LIVRE DEUXIÈME
» la paix aux 'mesmes termes et tout |ue Sa Saincteté mesme la demondoit , Qtrer en aucune particularité ; monsissez, à la confusion de Tempereur, t acte généreux et humain , combien Sa i desiroit le repos de la cbrestienté ; ])ape en avoit receu un singulier con- «Dt , louant le doux et cordial naturel nçois à oublier et pardonner aisément nces à ceux qui les en requeroient. Je ne c'est ce qui incita César, parlant loçois , à dire qu'ils estoient beneficioi injuriarung immemores; s'il voyoit
h de ce temps et le bon marché que içois faict de sa vie et de son ame , il roit bien de notte. Que tout sur l'heure icteté avoit par courrier exprès , faict pescbe au cadinal Ycrallo , luy ordone parachever son voyage vers le roy , lant ce qu'il luy avoit tout fraische- )rdonné au contraire , sur la crainte voit eue , à la suasion d'aucuns , que esté ne le ^voulust recevoir ny escouratesfoîs il n'y avoit pas grande espe-
disoit Toumon , que ceste légation apporter beaucoup de fruict , veu que icteté estoit .encores si mal conseillée me vouloit eo cest endroict rien faire I participation de Tempereur , vers leîNe avoit tout soudain dépesché et s envoyé la coppie des lettres du roy, les avoir monstrées à son ambassadeur ^ siens ministres. C'est bien vouloir irder sa bourse que d*en faire parade l les brigands , et mal entendre aussi aires que demander conseil de son redeson bien à ceux-là mesme qui ne Ment que de le plonger tousjours plus dans les travaux où ils ne l'avoient {oe trop enveloppé.
avoit encore un poînct qui iaisoit mal r de ceste négociation : c^estoit que la réception des lettres du roy le ca- ( camerier du pape estoit revenu de
l'empereur , apportant nouvelles de *ivée à Inspruch , et les deux mil EssdeYuitemberg, six mil Allemans, et
trouppe de; cavalerie , arriveroient ^t en Italie ; ayant en outre dict , pas- ^ Bologne , que Icjpape y viendroit
faire Noël pour s'aboucher avec Tempereur, qui trouvoit fort mauvais que le pape voulust entendre à la paix , et Tabandomier après avoir esté cause que luy-mesme Tavoit rompue avec les François , auxquels pour résister il ne pouvoit recouvrer argent : de manière qu'au lieu de fournir cent mil escus au pape, comme il avoit promis, il ne luy en pouvoit bailler que chiquante mil; priant Sa Saincteté que , quoyque le roy, les Allemans et les Suisses sçachent faire ou dïire , de ne rompre l'assemblée du concile, ains la continuer tousjours. G'cstoient toutes shoses propres , ores que simulées , à tenir le pape en crainte , et pour le degouster aussi de la paix , qu'il desiroit et demandoit tant.
En ces entrefaictes vindrent nouvelles que le Turc avoit reduict les affaires de b Transsilvanie à mauvais party, ayant prinsonzeou douze des meilleures places du pays , et assiégé la principale, nommée Temitfar , de la prinse de laquelle on doutoit fort , et consequemment de la perte de tout le pays.
Aussi , que dès le mois de novembre H. de Termes estoit entré dans Parme avec si bonne provision d'argent , que de long temps il n'estoit pour avoir faute de rien ; et que , combien que le sieur de Sansac , qui commandoit à la M irandole, fust fort resserré, il ne laissoic tous les jours de faire de braves et victorieuses sorties, résolu d'attendre le secours , selon la commodité que le roy en pourroit avoir. Et parce que les trenchées estoient si fréquentes et si bien gardées qu'il n'y avoit ordre qu'il peust recouvrer de la chair fraische pour sou* lager les plus débilités, il trouva moyen de faire sortir un paîsan, auquel i^ commanda $ argent en main, d'aller acheter des pourceaux, promettant d'en donner dix escus de la pièce s'ils enlroient dans la ville : pour quoy faire sans peine il falloit conduire lesdicts pourceaux dans l'armée ennemie , tout joignant, les trenchées ; et que luy avec quelque jeune truye essayast de revenir dans la ville la nuict précédente , à fin que sur les deux ou trois heures du jour > voyant de la muraille arriver lesdicts pourceaux, il sortist hors la porte etfisC fort crier la truye , aux cris de kiquelle tous les pourceaux accourroient vers elle. Le faict fut si bien manié , qu*au cry et grongnement
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HÉ MOIRES m BQYYlIf DU YILLÀRS. [m]
de ce$te troye il eotra plat de soixante pourceaux daof la ville , à travers les armes de ceux qui gardoient les trencbées. Ce fust un bon rsiflraiscbissemeat aux assiégés.
Le quinziesme dudicc mois , la plupart def forces qui estoient attendues d'AUemagne arrivèrent au Parmesan « où le marquis die Mus, dict Le Hedeguyn, les retint en intention d^executer certaine entreprinse qn*H avoit dressée sur la ville, avec resolution , selon que les choses succederoient , d'«n foire marcher la pluspartdu costé dePiedmont. ConsideranC le mari^chal, par une longue routine et expérience qu'il avoit de b guerre, combien d'effets incertains elle produit ojrdiDairement » i combien de nécessités et inconvenienselle est siijette, et que la fortune y a le plus souvent plus de part que la prudence et justice, il estoît en une perpétuelle défiance que les moyens ne luy deflaiilissent an besoin pour emporter et Futilité et b gloire de celle que pour lors il demedoit; ou bien que Teouemi , plein de ruse , d'expérience et de toutes commodités , ayant toute la Lombardie à ses espaules, ne fiiBt quelque traict qui peust renverser le soin et b prévoyance que il practiquoit en toutes choses. Après donc avoir longuement ruminé sur ceb, il jugea que , tout ainsi qu'il estoit presque impossible de foire perdre le Piedmont an roy par la voye des armes, c'esttrit par le contraire chose bien aisée à le foire par cdie des vivres , toutes les fois que rennemî l-eust ainsi recogneu et qu-ileust voulu jouer au feu, et foire de ce costé-là b mesme cruelle guerre au laboureur et au bestail , qui estoit lors indiflTeremment pracUquée du costé de Picardie et Champagne ; attendu qu'estans les vivres du Piedmont gastés , et le moyen de labourer esté , il n'y avoit plus d'ordre d'en recouvrer d'ailleurs , au moins pour convenablement soustenir et le peuple et les pbces ; joinct que de tous costés il n'y a que pais désert et stérile , comme sont presque toutes les montagnes de Savoye , de Provence , et de Bauphiné , lesquelles tant s'en fout qu'elles en puissent fournir à autruy, qu'au contraire elles n'ont autre moyen de vivre la moitié de l'année que de ce qu'elles tirent du Piedmont. D'en recouvrer du Lyonnois , chacun sçait b
b Bourgogne, que loi produit la rivière de Saône , il auroit tousjours guerre ouverte avec b fomine. U se pourroit toutesfoif bien foin que ceste mesme Bourgogne donnerai^ pard secours au Piedmond qu'elle foict au Lyo|nois f mais si nous considérons qu il fout qie de Lyon le tout soit porté, à force de mi% par montaignes incommodes et mal aiséei î passer, et notamment durant l'byver, etipî durent plus de soixante lieues françoises, boq| conclurrons tout soudain qu il y auroit tnit et tant de longueur et de despepce, quels roy seroit à b parfin contrainct de tootqnittv.
Quant à Tobjeciion qu'on pournut foire pair ce regard , à sçavoir que b mesure pampsfii desordre et înconveniens que les Im^kèfiip pouiToient apporter au Piedmont, que il mesme Piedmont pourroit aussi dcHUier i i| duché de Milan, qui est b plus foissonnaM estape que l'encreur ait point en Italie pair y entretenir la guerre, les mesmes mieux et bi mesmes nécessités qu'ils auroient ainsi crnch lement apportés à autruy ; l'apparence de ce4i oppinion est belle, mais Teffect en e8tftnx.i b vérité, ce ne sont pas choses pareilles, grandement différentes en b nature et circonstances , pour une infinité de raisonsip furent sagement preveues et digérées ftf b mareschal', et que je juge nécessaire d-effti apportées sur ce théâtre pour servir d'instii^ tion i b postérité.
Sera premièrement considéré que ceste pvtie du Piedmont , qui est aussi bien qoefistisane possédée b pluspart par les Looperisn, a derrière elle toute la rivière de Gennes, sft ib pouvoient aisément foire une fort feoanie estape des bleds venans de Sicile , qui est b I^ secourable grenier de l'Italie, et ddiei trois jours les rendre en Alexandrie. De ce liai ils peuvent estre mis sur la rivière du Tanam, qui sépare b ville en deux , et par ainsi entrer au Pau , dans lequel ceste rivière se descbarge au dessous de Basignane , dont ils peuvent estre fort commodément et à peu de frais envoyés et départis par tout le Piedmoot, Vercellois et duché de Milan. Ils peuvent eicores par ceste mesme rivière estre remontés jusques en Ast , et d'iceluy départis par tootes les autres terres tenues par les Imperisn.
stérilité y estre telle , que, sans le secours de 1 D'ailleurs^ Milan a d'un costé le BresttBi k
anopoiSf i^ ICaptouap^ et de Taulre le isantin , le Parmesan et tout le reste de la nbardie, fertile en bleds , vins et autres onodités nécessaires à la vie de Tboninie, ù reoJieiny pouvoît estre tousjours aiséotKcouru, et faire remonter le tout, tant rie Pau que par le Tesin, et mesnie par la il. qui scpare le Picdmont du Milanois. Il t maintenant distin;;uer les frontières, et )g|Doisu*e si la françoise peut aussi bien •pprcndre un degast sur Tcnnemy que luy elle. A le bien prendre, il n'y a ny proion oy convenance aucune; en voicy la }a : Celle de Tennemy , à la main gauche Pafl , est bornée et couverte de Novarre , laré, Yerceil, Sainct- Germain, Trin, ceniifl , Mazin et Yvrée ; et à Tautre main ^vie, Tortone, Alexandrie, Casai, Ast, I, Foussan et Cony : la fréquence et la e de ces places retranche quasi tout à [ la commodité au François de pouvoir bieot entreprendre avec ces garnisons l^t général , qui veut pour ces consiitioQS une armée toute entière. Les ravages es courses quotidianes luy seront bien aises, avec beaucoup de hasard toutes- , et sans pouvoir néantmoins apporter au iQûis donfunage qui puisse esti*e en rien iiderable, ny proportionné ù celuyque.le IfloDt peut recevoir en deux fois vingtre heures.
est ce qui foisoit que le mareschal $*abstele plus qu'il pouvoit de porter le moindre laage dû monde à la campagne et aux iges, jusques a ceux mesmes qui estoient sedés par les ennemis , punissant severeut Uius ceux qui faisoient le contraire. lemeune considération lui faisoit, contre naturel, couler les fautes de ses voisins, uds vindrent une fois brusler des metaijusqu'aux portes de Thurin , sans en faire 3 ressentimeAt que de paroles, à lin de ttirer peu à peu à i^re quelque convenet accord pour la guère du laboureui* : )yunt aussi , outre les maux cy devant lurus, que là où il en adviendroit autre- , il perdrait la commodité des moyens s facultés du pays qui lui pouvoient aider istenir la guerre , au cas que ceux du roy tssent courts et débiles ,[cofflme ils firent