LIVRE BÉtIXIÈME
ea In , 9ifÈtd BtÊê dlesconvert , il fût mis
eiieores qui! y àk assez de gens qui eot que là où il se traicle d^affaires d'es* l«st permis se servir de la croix et Feaum quand toas antres moyens défaillent , «ce quil senMe ti*estre ny beau ny à iSfte servir de gens d^Egttse,èt que ceux t font recevront en fin le traictement du [« moine , qui se perdit pour estre plus I de la creîK pécuniaire , que de Celle SQ^Cbrist souffrit pour nous.
I Impériaux , qui ont tousjours esté plus I d*ar4ifices que d*ouverte valeur , corneront deslors (i propos de la venue de iFerrand) de faire courir le bruit qu*H éi plos de cinquante mH hommes avec ou huict mil chevaux , qui exterminet de telle façon les pauvres François , a'en demeoreroit pas nn seul pour serft semence en Italie. Il y eut assez de ^tti , a^estans pas encore biefn leurrés ou nis à ces brtrits et à ces remuemens , com- «reet à craindre , ne sçachans à quel vrester leur espérance ei^devotion. Quoy Héré par le mareeeha) , et que la prévention uie asseurée eofttenance du chef servoit in&coup en tels affaires , auxquels \\ ne Jnais laisser prendre racine , il résolut er by mesme faire une course parmy les onpoitantes places , et d'envoyer Bonnim autres , pour remettre , ainsi qu'ils II, fasseurance et la dévotion au cœur ^w intimidés.
3m de retour & 'Hiurin , et cuidant avoir ^\¥snm par août, ftadvint deux choses qd) doRRerent de hi crainte ei du soucy beau-
quinze bouches, sans les gens deçùcrre,qui estoient autres trois mil , comptant maistres et valets. De manière que le mareschal, d'estré surpris en chose où le dilayerpouvoitappor-* ter dommag[e irréparable, envoya soudaiii vers Vassé Vun des commis de Franscisque Bernardin de Yimercat , sur-intendant (fene^ rai des Fortifications et des vivres , avec charge de faire diligente perquisition de toutes les munitions et des bouches, tant utiles que inutiles , qui se trouveroient dans la place , pour le luy rapporter par estât, et généralement de remarquer soigneusement tout ce qui pouvoit apporter de la despence, advenant le siège , à fin de diligemment pourvoir à ce qui seroit nécessaire. Vassé, aveuglé de passion, et qui ne recognoissoit pas combien dincommodité et d'inquiétude apportoit à l'esprit du mareschal ceste nouvelle demande , au lieu de trouver bon que ceste description se fist pour avec plus de fondement pourveoir à cette nouvelle instance ,,ne voulut jamais permettre que le commissaire y mlst la main , ains le renvoya assés rudement , sans toutesfois vouloir particulièrement esclaircir au supérieur ce qu'il y avoit dans sa place.
Le pareschal trouva ceste procédure assez estrange , et fut en volonté de s'en ressentir sur le champ. Néantmoins, considérant la sai^ son et le ^lal qui en pouvolt advenir, ayant à Faire à un persotmage vailtaujt, mais de nature fort soudaine et fort aisée à esmouvoir , i! prit resolution de dissimuler pour lors ce qu'il enpensoit; et fit semblant d'avoir trouve fort bon qu'il eust renvoyé îe commissaire da h sorte qu'A avoit fîiict , puis que Yimercat l'avoit depesché sans prendre de ses lettres^
ip. La première fal que Vassé , qui avoit comme son intention estoit qu'il fist; et qu'if mm\ toasjotirs dit que Sainct-Damian luy en renvoyôit un autre, auquel il prioit de NbienpourveH,qu'itnedemandoitpIds ' '^"««^ fn^^û *iccîctnni»û r^Anr rAvi^nnnnn Aa
e ctese que d'avoir ce bon-heur que l'eni l'aHasl assMilir , à fin de couronnei^ ses ! jours pw un service si signalé que se- [•elyy qtf il esperoit faire à Sa Majesté , Ihv aussi son gênerai , commença lors isfjer de chauce , disant qu'il n'avoit paa iwes à sniSsonce pour endurer un siège ; luy folloit encores envoyer jusques à mil de Wed, ayant recognu qu'il y avoit dans
donner toute assistance pour rexécuiioa de ; sa charge , et mesmes pour , advenant un ' siège , débiter les vivres par le menu et par ' son ordonnance , à fin que demeurant par ce I moyen toutes choses réglées et esclaircies ,^ on peust avec plus de prévoyance pourveoir à ce qui seroit nécessaire ; car de demander tousjours, sanstouiesfois vouloir dire ce qu ou a ou qu'on n'a pas , c'estoit chose qui pouvoit autant recevoir la mauvaise que la bonne in-
i'Dmkn îrok ma cinq cens soixante et « terpretation , et apporter , qui estoît le pis ,
MÉMOIRES DE BOYYIN D0 VELLARS.
reculement et danger aux afEdres da maistre, lesquels dévoient estre demeslés hors toute confusion et incertaineté. Vassé, n'ayant pas pour lors encore chaussé ses bonnes lunettes, renvoya cest autre conunissaire aussi mal instruict que le premier , et sans luy avoir voulu permettre Texecution de sa charge , alléguant pour toute excuse que Texecution de sa commission eust apporté aux ennemis certaine cogQoissance de ce qu'il desiroit cacher le plus , qui estoit la nécessité de la place , et conjoinctement les inviter à Taller assaillir avec plus d'asseurance et de courage qu'autrement ils ne feroient pas. Vassé ne mesuroit ou ne consideroit *pas , ainsi qu'il devoit faire , que celuy avec lequel il traictoit estoit son supérieur, qui avoit tout le faix et toute la charge souveraine de la guerre sur sesespaules, et auquel partant il ne devoit rien taire. Là dessus, s'estant la patience un peu escartée d*avec le mareschal , il luy depescha le sieur de Malezerbes , l'un de ses gentilshommes domestiques, par lequel il luy manda qu'il avoit trouvé très-mauvaise cette façon de faire, et qu'il ne pouvoit croire qu'il y eust foute de vivres à Sainct-Damian ; qu'il n'estoit pas temps, ayant les ennemis à la porte, et après avoir mandé n'avoir faute de rien, de prescher maintenant la nécessité. .
. Qu'ayant par si long-temps eu la campagne et les collines^uctueuses de l' Astisane et du Montferrat à l'abandon , il n'avoit tenu qu'à luy qu'il ne se f ust pourveu de tout ce qui estoit nécessaire pour endurer le siège un an entier. Qu'il ne devoit aucunement douter que tout ce qu'on luy ordonnoit ne fust propre et convenable au service du roy , et à l'amitié particulière qu'il luy portoit; et que par ainsi il le prioit qu'une autre fois il se déportast d'entrer en ces constestations et disputes, lesquelles comoient une tacite désobéissance , propre à renverser et ruiner les affaires du roy, au deshonneur particulier de luy-mesme , qui devoit sur toutes choses fuir la confusion en laquelle ces deportemens monstroient assez qu'il avoit envie de vivre , ayant trop opiniastrement refusé de laisser recognoistre combien de vivres il avoit , et dequoy il le fulloit secourir. Que combien que ces impertinentes altercations deussent estre communiquées au
roy ,' qu'il ne Tavoit toutesfois Tonln iaire), estimant que , rendu plus advisé et retenu par ceste fraternelle admonition , il s'abstiendroit à l'advenir de tels deportemens, rendant à son supérieur la mesme satisfaction et obéissance qu'il voudroit avoir de luy s'il estoit le sien : n défaut dequoy force seroit de mettre la mak aux remèdes qui sont permis à celuy qui a l'auctorité et la disposition souveraine. Yasié, sortant, par ceste cordiale remonstrance, hon du sommeil qui avoit esgaré la raison d'ane luy, se rengea à recognoistre sa faute eti en demander pardon , qui luy fut gradeoiement accordé , mesmes asseurant, ainsi qnH faisoit , que si les ennemis estoient si mal coi* seillésquede l'aller assaillir, qu'ils n'en rqn portcroient que dommage et honte , Sa Majesté la gloire , et luy sa bonne grâce; d qu'ayant en 6n bien espluché le faict des * vres il avoit trouvé qu'il en auroit pour qualie mois, chassant partie des bouches inutiles.
L'autre fut que le conte de Beyne , lequel aux guerres précédentes s'estoit volontairement donné au roy avec sa place , qui est ei forte assiette entre Montdevy , Foussan , Gental , Gony , Gairas et Saviglan , luy fit coopiv coup, etjpar divers messagers, entendre qœtt place estoit en très-mauvais estât , et pour to regard de la fortification et pour celuy des gens de guerre , le suppliant lui envoyer soi» dain six ou sept cens François, avec poudra, plomb et mesche , à fin de se pouvoir vi^ ment deffendre contre les ennemis s'ils l'ai* loient assaillir, comme il avoit entendu qn^ dévoient faire en peu de jours. Chose quieitonna de prime-face le mareschal, lui seablant que ce seigneur, qui estoit maistre et propriétaire de la place , en laquelle le roy lui entretenoit deux cens hommes et cinqnaM chevaulx légers , devoit de bonne heure avrir pourveu à ses affaires, sans attendre la nécessité qui l'espouventoit lors si fort , et à qnof on eust suflisanmient pourveu si dès le eosmencement il eust donné cette alarme. TonteH fois,'considérant plustost l'inconvénient qui en pouvoit advenir que la négligence du caimie , il luy envoya tout soudain la nouvellecompiewi de fanterie italienne que le comte deBeaiffll avoit lors dressée , et le coronnel San-PeW i Corse, personnage vaillant et expérimenté {kq
tamant^néaninioina charge Mo diligemment tvsseranssi une compagnie d'autresnouvenux iticus, et de l^iiire tous elTorts pour mettre la ICC eg deflence, faisant travailler et les babils et lesinesmes soldats à tour de roolle. Il lonna aussi à Gordes , frouvcrueur de Montvy , que là où l'ennemi tourneroil teste Dire Beyne, qu'il fist entrer dedans le baa des Adrets avec trois cens hommes , et 'il eo asseurast de bonne hi-nre le comte. Et cores que toutes ces provisions denssent irir apporté quelque honncstc asseurance ICOOlle,sinelaissa-t-tldesemonsirerpIiises- 'etuioinsresolufiii'il ne fit depuis en plu- 1 plus pressantes occasions : tant les pre- 8 impressions de l'apparat et des mêlées des Impériaux avoient (ptgné sunluy. ' manière que pour jouer au plus seur , le iresclial commanda à Gordes d'aller sur les Entx, taat pour asseurer le comte l'/aire payer . gens de {■uerre , comme pour recofpioisirc dont la forteresse avoit besoin , pour après pourvoir; ce «{u'il fit incontinent, ayant ' , à ce qu'il lit entendre , qu'elle estoil de cinq cens bommcs do combat , et iji si bien remparée qu'il y nvolt moins à tndre qu'au Monidevy, et neantmoins qu'il voit laissé de promettre au comte de se vejeter dedans luy-mesmes au cas que l'enpi U vint assaillir. Cela aiTesta si bien la ■e que toutes choses demeurèrent à rede ce costé'Ià. Retournant Gordes au il rencontra vingt-cinq chevaux et ite arquebusiers espagnols quiestoienl de Foussan pour aller à la busqué -. les nn peu reconnus, il les enfonça si vique tout passa par le tranchant de , excepté certain banny de ifeyne, Costamagne , qui les conduisoit avec ni cinq autres , qui Furent tous menés lequel, sans penser plus outre ou congé ù son supérieur , fil soudain Ire ce banny , pour raison dequoy l'obllîoii de la bonne guerre cuida estrc du rompue, ainsi que vous verrez cy après, Ayant le marcschal délibéré de se jeter en lagne ausai-tostque le renfort que leroy Kttoit seroit arrivé , il fît publier des ormilitaires pour Contenir les gens e guerre au devoir ci obéissance qui sont