‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 56 sur 224 · LIVRE DEUXIÈME, gK · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME, gK

depuis. A la vepié , ceste prevofailPe pt ce mesnage le tirèrent dn flepuis hors dç çr^if^

dan;;ers et de grandes difficultés.

Estant tousjours tendu sur la prévention dft ces maux , il advint, Dieu le pepmettapt ainsi, un desordre qui luy ouyrit le cbemif) pour parvenir à ce q^ il alloit ainsi repfierchant : c*est que les soldats de Ludovic d^ Birague prindrent vingt paires de bœiifs, le§< quels avec leurs bouviers et charrettes r^tournoient de Yulpian , où ils avoient ppr^^ vivres et fourrages, pretendunsi^cest^ oi^ca^ sion nos soldats , les hommes et les ))estes e^r tre de bonne prinse. Semblables prii^seç avpfcm auparavant assez souvent ^sté faictes d'^n^ part et d'autre ; toutesfois la Question ne s e$* toit jamais si nettement décidée qif>l|a ||^ fut tousjours sujette à nouvelles disputas. Le renouvellement que ceste dernière prio$e y apporta, de laquelle soudain dompFerrand sif plaignit, engendra une opcasiof) propre ai( mareschal pour réduire la matière au poincf qu'il desiroit. U luy propqsa donc qu'il n'y avoit moyen de coupper chemin k ces djs* putes et difficultés , que de /condescendre ^ une mutuelle capitulation de la campagne , comme il lui avoit souvent remonstré. A quoy le sieur domp Ferrand prenant quelque gousf, luy respondit qu'il le prioit dç déclarer pour lors que les païsans lesquels avec leur chorroy revicndroient des villes où il y a gajrnisoUi ne peussent estre prins : jbl^P conseQU>it-i) qu'ils fussent bien prins en allant chargé^ . d'autant que c'estoit un inconvénient ^ii|4 chacun de son costé pouvoit pourveoir par 1^ moyen de l'escorte , priant , à ces fins , qv^ ces vingt paires de bœufs fussent délivrées | comme elles furent soudain par le comoiai^dément du mareschal , lequel approuva c^sld déclaration de domp Ferrand , estin^t avoir des-jà beaucoup ^idvàncé sur ceste prétendue et tant nécessaire capitulation , laquelle se fit depuis selon ce qu'il avoit désiré. Ce fut Yn^ des plus notables services , les choses cy dessus discourues bien considérées, qu'il eusf sceu faire à la France , et en quoy il monstra un singulier jugemenf et dextérité, qui doirvent estre diligemment remai*quées par ceux qui pourront cy après avoir semblable adipi* nistratioa qu^estoit la sienne.^

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MÉMOIRES DE BOYTIN DU VILLAAS.

Les Yenitieiis > lesquels cependant gar-. T prendre sur Tennemy , elle

dolent les ga^es du jeu que Tempereur^et le roy avoient commencé » furent de la part de Sa Majesté sollicités , 'par M. le cardinal de Toumon , de rompre avec Tempereur et d^cAitrer en ligue avec la France; mais, quoy qu*il sceut dire ou remonstrer , il n*y eut jamais ordre de les tirer hors de leur neutralité , ores que pardessous main ils donnassent toute fiaveur et toute commodité aux affaires du roy , ayans de longue main remarqué que les ruynes et les maux sont toujours cachés sous les espérances et les convoitises desreglées, et que par ainsi, n*ayans rien à demesler avec Tempereur , ils ne pouvoient aujourd'huy embrasser ses délibérations trop dangereuses et précipitées pour leur estât, i» L'empereur persistant aux desseins et aux opinions qu'il avoit conceues au préjudice |de la France , voyant le printemps approcher , commença à foire de grands préparatifs , et mesmes *il 'fit dès-lors courir le bruit qu'il passerait luy-mesme dans la Ghampaigne avec toutes les forces d'Allemaigne ; qu'en mesme temps la royne Marie sa sœur et ^le duc de Cleves entreroient aussi avec une autre armée par la Picardie, et son fils avec les forces d'Esiiaigne, conduictes par le duc d'Alve, dans le Languedoc ;*et quant au Piedmont , que domp Ferrand feroit une grande levée d^Italiens , outre ceux qu'il pourroit tirer de Lombardie sans desgamir le siège de Parme et la Mirandole , et par ainsi rccongner les François delà les Monts. Mais Dieu , lequel par sa bonté a tousjoufs protégé ce royaume contre tous attentats estrangers, donna les moyens » la force et le jugement au roy, pour si bien pourveoir de part et d'autre à ses affiiires, que la pluspart des menasses de l'empereur s'en allèrent en fumée. Voulant donc Sa Majesté prévenir les efforts de l'empereur , et de tous poincts rebuter sa fortune, qui le faisoit braver et menacer si haut , elle mit soudain la main de tous costés'aux préparatifs de la guerre , soit pour offenser ou pour deffendre , commandant au mareschal de faire dès-lors bien fortifier et munir toutes les places du Piedmont, et recognoistrc la fanterie et la cavallerie ; cl que , pour luy donner moyen de mieux résister ou entre-

une levée de quatre mil Suisses, sous la charge du colonel Fiolic.

Le mareschal , lequel par bimi-feicts nA galgné un personnage de la suitte de domp Ferrand, fut adverty qu'ayant ce seiganr recogneu que toutes les places du Piedoîas estoient si bien gardées et si bien fortifiées, qu'il pourroit plustost en les assaillant y recevoir de la honte et de la perte que proit ou honneur , il avoit délibéré d'entreprendre la conqueste du marquisat de Salluces, hquelle] il trouvoit fort réussible , n'y apm lors autre forteresse que le chasteau de Bsvel, qui est fort escarté, et celuy de Camnignolles , aussi fort estroict , et commandé pt l'église Sainct-Donat , qui n'en est qu'à vûft pasi car quant à ceux de Yerzel et Dronier,'^ ce ;n'esroit que bicocques , lesquelles n'esisent sceu attendre deux cens voilées de onon ; que ceste exécution ainsi paradiefée, il vouloit tout en un temps fortifier la vib de Garmagnolles et celle de Ville-Flrand», où le Pau commence à porter basteaat:c'etf' le mesme lieu où Prosper Colonne , avec hùA cens hommes d'armes , fut battu et fiaict prisonnier par le roy François , peu auparavai la bataille de Morignan ; espérant domp ffxrand , à cause de la forte assiette des lien, les réduire en peu de temps à petite dsh pense en estât de deffense. Il vouloit tout Sm train tellement'manger et ravager la campagne , qu'il n'y demeurast rien de reste poor les François , toutes les places desquels, otans ces deux-cy fortifiées , et nonaméagif Garmagnolles, demeureroient en telle sabjection et nécessité, qu'ils auroient asm aflaire à les garder sans penser entreprendre plus outre, et que, s'ils se vonloient après amuser à les combattre, ils troureroient ces deux os de si dure digestion , qu'il y consumeroient inutilement le temps, les moyens et les forces : cependant celles de l'empereur , qui se seroient rafiraischies , pourroient après tondre la laine de si près aux François, qu ils ne sçauroient à quel saiocC se vouer. Certainement ce dessein , qui avoit esté en bonne boutique , estoit pour aporter à domp Ferrand les mesmes commodité et i nous les incommodités qu'il discouroit » su

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