‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 69 sur 224 · SÎ · texte numérisé non relu

SÎ

bien qu'il y eust bresclie , à laquelle les Es** gagnols et Italiens donnèrent soudain de grand courage, comme de grand courage aussi leur eObrt fut soustenu une heure dorant par les nostres , lesquels , par la blessure qui advint à leur chef combattant arec eux , furent en fin forcés , luy prins vif et pendu un pain au col , les soldats partiQ tués , partie prins et dévalisés. Ceste craelle penderie fut iaicte en haine que ceux de dedans appelloient les Espagnols soldats de la painatte , parce qu'ils n'avoient autre dii* tribulion que du pain : la foUie cousta depai bien chair aux ennemis. De mesme saille l'ennemi emporta le chasteau du Pont , iadh gnement rendu par Marchio Agactio, Italitt, qui y commandoit.

Tandis que le sieur domp Ferrand estril occupé à ce siège , le mareschal redoieok à perfection Tenlrcprinse d'Albe. Mais ai* paravant je rentre en la narration de Tei»cution qui en fut depuis faicte ; je discouinf quels furent les moyens et les occasions di ceste entreprinse. Il advint donc que deiL capitaines italiens des nostres , alkuis à kl guerre du costé d'Albe, nommés Syrie et Yenture d'Urbin, furent prins prisonnieneC conduits dans la ville, puis relaschés et M sur leur foy de n'en sortir sans congé. Si promenans souvent par la ville, ils recognet* reutque, joi(][nant la porte du Tanare,Ie* quel innondoit souvent les fossés , il y avott près le rastel une planche par laqneUe on passoit lors que l'eau se haussoit, et que mesmes on pouvoit en tout temps couverte-* ment parvenir au pied de la muraille , sv laquelle, à cause du rastel , ne se faisoit aocuuc sentinelle.

Ces capitaines estans depuis délivrés tout à plain par cscbange , ils en firent le rapport au mareschal, lequel, ores qu'il les reco* {^neust personnages de jugement et d'expe^ rionce , n'y voulut toutesfois adjouster foy di premier coup, mais renvoya ledict Syrte aiee deux de ses {j^entils-honimcs , premieremeK pour recognoistrc les advenues de ceste porte, ce rastel , ceste planche et ce ruisseau. Ceux* cy se coulèrent si secrettement vers la viltef qu'ils recognoureut les choses estre au mesat

Page 1