‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 66 sur 224 · LIVRE TBOÏSTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TBOÏSTÈME

dévoient faire , et luy les cooduire en la mai-» sou susdicte. ;

Ce mesme jeu se recommençoit tous leâ"^ jours pour recevoir ces soldais cinquaine à J cinquaiue. En estani desjà passé jus([ucs k \ trente , Birague eut nouvelles qu'un certain ,1 Espagnol , si couvert qu'on ne le pouvoit re* 1 cognoistre, avoit presque tout le jour observ^ 1 qui passoitet repassoil sur ledict pont dtt J Vaure , et puis s'estoit retiré sans dire uioc T Cela le mit en quelque soupçon que les ch(r< | ses fussent ou soupçonnées uu descouveitest I Pour s'en esclaiicir, il dépesclia souduia veraï le Siennois pour en sçavoir des nouvelles^ T luy mandant que si les choses estoient en horf' I estât , comme ,eUes se trouvèrent aussi , qu'il T feroit doresnavant marcher les compagnon^ 1 toute nuici, et non plus cinq ficiEiqseulemeat,< mais dix à dix à la fois , et qu'ils se rendroient \ sur la mtnuict au pont , où U faudroit qu' trouvait aussi pour donner le mesme signal accoustuméi et que les i'rançois auruient i pour chef le capitaine Salveson , brave et { fort résolu soldat, ayant àcommandemenllaj langue espagnoUe. Or , n'y ayant plus à eh** { miner que la penultiesme trouppe italienne ^ que conduisoit Pierre de (iambalo , le malheur voulut que la goûte luy print par les chemins : de manière que , n'estant comparu ( à jour et heure nommés selon l'oi'dre prins , et le Siennois ayant de sa part lunguemeal alti^ndu au pout , il s'en retourna pleiu da frayeur et de crainte (ju'ils n'eussent esta priiis ou rencontrés , musme pour autant que te capitaine de justice esloit sorty de Milan le jour précèdent, tirant contre la rivière d'Agde , avec une bonne trouppe de satellites. Estant en ce doute , et ueantmoins retourné le lendemain au mesme pont , cesta penultiesme trauppe, et la dernière i[ue cou» duisoit Pierre-Marie Récupérai de Bresignelle , s' entre-rencon lièrent. Cesiuyesloit celuy seul des Italiens et Salveson des François ^j qui sçavoient où on alloît et àquel elTect. Diev j prospéra si bien le voyage , qu'il se. rcsdit* en la maison du Siennois jusqu'à quatre vingts François et quarante Italiens ; à tous lestjuels il lîl soudain expérimenter la montée et la descente de l'eschelte de corde, pour clie'isir ceux qiti seroiem plus propresàmonler les premicn

K9« MÉMOIRES DE BOTYIN DU VILLARS

Gela (îiict, Salveson de son costé et le Bresignelle aussi de Tauire, declairercnl aux

soldais où ils estoieul et à quel effeci ils avoient esté envoyés; qu il n'esloit plus question que de prendre les armes ayec un courage ferme et arresté pour donner dans ce ehastean , et si vivement et valeureusement combattre qu'ils en demeurassent les maistrès , à la gloir<^ et utilité du roy et à la leur particulière : joinct qu'emportans la victoire, tant de riches seifpaeurs et Tempereur, qui estoient dans ceste {][rande ville , serviroient de trophée , de butin et de recompense à si mémorable et généreux exploict que seroit le leur. Ils se monstrcrent tous fort délibérés à ceste militaire semonce; de manière que, la journée du vieux caresme-prenant venue , ils firent prières à Dieu , à ce qu il pleost à sa Divine Majesté la nuict prochaine leur donner la victoire ù laquelle ils aspiroient sous sa main , et là où le contraire adviendroit, quelle leur pardonnast leurs péchés et receust leur ame contrite et repentante. Ainsi préparés et disposés, ils sortent tous avec leurs eschelles , et tirent contre .le chasteau du costé du logis du gouverneur , lequel respondoit sur la muraille. £st ici à noter que ce gouverneur , ayant belle femme , et craignant de devenir un second Actéon , ne permettoit jamais qu'on fist sentinelles ny rondes de ce costé là , où le mur faisoit une petite courbure qui couvroit la vcue de la sentinelle qui estoit à main dextrc , comme aussi ils estoient couverts à la gauche d'une grande casematte qui estoit au fossé.

Arrivés siu* le bord du fossé , le Siennoiset Salveson descendirent les premiers , et tous les autres aussi HIe à file , et se rendirent au pied de la muraille du chasteau : là se mirent à remboitter et bien cheviller la grande escbelle, puis la dressèrent à Tendroict d'une canoniere. Le Siennois , Salveson et Sainct- Germain montèrent les premiers, estimans rompre la fenestre de ceste canoniere dcsjà fort vieille , et par icclle^ entrer dans lecliasteau;mais ceste fenestre estoitsiespaissectsi bien armée de barres de ier au dedans qu'il estoit impossible de renfoncer. Travaiilans

ainsi en vain à ceste ouverture , ils firent tant un fort grand brouillas , qui leur servit fort i

ddbruit^ei tomber tant de pierres dans Teau,

[ISSS]

qu'il y avoit de quoy esveiUer' les plus oidormis mastins ; et ai toutesfois ils ne furent jamais descouverts. Le Siennois avoit aini porté avec lay un gros trousseau de cocdss, en intentionque, là où ceste fenestre ne po»* roit estre rompue , d'attacher les deux ei» chelies ensemble , et avec icelles monter or le mur, la hauteur duquel il avoit seulencil perpendiculairement mesurée y'sans oonakk» rer , ainsi qu'il devoit faire, que le talos q» faisoit la muraille depuis le fimd du loaié j» (|ues au bord du cordon , en emportok beaicoup , et que d'icekiy en haut elle mardioit toute droicte , comme elle faisoit que Tua el l'autre desroboit plus de trois à quatre toiseï de corde , et plus de six d'une esckelle.

U se trouva aussi trompé en deux aatm sortes : ki première , parce que les deux «chelies , estans ainsi liées et £agottëes eHe» ble et appuyées à la muraille , foisoient sac ■ enfoncé que les chats eussent esté bien eapeschés à grimper dessus ; la seconde, parce qu'avec tout cela Teschelle demeuroitcoorts de plus de deux toises. Ayans en fin im longuement travaillé et en vain , et renbe di jour commençant un peu à paroistre , le Siennois , auquel ils avoient tous commandeoMl d'obéyr, fut d'advis de sonner la retrakle: ce qu'ils firent , pkiins de rage , de legrcli et de soupirs. Estans retournés tons dui le maison du Siennois , il commença à ddener son mal-heur et son imprudence à n'avoir mieux mesuré et recogneu la fenestre de la canoniere et la hauteur et recourbement de la muraille , et ce que la bourbe du fossé en desroboit aussi , proposant là-dessus qu'il bltoit remettre la partie à une autre fois, et que cependant chacun se. retirast en Piedmoat au mieux qu'il pourroit;car, de les plus teair cachés en sa maison , il estoit impossible saas leur faire courir , et à luy-mesme aussi , an dangereux hasard.

Ceste dure sentence n'eust pas plustost eité prononcée , que , le jour commençant à apparoir , chacun deslogea à qni mieux miens, et prenans chemins différons à ceux qilb avoient faicts , qui se simva et qui se perdit aussi. Lors du partonient il pleuvoit et faisoit

sortir de la ville sans estre descouverts. Or,

LTYRE TROTSÎÈME.

un mal-hpiir n'an-ivc jamais (juel'aiilre, rominr^ ondtr:!, il advint Payant le Sîcnnots oublié ses ;;aiids duiis le t et un trousseau de cordes , (|iie la scnle, siir Thenre de midy, veit dans le ' ces frands et cf sle corde avec one pisle : Din il apf>t!lio le serfreni et jluy monstre (qu'il avoit veii ; Taulre i'alla dire au t;onrfiii \f. fit descendre dans Ui fossé , lyiin relevé les ((.inds , il les recogneut •■Mmcdli Slennois , qui bantoit avec eux. la justice est appelée , à laquelle ttst landé d'aller saisir le Siennois -. il en eut ivcM , et', se sauvant par dessus les maisons, Tieilie maquerello le décela , et fut prjns. fiefMHidant Salvcson , lequel s'csloil accom- I avec Christolte Malvicino, Augustin Ile et Vidifjnlplie de Pavîe, soldais de Birapiie , estant desjà sur le bord des i \ipnitiennes , ot prcst à estre sauvé , il ■a dtft-ant le Malvoisin en un villugi- ap- Mitt ao rwnte de Vcrme , pour lascher ptfcmivrer sans bruict une monture , ne pins qoarw à Iny aller à pîed. Le en arrivant près le village, renun sien amy qut luy demanda ce qu'il et d'où il vendit : il respondit qo*il un rlieval pmir un gentil-hiflnme •avoit laissé un peu derrière luy, et qa'ils d'uu lieu uù ils eussent bien fait leurs ■si l'entreprise fusl réussie. Or, n'ayant ■Recouvrer de monture en ce lieu , il passa Ire jusques à un autre village. Cepen- '{lonlil amy, auquel Malvoîsîn avoitfort ieréinent parle , en alla faire le raport ri comte de \erme. lequel sortant en la iMCC'Cinqou si\ liommes embastonnés , voyant arriver Salvesnn et les deux autres ' " " demanda d'où ils venoient; ils itde la giiorre de Parme, il leur «'ils jvoieni passe-port; ils responl^jls n'en avaient point d'autre que propre misère et calamité , laquelle les lit' recommendables à tous seigneur» et tels que luy, ■■ Cela est beau à nnpondit i(! comte ; mais si faut-il lou- B, virtis trom-uiil despourveos de passetrt . que je respoude de vous , et que je vous ondaise ù Milan •■ -. comme il Rt, eux n'ayans une poor re»ster. Les ayant consignés au

sieur domp Ferrand, il ordomia qu'ils fus— 1 sent serrés dans le chasleau. Ainsi qu'un les. I y condiiisoit , Salveson ne fiist pas plusLnst siip J le pont , que , refpardant la place , il dict qu'il ] n'y avoit pas long-temps qu'il ne pensuiL pas 1 y entrer, comme il faisoit , par la porte. Ui( I Espagnol de ceux qui faisoient la garde , el J qui entendoit un peu la langue françoise, l'ai soudain rapporter au gouverneur, et lay k ! domp Ferrand , lequel députa soudain le capi' 1 laine de jusiice pour les examiner, et tîrer^ à par lourmens ou autremciii, la vérité de cest | parole.

Salveson cl ses coiiijiagiions , se voyans ni 1 duicts à ceste extrémité par la roulpe de leur [ propre langue , sentirent double tourment < double misère ; et , comme confus et fort eg^ 1 perdus en eitx-mesmes , ils confessèrent tout I au long le discours de l'enlreprinse.Quoy faict^ 1 le capitaine de jusiice les confronta au Sien»* 1 nois , lequel confessa soudain le tout sans tor<^ I lupe. Son cousin Horace se sauva, et luy fol I condamné à estre tiré à quatre cbevaux , éC J peu après ainsi e\ecnlé en la présence dudici I Salveson, lequel, par l'ordonnance de l'emp»^ | reur, fut depuis délivré comme François e comme soldat de fortune , qui uvoit monstrA | dn cœur et de l'affection au service de soV | maislre , anquel il devoit lont cela , ception de personne. Sî Salveson eust esst I lors autant retenu qu'il fut depuis en beatt^ | coup de bonnes ciitreprinscs qui luy furedl commises par le inareschal , les chusfîs fu»» ] sent encores demeurées en sorseauce jusquét 1 à une autre occasion , laquelle on eust mieotf digérée et mesnagéeqiie n'avoil esté l'autrSt* car, à la vérité, il n'y avoit rien de plus i réussible qu'estoil cesie entreprise ù une an* Ire fois, si les nostrcs mesmes n'eussent iro causé , et dont le regret les rend cxcitsable On ne se repent jamais de se taire, onyt | bien de trop parler. Et cncures qu'il y s"' de la faute de la part du Malvoisin premieri ment, et puis de Salveson, si est-ce qu'B sont aucunement excusables , d'aniunt que 1# 1 sinistre succès d'un si grand aflairc et d'uoK>l si haute espérance qu'estoil la leur, avri tiré leur ame hors de ji^;ement et de la c vonable assiette en laquelle te sage el le ' slani demeure tousjours, quoy 4|^

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

vienne. Et de feict , estant veneu trouver le Diareschal , il ne laissa de louer son courage et sa diligence , le priant se souvenir que ne faillir jamais estoit chose qui surpassoit la fragilité humaine , mais que se servir des fautes passées pour la conduicte et précaution de l*advénir , estoit ce qui appartenoit au sage et au courageux soldat , tel que se monstra depuis , en plusieurs bons affaires , ledict Salvcson , et auxquels il fut depuis diversement employé , tant pour sa valeur et dextérité au faict des armes , que pour la prudence qui raccompagna par après en loules sortes d'affaires.

Le roy fut incontinent adverty de tout ce misérable succès par Plancy ; et encores que Sa IViujesté eust un extrême desplaisir d'avoir failly une entreprinse si bien conduicte et de telle importance qu'estoit ccste là , sine laissa elle de grandement louer et mesmes consoler le roareschal , Ludovic de Birague , Salveson , et les auu*es , qui se sauvèrent presque tous. Entre autres il y eut quatre soldats gascons, nommés Lombrail, C^dagnes, Galverat et Girard de Riarville , lesquels , ayans prins le chemin de Gennes^ et de là à Sainct Reme , cuiderent mourir de faim, sans im secours qu ils trouvèrent eux-roesmes en eux-mesmes : c'est que Lombrail s'eplucbant au soleil et maniant ses chausses , il trouva trois escus cachés en sa brayette, où il les avoit mis en jouant il y avoit long-temps sans s*en souvenir. Ce secours inespéré les aida à gagner le Mondevis; remarquans par là qu*un acte de folie secouroit.un acte valeureux , tel qu'estoit celuy de ce voyage.

Le vingt-sixiesme de mars , Eonnivet , qui esloit retourné de Cairas et s'estoit rendu à Quiers, donna advis au mareschal que les Espagnols estoient sortis de Tonc et de Monleil et une autre grosse trouppe d'Ast, et faisoient courir le bruict que c'estoit pour aller saccager Butigleres, Ghastelnau et autres villages qui refusoient de leur payer contributions : ruminant touiesfois le temps et les affairtis , il jugea qu'il ne faloit pas tant de forccîs pour faire ceslc légère exécution , ainsau conlraire que c' estoit pour donner quelque e«calade à Villencufve d'Ast. Tout soudain il en dvuna advis et au mareschal et à La

Motte Gondrin, qui en estoit gouverneur, mandant à cestny - ci de se tenir prest , comme aussi feroit-il de son costé, pour aller trouver Tennemi s'il marchoit à luy, dont il loy pouvoit donner advis par deux voilées de canon.

Le mareschal manda à Bonnivet qn^il avoit très-bien advisé , et que luy-mesme le suivroit avec force suffisante. A la vérité Foinemi avoit dressé practique dans Yilleneafre avec deux Italiens qui avoient promis leur donner entrée lors qu'ils seroient en sentinelle; mais c'estoit à jeu. double; car ils en avoient donné advis à La Motte Gondrin , lequel leur avoit commandé d'entretenir la practique jusqu'à tant qu'il leur eust fait appres* ter une carbonnade de fort mauvaise digestioe s'ils y fussent venus , ce qu'ils ne firent pas. Estant sorty de la ville quelqu'un qui leur donna advis du banquet qu'on leur avoit préparé , ils tinrent bride en main et se retverent, comme aussi firent les nostres. La Motte Gondrin, qui pensoit avoir fait un beau chefd'œuvre , s'en vint trouver le mareschal, et luy raconta toute l'histoire, estimant d'en devoir estre loué et chery ; mais l'autre , as lieu de ce faire , le reprint fort aigrement, et jusqu'à le menacer de prison, pour avw esté si hardy que d'entreprendre un jeu si dangereux sans le luy communiquer , et dont h perte de la place s'en pouvoit ensuivre , qnelque carbonnade , maigre ou grasse , qu'l eutt dressée ; qu'il se devoit souvenir qu'il ne fat jamais seur de laisser entrer l'ennemi dami sa place , à cause qu'il pouvoit advenir tel inconvénient on telle espouvantement de la part des nostres, que la ville auroit esté emportée.

En ce mesme temps le capitaine Tavenuer, de Bony sur Loyre , et lieutenant de la compagnie de Briquemaut , gouverneur de Saioct Damian , allant à la guerre avec douze cellades et cinquante arquebusiers à cheval, ren^ contra , sans y penser , six-vingts , que dievaux légers , que arquebusiers à cheval , an moulin de Cervieres , sur le chemin de Cairas, commandés par le capitaine Andriot, Ueulenant de César de Naples, maistre de camp des Espagnols. Tavernier, ores qu'il

u*eust qu'un bon œil , les descouvrit sopdaÎPf

LIYAË ^fROISIÈHE.

gofldaîd'aiKsl commanda-il anx siens de le |tt« et donner dedans; ce qu'ils firent avec Dleoance si asseurée , que les autres furent is ou tués ou fisits prisonniers, et entre au- >$ ledict capitaine Andriot , qui cuida forger, lors qu'il veit qu'un si petit nombre ftfioit celuy des nostres Tavoit emporté. iiernier, qui s*y porta fort vaillamment, tioD cheval tué et trois grands coups de ebarde que le corps de cuirasse soustint , m sergent blessé et deux soldats de morts. )eceste mesme course, ayant La Motte idrin advis qu'au village de Lesset. à ne mils de là , au pais de Langues et au i du Tanare , il y avoit cinquante chevaux BTS qui se rafraischissoient à leur aise sous seorance de la rivière qui les couvroit, il lescha le sieur de Monfa , son lieutenant , Bel par la conduicte de bonnes guides passa iviere , et attrapa les compagnons encores pluspart au dortouer , et par ainsi ils fuit tous toés , prins ou dévalisés à main

ia mesme temps Vassé fit entendre au mâchai qu'il y avoit dans Gostiglioles d'Asoe deux cens chevaux légers qui s'y rafichissoient, et que la place estoit telle, die pouvoit bien endurer cinq ou six cens létt de canon > et avoit de fort hautes fdles assises sur un roc cslevé, qui escause que cenx-cy, s'estimans hors l'in- ! de l'escalade , ne faisoient gueres bon t; que le capitaine Jacques Murator, plus isé au dedans de l'ame qu'en la contenance m paroles , avoit recogneu qu^ils pouintestre emportés avec une grande es* elle soostenue de trois potences ou arciiuosemboittés dans le gros de l'eschelle, lafoelie ils tomboient en l'appuyant , et il aToit Iny-mesme recogneu souvent et de rès le roc et les murailles , qu'il entreidroitde monter le premier. Le mares- , qui ne vouloit jamais hasarder que bien MDCt, fit venir vers luy ledict Murator, lel ayant prins langue , il trouva l'entrese faisable : par ainsi il le renvoya vers é, loy commandant marcher si fort et si lu à ceste entreprinse , que l'honneur de ictoire luy en demeurast. La partie, fut

rendirent au pied d(l>oc , bien afknés et encor mieux délibérés : ils dressent leurs eschelles , et montent par un recoing où la sentinelle ne pouvoit bonnement voir ; les voilà arrivés sur la muraille sans empescheroent quelconque, et sans aucune résistance au dedans , tant la hauteur de la muraille avoit apporté d'asseurance à domp Alonse Piroentel , qui commandoit à ces troupes. Soudain les nostres commencent à enfoncer les logis et à crier France! aucuns se mirent en defenco, qui furent aussitost depescbés , de manière que le chef et son lieutenant Pedre de La Yera , et la trouppe aussi , furent tous prins à main sauve , sans perte aucun des nostres. L'on y trouva environ six vingts beaux chevaux d'Espagne.

Ceste faction , et le maUheur que ceux-cy coururent, servira d'instruction à ceux qui suivent les armes, afin qu'en quelque lieu foible ou advantageux qu'ils soient, en pan d'ami ou d'ennemi , ils facent tousjours faire la mesme soigneuse garde que si l'armée ennemie estoit à la porte , quand mesme ce ne seroit que pour tenir les trouppes en disposition et en courage.

Sur ceste fascheuse nouvelle , les lansquenets qui estoient en Ast au nombre de deux mil se mutinèrent pour n'avoir eu payement depuis trois mois , estimans que cest inconve* nient apporteroit quelque remède au leur. Le faict passa si avant , que , si tout soudain domp Francisque d'Est et les autres chefs ne leur eussent baillé .leur vaisselle d'argent , ils eussent saccagé ou vendu la ville. Nostre mal^ heur voulut que le mareschal n'en sceustrien qu'après la chose appaisée. S'il l'eust sceu de bonne-heure , il eust heureusement mesnagé ceste occasion à l'avancement des affaires du roy ; car si jamais il y eut capitaine ou gène* rai d'armée qui sceust faire son profict des fautes et des misères d'autruy , celuy-Ià le sçavoit sur tous autres, et sans en faire tou«tesfois Fempesché ni le suffisant , comme d'autres font souvent.

Ayant regret à la longue détention du baron de Ghepy et du capitaine Laval , prins dans Cairas , il commanda à Briquemaut de délivrer domp Alonse Pimentel s'il se vouloit

stée à la mmmct, auquel temps ils se 1 charger de faire délivrer Tun ou l'autre des

de tes guides, bon el advisé loldat, a¥oil recogiBeu. Ils partirent à telle heure , que sur le poinct du jour , ayant jette cinq ou six hommes sur Tadvenuc d'Ast , d'où secours pou- Toit venir , ils donnent dedans et emportent le fort , dans lequel il y avoit quatre vingts soldats; les vingt furent tués et le reste se sauva dans une grosse tour ou donjon où ils ne pouvoient cstre forcés sans feu ou artillerie. Ceste-cy leur dcflailloit , n'estant pas lors inventé le diabolique pétard ; quant au feu , ils n'avoient loisir de s'en prévaloir, parce que ceux qu'ils avoient mis au guet descouvrirent en la vallée une trouppe de cavalerie qui marcboit de ce costé là. La Garrigue, voulant jouer au plus scur, sonna victorieuse retraicte avec son butin , et sans rien perdre.

Quelques jours après, les ennemis tirent assembler dix ou douze enseignes à d'Oglany, terre du marquisat de Saluées , et tout en un temps tirer d'Alexandrie quatre canons et deux couleuvrines, faisant courir le bruit qu'ils vouloient aller assaillir Ormée , qui confine aux montagnes de Gennes, et qui tenoit le party du roy, et le passage ouvert de ce costé là pour traverser à Parme. Le mareschal soudain y pourveutde forces suffisantes pour ladeffen* dre ; mais l'ennemi, qui avoit intention dégarnir Foussan et Cairas , et non pas d'assaillir Ormée , y envoya ces six pièces sous la conduitte

que leur liberté s'en alloit asservie ai cmel jeng de l'empereur , qui avait hk voquer le concile à Trente à ceste umm tention, se servant des armes spiritsel temporelles tout ensemble. Surquûf i arresté et convenu entre -eux et SaMi qu'elle les iroit secourir avec une annéi tant titre de protectrice de la liberté ga nique. Le mareschal , ayant parplusiem ruminé les conséquences de ce voyage , m au roy qu'en choses si inccilaines et si do ses qu'estoient celles qu'il entreprenoit h s'en faloit tout à loisir bien consulter, el d*une fois mesmes , en remarquant qa^ roit à faire à des princes de foi doqtei volage -, et qu'il craignoit d^ailleursqu'ei sant aller soulager et secourir autruy» el donnast le champ trop libre à l'oqiperei pour les faire tomber tous d'accord à la d'elle , ou bienj le moyen do lenveloppt^ my tant et tant d'autres dangers et neeei que la France et le Piedmont coiinisaent que dangereuse perte, et dont ht ree seroit puis mal-aisée , Tannée de Se Mi ayant couru le moindre des naufragée i lootaircment elle s'embarquoit ; la mfi{ à ce propos considérer qu'il valoîl nûeaa riger le désir qu'elle avoit de venger et, en dextrement couvrant la affaires, essayer (pr l'embarraiseepe

ttï

LITRE TROISÈIME.

(nfeuice da secotirs da roy, levèrent les es contre Patteme de Temperear , et avec (diligence qti*ils sorprhidreiit ancones plalo'il (enoit, poursuivant leur poincte si as*leof qu'ils le firent deslogerd'I^uch énvih miituict, et aux flambeaux , pour se m i Willac , terre du roy des Romains , » m la Dràve. L*enipereur , qui sçavoit h colère des Alleniaus s'escouloit parmi 0OQes chères , lesapasta etappaisa pardi- ^promesses : de manière que, sans en rien miDiqoer au Irôy, its s'accordèrent ,]| et le loy envoyèrent dire par aucuns de i ambassadeur^ , tenerdaltt Sa Majesté > qu*elle Avoit ftjt pour eux , la supplians isser pins dtttt*e ^ luy aprenans par là à Bcevoir doresnavàiit aucun en sa proteesans bons ostaçes ou gage de bonnes i, comme 3 sera cy après reprins et wpn.

jtingtneuviesme mars, le marescbal fut rty que Tempereur, ayaiit quelque odeur htcntion du roy sur le voyage d*Alleif , manda au sieur domp Ferrand qu*il loovoit, pour ceste année, contribuer grandes ibrcës que celles qu'il avoit, lesquelles il luy commandoit de si bien Hiiranx ai&ires de Parme et de Piedk,qu*il n*en advihst aucun inconvénient.

jnx ^nds princes estoient touchés de IK crainte et de mesme précaution:

r accident je toucheray un mot des ftcde ceox de la Mlrandole.

rh fln de mars, le sieur de La Rocbe- T, fort brave gentil-homme , dressa une p^e de fanterie italienne de deux cens nés dans les tèrresf des Veititiëns, avec tBe lentra dans la Mirandole , nonobstaut tes ennemis eussent faict huict grands h environs >t cmq autres petits , sans nbles trancliées. Les ennemis en eurent honte et tel despit , à ce que manda le de Fourquevaux , qu'ils firent pendre e on cinq pauvres soldats qui ne se peussez tost avancer vers la ville. €ela donna onancomtede la Mirandole d'en prendre luiche, non seulement sur ceux qu'il prisonniers, mais sur tous ceux qui t depuis attrapés. Ainsi que ceste nou- (rouppe approdhoit de la viBe , et qu'3

en estoit sorty environ deux cens au rencontre pour favoriser leur passage , il y eust deux, ou trois soldats lesquels sans commandement commencèrent à crier : c€ Allons au pelil fort ! *» Les trouppes , estinians que ce fu&t un commandement du supérieur , tournèrent soudah teste vers ledict fort qui estoit sur le. canal, et le combattirent de tel ardeur qu'il fut emporté , et plusieurs hommes qui le gardoient tués ; renseigne du capitaine Rucellay, nenoimé Cappony, fut fiiit prisonnier. Se retirans victorieux , le capitaine Bourbon de Cassel ^ sortant du grand fort Saine t Martin, voulut venir au secours; mais il fust aussi bien battu que les autres , et si fort blessé qu'il en mourut la mesme nuict. Le malheur voulut que le dict de La Roche*pozay , qui avoit fort vatthim-; ment combattu, eut une mousquetade qui lui gasta la jambe , de laquelle il ûil depuis tousjours boiteux.

' Le pape trouva fort mauvais que domp Fer^ rand eust feict chef de ce siège le marquis de Marignan , voulant que son neveu fust celny qui y oommandast en son absence, et auquel il envoya dans peu de jours |troîsmilFlorentins et trois cens chevaux de renfort.

Mandoit aussi ledict Fourquevaux que la ville n'auroit foute de six mois de pain , de vin , de riz , de pois , de fèves , de formage , ny de lard , et qu'il ne se faloit mettre en peine pour les secourir.

Environ ce temps, le pape, las de la guerre , et amateur des plaisirs et du repos , accepta les conditions de la paix que le roy luy avoit concédées à sa première semonce, et fit retirer son armée de la Mirandole , oà Jean Baptiste de Monté , son neveu , demeura mort pour les gages.

Du premier avril lo roy fut pareillement adverly queM' empereur appelloit en Allemagne tous les vieux Espagnols qui estoient en Italie, et que ses galères partoient de Gennes pour aller en Espagne enlever quatre mil bisognes qui dévoient venir au lieu deceux-cy; et que les Allemans , ;avec lesquels Sa Majesté avoit juré ligue offensive et deffensîve , craignoient d'estre sarprins par les aguets et menées de Terapereur , cault et prévoyant à toutes sortes d'affaires.

Sur le neufviesme dudict mois d'avril , le$

MÉMOIRES DE BOYYIN DU VILLÀRS.

ennemis, recofpaoissans que si Tempercur revoqnoit, comme il vouloit faire, la pluspart de leurs forces , ils ne ponrroient tenir plusieurs petites places qu'ils tenoient dans le Montferrat et Astisane , ils commencèrent à les faire toutes desmanteler, et entre autres Tonc, Monteil, Montechiaro et Tiçloles.

Gondrin, en ayant Tadvertissement, depescha vingt-cinq cellades, conduictes par Bologne , que j^ay ci-devant nommé , pour aller recognoistre ce qui en estoit. Ceux-cy rencontrèrent Tennemi se retirant dudict Monteil ; sans marchander ils le chargent de telle furie qu'il en demeura douze ou quinze demorts et six de prisonniers , par lesquels on apprint la resolution et la cause dudict dcmantellement. Pour autant que Cairas , possédé par les ennemis , estoit situé presque au milieu du Piedmont et sur le grand chemin qui tire au Mondevy , à Beyne et Cental , et que par ce moyen ils couroient jusques à Saviglan et à Carmagnoles, le mareschal délibéra de faire fortifier Bra , ruyné es guerres précédentes. C'est une bonne bourgade au deçà de la Slure, qui passe au pied dudict Cairas, propre à empescher les courses et les vivres aussi , et à tenir couvert tout le costé du Piedmont qui tourne vers Carmagnoles, Quierset Thurin. Et toutesfois , à fin de ne rien entreprendre que bien à propos, il commanda à Vassé , Terrides , Montluc et Francisque Bernardin d'aller recognoistre les commodités et incommodités de la place et de la fortification. Ces seigneurs trouvèrent l'assiette si commode, qu'en douze jours elle pouvoit estrc mise en deflence pour batterie de main , et encores contre une ou deux petites pièces de campagne ; que ceux de la bourgade , qui avoient pour chef un gentil-homme nommé Jacques du Solier , ne dcsiroient rien plus que ceste fortification , oflrans d'y travailler tous avec l'aide des villages circonvoisins , et mesmc de bailler du cuivre pour faire une

teste contre ceux de Cairas , qui pomn entreprendre de le destourner , que po tre aussi obéy par ceux des environs, fut exécuté en quinze jours , et la gar fort baillée audict Jacques du SoUer » i fit depuis si bon devoir que Cairas dem par ce moyen à demy assiégé , Jn*estan trois mils de là;àquoy aydoient fort in lens et Saine te -Victoire précédemment ] et que nous tenions encores.

Sur le commencement d'avril, La Gondrin fut adverty que trois cens boom pied et cent chevaux , qui tenoient gam Tonc, estoient reduicis à tel desespoir p cessité de vivres et d'argent, qu'il espen emporter s'il plaisoit au mareschal luypc tre de sortir avec deux coulevrines. Li ponce duquel fut : qu'il louoit Tentrepi mais non jamais de tirer ou hasarder V lerie ; et que pour jouer au plus seiu: , charpenter et noircir quelque bois forme d'artillerie , et qu'à son advis cela roit poiu*. les espouvanter. Luy le fit . mais en marchant, la fortune luy fut si rable , que il rencontra ces pauvres g( retirans en Ast , de tous lesquels il eu marché qu'il voulust.

Sm* le 9 avril le mareschal eut non que le roy commençoit à marcher ave armée vers la Lorraine , ayant laissé lai pour régente , laquelle estoit tout aoa tombée en une si extresme maladie qi avoit peu d'espérance en sa vie. Là des commanda qu'on fist prières et proce publiques , auxquelles il assista.

Peu auparavant, Galeas Fregose, Gem et un sien compagnon , estoient venus ver le mareschal pour luy proposer ce moyens qu'ils]|avoient , disoient-ils, de dre tout en un coup et la^ville de Gem mesme le prince Doria en son palais , qi toit joignant la porte de la ville. Le mares à si grande et si importante offre que <

LIVÎIK TSOÏSIBME.

■'ils avoienl un de leurs paivns prîDCipnl tericr dudkt pHnce Duria, qui avoit iie anclnriié chez liiy , qui tciioit los clefs Mpalais, cille la porte mesmeipiisen-oituD Ait canal de mer , ou estoioni toujours deux Hercs et deux petites barques où le prince ) faisoit porter quand il alloit en ville ; que My-cy esloit d'accord avec eux qu'au jour Là la mémo heure qu'ils accordcroicnt , il r oovriroit la porte et leur douneroît si lie eoirce jusque dans la chambre du prince, ra seroit prins vif et sa famille mass;icrée ; , cela faict, il donneroit aussi l'enlrêe r saisir les deux galères et les barques . !Sk rempliroient des mesines trouppes qui îem faict l'exécution : qu'ils prendroient «ontre-seiag ou soit le mot dont le prince servoit pour faire entrer les siens dans la D durant la nuict , comme il advcnoit assez, Hvent , selon l'occasinn et occurrence des s ; et qu'au mesme instant qu'ils marroient vers la ville avec ces galères , ils neroicnt aussi une escallade à la porte de ;ljnierne, près de laquelle se tenoit uq de irs amis qui sortiroit lors avec cinq ou Rix s neDS , qui favoriseroieut l'escallade penbil que les autres donneroient â la porte ; s que tout cecy ne pourroît csiro heureiiiCSt conduit si les {jaleres du roy n'arrit Mudain au secours. Ils s'a sseu roient i qn'en criant France et liberté ! toute la ! prendroit les armes à la faveur de , k laquelle ils estoient de longue El aBeciionnés. Et tenant If prince prison- > , ib pourroient par son moyen avoir Sa- ■r «Dire leurs mains , le menaçant de t l'il ne la faisoit rendre ; et qu'au pis ï 00 en tirerait une {rrandc rançon.

w loates choses II (alloit si bien discipliner illrouppes qui seroient conduites h cestc , qu'ilsnettssent,soilen marchant, esine lorsqu'ils seroient dans la ville , e Tioleoce , ains entendissent seulement 14'eaipsrer dos murailles et dos bastions. ■ Cm choses souvent repelées, et d'une e cadence , donnèrent occasion au mail de croire tout ce que eeux-cy propo- U; mais ayant depuis bien ruminé la tquence et toutes les ciieonslances de Mtrefiriiise , il trouva que pour l'cxccuter

avec seurlé il falloil qu'il mcnnst avec lay quatre mil soldats et cinq cens chevaux Lies , choisis : ce qui dcsgarnissoil si fort le Pied» 1 mont, qu'au cas que ses trouppes courus^ [ sent fortune , il domeuroit exposé à louM 1 sorte d'injures, hasardant par ce moyen I9 1 certain pour l'inceUain. Outre ce, il estoil 1 fort malaisf' de conduire par quatre ou cinq I journées ceste petite armée, sans que le princa I Uoria ei la ville n'en fussent adveriis, etq pur conséquent ils ne pourvussent à leurs af^ faires. Quoy succédant , et n'ayant aucune proche retraicte , c'estoit évidemment com» mettre et luy el l'armée en un extresme danger . outre te salut de l' estai qui dépendait de celuy de ceste armée. Davantage que cel ne pouvoit esire enlreprins sans le secon des galères du roy. Joinct qu'il ne voyoi$ i pas en quel lieu elles peussent seurenent 1 surgir pour selon le succès s'approcher de bl j ville , les ennemis tenant toute la cosie depuï» Aniibe jusques à Gcnnes. Que ces consideiifr I lions estoient si hautes et si chatouilleuses ^ I qu'il ne devoit rien entreprendre sans l'aval I précédemment communiqué au roy , à Sa I d'avoir sa resoluiion et son commandemeal 1 in titramque fortunaiii. Et à la vérité, pOIIT ] heureusement conduite ccsie enireprinse, il 1 falloit que ce fust par le moyen des gallerei^ | qui pouvoient mettre en terre les gens (k I guerre propres à l'exécution , et les retirtf | sans hasard l'affaire ne succédant : ce qui os | se pouvoit faire par terre , oit il falloit ciaf I jours de retraicte , et par, pais montueux c

C'est pourquoy le mareschal se résolut de depeseher Plancy vers Sa Majesté , et d'en- 1 voyer ceux-cy avec luy , afin qu'ayans conféré avec elle et M. le «^onneatable , il petnl 1 lors avec plus de courage et d'asseurance en) ' treprendre ce jeu , et mesmes afin que Se I Majesté fust celle qui asseurasi ces deux p»« J sonnagesdelarecompensequ'ilspretendoieal^l ne se voulant obliger aux clioses qui depenr 1 doient de la volonté et de ta puissance da f niaisire , ayant observé qu'après le coup c ne se soucie jamais guieres de celuy qui y a | mis cl la vie et les biens.

Le roy fut bien aise d'entendre ce discoui«, ' ne dcsii-ant ijen de plus que d'eavoir le

llËHOmES DE BOTTIN DU TlIXiaS.

ratioa I WÊÎt B deslus ifRll n'estok pu poa- ■iUe i|ii'il f peoM aDlè«fa« Jnhquei an ratonr db T>7«B> 4'AllaiugM , qui seroit sur k Ab d'aoMt et DM |duum ; ai qu'à Ion il donne- Nil toute riuitlinoe qn'il leroil poBibta , pbur radnire raBtr^Minae à p«rCeclitUi. Minda ea «itr» au mareachal qu'il luy reaToyoit FkvgSK M lOB compasiMiB , à diocuB deiqiials, ■Bpamli l'aMeuranca de leun dénudes , il avait fait donaer ciaq cens esoM , et que •« ■dvia estait qu'ils fuiseat rénwoji» au pais , pwr Muioars mieui dinpoaar et asaaurw les aaiafll les afllureB, arec obarge de retobruer •B ce tenps là, biea résolus et préparés à l'ekeoatkHk Voylà coameH les Fnaçais, •m s'oaqverir plus avaat, aco^Meot m pre- MMr abord iMt ce qui leur est iodilereniinent ftopnii t» dont tontesPois la repeataBoeqai vleàtafiriès aetes a jasuri readus guieres plus CDUider^. Et pour autant que Sa Majesté arcil deifà , en Is oonceptioade la fscililé de r«ntre|Hmae ^ floaadé au iRareacbal que lors qa'H narebcroit à l'exécution , il laissast tool le goufcrBemeat du Piedanal èa nains d*Anssaa i de Teirides etde FmciaqMBermmU , il nanda an roy qu'il recognoisaok ^a cea vais seigneurs n'avoleH , chacnn à part taf , fiiuie de jugement , de eearage ay tfrffcetioap— r s'eadiiiiieaieaS acquitter ; ttais ^«Mieribitii estimoit, ^amàlay, que l*«aMtHm et la jaloBsie entre panBs , et à ■se neame anieiie , n'estoient jaanit ponpermMire qa'il y eost entre eoi la concor- (kaw ay l'iniBlligeaoe qui estoît aecesBaire en chose de lellc importance , et oii oa ae pouvait faillir den f6is ; et qu'en ce cas il eMak expediaiK qne la rertn et l'auctorité d^ns aeol faet auui sent conductenr de la lMvqn«;qH'àSwadTisSa Majesté senntitsseï à Mupa à ^ea resoadre lors qa'il aaroit re~ cegaen hsea au vray ce qu'on se poawit pro- ■eitpa de l'mireprinse de Gennes ; qne ceste sienne remoastrance ne tendoit à corriger le parfaict jugement de Sa Majesté , mais bien à le secûider avec telle prudence que la réputation et Testât demeurassent conserrés , et dont l'unité et l'ancienne expérience sont les plus nécessaires outils.

Pour entreprendre ce voyage d'Allemagne datt J'ay cy-devant parlé , le

de coBté et d'autre tontet laa TkàUo* I françoises pour reofrircer l'amen da J jesté , an nomlHV desquelles furtatea ses ces sept vieilles bùides de OMstill cedemmeni envoyées enPiedaoBtt lapa desquelles apporta un graad racnlMi desseins du mareselial , qin fit jon^ à oesûté , et non à la vertu ny aBoein

Environ ce temps les SiemKRS i pÉt nées et practiques des cardinaux de I et de Toumon , recouvrèrent leur UUt assiégèrent la citadelle qùlteorFat ni is juillet , assistés de denx mil hotiii ces seigneurs leur avoimt envoya tH i rOy, en la (frotection dnqnd ils se tttffe lors.

Le siénr dômp Ferrand , i^eogffbiÉB fbiblisseinent des forces fbnçoises , pt solution de foire tOntes Aortei d'eiml jecter nue armée en campagne et te rt des pertes passées , et de tous pôîncj verser la domination (iraoçoîse , sonsla' du duc de Savoye , qui estoît lors yi Flandres en Italie , couTertement mdi de l'empereur.

Le marescbal recognoissant que tM occasions pouvoient apporter de gm convemens dans le Piedmoat, mesi voyant esloigné du secoora qu'il pom perer du roy , il print resoluticut da H avec environ huit mille hommes et dam chevaux dans les faux-bourgs de I colles, faisant diligemment lever de| trancbées'tout à l'entour ; jugeant qu place luy apporteroit quelque commodi renforcer les places que l'enneiBi p assaillir, et pour favoriser la moisscHid mont , en quoy consistoit la conwrvMi verselle du total de Testai.

Soudain qu'il eut henreuaemeat ad sien dessein , l'armée impériale recega qu'elle ne ponvoit plus rien entreiMwi Carmagnt^les , comme elle avoit eapa s'adressa au fort de Bra qu'elle flt sbi à laquelle sommation n'ayant en autf ponce que arquebusades , ils firent M Cairas deux canons qui tirèrent enfin tre cens voilées et firent bresche ralM dus laquelle les E^ugaoh v

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