‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 82 sur 224 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

es'^de TÎnes , à chasser sans violence es personnes suspectes , mais sur tout es environs des murailles des remt terreplains de quarante à cinquante fespoisseur, avec force flancs bien s, tant au dedans que au dessus du afin de pouvoir soustenir ce grand uand il tombera sur ses bras. U en mné le mesme advis à Sa Majesté , I rien ne luy fust espargné pour par* ce que dessus , qui fut depuis le salut ace et de la Champagne aussi, pereur ayant persuadé anx estats de ^ que tout ce que le marquis Albert paravant entreprins sur Francfort et ^ y n^estoit qu'à la solicitation du roy urper les villes de Tempire , comme f âict cognoistre par celles de Mets , ; Verdun recentement usurpées, il iça à assembler forces, artillerie et le tous costés , estimant que , par un i soudain effort , non seulement il émit ces trois villes , mais aussi que tout lin il mettroit le pied sur la gorge à ne françoise , qu'il avoit comme à mes^ toutesfois elle ^luy. avoit donné tant d'affaires et de secousses , que c'es- 3t ce qu'il avoit pu faire que s'en re avec peu de gloire et de réputation, princes d'Allemagne , peu rusés aux lemeslemens de TEspagnol, se laisemporter aux remonstrances de Tem- , et à luy contribuer forces et moyens » costés, ne s'appercevans pas qu'ils tioient eux-mesmes en main , non seu- . deqnoy renverser les dernières cons des François, mais aussi les moyens subjuguer eux-mesmes, s'il advenoit iiiportast le dessus , son naturel assez t trop aspre et inconsidéré à tirer d'une nerre trois ou quatre autres, sans se delà ruyne de ses amis ou ennemis, Ivancer ses ambitieux desseings.

ant qu'il se diligentoit en ses prepa- France ne dormoit pas aussi à re- [eis en tel estât que Tempereur y perles forces et le courage , comme il fit recogooissant trop tard lu trop grande

tellement estropié qii'il en est méconnoisnil^tre est-ce ZnUicbaa.

présomption de ses forces , et que les victoires <|u'il avoit précédemment emportées procedoient , non^de sa valeur et prudence, mais de nos propres péchés , que Dieu avoit voulu expier par ces disgracas, comme il avoit depuis foict les siens.

Mémoire de la routîe dressée de quatre mit che^ vaus des ennemis , le tresiesme jour d'aoust 1553 , exécutée par monseigneur le connesta-

/, lie , selon ce^que le roy manda au mareschaL

« Premièrement , mondict sieur le connestable ordonna à M. de Sansac et le sieur de I^a Ghapelle-Biron le jour précèdent, qu'il» allassent recognoistre les lieux propres pour l'exécution de leur entreprinse , ce qu'ils fièrent; et à leur retour advisa que ledict sieur* de Sansac , avec tous les chevaux légers , s'i-* roit busquer es lieux par eux recognus et advisés , et que M. le mareschal de Sainct-- André iroit après avec les compagnies de monseigneur de Yandosme et de^monseignenr le connestable , la sienne et celle dudict sieur de Sansac et du sieur de La Hunauldaye , pour soustenir lesdicts chevaux. légers s'ils en avoient besoin ; et quant à mondict sieur ' le connestable , il les suivroitpuis apràs avec * la compagnie de monseigneur le dauphin ,' qu'il avoit mandée pour se trouver dès avant le jour au bout du pont qu'il a faict faire sur ceste rivière vis à vis de ce camp , et celles de ' messieurs de Montpensier, de La Roche-sur- Yon , comte de Sancerre , La Fayette et de Jamac , et tous les arriere-bans qu'il avoit . semblablement mandés pour se trouver au mesme temps à l'endroict dudict | ponl(, dix ' enseignes des bandes firançoises et autant de * celles de lansquenets , et trois h quatre cens ' arquebusiers à cheval , et les sieurs et gentilshommes qui sont en camp , à fin que si lesdictes premières et secondes trouppes estoient contrainctes de reculer , il allast à leur se^ ' cours avec les dernières forces.

» Suivant ceste ordonnance, lesdlctestroup-^ pes se trouvèrent aux lieux qui. leur furent ordonnés , et toute la nuict s'y acheminèrent et firent chacun leur devoir de recognoistre le pais : finablement , environ les neuf heures du matin , les ennemis , ayans. eu advertisse- * ment de ceste entreprinse, ou bien en toiH *

MÉMOIRES BE BOWiN VB TILLARS.

jMM fils dadid mot é% flPMntf ,

«1^ trmufl»f^U det fimca (ta'vey dallais, rapp^nmBi ay^ funre mil dMWu , aian qiw le coafeweat lot prisomi^rs , el , l^esfttwMMw*"» attadiée par tes courenra d^||Ke part et de l'autre , lesdicts eiuieaiia oluu%ef ÇÇÇ«tt U^dl^çte çl^Yaux leçfM^, ^iis ^g^aSr

. ftoiui^ffoev le «ST®»!*?! ^^ §?'«¥5|-Andçé , cjttî e^Diit c^us^ué s^veç ^ cjaq ç^^ipagnieis susdictes , ayant recognoiasance de oek, aortii fnrt sagement et à prepeedeson embéacbe , et aonbe aa faveur et de an tfooppe qui 1^ diroict m^ en^emia^ ledieisjpar de SaM%c avfc leadkts chevaux légère les reohaiigea si vnremem qu'ib les aûrent en rootè; qui ne frt pas sans y feire perte de npttfce paît, mais beaucoup plus grande de calie i^f|itm tnm^mii , q« ne sont pas estiqpia |( avoir- perdu moins de ^quatre à cinq cens chei^afK ; et jusques à Theure présente eau eaié menstrées à mondict seigi^r le nmnetTlahle las oornettes de sept de leurs cpo^Mignîes» et les porteurs d'kelles prins PpMOnaieni, qui confiassent que lesdîctes ^*^yMf»f|mî<^ tiateieni de deux cens cinquante clevaux e| ciaqpanle arquebusiers chacune , e(4ttqA n'fai^B lyne. simle compagnie , de tOffÊm oeika qm forent en cesla entDeprmse, qm a'«it iaktTpecte nolabfe. Il se trouve enviDon deux ceqs prisonniers paimy les compagnies, parce qui en a es^ xappûrlé.à mondifit sieur le coones^aUe , et qui s'en recor guttai au retour de ceste deifiiicie.

« MovMlÎQt seigneuir le connestable £ut advarty que tous les principaux soigneurs et canîtafoes dfii leur aimée gstoifnf en cestç entnepriose, cf jusques an prince de fiiedmont^ et évec j||uy messiauca de Bîgîncourt , de Bossu « de &UX, d'Aiguemont, d'Osirade, duc d!iJM:ot, coiffe d'Orne et marqnia d'i^cembecge , et que le prince d'Antoing y a esté tué et plusieurs] autnes de nom , et le neveu de. Martin Vaucosse prins prisonnier avec ledict duc d'Asçot.

' » De. uostce part se trouvèrent à dire M. de La ftocb^uyon , qui venoii kux de Moustreul» et le., fib aiané de M. de Crequi , que Ton pense eslce prisonniers, y ayana tous les

dewfiiM^Jkttafiuijettr. devoir ^ etjne8mesla| mareschal que depuialexiraicteqm

nourrypage de la dmmlNre db n son cheval tué comme son frère ai sieura les grand prieur, marquai d' AmpviUe y forent enyelmiés , 1 dermont prins et reeons , et de 1 blessé dHm coup de lance à b ep » Le sieur de Beauvcni foft fO!

mené près de DouHans; mais F»

se tnouva là avec quarante ou cinq VM» , qni le recourut , tua ençorei on soixante de leurs gens de cheval quMl prit prisonniers , tant il les obres intimidés de ladicte renconti

» Mondict sieur le mareschal

André se porta en ceste entrepriii ment et vertueusement , qu*il n^en siMe de plus.

» M. te prince de Ferrare se tin auprès de hy , suivant ce que moi le connestable hiy avoit p(jé.

» M. le prince de Goodé s^ pc lamment , qu'A ne s'y eust peu mieux , ayant fonct une charge fon et reeous l>eaucoup de personnes.

» M. de La Rochefoiicaut fut deux fois, qui n'est pas signe qi espargné, comme aussi i^e firent capitaines et seigneurs qui se troi ladicte charge , et mesmes le sien:

taire , à qui mondict sieur de Si donné charge d'entretenir Tesça qui y fit fort bien.

» Pour conclusion , ce sont qnat vaux qui forent deffiiicts, chassés routte : sur quoy l'on jugera si cek sans perte grande et notable des de laqpelle , pour le peu de tem| est de retour de ladicte executio sçauroit encores mander les partie

» Les sieurs de Montpesat et d et le baron Desguerres , et sieur y firent fort bien leur devoir , et n ledict sieur de Sansac , selon sa Ix tume.

» Vaillamment s'y employèrent s sieurs les duc de Montpensier et pi Roche-sur- Yen. »

* Du 26 apus^ 1,553 le roy dowM

LlftE QUif RÏJÈMJï.

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\fiskqgfir et eflfife^Pf fm ^^^^> «)

lur pif 4€yax ^yiWf Jeijr ^e^qg^W»

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i atvçiepl t9U^yi:s p^ ^ le^ fom^* mis ffqpt faipt ^iqî^lai^l d ejix iroji: r sûuî^mr ou resBPffdre à i^^ p^ be», or^ gu> y qjj m^pai pru»

gefl^ ppWWfW? ^' njQwes d.e& Esnatt^l^)^ , Içffrs f^aga^^ç^ et j)isgiw»

ets ^ pjfinpp de pi^^fnoia , jjpfif ce ^ l^eç^eiV (ff CTÏ ?yW^ Am<» m^y ptaj)l,ç l'armée jpour fa^rp ffi^np d^ » irouppes jiç ftwd^r^^'tf - Ph^V»

vrier,ç^ao# (^ geq» |ijl^ pie4 fniRSP!^

i à CQrt>ie qfi op 1^ jvepp^ Plj pasî ^(umeisld)^ youlHf te«» 9H« fl*»®^- ^4c leui^ ifQfppejips, gp'jfe «yftje^^ i;iV capfp , ep yei;Bsej^f le pj^fijs^tpiqps, ^ vê|jreiaf ^a lillajes^ et s^eprent iievoit pj^tir le Ipi^em;^ , dont i|^ U rappoif'ie Jopp œesme ; leqpel papr r ^ enteiidp , tput ap^-tp^t i)§ d^slple iiMicjtife jijîrapUpppt, gip e$|oif lieu famagpuf ^opr eipL, pp ils se yaple vouloir a^pdrj^ rarp^éé» et, au k f4re, j|3 a'aUerent camper à qi^- D$ li^ûi» de |à , entre Arra3 et ^opay , 3 iu^ hier scèp par 4iyêrs adyertisspet mesmes de pos capitaipps de cbe* géré qui l^e^ ont tousjopcs poip:$iiiyiç

luchans une pajirtie 4p ct^l^i? • ^ fO^i

mi bonnement appeller aiiiremept

fuite. L.e roy poprspit tou^Qunf s^n

pour les approcher Je plus gn*il

à fin de vpip c<e qu'ils voudront

I slls ne veulent attendre , pp adviprendre tels partie c|ije Ip temp^ ef

fD présenteront. »

a fin d'aoust , Tenipereur se trouvant

il epifa 5i avap^ w* )p^ t>r»^pibdef kii»9^4» J^ pcip^e ,de Tpvç^^fm at fie^dip , ^p'jU jiirp

gii^ii p y ^Qtpndroif fimm 9WP ^ roy s'eust ppjLferiopeut rppfto tppt ce qu'il ayojit çpa*

FP^i^^ ^j^^ i^ f^WP f 4V'U AOtreRoit i^y^

jd^Pf Pfrip^Qf ^ »y;ipt ^s Ip rpyauiop , qnp

Ip f oy pp trppvpfoff lieu pp ise ^9k^v^^. (^i^ pptepdp par Sa l^^jpsibé , «II9 pr^ara le» ais mp^ ptpur pvpir la rpy^pp)^ 4e «es pwl»Bi 4pppapjf /^yjs 4p ipps cq^é» po9r 9*y pnepar rer ; p; gup le m^mii^ 4JJiwt > naguieref ^WBff P V 1^ 4hc J^^ppce » redreiB($oii «m arp^e avep |ps mpypps qup Tempereiir ioy cpntrîbppit, §p îptpHifPP de Ip fairp desceudfp en Chaippaigpe pepdpnitqu^il jroit assaillie Ip Sipardip , et de mp^e de (oms eoités tont à fep et à sang. M roy , w çpoiraire , desi-ip^x 4e cbf^tjpr e^ dp pravppir leadictfisbDar yp4p3 ppwile^ f cppHpppdp au maiip^olial de #ffpfqnept p9flp(pblpr wp arimie Yo|aute de cipqà six mil ^ppçois et de donze oew.che* vppa , popr eMrpr m h finuu^be^mté , oà il ^ojt çfpyy dp pareilles forces qui s'aasemblpfpp^ dil^fepiippili ep Saupbioé et Provence; qp il tfp^veroît de l'artlUprie dans Lyonei dans Apxppp; le priant dp fme «a sorte que et l'fWRerppi: et ses spl^epts recogneussept trop tard que les François sfiKirppt repousser lei roflpfppptpd^ e^ppgpples avec la force et le cpprage > p( qpn pvpp les. paroles convenaUep ap ^xp fnmm^

^ r^pcl^vepiept d» nois d-Miist , M. de Gu^ eptra dans ¥pt» , aQCMipage4 des ducs d' Apgplpp , pnppp de Goadé , de Mentpra-* sjpr , 4\QipM^ye Fsmaise , des dues de Neraapr9 , piprçpps d-Elbpuf , de MoataioreDoy, Strpzzy , de MiirtfgVies , :(idasMe de Chartres, dp Bjrpn , de R^pdan , et autres seigaeurs et geptils*l|piqiBps , jusqu'en nombrp d'environ troi$ cpas. lie sjeur db d- AJupviUe , t^nt jeune qpi'îl estpit epc4HW , voulut estse de la partie , pour pe de^eptir la valeur , la gloire de sa race. Le duc de Quîse ^ qui n'esperoit pas ce(a par Temulatiop et jalousie qui estoit outre le conupstable et |uy » adaûrant la vertu dp ce jepue seigneur , il luy donna d*e$tire le conunapdement sur deux cens chevaux legp^:^. Il y entR aussi de sept à biuct mil

K à lu p^i^ par le. cardinal^ Diypola, homUêûe pied » degx eepê hommes tfar^

MÉMOIRES DE BOYYIN DU VILLARS. [iisi]

mes y deux cens chevaux légers et cent arquebusiers à cheval , tous bien délibérés d V doncir toutes les menaces et toutes les colères de Tempereur, Tentreprinse duquel estoit fort dissuadée par le duc de Savoye , à ce qu*il m'en a depuis luy-mesme compté pendant que j*avois charge des affaires du roy près de luy , et au contraire fut portée par le dnc d*Alve. Il y eut de grands et mémorables combats entre Tassaillant et le défendant , qui sont desduicts en diverses histoires. Tant y a que Tempereur se monstra ù ceste fois plus brave cavalier que bon et expérimenté gênerai d*arméc ; et de foict il perdit à ce siège (obstinément entreprins sur Thyver, et le 20 octobre) de vingt h trente, mil hommes , avec une honte et regret qui donnèrent conunenccment à la retraicte qu'il fit depuis, quictant empire et royaume à son frère et à son fils , pour embrasser la tranquillité et le repos, qni ne se trouvent jamais qu'en paradis , pour grands , riches ou puissans , jeunes ou vieux que nous soyons tous , la fbriune s'estant réservé un privilège particulier pour advancer ou reculer nos affaires et nos délibérations , non selon le conseil qui en a esté prins, mais selon sa volonté. C'est Dieu seul qui luy feict jouer ses tragédies , pour nous corriger de nos audaces.

• Or le mareschal , qui avoit tousjours estimé que la colère des ennemis se deschargeroit du costé de Sainct Damian , comme il en avoit tousjours foict le semblant , et que la place luy estoit plus commode pour venir h bout de ses desseins que nulle autre, n'estant qu'à trois petites lieues d' Ast , ayant eu nouvelles le dernier décembre qu'ils tournoient teste vers Sainct Damian , jeita soudain dedans six cens hommes, force poudres, meschcs et plomb. Le gouverneur Briquemaut et les capitaines qui estoient dedans , avec autre mil fantacins , que François , qu'Italiens , mandèrent au mareschal qu'il n'eust crainte de rien , et que si l'ennemi s'adressoit à eux qu'il n'en rapporteroit que la perte et la honte. Et encores qu'il sceut assez que les sieurs de Glia- ^'gny, Vieux-Pont, Briquemaut et autres qui estoient dedans, estoient gens de valeur et de courage , si est-ce qu'ayant considéré que

dée , et assise sur une terre fort commode à (aire mines , il jugea nécessaire de Jetter dan le chasteau de La Cisteme , que tenoit k capitaine Torquato Torto , Italien , à om lieue de Sainct Damian , et sur un hault qâ descouvre h ville, Montlnc, maistre et camp, fort prudent et vigilant guerrier, aiee trois cens bons soldats et cinquante cbevnx; pour d'heure à autre non seulement prenhs langue sur le progrès des ennemis, m»

aussi sur celuy des nostres ; dont il s'acqnitli avec telle diligence , qu'il n'estoit jour qa'i n'eust , par diverses voyes , nouvelles des m et des autres, et qu*il ne donnast quelqv bourrade aux ennemis , qui battoienc aise dix-huict canons et quatre coulevrines.

Et de fsici , il donna advis au marescM que les ennemis s*estoient résolus i foire miv pendant qu'il tireroit aux défonces , avec » tention de ne faire batterie générale qalb n'eussent mis à poinct deux mines qu'ils eitreprenoient ; que nos gens avoient foute à poudre , car celles dont M. de Yassé avÉ précédemment faict provision s'estoient troivées gastées et. esventées. Le mareidial, ayant eu ces nouvelles , dépescha un de lei gentils-hommes , nommé Piuzin , Proveagd, vers Montluc , luy commandant de fiaire m efforts pour le faire entrer dans Sainct Oi« mian , comme il fit la nuict suivante par M chaude alarme qu'il donna aux ennemis, me dix bestes chargées de poudres, mescheiet plomb. Il ne laisse point pour cela d'accmer les chefs d'avoir este par trop néglige» i bien recognoistre d'heure et les poudres et tout ce dont ils pourroient avoir besoin; qu'A estoit nécessaire, et pour certaines consdcrations, qu'ils changeassent sans bmictde capitaine du chasteau , y procedans si dextrement qu'il n'y eusl scandale ny déshonneur pour luy, qui estoit peut-estre soupçonné i tort.

Cestuy-cy, garny de lettres de créance, fit entendre au gouverneur et capitaines qu'ils missent (liligcmment la main à faire cuver dans leur fossé un autre petit fossé de la largeur de quatre pied seulement , etqu'ib l'allassent tousjoui*s creusant et profoodant jusqu'à tant qu'ils eussent descouvert les mi-

la place estoit des plus petites , fort comman- [ nés ; et que, pour en sortir avec plus dTwa-

B53-Î I.mtE QUATÏtlEME.

r, ils tinssent tousjours vingt-cinq bra~ solil^is louTDoyaDS dans lu fossé, avec s douzaines de pots à feu, pour jetter et ibatlre la mine si lost qu'ils la descouvri- !Ol. Pendant que ceu\ de dedans et ceux dehors s'entrebattoient tous les jours , les pour défendi-e , les autres pour gaigner tkâaé , la mine et le petit fossé s'avançoient. fia, les nosires uyans fort profondé, et taot l'oreille contre terre et aussi un verre la il'ean, ils le virent esmouvoir. et peu te sentirent au dessous d'eux le bruict de X (]ut minoicnl ; dont aynns donné advis , capitaines, ils jctlcrcnt encores dans le lé nn caporal avec autres vingt-cinq sols, pour, soudain t|u'ils auroieut esvcnté la le , donner dedans avec telle furie que l'enli pcrdisi le jugement et le courage de l'autre. Unt; heure après que ces , petites Irouppes se furent logées pour exécuter le dessein , ils liastereut telle- ; la besogne des pionniers , qu'ils ouvriki mine, dans laquelle il sejetterent, irent si furieusement quaranle ou des ennemis qui estoient dedans les pionniers, que ils la leur firent *. Soudain comblans de terre le tout , retirèrent , laissaus tousjours nouvelle au fossé , qui fut si bien combattu que n'y entra jamais. Cesie descouverfit résoudre l'ennemi ^ la ballerie; dont Ut le inareschal adverty par le retour lîctPiuùii vers luy, il commanda ù Montde jetter dedans la place deux cens bons MDM de renfort qu'il leur euvoyoit avec m quatre cbarges de mesches , de plomb le poudre menue gtenée; dont il s'aquîla imeut que rien ne se perdit. Piuzin , I Tetoumant vers le marcsclial , luy porta eacrit l'ordre que les nosires avoient mis r défendre les bresches, et lequel j'ay lu représenter icv-

^m Le capitaine Vieux-Pont , avec cent corieu et autant d'arquebusiers , 6 charge de fendre la bresche , assisté de douïe genrbonimes vulonlaîrcs.

Lebaron de Clicpy eil'enseigne de Monlluc

Kambatrout l'un des flancs , cl Termes Corse

Tntre.

GSS

• " Les sieurs de Chavigny et BriquemauU auront charge des courtines et murailles.

x Le capitaine Loup, lieutenant de CliavU guy , demeurera en bataille dans la place de la ville avec tout le gros des gens de guerre pour rafraischir et secourir où lesoin sera.

u Qu'il y aura cinquante chevaliers à cheval pour courir çii et là , et combattre h pied selon que l'occasion requerra. ••

L'ennemi fit deux batteries , l'une vers la porte qui va en Ast , et l'autre contre une grosse tour qui Sanquoil environ cinquante pas de courtine, regardant LaCistcrne; mais il trouva l'un et^l'auire endroicl si bien retranché et remparé , qu'il n'osa entreprendre d'y faire donner l'assaui; et, à dire vray, il ne le pouvoit faire qu'avec grand desavantage , d'autant que l'artillerie ne pouvant voir le pied de la muraille, ceux de dedans, à mesure qu'ils battoient , nettoyoicnt les ruynés, de manière que la brcschc demeuroît tousjours en tel estât qu'il y falloit monter avec eschelles, lesquelles n'eussent sceu approcher ; car , quand bien ils fussent entrés dans le grand fossé , ils n'eussent sceu traverser ce petit qu'on avoit faict , et dont la terre ayant esté jettée du costé de la ville servoit de tranchées, au parsus plusieurs traverseset moineaux qui y avoient esté dressés. . Brissac , ayant trouvé bon cet ordre, leur manda qu'ils prinssent garde à si bien ordonner les flancs qu'on ne tirast jamais tout i coup, ains les uns après les autres j pour donner loisir à la recharge. i

Qu'il y eust aussi tousjours auprès d'eux'de l'eau , soit pour le soulagement des persoAues, ou potu* refroidir les arquebusades et artillerie k faute de vinaigre.

Qu'il y eust force gabions appareillés en divers endroicis , pour se couvrir aux lietlx oii ils seroient descouverts.

Toute la force principale des assiégés ccm- J sistoit, à dire ce qui en est, en l'honneur et j au courage intrépidement résolu à toute sorte de fortune , et en douze ou quinze cens hom- ^ mes de pied et cent cinquante chevaux!, et environ cinquante genliû- hommes volon* taires.

-^ En ces onirefaictes , Montluc Et siaioir raarcscbal que sou enseigne avnit fait i

MÉMOIRES nu BOYYIN DU TILLARS.

sortie sur les énneims qui alloient h la fascinade tabourin sonnant ; ^a*il eii avoit tné trente ou qna^nte , et recognn UM d*nn train left deux feules des mines que FedÉeini jfMrarsnivoit diligénMient , et dont 9 tfrdt feict le rapfpoM au ^ouyernenr pour ^ pMhàte gahle. î • . -^^^

Hontltfc ayant esté adverty qn*iiucnAs dés seigneurs qui estoient proche le mareschd estoiént d^adids qu'il loy commaftdast de dtnteer im combat dans lesmesmes trandiéesjet cbrps de garde des eiAiemis pour soulager les assiégés , il manda au mareschal qtie si par ce itoyen on pouvoit faire lever le siège , qu'il en loueroit j infiniement Texecution ; mtfis qu'ayant de longue main apprins que c'estolt une vraye témérité que d*assaillir une armée si^bien barricadée qu'estoit celle-là ^ et perdre inconsidérément denx ou trois cens bonis bommes qui feroient besoin aux assiégés , toutesfois qu'il en passeroit par le mesme commandement qn'il plairoit au iriareschal luy foire , et lequel troutason opinion tteHleore que celle des autries. rmAu, 1^ Pendant que tout cecy se demesloit» le fldareschal eut advis ^Ml éstoit party d'Ast trois cens Espagnols , et autant d'Italiens poiîr aller busquer contributions du costé des Langues, n^en dontta sdidain advis à BounSTet, qui estoit lors en Albe , hy commandant de monter à cheval pour aller leur préparer le logis ^ et à quoy faire il apporta telle diligence et valeur qu'ik lurent tous defoicts sans autre perte que de quatre des siens et de six blessés. ;

iTést icy à obmettre qu^un Basque appelé te Cadet fiit dépéscbé vers le maresdial par Jes asnegés de Saînct Damian , et lequel , se trouvant enveloppé des ennemis , avala glouttement les lettres .'qu'il portoit , de manière que ne le trouvant chargé de rien , ils le laissèrent aller , et vint trouver le mareschal , auquel il raconta tont ce qui campoit en sa petite cervelle : Jl fut bien payé et sotfdain renvoyé.

ig^ Pendant ces demeslemens les pluyes commencèrent à venir , lesquelles destremperent si bien ces terres grasses , argilleuses et enf ondrantes du Monifcrrat , que les plate-formes de rartUlerie coiimencereiitàs'sMtew ]

et enfoncer.les vivres aussi à esiredi conduite , et les cabanes et logis dei à èsCre remplis d'eau. L'eniiemi se combattu de la valeur de ceux de d de l'intempérie du temps « fut eoÉ prendre resolution de lever le siq avoit duré près de trois mois. Ce foi Aie jour, vingt denxiesme janvier , q pereur leva celny de Metz. S'ils ne m hastés de retirer l'artillerie avec dei labeurs Mfinis , elle fust demeurée devant la place , le pays estant tel qi fendre en temps de pinye jusques a gles. Ce fat un reconfort à domp Fei sçavoir que son maiStre n'avoît pas e heureux que luy an siège de Metz, e à toute la France , et au mareschal i eulier , d'avofr eu tont à coup dedx i des et si favorables nouvelles ; doni furent rendues à Dieu par tout le Pic et ceux de dedans loua et remercié Méyesté , et en particoUer par le aiai qtâ participent à leur gloire, et ei donne. Mais sur tout le maistre di Honthie , que le mareschal avoit lo| (SSlerné avec trois cens braves soUfa 1^ ennemis en tel eschec , qn'il dou jours rafiraischissement aux assiégée^ rite sa diligence et sa valeur esioSea râbles et furent en partie cause du i la place.

N'est à obmettre que le sieur doi rand , pour un grand capitaine , fit une fsinte de ne s'emparer , comme il poo sénUent fiûre , de La Cisterne, qui n'est une lieue de luy , d'autant que , esta menrée entre nos mains , elle ftit eo cause du salut de la ville , qu'elle rafr sort tous les jours ; à quoy servoit f ment la diligence , bonne conduîcte < voyance de Montluc , que le mareschal à cest effect envoyé ^dès le comme»

du siège , comme nous avons dict , le gnoissant accompagné de tant de ph et bon jugement, qu'il feroit autant a de dommage aux ennemis par ces déa ties qu'avec les mesmes armes , au I ment desquelles toutesfois il n'y avoit ( personne qui luy peust faire leçon. H encores bonne, trouppe de genlilfrès

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