‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 54 sur 224 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

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tirer par ce^ moyed deux fort notables ipodiià : la première cstoit la destruction famitié et de rintelli{;ence que le roy i avec plusieurs princes et republiques ^cjmes ; et Tautre de tirer d'eux , sous pi^e&ie , secours d'bommes et d'argent à niyne du François , sous prétexte de la ffc du Turc.

itisoit pareillement estât qu^avec Faide ertaiiis princes germains qu'il avoit tiré à évotion , de foii'e en sorte que les estats empire recevroient en leur protection les Biis, comme incorporés à Tempire par lifle iraiisaclion faicte Tan 1547 , presuput (cela succédant ainsi ) que le François » oseroit plus quereller » comme estoit ( sa crainte.

) roy de son costé , qui sçavoit de longue

I que les princes généreux pouvoient bien «ment supporter les dommages de la tre , mais non jamais ceux de la gloire et lûimeur , ne dormoitpas , ains s'adonnoit iscouvrir les forces , les conseils ' et les s de son ennemy , pour tousjours mieux orer les planches à la victoire , disposa ;taotde prudence tous ses alEiires, que laoïage des armes et de la fortune deratoDSjours de son costé , au moins tanqoe Tempereur mania le baston. Toutes- , ne voulant endurer les faussetés qui ieot publiées par Tempereur au préjudice a couronne , depesdia plusieurs person- !S en Angleterre , Allemagne et Italie , lesquels il fit cognmstre la justice de sa yi, Timpieté de celle d*autruy ; et l'ine agression du pape et de l'empereur, au jodice de ses estats , amis et alliés. Que ibitioo et la cruauté estoient si profonde-

II eoracinées au cœur impérial , qu^il n*aobfflis aucune sorte de rage ny d'inhumacoDtre le sang et la réputation des princes ermanie ; qu'il avoit encor faict pis du d'Italie , ayant cruellement fait massale duc de Plaisance , père de son propre re, et auquel il en eust faict tout autant e se fust mis à Tabry des armes frans, qui serviroient tousjours d'asseuré ^ aux princes affligés. £t en somme , ioutes ses intentions ne tendoient à autre

les renger les uns après les autres sous sa domination ; et ayant remarqué que le François estoit celuy seul qui luy faisoit contreearre , il l'avoit injustement assailly à Timpourveu , estimant que l'ayant matté et ra« vallé y ainsi qu'il esperoit faire , que nul n'oseroit par après lever les cornes contre luy. Mais Dieu , qui maintient tousjours le boa droict , avoit tellement assisté Sa Majesté de forces, de moyens et d'amis, qu'elle avoit non seulement repoussé avec honneur et advantage toutes les violences du pape et de l'empereur , mais avoit aussi en main dequoy les assaillir si vivement , qu'ils cognoistroient» à leur ruine et confusion , la diilerence qu'il y a d'une vraye valeur fondée sur la justice y à la vanité et ostentation des menaces et des injustes agressions , telles qu'estoient de toutes parts les leurs ; et qu'enfin les âmes généreuses s'obligeoient plus estroitement par la courtoisie qu'on ne les retenoit par la crainte , qui ne trouva jamais logis au cœur du François. Quant au Turc , chacun pouvoit considérer et recognoistre qu'il esfr permis , et selon Dieu et selon les hommes , aux princes injustement assaillis , comme estoit Sa Majesté , de s'aider et indifieremment prévaloir ^ pour la.tuition et deffence do son estât , de toutes sortes d'armes et de partys , et que les .maux qui en adviennent dévoient estre tousjours attribués et vengés sur les agresseurs , tels qu^estoient ceux qui attaquoient injustement Sa Majesté , lesquels , sous un simulé zelle de religion et du bien universel de la chrestienté , vouloient avoir la clef des champs pour gourmander et mettre indifféremment le pied sur la gorge k tout le monde.

Il estoit nécessaire au roy, pour la considération du secours du Turc, de toucher ceste corde particulière, d'autant que la croyance, qui en avoit esté receue aux guerres précédentes, avoit fort servi à l'empereur pour disposer les estats de l'empire à luy contribuer hommes et argent, comme ils avoient faict fort à propos.

Quant aux practiques qui se dressoient pour réduire la Flandre en la protection de l'empire, Sa Majesté sçavoit assez que cette liai-

aa diviser les princes chrestiens, pour | son n'estoit jamais assez forte pour empes-

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MÉMOIRES DE BOTTIN DU YILLARS

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cher le cours de ses armes , attenda que le droict oa la faveur de protectkm ne s'eslendent jamais qu'à une simple recognoissanoe d*bonneur procédante de confiance , d'amour et de bien-YueiUance ; et que, par le cootraire, la ligue estoit celle qui iddige<Ht à secourir Tamy et le confédéré » sans considérer si la guerre estoit juste ou injuste ; anquel cas il eust esté à presuposer que Tempire se fust deu remuer pour la Flandre /et à quoy faire il y eust toutestoîs tousjours eu beaucoup de longueurs et de difiicultés , tant pour malaisance qu'il y a à assembler les estais de lempire comme pour la longueur des délibérations et des resolutions, lesquelles s'cstoient toujours trouvées fort lentes et fort mal -aisées où il s'estoit traicté de quelque chose au préjudice de la France. Concluant Sa Majesté, par toutes ces raisons puisées dans la propre fontaine de la vérité, que tant s'en falioit qu'on deust ainsi adjouterfoy aux paroles fardées , ny craindre les superbes menaces et pracliques de l'emperenr, que , pam le contraire , tous les princes de l'Europe dévoient joindre leur cquse , leurs forces et leurs moyens à ceux de la Fk'ance , pour unanimement luy courir sus, comme au vray insidiateur et perturbateiu* de leiu* repos , de leur gloire et de leurs estats.

Revenant maintenant à la digression des affaires de Picdmont , il vous souviendra d'avoir cy devant veu que le conte de Beyne avoit fait pendre, au desceu du marcsclûil , qui Tavoit trouvé mauvais , un certain Costemagne son siibject , prins en guerre par le sieur de Gordes. Or , cela ayant esté rapporté à domp Ferrand , il en fit plainte au mareschal , luy protestant que Tacte estoit directement contraire à la bonne guerre, et que y combien qu il tinst quelques bannis sur lesquels il en ponvoit prendi*e la vengeance , qu'il s'en vouloit toutesfois déporter, tant pour n'altérer Tobscrvation de la bonne guerre comme parce que c'estoit chose indigne d'un prince généreux , tel qu'il dcsiroit estre ; et que , si ledict mareschal entendoit que les bannis fussent desloi's en avant ainsi iraictés , il esperoit que le desavantage seroit bien tost de la part du roy, en tant que Sa Majesté ^avoit à son senicc plusieurs

bannis de Milan, Naples et Sicile. Le mveschal, respondant à cehi , luy fit sçavoir qnH n^avoit pas trouvé moins mauvaise que Uiyh procédure du comte de Beyne , auquel Ses avoit fidi une bien aigre reprimende; qil estoit trèsHBUHTy que l'inconvénient fnstsui remède, et que de sa part il donneiioitoiés que pour l'advenir semblables cbooes le m commettroient pins , sçachant assez qaa, h fureur du combat passée , toute hnmûiié et douceur doit estre practiqaée à l'endroktdi vaincu ; et qu'il tenoit de sa part tous Napslitains, Siciliens et Milanois pour bandi, portans les armes contre le prince fraacoiiauquel ces provinces appartenoient , et par ainsi tous punissables.

Environ la fin de décembre, le cardinal di'^ Toumon, qui avoit lors la surintendance desrf» faires duroy en Italie, pria le mareschal de U donner le pins souvent qu'il pourroit de fei nouvelles, d'autant que les Impériaux, plôu d'artifice et de mensonges, feisoyenttonski jours courir nouveaux bruits au desavailafi de la guerre qu'il demesloit en PiedmM, lesquels il ne pouvoit rabatre ou confiM que par la 'participation qu'il luy douaawit de Testât et prospérité des affaires, estât b plus souvent reduict à ce poinct qu'il ertflt contrainct d'avaler dix mensonges preaiar que gouster une seule vérité. Aussi. verilalk* ment , est-ce chose très-requise au muà^ ment de Testât que les ministres du irâoe, qui sont diversement employés au dehors, communiquent et rapportent tous les unsax autres par lettres ou messages ; autremeutil est impossible que Tun d'eux , pour sage qal soit , ne face quelque pas mal à propos : je Tai ainsi recogneu et expérimenté durant ki quatorze années que je residay depuis , de la part du roy , près le feu duc de Savoye Ennuel Philibert , prince fort sage.

Donnoit aussi advis ledict cardinal de Too^ non que le pape , desirantse justifier de cette guerre en rentrer en amitié avec le roy, bf avoit auparavant escrit une lettre de sa maia, par laquelle il le requeroit de la poix; i quoy Sa Majesté, au jugement de tous la bons, luy avoit faict la plus magnanime, h la Iplus .honneste et la plus chrestienne ponce qu'il estoit possible , luy acc(Nrdaitt

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