ils reprindrent
^ le moyens et de
^ icts , comme j'ay
*es parmy le pais
'"*er et vivre à dis-
t on use en Italie,
.^Nloit nourrir ceux
* aais il me semble
^:nt parler, il fau--
^ > mesme pour le re-
k iut qu'il entre tous-
- en sortant dévore
. parce que ce pals
après bien souvent
ommairement quel il
Jte raboteuse et mon-
* # , plus que Montferrat ,
,je portion: elle n'est
ff '-cy, estant quasi toute
i nt. Elle s'estend depuis
*u Albe jusques à Sa-
t *îs en Ast , et par un re-
\ montagnes de Gennes :
^>euplée que le Montfer-
etitesvillettes. Le peuple
ail etau trafic, etmesmes
narchandises qui viennent
'les françaises en estoient
*^ J ^'^e»» que Tennemi ne pou-
^ ^*'^'^sveille- matin de Saine t-
. ^ ' •ms le mois de décembre ,
• j^ '" - mit à solliciter le roy plus
., . ••*du renfort qu'il luy avoit
. ^ it cela il n en sceut rapporter
**ï •ances et promesses. Finable-
^ ' "^ i luy manda que , puis qu'ainsi
^'''' -^ emi s'estoit retiré aux garni-»
■^^^^ • »it assembler ses forces , qui
^'^^w^jrs esire augmentées des sept
^oiùt ui estoient descendues de Pro-
rf/-
Iphiné , à fin d'essayer de faire '^'^^9^ à l'advanlage de son service ; '"> donner ordre à faire les monstres •< 4 . .'le avec telle rigueur , qu'au lieu
I situation con- | de laisser desrober les capitaines , comme Sa
Majesté avoit entendu qu'ils faisoient tous , on peust espargner beaucoup de deniers qui se treuveroient revenans bons desdictes monstres : que ce mesnagement et plusieurs autres qui pouvoient estre diversement faicts , soulageroient les grands despens qu'il conviendroit faire sur le printemps , pour entreprendre quelque chose de plus notable qu'on n*avoit faict jusqu'à :lors , et dont il falloit dès- maintenant faire les practiques et les préparatifs.
Geste répugnance et ceste contrariété de commandement travailloient infiniment le ma» reschal , mais plus encor la deffectuosité et le retardement des moyens , pour glorieusement advancer les affidres. A la vérité il avoit dèslors beaucoup de belles entreprinses en main , lesquelles, par faute de moyens , il ne pouvoit fructueusement mesnager, ains aucunes d'elles s'en allèrent en fumée. Aux affaires de la guerre tous dilayemens sont presque tousjours préjudiciables à Testât. Ce fondement d'espargne et de la rigueur des monstres , n'estant que chose casuelle et dont peu de farine pouvoit sortir , luy fit juger que s'il bastissoit là dessus , le roy demeureroit court en ses espérances , et luy au demeslement des exécutions , dont toute la faute luy seroit donnée. Cela le fit résoudre à escrire fort rondement au roy que si Sa Majesté fai* soit recognoistre et calculer bien au vray quelles pouvoient estre les forces du Piedmont et la charge de rengagement par les places, qu'elle trouveroit qu'il ; n'avoit pas peu faict de conserver jusques à lors Testât sans perte ny déshonneur; que par la lecture des estats de recçpte et depence , qu'il en« voyoit lors à M. le connestablc , il seroit aisé à colligcr le peu d'occasion qu'on avoit de luy ramentevoir, comme négligent, le bon mesnage duquel il avoit toutes-fois tousjours esté si sévèrement soigneux , qu'il ne se pou** voit persuader d'estre en cest endroitinférieui* à aucun autre des serviteurs de Sa Majesté. Qu'il recevoit à fort mauvais présage pour la continuation de la guerre, de voir dès le commencement corner si fort Tespargne en un faict qui ne pouvoit estre mesuré à prix d'argent certain et arresté. Qu'il n'avoit faute
MB
MÉMOIRES DE BOTVIN DU VILLARS
tl5»
de belles et utiles occasions pour employer forces plus grandes qae les siednes , s*H plaisoit h Sa Majesté les envoyer , comme il la sapplioit de faire. Que s*il falloit mesarer la {jrandciir à un pied si foible et si court qu'estoit cclny auquel on arrcstoit les affaires , qu'il aimoit trop mieux conserver avec honneur et réputation ce qu'il tenoit dès-jà que d'entreprendre plus avant, pour n'en recevoir par après que dommage et deshonneur. Qu'il avoit tousjours , quant à luy , estimé , comme il faisoit cncores, que Sa Majesté ne s'estoit pas jetée en ceste {pierre sans avoir au preallablc faict fonds et estât bien assenré de finances qui dévoient estre nécessaires , et pour la soustenirot pour en rapporter une glorieuse fin; jugeant, comme serviteur et snbject très-obligé à Sa Majesté , qu'elle se devoit efforcer , à quel<iuc prix que ce fust , ou d'estre la plus forte , ou de céder à ceux qui le seroient , la suppliant très-humblement se ramentcvoîr , à ces fins, qu'il estoit nécessaire d'avoir autant d'esgard au premier demeslement des affaires qu'à la fin mesme , estant celle seule qui estoit le véritable juge de nos actions^ et qui donnoit tousjours fort fécondes moissons à ceux qui sçavoient en temps et avec prudence mesnager la prévoyance , guide infaillible des affaires humaines. Pour conclusion , qu'il y avoit tousjours plus de profit et de scurté à foire les guerres jgrosses et courtes que foiblcs et longues; suppliant néantmoins très-humblement Sa Majesté de vouloir prendre en bonne part tout ce qu'il en avoit librement dict et remonstré , par une reverente licence qui doit estre permise aux subjects , lors qu'il y va du service du prince , envers lequel il estoit , quant à luy , tout ce qu'il devoit estre : mais que , le secours luy deffaillant , il ne pouvoit plus estre rien, et que parmy la nécessite et la difficulté des affaires il ne sçauroit préférer un remède doux et craintif à un généreux et hardy , qui repousse le plus souvent les plus cruels et avantageux courages.
Celle remonslrance , ores que saincie et \eriiable , fui trouvée mauvaise par le conneslable , lequel ne vouloil estre veillé de si près : de manière que M. de Beauregard secrétaire d'csiat , créature du connestable , mais
fort amy du mareschal , loy manda que to cela avoit esté si mal receu qu'il devoit a tendre provisions de mesme ; le priant ta estimer de luy , que quand les choses qi desiroit tant luy estre accordées ne succès roient pas selon son désir , qu'il ne ,tai pas à sa sollicitation ; qu'il devoit deresnan tenir pour certain que si elles ne se foisoientf au premier coup qu'il en escrivoit , qu'enooi moins se feroient elles au deuxiesme , ny i troisiesme aussi , d'autant que le connestili estoit naturellement si opiniastre en dispott qu'il ne se laissoit jamais vaincre ou pens der contre son premier jugement , quelqi raison qu'on luy sceut alléguer au contnûi et qu'il estoit d'advis que pour l'advetti quand il auroit quelque chose à traicter q seroit de conséquence , qu'il mist en ava dès le'premier coup toutes les responces , i lutions et répliques qu'il pourroit foire li mesme s'il estoit présent aux objections ^ luy pourroient estre faictes. G'estoit à h 11 rite une façon 'de traicter peu sortable pol donner prospère acheminement aux ^BaSm car , au lieu que le mareschal ne devoit pà ser qu'à exécuter quelque chose de grand,! l'honneur du maistre et de la patrie , il fiM qu'il occupast presque tout son esprit i tm Âiter les opiniastres dispustes , et oor^" ner aussi la tardiveté du secours , la des espérances et des promesses , qui n) portoient en fin que ruyne et confîisiOBJ service de Sa Majesté.
Les principaux ministres , et qui ont leWh niement des affaires et des armes, devroioti parmy leur demeslement, tousjours se sonf^ nir qye, tout ainsi que les affaires de h fflM sont les plus hasardeux et les plus incerttiif que tous , de mesme aussi sont-ce ceux <(■ sont le plustost et le plus dangereoseuff esbranlés et renversés , et par petites et !► gères occasions, ou parle deffaut des mo] Ht de faict on voit ordinairement que ce est aujourd'hui faisable à la guerre i&f le lendemain difficile et dangereux ; coi* la surprinse desquels inconveniens il est bc* ccssaire d'cslre tousjours préparés et po*^ vcus, comme vouloit esire le mareschal. ï toutcsfois le connestable ne laissa d'cstrt^^ ce faict aucunement excusable ; cari 9]^
mu DËtJXiÈMÈ.
kf nairieiliettt de lA guerre , des depesii dès floatices » et en somme de tout Teste U France et de la maison du roy, il ne étoit possibte de {mouvoir convenablement sMre à tant de grandes choses , ny Com- (t $00 naturel à toute la patience qu'il faU tToir pour ^*en dëpescher an contente- I (Tun chacun ^ ft quoy faire il ne voulut Kfois jamais avoir deconipafpion ou de coteur; chose (}Ui apporta depuis au roy, ati lime et&luy-mestne aussi, de très-grands Ss dangereux désordres, desquels la Fran- » sentencoresaujourd'huy, comme il sera I remarquer par la fin de ces Mémoires, ibition loutesFois , qui desregle souvent lins sages et les plus galans esprits, pas tousjours celle qui les conduict à ce rt , ains une certaine crainte et jalousie le peuvent permettre qu ils reçoivent ly les grandeurs quHls ont desjà acqui- <Qcan coitapagtton ou associé à ce souvemmmianctemënl qu'ils ont desj& en maiti. f h fin dé décembre , Gordes fit enten- » mareschal que le sieur de La Chîuza , i» maison â toise eh assez Forte assiette, UKrhame du MomdeVi^ , estoit sollicité rendre le party impérial ; ce qu'il avoit |nars constamment refusé de faire , espept désirant d'cstre appelé h cellny du roy , ie{ tonte son alTectioti estoit tournée et !e : qn'ayatit puis peu de jours veu hor plusieurs Piedmontois de moindre esque hiy de dherscs charges , cela Tamis en telles altères , que , sans Tasseue qu'il kl y avoH donnée d'estre recen et igveii selon sa valeur , il anroit pent-estre à faîct qnclqne ditise mal à propos. Le eschal , illibnhé de Ta qualité du person- ^ er âe rimportance de sa place , loua la e«cc et la preVtmttoii de Gordes , et aci cent livres d'eMat par mois et vingt ; & ce genifl-honmie , lequel fit depuis :oap de bons services. Dont Sa Majesté esté ndvertie , elle lui manda que tant iHoit qu'il se liiflttst servir de ce chasqa'aa contrait'e il le falloit raser avec es antres qui requeroienl garnison ordl- , à fin de Fanre autant d'espargne et moins de forces 'engagées-, ne considelas , comme H estoit nécessaire de faire^
que estàns nos principales places enclavées parmy celles des ennemis , ces chasteaux les tenoient demy assiégées sans eslre toutesFois apparemment assiégées , et que par le contraire les nostres en dcmeureroient plus asseurées avec une médiocre garnison , outre l'aflluence des vivres , et que d'ailleurs c'eust esté trop ingrattemeni thaicter les seigneurs propriétaires des chasteaux, la plus-part desquels s'estoient volontairement mis en Tobéissauce du roy, sous la promesse qui leur anroit esté faicte d'estre maintenus et conservés par sa force ; et donner mauvais exemple, et une odeur mal 'gracieuse pour les guerres futures , en tant que les peuples qu'on voudroit d'oresnavant conquérir auroient appréhension qu'on usast de mesme rigueur et mauvais traictement en leur endroit comme on auroit foict envers ceux-cy , en tant que les liens et les chaisnesdel'estatdependoient autant de l'amour et de la bonne affection de la noblesse et des subjects que de la propre force.
Le 9 décembre , le mareschal eut nonvelle que les galleres du roy , commandées par le sienr de Garces^ ayans séjourné quelques joivs aux isles d'Or ( et maintenant par met corrompu appellées d'Ieres ) , pour guetter André Doria , qui estoit allé en Espagne enlever les roy et royne de Bohême , et deux mil bisoignes ( ce sont genS nouvellement levés et desarmés ) , et que les galleres roples avoient finalement descouvert quatorze gros navires qni estoient stiitis de loin par les galleres impériales , lesquelles les nostres se mirent à chasser Jusques dans le port de Ville -Franche , où elles n voient esté si bien combattues, et à conps de maita , et h coups de canon , qu'elles avoient toutes été prises à main-sauve, nonobstant le secours éa fart dudict Ville -Franche, nouvellement basiy par les Impériaux. Tout le butin fut conduit à Ântibe , sans que jamais André Doria eust feîct contenance de s'avancer pour les secourir , estimant , 6 ce qui fut depuis sceu , les forces françoises beaucoup plus grandes qu'elles n'étoient pas , et qu'en s'attachant à gens desjà victorieux il se mettroit au hasard de perdre le reste de l'armée , de laquelle dependoit celle de Geûnes et mesme de la
â4ft
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VHIARS.
duché de Milan. Il y avoit dans ces navires grande quantité de chevaux d'Espagne , avec tous les meubles desdicts roy et royne de Bohême, lesquels par ce moyen ne furent guieres plus heureux que leur cavalerie , qui avoit esté défaicte en Ast. Le comte de Cameran, et plusieurs gentils- hommes italiens et espagnols, furent prins àceste deffaicte^ avec environ huict cens bisoignes, qui servirent tous à enrichir les chiormes françoises et le glorieux triomphe du 'sieur de Garces et des galleres.
En ce mesme temps arrivèrent en Piedmont les capitaines Vicques et Labit j Gasconf , avec chacun une compagnie de trois cens nommes et mil pie-dcscliaux qu'ils avoicnt enlevés de la charrue pour remplir les vieilles bandes françoises.
Je feray maintenant un peu d'interruption pour représenter , comme chose grandement considérable sur le demeslement de ceste guerre, quelles avoyent esté (au parsns ce qui en a cy devant esté discouru ) les intentions et les practiques de l'empereur , et ce qu'il desseignoit encores pour lors , selon le rapport qui en avoit esté recentement fait au roy , à ce que j'appris estant en cour.
L*empereur donc ayant recogneu que toutes les promesses et toutes les menaces dont il pensoit ou apaster on estourdhr le pape ne pouvoient avoir tant de puissance , qu'elles peussent renverser la délibération qu'il avoit desjà prise de se reconcilier avec la France par une finale paix , il commença à se repentir d'avoir donné ouverture à ceste guerre , pre- Toyant que la continuation d'icelle apporteroit la destruction des entreprises et des desseins qu'il bastissoit pour la grandeur de sa maison. .
« En premier lieu, sçachant assez que le François n'oublieroit jamais les prétentions de Milan , de Naples et de Sicile , avec lesq[uels il tenoit l'Italie à demy bridée , il jugeoit très-nécessaire de si bien couvrir et borner les uns et les autres , que le pape , les Vénitiens ny les autres princes d'Italie n'eussent la hardiesse de rien remuer ou entreprendre en faveur des François ; et qu'il falloit pour y parvenir qu'il recouvrast le Montferrat dçs mains du duc de Mnniouepar
eschange du Cremonois ,' et aussi celui h Savoye , Vcrceil , Gatinare , Yvrée , ^^ Germain ,. Mazin et CrescenkiB, pour ^^ tout ce qui s'estend depuis la Se^ jifiqn^ Pau et à la Doyre-Balte et am idoq^J qui regardent la Val-d' Aouste » Iny u pour recompense toute la partie de Mq.
ferrât qui est au delà de hdicte Doyrt, g l'autre qui confine à l'Astisane en tiras (|. tre-mont Albe et Aiguy; ne retenip Casai , Trin , Montcalvé et Pont-de-Ston, marchissent la frontière de Milan :
estât de rendre ces neuf places en M qu'elles seroient inexpugnables à jaiosB,! qu'elles scrrcroient de tous poincts lep; aux François pour à jamais entrer en 1 et resperance aussi aux Italiens de li appeller. D*ailleurs il vouloit aussi fi Sienne, Montalcino, Port-Hercule, et ques autres places de ce costé là, pour pondre à OrbatcUo qu'il tenoit desjà, 4 ce moyen tenir en subjection tonte la Ti faisant son compte , et certes avec grand ment , que toutes ces fortifications ainsi chevécs luy serviroient de trës-pi formidable bride à la Lombardie et àU magne aussi, mesmes demeurant, conuoe f croient par ce moyen , avec l'aide de >i et Sicile , enfermées de tous costés : ^ niere que sans doute il disposeroitdè^fafe avant du pape et des autres prince /araÉif ou par force. Finalement il efmit renger le Genevois , non senlemnttadurfi la construction d'une citadelle, mm.
luy remettre celle de Savonne, eil^iot Savoye aussi celle de Nice, domilpyi^i garnison y pour tenir pareillement ksoaft de Provence et de Languedoc en tonte $# tion. A la vérité , si Dieu eust permis à ffl pereur de mettre à fin'tons ses dessdisJi a rien de plus certain que toute Flulieftli Vénitiens eussent esté conbiûncu lieta joug à sa domination.
Quant à la France et à rAllenui{;îie.lB quelles irne desiroit pas moins briderqd autres, il avoit, ponr y parvenir, ioèii pape à convoquer le concile à Trente,!
intention que toute l'Allemagne y ini*'!^ droit , et que par ce moyen il obtienJftif son fils seroit déclaré coadjuteor deltif
LirRE DEUXIÈME.
S4tf
consequcmmcnt en sa protection et sjuve-
i tous et contre tous.
Qni3 l'intervention et la souLinission que les républiques catholiques «rAllegne rendroient aux dclenninalîous du con- ■ , ]ai serviroieut d'umurce pour les tenir isjoursen'Querrc et eu division à l'cncontrc i protestaus, et qu'il luy scruit fort aisé, rès qu'ils se seroicnt entre- roynês , d'enlutir et les uns el les autres, à la scurté et l'estaMissenient lie sa maison : quoy faict, se retirerait des afTuires et les remettroit (''S
de &on KIs.
Parcillemont il espcroil, par l'auctonté et
faveur qu'il auroit en ce concile (qui esloit
it compos<!- de prélats ses partisans) , de
donner quelque dérision sur le faict du
mt et Savoyc, possédés par les Fran-
I, ei obliger tous les princes clirestiens à
■mer contre eux où ils refuseroicnt d'ac-
ir aux décrets du concile, et mesnies
dire interdire les Suisses et tous autres
ihur presteroient assistance.
Certainement l'empereur n'eust sceu mieux
]eCier et discourir qu'il faisoit des alTaircs
r renger la lYance , l' Allemagne et l'Italie
na extrême danger et servitude ; mais
■' rendit le roy si diligent scrutateur de
deaseins , qu'il eut moyen d'y apporter
iptïon et la résistance qui sera cy après
En premier lieu Sa Majesté envoya debunnc
protester de la nuUitii du concile , ne
pour gi'iioral et moins Icgitimement
\i i H Gt pur ses ministres imprimer la
opinion aux Allemans, et toucher au
l h l'œil toutes les menées, praciiques
lins de l'empereur , contre lesquels ils
it »'armcr , ainsi que Sa Majt^slé avoit
de faire de sa part , avec intention
se joindre à eux et courir mesme fortune,
[ alliances el anciens traictcs des
ses prédécesseurs et de luy.
Ces préventions et ces protestations , tant
ly que des Allemans , furent do tel poids,
l'empereur se trouva autant (éloigné qu'il
eslre prt>s de l'cxccution et du fruîct
•Coûtes ses menées et discoui-s; demeurant
mat eontent dos princes d'Allemagne , et
X anssi de Iny, que dcslors ils serrèrent
de plus près les sociétés et les Intelligences I qu'ils avoieat pieça brassées avec le roy, pour J secouer le joug et se ressentir des injurél 1 ()ue ils avoienl précédemment receues da I l'empereur, trop insolent en ses victoires, ainsi que les histoires du docte Paradin pevt- 1 veut apprendre à ceux;qui auront envie d'ea J sçavnir d'avantage. Tant y a que l'empereur, I qui faisoil profession d'ailiner tout le monde, | se trouva luy-mesme affiné par les plus jeunes. J Mais pour tout cela il ne perdit pas courage, } ains il se mit plus fort que jamais il remuer, 1 comme on dict, ciel et terre, à la-ruyne desl François, jurant de ne faire jamais paix nyl trefve avec eux , qu'il ne les eust foulés aux I pieds, Toulesfois le péril et l'aflection tràJ rendit tous si sages et si disposés , qu'ils lutf I chaussèrent depuis les espérons de si près^l qu'il cognent trop tard que tel pense venger 1 son injure, qui l'accroist et l'augmente à sil ruyne et confusion , comme fut depuis la. I sienne. A la vérité , les princes auxquels U 1 fortune s'est monstrée favoi-able , se doiveiA J Contenir dans les termes de la décence et de J l'honncsteté , à fin de ne convertir , comme il | fit, labonace en un dangereux orage.
L'empereur s' obstinant en^^sa queste , et re- I dressant les défauts , fit entendre au papa J qu'il voulait envoyer un ambassadeur Suisse , tant potu* semondre ceste belliqueuse à nation à envoyer au concile leurs députés y i comme aussi pour essayer de la distraire do i l'alliance qu'elle avoit avec la France , ou an j moins de tellement l'infirmer , que le roy ne j peust obtenir les levées de gens de guerre ■ qu'il domandoil lors; estimant que, venant I à chef de ces deux poincis , ce luy seroit une facile explanadc pour avoir meilleur marché des François , et pour enibai-quer les Suisses à s'armer contre eux , à l'exécution des de- J croîs du concile , pour le regard du Piedmont.j et Savoye. Et de faict , le pape , adjoustant j foy aux paroles de l'empereur , avoit dépes-, ché nu nunce vers les Suisses , avec commanfl dément qu'il eust h se joindre et conforoief 1 aux pratiques , menées et intentions de l'ani-] Iiassadeur impérial. Le ruy , à la majesté du» quel Dieu presloil la main pour delTendre | ' justice de sa cause , ayant de bonne beiu descouvert ces meoé«s , sawf "
im
HËHOmEII m BQYYIK PO VILLARS.
le devwt I et'fii dexiremeat manier cesie nation par Fentrenûse da sieor de Morellet son ainbassadeur , que » quand ces antres furent arrivés , les cantons firent d'un mesme accord protestation pubUque qu'ils desadvonoient ce concile , et qu^ils ne vouloient acquiescer aux déterminations qui y seroient foictes. Davantage Us tindrent en faveur du roy une journée à laquelle ils ne voulurent onc admettre lesdicts ambassadeurs du pape et de Tempereur, quelque instance ou plainte q^'ils en scensscnt faire ; de manière qu^ leur barbe Sa ]Majesté ol^tint tout ce qu'ello voi^lut d'eux. Chose que ceux-ci trouvèrent fort mauvaise , et là dessus demandèrent que la journée fiist réassemblée pour estre oois en leurs propositions et demandes : ce qui leur fut aussi refusé tout à plat ; recevans d'ailleurs en toutes autres choses tant de rebut et de mauvais visage , que jamais nul de la nation ne daigna . aller banqueter ou trinquer avec eux , comme leur coustume est de faire par applaudissement et bienvueillance avec les estrangers de telle marque et de telle estoffe qu'estoient ccux-cy. Ce furent de très-utiles et très-honorables fruicts de ccste prévention , qui sert de seureté à toutes sortes d'aSaires tant civils que militaires.
Le nunce , voyant que toutes lespractiqueSi les promesses et les dons que luy et son compagnon faisoient , ne pouvoient , non plus que sa crosse et ses bénédictions, porter tel coup qu'il avoit désiré , commença k crier et à exclamer publiquement que c'estoit grande impiété aux Suisses d'abaûidonner et mespriser, ainsi qu'ils faisoient , la cause de Dieu et de ^n vicaire , et de contiûbuer des forces au roy de France son ennemy , à la destruction de l'Eglise et du sainct siège ; que Sa Saincteté et Tempereur aussi se rcssentiroient bien tost et bien aigrement de ces outrages , après avoir reuj^é les François au petit pied , comme ils feroient en brief . Cette menace servit de beaucoup au roy ; car elle indigna si fort les canitoDs , qu'ils basterent d'une affection nompareille les levées de gens de guerre qu'ils avoient accordées au roy, et révoquèrent soudain , sous grosses peines , tous ceux qui s'estoient auparavant volontairement escoulés uu service du pape ^ et en fin firent publier
im]
qu'à peine de la vie , dedora en 9«Mt WOH de leur nation n'enst à prendre apty^ jppliji que celle de France. De manière qpe |(K|itt choses réussirent selon qpe Sa Ud^Mi fo^r voit désirer « àla confusion de «aa (WieniiTl
Encores que les affaires dfiaoalé 4^ Snik ses fussent mal succédées jk Tempvrfm i î est-ce que pour cela il ne corrigea fi iq haines ni ses desseins î ajos au cpirtr^tll roidîssant aux affaires , cMqme (ait 1^ ||f|^ contre hi pesanteur , il diqxM dd tp|ites nrt •i prudemment ses affiiires , qu'il pouvait n* perer d'avoir sur leprintempa fondes ^ gig^ des qu'il pourrait non ^emeot nffUftf ki playea desjà receues ep Piedmpi|t , inaji ttf tendre aussi à la conquesfe de Pifl)jE^ , (§ de Champagne , et par ce moyea lnQfliiitf presser et nécessiter le roy qu'il rifTOIMliPÉt la paix. L'une des choses qui pli» Vfmfioi^M prince à entreprendre ainsi tant de çbofinfi mesme temps , c'estoit )a craiiite qu'il fp|| que là oii la guerre prendroit mç iMgnepig^ cependant il ne vint à mourir » l^isaafil saifll enveloppé parmi infinis hasards et 4)MWi qui luy pourroient foire perdro en un a|||0|r tes les glorieuses conquestes qu'il avQft ^i^ en quai*aute , parmi un perpetifel reannfflMj d'armes et d'affaires , aux despeqs 4| i conscience.
Il esperoit aussi persuader ap;^ 41NMH et aux Italiens que le roy vouloit p^ ïih cendre le Turc à la ruyae de la cbregiipié, afin de pouvoir empiéter les Pais-39S|)| Franche-Comté , et tout ce qui s'esle^d jjn^ ques au RhinVmettant enjeu que le rpf MW( esté la cause de la perte^de Tripoly , ifg)||)|| qu'il avoit envoyé son ambassadeur à )d| p^K du Turc et vers le grand maistre de Mab^t fm apparente, et toutesfois simulée îil|i|lifl|| de faire retirer les forces turquesquesdt MM entreprise ; et qu'au lieu de ce faire jl jimaf) luy mesme esté aucteur de la reddition 4^ h place , apportant par ce moyen une trèsH^M^ gereuse playe aux affaires de la cbrestieiié. £t encores que caste accusation fusl dîractp^ ment contraire à la vérité , ainsi que ¥erifiBr rent depuis les lettres du grand naaistne H celles du viceroy de Naples , serviteur mesM de Tempcreur , si est-ce qu'il ne laîssoit4*6|pcrer de la foire recevoir poujr ¥^rit9iilfiitt