‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 39 sur 224 · livre par «rw- t · texte numérisé non relu

livre par «rw- t

fti nVn sçw'l»'"''' "

CB<r« dirt*! 5' ' "

Un {jenfT;ii ''

ponc bu."- '

■ lui,-,. ^i,>' •■

ne .liiii I

sio™

vrt.'-

PEùsuil tenir w al «ji ^

n ^ r« s' les ptiaAt. Stn

ih w rassent pn Bff « i tt B i?ijv*ni résista' . jum -^ Vi anre. yne Yaa w i « marrhc pial à pîeJ îaK îblrs, (l;ini]at^«el'ï ;^ -

^ aiec le Icmps J« r^ ■ •

-, tar h Kn tîiM s- — "

fin Ii« JeUilrw « »?^^

If lingt on tr^» ^B~

ne le blanc nous paroîststoient cactées-, lefoux ^ le mauvais chemio pour

c. le mal ne went du tout

'iinition de Dieu qui nous

nilïes, souvent conduits

■ons. Nous recofpioîssons

fi voyons que nous ne

al ; mais nous y somme;

;cmens de la divinité ; et

■'Is nous portent mal rté

s'il eai permis de référer

iinaines les ^utes d'estat,

us eussent changé les eye-'

qu'il fut facile aux hiifjue-' •reire, tpenvanl les royspuimbitieuse favorable, le rions , deux grandes mai-' iftcxte de la religion spe- ' a;Hjerris mal conlens da ■ les villesaux Espagnols.

lit d'abbaisscr les hugue- ' . Il sf> faschoit de la guerre.

Il majeoi-s. Il fut aussi aisé ( ayant la rnyne pour eux, ' I s de subsides j unroyfbrt I > de gens mal-conlens, des ii'dit) d'entreprendre, com- -ri'nt plus de difficulté que esire le roy Henry Ilf ilo royner la lîçue advint, ' (v fut tournée, les com- "^r. de Guise {fenereux iiiiccment confrc un roy !'■ rppos , changés à la fin ' iiiiiIableenactionsaM.de '

I Mayne, lequel estoitpa- ' III au désir de volupté, '

■s peuples fort las de la ' s en melfiance , practînimesses qu'ils estimoient ' rs ostoient avec la paix , et Mic parla continuation de il estoil nécessité } incer- '

punir les enfians pour la II' faut se mesurer à Dieu,

II l'iniquité des pères sur

HÉHOmES DE GASPARD DE SAULX.

tisîs

comme il a fait despuis , 8*amusant à se défendre au lieu d*assaillir. Tout aydoit à ceste entreprise : Selim mourut ; laissa Amurat, son fils, i£[norant ; l'empereur Maximilienensevely en ce mesme temps. Pour embrasser ces hauts desseins les courages eslevés sont nécessaires, lesquels Dieu ne donne qu*à ceux qu*il Iny plaist, et quand il veut abbaisser ou exalter les couronnes. Ce prince en portoit deux en sa devise , avec ces mots : Ultima manet in cœlo , tesmoignant ne vouloir rien entreprendre davantage ; perdit premièrement la couronne de Pologne , après celle de France , et mit en douté la troisiesme.

Les princes, généraux et conducteurs des armées, qui demeurent plus en chambre qn à cheval , ne font rien qui vaille ; il faut tenir les conseils armés , tousjours agir. Tel estoit M. de Guise , tel le roy Henry IV ; le roy Henry III et M. du Mayne, au contraire, tenans leurs conseils emplumés aux cabinets , armés en campagne. Pour conserver falloit , cependant que leurs ennemis estoient, entreprendre ; entreprenant on est sur ses gardes, et celuy que Ton assaut n'entreprend, pour n'estre occupé qu*à se défendre , et qui assaut est souvent victorieux.

M. d*Alençon, ambitieux , inconstant, pour n'avoir participé à la Sainct Barthélémy , favorise le prince de Coudé , ceux de Montmorency et les huguenots : son frère estant en Pologne, il résout de prendre les armes avec les mal-contens et huguenots, se déclarer chef des estais opprimés de la chestientc. Son entreprise est descouverte ; Mongommery pris en Normandie , et luy tenu au bois de Vinceunes demy prisonnier du roy Charles , accusé d'avoir voulu entreprendre sur Sa Majesté à Sainct Germain, de quoy il y avoit apparence, par quatre cens chevaux huguenots qui donnèrent jusques là auprès. En 4574, le roy malade, ceste descouverture donne moyen à la royne de faire mettre prisonniers , avant la mort de Sa Majesté , les mareschaux de Montmorency et de Cossé , retenir prisonniers M. d'Alençon et le roy de Navarre ; faisant terreur à ceux qui voudroicnt entreprendre d'emmencrdcsenfansdcFrance, par l'exécution de La Molle et Coconnas , qui l'avoient eotiepris.

Te

' Le roy mort , la royne mené prisonniei lesdicts sieurs d'Alençon et roy de Navan au devant du roy Henry troisiesme , qui vi noit de Pologne; depuis, faisant bonne min ils eurent liberté à son arrivée en Fhmei Continuans leurs pratiques , M. d'Alençon 8*i alla de la cour , et les princes de Condé, '. maison de Montmorency et tous les bugnoio prindrent les armes avec luy , descouvrans : pratique de long temps commencée ; se jai gnent à Casimier , qui amené buict mil m très , marche droict à Paris. Le roy Hev troisiesme, conseillé de faire la paix, accord tout ce que son frère veut : les duchés d*A^ jou et de Berry lui sont donnés pour a tation d'apennage, seurté des huguenots, tenue des Estats Généraux en France. S'il fust point venu à la cour , et se roidir les artifices de sa mère , patienter avec huguenots, mettre les^Estats Généraux en force et liberté, qui eussent osté les i et subsides , lesdicts Estats n'eussent en qu'à luy ; infoilliblement il se fust fiiit duc des François , laissant le roy son avec peu d'auctorité; fust esté appelle Estats de Flandres, et de tous les autres pressés par les princes dltalie, eusten puissance en la chrcstienté , eust été n le dompteur des tyrans , vray Hercules , son surnom, comme ayant vaincu les mo Au lien de cela, il se laisse gagner royne , qui le menace que le roy se jei entre les bras de M. de Guise à son preju se laisse vaincre aux voluptés , aux que sa mère luy donne. L'imprudence h notte ayde fort à rompre ce beau de»»! estant en telle défiance qu'ils vouloient \A tout ce qu'il escrivoit et faisoit ; et s'esiril picqué avec Bussy , mignon dudict sieur d'Alençon, taché du sang de son cousin, mst' quis de Resnel , qu'il tua à la Sainct Barthe* lemy , lequel Bussy , oflencé des hugnenots, le divertit. Tellement que Monsieur , faisMl le malade , eut la paix pour luy en augme» tation d'apennage ; promet secrettement M ruyne des huguenots qu'il avoit assistés »d de rendre vainc l'assemblée des Estats; 11] ayan! esté monstre qu'il y avoit interest , partf que le roy n'avoit point d'enfans , il pouioii obtenir la couronne ; et luy foisoit-on 'peiC

RÈGNE DE CHAHLES IX

K. de GoiseV duquel le roy disoit estre l^cl se servir au défaut de luy.

zoâxhicie, lesreistres renvoyés , les es- {orent convoqués à Blois, et pour les emj0 de mettre quelque ordre , et de lier n^ au roy , la guerre des huguenots est )|b0, doot est déclaré chef M. d^Alençon, ^de gens qui Tinduisoient à bruslemens l«ur(és conu*e les huguenots , pour le le irréconciliable avec eux. Delà vint ireformatîon qu*on pretendoit par les , et rabais des subsides , tourna en fuel le fruit de ceste entreprise fut Torikla ligoe de Peronne. L'extinction d'une ^ est source d'une autre plus grande : t la querelle juste qu'il avoit de deff le bien et descbarge du peuple du ne, il monstre n'avoir rien entrepris IBrsoD particulier; et ne fit rien qui kpuis.

|es les villes qui firent la Sainct Bary et taereni les huguenots pour obéir au cbercher les moyens de paix, sont |ui odC esté les premières à commen* Kgue; la raison y est apparente , parce icraignoient que le roy de Navarre , ii la couronne estant huguenot , ne les ^t pour ladicte Sainct Barthelmeoiy ; lisant en vain estouffer une guerre , flune une autre.

I par les péchés destrone les roys , et meot leurs vallets en leurs places ; et après il est satisfaict par repentance ttnneot , il restablit Leurs Majestés en imoffles. Souvent, estant résolu' de m revoque sa sentence , comme celle a (k Nioive. Il nous a donné libéral c.sâlionté nous admonneste de nostre r.'Iesprognoslics de guerre sont les pebprioces et des peuples; ainsi que le lies larmes respandues , les maux souf- Ibnenlations et prières des affligés, lot coureurs de la paix. Humainement fjons plusieurs fautes , dont si nous en I évité une' nous ne fussionsesté myy pensant, nous advouons que quand 8 faisions nous eticHis possédés d'aille nous, ou avions perdu l'entendeparce que les idiots ny enfans n'en faictes de pareilles^ nos jiigemens

rendus si infirmes que le blanc nous paroi&soit noir; les raisons estoient cachées , le faux* en évidence ; prenions le mauvais chemin pour le salutaire.

Gela fait croire que le mal ne vient du tout de nous , ains de la punition de Dieu qui nous sille les yeux et oreilles, souvent conduits comme si nous songions. Nous recognoissons nos manquemens, et voyons que nous ne sommes en bon estât ; mais nous y sommes tirés par secrets jugemens de la divinité ; et semble que nos pieds nous portent mal gré nos intelligences , s'il est permis de référer aux conduittes humaines les fautes d'estat, lesquelles non faictes eussent changé les eve-' nemens.

^ Aucuns disent qu'il fut facile aux hugue-' , nots de foire la guerre , treuvant les roys pupilles, une royne ambitieuse favorable, le royaume en deux factions , deux grandes mai- ' sons etmemies, le prétexte de la religion spe-' cieux, les subjects aguerris mal contens de la paix et reddition des villes, aux Espagnols. ' La mesme facilité fut d*abbnisser les hugue-' nots lorsque chacun se faschoit de la guerre, que les roys furent majeurs. Il fut aussi aisé à ceux de la ligue ( ayant la royne pour eux, ' les peuples ennuyés de subsides^ un roy fort timide et beaucoup de gens mal-contens, des mignons hays en crédit) d'entreprendre, com- })ïen qu'ils y trouvèrent plus de difficulté que ïes huguenots, pour estre le roy Henry Ut majeur. La facilité de rnyner la ligue advint, ' parce que la chance fut tournée , les com- ' mandemens sous M. de Guise généreux et actifs au commencement conjtre un roy craintif et aymant le repos , changés à la fin ^ sous Henry IV , semblable en actions à M. de ' Guise , contre M. du Mayne, lequel estoît pa- ' reil au roy Henry III au desîrde volupté, ' timidité et repas ; les peuples Ibit las de la • guerre , les partisans en meffiance , practiqués par dons et promesses qu'ils estimoient ' seures parce qu'elles estoient avec la paix , et celles de M. du Mayne parla continuation de la guerre ( à quoy il estoil nécessité ) incer- ' taines et périssables.

C'est cruauté de punir les enfans pour la faute des pères; il ne faut se mesurer à Dieu, qui dit qu'il chastiera l'iniquité des pères sur

MÉMOIRES PE GASPARD DE SAULX. l

ka eoifans ju3ques à la troisiesme géoeratioa; ce qui'U fait pour exemple et terreur des pecireurs» parce qu'il a le moyeu de recompenser les innocens qu*il fuit souffrir au monde pour participer à la gloire éternelle « et que les offences envers la divinité sont tou^ autres

Îu'envers les hommes. Ainsi que Ton cherche ) bien , les grades et honneurs pour agrandir ifes enfuns , de mesme se doit craindre de fiait l|r Y pour 1a honte et pauvreté dequoy ils héritent : il n'appartient aux hommes de punir IfBs péchés d^ pères , n'ayans moyens de les. recompenser de la vie étemelle»

^ Le roy Henry IV n'a laissé de (Hractiqner ceste vengeance contre nous.» enfems du sieur dé Tavannes , qu'il accuse avoir esté conseiller de kl Sainct Barthélémy. Je le ressens en particulier^ soit ù cause qu'il haysse ce qui en est venu , ou que les huguenots, empeschôit Ssi Majesté ( qui se veut maintenir avec eux ] <i*avancer ceux qui en sont descendus. Entre tous ceux de la h'gue , le roy ne m*a tenu prom^sse, tant de Testât de mareschal.de France (pie de vingt et deux articles de ma capitulation , cause de ma prison , sans sujet y en la Bastille. Et pour plus ample preuve , le sieur de Tavannes mon frère l'ayant aussi bien servy qiie je Tavois desscrvy., il luy a esté la lieutenance de Bourgongne. Ces mesmes raisons luy ont fait assister les ennemis du sieur de Tiiortcmart, fils d'une fille du sieur de Ta- "vânnes , comme s'il en hayssoit la race. C'est injustement : quand ainsi seroit que mondict siëur, de Tavannes fusl seul cause de la Sainct Barthélémy , ce n'est à un roy de France de venger les injures d'un roy de Navarre ; et par raison d' estât devoit faire pour nous, afin qi|e sans exception ny crainte de Tadvenir , ses serviteurs le servissent et le conseillassent ainsi que le sieur de Tavannes avoit fait ses p^ediecesseurs , à la manutention desquels il pMtposoit toutes choses ; aussi que ces petites actionstesmoignentqu Use souvient du passé. De plus il est obligé de sa vie au sieur de Ta? vannes, qui ne voulut acquiescer à l'opinion de. ceux qui concluoicnt sa mort et celle du prince de Condé.

;^3cureux qui supporte les injures par respect de Dieu , et pour ne vouloir mettre la

guerre parmy le peuple ; encore qu'il ait les

moyens faciles de pourvoir è sea meice temcnt! MM. de Bourbon > dn MobCboi et les huguenots, par promotioB da roj iorieux à lu couronne , soat adianeés ; de Guiset les catholiques qoi I» oat s et leurs partisans, sont vaincus «i lead leurs feules , malheur o« pimitiga divii ne finit treuvet estrange ce qui Mops au de bbaL en nos estais et biens, et Iomi de ce qu'il n'advient pis , sans que ponr i particulier nous tiroublions le geoml di pie sur divers prétextes , dont le diaal et punition suit de pris l'offence. .

lia vertu est subjeete à fertone; lei gsns de bien , nonobstant leur prendoi foy et pieté et valeur, tombent en^envic grâce et inconveniens : l'exemple en < Caton., de Galba, et d'antres en la Fn qui ont plus de mérite mil fois que ces sont advancés par les roys et les prince

La. vérité ne se peut assez louer , ny le ' songe blasmer , sans lequel il ne se oon troit guieres de péchés^ Si les hoaun»

voient estre forcés de leuraconsciencesi fesser leurs fautes publiquement, ilsenfoi peu, tant par cramte de la justice que pi honte qu'ils auraient d'avouer leurs vioe

Ceste vérité est si forte , qu'elle se fin mal-gré tous artifices^ tromperies , fan moignages, bniicts et cakûnnies; eti qu'elle demeure quelque temps caché fin tout se descouvre. C'est par elle qn cieux nous sont ouverts , elle est la m divinité qui permet qu'au lieu de blasmer que les mesciians veulent atterrer, ili exaltent ; ainsi les diables sont contrainc confesser par leur bouche le nom duSeigi les tromperies qu'ils employent à Tobsc sont autant de clartés qui l'illuminent.: rite qui csclatte mal-gré les hommes p les hommes! Les huguenots, cnnemisdà de Tavannes, l'accusent qu'il estoit du seil de leur massacre à la Sainct BarChdi qui fust une playc et ruyne pour enx, ip seulement ils essayèrent de se vesgai armes et cruautés , mais aussi pas eao lit)ellcs. Ils firent un livro en Fan 107, tulé le Ihczain des François , par leqV

son de la cloche ils appellent tous les|i chresliens à venger leur iivure. : el. pe

RÈG!<È m dflAALÈS iX.

bèiridttsieirf tim»cm dé TafVtfMes ; ïïë neoMrtMts â!ëâ â»è du bM , tâitt dés*

M^éeh pIMl^d bMehedit forf Charles; [^y tesf AMrts aW feoiHei 47 dri livre

,lii^ (ktetRgaf, tftà mànloK en potrij^negoces de FbttfffiM , psthfH unf jour \t^ (tes moyens ^il fendroit tenir en tiflttfé , él de r espérance qéril y tt^tni I loir ex^eirie^ à son adnnàge , le snprhsfaimnent ^n^it tinst la chose sèCrette , I eorietf commoniqner à la rèyne sa mère, lies ralsOBS <|ne dessns : ce que le roy HtdeMre, toire dvec sermeirt réitéré.

m ce, après afVoir énféndn tontes les par- Irftés qm Kiy Ment pi^oposées , il conn Ip ï discMrir sor te difficulté qn^it tron^ MET Pexecnâonr , (if anCant qn^if ne h pon- I éiirepreédl^ seol ; H s'il disoît n'avoir iDSei qrf il ^peostfier, tant peui^ avoir M que pomt servit^ dé secrétaire à feird kspesche^ qni seraient requises : * Car , IoHmI , le maréschal.de Tavannes est homf de hm conseif ; rtiais ft crains, qn'ayant KKeoteamke dé- ihon frère, et en cpiasi Inenr dés* db^nSeres batàiHes , it ne soit Iris t^âs/a éfa^éù entreprenne nue nonftgoerre, potir Penvie qn*it a de dellef le deritfer vv&torienx : ce qtri ne self srqnelqn*aMfé qne foy fbisoit nouvel ÉBBtuii non veavc service qui ftÉsî dé conseilla esntmeesniy-cy. ^ Mut dire Al' Hfral, il ne loue seulement lu conseil dhr siéni^ de Tarvannes, mais tHyMEribUé les victoires dé JRM*ntetc éC IMm^. SMlif&blemettt kf Plessis-MorjlèflM fcbffiier' 1i« de Guise après sa' II, kk sa vigilanée e< valeur , en sou

(îMolé KntiÉf Jkê clffaipêê th France^ où ^«optreà César, utir des grands captirqoi ait «rt§. iltesr fo force' de la vérité IjiriaBnVe , ^efte" contraint les enikemis vMRuert

Ml (fà ont iftMi^ leui" inimitié jus^ ^aprèl la mort^onf esté' empeschés à sçaeoSiiM^ihrse ponrroient vengei' après la t (te lears* ememik ; aut^uns, feisantle h aili tt^espnSsés, pendant otkt bruslant ».os, feboienf contre edx^ mesmei r la

pOiiitlou d*ùn mort est de tfen faire nrlenCion et Tonblier. Si ce quM à faît à esté ^vr acqnerii* gloire, Fen punissant on en faisatht denionstratiou , c'est en augmenter la îrieriioife V et laisser en dispute à la postef ité^la jitMce dé Fentreprise dri defuncf. La pyra-mide de Cfaastel fait qu'il sera long; temps parlé de li^ ; et , encores que son entreprise: fuse mescfaantè et injuste , H laisse à penser à ceux qui nous sucèedent ^Û afvoit raison èti ce quMl entreprenoit en si bas âge : ce qu'ayant esté cogneu, depuis que f escris, pSiv lé rôy^ il a fait abbattre ladicte pyramfde poi^ ea oster la mémoire. ;:

' Ce qui nuit et ne sert se doit faîsser ; D f a eu couverture à l'alliance que le roy Fran-* çois avoit avec les Turcs (s! couverture peut estre), de pré-poseï^ te bien de son estât à celuy de la religiou chrestienne. Si Majesté[ disoit estre contranict à ceste alliance pour estre F Allemagne , l'Italie , FÂngïeterre , TEs^ pagne et les Pays-Bas , cottitrifés contré luy» à qûoy if ne ponvoit résister sans Passistance des turcs ; qcfîl est loisible de s'ayder de toutes armes pour se garder des mèschan^ par leurs semblables ; que Telnperéui' avoïC recherché en vaite ceste mesmé atliance dont if le blasinoit : foible ayde dés Turcs , qu? apporte plus de blasme que de secours, plm de malédiction que de bénédiction! É'armée venue à ]!^ice ne 8t rien ; sF^ ééife d'Hotigrie'^ divertit Temperenr , il y mit Sàûâkin ordi^e »* et ne faistet d'attaqilef la fVaUcê. Malhténdtlt ces prétextes sont ces^éisr il A^est {dus diÉr grand empereur; TAngleterrè et h Flandt*e sont contre te roy d'Espàgfue ; it* n*ést Uéées-^ sah-éà la France (fentreicnif la^ pafx aveclé* Tnh; , puis qu'elle' ne sert tftfS provoqûéi^' l'ire de Dieu : que s'il la talbh Uteunifenir , if faudrbit que ce fnst pour les A*ompei^ cômme^ infidèles , espier leurs ports , leurs* adtibils ;^ donner les advis à tous les princes qûl^entreprennent contre eux , ou du* moins eidr ùtet plus grand profit, et qne nul chrestieu neipeust trafiquer avec eux que sous la banniera de France ; qui séroit cause que toute la mar^ chandise du Levant paSseroit par les mains déis François ; auUrement c'est estre meschant aveé peu. dé fruict. Il vaudroit mieux leur déclarer la guerre>tavuir cinquante galleres.

Us oc peuvent attaquer la France que par quarante lieues de terre , aisées a défendre , pour la contrainte de passer par devant les forces d'Italie et d'Espa{;nc. Les François peuvent faire descente à leur préjudice depuis B^gouze jusques au dcstroit de Gilbetar/ pays maritime qui contient plus de quinze cents lieues , et là , à la gloire de Dieu , sans péché , purger et guérir le mauvais sang qui engendre la gnen*e civile en France. Et seroit la guerre contre eux profitable , en ce qu il va tous les ans plus de cinq cens mil escus dans leur pays pour des marchandises non nécessaires, <^t lesquelles on pourroit li*euver plus abondamment du costc des Indes et de la mer oceane au profit des clu'esticns, sans enrichir les infidèles.

Les advis des oflencés , bannis et intéressés, ne doivent esire creus ny rejelés du tout , ains les balancer avec raison. Ceux qui sont sans passion et ont de la prudence , doivent estre juges , non ceux qui hayssent ou favorisent; et iceux sont fort aysés à cognoistre, tant pour leurs actions passées que pour les présentes, examinant Tinterest qu'ils conseillent. Mais aussi ne faut-il pas , sous le soupçon que Ton a de leurs inclinations, rejetter leur conseil entièrement; mais au contraire fout examiner avec la raison leurs propositions. Yray est-il que grandement leurs conseils et promesses sont suspectes , ne désirant qu'embarquer les personnes, et après leur foire cognoistre par eflect qu*ils y sont pour leur propre péril.

t Le sieur de Tavannes , voyant ne pouvoir recouvrer santé « et qu*il estoit inutile , il va la chercher en sa maison , avec le moyen de servir encore une fois. Il biasmoit les foutes qui se faisoientàLa Rochelle; sorty d'une' maladie de six mois , demeure quinze Jours sain au chasteau de Suilly, retombe d'une pluresîe; exténué de travaux et mabdics, se défie de guérir , cognoist la cour , craint de perdre ses estats pour ses enfans ; envoyé proposer au sieur de Retz le- change du gouvernement de Provence à celuy de Metz , qu'il desiroit den^eurer à son fils aisné. Ledict sieur de Retz s'y accorde soudainement , et promet douze mil escus de plus , de quoy le sieur de ïavaunçs adverty est d'advis d'y r'envoycr

• incontinent , pensant mourir ; il ne manqu que ses signatures , le sieur de Retz avoit? voyé les siennes. Madame de Tavannes avi mieux le bien présent et incertain pour ej] que l 'advenir pour les siens : son mary, portant mieux , se roidit conU*e Yesàm elle l'emporte , dont advint la perte de {$ vernement a ses enfans.

Un mois passé , plusieurs manqneroeos crises et accidens arrivent , qui menasses sieur de Tavannes de mort. Ce fut à reng^ en diligence à La Rochelle , où j'cstois.u employer le roy de Pologne pour nous.

malheur veut qu'un médecin infidelleaa mé Le Doux , advertit à la cour que le si de Tavannes mourroit, tellement que, les lellrcs que 1(3 sieur de Retz escmui puis La Rochelle pour le change , la roi luy rcspondit qu*il eust patienpe, et qui .chandelle s'esteignoit ; que . salQs argeot cliange du gouvernement il auroit ce desiroit. Le sieur de Tavannes oc se de la trahison du médecin , résout de m en agissant ; fait force blancs signés , dit k femme et à ses serviteurs : « Je co{paois » cour; mes enfans perdront tousmcs estati^ » vivrayhuict jours; aussitostque jeserayn » n'envoyez point quérir de baume anxvd » pour n'estre découvert ; saliez mon corpu » crettement , et me faites servir ainsi qtf MJevivois, jusques à ce que Veschn^é » gouvememens soit admis , et que nm m » aisné ait le gouvernement de Meu, i^/>w »la lieutenance de Bourgongne. >Lenf, pour estre asseuré de la santé, à lasM^ tion de la royne et du sieur de Retz, mvf Charron, son vallet de chambre, voir cou» il se portoit. Luy, à quatre jours de sa oMt prévoit à quel dessem Leurs Majestés a voyent vers luy, qui estoit pour ne rienà^ ner à ses enfans si sa mort estoit inevi il se fait habiller et asseoir ensonlict.p du vin comme s'il sc'fost bien porté; à ce vallet de chambre des affaires d' des siens si fermement, qu'il demeore créance entière qu'il se portoit bien; le ainsi à la cour; qui fit que les letu^dugi vernement de Provence furent depesclffc pour le sieur de Retz , celles deHetzet de I lieutenance de Bourgongne pour mon Aèn

yli]

RÈGNE DE CHARLES IX

iSS

ponr moy ; n'estant ny Tun ny Tautre ù là or, le chancelier retint nos IcUres.

le sieur de Tavannes empire , combat la ortJisoit qu'il avoit désiré estre compaigo des princes et premier en Testât ; mainij8(qtt*il y avoit^attaint, il n'en jouissoit $; loatesfois qu*il se conFormoit ù la voifdeDiea, se preparoit chrestiennement. ûandé par un serviteur , le voyant tant ih, s'il ne desiroit pas revenir en sanlé : «, dit- 11, j'ay jà eu beaucoup de peine foire les deux tiers îdu chemin , lequel , |e |}uerissois , pour r'approchcr la mort iiQdroit encore refaire. » Il se confessa , fiiire mention d'avoir adhéré au conseil Sainct Barthélémy, contre dos rebelles 'estoient précipités à leur malheur malpe Leurs Majestés en eussent ; ordonna irendist , ou que Ton ne prist rien d'une je qu*il tenoit du roy ; forcé de manger, fit porter sa main à sa bouche; jufje sa ; respond à la demande de son enterre- , que ce fust sans pompe , auprès de ffèrc de Villefrancon , en l'église de [; si pour la postérité on le pensoit utile , |le fissent enterrer en la Sainctc Chapi,où maintenant il est eslevé. Il fit apira femme et son fils : dit à Tune : ^ Que ihy-je, sinon que tu es des plus femgde bien du monde? ce n'est pour t'ad- Dcster, mais pour te dire adieu que je ipelle. M Dit à son fils : » Sers et crains », qui m'a tiré de tant d'hasards et mis ttmenr ; sois serviteur du roy : obéys m. Tu en diras autant à ton frère ; je m donne ma bénédiction à tous deux , le ta loy porteras de ma part. » Il semt, i k voir , que la mort ne le touchast : irendre le dernier soupir, ses serviteurs fés se retirans en pleurs , dit : <« Ne bon- , ne me laissez mourir ainsi » ; cstend as vers la croix , la baise et meurt. . is levions le sie<{e do La Rochelle quand us sa mort , qn'il faloit celer jusques à ' e Doos eussions les despeches des goumenssusdicts. J'obtins leltresdeM. d'Anmr le change , comme si mon perc eust . Arrivé à la cour , j'y trouve mon frère essayé en vaîn de retenir du chancelier iti'cs du gouvernement de Metz^ par un |

advis qu'un secrétaire / nommé Guerin de

Mascon , donna de la mort de son maistré ,

non tant par infidélité que pour le de&ir qu'il

avoit de faire ses affaires: Nous demandons

ces lettres des gouvernemens au roy , que

sçavions estre toutes scellées entre les mains

du chancelier. Sa Majesté veut que soyons

contons de six mil livres qu'il nous donne de

pension ; dit que nosire père n'estoit tant que

nous en Tage que nous avions lors. Je res-

ponds f jeune que j'.estois) que nostre père

n'estoit fils du mareschal de Ta vannes comme

nous, auquel la couronne estoit tant obligée.

Nous n'oblînsmes rien d'avantage , tant les

roys se souviennent peu des services des

morts! Ce coup fut grief; nous perdismes

cent mil francs de gages et d'estats annuels ,

dont nostre père n'avoit jouy que six mois ;

deperidismes cinquante mil escus en voyages/

maladies , larcins ' et toute sorte de perte ; je

demeuray sans charge ny estais, âgé de dix'

huict ans.

Il est malaisé de celer un mort , pour les changemens qui advienncnt : c'est lors que chacun croit estre quitte du serment qu'il a à la maison , vise et pense à nouvelle fortune, ofTencés de celle qu'ils n'ont trouvée telle* qu'ils se figuroient ; le moindre changement est soupçonneux. Pour le celer , dès le com- ' mencement de la maladie il en faudroit avoir empesché la veue : cela ne se peut parce que • lors la santé n'est désespérée : les hommes sont enclins à sçayoir et dire des nouvelles , et profiter du mal d'autruy : par fois ce qui se veut le plus celer se descouvre davantage : plus d'artifices employés , plus de devins de ce que l'on veut cacher.

Les infortunes se suivent , non pas qu'il soit destiné que l'une amené l'autre , mais comme ' un cheval qui bronche s'esbranle , redouble ; et tombe , le malheur perd l'entendement de ceux qui ne sont rassis par les précédentes ' fortunes ; le regret , la négligence des affaires * r'amene antre desastre : un homme en mauvaise fortune , les autres luy courent sus ; • ceux qui se roidissent contre, et prenant garde à eux , empeschent ces accidens par patience et constance , sans vouloir forcer le ' malheur par violons remèdes. Et faut consi dcrer que l'on n'est plus ce que l'on estoit

MÉMOipjS m GASPARD PB 8AULX.

v^ni lepiUieura^veiiù. Joipctque , lors qn»

Yon ne porte patiemment le9 malheurs et desastres , avec des paroles de desespoir , et que |*on pe conforme à la volonté de Nostre Seigneur I il luy ploist de nous cbaslier réitèrement par de plus grands malheurs que les precedeqs , qu'il faut vaincre par humilité , prières et patience.

, < L'ame éternelle , par la prison du corps > est empeschée , et de ceux qui meurent \à chair se disjoint de Tesprit ; c'est pourquoy les paroles au lict de la mort son( souvent prophéties , d^autant plus notables » que c'est le temps de vérité , d'apparition§ , de visiops. I^a bénédiction est utile aui^ enfans , prisée en TAncien Testaipeot » e( depuis pracMquéQ par les bons chrestieas.

I JlestiMitiQii de |)ien mal pris « payemenli d* debte^ » ai^ippsnesi dpns au lict dç la mort, fervent de peu au:i^ âmes : c'est donner ce qui ne se peut emporte^ ^ et dequoy on n'a plus à faire ; monstrerque l'on s'ayme mieux que ses par^ , Uf chargeant de ce qu'on oe Bj& voudroit chf^rger si on vivoit : ce qui ressemble à ceu)( qif i , pour la 'punitiou de leurs péchés ) ordoiu^^nt qu'on fouette e^ brusle lepr^ corps morts.

! Pour se prévaloir des services paternds , fïmt rencontrer de honot et justes, maistres ; l'amitié s'oublie pluptost par |a mort que Tinjure. Le principal amour des hommes est fçakdé sur l'utilité qu'ils reçoivent des autres, laquelle cesse par la mort de celuy duquel ne ee peut plus tirer service. Les bien-faicts recogneus en la postérité souvei^t sont rares* Au lieu de voir de bon œil les enfans des pères qui ont servy , ils sont tenus importuns » semblent reproclyer le service de leurs parens. S'ils soât sortis de capitaines qui ayent fait de |beaux actes y les roys et princes s'attri bueni les avoir foicts eux mesmes , nou du conseil du trespassé; et pour faire croire qu'ils ne tiennent leurs victoires des morts , expressément ils ne font rien pour leurs enfans f quelquesfois leur font trancher la teste. Plusieurs ont esté si heureux , qu'ils ont laissé les leurs en âge de recevoir le fruict de leurs labeurs : M. le connestahle Anne de Montmorency laissa ses fils mareschaux de France ; nom deneurasmes si jeunes » et principale-

Kl

ment moy , que ( joii)t i ee que ^ si^r Tavannes avoit opiniasM ^ ne pcm^ir cb^ilges les jeunes gens ) il ae deoeura de tous ses esta^ ; et t^HS ceui^ qqe [e depuis je les acquis , non que ce ne k acheminement i iceux d'f^e nay d'un de mérite , mais ce|a ne sert aiu^ eodon ignorans. Si j'^y perdu des estau , je le vois sans reproches , les ^yaol conq n'estant l'aisné de la maisoii , que le Tavannes laissa pourveu de cbargei râbles après sa mort « sans coqipter h nance du gouvernement de Bourgosgoe, avoit donné fiu comte dte Charny pour rier.

Le christianisme fondé sur ^ douleur , est la maxime qit'olM|erYeii( deles et le chemin éteme) > \e$ piis^ sppt envoyées pour nos péchés oa gloire de ^ieii \ l'iine et l'untre doives agréables; plus d'innocence , plus de Dieu est proche du deuil , plpis cçc ^ adversité qu*en prospérité : les voyes] afQictions passées ne se ressentent ; b nance du mal est plus plaisante qmux| est dehors , que celle du bjen qui s' du ; c'est braver la fortune de De e^tre pis ; c'est cesser de craii^dre est au ba^ de la ro^ie ^ qui tourne o| estouffe ; c'est liberté de sortir de la acquitement de debtes et afTrancbisig malheurs.

Il ne devroit estre permis Vesk^r

pulture « à ceux qui n'ont faict de

pour la republique; la nqltitude rij engendre le mespri^ : les baiiqoint, femmes et enfsMss en ont de SQ(qp magnifiques. Il y en a des roys i Saiact main des Prés de qiauvaise pierre ei de valeur : plusieurs de ces beaui ne durent non plus que ceux des mij faict ù Sainct Paul. C'est imprqdeoce querie à ceux qui n'ont rien fait de s ner de somptueux monumens ; la manu s'estime , non celuy pour qui elle est fait ce sont les belles actions qui honoreoi lei pulchres, non les tiltres et grades que les i donnent. Le duc de Parme n a voulu qua quaure mots sur Ui sienne • Qr 9^ ^^^^ Farwniie / les histoJLres doivent dire le r^

ml

H^Mfi m GËARLES IX.

!Mimteiitlê8{»riiidsca|:i!ta(iieé;kÉSta | H ea d/hommes qui ront cbêrchéé potit* tté

Miefoit I» vaillances nobles, non plus le b poBSfiiere n'obscnrcic les actes gène-* il; et pour laisser mémoire de soy faii*^ Hkffwr des chappelles au lieu de sepull^/ay le plus iydé à faciliter le dessein lirte du rieor le maresehal de Tatannes i pfloaciant dételle vamté, fajr enduré f 10 mère et mon frère y ayent mis leur I sans y mettre le mien. Sépulture du sieur Tiidooes bonnorable pour estrè en la fk cbappelle des roys à Dijon , vis à Vis I ssinete hostie ^ érigée par lettres pâli dn roy , et consentement de tout le ^ de Bonrgongne , tesmoignage de sa ir. Si ces pernlSaSotts estoient mesnagées, fttftre éoneédées qu'à ceux qui sont de û mérite , ils tiendroient le mesme lieu ta statues romaines qui s^erigeoient au if inviteroient I bien ftiire , si cest honifl'estoit accordé qn'attt génèrent et bien tes da public. • *

0t deat regrets , sont deux plainctes (ne fent ftiire en mesme temps , de la luse fdrtune et de la mort , parce que la iKsoupit et reiid unis totis les malheurs. pprits bien disposés ne se feschent ja<* \iit ce qui advient an monde , hormis des Ift commis , sçachant que tout s'ensererie doit perdre dans peu de temps ; tout Mfe est plus digne de risée qne d*ennuy . prospérités mondaines sont s! vaines, bode ayant tout à souhait , et après avoir liiros 9es plairirs , un grand royaume , Ijnice, voluptés , femmes , palais royaux «Mm, est troublé de ses enfans en sa fremison; ptein de maladie, fiarut enfin 9tmf\m consteau si on ne Ten eust emelé : et ceux qni ont tout ce qu*on pourdesêrer , perdent tout en un moment par lort;etiors de hi prospérité, c^est le temps ToD la perd. Les Italiens ont raison de : * Qm est bien qoMI s*y tienne , ponr faccideosqui surviennent » -, encoresqne q)o$ 3 n'en faut point chercher icy , si ce 1 un peu en la tranquillité d'esprit; c'est le de la Bier qui he se change avec les vais- I , et se porte tonsjours avec soy-mcsme. nnndrons nous la mort que les filles et v eadareal eotstanment î Cûoibicn y a-

fegers sujets! Souvenons nous deVavolr plusieurs fois désirée. Si la crainte procède dé la douleur, elle est tantost passée ; plus nou^ approchons de ta mort , plus les senthncni s'assoupissent \ demie heure de mal passui sans retour ; en six fois autant se treûve 14 fin. J*en suis esté plusieurs fois asse^ prôclië pour la recognolstré. Rien n'est ù regretter que les péchés que Ton y a commis. Le^ femmes oublient le dueil, changent d*amitié i les enfans se rejouissent de posséder (o bien.' Si c'est pc^n" le regret des voluptés qiko noué laissons, lesbestesen gouslent de semblables; Si pour les belles terres et bastimens » ils sont de peu de durée , parce quMl les faloié laisser. Plus de vie , plus de pccfaés : ^ou^ sommes asseurès n'estre punis que de cenlt que nous avons commis jusques à rbeure de nostre mort. La peur qui se reçoit est vaine d^aller dans la fosse noire estre nourriture des vers : ce n'est pas nous qui ne sommet plus là , c'est moins que nostre habit. Si cèÉ reliques estoient en estime aux esprits , combien en reviendroit-il les quérir , et rassembler leurs os qui sont en dérision ! il ne s'est jamais veu qu'aucun les ait dépendus du gi^ bet. Folie estrange et extraordinaire , de penser que deviendront nos corps aprÀs nos* tre mort , et qu'il y ait encore sous le tombeau quelque chose de nous quand nousf sommés passés ! Je louerois volontiers les anciens qui brusioient les corps , lesquels en ostoient le soing , et detournoient les esprit^ des moUumens. « Mais, ce disent-ils, la créance est la résurrection de la chair! » pauvres gens ! connue si Dieu avoit besoin , pour lious rén-^ dre de la mesme estofle , du levain de ce^ poudres , luy qui a suspendu la terre au milieu des cieux , qui donne le cours aux astres, fait les hommes de crachat et de terre, mais plustost de sa seule parole ; comme si par là mesme il ne pouvoit r*entourner nos esprits de chair , d'os , nerfs et veines nouvelles. Considérons que nous n'allons vers un tyran, ains vers Dieu miséricordieux, qui à bras' ouverts est prestpour nous reôevoir; que s'if faut satisfoireauxdebtes par purgatoire, com-' bien de joye de sçavoir qu'icellcs finies noùâ serons sauvés ! et quand i! adviétfdroit pis; a

mollitude des pareils apporte reconfort. Et si n'avons ce bien d'estrc en la gloire pcrdurable, seroit assez de punition de n*estre point ; et si nous n^cstions , nous serions comme nous estions il y a un million d*ans. Ce qui se doit perdre n'est à regretter : plustost la .besongne qu'il faut faire est faicte , c'est tant mieux puisqu'il la faut achever ; combien tost est coulé [de vingt à soixante ans ! La mort a ses biais et lustres , ainsi que la pluspart des choses mondaines : d'un costé elle semble d'une couleur, et de l'autre d'une autre ; si elle est prise de mauvais biais et à regret, quand ce seroit le salut, on s'en degoustcroit. Un esprit bien sain se mocque en soy-mesme de cesle comédie d'allumé* mens de torches , fenestres fermées , sonnemens de cloches , qui ne sont [qu'apparences et fantasies. Ainsi qu'il s'est veu des patiens plus asseurés que ceux qui Icsconduisoient à la mort /ainsi ccuxiqui meurent , résolus se rient de ceux qui les plaignent , et des lamentations de Jcremie. Adieu beau soleil , vous n'esclaircrez plus pour moy ; adieu tant de plaisirs, de voluptés, d'amis! Disons plus^ tost: Je vous laisse douleurs, catliarres, maladies, chaud, froid, amis; feints, traistes trahisons , ingratitudes , vengeance, ambition, tyrannie, défauts, imperfection corporelles , crainte de mort , souspirs , tristes souvenirs des iiiutes commises , rioites , colères , querelles , ambitions poignantes , avarice , envie , procès , rancunes. Je vay estre pareil à Alexandre , aux Césars , et à tant de roys et empereui*s qui sont morts , et plus grand qu'iceux par la grâce de Nostre Seigneur Jesus-Chri$t ; dans quatre heures je verray que c'est (si Dieu m'en fait la grâce) , combien de monarques me sont inférieurs; je rccognoistray mes amis trcspassés, père , mère , enfans , parens , attendant ceux que je laisse au monde. Qui vit long -temps voit beaucoup de malheur en son esprit , en son corps et en ses biens , perte d'enfans , d'amis, et quelquefois d'honneur. Arrivée l'heure, tant crainte et préméditée , il ne faut faire le sot comme le jour de ses nopces : autant de gain de se monstrer courageux que timide ; Tun est plus honnorable que l'autre , et mil plus diÛicile. Il esloit aisé d'escrirc

contre la mort quand nous ne sentions aiguillon ; plus près d'icelle , faut se rer à plus de resolution : tant avons cl que Teflect est arrivé; nous en parii comme si elle eust esté loiog , maim monstrons que nous sommes en sa après estre préparés , ce sera bien um il ne faut que serrer les deots et nom passés : plusieurs choses semblent de loing , qui proches sont à mesphi dirons : je pensois avoir plus de pet, pensois qu'il y avoit plus d'allaires , mal. Marc-Aurele veut que celuy qui conforte soit ù l'article de la mort comi cela est , car u*ente ans au prix de lei ne sont qu'un mouvement , si peu de fait les choses semblables. Les crueUe& leurs sont signe de salut ;. autant de poi autant dépêchés effacés : qiûioeurt ment meurt euileitte. Resjouy toy de Dieu t'y a conduit en boa sens pour le et r^îcognoistre , ce qu'il oe fait à beai et si tu es en bon sens tu ne crains rien mercie le que tu ne meurs bonteuseoi un eschafaut , au deshonneur de ta J'ay veu plusieurs meschans mourir de nades : la bonne fin présage paradis.

peut estre trois heures en m^sroe estât: tristesse, plaisir, douleurs, se suiveDi; sans envie, nul sans regret.: plusicif} voudroient estre au commencement delor pour passer le mesma chemin qu ils oot 6 Pour prévenir 4a peur de la mon,ilf(J avoir pensé. Aucuns tiennent le penun plus grief que le trespas , qu'en niora n'y a qu'un jour de mauvais , en y peiJ plusieurs. Sera assez temps de penser au i quand il adviendra. Je le croirois aiD»,a toit le christianisme et le salut de Tamc , lequel la méditation de la mort est nece Il ne faut douter qu'elle ne se présente rible des terribles à ceux qui ne sont rés. Ceux qui ont fait leur paquet , p leur antidote contre la peur, conti'ele contre l'heure du trespas , disent aux à leurs : » Je vous attendois , je sçavois » que j'en devois avoir ; si me laisserez v Et aux pleurs , criailleries et imporiuoii «C^est la coustume qui passe soudain,!

>' (jui ne diu^ejque quinze joui*$. » Scrcsc^ud

fîl

RÈGNE DE CHARLES IX

mration de la 'mort, regarder constam- I ceste division de Tame et du corps , pe le ceotenier qui idisoit aux ministres jieiw : " Frappe aussi assenrement. que lUfids le coup. » II n*y a qu'un saut à f ; fespoir de la yie étemelle , par la ini« ^ de Dieu , nous' asseure. Qui a fiiit \jf mort ne la doit craindre , pensant icemesffle estât quMl est il a réduit les s. La mort a esté quelquefois désirée ibicion et envie , considérant un moins ^ nous et moins vaillant avoir tant eone fortune , qu'il commande aux es ainsi qu'aux esclaves. Combien de 4-on souffert des regrets et des doupires que la mort invoquée à secours ! nets , les monarques sont morts , et tant 18 de bien qui valoient un million de Ib qne nous ; pourquoy ne mourrons sostamment? Différons des faquins et ■8 par constance. La recompense du lai est se mocquer de ses propres n sans s'estoimer ; aucuns font les vailet meurent délicats , ainsi que les fem- K les enfans. Il faut respondre aux m sur ce qu'ils disent : « Je m'en vay k — Pensiez-vous toujours vivre ? — pnde douleur. — Vous n'en aurez plus.

f^m de vous laisser. — Nous en laisiiraau^.-^ne deviendront les miens?

eo est père de tous. — Je pleure de lais- MB eofons. — Eux rient peut-estre de tt TOUS vous en allez. — Je crains ftdiés. — Dieu est miséricordieux. — lim heures je seray sous terre. — Ce mpsvous. — Je crains pour mon esl-tltreuvera repos où plusieurs sem- Ifesâot. » En effect , les saincts ont désiré «t; les esprits , dans les oracles , la qua- (M le Souverain Bien ; enfin, c*est estre Kki d'ane esclavitude ennuyeuse. Seneec aoires ont remply des livres de ces iptes ; j'en dirois d'avantagée , sans la led'escrire ce que j'ay leu dans iceux. (piste Gesar , cbef du monde , vainqueur !s eonemis , qui jouyt trente ans de paix (rselle, sons lequel Noslre Seigneur vouttistre, nommé très-heureux, souhaitte tm fois la mort ; l'ayant présente , tient i tic une farce ou commedie, oc s'en

mocque , requiert un applaudissement de ses amis , comme ayant bien joué son personnage.

La mort inopinée est redoutable pom* le salut de l'ame , et douce parce que c'est une confusion de sens qui donne temps & la peur, esteint toutes pensées temporelles et spirituelles ^ celle qui donne le loisir de se résoudre aux habiles hommes' amoindrit le mal. Ce nom de mort est mal adapté , puis que nous croyons que nous ne mourrons point; le nom de passage ou trespas seroit plus propre. A ceste heure-là il fout avoir preveu à tout, sans avoir plus d'aflaires qu'à prier Dieu , se mettre et tenir en bon estât ; cela foict , il n*y a rien à re{jretter ni à craindre. Dieu ne nous a pas créés pour nous damner-, nous avons pesché en desobéissance , à ne l'avoir servy , en ingratitude , incrédulité : espérons en sa miséricorde, puisque Nostre Seigneur Jésus- Christ a satisfait à sa justice pour nous. Il ne fout s'assoupir ni s^endormir à ceste heure si dangereuse ; tant de gens gehenés , roués et martyrisés innocemment ont souffert patiemment : plus la douleur est grande , plustost elle finit ; celle qui est passée ne retourne plus , elle passe en chemin faisant. Les coliques , les pierres , les maux d*enfons , se supportent des sexes plus infirmes , qui sont plus acerbes que le trespas. Comptez les coups de cloché de la passion , la douleur s*en va avec le nombre. Ceste ame , cest esprit en sa perfection séparé du corps, de substance eter-' nelle , est créé à la gloire de Dieu. De quoy auroit servy ce soleil , ceste voûte admirable des cieux , ceste terre suspendue , ceste mer limitée , si les âmes n'estoient éternelles , pour se souvenir et dire à jamais les louanges du Tout-Puissant , et magnifier ses œuvres? Pouvions-nous estre deux fois? acquittons nous libéralement de ce à quoy la nécessité nous force. Tu peux avoir gousté toute sorte de biens et d'honnem*s , une longue vie ; ce ne sont que redittes. N*y a-il pas dequoy rejouir grandement d'estre en un estât certain, et non conime l'oyseau sur la branche , subject à tous périls? Regardons les malheurs passés, et nous serons comme ceux qui ont foanchy un grand vallon ou fossé reihply de féu , de fer et de tourment, ou comme ceux qui, ayant

IfS}

^mÊn ianorteb. Il hm croire eu |« de Bieo , m salot , ou esire privé , cooNiie nous estions i| y a de poignens regrets de n V à tes prpois , adievé ses JbMtimeiis , I, fini sesescrits , ptyé ses il.YrpEjpe wÂé de ceux qui denum- H wmÊél i ipiel propos h demander, mx mois nous serions en la ? El poiaqne h doulear a fail dn dMHttitt, achevons le reste x dire an roys et hienlienrenx , on an ^9 de craindre la mon» Delifrés de ce peut esire emprisonné 4ans des

barreaax, cachots et prisons obscures, nous serons dans pous mesmes, ame , esprit , qui peut passer au travers des mm^illes d'aicier , non subjects aux infirmités corporelles» ni aux lois de (a nature , ains tous redujcts k la volonté de Dieu. Nous plaindrons nous d*estre hors de ceste esdavitude corporelle , eplournés de tant de malheurs ? et fout-il tant de Ai* çon pour en sortir , puis que les eirfans , les ignorans.et plusieurs sages Tont souflerte sans eslonnemeot? Soyons bien avec Dieu , croyons et nous repentons , nous trouverons ce passage

1 US GUBRRRS DEMBSLÉBS TANT IN PIIDUOUT QD'AU MONTPEMIAT IT DUCHft DB MiLAll , FAB

tMBSSimi CHA1LE8 DB GOSSÉ, GOMTB DB B1I8SA€, MABBSGHAL DB FBANGB , BT LIBUTBNANT- ElAL POUB LB BOT HBNBT II DBLA DBS M0HT8.

comicekçaut sn i^ARiiis 1500 n tfntssAiiT nr iSM;

ATEC CE QUI SE PASSA VU AmiÉS BHSVITAlITBi f Vft L^EXiCOTIOll M LA FAIX.

Page 1