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AÈ6NE DB CHARUES IX.
^CoiM , éè Momwrency, l60q«^ les u^ pcflt qu'ils ne mMqMroBt de chef, les jjgooesunt de ^gaer temps el tenir en loa- ^ sur respeîr de trakter. Le semblable ^ ^fldé à ceox de Lânguedec et Guienoe, )g^ lesquels iabiHîbleineiit se rendotent sans i^etraoce de la oowr. Les entreprises delà gr desooinrertes , et les nouvelles venues ^leshognoBoCs reprenoient eeearage, poar MVice des chefo secrète de ta cour qni iroieot an conseils et délibérations du roy, ,^KX)re pis , que souvent on conclnok à la ■«Me de v<Hx » les partisans higHenets se* 4601 tant de difficnhés, longueurs et proisoos à deux ententes , toutes différentes, I apparence do bien du roy , pour tergiler les conseils , qu'ils redtttsoient en Ionvs inutiles tontes les bonnes condasioos.
I ne peust contre tant d'ennemis le sieor taTannes empeseber qu'il ne s'y prist de vmes résolutions , qui fut le retardement .sièges de La Rodielle et de Sancerre juss après rhyver. Et estoient les proposindesdicts partisans bu^ienots de donner le BBiâBdement d'assiéger Sancerre àM.d'A- ^, en espérance qu'il seroit leur chef, àtesant que La Rochelle ( simple sie^ ■e ville) , ne meriteroit que Monsieur y al* t Le sieur de Tavannes s'oppose , crie , dit 3 ne s'y fereit rien qui vaille sans M. d' Anuqn'il ne faloit envoyer à SancerreM. d'Aiçes , pins jeune des trois frères ; lequel , emtt dire qu il s'entendoit avec les ennes), rilegue que , la ville n'estant forte , il ■roil plostost prise que son frère n'auroit AU Rochelle, et s*en prevaudroit au mes- M de son frère; qui seroit pour les mettre rinsemble. Et comme il est force en plum propositions à un conseiller d'en quitrks unes pour obtenir les autres plus imirtastes, fût contrainct de consentir, à son grec, qu'allant M. d'Anjou à La Rochelle, . (f Alençon et le roy de Navarre Taccomigneroient ; au lieu qu'il luy sembloit ( les upçonnaot) qu'on les tinst auprès do roy, pre- ^îantqu ilsseroient en partie cause ( comme forenOque La Rochelle ne seroit prise.
II s> adjoinct une plus gprande faute , qui \m de Tapparence de prospérité des af-
se veulent i&spenser de la créance de cevx k qui ils se conseilloient . Le naresctial d' AmviHe demande d'estre envoyé en son geuveniement contre les huguenots. Le roy tXiarleis gag[né , la royne s^y accorde , contre l'advin du sîenr de Tavannes : aussi son voyage Ait la perte du Langfuedoc , parce qn^ favorisa entièrement les bngnenots , et enfin se joint avec eux ; et lors commença le roy i cognoistre qu'ils ne faisoient les dmses qu'à moitié , el leur imprudence de remettre aux conseib ceux qu'ils avoient offiencés. Le siem* de Tavannes voit clair, cognoist le mal , et n'a assez d'auctorité pour y remédier ; n'abandonne et ne laisse de travaitler ; crie , donne advis , k ce qne l'on crenst qu'il n'ij>iioroic rien de ce qui devoit advenir. Si ses conseils enssent esté suivis , ou que sa mort ne fnst intervenue, il mettoit fin aux ffuerres et dmmohr repos à la France , qu'il eut exemptée dn prétexte de la ligue des catlioliques , et d^ tant de meurtres , bruslemens , rançonnermens et maux advenus du depuis. En ce mesme temps que les affaires mnltiplioient , il escrivit à la royne , le 17 novembre 1672 :
tt Madame, je ne vous puis parier de Vtn^ treprise de Sancerre , ainsi que m^avetmandé,. sans parier de tout , estant ceste entreprise ( qui ne s'y prendra de bon pied ) pour romr. pre les autres jà délibérées et acheminées , prmcipalement celle de La Rochelle. Tontes les deux eussent esté avec raison jusques icy ^ estimées les plus importantes ; mais à ceste heure il faut joindre celle dn Languedoc pour la troisiesme , à cause du grand nombre de gens de guerre qui y sont , aisés à secourir par le costé de Genève , oii sont retirés te . pins grande partie des bannis , qui traictent, comme vous pouvez penser, avec Suisses et Allemands. Et ne leur faudroit que deux ou trois mil chevaux avec ce qu'ils ont , et qu'ils ramasseront en aHant , venir passer ta Saosne^ et par le Beaujollois , à l'entour de Lyon , se rendre en Vivarets, voilà l'armée dressée. El
alors naistroit le chef , qui encores n'est descouvert , pour esiever le reste du dedans et plus grande force de dehors : je dis chef, parce qu'il est mal-aysé de croire qu'ils facent ce qu'ils font sans qu'ils en soyent résolus ,
ires, auquelcaa les femmes et les enfans [ la tardiveté des gouverneurs leur ayant donné
loisir de se>ecagaoistre. Or , pour mener les choses d'ordre , ron a jà pris les affaires par le bon bout , qui est d*essayer d*esteîndre ce feu par tout à la fois , sinon du tout , au moins (tarder de s^agrandir , et ce , par les expéditions faicles au sieur de Biron pour La Rochelle, M. Tadmiral pour Guienne, M. d' Amville ( seulement hier pour Tavoir tard demandé ) pour le Lan{piedoc. Tout cela doit suivre son train , attendant qu'il y ait une armée royalle ; il s'entend que les Suisses seront arrivés et que le roy commandera à Monsieur s'en aller au camp , Sa Majesté favorisant, s'il luy plaist,son armée en s'en approchant, h fin de plus facilement recevoir ses commandemens , et luy faire entendre ce qui se passera pour son service.
• » J'ay nommé ceste armée royalle , d'autant qu'il n'en faut qu une pour aller commencer au bout le plus pressé et important , soit de La Rochelle ou du Languedoc , celuy que Sadicte Majesté voudra choisir , et que les occasions le désireront lors de l'arrivée desdicts Suisses en Boiu*gongne , pour leur faire prendre le chemin qui sera advisé. Ils pourront estre conduicts par eau en l'un aussi tost qu'en l'autre ; mais si je ne voy autre chose , Je serois d'advis que l'on commençast à La Rochelle , veu l'importance du lieu, aussi que l'équipage est jà si acheminé , et luy prester ( après que l'on sera logé ) un mois de passe-temps, avec tout ce qui se pourra de vive force pour la forcer , durant lequel on ne laissera d'essayer les isles du costé de la mer, comme aussi celuy de la terre pour la longueur. Et si on la fault ( ce n'est pas la première que les empereurs et roys ont faillie ) il se poiura laisser un prince dans le pals, qui résidera en la prochaine ville, pour estre par dessus tant de divisions de gouverneurs, et commander aux gens de guerre qui demeureront dans les forts de mer et à la terre de ces quartiers de delà. Si on la prend, il ne faut pas mieitx ; faict ou failly , Monsieur , par le commandement du roy, se lèvera, prendra son chemin, avec Tarmée et le plus d'artillerie qu'il pourra , droict en Guienne ; nettoyera Icdict chemin devant Sa Majesté, pour, s'il luy plaist, aller jusques à Bordeaux, à Tbolose. Lors ne sera presque qu un de
toutes les armées de parddà , et s'ils feroit les exécutions nécessaires, Sadicte Majesté par douceur , et son armée par rigueur.
» Me reste à ceste heure de'parler de Stt^ cerre : l'artillerie s'en va preste ; je loueroii, s'il plaist à Sa Majesté commettre un prhioe pour ceste entreprise , que ce fust M. de Lotgueville, avec les forces de Picardie, qni est ie régiment de Serrioul , à neuf ensei*. gnes. Le pais de Champagne souldoyefoit quatre compagnies , à se r'embourser sur lé bien des rebelles fugitifs , et non d*autres; Nyvernois , une compagnie ; les environs dft Sancerre, tant delà que devers la BeausseeC. Orléans, quatre compagnies, y compris ceUé^ de Serrioul ; et lever mil ou douze cens piot-. niers au lieu où sera advisé ; j'estime que ledict sieur de Longueville en viendra à bout Je l'ay nommé pour sa valeur ; et ce sont les forces de son gouvernement , où il sera ^ soudain de retour , estant nécessaire qu'il j^ demeure durant Tabsence du roy, etconsultej quelques fois avec M. de Montpensier eaj ceste ville pour les aiïaires qui passeront :1 mesmes n'y pouvant venir pour encores comme je pense, M. de Montmorency , à cause du peuple , si Sa Majesté n'y veut nommer un prince , le sieur de La Chastre qui est gouverneur le doit exécuter.
» Au demeurant , je serois d'advis qne h Bourgongne fist aussi deux enseignes, i payer comme les autres , et ce pour estcndrej le long de la Saosne , et pour empescher le passage de ceux qui vont et qui viennent à Genève , aussi pour garder la ville de Ma&oa de surprise. Sera aussi , s'il plaist à Vos Ma* jestés, advisé si on empcschera le passage des rivières ; car c'est ce qui les empescbe plus de converser , et qui les fascha autant aux autres troubles. Cela est un peu preignant pour le commerce ; mais il ne grèvera gueres aux marchands et autres de prendre des passeports des supérieurs catholiques des lieux d'où ils partent. Il est vray qu'il y a beaucoup de despencc, et de peuple foullé en tant d'armées ; mais le feu qu'on esteindroit à un bout se r'allumora à l'autre, comme dicl est ; et si ne laisseroit voslredici peuple à estre foullé par vos ennemis en les renforçant. Et est raisunnablc , quoy que l'on veuille
snl
RÈGNE DE CHARLES IX
f^ que les biens des rebelles fugitifs porii ceste despence ; et y establissant bons pmissaires » an préalable mettroot à part mioUe d*an cbacua pour le payement des ^jies y et le surplus pour le payement des de (guerre, ^t nécessaire de penser aux de qnoy vous pouvez faire profit , admettre tant de résignations, dont la de ceux qui les demandent tirent sans que vous le sçachiez. J*estime, 'mei'ieur advis , si chacun va droict en le pour Tcxecution de ce que dessus , roas sortirez d'affaires avant que vos enpoissent estre secourus , comme ils se iiteot. »
^uis il donna cest advis sur la nouvelle
latrcprise faillie de La Rochelle et San-
^"m , à Paris , le treiziesme décembre d572.
JSancerre failly comme il est, il est à
■mer qli*ils feront tous leurs efforts pour
jrtifier , tant de munitions , réparations ,
■ hommes , outre ce que desjà ils le sont :
f sont ils plus superbes et courageux
esté assaillis et faillis, de sorte qu'il
doute de la pouvoir emporter de
saut. Toutesfois est à considérer que
,iuie eschelle pour le secours qui peut
d'Allemagne; que la laisser derrière
it faire eslever , tant deçà que delà
beaucoup de gens; et seroit bien à
qui la pourroit emporter avec partie
ÂUerie et les bandes vieilles et de
It qui s*en vont à La Rochelle. Les
bandes vieilles sont Tesperance
Vassant dudict La Rochelle; laquelle
et Sancerre, retardera les entreprises
tant d'Angleterre que villes ma-
k Sancerre failly et les susdictes ban-
fiïjpoiissées , touchera fort à la reputa-
La Rochelle, par mesme moyen, en
*T d'estre mal assaillie. Or, s'il enfaloit
une d'assaut Y j*aymerois mieux em-
le courage des soldais à bonnes en-
les, et faillir La Rochelle que Sancerre;
*U oini pas tant de réputation , et tous-
fse pourra assiéger avec des forts , lant
pr que par terre. Pour conclusion , si
'%t essayer de forcer La Rochelle, je
\s que fentreprise tirast son train , et
'^on 6st venir près de Sancerre jusques
à cent hommes d'armes , et huict on dix en-^ soignes de gens de pied, que Ton pourra prendre pour les garder de promener et leur faire manger leur vivre. Si celuy qui y commandera voit qu'il y face beaucoup, Ton fera aysement aller rarlilleried'icy pour ce faict; car de faire retarder les bandes ordonnées pour La Rochelle , encores qu'elles y soient, il n'y en aura pas assez pour la tenir de court , tant du costé de la mer que de la terre. Bref, par tout où ils tiennent des villes , il les faut toutes resserrer , ou du moins se foire le plus fort en la province où elles sont , tant pour les garder de se mettre en campagne, que pour les affamer , et cependant s'attacher à la plus importante , qui peut appeller les ennemis du dehors. Et n'y a remède , car il se faut faire forts , tant de gens estrangers que du dedans ; et toutes choses cessantes y pourvoir et à Fargent , estant sur le point d'estre roy du tout et en repos , ou plusd*af* faires et d'hasard que jamais.
» Si on veut assaillir Sancerre prompte-* ment , faut advertir incontinent pour l'artillerie , car jà une moitié est à Clmstelleranx , ou bien près; pareillement les bandes de Beaumont qui sont bien advancées : les pionniers sont aussi advancés devers Nyort, - » Semble qu'en toute diligence il faut numder à M. de Guise qu'il envoyé M. de Barbezieu à Vezellet , ou y aller luy-mesme , pour y donner ordre qu'ils ne s'en saisissent. J'y passay il n'y a pas long temps. En quatre jours ( s'ils la prenoient ) ils la rendroienC bien forte. C'est tout précipice à Tentow , et ne s'en faut pas cinquante pas ; tous ou la pluspart y sont huguenots , et force gentilshommes du paîs; c'est le chemin de venir d'Allemagne à Sancerre.
» Il n'y a celuy , parmy tant d^affaires survenus , qui ne fust bien empesché de donner son advis , auquel on doit courir le premier, si on doit remédier séparément à tout ensemble ,[ou l'un après l'autre , ou bien si on doit conunencer au plus fort , ou au plus foible , ou au plus important , qui est La Rochelle pour la venue de la mer, et Sancerre pour celle d* Allemagne. Voicy les difficultés. Assaillant tout ensemble par le moyen des gouverneurs , comme l'on a jà commencé^ c'est
r«yner le ptuvre peupb , qui n'awa moyea de payer te roy ; el peut estre ae feront
(tn
voua ne tenes la campaf[De ils la iiendroiit , feront It mesoie ruyne du peuple et pire « en fin auroat armée aux champs » prendront des villes, croistront leurs forces de partie des hommes mesmes 'que vous auriez ; leur réputation augmentera » tant dedans que de« hcârs.
» Par ainsi je dis , sauf meilleur advts , que Ton doit essayer de panser ceste maladie tout a la fois 9 pour éviter que , pansant un bras çeulement, les autres membres vinssent à pourrir; et faut suivre ce qui esljà commencé : aussi bien les hommes levés ne r*entre-* ront en leurs maisons , aios chercheront party. El semUe estre nécessaire commencer plus ipivement am plus dangereux, qui est La Rochelle , et en toute diligence y donner or^ dre , sur tout du cosié de ki mer , pour ester Tespcrance du secours , lequel ne peut entreprendre de lolng \ ains est neeessaire qu'ils se sMsissant des isles , lesquelles il faut garder, el le caste de la terre, suyvant cequi est délibéré, et tenter cela de tout ce que Ton peurra. Cependant sera accommodé le susdictcoslé, pour, si ou veuoit à la faillir, empescher le seooivs et remporter à la longue. Peur Sancerre, qui auroit moyen de Tassaillir sans incommoder ou rompre ladicte entreprise de La Rochelle , j'en serois bien d^opinion ; mais il faut mesurer ses forces , tant d'hemmes que de munitions. Le moins quonsçaitfoit fÛre , c*est de mettre quelques forces près d'eux . avec un chef pour leur foire manger leurs vivres. Somme ; que mon opinion est de panser la maladie par tout , ainsi que Ton a délibéré , et faire le plus d'effort à La Rochelle , comme première et plus importante ; Sancerre le second « pour lequel entreprendre soyent mesurées ses for* ces et munitions , comme dit est : et seroit bon d*avoir Topinion de tons ceux qui Tassaillirent l'autre fois , et qui depuis ont esté dedans. •
Aatre Advis pour le Languedoc , fait 4 Paris le quin* ^ ^ >- zietme décembre 1672.
ces rebelles , estimant que voas serei ser par tout de bonne foy , et que vos nînis),
guîeres. Mais Ion respond à cest article : Si iront de bon pied , ceonne il est à presm
. ... ,'3 — qu'ils feront. Toutesfois non pour esittaoi
çonneux , ny pour dire mal d'aotray (se f( laat mal à personne) , mais poar vosirea vice , et se tenhr sur ses gardes, je dia i vous devez considérer les grands qui sou i contons et qui mettent la main à h n pour ceste exécution , comme le nu^ d' Amvilte, que j'estime homme de bieii^m moins de la OMÛson des susdicts mal eoui Ses estais ont esté dernièrement dooiêi mescontentement du sîeur de Joyeuse ;ili duit le principal endroict de ce royaume « y a plus d'hommes , et à propos , pour s renforcés d'Allemagne |par Genève, oi| la plnspart des bannis. Passant par lamj de Saosne , passeroient à l'entour de Lyu Vivarets deux mil chevaux venant de ce ^ là , luy sa robe tonnée , le Lanjpiedri Narbonne bien esbranlés , avec nae arm| artillerie de bout , pour foire bien du ad » Je desirerois , sauf vosire meilleur m que vous depeschassiez deuxgentih-houi Tua devers ledict mnreschal; l'autre /jj couverture , devers l'adnairal de Vilhn,^ eores qu'il n'en soit besoin , pour ei leurs deportemens et nacesûtés; oehyi vers ledict mareschad , accord et fcit à fin de cognoisire si ces guerres-là»] vent avec fointe ou à bon escient, eii dre ce qu*il se peut de tels negecu; sera baiUé bonnes instructions , le contentement dudict Joyeuse. Cecf servir pour prévenir à voir imtrseœiri pos , sçavoir comme tout va ; un coolei à ceux qui sont bien de les envoyer vi et oà vous descouvrirea quelque vostre armée sera debout pour y comme au feu le plus allmné, et m
cerre ; que le roy devoit venir à Poictier^
« Yonaaveasngenmit reieltilesaSriresde L s*approcherde La Rochelle. Ua'e^tcreDi^
l'entreprise. Après l'avoir estaiut il pod passer par le Dauphiné , et vous 8{i^ comme vos affaires vont par tout. »
Le sieur de Tavannes nomme MM.
Montpensier et de Longueville , pour d serviteurs de roy non partisans, Tuo p^ neur de Paris , et l'autre pour assiéger Si
RÈGNE DE CHARLES IX
itftfcil
£0} ; Sa H^îestë ne bouge de Paris; et ne i pou^'am obtenir M. de Longueville pour licerre , obtint ceste charge pour La Chastre» ifemenr du pals. Malgré luy fut fait he au maresebal d'Amville d'aller en , puis que les aiiaires des provin- 1 desparties aux gouverneurs. Ainsi, suivy par moitié , les aiTaires au le n'alloient bien qu'à demy ; mesdes jeunes conseils , des vieux , des , des ignorans, des fidèles et infidèles. manquement des supérieurs, differens inutiles sont jettes aux conseils , Ér traverser les bons advis du sieur de ■nnes^contrainct d'y respondre.
' pconnas , poussé d'ailleurs , propose Ten- ^irise de Malte , citadelle de la Sicile > par r chevalliers françois : moyens certains, '<Ét41 , d'occuper Tltalie ; que ceste forte- -1^ ne Sfervoit qu'aux Espagnols et donnoit ^ de la surprendre. Le sieur de Tarespond -.qu'il faloit pacifier les trou- France ; qu'il n'estoit juste de desune si belle religion » importante à la nié conM^e le Turc , pour Tinlerest yaiime particulier. Autres advis sont pour endormir et occuper le convanîté , reformation d'habits y de bas» Le sieur de Tavaones, contrainct le tttiips à respondre j dit ; que l'un chastié par soy-mesme ; l'autre, de basse devoit défendre; que c'estoit la vie » et moyen de rendre aux subqnî s'exige d'eux. Les secrétaires nommément Villeroy, travaillant sous m logis » luy demandoient d'amples ; il s^en mocquoit , disant qu'il auroit ait des despesches entières s'ils ne t oomprendre ce qu'il leur faisoit si clairement roy le visite estant malade; semble it tout le crédit de la France ; l'envie, à la fovenr , ne l'espargne : ses ennefirent que Sainct Jean de Montgonunery querelle à moy, comme j'ay dit ailleurs. ^ ^^^nt donné un soufflet , j'en sortis au- ^ÊOA que ses mal-veuillans n'esperoient : luetBie d'une querelle qui me fut suscitée ■re Mootagnac pour l'abbaye de Fonte* f.La capitainerie .du .cbasteau de^Dyon
vacque par la mort du sieur de Trestondam, auquel le sieur de Tavanoes l'avoit faict donner : ma mère luy en escrivit pour moy ; les malheurs qui me sont advenus du depuis en la ligue , jà prédestinés , l'empeschent . Mon père me commande de l'aller demander pour mon frère , me flattant qu'il ne faloit m'arrester en la province ; j'obtins ceste charge du roy pour mondict frère , à onze heures du soir.
Le roy , la royne , M. d'Anjou et le sieur de.Tavannes, estans dans un carrosse an chemin de Monceaux, un courrier apporte la mort du comte de Tandes , gouverneur de Provence. Leurs Majestés disent : « Advtsons M à qui nous le donnerons » ; demandent an sieur de Tavannes qui il en faloit pourvoir* Il respond : « Donnez-le à un homme de bien, » lequel ne dépende que de vous. » De retour à Paris le mandent; luy disent : «Nous avons » suivy vostre conseil , et donné le gonver* » nement de Provence à un homme de la con»* • dition que nous avez conseillé, qui est «(vous.» Luy, an lieu de remercier, dict : « Je fais autant pour vous de Taccepter , es- » tant tel que je vous suis , que vous foiles » pour moy de me le donner. • Revenu en son logis, il trouve sa femme et ses serviteurs en allégresse de ce gouvernement : sans esmotion , non plus que s'il en fust esté refusé. « Ils me donnent , dit-il , du pain quand Je » n'ay plus de dents. »
Adverty par le prince de Condé ( espérant le mettre mal avec le sieur de Rets) qu'il n'avoit eu l'amirauté de Provence, il retourna au roy ; dit qu'il ne vouloit point de casaque sans manche , qu'il luy rendoit son gouver^ nement \ aussitost le sieur de Rets cède l'admirauté : et sembloit que le sieur de Tavannes ne pourchassast des estats, ains qu'il les acceptast par force.
Estant en pouvoir , à la Sainct Barthélémy^ d'en demander, se contente de faire donner la compagnie du sieur de La Rocbefoucaul au sieur de Mortemart son beau fils; biei^ est-il qu'y ayant cinq mareschaux de France» il les fit réduire à quaùre. L'admirante de France fut donnée au sieur marquis de Villars
qui ^estoit supers-numéraire» (eue detoeuw*
renl que quatre mareschaui de France , suyvaut Tancienne forme.
[1673] Le sieur de Bîron, empeschéà La Rochelle par les advcrtissemens et artifices des traistres et mal contens, mande au roy qu*il estoit besoin du sieur de Tavannes; lequel (voyant qu'il ne s'y faisoit rien qui vaille) presse le partement de M. d'Anjou. Se met à faire Testât de la despence de Tarmée de La Rochelle ; et ceu\ qui le dressent avec luy mettent cinquante mil francs par mois pour le plat de M. de d'Anjou , gênerai, à quoy le sieur de Tavannes s'oppose ; le reduict à dix mil ; ce qui estonne ceux qui estimoient qu'il dependist de M. d'Anjou, 1 ayant assisté es batailles de Jarnac etMonlcontour; ils se mesconloient. Le sieur de Tavannes disoit sçavoir une finesse pour tromper ses ennemis , qui estoit d'estre homme de bien , et y dresser toutes ses actions : tellement qu'ayant un roy en France il ne despcndoit que de luy. Le roy Charles, joyeux de reco- £[iioistre en ceste action qu'il estoit plus à luy qu'à son frère , et luy en voulant parler , le sieur de Tavannes dit en présence de M. d'An jeu : « Sire , le plus grand honneur que sçau« m roit avoir Monsieur vostre frère est d'estre » vostre tres-humble serviteur et subject. » ^ Il se faisoit des édicts pour oster le desespoir des huguenots, qui ne servoient qu'à leur donner courage , suggérés des mal-concens princes et seigneurs, malgré le sieur de Tavannes, lesquels mal-contens ne s'osèrent déclarer tant qu'il vescut. Après que le noareschal d'Amville fut pariy pour le Languedoc, le comte de Rets dcsiroit asseurer un estât de marcschal de France ; fait courre le bruict de sa mort, et qu'il en estoit pourveu , pour accoustumer de ne trouver mauvais quand il vacquoroit s'il le demandoit. Le bruict que le sieur de Rets estoit mareschal de France vint au sieur de Tavannes, qui le trouve mauvais , et le reçoit à injure (connie si les personnes indignes, estans fM*onieu8 aux estats , rendoient ceux qui en possèdent de pareils plus abaissés). Ce qui loy fit respondre : « Si le roy donne au sieur » de Rets un estât de maresi'hal de Franct; , M je donneray le mien à mon valet. » Au contraire, lors qu'un homme de valeur n'est
pour veu selon son mérite, c^est faire à » honneur que les incapables et ignoraos soient pourveus, parce qu'en ce temps lo ceux de valeur en sont exclus , desquels se peut dire du nombre.
Les sauvages cognoissent le fen eosel lant , les princes les affaires en les broml Les roys François et Henry II caosereot troubles par le trop d'agrandissement de de Guise et de Montmorency , qui p rcnt leur manutention à celle de la de Leurs Majestés. Le sieur de Tavani prévoyant, advise le roy Charles ne d biens, charges ny honneurs à ces deux santés familles; les abbaisser sans les di perer; este ver huict ou dix égaux à eax, leurs parens ny amis , ains qui depea seulement de Sa Majesté ; et ne donner à la faveur de personne, à ce que n s'acquist des serviteurs à ses despens.
princes de Navarre et de Condé r obeyssance à l'Eglise à Rome par deurs , et desobeyssent en France, secnÉ ment fovorisant les huguenots. l
Le sieur de Tavannes, en colère de ^ d'imprudence et retardement, part poo^ Rochelle, avec promesse d'estre mij4 M. d'Anjou ; sa fortune , celle de la Fmi le rend malade à la première journée :]ff sieur , qui ne voit que par ses yeux , s à Paris. J'avois preven ce mal , et m^ayder de sa faveur ; mon âge et a rite me furent contraires : il disoit le donner les charges aux jeunes geiis. Si die croist. Par son commandement je Paris demander ses estats pour mon fren pour moy ; l'espoir de sa santé rend (ont cile : il n'y a point de sergent pour adjoi les roys de tenir promesse. Le sieur de vannes respire un peu de [son mal, p tout malade qu'il estoit, par lettres, le tement de M. d'Anjou. Enfin il passa Chaitres sous Montihery vers luy ; il luy à plusieurs préceptes , entre autres qa'il donnast assaut gênerai s'il ne bauoit courtine.
Plusieure, ]x>ur éviter un danger, sepra pilent en un plus grand : l'admirai veuifl ver su vie des guerres civiles ; il la pert a cour.
I^ (nerre , Tenvie , la vengeance , seroient il antre monde, si ce n'estoit le purgatoire ; en qui voyent leurs meurtriers en paradis, pchûit qn^ils ont esté purgés et punis , ceslealteors indignations et plaintes.
I b pro^rilé des mescbans leur doit estre IHpeeMî s'ils n'ont le siècle de. fer et la tav fairain en ce monde , selon la parole llien, ils les doivent attendre en Tautre.
auxquels la paille devient or entre leurs , que la mort, blesseure, maladies, et mal des particuliers tournent à leur , grandeur et plaisir , que tout leur mt à souhait , que tout sert à leurs voluptés •ommandemens , doivent examiner leurs pences et mérites , et demeurer en sus- ^ ^ parce que ,1a maison tombe sur ceux
II eurent jamais que plaisir et voluptéj: 1 est entre les pauvres , affligés , prison- 9; plus de croix, plus de salut. Elisabeth Ig^eterre , née en double adultère , heret, cruelle , secours des rebelles, cause k mort d'un million de personnes , ves- : heureusement, est morte en sonlict; Inet en doute le chemin de son ame.
kiçerois salut en mes adversités , s'U eust iiDiea qu'elles fussent advenues pour
ce : plusieurs maladies désespérées,
prisons des peuples , des roys , des
; dix blesseures , la mort plusieurs fois
e, fortune en mer et en terre; en
E temps perdre charges, places, femïne, , biens , en doute d'honneur et de vie; 18 je tonchois à la suprême faveur, il ea reste de bien que le présage des chsstiés par les pères , qui est signe aela tient pour perdus. Les deux vies et de paradis ne se rencontrent uses : le mal de Tune fait espérer le ^feTautre.
at romain , le françois et vénitien ont I kmg-temps : le vénitien a tousjours esté ristocratie ; le romain a changé de royauté tristocraiie et gouvernement populaire , en empyre ; le françois n^estoit monar- \e quand les roys ne pouvoient rien sans emblée des estais ; Louys XI les mit de page. Les empyres ont commence- , période et fin; les premières malales esiQeavent , les secondes les esbran-
lent, les troisiesmes les emportent. Graccus , Sertorius , Spartacus , donnèrent coup ; suivis par Sylla , Marins , Pompée et Jule César , ils firent chemin à Auguste Gesar , qui rempqi;te et change Testât , rendu sage de la faute fies premiers : ce qui se peut comparer aux premiers troubles des huguenots sous Tadmiral, aux seconds sous les princes ses successeurs , en la ligue sous MM. de Guise et de Mayenne; rafermy par la vertu du roy Henry IV, depuis esmeu par freqneifS'inouvemens, sur lesquels se doit prendre garde , à ce qu'ainsi que par le mauvais gouvernement Auguste changea Testât en monarchie , que Tauctorité royalle ne se .'transporte en aristocratie ou démocratie populaire , à Fexemple des Clandois , Suisses et villes impériales d'Allemagne. Le meilleur pronostic est celuy de l'Evangile. Si les adultères , diversité de religions , injustices et tromperies, s'exercent. Testât changera comblé de mal-heur : au contraire , si les François sont gens de bien , Dieu les maintiendra en paix.
Les cercles tirés également de plusieurs parts demeurent immobiles ; la multitude des partis maintient la couronne de France. La division des familles, des alliances , des amitiés; la diversité des estats, de noblesse, peuple , ecclésiastique , officiers de justice y. financiers, les plebeyens, villageois, riches et pauvres, sont nécessaires en la conservation de Testât. En tant de divisions le plus grand nombre des parts demeure au roy; et ne peuvent tant d'icelles s^accorder ,. estant une grande^ partie d'eux intéressée à maintenir la puissance entière du roy , de laquelle ils profitent. . * i
Si les massacres de la Sainct Barthélémy et de Blois fussent esté prémédités , ils ne fussent réussis : pensant se couvrir souvent on se descouvre ; aux grandes exécutions par fois le trop de dissimulation , d'artifices, inventions , faux bruicts , nuit et fait soupçon-' ner. 'Si le roy Gharles eust sceu la Sainct Barthélémy, la royne mère l'exécution d» Blois , les huguenots et ceux de Guise s'en fussent allés , parce qu'il n'y eust eu per^ sonne pour les asseurer , ne pouvant estre les simulations telles que le bon escient. Les asseurances non feintes du roy Charles aux
hngfaenots, celtes de la royne à ceux de Goise, les trompèrent : les uns pensaient qn*il ne se peust rien résoudre sans le roy Cbarles , les autres qu*il ne se pouToit rien faire que la royne mère ne le sceust. Ils furent circonvenus , en ce que la royne et M. d'Anjou ne se déclarèrent audict roy Charles qu'après la blesseure de Tadmiral, et que le roy Henry III se cacha de sa mère et de ses créatures. Pour en tromper un il en faut chrconvenir deux , à sça\oir celuy qui asseure et qui traicte , avec celuy que Ton veut attraper ; parce que , quand bien il seroît fidèle à celuy qui le fait négocier , si ne sçauroit-il si bien dissimuler que s'il croyoit estre véritable ce qu'il persuade et ce pourquoy on l'employé.
Hue Gapet ne mérite los de prévoyance <f avoir osté les maires du palais , ayant cogneu le mal qui en estoit advenu à ses prédécesseurs , non plus que le roy Henry IV de n'agfgrandir les illustres maisons, ni par le choix qu'il fait des gentils-hommes sans liaisons aux grandes races pour manier ses affaires, comme le sieur de Suilly, Yilleroy et autres longues robbes , qui sont tousjours en puissance d'estre ruynés sans que personne s'en ressente ; et telles gens n'aspirent à la couronne. Il est aisé de suivre ceste pru-^ dence et gouvernement , de diviser les grands et ne rien faire pour eux ^ sentant et touchant encore le péril que leur aggmndissement nous a apporté : les espines des estats sont les bonunes puissans « et en crédit.
îronoitic qoe faisoient les mesdîiBAB du temps du roj . . « Heniy quatriesme.
'^ tt Abbaissera les princes et grands de tout Mm pouvoir; leur défendra de s'allier par mariage ; empeschera qu'ils n'obtiennent de riches femmes; les tiendra à la cour à ce qu'ils ne brouillent ailleurs; rompra leurs toyages estrangers , à ce que leur réputation tf obscurcisse la sienne , et qu'ils ne s'en pre- Talent contre luy. Acquérant l'amitié des soldats y les divisera et mettra en querelle tant qu'il pourra. Entretiendra des espions des
narres près d'eux , pour sçavoîr ce qu'ils fi mesmes fera gagner leurs femmes ei paj tes , pour estre adverly de ce qa'ils diJ N'entretiendra leurs compagnies de J d'armes que misérablement; les consci de ne donner rien aux soldats , et d'empl toute la paye de leur compagnie en \o1qJ Donnera toute la gendarmerie à comiJ à ses enfans et bastards , auxquels il povrî] des membres de compagnies ses n^ nouvelles. Ne donnera rien que ce sA recommandation des princes, ny à ceau croira dépendre d'eux ; les tiendra le qu'il pourra en nécessité , à ce qu'ils De| sent que penser à vivre.
» Nul officier de la couronne ne fer charge , et voudra le roy tout faire. Ei chera les gouverneurs des provinces d* auctorité dans leurs gouvememens. Fe ser le plus*de places qu'il pourra, do ment de ceux qui luy sont esté cont Opposera les lieutenans aux gouverneun mettra en querelle à fin qu'ils n'ayeni d'intelligence. Â Thuguenotte mettra da gouvernemens et places trois ou quatre sonnes de pareil commandement, capii du chasteau , gouverneur de la ville, majour , capitaine de la garnison , afia en ait tousjours une partie à luy, et qu'il s'entendent ensemble. Et au lieu d^uoU nant gênerai en une province , en wMi peut quatre , et les tiendra en de£uKeh de l'autre. Les parens ou alliés deiprin seront du costé du vent. Tous les ofidoil judicature 'payés exactement de leurs»
en la place de la gendarmerie , Interesiéi Fauctorité du roy, et ayans grand creditA les villes : tant plus Je jnombre d'icein n grand, plus d'asseurance dans icellos, chacuù d'iceux possédant quelque pa peuple. Les subsides, imposts, tailles, vieilles que innovées , ne seront dimio ainsi qu'elles se levoient du temps des res, et augmentées doucement sans s'en apperçoîve. Gens de basse condltioi non apparentés, comme Rosny, Villemy.' lery, Jeanin et autres, seront ses constM d'eslat , à ce que quand Sa Majesté les d nul ne s'en ressente. Pourvoira aux eves
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secrétaires et de leurs serviteurs pension- I de gens sçavans, non seulement pour la pi
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lafe aussi pour la crainte qo'il a que l'on ne rove qu'il tient encores de riiuguenot. De QQ'rejirde, les {prands prieurs de Malthe et BChef^ d'ordre seront en seurté : lairra la Ire eslection , pour Maison que dessus. Les
Cernemens, les bons bénéfices, seront >ià ses bastards ou à g^ens sans apuy. » la noblesse sera apauvrîe de tout ce qui se jnm , à ce qu'ils soient empeschés à treuver îjypn de vivre , et non de penser à Testât ; et iDtant que le sang bouillant d'icelle est qudiciable à ceux qui veulent la paix ; non itemeDt les duels seront permis, mais Sa ijesté excitera et suscitera les querelles, len les vaillnns et blasmera les autres , à qae la saignée profite à la paix. Souflrira nra agréable que la justice soit exacte , t sur ladicte noblesse que sur tous les solg, à ce que la punition d'iceux ou le ban- Kment en destrappe le pais. Favorisera cens du tiers estât , en tant qu'il ne preide à ses imposts . Les financiers , cognoisl h chicheté et peu de libéralité du roy, (iespit qu'il en ait , desroberont plus que tts ils n'ont fait , et ce sans qu'il s'en ive ny qull y puisse remédier. Entreles deux reli{jions , sans en mescon- DV l'une ny Taulre, du moins jusques qu'il se voye entièrement absolu. Il fUn les bronilleries huguenottes dont il tté. Tous gens de crédit , de party ou itefidement, n'auront ny places ny argent. fm seront envoyés desguisés par les proton, et en chacune dlcelles y aura gens |Més, pour advertîr des deportcmens Min des particuliers. Le roy donnera des Mis ^quantité d'hommes qu'il aura cofa estre du tout à luy, et donnera quell»BDttpar crainte. Quoy que Sa Majesté h le vaillant, il sei'a tous] ours en peur et «pçon du mouvement et guerre civile. Sera iayseque ceux qu'il n'ayme dépendent r ar{][cût sous l'espérance de ce qu'ils n'au- H point. Entretiendra les Suisses, leur fera leurs pensions. Maintiendra la guerre Flandres, en vengeance des Espagnols, jus- B à ce qu'ils se puissent maintenir en re- Bique , pour abbaisscr et laisser cesle este au pied du roy d'Espagne. Entretiendra t^cipaBx ministres huguenots par bonnes
pensions , et quelques uns des plus puissans des villes. Le sieur Les-Di^eres sera tenu content , et de Bouillon en bonne espérance. Sera dépendu tous les ans en Flandres jusques k huict cens mil escus, et jusques à neuf cens mil puis après. Et quand les estats feront paix avec le roy d'Espagne , prudemment Sa Majesté leur fera don , et le roy par icelle entretiendra des garnisons et regimens qui seront en garnison. Fera Sa Majesté tout ce qu'il pourra pour n'avoir point de guerre, et neantmoins tant que sa manutention le pourra permettre. Toutes nouvelles fortifications du temps de la ligue seront abolies, et ne permettra à personne de fortifier, d'autant que la force de France consiste en la noblesse et cavalerie, et non aux citadelles, qui se peuvent corrompre.
»Le roy se plongera dans les amours de toutes voluptés et en la pluralité des femmes, lesquelles iLne forcera que par argent; et pourvoira à ce qu'il ait des enfans pour lu^ succéder. Restablira les jésuites, pour là crainte qu'il a de leurs couteaux , et par-là monstrer qu'il est vrayement catholique. Né fera compte des soldats qu'il abandonnera à la justice. Partira les huguenots en trois^ le& royaux ses pensionnaires , les chefs qui ont des gôuvernemens , et les ministres, les opposant tacitement les îms aux autres , et employant son argent sans que l'un sçache ce que l'autre en reçoit. Tous les serviteurs affectionnés qui auront quelque valeur et seront aux princes', seront gagnés et retirés de leur service pour^d'autres charges et pensions qu'il leur donnera. îFera entendre au pape qu'estant^catholique , ce qu'il laisse les huguenots en puissance est en attendant qu'une commodité se trouve de. les forcer d'aller à la messe, et cependant travailler par artifice à les convertir et degouster de leur religion , de laquelle il est ennemy ; ce qu'il monstrera en ne faisant rien pour eux. Et d'autre part dîct aux huguenots qu'estant pour eux et leur estant tant obligé , ce qu'il ne les avance entièrement est la crainte qu'il a qu'il ne se fasse une ligue contre eux et contre Sa Majesté. Fera des grands appareils de guerre pour faire peur sans fruict ; mettra tant qu'il pourra d'argent dans la Bastille , et quantité
MÉMOffiES DE GASPARD DE SAULX.
d'armes pour se préparer contre les desseins des oppressés. »
Les maistres sçavans donnent les sciences aux aprentift , qui , par oubliance , ou meslant du leur, tournent les médecines en poison. Le sieur de Tavannes donne au roy Charles , en présence de Monsieur , qui fut depuis Henry III, le moyen d'abbaisser insensiblement ceux de Guise et de Montmorency; qu'il ne foloit rien foire pour eux , et après leur mort donner leurs charges à ceux qui n'estoient leurs amis, alliés ny parens; ne donner biens ny honneurs à leur recommandation, à ce que les subjects ne fussent obligés qu'à Sa Majesté ; eslever des gentilshommes Lons capitaines, qui ne dépendissent des maisons susdictcs, et les égaller à eux. ' J'ay dit que les disciples ayaus perdu leurs maistres ne sçavent ce qu'ils font : le roy Henry 111 venu à la couronne , le sieur de Tavannes mort, vouloit practiquer ses préceptes grossièrement, non de mesmes matériaux ny avec tel choix qui luy avoit esté prescrit ; meslant moitié du sien et moitié de ce qu'il avoit retenu , fit pis que s'il n'eust rien fait du tout. Au lieu de capitaines choisit sept ou huict jeunes hommes, partie d'eux d'ancienne maison, pour les égaler aux princes, lesquels ne le pouvoient assister, pour n*avoir acquis la prudence , expérience, crédit et valeur nécessaire : ils se rendent blasmables et à mespris , nottés ou calomniés d^énormes péchés. Sa Majesté esloigne les princes avec ime telle timidité qu'il les enliardit; ne parle franchement ny en roy ; dissimule ce qui ne doit estre caché, qui est la volonté juste des souverains; change les gouverneurs avec violence ; ne descharge son peuple ; et, comme s'il eust oublié ce qui luy avoit esté appris ( soit par amour ou pervertissement de sens ) de ces jeunes hommes , partie tués ou chassés de leur mauvaise conduicte , il jette son amitié en deux , les sieurs de Joyeuse et d'Espemon , auxquek il donne des charges et des gouvernemens autant qu'en avoient ceux de Guise et Montmorency , qui, au lieu d'estrc abbaissés par ce moyen, sont exaltés, parce qu'imprudemment ces deux mignons restés s'allient et prennent party chacun en une de ces maisons de Guise et de Montmorency. L'un , qiû
fut le sieur de La Valette, espouse Theritiere de Candalle, niepce de ceux de Montmorency; l'auti^e, le sieur de Joyeuse, celle deVaudemont, niepce de ceux de Lorraine. Ainsi tant s'en faut qu'il esteignit le feu, qu'il le r'aUuma plusgrand : c'estoittousjours partir le royanme en deux. Que si l'un des susdicts ne fust mort en la bataille de Contras , ils estoient pour m déclarer les uns contre les autres, en favev des deux maisons, au préjudice de Léon Majestés sansenfans, pour après sa morts'ei faire croire. Ces grandes maisons s'en s» voient, en tant qu'ils les cognoissoient estR utiles à leur dessein contre le maistre. Il ad* vint que par ce mauvais manyement le ro] Henry 111 s'employa à la ruyne d'un de cei deux restés; et depuis par guerre advint b mort de Sa Majesté , et les troubles deFraoc^ en partie de l'advancement de ces mignoti mal choisis.
En ce temps la paix s'attribue aux geiij d'estat , qui se devroit référer à Dieu , 4i selon l'humanité aux advenemens fortuits. Le? roy Henry IV se gouverne par Vilîeroy «-i tholique , et Rosny huguenot. Versés aux fac-i tions desquelles ils ont esté, ils ne peuvent) s'ayder de leur faveur contre Sa Majesté,; parce qu'ils n'ont appuy de grands parens, et sont hors des qualités qui peuvent prétendra à Testât ; n'ont que la paix , la manuientiotdo leur maistre , de leur crédit et richesse en commandation. Plusieurs autres petits coiseillers sont oiiys , leurs advis raportés ; leiif en sçait faire son profit, et de tous enseoibll tire ces maximes , de ne rien foire à la recommandation d'aucuns princes , ne payer h gendarmerie , craignant d'entretenir les soldats qui estoient à la dévotion des capitaines soupçonnés , et non du roy , qui , ayant peur de la révolte , desaguerrit son peuple , défend les armes et exalte la justice ; paye les ofliciers dans les villes , tient que c'est aatant de pensionnaires; entretient et paye kl Suisses et rcistres estrangers , pour s'en ayder contre ses subjects; pour oster le preteila de religion , en a permis l'exercice de deux; pallie, dissimule avec Testât huguenot, (MÎgtnaire de Sa Majesté , tenu d'aucuns plus certain que Taccessoire catholique ; pour lemaotenir , il le favorise en la crainte qu'il a d'eoi j
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ont la poissance principale est aux ministres, oires et consuls de leur party , qui tendent république et gouvernement aristocratique. «pitts factieux sont pensionnaires du roy ; ^tsaires et ministres, qui ne peuvent estre gpitâiies, maintiennent la paix, participans un(£ties pensions. Sa Majesté cajolle les plus faods de leur party , sans rien faire pour a. pour abbaisser le roy d'Espagne, et pour oteater les huguenots , qui ont interest à la Bsen-ation de ceux de Flandres. Sadicte ijesté secourt les Flamands d'argent et «mmes ; ne se soucie d'offencer la jeunesse roy d'Espagne , dont les estats sont en- )ié$ et séparés ; lequel craint , ayant ses isexperimenté au passé, pour leur argent, aleorMe la France], partie des princes qui ;esté de la ligue les remuans; leurs capiles sont impuissans ou morts; le reste btient ny grades ny argent, pour avoir reuvé que la pauvreté oste le moyen d'en* prendre. *
?oQr éviter leur desespoir , Sa Majesté leur le de secours languides , pour avoir leseb ns dépendent plus qu'ils ne reçoivent. Kralement le roy donne peu ou rien ; met t(f argent qu'il peut dans ses coffres, pour ivder des estrangers au besoin ; donne des !l»»is à quelques gentils-hommes des plus ifieoK : les procès sont prolongés pour mper les remuans; accroissent les subies; tiennent que la pauvreté des nobles et i peuple est seurté au prince ; divisent les ifids, les mettent en querelle , empeschent iMeslîaisons, tant d'eux que de tous estats, H:clesiasiiques , nobles et populaire; mettent et DBÛBfiennent Testât par pièces séparées. M des grands ne fait sa charge , le roy fait 0ot; ^'entretient avec le pape aysément, parce D il craint un schisme en France ; se tient igardedes huguenots, de ceux qui ont esté ^ la ligne : et de tous costés rompent les (adelles et chasteaux , ayant apris qu'en lerres civiles ils font plus de mal que de en; disent que le peuple a interest à la h, pour avoir espreuvé la guerre ; qu'il se rtera an gros de Testât si les citadelles ne lempeschent. Pareniage, habileté, vaillance, wur du peuple , sont de mauvais associés m parvenir à la cour. Quelques capitaine-
ries sont doqnées à gens sans crédit, sans amis , sans pouvoir , sans piété , nommés créatures royales.
Vains esprits , qui attribuez à vostre prudence la paix, c*est Dieu, devant lequel les larmes de tant de pauvre peuple ont pénétré» les morts qui prient pour les vivans. Et pour respondre humainement à vos présomptions , tout estoit si saoul de' la guerre , source de tant de maux , que non seulement on eust obéi à un roy généreux , conune est le nostre, mais à un stupide, à condition de paix conservée par la mort ou maladie des braves , des capitaines de valeur , de faction , joinct la mort du vieil roy d'Espagne, duc de Parme , division des princes de Lorrainne , celle des Espagnols et de tous les chefs de leur party. t
Ces'accidens , non vos vaillances ny prévoyance , nous'ont donné la paix; ces occurrences vous la conservent, et pour mieux dire» Toffience envers Dieu des ligueurs , qui ont eu plus d'ambition que de religion. La domination de tant de braves morts aux troubles, seroit plus estimée et à priser que celle de maintenant que vous possédez , où il y en a de si peu courageux. Vous n*estes si sçav^ns qu'il ne se puisse adjoindre à vos maximes , qui sont bonnes pour ne pouvoir estre maavaises ', les calamités passées ayant fait hair la guerre plus que vostre domination.
Si diray-je que , si vous deschargiez le peuple, empeschiez Tinjustice, il seroit plus à vous sans péril ; casser la moitié des officiers, vous auriez plus d'argent et de bonne justice. Si vous entreteniez quatre mil honmies d*armes sous les plus fidèles capitaines de vostre estât, qui commanderoient par commission aux compagnies, sans^en avoir pas une affectée à' eux, vous ne demeureriez en proye à vos ennemis par faute d'aguerriment, et contenteriez plus de gentils-hommes , que de donner les quatre cens pensions que vous donnez. Si vous ne secouriez les rebelles voisins, les voisins ne secourroient ny corromproientles vostres : si vous pourvoyez à la pieté , service de Dieu , contraigniez chacun vivre exactement selon la religion , que ne souffrissiez Tinlroduction d'une tierce d'atheïsme , que le vice fust banny et puny , la preud'hommie estimée et recom pensée , qu'entre tant de princes et de grandq
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en obligeassiez un ou deux des plus gens de bien 9 sans les mescontenter généralement; que vous fissiez la paix en Flandres , les abandonnant , et recevoir la guerre des huguenots de France , s'ils la faisoient injustement, pour les atterrer et fonder la base du règne de Yostre successeur ; vous feriez mieux, Dieu seroit plus content , et seriez hors de danger d^accumuler plusieurs péchés qui bouleversent, avec changement d'estat, le bon-heur et repos de la France. Le roy d'Espagne est tenu en pareille oflence qu'il estoit quand il commença de semer de Targent par la France, où il y a plusieurs mal*contens qui sçavent les moyens des guerres civiles, lesquelles Dieu seul peut divertir, non nos foibles moyens humains. Confessez doncques que c'est luy seul, et non vostre gouvernement, qui n'a point de perfection puis qu*il n'a nulle resolution. C'est imprudence qui soupçonne qu elqu'un de luy donner une armée à conduire : tel demande un régiment, une charge, que c'est pour avoir meilleur moyen de lever des gens contre celuyqui luy donne : si c'est parce qu'oncraint le mescontenter^ et qu'il face mal, c'est luy donner les moyens d'avantage d'en faire \ si c'est pour regagner, rarement s'oublient vieilles injures par nouveaux l^ien-faicts ; il vaut mieux qu'il soit mal-contcnt seul qu'avec quelque commandement en l'armée. Â l'oflencé, mal content et amy en doute , il faut plus luy ester que donner^ autrement il tourne le bien-faict contre le bien-facteur ; vaudroit mieux franchement le déclarer ennemy. La seurté vient de son impuissance et non de sa volonté. Si c'est pour l'espoir de luy laisser des manquemens que l'on l'employé aux sièges , pour luy faire perdre Thonneur , aussi tost recogneue rintention , il s'alliera avec les ennemis contre lesquels il estoit employé, ou sciemment laisse ruyner son armée pour les favoriser. Ainsi fit Maurice contre l'empereur Charles-Quint en Allemagne ; et le marescbal d' Amville perdit l'armée qu'on luy avoit donnée devant Sommieres , en fin se joignit avec les huguenots. Le mareschal de Belle -Garde en l'an 1574 se saisit de CarmagnoUe , parce que, luy ayant esté donné une armée à conduire, on luy fit faillir Livron par manquement d'argent , pour le ruyner de réputation.
La Saioct Barthélémy est Uasmée à la t
avec raison ; il y avoit des moyens plus lie! et sans tant de meurtres , pour atiaioèe semblable fin : si est-ce qu'elle apporu profict , qu'il y mourut tant de chefs et factieux , qu'oncques depuis les bugu n ont peu faire armée d'eux-mesmes . lao les malcontens catholiques leur ont umm c'a esté peu de chose d'eux , et aupani^ ils a voient donné quatre batailles saosai^ tance d'aucun catholique. Ce coup rompâb intelligence, caballe et menée dedans a4i hors le royaume ; et s'ils fussent esié ni ment poursuivis ( ainsi qu'il fust advenu S sieur île Tavannes ne fust mort ) iofâillilil ment ils estoicnt perdus.
En ces derniers temps paroîst la puiss^ de l'Eglise et du pape , contre la présence^ plusieurs. Il a mis le royaume eu tel ci qu'il n'a peu treuver paix , jusquesà ce i]u| Saincteté l'aye permise par la benedictioa roy. Encores que quelqu'un ait disputé qi nonobstant ceste réception, la paixeusi cela n*est croyable : la querelle fust esté i jours juste pour beaucoup de catholiques çoîs enclins aux guerres civiles, et le roy J| pagne, leur aydant de moyens, eustnourr; guerre de France plus long temps.
M. du Mayne me disoit , en l'an 1601, avoit esté à la guerre avec le roy à A qu'il n'avoitpas veu nyluy , nylescapû en présence de ses ennemis , mieux acsdflés , plus résolus, ny plus prudensfBesûit estions quand nous faisions la guerre \ b Majesté ; les avoit veu prests et prepmi d'aussi grandes fautes que nous. Nefaluiiai tribuer ny à leur prudence , ny à leur \ la prospérité de leurs affaires, maisàDiea avoit sentcncié nostre ruyne et leur euh qu'il estoit résolu au ciel que le roy Henry demeureroit grand et paisible en France. quoy j'eusse respondu, si n'eust esté inûn d'augmenter son ennuy , que les mo)mi vaincre le ciel sont d'avoir juste querelL'd les intentions bonnes, le cœur pareil à LiIm cbe : qu'humainement , si de cinquante fauu qu'ila faictes remarquables, lise fust exemp d'une , il ne pouvoit estre à la mercy de se ennemis : la prudence et générosité caiDffiai dent aux astres.
isj l^ÈGNB DE
I oe font atlriboer beaucoup de gloire soi pour avoir regagné en peu de temps son auine; il oe s*ea peut prévaloir davantage I )i. du Mayoe après la mort de ses frères, e la France se jeita entre ses bras, avec f, i& louanges pour luy , parée que ses lis il associés defaisoient de leur pouvoir ration propre ; et mesme ledict sieur du ne, pour la cxainte qu'il avoit de ses pa- I, des amis du peuple et des Espagnols , ssoit son party ; luy-mesme aydoit à ses ioiis, brouillant ses partisans de toutes (dans les villes, ostant et changeant le feraement de ses amis pour le jetter à ses très ennemis. Tant que les peuples eu-espoir de secouer le joug, ils se preci* eD( à la révolte Jettant gouverneurs, ofii- , riches et magistrats dehors. Et n'y avoit d honneur de les recevoir. Eux descbeus ss(e espérance , ayant senty le mai de la re', desirans une paix soudaine , tous se ti du costé du roy , qui n^eust pas plus loire i les reconquérir , parce que d'euxnés ils se reprenoient , comme ils avoient pris. L'exemple , de fraische mémoire , bc de Savoye , tesmoigne que rien ne loit résister au roy; il y avoit trois ans Isepreparoit, advertyde la guerre qu'on HMiloit faire pour le marquisat de SaifCODtre laquelle il s'estoit fourny^de mun, d'argent, de correspondance en Itaim le roy d'Espagne résolu à son se- %, poar y mettre le tout pour le tout, seulement pour son interest, mais pour t oHeocé du secours que le roy donnoit iîm&de Flandres; qu'avec tant de pre*mlEsilsestoil perdu, avoit laissé prendre (places, et fait une paix honteuse; que ^ les conjurations sont descouvertes à Sa m; qu'aussitost qu'un puissant est mal ient, résolu d'entreprendre, la, mori> la idie, le desastre luy adviennent.
îux qui suivent partie de leurs opinions irtie de celles de leurs bons serviteurs , emeslent les evenemens selon la folie et gesse des conseils. Le conseiller n'est gadu succès, pour n'avoir esté creu qu'à ié : il vaudroit mieux croire entièrement, uivre le conseil de soy-mesme : les advis ersés ne réussissent»
CHARLES IX
C'est folie de peiner pour avoir honneur et richesse , sans considérer que le monde est si changeant , qu'aussi tost qu*on les a ils se perdent par accident , ou la mort les termine comme une eslude : il y a peu d'occasion de * se resjouyr des prospérités humaines.
Les médecins pour pourvoir à un petit mal en font un grand , persuadent malades ceux qui ne* le sont point. Aux remèdes faut regarder si la guerison d'une partie n'en infirme point une autre ; semble meilleur à d'aucuns de patienter avec régime » et laisser faire à nature; s'ayder du médecin » comme Pericle& des sourciers, quand on ne peut avoir autres remèdes que les leurs > puis qu'il meurt au« tant de ceux que les médecins pansent qno de ceux dont ils ne se meslent point ; il vaut mieux s'hasarder sans recevoir douleur^ puis qu'ils ne peuvent guérir sans en faire. . Les édits faicts en faveur des particuliers ennemis sont dangereux ; semblablement de les recevoir parmy les amis , lesquels ils tra* hissent, et secourent leurs jetions de leurs biens , dont la confiscation peut servir pour les esteindre.
Les avaritieux, ambitieux et insatiables ne goustent que le présent pour l'espoir de l'ad* venir , mesprisant ce qu'ils ont , qui est sou* vent meilleur que ce qu'ils espèrent et désirent; tant est imparfaict legoust de cesteirie aux foibles d'esprit qui ne sont conduicts par prudence !
M. d' Aiyou , estant arrivé devant La Ro* chelle , feit cognoistre que ce qu'il avoît gagné es batailles de Jarnac et Montcontour ne venait de luy, mais du sieur de Tavannes, pour les infinies et réitérées foutes qu'il fit, tant à l'assiegement qu'aux négociations. L'entre|»rise estoit bien feicte ; c'estoiC le moyen de finir la guerre , nonobstant toutes imprudences, contrariétés, trahisons et fautes extrêmes; La Rochelle estoit prise, et le party huguenot defaict si l'on eust eu de la prudence. Monsieur , ayant perdu le sieur de Tavaones ^ sur lequel reposoient tous ses conseils de guerre et de paix , ne sceut à qui se fier : les uns soupçonnés, les autres ignerans, tiennent le sieur de Biron pour intelligent des ennemis, qui n'estoit entré en crédit que par ledict sieur de Xavannes; se conseîUe à MM. d'Anmalle et
de camp et un prince. Us pootoient ei quatre mil hommes dans la ville , pov
de Nevers, intéressés au party, non des plus experts ; pour les négociations k MM. de Villequier et Ghivemy. La Noue , plus fin qu*eux , obtient d'entrer à La Rochelle , promet de la faire rendre , et , au défaut de ce , d*en sortir quand il seroit rappelé ; imprudemment il luy est permis d'y r'entrer , là où il fait le contraire , et monstre aux habitans la résistance et Tordre. Quelques advis que les Rocbellois eussent que les princes et le tiers de ceux qui estoient au siège tenoient pour eux, il les treuva si desordonnés et estonoés , que , s'il ne leur eust remis courage , ordre et asseurance, ils traictoient; et fut cause ledict La Noue de ce qu'ils tindrent. Après y avoir mis bon ordre et demeuré dedans deux mois , révoqué il »'en revint effrontément , et fut receu plus sottement : il avoit Stresse et antres pour amis , qui , aveuglés d'amitié particulière, le favorisoient inadvertemment , à la ruyne de la cause générale, r. La Rochelle investie , Monsieur assiège, non du costé plus foible\ ains du plus commode logis , qui estoit le plus fort : l'hyver empesche d'assiéger du costé des marais , là ou , Testé veneu , se devoit faire le principal effect; la ville n'estoit fortifiée de ce costé; il y avdit plusieurs remèdes pour combler et aller par dessus les marets. M. d'Anjou , qui n'avoit plus personne d'auctorité avec luy de qui il trouvast bonnes les corrections , et qui fust comme le sieur de Tavannes , lequel souvent aux guerres passées luy rompoit son rideau , le faisoit lever forcément , luy reprochant s'il n'avoit honte que six mil hommes à cheval l'attendissent devant son logis , le forçoit d'estre soldat contre son naturel, r^ . Il se loge à une lieue de La Rochelle , au lieu qu'il en devoit estre à une mousquetade , cause de grands inconveniens; la noblesse loge à Tentour de luy , esloignée d'une lieue des tranchées. Les Rochellois sortoient forts en gros ; y avoient iaict de grands effects avant que la noblesse eust Talarme ; et quand il ialoit faire quelque entreprise , les Rochellois les voyoient venir de loin. Tout se gouvemoit avec telle imprudence et roocquerie, qu*il sembloit n'cstrc là que pour perdre tousses capitaines et la noblesse de France. Trois cens capitaines y moururent , quatre maistres
quantité des proscripts qui s'y estoient giés. Il 8*y fit des miracles : vbgt mO mes estoient en bataille pour donner T au bastion de llSvangile : après que les eurent joué, Talarme se donne i h quatre hommes sortent pour quérir no en mesme temps Talarme se prend i h pour de la poudre brusiée : une tem»
nique fut si véhémente, qu'il s'enfuit (k hommes sans sçavoir pourquoy.
J'allay droict au fossé , et Talarme cessée que la queue de nos troupes dans les marests, tant il y avoit da d présage de gens estonnés , gagnés on od fectionnés ! Lors on cognent la faute avoit feite de mener à ce siège M. d' çon , le roy de Navarre et le prince de Go mal contens , assistés de plusieurs de b blesse. Ils advertirent journellement ceux La Rochelle de tout ce qui se deliberoitd l'armée ; mesmes les ingénieurs et solddH la ville sortoient en habits déguisés , conduicts par eux en toutes les bai tranchées et mines ; le soir reloumoleot la ville à seurté. Ces princes ceux qui estoient mal contens en cesie mée , dont ils se trouvèrent un si grand bre , qu'ils tindrent conseil s'ils * roient le reste , et se retirer à La R Ceux de la ville n'en furent d'adw, ai gnans qu'estans receus dedans, eoi'eil»
sent plus les maistres.
Il se fit plusieurs grandes escanDood»
sorties de deux et trois mil , qui leur bien aysé pour les advis qu'ils avoiem, vent ceux qui estoient en garde les fati soient. La confusion augmente depuis la de M. d'Aumalle , qui y fîist taé : plosii parlemens furent mis en avant ponr m les uns et les autres. Enfin s'attaque le tion de l'Evangile d*un costé ; M. de donne aux casemates de Tatitre : il réussit jour*là ; le logis fort incommodé au pied ruynes du bastion. Nous gagnasmes, M. de Guise, quatre traverses ou caseï du fossé , d'où il se retira , et nous hisa Clairement Tallard , Grillon et mj^poorl garder. ATarrestde la nuict, avec cioqoamj
RÈGNE DE CHARLES IX
ggeSf Dons sonsUnsmesiine sortie de cinq 0: Cbiremont Tallard fat tué, pour ne ivoirToalu croire et pour estre allé au de- ^ des ennemis ; nous f usmes contraincts f aller avec lay , quoy que nous devions ^daos les casemattes : eux repoussés, 1005105 secours, fdsmes' contraincts de '^ ce que nous avions gagné.
idBtgommery vint avec une armée d*An- (; mais, voyant la carraque enfoncée dans ort, flanquée de deux forts en terre , les ieaax ronds et leurs galleres bien ordon* , 3 perdit courage , prenant excuse sur canonnade qui rompit le mast de son ad- 1, tirée des canons qui estoient en terre, relira. Je m*estois embarqué pour com- « dans la gallere royale , et jugeay avec itres leur peu de cœur. Sans Tasseue, lettres , advis , prières des, brouillons anp , les Rochellois eussent traicté vingt et mesmement voyant ce secours s'en i II se fit plusieurs mines ; les enseignes it portées à un assaut , avec tant d*imleoce et inconsideration , que tout ressork à sa perte. Et voyant que la maladie du rdeTavannes rengregeoit, le roy envoya iriesienrdeMontluc, qu*on disoit avoir iHHip de réputation ; on n*y treuva pas ce ietavoit espéré : et voulant user de la ■e liberté que le sieur de Tavannes usoit ïM. d'Anjou, blasmant ses délices et sa ne- ODce, il le trouva fort mauvais, parce qu*il foillamesme expérience requise, tellement laesenrit de rien , et s'en retourna, laresistance de La Rochelle donne courage MMs ks antres rebelles , qui accroissoient mrilnient; plusieurs blasment ce siège le coQseiller d'iceluy , duquel ce n'esloit toe, ains de ceux qui n*avoient exacte- KsofTy ses advis. Aucuns disoient que le r de Tavannes faisoit le malade pour avoir ! Teotreprise mal aysée ; les gens de bien rniendement , au contraire , que le coucstoit très-bon , les exécuteurs mauvais et wns. fcscrivis au sieur de Tavannes de- La Rochelle , qui me respondit briefve- ^ ' que les bons et les mauvais parloient n leurs cœurs , qu'il avoit conseillé ce l devoit , qu'on ne luy pouvoit imputer &ufesd'autniy. A la vérité, s'il eust este |
à ce siège , il eust bien fait sortir H. d^AIençon et le roy de Navarre de l'armée , à laquelle il eust mis un meilleur ordre ; infailliblement la ville eust esté prise et le party huguenot ruyné. Il avoit esté creu trois fois mort, et prevoyoit bien qu'il ne la pouvoit faire longue. Le roy et la royne le vindrent voir à Cbanteloup , sept lieues de Paris , où il estoit malade ; il leur donna plusieurs bons advis et conseils, entre autres qu'on poursuivist le siège de La Rochelle, qu'elle se prendroit enfin. U fit courir une defence , icy insérée , contre ceux qui le blasmoient d'avoir donné advis d'attaquer La Rochelle.
« Pour autant que quelques uns treuvent à dire à la façon de laquelle a esté entreprise ceste guerre, pour ne s'estre trouvés aux premières délibérations, après que Sa Ma-jesté eut évité les surprises de l'admirai et ses adhérons, disent qu'il n'estoit raisonnable d'entreprendre la guerre en tant de lieux dans le royaume; qu'il valloit mieux dresser une armée bonne et forte, la mener en Guienne ou Languedoc, sans se vouloir amuser à La Rochelle , qui fousjours se fust bien prise à l'exemple de Calais ; que , les susdicts pais de Guienne et Languedoc réduits , l'on eust peu aller à Ladicte Rochelle en temps plus propre que l'hyver; tiennent le partement de Monsieur trop soudain, et enfin treuvent à dire à tout ce qui s'en est fait jusques icy ; taxent quelques capitaines particulièrement v comme si les choses eussent esté faictes hors la présence de Sa Majesté , et qu'elle n'eust eu le jugement sain comme elle a , pour sçavoir prendre le meilleur party. \
» A dire la vérité , il y a quelque apparence en leurs opimons, qu'une bonne et grosse armée dust faire beaucoup d'exécution ; mais ils ne considèrent pas que , laissant La Rochelle libre , c'est la teste par où les autres se gouvernent , c'estoit laisser les practiques d'Angleterre , de Flandres et autres lieux ouverts ; de sorte que , pendant que l'armée eust esté employée ailleurs^ une descente de trois mil estrangers , Anglois ou Flamands , eust faict souslever les rebelles , tant de Bretagne que autres deçà la Dordonne ; et se pouvoient mettre en campagne, pour, avec huict canons qu'ils ont , reprendre toutes les
HÉMqip^ P^ ^f^4^ ^ ^AULX.
yi)le^ 4^ Foi|)tOTi qui, pfliir le pwi 4'hwnf»e9 qiii u sont trearé!! tq'copinieDCeineat, ne poavQÎent eatre garoÏQS (l'9iltm- T^ *ll>- 4iclé àrm^ estant en un seul lien , rednirQ lî Guieçfie, conupe d^ est; cççs dq I40gveclQc , d Qù 9 s'e^ ven lonir yfn^ 4enx ^ (loaiaifis dp pied pour m CQPp, sp^s h charge 4^ ^eur d'4cier> avec les rebeQM 4> Dau^ltùnf I ^Tence, ^l^nspe^ Anvereiie, J-yoïwpiset.iïntrwîifliii çîrçonypîiiffs, se poavfi^ent meitre en çwi^fKMne,
■ AJiisi T^lâ deux armées dépout pour faire ilD 0raiid ravage , pendant que celli- du roy eost esté attai^éfl il reprendre les villes de Çotenpf) , lesquelles se défendent ù cesie heure , coptine chacun sçaii. Et de ciescœparer appèç s'y fstre intaché ,;cela n'eusi peu appor^ qpe du desuiilre et d'-faveiir , oulie ce que 10B princes protestans equeqt plqs hai^ diment délibéré (vpyant I^sdicls rebelles ep campagne ] de les secourir , et lesquels fussent seulement allé au devant du seQOura> L'on ponrroit demander sous quel chef eussent marctié ces forces-là ; majs l'on s^ait comment l'unipa est papny eux , laqudle engendre le conseil , et le conseil le chef , k l'euniple de l'ordre qu'ils ont nùs i La Rocbella et autres villes rebelles. Ain» S9 M^jeaté sceut bien peser , conuqe cUir voyant . tous ces inconvénient i occasion de quor eÙe entreprit d'assaillir ses ennemis tout 1 ot coup ; et sçacbant bien que les pais de liOnçuedoc et Guienne seraient bien aysét de s'ayder et contribuer qtjelque argent dedans leur pais , pour ayder i se lever de la caUmité où ils se voyent r'entrer par le moyen desdicts rebelles , k ceste occasion furent depeschés le mareschal d'Amville et admirai , gouverneurs , aydés de leur argent , afin de tenir b campagne- Parquoy Sa Ûajeaté s'est trenvée la plus forte , en tenant la campagne en ces deux endroicts , sans que cela ait incommodé de dresser son armée pour La Rochelle , où il e&toit plus que nécessaire de depescher promptemcnt des forces , tant'pour les garder d'envitailler et se saisir des isles , afin de refroidir l'espérance que les Anglois avoient de la secourir par la mer , mesme en temps d'hyver , où les entreprises de U marine re- (oiveiit tantd'iuGominoditca. Et fut depescbé
sm
le sienr de Biroa avec les forces qu'avoit » cot Stroùe et te baron de .La Garde , di| par la mer pour cea elTeci ; ayant oeanlœomi commandé audtctueur de Biron , {;ouvern<;ui de La^icle Bocbelle , chercher touics voye amiabliss avec ceux de la ville.
a Ceitfe expédition [ eocores qu'ils s'y tru vassent assex mal filurnis d'hommes , et k isles saisies ) refroidit tellement le cœur M Anglais , que , ny par Montgommery oy tan ceux qu'ils y ont envoyé , tes RocUellois n'M scçu obtttiir aucun secours. Et de dire tff MoDSÎeiv soi^ par(y trop lost, taut s'en fa(4 qi(')l est p^y trop tard -, car on sçait Iijq qpe I4 niPT^P d'aMembltT une armée et leu gens ^nseqibte est là présence d'un tel prùiçe lit s'il ne ^ttï party au temps mesme qu'il h party , ce peu d'btûpiu^s q"' <^st ^ ^'^u 41« débander, lea forts qui sont nécessaires ùd closture du port point achevés. Et pourii qu'aucuns pensent la force de ladicte th estre extrême , ils no considèrent pas la im libération qui Ait prise , qui est de la clorn avec les susdicts forts , tant par mer queul terre -, et neantmoins si mondit sieur irond qn'il y eust apparence de la forcer , pj abréger le temps menast l'artillerie ponça esprouver l'hasard ; et où cela ne reus^jl les faire serrer avec les susdicts f«t3 TfÊ de pouvoir dégager sa personne de U ^Ê parde des forces pour aller ailleurs où laiâ| vice du roy le requerroit. Partant mondid sieur saqs attendre le prîn-iemps , e'eilqa retarder les délibérations du dehors , tant ià protesians , Anglois , qu'autres. .]
» Ainsi je dis que ces trois endroicts ^ La Rochelle , Guienne et Lanj;uedoc asu^ tout en un coup , cela les a gardés se nHM en campagne , se secourir l'un l'autre , at | défout de favoriser leurs négoces et tSùn d'avec les étrangers. Quant à Sançerre , \ fut advisé que , sans incommoder les «BtrQ prises, il estoit aisé de l'assaillir, en einprff tant les forces de Picardie pour lors pesM peschées , qui est le régiment de Serrioq, cinq enseignes de Helz des vieilles ,band4|. et quatre 00 six enseignes des nouvelles, fi de l'artillerie , dont il y en a assez dans L'ir cenac pour oster ceste petite ville , qui seafUt vouloir servir d'escheUe pour le secours qi
|roitd'Allemae«e , etausçi unbrigandage
ûire pûor*les grands chemins.
)r je concluds que ces quatre entreprises ^ Eocbelle , Guienne , Languedoc et San- 2,ïïOur les raisons que dessus , ont esté 1^ délibérées et pour le droict de la p^m esgard aussi que le plus doit emfk iDûias , qui est la forc^ du roy et sa i^relle , et que Tune des quatre ne iUe levée ou retardée en façon que ce
0 ce n'est par la force ou voye amiable, poar éviter la defayeur que la moindre leroit si elle estoit abandonnée.
oilâ quant à Tentreprise qu'ils disent si mal considérée : et si cependant ceux iKrs (il s entend les protestans ) vouenvoyer quelque secours , Sa Majesté , e qu^elle aura » peut faire arrester des en Allemagne ; aussi la gendarmerie pose t et quelque renfort de Suisses , et se pourra tirer des susdicts quatre en- , se treuvera , au pis aller , une belle pde armée de bonne beure debout pour ^combattre iusquesprès leBbein , ou (dveoue I qu'ils prendront : ensemble, meilleur advis, que les choses sont peu idre , si ce p'est que le duc d'Albe là faire la paix , d'autant que la faveur ;e d'Orange portera leurs forces en , lesquelles ne sont assez suffisantes séparer en France et Flandres , s'ils ileot estre battus. Si toutes leurs forces udict Flandres , comme il est à presuleduc d'Albe et le Pays Bas ne peuvent itùncasny conquis en une saison durant de Sa Majesté fera ses affaires : aussi ktffut teste y et qu'il les contraigne, ■eilnccoustumé , sortir dudict pais , ^fKml le chemin de France , la sus- \mûk du roy les pourra aller renconelles trouvant harassés , il y a grande $oce de leur ruyne. Ainsi est nécessaire
1 Majesté poursuive d'asseurer son estât iDt qu'ils seront occupés ailleurs. Et si duc d'Âlbe fait la paix , faudra aussi derde prendre party. Cependant l'on en tousioufs bien parler, pour, si lesdicts les vooloient venir à la raison , Sa Mademeurant le maistre , sans toutesfois e une seule beure de temps , s*ayder de
JIÈGNE D^ CHA^l^ËS IX.
la force , avec toutes les diligeqces extrêmes dont on se pourra adviser ; car aussi bien estce tousjours tenir gens ensemble et prests , attendant les dcportemens du dehors , mesme de l'Allemagne , oii ncantmoins il ne faut oublier de négocier vivement , afin de leur oste^ leur Impression , et divertir leurs maiivaise^ entreprises si faire se peut. »
Ainsi que les médecins , ne sçachans les causes des maladies , les attribuent aux excè^ des malades qui n'en ont point fait ; de mesme , quand il advient quelque malheur aux honmies , encores qu'ils se soient gouvernés avec prudence et prévoyance , amis et ennemis les blasment , nonobstant que s'ils fussent esté en leur place ils ne pouvoient faire miei|x. Plusieurs ne se repentent de leur conduitte , encore qiie la fin d'icelle soi^desastrée, parce^ qu'ils jugent n'aller point de leur faute , et qu'ils ne pouvoient faire mieux pour lors , qu'il y a des coups du ciel et des causes incogneues auxquelles on ne peut résister , et en toutes les actions humaines divers chemins; que, quand ils eussent suivy celuy qu'ils ont laissé, il leur fust peul-estre advenu pis.
Monsieur estoit esleu roy de Pologne , les ambassadeurs en France , aii contentement dq roy Charles, qui desiroit que son frère en sortist , luy estant resté cesle opinion que )e$ huguenots luy avoient gravée , qu'il ne seroit absolu qu'il n'eli fust dehors. U sceut que MM. d'Anjou , d'Alençon et le roy de Navarre estoient à l'armée mal ensemble , parce qiié M. d'Anjou descouvrit les brouilleries de son frère d'Alençon pour les huguenots et malcontens , de quoy il avoit adverty Sa Majesté : le roy , n'y pénétrant , comme il estoit nécessaire, les reconcilie. Quelque intelligence qu'il y eust , La Rochelle estoit reduicte de nécessité sans une barque qui y entra : il n'y avoit plus de poudre ; nous avions attaqué par le plus fort , et du costé mesme que , s'il eust esté au clu>ix des Rochellois , ils nous eussent marqué : iy;i grand fossé taillé dans le roc en précipice , un bastion avec une platte-forme, un grand rampart de quatre vingts pieds de large ; nous avions surmonté les trahisons , les forteresses et le temps ; il estoit mort trois mil honunes dedans î ils se fussent rendus
vingt fois sans les intelligences du dehors : le fossé estoit percé en quatre lieux ; trois grandes bresches faictes, estions à vingt pieds du dessus du nunpart , en toutes trois couverts de Diantelets et gallerie ; estions logés dans une tour , cinquante pas de courtine sur pilotis preste k renverser , deux ou trois mines en estât de jouer , les trois quarts du bastion de TEvangile à nous. Us ne pouvoient éviter leur perte, quand il se propose une paix generalle; le roy la désire pour chasser son frère en Pologne ; et n'eust voulu qu'il eust cest honneur de finir la guerre , au contraire qu*il perdist sa réputation.
La royne , voyant son fils ( sur qui elle s'estoit appuyée) en voye d*aUer en Pologne , et qa*elle est forcée de se servir du duc d*Alençon dont les humeurs estoient contraires aux actions présentes ; qu'il y avoit infinis nal-contens par la France ; que M. d'Amyille ne feisoit rien qui vaille en Languedoc ; qtt*elle estoit en soupçon de plusieurs ; craignoit d*estre contrainte de retourner à ses premiers artifices; se souvient que, pour nuiintenir un gouvernement indirect , il faut nourrir les troubles et guerre civile : cela luy fait désirer la paix. M. d'Anjou , qui se fasche à La Rochelle , est aisé à persuader sur Tadvis qu^il ne faloit ruyner les huguenots entièrement, à ce que s*il ne se trouvoit bien en Pologne , le roy Charles eust affaire de luy et eostsubject de le r*appeler ; que, le royaume de Pologne composé de deux religions , ce seroit donner une mauvaise opinion aux Polonois de vouloir opprimer les huguenots , veu que la moitié d'eux estoient Luthériens ; que pour estre bien venu en Pologne il faloit faire la paix en France ; qu'il faloit quitter l'un ou Fantre , ou la couronne de' Pologne , ou la gloire d'avoir ruyné les hérétiques ; à quoy il faudroit employer un grand temps; et que cependant n'allant point en Pologne , ils procederoient à autre eslection ; que le roy Charles desiroît qu'il y allast , au défaut de quoy il le traverseroit et luy deviendrait ennemy. Ainsi de toutes parts se résout la paix honteuse au salut des huguenots , que les evencmens et malheurs de France favorisent.
Tallay, n'estant agc que de dix huict ans^ trouver M. d* Anjou , pour iuy dire que le roy
ne perdoit qu'une ville , et que loy y son honneur et obscurcissoit tome h à qu'il avoit acquise au passé. Je le \i résolu à ceste paix , que je ne Iny co parler ; elle fut faite pour tous les re de Languedoc et de Guienne , d'où il ? des desputés /estant promis seurtc à tô^ huguenots , et exercice de leur relij^ioi villes qu'ils tenoient , à la charge quoi treroit point dans La Rochelle le ph Ainsi d'un party ruyné, dissipé a ik perdu. Dieu, pour nos péchés , pemùi culeusement qu'il fust restauré à la roy ce royaume , pour servir de sujet au\ bles de la ligue et punir nos péchés. M jou s'en leva avec telle honte de net prise , qu'encores estoit-il plus ho»
pour luy que de dire que les Rochell voient gagné et corrompu par argent.
La ligue saincte présente la bataille chelly, devenu gênerai par la mort d' la refuse pour avoir defence de combai estre son armée nouvellement refaicte encoresbien exercitée. Après le siège varrin, qu'on ne print point, les V monstrerent le peu d'asseurance qa il y desseins composés de plusieurs chers sçavent profiter de la victoire. La ba Lepante avoit fait voir aux Turcs qa'ib voient estre defaicts sur la mer, leur *audace ; seul fruict de cesie pour laquelle ne fut recouverte Fisl^d^ G pre, perdue l'année devant. laVeoitia s'excusent de la paix sur la défiante de 1 pagnols , qui se couvrent des Franco» ^ croyoient leur vouloir foire la guerre, rt rent contraincts faire mine d'entrer eaf vence. Les Espagnols, de la mauvaise ii ligence de la saincte ligue , ont plus deu que les Vénitiens , parce qu'il est vray ^ ne tient qu'à l'imprudence des hugoenott la guerre ne leur fust ouverte.
Les mines mal-entendues se renyersafi les entrepreneurs, servent quelquefai peu d'eflect ; elles laissent deux pom lesquelles les assiégés se logent pour I quer la bresche. Les peurs qui adrif»™ sans sujet , et sans apparence qu elles A sent estre , sont attribuées à la mwnh' feciion des soldats ou à ce qu'ils sont
RÈGNE DE CHARLES IX
QDés/ou en soupçon de la valeur de chef et de la leur , ou en doute de trahiestiment et craignent leurs ennemis , se irisent eux-mesmes. Il s'y peut pourvoir [; les chefs, ou un honune à la valeur geilsse fient du tout, doivent tousjours fQ0Ter à la teste, porter Talarme aux solsm la recevoir d^eux; leur faisant ife les armes sans tumulte , tancent , in- Dt, frapent ceux qui se laissent prévenir peur, qui jettent de faux bruits et cris leos; asseurenty enhardissent par pagénéreuses les tiedes; les ordonnent à ce qu'ils sçachent à Talarme ce qu'ils Il faire , on marcher , où se ranger , »s doit soustenir , et comme ils doivent ^llre; prévenir leurs opinions , desraciepr peur par harangues et propos com- ; entre les soldats; parlant mal des ens, mespriser eux , leurs capitaines , leurs ans, et exalter les siens; leur faire e qu un en vaut dix.
roy Henry lY en a monstre Texemple ly a réussi : disoit tousjours que les eni estoient defaicts ou qu'il les deferoit , i qu'il y eust apparence ; disoit qu'ils tpdoient paix , pardon et salut de vie , iKssant les soldats de si bonne opinion Éj et d'eux-mesmes , qu il advenoit le isoavent ce qu'il disoit , contre son espet. Il ne se doit souffrir qu'aucuns prisent iDteui les ennemis en sorte que ce soit; idurer que les peu vaillans et inexperi- )lés allent à la guerre. Des petits malheurs tgpiidrent les grands; et premier que assaillir ny de courir , se mettre en estât iseietendre et soustenir. De l'ordre, de boDoe opinion et des remontrances , dendleiDoyen d'éviter ces terreurs paniques, li-daDgcreuses s'il n'y est pourveu à temps l^rudemment. Il n'y a rien de si contagieux ^ la peur: elle oste le sens et Tentendeht ao premier mouvement quand on est pris, et s aggrave et augmente grande- Bt, voyant la peur et la iiiitte de ceux qui I proches et en mesme desordre.
iSi paix est nécessaire aux roys , dommaible aux rebelles ; et d'autant que le roy m onziesrac , les roys Charles et Henly Tont bien entendu , s'en sont bien ay-
dés , et de nouveau la royne Marie à Fendrôît du prince de Condé et des princes ses adherans ; d'autant y eust il d'ignorance aux maisons de Bourgongne, Eoorbon, Coligny et de Lorraine , de faire la paix , se fier ou sousmettre à leurs ennemis , qui les ont abbaissés et ruynés après. Il ne faut , s'il est possible , venir aux armes contre son prince ; mais lors qu'on a mis l'espée au poing , fiiut jetter le fourreau au feu , et ne^ penser de jamais l'en pouvoir retirer; autrement « pour l'espoir de revenir au repos , il ne se fait rien qui vaille. La moins dommageable paix est celle qui laisse les armes en la main , et cantonne en lieu où l'on ne puisse estre opprimé , ni soudainement estre contrainct de re* cevoir commandemens contraires à sa nurnu^ tention , tant pour les finances que pour les armes. Les roys recogneus ont tant de poikvoir y que par la paix ils dissipent les factions. Qui a esté déclaré ennemy de Leurs Majestés , puis les obéyr « c'est estre soumis à ses contraires ; c'est présage de mort et de perte, laquelle n'advenant, c'est vivre sans honneur , pouvoir , grades ny auctorité , tousjours en danger , en mesfiance , estant licite aux supérieurs d'ester la vie quand ils veulent inventer nouvelles offences pour avoir prétexte de venger les vieilles injures. Demeurant fort en paix , l'on est asseuré , et foible , mesprisé ; infinis affronts , hontes , reproches adviennent: voir ses amis, sesparens et ceux qui ont esté de son party aux prisons, aux gibets , sous de nouveaux prétextes journellement oppressés ; la mort est plus douce que l'accord.
Plusieurs disent qu'il valoit mieux que M. du Mayne beust de poison que la paix , ayant survescu sa fortune, abandonné de tous, sans seurté qu'aux pieds de ses ennemis , et à leur miséricorde. Il y adeux sortesde manières de se soubmettre aux princes nos souverains : se jetter du tout entre leurs mains , ou que par la ipaix ils demeurent en créance de ne pouvoir ruyner le party contraire sans hasarder le leur. Deux exemples sont presens : l'un de ceux de la ligue , qui se sont soubmis par la paix du roy Henry IV, d'autant plus durable qu'ils ont moins;*d'bonneur et de pouvoir ; et des huguenots , qui subsistent en
MÉMOlAËS DE GiSPAtlD i)Ë iSAULX.
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b))mîon do ^tîiite Aè ié lés poairoir aysemcnl rùyiter , non qu1te laisseiit pourtant d*eslt*c éfk |>érll ; et si le roy, pour avoir esté arec étax f ne les ftitorisoit , ils onirroient à lénr Hiyiie en Testât anqnel il^ sont. Iceux font TOh* là fhute de M. dn Mayne , qni pottToit dèmeaf er avec son party entier , po&r recominencef quand il Itil eust pieu , an lien qu*il à donné temps au roy de trmcter avec tous les parUculiers qui Tout laissé seul. Et lé pis est qtt*en traictant , tts sont tellement offencés , qu'ils ne se peuvent ttjoindre à Idy. La ^ix est doncqoes profitable aux roys, et dommageable aux rebelles ; et si les huguenots se sont bien trouvés de plusieurs paix , la mott des roys , les intelligences de la cour, nîlinvais gouvernement des catholiclues en sont bause : ce n*a pas esté par faute de fiiire ta pfait qtie M. du Mayne s'est perdu , mais pour avoir pensé et espéré à icelte , qui Ta eMpescbé de fiiire absolument la guerre ,. îiBglihlant tousjonrs trop comme il en pourrOit sortir. Pour traictei* avec les souverains offëncés , Faut s*estoigner de les plus voir , ou demeurer fort, ou se jetter à leurs pieds, tontes lesquelles conditions ne vallentguieres. tàk guerre, qtd entreprend a Tadvantage : le premier coi^ eti vaut deux ; il estourdit et ^iroiblit les menibres nécessaires à ses enneînis ; pour se défendre les empescbe à se parer et les garde d'assaillir : Tagresseur fait les préparatifs et intelligences telles qu'il les veut: pareillement à la guerre, ceux qui Viennent au combat et chargent les premiers 6nt radvâtatage ; portent plus de terreur et de valeur.
Les ennemis réconciliés sont dangereux : ce qui tk esté peut estre ; c^est tml>rudence d'éfalployer celny qui vient d'abandonner son )>diKy poût tenir en un autre , sans bien consideretr le sujet qu'il en a. Des enfans nydes fbls n'eussent cren La Noue qui promcttoit de fiiire rendre La Rochelle. Estant plein d'injures récentes , ayans esté massacrés tous ses amis , parens et chefs de party, sa trahison estoit excusable. Geste fiance n'a nui au roy Henry IV; par son extrême bonne fortune toumoit & son profit toutes les règles et maximes d'estat , qui , estant violées , en
eussent myné t^usieurs autres ; son bon*beur sent , en espoir de faire en ttt^ Mire w^r
a tourné les poisons en litëditâiééiis flÛSUÊ et s'est trouvé bien peii de cettx dé là 1| qui luy ayent manqué» qlmy q|Slitt|irM ment , le lendemain qu'ils s'estmeat Hbs I luy, il se commettoit dans tem \iàSm\ I Dleti avoit ordonné de sa oonsernâati f lors.
Ainsi que les petits janodeiles né WHÉlil en grands, ainsi il y a de la dttërencè i| cçux qui ont commandé aux grande^ "^ et à ceux qni en ont condtiit des Tel mènera cent chevaux , qm n^en mener mil ; tel mil , qui ne pourra nne armée : aucuns ne sçauroiem riéft qu'en leur pa!s; tirez les en, ils se en confusion; et ne faut penser qu'uni qui fait bien en un gouvernement ftcè par tout. J'ay cognen en o{>iBiolks jplusieurs princes qui y ont esté Ceux qui fbnt bien dans les griadës réussissent par tout. J'ai vea aux IfiwntlJ guenottes et de la ligne les vicomtes tN Mombron, Montinc, Yiqnes, Les-1 Sainct Vidal et plusieurs autres , itni merveilles aux provinces, et d< knueiB dans les grandes artnéès. Le (mob i mander à (celles ne s'acquiert dn toîl expérience ; il y faut du sens natuttd coup; et ceux qui réussissent dans linifil tits gouvernemens>. et nommément diU] montagnes , comme Les-Diguieres , c'^[ qu'ils sçavent les chemins, lesd^ouriatl pais : ostez les de là , ils sont pareils aut* tiers , qui , pour avoir apris itne partie^ livre par cœur , pour le sçavoir bien et n'en sçachant point d'aunrés , ne estre dicts sçavans.
Un gênerai ou capitaine , pour haiii^ porte à ses envieux , sous espérance d( duire quelque menée pour se Venger i'é ne dbit favoriser ses ennemis par let^ siège, composer en une place on faire durer la guerre , ne combattre poittj dessein de se venger des malveuillans : o] se venger de soy-mesme par la perte de honneur; laisser le général pour otfencs| ticuliere, c'est iniyner son honneur , qv^ estre plus cher que toute autre pastfrf. se levé par paresse ou désir de repos dkj
llÈGNE DE CHARtES iX.
jlkor effect , qu'il considère si la perte dtt seni certain est plus préjudiciable que eaeni(*ot fortuit : ce qui se perd presentenlncsepeulreconyrer semblable. L'armée ^psUe opposée à Tarmce; et que la peur ^nfflgeance contre ceux du mesme parly j^tiifarment des excuses pour s'esloigncr. jceux qui entreprendront contre Testât, 'iBt moyen de disputer la campagne, se ^Dt dès rheure qu'ils seront réduits sur jeosive dans les villes. Et ne faut croire 06 d'icelles veuille souffrir la rigueur de erre pour le salut des autres. S'ils estoient 'd('sde grande quantité de gens de guerre, •e se rendroient-elles les unes après les i : les armées, quelque foibles qu'elles l, si elles ne demeurent en présence de contraires, les fortes font des extrêmes rès à leur perte.
i*y a nulle ville imprenable sans secours; is emporte le moins : Tesperance que Ton an passé aux frequens changemens de •ance, fiiisoit tenir six et sept mois les vés , anssi que Ton n'cntendoit pas alors' oyen de les prendre. Si les Rochellois Kent esté advertis par les intelligences )r$, s'ils se fussent peu fier en la foy rs, ils n'eussent résisté ; ainsi leur ini les sauve. Que Ton ne se précipite t;qD*on marche pied à pied, faisant les lées fortes , flanquées et en bonne del Ion se rend maistre des dehors , de la resarpe, avec le temps du fossé et du prLSe contenter d'avancer trois et quatre k par jour; sur la fin tenant les gardes lB,eaipescher les desastres et desordres ; QToyer plus de vingt ou trente hommes ir|p{iKr un advantage , bien soûstenus ; et ^ le logis avec le pic et la palle , aydé , risé des canonnades , n'hasardant qu'à os, consenant la réputation et le courage liens : toutes forteresses sont prenables les ne sont secourues d'une armée en- Tous lesquels admonestemens pour la *c j'escris pour servir à mes proches is.
Dry iroisiesme , roy de France , et Franduc d'Âlençon, son frère , ont eu les plus s fortunes que prince pourroit souhaiter, en fussefii sceu prévaloir. Le roy Henry,
encores que voluptueux^ et addonné à ses plaisirs , avoit esté assisté de si bons capitaines estant jeune , qu'il avoit acquis grande réputation aux victoires de Jarnac et Montcontour. Favorisé de tous les soldats et noblesse de France , aymé de sa mère , roync puissante , fut par sa bonne réputation esleu roy de Pologne. S'il se fUst ôpiniastré à La Rochelle, il l'eust prise, eust emporté en Pologne tout l'honneur de la France. Il tretivoit bonne son élection an commencement, et s'en degousta tost après , envoyé par la violence de son frère. Les huguenots ont voulu dire qu'il luy fut promis qu'il n'y demeureroit guieres , sous l'espoir de la mort du roy Charles , laquelle advenue, le voilà roy des deux royaumes. Il eust peu persuader ùux Polonois de le laisser venir en France , leur promettant de retourner, laissant le commandement aux palatins , chacun en sa province ; et quand bien il eust esté conlrainct de s'en venir, comme il fit, les Polonois Tattendirerit depx ans avant que procéder h la nouvelle élection; luy donnèrent moyen d'exécuter ce à quoy sa bonne fortune le convioit. Ai'rivant en France , il devoit donner la pait aux huguenots , se couronner ; s^asseurcr dé ses frères, laisser ëa mère régente, dresser une armée contre le Turc ; en mesme temps Pempereuf Maximilien mourut, et, ayant des forces sur pied , il eust donné un grand coup à i'election impériale ; faire courir te bruit qu'il alloit contre le Moscovite , entrer erf armes en Allemagne pour s'en retourner en Pologne; les Alleftiands, voyant les forces près d'eux , Teussent esleii empercrfr , âydé de l'argent et conduite qu'on y eust employé. Mener ses frères , beaux-freres , princes , et tous les remtians et capitaines, pour éviter les mouvemens en son absence. Et quand il ne fust esté cslu empereur, joint aux Ongres et Allemands, il pouvoit entreprendre de donner une bataille aux Turcs; eust tiré cinq mil chevaux et vingt mil hommes de pied françois , vingt mil Suisses , pour cet effect ; du moins il eust maintenu les deux royaumes, ou fust esté empereur , et eust tenté le dessein de Turquie. Quand il se fust perdu en. ces généreuses entreprises , c'eust esté plus honorablement que perdre son f oyantne et sa vie ,'
MÉMOIRES DE GASPAtlD DK SAULX.
opinion chi prince ilo n« lospunvnir nysrjni'iil ruynci', non qu'ils lai^soiii piini'l;iiil d'i-slrr en ()eiîl ; et si le roy, pnur avoir este avec eo\ , ne les favorisoit , ils cflunoiml à leur mynp en l'esiat auquel ils sont. Iceux foiil voir la faille de M. du Mnyiip, qui poiivoit demeurer iivec son puity rniier , pour rocom inenccr quand il lui ruse pieu, au linn «ju'il A donné temps nu roy de Iraicier avec tous tes particuliers qui l'ont laissé seul. F.t le pis est qu'en traictnnt, ils sont tellement ulTenc(*8 , qu'ils ne se peuveiit rpjoindpc à luy, La ^aix est donoques proHtahIe aux roys , et dommagealile aux rebelles; et si les liufiuenots se sont bien Irruvés de plusieurs paix , la mort des roys , les intelligences de la cour, mauvais gouvernement des catholiques en Sont eause ; ce n'a pas esitS par faute de foire la pan que M, du Maync s'(«t perdu , maïs pour avoir pensé et espéré à icelle , qui I' cmpesclié (le Taire absiihimeut hi guerre rc{»ardanl lousjours trop comme il en pouritiîl sortir. Pour traicter avec les souvLTSins ofTencés , faut s'esloigner de les plus voir , ou demeurer fort, on sejetler à leurs puds, toutes lesquelles coudilious ne voilent (jnieres, lîn Rucn'G, qui entreprend a radvani-tgc ; le premier coup en vaut deux ; il cslourdit et afToiblil les membres nécessaires à ses ennetni?i', pour se défendre les empeaclie h se pti~ rer et les garde d'assaillir : l'agresseur fait les préparatifs et intelligences telles qu'il les veut: pareillement h la guerre, ceux qui viennent an combat et chargent les premiers
6nt l'advafitage ; portent plus de terreur et
de valeur, te» ennemis réconciliés sont flnngernix -.
ce qui a esté peut eslre ; e'e^l impriuluicc
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