‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 83 sur 224 · LIVRE QUATTïIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATTïIÈME

nuircs qui s'uUereni jeiler d;ins hidicie

, pour avoir commodité de combat-

. comaio ils tiisoîent assez souvent. ;

^cst aussi h obmettre que , si du cosié de

^Cistorae , Montluc avoit bien faict sonde-

r an secours des assiefiés de Sainct-Da-

, «lue Bonnivet n'en avoit pas fail moins

Iboisié d'Aliie.

«eux <le Saioct Damîan ayant recogneu b

rficte que faisait l'ennemi , sortirent des-

f par deux divers endroicls : si ceux-cy

i^rfint de {;i'and courage , les Espajpiols

blierent le leur pour se bien deiïendre :

1 y a qu'il y cust de ja perle [de cosié

Xjiutre, mais plus du nostre; car nous y

mes le capitaine Bcauluc, lieutenant de

let , et le jeuno Cliepy , enseigne de

|C|.qui Airent blessés , prins et menés

, aoà ils furent depuis tirés par es-

ig ayans prins quelque relascfae ,

■r domp Femind se laissa en fin em-

silreren une déterminée capitulation

te guerre qu'il avoit précédemment

'e , qui fut un grand soulagement

ï d'armée , mais beaucoup

BpOtir les gensde guerre qu'ils com-

. C'est pourqnoy , l'ayant ti-aduîct

n'ff'ànçtiisje l'ai voulu insérer icy,

K qui viendront après nous soicut

faire de mesme pour le bien du

e [a patrie.

tîÊtoordcs entre trèi-pulsians seigneurs t Perranâ de Gonzagiie , lieutenant et taine générât deJa Ctesarèe Majesté en ' f el M. le marcickal de JSrùiac , che- • de l'Ordre da Roy, gouverneur et

ttiiifil-geneTal deçà le» Monta pour Sa

> Éàfilki Trh-Ckretti'etme.

C«Reilîfîrement,que tous maistres de camp, ' " " t ie fanterie , cavalterie et artillerie, e sorte ou nation qu'ils soient, sans ! exception, ensemble les colonnels, iiicbaux de camp , gouverneurs , maistres p èiànp .particuliers , commissaires généraux 'irtïculiers , tant de la jjuerre, artillerie , h Âec ipareschaux de logis , fourriers, caaraes de (,'ens de pied, lieulenans, en- I sergeus majors, cuQOUuiers , iDuni-

lionnaires et clievaucLeurs, estans faicts prï; sonniers durant le coui's de la gueire, n* seront contraints ny obligés de payer , pour la délivrance et relasclie de leurs personnes, que le propre estai et entretenemcnt que cliacua reçoit de son prince par chacun moîs^ payant lequel ils seront tous soudain délivrés. '

>• Que tous capitaines de gendarmerie, lieutenans , enseignes , guydons et maresctiaux da logis, estans prisonniers duraui la guerre i ne seront tenus de payer pour leur delivranca ' et liberté que Testât et gaiges de leur quartier; quoy fait ils ne pourront esU'e arrestés.

•'Que tous les bommes d'armes, archers « chevaux légers, gens de pied , capporaux, sergens el fourriers . lorsqu'ils seront prin» en guerre et qu'ils auront esté desvalistts, seront soudain relaschés sans payer aucune taille ou composition.

» Que tous les auditeurs , secrétaires el médecins qui seront au service desdicts sîeurt lieutenans-generaux des deux Majestés, et autres secrétaires particuliers, trésoriers « faiseurs de monstres, ou soit controlleurs , ' tant de la guerre , réparations , munitions , que des vivres , comme le pruvost aussi , et chastellains de forteresses , estans trouvés en campagne et prins, ne seront tenus oy contraincls de payer pour leur debvrance que Testât et |eniretenement qu'ils ont pour un mois entier ; quoy faict ils seront soudain relaschés.

» Que ions les gentils-hommes qui servent et qui suivent lesdicts sieurs lieutenans-generaux des deux Majestés, et qui prennent solde d'elles , seront soudain relaschés et délivras en payant leur solde d'un mois. Et là où il y en auroil quelqu'un do qualité, comme de ceux qui par honneur ou par plaisir viennent à la guerre, ^n'eslans stipendiés de leurs princes, on qui par simulation ou cautello seroient enrotlés dans les compagnies de gettdarmerie, cavalerie ou fanterie, en ce cas i ils seront sujets à rançon , selon Thonnesleld et courtoisie que tosdicis sieurs lieutenansgeneraux adviseront , et dont ils seront creus à leur simple parolle , h sçavoir s'ils seront de telle qualité ou non.

« M Quant aux bannis, de quelque nation ou grade qu'ils soient, aervans auxdîLtcs dedx j

fM

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

tl55îî

Majestés / estans 'prins en ' gaerre * seront ' traictés par les mesmes termes de la bonne guerre que les autres , sans aucune contradiction ny exception , les cas de ^crime de leze - majesté réservés, qui s'entendent et particulièrement sont spécifiés , à sçavoir de toute conspiration faicte contre la personne de Leurs Majestés ou de leurs lieutenans tant seulement , ou qui , estans bannis , iroient en la mesme province dont ils sont bannis ^ en laquelle il n y auroit point de guerre , avec réservation toutesfois que quand ils y iroient avec leurs capitaines , ou que les capitaines eu\-mesmes bannis y allassent ouvertement, et avec leurs; croix cousues, ils jouiront de tous les mesmes termes de la ^bonne guerre que les autres.

N Et là où aucuns de tous les dénommés auroit quelque autre estât ou appoinctement de Tempereur ou du roy , que celuy qui dépend ou qui regarde le faict de la guerre , ils ne pourront estre contraincts à payer autre estât ou solde que la guerrière y ainsi qu'il est contenu et déclaré en la présente capitulation , laquelle nous voulons et entendons avoir lieu à jamais , sans exception quelconque , réservés les jours de bataille donnée en campagne, ou prinses de villes par force ; laquelle perpétuité s'entend tant qu'il plaira auxdicts sieurs lieutenans-generaux , à condition toutesfois qu'ils ne la puissent rompre ny enfraindre ,'sans une précédente intimation , après laquelle ils seront tenus l'observer par dix jours subsequens. D'avantage , nous voulons que la présente capitulation ait lieu en relaschant et délivrant tous les inférieurs aux lieutenans mesmes qui se trouveront prisonniers et auront esté prins depuis l'ouverture de ceste guerre , tant en Piedmont qu'aux autres pals voisins ',et sujects de Sa Majesté royale deçà les monts. Fait au camp royal , ce 16 aoust 1553. » .:

U semble que la France soit fatalement née au remuement des armes , et à emporter presque tousjours la première gloire et le premier heur des victoires , par une certaine prudence et circonspection qu'elle sçait apporter à ses premières entreprinses ; mais la confiance qu'elle conçoit par après de ses premières bonnes fortunes « luy fait inconsidérément

embrasser plus qu'elle ne peut estreindre ,et de là diviser ses forces. Les guerres de Caries huictiesme au voyage de Naples en font foy, en tant qu'elles luy firent au premier bonheur embrasser l'empire du Turc , tout md asseiu*é toutesfois qu'il estoit encores de celiy qu'il avoit conquis. Le roy François ; ayait aussi heiu*eusement reprins la duché de tflan , et estant au siège de Pavîe , divisa m armée pour l'envoyer de mesme courir iNiples , dont il en perdit la bataille et fut faict prisonnier combattant vertueusement. Le roj Henry second mesnagea fort l'exemple de son père , à la suscitatîon du pape Paul qoh triesme , de la maison des Carafles , qui hj fit rompre la trefve de 1555 , et envoyer jii fleur de ses forces à Naples , sous la condol de M. de Guyse , qui s'y opiniastra sous h faveur de madame de Valentinois , pourFiterest particulier qu'il se faisoit à croire y avoir , dont succéda la perte de la battih Sainct Quentin , laquelle cuida renverser M à fait l'empire firançois.

A la vérité, il n'est rien tel que de condoR ses conquestes pas à pas , avec tout le gros à ses forces , pour ne rien laisser déniai ^ puisse retrancher la liberté du retour, i| nous nécessiter aussi à un dangereux codbtt ou retraicte. Si toutesfois on cognoissoit fi les diversions fussent nécessaires , il kl fin embrasser , mais avec des légères et comtes forces , qui sçachent bien à potnct proh dre l'occasion et Tadvantage , et sur itMU bien asseurer de leur retraicte au gros. S c'est un prince qui ait une puissance et des moyens si grands qu'il puisse tout en un teflfi entretenir plusieurs armées et avoir cUEi propres pour les bien commander et condaire, cestuy-la peut bien ^porter le désir de sei conquestes en divers lieux , mais non jamais celuy qui a assez à faire à en bien entreteni et mesnager une seule ; ains doit se conteofl dans les termes de son pouvoir ; carqui eov par tous lieux n'est en pas un lieu. Si mm voulons sainement juger , et sans nous flaittr, du cours des affaires sous le roy Henry second , ne confesserons nous pas que si , M lieu de courir çà et là , il se fust obstiaé i combattre pied à pied , comme vouloit Brih sac , le Piedmont et la duché de iTitaD; 3

emporté , oa au moins une bonne parequi eust couvert pour jamais la France ites entreprinses estrangeres. Autant en it-il espérer des Pals Bas qui sont à nos : et à la vérité il faut qu*cn toutes soraffiiîreSy et principalement aux mili- , que la maturité des conseils soit celle strempe la fureur des jeunes princes et loblesse par trop voilage et inconsidear tout aussi tost que la fortune leur a quelque avantage , ils embrassent'plusrgueil et le faste , que la propre verii donne tousjours glorieuse^ moisson à

bien voulu faire ceste digression , à fin

ir la suyte des affaires qui seront cy-

iraictés , chacun recognoisse la mesme

que j'ay cy rapportée. Or , revenant à

aires , le roy désirant joindre à sa cou-

risle de Ck>rse » tant pour interrompre

rigations d*£spagne et d'Italie , comme

\oinpter les Genevois^ à la ruyne de ses

lis, qui en tiroient commodités pour la

I d'Italie , Sa Majesté depescha M. de

s y depuis mareschal de France , avec

six galleres^commandées^par le baron

Garde , douze compagnies italiennes

le duc de jSomme et le sieur Jordain

y et dix françoises sous le sieur de Yel-

, dé trois cens hommes chacune. Ces

estans joinctes à celles que plusieurs

i avoient faict lever en leur faveur dans

> , prindrent la roulte de Corse » où d'ar-

La Bastie fut prinse de nuict , par une

iDse du duc de Somme» qui n*avoit

uatre galleres. Ceste surprinse non at-

le n'eut point de combat , tous les soldats

DS retirés en la citadelle , qu'ils [rendi-

le jour venu, aussi laschement qu'ils

it perdu la ville.

mesme suite SainctFlorent se rendit ombattre , et VAjazzio fut prins et sactar Sampetre|y Corse , père du mareschal mo, BoniCace fut] pareillement prins , eaucoup d'autres places qui furent conen ceste isle , pour le service de laie roy retira de ;Piedmont le coronnel tre, Corse, qui tenoit garnison à Beyne, *ave et asseuré soldat, après le mareschal eut nouvellesjque

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