LITRE TROISIÈME
boBorablej, qu'ils lay remettroientla Le capitaine Loup, et moy avec luy, sflvoyés ; et après avoir bien débattu »rdé qu*ils sortiroient bagues sauves, ie et munitions demenrans au roy.
irescbal qui estoit tousjours en doute suis, fit soudain tourner teste à l*ar- OQs l'escorte de cinq cens chevaux et sus Suisses , qui ,1a conduisirent en dans GarmagnoUes.
uvernement de la place fut donné au la Molle , ancien et valeureux capii luy furent laissés huict cens Franleux cens Suisses ; tous lesquels avec liers travaillèrent si bien à remparer :hes , qu*elle pouvoit tenir contre une e armée. Pendant ces exécutions le s*empara de Gameran , dont il fit un Çourmandoit tout le Montferrat qui doit contribuer.
lia que la place de Busqué fust prinse, (leRossane, qui avoit un fort beau i à une lieue de là , vint de gayeté de mer le roare&chal , le suppliant de le
• pour serviteur du roy, sous ccrtainestes compositions qui luy furent ac-
ienr domp Ferrand, lequel à ceste e dUigentoit le secours , entendit pressi tost la prinse de la place que le ( la \erité qui n^y eust mené que cinq :anoDS , nous en avions pour quinze oyià pourquoy j*ay remarqué qu'il » de meilleur ny de plus seur à la , ijoe de jouer tousjours à gros jeu , lOBoer jamais temps au temps.
sienr de La Trinité , gouverneur de ifl, le commandement duquel s*estenissi sur Busqué, fist pendre une doutes soldats qui Tavoient rendue si lasn; car à la vérité ils eussent peu enm assaut et puis avoir encores bonapitulation.
laDtces demeslemens capitulation fut l'a entre sieur domp Ferrand et le ma- , pour la seureté du labour de la cam-
• que la guerre ne se feroitau paysan, )rs qu'il seroit trouvé menant vivres % forteresses, mais non au retour » à été duquel ceux, qui tiroîent^secours
d'eux dévoient pourvoir ; et enfin que le soldat allant et venant ne pourroit prendre sur le païsan qu'un repas de ce qu'il auroitcbes luy, sans le contraindre à en aller chercher ailleurs. Geste capitulation , qui avoit tant et tant esté désirée par le mareschal , fut cause du salut du Piedmont , pour les raisons qui ont esté cy devant discourues.
Les choses ainsi heureusement exécutées ; le mareschal mena rafraischir son année à GarmagnoUes. Pendant ce repos il commanda aux sieurs Ludovic et Garle de Biragne de veiller de près sur les forces qui pouvoient estre dansVerrue , et sur la qualité de la force de la place , afin de délivrer le cours de la rivière du Pau des empeschemens que ceste place, qui est sur une haute montagne coonK* mandant à la rivière, apportoit au trafic des marchandises, et aux places du Montfennc que nous tenions de ce costé-là.
Le sieur Ludovic de Birague , non moins diligent que affectionné , veilla de si près et si couvertement à recognoistre Testât de la place , qu'il la jugea forçable avec quatre mil hommes et douze ou. quinze cens coups de canon, mesmes n'y ayant lors dedans qu'environ deux cens hommes de nouvelle levée, et les ennemis tous retirés aux garnisons, dont il donna advis au mareschal; lequel, faisant courir le bruict qu'il vouloit renvoyer vers Ghivas et Yerroleins les douze cens Italiens et Piedmontois qui estoient dans Tarmée, pour y tenir garnison , et lesquels il y fisft couler,;il commanda aussi au colonnel Bonnivet de prendre dixhuict cens François , avee bruict de les aller despartir à.Quiers et à Montcailier , et qu'il en donnast advis anxdict» Biragues , afin de prendre jour avec eux auquel chacun se rendroit à Verrue pour l'assiéger et battre , et que de Thurin sur les barques du Pau, on leur envoyeroit six canons, deux coulevrines, et de quoy tirer seize cens coups. Ges seigneurs accordèrent si bien le faict par intentions conformes, qu'ils se trouvèrent sur la minuict es environs de Verrue, que Bonnivet blocqua de fort près , du costé de la montaigne , pendant que [les Birague combattpient un grand bac et une tranchée où il y avoit une douzaine
de ^soldats pour la garde du passage du Paa,
bËHOmES DB BOrriEl vu TaiARS.
^ firme mmâaim empwrtfc fa» ki karifim awe Uwnwtfci kn lingue noitoDt egndaict 1mm ftNM ]Nir les avoir ptawfroiidiM an '■■MnM. ■DMÎYMet BiragM ayau eonomn^BiemniUe, ciMcm douta ordre- de son •Mé fe fùwiKBter et pbBtflT fanHIerie , M» lh|MH» eem d» dadaM trent qaalqaet senties dont ils fnren tmajeiin radeneat raaihrniM. L'nnlHerie, eeunt plialée aur «ne ln(H4^ 4eaGo«ffMtlaft marailioa ds Uplace, MMMBÇiijoneraiirlesdemlMam aprta ■wk&f^ «I «evx de dedam h rempwer et à Mn kemeonp nnllaare eonteBioee qu'on tftMto «^wré'; de naniere que la groa ef- Jtortde la batterie' Ait renî» an leademain. Bèt le pirioBt dn jonr, Ita m eanooa et les wtrtdiiîiiiw commiraGerent k tirer avec talle dHgenee , 4|ae mr le midy il y eut apparence ds Kreaohe medioerflineat pmsonaaÙe. Tonterfoîs , pour ne rien tenarder bora de pro> pM, dlinK aoldats furent dépescMs pour •Itor «Beognoiatre la breache et la oontenance de sen» de dedana; l'na d'ei» en allant fuat Maïaë-t-ln jambe-, l*aoir«, qui' se noaunoit BoMftnâ , ne l'ealaat- pa», poorsoivit aa fnAÈtte, et no'petît pan reoognut labreacbe fÊàoÊOiàllé; et fennenl oncbé danMme-tran>dMtr <t*^fl aiveit (Mole , mai» assez bnase. Les dnll ayana entendu le tent et loué et reo»' BBfrdb qaetqnes-eecDs le courage de ce soldai , l'on de ceux qui fbrent à l'entreprinse dS'WIm , resolnrent de donner l'assaut avec éÊHOL. tNmppm, cjwonoe de cinqoeiiB. bom- «a»-, qal'devoientdonnerruneaprèaraDU«; ttâfS', poree que le pendant de la montagne «Mit fort a^Hvet rmdè , il leur fut com- ■Mdê-dO IWrâ denr pauses- et deux balenëes, -panAllU lesqaetlcs l'artillerie tîraroit lomjMrs'poO' IM garantû' des anjoebusadee dn dtdftnt , qnî'trottnent assez menu. Les cbo- •ea ainsi ordùnnées, chacun ae mit en ordre poorltaexecHier': nos (rensmarcbaBSEeloace fflù'tmk et^è ordonné, approctiaas de la bKache, dbnnereatfnriensement dedans. Les awi*ii'<s , par un quart d'beare , firent tel devo^ qu'ils- ne purent estre enfoncés ; en fin )• seconde trouppe marchant de {>Tande ardaup, et tontesÀAs la ^première voulant empeHer la victoire , se jelia à corps perdu par- 4liy'l<M'«aaaiB--rpit fareiu k cent» aeeôade
chai^ aBpoités, aras paMed»!
noBlras et de quatre vingtioweaaad le rasis astaui deavatiaé etrenwyé:
nenia qoi eanùemàCmaeeiuiai^l ceil, Sainct eermain., Cant, Vain
cour»; mats, ayans eataadw la fâ place , ils Coomerenc fanAB', pkîa et d'esionnemmit
Cest une chose ftM» iWafffc quelle respertence non fkit sngei , plus que nons tenona'nne dàamt an ble , tant plus ansai noua appaMi merveille lore que nons la voyons- n eflect , comme fist an- eanenria b( ceste place , qu'ils estinoieBf inpni moins à ai petites forces qo'eaiaiBH les nostres. -
Je ne veux oublier de r de ceste place , une chose ridicolfe; sur la porte de la place il yavoit-ns de raisin onlaillée et nu porcean as avec ceste inscription : Quand» U g»
giri l'têva, il frmnctta frandtrS Celuy qui û 6t ^lire n'avoit pas es* trologue. Le roy ayant en les nome' prinse , donna le gouvernement de et une compagnie de gens de péad son , qui se trouva lors en cour , m prison de l'entreprinse de Milan.
Saivesoa estant venu en Piadi preste le serment de fideleBKnl | place, en fut mis en possesstMi ; el> tant que le mareschal deliberrà pari de ceste place (qui v'eat qtf Jk> da dedict Casai) de dresser daa eM dedans, et mesmes sur Gresoenihi, au de là du Pau , à une bomedsi seulemett de Verrue, ilordonai d'y aller faire un tour , tant pour v« SiAveson s'y comportoit , coaune as la faire si bien fortifier qu'eUe dS pa refvinse qu'avec grandes fMcas el'l de temps.
Estant Bonnivct arrivé, et comU proximité de Crescentin, il Iny ptl de fbire passer l'eau à deux cena bt mes pour s'embusquer etdeaav an enn^s de Greseeniiiï, «l'tail
LIYRB TROISIÈME.
Ml
iQS remboscade qu^on leur pust donner > rode secousse.
ipitaine Gbarry , lientenaiit dudici Saleust ceste charge avec cent koromes 1^ et avec lesquels dix ou douze genres dudict Bonnivet voulurent passer, leurant sur le haut de la place qui valier sur le Grescentin, pour voir le jops, et selon cela retirer ou renforoffibat. L^embuscade dreesëe , demie- » de soldats vont donner labrine , au bruict de laquelle sortirent trois cen»
g du comte de Lodron , tous lesquels idans à eux, ae laissèrent attirer dans ade. Le capitaine Alemain , qui conta trouppe , s'attaqua audict Charry, 2ceut avec un courage intrépide ; ils sfiez long^temps aux nains; en fin lorry, voyant que sa trouppe eroportoit 1 1 ennemi , donna tel revers de son ;e9t Alemain armé de gorgeron , cornaocbes de maiHes, qu il lny abbotit dont il mourut sur la place , comme presque sa trouppe. Ce que ki fureur les pardonna fiât mené prisonnier à , oA ce pauvre bras fot présenté à t qui admira la force de ce coup.
«part des hommes , mais sur tous les I, tiennent que la voye des armes est I deinesie phistost les diiferens et les tes des grands princes : de prime enble qu'il n'y ait rien de plus vray ; aad nous venons à la practique dîes 1(01 est le plas souvent renversée par rires accidens du monde , nous trouors, pour bien ordonnées quelles q«e la preroyance , le jugement et i-ité opèrent plus que les mesmes ar- Rioins ce que dirent jadis les Romains 08 : Vnuê homo nohiê eunctanio re^ R. Le mareschal, tenant ceste maxime {•véritable , travailla tousjours autant ses ennemis par les ruses et par la ice que par la vifve force, attaomme disoit Lysander , la peau du ra celle du Fyon ne pouvoit servir, faille confesser que les victoires et uestes qui se font, comme on dit, !Sfi« , ne soient plus braves et plus », i\ n'y a point de doute ; c'est 1^*
pinion dos Romains ; et la nostre aujôrn^lmy porte que le vaincre est tousjours louable i comment que ce soit.
Pour preuve de ceste position, je dimy» qii'i) y a deux choses principales, par lii«« queUes , sous la faveur des armes touCes&MS , Tem^mi peut esire le plus endennnaoé. Lu première, c'est de sî bien ordonner les a(^ faires , que vous te réduisiez à n'oser entreî prendre de bire un degasi gênerai de la cam« pagne, et tascher de conquérir toutes le» petites places et chasteaux qui sont meshn^ gés parmi ses places , et à avoir aussi telle' ment Tœil tendu à leur oonservation , qu'il ne vous en puisse priver; cor par ce moye» vous demeurez en asseurance de la eoramo* dite des vivres , sans laquelle la guerre n# se sçauroit amtinuer , ni les viHes subsister ^ mais sur tout sans culture de la campagne « et d'autant moins quand on est esloigné ûm secours de ses amis , comme est le Piedmont de la France, ainsi qu'il a esté cy-devantdis* couru. Davantage , wus contraignez par mi awyen rennemi à tenir tousjours ses ganri^ sons foff t grandes , et à n'vMr de vivres qn'it la pointe de l'espée ( dont souvent succeil» telle nécessité, qu'il feui lever les armées, tant pour se redimer de la subjection de oes chasteaux que pour avictuailler les plaeep qu'ils ont reduittes à nécessité} comme 4 advint de Cairas, ainsi que vous verrezr oy-« après. La deuKiesme , e'est que quand la ri^ gneor du temps ne permet pas que la guemd se demesle en siège en combats, d'apreobop tont le gros de vos forces dans les terres ean nemies , pour en consumer les vivres , eon-« server les vostres et embrasser quelque W9th velle occasion de ruyne sur biy, oooimeH advient souvent à ceux qui sont patiens aux labeurs et à la vigilance , sans lesquels on ner moissonne jamais gueres. Si jamais grand ea»pitaine le scëut ainsi faire , le maresehal en emporta par sus tous ceux de. son temps lu louange. Et de faict, ayant conquis Verrue^ et n'ayant assez de forces pour entreprendl^e» on siège , il tourna teste vers le Canavois » qui est tout le pals qui s'estend depuis CM*^ vas jusques à Yvrée , en intention de faire deux eflects , Tun de manger le piiis de Vtith nemt, et Tauifede s'ammer^^oependam fc
sea
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
fortifier le cbasteau de Saiact RIarttn , distant de trois lieues seulement d'Yvrée , tant pour la réduire à quelque nécessité , comme pour joindre à ses conquestes les vallées de Corgue , de Pont et tout le comté de Yalpergue, qui va confiner à la Val-d'Aouste , peuples que César en ses Commentaires appelle Salaiii; en quoy ses traducteurs se sont trompés y car ce sont les peuples du Canavois où est encores en nature la ville nommée Salace , dont ils portoient lors le nom. Il s'y faict de fort excellens formages , ainsi que j'ay cydevant costé sur le voyage de Lanz.
Il fit travailler en telle diligence à ceste fortification de Sainct Idarlin, qu'en moins de trois sepmaines elle fut reduicte à jqueU que convenable deflence pour une moyenne force y laissant dedans trois cens hommes soubs la charge du capitaine Guierchc de Recanat , Italien , vieux et expérimenté soldat. En ces entrefaictes les neiges estans survenues, il départit sa petite armée par les garnisons, pour, avec plus de commodité, brasser une enlreprinse qu'il avoit sur la ville d'Albe, jadis édifiée par Pompée, et appelée Alba Pompeia, . Si-toftt que. le sieur domp Ferrand fut adverty de ceste fortification de Sainct Martin, qui assiegeoit à demy Yvrée et luy faisoit perdre plus de vingt lieues de bon et fertille pais, il commença à rappeller son armée des garnisons, pour la tirer en campagne et marcber^à la reprinse de ce fort, qui leur estoit autant important qu'aucune autre place qu ils eussent en ce quartier-là , soit pour la conservation et entrelien de leur armée lors qu'elle campoit , soit aussi pour le soulagement des autres villes que l'empereur tenoit de ce costé. « La diligence de l'ennemi fut telle , que , quinze jours après la retraicte du mareschal , il se trouva campé devant ledict Sainct Martin. Quoy que les neiges et les glaces fussent fort rudes , il fit faire ses approches et asseoir Tartillerie , et au troisiesmc jour commença à tonner fort furieusement , sans que ceux de dedans fissent autre contenance que de gens résolus à la défendre jusques au dernier suspir, resvcillant tous les joui-s renncuii par diverses escarmouches, les appellans sol-
dats de la pagnotte. En fin rartiUerio joua si [ estât qu'il avoit esté précédemment rapporté»