu'ils appreuventestre opi-
nion d'hommes ) hors de la vraye foy des sainctes Escritures , auxquelles il n'estoit licite d'adjouster ny diminuer , mesmes aux anges de paradis ; qu'ils se sont assemblés et armés contre la defence des roys , parce qu'il faut plus obéir à Dieu qu'aux hommes ; que meritoirement ils se sont meslés de Testât » estans membres d'iceluy, etayans un prince du sang de leur costé , en ce qui leur a semblé juste et utile pour sa manutention, favorisé les princes du sang contre ceux de Lorraine , qui avoient occupé et charmé par leur niepce d'Ëscosse le jeune roy François deuziesme , en danger de luy oster la couronne ; dequoy ils ont esté advertis, et suscités à son secours par la royne sa propre mère , qui leur a commandé ayder à l'entreprise d'Amboise; qu'à l'advenement du règne du roy Charles ils se sont tenus de la part des princes du sang, auxquels appartenoit le gouvernement » veu la minorité de Sa Majesté ; n'ont rien fait ny entrepris en cela que par l'admonestementet commandement secret de la royne mère; qu'il s'est faict un triumvirat où le roi de Navarre circonvenu se jetta avec le conneslable et M. de Guise, lequel sieur de Guise Jplus fin qu'eux , s'en servoit en son ambition pour occuper Testât ; ils assistèrent secrettement la royne à s'y opposer ; et après les estais d'Orléans, que par Tédict du roy (interiné aux cours de parlemens) il leur fut permis de prescher et vivre en leur religion, ^ouis et permis de disputer en présence de Leurs Majestés et de leur conseil au colloque de Poissy ; que leur intention n'estoit de prendre les armes; mais qu'estans massacrés à Vassy par le duc de Guise en vengeance de ce qu'ils s'opposoient à son ambition , furent tués au contraire des édiçts de Sa Majesté , interinés à la cour de parlement de Paris, et non révoqués. Et voyant la liberté de leur conscience empeschce. Testât en péril, le roy de Navarre trompé servant à [ambition d'autruy , partie desjprinces du sang et officiera de la amronne esloignés du gouvernement, la royne mère en peur, les priant de la recevoir, avec les enfans de France , entre leurs bras , dequoy elle est empeschée et tenue comme prisonnière par le triumvirat , ils ont esté forcés,' pour la délivrance de Testât» avoir recours
MX armes , tenues justes quand il n'y a plus d*esperarice qu'en icelles pour défendre leur refijpon , la couronne et ïeurs vies , et lesquelles ils ont posées aussi tost après la balîdlie de Dreux, et la mort de M. de Guise, qu'ils soupçonnoient vouloir envahir Testât , leur estant donné seurté de leurs personnes et exercice de leur religion à Tacquit de leurs consciences. Go{;noissant la crainte cessée que ceux de Guise ne se fissent roys , par la mort da plus puissant d'iceux , assistèrent à chasser les Anglots^ ennemis de la France , qui sous couverture de leur ayder s'estoient saisis du Havre. Depuis, advertis de la résolu-
tion de Rayonne entre les Espagnols et la ( preuve de leur intégrité ) ils vivent
abusans de son âge pour Iny oster Vt la couronne , et s\ eux leur religion. F] de quoy ils ont posé les armes qoand t ont esté requis , après le siège de La Ri
et depuis sous H. d'Âlençon, frère du qui s'estoit faK leur chef; et les reprioc forcément après les premiers estais de qu'ils furent déclarés ennemis, et tost abandonnèrent quand on leur promit qu'ils se sont joints an vray et legitoe tier Henry quatriesme ; empesché h tion de Testât ; et à Taide de leurs Espagnols ont esté chassés , les lignes versées , la couronne maûntenue, sons 1
royne, laquelle, hors de crainte par la mort du duc de Guise, et changée de pour contre eux, résolue de les exterminer, eux s'assemblèrent, •e ponvans estre autrement ouïs pour pré- Mnter requeste au roi à Meaux , et chasser tes mauvais conseillers qui luy donnoient ad- ^is de faire mourir ses subjects et ruiner son peuple. Empeschés pstr les Suisses de parler à luy 9 soupçonnés d'attentat, continuèrent leurs plaintes , et les armes , qu'ils posèrent à diartres, encores' qu'ils eussent une florissante armée lors qu'on leur permit liberté de lenrs consciences ; furent forcés de les reprendre tost après, quand on votiloit prendre le prince de Gondé , l'admirai et autres leurs chefs , à Noyers. Et après la perte des batailles de Jarnac et Montcontour, où ils furent battus , et que leur persévérance eut fait cognoistre qu'ils ne pou voient estre ruinés » ils posèrent les mesmes armes victorieuses à la rencontre d'Arnay-le-Duc contre le marescbal de <k)ssé , et defaicte de Puisgaillard en foictou , sous la promesse de liberté de con- 8(^ience. Se sont tellement asseurés de leur innocence, abhorrant les guerres civiles ^ qu*ils s'estoient fiés en la foy du roy à la Sainct Barthélémy , où , sous prétexte de mariage , eHe leur est violée, leurs chefs et peuple massacrés en la pluspart des bonnes villes de France. Que toutes et quantes fois qu'on leur a offert liberté de conscience , ils ont cessé la guerre , oublié les injures , et obéi le roy , contre lequel ils n'ont pris les armes , mais bien contre les mauvais conseillers, ou contre
nant en obéissance et en paix.
Au contraire , ceux de la ligue dSsent TEglise de Dieu , catholique , apostoli romaine , durera éternellement ; d où estoit celle des huguenots depnb cens ans ; qu^ils se sont introdoicts racles, vocation ni imposition des s'estans immis d'enx-mesmes aux mi et interprétations des sainctes Escriti eux falsifiées ; qu^ils sont cogneus psr œuvres , estans source des meurtres, sinats, voUeries, forcemens, et detov très péchés communs et inévitables anx res. qu'ils ont suscitées , pour mamt maUcontens et rebelles en Flandres, Allemagne et Angleterre , eslevans h sauces des peuples contre les supeneors, fracteurs de la vigne du Seigneur. Pir brèche qu'ils y ont faicte , sont eatTiskÉ riens , calvinistes , zuingliens , cmihnM trinitaires, nicola!stes , anabaptistes, d, pis de tout , l'athéisme : ont mis la inoilil monde en doute de son salut ; ils ont ouvrir les yeux , et ils les out crevft, que le serpent fit à Adam au paradis tre; docte et saincte ignorance (pii n toit utile , puis qu'il faut prendre le roj des cieux par bonté et innocence , ai les enfans ! Pour reformer un abus ik ont fait mil ; pour oster une tache légère ont gasté le visage et la face de i'Egl Ignorans par malice, disent qae TE^Iise Dieu ne repose sur les conciles et c^ngj gation universelle des fidèles , et qu'ils pd
ceux qui tenoieatteurs Majestés prisoaniereS) j vent errer: leur peuple « vooladnog^]
JlÈGNE DE CHAttLËS ÎX.
^looedeniuice en repnbfique; leurs chefs 'loot Toaiu faire roys. En Angleterre ils isoostenn Tioceste et le divorce , en Aileurgeb desdMissance contre les snperienrs ^^i^e ; ont introduict les Anglois et ^, anciens ennemis de la France , dans S; leur ont donné le Havre , donné des ^les am roys , entrepris sur leurs përp(s, assassiné leurs generatn, fiait enrool- 0Bjevées d^hommes et de deniers, ^ saperienrs des estats qni ne leur aplaioient point : ligués et associés avec les BB^rs contre 'la couronne , ont feit paix id ils n'en pouvôient plus , pour attraper atboliqnes. Estoient enfin devenus si puis- I, qaHs voùloient forcer le roy à feire nt et paix aux èstrangers à leur volonté : vt h Saioct Baitielemy sont cause de i les maux de la ÏVance , pères de ceux Il ligne , leurs imitateurs , sans lesquels enrs prétextes Hs ne se fussent peu esle- Odt tourmenté les corps et les âmes , t il en est un million qui ne sont plus de secte ny de la catholique romaine , pour I les sainctes lettres profanées entre les L des fols , femmes , enfons et chanteurs Mans, qui les ont interprétées en au- [je sectes et d*heresies que leur ignoifantaisie leur en suggeroit. Si ceux qui lotragé les corps et les biens sont punis Bort, comUen plus grand supplice fautloor cenx qui perdent les âmes eternel- , leur preschant par ambition la religion an mesoes bien souvent ne croyent pas ! Bml de la ligue on creu ne pouvoir avoir penla conscience ny en Pestât tant qu1l ■niversité de religions permises par les N ppnrTesperance du repos de leur estât , ijar les concile ,'ny par les papes ^gardian des décrets d'iceux ; que les roys ont ipé la puissance qui ne leur appartient ; bue pouvôient accorder exercice de la relie opinion que par la congrégation de be nniversélle Qe la chrestienté , de laie ils ne font qn^une partie : la recognoise se doit à Dieu , à son Eglise , et aux «ssenrs de sainct Pierre , qui lient et de- : lésâmes; que les roys, qui n*ontpouque sur les corps » cognoissent que les
les.iBOQs le masqne de Intberien et ha-
guenot , allument des lignes pour opprimer la vérité chrestienne. Sa Saincteté , inspiré des anges , a commandé des ligues en Allemagne an temps de Gharles-Qtttnt , par Ferdinand , et par les evesqnes électeurs , duc de Bronsvich et antres, poiu* leur résister -, les a commandées en France à cenx de Lor» raine (estans ceux de Bourbon partie hereâques et partie parens d^iceux), non contre Testât ny contre les .princes du sang , atns seulement contre les hérétiques et fauteurs d'iceuz : ligues faictes et approuvées au concile de Trente.
Le roy Henry in a approuvé et confirmé les lignes catholiques, et s'en est dit le chef, et déclaré en pleins estats à Blois ne vouloir que la seule religion catholique en son royaume , et qu*ll jura sur le sainct Sacrement pablier par édict les huguenots ennemis. Depuis , leur ayant foict la guerre par manière d'acquit, après la prise de trois de lem^ villes , diange d'opinion ; fah paix , accorde des presches hérétiques , contre Tadvis du pape et des catholiques qui avoienl juré avec luy, lesquels entrent en soupçon de Sa Majesté, parce qu'elle donnoit toutes les places de son royaume à deux jeunes hommes , de Joyeuse et d*Espemon , dont Tun fut envoyé vers le roy de Navarre , pour lors huguenot , nouveau successeur de la couronne par la mort du frère du roy. Les catholiques romains , craignans de tomber en des mains hérétiques, estre , comme les Anglois, contraincts de changer de religion et tués , s'assemblent (en crainte que le roy, Henry ni ne, le declarast son successeur), advertissent le pape, qui leur commande de faire des remonstrances au roy, et le supplier d'exclurre tous hérétiques de la prétention de la couronne ; requièrent de la seurté à Sa Saincteté , qui leur conseille que par la force Ils s'estent la crainte en présentant leur requeste.
La royne meré les suscite , les appelle aux armes , les advertit de la mauvaise .volonté de son fils envers eux , soit qu'elle voulust s'en ayder pour chasser les mignons de son fils qui luy avoient osté le gouvernement, ou qu'elle voulust faire planche au marquis du Pont, son petit fils, à la succession du royaume. Elle fiivorise ceste eslevation , qui
MÉMOIRES DE GASPARD DE SAULX. ^i^.
sauver sa vie , de faire des barrkades^sor
ne se peut dire estre contre la personne du roy, d*au(ant qu'ayant sa mère de leur party, et estant advoués du pape , en annes Tan 1585, ils requièrent très-humblement le roy de chasser Theresie de son royaume » de nommer un successeur catholiques Le roy Tayant promis, ils posent les armes à Nemours. M. de Guise entreprend contre les huguenots de Sedan ; M. de Mayenne est envoyé en Brouage ; les deux jeunes hommes , millions du roy, de Joyeuse et d'Espemon , en Provence et Languedoc. Le roy porte faveur aux huguenots ; veut rendre la guerre inutile et la paix nécessaire , monstrant la pernicieuse contraincte de ceux de Lorraine , et que les huguenots ne se peuvent ruyner par la force ; 8*entend avec leurs reistres et Suisses qu'il avoit fait lever secrellement ; il appuyé puissamment ses mignons , et donne des armées sans secours d'argent , avec des obstacles de ses serviteurs contre M. de Mayenne en Guyenne , qui nonobstant ne laisse d'y faire effect; commande au baron d'Aulne , et dix mil Suisses huguenots , de ruyner la Loiraine, espérant que les Lorrains crieroient autant la paix qu'ils avoient désiré la guerre , et que la Fkîince blasmeroit la contraincte qu'ils tvoient faicte à Sa Majesté de prendre les armes contre les huguenots.
< Dieu en ordonna autrement : les reistres imprudens ne veulent demeurer en Lorraine, et moins s'aller joindre au roy de Navarre ; entrent dans la France , où ils sont defaicts par M. de Guise en deux nuicts , se retirant en desordre hors la frontière. Cela donne une si grande réputation à M. de Guise , que le roy est contraincl de continuer la guerre contre les huguenots , là où M. de Joyeuse , qui eschapa au roy par Timprudencc de luy avoir permis de s'allier avec ceux de Guise , qui l'avoient gagné et avoient autre but , hasarde sans commandement le combat , et est defaict par le roy de Navarre. M. de Guise, désirant de se r'accommodcr et mettre bien avec le roy Henry IIF , vint à Paris avec six chevaux : le peuple le favorise ; le roy jaloux , fascbé , en soupçon de cestc amitié , introduit douze cents Suisses en armes dans Paris, contrainct M. de Guise (ne pouvant sortir pour estre les portes fermées), pour
poinct qu'il demande accord avec le roy à luy crier mercy de ce qu'il a'avoit J laisser perdre ses amis , et avoit seny de d à ceux de Paris.
Sa Majesté , après avoir, demeuré tr jours audict Paris entre ses mains et ceitet peuple , se défiant de sa mère quinegodii traicté , se retire en la ville de ChaiiRs.t il se recopcilie avec M. de Guise; bktJ les estats , jure la ligue et la ruyne ieau guenots sur le corps de Notre Sëpj commande à tous ses subjects d ea e&ire, faict déclarer le roy de Navarre et le ci de Soissons inhabiles à succéder à k ronne. Après ces sermens solemnels , il mourir M. de Guise et le cardinal soo Ce que voyant , M. de Mayenne et catholiques , croyans ne • pouvoir éviter blable traictement , prennent les anses la defence de la religion et de leurs nés , qu'ils continuèrent jusqu'à ce roy descouvre et fait voir TintelligeDce veur qu il portoit aux huguenots, sejoi eux, assiège Paris, où il est tué d'uo dequoy les catholiques se treuvem iooi n'y ayant éloquence qui puisse pei homme à faire un tel coup.
La guerre continue contre le roy Hei quelque offre qu'il ait faicte , M. da ne voulut faire paix avec luy quil jiela avec Dieu : monstrant qu'il n'estoà eoi pour son particulier, requiert SiJKajeste se faire catholique, se faire absoodreda auquel cas il luy; offre obéissance. Le roy tempérant , et le pape ne l'ayant al M. du Mayne ayme mieux se voirredokl deux villes que de le recogaoisire^e&oa qu'il lui presentast des provinces entiera
Enfin , le pape ayant bcni le roy ry IV, M. du Mayne , sans se soucier deii sa condition bonne, quoy qu'il eustbe de forces entières en Gascogne sous le de Villars, M. d'Espernon qui s'offrolià les Espagnols en Picardie, Cambray d'eux, M. de Mercuer en Bretagne avoir esgard à tout cela , fait la paix , p que le pape l'avoit faite; perd son goui ment, à la ruyne de tous ses amis, avoir trop attendu à traicter. Que si le
RÈGNE DE CHARLES IX
a adstrainct le roy de faire la guerre aux Micflots, de les chasser de son royaume, \ que Ton ait fait depuis des édicts en leur ^or, ce D*est la faute de M. du Mayne ny es raiholiques , puisque le chef de TEglise iTooh ainsi , contraire à la resolution du ^fjBCt pape h la prise des armes : qui fait ure que Dieu , pour les péchés , ne nous ^dignes de coupper ceste racine heretie Tivaote , à la forme des "Philistins parmy ealiaDs dlsraël , pour fléau et chastiment leurs péchés. Qui doute qu*il n*ait esté en tsance de M. du Mayne de diviser Testât, I seulement avec les estrangers et ceux son party, mais avec les serviteurs et pasda roy, qui promettoient de livrer Sa jesté mesme ? Il pouvoit prendre la coule après Henry III , ou la donner à Tarfcic d*AusU'iche ou à M. de Guise , la moitié villes de France aux Espagnols pour confier le reste, mettant feu et sang à perpei en France , ce qu*on luy disoit estre son I salât. Pour la paix , pour le bien de tous, fiporte sa teste à ses ennemis, n'ayant né que celle que ceux de ceste condition (vent donner , au contraire de Gesar pastle Robicon : « Si je le passe , dit il , c'est I commencement des maux de tout le iDDde , mais si je ne le passe c'est le comleDcement des miens particuliers. » Il a toi aymé ne passer ces limites , conserver m eo son entier et la religion , sceu l'addo pape^et se perdre cent fois soy-mesme. l'objection des huguenots est que MM. de Kse gouvernèrent si insolemment en la m dtt petit roy François , obtenue par irùepce, quMls désespérèrent les princes ififfl^et officiers de la couronne; qui fuit fa source des entreprises d'Amboise et res, imputées à leurs mauvais gouverne- 15: le roy mort , leur itiveur perdue , ils ctent avec l*EspagnoI ; qui se vérifie par e^t et justice que lesdîcts Espagnols ûnderent de Vassassinat de M. de Guise, unis proche d'Orléans , lequel auparavant it abusé et s'estoit servy de la facilité du de Navarre, auquel il avoit fait promettre Dyaume de Sardaignc par les Espagnols tcu Thommie du cunuestable pour ayder n ambition. • . • • . -
Le cardinal de Lorraine , comme prince de l'Empire , evesque de Mets , se ligue avec le pape au concile de Trente , avec Ferdinand et autres princes allemands , promettant à Sa Saincteté le faire cognoistre supérieur en France, au préjudice de l'auctorité royale, sous prétexte de la conservation de la religion catholique. L'ambition impérieuse , après le gain de la bataille de Dreux , où la liberté de France et le service du roy ne furent disputés, mais seulement à qui seroit maistre , ainsi que Gesar et Pompée à Pharsalle. Avidement M. de Guise engloutit Tauctorité , fond la balle et allume la poudre, cause de sa mort, où les puissances supérieures trempent, joinctes à l'artifice de Tadmiral. Lesconfrairies de Tho* lose et de Bourgongne favorisent ceux de Guise , en l'intention de transporter la puissance royale en l'ecclésiastique. Les vieux de Lorraine morts, les jeunes suivent leur trace; entreprennent, usui*pent Tauctorité à toutes mains. Les remèdes d'Henry III accroissent la maladie; son mauvais gouvernement, l'insolence des mignons esleus , au lieu des vieux capitaines, pour abbaisser les deux maisons de Guise et de Montmorency , donne sujet à M. de Guise , mal content de se les voir préférer, de continuer et d'entreprendre la ligue, en doute si ce seroit sous prétexte du bien de Testât ou de la religion.
Favorisés de la roy ne , {nrenant les armes , s'aydent de l'argent estrangcr contre leurs souverains; accusés de n'avoir eu faute de volonté d'entreprendre sur le roy, et qu'ils furent empescbés de la royne, laquelle n'a:voit but de r'eutrer au gouvernement et crédit que les mignons lui avoient osié , et après sa mort porter la couronne à son petit fils de Lorraine ( la paix fut faicte à Nemours , pour crainted' estre découverts et abandonnés); que lors des barricades ils avoient plus de volonté que 4'hardiesse d'arrester le roy , à quoy ils estoient résolus sans la royne , et de luy changer de conseil , officiers et serviteurs domestiques; qu'ils entreprenoient sur le roy , plustost religieux que souverain , lequel fut con-r trainct de les prévenir à Blois pour n'estro prévenu ; qu'ils estoient en mesme dessein pour exclure ceux de Bourbon , joincls à la rovnç et eu but couUaire, l'un de lairc roy
MO
son petit fils de^Lorrainc, M. de Guise[se faire roy soy-mesme^ que le meurtre advint à Blois par la mauvaise intelligence des frères de Lorraine et advis de leurs cousins propres, qui fournit d*liai*diessc à la resolution ; que les armes ne se prindrent de M. du Mayne par vengeance et générosité, ains pour crainte de n'avoir scurtc ; que leurs progrès heureux dépendent de foitune, et mort d'Henry III, de leur persuasion et de leur sœur de Montpensier; que la couronne est laschée de crainte par M. du Mayne , non par devoir ', qu'il recogneut que le roy Henry IV n'est tenu à Tamilic el bonne volonté dudict sieur du Mayne, mais bien à son irrésolution et ambition; qu'il vouloit tout pom* luy; que si Testât n'a esté dissipé et pariy entre les Espagnols et François, c'est la mauvaise intelligence et desobeyssance de ses parens , et la discorde générale de la ligue ; et que M. du Mayne ne \ouloit qu'aucun ne participastà la commune, voulant en mesnie temps et tout à un coup la conserver entière , la mettre sur sa teste , et se* l'attacher absolue, au lieu qu'il faloit se contenter de l'apparence , et remettre l'effect de la puissance royale après la defaicte de ses ennemis; que la seule irrésolution dudict sieur du Mayne fournit l'attente de l'absolution du pape , le réduit à deux villes ; que les armes sont vérifiées injustes par la paix, où il n'est parlé que de la religion catholique ; qu'icelles armes prises , favorisées du pape , ne pouvoient estre posées de son successeur sans l'assemblée du concile. Les traictés des particuliers à leiur seurté, argent, estats donnés à leur profit, montrent quel zèle, quelle religion ils ont eu ; la ruyne de la France le tesmoigne , la mort de tant de gens le preuve : au lieu de ruyner les huguenots ils les ont establis ; trois ans de paix d'Henry lU les perdoient , et huict ans de guerre les ont recouverts. Les roys de France, ennemis de la ligue protestante huguenotte, sont par la ligue (quoy que catliolicpies) forcés de faire leur pivot des huguenots , s'obligent de parole etrpar bien-faicts receus à les maintenir. La ligue a irrité Dieu , en ce qu'il luy sembloit que le pouvoir humain esloit la conser>'ation de la religion , a prolongé le fléau des peuples, et enfin se sont hoîiteusemcnt soubmis , n'a vans
pour salut et scuité que la vérité et la parole de leurs ennemis.
Sçavoir de ces deux causes qui ont da conformités laquelle est kt plus juste. Tontes deux commencent par l'ambition et mescoi* tentcment pour le gouvernement de la coor; toutes deux favorisées des ecclesiastiqoet, ministres, et des villes , par espoir de secoMi le joug et se mettre en république ; tooiei deux ont traicté avec les estrangers ; todci deux ont eu la royne mère pour eux; toolei deux ont eu gi*ande quantité de villes w^ commencement, et les ont quittées sur la% toutes deux ont perdu des batailles oontrehi roys , ont eu Tadvantage aux rencontres. Ulk huguenots, battus à Jarnac , Montcontoor <| Dreux , s'advantagent aux rencontres de ta Roche-la-fielle et Aruay-le-Duc. Ceux de k Ugue , battus à Senlis , Ivry et en Auvergiei se maintienneat à Arques , et vainquent um M. de Mcrcuer. I^s huguenots édllent dîi prendre François II et Charles IX à Amboin et Meaux, assassinent M. de Guise, lieola^ nant gênerai ; ceux de la h'gue tuent Henry II à Sainct Clou. Les deux chefs sont attirés 01 tués , l'admirai de Chastillon à Paris , H. ib Guise à Blois , sous la foy des roys violée Les successeurs de tous deux font la paix ;. de tous deux est venue la mort de plusieurs, h pillerie et ruyne de la France : differens « ce que les huguenots ont traicté en corps, cm de la Ugue en particulier; differens, que Ufof' tune a accordé aux huguenots un roy de km party, auquel directement appartenoit la ootronne; que ceux de la ligue sont forcés de céder au droict, vivent sous la foy et miséricorde de leurs ennemis; leur intelligence morte, kff party dissipé et esteinct : differens en ce qae les huguenots sont esté effigies pour avoir pris les armes contre les roys, et Diea n'a permis que ceux de la ligue Tayent esté , le pouvant alléguer M. d'Aumalle, qui l'a esté depuis la paix poiu* estre avec les estrangers; differens en ce que la révolte des huguenots est source de celle de la ligue : toutes deux blasmées en plusieurs poiucts ; les catholiques plus justes pour avoir pris les armes auctorisécs du pape , les autres sans vocation ; les huguenots pour introduire une nouvelle secte, les catholiques poiurj'assoupir et mainifptf
RÈGNE DE CHARLES IX
iBciefloe; ies huguenots pour obéyr aux Qveaax sioodes ^ les catholiques pour obéyr K anciens concflcs.
]jt destin oe se Tainc ^ ne s^esvite par advis, ^de ny dWinations : Tadmiral ne peut pUff sa mort , ny M. du Mayne la ruyne pfdi pirty , sans que l'exemple des anciens tftitserty. J'ay monstre plusieurs fois à libHayoe que rien ne lui advieudroit qui ihsi advenu à d'autres. Les guerres de la se et celles de Boivgongne comparées , neestoit par inimitié commencée aux main d'Orléans et de Bourgon|;ne , et ceste-cy t malveillance entre ceux de Guise et de otiDorency , toutes deux fondées sur Tarnin. Le duc d'Orléans fut assassiné d'une %, et le duc de Bourgongne , sur la foy du ipliio, de l'autre : M. de Guise est tué icosté, le roy Henry troisiesme de l'autre ; nos s ayderent desAnglois, les autres des •gnois. Tontes ces deux nations estrants tindrent Paris ; toutes deux en furent nées par les Parisiens et par leurs partit, aaxquels elles se Soient. Le duc de irgongne en soupçon des Anglois , le duc l^j-ne des Espagnols , tous deux les abannent et traictent sans eux avec les roys ; s deux excluent de la paix les meurtriers de iQ de Bourgongne et d'Henry troisiesme, et kms deux est advenue la ruyne de leurs isoos par cet abandonnement , les uns des ^, les autres des Espagnols. Le duc Qippe cause la mort du duc Charles son fils , ar avoir quitté les Anglois, l'avoir laissé naot et en défiance ; M. du Mayne cou-» m sa vie pour s^estre mis en la puissance lniespris de ses ennemis pour sa foiblesse lubdie : et tous deux disoient ne se pon- ■r lier aux Espagnols et Anglois , dont ils Isolent la domination et entreprise sur m propres vies, en doute qu'ils n'occuttent entièrement Testât ; et que s'il foloit 8(re roy et avoir des maistres, il valoit ni choisir ceux à qui la couronne apparloit; autrement scroit une guerre pcrpe* tllc pour peu de chose en un estât party n plusieurs. Leurs amis leur remonstrent K c est estre vaincu que d'ostre sous leurs ternis, leurs vies et honneur mal asseurcs ; e la dis)ipaiioii de Testât cstott le seul salut ;
que les Espagnols ny Anglois ne pouvoient occuper toute la France ; seroit assez, d'y estre les plus puissans après eux ; que traicter avec les roys estoit le dernier remède qui ne peut manquer ; qu'il valoit mieux commander abso* lument à la moitié d'une province qu'à une douzaine , subjectes aux roys leurs ennemis. Us ne creurent ; les premiers momiurent par la mort, et les derniers sont morts en vie. i
Ces cbeft de party , MM. du Mayne et de Gfaastillon , semblables en quelque chose, dif- ^rensen beaucoup; et n'y a comparaison ny de leurs actions ny de leurs naturels , seulement des évenemens de leur fortune.
L'admirai sous les roys n'a fait de grands effects; il garda Sainct Quentin jusques à ce que son oncle enst perdu la bataille ; il fut colonel de l'infanlerie au camp d'Allemagne « emporta quelques villes d'assaut.
M. du Mayne, à dix huict ans, à la bataille de Montcontour, se^mesle dans les reistres qu'il ayde à mettre en fuitte; soustient le siège de Poictiers avec son frère de Guise contre les huguenots et estrangers; va en Levant contre les Turcs , sous dom Jouan ; aa jour du gain des casemates à La Rochelle » où j'estois , de quoy je fus tesmoin , reçoit ime arquebusade estant dans le fossé. En l'an 1577 , lieutenant gênerai sous le roy Henry* troisiesme , et maistrede la campagne , prend Tonne-€harante , Brouages et autres places ; ayde à forcer les huguenots à la paix. En l'an 1679 , en Daophmé , là où je l'assistay , il prit La Mure et Beauvais la première année; la seconde, par la terreur de ses armes, il se rendit à luy deux cens places huguenottes , les chefs (dont estoit Les^Diguieres) contraincts de se mettre entre ses mains; et les menasmes en triomphe , comme vainctis , à Grenoble, rendant ledict pais paisible. En Guienne, contrarié de son propre maistre^ prend Montegu , Ghastillon , et tient la cam-^ pagne malgré le roy de Navarre, depuis Henry quatriesme, qui ne paroist devant luy. L*aQ après , charge de nuict avec sa cornette mil reistres à Yimory , dont suivit la victoire • et ruyne totale de l'armée hugnenotte , joinct à Teffect que M. de Guise, son frère, fit à Auneau. Réputé grand capitaine sous les roys, prince de foy et de police , plus heureux , plu$
expert 80Us eux ,^ que quand il commandoit souverainement aux {[uerres civiles.
L*adiniral perd la bataille de Dreux , depuis assiège le roy dans Paris , a le meilleur de la bataille de Saînct Denis; perd celle de Jarnac et Montcontour. M. du Mayne levé le ^ege d'Orléans avec une poignée de gens, gogne les fauxbourgs de Tours en présence du roy et en chasse toute son infanterie , assiège le roy Henry quatriesme à Diepe , a le meilleur de la rencontre d'Arqués, perd la bataille de Seulis n'y estant point, gagne celle de Cran par M. de Mercuer, perd celle d'ivry. Depuis , joinct au duc de Parme , fait lever le sie(;e de Paris , et après ccluy de Rouan ; est aucteur ( après Dieu ) de la convei*sion du roy Henry quatriesme, n*ayant tenu qvCh Inyde (raictcr lorsque Sa Majesté n'estoii encore convertie , qui, obtenant son royaume sans estre catholique , Icdict sieur du Mayne fust demeuré chef de part, eleust myparty Tauctorlté, à quoy il préféra le bien de la religion et la puissance du pape.
Tous deux ont faict la guerre aux roys , tons deux ont fait la paix : de celle des huguenots est advenue la mort de Tadmiral et plusieurs guerres , de la paix de M. du Mayne est sortie ceUe de France. Ledict sieur du Mayne avoil besoin du naturel actif de Tadmiral , et Tadmiral de sa foy.
, Pour respondre au blasme de la prise des armes de ceux de Lorraine aux premières guerres, ils y sont portés par mescontentement et mauvais gouvernement des roys; aux secondes, pour le meurtre de M. de Guise. M. du Mayne paroist sans ambition , aymant mieux se perdre que de donner des villes aux Espagnols. Henry quatriesme estant huguenot luy offre des provinces en souveraineté ; il ne les accepte , attend que Sa Majesté se convertisse; aloi-s s'est contenté de rien. Quand les armes espagnoles , en Picardie et en Bretagne, luy donnoient moyen de ressource, les gentilshommes et ville» de France sont lesmoinfis de sa douceur, qui s'est monslrée tousjours en sa grande fortune, en la médiocre et en sa rnyne. Le mauvais iraieienieni de luy et des siens , le peu d'observation de foy par Leui's Majestés, est dangereux et pernicieux, et
servira d'exemple à ceux qui prendront I armes cy après au donunage de la Franc( pour se sepulturer dans icelle.
MM. de Guise et de ChasiiUon furent t sous la foy des roys auxquels ils atoiem la guerre. Les livres fournissent. assez d ventions pour éviter pareil danger ; ni h te ture d'iceux , ni l'exemple récent n'erope che M. le duc du Mayne de se fier au i^ Henry quatriesme , son ennemi. Les pn^ pardonnent les injures passées, oppriioeH tuent et manquent de foy pour celles qal prevoyent et craignent pouvoir advenir. L deux susnommés , restés en puissance ci party , causeront leur mort : la pauvreté, maladie, les gouttes, parent et gardent M. Mayne, qui se couvre de mespris,(lc m ladie , et impuissance de nuire pour a abandonné les Espagnols , de Tavulr esié ceux de son party, avec telle offence que parties coupées ne se peuvent rejoindre ce aydé de la perte de son gouvernemeoi la paix , et dont la manutention de quel serviteurs Teust mis en soupçon et causé mort , plus heureuse que le reste de sa puisqu'autant de souvenir du passé et do sent luy suggère autant de coups de da au travers du cœur , se voyant marche de ses ennemis.
Les basions du gênerai de révolte doi estre plustost bruslés qu*eslevés : gni charge contre les roys dauctorité, sec de soucy et périls extrêmes; il est tfiy,» vironné de gardes; au lieu d*un maistrêai mil ; se perd d'argent et de biens , ci pova treuver se rend auteur de toutes mcsdiao» tés: le contemnement des feincts amis qui f;
bandonnent, vendent et advertissem ses a nemis ; tousjours en crainte d'estre im sine; inquiété, sans nul repos; subjecti calomnies, inventions, artifices, ennni,iDei disance; autant d'estrangers, autant de sa gneurs ; paix , guerre se font à leur m\ hui estre préparé à toute ruyne. C est pow quoy Tadmiral dit à ceux qui le dissuadoin d'aller à la cour , qu*il alloit mourir une m pour ne mourir tous les jours: incooiiDodJ des guerres civiles , qui ne se vainquent (|BI par un courage eslevé par dessus tous autres. N'ayant cogneu de moii temps que M. de
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lise (aé i Blois capable de telle charge , là [ le moins de danger est du coslé des ensis déclarés ; encores avoU-il de grandes AerfectioDS d*amour el de cour.
Cest imprudence , voulant persuader les i^(fesire iî^vorables en nos desseins, de se ^eaaemisde celuy qui les gouverne elcon- Oe. Qui a premièrement pour but son parolier, puis celuy de son maistre, fait ce ilpeut^ non seulement pour contrarier, b pour ruyner ceux qui veulent porter iJici maislre à leurs desseins , qui ne luy éent, sçachant queux estans ses ennemis e maistre adhérant à leur, opinion, iceux leroient facilement en sa place. Imprupeut M. Tadmiral attaque de paroles le f de Tavannes , luy donne occasion de dre au conseil de Testât la conservation o personne , doublement à son preju- •. cela vient aysement sans y penser, :eque, diflcrcns en opinion, celuy qui wisl esU^e le plus foible et avoir obsiaï ce qu'il désire , pensant mieux faire , aque de paroles au particulier, Taccuse ys le maisU*e , devient ennemi , se rent d'autant plus contraire le conseiller fa-
a la ligue les Espagnols imprudens, us le président Jeannin posséder M. du ne qui concluoit à la paix , leur faisant mvais offices, soit qu il le fist pour Tesoa que parmy la dissipation il ne vist e assez grande pour luy , estant peu que tfe chancelier d*une partie divisée du ged. ou, ne se pouvant faire souverain des ts à cause de sa robe , à quoy d'autres leodoient , il désire le repos pour jouir de iiiensau préjudice de son maistre et de il appartiendroit ; ce que cognoissans, Espa{^ols rhayssoient sans dissimuler; ont démonstration , qui redouble d'auplus le conseil du président Jeannin de nettre en défiance de son maistre. En iile faute tombé M. du Mayne, qui se eavecquesdom Diego d'Yvarra , et proie ruyner envers le roy d'Espagne ; an contraire ledict d'Yvarra depescbc , it soudainement , et , soustenu du conseil pague et de ses parens et amis , facilet est creu. U ruyne M. du Mayne , qui
estoit abusé de vouloir traicter en Espagne , et qui eust mieux fait de se reconcilier et traicter avec d'Yvarra : ce qu'il pouvoitcognoistre , ayant esté r*enyoyé d'Espagne à luy, et que le roy catholique ne voyoit que par ses yeux. Il faut traicter par les ministres des roys. Il seroit pius facile d'entreprendre sur leurs vies que^sur leUrs conseillers : ce qui n*cust pas tant nuit à M. du Mayhe s'il se fust résolu à la guerre ouverte sans traicter, estant meritoirement les Espa-» gnols en défiance de luy, parce qu'en six ans de guerre qu'il a faicte il n'a esté six moia sans négocier nyec leurs ennemis.
Les conseillers qui hayssent ou veulent entreprendre sur l'esiat de leurs maistres , les rendent odieux à leur peuple, par mauvais conseils d'iiiiposts , subites , exaclipns , vengeances , cruauté ) suppressions ^ casseries et innovations. L'admirai conseille. la casserie de Mastric , poiu* se prévaloir en France du> mescontentemeiht des soldats : advis prétexté du pcofict du maistre , et en effect pour son dessein particulier.
La violence ou observation des lois diflerc le tyran du roy ; sous l'un il n'y a riea de seur, sous l'autre tout en seurté; Tun est faict pour le peuple, l'autre tient que le peuple est faict pour luy : le bon obéit à ; la justice, sert pour pûi^r les mesiebans;! le mauvais ne s'en sert que de prétexte : mesmes chastimensr des perfides se peuvent mieut par justice ouverte que par voye indirectes sans calooDinie. Si la qualité des personnes , si la crainte de leurs armes résout le cbastiment avant la conviction, pourquoy ne résout-elle la prison? qui peut tuer peut prendre. C'est se mocquer de faire le procès aux morts : l'admirai à Paris , M. de Guise à Blois, de nouveau Goncfaine et leurs consors pouvoient' estre pris et jugés par les cours souveraines, par lesquelles fussent esté les roys hors le .blasme de tyrannie et d'injustice ; Henry quatriesme , à la mort du sieur de Biron suivant ceste forme de justice , s'oste de blasme. Il s'objecte que le procès ne se pouvoit faire à ceux dont la prise des armes estoit advouée et approuvée par la paix interinée aux cours de parlement. La déclaration que le roy eust faicte ^ d avoir esté forcé aux
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édicts de paix ^soffisoit : Toye meilleure qae celle qui Ait inventée , de les charger de nou* velle conspiration. S'il leur avoit esté loisible d*enfraindre les premiers édicts par la prise des armes , il Testoit au roy de les rompre pour les faire punir par la justice : tout eust appreuvé cest acte : les femmes, les innocens n*y eussent esté opprimés , les factieux utile* ment punis.
Quelle pusillanimité à un prince , quel tesmoignage d'impuissance , d*estre contrainct d'engager sa parole et sa foy aux sacremens pour tromper ses subjects ! s'ils ont violé leur foy et leur serment , le roy > tout bon , tout vertueux , doit maintenir le sien , puis qu'il a assez de farce en son auctorité pour vaincre les meschans ; ses paroles doivent estre ouvertes , franches , sans dissimulation , hors de tous faux tesmoignages , accusations et corruptions. Ce fust malheur des trois frères de Valois , qui rompirent leur foy : Charles à la Sainct Barthélémy , contre les huguenots ; François, à Anvers , contre les Flamands; Henry troisiesme^ à Blois, aux personnes de MM. de Guise.
Ces trois manquemens , suivis de meurtres , de ruynes et de la mort des aucteurs, privent la postérité ;des Valois de la couronne ; qui sert d'exemple à tous que , nonobstant toutes les injures reçues , la foy doit demeurer inviolable. Les conseils de tous ces trois actes furent rompus et renoués ; tous trois s'en repentirent , tous trois furent tragiques. iG'est une offence iri*emissible qu'apeiler Dieu à tesmoin, garand et caution des massacres ccnceus. Malheureux ordre du Sainct Esprit , dont les frères (recevant Dieu) juroient fidélité aux roys pour les tromper trois jours après ! A l'entreprise des armes de la ligue , heureux moy , qui entray en ce dessein sans ce colier , quoy qu'il me fust offert , ni sans faire le serment, qui estoit, sans exception, mesme de la religion, fait immédiatement à la conservation de l'auctorité du roy ; le violement duquel serment , par MM. de Guise et ..'a Mu>ne , je croy avoir causé partie des malheurs qui sont advenus. Et ne sert de faire des protestations et des excuses à Dieu tacitement au cœur contre ce que la bouche profère. C'est vanité de soustraire les osse-
mens des saincts des reliquaires sur lesqwb on jure ; Dieu , scrutateur des cœurs, oifenci de ces folles finesses, chastie les parjura qui préfèrent leur utilité à leur serment. ;
Je ne sçay qu'il pourra advenir de la pltipart des habiians des villes de France , qri juroient la ligue la veille qu'ils s'en voukMaU ester , tellement que le serment ne leur 8fl^• voit que pour mieux frauder. Juste jugeoml divin trompant les trompeurs. Geluy que j» cognois avoir abusé le monde a esté iroapé et laisse de tous. Combien sont ils esloigifl de la vertu du paien Regulus , qui prépoH l'observation de sa parole à sa mortl quand il n'y auroit point péché , c'est vaise conduite d^estre jugé et tenu sans foj. Nul ne '^traicte avec eux qu'en [doute ; phH sieurs se dispensent et tiennent pour justiM de tromper un trompeur. La foy promise pié force aux voleurs pour les attraper , la fo] promise par circonvention , foy promise 9m Turcs, doivent estre tenues, bien que le viol» ment en soit plus tolerable. Moins s^nbiel^ que Sa Saincteté puisse dispenser du semaf preste; et s'il y a quelque apparence poorlr conscience, il n'y en a point pour l'hooneir. engagé. Aucuns tiennent que la foy proaimf a condition, manquant icelle, l'on est qvMi de sa promesse , nonunement en ce qui ertdi grande imporiance, comme de changemaM.Ak party sous des espérances et promesses o»-' taines de recevoir ce qui importe à lavieet-è l'honneur; et seroit licite de requérir, s'Htt pouvoit, ou que l'on tinst parole, ouqa^fî remist les choses en Testât qu'elles estoiesL
La crainte d'eslrc descouvert, de faillir, flt la joye de vengeance en l'exécution, empeichent les entrepreneurs de pourvoir à la soitts de leurs desseins ; ne se préparent de foroN pour s'en ayder après l'eflcct ; s'ils en ont le sçavent s'en prévaloir ; tellement qu'à ftote de prévoyance ils demeurent estonnés après l'exécution. Faute du roy Charles qui avoit huict mil hommes sous Stresse faisant h Sainct Barthélémy , du roy Henry III qui ea avoit autant sor.s M. de Nevers à la naorldc M. de Guise. Ils perdirent le temps en irrésolutions et à délibérer comment et qui devoit estre employé à la ruyi^ du party qa'ib avoient attaqué ; tellement qu ils^ donnèrent
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ipsdcscrecognoîstreetfortîfiercontre eux- La prompte résolution est requise aux ffriers, qui se doit prendre à cheval sans fjre de temps, non assis dans les longs 0^ mutiles, procurés des escritoires, î ne sont bons qu^à iceux , ne pouvans iB fx lieu-là posséder leurs maistres ; les m conseils sont proche et à la veue des iDius OU du danger.
^ la resolution qui balance , celuy qui «ade doit éviter tous obstacles et evene- V fortuits contraires à ce qu'il désire ; auaeot, sur les moindres accidens, les prinleor esdhapent , et Joignent leur délibéraarec leurs contraires.
es mères, frères et enfans se reconciUent , fent ao préjudice de ceux qui les ont voulu ler; il est daugereux s'hasarder parmi eux acreuement.
a leste principale d'un party formé coup- , DeFesteint; il ne manque de successeur; s da naissant qui n^a encores esclatté esostée, contient les partisans, de tant \ qu'ils croyent n'estre descouverts , ainsi «toieot les adherens du sieur de Biron. es sciences, artifices et finesses mondai- 8ont vanités ; les conseillers inventeurs ireprises, trompés de plus fins qu'eux, l{lés de Dieu], tombent à Tenvers. Euxiies se lient, se garrottent dans les mains roys quils avoient failli de prendre à iDx, et dans celles de ceux de Paris qu'ils ient assiégé [auparavant , et dans les beriisde ceux de Guise dont ils avoient tué le le, manifestant les miracles et puissance }])iett plus claire que le soleil, la (râte ignorance est utile. Ne sembler ne ietrer les conseils des roys, qui s'offencent tetfoesfois de la suflisance de leurs conseil- 8, et s'en tiennent mesprisés ; sçavoir leur m est dangereux, ^- __
Le peuple est un cheval débridé ; qui luy ne les armes ne les luy oste à sa volonté ; es tourne contre les auteurs, contre leurs iseins ; exerce toute avarice ,\ cruauté et ratilude.
l-'age, les adversités, les grandeurs, les isperiiés, changent les hommes ; le monde semble tel à trente ans qu'à vingt, à lîAûle qu'à quarante -, le goust , l'amour
seTpert ; les esprits , les contenances , les fortunes ne sont semblables : celuy qui cornmandoit il y a un an, ne se recognoist sortant de prison ; Taudace , la façon , le port des heureux ne ressemblent aux affligés.
n ne faut se perdre d'entendement jusques au dernier sousptr ; il ne peut advenir pis que la mort, et si l'entendement se conserve, peut-estre se peut-elle éviter.
Ce dessein de la Sainct Barthélémy non prémédité , porté par les evenemens et imprudence des massacrés , exécuté par femme négligente en prospérité contre rudes ennemis, le contre-coup, la grandeur de l'acte considérés à sang froid, estonne les supe^ rieurs, empesche les provisions nécessaires à la suitte du dessein , qui cstoit la ruyne du' party huguenot, dont la première reprise d'haleine fut l'édict de seurté , leur permettant de demeurer en leurs maisons pour ne les jetter au desespoir. Les mesprisés, les mal-contens, les parens et amis des tués, dissimulent et conspirent; il se fait des levées secrettes : Stresse n'obéit , mal content de] la ruptiu*e de son voyage de mer. Partie [de ses troupes se jettent dans La Rochelle; non la générosité huguenotte , ains la confusion ca* tholique , leur sert de ressource. Les mareschaux, les conseillers partisans, offencés, entrent aux affaires ; les sçaveut , et adversâssent les Rochelois des conseils, comme aussi les Saucerrois, qui, par leurs advis, évitent les entreprises qui estoient infaillibles sur eux.
Le seul sieur de ^Tavannes', timon de ce navire ( en tourmente de trop de prospérité et de mauvais conseil) , combat les bruits, artifices , advis du party renaissant de M. d'Alençon , troisiesme frère du roy, des mareschaux de France partiaux (dont les créatures menacent que la descente des Suisses, que la royne faisoit venir, seroit empeschée ) ; surquoy, le 29 d'août 1572 , le sieur de Tavannes respondit, par ses advis, au doute de Fempeschement du passage des Suisses * paix et repos de Testât.
« Genève tient , et le pas de l'Ecluse peut pour enipescher les Suisses de sortir de leur pais du costé de Lyon , desbandés comme ils avoient accoustumé, et leur est empeschée la
main gauche par la Savoy e. A la main droicte leur demeure entièrement la Franche-Comté, qui est sous leur sauve-garde et tributaire , par laquelle ils peuvent entrer plus de trente lieues de long , depuis Sainct Claude jusques à la Lorraine , et n'y a rien qui les puisse eropescher. Il est vray que par cy devant ils sortoient à leur aise desbandés , payant leur escot par la Comté jusques au duché. Et qui leur voudra empescher, ils'feront leur masse sur le bord de leur païs , et passeront par force, soit par Genève ou ladicte Franche- ' Comté , aux dépens du pais où ils passeront , et se feront tousjours ouvrir le pas mal-gré ceux qui s'en voudront mcsier. Si le duc de Savoie ( foible comme il est ) les veut empescher , il sera battu ; s'il est soustenu du roy dT^pagne , les Suisses le seront du [roy. Et faut envoyer M. de Bellievre , ou homme fort suffisant / pour les entretenir , afin que M. de Savoye, qui est dangereux , ne les gagne ; car c'est l'impoitance et non pas la perte de Genève , qui est et sera le germe de la nouvelle religion, rupe de France. Bref, quoy qu'il couste, faut maintenir les Suisses , nos amis , par les vives raisons que l'on fera entendre , et , s'il est besoin , par quelque présent particulier , laissantfaire à ceux de Berne, qui sont contraires audict duc , pour sousienir Genève : c'est le moyen de les faire parler plus clair pour nous qu'ils n'ont accoustumé. Soit doncques despeché l'homme qui ne peut esire trop suffisant , pourveu qu'il n'ait point d'affection à la religion huguenolle , ny autre dessein que ce qui regarde le roy. »
' Les contrariétés des conseillers favorisans les huguenots , et ce qu'iceux estoieçt si estonnés , qu'au commencement ils ne faisoient aucun acte d'hostilité , seinbloit qu'il y auroit moyen qu'ils oubliassent les massacres passés, et qu'ils se continssent en l'obcyssance du roy : c'est pourquoy le sîeurdeTi vrnpcs commença à donner les advis suivans , pour, durant la paix , descharger le peuple , maintenir la justice , et garder les privilèges de la noblesse.
• "Quelque bon parly que l'on puisse représenter pour faire la guerre , soit par ceux de la religion ou autres, il ne se trouvera
point que Ton soit en estât pour cela, et m h ruyne totale de ce royaume n'en dépend affligé comme il est.
ti » D^argent, il n'y en a que ce qui s'exige sur le peuple jà désespéré, en danger d'ai rer l'ennemi , qui peut-estre avec ce des( poir en treuvera beaucoup à sa dcvotiofl. ^ Et de se fier aux forces de la religi sans les Allemands , l'on sçait comme 4 sont débiles , et que la pluspart sont à cm heure des ordonnances , les autres maitbJ retournés en leurs maisons. Quant aux p de pied, ils iront pour l'argent comme j autres; le pareil feront les Allemands, à f( droict desquels ledict ennemi a le meiUi crédit; et verra-on, si Ton commence, première chose à venir, la paix avec le Tu qui ne la refuse jamais , ayant le pro^ comme il a , de l'isle de Cypre. Au partir là , afin de réduire la chrestienté en un , deux armées en France , l'une de la lij l'autre du roy d'Espagne ; les villes ] fortifiées, gendarmerie nécessiteuse et pie mal-affectionné; la paix sera meodi et toute chose en extrême péril, hn semble qu'il est plus nécessaire contioaer paix avec le roy d'Espagne , et envoyer fc luy. S'il requiert instamment qu'on eoirei la ligue , luy fiiire entendre le zeledeian ligion , l'occasion et nécessité de la recDM liation avec les subjects, qui oeteodfi! avoir moyen de sortir des affaires, jmru rendre à la plus seure et saincte partie, c( qui se fera après avoir respiré. Il est m^ qu'on y pourroit entendre dès ceste \m avec la foule du peuple, qui est bon et lord mais il ne se peut, qui ne le veut par iro appauvrir après tant de perte qu'il a eu, (js pour la conservation du royaume il ne treo? rien ny trop chaud ny trop pesant; maispn sortir dehors, il est pour ceste heure ira mal-aysé; que le temps apportera tout ce qi se peut demander en ce iaict, etqoedi ceste heure l'on en feroit la déclaration ot verte ; mais les remuemens qui sont encore bouillans le retardent; ce qui se pourra fair avec le temps , comme dict est. Davantage présenter une chose qui pour encore ne $ peut^executer , ce seroit abuser de la veriii qui doit estre sincèrement observée enctcy
iSli]
RÈGNE DE CHARLES IX
kioei qu'il Vest pas raisonnable (ores que stoances y fussent) de lever les forces fie^lesde ce royaume sans premièrement avoir ^oré les autres*, et ester la desfiance qui est ^ eux: chose dont Ton pense venir à bout 0i(Miceur, qui est la seule cause de la douce fcoadiîatioii de laquelle on commence à user iicrs eux ; le tout pour trouver plus court |Hûn pour venir à Tunion et déclaration
fraie que Ton demande. Etle mariage qui fait est pour plus brîefvement venir à fr ceste desfiance, et réduire toutes choses inr preoiier estât » estant à espérer que le rie et tout se tournera à la fin selon la volé du roy. Et partant prie que Ton ait pa« ice , Tasseurant de tout ce qui se pourra , I seulement pour le gênerai , mais pour le ficulier , envers tous et contre tous.
Et les choses asseurées de ce costé là ,
«ble que , pour sortir des affaires , remet-
^ roy en son royaume , en sa splendeur ,
t^ faut oster ceste coustume de. lever des
iides et imposts extraordinaires , dont le
^e est desjà tant en desespoir , et aussi
t oster le péril où Sa Majesté se met ayant
Ij^tion de ses subjects ; outre ce , que
pot de subside se nommera à la fin tyran-
en danger (s'il se levé quelque prince ,
or ou autre mutin , qui parle du bien
, assisté facilement par sous mains , ou
uvert des estrangers) de faire prendre.
, le tout au grand hasard de Testât.
parce qu'il semble chose mal aysée ,
s'ayder avec quelque extraordinaire de
uple , ( sauf meilleur advis ) je ne vou-
en sortir qu'avec bon mesnage ; qui ne
it faire au contentement de ceux qui
iMtfinairement les grand^ bien-faicts et
ibos. Mais il vaut bien mieux avec équité
déplaisir au petit nombre , qu'avec ini-
i fflescontenter le plus grand , qui est le
ie , par les susdits subsides , au danger
'estât f comme dict est. Par ainsi ceux qui
t quelque amour au roy et à leur patrie ,
^ sain jugement 9 doivent treuver bon
^sr quelque temps tous retranchemens , et
^idcrer que Sa Majesté , en asseurant son
(faome, asseurera leurs biens quant et
nnt.
* Doncqucs fsiudroit . sauf meilleur advis ,
abolir généralement toutes les pensions , tant privées qu'estrangeres , soit à Tendroit des princes , seigneurs , femmes , gentils-homnies et tous autres , pour trois ans. La pluspart ont estât de quoy ils se doivent contenter , fors du costé dlialie La MirandoUe , pour y avoir toujoiu's un pied , et les Suisses , oh Ton ne peut toucher ; de l'autre costé toutes celles qui sont deçà le Rhein , fors Sedan ; et entretenir celles de delà , plustost les aug* menter, car c'est encores par de là que viennent les hommes qui font la loy; oster tous les gens de pied, réservé ce qu'il faudra aux villes de frontière, qui se pourront à la fin remettre à l'ordonnance dupasse ; faire petit à petit un magasin d'armes : il se treuvera tousjours des hommes; au demeurant, entretenir sa gendarmerie , gardes et gentilshommes de la maison , et ceux qui sont en Testât de Sa Majesté, toutesfois en les réglant au petit pied , à sçavoir les vieux qui ne sont plus de service , tant grands que petits, sans en rien respecter , une partie de leurs gages en leurs maisons , et les trop jeunes aux ordonnances ; qu'il pleust à Leurs Majestés re* gler le surplus de leur despence selon leur revenu , et qu'il plaise au roy retenir à donner selon Tordre qii'il délibérera , et dont il y a un petit advis cy attaché. Bref, la gendarmerie payée, les susdicts Suisses, pensions delà le Rhein , La MirandoUe , Sedan , les places de frontière et réparations d'icelles, peu à peu lesdictes gardes et gentils-hommes, que Sa Majesté règle les susdicts estats et des pence selon son revenu , comme dict est ; qui esta dire despendre et espargner ce qu'on a du sien , sans, avec charge de conscience que le peuple doiê. respirer à ceste heure que Ton est en temps de paix , vivre de sa substance , avec le susdict danger de rébellion , remuement d'estat. Les dons ainsi réglés comme dessus , tout ne peut aller que bien et selon Dieu , en donnant crainte à tout le reste de l'Europe , qui verra les forces entières et' ce bon mesnage.
» Et considérera Sa Majesté , s'il luy plaist , que son train sera assez gi^and lors qu'il aura buict ou dix mil gentils-hommes de gendarmerie : outre ce qu'ils tiendront la bride des mal coptenset^ mutins, seront tousjours
HÉHOmÊS ftË ÛiSt'iAD DÉ SiULX.
presfes à h cattpâgn^ , soit pour aller Toirles totsins , on les festoyer s'ils fienaent. ' » Et pour sortir de^f^rands defates , Sa Majesté peut prier TEglise , sans dîminaer les décimes ordinaires ny les charger d'aiAres extraordinaires, et les faire joair de leurs Inens, de retirer sou domaine et autres choses en{p{[ées en huict ou dix ans , et les en laisser convenir entre eux , sans qn^ils touchent an fond de lennKcte Egalise : car , outre b chaîne de conscience , c'est hi vache à laict ; h mangeant on ne tettera plus. Quoy fiattsanf , Sadicte Majesté rentrera en une partie dudtct domaine tous les ans , pourvoira , s*il Iny plaist , à la justice et à tant d'officiers qui sont tes oiseaux deproye qm mangent son panvre peuple. »
. Le sieur de Tavanncs, mal-gré les trom-> peries et artifices des fins conseillers , négligence et imprudence de la rope et du roy , ftnt résoudre le partement du sieur de Biron pour le siège de La Rochelle , avec ces mémoires ftricts àParisle penultiesme aoust 157t. \ « Ceux de La Rochelle doivent estre tentés avec tontes les douceurs qui se peuvent , pour ne rien entreprendre qui puisse mettre en soupçon le roy , pour Fo^éissance qu'ils Iny doivent, et user en cela de moyens tels que sçaura tenir le sieur de Biron , selon son mémoire : d'autant que , les avoir par douceur, c'est éviter la despence , ruyne du peuple et inconveniens qui peuvent advenir, tant du dedans que dehors le royaume. Toilà le premier moyen , l'exécution duquel se peut promptement juger ; car il s'est semé des bruicts qu'ils avoient esté recherchés de prester l'oreille à ceux de la religion ; ce qui se pourra vérifier par leurs actions ; et s*il se cognoist que lesdictes actions tendent à remuement , voicy le second : de regarder s'il
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artillerie , les font serrer dt costé de h avec toutes les forces de Strosse, et du de la mer le baron de La Garde , avec to« les galleres et vaisseanx ronds do vom qu'ils vonloient faire , qui ne sont eocore d armés. Cela iàict , Iny prester dix mil de canon avant qne rtiyver vienne ; n*a que les gens de la ville Hk dedans , il ât présumer qu'ils parieroient un autre l; Le siège n'en peut estre levé par les gers non adveriis , ny par cenx du la gendarmerie apm fait monstre , et aux garnisons, onionnéeponr estre en pagne à l'instant qu'il Int sera mandé. pour autant que les eveneraens de la pd sont douteux , et que pent-estre cette ville se ponrra prendre par forcé , qu^nne ai cousteroit beaucoup , mal-aysée à entre rhyver , semble qu'il sera nécessaire, q on commencera à désespérer de la fo de (aire des forts à Fentour dn costé terre , sur les advenues ; l'on tient qu'il certains marests qui y pourronf ayder : et costé de la mer en faudra faire pareillei pour tenir le port bridé par des gens qui tiendront serrés.
» Le commerce, la liberté perdue, le de vivres et espérance de secours à cause de l'hyver , tout cela les ten estre venir à la raison ; et sera necessan tenir tout l'hyver quelques gallaires et ti| seaux, pour ( s'il y vient des pyratesdea^ voués d'Angleterre ) , par le moyen inAà forts sur le port et les vaisseaux, les eiifv cher. S'ils sont tenus de court jusques à Pi ques, il y a apparence d'en avoir bonne issa Et parce que ledict Strosse a grande quaoïî dliommes qu*il est besoin de retrancher, incontinent despesché le sieur de BiroQ, de voir s*n les pourra avoir par douceur,
y anra moyen , avec les catholiques qui y sont soudain , après avoir sceu son opinion, lîi
de reste et huguenots royaux ( comme il y en a qui s'en disent), d'user de stratagèmes pour y entrer. Le troisiesme est, que si l'on voit qu'il y ait mauvaise intention , l'assaillir , le plus promptement que faire se pourra par mer et par terre , avec quinze canons qui sont par deçà, comme dira le sieur de Biron. Attendant lesquels , et premier que de faire démonstration de vouloir envoyer.querirladicte
cier ce qui est de sur-plus, onbienrei tout pour venir aux prises; et fautconsidei que , par tout ce qne dessus, soit rami'ié la force, est nécessaire que ledict sieur Biron donne advis audict sieur de Strosse pou approcher ou reculer ses forces. »
Le sieur de Biron proche La Rocbelle, le Rochellois sont advertis des desseins, desea treprises, par MM. d'Alençon, de NaYarre