LIVRE DEUXIÈME
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Is donnerenl la cbaliiàde ; laquelle estant le, et demandans à parlementer , le maal dépescba vers eux , moyennant osta- Mooduc et Vimercat , et moy avec eux : jeutat si bien jouer leur personnage , le pesme jour la place fut remise ëa fdfl roy, avec rartillerie et munitions; (Bs de guerre sortirent leurs bagues s, amies serrées et enseigne^ ployées.
loient environ quatre cens hommes de qultalîens , qu'Espagnols , et cinquante MX légers sous la charge du comte de le, lequel quelque temps après vint rrice du roy , et le tout commandé par Die de Lampugnan , gouverneur de la Esuns sortis , et cinq cens des nostres (dedans, le marescbal, recoguoissant leureux commencement de la seule main eu, et non de la force et prudence ^ alla liiient à Teglise, accompagné de tous igneurs et capitaines , en rendre grâces anges à sa Divine Majesté, u de la ville > estimans esti*e sortis de ÎD des furies infernales peur tomber en des anges, firent tout ce jour grande qssance et festins à tous ceux qui fu- ^partis de leurs maisons, auxquels, fûne capitale , fut commandé de se goulet modestement , et surtout à Tendroict dvnes, et de obéir à Monlluc et Vimerson collègue , qui commanderoient dans k.
vAi&BL obmettre un poinct digne d*esremarqué sur le lait de la reddition de ers; c'est qu'ainsi qu'elle s'executoit , je iflGosuy d'un gentil - bonune espagnol, sseï bonne apparence, nommé Davila, t lequd devisant de ceste ouverture de m, û me dit en son langage ces mots : Voosavez bien sceu , messieurs les Fran- , commencer la guierre à vostre advan- ; mais j'e^ere bien toutesfois que la mnalion sera celle qui nous fera empore dessus, par Timpatience avec laquelle conduisez tousjours vos affaires. » A quoy y respondis que le chef et les membres ent pleins de telle prudence et valeur , justice de la cause si bonne , que Dieu il tousjours de nostre costé , et qu'à un
nostre il donneroit encore plus glorieuse fin; J'en fis après le discours au mareschal , qui le receut certes à un sinistre augure pour l'issue de la guerre , comme il advint depuis par la mesme impatience ou imprudence que ces^ tuy avoit pronostiquée. Sera austi notté , que si la reddition ne se fust foitte ce jour-ià , et que le mareschal se fust arresté à Topinioii de plusieurs qui vouloient ou qu'ils se rendissent à discrétion, ou qu'on vinst aux mains, à grande peine en eussions nous jamais eu la raison ; joinct que dès le lendemain les pluyes vindrent si grandes , que , n*y ayant pas encore deux pieds d'ouverture en la murldUe , on eust^sté contrainct se retirer , non sans grande diCSculté, et en danger de laisser l'artillerie dans les fanges , qui furent telles qu'on fut trois jours à la retirer dans la ville seulement. Mais Dieu , qui se mesloit lors bien avant de nos affaires , amollit si à temps le cœur des assiégés, qu'ils estimèrent avoir eu bon marché de sortir leurs bagues sauves^ ' Le mareschal , ayant ordonné sur la fortî-^ fication et règlement de la ville , se retiraavec toutes ses forces à Poyrin , à cinq mils de Quiers , tant pour observer la contenance de l'ennemi que pour secourir Vassé et Cordes , selon les nouvelles qu'il auroit d'eux ,* et favoriser la fortification et avictuaillement de Quiers. ( '
En ceste onverturede guerre ^ ainsi impnH visément faicte , le baron de La Garde , gênerai des galères du roy, se mit en mer avec quarante galères. En rodant il descouvrit vingt^fuatre navires tirans en Eqpâgne , char^ gées de marchandises. Il envoya un brigan-* tin vers elles , les prians de faire une belle salve de toute leur artillerie à la royne de Boeme qui estoit dans ses galères. Les pau* vres gens, ignorans l'ouverture de la guerre, et adjoustans trop credulement foy à ses prières, le firent ainsi ; et luy ce pendant , tout résolu au combat , les investit de telle furie qu'il en emporte les quinze , les autres se sauvans à la voile : le butin valoit plus de quatre cens mil escus. Il ne «e faut jamais fier aux belles paroles de gens qu'on ne cognoist estre de ses plus intimes amis, ni se desgarnir mal à propos de ce dequoy l'on peut avoir par
eaereux coaun^cement qu'avoit esté le | après besoin , coirune firent ceux-cy de la
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descharge de toute leur aftillerie, à k moDce de geos incogneus et de marine peu accoosiuroée à garder la foy.
t Vassé ayant, par le commandement du mareschal , conféré , suyvant ce qui a cy-devant eaté dit, avec les capitaines Torquato Torto, qui avoit charge du chasteau de la Cisteme , et Jacques Muralor, de celuy de Valfrenieres, et qui avoient séparément basty quelque intelligence dans Sainct Damian , et recognu de longue main les advenues et la hauteur des murailles , ils résolurent de tenter Tentreprise avec buict cens bons hommes qu'ils avoient réassemblés, tant des bandes françoises que de quelques Piedmontois volontaires, et les cinquante hommes d'armes de la compagnie dudict sieur de Vassé , qui avoit entre autres choisi le capitaine BriqueiMiut , du régiment de Cbastillon , pour luy servir aux exécutions plus importantes. Les troupes , les esclielles et tout autre équipage bien ordonnés, ils marchèrent si diligemment et couvertement , que le quatriesme septembre ils se rendirent , deux heures avant le jour, au pied de la muraille de Sainct Damian ; donnent soudain Tescalade. Et , sans trouver antre résistance que d'aucuns païsans qui faisoient garde à la porte , entrent dedans, crians France! Frmnce! liberiéf ^Les habitans, qui cstoient tous gens de bd)ear , peu accoustumés à telles alarmes , et qui ne voyoient faire aucun desordre par le victorieux , acquiescèrent à la fortune et se renfermèrent en lenrs maisons, attendans quelle issue le jour donneroit à eeste inespérée surprise. Vassé ni ceux de sa troupe' ne s'amnserent pas à butiner, ains, comme gens qui vouloient bien mesnager eeste première fortune , coururent droict an chasteau, et commencèrent à le retrancher et à braquer deux coulevrines qu'ils avoient conduictes de La Cisteme , laquelle n'est qu'à une lieue de là. Dès qu'elles commencèrent à tirer , et Tarquebuseric aussi aux defences , ceux de dedans , qui avoient le cœur et les oreilles mal ferrées à si dure glace , se rendirent incontinent , à bagues sauves , sans attendre le secours qu'ils pouvoient aisément avoir du costé d'Ast , lequel n'est sceu estre si petit qu^ii n'eust ou repoussé les oestres,
ou au moins donné le loisir et rfltteilnurt pour en attendre un plus grand. Mais tttti voyons ordinairement que les choses que ttol n'avons pas prévues apportent presque tel n tourdissemcnt , qu'on se laisse bien sonva assez vilement emporter et abattre par Te fort et par la surprise in. -pinée de la fortM coustumiere à fovoriser tousjonrs ceux qfei I sçavent courageusement embrasser, ookH à la vérité firent ceux-cy. En la prise taatl chasteau que de la ville , il n'y enst qoe dêi des nostres tués et quatre blessés. Le dyt taine Briquemaut en apporta les nouvelle! maresobal, qui les fit soudain entendm roy , avec celles aussi de Quiers , pa^ bazin ^ capitaine de ses gardes , et ei ment dépesché vers Sa Majesté, laquelto supplia de donner le gouvernement de à Vimercat , et celuy de Sainct Damian à quematit, que Vassé luy avoit fort mandé pour la valeur qu'il avoit en luy. Mais avant que me estendre avant sur la depesche de Montbazin , jefêi déduire ce qui advint de l'entreprise | Gairas. j
Gordes , qui avoit esté destiné chef de V(à treprise , print resolution avec les comts I Beyne et vicomte de Gourdon , choisis pM le seconder , que chacun d'eux partiroit garnison , sur le annnictement, p<fur se avec leurs trouppes au pied de la mm environ la minuict , ayans chacun une sur les armes , et des eschelles de mesme trnction que celles de Quiers. Mais, pon^M tant que ceux de Saviglan ne pouvoient friT par le mesme chemin que ceux de MonM et de Beyne, il fust arrestc entr'eux que,(|Mll ils verroient jetter des fusées en l'air, cehtf^ soroil signal que ceux-cy estoicnt arrivés, qu'ils vouloient commencer Fescalade, cpi'an mesme instant ils donnassent ansri leur. Ceux de Mondevis et Bevne arriv bien à poinct nommé, et jetteront, après s' cntre-recognus , sept ou huict fusées, de rans puis tous cois aux escoutes s'ils roient aucun bruit ou verroient le corref^ pondant signal de leurs compagnons. IfiÉ) après avoir si lon{jucmcnt temporisé qu'ibÉÉ voyoient proches du jour, ils prindrent iw' lution de tenter tous seuls la fortiue; eil
livue deuxième.
n donnent eonrageoftemejit à la nraraille, 0||e, eontre leur attente, fat vertneaent deffendue par ceux de la garaisoii , gs à respoadre qu*en un seul endroict , I ville estant favorable à TEspagnol et 0rif . De manière qu'ayant Gordes reçoit peu de fruict qnefeisoit son effort , la ip retraîcte qa*il avoit à faire , et que le s'âvaaçoit fort , il se retira , en telle oraocc toates-fbisqn*il emporta quatre des qui avoient esté tués , et cinq de blessés, que jamais ceux de dedans osassent faire ) pour donner sur la queue. Ce ne fut lam, ce qui fut aeeu depuis, pur laseiieté ine sortirent, ains parce qn*ik desoov»
Bt bien près de la ville les trouppes de Sali quiapprocboient, et lesquelles au prix )srs compagnons s'estoient trop aminées qciner ; qui fut causé que nous failltsmes ) entreprise , laquelle nous ceusta depuis cher.
1 mars, Bastien Chartel , coronnel ailed, entra au service du roy, passant par ^ë de Basic ; dont les cantons se plaieùi
(sdant ces dem«slemens, le roy, nMgnorp» que le c<Micile assemblé à Trente, i wcitation de l 'empereur , n'estoif dressé Ibruyoe de Imy et de ses anris, depe»ks seigneurs de Laasac et président du rier protester qu*il le tenovt pour illegtiîneM assemblé , et qu*il tiendroit peur kh de tout ce qui s'y decreterott. Cela sertft Imacoop à aflbiblir les practiques et les mderemperenr.
b dépesche de Montbaziit , à laquelle je liens naintenant, fat chargée de la mauise nivelle de Cairas et des bonnes de liers et Sainct Damian : et néanmoins ta fn et b valeur de Gordes et comte de aie fort recommandée , en tant qu'ils n'a^ Ht, qoanià eux, rien obmis de ce qui artenoit au devoir de la guerre. Sa Maé fut SQppliée vouloir faire quelque deistraiion digne de sa bonté à Tcndroict des icipanx ministres qni estoient intervenus éxecution de ces entreprinses ^ afin que )uange et la rémunération , vi'ais aiguil- • de la vertu militaire et de toute autre
genx désir & faire toosjours de bien êfft nrièM;
Provisions de deniers fut demandée pMit le payement des gens de guerre , fortiSéa^' tions de Qniers et Sainct Damian et autre! places , la pluspart desquelles, n*estans far^ ttflées que de gazons , estoyent à demy eê^ boulées ; pareillement pour faire faire à Safl^ front , terre du marquisat de SalluCei^ , abon^ dante en minières de fer, une fonce dé toutes sortes de boutlets; faire amas de salpaistres pour renouveller les pouidres , et en luire aussi de nouveires.
Qu'rl pleust à Sa Majesté envôyet* au IHif^ reschal le sieur de Gonnort son frère , po«# Taider et soulager au demeslement de cesté guerre , en laquelle il n'auroit moindre ttceth sien de bien et utilement servir qii*e«i èelie de France.
Aussy, qu^ayant de longue-main reeogneil que la recompense et la benèficenoe esCèMM les meilleures armes qu*on pouvmt practi^ qver , pour contenir en fby, dispeiAciM #t obéissance un chacun , il suppNoit Sa MajeMé hiy foire cette grâce , que, quand dès iMea avant il adviendroit vacatton , soie de chargés militaires ou autres, en son gouvernement i* son plaisir fust Iny en déférer la nominalioii« et non pas les accorder à ceux qui serai etfl phistost appuyés de/aveur que de nitët uH mérites considenibles , afBn qa*il eust tom^ jours en main un très^-^portim infiniment pour augmenter le courage, la bieu^vueHbmet et Tobeissance envers le caprisfine (feneral | et au profil du matière tMMiesfois; avtrennM ceux lesquels, sous ce8Mre«peraAee,eiMiMé pour patienter au travail et à la coMinuatieil de la guerre , abandonnereîent leurs diar(^ pour aMer eux mesmes en cour poursuivru lem* advancement , duquel n'ayans par aprèé aucune obligation au gênerai, ils en devfesh droient peu à peu moins aftctiomiés et obeis^ sans en ce qui pouvoit regarder le bien et ht prospérité des affaires de Sa Majesté , IbK quelle devoit estimer qu'il ne luy nommerait jamais personnage qui ne fuse digne du M charge qu'il luy pourchasseroit.
Qu'il y avoit au service de Tempereur , dèi ducs de Savoye et de Manteue , plusieurs perf sonnes qui possedoient dés lûens dàna tes
Me action / les rempUssent d^un coura- i terres de TancieÉiie obeisBunuo d» ra^i erSÉ
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celles aussi qui avoient esté nouveilement conquises , la jouissance desquelles luy avoit esté demandée par plusieurs capitaines et autres bons serviteurs de Sa Msyesté , auxquels il ne les a voit peu refuser ; chose qu'il la supplioit avoir non seulement pour agréable , mais davantage trouver bon qu'il fist de mesme à Tadvenir , selon les occurrences et le mérite des personnes.
. Qu'il estoit advenu quelque aubaine à Sa Majesté par la mort de deux gentils -hommes napolitains, anciens serviteurs de la couronne , et que là où il ad^îendroit qu'elle en voulust disposer , qu'il supplioit que ce iiist en faveur de Montbazin. Geste depesche fut faicte le neuviesme de septembre 1551.
i- Et pour autant qu'il n'y a pas moins d'honneur à bien conserver qu'à conquérir, et qu'en foictde guerre il faut double soin et prudence f en tant qu'on n'y peut faillir deux fois , il ne sera impertinent de toucher icy un mot de ce que fit Brissac et en l'un et en l'autre, pour servir d'instruction à la postérité.
I Considérant donc l'importance de Quiers et de Sainct Damian , avec le mauvais estât de leurs fortifications pour soustenir une ardiée impériale , il résolut d'y foire travailler en toute extrême diligence , et d'essayer , au mesme instant, de conquérir plusieurs petites vilettes et chasteaux qui estoient du costé du Hontferrat et de l'Astizane, sur les marches de Quiers et de Ville-Neufve ; prévoyant que là où il donneroit le loisir à l'enncmy de mettre gens de guerre dedans ces lieux , ce luy seroit une conrmiodité pour aisément assiéger tout en un temps ces deux places , leur ester tonte aisance de vivres , et le moyen de recouvrer les pionniers nécessaires pour la fortification; que , pour finalement se délivrer et du danger et de la subjection où il pourroit ainsi tomber, il seroit contraint d'employer , et peut estre assez infructueusement, le temps et les forces à expugner ces petites places. Considérant : toutesfois ne pouvoir tout en un coup embrasser tant de choses, mesmcs avec si peu de forces qa'estoient pour encore les siennes , et qu'il y avoit apparance qu'aussi tost que domp Ferrand , qui estoit au siège de Parme , cnten
droit .les nouveaux /emuemens de guerre I Elle est située sui* le bord de cesteDofret
faicts au préjudice de la frontière piedmontoise et milanoise, qu'il toumeroit tout ansà tost la teste contre luy , il délibéra , attendant le renfort de France, de faire une nonvdle levée de trois mille soldats piedmontois, son la charge des capitaines Ardouin de Thurin, Yenture d'Urbin, Jean Antoine de Plaisance , Bresignele, Malvoisin, Artarie, Frascare, Antoine Romagnan , Louys de Montel , Baptitts Yacque d'Ornée, Bourguin, Ferrier, Antoine deYille, Jean Odin, Estienne GaraoHl de Beaumont, et Scipion Yimercat, fils de Francisque. Tous lesquels furent deqparÉ' en diverses places , desquelles à mesure qo'il arrivoient on tiroit les vieilles bandes fn§* çoises à la campagne , avec lesquelles il de*' pescha Bonnivet pour aller assaillir le daiteau de Moncnc , à six mils de Quiers , des dépendances du Montferrat , place lasief bonne. Ceux qui estoient dedans, aunombrà de quarante soldats , après avoir enduré cat volées de canon, se rendirent à discretio8\ ores que la place en eust bien attendu j» ques à huict cens. Le capitaine Cadillan ,gai^ con , fut mis dedans avec deux esquadres de François : il y fit depuis fort bien son defoir. De là les forces marchèrent contre une grosv trouppe de cavalerie qui faisoit cont^umef de le venir secourir; mais Bonnivet s'estatf avancé en resolution de combattre, ils quittèrent le dé. De ceste mesme course le cafH taine Lojuys de Monteil se saisit de Chuzaa; André Noël et Antoine Yille , d'une bourgade nommée ville de Dia : Jacques du SoUier, de Bra; La Motte Gondrin, de Castel-Nau, de Passeran , Primel et Montechar. Les unes despendoicnt du Montferrat, et les autres de r Astizane ; en toutes les quelles furent miaei garnisons piedmontoises.
Pendant que ces exécutions se demesloient; ayant Ludovic de Birague , qui commandott dans Cbivas , considéré que les ennemis tenoient par delà la Doyre plusieui*s bonnes pUces qui servoient de couverture à la duché de Milan , la tenant par ce moyen exemple des injures et alarmes de la guerre , il alla parmy toutes celles là recognoistrc une boiB^ gade nommée Saluge , laquelle durant les guerres précédentes avoit esté desmantelée.