‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 42 sur 224 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

riale entreienoit au Milanois ^tauPiedniont t estoicnt si grandes et si aisées à a^embler avec celles de Sa Saincteté , que les deux eur treprises seroient tout en un coup tiei^reuis^ment exécutées , et auparavant que lep François peussent jamais venir gin secQurs , i^ souvenans de Tancien proverbe qui d^ct : Spif

ion amy, non voisin, le Françoif,

Que par après elle pourroit , hors tout isqra^ pule de conscience, donner la Mirandole às^dicts neveux , pour maintenir laquelle Tem* pereur leur contribueroit de quoy y entretenu: forces convenables. Finablement , qu il ^^roif fort aisé , les choses ainsi disposées , à desjr^ciner de tous poincts la fleur-delys de Htalie, et la recoigner bien avant au delà des Alpes»

Le dire pouvoit esire plausible, niais l'e^^o* cution difficile : voilà comme les princes cbrestiens se brouillent tous , tandis que les Infidèles avancent leur fortune sur les cbrestiensi dont la pluspart d'eux n'ont bien souvent que le nom , tant Tambition les transporte.

Que les affaires succedans ainsi heureusement , Sa Saincteté auroit par après , comme il estoit raisonnable , toute souveraine disposition en Italie , pour administrer plus paisible^ ment le Sainct Siège , et agrandir aussi ses parens et ses amis, auxquels,, venant elle i défaillir, Tempereur serviroit tousjours de second père , bienfaicteur et défenseur.

Voilà le sommaire des belles et tardées remonstrances de Temperenr , lequel ne s*apperçoit pas qu'au mesme instant qu'il proteste de sa dévotion envers le pape , il a encore les mains toutes souillées du sang des Farnaise^ et de l'usurpation de Plaisance sur ses alliés i par la restitution de laquelle il devoit donc bastir la foy et la croyance de toutes ces belles paroles et promesses mesmes , puisqu'il coufessoit que Plaisance estoit de la mesme qua* lité et desmembrement que Parme ; mais l'ambition mal mesurée , et l'interest particulier aussi , nous tirent toujours par leur violence hors du droict chemin , pour bastir çà bas des grandeurs qui s'esvanouissent aussi tost que l'ombre d'un songe. £t à la vérité , ores que ce prince fust fort sage et fort advisé, si ne peut-il jamais de son vivant assouvir ses ambitions parmy tant de royaumes , ny endurer aucun pareil ou esgal à luy. C'est ceste

MM

MÉMOIRES DE BOTYIN DU YILLARS.

rage et ceste outrecuidance qui le tindrent tousjours en guerre avec François I , qui n^attachoit pas ses espérances moins haut que lu y, qu'il alla assez inconsidérément, tout vieil et cassé qu'il estoit, envelopper en nouvelles guerres , contre le soleil levant de ce jeune et généreux prince Henry second , fils de François.

' An rebours duquel ce prince , en tontes ses intentions et en toutes ses actions , tout cassé qu*il estoit , méprisoit tout honneur et toute conscience , pour avancer ses desseins et sa grandeur , oubliant que le dernier reqpirement de ceste vie sera renfermé en Tespace de cinq pieds de terre. Las! qu'y peut-il avoir de plus impie ou détestable parmy les humains , que de voir le beau père , tel qu'estoit Fempereur au duc de Parme, poursuivre à toute bride la ruyne des enfans , desquels il avait fait cruellement massacrer le père? Les âmes françoises bien nées ne consentiroieat ny n'aprouveroient jamais ces exécrables impiétés, louées et aprouvées néantmoins par ces demi-Mores , qui ne croient en Dieu que sur bons gages ^ puisqu'ils envoyent, et de sang froid, leurs propres enfiins à la mort. Le pape , aussi mal conseillé que ses neveux , se laissa en fin emporter et persuader par l'allecbement de toutes ces belles promesses et remonstrances, ne conûderant pas, ainsi qu'il devoit toutesfois faire , la grande diiference qu il y a toujours entre le hiict et les paroles, et que celuy prend tousjours mauvais conseil , lequel , pour la passion ou pour Tinterest d'autniy, entreprent chose de si dangereuse et incertaine conséquence qu'est ordinairement la guerre ; et que la France estoit si pleine de biens et de toutes autres forces et moyens , qu'il y avoit plus de hasard que d'asseurance à Tattaqucr et irriter ; que les François avoicnt tousjours esté très-propices défenseurs de l'Eglise, et ceux-là mesmes qui l'ont, plus que nuls autres, accreue de biens et d'auctorité. Sa Saincteté se devoit aussi souvenir que le propre oflice et devoir d'un bon pape , c'est d'apporter et entretenir la paix et non pas la guerre , et qu'en practiquant le contraire à la ruyne des chrestiens, H n'en poorroît recueillir autre moisson que les mesmes iuiproperes et malédictions qui

doivent estre fulminées contre' ceux qui • rendent plustost loups ravissans que gradei pasteurs de TEglise de Dieu ; et , en sonne que tout le dessein de Tempereor , cait < dissimulé , tendoit & toute antre fin que ■ faisoient ses paroles et ses propositions. Etd faict , le temps , père de vérité » deacouvri bien tost, mais trop tard pour le pape, qi l'empereur ne visoit de droict fil qu'à s*cb parer autant de Parme que de bi Mhrandole, < à effacer et renverser de fond en cooèl l'amitié et rintelligence que la France etti tenoit en Italie , à fin de pouvoir par tiprii plus commodément , donner la loy antnt Sa Saincteté qu'à tous les autres princes et pi tentats de l'Italie, à quoy la seule Ftm donnoit tousjours empeschemeut.

Mais, par ce qu'il est autant mal-ayiéi la cour de Rome qu'en celles des autres | ces , de pouvoir si cautement et secreu traicter et négocier de si grandes ai&ires, mesmes par personnages d'auctorité n'y sans résidence ordinaire , que quelque scrutateur ne pénètre toujours au travem ne fasse son profit de ce qu'il en a peu couvrir, il advint que toutes cesmenéesl descouvertes au roy » au cardinal FamMi au duc de Parme -, au moyen de quoy faits sages par la récente misère du frm du père , qui avoit espousé Marguerite bastarde de l'empereur , concourent une ji crainte de courir pareil inconvénient qnV et par la main propre de ceux-là , toutesfois ils devoieut attendre plus firâil ble conservation. Ces princes, intimidés fâ ces pratiques et alarmes , furent lors eoitraincts à tourner Tesperancc de lenrslhl vers la France , qui a tousjours esté le porttf l'asseuré refuge des princes injustement ep pressés. £t par ainsi ils commencèrent I sonder et à pratiquer le roy par diverse offres , supplications et remonstrances , avtti par la voye de leurs ministres , conune ps celle du cardinal de Tournon , lequel fiiieoi lors résidence ordinaire à Rome. Lesosuntip desquelles remonstrances fust tel : àsçafoi que l'empereur , non encore assouvy dn su| et des persécutions de leur maison, avoit par diverses promesses et simulés prétextes disposé le pape à se ranger de son ptftf .

LÏYRË PREMIER.

ISBO]

twtr . par voyo do hkx ci non de jnslice . les Mpouillcr du Parmesan , ci conjoinciement l&si essayer de coaqueiit* In Mirundole , qui [mût de loute anciennciê sous lu protection ^ la couronne de France.

l^Qiifi cesie conjonclion (endoil ansslfioccuçr el pnringor enlr'eux les biens et les est des autres poleniats et republiques d'Iec iitlention de ciiusser après les uiçois du PJL'dmont et de la Savoye , qui ■oient (k> propugnacle et d'eniri'e en ilîe i et que par après la Provence , le Daubé , la Buurgangne , la .Cliampanne et la Urdie, devifndroient la {■lorieuseelinfuilie moisson de leurs armes cruelles et ava- Que Sa Majesté , comme prince irès-adé, ne B^-aiirui( pour lors trouver meilleur >yen d'eiiipesclier et de i-enverser tous ces ueios, qu'eu prenant en sa proteciiou et ivegHfde l'esiat et ta personne aQligée du ic de Parme , sans toulesfois trop apperleïBt s'en descduvrir pour eiicores , ains le seulement couverlement assister de B fmtxs et de ses moyens ; d'autant que f , qni avoit prevcu ce grand orage , avuil cçi commencé à à bien pourveoir à ses (lires, qu'à l'aide de Dieu il se maintienroit par si long temps contre les forces pales «t impériales , que lo roy auroit assez ItMsir, et pour préparer sou secours, et ■r enlrepremlte plus grandes choses au laissemeDt et confusion de l'inveieré et Inre! ennemi de la l-'rancc. Que l'Alli B,lulelante et désormais cslangourée par fréquence des cruautés et des tyrannies Tempercur , qui iriomplioit trop superb< HU de la gloire des Ocrmains , ne clierchoit le Us occasions de quelque nouveau reaiuemt de mesnage , pour seurcment et douceeat secouer le joug impérial ; que la fortune leil pieçàfort lasse de favoriser ce maladif, néanmoins par trop sujierbe et ambitieuv lequel ne pounoît plus subsister, le il avoit fait par le passé, contre l'iule et généreuse valeur des armes fran- I ; que la trop grande conttance et pre- lion qu'il avoit jadis] conceuc et de sa erce el de sa puissance, luy serviroient desornais d'apasl ut d'aclicioiuemenl à toute ruyne. Qoe (Ouïes nulioosadorei'uieutplus volifutieis

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le beau soleil levant du prince francois', que le couchant de l'empereur : de manière qne lotîtes choses se irouveroient si favorables à la France , que Sa Majesté recueilteroil bienlost une fort mile et fort glorieuse moisson. Que lu où , par le contraire , Sa Majesté se YOudroit par trop complaire ou amuser en sa propre grandeur et en l'abondance de ses estats , et cependani négliger tant de belles occasions qui prescnloient dès lors le fruict presque tout meur et ' tout asseuré , qu'à la fin elle auroit , par sa propre coulpe et nonchalance, toute la puissance du pape et de l'empereur sur les bras. Que tant plus Sa Majesté estoit grande et puissante d'armes et d' estais , que tant plus devoit-elle craindre et se precaulîonner contre les envies et les aguets de ses voisins, qui esloient tousjours sur une oll'ensive desmarche. Que ceste grande et heureuse domination que la divinité luy avoit concédée , n' estoit pas pour tenir en relasche un cœur si généreux que le sien, ny pour s'espouvanter parmi les grandes alfai res , ains de les courageusement embrasser , autant à la gloire de luy et des siens qu'au salul des ullligés , en quoy consiste la vraye grandeur et magnanimité des grands princes. Finalement, que c' estoit chose digne de la prudence d'un si grand roy, de prever nir les inconvenicns plustosl quedelesalleodre de pied-coy ; de plustost mettre la bryda à autruy que la recevoir soy-mesme ; et qu'û n'y avoit rien de plus dangereux i> la mann» tention des grands royaumes que de se laisser surprendre à la nécessité , laquelle avoit cela de propre , qu'elle ne laissoil jamais rieii faii-e ou juger bien à propos. Pour conclusion, que le duc de Parme feroit le prologue et la théâtre de la comédie, où les premiei-s coupa d'essay se jetteroient , et avec main si circoa» specle et réservée , que le roy pourrait ton»jours (selon le goust et le jeu) s'advancerott retirer ii son plaisir , et faire son profil dé l'hasard et des calamités d'aulruy aupar»vai<; qu'elles lournasseal en tragédie. 4

Ces propositions et ces remonslrances ni furent au commencement gucros bien receucs , au moins par ceux qui avoïent des-jk faicl expérience et du Iwn-heur et de la puissauce de l'cpipcrcur, ci qui cognoissuieiit ansci

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MÉMOIRES DE BOTVIN DU VILLARS

par pratique le peu d^asseurance qu il y a bien sooveni en la foy et aux promesses des Italiens , le^uel3 ont presque ordinairement r^cbercbé les François , plustost pour s'en prévaloir à Tavancement de leurs affaires et, de leurs vengeances particulières, que pour envie ou intentions qu'il eussent de voir prospérer leurs armes ny prendre pied en Italie. D'ailleurs, ils consideroient aussi (et Cjcrtes à bon droict) que les evenemens de la guerre sept tant douteux et incertains , que I9 perte tourne bien souvent du coslé de ceux qui lont mieux consultée et entreprise; qu'elle n'apporte que ruynes et désolations , n'estant autre chose que la justice 'de Dieu , sur ceux qui ii^justement et de gayeté de cœur éminçassent indifféremment toutes sortes d'occasions qui leur sont proposées pour travailler ou enjamber sur autruy. Qu'il ne faloit pas tout à la baste embrasser ces occasions el ces remonstrances , ains les digérer avec conseil constant et rassis; car, de faillir et s'en repentir après le coup , c'estoit folie et simplcsse. Que par le contraire toutes choses procedoient prosperément à eeluy qui sçavoit ncurement prévenir et balancer les affaires au poinct de l'honneur et de la conscience ausdi , qui scrvoient tousjours de planche à la prosperilé.

Neantmoins le roy, lequel se deschargeoit des plus importans affaires sur Tinveterée prudence et fidélité de messire Anne de Mont- Biorency, connestable de France, en ayant conféré bien au long avec luy et avec les autres princes et seigneurs du conseil des affaires , commença d'avoir pour suspect toutes les menées de l'empereur, et recognoistre qu'en y apportant , et de bonne heure, quelque interruption , elles enveloperoicnt el luy et ses amis aussi en des inconvenions qui peu à peu deviendroient du tout irrémédiables. Pour raison de quoy Sa Majesté se laissa aller à donner quelque plus gracieuse audience aux propositions du duc de Parme qu'elle n'avoit faicf au commencement , mais toutesfois avec intention toujours de ne rien remuer qu'avec toutes les justifications que doivent pratiquer les princes qui ont en considération l'honneur et la foy des traictés de paix et le repos universel de la chrestienté ; et toutes-

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fois la plus-part d'ehtr*enx tiennent qn'ei matière d'estat , il faut plus servir à Tutilité qu'à riionneur. Par ainsi Sa Majesté , désirant mettre toujours le droict de son costé, dépescha vers l'empereur pour luy faire plainte de plusieurs remuemens qui se faisoient par les siens an préjudice de la pan , le priant d'y aporter les remèdes conTemiUes, avec une saincte disposition pour la garder et inviolablement entretenir, comme le rov avoit faict de sa part , et feroit encores 8*Q n'estoit forcé au contraire.

L'empereur , subtil et secret , et qui par un espoir mal fondé engloutissoit fout b monde , à l'alarme de cestc sommation , juges par sa propre conscience qu'il folloit tascber à mesnager le temps et le porter le plus avait j^ qu'il pourroit , à fin de pouvmr avec plusdil jugement, de loisir et de seuretë, prévenir |^ tout ce que le François pourroit entreprendre ^ au préjudice de ses menées et de ses intea- -^ tions. Et par ainsi il respondit, en termei j^ généraux , qu'il n'avoit , quant à luy, autre L^ volonté que de bien entretenir la paix » d | -^ qu'il pourvoiroit de son costé à ce que riet ' n'advinst qui y peust apporter altération, eit perant que le roy feroit aussi de mesme. Le prioit cependant de ne prendre aucun onbrage ou soupçon des forces qu'il faisoit tfsembler en divers endroicts, car toutcda ne tondoit qu'à contenir les Allemands, qal avoit n'a gueres domptés , et qu'il cognoissoit subjects à remuement de mesnage , et loil d'un trait aussi s'asseurer des incursions di Turc qui molestoit l'Espagne , rAllemagne , la Iloogrie et l'Italie.

Pendant que l'empereur entretenoit le rof de ces belles promesses , il ne laissoit tontesfois de donner ( à main couverte ] toute l'assistance qu'il pouvoit à l'Anglois contre h jeune royne d'Escosse, laquelle estoit en la protection du roy, de faire aussi publiquement mourir en Allemagne , et par commissaires attiltrés , aucuns serviteurs et pensionnaires de Sa Majesté , sous prétexte qu'ils avoient servy des princes contraires à TEmpire , et de Uisclier aussi , par toutes autres sortes de practiques et de corruptions , d'inteitompre la confirmation de l'alliance des Suisses que la France vouloit lors renouvellerieCi

LIYAE PBËHIBR.

jdrledireeDiinseiiIpiot, il faisoit tout en I coup <^o *v®^* endroicts , et sou3 diver- $ occasions et prétextes, infi»U dcporteeus deoionstraiifs d*iiiie très-mauyaUe vor Bté et disposition envers le roy , ses estats ses alliés , et tels qu'il y avoit assez de '^ mettre aux champs des armés moins «stases ou remuantes qne celles desFranl Et pour dire vray , ceux-là rompient la ix,Donqai les premiers font la guerre, is qui cauteleu^ment s'arment et eipbra^r i des menées au préjudice de» accords e^ (alliances , comme faisoit Fempereur , qui Joii dire que tant plus les occasions de la irreestoient et courtes et légères, que unt s devenoientelles grandes et dangereuse^ eox qui se reudoient negligens à le^ em* sscr et poursuivre. Aucup^ OQt remarqué ! le propre des empereurs est de chasser tyrans des villes , et que ce^uy-ey »

le contraire, Test devenu luyrnc$me« tous les lieux où il a mis la main , ne Imlut sâ grandeur que par pitlcries, fraudes fomperies ; tesoioin le tour qu'il joua au François , lors qu- il Tlionora et qu'il luy na passage par la France , et duquel il se squa soudain qu'ail eust mis le pied en la odre. Autant en avoit il précédemment :t an pape Clément YII.

!o ce mesme temps il advint une chose qui la bien à advancer et disposer les affuirea I guerre, laquelle chacun couvoit sourdem de tous costés : c'est que le prince de eroes et autres seigneurs néapoUtains firent le quelques ouvertures au roy sur le re- 4i\Tcnient du royaume de Naples, toutes squdles toutesfois eurent depuis avec mauliseiisae , et pour le roy et pour les entremût% aussi.

La délibération et la resolution de la guerre Beora , nonobstant toutes) ces propositions ouvertures, assez longuement suspendue re crainte et bon vouloir , non seulement à idroit du roy, mais de ceux là mesmes qui s Yolontiers la persuadoient , comme faimt, entre autres, M. le duc d'Aumalle, luis duc de Guise , qui tenoit lors le sed lieu- de faveur et de valeur près de Sa testé. Toutesfois , ayant à la parfin et le$ et les autres bien balancé et cont^epoûté

ks alTaires , avec les remuepenâ el les i^couvertes menées de Tempereur, et conjoint* tement considère que ccîuy lequel de luiM0 # par presQmption ou négligence , snrprendri par les armes epnemiea auparavant qu^U ^ soit bien préparé et pourveu , se trenve ottrdinairement envelopé de grandes dilBcuUés , d'un aspre désir de vaincre et d'une enniinuclle cl craintive appréhension , laquelte M laisse jamais faire aucune bonne ni solide resolution ( et à la vérité oeux qui par un iMHt pide et sage jugenu^nt sçavent gnndreiiMr ment enypieter la première repntatj^w dn Jf guerre , sous la bénédiction df Dieu , en m| le plus souvent advantagense $n), I)ieii wikr lut , pour le mal de hi France , Ae l'Italit H du roy propre , et de toute la pbreaUniM^ aussi , que IdUiance et la pruteoiion du flufe ]de Parmn « f ust embrassée et m^eioAi 9fmf certaines conditions , dopt cestesHsy smI toa principales :

Que le roy recevant en s^ proteniion «t sauvegarde la personne du due ê» Barmn » ses estats et subjeets, et qu'à ces ins forea^ snfljsantes luy neroient contribuées « pu Int deniers nécessaires pour ce faire.

Qu'il auroit une compagnie de denx unns chevaux légers entretenue , avee quatre mif^ Uvf es de pension » et honoré du noWer àf iVrdre de Sainct Michel , tenu ior$ ei| itntâ autre vénération qu'il n'a esté depuis km guerre» civiles , qui en dentonp^ent la ÎHinde au mespris de sa dignité*

Que M. de Termes , qui ayoit , sur In fnor dément de ceste prochaine ffuerrn « i^sié poi auparavant envoyé amba^sad^r vers k poM, commanderoît au |ai|Ct d^ hi guerre » um$ if charge du duc, auquel il ne seroit jamaiy permis se départir iiu $ervîce du roy, mum ap cas que l'empereur Iny restttu;|fti le 6laisa»tin sans rien y retenir* et qu-en^or en a$ cas , auparavant que rien fiûre eu nâeepl») il en auroit l'advis et le particnlier oon^em^ ment de Sa Majesté : ce qu'il observa tràs^ mal depuis, quittant le roy m fort dea^aft* faires.

Les choses ainsi résolues , on commença à cottverteoient préparer de tons costés forcée et moyens , confirmer amitiés et alUancei i el i en practiquer de nouvellee. -^

MÉMOIRES DE BOYVIN DU V1LI.ARS

• Ce lottt les premiers fondemens de la QUerre qui mit depuis toute la chrestienté sens dessus dessous , et par la considération desquels chacun pourra aysément Juger auquel de ces deux Rrands princes la coulpe <M| estre attribuée du remuement des armes.

Cependant , me trouvant entré dans Tan

• WO , je reprendray la suîtto et le droîcl "1 de ces mémoires.

Ayant en ce temps la duchesse de Valen-

^•^» aimée et fort favorisée du roy, re-

'^^■tiQé tout ce qui se traictoit et preparoit

P^^^W* bien lost ouvrir la guerre , et pareille-

^^t que le prince de Melphe , lieutenant

A du roy en Italie , estoit tombé en une

^^^>Klie fort dangereuse pour un homme si

«I si caduc qu'il estoit, elle délibéra de

iHTMtiquer de bonne heure , afin de faire y

^ 1% démission de Iny et menées d elle ,

^^^ber ceste dmrge es nains du sîeor de

^•^^■i^L, lors grand maislre de Tartillerie,

^^^^ imealion , sekm la disposition du temps

^^tl^e nCiires« et ce qu'elle gagneroit et

'Uqueroit envers ce bon prince « d*cn

^ par après In reqneste à Sa Majesté; b-

^«]|^Me avoit aussi de sa part grandement à

radvnncemeni de ce valenrenx set-

^ur de Brissnc , la nMre dnqwel avnit csié

2^^^*>'^rnnaie dss edbnsde Flnnce. lorsque *^y nmnçeis ks envoya ses pkiges en

^ ^^% pour plus seurement et convettement I . i^*^r vt^wlr » ceste dame se voulut servir de aS't^*'^'** de Tabbé de Sainct Victor, fils j- J*^**^* prince, qui estoit lors en cour, et anl'^**' » * ces Nus, elle remonstra qu'estant son ^^^rj^ tnaladif et desjà septuagénaire, il ne de- .^7* Ç«« P<>n»«<- qu'à vivre en repos, hors les l^J^T^^ ^ soigneuses charges qu'U avoit sur t* uL «ras , et qui estoient plustost pour croistrc }%mÎ^è- f^ ^^ P^^ diminuer; qu'elle, i»r^ *7^" *^"^® ancienneté aimé et es- ^ S ' «>nfeaioît de se retirer désormais « tJ^^ ^" '* recevpoit traictement digne ?i«ns*^ " et fidélité de ses services? le « »V« î^^"»" '* *^ re^lust àainsile faire, dW T ^'^^ ^"•'«uniquer qu'à elle

r«nnl ià4

**** "^ Brissac pour son suc-

F meciam, à ces fins, par lettres | mission, de Brissac pour succéder w

de sa main, et au père et an fils, moyenner toute la recognoiasance i qui dévoient estre espérées de si | prince qu'estoit le roy. Pour conclu apasta si bien , et de paroles et de ses, le vénérable abbé , qu'il entreprû luy-mesmes traicter ceste uegociati faire trouver bonne au père. A qoo] depuis ce bon seigneur acconunodé le vingtiesme juillet ensuivant , enu roy, par le secrétaire Pelisson, qi puissance, b vieillesse et les maladi voient reduict & tel poinct , qull ne rien plus que d*estre déchargé avec I des grandes affaires qu'il nvoit sur le\ à fin de pouvoir désormais donner 9 tranquillité et quelque relasc/ie à cesle vieillesse et indisposition. Et ponrautâi ceste farce se jouoit ainsi couverteiacLi Ion rinstruction de la duchesse de Val nois , elle accapara de bonne heure h n ! dn roy, pour la disposition des estats et cbi 1 dndict prince, an profit dudie/ sieardeBri Cependant le connestable, qui avoit me intention et dessein que cesre dame, et n east aussi jamais pensé que Sa Majesté , comme elle avoit desjà faîct, militaire , niesme de telle ii qa*csloit ceste-Ià , sans sù partie^ le roy d*envoyer le sieur de le prince sous couleur de la en elfect pour le vivement pet faire ceste démission au proBt da Ari CbastiUon son nepveu , lors coronoeli de r infanterie françoise , et depubi gereax admirai de France : mais il lroina( la femdk avoit & ce coup esté plus Use eff diligente que le masle , ores que d'ioT sagesse , et que le marché estait desjèi arresté de tons costés : de manière que, sant lors de nécessité vertu, force lu fk donner ce qu il ne pouvoit vendre « 01^ le sieur de Brissac estant îon cousio, h il eust esté mal séant de s*opposer.

Le premier Jour de juin ensuirant, h renvoya le secrétaire Pelisson vers le de Melphe , pour l'asseorer du désir fiii^ Majesté avoit de le bienlraicier,et(icref leclion qu'elle avoit aussi hkre, p^^^

^rge , et qu'elle esloit après :\ le fairo df.^ T, à Bfi de luy aller lever le sie|;p; tscuraol le prince d'eslre lo très-bien venu

le tnietix Iruiclé , eoofurme à ses gi'ands et labies mérites, et qu'il auroil pour sa relicie la pluisunte villeltc de Romoraniin, le asicau el le revenu avec ses pi'iisiuns, et a lils des bénéfices.

Snr le commcnccnienl du mois d'aoust, ic print la roule dti Piedinont, accom- \gaà d'une grande Inuippe de notilesse. Ar-

int b lu Nuiivalaisc , première bour{;adc du

s, et ù la descente du Mant-Oenis, il eut

irellea (juc le prince de Mflfilie.qiii csloti

! de jours auparuvam arrive^ h Suxe, tii-uii tti fia, et <|u'il le priuit de dilif-emmenl

Ivaacer, à Ou qu'il enst ce bien de le voir de conférer avec luy premier ([ue de mou-

: pour à quoy satisfaire il monta soudain h eval- Etayanl par les clieniius nouvelle re- ■rge de son extrémité fort eMrenic, il Kt

pleiae caitipagnc un mut de depcsclic au f , par le sieur de Founjui'vaux , suppliant

Majesté que , venant le prince à delà llir , I plaisir fusl de l'hanoriT aussi bien de la iRscbaussec de France qu'elle avuit de sa KC desjà faict du {jiiuveraement, promettt que , combien que ses services tt'eus^ent sor altuint si liaut uieriic et rccompencc ,

foire neantmoins, Dieu aidant, ti-l dcporneot ag maniement de la giierrc et des lires, que Sa Majesté le jrrgeroit bieutost Eaot digne de l'un que de l'aulrc. La forte, qui est cousiumiero de favoriser à Res mains ceux qu'elle veut clierir et emwer, comme elle fuisoit tors ce soigneur, f fit gracieusement accorder tout ce qu'il inandoit, par Tenlremisc de ladiele du- Kte, nonobstant l'instauc- d'inttuis com-

te aieur de Fourquevaux oui pour ses s Testât de commissaire de gnenes , par irticblier priviloj'e de nomination à iceux

rtmi les marescliaux de Fiance à letir prc-

iere histituiion.

Ceste depcsilic 'ainsi bastivcmcnt faicte , c vim trouver le prince de Melphe , qui I des-jù si avant au trancc de la mort

fil n'y eut onir'cux qu'une simple visitalion

coasotation : cl de hkl il perdit soudain

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