‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 51 sur 224 · LIVRE DEraiÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEraiÈME

nécessaires en une armée ; ci pour auinnt q je les trouve plus amples et plus réglées qw I cellesqucj'aydepuisveupractiquerenFrance^ ] je n'ay jugé impertinent de les sommairement i représenter icy.

•■ Premièrement "que nul ne soit si hardy 1 de blasphémer le nom de Dieu ny de la Vierga, sur peine, pour la première fois, dcchevaib* cher le canon , et pour la deusiesme, d'avcûè 1 la langue percée.

iQue ceux qui dosroberont ou souillerOBt J les églises , soit en marchant ou en prinsc d villes , soient punis de mort , comme aussi se* 'j roui tous violeurs de filles ou femmes.

"Que nul n'ait il piller ou saccager les v lagesou cassines, soit en marchant ou sé^'i journant; courir aux 'poules ou à prendre Tf^i vres de son hoste ou des vivandiers, si cé-J n'est en payant de gré à gré ; et moins li prendre fourrages, si ce n'est locsque l'armé»! campera; le tout sur [>eine d'estre passé pV 9 les piques."

"Que celuy qui abandonnera l'enseigne otJ le rang qui luy aura este ordonné, sans congAI du gênerai ou de son capitaine, qui nese trovï vera et tiendra en sa garde, ou n'ira au guel, \ selon le commandemennt qui en aura eslt j faict , soit publiquement dévalisé et banny,

oQue nul ne soit si hardy d'avoir accès, bmiliarité, amitié ou intelligence , soit de boa* | chc , par les lettres ou autrement , avec le* i ennemis, sur peine de mort, sauf s'il ne hif I est permis par le gênerai.

■ Celuy, lors qu'il y aura alarme, soit «■ campant ou on marchant, qui faudra à M rendre à son enseigne , sera puni h l'arbitrage du capitaine ou du coronel.

"Les capitaines de gendarmerie , cavalorio ou fanti'rie, ne recevront en leuis compagnie» les soldats partis d'uneautre, s'ils ne font apparoir du congé de leur capitaine, et sau lequel nul ne le pourra abandonner, sur peins arbitraire de la part du gênerai.

■ Que nul ne soit si os(.^ de crier ou tirer aprèc I que la garde sera assise, sur peine du canon.

«Que tous querelleurs de logis soient punis à l'arbitrage du coronel ou du capitaine.

«Que nul n'ait à provoquer son compagnon, nyà donner desmenty, ou mettre la main aux armes, soitdaiwletofTisdugeneruloui'scorpR j

MÉMOIRES DB BGYVIN BU YILLÀRS.

(4ç sarde » iiy: mesma dans rarmée lorsqu'elle campjB , sar peine de mort.

>»Qae tous matins et séditieux soient capitalement punis 9 comme aussi serodt ceux qui enfreindront les passe-ports « sauve-gardes j^ sauf-conduicls- du générai, qui a'enlénd qu^autrea que les siens ayent lieu.

vChacuQ obéira auxmareschaux de camp eu jce qui concernera Fassiette du amp , des gardes et logis, sur peine arbitraire.

»I1 ne sera permisà rboamie d'armea, arcber , ou che?al*leger , da vendre oa eacèa»* ger ses armes et chevaux sans k ccngé du capitaine »' sur peine arbitraire, h «Que celuy qui ira à Tassant « eacamotclie ou autre faction militaire sans le oemmande*ment ou signal, soit du geuei*al ou du eapi^ laine , sera capitalement puny!; comme aussi sera celuy qui fuira ou abaodimiiera son rang. i* «Que celuy on ceux qui t en eas^urgent et nécessaire » refuseront d^aider les ap|»oches de Tartillerie , ou d'aider à la tirer d'un mauvais pas , soyent cassés et bannis.

h «Que les capitaines ayent ce seing , marchant Tannée en campagne , de donner ordre que chaque soldat enfile en aa corde qu'il porte en eacharpe autant de pain qu'il luy en faut pour deux repas , sur peine arbitraire. • . »Que les capitaines soyent soigneux de visiter par chacune semailie leurs compagnies, pour recognoistre si les soldats sont fournis de tout ce qui est requis pour combattre i toutes heures , et mesmes si les arquebusiers seront garnis de poudre, plomb et corde pour la faction d'un jour , sur peine arbitraire. . » Que tous les capitaines ayant charge de fianterie fassent touqjours portw sur leur bagage dix livres de poudre, un gros trousseau de cordeSj et du plomb pour subvenir à une pressée nécessité.

mQu a toutes les monstres qui se feront , il sera pris sur la paye de chacun soldat , et à proportion de la solde , un sol par escu , qui seront consignés aux maistresde camp et auditeur gênerai , pour estre convertis tant en nn magasin d'armes qu à un hospîtal ambulatoire pour secourir les malades et blessés.

»Que aux monstres qui se, feront de la gendarmerie ou cavalerie, il sera pris sur chaque bpmme d'armes , archer et cheval-leger, par

proportion de paye , et à chacun qmrli quoy faire un fonds de quatre cena eae< compagnie , pour aider à remonter ci quel , par hazard de guerre ou antn derable accident, et hors sa eoulf^ perdu armes et cheval ; lesquels s^m es mains du marescbal des logis i pow tribuer advenant le cas ^ et en rttMin compte au capitaine. »

Siir le commencement de novembre Ferrand arriva en Alexandrie » d'où i il depescha un trompette vers le mai lui demandant la délivrance des Bm du capitaine Jérôme Palvoisin , pris nier , comme vous avea cy -devant i Ast, promettant de sa part faire de Id pareille occasion, conforme à la praeli la bonne guerre qui se doit cavaleresq pratiquer entre eux. A quoi luy lut re que , pour le regard des Hoiigrea , i incontinent satisfait , pourveu que dom cisque d'Est fist aussi de sa part relufl sieur Germanique Savorgnan ^ qui «n retenu sons la bonne foy du sauf-coi luy bàct par luy-mesmcs ; mais quant voisin, il meritoit d'estre puny, kp perfide au roy . Je ne veux passer sous i à ce propos , Thabileté dudict Palvoîsi que , recognoissant que ses affaires si la corde à pleine gorge , il luy propi s'il le vouloit bien traicter et le renvi Ast , où il avoit acquis beaucoup d'ami essayeroit, au jour qu'ils accofdero que sa compagnie seroit en garde, mettre la ville entre les mains , sous tion qu'il auroit douze mil escus pou buer à aucun de ses officiers et soki(ats deux mil escus de rente pour luy , et u pagnie de chevaux légers entretenue ei et en guerre. Le marescbal , adjousti de foy aux paroles du compagncm , ni plus chiche à promettre que l'autre i der , et moins à luy donner congé garnie d'une centaine d'escus qu'il sei prendre , et encore mieux se moqoei du marescbal qui apprit par là qu'en d'estat , non plus qu'aux autres affair se faut jamais fier à celuy qui se ft fois montré perfide, comme avoillp tuy-cy ; lequel la justice deDtettjqiÎJ

LÎTRE OTVXTÈME.

, fit defiiùs retomber es mains du mn-

' k la reprise de Droner , oii il fui hon-

■ pendu pour sei'vir d'excaple aux

domp Ferrant pris haleine, et relO MS forces et les nosires aussi , leselles vstotent encore fort petites, il screwit d'estre party du Paroiesao , luy semiDl qu'estant des-jà l'arriére saison fort neûe, il n'auroit pas moyen d'exploicler ses ces ea cliose d'importance , et qu'en connut le siège de Parme il oust empesclié vendanges et les semailles, réduisant par noyen la ville à telle exirêmité qu'elle H esté Contrainte de se rendre. Et neant- ■n , saf^ment remaiijiiant , comme prince 1 ■dvisé qu'il estoit, que celuy lequel laisse teoler un poinct et une occasion à la gnerre pert poor jamais , et qu'ayant des-jà mari ù avrait que le repentir ny le regret ne ■foyeni plus de lien . il prit resolutioD de resnrles terres que le roy tenoilen Pied- ■t le mesine degast qu'il eust fait au Parara , et d'essayer tout d'un truia le recou- ■wet des peiiies places et chasteaux qui lieBl receotemcnt esté conquis sur l'empe- V.avec Hireniion, cela puraclievé, de se ^Êftr pour assaillir Sainct-Damian à la nsdaquel il avoit double inlerest : lepre- ■ k OBse du service de l'empereur , et le Kieraie pour autant que la place upparie- |HY>prieté au duc de Mantoue son uelel il avoit promis la recouvrer , laya de faire depuis.

:faal , lequel de sa part considecte qoelle conséquence estoit le lia campagne pour la conservation , fil entendre au roy ce qu'il des délibérations de l'cnnemy, Sa Majesté par plusieurs recharges difTerer à le renforcer , et que tous qu'il avoit pu assembler et mesau parsus les seize mil escus qu'elle avoit envoyés, n'avoîent peu fournir payement de la fantcrie italienne , des foi'ti&cations , et à quelques prode poudre, plomb et mescbe ,* pour it desquels il n'avoit esté rien ordonnti Testât de la gnerre. Demimdoit aussi que payement de la compagnie qu'il avutt eue

contraincl accorder à San-Pe.tre , Corse , poilp 1 la seuretii de Beyne, fust employé dans le- 1 dict estât. Mais ceux qui manioicuE lors les I alfaires prés du roy pourveurent si lascLS' 1 ment à toutes choses , que la pure nécessité J contruignitlemarescbalàqaitti>r la campagne | et se retirer à Quicrs , on il ne fut pas plusloft 1 arrivé qu'il eust nouvelles que les enaemtf ^ cstoicnt allés assaillir Ville-de-ljiu uvei mil hommes et deux canons, et d'une mesme suite Cliuzan , Passeran et Primcl , dans loua 1 les<piels il avoit seuU-meut mis autant de gens qu'il en faloit pour amuser quelques jours les ennemis. Villc-de-Dia , dans laquelle Ia ' Mnli© Gondrin avoit faici entrer vingt six j Gascons , fut pendant quatre jours sousienuè I fort courageusement , ayant ceux de dedans j en deux saillies deflaict quarante cinq < ' cinquante Espagnols ; mais an cinquicsma 1 jour , ayant les ennemis faict grimper leir t artillerie sur le haut de ta monlagne où la J ville est assise , elle tira quel(|ues volées qot T espouvantereut si fort l'un de ces Gascons» [ qu'il commenra (avee cinq ou six qu'il avait 1 tirés à son party) à mutiner tout le reste , àt- | sant qu'il se faloit rendre plnstost que se I faire pendre , comme ils seroient s'ils s'ob^ tinoieut à combattre une place qui n'estait point lenable; et que, puis qu'ainsi estoit que le maresclial ne se soucioit gueres de le* perdre , ils dévoient de bonne heure penser eux-mesmcs 'd leur salut.

Antoine Ville et Jean-André Novel, qat commandoient dans la place avec cent liontmes sous chacun d'eux, ayans descouverl le complot de ceu\-cy, leur remonslrereat qu'ils ne dévoient avoir crainte, d'autant que de buict jours, n'ayans les ennemis que deux canons , ils n'auroient faict bresehe suHisante, et que quand ils auroient enduré quelque assaut il seroît lors assez à temps pour capituler ; d'ailleurs , que si les pbiyes veaoient une fois , comme il y avoit apparence qu'elles dévoient faire , les ennemis , pour la malaîr sancc du lieu et du puis , seroyent conlraUicla se retirer, et peul-estre. laisser l'artillerie t quoy succédant ils acquerroient une gloire immortelle , au parsus la recompence que Sa Majestti leur en feroit. Cela remit un peu h cœur au ventre des compagnons i t mus .Ip

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

nuict ensuivante la peur , laquelle 'aliène et trouble tonsjours le bon jugement , les reprint si Fort qu'ils ne cessèrent , qui fut le pis, de Timprimer aux Italiens et au reste des Gascons : de manière que , sur le point du jour , il ne fut plus question de combattre , mais bien de se rendre , comme ils firent le Tingt-sixiesme du mois , avec bagues et armes sauves et enseignes desployées; et se retirèrent à Quiers où estoit le marescbal , lequel, ayant sceu bien au vray comme les choses estoient passées, fit appréhender les Gascons principaux aucteurs de la redditionl, jusques au nombre de six , lesquels , par le jugement des capitaines sur ce appelés , furent condamnés à estre pendus et Taucteur principal roué ; ce qui fut soudain exécuté.

Quant à Ghuzan, petite bourgade assise sur un costeau fait en forme de terrasse , il fut rendu le dernier du mois , par le capitaine Louys de Monteil , à la discrétion du victorieux , combien qu'il eust toutesfois promis de combattre plus obstinément qu'il ne fit pas ; pour recognoissance de quoy l'ennemi l'emmena prisonnier en Ast. De cette mesme course , mais plus bonnorablement , Passeran , Montecbiar et Primel furent aussi rendus. En ce temps Jules de Monté , plus saoul de la guerre que des plaisirs auxquels il estoit adonné , retira ses forces de la Mirandole , où Jean-Baptiste de Monté son neveu mourut.

Pendant que ces factions se demesloient, domp Ferrand depescha un trompette vers le marescbal pour luy faire entendre qu'il trouvoit tant de disparité de Germanique Savorgnan aux Hongres et au Palvoisin , prins en combattant , qu'il n'en pouvoit accorder l'eschange , et qu'ayant bien examiné le foict il ne trouvoit occasion peremptoire qui deust eropescher que les siens ne jouissent des privileges de la bonne guerre, taisant toutesfois ce qui luy en avoit desjà esté mandé ; de manière que la venue du trompette n'estant fondée sur antre occasion que ceste-là , le marescbal estima que c'estoit une colorée invention tendante à venir apprendre des nouvelles ; de sorte que , pour remédier aux inconveniens que telles allées et venues pourroient apporter , il fut ordonné aux gouverneurs^ de^» »*i»^»« de frontière de prendre

dès lors en avant les lettres 'que t^tron. pettes apporteroient^, et les renvoyer arq asseorance que la reqixinse enserûtemoTii à la plus prochaine phce impériale, km vray, il ne fut jamais bon de laitter eam on fréquenter tels officiers parmy les pb^. en tant que les choses ne peuvent pis lo^ jours estre si bien conduictes ou ordo^ qu^il ne s'y descouvre quelque dehiit,«| mesme qu'il n'y ait aussi quelque nale^ deré causeur qui est bien aise d'en co^^ pour se monstrer plus habile que lesani^ Estans les affiûres.en cette dispostinp vous avez veu , madame la marquigedeM ferrât f qui estoit de la maison tfAleo^ et qui avoit marié sa fille, héritière dee^ estât, an duc de Mantooe, grand-pènil M/de Nevers qui est tnjourd'huy, depei^ un gentil-homme vers le mare8chd,par| quel elle luy^fit assez aigrement qu'elle ne pouvoit croire que le roy^ d elle avoit cet honneur d'estrehmnble!

et servante , luy eust conmandé de ses places et pals par force , et moiasdeeif traindre ses sujets à jurer fidelilé aa rf pour le service duquel elle exposeroit M volontiers non seulement ses biens, oasi propre vie : le priant, à cesfinSfSedeponij de tous actes d'hostilité, fidre npanrii dommages jà receus , et restituer lâvistf cbasteaux usurpés sur son eslat, et mm quitter de la fidélité ceux de SMiiits of» qui la pourroient avoir joréw A Mn lesquelles demandes le mareschal ra(«di; qu'il sçavoit assez quel rang tenoil nain la marquise » quel honneur et quelianieeil luy devoit rendre; que ce n'estoitpsdki qui il faisoit la guerre . mais bioi à ses pbces et à ses forteresses qu'elle avoit oisaè mains de M. le duc de Manlone son tk,(! luy les avoit remises en celles de l'empeni, lequel s'en aidoit pour faire la guerre aBNi et de fait que dans Trin , Baliola, Tricettii Casai /Montcalvé , Pont-dejture, Tooc, te' teil , Albe , Dyan, et en tous les sotrespriM cipaux lieux de Montferrat, il n'y vAtfâ croix ronges ; et que si elle l'a voit ainsi imIii consentir pensant les tenir en pins gr^i seureté , qu'en ce cas son devoir anroitpai de plostost recourir à la Majesté àjurohià

LITRE DEUXIÈME

elle iisn son laary atoit esté senriteur et ionnaire. qa*à celle de Tempereur; et , là où elle voudroit YÎvre neutre et faire ^sortir les Impériaux de toutes ses places Ay et ^abst^ûr de tous points de leur oer accès, entrée^ seurté ny autre cornlifé, autant dans le Montferrat que dans l^oiouan , il pourroit estre que Sa Majesté lOtenteroit sur toutes ses demandes ; et I ce cas , pour le désir que il avoit de iùre très-humble service y il se rendroit sesme médiateur de Texecution ; et que , e contraire , persévérant elle en Tamitié eîété des Impériaux^ force luy seroit de guerre guerroyable à qui :1a fidsoit ou lonnoit le moyen de la foire à Sa Majesté, qu^ele et son gendre laisoient à main rte.

Toy, à qui le tout fut C(Mnmuniqné, ^ fort bonne la response et le party né à ladicte dame marquise , laqndie , |ne bonne volonté qu'elle eust envers la De, ne peut toutesfois rien exécuter de K le marescbal luy avoit proposé : car ic de Mantone hiy avoit precc^emment loote di^M>sition : de manière qu*on ocmli faire guerre ouverte contre Testât du Ifmat , de la situation duquel il ne m'a blé impertinent de toucher un mot en

ta un pays tout composé de collines et tagnettes très-fertiles en bleds, vins^ lil et autres choses nécessaires , de mae que j*ai veu une armée y séjourner six eptmois sans tirer secours d'ailleurs que lay nesmes. Ces collines sont tant argilleu- , que quand il a pieu un jour seulement ne peol aller par pays à pied ni à cheval, la terre est glissante. Il prent sou comoement aux montagnes des Langues, au BS d'Albe, et de là il s'estend vers TAstiet Alexandrie : d'antre costé il s'estend tes à Quiers, et delà, tirant vers le Pau, ut le long d'iceluy jusques à Vallence et *c-Salvador, il est traversé de la rivière insrre , qui commence au dessus de Ce ve tomber le long des murailles d'Albe, et celles d'Ast; de là , courant jusqu'à Basne, il entre dans le Pau , le plus grand e dltalîe* Ce pays est composé enviroo

de deux cens /que villes /villetteft ou diasteaux, la pluspart assis sur les poindes des collines, dont les principales sont Casai, Sainct-Yas , Tria , Pont-de-Sture , Montcalvé « Albe , Sainct-Damian, Vulpian et Ayguy , oit il y a des bains chauds fort fréquentés en may et septembre pour la guérison des gouttes, blessures, catarres et autres fluxions, mais mortels pour ceux lesquels sans lunettes ae^ sont par trop échauflés au jeu d'amour.

La nouvelle de l'arrivée de domp Ferrand en Piedmont avec toutes ses forces ayant esté divulguée par la France, comme estoient de»> jà les préparatifs que le roy',faisoit pour reilforcer le mareschal; resveilla si fort le cœup des princes et seigneurs , que , si Sa Majesté n'eust de bonne heure donné ordre à les retenir près d'elle , celuy là n'eust pas été estimé fils de bonne mère qui ne ftist dealogé pour aller voir et servir en ceste guerre. El de foict elle ne se sceut défendre de donner congé à messieurs les duc d' Anguyen , prince de Gondé, ducs de Nemours, d'Aumalle, marquis d'Elbeuf , grand prieur de France, de Montmorency , La Roche - Foucault , de Randan, .Genlis, Senneterre, de Contay et autres , jusques au nombre de cinquante on soixante , tous suivis d'un grand nombre de jeune noblesse. De la venuedesquels seigneurs ayant le roy donné advis au mareschal , il n'y print pas grand plaisir, ayant de longue nain expérimenté que.ceste grande compagnie de seigneurs est mal^aisée à contenir en règle, mesmes lors qu'elle est destituée de ki pre* sence du.maistre. Geste nouvelle lui fust bien encor plus désagréable, quand il entendil qu'ils s'en vendent tous en poste , sans armes ny chevaux, prévoyant , comme il advint depuis , que cela les feroit r'enchérir en Piedmont , au desadvantage des gens*d'armes et chevaux légers, et que d'ailleurs il seroit contrainct, par honnesteté , les secourir des siens , chose qu'il faisoit fort à contre-cosur , combien que ce ne fust par chicheté ny avarice, car jamais ces vices n'eurent lieu dans son ame , comme sa vie et toutes ses actions en font tesmoignage , mais pour la difficulté qu'il y avoit à en recouvrer de bons. Tdule»^ fois il ne laissa pour cela , dissimulant ce qu^il en pensoit, de leur faire à tous le meilleur

HÉHoiRÉs BÉ v&rm m yillars.

•eigflMr d» GtÉbsrt tM fr«f0 1 ëèpiriÉ naret^ cM é^ WnoÊté V 9^ inMi |Mft après tes aMtoi Mfc la iriMctrëqiiptiàgeift^'tt tel |kmr murik à la gvhrre,

Oea firfaMiet et ÉdgîÉaÉra à^await pat ie^ j0Mié taiel jamao PiaUJON»! qu'l laiir prit aîMle da a'aH# aafémar daesSaîBct-Daiiiiaii^ aiiliaïaïanoa faiHtaofy^ nénm le brait qoi en cooroiti l%ail aaHéger^ et ^aâ oa tear serait taa baha «ecasiMi paor donner bi preave ^*ili deaitaioBt nndfn |dd kw teitd et yth Imét eieti umt efanemeat» qtae le^siegeVy ahnt' pmi <|«*ih aaraiaBi û psadiea d*âit ^lis aiiiiièM ooilBBOdité ff dler tcw lës|ooH àlagievrè^ saas astre reteans par l^anatociié dteett sapérienv» lia s'ea desostorrirent à Oeritof IfpriaM d'esaredeia partie: mais la; f dlMMNBt la nal qaû CB |to«9oit adfe^ lAr , le wyaga aa fiuaàat an desisen di niarea* rtali t|ai escdit KM allé fiûre ime boorae joh qà^OamaBHoUéÉ, dëaaaofrit le laat à Boa^ aitèt y qii le fit sasdaid sçavoîr a« onreachad 9 lacpnl , à te rappart ^ dapeseba sUadain ven M gotdeiiiBul' de SaJact-Danuan et à taM \m aetna astaa^ à la frontière, leàr ooiniiiaiidaiit M ktear aaircr dans leurs phoas auoaos pi«iMSB ay asigaciirs sevls eu eo tnninM , s'fli ifâfoifeBt lettres cxpi-eates de Ivy. Cepèikhat, paisr M laisser ooorir à ces seigtiears la hante, ay aot goa^emears le iqesooBtea* témeat dn reffns » il leur manda qa*il les priait Fattieadre à Qoiers , et qu'il leur nleitioit bien test ea niaia aises de quoy csbatreleorgenerasitd. Si kr ibareiehal n*êust pris cet expédient, H ne poufoit ftiillir qn*il a^cÉifadrint Faa éd ces inen?enieas i k 9çmàt qu'estant réaaeÎBy adveity que à grande compagnie de pMcies et selipseurs se seroit enfermée en l'une de ees placea^ il se seroit hasardé de rassaillir, en eapèranee que la prenant il y anroit si grand butin, que ses frais et peines en seroient recompemés au double , outre la gloire et la réputation qu*ii en acqnerroit ; et que, là où on les Tondroit tber de ce hasard , il frAidroit dresser une armée, et venir an côinbat contre gens doublement courageux par respérance dn butin et de la g^ire, ou bien les y laisser . enveloppés , au plaisir da la ICNrtUBei doatv en tout événement, la

eau^pe sefoit teaifunn .aMtbnla i dud. L'antre, que là oh Traneai) le moyen de dresser eest»entrèpr mit an moins si f ort reidbreé la gidi et dressé tant d'alamies et d'esem om seigneurs phn volontaares qa qaïf qmdqu'un d'entre eux aerois tombé entre leurs mains^ ndn am tacite honte du nuuresehal. Leqdèlt aeeust ftiiré , fut eneorés ■ mal a ftlear de Clermont, fort couragea on six autres de n portée , qu'ils m d'aller, au iiom de toas^ sonder SaiilGM)aniian , lequel ils trouver d bien rompu qu'il ettoit impoM traverser.

Tandte qm les ennemis estmeal comme vous avez veu , à reprendi cbasteaux et à saccager la campagn peur lors moyen d'entreprendre p à cause de Thyver et des ployes qi sàrvennes grandes et froides , L gbnvemeur de Foussan , frère da Beyne , et autant double et mali eefaiy cy estait bon et honneste , i cdnmps avec une trouppe, non li mah de brigandeaux , lesquels, di jours , ne cessèrent de piller et r vilklges dn Montdevy, Beyne et Chose [ qui donna matière au mares veyer vers domp Ferrand, pour réparation du ravage fait par Ls contre le devoir de Thumanité et d devcst estre practiquée à; Tendroi boureurs, lesquels ne dévoient soi les querelles des princes ; et que , q il en avait toujours ainsi usé , à l'e ce grand roy Cyrns, qui ordonna ( la guerre il y auroit paix de tous c les laboureurs , luy semblant qu'il • lire au soldat , allant en la maison di d'y prendre à boire et à manger 1 ment , et que ce qui se faisoit au d plustost Tavarice et la rage brig; que rhonnesteté et valeur qui du parmi soldats bien disciplinés; e falloit que les terres de Tobéissani fussent ainsi mal menées, que d( sçavoit bien les moyens pour fain apprendre à celles du MilaMkj

LlYRE DEUXIÈIE.

pr kft ImperkiBS ^ eeiebien ceste inarlise «pfNH'toii d'uUlité. (Sera noté que^ s, comme nous faisioas jadis , la duché ilao et royaume de Naples, héritages de 0jè, lors qa il en faUoit parler , ou les Doit toujours terres usurpées. ) Que , i«iDedier aux ruyaes qui en peuvoieni tf d'une part et d autre, ils devoiem sscaulre et arrester quelques capitulapour la caxapagae » à FasseuraBce du e peuple. Aussi , qu'ayant tout à loisir leré ce que dès son arrivée en PiedflaonI avoit mandé pour le regard de la bonne I, il U'ouvoît» quant à luy » que , n'en , entre eux accordée aucune capitulac estoit un faict qui pouvoit d'heure à racevoir diverses interpretalioaa , diiBet disputes , tousjours naal aisées à vuilOHr auxquelles obvier , le meilleur seren faire dès-lors quelque bon accord périt, à fia que doresnavant chacun ^pour combien et comment il en devoil .Le priant, pour y donner quelque com- UDent, foire délivrer Louys de Monleili l'i gueres dans Gliusan.

■p Feitand « respondant à ces poincts i k qu'il n'avoit pas moindre commiserate pauvres laboureurs qu'avoit le ma- |il; qu^il n'avoit encores rien entendu iillericâ qu'en pretendroit avoir esté feictr La Trinité « dont il s'informeroit , et f pouTYoiroit selon ce qui se tFonveroil oûble; oe que toutesfois il ne fit pas is. Qoantà Louys de Monteil , qu'il estoit ik de rempereur e| accusé d'avoir ea K 4e paix dressé quelque entreprinse au Bdicede son seigneur lige , et que cela wiM véritable , il ne pourroit de moins ïenfm exemplairement chastier. Au ^ de la capitulation du laboureur , il il jamais veu qu'il s'en fust faict aucune, e les choses , pour ce regard , avoient eiglées ou desreiglées selon la diversité eoemeas de la guerre , qui sont sabjects de changemens et de mutations , qu'il autant mal-aisé à les régler que de r déterminer une mesme manière de lier à tant de diverses nations qui font le la profession militaire. Et que , quant ) de h boane guerre , ores qu'il se fust

trobvé en Unîtes délies que Taiii|Meyr tréM

demesiées « tant deçà qae Mk les MuH ^

il a'dveît tootesfiHs jamilis teo qu'il S'en fM

faict aucune , eoriibieto qu'il eu ausl esté èHM^

vent parlé » et que par pluMaiiB fola oi se ftlM

assenridé de part et d'aulf« pbur eefiH ftff^t ;

car les ehosea se trMVoient irap MBellè* èl

mal- aisées , tant pour tes iititaiiié{}ease6 ttë^

mandes des uhs «t des wstltm comme pottf M

diversité des eoustames ifai se prabtiqttoielll

de nation à auare ; et qu'à soa akhis e'avMt

esté pourca qiie les seigneurs et gentils*^

hommes ksàçtàê qui vefil à la guerre j liea-^

neat non sealement à grand heanettt d^eèM

enrooUés en la geadarmerie au cavalerie, aiali

biea souvent m desdaigaeni èsira deot M

trois à oae place d'araher^ jetMds p» al

moyen derrière les espaaiee la respect Cft !•

eonsideralioa qa'ils deteieat avoir à leur raMgi

pei*Édnin et quaKté« fMaaat eeiacqM là Mil

advieadroil qu'ils fassent laits prlsoiiaisrft da

guerre, ik seraiedt^ eammé soldati «lirMdlAli

sondaîa diblivrés saaaraaçoa^ ea vtt4tt 4e M

oapituladon et do Tcritable lésmcHgtt^ga iflié

les eapitamea poanxriènl touifôaM doliÎMt

dudid earaottenènt i oe qai ' letir daanërdM

plas d'oceaaioa ^ qu'autrement is a^aareieftt

pas, dcT s'eaposer trop kaiardeaaimeai I

toutes sortes de eèmbats et ealreprisas. QlUi ^

par puactiqw ooatvaire, les genilb-haBitiieé

italieas et espagaaia , et bieÉ souveiit les âl^

leoMns » qui servoient rèmparaur ; ateleHI

tausjoura laar rang , qaaUté et l^epiaatM

n chères el ai précieuses , que quand i MM

roit question , aon pas d^ne sia^de raaçoa (

AMÛade tout learfaien) îlsÉe selefakattji^

mais enrariler de l'riijeoia ftiçoa que fsisoM

le Fran^ia. EC de ftiot , que ^eette dispariti

et diseonvenanee de coostijEBies esit^it cdia

qai avait touqoars empesefaé aua guerres {nrà^

oedèmes qa'on n'en paast todibsr d'aoeord 4

pam* n'envdopper oeax de son party dans^^iMi

trop évident désavantage ; sa aouaaDaat, à éé

propos , que du temps de la gnferre de BlB*4

pies , où commandoit M. le prince d'Oraagrf

pbur l'émparear , et M« de Làntrae paar le

rey , ceste raeame eOnilderaiio& fal «iHe qai

empescha eeste capitulatiM guerrière, se praih

tiquant seulement , par commua aceord , qaa

le gealtBuNBiM .jgé estaîl, Md^ priiopaiir

MO

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VIUARS.

payeroU taille 8êl<m sa qualité , et que celuy qui esloit soldat enroollé en'passeroit douce* meut par les termes de la bonne guerre. Pour conclusion , que c*estoit cela mesme , à son adyis , à quoy ib se doToienC arrester. =: t.. Le marescbal , qui craignoit tousjours Fin* convenient où les princes et seigneurs qui vendent à la guerre en Piedmont pourroient tomber » fit entendre au sieur domp Ferrand qu'il aroit trouvé fort estranges les difficultés qu'il mettoit en avant sur ceste convention de la bonne guerre, à cause de la prétendue diversité de coustumes de nation à autre ; laissant juger à luy ( qui estoit grand capitaine ) ai le François , qui par honneur allott gayeroent et volontairement à la guerre pour servir son prince et sa patrie» et qui aussi pour apprendre s'enroolloit sous quelque gentil capitaine , estoit moins recomman<hble on à estimer que cenx de son parti , qui vont à ',1a guerre plustost à une certaine intention qui ne regarde que la réputation et Thonneur particulier de soy-mesme et non du prince. Que y quant à luy , il n*avoit jamais estimé qu'il y eust au demeslement des armes action By[charge qui peust estre autre que honorable et cavaleresque ; qu'il se contenteroit tonsjours , quant k luy , que le soldat qui en ef* foct seroit soldat , receust le traictement de la bonne guerre ; mais que pour cela il ne trouvoit pas qu'il ne fust fort à propos et neoessaire de vuider les difficultés qui pouvoient regarder les capitaines de gendarmerie » lieutenans /enseignes , guidons , cornettes de cavalerie , et autres officiers qui sont à la suite des armées , et de sçavoir enoores par quel tesmoignage et assertion ils seroient jugés , traictés et délivrés* En fin qu'il avoit espérance , puis que ceux de son party estoient si délicats et fiistueux qu'ils desdaignoient l'embrassement de cette capitulation , que oeux du sien , qui ne leur cédoient en noblesse ny en courage , leur en feroient bien tost venir plus d'envie qu'ils n'en avoient lors*

« Quant an crime dont on accnsoit le capitaine Louys de Monteil , le marescbal respondit qu'il n'avoitpasla veuesi caligineuse qu'il ne recogneust asses que c'estoit une fort dangereuse conséquence qu'où vouloit couverte-

ment introduire à la ruyne de tottfes gers qui suivoient les armes ^de Fnmce qu'on pretendoit sujets de l'emperenr oi i ses alliés ; à quoy , sans entrer en plus dispute y il le supplioit vouloir ternie fois pour toutes ; autrement qa'il serot trainct de s'en rigoureusement ressentr dommage des Milanois , Genevois , Sid ' Napolitains, tous lesquels il tenoitpoori indifféremment de la France , à \^ provinces appartenotent par légitime et que par ainsi il le supplioit deredmi délivrer ledict Louys de Monteil, mesme courtoisie qu'en sa faveur il avi gueres practiquée à l'endroit des E de plusieurs autres prins et reuToyà domp Ferrand , subtil en disputes , soudain que , supposé , et non pas que ledict Louys de Monteil ne fust d'aucun crime , qu'on ne pouToit to prétendre que par sa détention on fist acte préjudiciable à la bonnegoerre, qu'il s'estoit rendu a sa discrétion , et ce moyen il en 'pouvoit fsire i son toutesfois, que , ne l'ayant trouré il estoit content par honneur d'en présent au marescbal , avec espérance cevoir un jour la pareille , sans vouloir entrer plus avant en ceste capi ce qu'il fut depuis contrainct de faire en l'année 1553, ainsi qu'on imju suitte de ces Mémoires.

Pendant que ces disputes et«snfli|oe se demesloient,'t;Ludovic de Inpe advis au marescbal qu'il y avoit irà tes de cavalerie et quatre enseigaesde terie logées à Sainct-Beneing, boorgade à demie lieue de Vulpian tenu par les I^ riaux , à trois lieues de Thnrin , etqn fl m fort aisé de les deffiiire si c'estoit soBfM d'y entendre. Au mesme instant 'A km adverty que tous ces princes et seigMi plaignoient qu'il ne les alloit point vsm leurs logis , et que mesme il ne daigiMitj appeller au conseil ny aux demesleoieDil faicts militaires ; que le refus d'entrer I places de frontière^ monstroit asseï quil j estimoit de bien peu de jugement et de n dre valeur. Encores que ces plaintes M pleussent infiniment, si u'enist-ilaocat^

IJ

Page 1